1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 20:52

Il n'y a pas d'autre mot que "pitoyable" pour qualifier une récente décision de la présidence de l'université de Toulon.

 

Le refus d'accueillir dans un de ses amphis une conférence à l'adresse des étudiants, au prétexte qu'elle est donnée par un acteur politique — en l'occurrence Benoît Hamon, mais je tiendrais le même propos s'il s'était agi de quelque autre membre d'un parti politique, de droite ou de gauche, que la République n'interdit pas — est indigne d'une institution publique supposée contribuer à l'éveil des consciences.

 

Cette communication, dont le thème est « Le contrat social au XXIe siècle : être jeune en 2018 », a été bien accueillie dans d'autres universités : la Sorbonne, Rouen, Villetaneuse, Toulouse, Mont-Saint-Aignan, etc, et se poursuivra dans d'autres sites.

 

Ce refus est d'autant plus lamentable que, par la voix de son vice-président — puisque son président ne daigne pas répondre lui-même à ma demande d'échange —, notre université croit malin de se justifier en arguant du fait qu'elle aurait obéi à une soi-disant injonction politique métropolitaine de ne pas recevoir un autre conférencier, en l'occurrence un candidat à l'élection de mai 2017 devenu depuis Président de la République, à laquelle elle se serait piteusement pliée. C'est minable.

 

Je me demande dès lors pourquoi ceux des universitaires toulonnais élus pour assurer l'exécutif de notre enseignement supérieur acceptent les aides que notre métropole a créées pour soutenir les initiatives concourant à la vie étudiante, visant à éveiller nos jeunes au vivre-ensemble, à la coopération, à l'initiative partagée et solidaire, autant de moyens de forger leurs consciences citoyennes, de comprendre les déterminismes socio-économiques de notre société, et de se préparer à être des adultes aptes à agir sur eux, dans le sens politique qui leur conviendra.

 

Que les choses soient bien claires : c'est en ma qualité de vice-président de la Métropole Toulon Provence Méditerranée, délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche, que je suis contraint de m'exprimer.

 

Mais, du coup, comme maire de La Seyne, j'ai accordé aux organisateurs de la conférence la Bourse du Travail de La Seyne pour qu'ils puissent la tenir, le 6 février à 18 heures.

 

Et, des fois que certains croient à une "manip" politicarde de ma part, je préfère rappeler ma posture quant au conférencier, publiée il y a quelques jours sur le quotidien "Var-matin"...

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Var et intercommunalité Idées et politique générale
19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 05:54

À la fin de ce mois de janvier, le Tribunal de commerce de Marseille se penchera une fois de plus sur la situation du quotidien régional « La Marseillaise », héritier de nos anciens journaux locaux « Le Var libre » (1944), puis  « La Liberté du Var » (1944-1946) et « Le Petit Varois » (1946-1975), issus de la Résistance à l'occupant nazi. Les juges pourraient décider de la fin de ce quotidien.

On peut ne pas être d'accord avec la ligne éditoriale de tel ou tel titre de la presse. Mais, lorsqu'on est républicain, quelle que soit sa sensibilité, on est attaché à la pluralité de l'information, gage de démocratie et de forge de consciences éclairées.

Les Seynois se souviennent sûrement que, il y a quelques années, c'est l'autre quotidien local, « Var Matin », qui a connu une période de lourde incertitude pour sa pérennité. Une belle mobilisation avait contribué à sa survie. Pareil engagement a aussi apporté sa pierre à la poursuite de la parution de « La Marseillaise » quelques temps après, à l'occasion d'une première phase d'inquiétude sur l'équilibre économique durable du titre.

Les Seynois aiment la confrontation d'idées et sont même fiers de leur état d'esprit singulier, toujours prêt à la palabre et l'échange argumentaire dialectique.

Je les invite à signer avant le 29 janvier, comme je l'ai fait, la déclaration que, il y a un mois, le 18 décembre dernier, nous avons publiée avec des personnalités provençales et languedociennes de tous horizons politiques, économiques, sociaux et culturels, et que chacun peut consulter en cliquant pour l'agrandir sur l'image illustrant cet article (en haut et à gauche) ou ICI.

En mettant en ligne le formulaire ci-dessous, je me propose de collecter et transmettre à « La Marseillaise » les signatures de Seynois que j'aurai « récoltées ».

Et ce serait d'autant plus fort si, à l'instar des signataires initiaux, nous représentions la grande diversité de notre ville.

Et chacun peut, naturellement, partager cet article...

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 20:36

C'est ce jeudi 11 janvier, à 18 heures, au casino Joa, que je présenterai les vœux de notre municipalité aux acteurs économiques, sociaux et associatifs, et, plus généralement, aux Seynois...

 

 

Et j'en profite pour mettre aussi en ligne les vœux que, en qualité de président de l'Association des maires Ville & Banlieue de France, j'ai formulés ces jours derniers pour les territoires urbains fragiles, leurs cinq millions d'habitants, leurs élus, et tous les acteurs publics et associatifs qui s'efforcent d'y faire vivre les valeurs de la République...

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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 06:40

La plupart avaient 20 ans.

Ceux qui ont été sauvagement assassinés dans le froid matin du 2 janvier 1944.

Et les barbares qui les contraignirent à creuser eux-mêmes la fosse où ils allaient les exécuter.

La plupart, les 75 criminels comme la dizaine de martyrs, étaient des Français.

 

UNE JEUNESSE FANATISÉE FACE À UNE JEUNESSE HUMANISTE

Les uns de ces jeunes hommes, les barbares, presque tous nationaux de chez nous, engagés volontaires dans la 8ème compagnie du 3ème régiment de la division allemande Brandenburg, brutaux et sans scrupules, étaient principalement des militants d'extrême-droite auxquels s'étaient agrégés des truands du milieu marseillais, des égarés et des paumés dont certains fuyaient le service du travail obligatoire, jeunes hommes du cru dont certains parlaient provençal, capables de se fondre sans uniforme dans la population locale pour localiser, traquer, tabasser et exécuter les partisans et résistants, et ceux qui les aidaient.

Les autres de ces jeunes hommes, les martyrs, également nationaux de chez nous, à l'exception d'un officier de l'aviation italienne, que les convictions ou les circonstances avaient conduits à refuser la soumission et la collaboration avec l'occupant nazi, s'étaient engagés dans le maquis des Francs tireurs et partisans, et avaient installé un camp discret sur les hauteurs de Signes, à la ferme de la Limatte.

De là, ils effectuaient des coups de main contre l'ennemi, notamment sur le littoral varois, le déstabilisant par l'intérieur en vue du débarquement allié de Provence.

Des jeunes gens de France ont torturé et exécuté d'autres jeunes gens de France, et aussi des villageois, coupables d'avoir dignement enterré ces derniers.

 

UN COMBAT PLUS QUE JAMAIS D'ACTUALITÉ

Avec Toussaint Codaccioni, ancien maire-adjoint seynois, et Christian Pichard, notre actuel adjoint délégué, entre autres missions, aux anciens combattants, nous étions ce mardi comme chaque année à la commémoration du massacre de Signes, avec le préfet, les anciens combattants, et les représentants des armées et corps constitués, parmi d'autres élus varois et bucco-rhodaniens (mais, étrangement, cette fois-ci, en l'absence de tout parlementaire).

Rappelant l'atroce affrontement entre deux jeunesses aux idéaux antagonistes qui, peut-être, pour certains, les dépassaient, les uns nationalistes fanatiques de l'extrême-droite, les autres humanistes, républicains et patriotes, le professeur Jean-Marie Guillon, dans un discours poignant, a rappelé que « le combat de Signes est plus que jamais un combat d'actualité ».

 

(R)APPELONS LES JEUNES À UNE INSURRECTION PACIFIQUE

Cette référence aux dangers d'aujourd'hui de tous les nationalismes, de tous les fanatismes et de toutes les radicalisations, qui font des ravages dans notre jeunesse française, européenne et mondiale, m'a remémoré l'Appel adressé en 2004 par des Résistants de 39-45 aux générations d'aujourd'hui et de demain, dont je crois devoir livrer un extrait...

« Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, (...), nous appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. (...) »

Et la conclusion...

« Nous appelons les enfants, les jeunes, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent à notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. (...) Plus que jamais, à ceux et à celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection : "Résister, c'est créer. Créer, c'est résister." »

C'était il y a presque quinze ans. Qu'est-ce que les jeunes de 2004 devenus des hommes et femmes adultes ont retenu de cet appel ? Quel avenir s'offre à notre jeunesse à l'aube de 2018 ? Celle d'aujourd'hui répondra-t-elle, enfin, à l'Appel ? Sommes-nous prêts à l'y aider ?...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale Devoir de mémoire
22 décembre 2017 5 22 /12 /décembre /2017 20:52

Ça ne vaut que ce que ça vaut, bien sûr, et la mesure de l'implication d'un parlementaire dans l'exercice de son mandat ne peut se résumer ni au calcul de son temps de parole dans telle ou telle commission formelle ou séance plénière télédiffusée de l'assemblée au sein de laquelle il siège, ni au nombre de caractères typographiques — espaces compris ou non — des questions écrites qu'il aura soumises au gouvernement, ni au nombre des amendements au bas desquels il aura apposé sa signature.

Il n'empêche, le magazine Capital qui, ça n'étonnera personne, n'est pas mon journal de chevet, mais que je m'astreins à lire assez régulièrement, a établi un classement « de l'activité » des 572 députés actuellement en exercice (5 des 577 ont été invalidés) depuis le début, au printemps dernier, de la nouvelle mandature de l'Assemblée Nationale.

 

SIX DES HUIT DÉPUTÉS VAROIS PLUTÔT « MAL NOTÉS » PAR LE MAGAZINE

J'ai envie de livrer une première réflexion bienveillante quant à la fameuse « activité » (sic) ou « productivité » (re-sic) de nos députés varois qui, si on lit de façon abrupte l'enquête de Capital, ne seraient pas à classer parmi les plus « actifs » de la représentation parlementaire. Jugez plutôt : hormis l'un d'entre eux, Jean-Louis Masson (LR), les sept autres figurent dans la deuxième moitié du tableau ; seul un autre, Fabien Matras (LREM), émarge dans les deux premiers tiers ; et hélas trois autres, que je ne citerai pas, comptent au nombre du dernier dixième de la liste, c'est-à-dire au-delà de la 515ème place sur 572.

Cette première réflexion bienveillante pour eux, c'est que l'exécutif de la nation les considère pour six d'entre eux, les « macronistes », comme de simples « godillots », juste bons à lever la main pour voter au coup de sifflet du gouvernement, et pour les deux autres comme quantité minoritaire négligeable.

Le rôle dans lequel on les enferme est honteux. Je veux par ce message les encourager à s'émanciper. Qu'ils en croient ma propre expérience (d'élu local, je ne connais rien d'autre) : défendre ce à quoi l'on croit, dans l'intérêt du peuple qui vous a élu, fût-ce à contre-courant d'un appareil, et au risque de se faire qualifier de « frondeur », ça n'a jamais altéré la confiance du peuple qui vous l'a témoignée à l'heure de votre élection. Et ça n'oblige pas à « rendre sa carte ». Sinon, il y aurait belle lurette que le maire socialiste de La Seyne ne le serait plus. Ni maire, ni socialiste.

 

LE PEUPLE DU VAR A BESOIN DE PARLEMENTAIRES PROTECTEURS

L'excellente loi sur le non-cumul des mandats locaux et nationaux oblige désormais les parlementaires, au-delà des stratégies et tactiques politiciennes, à nous utiliser, nous, les élus locaux des territoires, dans une démarche dialectique, pour forger leurs ressentis des réalités et des enjeux populaires. Ça m'autorise à délivrer aux moins bien « notés » d'entre eux une deuxième réflexion, moins bienveillante mais en rien méchante : ils doivent se ressaisir.

L'écrasante majorité nationale LREM à l'Assemblée Nationale les autorise hélas à faire fi des sénateurs, porteurs traditionnels des besoins des territoires. Outre les gens eux-mêmes, bien sûr, il ne leur reste donc que nous comme lien permanent avec nos populations. Or la moyenne de leurs points dans cette enquête journalistique place le « député varois moyen » à la 444ème place sur 572 du palmarès de Capital. Ça peut les disqualifier pour plaider nos causes territoriales.

Et, cependant, le peuple du Var, qui les a nettement élus, a besoin d'eux. À commencer, dussé-je avoir l'air d'être égoïste pour mon terroir seynois directement et peut-être plus durement concerné, par les 75% de Varois majoritairement modestes au point que que leurs réalités socio-économiques les rendent éligibles au logement social, qui doivent être protégés par notre République fraternelle et égalitaire.

Six mois se sont déjà écoulés... il y a d'autant plus urgence sociale que les politiques publiques ne vont pas, loin de là, dans le sens du bien-être et de l'émancipation de la majorité des Varois. Et, je le sais, certains d'entre eux le savent et le déplorent.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 07:43

Une partie des services publics et associations de La Seyne devraient pouvoir souffler ! Les mobilisations des maires semblent avoir payé.

En conclusion du lancement des diverses manifestations qui émailleront jusqu'en octobre 2018 les 40 ans de la « politique de la ville », Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, l'a en effet annoncé : le gouvernement a cédé et, finalement, les conventions relatives aux Contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE) concernant les quartiers prioritaires urbains (QPV) échapperont à la décision de non-reconduction qui avait été annoncée. Les préfets vont recevoir des instructions en ce sens dès cette semaine.

 

NE PAS VENDRE HÂTIVEMENT TOUTE LA PEAU DE L'OURS...

J'écris « devraient pouvoir souffler » car il reste à s'assurer que ce sont bien tous ces contrats aidés des QPV qui vont être concernés par cette possibilité de renouvellement, ceux des associations qui agissent en direction des publics des quartiers prioritaires (Berthe et le centre-ville pour La Seyne), que leur siège y soit implanté ou non, et ceux des services publics, qu'ils soient locaux ou nationaux, en particulier l'Éducation nationale, la police, ou... les agences de  « Pôle Emploi » elles-mêmes, comme c'est le cas à la Seyne, qui en compte quatre dans ses effectifs.

Il reste aussi à veiller au grain pour que cette décision obtenue non sans mal ne soit pas une façon de « reculer pour mieux sauter ». Il faut obtenir un engagement dans la durée, et non sur un seul renouvellement. Sauf, bien sûr, si un autre dispositif d'accès à l'emploi et d'appui à la formation vient remplacer les CAE, car on peut entendre que de nouvelles modalités soient réfléchies, ainsi qu'on l'a connu, par exemple, avec les contrats d'avenir qui ont remplacé les CES et CEJ, lesquels ont succédé aux TUC.

 

LES MAIRES EN PREMIÈRE LIGNE POUR LA PROTECTION DE LEURS TERRITOIRES

Je ne regrette donc pas le temps que je consacre à mon investissement en qualité de président national de l'association des maires Ville & Banlieue de France, qui a été en première ligne pour plaider la cause de l'insertion dans l'emploi et des actions d'accompagnement conduites en faveur des habitants des quartiers urbains en difficulté.

Il est de notre devoir, à nous, maires des communes abritant des sites prioritaires, de nous mobiliser pour nos territoires sensibles, car il est difficile aux habitants eux-mêmes, souvent dans la précarité et craignant de n'être pas entendus, ou s'y résignant, de se battre contre ce qui leur apparaît trop souvent inéluctable.

Et ça semble aussi difficile pour le monde associatif, pourtant première victime, dont je peine tout de même à comprendre que, face à ce type de décision qui aura risqué de compromettre sa capacité d'action solidaire, voire son existence, il ne s'est pas beaucoup organisé pour protester et plaider sa juste cause. Nous aurions pourtant été à ses côtés. Et le serons chaque fois qu'il y aura besoin.

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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 05:36

Je pensais que l'initiative conjointe des douze maires de l'agglomération toulonnaise d'interpeller le Gouvernement pour lui faire part de leurs graves inquiétudes pour les collectivités locales allait être plus médiatisée qu'elle ne l'a été.

La presse locale en a certes fait état. Mais, si La Marseillaise, Var-matin ou Var Azur TV ont rapporté cette initiative qui résulte, à Toulon Provence Méditerranée, d'une unité de vues des élus de toutes sensibilités, elle ne pourra que mieux porter si les 425.000 habitants de notre agglomération, de même que ses acteurs économiques, sociaux et associatifs, s'emparent du sujet pour manifester aussi leur anxiété face à un État décidément bien décidé à accélérer la fragilisation des territoires, s'inscrivant en cela dans les traces des gouvernements des quinquennats de MM. Sarkozy et Hollande.

Je crois donc de mon devoir, pour sensibiliser nos concitoyens, de leur donner à lire l'intégralité de la « motion d'inquiétude » que nous avons adressée au Premier Ministre, de même que l'intervention que j'ai faite devant le Conseil communautaire de TPM pour y apporter le soutien de la majorité municipale seynoise.

TPM : l'inquiétude des 12 maires face aux orientations de l'État pour les territoires
TPM : l'inquiétude des 12 maires face aux orientations de l'État pour les territoires
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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 19:45

J'ai eu beau chercher sur le site du Parti socialiste, puis sur celui du Party of European Socialists, je n'ai pas trouvé le moindre petit communiqué des camarades responsables nationaux ou continentaux de mon courant de pensée pour, au moins, déplorer la vigueur avec laquelle la Guardia Civil du Royaume d'Espagne s'emploie à empêcher la tenue du referendum organisé dans la Generalitat de Catalunya.

(Mise à jourun communiqué du PS français a été publié vers 18 heures, après que j'ai cherché — en vain — en début après-midi, condamnant les violences et appelant à négocier. Et le PES a fait de même. Ouf !)

Si je me suis mis en quête d'une position "officielle", c'est parce que j'ai été interpellé par des Seynois qui m'ont demandé ce que les socialistes pensent de cette situation. Pas du sujet du referendum lui-même — la Constitution espagnole, reconnaissant les communautés autonomes, ne fait pas du royaume un État "un et indivisible" comme notre République Française — mais du fait que, à deux pas de chez nous, nos frères dans l'Histoire, Catalans qui parlent presque la même langue que nous autres Occitans, qui n'ont pas été les derniers des Espagnols à se battre chez eux pour tenter de sauver puis rétablir la démocratie, se font tabasser par centaines parce qu'ils ont juste envie... d'aller voter !

Alors je me dois de l'écrire. Peu m'importe la position officielle — s'il y en a une — du PS français. Moi, je pense qu'on ne peut qu'être scandalisé lorsque la force publique empêche par la brutalité la tenue d'un exercice démocratique. Chez nous, ou chez nos voisins, ou n'importe où dans le Monde.

J'ai fait mettre le drapeau de Hongrie en berne lorsque cet autre pays ami a fait reculer la démocratie. Dès demain, je vais faire de même avec celui dont les couleurs rouge et jaune rappellent que le Roussillon, le Languedoc et la Provence, aux pavillons qui battent aussi aux tons de gueules et d'or, ont eu des siècles d'histoire commune, de paix, de progrès sociaux, de culture, de respect et d'échanges, avec la Catalogne, l'Aragon et la Castille.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 13:38

Pour ceux qui, comme moi, n'ont pas de téléviseur chez eux pour suivre les émissions de la TNT au moment de leur diffusion, mais qui disposent d'Internet pour les retrouver en différé, je mets en ligne le lien vers la vidéo de « Face à face », proposée aux Varois en cette fin de semaine par Var Azur TV, cette télévision locale qui semble, à ce que j'en entends dire, avoir été bien adoptée par nos concitoyens. Et c'est tant mieux.

J'y ai été questionné sur divers sujets locaux et nationaux à l'occasion de ce qu'on qualifie, et pas seulement pour les élèves et leurs professeurs, de... « rentrée ».

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 03:37

C'est inhabituel que j'y prenne part. C'est d'ordinaire Raphaële Leguen, notre Première Adjointe, qui préside la cérémonie de commémoration de la libération de La Seyne, survenue le 26 août 1944, non que j'estime devoir bouder ce moment fort de la vie communale, mais simplement parce que, nous répartissant entre élus nos temps de congés, c'est usuellement mon tour en cette deuxième quinzaine d'août. Sauf cette année, soixante-treize ans après que les nazis ont été chassés de chez nous.

Sous un soleil de plomb, après avoir honoré, devant la stèle apposée au boulevard du 4 septembre en leur mémoire, les trois policiers seynois résistants fusillés quelques jours avant la libération de notre cité, puis parcouru en défilé solennel les quais de notre port, j'ai prononcé une allocution. Je la livre aux visiteurs de mon blog, illustrée des fort belles photos qu'Isabelle Servais m'a aimablement offertes.

 

« Jeudi dernier, l’Espagne, la Catalogne, Barcelone, ont été le théâtre meurtrier d’actions terroristes. Des gens de tous âges sont morts ou ont été blessés parce le fanatisme ne veut faire aucun discernement ! Rendons leur hommage…

 

« Dans l’esprit des Alliés, le débarquement en Provence est la suite nécessaire de celui de Normandie. Les premiers objectifs sont les ports de Toulon et de Marseille pour l’approvisionnement des armées de libération.

 

« On l’a vu, c'est à la 1ère armée française, commandée par le général de Lattre que reviendra l’honneur de s’engager la première. Cette armée d’Afrique, composée des forces ayant rejoint la France libre, de la Légion étrangère, des Zouaves et des Tirailleurs, fit feu de tout bois.

 

« La 1ère Division Française Libre, les Marsouins de la 9ème Division d’Infanterie Coloniale, la 3ème Division d’Infanterie Algérienne, le groupe naval d’assaut, les commandos d’Afrique, débarquent le 15 août dans le golfe de St-Tropez, dans la baie de Cavalaire et au Cap Nègre.

 

« Leur volonté farouche fera mentir les prévisions. Les libérations interviennent avec des  semaines d’avance.

 

« Les combattants de l’ombre, descendus de leurs maquis, avaient préparé le terrain.

 

« Le territoire de La Seyne, comme il a été décrit précédemment, est donc libéré le 26 août. Le port et les chantiers navals étaient un enjeu et donc une cible. L’ennemi se livra aux destructions des infrastructures de manière à ralentir les futurs approvisionnements arrière.

 

« A La Seyne, les troupes allemandes s’ingénièrent à réduire à néant toutes les installations portuaires : quais, grues, machines, ateliers, entrepôts, cales de lancement... Le 17 août, ce que les bombardements des Alliés n’avaient pu faire pour gêner la Kriegsmarine, elles allaient le réaliser en quelques heures.

 

« Les mines ruinèrent la construction navale pour plusieurs années. Seul, le pont basculant, fêté cette année de belle manière pour ses 100 ans, est miraculeusement épargné. Enfin... façon de parler, car sa sauvegarde fut l'œuvre de résistants agissant au sein de l'entreprise...

 

« Nous devons la libération de notre ville à la 9ème Division d’Infanterie Coloniale, partie de la "merveilleuse" armée d’Afrique, ainsi que la qualifia le vice-amiral Giraud le 14 juillet dernier alors qu’il remettait la Légion d’Honneur à l’un de ces libérateurs seynois.

 

« Comment imaginer que cette armée composée en grande partie de troupes disparates fût si efficace, si enthousiaste, si solidaire, qu’elle obtînt le respect du haut commandement allié ?

 

« Au regard de ce qui s’est passé la semaine dernière, parce que Barcelone se revendique ville cosmopolite et ouverte, mais aussi parce que, le 12 août, à Charlottesville aux Etats-Unis, un activiste raciste a foncé sur des contre-manifestants, cette armée constitue une référence : celle des bienfaits de la diversité et du volontarisme, que, ramenée à nos jours, je souhaite évoquer.

 

« Depuis près de 10 ans, l’Union Européenne, traverse une tourmente inédite par son ampleur.

 

« Sa dernière traduction - hors terrorisme -, le Brexit, est le signe que, dans les opinions publiques européennes, le nationalisme de rejet est actif. Dans plusieurs Etats, des partis qui prétendent redonner au peuple la parole et la souveraineté, sont de plus en plus populaires. Ils en appellent à une essence nationale, unique et irréductible, à une seule communauté politique valable selon eux, celle du "peuple national", à préserver des agents dissolvants ou métissants qui, soi-disant, la menaceraient.

 

« Ce populisme souverainiste, souvent cocardier et excluant, progresse dans les urnes des pays de l’Union. On voit bien comment la xénophobie, l’islamophobie ou l'antisémitisme, comme le thème du retour à la matérialité des frontières, inspirent les mesures de contrôle, de surveillance, sécuritaires et patriotiques, et d’érosion des libertés publiques.

 

« Ainsi pour un certains nombre d’Européens, l’espoir réside dans une communauté nationale restaurée, protégée qu’elle serait d'influences allogènes et extérieures trop différentes de son essence et de ses valeurs supposées.

 

« Cette hiérarchisation autorise non seulement le mépris, mais aussi le sentiment de supériorité au nom duquel on peut tout aussi bien déshumaniser et asservir que, prétendument, civiliser et dominer.

 

« La colonisation et la guerre de conquête d’antan ont cédé la place à l’entre soi.

 

« Pourtant, c’est un constat, l’Europe née de la seconde guerre mondiale a voulu se transformer en espace politique de paix.

 

« C’est rare et attractif dans la réalité géographique du monde tel qu’il est. On pourra toujours se dire que l’Europe est imparfaite. Elle l'est. Comme le sont les hommes…

 

« Et c’est bien pourquoi, en la défendant, nous devons l’améliorer. Mais cette vision, d’absence de frontières et de paix, ne peut pas s’imposer si les politiques européennes jouent contre les peuples – non pas les peuples au sens d’essences nationales, mais au sens des communautés sociales et solidaires.

 

« Elle ne peut s’imposer que si elle contribue à donner à chaque individu, à chaque communauté sociale, et à chaque communauté politique nationale, l’assurance et la perspective d’une égale dignité et d’un avenir prometteur. Sans cela, le sentiment du déclin devient l’horizon. Et la communauté excluante, la perspective.

 

« Oui, on est loin d’une réalité sans défaut. Par le passé - nous fêtons une libération survenue il y a 73 années -, nous avons connu notre lot de dictateurs et autres idéologues sanguinaires.

 

« Ils ont imposé à l’ensemble de la société des règles strictes de renoncement à tout ce qui pourrait divertir le peuple de ses devoirs sacrés envers Dieu ou le Parti.

 

« Ils ont eu l’obsession de la pureté, qui a conduit à "l’épuration”, au refus de la différence, à la volonté d’éliminer les intellectuels et les artistes irréductibles. Et ça n'est pas fini : pensons à l’exemple récent de Liu Xiaobo, entre autres...

 

« Enfin, ils prônent l’éradication de l’art et de la culture, qui pourraient développer l’esprit critique, et aussi et surtout l’enrôlement de la jeunesse.

 

« Ainsi, récemment, le 11 juin 2014, "l’Etat" Islamique promulguait une charte régissant la vie : elle impose, entre autres, le voile intégral aux femmes et l’habit dit “afghan” aux hommes, le port de la barbe, sa longueur et sa taille.

 

« Cible privilégiée de ces radicaux, les enfants, surnommés les “lionceaux du califat”, sont embrigadés dès l’âge de 6 ans pour en faire des soldats ou des terroristes.

 

« Et, le pire n’est jamais loin, les femmes et les enfants des terres conquises sont considérés comme “butins de guerre” et vendus sur les marchés.

 

« Non, décidément, nous sommes loin de nos idéaux des “Lumières” !

 

« Je disais, le 14 juillet, que “la liberté ne se réalise que par l’égalité” ; j’ajoute avec Rousseau que “seule une égalité en droit entre les hommes [et les femmes] peut assurer le règne conjoint de la liberté et de la sécurité”.

 

« Mais ne soyons pas pessimistes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le monde est plus pacifique au XXIe siècle. Depuis la fin de la guerre froide, il y a eu moins de guerres ; en France, moins d’homicides.

 

« Parallèlement, la culture de la paix progresse et, si on en croit Kant, “les êtres humains sont mauvais par nature mais raisonnables”.

 

« Il s’agit donc de revenir aux principes énoncés par les Conventionnels de notre Révolution française : concilier le “droit à l’existence”, “l’égalité des jouissances” avec le respect de la propriété privée, s’engager dans la formation d’un “homme nouveau”, allant vers le “bonheur commun”, une “idée neuve en Europe” disait Saint-Just en 1794, et j’ajouterai “dans une société laïque”, gage de tolérance.

 

« Pour conclure, je n’oublie pas que des populations souffrent, que la guerre sévit encore dans bien des endroits du monde et que l’actualité est désespérante.

 

« Alors, même si les temps économiques sont rudes, si les efforts qui nous sont demandés s’accroissent, si notre solidarité est toujours plus sollicitée, si notre travail d’acceptation des autres et de leurs différences est à parfaire… il ne faut pas bouder notre présent, ici et maintenant.

 

« Les destructions de la libération, 65% de notre ville, sont dépassées. Nous vivons en paix, dans des conditions enviées, dans une ville qui se renouvelle et qui avance !

 

« Les hommes ne peuvent faire et maintenir la paix entre eux que s’ils cultivent en eux-mêmes l’esprit de paix, de tolérance, de compassion. C'est le message que nous ont légué nos libérateurs.

 

« Honneur, donc, à eux, ceux de la 1ère Armée française libre, comme ceux des groupes de résistance et des Forces françaises de l'intérieur, qu'ils demeurent aujourd'hui des nôtres ou qu'ils aient donné leur vie pour la France et la Liberté.

« Et que vive La Seyne, libre, diverse, et ouverte, dans la France de la République et dans le Monde de l'amitié entre les peuples ! »

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire Idées et politique générale

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Marc VUILLEMOT

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