1 juin 2021 2 01 /06 /juin /2021 09:01

Certains se souviennent peut-être des ETAPS, les "Espaces territoriaux d'accès aux premiers savoirs". D'autres ont entendu parler des "chantiers d'insertion". C'étaient des dispositifs destinés aux personnes les plus éloignées de l'emploi, pour des raisons diverses, depuis les aléas de vie jusqu'au déficit de formation initiale nécessaire à l'accès à un parcours de qualification, en passant par les ségrégations de tous ordres ou les manques de repères quant aux codes sociaux indispensables à une insertion réussie dans le monde du travail.

Bien que la formation professionnelle soit une compétence des Régions, la majorité de MM. Estrosi et Muselier a estimé que ces dispositifs étaient trop coûteux pour un résultat médiocre et, finalement, relevaient plutôt de l'action sociale, donc des Départements.

Et, sans tenir compte de l'humain, ils ont décidé brutalement de cesser de les financer, laissant sur le carreau plusieurs milliers de Provençaux parmi les plus fragiles...

 

70% D'ACCÈS À L'EMPLOI RÉUSSI, SINON RIEN !

Après avoir supprimé, dans les mois qui ont suivi leur élection, les aides régionales aux formations des jeunes gens "sous main de justice", pour lesquels une perspective d'insertion professionnelle constituait un atout pour prévenir de nouvelles ruptures sociales et des risques de récidive, MM. Estrosi et Muselier ont franchi dès 2017 un nouveau pas vers l'abandon des plus en difficulté des Provençaux. Les deux présidents LR successifs de la Région Provence ont considéré que, si elles ne débouchaient pas sur 70% de retour ou d'accès à l'emploi, les formations ne seraient plus soutenues par la Région.

Mais les ETAPS, comme les deux derniers termes de leur intitulé l'indiquent, étaient des sessions destinées à préparer des personnes à très bas niveau scolaire, et même illettrées pour certaines d'entre elles, à acquérir les "pré-requis" de savoirs de base nécessaires à l'entreprise une formation professionnelle. Évidemment, pour ces publics, l'objectif de 7 sur 10 ayant trouvé un emploi était impossible à atteindre. Un article de "MarsActu" détaille la situation dramatique que cette décision scandaleuse a générée pour plusieurs milliers de nos concitoyens.

 

LA SOLIDARITÉ, CE N'EST PAS L'AFFAIRE DE LA RÉGION. CIRCULEZ !

L'année suivante, M. Muselier a opté pour poursuivre dans la voie bien peu guidée par la fraternité républicaine qu'avait initiée M. Estrosi. C'était au tour des "chantiers d'insertion" de subir les affres d'une logique comptable ne faisant aucun cas des plus fragiles. Pour ces dispositifs, si les perspectives d'accès à l'emploi étaient meilleures que pour les ETAPS (environ 43%, contre 12% pour les premiers), non seulement l'objectif de 70% de parcours réussis était inatteignable, mais, de plus, il était carrément estimé qu'ils ne constituaient nullement des outils de formation, mais des mesures de solidarité sociale ne pouvant pas relever de la compétence régionale. Ce furent plusieurs autres milliers de bénéficiaires qui firent les frais de cette décision inique.

Avec les choix de M. Muselier de désengager la Région des "contrats de ville" assurant l'accompagnement social des habitants des quartiers populaires, ce sont là deux autres décisions politiques de classe, prises abruptement, sans concertation avec les acteurs sociaux des territoires. Un abandon pur et simple d'autres milliers de Provençaux.

 

Déjà, MM. Estrosi et Muselier devaient estimer avec leur futur nouvel ami M. Macron qu'il suffisait de traverser la rue pour trouver du boulot. Un point de vue, est-il utile de le préciser, que partage l'extrême-droite qui, dans son programme populiste, ne dit évidemment pas un mot de la formation professionnelle.

D'ailleurs, ces décisions bien injustes ont été prises avec l'assentiment des élus régionaux du RN dont le nouveau chef de file, M. Mariani, a le même parcours que M. Muselier, du RPR à LR en passant par l'UMP, tous deux ministres de MM. Chirac et Sarkozy, comme l'a rappelé à raison ce lundi Jean-Laurent Felizia, tête de liste du Rassemblement écologiste et social, seule alternative porteuse de vraies valeurs républicaines.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Action régionale Formation - emploi et insertion
23 mai 2021 7 23 /05 /mai /2021 05:20

La formation professionnelle est une des compétences des Régions. Avant la réforme de l'apprentissage imposée par le gouvernement de M. Macron en 2018, on comptait presque 32.000 apprentis en Provence Alpes Côte d'Azur. On n'en dénombre aujourd'hui que 27.000.

M. Muselier, président de la Région, n'avait pas été le dernier à s'insurger – à juste titre – contre cette réforme lorsqu'elle avait été votée. Il alla même jusqu'à menacer de stopper les investissements régionaux pour les Centres de formation d'apprentis (CFA), pressentant à raison que l'État allait leur occasionner un rude coup de frein budgétaire.

C'est pourquoi ce serait cocasse de connaître le contenu des discussions sur le sujet qui ont dû se tenir entre "Républicains" et "Marcheurs" pour parvenir à l'accord intervenu entre eux pour construire un projet commun, porté par une liste unique LR-LREM, en vue de l'élection régionale du mois prochain. Le mariage de la carpe et du lapin...

 

L'apprentissage a en effet été brutalement privé de ressources publiques par le gouvernement néolibéral de MM. Macron et Philippe. Il a été privatisé car transféré des mains des collectivités locales publiques que sont les Régions aux organisations patronales.

Certes, les certifications demeurent nationales, mais les référentiels de formation et d'examens sont désormais fixés en fonction des desiderata du patronat. Et, surtout, les formations proposées le sont à présent en fonction des besoins de l'immédiat des entreprises du territoire, assurant peut-être une efficacité opérationnelle pour les futurs professionnels, mais délaissant les savoirs associés, comme les matières générales, qui éveillent les consciences et facilitent les changements de parcours.

Ceci étant, ce n'est sûrement pas sur ces points que M. Muselier a réagi lorsqu'il s'est élevé contre la réforme. Lui-même n'avait-il pas déjà supprimé les Espaces territoriaux d'accès aux premiers savoirs, nécessaires à la (re)mise à niveau des décrocheurs scolaires et des allophones avant qu'ils n'entreprennent leurs formation ? N'avait-il pas modifié les critères pour répondre aux appels d'offres de formation en rendant prépondérant le prix et en imposant un engagement d'un retour à l'emploi pour 7 sur 10 des formés  ? Ne plaçait-il déjà pas la formation au service du patronat plutôt que de l'individu ? En ce sens, il n'était pas loin d'embrasser les mêmes orientations que celles de Mme Pénicaud, la ministre du travail à l'origine de la réforme. Qu'est-ce qui le motivait donc pour revendiquer haut et fort de garder la main sur l'apprentissage ?

En tout état de cause, selon le site Internet de référence "L'apprenti", il y aurait aujourd'hui en Provence 27.186 apprentis, formés dans 216 structures d'apprentissage, soutenues par une dotation de l'État de 11,2 millions d'euros. Avant la réforme, c'étaient environ 5.000 apprentis de plus, dans 44 sites de formation de plus, avec dix fois plus de recettes publiques. C'est une sacrée dégringolade.

Mais M. Muselier est désormais silencieux sur le sujet de l'apprentissage. Pour ne pas fâcher ses nouveaux alliés "Marcheurs" ?...

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Formation - emploi et insertion
17 mai 2021 1 17 /05 /mai /2021 07:02

44 pages de bilan de M. Muselier, président de notre Conseil régional, qui sera renouvelé en juin prochain. 44 pages... et pas une ligne sur l'action régionale en direction de 512.000 de nos concitoyens, les plus vulnérables, représentant 10,3% de la population de Provence Alpes Côte d'Azur, ceux qui résident dans les sites urbains fragiles qu'on appelle les "quartiers prioritaires de la politique de la ville", les QPV.

Il est vrai que M. Muselier a raison de faire profil bas. Cas unique en France, la région provençale a en effet choisi de supprimer brutalement, sans préavis, les soutiens qu'elle apportait aux intercommunalités, communes, associations et acteurs économiques de l'insertion sociale et professionnelle dans le cadre des "Contrats de Ville", ces dispositifs conjuguant les efforts des territoires et de l'État pour l'accompagnement des plus pauvres, résidant dans nos grands ensembles d'habitat social et nos centres anciens dégradés.

Ça vaut bien la peine que M. Muselier mette en exergue de son bilan les valeurs du serment des médecins engageant à s'occuper de « tous ceux qui en ont besoin », et du gaullisme, « le respect et le rassemblement de toute la France dans sa diversité et son indispensable unité », « sans jamais laisser personne au bord du chemin »...

 

Après certains départements, comme le Var, qui se sont désengagés depuis des années de ce qu'on appelle "la politique de la ville", c'est en 2018 que, sans tambour ni trompette, la Région a annoncé qu'elle retirait aux acteurs de terrain qui luttent contre les discriminations et pour la compensation des inégalités socio-économiques les aides qu'elle leur apportait et qui couvraient environ 20% du coût de leurs actions.

La présidence Muselier, ça aura été la fragilisation de mesures en faveur de l'éducation dès le plus jeune âge, l'accompagnement de la scolarité, l'appui à la fonction parentale, la prévention de la délinquance, les parcours d'insertion vers l'emploi, l'accès au logement, à l'énergie, aux mobilités, à la santé, au droit, à la culture, aux sports, aux loisirs socio-éducatifs, à l'égalité hommes-femmes, à l'inclusion dans la vie de la cité des anciens et des handicapés, à la citoyenneté active.

La présidence Muselier, ça aura été l'affichage d'une forme de mépris des milliers de nos concitoyens provençaux, bénévoles, professionnels, vacataires volontaires, qui constituent l'épine dorsale d'un monde associatif engagé sans relâche au quotidien auprès des plus humbles, notamment de notre monde urbain, et qui ont pourtant grand besoin d'être soutenus.

La présidence Muselier, ça aura été, malgré les belles paroles fraternelles introduisant son bilan, l'abandon à leur sort d'un demi-million de Provençaux.

 

À la lumière de ce triste élément de bilan, on peut comprendre le rapprochement, fût-il chaotique, des "Républicains" et des "Marcheurs". M. Muselier fait sien le slogan affiché par M. Macron en 2018 à l'Élysée, lorsqu'il a balayé d'un revers de main devant une salle médusée les propositions des élus locaux et des acteurs associatifs et de l'économie solidaire pour une redynamisation de la politique en faveur des quartiers populaires.

Après le méprisant « Je traverse la rue et je vous trouve un travail », c'était « La France, une chance pour chacun », sous-entendu... débrouille-toi.

Ce que proposent les gauches et l'écologie réunies, c'est au contraire en substance  : « La Région républicaine, une assurance pour tous ». Un tout autre point de vue solidaire dont doivent se saisir en juin ceux qu'on a laissés sur le trottoir d'en face, pour peu qu'ils trouvent encore la force d'aller voter...

 

 

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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 14:39

La presse nationale évoque un sujet qui, entre autres villes, concerne La Seyne et Toulon : la grande difficulté, risquant d'être fatale, que traverse la structure support d'une belle initiative conjuguant une perspective d'information valorisante des quartiers populaires fragiles et un projet de formation professionnelle vers les métiers du journalisme pour plusieurs centaines de jeunes gens résidant dans ceux-ci.

« L'@gence2 des quartiers » est une initiative lancée il y a un an dans une quinzaine de villes populaires françaises. Comme beaucoup de maires, j'y ai vu un grand intérêt. La Seyne avait en effet été choisie par ses initiateurs pour accueillir une de ses agences. Hélas, le projet semble sur le point d'avorter, risquant de réduire à néant les espoirs des jeunes qui y ont cru et s'y investissent depuis des mois.

La faute à qui ? Et comment rebondir ?...

 

L'IDÉE GÉNIALE DE COUPLER INFORMATION ET FORMATION

L'idée était – et demeure – fort intéressante. Il s'agit de produire et commercialiser, par divers supports de communication, des informations objectives et valorisantes sur ce qui se passe dans le millier de quartiers prioritaires de la politique de la ville, en métropole et en outremer. Le but est de contrebalancer utilement l'image négative des sites urbains fragiles, dont on n'évoque trop souvent que les mauvais côtés, sur fond de violences, de trafics, et de détresse humaine.

Et ce qui rend le projet d'autant plus riche et innovant, c'est que ce sont des jeunes adultes habitants de ces quartiers, en formation professionnelle en alternance aux métiers de la communication, encadrés par des journalistes professionnels, qui assurent les productions des dépêches, d'une revue bimensuelle, de vidéos, tout en suivant une formation assurée par deux écoles de journalisme de renom, débouchant sur une certification.

 

MAIS, DANS LES FAITS, CE QUE L'AFP QUALIFIE D'« IMMENSE GÂCHIS »

Mais l'Agence France Presse (AFP) et Mediapart, pour ne citer que ces organes de presse, expliquent que « L'@gence2 des quartiers », portée par une société adossée à une association, rencontre de très sérieux problèmes, apparemment budgétaires et stratégiques. Dans toute la France, y compris donc chez nous dans la métropole toulonnaise, des dizaines de jeunes adultes, employés par la structure, voient leurs espoirs déçus. Ni eux ni leurs encadrants n'ont perçu certains de leurs salaires depuis plusieurs mois, beaucoup disent retrouver une situation de détresse qu'ils pensaient ne plus connaître. Ils ont, malgré cela et le manque d'outils minimum de travail, continué à s'investir sans relâche et produire jusqu'à ces derniers jours. Les syndicats de journalistes et les organismes de tutelle du travail sont saisis. Dans un communiqué, les deux principaux syndicats de la profession exposent la situation et interpellent les pouvoirs publics.

 

À LA PUISSANCE PUBLIQUE DE GARANTIR DÉSORMAIS LA PROMESSE RÉPUBLICAINE

Car « L'@gence2 des quartiers » a été grandement soutenue par l'État dès sa conception, et c'est très bien ainsi. Diverses collectivités locales, dont La Seyne, y ont vu un grand intérêt, et plusieurs y ont apporté une contribution logistique. Quelles que soient les raisons du désastre exposé par la presse et les syndicats, un tel projet ne peut s'arrêter. Ou, s'il doit le faire, il doit aussitôt redémarrer dans un cadre sécurisé. Pour les jeunes, outre qu'il est impensable que leurs efforts d'insertion professionnelle soient vains, il n'est pas envisageable qu'ils vivent la puissance publique comme se désintéressant de leur sort funeste.

Tant la requalification des quartiers populaires urbains, dont l'image est un vecteur, que la formation et l'insertion professionnelle, sont des compétences de l'État, qu'il partage avec les territoires. Sa responsabilité est engagée. Si le modèle initial, en grande partie appuyé sur le secteur marchand, s'avère ne pas être le bon, il faut reconstruire sans délai le projet sur des bases fondées sur les compétences régaliennes de la Nation. Dès que l'État, qui a diligenté une enquête menée par l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), aura pris la mesure de la question, il devra être à l'initiative de la relance du projet et en garantir la viabilité.

 

DES LEÇONS À RETENIR POUR LE DÉPLOIEMENT DES POLITIQUES PUBLIQUES

Et, espérons-le, si, dans quelques temps, cet épisode ne sera plus qu'un mauvais souvenir, l'État devra aussi se questionner sur la formule de plus en plus fréquemment retenue pour le déploiement de ses politiques publiques, qui consiste à lancer des « appels à projets » à des opérateurs privés, au lieu d'être lui-même à la manœuvre, en partenariat avec les collectivités locales qui doivent assumer les compétences que la décentralisation leur confère, le monde associatif, et le secteur marchand qui y a d'autant plus sa place que, même en période de crise il sait dégager d'énormes dividendes pour ses actionnaires, et qu'il doit donc exercer sa responsabilité sociétale.

La promesse républicaine qui, dans ce très astucieux projet, trouve pleinement sens, ne doit plus jamais voir sa traduction de terrain qualifiée par une agence de presse à la renommée incontestée... « d'immense gâchis ».

 

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 16:31

Nos fonctionnaires communaux sont efficaces, réactifs et imaginatifs. Lorsque la nouvelle de la décision, attendue par beaucoup de familles et d'entreprises, de réouverture des écoles le 22 juin pour tous les enfants est tombée ce dimanche soir, la question s'est immédiatement posée de l'organisation du scrutin du deuxième tour des élections municipales le 28 juin.

Comment, en une seule journée, celle du samedi, désinfecter et aménager les bureaux de vote dans les conditions draconiennes imposées – et nécessaires – de protocole sanitaire permettant aux citoyens d'aller voter en toute tranquillité, et, à l'issue du vote, de les remettre en état, après nouvelle désinfection, pour la reprise des cours le lendemain matin jusqu'à la fin de l'année scolaire ?

 

VOTE ET ENSEIGNEMENT : DEUX PROTOCOLES SANITAIRES CONTRADICTOIRES

« Un pauc mai, un pauc mèns... », comme on dit chez nous ! (un peu plus, un peu moins, en provençal) Ça va coûter quelques nouvelles dépenses exceptionnelles à la commune, s'ajoutant à toutes celles que nous avons engagées au gros de la crise sanitaire, mais il fallait trouver dans l'urgence des solutions à deux exigences contradictoires de l'État : celle d'aménager les bureaux de vote dans le respect d'un protocole rigoureux de prévention du virus, et celle, annoncée ce dimanche par le Président de la République, de rouvrir les écoles tout en respectant un autre protocole d'organisation des espaces scolaires, différent de celui des bureaux de vote qui, sauf exception, sont installés... dans les mêmes lieux.

En accord avec l'Éducation nationale, la plupart des communes importantes utilisant les écoles comme lieux de vote avaient dû opter pour disposer d'au moins deux jours avant et autant après le vote pour réaliser toutes les opérations nécessaires pour que les deux protocoles, très différents, soient respectés à la lettre. Ça pouvait s'envisager tant que peu d'enfants fréquentaient les établissements. Mais, avec la reprise possible et souhaitable de tous les élèves, il n'est plus question de les priver de quatre jours de classe et de contraindre de très nombreux parents salariés à chercher des solutions de garde. 

 

À PEINE ROUVERTES, LES ÉCOLES NE SERONT PAS FERMÉES !

En acceptant de travailler de nuit, nos agents, en équipes renforcées, dont je salue une nouvelle fois le volontarisme, même si le statut de la fonction publique impose, ce qui est normal, qu'ils soient rémunérés en heures supplémentaires, pourront réaliser les aménagements nécessaires, tant au vote qu'à l'enseignement, sans que nous soyons obligés de fermer les écoles concernées pendant quatre jours. Afin toutefois qu'ils disposent de suffisamment de temps pour une mission parfaite, nous sommes tout de même contraints de supprimer les accueils périscolaires du vendredi soir et du lundi matin.

Cette disposition aura un coût. Mais ni la santé ni la démocratie n'ont de prix. Surtout si l'État accepte de compenser pour les communes les dépenses imposées par ses propres protocoles sanitaires, par ailleurs justifiés...

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23 juillet 2019 2 23 /07 /juillet /2019 14:35

 

Grand, très grand, merci à la quarantaine de Seynois – et Seynoises – embarqués sur le « Charles-de-Gaulle », notre porte-avions, fleuron national, qui m'ont fait transmettre une belle photo d'eux au terme de leur importante « Mission Clémenceau ».

Qu'ils soient pêcheurs, pisciculteurs, conchyliculteurs, officiers ou marins de « La Royale » ou de « La Marchande », chercheurs, ingénieurs ou techniciens de la connaissance et de l'exploitation des mers et des océans, personnels des télécommunications câblées sous-marines, opérateurs de notre centrale d'échanges thermodynamiques de l'eau de mer qui produit une belle part de notre énergie locale, gestionnaires de notre douzaine de ports répartis le long de nos 25 kilomètres de littoral, cadres ou agents des « Affaires maritimes », dockers ou lamaneurs, ouvriers ou dirigeants de nos chantiers d'entretien, de refit et de rénovation des navires, membres d'équipages des grands yachts ayant chez nous leur port d'attache, professionnels des loisirs ou des sports nautiques, acteurs du tourisme balnéaire et littoral, enseignants au Centre de formation des apprentis des métiers de la mer, et tant d'autres que j'oublie, on ne compte plus les Seynois qui, de près ou de loin, trouvent dans notre mer et ses rivages les ressources de leur épanouissement et de leur place sociale et sociétale.

Ça fait vraiment chaud au cœur de voir que nos concitoyens embarqués sur le plus grand des bâtiments de notre Marine Nationale adressent à tous les Seynois le sympathique clin d'œil de cette photo (on peut l'agrandir en cliquant dessus) qui nous rappelle que, de toujours, nous avons vécu de notre environnement marin.

Et que c'est de son infinie richesse – à valoriser tout en la protégeant comme la prunelle de nos yeux ! – que nos enfants pourront, demain, malgré les vicissitudes des temps présents, trouver les voies de leur avenir. 

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21 juin 2019 5 21 /06 /juin /2019 05:45

Vives félicitations aux policiers qui ont arrêté plusieurs individus suspectés d'être impliqués dans l'un des très graves événements criminels que connaissent depuis deux ans les quartiers populaires de notre métropole, celui qui a endeuillé deux familles aux abords de « L'Abricotier », au quartier Berthe, en septembre dernier.

Lorsque les choses vont dans le bon sens, il faut le dire. Je l'ai exprimé au ministre de l'Intérieur Christophe Castaner avec lequel j'ai eu un échange il y a quelques jours. On avance mais on n'est pas encore au bout de la route.

 

L'ACTION EFFICACE DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE ET DE LA POLICE JUDICIAIRE

Après avoir obtenu en 2012 le classement de La Seyne en « zone de sécurité prioritaire », d'où a découlé la création d'une « brigade spécialisée de terrain » et une meilleure coordination des actions de l'ensemble des acteurs partenaires de notre « conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance », dont le travail est aujourd'hui cité en exemple, j'ai dû saisir le Premier Ministre pour que nos sites fragiles de La Seyne, Toulon et Hyères deviennent « quartiers de reconquête républicaine ».

J'ai enfin été entendu et le ministre de l'Intérieur est venu il y a quelques semaines à La Seyne annoncer pour l'automne prochain des renforts humains et logistiques pour la police de sécurité publique. Et j'ai profité de mon tout récent échange avec lui pour lui demander de conforter en outre les effectifs de la police judiciaire, requête dont il m'a assuré qu'elle sera prise en compte.

 

VERS UNE REPRISE DU CONTRÔLE DU MARCHÉ DU CANNABIS PAR L'ÉTAT ?

Chacun sait que l'accroissement de la délinquance dans nos quartiers populaires est à relier au narcotrafic. Agir pour tarir la demande en poursuivant les opérations menées depuis quelques temps pour interpeller les consommateurs de stupéfiants aux abords des lieux de vente est aussi un moyen d'assécher l'offre des dealers.

Dans cet esprit, de même que j'indiquais il y a quelques temps qu'il serait judicieux de suivre l'expérience canadienne de dépénalisation de l'usage du cannabis récréatif avec sa commercialisation règlementée sous monopole d'État, peut-être serait-il opportun d'étudier de près les recommandations similaires du très officiel Conseil d'analyse économique, organisme rattaché au Premier Ministre, et de prendre connaissance de l'Appel lancé sur « L'Obs » par 70 personnalités de la médecine, de l'économie et du monde politique, notamment nombre d'élus locaux de toutes sensibilités, du centre-droit à la gauche et l'écologie...

 

LA FORMATION, REMPART PRÉVENTIF CONTRE LA DÉRIVE DÉLINQUANTE

Les moyens de l'éducation, celle de l'École bien sûr, mais également celle des animateurs, éducateurs, travailleurs sociaux, publics et associatifs, du périscolaire, du loisir socio-éducatif, du sport et de la culture, vont très certainement être également confortés, ainsi que l'a annoncé Julien Denormandie, ministre de la Ville, lors de l'inauguration de notre nouvel « Espace sportif et d'accueil des jeunes ».

La formation aux savoirs, aux savoir-faire et aux savoir-être, de 0 à 25 ans, est le meilleur moyen de prévenir en amont l'empêtrement dans les mailles de la délinquance et de la criminalité. C'est la raison pour laquelle il reste à l'État à reconnaître que sa réforme des parcours vers l'insertion professionnelle des plus éloignés de l'emploi doit être réajustée car non efficace, ni par les « emplois francs » dont les entreprises ne se saisissent pas, ni par le bien trop faible financement des « parcours emploi compétences » auxquels les employeurs associatifs renoncent car ils ne peuvent plus en assurer le bouclage financier.

 

DES EFFORTS À POURSUIVRE POUR LA QUALITÉ DE VIE DU QUOTIDIEN

L'action sur le cadre de vie des quartiers où vivent les plus fragilisés par les dures réalités économiques est également déterminante pour prévenir les dérives. L'un des plus importants programmes de rénovation urbaine de France se termine à Berthe : l'habitat a été rénové, des équipements publics pour l'éducation, la culture, le sport et l'action socio-éducative ont été remis à neuf ou créés, l'environnement urbain a été repensé.

Mais cette intervention sur les infrastructures doit être confortée par une présence quotidienne des services publics de proximité qui doivent s'améliorer, pour la justice et le droit, pour l'accompagnement social, et, naturellement, pour la gestion du logement social, en matière d'offre accessible équitable, d'écoute des résidents, d'entretien et de salubrité.

Je salue en ce sens la dynamique des associations de locataires et la récente création du Comité d'intérêt local (CIL) de Berthe qui a toute sa place à prendre dans le collectif des CIL de La Seyne, interlocuteur privilégié de la puissance publique pour l'amélioration des conditions de vie.

 

CE N'EST PAS LE MOMENT DE LÂCHER LA BRIDE

Les efforts tous azimuts doivent être poursuivis. La très grande majorité des Seynois de nos quartiers fragilisés sont des citoyens responsables qui n'aspirent qu'à la dignité, à la tranquillité et au bien vivre ensemble. On doit parvenir à ce que la poignée de délinquants qui perturbent, voire terrorisent, cesse son activité malfaisante, et que d'autres, notamment chez les plus jeunes, n'empruntent pas le même chemin.

C'est à notre portée, pour peu que les volontés soient partagées et que les moyens d'agir soient à la hauteur des besoins.

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16 juin 2019 7 16 /06 /juin /2019 15:32

 

Julien Denormandie, ministre de la Ville et du Logement, a honoré La Seyne de sa présence ce vendredi, à l'occasion de l'inauguration du tout dernier équipement réalisé dans le cadre du Programme de rénovation urbaine 2006-2019, un « Espace sportif et d'accueil des jeunes » (ESAJ), en fonctionnement depuis quelques mois.

 

Dans le cadre de l'événement « Berthe en fête », avec des visites du restaurant d'insertion « Le Petit Prince », des espaces socio-éducatifs du collège Henri-Wallon, de la médiathèque Andrée-Chedid, un cheminement à pied dans le quartier pour découvrir les rénovations de l'habitat et des espaces publics, et des rencontres avec des habitants, des acteurs associatifs et publics, l'occasion a été donnée au représentant du Gouvernement de mesurer l'importance de ce programme qui s'achève après avoir duré treize ans.

 

Le ministre a aussi évalué avec une satisfaction non dissimulée la qualité du travail que les services publics et les associations mènent en matière d'éducation des jeunes, de 0 à 25 ans, soulignant que... « à La Seyne, [nous avons] une longueur d'avance sur bien d'autres territoires ».

 

Je livre ci-après mon propos inaugural de ce nouvel espace éducatif...

 

 

« C'est un vrai lieu de vie que nous inaugurons aujourd'hui. Un lieu de vie intense car il accueille des jeunes. Des jeunes Seynois, de tous horizons, qui se retrouvent ici. Une fabrique de futur. Une illustration du dynamisme et de la détermination des associations, dont les clubs sportifs, et de nos services municipaux. Je reviendrai sur cette dimension essentielle de ces deux jours de fête... 

 

« Inaugurer une telle structure, après quelques temps d'activité et un vrai succès naissant, c'est mieux qu'inaugurer du béton vide.

 

« Et ce ne sont pas les architectes, n'est-ce pas, Jean-Louis Duchier, qui me démentiront, tant ce qui est recherché – et trouvé –, ici, c'est un espace ouvert et multifonctionnel, éclairé, répondant de belle façon aux normes de haute qualité environnementale, notamment par ses toits végétalisés, entre zones pavillonnaires et habitat collectif, entre école et équipement sportif, c'est un lieu intégré et d’intégration sociale et urbaine. Bravo et merci aux concepteurs, aux entreprises, aux services qui ont voulu et suivi la réalisation.

 

 

CE QUI COMPTE LE PLUS : LA COHÉSION HUMAINE, L'ÉLAN D'UN QUARTIER

 

« Je suis heureux, Monsieur le ministre, d’avoir pu cet après-midi profiter de votre présence pour montrer, pour valoriser publiquement ce qui compte le plus à mes yeux : la cohésion humaine. L'élan d'une ville, d'un quartier, contre les vents et les marées de l'adversité. 

 

« J'aime ce quartier. J'y ai vécu dans mon mon enfance, j'y ai effectué toute ma carrière, j'y ai connu deux générations d'élèves devenus pour la plupart aujourd’hui des adultes accomplis, grâce à leur volonté bien sûr, mais aussi grâce à ce qui y a été mis en place : une "cité éducative" avant la lettre.

 

« J'aime ce quartier parce que je connais nombre de ceux qui y vivent et qui, eux aussi, y sont très attachés. Ils tiennent, M. le ministre, à la sécurité, à la paix, à plus de justice sociale, ils tiennent au cadre de vie chaleureux que ce quartier sait construire, pour peu qu'on lui en laisse la possibilité.

 

« Ce n'est pas une vie rêvée ou calculée par je ne sais quel technocrate, dont nous parlons ici et maintenant.

 

« Vous l'avez aperçue, cette vie communale et de quartier, en ayant parcouru, rapidement, – et je vous en remercie au nom de La Seyne, sincèrement – quelques structures qui sont autant de "fabriques de citoyens", ateliers vivants de culture, d'apprentissage de la vie en commun et de la construction de soi. 

 

 

QUAND ÉTAT, RÉGION, MÉTROPOLE ET COMMUNE COOPÈRENT, ÇA AVANCE

 

« Cet Espace sportif et d'accueil des jeunes aura coûté pas moins de 4 millions et demi d'euros. Ça a été rendu possible par une aide importante de l'Etat, via l'ANRU, un effort conséquent de la Ville bien sûr, de la Région Provence, et de l’agglomération Toulon Provence Méditerranée, aujourd’hui Métropole, qui conduit, en lien étroit avec nous, la politique de la ville, notamment le tant espéré programme de renouvellement urbain de notre centre-ville...

 

« Cette allusion au centre-ville me permet de parler de "territoire à vivre et à partager", de parler de ville, de quartier désenclavé. "Berthe en fête", cette année, c'est l'aboutissement du PRU, commencé en 2006, qui s'achève par ce dernier grand équipement inauguré aujourd'hui, en 2019.

 

« Demain, Monsieur le ministre, nous célébrerons, profitant de ce week-end de fête, j'y reviendrai, les premiers mois d'activité d'un Centre culturel réhabilité. 

 

« Et vous avez bien sûr pu apprécier la Médiathèque Andrée Chedid, ouverte en janvier 2013 et qui anime le quartier mais qui participe aussi à son attractivité, à son image et à son rayonnement, qui modifie de façon positive le regard que les non-résidents d'ici posent sur ce morceau de ville.

 

« Car le PRU a apporté aussi cela : on vient ici parce qu'on y a fait de la ville. Des logements construits, reconstruits, rénovés (860 constructions-démolitions et 2500 rénovations, des résidentialisations, des aménagements de parties communes, de la mixité sociale), mais pas seulement.

 

« Il faut le dire. 350 millions d'euros ont été intelligemment et efficacement investis ici, et les habitants du quartier comme l'ensemble des Seynois se rendent compte de ce que cela a apporté au développement de notre ville et à son image.

 

« J'ai évoqué l'habitat. Mais comment ne pas évoquer, même rapidement – trop rapidement, si l'on songe au travail des techniciens, des administratifs, la participation des habitants –, bref, une immense tâche collective, comment ne pas évoquer la création ou a rénovation de places, de voies publiques, d'écoles, d'une crèche, d'un centre social, d'un centre culturel, d'une médiathèque...

 

« Je le répète : c'est immense, ce que nous a apporté la « politique de ville », comme on dit. Le visage et la réalité de Berthe ont profondément changé, et les opérations ont modifié l'entrée de ville au nord, elles ont modifié l'image même de notre commune. Et ceux qui jouent, dangereusement, de la division sociale et urbaine entre quartiers, par une argumentation aux relents nauséeux de relégation, prétendant que "tout est fait ici et rien ailleurs", devraient réfléchir. Le PRU aura profité à toute la ville.

 

 

PAS D'AUTOSATISFACTION, IL Y A TANT ENCORE À FAIRE, POUR LE QUOTIDIEN

 

« Mais, attention, un bilan n'est pas un acte d'autosatisfaction. Cette évaluation, évoquée pour mesurer ce qui reste à faire, n'empêche pas nos populations de continuer à vivre dans des difficultés aussi immenses que l'est le bilan.

 

« Non, tout n'est pas parfait. Des gros efforts sont en cours, notamment de la part de notre office d'HLM, malgré les dures contraintes imposées au logement social par sa récente réforme, pour que la qualité de vie quotidienne s'améliore. Il est tellement dommage que le travail réalisé sur les infrastructures urbaines et d'habitat se dissolve dans des difficultés du quotidien, d'insalubrité de lieux communs, de dysfonctionnements et dégradations, de logements vacants.

 

« Et puis, vous savez, ce qui a justifié le report de l'inauguration de la rénovation du centre culturel Tisot, ces événements tragiques, insupportables, qui ont marqué le quartier ces derniers 18 mois par une vague de violence criminelle due au trafic de drogue, et semé l'angoisse et la terreur chez les braves gens, n’incite pas, loin de là, à la gloriole !

 

« Et c'est pourquoi je passe du temps, vous êtes bien placé pour le savoir, M. le ministre, – nous étions encore ensemble hier à Paris – à assumer la tâche prenante de président d’une association nationale des maires des communes abritant des quartiers populaires fragiles, parce que j'y vois mon devoir d'élu local de la République, devant porter les besoins de ses concitoyens.

 

« Cela est utile – je dirais même indispensable - aux habitants de toutes nos villes, et donc de notre ville. Tant reste à faire. 

 

« En réalité, si cette mission de niveau national m'éloigne régulièrement de mes concitoyens et des acteurs de terrain, elle les rapproche de la réponse à leurs besoins. 

 

« Et sachez, vous, les acteurs, publics ou associatifs, vous, les familles, vous, les jeunes, que, avec mes collègues maires, nous contribuons à faire connaître et apprécier vos actions, sur le terrain, vos succès comme vos difficultés. Nous savons qu'il faut faire savoir tout cela, et l'ajouter dans tous les dossiers de nos responsables nationaux, dont ceux de notre ministre de la Ville, qui est toujours à notre écoute.

 

« Alors, avons-nous des divergences, Monsieur le ministre ? Bien sûr ! Mais sur chaque dossier, nous travaillons. Vous et moi, nous tous ici, notre majorité municipale riche de sa diversité, celles de la métropole et des collectivités partenaires, quelles que soient nos options politiques respectives. Le meilleur moyen de rester soudés, c'est de se parler vrai.

 

 

UNE DÉLINQUANCE QUI ASSOMBRIT DES ANNÉES DE BEAUX EFFORTS

 

« Car, j'y reviens, les événements que ce quartier a connus, comme d'autres de la métropole, à Toulon et Hyères, assombrissent le bilan du PRU que j’évoquais dans un esprit positif, et supposent une solide unité.

 

« Alors, on se parle vrai. On n'inaugure pas les chrysanthèmes. On ne se congratule pas devant des citoyens que l'on laisserait livrés à eux-mêmes après un dévoilement de plaque et une visite officielle. 

 

« Si aujourd’hui et demain cette fête a un sens, c'est bien celui de réaffirmer la vie, je l'ai dit, la volonté de tous de "faire République", de serrer les rangs pour aller encore mieux vers l'autre et ouvrir ce quartier, donner toutes leurs chances, notamment à nos jeunes.

 

« Et pour se dire les choses, permettez-moi revenir clairement sur les dramatiques événements qui nous ont conduit, fin 2018, à reporter l'inauguration officielle du Centre culturel Tisot, qui aura lieu demain soir.

 

« J'emprunte quelques mots écrits récemment par Gilles Triquet, le vice-président de notre office d’HLM, Terres du Sud Habitat, à propos de la situation que vivent nos concitoyens ici à Berthe :

 

« "Le problème est profond, rappelle-t-il, et ses racines ne datent pas d’hier. C’est l’affaire de notre société dans son ensemble : que faisons-nous pour empêcher certains pauvres d’avoir recours au trafic pour survivre ? Les sociologues analysent les cadres désormais perdus depuis des décennies d’une gestion collective bâtie sur un projet commun, les principaux ciments qui assuraient aux côtés des familles, de l’école, la cohésion de la société : l’instruction religieuse, le syndicalisme, les partis politiques, les cercles laïques, les sociétés diverses d’entraide, de jeux, de culture...". Fin de citation.

 

« Et j’ajoute à ce constat que, si ce quartier a droit aujourd'hui aux aides du dispositif de "reconquête républicaine", c'est un signe que la sécurité de nos concitoyens, la paix et la tranquillité publique, vont être mieux pris en compte.

 

« Votre collègue ministre de l'intérieur est venu ici nous le promettre. Tant mieux.

 

« Mais "reconquête" signifie hélas qu'il y a eu d'abord recul de la République. C'est à cela qu'il faut mettre fin. Et cela ne se fait pas par un claquement de doigts, et encore moins par les propos démagogiques et incendiaires de certains, ne faisant qu'ajouter à la tension.

 

 

OBJECTIVEMENT, L'ÉTAT PROGRESSE EN ÉCOUTE DES TERRITOIRES FRAGILES

 

« Et, devant vous, responsables associatifs en difficulté par la baisse de moyens, devant vous, acteurs de terrain contraints d'agir avec trois bouts de ficelle, je ne laisserai personne dire que les politiques d'austérité, systématiques, aveugles, injustes et inefficaces, qui ne datent pas de l'actuel Gouvernement, ne sont pas responsables, pour une grande part, des situations créées dans la société en général et dans nos quartiers en particulier.

 

« Monsieur le ministre, mesdames, messieurs, lors d'une  visite de chantier ici même, fin 2017, je rappelais devant la presse qu'entre le décret réduisant les moyens du contrat de ville, et la non-reconduction de "contrats d’accompagnement dans l’emploi", c'était tout le tissu associatif animant ces quartiers rénovés qui était en danger. J'ajoutais que "de même, le centre ancien, désormais aussi quartier prioritaire, peinait à voir s'engager le NPNRU, dans l'attente de financements, décourageant les habitants investis dans les conseils citoyens".

 

« Or, nous le reconnaissons, mes collègues maires et moi, l'année 2018 aura marqué une évolution dans la façon dont l'Etat considère nos quartiers populaires. J'en suis heureux et, Monsieur le ministre, je vous suis personnellement reconnaissant de cela, je l'ai dit et écrit à maintes reprises.

 

« Bien sûr, l'action de tous, élus locaux, n'y est pas étrangère, tout comme la mobilisation des acteurs de terrain. Manifestement, l'Etat ignorait, quand il ne méprisait pas, les responsables publics, associatifs, économiques, élus locaux, qui travaillent quotidiennement à "faire société". 

 

« Ce regard a évolué, et c'est une bonne chose. Je citerai notamment l'abondement enfin assuré des budgets de la rénovation urbaine dont, j'espère, nous allons bénéficier très vite pour notre centre-ville, et, entre autres, ce qui est illustré aujourd'hui, le projet de "cité éducative", qui résulte de l'une de propositions forgées sur les expériences de plusieurs villes, dont la nôtre, et auquel elle est bien sûr candidate. Ce dispositif renforce et rend complémentaires et cohérentes entre elles les missions d'éducation et de formation des jeunes de 0 à 25 ans et d'appui aux familles menées par l'ensemble des co-éducateurs.

 

 

L'OUVERTURE DE L'ÉCOLE EST DÉSORMAIS REDEVENUE PAROLE DE L'ÉTAT

 

« En la matière, ce quartier sait de quoi on parle. Il a jadis connu l'ouverture des établissements scolaires à leur environnement, la coopération, sur fond de connaissance et reconnaissance mutuelles des divers métiers et fonctions, entre tous les acteurs éducatifs, les passerelles construites entre les divers temps et lieux d'éducation scolaire, péri et extra-scolaire. Mais tout cela, initié lors la création de l'éducation prioritaire, s'est subitement refermé sans autre forme de procès évaluatif, il y a quelques années, au nom d'une prétendue nécessité de "sanctuarisation" de l'École.

 

« Alors, vous ne pouvez imaginer, Monsieur le ministre, l'espérance que suscite ici cette nouvelle démarche de partenariat et de réouverture, indispensable aux enfants, aux jeunes et aux familles, telle qu'elle a été exposée hier à Paris, tant par le coordonnateur national que par la vice-présidente de la commission des affaires culturelles et de l'éducation de l'Assemblée Nationale. C'est désormais parole de l'État. Nous allons pouvoir renouer avec l'Education globale.

 

« Et je reconnais aussi le bien-fondé des décisions de prolonger les contrats de ville, de réduire les effectifs des petites classes en école élémentaire, ou celle, que vous avez annoncée hier, de garantir enfin aux associations des financements pluriannuels.

 

« Je ne le dis pas parce que vous êtes physiquement présent, Monsieur le ministre : il était temps, grand temps, qu'une lueur d’espoir renaisse et nous remotive, même si tout n'est pas réglé, loin s'en faut, et, notamment, sur les enjeux majeurs de l'accès à l'emploi, qui est le prolongement naturel des efforts éducatifs.

 

« Nous déplorons ainsi le remplacement, par des "emplois francs" hélas inopérants et des conventions de "parcours emplois compétences", financièrement inaccessibles à beaucoup d'associations employeuses, des marchepieds vers l'insertion professionnelle que constituaient, parce que l'Etat les finançait alors très correctement, les "contrats d'accompagnement dans l'emploi", sans compter l'appui logistique qu'ils apportaient aux associations. Il faut corriger cela. Vous qui êtes à notre écoute, M. le ministre, vous pouvez peser sur le ministère du Travail et sur Bercy !

 

 

UN MONDE ASSOCIATIF IRREMPLAÇABLE

 

« Chers amis, revenons à nos deux jours de fête. Demain nous nous retrouverons à Tisot, ce nom tellement familier ici du centre culturel qui a réussi une belle première saison, attirant des publics de tous les quartiers comme d'autre communes, voire de plus loin, et accomplissant en même temps sa mission « sacrée » d'animation socio-culturelle qu'il nous faut encore conforter et améliorer.

 

« "Berthe en fête", ce sera aussi la plantation d'un arbre de la Paix, devant l'école Jean Zay, car c'est cela aussi.

 

« Et ce seront, pour la 17ème année, des animations sportives et culturelles, des expositions sur l’histoire et la vie du quartier.

 

« Bravo et merci aux services municipaux de s'être investis bien au-delà de toute routine ou mission "obligée", les directions, les équipes de la culture, du Centre Tisot, de la Médiathèque Chedid, des sports et de la jeunesse. Bien sûr, épaulés par d'autres services que je ne peux mentionner faute de temps et pour ne pas en oublier, mais qui se reconnaîtront...

 

« Et puis, coordonnées par le Centre Social et Culturel Nelson-Mandela, je veux citer les associations et tous les bénévoles : l'AMIQ, l'APEA, Femme dans la Cité, l'ASL, CATS, Cités des Talents, l’UFOLEP, le Conseil de Quartier Nord, Les Petits Débrouillards, la MAEFE, Nouvel Horizon, l'Olympique Lutte Seynois, Sud Fraternité, Univers-cité, et d'autres que j'oublie sûrement.

 

« Je vous félicite et vous remercie pour l’immense, le précieux travail dont vous nous enrichissez. »

APRÈS BERTHE, LE MINISTRE A ANNONCÉ – ENFIN ! – LES MOYENS POUR LE CENTRE-VILLE

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2 mai 2019 4 02 /05 /mai /2019 09:38

Il y a presque deux mois que j'ai publié sur ce blog un article dont la mention « 1/2 » dans le titre laissait présager qu'il serait suivi d'un autre portant la mention « 2/2 ». Il a tardé à venir.

J'attendais en vérité avec impatience de connaître une décision gouvernementale : les quartiers populaires fragiles de La Seyne allaient-ils pouvoir bénéficier d'un nouveau dispositif que, avec d'autres maires, nous avons proposé à l'État de mettre en place, la « cité éducative » ?...

C'est chose faite depuis ce jeudi. La Seyne figure bien au nombre des 80 sites présélectionnés parmi les 130 communes françaises qui se sont portées volontaires. Et c'est une réelle satisfaction.

 

Convaincus par l'expérience qu'une insertion sociale et professionnelle réussie est le meilleur rempart contre la délinquance, et que l'accès à un métier et à un statut de citoyen passe par des efforts conjugués de l'ensemble des « co-éducateurs » que sont les enseignants, les formateurs, les maîtres d'apprentissage, les chefs d'entreprises accueillant des jeunes, les éducateurs, les animateurs périscolaires, socio-éducatifs, sportifs et culturels, qu'ils soient publics ou associatifs, ainsi que la famille, plusieurs de mes collègues maires et moi-même avons consacré de longs mois à élaborer des propositions pour parfaire, développer et rendre cohérentes et complémentaires entres elles toutes les actions menées sur un territoire en direction des enfants et des jeunes.

 

UNE PROPOSITION DE MAIRES PRISE EN COMPTE PAR L'ÉTAT

À partir des expériences de communes comme Grigny ou Chanteloup-les-Vignes (Île-de-France), Vaulx-en-Velin (Métropole de Lyon), Allonnes (Pays de la Loire) ou chez nous à La Seyne, nous avons travaillé des semaines durant pour déboucher en mai dernier sur ce qui constituait un volet du fameux « Rapport Borloo », et un autre des « Cahiers de la co-construction » (voir ICI, page 66), proposant au Président de la République de « mettre le paquet » en matière de logistique pour une démarche éducative globale dans les territoires qui sont à la fois les plus en difficulté mais où l'effort éducatif est constant, souvent depuis des années. Si M. Macron a mis en bloc au panier nos suggestions et demandes il y a un an, nous avons persévéré dans notre effort de conviction et son ministre de la Ville et du Logement, M. Denormandie  (ci-contre), a fouillé dans la corbeille pour en ressortir quelques pistes utiles.

Parmi elles, l'État a retenu notre proposition, optant pour engager environ 100 millions d'euros en trois ans pour soutenir les actions conduites, et, reprenant même le titre du label « cité éducative » que nous avons suggéré, a lancé un appel à projets auquel, évidemment, La Seyne a répondu.

 

LES EFFORTS DE LA SEYNE RÉCOMPENSÉS

Le dossier de déclaration d'intention seynois a été retenu. Les 3 à 25 ans de La Seyne en profiteront donc. Nous devons créer toutes les conditions pour que nul ne reste sur le bord du quai au moment où le train de la redynamisation économique de notre territoire est en phase d'accélération. Être en perspective de devenir un adulte disposant d'une qualification et d'un emploi, un parent digne et respecté, un citoyen actif, est vital pour se prémunir des tentations, hélas de plus en plus nombreuses, de sombrer dans les déviances de la délinquance, voire de la criminalité.

Grand merci à tous ceux, élus, acteurs de l'École, des services communaux, du monde associatif, qui, déjà bellement investis dans la conduite de notre projet éducatif de territoire, ont mis les bouches doubles pour construire le projet. Et tous mes encouragements pour sa finalisation puis sa mise en œuvre à la prochaine rentrée.

 

ÉDUCATION ET SÉCURITÉ PUBLIQUE : DEUX VOLETS COMPLÉMENTAIRES

Après l'obtention d'une Brigade spécialisée de terrain (BST), du classement de nos sites populaires vulnérables en Réseau d'éducation prioritaire (REP), en Zone de sécurité prioritaire (ZSP) et en Quartier de reconquête républicaine (QRR), et tout récemment du titre de « Ville amie des enfants », reconnaissons que nos efforts ne sont pas vains, que les fonctionnaires conduisent un travail indispensable et qu'il est profondément injuste de les dénigrer, et que, pour un maire, le temps passé en déplacements, souvent consommateurs de temps et d'énergie, auprès des plus hauts niveaux de l'État pour interpeller, sensibiliser et convaincre, n'est pas du temps perdu.

Dotée de meilleurs outils d'éducation, de formation et de prévention, en amont des moyens de la surveillance, de la protection, de l'investigation et de la répression, la trousse à outils seynoise pour l'égalité, la solidarité et une vie paisible et digne devient plus performante.

Il ne reste qu'à espérer que les annonces ne seront pas que des « labels », mais que les moyens matériels, financiers et logistiques suivront comme il en est fait la promesse. Mais je me garde bien, comme toujours, de tout procès d'intention.

 

> Qu'est-ce qu'une cité éducative ? CLIQUEZ ICI

 

 

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 06:39

Mis en service il y a quelques semaines, le relais postal installé dans les murs de la médiathèque du Clos Saint-Louis a été inauguré ce dernier samedi. Ainsi que je l'exposais dans un précédent article de ce blog, nous pouvons être satisfaits d'être parvenus, après d'âpres mais toujours courtoises négociations, à sauvegarder le service public postal appelé à disparaître, les murs de l'ancienne poste de Tamaris devant être restitués à leurs propriétaires privés. Deux services publics se nourrissent désormais l'un l'autre.

 

Cerise sur le gâteau, grâce à une convention entre la Ville, le groupe La Poste, et le club d'entrepreneurs "Face-Var", les agents d'accueil affectés à ce service sont des personnes en situation d'exclusion qui trouvent ainsi un moyen de se former et d'entamer un parcours vers une insertion professionnelle durable.

 

Plusieurs des invités à cette inauguration m'ayant réclamé le propos que j'ai tenu à cette occasion, c'est avec plaisir que je le mets donc en ligne... 

 

 

« Nos hôtes et partenaires, que je remercie pour leurs paroles et leur présence, ne le prendront pas pour de la discourtoisie, mais je voudrais saluer pour commencer l’excellent travail que font nos bibliothèques.

 

« Leur réorganisation, qui a demandé, je le sais, beaucoup d'effort de créativité aux agents municipaux, est un succès, notamment ici, en ce magnifique lieu patrimonial dévolu désormais au thème de “l'imaginaire”...

 

 

UNE MÉDIATHÈQUE CITÉE EN EXEMPLE PAR LE MINISTÈRE DE LA CULTURE

 

« Il y a un peu plus d'en an, dans le cadre de la mission que lui avait confié le Président de la République, au côté d'Erik Orsenna, Noël Corbin, inspecteur général du ministère de la culture, se déclarait “épaté” par le travail accompli dans nos bibliothèques, qu'il définissait fort justement comme “des lieux de démocratie culturelle”.

 

« Il avait bien raison, et sur la qualité du travail des fonctionnaires, des associations, et sur l'importance de nos espaces dédiés à la lecture publique.

 

« Oh, je le sais parfaitement : les félicitations - celle de l'Etat comme les miennes - ne coûtent pas grand-chose en budget de fonctionnement. 

 

« Mais, si je les adresse, c'est justement parce qu'hélas, les moyens pour les associations, avec lesquelles vous travaillez, comme ceux accordés aux services publics de proximité, sont soumis au pain sec et à l'eau. 

 

« Et pour revenir à notre "relais postal", je n'étais pas vraiment hors sujet en revenant sur les efforts accomplis ici pour la lecture publique. C'est bien grâce à cet espace, à son réaménagement, à la capacité d'adaptation de ses agents, qu'il a été possible d'ouvrir ce service de proximité.

 

« Nous avons réalisé une sorte de figure gigogne pas si fréquente de nos jours : un service public dans un service public. 

 

 

D'UN CADRE PATRIMONIAL À UN AUTRE

 

« Une “success story” finalement, puisque tout a commencé, comme dans les histoires de fiction que l'on peut lire en ces murs, par un malheur - en tout cas un vrai problème - : la fermeture de la charmante petite poste de Tamaris construite par Marius Michel Pacha à la fin du XIXe siècle.

 

« Eh oui... Depuis la signature de nos conventions, messieurs, entre “diégèse” et “mimesis” (il faut bien placer quelques mots savants en ces lieux de loisir studieux !), entre le constat de la réussite et l'évocation des épisodes de nos négociations, se lit le récit de notre obstination municipale. Courtoise, constructive, mais ferme. A laquelle vous avez une réponse viable.

 

« Et, puisque j'évoque à la fois le service public et le patrimoine, rappelons qu'ici, dans nos quartiers sud, cet autre acte public fort qu'est la protection et la valorisation des paysages, par le classement de Tamaris-Balaguier-Les Sablettes en “site patrimonial remarquable” (SPR), qui est une servitude d'utilité publique qui a succédé à la "zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager" (ZPPAUP) mise en en place par mon prédécesseur, et à "l'aire de valorisation de l'architecture et du patrimoine" (AVAP), en 2016, qui en a étendu l’emprise.

 

 

UNE MÊME ATTENTION MUNICIPALE POUR TOUS LES QUARTIERS

 

« Qui peut prétendre que l'on se bat plus pour tel quartier plutôt que tel autre ? 

 

« Rien n'est plus faux. Comme la commune, le service public doit être un et indivisible. Ses missions sociales, culturelles, économiques, urbanistiques, ses missions de prévention et de sécurité, il doit les assurer pareillement partout. Il n’existe pas de frontière sociale ou géographique en matière de développement et de valorisation d'un territoire, avec bien sûr pour préoccupation essentielle la vie des gens tout simplement. De tous nos concitoyens, où qu'ils soient, quels qu'ils soient.

 

« Du coup, à nos yeux, il n'était pas pensable qu'à nouveau disparaisse un service public de proximité.  

 

« Et depuis deux mois d'ouverture au public, ce relais rencontre un vrai succès, vous l'avez rappelé, messieurs. C'est donc une réussite que nous inaugurons aujourd'hui.

 

« Tant pis, je serai un tout petit peu plus long, mais il faut tout de même rappeler que ce service public s'est, de surcroît, trouvé un écrin parfait : ce “Clos”, qui s'ouvre sur l'imaginaire.

 

« L’imaginaire au gré des pages et des rayons de la bibliothèque, l'imaginaire qui peuple un espace dédié désormais à l'épistolaire de tous les jours, aux lettres, aux plis, aux colis... il en existe encore, malgré tout.

 

« Et avant tout un espace de “belles lettres”, de celles qui nous transportent très loin, celles qui nous composent de belles phrases, comme celle-ci, du jeune Saint Exupéry (comment ne pas penser, à cet instant, à ce héros de l'aéropostale et de l'écriture...). Il s'emporte, en 1929, dans son premier véritable ouvrage, Courrier sud, et nous écrit : “La seule vérité est peut-être la paix des livres.”

 

 

UN LIEU CHARGÉ D'HISTOIRES... ET D'HISTOIRE

 

« Et l'imaginaire se nourrit souvent de l'histoire. Et ce lieu n'est pas sans histoire. Sans prétendre le moins du monde à l’exhaustivité, rappelons quelques enchaînements de faits, au fil des siècles :

 

« Le port du Crotton, là, tout à côté, mentionné déjà en 1070 sur le cartulaire de l'Abbaye de Saint-Victor à Marseille... 

 

« Au XVe siècle, une tour de guet est là pour prévenir des incursions de pirates...

 

« En 1520, l'abbaye de Saint Victor vend à la communauté de Six-Fours la terre appelée le “Palun” (ici à l'époque le sol hésite encore entre marais et terre ferme)...

 

« Et puis Louis Daniel, secrétaire de Louis XIV acquiert une bâtisse fortifiée du XVIe siècle : l'actuel "Clos Saint Louis''. auquel une chapelle sera consacrée en 1694...

 

« Les évêques de Toulon, qui ont certainement fait du Clos Saint-Louis leur résidence d'été, jusqu'à la révolution, d'où le nom du quartier de l'Evescat

 

« Enfin, le domaine, bien national, sera racheté en 1838 par le marquis de Pézenas de Bernardy (même pour de fervents lecteurs, je vous épargnerai l'étrange histoire de la marquise de Pézenas, tuée par un noyau d'abricot, ressuscitée, morte une deuxième fois de sa belle mort, et enterrée ici, à La Seyne, après que son mari ait été fusillé en 1793, sans doute au moment de la prise de Toulon par les armées de l'An II. Voilà ce que l'on faisait à l'époque des ennemis du service public...).

 

« Le lieu a une histoire, mais que dire de La Poste ! Elle EST histoire ! Et sujet romanesque par excellence ! En France, ce fut bien sûr la renaissance du courrier postal, d'antique tradition, avec Louis XI qui lança ses “chevaucheurs du roi” de “poste assise” en “poste assise” - car c'est ainsi que l'on a d'abord dénommé les relais postaux... créant ainsi l'un des premiers maillages territoriaux du royaume et du futur Etat français.

 

« Et comment ne pas évoquer les relais de poste, devenus souvent des auberges, après que le chemin de fer eût supplanté le courrier à cheval... Ces auberges qui hantent notre imaginaire et notre littérature et constituent, en elles-mêmes, mille sujets de conférences.

 

 

LETTRES, BELLES LETTRES ET INSERTION PROFESSIONNELLE

 

« Mesdames, Messieurs, on ne pourra pas dire que je m'égare : ici toute évasion mentale est permise et vivement encouragée. Et, ce matin, même la renaissance du service public n'est plus une fiction, c'est vous dire !

 

« Aujourd’hui, La Poste est devenue un groupe, une société anonyme à capitaux publics. C'est moins romanesque, mais bon, avec cette Poste-là, on peut encore travailler et discuter, fort heureusement. 

 

« Et c'est avec cette pensée positive à l'esprit que je remercie M. Tantot [responsable départemental de La Poste] pour sa présence aujourd'hui, ainsi que l'équipe locale, dont je sais le bon travail conduit avec nos services.

 

« Mais, avant l'imaginaire et la fiction, nous savons ce qui est bien présent et bien réel : les habitants des environs, les usagers, qui se disent déjà ravis des services apportés ici.  

 

« Comme sont bien réelles - et nous les saluons chaleureusement - ces personnes qui tiennent ce Relais avec efficacité et tracent ici leur route professionnelle, n'est-ce pas M. Cavallo [président de Face-Var] ? Merci et bravo à “Face-Var” pour son implication volontaire vers l'emploi des plus exclus (...) »

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Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

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