12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 23:56

Bon, voilà, si, après mon propos de la semaine dernière, je me réjouis de la victoire dans le canton lointain de "Le Mans 7" du "quadrinôme" de la gauche unie, au deuxième tour de l'élection départementale partielle (dont les grands médias ne parleront pas... étrange...) qui s'y est jouée ce dimanche, face à ceux qui n'ont pas su créer les conditions de l'unité de la gauche et de l'écologie, en l'occurrence mes camarades socialistes de là-bas, je vais risquer de me faire éjecter de mon propre parti (c'est écrit dans les statuts du PS que ce n'est par convenable de ne pas soutenir les candidats de notre propre parti).

Et pourtant je le fais. Oui, chapeau à cette partie de la gauche qui a su se rassembler pour offrir une perspective au peuple de ce morceau de la Sarthe ! Et dommage, vraiment, que ce soit le Parti socialiste qui en fasse les frais. Mais, porteur de désunion par sa posture conjoncturelle locale comme par ses options de politique nationale ayant rompu avec nos "fondamentaux", avec les orientations de notre dernier congrès, et avec les engagements du Président de la République en 2012, ayant déçu notre peuple, il l'a bien cherché.

Je me répète, je le sais, mais seule l'unité de toutes les sensibilités de la gauche peut, selon moi, créer les conditions d'un vote d'espoir pour nos concitoyens, certes à grands coups de compromis, mais sans compromissions.

C'est pourquoi j'apprécierais moyennement que, chez nous, dans la 7ème circonscription du Var, au contraire de ce que faisons à La Seyne qui constitue un bout significatif de ce territoire électoral, nous ne soyons pas capables de trouver le consensus utile pour le faire l'année prochaine. Quoi qu'en pensent les responsables locaux et nationaux de nos partis respectifs. Et malgré les egos qui pourraient titiller les velléités des uns ou des autres, de quelque parti de gauche ou de l'écologie qu'ils soient, pouvant être tentés de jouer des cartes personnelles, fractionnelles ou sectorielles. Que, sans faire le fanfaron, mais sans fausse modestie car étant conscient du poids symbolique de ma parole dans notre territoire, je ne louperai pas — sans animosité ni défiance ni autre conséquence, bien sûr — dans mes jugements publics, fussent-ils membres de mon équipe municipale.

En clair, que ce serait bien que les sensibilités de la gauche et de l'écologie de l'ouest Var, quelles que soient les postures nationales des partis, parviennent à s'entendre en vue du printemps prochain...

 

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 05:52

En quoi deux élections qui se sont déroulées ce dimanche à 1250 kilomètres l'une de l'autre, la première, municipale, à Buti, commune de la Toscane rurale de 6.000 habitants, en Italie, et la seconde, départementale partielle, dans un canton du Mans comprenant Allonnes, ville de 11.000 âmes dont beaucoup en habitat social, peuvent-elles bien intéresser le maire de La Seyne ?...

Il se trouve que le maire (sindaco) sortant de Buti, Alessio Lari, ville jumelle de La Seyne, est devenu un véritable copain depuis que nos communes ont renoué, dès 2008, des relations très actives sous les impulsions d'Annick Le Gal, conseillère en charge de l'international sous mon premier mandat de maire, et aujourd'hui de son successeur Louis Corréa.

Il s'avère aussi que Gilles Leproust, l'un des membres d'un des binômes (je devrais dire quadrinômes, avec les suppléants) de candidats aux élections départementales du canton "Le Mans 7" est aussi devenu un ami depuis que, en sa qualité de maire d'Allonnes, ville populaire engagée comme La Seyne dans la "politique de la ville", nous coopérons presque au quotidien au sein de l'association des maires "Ville & Banlieue" de France, lui avec sa fonction de secrétaire général et moi comme président.

Il était donc bien normal que je suive avec une amicale attention leurs campagnes et les votes de leurs concitoyens. D'autant que je peux tirer quelques enseignements, fût-ce à chaud...

 

LES SÉCESSIONNISTES SANCTIONNÉS PAR LES BUTESI ET LES MANCEAUX

À Buti, Alessio Lari, membre du Partito Democratico (PD), mouvement ayant réuni les communistes et les démocrates chrétiens depuis 2007, a reconduit une liste d'union de toutes les gauches face à une équipe de "toutes les droites". Il est élu dès le premier tour, avec 56% des suffrages, malgré la sécession d'élus de Rifondazione Comunista de son premier mandat qui ont présenté une liste concurrente n'ayant pas atteint 7% des suffrages.

Au Mans, l'union des gauches et de l'écologie, que Gilles Leproust, membre du Parti communiste français, a impulsée, s'est faite à l'exception notable du Parti socialiste dont les candidats, conseillers départementaux sortants, l'une d'eux étant par aillleurs députée, ont choisi de ne pas y prendre part. Et voilà que l'équipe de la gauche et de l'écologie unies arrive en tête au premier tour, devançant les socialistes sortants, la droite et l'extrême-droite étant éliminées pour le deuxième tour.

 

UNE FOIS DE PLUS, DES LEÇONS À MÛRIR...

J'en retiens que, une fois de plus, lorsque les gauches, dans toutes leurs diversités, parviennent à s'entendre autour d'un projet concerté, fait d'objectifs partagés et de compromis, depuis les campagnes de Toscane jusqu'aux HLM du Perche, les électeurs leur accordent leur confiance, et les sécessionnistes sont sanctionnés. À mûrir pour l'année prochaine...

Il reste bien sûr que mes camarades socialistes du Mans, s'ils ne s'appliquaient pas la règle forgée par la tradition de retrait de la liste de gauche arrivée en deuxième position, pourraient être élus au second tour... avec les voix de la droite et de l'extrême-droite, battant les candidats sur lesquels les voix d'une majorité de citoyens se sont portées dimanche. Ils joueraient leur propre carte, bien sûr, dans un contexte où la gauche est d'ores et déjà assurée de représenter le canton au conseil départemental, mais ça pourrait être vécu comme une étrange vision de la démocratie et un bien mauvais signal pour les futures obligations d'unité...

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 05:32

Quelques lignes pour apporter un soutien inconditionnel à mes camarades socialistes varois dont le siège départemental, à Toulon, a été vandalisé en marge d'une récente manifestation contre la loi de Myriam El Khomri.

Je n'ai évidemment aucun doute sur le fait que ces dégradations ne sont pas le fait des manifestants répondant, à mon sens à juste raison, aux appels des syndicats à manifester contre ce projet et la manière, certes constitutionnelle mais peu orthodoxe en matière d'éthique démocratique, de vouloir l'imposer à la Nation.

De tels actes, plus que condamnables, inutiles et insensés car ce n'est pas la fédération varoise du Parti socialiste qui est à la manœuvre pour tenter d'imposer ce repli du droit des salariés, nuisent gravement à la vie démocratique et à l'image du droit syndical et de manifestation.

Leurs auteurs, comme les autres imbéciles qui ont agi de même en d'autres lieux du pays, ou commis ça et là des violences contre des biens publics, de l'activité commerciale, voire des gens, dont les forces de l'ordre, auraient bien besoin d'une bonne leçon d'éducation citoyenne et populaire que les républicains, dans leur ensemble, quelles que soient leurs sensibilités politiques et sociales, organisations politiques et syndicales, seraient bien inspirés de solidairement leur donner.

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 06:05

Je ne sais pas ce que ça donnera, mais comment ne pas approuver cette initiative, en forme de pétition lancée par 40 personnalités, appelant à ce que l'État légifère pour interdire que les salaires des très grands patrons n'excèdent 100 fois le SMIC ?

J'invite les visiteurs de mon blog à faire comme moi, joindre leur signature à celles de ceux qui en sont à l'origine, et la diffuser pour la promouvoir...

 

L'APPEL EN FORME DE PÉTITION...

Nous demandons au gouvernement de légiférer pour qu'un patron ne perçoive pas plus de 100 Smic.

Parce que nous vivons une période ­inédite dans l’histoire du capitalisme contemporain. Alors que, dans les ­années 60, les rémunérations des PDG ­représentaient 40 fois le salaire moyen ­pratiqué dans les plus grandes entreprises améri­caines, cet écart a explosé pour at­teindre aujourd’hui plus de 200 au sein de ces dernières et 120 dans les sociétés ­françaises.

Parce que le gouvernement a fait en 2013 le pari de l’autorégulation et que celui-ci a échoué. Rien qu’en 2015, la rémunération ­totale des patrons du CAC 40 a augmenté ­entre 5 % et 11 % selon les évaluations, pour atteindre un montant moyen de 4,2 millions d’euros par an, soit 240 Smic.

Parce que le principal argument patronal pour justifier de telles pratiques – celui d’un marché mondial des très hauts dirigeants qui nécessiterait un alignement des salaires par le haut – n’est corroboré par aucune étude économique sérieuse et aucune réalité ­concrète.

Parce que plusieurs institutions internationales, comme l’OCDE et le FMI, s’alarment depuis plusieurs années du poids croissant des inégalités et de leurs conséquences négatives sur le potentiel de croissance de nos économies occidentales.

Parce qu’en se comportant de la sorte, notre élite économique entretient un sentiment de chacun pour soi délétère. Alors que la majorité des Français a dû consentir de gros efforts depuis la crise de 2008, ces pra­tiques patronales remettent en question ­notre pacte de solidarité, nourrissent la ­défiance vis-à-vis de nos institutions et ­alimentent le vote d’extrême droite.

Pour toutes ces ­raisons, nous demandons au gouvernement de légiférer pour que ­désormais, en France, un patron ne puisse pas être rémunéré plus de 100 Smic, soit 1,75 million d’euros par an.

On nous objectera qu’une telle loi est dif­ficile en France, car elle pourrait se heurter à une censure du Conseil constitu­tionnel.

On répondra que le gouvernement peut trouver les moyens de rendre compatible cette ­exigence d’un salaire plafond avec ­notre Constitution.

On nous objectera que la France sera alors le seul pays au monde à inscrire dans la loi un tel plafond.

On répondra que ce sera un motif de fierté nationale.

On nous objectera qu’à cause de cette loi, les investisseurs étrangers vont être découragés d’investir en France.

On répondra que ces derniers profiteront d’un vivier de dirigeants «bon marché».

On nous objectera que 100 Smic, c’est bien trop.

On répondra que c’est un début et que si cette loi est votée, elle obligera la quasi-totalité des patrons du CAC 40 (et donc une très grande partie de leur comité exécutif) à baisser leur rémunération d’au moins 58 %.

 

Les 40 premiers signataires : 

Christophe Alévêque, humoriste et patron de PME
Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
Karine Berger, députée PS
Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa
Philippe Besson, écrivain
Eric Beynel et Cécile Gondard Lalanne, porte-paroles de Solidaires
Jean-Marc Borello, président de Groupe SOS
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS
Patrick Chamoiseau, écrivain
Daniel Cohn-Bendit, cofondateur d’EE-LV
Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC
Didier Daeninckx, écrivain
Cécile Duflot, députée EE-LV
Irène Frachon, pneumologue
Jean-Paul Fitoussi, économiste
Marcel Gauchet, historien
Raphaël Glucksman, écrivain et réalisateur
Benoît Hamon, député PS
Anne Hidalgo, maire PS de Paris
Nicolas Hulot, militant écologiste
Thierry Kuhn, président d'Emmaüs France
Pierre Larrouturou, coprésident de Nouvelle donne
Jean Lassalle, député centriste non inscrit
Claude Lévêque, artiste plasticien
Edouard Martin, eurodéputé PS
William Martinet, Unef
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Dominique Méda, sociologue
Arnaud Montebourg, entrepreneur et ancien ministre de l’Economie
Serge Papin, PDG de Systeme U
Thomas Piketty, économiste
Eric Rheinardt, écrivain
Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde
Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point
Jean Rouaud, écrivain
Dominique Rousseau, professeur de droit public
Pierre Rosanvallon, historien
Henri Sterdinyak, cofondateur des économistes Atterrés
Michel Wieviorka, sociologue

 
Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 03:48

Voici le discours que j'ai prononcé ce dimanche devant le monument aux morts, lors de la cérémonie de commémoration de l’armistice du 8 mai 1945...

 

« Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie signait sa capitulation. Durant des années avant 1939, le Reich, encouragé par la faiblesse des démocraties, avait insolemment réarmé, annexé des territoires en toute impunité, développé ses théories nationalistes, racistes, antisémites. On sait quelles en furent les conséquences.

« Aujourd’hui certaines similitudes sont alarmantes : les crispations identitaires, nationalistes, intégristes. Elles doivent nous inquiéter. Ici ou là, resurgissent des régimes autoritaires ; au-delà des crises, des conflits, et des migrations qu’ils entraînent, c’est la montée des populismes, du désintérêt citoyen que traduit, entre autres, l’abstentionnisme électoral. La tendance qui prévaut, c’est le repli, le rejet, la fermeture, la haine du vis-à-vis. Et, de fait, un péril réel menace la démocratie.

 

L'héritage de la Résistance...

« Un essayiste a écrit : « Cette fois-ci, c’est sérieux, vraiment sérieux. Cette fois-ci, c’est notre bien le plus précieux, la démocratie, qui est ébranlé. En Europe, à peu près partout. En France maintenant. Attentats, réfugiés, chômage (…). Nous assistons, impuissants et inconscients, à un basculement historique de notre vie publique… Le débat sur l’égalité s’étiole. Le débat sur l’identité prospère. »

« Des mois avant le 8 mai 1945, le Conseil National de la Résistance, au nom de la France libre et de De Gaulle, avait minutieusement préparé le retour à la démocratie.

« Un de ses axes pour souder la communauté française fut la promotion de l’égalité sociale, constitutive de l’identité nationale. Mutualisation des risques (maladie, vieillesse), mécanisme de solidarité (minima sociaux, retraite par répartition) instituèrent l’identité de notre pays qui devait se relever.

« Oui, l’adversité la plus dure crée le rassemblement et les attitudes altruistes. A contrario, l’abondance, si on n’y est pas attentif, crée le consumérisme, les égoïsmes, et la prévalence d’une indifférence redoutable. Car l'aisance est illusoire, la richesse, concentrée entre très peu de mains, est donnée à voir comme fascinante à une population appauvrie, la richesse épate mais reste inaccessible… Un miroir aux alouettes !

« Notre démocratie, attaquée de l’extérieur, doit se garder d’être bousculée de l’intérieur. L’intérieur, c’est un projet partagé, une identité commune et... des identités.

 

…et celui de la Révolution française

« Certes, la démocratie n’existe pas sans clivages, mais l’identité, telle qu’on la pense perfidement aujourd’hui, de provenance ou de religion, est exclusive. Elle est le contraire du concept de « société ouverte » qu’a donné au Monde la Révolution française.

« Ne négligeons pas non plus que notre nation, qui est une identité partagée, s’est structurée par l’affirmation de l’égalité et la recherche de solidarité. C’est ce qui en a fait longtemps un exemple, et malgré les guerres napoléoniennes.

« La Marseillaise, c'est un chant de libération. Notre devise - Liberté, Egalité, Fraternité - adossée à la Laïcité, valeurs républicaines qui en « saoulent » certains, mais, heureusement, pas la plupart d'entre nous, c'est, et ça reste, le compromis universel entre les libertés individuelles et le vivre en société.

« Si la Révolution a assis et révélé au Monde les principes des Lumières, il aura fallu un siècle, et plusieurs guerres, pour que ses attendus recueillent la quasi unanimité de nos suffrages. Et, enfin, il y a peu, seules quelques pensées extrêmes faisaient exception. Or elles sont de nouveau en progrès et elles mettent en danger notre démocratie. Car, comme naguère, elles portent le ferment des atrocités, dont celles des guerres.

« À ce sujet, comment, en ce printemps 2016, ne pas évoquer Verdun ? Il y a tout juste cent ans, les hommes s’enterraient sous un déluge de bombes. La folie de leurs dirigeants, au nom des idées dévoyées de l’identité et de la nation et obéissant à des logiques impérialistes, a conduit à cette tuerie entre ces gens qui, en plus, partageaient une même religion. Chaque camp était persuadé d’avoir le même Dieu à ses côtés. Et nous n’en tirons malheureusement pas leçon.

 

Je souhaite un débat actif sur la laïcité

« J’ai souhaité qu’un débat actif ait lieu sur la laïcité à La Seyne. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, le pays était divisé sur la question. Les laïcs s’opposaient aux clercs. Cet anticléricalisme n’a plus lieu d’être : au sommet de l’Etat ou guidant les hommes, l’hégémonie catholique d’antan n’est plus. La séparation des églises et de l’Etat ne fait plus débat.

« La laïcité est désormais pour le plus grand nombre un principe juridique de neutralité de l’Etat et un principe philosophique de liberté et de tolérance.

« De ce point de vue, c’est bien la laïcité qui nous permet, en remettant les croyances individuelles à leur juste place, dans la sphère privée, de vivre en partageant les mêmes valeurs, dans une même espérance citoyenne.

« Face à cela, nous devons être forts, c’est-à-dire unis, soudés autour des valeurs que nous défendons et que nous arborons au fronton de nos édifices publics.

« C’est ce sentiment d’appartenance et de défense de ces valeurs que les Français ont exprimé après le 11 janvier et le 13 novembre de l'an dernier, puis les Belges à leur triste tour. Ils se sont levés, dans un formidable élan, pour faire front ensemble.

 

Partout, les cœurs se sont refroidis

« De même, notre émotion est grande devant le drame des réfugiés. En Allemagne, Angela Merkel, un peu par surprise (son intransigeance sur la situation grecque a marqué), a montré la voie ; et elle y a perdu une partie de la population et de sa majorité. Et elle a reculé. Partout, les cœurs se sont refroidis, les portes se sont fermées, certains se croient malins d'oser voir de la veulerie chez ces êtres humains qui ne vivent rien d'autre ce que les 8 à 10 millions de Français du nord de notre pays (un quart de notre population d'alors !), ont connu avec l'exode devant l'avancée des troupes nazies, et que tant de familles généreuses ont alors accueillies.

« Heureusement, s’il y a montée du repli sur soi, voire de la xénophobie, ce n’est pas dans toute la société. La majorité ne cède pas à ce sentiment détestable.

« Combattre les peurs, c’est défendre notre culture. C’est une chose de respecter la peur, c’en est une autre de la flatter, voire de l’amplifier. Paraphrasant Einstein, je vous dis que ceux qui aiment ne voir qu’une « seule tête » (je cite) « ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau : une moelle épinière leur suffirait amplement ».

« Combattons ces croyances qui égarent, ces croyances qui ne défendent qu’une vue identitaire de rejet, un seul modèle, une seule religion, qui opposent aux mots « liberté, pensée critique, égalité des droits » un nationalisme ethno-centré, une France réservée... au Français – quel Français ? ça ne veut rien dire ! —, et qui rejettent de fait, c’est paradoxal, la devise nationale par l’intolérance à ce qui n’est pas soi.

 

Egalité des chances devant la formation, le logement, la santé : voilà qui rassemble une société !

« Ne soyons pas dupes, l’Histoire a montré que la prospérité fait suite à la générosité, et les souffrances au repliement. Pourtant, il faut constater que la tactique éculée qui consiste à dénoncer l’ennemi extérieur qui mettrait en péril nos valeurs, fonctionne hélas encore très bien. « Or, dans les faits, nos valeurs, cette tactique les ruine.

« Quand les nazis ont pris le pouvoir en Allemagne entre 1924 et 1933, ils n’ont pas dit qu’ils allaient ruiner la culture allemande, ni mettre le Monde à feu et à sang. C’est pourtant exactement ce qu’ils ont fait !

« L’Ancien Régime avait fait de la nationalité une sujétion : on appartenait au royaume où l’on était né. La République a rééquilibré droit du sol et droit du sang. La nation est désormais le fruit de la socialisation de l’individu, par les droits et les devoirs, politiques et sociaux, par l’adhésion au projet national.

« La scolarisation en était d'ailleurs le bras séculier. Renan la proclamait comme un « plébiscite de tous les jours ». Promouvoir l’égalité des chances devant la scolarité, la formation, le logement, la santé, c’est montrer ce qui rassemble une société, c’est donner une identité partagée.

« C’est pourquoi il faut prendre garde aux apprentis sorciers qui hystérisent la question identitaire : ils déforment la réalité. Le sentiment éprouvé supplée le réel et nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

 

Ce clair-obscur d'où surgissent les monstres...

« Au sortir de la guerre, après le 8 mai 45, ce combat, regarder les réalités de chacun et chercher à les améliorer, était une évidence pour tous les acteurs de la Libération. Ils avaient connu dans l’adversité ce que vaut la fraternité, cette petite lumière qui guide vers plus de justice et de solidarité.

« Moi, je crois avec beaucoup d'entre vous en la force de ces mots, « liberté », « justice », « solidarité », ils ont su renverser des montagnes. D’autres mots qu'on ne prononce pas, mais qu'on promeut derrière des propos habiles d'exclusion et de haine, nous entrainent sur des chemins qui ne sont jamais sans conséquences.

« Si nous ne réagissons pas, nous perdrons ce qui fait ce que nous sommes. Nous serons des étrangers à nous-mêmes et… en toute logique, nous nous combattrons les uns les autres.

« Nous ne pouvons, comme dans un jeu de cartes, mettre le pique d’un côté, le carreau de l’autre, et laisser les sans atout, les sans grade, comme toujours, être écrasés sur les côtés.

« Nous devons faire de l’égalité des chances notre horizon, en visant à donner à chacun les moyens de son émancipation. Ça rendrait désirable la quête d’égalité. Les utopies d’aujourd’hui sont les avancées de demain… Antonio Gramsci disait « La crisi consiste appunto nel fatto che il vecchio muore e il nuovo non può nascere » — « Il y a crise quand le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas naître », et il ajoutait « et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres ».

« Alors, faisons que ces monstres-là, ressuscités de mai 45, qui se parent ici et aujourd'hui des atours bleu-blanc-rouge qu'ils subtilisent au vrai patriotisme républicain, demeurent dans les abysses de l’Histoire, comme doivent y rester les fanatiques des Saint-Barthélemy, des croisades des Albigeois, et de toutes les guerres saintes.

« Vive la France unie dans la République et préservée des funestes identitaires ! Vive la fraternité et l'égalité entre les hommes et les peuples, dans un monde de liberté et de laïcité ! »

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 21:06

Un de nos sénateurs varois a répondu à mon message d'hier aux parlementaires républicains du Var. Il s'agit de mon ami Pierre-Yves Collombat, membre du Parti socialiste quoique ne siégeant pas dans le groupe socialiste du Sénat, ce que je regrette, qui m'a adressé un courriel disant : « Pas d’inquiétude pour moi. Je réserverai à cette dernière loi du « socialismemoderne », le même vote que pour la loi Macron ».

Comprenez que cette loi Macron, il ne l'a pas votée, pas plus qu'il n'a approuvé la prolongation de l'état d'urgence. Comme il a déclaré à un quotidien local : « Justement, c'est encombrant un parlementaire vraiment de gauche. Moi, je suis toujours au même endroit, je n'ai pas changé. J'ai combattu les réformes Sarkozy, j'ai combattu les réformes Valls et Hollande qui sont les mêmes, parfois en pire ».

Et, sur un autre sujet, le scandale LuxLeaks, je voudrais, en cette période de disette des collectivités locales imposée par l'État au service de l'Europe capitaliste, dont la Ville de La Seyne fait les frais en première ligne, livrer aux visiteurs de mon blog un échange entre Pierre-Yves Collombat et le ministre chargé des relations avec le Parlement, en les invitant à visionner une petite vidéo à laquelle ils peuvent accéder EN CLIQUANT ICI, et notamment après 3 mn 26 s... Édifiant !

Je publierai bien entendu les retours des autres parlementaires républicains varois qui auront la gentillesse de répondre à mon message.

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 20:59

Mon courriel de ce jour aux députés et sénateurs du Var, à l'exception de celui d'extrême-droite, à propos du projet de "loi travail"...

 

Mesdames et Messieurs les parlementaires républicains (donc hors FN) du Var,

En cette presque veille de 8 mai, anniversaire de la victoire sur le nazisme, comme citoyen d'une de nos circonscriptions varoises, à défaut de pouvoir solliciter un parlementaire du Var membre d'un des groupes socialistes de l'Assemblée Nationale ou du Sénat, puisqu'il n'y en existe plus aucun, je vous interpelle suite à la présentation en conseil des ministres, le jeudi 24 mars dernier, du projet de loi porté par ma camarade Myriam El Khomri, visant à « instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs ».

Ce texte percute profondément mes convictions socialistes et républicaines, et, plus largement, au vu de ce que, comme maire, j'en entends au quotidien, celles du peuple, et pas seulement celui « de gauche » : tous ceux, républicains, qui se réclament d'être héritiers du Conseil National de la Résistance, sont pareillement heurtés.

Si ce projet débouchait sur une loi mise en œuvre demain, c’est le monde du travail, celui des citoyens que, républicains de toutes sensibilités, nous devons défendre, qui sera affaibli, précarisé, heurté. Le droit du travail a toujours été construit dans le sens de la protection des salariés du fait du lien de subordination à l’employeur qui caractérise le contrat de travail. Sa construction dynamique a toujours lié protection et souci de productivité.

Dans ce projet de loi, c’est le contraire qui est fait.

L’inversion de la hiérarchie des normes met fin au principe de faveur qui a toujours apporté plus de garanties aux salariés, qu’il s’agisse de la rémunération, du temps ou des conditions de travail. Faire prévaloir les accords d’entreprises sur les niveaux supérieurs, de branches et interprofessionnels, ce sera moins de droits pour les salariés.

Les heures supplémentaires pourront être aménagées avec accord sur 3 ans au lieu d’une seule actuellement, et il est prévu une augmentation du nombre de semaines d’aménagement sur décision unilatérale de l’employeur.

Dans le même temps, c’est au niveau de l’entreprise que la majoration sera fixée et la protection au niveau de l’accord de branche sautera. C’est le dumping social rendu possible au sein d’entreprises d’une même branche, avec comme levier le « travailler plus pour gagner moins ».

Les licenciements économiques sont facilités, puisque la simple baisse du chiffre d’affaires ou des résultats d’exploitation sur plusieurs trimestres suffira à justifier les licenciements. On facilitera tous les montages financiers possibles par les très grandes entreprises qui pourront mettre telle filiale en déficit artificiel en transférant ses ressources au sein d’une autre à l’étranger. En effet, alors que tout le droit applicable permet de regarder la réalité économique du groupe dans son ensemble, le projet de loi limitera le périmètre d’appréciation au seul territoire national. C’est une prime à la délocalisation.

Ce n’est plus le contrat de travail qui fixera dans les faits les conditions de travail. Les entreprises pourront signer un accord qui modifiera le temps de travail, et donc la rémunération. Ce sera le retour des accords « compétitivité-emploi » de M. Sarkozy que la plupart d'entre vous ont soutenus et contre lesquels, avec mes amis de gauche, dont Myriam El Khomri, j'ai fait campagne.

Les Français n'ont pas élu un Président de la République et des députés majoritairement de gauche pour répondre aux exigences du MEDEF, à savoir augmenter la durée du travail, baisser les salaires, et faciliter les licenciements.

Soyons francs entre républicains que nous sommes : si la majorité d'entre vous, parlementaires de droite, aviez porté ce projet, mes amis de gauche et moi serions tous dans la rue aux côtés des organisations syndicales, des salariés, des étudiants et des lycéens.

C’est pourquoi j'aurais tant aimé écrire ce jour à un Varois membre d'un groupe socialiste de l'une ou l'autre des deux chambres du Parlement afin de lui demander de faire pression sur le gouvernement pour que ce texte soit retiré, et s'il devait être maintenu, de le rejeter par son vote.

Je le demande toutefois à l'un de vous, mon ami Pierre-Yves Collombat, seul sénateur de gauche varois, siégeant dans le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.

Aux dix autres (puisque, je le répète, j'omets délibérément le sénateur varois d'extrême-droite), qui sont de droite et vont sûrement voter contre pour d'autres raisons, dont probablement des considérations sur le fait que le texte de Myriam El Khomri ne fait pas, selon eux, suffisamment la part belle à la dérégulation voulue par le grand patronat et le monde de la grande finance, j'ai juste envie de leur dire que je rêve de les voir simplement évoquer, dans le débat parlementaire, le fait qu'il existe sur leur territoire des hommes et des femmes d'autres sensibilités que les leurs qui, certes pour des raisons différentes que celles qui guideront leurs votes, ne peuvent non plus approuver ce qui sera une atteinte aux constructions républicaines du général de Gaulle et du Conseil national de la résistance, qui ont fondé un projet de société dont un des axes, autour du droit du travail, a soudé la communauté française dans la promotion d'une égalité sociale constitutive de l’identité nationale du pays qui se relevait.

Je vous prie d'accepter, Mesdames et Messieurs les parlementaires républicains du Var, l’expression de toute ma considération.

Marc Vuillemot, maire socialiste de La Seyne-sur-Mer

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 21:05

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 06:06

Ce dernier vendredi, notre Bourse du travail seynoise accueillait quelques 150 personnes, venues de toute la région, issues de toute la gauche et l'écologie.

Ces gens répondaient à l'invitation des trois jeunes responsables politiques qui ont lancé l'appel "Debout la gauche" que je relayais dans un précédent article de ce blog.

J'ai eu le plaisir de les y accueillir par le propos que je livre à mes visiteurs...

 

"Aucun député et un seul sénateur, socialiste mais ne siégeant pas avec les socialistes, sur douze parlementaires représentant plus d'un million d'habitants.

"Plus aucun un élu régional. Plus aucun un élu départemental.

"Dix maires de gauche, dont seulement cinq élus "sur leur étiquette" (2 au PS, 2 au PCF et 1 au MRC) pour les 67 communes de plus de 3000 habitants. Un seul dans les 24 communes de plus de 10000 habitants où vit 70% de la population.

"Voilà le tableau bien sombre de l'état de la représentation de la gauche et de l'écologie dans le Var qui vous accueille ce soir.

 

UN SOMBRE TABLEAU VAROIS. ET UNE PROVENCE GUÈRE MIEUX...

"Et la situation n'est guère plus brillante dans la Région Provence Alpes Côte d'Azur, hormis dans les départements alpins où la gauche reste ancrée, mais qui ne représentent que 6% des habitants, et dans les Bouches-du-Rhône où les élus locaux historiques et les acteurs d'une vie politique tout de même un peu... "atypique" rattrapent un peu la sauce.

"Seulement 24 maires, dont 15 des Bouches-du-Rhône, sur les 90 villes de plus de 10000 habitants ; 24 parlementaires sur 63, dont 15 des Bouches-du-Rhône ; 68 élus départementaux sur 252, dont 28 Alpins et 24 des Bouches-du-Rhône ; un seul département, les Alpes-de-Haute-Provence, dirigé par la gauche.

"Et bien sûr la gauche désormais absente de l'assemblée régionale... du fait du choix hasardeux de sa seule composante socialiste...

"Et, du coup, des élus de l'extrême-droite comme nulle part ailleurs en France : 67 sénateurs, élus régionaux, départementaux, et maires de communes importantes...

"Je m'en arrêterai là. On a atteint le fond. Et la droite républicaine continue inexorablement, elle aussi, à se déliter, chez nous plus qu'ailleurs.

 

UNE PROVENCE DE NANTIS ? DÉLAISSÉE PAR LA RÉPUBLIQUE ? REPOUSSOIR ?... NON !

 "Serait-ce à dire que les presque 5 millions de Provençaux sont devenus à ce point des nantis qu'ils votent désormais pour la très radicale droite de chez nous et son extrême qui, de tous temps, et partout dans le monde, ont fait cause commune avec la finance internationale et les oppresseurs des plus humbles ? Non, nous le savons bien, notre taux de chômage est au-dessus de la moyenne nationale, nous plaçant en 3ème position des régions françaises.

"Serait-ce à dire que la Région souffre plus que d'autres d'un délaissement de la République ? Non, une publication parue ces derniers jours en atteste : hormis l'Île-de-France, aucune Région française n'offre un meilleur accès que la nôtre aux services et équipements publics de l'État, de la fonction hospitalière et des collectivités - et d'ailleurs aussi aux offres privées.

"Serait-ce à dire que notre territoire est un invivable repoussoir ? Non, notre Région a vu sa population presque doubler en 50 ans et tripler en 150 ans. Elle connaît la croissance démographique la plus dynamique du pays. Et les bases de données de l'INSEE fourmillent d'autres indicateurs qui devraient engager notre peuple à l'optimisme, à l'entreprise, à l'ouverture, au vivre-ensemble, au lieu de le conduire à écouter le chant des sirènes enragées qui invitent au repli sur soi, à la peur et la haine de l'autre, à la compétition dérégulée plutôt qu'à la coopération solidaire.

"Je crois plutôt que c'est en nous-mêmes, les acteurs de la vie publique qui nous référons à la gauche et l'écologie, supposés être les meilleurs porteurs des valeurs républicaines et démocratiques, qu'il faut rechercher les causes de nos échecs, des pertes de confiance, de l'accélération de notre incapacité à donner à espérer dans les lendemains.

 

&CHANGER AVEC LA PROVENCE DES VILLAGES ET DES QUARTIERS URBAINS

"Alors, arrêtons de parler de droite extrême et d'extrême droite, de fustiger, blâmer, anathémiser. Parlons simplement aux gens, écoutons-les. Ils nous interpellent sur la formation, l'insertion et l'emploi, sur le droit au logement, sur l'insécurité ressentie, sur les enjeux du développement durable. Ils ont des idées, ils sont critiques, peut-être un peu plus grincheux et tapageurs qu'ailleurs, mais riches de leurs allants pour l'échange et la confrontation. Nourrissons-nous des cris exigeants de notre peuple.

"Ça, les trois porte-paroles de la gauche socialiste, radicale et républicaine de décembre dernier, eux qui ont animé la campagne de terrain de leur liste régionale dans les rues des villes et sur les places des villages, ils l'ont bien compris. Ils nous invitent à nous remettre debout. Et ils ont choisi La Seyne, peut-être pas tout à fait au hasard, pour le faire.

"Ça honore notre petite parcelle de la République. Je leur souhaite une belle aventure de redynamisation. Ils en ont le talent et la niaque.

"Et, qu'ils le sachent, jamais en reste pour participer à la bousculade, il se trouvera du monde à La Seyne pour approuver, j'en suis certain, tous ceux qui remuent pour faire avancer, si ça crée les conditions de l'unité de la gauche, voire au-delà, pour que vivent, au concret, les valeurs laïques, égalitaires, de liberté, et de fraternelle solidarité."

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 04:57

Merci aux nombreux représentants des services publics, du monde économique et des associations, Seynois et voisins, qui ont répondu ce dimanche à l'invitation de notre conseil municipal pour la traditionnelle cérémonie des vœux.

Pour ceux qui n'ont pas pu être des nôtres, je livre ci-après le propos que j'ai adressé, au travers des présents, à l'ensemble de nos concitoyens.

Armez-vous de patience si vous voulez tout lire. C'est un long message, tant il est d'usage de passer en revue les moments de l'année qui s'est achevée. J'ai donc ajouté des intertitres pour l'aérer un peu...

Excellente année 2016 à tous !

 

Mesdames, Messieurs,

L'année 2015 aura été marquée à son début et à sa fin par deux tragédies. La cérémonie des vœux de 2015 n'a pas eu lieu. Mais c'était pour mieux nous retrouver dans l'unité, sur le parc de la Navale et dans les rues de notre centre ville. Il était indispensable pour chacun d'entre nous, ici, et partout en France (et le monde entier a admiré cette mobilisation populaire), d'afficher que la République, avant d'être un cadre institutionnel, un contrat social, c'est des gens. C'est nous. Humains capables de marcher contre la haine et la violence, pour la liberté d'expression ; pour isoler, pour rejeter loin de nous, dans leur abjection, les actes d'auteurs impardonnables et aveugles, commis contre des citoyens de catégories sociales, de convictions et de confessions différentes. Nous étions tous Charlie, c'est-à-dire, une France attachée à la liberté et à la laïcité.

Et puis, ce 13 novembre, la main froide du fanatisme le plus sanguinaire et aveugle a encore frappé le cœur du pays. Elle a frappé la vie, des gens prenant un verre à une terrasse de café ou assistant à un concert de rock. La culture, la convivialité, joyeuse et apaisée. Notre art de vivre.

Nous étions et nous sommes aujourd’hui, encore et toujours, Charlie, et nous sommes Paris, et nous sommes La Seyne.

 

NE PAS RESTER IMMOBILE LORSQU'ON ATTAQUE LA RÉPUBLIQUE ET LA LAÏCITÉ

Avec cette cérémonie, je veux saluer à travers vous la population seynoise, saluer son attitude d'unité et de dignité, je veux vous témoigner ma joie, ma fierté d’être à vos côtés, je veux vous signifier combien l’humanité qui fait battre le coeur de notre rassemblement est infiniment plus forte que tout acte de barbarie.

Et je veux répéter encore et encore que cet espace public et laïque est notre force à tous, que l’on soit, dans son intimité, musulman, chrétien, juif, bouddhiste, athée, agnostique, libre-penseur, et quelle que soit notre origine, proche ou lointaine.

Je veux donc vous le dire avec une certaine solennité : je ne compte pas rester immobile face à ces attaques en règle, d'où qu'elles viennent, contre l'unité républicaine et contre la laïcité.

Bien sûr, ces événements tragiques qui, hélas, peuvent encore se reproduire, sont de dimension nationale et, assurément, internationale.

Mais La Seyne n'échappera pas à l'obligation de s'interroger, notamment sur le respect et le développement de la laïcité.

Je souhaite que nous le fassions dans l'unité républicaine, avec les forces vives de notre territoire. Je vais faire des propositions concrètes en ce sens dans les prochaines semaines. On ne peut pas laisser des générations perdre la mémoire de la République et de ses valeurs. On ne peut pas constater sans réagir que de sinistres cultivateurs de haine - je le répète : d'où qu'ils soient -, entraînent des jeunes, et pas seulement des jeunes, vers une régression totalitaire et obscurantiste.

 

LA RÉPUBLIQUE NE SE NOURRIT PAS DE L'AIR DU TEMPS

La laïcité, c'est la séparation de la sphère privée de la sphère publique, notamment en matière de religion. Pour mémoire, la loi concernant la séparation des Eglises et de l'Etat a eu cent-dix ans en 2015... et nous en sommes encore là !

Eh oui, mesdames et messieurs, la République ne se nourrit pas de l'air du temps, elle ne se régénère pas d'elle-même. Il faut nous aussi cultiver et faire fructifier notre pacte social !

Cela, c'est un digne combat, pour reprendre une formule célèbre, que l'on peut - que l'on doit ! - mener aussi localement.

C'est pourquoi j'annoncerai prochainement des mesures pour renforcer ici tout ce qui relève de l'éducation, de la mobilisation, de l'animation sur le thème de la laïcité.

Mon objectif est simple : je compte rassembler toutes les forces porteuses de valeurs humanistes, républicaines, je compte réunir les responsables des cultes, les associations, les acteurs économiques, les services publics, dans un élan pour promouvoir la laïcité.

S'il faut créer un "conseil des sages", une sorte de "comité de vigilance", animant de la manière la plus ouverte toutes sortes d'actions, eh bien nous le ferons !

 

UN TERRITOIRE PARTAGÉ, LA RADE. UNE COMMUNE PARTAGEUSE, LA SEYNE

Nous avons d'autres tâches à accomplir ? D'accord ! Mais celle-là, ce combat, je ne laisserai personne, et en particulier pas les forces du passé, les forces fascisantes de toutes natures, le mener à notre place !

Et, si nous avons en partage une République, une démocratie, bien sûr avec leurs lacunes, leurs imperfections parfois, mais avec leur histoire et leurs immenses avantages, nous avons un territoire, la Rade, une commune, La Seyne. Et la Rade et La Seyne, nous les aimons républicaines !

Vous le savez bien, vous le partagez avec nous : même dans la difficulté, on vit cette ville avec bonheur, que l'on soit Seynois de souche ou nouvel arrivé (ce sont même ces derniers qui, parfois, en en parlent le mieux et nourrissent le moins de complexes. Non, je galèje… mais quand même c'est parfois vrai…).

On l’aime et on se bat pour elle. Esprit de clocher ? Très loin de là ! D'ailleurs comment pourrais-je me revendiquer républicain et prôner le repli sur soi ?

Non, La Seyne existe et se développe bel et bien dans un espace et un territoire partagés.

L'ouverture du casino, vendredi, atteste, s'il en était besoin, que nos décisions, les investisseurs que nous faisons venir, quand nous n'investissons pas nous-mêmes, vont dans le sens de l'équipement et de l'aménagement de toute l'agglomération ou, à tout le moins, des diverses rives de la Rade. Et c'est le cas de la médiathèque Andrée-Chedid utilisée par tout l'ouest varois. Et ce sera celui du nouvel Espace culturel Tisot qui ouvrira à l'automne. Et ce sera le cas de l'Atelier mécanique avec ses salles de cinéma et lieux de loisirs et de culture. Et c'est évidemment le cas du technopôle de la mer dont nous ne cessons de rappeler l'importance primordiale, bien au-delà, mais là très, très, au-delà, des petites frontières locales...

Est-ce à dire que je partage, sans barguigner, toutes les orientations, les procédures, l'absence de clarté parfois, de la gouvernance de Toulon Provence Méditerranée ? Je serais menteur si je le prétendais.

 

JOUER COLLECTIF ET CONSTRUCTIF, TOUJOURS, VERS L'ÉQUITÉ

Et comme je veux être quelqu'un de loyal, je joue collectif, constructif, toujours, mais ça ne m'empêche pas d'être lucide, vigilant, critique parfois, et de faire valoir une vision équitable et d'intérêt général.

Ce fut mon raisonnement concernant la défense de la maternité en 2011. L'aménagement d'un territoire de 200.000 habitants était en jeu. Et l'on constate que l'usine à bébés de Sainte-Musse ne répond pas, loin de là, et nous le savions, nous l'annoncions, aux besoins de proximité et de prévention de tous les traumatismes sociaux. Nous n'avons pas gagné cette bataille. Mais j'aurai la discrétion de ne pas m'appesantir sur les promesses non tenues...

En revanche, concernant la cotisation des communes du département au SDIS, le Service d'incendie et de secours du Var, lorsque, voici un an, presque jour pour jour, j'ai lancé, bien seul à l'époque, le débat pour l'équité, qui aurait parié un kopek sur notre victoire ? Eh bien oui, nous avons gagné en décembre !

Mais ce n'est pas La Seyne seulement qui a gagné. Je le disais : pas d'égoïsme, jamais. C'était 40% de la population du Var, vivant sur d'autres communes, qui était lésée par un étrange mode de calcul, qui verra comme nous, sa cotisation diminuée progressivement en trois ans. Pour La Seyne, ce sera de 30%, ce qui n'est pas rien sur 5,5 millions d'euros !

C'est l'équité républicaine entre les territoires qui a gagné. C'est l'intérêt général. Nos sapeurs-pompiers, ô combien méritants, nos services de secours d'excellence, doivent pouvoir œuvrer dans les meilleures conditions ! Ils n'auraient pu que devenir aux aussi les victimes si cette situation d'injustice entre les territoires avait perduré !

Et, si nous venons également d'être récompensés financièrement de nos efforts en matière de logement, de toutes catégories, du social au standing, ce n'est que justice, justice qui reste encore à faire respecter dans ce domaine comme dans d'autres, entre les territoires.

C'est particulièrement vrai dans notre Var où certains, parmi ceux-là même qui ont, contrairement à nous, voté le plan local de l'habitat, se refusent paradoxalement à le mettre en œuvre, laissant supporter à quelques rares communes, dont La Seyne, l'effort pourtant légal du droit au logement pour tous.

 

ON NE GAGNE QUE LES COMBATS QUE L'ON MÈNE

Et nous avons d'autres bagarres sur le feu, sur bien d'autres sujets : l'amélioration des lignes, des dessertes et des fréquences des transports collectifs terrestres et maritimes, la réalisation du pôle multimodal de la gare ferroviaire avec le franchissement de la voie ferrée vers la partie terrestre du pôle de compétitivité mer, et les accès à celui-ci pour les entreprises et centres de recherche et de technologie, le redémarrage par la société d'aménagement de TPM de la construction du parking des Esplageoles, une meilleure prise en compte du programme de rénovation urbaine de notre vieille ville, ou encore une autre gestion de nos ports plus en adéquation avec les besoins et les envies d'autogestion de leurs usagers et des sociétés nautiques.

Mais je le dis avec force : on ne gagne que les combats que l'on mène !! Et plusieurs de ces combats, respectueux de l'intérêt général, je le répète, nous permettent aussi de limiter l'érosion de nos finances, gravement atteintes par la baisse étouffante des dotations de l'Etat.

Nous continuerons à travailler dans ce sens, avec mon équipe, que je remercie au passage de son unité, de son soutien, pour la qualité de son travail, et avec nos personnels communaux !

Et cet acquis, je le partage avec vous, chers concitoyens, avec tous les Varois, et avec vous chers collègues !

 

LA SEYNE MISE SUR LE "GRAND TOULON". QUE LE "GRAND TOULON" MISE SUR ELLE !

Voilà. Et notre vigilance, nous l'exerçons avec ténacité. C'est pourquoi nous n'avons pas approuvé en Conseil municipal le plan de mutualisation décidé par TPM. La marche vers une intégration intercommunale de type communauté urbaine, voire même vers une métropole, doit se faire dans la clarté, avec méthode, avec des objectifs clairs. Et on n'y est pas encore.

Alors, nous restons et resterons vigilants, sans état d'âme : oui, La Seyne mise sur l'intercommunalité. Et oui, il faut aussi que l'intercommunalité mise sur La Seyne !

Il ne faut pas craindre la modernisation des collectivités. Il n'empêche, les maires de France, toutes tendances confondues - je peux vous le dire en tant que président de l'association nationale des maires de banlieue -, ne cessent d'alerter l'Etat sur le danger qui nous guette : le risque que notre démocratie soit peu à peu privée de ces cellules vivantes, proches, familières, que sont les communes. Le risque que celles-ci ne soient jetées en pertes et profits d'un Etat lui-même affaibli et uniformisant, et d'une Europe déréglementée et technocratique.

Je le disais vendredi au personnel municipal réuni pour sa cérémonie de vœux : je leur demande beaucoup. Des sacrifices, des efforts, un travail difficile, car nous gérons les finances au cordeau. Car nous voulons gérer La Seyne, non seulement "en bons pères de famille", comme on dit, mais aussi de manière dynamique.

 

VERS DE PROCHAINES ASSISES DES FINANCES LOCALES

Nous agissons sur le fonctionnement, avec notamment, chaque fois que possible, l'arrêt des remplacements des départs en retraite. Nous agissons directement sur nos capacités, certes limitées, d'investissement, et indirectement, surtout, en activant des investissements portés par le privé mais bénéficiant à tous : le crématorium, le casino, l'atelier mécanique...

Nous faisons et nous allons continuer à faire des choix. Parfois durs. Et d'ailleurs, comme je l'ai fait régulièrement depuis ma première élection en 2008, je vous annonce que de nouvelles Assises des finances seront organisées très bientôt, pour partager, expliquer, recueillir vos avis pour nos choix, avant le vote du budget 2016.

Et ces choix sont d'autant plus difficiles que, je l'annonce, cette année encore, nous n'augmenterons pas les taux des impôts ni ne réduirons les abattements. Nous ne pouvons et ne voulons aggraver la pression fiscale déjà très lourde. Du coup, privée de moyens quantitatifs, notre gestion travaille beaucoup sur le qualitatif.

Le personnel municipal, je l'ai dit, est central : il est la valeur ajoutée humaine. Tout en limitant embauches et remplacements au strict nécessaire et à l'indispensable techniquement, car même si, en matière de masse salariale, nous ne dépensons pas plus que les autres communes de même taille, nous devons déployer encore plus d'efforts dans ce domaine.

Et nous avons toujours misé sur la démocratie de proximité...

 

POUR UNE CONSTANTE DÉMOCRATIE DE PROXIMITÉ

Etre en lien permanent avec les citoyens dans les quartiers, notamment les CIL, ou au travers des Conseils de quartiers, ou encore au sein des Comités d'usagers, c'est une condition sine qua non pour que les dépenses, les efforts, les énergies municipales soient mobilisées à bon escient, sur les problèmes les plus cruciaux ou bien ceux, à l'inverse, qui ne demandent pas beaucoup de moyens financiers mais qui soulagent nos concitoyens, en matière de propreté, de voirie, de tranquillité publique, d'environnement, de services aux familles et aux personnes.

J'ai voulu être et je veux rester un maire très à l'écoute.

Mais, sans les services techniques, sans le service de "Allô La Seyne" et de la vie des quartiers, sans la police municipale, et tous ceux qui m'accompagnent dans mes rencontres dans les quartiers, cette volonté n'aurait tout simplement pas trouvé sa traduction concrète.

J'en profite pour saluer chaleureusement, à cet instant de mon allocution, un homme, une personnalité seynoise, un ami, un cadre municipal qui fait tout juste valoir ses droits à la retraite, Marcel-Paul Magagnosc, et qui, depuis sa prise de fonction de directeur des services techniques, a été très très présent avec moi et disponible, auprès de vous, sur le terrain, comme son ancien collègue et camarade du fameux mouvement des 81, Roger Tirion, et d'autres agents, et comme mes adjoints qui eux-aussi mouillent beaucoup la chemise pour pallier, justement, nos limites matérielles.

 

DU NORD AU SUD, DES PROJETS STRUCTURANTS

Et, parallèlement, je l'ai déjà évoqué, j'y reviens très brièvement : les grands projets se poursuivent, misant sur l'avenir, dépassant la défiance des Saint-Thomas, plus ou moins sincères, qui ne croient que ce qu’ils voient.

Des projets cohérents car La Seyne reste un tout indissociable : le site des anciens chantiers navals achève peu à peu sa mutation. L'ouverture du casino, marque une nouvelle étape dont on n'a pas encore mesuré toutes les conséquences positives.

A l'est du site des chantiers navals, nous avons enfin pu lever les obstacles à l'installation de Monaco Marine, cette grande entreprise de construction et de refit de yachts de grande plaisance, dont le chantier vient tout juste de commencer.

Et, dans les prochains jours, ce sera le dépôt du permis de construire du projet des Ateliers mécaniques puis, avant la fin mars, la signature du bail emphytéotique que nous allons signer avec les porteurs du projet, dont le groupe CGR, numéro trois de la diffusion cinématographique en France.

Tout cela présage de la création d'emplois en nombre, d'un grand centre ville élargi, toujours mieux irrigué d'activités, toujours plus attractif, mieux repéré et donc jouant le rôle de locomotive pour le reste de la ville.

Avec l'achèvement de la rénovation de Berthe, au nord, d'ici deux ans, vous le constatez déjà, c'est le visage de la ville et de ses entrées qui a profondément changé.

Au sud, nous sommes candidats pour le Pavillon bleu pour nos plages. Côté protection de l'environnement et du cadre de vie de nos quartiers balnéaires et littoraux, l'aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine, protégeant nos paysages de Balaguier aux Sablettes et de la Petite Mer, sera en place en 2016, tandis que nous travaillons pied à pied depuis des mois pour obtenir cette année le maintien dans le domaine public de la colline et du littoral du Fort de Saint-Elme, que l'Etat veut mettre en vente, pour en assurer la sauvegarde, la valorisation, et l'ouverture au public, comme nous l'avons fait pour le Domaine de Fabrégas.

 

LE CŒUR HISTORIQUE, AU CARREFOUR DE L'AVENIR

Au centre, avec la mission centre-ville que nous avons créée, nous travaillons avec ardeur pour obtenir que l'État, la Région, le Département et l'Agglomération, qui en ont d'ores et déjà validé le principe, financent au plus fort taux un grand programme sur le port et son quartier. La vieille ville doit en effet être une vitrine de la commune, le lien entre les sites à enjeux des anciens chantiers navals, du technopôle de la mer, et de Berthe rénovée, tandis que la redynamisation de l'animation culturelle et commerciale, en appui à l'association des commerçants, doit commencer à porter ses fruits. Et, dans l'attente des moyens, les premiers effets sont déjà très perceptibles sur notre marché provençal, à ce qu'en a rapporté la presse locale, récemment, sur deux pleines pages.

Et, pour l'ensemble de notre territoire, nous poursuivons la révision de notre plan local d'urbanisme, avec l'objectif, à atteindre en 2017, de réduire encore la constructibilité là où la loi le permet, de donner le caractère d'éco-quartiers là où elle ne le permet pas et où le contexte s'y prête, de créer des trames vertes et bleues, et même de recréer des zones agricoles.

Mais La Seyne ne peut porter seule cette dynamique...

 

LA SOLIDARITÉ NE SE VIT PAS À SENS UNIQUE

La rénovation du centre ancien très dégradé, les aménagements et réfections des voiries départementales et intercommunales et des ports, le développement des lieux de stationnement, des voies piétonnes et cyclables, des offres de transport collectif terrestre et maritime, le soutien à la culture, au sport et aux loisirs, sont autant de sujets qui ne dépendent qu'en partie, voire pas du tout pour certains, de l'institution municipale.

La Seyne se montre solidaire vis-à-vis d'autres communes, notamment pour l'offre économique, l'emploi, et le logement, mais aussi en assurant des services à leurs populations, au-delà de la nôtre, comme, par exemple, avec sa médiathèque, ou en matière sanitaire, puisqu'elle a été en 2015 la première ville du Var à signer avec l'Etat un contrat local de santé.

Alors, en retour, La Seyne, elle aussi, a besoin qu'on soit solidaire de ses efforts. Et croyez que je ne ménage pas ma peine, au plan départemental, régional ou national, pour faire valoir cette nécessité.

 

LA SEYNE, ON L'AIME, AVEC SON ÉNERGIE POSITIVE

Je ne conclurai pas sans avoir rappelé l'attachement que nous portons à notre commune. Nous l'aimons de mille façons…

Lorsqu’on court ou que l'on se promène le long de sa corniche Tamaris, en regardant le soleil se refléter sur les toits des fermes aquacoles. On l'aime lorsqu’en allant à Fabrégas, on s’arrête au domaine agricole communal acheter ses légumes bio, lesquels depuis peu peuvent nourrir tous nos écoliers...

La Seyne, on l'aime lorsqu’on vient de Bandol emprunter des livres ou des CD à la Médiathèque de Berthe et qu’on repart avec un petit air de musique dans la tête. La Seyne, on l’aime à pleins paniers de légumes et de fleurs récoltés sur son marché du cours Louis-Blanc aux accents de Provence.

On l’aime, vue du haut de son pont levant, ou du milieu de la place Saint-Jean, au cœur de Berthe. On l'aime quand on découvre les étonnants savoir-faire technologiques de son technopôle de la mer.

On l'aime dans l’anse de chacun de ses 12 ports, au sommet du Cap-Sicié baigné dans le bleu infini de la Méditerranée. On l'aime en se laissant guider, un matin d'été, par les rayons du soleil jouant avec un ciel d’ombrelles dans la rue Cyrus-Hugues.

La Seyne, on l’aime quand on se souvient d’elle, on l’aime quand on la découvre et dès qu’on la connait. On est Seyne de corps et Seyne d’esprit, on a envie d’exporter son énergie positive, de la peindre, de la sentir, de la voir et de la revoir, de la partager, de la toucher du doigt et d’y mettre sa touche, d’y donner sa voix, de la photographier, de la filmer, de la raconter...

Je parle "d'énergie positive". En matière de développement durable, ça tombe bien, c'est bien cela qu'il faut entretenir. D'ailleurs, La Seyne a été en 2015 la première et seule commune du Var à s'être portée candidate au programme d'État des "Territoires à énergie positive". Et, parce qu'elle est innovante, elle a été invitée par le Ministère de l'écologie à entraîner le reste de l'agglomération dans sa démarche. Et elle a convaincu les services de TPM et de la Ville de Toulon. D'où une légitime fierté lorsque nous avons signé avec l'État la convention qui labellise nos actions et qui apporte des financements jusqu'à hauteur de 80% pour la transformation de l'éclairage public, le stationnement des vélos électriques, le transport collectif propre, les bâtiments à énergie positive.

Vous voyez, c'est comme ça que je l'aime, que nous l'aimons, la coopération intercommunale. Voulue, concertée, mutualisant les initiatives de chacune des communes au bénéfice de toutes.

 

PUISSANCE PUBLIQUE, ACTEURS ÉCONOMIQUES ET ASSOCIATIFS, ENSEMBLE

Alors, notre cérémonie de vœux, comme partout en France, aura été empreinte de gravité. Mais, en 2015, nous avons aussi vécu beaucoup d'heureux moments à La Seyne, privés bien sûr, mais aussi publics. De grands moments, comme la naissance, ici, de la nouvelle "Nation Océan", des milliers de moments moins visibles ou quotidiens, dans le sport et les joies des enfants, dans la curiosité enjouée des écoliers qui rencontrent les anciens des chantiers dans le cadre des "classes de la navale" que nous avons créées avec l'Education nationale, dans la grande parade de Noël ou les moments festifs de l'été, nos foires et salons, avec le rendez-vous convivial et de grande qualité qu'a été "l'Alsace-sur-mer" nouvelle formule, le premier salon de la croisière, le premier forum des associations jumelé à la fête des sports, ou l'émerveillement du village des sciences, dans les fêtes de quartiers et les animations d'anciens, dans nos événements artistiques ou ludiques.

Des événements communaux, bien sûr, mais aussi et surtout associatifs, tant La Seyne demeure riche de l'engagement volontaire de ses milliers de bénévoles, dans tous les champs de la vie locale, du sport à la solidarité, de la culture à l'environnement, de l'enfance aux seniors, de plus en plus soutenus par ses acteurs économiques, petits et grands, qui s'ouvrent à leur environnement urbain et à notre peuple, bien au-delà de leurs cœurs de métiers, et qui méritent qu'on les encourage à poursuivre...

Avant de conclure, permettez-moi d'avoir, avec vous, une pensée pour ceux qui ont disparu, ceux qui souffrent et traversent des difficultés ou font face à la maladie.

Je vous adresse chaleureusement, au nom de la municipalité, des vœux de bonne santé pour vous et vos proches, de bonheur, de réussite dans vos projets...

Et, je vous le dis, je vous le souhaite du fond du cœur, au nom de toute mon équipe, pour cette année qui s’ouvre, je vous souhaite la Liberté, je vous souhaite l’Egalité, je vous souhaite la Fraternité !

Vive La Seyne dans la France républicaine !

 

 
Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale

Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

À propos de moi...

> Ma bio, vue par un copain...

> Ma généalogie sur geneanet

 

 

L'ACTION DES COPAINS

LE BLOG DES ÉLUS SEYNOIS DES GAUCHES ET DE L'ÉCOLOGIE
LE SITE DE MANON AUBRY, DÉPUTÉE EUROPÉENNE VAROISE

ET MES ENGAGEMENTS

CLIQUEZ SUR LA BANNIÈRE
LA CHAINE YOUTUBE DE GRS
LA PAGE FB DE GRS-Var
LE BULLETIN DE GRS-LA SEYNE

 

12 ANS POUR & AVEC LES SEYNOIS

NOTRE BILAN 2008-2020

CLIQUEZ SUR L'IMAGE