5 octobre 2021 2 05 /10 /octobre /2021 04:33

Arianna Buti est la nouvelle maire de Buti, l'une des communes jumelles de La Seyne, située non loin de Pise, au cœur de la Toscane, d'où sont originaires tant de Seynois. Son équipe de la gauche unie a remporté ce lundi les élections municipales qui s'y déroulaient depuis dimanche.

Toutes mes félicitations et tous mes vœux de réussite pour le nouveau conseil municipal.

 

Nul ne doute de la volonté des élus butesi choisis par leurs concitoyens pour cinq ans de poursuivre les fructueux échanges avec La Seyne qui ont connu un bel élan depuis une dizaine d'années, permettant notamment aux descendants italiens et français de ceux qui émigrèrent chez nous, tenaillés par la misère à la fin du XIXe siècle ou devant fuir le fascisme dans le premier tiers du XXe, de nouer des liens durables.

 

VERS LA POURSUITE DE RELATIONS FRUCTUEUSES ENTRE COMMUNES

Un signe le laisse penser. La numéro 2 de la liste victorieuse, Insieme per Buti (Ensemble pour Buti), est Francesca Di Bella, qui était, lors du précédent mandat, adjointe en charge de l'éducation, de la jeunesse et... du jumelage, mission dont elle s'est acquittée avec brio, en lien avec les deux élus seynois qui se sont succédé à la responsabilité des relations internationales entre 2008 et 2020, Annick Le Gal et Louis Correa, puis, je le suppose, avec l'actuelle élue qui a pris leur suite, Marie-Claude Paganelli-Argiolas.

 

UN CLIN D'ŒIL AMICAL À MON ANCIEN COLLÈGUE MAIRE DE BUTI

La loi italienne favorise le renouvellement, et c'est une excellente chose dont le législateur français devrait s'inspirer. On ne peut briguer les suffrages citoyens que pour deux mandats successifs de cinq ans chacun. Au terme de son implication depuis 2011, mon ami Alessio Lari, sindaco (maire) sortant, a donc laissé la place.

Mais, il y a quelques jours, nous nous sommes fait « la promessa che, appena la situazione sanitaria lo consentirà, ci vedremo sia a Buti che a La Seyne ».

 

LES INITIATIVES COMPLÉMENTAIRES DES COMMUNES ET DES "COMITÉS DES JUMELAGES"

Les occasions ne manqueront pas, grâce, notamment, à notre très dynamique comité des jumelages de La Seyne-sur-Mer, qui, enfin libéré d'une partie des contraintes sanitaires, tenait ce dernier samedi une réunion amicale de son Assemblée générale, au cours de laquelle un beau film réalisé par un de ses adhérents, René Reverdito, a retracé les très nombreuses initiatives de cette association active depuis une décennie, complétant avec efficience les relations plus institutionnelles que conduit la municipalité elle-même, ainsi que je le soulignais dans un chapitre dédié du bilan de mes mandats :

Cette complémentarité entre institutions publiques et vie associative est gage de multiplication des actions et de plus large appropriation citoyenne des politiques publiques. Les deux premières magistrates de La Seyne et de Buti sauront sans aucun doute continuer à en exploiter les opportunités. Costruiamo il futuro insieme !

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Jumelages et international
6 septembre 2021 1 06 /09 /septembre /2021 04:52

C'est une singularité nationale pour les élections municipales de début octobre qui se dérouleront en Italie dans un peu plus de 1300 de ses 7904 communes. À Buti, commune de Toscane jumelle de La Seyne, d'où sont originaires les aïeux de tant de nos concitoyens, les deux candidates têtes de liste portent le même nom de famille, qui est aussi le toponyme de leur belle, accueillante et dynamique cité médiévale : Buti !

Arianna Buti anime l'équipe de gauche et Monia Buti celle du centre-droit. Elles s'affronteront pour succéder à mon ami Alessio Lari, sindaco (maire) élu en 2011 et 2016 auquel la pertinente loi italienne – dont la France ferait bien de s'inspirer pour limiter les cumuls dans le temps – interdit de briguer un troisième mandat.

 

Lorsque j'étais moi-même maire, je ne me serais pas permis de donner mon sentiment sur l'élection à laquelle vont participer nos amis Butesi. L'amitié entre deux communes doit transcender les divergences politiques qui, en démocratie, existent et s'expriment au sein de chacune des communautés, et, quels que soient les choix qu'ils opèrent pour leurs dirigeants, les citoyens de l'une et de l'autre doivent demeurer liés dans les relations conviviales, culturelles, sportives, éducatives, sociales, associatives et économiques qui sont établies durablement.

 

L'AMITIÉ ENTRE COMMUNES PARTENAIRES TRANSCENDE LES CALENDRIERS POLITIQUES

C'est en tous cas ce à quoi je me suis attaché au cours de mes mandats, lorsque nos amis de Berdiansk, Buti, Maardu, Menzel Bourguiba, Qingdao ou Reinickendorf ont été appelés aux urnes. Et nul doute qu'il en demeurera de même, après l'épidémie de coronavirus qui entrave les échanges, lorsque, avec les nouvelles maires de Buti et de La Seyne, pourront être relancées les activités communes de partage, conduites tant par les Villes au plan institutionnel que par les comités associatifs des jumelages, autonomes des mairies, qui conduisent leurs propres actions de partenariats, bien sûr avec les appuis municipaux.

Mais, tout de même, aujourd'hui, libéré de la "réserve diplomatique" à laquelle je m'astreignais, je ne peux renier ni mon attachement aux idées de gauche, ni mon amitié avec les élus de l'équipe qu'anime jusqu'en octobre Alessio Lari, ni la qualité et l'importance des nombreux échanges que nous avons impulsés ensemble. Et Arianna Buti est assessora al bilancio e al personale (adjointe aux finances et au personnel) d'Alessio au sein de la giunta (municipalité) sortante, tout comme Francesca Di Bella, autre assessora (alle politiche sociale e giovanili, la pubblica istruzione e il gemellaggio), l'une des chevilles ouvrières de nos relations, qui "rempile" comme n°2 de la nouvelle liste.

 

MON VŒU DE LA POURSUITE D'UNE BELLE RELATION ENTRE BUTI ET LA SEYNE

Mon cœur penche donc pour que l'équipe d'Arianna puisse poursuivre l'œuvre d'amitié que nous avons mise sur les rails avec Alessio Lari et nos élus chargés des jumelages, Annick Le Gal puis Louis Correa pour La Seyne, dont je ne saluerai jamais assez l'implication, et dans les pas desquels, je le pense, veut s'inscrire Marie-Claude Argiolas, qui a pris le relais avec la nouvelle municipalité seynoise. Mais, si les Butesi choisissaient l'autre signora Buti, Monia, comme sindaca, je lui souhaiterais bonne chance en formulant bien sûr le vœu que nos belles relations perdurent.

 

 

 

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8 mai 2021 6 08 /05 /mai /2021 15:19

Quel lien y a-t-il entre Ievguenia Maksimovna Roudneva, Renate "Renée" Sintenis et Josette Vincent  ? Ce sont trois femmes ayant vécu à La Seyne ou dans l'une des communes jumelles de La Seyne qui ont joué des rôles éminents dans la résistance au nazisme dans les années 40.

Il y a bien d'autres femmes que ces trois-là qui étaient respectivement natives ou résidentes de Berdiansk en Ukraine, de Reinickendorf en Allemagne et de notre commune, qui ont eu dans leurs pays ou ailleurs un engagement dans la résistance au pire des régimes que le monde contemporain a connus : celui du nazisme.

En ce 8 mai 2021, 76 ans après la victoire de la démocratie sur la barbarie, mais aussi un siècle après le discours de Lénine à l'occasion de la Journée internationale des femmes travailleuses, c'est à toutes ces grandes dames que vont mes pensées.

 

DES FEMMES DE NOS VILLES AMIES EN RÉSISTANCE

Il est certain que des natives ou habitantes de Menzel-Bourguiba en Tunisie, de Maardu en Estonie, de Qingdao en Chine populaire, de Buti en Italie, ou de Can Tho‘ au Vietnam, comme de la commune arménienne qui sera bientôt partenaire de La Seyne du fait d'une initiative à saluer de M. Colin, premier adjoint, ont aussi joué dans l'histoire de la Seconde guerre mondiale des petits ou des grands rôles de résistantes aux pouvoirs totalitaires meurtriers que nos anciens ont subis.

En ces temps pas si lointains, de l'impérialisme japonais au nazisme et au fascisme européens, aucune horreur n'a été épargnée aux peuples du Monde. Malgré ce, d'autres régimes, concomitamment, ensuite et jusqu'à nos jours, n'ont rien eu et n'ont rien à envier à ces abominations.

Et, de partout, il s'est trouvé des hommes et des femmes pour refuser l'indicible et se lever pour le combattre et l'anéantir, au péril de leurs vies et de celles de leurs proches.

 

LA PESTE BRUNE DEMEURE AUX AGUETS, PARÉE DES ATOURS DE LA DÉMOCRATIE

La prévention des totalitarismes demeure un sujet d'actualité. N'oublions jamais que c'est certes après la Marche sur Rome, mais de façon tout à fait légale, que le roi d'Italie a appelé Mussolini à former un gouvernement de coalition en 1922, et que c'est le peuple allemand qui, aux élections législatives de 1933, a conduit Hitler à diriger lui aussi un autre gouvernement de coalition. On connait les suites.

Saluons tous ceux, républicains de tous horizons politiques, qui exercent l'indispensable devoir de mémoire qui doit, en France, en Europe et dans le Monde, nous rappeler sans cesse que la peste brune sait se draper des atours de la démocratie pour se retourner ensuite contre les peuples. Et fustigeons ceux qui jouent avec le feu de la porosité avec les mouvements d'extrême-droite.

La mémoire de femmes-symboles, qui de leur vivant se sont refusé de l'être, de La Seyne et de ses villes amies, peut chez nous contribuer à ce que nos sens demeurent en alerte.

Nos associations, à commencer par celles qui entretiennent la mission mémorielle et par notre Comité seynois des jumelages qui promeut l'amitié entre les peuples et la connaissance et le respect mutuels, ont un rôle majeur à jouer, que nos édiles ont le devoir de pleinement soutenir.

C'est sûrement pour ça que La Seyne a récemment quitté l'Association française des Communes, Départements et Régions pour la Paix, que les associations de mémoire ont vu, lors du vote du conseil municipal, leur subventions diminuer de 15%, et que le Comité des jumelages, la Ligue des Droits de l'Homme ou le Mouvement pour la Paix n'apparaissent plus sur la liste des associations soutenues par la Ville. Mais, après la commémoration de l'anniversaire du 8 mai 1945, on peut certainement s'attendre à une réparation de ces tristes oublis...

 

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18 mars 2021 4 18 /03 /mars /2021 12:37

0,005 % du budget communal, c'est l'économie annoncée par la maire en décidant de quitter deux associations de communes auxquelles La Seyne adhérait depuis plusieurs années, si l'on en croit Var-matin. 

On pourra toujours dire qu'il n'y a pas de petites économies, et c'est vrai, mais il faut toujours peser ce que représente en retour pour un territoire un investissement modeste dans une union de collectivités. Et le sens qui sera compris et interprété d'un désengagement.

Quleques réflexions en trois articles...

 

CE QUI VAUT POUR SANARY, LE DÉPARTEMENT DE L'ALLIER OU LA RÉGION ÎLE-DE FRANCE NE VAUDRAIT-IL PLUS POUR LA SEYNE ? 

Bien sûr l'implication de La Seyne au sein de l'Association française des communes, départements et régions pour la Paix (AFCDRP), instance française de la World conference of mayors for peace through inter-cities solidarity, relevait d'abord d'un engagement symbolique en faveur d'une coopération entre plus de 8000 territoires de 165 pays, notamment pour promouvoir auprès des gouvernements les idées qui ont conduit, par exemple, à la signature du Traité sur l'interdiction des armes nucléaires (TIAN - TPNW).

Mais cette adhésion était aussi un moyen de disposer d'outils, notamment pédagogiques, pour favoriser une culture de la Paix au sein des écoles, des services communaux et des associations agissant en direction de l'enfance et la jeunesse. Et ce pour un coût de 3 centimes par habitant et par an...

La maire de La Seyne, qui, pour y avoir travaillé, connaît bien notre commune voisine de Sanary, a sûrement, avant de prendre sa décision de quitter l'association, nourri sa réflexion des raisons qui ont conduit son maire, il y a une douzaine d'années, à faire de sa commune une Ville pour la Paix, raisons que l'on peut lire sur une déclaration qu'il a faite sur ce sujet (ci-contre pour les ordinateurs, ci-dessus pour les mobiles).

 

NE PAS ADHÉRER À UNE DÉMARCHE POUR LA PAIX EST UNE CHOSE, EN DÉMISSIONNER EN EST UNE AUTRE

À moins qu'il n'y ait des motivations autres que l'économie de 2000 euros annuels réalisées, ne représentant que deux millièmes du budget de la ville. Il faut dans ce cas que la maire les explique à ses concitoyens.

Ne pas s'engager dans une démarche vertueuse est chose. On peut toujours se dire qu'une commune de 65.000 habitants ne pèse pas lourd pour plaider pour la Paix dans le Monde. Mais, si l'on est investi pour une cause universelle, l'abandon est porteur de sens. Dans le contexte dans lequel nous vivons d'extrême fragilité du lien social, chaque acte pouvant être interprété comme un recul de la volonté de fraternité mérite d'être posé avec prudence.

 

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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 05:32

L'horizon se dégage sur la baie de Tamaris. Après la ville de La Seyne il y a trois ans, puis, récemment, la Région Provence, qui ont déjà donné un avis favorable, le président de Toulon Provence Méditerranée, que j'ai sollicité en ce sens en ma qualité de vice-président métropolitain chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, vient de me faire connaître son accord de principe.

Nos trois collectivités participeront ainsi au projet de transformation de l'Institut Michel-Pacha, ce domaine patrimonial exceptionnel de notre corniche de Tamaris, en centre international de séminaires scientifiques. C'est un bel aboutissement des démarches pugnaces que nous avons engagées il y a dix ans avec Florence Cyrulnik, alors adjointe à la Culture et au Patrimoine. 

 

UN LIEU PATRIMONIAL D'EXCEPTION POUR LA VIE SCIENTIFIQUE

Ce sont près de six millions d'euros qui seront nécessaires à la réhabilitation de ce joyau architectural qui sera ainsi protégé, rénové et mis en valeur, tout en conservant la destination scientifique qui est la sienne depuis sa fondation à la fin du XIXe siècle. La Métropole et la Région seront appelées à participer chacune à hauteur de 5% du budget nécessaire, et j'ai confirmé que le terrain communal jouxtant la propriété sera disponible pour un usage de parking.

L'Université de Lyon 1, bénéficiaire du domaine qui a été mis à sa disposition par notre grand visionnaire local, Marius Michel de Pierredon, dit Michel Pacha, dont nous commémorons cette année les 200 ans de la naissance, fondateur de la station balnéaire de Tamaris – Les Sablettes, combinera le gros des financements qui s'inscriront dans le cadre des Initiatives d'excellence en matière d'investissements d'avenir du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

UN SITE OUVERT À LA PROMOTION DE LA CULTURE SCIENTIFIQUE

Si le calendrier de travaux envisagé par les universitaires lyonnais est respecté, dès le début de l'année 2022, l'Institut Michel-Pacha version 2.0 accueillera ses premiers séminaires scientifiques de la nature et de l'environnement, déclinés en ateliers, cours thématiques, réflexions créatives, regroupant dans un cadre rare des chercheurs du monde entier de diverses disciplines, mais aussi des acteurs du monde économique, tant la recherche et l'économie se dynamisent l'une l'autre.

Les Seynois, les habitants du Grand Toulon et nos visiteurs ne seront pas oubliés, puisque l'Université de Lyon entend bien ouvrir ses portes pour des événements de vulgarisation de la culture scientifique. Un élément de plus pour le rayonnement de notre ville qui se singularise déjà en ce domaine en organisant chaque année la plus importante Semaine de la Science du département du Var sur son Parc de la Navale, événement annuel que notre équipe a créé il y a neuf ans.

Mais ça n'empêchera pas certains de continuer à ressasser que, chez nous, il n'y a rien qui va, que la commune ne fait rien, et que la métropole est oublieuse de La Seyne...

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9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 08:43

 

Nous avons honoré ce samedi la mémoire des Morts pour la France au cours de la guerre d'Indochine terminée tragiquement il y a 65 ans.

 

Au-delà d'une réflexion sur les causes d'un conflit meurtrier, sur fond de droit des peuples à disposer d'eux-mêmes autant que de funestes enjeux de politique intérieure, cette journée nationale d'hommage instaurée en 2005 nous conduit chaque année à poser un regard sur les efforts déployés pour que, chez nous comme ailleurs sur la planète, vivent la Paix et l'amitié entre les peuples.

 

 

Dans les années 50, la décolonisation était en marche sous l’impulsion de la libre détermination des peuples, un mouvement que Pierre Messmer, administrateur des colonies bien avant de devenir Premier ministre de Georges Pompidou, considérait comme « irrésistible, dont les formes et les forces varient suivant les temps et les lieux, selon la sagesse, la folie ou le génie des hommes ».

 

L’actualité dans le monde montre que la détermination des peuples est désormais moins dirigée vers la libération d’un territoire que vers la conquête de plus de démocratie. Quel que soit l'enjeu, le chemin est long mais l’espoir demeure toujours très grand. On n’arrête pas l’Histoire. De Gaulle déclarait en 1965 qu'il fallait « savoir, quand le moment est venu, reconnaître, à tous, le droit de disposer d'eux-mêmes ».

 

 

UN BIEN TRISTE EXEMPLE DE L'ARGUMENT MILITAIRE EN SOUTIEN À DES ARGUMENTS DIPLOMATIQUES ET POLITIQUES

 

En 1945, après six décennies de colonisation, la France, tout juste libérée des nazis, malgré les recommandations du Général Leclerc de reconnaître à l'Indochine son indépendance dans le cadre de l'Union française, tenta de rétablir son autorité sur le Viêt-Nam dont Hô Chi Minh, fondateur dès 1941 de la Ligue pour l'Indépendance du Viêt-Nam, avait proclamé cette indépendance. Les négociations s’enlisèrent pour des raisons de politique intérieure. On connaît la suite : cette guerre durera huit ans. Il reviendra à Pierre Mendès-France, nommé en 1954 président du Conseil — l'équivalent, sous la IVème République, de nos actuels Premiers ministres – d’ouvrir la négociation après le carnage tragique de Diên Biên Phu.

Cette guerre fut un désastreux exemple de l’argument militaire pour soutenir les arguments diplomatiques et les enjeux de politique.

Les accords de Genève conclus entre la France et le Viêt-Nam n’ont pas donné d’issue définitive au problème indochinois, mais ont permis à la France de s’en dégager. Le peuple du Viêt-Nam connaîtra quant à lui sa seconde guerre, jusqu'en 1975, face aux Américains, sur fond d'enjeux haineux entre monde occidental et monde communiste d'alors.

À la fin du premier conflit, celui qui nous rassemble tous les 8 juin devant notre Monument aux Morts, fait de combats acharnés, de sauvagerie, de courage et de souffrance, on dénombrera, selon les sources, du côté du corps expéditionnaire français, entre 37 et 47.000 victimes, environ pour moitié métropolitains, et pour le reste étrangers engagés dans la Légion et soldats de l'Empire français, indochinois, subsahariens et maghrébins.

Nous avons commémoré le sacrifice héroïque de ceux qui sont tombés, leur ténacité farouche, mais aussi les souffrances de ceux qui ont été meurtris, au front, dans la guérilla, ou prisonniers dans les camps d'internement et de rééducation. Tous se battaient pour un combat décidé ailleurs, en militaires respectueux des ordres. Honneur à eux. Et que vive la Paix.

 

UNE COOPÉRATION ENTRE LA SEYNE ET CAN THO, PETIT PAS VERS L'AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES

C'est cette Paix à laquelle La Seyne d'aujourd'hui veut contribuer à sa modeste place. En rejoignant, il y a quelques mois, l'Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix, membre du réseau international Mayors for Peace (Maires pour la Paix) fort de près de 8000 collectivités de 163 pays, notre ville, comme trois autres communes varoises (Carnoules, Saint-Zacharie et Varages), a voulu franchir un pas supplémentaire dans ses efforts pour l'amitié et la solidarité entre les peuples.

Il est symboliquement fort que, parmi ses villes partenaires, La Seyne compte Can Tho, commune vietnamienne du delta du Mékong, et développe avec elle d'un programme de coopération décentralisée qui permettra à de jeunes étudiants de chez nous de répondre à la demande d'aide à la promotion de... la langue française. Celle-ci, vécue comme la langue de la colonisation, avait été, des années durant, mise au rebut par les autorités vietnamiennes. Et voilà que, sans oublier ni les affres de la France impérialiste ni les sacrifices de ses soldats qui ont péri ou souffert pour tenter de maintenir sur injonction de la Nation l'ordre colonial sur un peuple qui aspirait à vivre libre et debout, un petit pas vers la Paix du Monde est franchi par le lien entre deux communes portuaires que 10.036 kilomètres séparent...

CAN THO, VILLE VIETNAMIENNE AMIE DE LA SEYNE

 

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 05:19

S'il est trois communes méditerranéennes qui ont vu nombre de leurs habitants les quitter pour venir s'installer à La Seyne, ce sont bien l'italienne Buti, en Toscane, et les tunisiennes Menzel Jemil et Menzel Bourguiba, situées non loin de Bizerte, tout au nord du pays.

Oh, ce n'est pas de gaieté de cœur qu'ils l'ont fait. Les premiers Toscans ont abandonné leur village aux trois-quarts du XIXe siècle parce que, tenaillés par la faim, l'aube de la construction navale seynoise leur semblait être un remède aux maux de leur misère. Beaucoup de leurs cousins butesi, ceux des générations suivantes, les ont rejoints à La Seyne pour fuir le fascisme qui sévissait dans les années 1920 en Italie. Et puis, au lendemain de la seconde guerre mondiale, ce furent à la fois les Pieds-Noirs de Tunisie, souvent employés de l'arsenal de Bizerte, contraints au départ après l'indépendance, et beaucoup de Jmilin et de Menzlin, souvent des hommes seuls, plus tard rejoints par leurs familles, qui ont traversé la Méditerranée, à l'époque des « Trente Glorieuses » où la dynamique économique offrait de bonnes possibilités d'emploi qu'ils ne trouvaient pas chez eux.

Peu d'entre eux sont retournés au pays. Les descendants de la plupart ont fait souche et ont concouru à l'enrichissement de notre identité provençale historique par l'apport de leurs diversités culturelles. C'est cette Euroméditerranée qui fait La Seyne d'aujourd'hui. Une belle Seyne.

 

DE VRAIS LIENS CITOYENS, PAS DES JUMELAGES ENTRE NOTABLES

Mes prédécesseurs ont tenu à ce que le lien se retisse avec ces communes. C'est bien. Des rapprochements ont été établis avec l'ancienne Ferryville, devenue Menzel Bourguiba avec l'indépendance tunisienne, comme avec Buti. Si aucun réel « contrat de jumelage » n'a été formalisé avec Menzel Bourguiba, ça a été le cas avec Buti, lors de mon premier mandat. Depuis quelques années, grâce à notre service municipal des relations avec nos « villes amies » et à notre Comité des jumelages qui s'est créé sous forme associative, nombre d'échanges et de rencontres thématiques sont proposés à nos concitoyens.

Après l'élection communale de Buti qui a confirmé en 2016 mon ami Alessio Lari (ci-dessus) dans ses fonctions de sindaco (maire), les récentes élections municipales tunisiennes viennent de déboucher sur l'élection de deux nouveaux présidents du conseil municipal (l'équivalent des maires) à Menzel Jemil et Menzel Bourguiba. Tous mes vœux de réussite à Naziha Guedacha, nouvelle présidente de la municipalité de Menzel Jemil, et à son homologue de Menzel Bourguiba, Slaheddine Jabbari (ci-contre). 

Le Consul général de Tunisie à Marseille m'a proposé il y a deux jours de renouer des liens avec Menzel Bourguiba. Avec Louis Correa, notre élu en charge des relations avec nos villes amies, nous allons nous y employer. Mais, même s'il y a une part de coopération décentralisée et de rencontres institutionnelles, il faudrait surtout que ce soient les habitants des deux communes qui soient acteurs de cette relation retrouvée, comme c'est le cas avec nos amis de Buti. La Ville est prête à y aider.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Jumelages et international
3 juillet 2017 1 03 /07 /juillet /2017 07:09

Bien sûr, ce diable de mistral a un peu gâché la fête en contraignant à supprimer certains des événements prévus dans le cadre de la quinzaine dédiée au centenaire de notre Pont, mais le week-end aura été riche en temps de loisirs et de convivialité.

Du franchissement de la Porte principale des chantiers par les "anciens" et plusieurs centaines d'enfants ayant bénéficié des "classes de mémoire de la navale" à la visite du "tunnel de containers" retraçant l'histoire de la construction des bateaux, en passant par des expositions et des spectacles divers, l'ouverture de la "boutique du Pont" et plusieurs temps forts en présence des délégations venues d'une partie de nos "villes amies", Berdiansk (Ukraine), Buti (Italie) et Maardu (Estonie), les trois premières journées d'animations, que nos services communaux et plusieurs associations ont offertes avec brio malgré un budget très contraint, auront ravi bien du monde.

Les quelques photos que je publie parlent d'elles-mêmes. Et devraient inciter nos concitoyens et nos visiteurs à profiter pleinement des événements (programme ICI) qui rythmeront la vie de La Seyne jusqu'au point d'orgue du 14 juillet...

Le vieux Pont revivrait-il une nouvelle jeunesse ?...
L'inauguration du "tunnel de mémoire"...
La boutique des 100 ans du Pont a ouvert ses portes
Lancement des festivités...
La "chorale de la mer" pour accueillir les délégations des "villes amies"
Avec les maires de Berdiansk et Buti et le jeune président du conseil des étudiants de Buti
Louis Correa, conseiller municipal aux associations et jumelages, remet le "Pont d'honneur" à présidente de la Chorale de la Mer
L'expo des anciens de l'Atelier Mécanique
L'inauguration de l'expo

 

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 17:17

Ainsi que je le rapportais dans un précédent message, j'ai reçu ce week-end des professeurs d'allemand. Parmi les points abordés, nous avons évoqué la question des classes dites « bilangues » qui sont des sections d'un collège où, dès la Sixième, sont enseignées deux langues vivantes, l'anglais et une autre.

Leur développement est d’actualité et des personnalités politiques telles que Najat Valaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale du gouvernement de Manuel Valls, et le nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, se sont récemment clairement prononcés en leur faveur.

 

LE PRÉSIDENT L'A ANNONCÉ : LES « BILANGUES » DOIVENT ROUVRIR À LA RENTRÉE

L'ancienne ministre s’est en effet exprimée en janvier dernier au sujet du déploiement de ces enseignements, et en particulier de celui de l’allemand. Elle a confirmé que les classes bilangues seront maintenues pour les élèves ayant suivi à l’école élémentaire l’enseignement d’une autre langue que l’anglais. On parle là de classes bilangues de « continuité ».

« Diversifier l’offre au primaire et assurer la continuité au collège des apprentissages sont les objectifs de la nouvelle stratégie d’apprentissage des langues, dans le cadre de la réforme du collège », a-t-elle insisté lors d’une visite dans une école parisienne avec le ministre allemand chargé des Affaires culturelles, Olaf Scholz.

« Nous n’allons pas tuer l’allemand, comme on nous le reprochait, mais au contraire le renforcer », a assuré la ministre, précisant que « cette langue sera enseignée dans un millier d’écoles primaires supplémentaires à la rentrée, soit 3.800 au total, tandis que 3.000 collèges proposeront des "bilangues de continuité" en sixième, dont 2.300 anglais et allemand. »

De son côté, lors de sa visite à Berlin, dès le 15 mai 2017, au premier jour de sa présidence, le Président de la République Emmanuel Macron annonçait via Twitter qu'« à partir de septembre prochain, les classes bilangues rouvriront en France».

 

UN ENJEU DE PAIX ET DE COOPÉRATION ENTRE LES PEUPLES

L’enjeu des classes bilangues dépasse le cadre pédagogique, il est politique et diplomatique. Le traité de l’Elysée, qui lie depuis 1963 la France et l’Allemagne, prévoit explicitement que « les deux gouvernements s’efforc[ent] de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre d’élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande ».

À La Seyne, nous plaçons beaucoup d'espoirs dans cette redynamisation. Nous soutenons depuis longtemps le partenariat, porté par notre Comité associatif des jumelages, entre notre commune et le district berlinois de Reinickendorf, qui se traduit par de constants échanges, notamment sur le registre des arts et de la culture, et pour les jeunes. La pratique de l'allemand est un plus pour cette démarche.

 

LES JEUNES SEYNOIS SONT DES CITOYENS DE LA RÉPUBLIQUE !

Mais voilà que, pour rajouter au caractère ubuesque de la situation follement paradoxale que l'Éducation nationale fait supporter à une centaine de collégiens de Jean-L'Herminier, dont je faisais état ce lundi, il se trouve que certains des enfants de nos quartiers sud qui ont été initiés à l'allemand à l'école élémentaire et qui subissent les affres de la nouvelle sectorisation qui leur est imposée ne pourront pas opter pour un enseignement  en « bilangues » dans certains des collèges où ils vont être arbitrairement affectés.

C'est inacceptable. Je confirme donc ma réclamation ferme de la réouverture des 5 classes fermées au collège des Sablettes pour permettre la scolarisation de tous les adolescents qui le souhaitent, et, conséquemment, le maintien de la « classe bilangues » de cet établissement.

Je réclame aussi que pareille possibilité soit garantie aux élèves du collège Henri-Wallon, car, aux enfants des quartiers populaires classés en « Réseau d'éducation prioritaire renforcé » (REP +), l'État doit offrir toutes les filières d'excellence de nature à compenser les inégalités sociales, économiques et culturelles dont ils souffrent. Et les « classes bilangues » comptent au nombre de ces outils majeurs de revalorisation.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 04:08

Nos prédécesseurs avaient fait le choix de laisser se dégrader jusqu'à l'abandon les locaux d'hébergement collectif de l'Espace Accueil Jeunes (EAJ) de Saint-Elme. Nous avons fait celui de leur remise en état il y a quelques années, en associant d'ailleurs les jeunes à leur aménagement. Et je ne m'en plains pas.

A l'heure où les budgets contraints des parents, des organismes familiaux et de la collectivité ne permettent plus guère d'offrir des séjours de vacances aux enfants et aux adolescents, les échanges de groupes constituent une alternative utile et intelligente dont les services communaux et nos associations ne se privent pas.

 

DES ÉCHANGES DE JEUNES, MAIS AUSSI DES SÉJOURS D'ADULTES

Après que des jeunes seynois, encadrés par les animateurs du Service municipal de la jeunesse, sous la houlette de Makki Boutekka, adjoint au maire, et d'associations locales, ont été accueillis dans notre ville jumelle de Buti, en Toscane, il y a quelques semaines, c'est au tour des adolescents butesi d'être reçus à l'EAJ de Saint-Elme. Des activités nautiques à la découverte de l'astronomie à l'observatoire du club Antarès qui connaît un regain d'activité depuis peu, en passant par les activités culturelles et de pleine nature que leurs animateurs et les nôtres leur ont concoctées, je gage que nos jeunes amis italiens, que j'ai accueillis ce mardi, passeront à La Seyne un agréable séjour.

Notre service communal des relations aux villes amies, sous l'impulsion de notre conseiller municipal Louis Correa, en appui au comité associatif des jumelages, crée les conditions de rencontres régulières réelles entre habitants de tous âges et de tous quartiers de nos communes.

Au-delà des "rencontres de notables", certes bien amicales avec les élus de Buti, dont son maire Alessio Lari, c'est ainsi que nous comprenons l'apprentissage des futurs citoyens du Monde : faire ensemble, pour se connaître, se reconnaître, avec les richesses de nos différences, et nos volontés communes d'un Monde de Paix.

Bravo à tous les piliers de ces échanges utiles !

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Publié par Marc Vuillemot - dans Jumelages et international

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Marc VUILLEMOT

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