19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 05:46

Après avoir communiqué quelques réflexions sur la décision municipale de quitter l'association française des maires pour la Paix, et donc de son association internationale Mayors for Peace, il semble utile, dans un tout autre registre, de faire partager quelques sentiments sur un autre choix de la majorité du conseil seynois : celui de ne plus adhérer à l'Association nationale des élus du littoral (ANEL).

Si l'on qualifie le massif abritant notre forêt de Janas de « presqu'île de Sicié », si George Sand parlait de notre commune comme d'une « ville de mer », si La Seyne partage avec Six-Fours le cap le plus avancé dans la Méditerranée, et si notre terroir est bordé de 25 kilomètres de côtes, nul ne disconviendra du fait que la maire de La Seyne a bien sa place parmi les... élus du littoral.

Et pourtant La Seyne vient d'opter pour abandonner le millier de communes littorales pour la plupart réunies au sein de l'association qui défend leurs intérêts particuliers...

 

POUR LA MER ET LES LITTORAUX AUSSI, LA « COALITION » FAIT LA FORCE

Si l'on en croit Var-matin, la maire a donné une curieuse explication à cette étonnante décision. L'adhésion à l'ANEL ferait, selon elle, « double emploi » avec une autre association à laquelle La Seyne adhère, le « syndicat des communes du littoral varois ».

On ne va pas blâmer la maire, en fonction depuis seulement quelques mois, de méconnaître les missions respectives d'un syndicat très local de 28 communes, dont l'essentiel de l'activité est l'échange d'expériences pour la protection et la mise en valeur de leur littoral et qui n'a de « syndicat de communes » que le nom puisqu'il n'exerce pas lui-même de compétence de gestion, et d'une association nationale de plusieurs centaines de communes adhérentes, qui est interlocuteur reconnu des pouvoirs publics auprès desquels elle exerce, forte de sa dimension et de son expertise, un « lobbying » constant pour la prise en compte des enjeux propres aux façades maritimes.

Membre de diverses instances nationales officielles, l'ANEL peut peser sur le Législateur et l'exécutif, pour, entre autres, la protection du littoral, l'activité économique et touristique, la maîtrise du foncier côtier, la gestion préventive de l'érosion côtière et de la submersion marine, la sécurité en mer, la qualité des eaux de baignade, la gestion des plages et du domaine public maritime.

Ce sont autant de sujets qui ont vu les réglementations évoluer, par la proposition et la pression, dans le sens souhaité par les élus des communes côtières. Et dont La Seyne, comme 976 autres communes, profitait. Or, on le sait, l'union fait la force. Chaque abandon affaiblit l'ensemble. C'est pour ça qu'on fait parfois... « coalition ».

Pour 7 centimes d'euros par habitant et par an, La Seyne était en première ligne pour plaider la cause de tous ses concitoyens qui vivent ou profitent des ressources naturelles et patrimoniales maritimes et littorales qu'il convient, plus que jamais, de protéger et valoriser.

La Seyne laisse sa place. Et c'est bien dommage.

 

 

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 16:02

La députée du Var Cécile Muschotti (LREM) et le président de la métropole Hubert Falco (LR), chacun pour ce qui le concerne, ont agi avec efficience pour aider le groupe industriel seynois CNIM à franchir la mauvaise passe dans laquelle il se trouvait. Et il faut bien sûr s'en féliciter et leur en savoir gré. 

Il reste que les solutions retenues questionnent et que ni l'État ni la direction du groupe n'évoquent leurs incidences sur le moyen terme. Certains à La Seyne, et non des moindres parmi les acteurs publics locaux, mélangeant d'ailleurs dangereusement les genres de l'action politique et du rôle syndical, ont peut-être tort de se réjouir trop vite de ce qu'ils mettent un peu exagérément à leur actif...

 

Oui, la société Paprec est entrée en négociation avec le groupe CNIM pour l'acquisition de la partie Opération & Maintenance (O&M) de sa branche environnement. Sur les sites spécialisés, il est évoqué un montant de 35 à 45 millions d'euros. Peut-être d'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, l'affaire est-elle finalisée. À La Seyne, ce secteur représenterait une quarantaine d'emplois sur environ 500 préservés – on l'espère – de ce secteur, répartis en France et à l'étranger dans les unités de valorisation énergétique du groupe.

 

DES VENTES DE SECTEURS ET LES BANQUES EN APPUI AU CAPITAL

Toujours suivant les mêmes sources du monde de l'actionnariat, après cette cession elle-même faisant suite à celle de la filiale Bertin Énergie Environnement, d'autres ventes seraient envisagées « pour quelques millions d'euros », mais, sans plus de précisions, de secteurs « loin du cœur de métier de CNIM ». Et, comme annoncé, les secteurs stratégiques, dont ceux liés à la défense, l'industrie spatiale et le support à la recherche scientifique, seraient sanctuarisés.

Le problème reste que les banques ayant octroyé des prêts à CNIM transformeraient leurs créances en ce qui pourrait être un ensemble d'obligations convertibles et donc interviendraient sous une forme s'apparentant à une entrée au capital. Si elles y demeurent minoritaires, le danger est moindre. Si tel n'est pas le cas, comme on disait aux comptoirs avant que le coronavirus ne ferme ces hauts-lieux de la démocratie du quotidien, ce ne serait pas la même limonade. D'autant que, malgré son immense savoir-faire, son aptitude à l'innovation, et la détermination de ses personnels, qui se sont dernièrement concrétisés avec des perspectives encourageantes, telles qu'un récent contrat de fourniture et d'essai d'aérostats de surveillance maritime pour Frontex, l'agence européenne de garde-côtes et garde-frontières, le résultat du premier semestre 2020 demeurait négatif de plus de 30 millions d'euros.

 

L'ÉTAT AU CAPITAL COMME GARDE-FOU

C'est pourquoi la dépendance aux banques est périlleuse si elle n'est pas assortie d'une garantie qu'elles demeureront minoritaires au capital du groupe. Et c'est pourquoi, plus que jamais, le bon sens commanderait que l'État, qui devrait avoir conscience de l'enjeu, pour l'emploi en cette rude période qui s'éternise et pour les secteurs stratégiques, ne s'en tienne pas à octroyer des prêts à partir de son Fonds de développement économique et social (FDES), mais se décide, comme je le réclamais il y a bientôt un an, et au moins jusqu'à ce que l'horizon se dégage durablement, à entrer au capital de CNIM.

Là, chacun, à commencer par les salariés, pourrait souffler. Et ceux qui auraient envie d'en faire un sujet de communication politicienne ne prendraient pas de gros risques.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 04:52

Mais que cache donc cette situation qui s'éternise d'abandon de la part du gouvernement d'un groupe industriel français de premier plan ? On est en droit, des mois après les premières alertes et alors que des informations transpirent sur les repreneurs possibles, de sérieusement s'inquiéter.

Tous les marqueurs en attestent : fût-elle provisoire pour permettre à CNIM de franchir la mauvaise passe que ce groupe traverse, sans entrée de l'État au capital du fleuron technologique qu'est notre grande entreprise seynoise, le risque de vente à la découpe, voire de dépôt de bilan, est avéré. Je le réclame depuis avril dernier...

C'est là un sujet majeur pour La Seyne et la métropole toulonnaise avec les centaines d'emplois en jeu, mais c'est aussi un enjeu national et européen, dans un contexte où la désindustrialisation, chez nous et ailleurs, est dramatique pour la souveraineté du pays et du continent.

C'est pourquoi il faut porter le sujet à l'échelle nationale...

 

Dans une annonce récente à Var-matin sur la démarche qu'il a engagée auprès du Premier ministre, le président de la métropole révélait que certains entendaient « nationaliser le sujet ». C'est exact. Et c'est en route. Ici comme ailleurs, on ne peut laisser démanteler et sacrifier sur l'autel de la mondialisation ultra-libérale par des investisseurs du bout du monde des pans entiers du savoir-faire industriel national, pourtant rentables et de haut de gamme. Or le silence gouvernemental est inquiétant au point que certains commencent à se demander s'il n'y aurait pas quelque entente obscure entre le plus haut niveau de l'État et quelque nation avec laquelle la France est en affaire, sacrifiant un volet industriel pour en sauver un autre.

C'est pourquoi, sollicitée par Stéphane Sacco, l'un des animateurs seynois et varois du mouvement politique auquel j'appartiens, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann a placé le sujet du devenir de CNIM au cœur des enjeux économiques et sociaux nationaux.

Je laisse les visiteurs de ce blog prendre connaissance ci-dessous de la question, pour l'instant sans réponse, qu'elle a posée au ministre de l'Économie.

Dans le même temps, je suis de ceux qui estiment que la situation est suffisamment grave et urgente pour que, au-delà des rassemblements des personnels inquiets organisés par des syndicats de l'entreprise, une invitation à la population seynoise et métropolitaine à témoigner de son soutien et de son inquiétude en se joignant à des mouvements permettrait de peser pour contraindre l'État à s'engager en entrant au capital du groupe.

C'est maintenant ou jamais. Après, on en a fait l'expérience chez nous dans les années 1980, ce sera trop tard.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 04:56

Le premier ministre le ressasse : le « plan de relance » doit s'ancrer sur les territoires. Il y aurait alors un exercice pratique à engager autour du Groupe CNIM à La Seyne, avec pour enjeu le sauvetage d'une activité industrielle de premier plan mondial, fondée sur un savoir-faire historique et une stratégie d'innovation constante. Des centaines d'emplois locaux sont en jeu, voire des milliers par effet domino sur le territoire métropolitain.

Mais le gouvernement semble tenir deux discours contradictoires. Entre un prêt d'État susceptible d'être accordé à l'entreprise en difficulté et le soutien gouvernemental à une offre de reprise d'une société présentée comme « franco-française », les propos se contredisent.

Il y aurait cependant une troisième voie, mais dont l'État ne veut manifestement pas entendre parler : celle, pourtant justifiée en période de crise économique, de la mobilisation d'une infime part des 100 milliards du « plan de relance » pour une entrée au capital, fût-ce façon provisoire, de celles des sociétés de secteurs vitaux comme ceux de la défense, l'énergie, la santé ou l'environnement, qui rencontrent des difficultés conjoncturelles...

 

C'est aux territoires de peser sur le gouvernement, d'autant plus que celui-ci les invite à le faire. Il est rassurant de relever que la municipalité de La Seyne a changé de discours, rejoignant la métropole qui avait répondu à ma demande de s'impliquer à mes côtés au printemps dernier, dès que l'alerte a été donnée. L'opposition municipale d'alors, désormais aux affaires, se gaussait de nos initiatives, sur l'air du dédain : « Ce genre d'intervention politicienne ne peut que fragiliser l'image de cette société fleuron », indiquait à l'époque l'actuel premier adjoint, d'ailleurs en écho à une remarque de l'extrême-droite locale qui maniait l'ironie en me qualifiant malicieusement de « grand spécialiste de l'économie »...

Il est donc rassurant que les points de vue aient évolué sur la nécessité d'une intervention publique forte. Mais celle-ci doit être déterminée et les objectifs d'une implication claire de l'État posés explicitement. C'est ce que je réclamais alors (article de Var-matin ci-dessous), en accord avec la direction de l'entreprise et ses principaux syndicats, repris par le président de la métropole qui écrivait au Premier ministre d'alors que « la société CNIM ne doit pas être sacrifiée à des enjeux financiers spéculatifs ».

Au-delà de CNIM, cette présence de l'État au capital doit permettre de renforcer l'ancrage national des grandes entreprises, dans le cadre d'un renouveau des planifications, s'appuyant sur des lois de programmation fixant les urgences stratégiques pour les années à venir. Cela supposerait, au-delà d'une fonction de haut-commissaire au Plan, la création d'un vrai ministère de l'Industrie, indépendant de celui des Finances, faisant taire les leitmotivs défaitistes récurrents des élites technocrates et économiques selon lesquelles « il ne faut pas sauver les canards boiteux », « il ne faut pas refaire les erreurs des nationalisations de 81 » et « notre avenir est dans les services » et non dans la réindustrialisation du pays.

Ainsi, l'entrée de la Nation au capital de CNIM, au moins le temps que la situation du groupe se rétablisse, est la manière simple et sûre d'éviter le sacrifice de celui-ci aux spéculateurs. Les élus du territoire, de la commune à la région en passant par la métropole et le département, doivent peser en ce sens. Mais est-ce là la vision de l'économie des acteurs politiques de l'omniprésente droite provençale ?...

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 03:06

Avec leurs habitants les plus pauvres du Var, victimes de plein fouet de la crise sanitaire et économique, avec les inquiétudes qui planent sur le devenir de CNIM, le plus important groupe industriel du département, et de ses sous-traitants implantés chez nous, et par voie de conséquence l'ensemble de l'économie bénéficiant du pouvoir d'achat de leurs salariés, avec les incertitudes qui inquiètent les activités du tourisme, de la croisière, du loisir et de la culture, comme celles de l'activité portuaire du fret, La Seyne et la métropole, malgré la formidable dynamique économique qu'elles connaissent depuis une dizaine d'années, pourraient ne pas échapper à de sérieuses difficultés économiques et sociales.

Des réponses préventives et curatives existent. Elles supposent une grande bifurcation l'échelle du pays et une véritable stratégie de rebond et de redressement.

Le mouvement politique auquel j'appartiens, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), formule des propositions en ce sens, qui passent par une rupture avec le libéralisme.

Profitez des vacances pour feuilleter ce petit livret...

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 21:34

Ceux qui s'obstinent depuis des années à faire capoter le projet de valorisation de l'architecture industrielle de l'ancien « Atelier mécanique » où doit se réaliser un complexe de cinémas, hôtels, commerces de bouche, de culture et de loisirs, et services, en sont une nouvelle fois pour leurs frais.

Ces intervenants aux réunions publiques de Madame Bicais, investis dans une association qui saisit la justice administrative pour obtenir l'annulation de chaque délibération du conseil municipal permettant de faire avancer le projet, auront fait perdre des années à la redynamisation d'un site-phare de La Seyne, élément moteur du projet global de reconversion des friches de notre industrie navale.

Le tribunal administratif de Toulon vient à nouveau de leur donner tort. Saisiront-ils, comme à leur habitude, au terme ultime du délai légal, la cour d'appel pour ralentir encore nos efforts ?... 

 

Reconnaissons qu'ils sont pugnaces. Ils sont déboutés, mais saisissent aussitôt la juridiction supérieure jusqu'à ce que tous leurs recours soient épuisés. Quel dommage que cette énergie déterminée à nuire ne soit pas mise au profit de vrais enjeux environnementaux que leur association à vocation à défendre !

En attendant, voilà des années qu'ils parviennent à repousser ce programme, avec d'autres, comme l'un des candidats de droite de 2014, sur la liste duquel figurait en deuxième position Madame Bicais, qui nous avait fait perdre près d'une année en faisant rejeter le projet par la commission départementale d'aménagement commercial où il siégeait avec ses amis, m'obligeant à saisir en recours la commission nationale qui l'avait approuvé à l'unanimité.

Quel gâchis de voir sans cesse repoussé ce projet pleinement inscrit dans l'esprit de ce que mon ami Philippe Le Sausse appelle « la Cité de la mer », qui ferait lien avec le technopôle de la mer, la zone économique nautique Grimaud, le parc de la Navale et, dans un futur, les espaces aujourd'hui propriété de CNIM où se construisaient les escalators et où pourraient s'insérer avec harmonie des acteurs de l'économie verte, des technologies des énergies propres, de la culture et des loisirs, et du champ social et solidaire.

Mais, si ces obstinés à freiner l'avenir dynamique de La Seyne et le bien-être économique et culturel des Seynois sont pugnaces, je suis quant à moi autant déterminé qu'eux à voir cet équipement majeur se réaliser. Pour que les Seynois obtiennent ce à quoi ils ont légitimement droit, je me battrai encore et toujours sans relâche face à ces gens qui, décidément, n'aiment pas la ville où ils vivent.

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5 juin 2020 5 05 /06 /juin /2020 11:15

Les conséquences de la pandémie de coronavirus sur l'activité économique, grande et petite, de notre territoire, commencent à se faire sentir rudement. Il faut le reconnaître, l'État a consenti des efforts, la Métropole s'est utilement jointe à ceux de la Région Provence, nos communes du « Grand Toulon » ont harmonisé leurs stratégies d'appui, et les chambres consulaires ont été aux côtés des entrepreneurs du commerce, de l'artisanat, de l'industrie, des services et de l'agriculture.

Mais le plus dur est sûrement devant nous. Et La Seyne ne sera pas plus épargnée que les autres. C'est pourquoi, avec notre adjoint Anthony Civettini, président du tourisme métropolitain de l'Ouest Var, nous participions ce jeudi à la « Conférence économique métropolitaine ». En respectant les indispensables gestes-barrières !

 

Bien sûr, les aides débloquées par la puissance publique constituent une petite bouffée d'air frais pour nos entrepreneurs. Mais chacun a bien en tête que des appuis comme des prêts à taux zéro aideront à franchir un cap, mais que les conséquences sur le moyen terme risquent, par « effet domino » de la moindre consommation de nombre de salariés qui vont perdre leurs emplois, d'être très lourdes.

Si chacun des institutionnels présents à cette conférence économique l'avait certainement en tête, l'impact social sur nos concitoyens salariés, pourtant en première ligne pour le maintien de l'activité au plus fort de l'épidémie, a surtout été évoqué – ce n'est pas neutre – par le dirigeant d'une société seynoise, par ailleurs président de l'association pour le développement des entreprises de l'ouest toulonnais.

 

LA SEYNE D'AUTANT PLUS FRAGILE QUE SON ÉCONOMIE EST DYNAMIQUE

C'est bien notre préoccupation, plus que l'incidence du maudit virus sur les dividendes des actionnaires des multinationales et des grands groupes financiers. La Seyne, comme d'autres, est fragile du fait, justement, de son exceptionnelle dynamique économique autour de son technopôle de la mer et du bel élan de son activité touristique. Beaucoup d'activités sont naissantes. Beaucoup, pour leur essor, ont recours à la sous-traitance. Beaucoup emploient des salariés saisonniers, temporaires, intérimaires, ou font appel à des auto-entrepreneurs. Le pendant de la dynamisation et de la création d'entreprises nouvelles est l'envol des sociétés de services. S'il n'y a pas lieu d'être trop angoissé pour le secteur des hautes technologies (ou alors pour d'autres raisons inquiétantes non liées à la pandémie, comme c'est le cas pour CNIM), nul ne peut prévoir précisément les conséquences sur celui de l'hôtellerie, traditionnelle ou de plein air, des loisirs et du tourisme, des métiers de bouche, de l'exploitation des produits du patrimoine littoral et maritime. Dans un tel contexte, en bout de chaine de la consommation, le commerce de proximité, déjà fragile, devra être particulièrement accompagné.

C'est pourquoi tous nos services, notamment métropolitains dont c'est la compétence, sont en appui des acteurs économiques et les mesures décidées lors de la « conférence économique de TPM » seront indispensables. Et ceux qui, depuis des mois, n'ont de cesse de tirer depuis La Seyne à boulets rouges sur la Métropole portent une lourde responsabilité, pour nos chefs d'entreprises et leurs salariés.

 

L'EXIGENCE VITALE D'UNE DIVERSIFICATION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE DE L'ÉCONOMIE

Mais c'est pourquoi aussi il nous faut impulser une autre vision de l'économie territoriale. Cette funeste crise sanitaire ne peut que nous conforter dans les orientations que nous assignions déjà à notre projet, qui sortent renforcées du partage de celui-ci avec celui de l'équipe de Luc Patentreger. L'heure est plus que jamais aux circuits courts de distribution, aux économies de la gestion des déchets, du réemploi des objets usagés, des mobilités propres, des énergies renouvelables, de l'agriculture en ville, de la pêche et l'aquaculture de proximité, des loisirs, de la culture et du tourisme s'appuyant sur le patrimoine et l'environnement, de même qu'aux initiatives novatrices de qualité et de l'environnement immédiat, telles que la monnaie locale, et s'appuyant sur un juste équilibre coopératif et complémentaire entre économie traditionnelle et économie sociale et solidaire.

On me pardonnera de le relever, mais seul le projet de « La Seyne 2020, l'énergie positive d'une ville verte et ouverte », pour La Seyne et la Métropole, porte des propositions précises, ambitieuses autant que réalistes, conçues en relation avec les acteurs économiques eux-mêmes. Le moment n'est plus aux incantations farfelues ni aux sentences simplistes, mais à l'action. Nos résultats l'ont prouvé, La Seyne est entendue dans le territoire. Elle doit continuer à l'être.

 

L'ABSOLUE NÉCESSITÉ DE L'ACCOMPAGNEMENT DE L'ÉTAT POUR NOTRE INDUSTRIE

Malgré les initiatives du présent et celles que nous allons impulser, on sait que, malheureusement, les temps prochains vont être ceux du chômage pour un nombre significatif de nos concitoyens. On ne pourra récolter dans l'immédiat les fruits de notre ambition. C'est pourquoi la Nation doit aller au-delà des concours qu'elle apporte en soutien aux économies des territoires.

Hormis pour laisser entendre en alternance que mes implications à l'échelle nationale attesteraient de mon désintérêt pour La Seyne et que mes alertes et exigences portées auprès de l'État ne viseraient qu'à me dédouaner de mes responsabilités locales, les prétendants du moment à la fonction municipale n'ont strictement rien à proposer. Nous, nous assumons de revendiquer pour le territoire et ses habitants, en ayant des exigences concrètes. Et en rencontrant des succès en retour.

Oui, nous avons raison d'exiger de l'État que la situation économique locale dégradée par la crise sanitaire ne soit pas aggravée par la fragilisation de la plus grande entreprise seynoise et varoise. À mon initiative, avec le président métropolitain Hubert Falco et le président des entreprises de l'ouest toulonnais, nous plaidons sans cesse depuis des semaines pour appuyer la demande de la direction et des syndicats de CNIM d'une intervention provisoire de l'État au capital du groupe, pour éviter le démantèlement que risquent d'organiser, en contrepartie de leur soutien, les financiers bénéficiaires des fiducies prévues par le plan de sauvetage.

Le silence sur le sujet des élus départementaux et régionaux seynois de droite et d'extrême-droite, voire les moqueries des affidés de leur coterie de circonstance, sont gravement coupables.

 

LES COLLECTIVITÉS DOIVENT POUVOIR LANCER DES MARCHÉS PUBLICS 

Oui, nous avons aussi raison de consacrer du temps et de l'énergie à exiger de l'État qu'il assume sa responsabilité de soutien vital aux collectivités locales. Il ne suffit pas de répondre, et seulement en partie, à l'exigence que j'ai portée, notamment avec Christophe Bouillon, maire honoraire de Canteleu (Seine Maritime) et président de l'Association des petites villes de France, et Michel Fournier, maire de Les Voivres (Vosges) et premier vice-président de l'Association des maires ruraux de France, d'un remboursement intégral des achats des équipements de protection par les mairies et intercommunalités.

Il faut que l'État entende qu'un plan majeur de soutien financier aux territoires est indispensable pour compenser leurs dépenses exceptionnelles et surtout leurs énormes pertes de recettes (droits de mutation, tarifications, redevances, chez nous aggravées avec celles de notre casino de jeux). Au moment où nos finances communales sortaient la tête de l'eau, la crise a balayé beaucoup des effets de douze ans d'efforts de gestion rigoureuse.

Nous abandonner dans la fragilité, ce serait affaiblir notre capacité d'investissement, donc notre potentiel d'appels d'offres aux entrepreneurs du bâtiment et des travaux publics, et donc de maintien de l'emploi salarié de ce secteur capital.

 

ÉTAT, COLLECTIVITÉS ET ASSOCIATIONS DOIVENT AMORTIR LE CHOC DU CHÔMAGE

Et, oui, nous avons raison enfin de nous mobiliser pour faire entendre à l'État que, pour nos habitants les plus vulnérables, la puissance publique locale a le devoir de prendre sa part dans la lutte contre le chômage et pour l'insertion professionnelle. Ayant déjà rencontré peu d'écho auprès des chefs d'entreprises, avec seulement 12.000 conventions signées en deux ans, le dispositif des emplois francs, réservés au secteur concurrentiel et interdits aux secteurs public et associatif, va d'autant plus être inopérant que la crise ne va pas inciter les patrons à signer des contrats à durée indéterminée.

Or ces emplois francs sont désormais le seul levier pour permettre aux relégués du travail de mettre le pied à l'étrier, puisque, sur fond de silence blâmable des élus régionaux seynois de droite qui visent à diriger La Seyne, le Conseil régional de Provence a supprimé ses aides aux chantiers d'insertion. Il faut donc que l'État concède que, fût-ce provisoirement, il est nécessaire de donner suite à notre demande de relancer les emplois aidés que les services publics et les associations pouvaient créer avant leur suppression sous la forme des contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE). Et nous sommes d'autant plus prêts à prendre notre part pour l'emploi que les services publics et le monde associatif vont, pour un temps indéfini, avoir besoin de bras pour redoubler d'activité afin de répondre aux nécessités d'assistance d'un nombre accru de familles dans la détresse.

 

Alors, en toute franchise, paraissent-elles vraiment si inutiles, nos coopérations avec la Métropole et nos soi-disant « gesticulations » revendicatives de la bienveillante solidarité fraternelle que la Nation républicaine doit à ses enfants ?...

 

 

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29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 07:51

Ils ont été formidables de courage et d'imagination. Les commerçants seynois, sédentaires comme forains, ont beaucoup souffert de ces longues semaines de crise sanitaire malgré leurs initiatives opportunes tendant à amortir le choc du confinement : livraisons à domicile, systèmes de « drive », diversification des produits vendus, etc.

Si la Ville a anticipé beaucoup de mesures de précaution sanitaire avant même que le gouvernement ne les impose, elle était aussi prête pour la réouverture des marchés et la relance de l'activité commerciale, afin qu'aucun jour ne soit perdu pour la reconquête économique dès lors que l'État donnerait son feu vert.

Et elle a imaginé, en coordination avec la Métropole qui assure la compétence économique de par la Loi comme avec les associations de commerçants, des moyens d'apporter des coups de pouce supplémentaires à l'activité commerciale...

 

EXONÉRATIONS DE TAXES, ÉLARGISSEMENT GRATUIT DE L'USAGE DU DOMAINE PUBLIC

Un ensemble de mesures de soutien a ainsi été conçu. Nous avons décidé d'accorder la gratuité du droit d'usage du domaine public communal, pour les terrasses des cafés et restaurants, les étals forains des marchés, les autorisations d'occupation temporaire du domaine public, y compris au-delà du moment de redémarrage de ces activités commerciales.

Nous avions déjà décidé de ne pas appliquer la taxe sur les enseignes commerciales pour celles de faible superficie. Nous avons désormais accordé un abattement de 25% pour celle exigible sur l'ensemble de l'année.

Nous avons aussi, sans augmentation de la redevance due, choisi d'autoriser, partout où cela sera possible, une extension de la surface des terrasses et étalages pour que les mesures imposées de distance entre consommateurs ne conduisent pas à une réduction du nombre de ceux-ci.

Tout ça va coûter à la commune, et même si le soutien à l'économie n'est pas règlementairement de son ressort, mais la vie locale est un tout. Sans dynamique économique relancée, pas de redynamisation sociale, ni culturelle, ni urbaine.

 

UN COÛT POUR LA COMMUNE, MAIS, COMME LA SANTÉ, LA VIE SOCIALE ET ÉCONOMIQUE N'A PAS DE PRIX

C'est un choix que notre équipe municipale a fait sans hésitation. Comme elle n'a pas tergiversé pour les achats d'équipements et produits de protection pour tous les lieux publics, pour ceux de masques, visières, lingettes et gants pour le « grand public » et pour les professions publiques ou privées qui n'en étaient pas dotées par leurs propres autorités, et de produits de première nécessité pour les personnes fragiles, pour le renforcement de l'accompagnement scolaire, pour l'augmentation à 150% des subventions aux associations caritatives et solidaires qui sont formidables avec les plus démunis dont la situation sociale s'aggrave durement, pour la création et le fonctionnement à La Seyne du tout premier centre varois de consultation devenu centre de dépistage virologique du covid-19, pour l'information permanente de nos concitoyens, et tant d'autres dépenses nécessaires à la prévention de l'épidémie.

Nous tenons bien sûr les comptes. Nous avons réclamé à l'État qu'il amortisse l'impact sur les finances locales. Cependant, comme toutes les communes, nous nous préparons à des perspectives budgétaires et financières difficiles. Mais, à La Seyne, nous avons, par une gestion rigoureuse, su redresser la barre d'une situation complexe que nous avaient laissée nos prédécesseurs de droite. L'expérience acquise nous permettra de relever ce nouveau défi.

 

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15 mai 2020 5 15 /05 /mai /2020 05:51

Si le soleil est au rendez-vous, on imagine que beaucoup de nos concitoyens seynois seront tentés par une sortie à la plage après des semaines de confinement. Mais est-ce que ce sera possible ? La réponse est entre les mains du représentant de l'État dans le Var. Alors, avant ou après le premier week-end de relative liberté retrouvée ? Pour l'instant, mystère...

Mais c'est déjà une avancée : notre première adjointe seynoise, Raphaëlle Leguen, membre des instances dirigeantes de l'Association nationale des élus du littoral (ANEL) et présidente de la commission permanente du Comité de façade maritime de Méditerranée, a plaidé auprès des ministères la cause des amoureux du littoral et des acteurs de l'économie du tourisme, du balnéaire, du nautisme et des loisirs. Les portes des plages françaises ne sont plus condamnées. Mais ce sont les préfets qui en détiennent les clefs...

 

La Ville de La Seyne, conformément aux instructions du gouvernement, et après s'être concertée avec ses voisines métropolitaines et varoises, a proposé au préfet du Var un protocole de fonctionnement rigoureux, garantissant le maximum de sécurité sanitaire. Car, on ne le répètera jamais assez, déconfinement ne rime avec relâchement qu'en apparence phonétique.

 

SUR LES DEUX DERNIERS MOIS, MOINS DE DÉCÈS QU'EN 2019

Pour l'instant, même si nous avons dû les contraindre avec les mesures drastiques que nous leur avons imposées, nos concitoyens ont été remarquables de sérieux et de respect des consignes de prévention. Et les résultats ont été au rendez-vous.

Entre le 18 mars de cette année, début du confinement, et le 13 mai, il y a eu moins de décès de Seynois à La Seyne (169) ou ailleurs (28), dont ceux survenus dans des hôpitaux d'autres communes, soit un total de 197, qu'il n'y en avait eu en 2019 où l'on avait comptabilisé 156 décès dans la commune et 47 ailleurs, soit un total de 203.

Cette baisse de – 3% du nombre de décès de nos concitoyens, comparée à la hausse de + 8,2% enregistrée dans le Var et celle de + 22% relevée en France, sur la même période de deux mois, est significative d'un effort collectif à saluer. Il ne faudrait donc pas que l'envie de soleil et de vagues vienne réduire à néant ce beau résultat.

 

UNE DEMANDE DE DÉROGATION ASSORTIE DE CONTRAINTES 

Je communique ci-après la demande que nous avons formulée à notre préfet. On y relèvera que beaucoup de contraintes sont prévues. Mais c'est le prix à payer pour que nous puissions décrocher l'autorisation dérogatoire espérée. J'espère savoir sous peu si le préfet les jugera suffisantes ou s'il nous en imposera d'autres.

Ainsi, sauf si une fréquentation très modérée permettait le « farniente » allongé sur le sable ou les galets en respectant les éloignements indispensables, seules seraient permises les activités dynamiques (marche, footing, nage, plongée, etc.), de même que seraient interdits le pique-nique, la pêche et les rassemblements familiaux ou amicaux. Et j'ai demandé que les départs et arrivées des activités nautiques légères, comme la planche à voile, le kayak ou le paddle, puissent être autorisées.

Évidemment, une réponse avant le week-end serait bienvenue...

Et je me dois d'ajouter que j'ai aussi saisi le préfet du Var (lettre ci-dessous) pour qu'il autorise, pour ce qui le concerne, c'est-à-dire les zones les plus littorales, les activités de plaisance, dans la mesure où le préfet maritime de Méditerranée les a permises pour les zone plus au large.

 

 

 

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 09:39

À la crise sanitaire s'ajoute une crise sociale qui n'épargne pas La Seyne. Certains de nos concitoyens ont faim, les files devant les espaces caritatifs et solidaires s'allongent, l'angoisse de lendemains sans travail s'installe.

Parallèlement aux dispositions édictées par l'État et bien souvent mises en œuvre par les collectivités locales pour lutter contre la pandémie, la commune s'est mobilisée pour amortir du mieux possible les impacts sociaux funestes des pertes de revenus des Seynois les plus fragiles.

Mais ce sera toujours insuffisant. Seul l'emploi amortira le choc. C'est l'enjeu du « jour d'après » qu'il faut anticiper dès à présent...

 

Oui, fussions-nous au XXIe siècle dans un pays parmi les plus riches du monde, ce diable de covid-19 aura révélé, si besoin était, l'ampleur des inégalités sociales et économiques que subissent nos concitoyens. Fort heureusement, le gouvernement n'est pas resté inactif, même si les moyens engagés demeurent insuffisants. Le chômage partiel a apporté une solution ponctuelle qui risque fort de ne pas se prolonger au-delà du mois de juin et qui n'a guère eu d'effet pour tous ceux qui vivaient de boulots occasionnels, plus ou moins bien protégés des aléas économiques, plus ou moins déclarés, plutôt mal rémunérés.

 

L'ÉTAT ET CERTAINS DÉPARTEMENTS FONT DES GESTES EN FAVEUR DES PLUS DÉMUNIS

Des dispositifs sociaux d'urgence ont été imaginés par l'État. Des aides exceptionnelles de 150 euros par foyer et 100 euros supplémentaires par enfant à charge vont être versées dans les prochains jours par les Caisses d'allocations familiales aux ménages précaires (RSA, allocation de solidarité spécifique, etc.), des soutiens de 100 euros par enfant sont alloués aux bénéficiaires de l'aide personnalisée au logement, des chèques-service sont attribués aux personnes sans domicile fixe, des subventions d'urgence sont accordées aux associations menant des actions caritatives et solidaires, le début de la période des expulsions locatives a été reporté, etc.

Collectivités compétentes s'il en est en matière de solidarité sociale, certains départements – mais pas encore le nôtre, apparemment, même si, je le suppose, nos conseillers départementaux ont dû saisir leur président suite aux demandes que je leur ai formulées dans le cadre de notre comité de suivi de la crise – , complètent ces aides de l'État : aide financière complémentaires à celles de l'État, chèques alimentaires, subventions exceptionnelles aux associations solidaires, financement supplémentaire au titre du Fonds de solidarité logement (FSL) pour le règlement des loyers, etc.

 

DE L'AIDE AUX LOYERS À LA GRATUITÉ DE LA CANTINE, LA SEYNE DÉPLOIE UNE BATTERIE D'ASSISTANCES DIVERSES

De son côté, La Seyne déploie depuis mars un ensemble de mesures d'assistance en faveur de ses citoyens les plus démunis dont la crise sanitaire a aggravé la situation.

Le service des conseillères en économie sociale et familiale de notre office public métropolitain d'HLM « Terres du Sud Habitat » (TSH) a été « suractivé » pour répondre aux besoins de règlement différé des loyers et de mobilisation des aides du FSL que gère notre métropole.

Notre Centre communal d'action sociale (CCAS) a activé dès le début de la crise son dispositif d'aide et de soutien aux personnes âgées ou handicapées fragiles et isolées inscrites sur le « registre canicule » qu'il avait créé lors des premiers épisodes climatiques. Le nombre de bénéficiaires de ce qui est devenu le « registre événements exceptionnels » a pratiquement doublé, passant d'un à près de deux milliers de personnes suivies en permanence par nos personnels sociaux. Nous assurons les achats et la livraison de produits de première nécessité aux personnes dans l'impossibilité de se déplacer, voire, pour certaines, repérées après enquête sociale et en lien avec l'Unité territoriale sociale du Département, en leur fournissant des paniers alimentaires.

Nous avons enfin exceptionnellement décidé de réduire la tarification de la restauration scolaire pour tous les écoliers seynois, la ramenant à la gratuité totale pour ceux qui payent habituellement le moins.

 

LA SEYNE SOUTIENT LES ASSOCIATIONS CARITATIVES ET SOLIDAIRES

Ce sont également des mises à disposition de locaux communaux pour les distributions de denrées et produits de première nécessité qu'assurent les associations qui ont renforcé leurs dispositifs : le Secours catholique et Les Restos du cœur.

Pour répondre aux besoins accrus en cette terrible période, la Ville et TSH ont également mis gratuitement des locaux à la disposition du collectif « D'un cœur à une main » composé de cinq associations solidaires dont les bénévoles font un travail remarquable de distribution de dentées alimentaires : Éveil et conscienceLa gamelle pour tousY'a du talentClub fratern'elles et Jeunesse et destin.

Ce sont aussi des appuis logistiques qui sont déployés après de ces diverses initiatives associatives reconnues : une aide administrative, la mise à disposition de camions pour le transport des produits, la fourniture d'équipements de protection sanitaire, et, bien sûr, des approvisionnements en denrées, au fil des besoins, pour le Secours catholique, les Restos du cœur, la Banque alimentaire, le collectif « D'un cœur à une main », et le Secours populaire départemental.

Enfin, le budget dédié aux subventions municipales allouées traditionnellement à ces associations, ainsi qu'à l'association Crésus qui aide les foyers victimes de surendettement, a été exceptionnellement augmenté de 50% pour l'exercice 2020.

 

MAIS SEULE L'OBTENTION D'UN TRAVAIL AURA RAISON DU DRAME SOCIAL

Quels que soient les moyens exceptionnels que les pouvoirs publics, les formidables acteurs associatifs, et toutes les personnes  qui se mobilisent sans aucune arrière-pensée, déploient avec un bel élan de fraternité, la détresse sociale découlant de l'impact économique va toucher, probablement durablement, nombre de foyers dont des membres ne retrouveront pas facilement une activité professionnelle.

Quelles que soient leurs volontés de maintenir l'emploi et exercer leur responsabilité sociétale, des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d'activités sont et seront contraintes, pour des durées indéterminées, de réduire leurs effectifs pour surmonter la crise et ne pas disparaître. Or la ministre du travail a exposé ce lundi qu'il « n'y a pas tellement de raison que ce soit l'État qui continue à payer l'intégralité des salaires ». Évidemment à contrecœur, ça ne va pas inciter les patrons à maintenir des emplois fragilisant leurs sociétés déjà déstabilisées par la crise sanitaire.

 

L'URGENCE D'UN PLAN POUR L'EMPLOI POUR CONTRECARRER LA PRÉCARITÉ

La suppression des « contrats d'accompagnement dans l'emploi » (CAE) décidée en 2018 par l'État ne permet plus aux collectivités publiques et au monde associatif de prendre leur part dans la lutte pour l'emploi en embauchant des personnes éloignées de travail pour des missions d'intérêt général, tout en leur assurant une formation vers une insertion professionnelle durable. Et les « emplois francs », déjà expérimentés sans grand succès sous le gouvernement précédent qui avait fini par y renoncer, ne portent pas leurs fruits : les employeurs publics et associatifs ne peuvent pas bénéficier du dispositif et seuls 12.000 d'entre eux ont été créés par des entreprises du secteur marchand avant la pandémie. On est très loin des 486.000 CAE qu'on a connus antérieurement. Et, confronté aux difficultés découlant de l'épidémie, quel patron va aujourd'hui se saisir du dispositif des « emplois francs » ?

C'est pourquoi, avec tous les maires, de toutes sensibilités politiques et de toutes régions, des communes ayant des territoires urbains socialement vulnérables, nous réclamons – pour l'instant sans succès – que l'État s'approprie en urgence deux des propositions que nous avons formulées en 2018, au nom de ​​​​​​​l'Association des maires Ville & Banlieue de France, lors de l'élaboration du « rapport Borloo » : un plan immédiat de 100.000 « emplois aidés », soit sous la forme des anciens « contrats d'accompagnement dans l'emploi » (CAE) ou des anciens « contrats d'avenir », pouvant être créés sur les missions publiques ou associatives, et un plan de recrutement par le ministère des Armées de 5.000 jeunes et jeunes adultes par an, prioritairement issus des quartiers fragiles.

 

Tous ces actes concrets posés, toutes ces demandes et propositions réalistes, ce doit être ce que certains de nos détracteurs, toujours en proie à un activisme politicien, appellent... « des incantations ».

Mais peu importe, comme l'écrivait le centriste de la IIIème République Joseph Caillaux, dans “Ma jeunesse orgueilleuse” : « Il est des adversaires politiques qui sont sans cesse à l'affût de ce qu'ils croient être de nature à atteindre les hommes qu'ils guettent. Ils furètent, dans tous les coins. Ils ne reculent devant aucune petitesse. “Les chiens aboient, la caravane passe”, dit-on de l'autre côté de la Méditerranée. »

Laissons dire. Continuons à agir.

 

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Marc VUILLEMOT

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