9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 08:33

 

Instruments dont La Seyne a pu – et peut encore – bénéficier, le Conservatoire du littoral et l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) sont dans le viseur des doctrinaires gouvernementaux qui, derrière le vocable de "simplification administrative", cachent en vérité une volonté de démanteler le service public d'État, et pas seulement au nom d'une gestion optimisée des ressources budgétaires.

 

Les Seynois doivent se souvenir que c'est grâce à notre partenariat avec le Conservatoire du Littoral que nous avons pu sauver les 60 hectares du Domaine de Fabrégas de l'urbanisation à laquelle le schéma d'occupation des sols conçu par la droite locale pouvait les destiner et qu'une semblable opération est projetée à Saint-Elme. Ils doivent aussi se rappeler que c'est grâce à l'ANRU que nous avons pu investir près de 360 millions d'euros dans la rénovation de Berthe et que, depuis 2019, les crédits de cette agence d'État sont acquis pour celle du centre-ville qui ne demande qu'à démarrer.

 

Il serait irresponsable de laisser démolir ces outils. Les élus des communes concernées doivent réagir. Les nôtres, en tous cas, sont bien silencieux, alors que La Seyne est doublement concernée.

 

 

LE CONSERVATOIRE DU LITTORAL, ON LE DÉFEND OU PAS ?

 

Parmi quelques 600 personnalités et organisations montant au créneau pour le sauvetage du Conservatoire du littoral, nous sommes quelques élus et anciens élus du Var ( * ) parmi lesquels, il faut le souligner, M. Giran, président de la métropole toulonnaise, à être signataires d'une tribune parue dans Le Monde daté du 9 juillet intitulée « Ne sacrifions pas un établissement à l'efficacité reconnue sur l'autel de la simplification ».

 

Aucun, hélas, de la majorité municipale seynoise n'a cru devoir s'engager dans cet appel. Pourtant, l'appui du Conservatoire est durablement nécessaire à la pérennité de la protection et la valorisation de notre Domaine de Fabrégas et de tout notre littoral, notamment avec le projet de la colline du Fort Saint-Elme. Quand il s'agit de faire échouer un programme d'aménagement permettant la création de logements parfaitement intégrés à leur environnement sur la petite parcelle de 3 hectares de Costechaude que la droite municipale avait elle-même ouverte à l'urbanisation, nos élus savent se mobiliser et motiver le voisinage immédiat, mais lorsqu'un domaine littoral, forestier et agricole 20 fois plus vaste, ouvert à des milliers de gens, court le risque d'être laissé à l'abandon, ils restent bras ballants. Allez comprendre...

 

CLIQUEZ SUR L'ARTICLE POUR L'AGRANDIR

CLIQUEZ SUR L'ARTICLE POUR L'AGRANDIR

 

 

L'AGENCE DE RÉNOVATION URBAINE, ON S'EN INQUIÈTE OU PAS ?

 

Pas plus de mouvement du côté de la municipalité de La Seyne qui devrait pourtant aussi s'inquiéter, comme plus de 800 communes et 600 opérateurs HLM, de voir les risques encourus par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) dont la majorité sénatoriale de droite préconise la suppression au grand ravissement de Mme de Montchalin, ministre des comptes publics et exécutrice des basses œuvres d'un gouvernement ayant décidé de supprimer un tiers des opérateurs de l’État d’ici la fin de l’année 2025.

 

Là encore, c'est tout le programme de rénovation du centre ancien, avec ses opérations sur le logement, l'aménagement urbain et les équipements publics, à hauteur de 41 millions d'euros, qui pourrait être remis en question. Mais les élus seynois chargés de ces questions sont étrangement silencieux, peut-être trop occupés à faire verbaliser des trottinettistes. Heureusement que des centaines d'autres, de toute la France, montent au créneau en alertant avec une prise de position publique (ci-dessous) visant à prévenir le gouvernement qu'ils n'ont pas l'intention de laisser faire...

 

CLIQUEZ SUR LA DÉCLARATION POUR L'AGRANDIR

CLIQUEZ SUR LA DÉCLARATION POUR L'AGRANDIR

 

 

 

DEUX EXEMPLES PARMI NOMBRE D'INSTITUTIONS PUBLIQUES MENACÉES

 

Mais ces possibles décisions de disparitions de deux bras armés des politiques publiques d'État qui frapperaient durement La Seyne ne sont pas les seules. Le gouvernement évoque aussi le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (l'Inserm), l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), l'Agence nationale de la recherche (ANR), l'Agence de la transition écologique (Ademe), l'Office national des forêts (ONF), l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), voire aussi l'Agence bio et l'Office français de biodiversité (OFB) qui ont été également visés par des amendements demandant leur suppression. On le voit, ce sont pas mal d'institutions publiques à vocation de santé, d'alimentation et de transition écologique qui pourraient justifier l'engagement du combat des élus seynois se disant convaincus (magazine VLS de l'été) de l'impact négatif sur le climat de la « pression anthropique » en retournant celle-ci contre un gouvernement décidément anti-écologique...

 

Le gouvernement veut faire croire que ce seraient les fonctionnaires des services de l'État qui reprendraient en direct toutes ces missions aujourd'hui assurées par plusieurs dizaines de milliers de personnels de droit public. Or pas besoin de faire un dessin... chacun sait combien la fonction publique est chaque année un peu plus fragilisée, avec des baisses constantes d'effectifs de fonctionnaires, peinant à accomplir les missions qu'elle exerce déjà...

 

 

GÉRER LE SERVICE PUBLIC, C'EST BIEN, SE BATTRE POUR LE DÉFENDRE, C'EST MIEUX

 

Un maire et un conseil municipal doivent gérer sagement leurs propres services communaux. Mais ils doivent aussi, moins paisiblement, se battre pour prévenir la moindre atteinte au service public local ou national, parce que c'est le vecteur majeur de la correction républicaine des inégalités socio-économiques et territoriales. Ils doivent faire acte de pédagogie pour que chaque citoyen prenne la mesure de l'absolue nécessité des institutions qui garantissent la fraternité de la nation et soit prêt à s'élever à leurs côtés pour en défendre les outils qui sont les conquêtes de nos anciens.

 

Rien n'est jamais acquis. Ça se saurait si participer ès-qualité d'élu de la République laïque à une procession confessionnelle permettait – sauf peut-être miraculeuse intercession divine – de défendre les droits universels des citoyens. Faire preuve de détermination combative face aux agressions libérales des services à la population est réputé plus efficace.

 

 

 

____________________________________

( * ) : Parmi les signataires varois : Benjamin Courtin (conseiller municipal de Ramatuelle), André Del Monte (conseiller municipal du Rayol-Canadel), Jean-Laurent Felizia (conseiller municipal du Lavandou), Jean-Pierre Giran (maire de Hyères), Michel Perrault (maire-adjoint de Saint-Tropez), Valérie Romboni (ancienne conseillère municipale de Six-Fours), Marc Vuillemot (ancien maire de La Seyne-sur-Mer)...

Repost0
3 juillet 2025 4 03 /07 /juillet /2025 13:30

 

Un “lapsus scriptæ” est souvent révélateur. Quand le chef seynois du Rassemblement National évoque dans une communication publique son intention de « réduire durablement l'empreinte écologique de notre ville », il avoue au grand public ce qu'il a réellement derrière la tête, conformément d'ailleurs aux actes posés et assumés par son parti d'extrême-droite aux échelles nationales et européennes.

 

Ce qui est cocasse, c'est que cette confession à la plume fourchée intervient en conclusion d'un message dans lequel, profitant de l'oppressante canicule qui rend sensibles aux enjeux environnementaux les âmes les plus climatosceptiques, il expose contre toute attente son intention d'être plus écolo qu'un écolo dans l'hypothèse – le peuple électeur nous en prémunisse ! – où il deviendrait maire de La Seyne en 2026.

 

 

PROMETTRE NE COÛTE RIEN...

 

Sûrement sans avoir au moins survolé les derniers comptes financiers de la commune et s'être fait une idée de sa ridicule capacité d'investissement, notre nouveau René Dumont seynois en prend l'engagement : toutes les nouvelles constructions publiques respecteront « les principes de la conception bioclimatique, qui permet de limiter naturellement les surchauffes tout en réduisant notre consommation d'énergie » et il lancera « un programme ambitieux de rénovation énergétique pour les bâtiments municipaux existants ». Votez pour eux, dix degrés de moins ! Waouw ! Ah bon, à quelle échéance ?...

 

Les gens sensés savent que c'est, hélas, une chimère budgétairement irréaliste sur un mandat et surtout du bluff d'intention. Mais tout le monde ne détient peut-être pas les clefs permettant de s'en convaincre. Je vais en livrer quelques-unes pour que les gens ne se laissent pas abuser car, non, les néofascistes et totalitaristes du RN n'aiment pas l'écologie, contestent les réalités des évolutions climatiques, et qualifient « d'écologie punitive » les initiatives de lutte contre les affres de la dégradation environnementale.

 

 

UN MILITANT RN EN DÉSACCORD AVEC L'EXTRÊME-DROITE FRANÇAISE ET EUROPÉENNE ?

 

Lorsque vous croiserez le chef RN seynois, demandez-lui s'il est d'accord avec son parti et les votes et positions des députés nationaux et eurodéputés d'extrême-droite sur la fin des ventes de véhicules neufs à moteur thermique en 2035, sur la pêche industrielle, sur le soutien aux territoires défavorisés dans la Politique Agricole Commune, sur l'interdiction des emballages à usage unique pour les fruits et légumes et pour la restauration, sur la réglementation des pesticides, sur l'obligation pour les entreprises de respecter un devoir de vigilance en lien avec les enjeux climatiques, sur la prévention et le contrôle de la pollution causée par les émissions des grandes installations agro-industrielles, sur la taxe sur les superprofits des géants du secteur de l'énergie et son élargissement à d'autres secteurs, sur l’Office français de la biodiversité accusé d’agir « au détriment de l’activité des agriculteurs », sur le maintien de prairies permanentes jugées « peu productivistes », sur le pourtant très timide, voire trompeur, renforcement du cahier des charges de la certification “Haute valeur environnementale“, sur le plan « Zéro artificialisation nette », sur les implantations d’éoliennes, « saccage du paysage […] perpétré au nom de l’écologie », sur les zones à faibles émissions (ZFE) réduisant en ville la circulation des voitures les plus polluantes, sur les projets autoroutiers, sur l'autorisation des « mégacamions », sur l'augmentation du tonnage des camping-cars non électriques, sur la réduction des liaisons aériennes intérieures, etc.

 

Et ce ne sont là que des mesures écologiques bien timides, ayant eu l'aval de majorités pas franchement révolutionnaires des Parlements européen ou français. 

 

 

UN KHMER VERT INFILTRÉ AU RN ?

 

S'il n'est d'accord en rien avec les vues et expressions publiques de ses collègues parlementaires d'extrême-droite (et bien souvent de droite) sur tous ces sujets, et sur bien d'autres, félicitez-le, priez-le d'exposer ouvertement ses opinions, et mettez-le en contact avec un mouvement des gauches ou de l'écologie pour qu'il vienne en renforcer la force militante.

 

Mais ne vous faites guère d'illusion. Son lapsus plus que probable affiche au grand jour qu'il est bien de ceux qui visent à réduire « l'empreinte écologique » plutôt que « l'empreinte carbone » qu'il voulait sûrement évoquer et qu'on ne peut le suspecter d'être un inquiétant “Khmer Vert” infiltré au sein d'un parti champion du soutien à l'ultralibéralisme et aux lobbies industriels destructeurs de la planète revendiquant son orientation du "tout pour les riches, rien pour le vivant".

Repost0
1 juillet 2025 2 01 /07 /juillet /2025 20:12

 

La mairie explique que c'est un fonctionnaire du ministère de la Culture qui a imposé la plantation de poireaux géants sur le parvis de notre église paroissiale plutôt que les arbres à ombrage qui étaient prévus. Et, bien obéissante, prenant fait et cause pour lui en séance du conseil municipal, la première adjointe considère qu'un palmier « ne fait pas un ombrage important, mais c'est mieux que rien ».

 

Mieux que rien ??? Ça vaudrait le coup de donner rendez-vous à ce fonctionnaire et cette élue un après-midi de ces temps de canicule pour un échange dialectique sur l'esthétique du lieu à l'ombre fraiche, dense, majestueuse et généreuse des six ridicules cocotiers qui donnent à notre espace historique cette heureuse touche tropicale d'Amérique du sud que chacun sait si typique du patrimoine immémorial de notre Provence maritime.

 

Que le ministère de la Culture donne un conseil est une bonne chose. Que, aux abords d'un monument historique, cet avis se transforme en prescription obligatoire, ça peut se comprendre. Mais rien n'interdit de désobéir. Surtout si le bon sens et l'intérêt général le commandent.

 

 

Ça vaudrait le coup d'oser transgresser comme on a su le faire à La Seyne pour d'autres sujets, parce qu'on aime notre commune, ses habitants et ses visiteurs. Le service de l'État responsable selon la Ville de l'ineptie à laquelle la Métropole, bras opérateur des vœux de la municipalité, s'est pliée, pourrait toujours saisir la justice administrative.

 

 

RÉGULATION DE L'IMPACT CLIMATIQUE OU JOLIE VUE SUR L'ÉGLISE

 

Ça mettrait le sujet sur la place publique. Et, peut-être que, à l'instar des parlementaires travaillant en ce moment sur une proposition de loi transpartisane « visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à en protéger les occupants », ça pourrait conduire le Législateur à faire évoluer les règlements dans le sens du... bon sens. Demain, en effet, si cette loi est votée, les architectes des bâtiments de France (ABF) qui s'opposent à l’installation de volets au nom de la préservation du patrimoine historique dans certaines régions où il n'était pas coutume d'en poser, devront lâcher du lest pour prendre en compte l'évolution climatique et permettre grâce à des contrevents de réduire de plusieurs degrés la température de logements où on étouffe faute de protection solaire. Pourquoi alors ne pas laisser la possibilité, chaque fois que c'est utile, voire nécessaire, de faire aussi pencher la balance du côté de la lutte vitale contre les effets du réchauffement climatique plutôt que de celui de la valorisation, certes justifiée, d'un patrimoine architectural ?

 

 

LES DEUX PAROLES CONTRADICTOIRES DE L'ÉTAT

 

Heureusement que le corps des architectes et urbanistes de l’État n'existait pas lorsque nos anciens, dans toute la Provence, ont imaginé les places publiques ombragées de nos villages qui, pour beaucoup d'entre elles, jouxtent des édifices, notamment cultuels, souvent comme notre église répertoriés comme monuments historiques, dont les immenses platanes, érables, ormeaux et autres micocouliers augustes et respectables cachent bien sûr une partie des façades, mais offrent des lieux « de communication, de rencontre et d'échange constituant un espace public ouvert, lumineux l'hiver et procurant ombre et fraîcheur pendant la saison chaude » selon l'avis de... l'État lui-même, exprimé dans une publication des ministères de l'Aménagement du territoire et de la Transition écologique (voir ICI). Ça a en tous cas été le parti pris de M. Paecht pour la rénovation de la place de la Lune et le mien pour la création, à côté du parvis de notre église, de la place des Seynois de la Mission de France, quoi qu'ait pu en penser le ministère de la Culture.

 

 

ENFREINDRE DES PRESCRIPTIONS STUPIDES EST UN DEVOIR CIVIQUE

 

Enfreindre des prescriptions stupides, lorsqu'on est élu pour défendre le bien-être de ses concitoyens, ce n'est certes pas un droit, mais c'est devoir civique. Sur le sujet de la végétalisation des espaces publics de la ville, dont l'accélération, il faut le reconnaître, est à mettre à l'actif de la Métropole sur demande de la municipalité de Mme Bicais, il ne fait aucun doute qu'un consensus transpartisan existe.

 

Alors, Monsieur le maire, cher Jo, demande à la Métropole d'arracher ces poireaux absurdes, de les replanter ailleurs, et de végétaliser comme c'était imaginé, et même beaucoup plus. Ose. Tu auras le soutien de toute notre population.

Repost0
29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 11:44

 

Si ce n'était pas d'une totale mauvaise foi, ça prêterait à sourire tellement c'est gros ! Voilà que, en séance publique du conseil municipal, la maire a affirmé sans sourciller que la municipalité que j'animais de 2008 à 2020 « n'a rien fait » pour la Corniche de Tamaris. Et elle n'a pas craint d'aller plus loin dans la contrevérité en affirmant, droite dans ses bottes, que, parlant de moi en tant que son prédécesseur : « son objectif est de torpiller un projet qu'il n'a pas su mener en douze ans » !

 

Venant d'une ancienne élue d'une opposition qui n'a eu de cesse de mettre des bâtons dans les roues pour des projets comme celui du complexe de cinémas et d'hôtels de l'Atelier mécanique des anciens chantiers navals qu'elle a choisi d'abandonner alors qu'elle n'aurait plus eu qu'à en couper le ruban inaugural, cette sortie fallacieuse n'abusera personne.

 

Mais les plus récents Seynois pourraient la croire sur parole. C'est pourquoi je veux juste rappeler une réalité en trois épisodes...  

 

 

ÉPISODE 1 : 32 MILLIONS D'EUROS PROGRAMMÉS PAR LA MÉTROPOLE EN... 2018

 

C'est en 2018, deux ans avant la fin de mon mandat, que notre équipe a obtenu de la Métropole Toulon Provence Méditerranée qu'elle formalise son engagement dans un projet pluriannuel avec une programmation budgétaire estimée alors à 32 millions d'euros ainsi que le rappelle le document ci-dessous extrait du site Internet de la commune. On peut cliquer dessus pour l'agrandir.

 

CLIQUEZ POUR AGRANDIR

 

La maire d'aujourd'hui, avec les élus de droite alors minoritaires, ne pouvait faire moins qu'en prendre acte, se fendant même d'un peu enthousiaste « 32 millions c'est bien, mais ce n'est pas magique ! » dans le billet qu'elle a publié en novembre 2018 dans la page réservée aux opposants dans la revue municipale. Et qu'elle semble avoir aujourd'hui oublié...

 

CLIQUEZ POUR AGRANDIR

 

 

 

ÉPISODE 2 : UN PROGRAMME D'AMÉNAGEMENT EN... 2019

 

C'est en 2019, un an avant la fin de mon mandat, que les services de la Métropole Toulon Provence Méditerranée ont fait adopter un "document-programme" détaillant dans 93 pages les grandes orientations assignées à la rénovation de la Corniche, qui devaient être ensuite être traduites en pistes concrètes d'aménagement. Les plus intéressés des visiteurs de ce blog peuvent en prendre connaissance en cliquant sur l'image ci-dessous ou ICI.

 

CLIQUEZ POUR ACCÉDER AU DOCUMENT (93 pages)

 

Parallèlement, la Métropole confirmait son engagement à financer à la hauteur convenue, tout en indiquant que le chantier allait être de longue haleine, ainsi que sa directrice générale le soulignait au quotidien Var-matin :

 

 

 

ÉPISODE 3 : LE DÉBUT D'UNE PREMIÈRE PHASE EN... 2020

 

C'est en 2020, la dernière année de mon mandat, que le premier chantier a été engagé, sur le tronçon allant de l'Atelier mécanique à Bois Sacré, avec les aménagements routiers, ceux du futur site de transport en commun en site propre, un cheminement piétonnier et cyclable, de la végétalisation, et des aires de jeux sportifs pour les enfants et adolescents, le long de l'avenue Philippe-Giovannini. La maire d'aujourd'hui a pu l'inaugurer après quelques mois de travaux.

 

 

 

LES ÉPISODES SUIVANTS...

 

Les épisodes suivants sont de la responsabilité de l'équipe municipale élue en juillet 2020. La précédente, en tous cas, n'a pas failli à sa mission. C'est pourquoi on se demande si la maire d'aujourd'hui n'est pas une résidente nouvellement installée à La Seyne ignorant tout du passé.

 

Alors, faut-il rire ou pleurer quand, ne manquant pas d'air, elle s'adresse aux élus des gauches et de l'écologie après qu'un d'eux, le socialiste Olivier Andrau, s'est inquiété des réponses qu'elle comptait apporter aux légitimes inquiétudes sur le projet de la part de citoyens et des sept Comités d'intérêt local unanimes, en ces termes surréalistes : « Vous continuez dans l'immobilisme, dévoilant ainsi votre vraie ambition pour la ville : l'attentisme, le déclassement... » ?

 

Pitoyable et calamiteux.

Repost0
10 mars 2025 1 10 /03 /mars /2025 10:03

 

Il faut reconnaître que c'est compliqué de concevoir une nouvelle Corniche de Tamaris répondant aux besoins et envies très divers de tous les usagers, tout en respectant les règlementations, notamment celles concernant le littoral, les voiries et le classement du site en espace patrimonial remarquable.

 

C'est la raison pour laquelle, sur cet enjeu comme sur tant d'autres, il est vital qu'un projet de compromis soit élaboré. Et ça passe immanquablement par un frein provisoire à la démarche afin de se donner le temps et les moyens d'une concertation populaire d'envergure, bien au-delà des réunions figées avec quelques associations et instances officielles.

 

C'est le sens que je décèle à la démarche tout à fait inédite d'une pétition lancée par l'ensemble des six comités d'intérêt local (CIL) de La Seyne. Pour que leurs membres et dirigeants bénévoles, généralement plus dans le dialogue que dans la contestation et l'exigence, en arrivent là, c'est à la fois que l'enjeu est majeur et qu'ils ressentent que la consultation des habitants ne s'est pas faite dans les règles. Voire que la maire n'en a que faire.

 

 

UN PROJET COMPLIQUÉ POUR LA CORNICHE DE TAMARIS

 

On peut comprendre que les techniciens de la Métropole ont dû se casser la tête pour accoucher d'un projet conjuguant les obligations découlant de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités qui a créé une obligation de réalisation d’aménagements cyclables lors de la construction ou le réaménagement de voies, les contraintes de mise en valeur de la richesse architecturale, urbaine et paysagère terrestre et marine relevant des prescriptions de site patrimonial remarquable (SPR) incluses dans notre plan local d'urbanisme, les impératifs imposés par les ministères en charge de la mer, surtout que la baie du Lazaret combine des règles devant devant être respectées en matière de submersion marine, de défense, de préservation écologique et de continuité de l'activité piscicole et conchylicole, et les très minces possibilités de contournements viaires des tronçons trop étroits.

 

 

DES FONCTIONNAIRES QUI DOIVENT RESTER À LEUR PLACE...

 

Pour les connaître, je sais bien que les animateurs des CIL sont des gens responsables qui ne réclament pas l'impossible. Mais ils ont sûrement du mal à digérer les maladresses de langage toujours possibles de fonctionnaires tout à fait respectables qui sont envoyés en première ligne pour défendre leur travail de conception. Ainsi, un cadre territorial ne doit pas dire à des citoyens qu'ils n'ont pas à « remettre en cause des choix techniques faits par des ingénieurs compétents » ou les accuser de tenir « un discours de double jeu » (cf. Var-matin - 2 mars 2025). Or, en réalité, le problème résulte d'un déficit durable de volonté de la part des élus eux-mêmes de dialoguer et faire vivre réellement la démocratie participative à laquelle les Seynoises et Seynois sont habitués.

 

 

... MAIS DES ÉLUS QUI DOIVENT ANIMER LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

 

Depuis 2020, on a réduit à néant ou presque les divers outils d'échanges d'avis, de choix opérés en commun, voire même, pour les "conseils citoyens" des quartiers en "politique de la ville", de participation active aux instances de décision pourtant imposée par la loi Lamy de 2014. Où sont les réunions trimestrielles des acteurs économiques ? Que sont devenus les comités d'usagers des services publics (transports, mobilités, enfance, etc.) ? Qu'est-il advenu du "club des associations" ? Quelles rencontres mensuelles perdurent dans tous les quartiers entre le maire et les habitants ? Depuis quand le collectif des CIL n'a-t-il plus été convié à participer aux choix structurants ? Où sont passés les agents qui faisaient vivre l'animation des quatre "comptoirs citoyens" avec leurs "conseils de quartiers" ?

 

La Métropole est une entité par nature éloignée des citoyens. Elle n'a pas forcément le réflexe de la démocratie participative. C'est aux maires et leurs adjoints qu'il appartient de manifester, par une implication personnelle forte et durable, leur volonté d'association la plus réelle et constante possible des habitants, associations et acteurs économiques et sociaux, aux décisions qui les concernent, des plus quotidiennes aux plus structurantes pour l'avenir.

 

 

UNE PÉTITION POUR APPELER À LA RAISON DÉMOCRATIQUE

 

L'équipe municipale ne le veut manifestement pas. La réplique de la maire rapportée dans le même article de Var-matin est édifiante de son état d'esprit : « On a l'impression d'un procès permanent », a-t-elle déclaré après avoir coupé court à toute possibilité d'amélioration du programme : « Ce n'est pas parce que quelques riverains voient ce projet d'un mauvais œil qu'on va le mettre au panier. » Fermez le ban !

 

Qu'elle ne s'étonne alors pas que, au-delà de « quelques riverains », les CIL de tous les quartiers, portant la parole de milliers de Seynoises et Seynois, passent à l'offensive. Au-delà des enjeux concrets qu'elle questionne, cette pétition est une harangue pour la raison démocratique.

 

 

On peut cliquer sur l'image ci-dessous pour y accéder...

 

CLIQUEZ POUR ACCÉDER À LA PÉTITION DES COMITÉS D'INTÉRÊT LOCAL

 

Repost0
28 février 2025 5 28 /02 /février /2025 11:22

 

Dans un précédent article de ce blog, je partageais mon analyse – rapide et incomplète – du projet de modification du plan local d'urbanisme de La Seyne soumis jusqu'à la mi-mars à une enquête publique à laquelle nos concitoyens sont invités à participer.

 

À mi-chemin de l'enquête, plusieurs de nos concitoyens se sont exprimés pour réaffirmer leurs refus que certains secteurs soient ouverts à l'urbanisation. Leur position est respectable. A contrario, étrangement, alors que beaucoup de gens évoquent régulièrement leur angoisse face à l'accès à un logement, au moment où j'écris ces lignes, je suis bien seul à avoir fait connaître mon avis de la nécessité de rechercher l'harmonie entre création d'habitats, entre autres sociaux, et préservation du cadre environnemental (voir mon avis EN CLIQUANT ICI).

 

Quelles que soient les visions des uns et des autres – et il y a de vraies divergences entre Seynois –, cette démarche de démocratie participative est utile et je ne peux qu'inciter le maximum de nos concitoyens à s'en saisir.

 

 

Pour permettre au plus grand nombre de prendre connaissance des changements envisagés, la Métropole et la Ville de La Seyne ont ouvert la possibilité, au lieu de se rendre à la Maison de l'Habitat où se trouve le registre où chacun peut noter ses avis, suggestions et demandes, de consulter le dossier complet sur le site Internet de la commune et d'adresser ses observations, propositions et contre-propositions par courriel. On dispose de tous les éléments EN CLIQUANT ICI.

 

 

DISPOSER D'UN LOGEMENT DÉCENT EST UN OBJECTIF À VALEUR CONSTITUTIONNELLE

 

J'ai donc, pour ma part, déploré que soit purement et simplement abandonné le projet d'une petite opération de 145 logements, du social au bon standing, très encadrée, très bien intégrée dans le paysage et très respectueuse de la nature, sur une parcelle de 3 hectares au quartier Mauvèou, ouverte à l'urbanisation en 2006 par mon prédécesseur Arthur Paecht, maire de droite de La Seyne, sans que quiconque n'y ait trouvé à redire, alors même qu'il était possible d'y bâtir plus du double d'appartements que le nombre que mon équipe a fixé comme limite en 2019. En prévoyant d'en faire une zone agricole, ce qui en soi est louable, on figerait définitivement dans cette mono-fonctionnalité ce secteur, un des rares de la moitié sud de la commune où il est encore possible de conjuguer avec harmonie une valorisation d'un espace naturel avec la possibilité d'une petite activité agricole et une réponse au besoin criant d'habitat socialement mixte. C'est pourquoi j'ai plaidé pour qu'on classe ce foncier en zonage AU, c'est-à-dire susceptible d'une urbanisation future, quitte à ce qu'on réduise encore le nombre des logements constructibles. J'invite les visiteurs de mon blog à consulter le petit dossier de ce qui avait été projeté dans le plan d'urbanisme de 2019 EN CLIQUANT ICI.

 

 

SEYNOIS, EXPRIMONS-NOUS SUR LE DEVENIR DE NOTRE TERROIR !

 

S'il est à La Seyne des gens ou des associations qui, comme moi, pensent qu'il y est toujours possible de trouver un moyen terme entre sanctuarisation extrême et nécessité de contribuer à faire une réalité de la décision de 1995 du Conseil constitutionnel considérant que « la possibilité de disposer d’un logement décent est un objectif à valeur constitutionnelle », je les encourage à l'écrire avant le 14 mars, soit en se rendant à la Maison de l'Habitat pour le noter sur le registre, soit en adressant un courrier postal (Maison de l'Habitat, 1, rue République, 83500 La Seyne-sur-Mer), soit en adressant un courriel à la commissaire-enquêtrice EN CLIQUANT ICI. Une simple phrase suffit comme le montrent deux exemples d'avis contraires à celui que j'espère voir exprimé que je propose de lire EN CLIQUANT ICI.

 

Donnons-nous toutes les chances d'avancer vers une ville fraternelle et équilibrée, où les droits fondamentaux seront respectés, et où les réponses aux besoins du plus grand nombre primeront sur les intérêts particuliers. On a là une occasion d'agir utilement en ce sens. Ne nous en privons pas.

Repost0
24 février 2025 1 24 /02 /février /2025 17:01

 

« On entre en mairie, on engage la révision du Plan local d'urbanisme. Stop au béton ! »

 

Ça, c'est, quatre mois avant son élection, une déclaration de celle qui allait devenir maire en juillet 2020 , rapportée par Var-matin qui lui demandait quelle allait être sa première décision si elle était élue.

 

Fort heureusement, surtout pour les 3000 foyers seynois qui attendent désespérément un logement, ces choses-là ne se font pas d'un claquement de doigts. Et en tous cas pas contre la Loi.

 

Revue de détail de la "réformette" de l'urbanisme seynois qui n'a fait l'objet que d'un simulacre de concertation et qui est soumise à enquête publique jusqu'à la mi-mars avant son adoption par le conseil métropolitain...

 

 

UNE CONCERTATION RÉDUITE AU MINIMUM RÈGLEMENTAIRE

 

Dans un monde démocratique, une évolution d'un plan local d'urbanisme (PLU) suppose une vraie concertation avec la population. Il avait ainsi fallu près de deux ans de réunions tous azimuts avant de soumettre à enquête publique le projet de révision du PLU de 2010. La modification avait du coup été votée à l'unanimité par le conseil municipal.

 

Il est probable que, la Ville n'ayant pas demandé à la Métropole, compétente en matière d'urbanisme, de mettre en place suffisamment de temps et d'espaces d'échanges, la modification n°5 du PLU seynois, en cours d'enquête publique de mi-février à mi-mars, entrainera des incompréhensions, des frustrations ou des oppositions. À moins que la municipalité ait considéré qu'il n'y a pas lieu de se concerter avec ses habitants, tant, à deux près, les modifications proposées sont anecdotiques et s'inscrivent, à quelques adaptations près, dans les orientations du PLU révisé en 2019 par l'équipe municipale précédente.

 

 

RÉPONDRE AUX EXIGENCES ÉGOÏSTES DES BIEN LOGÉS OU RECHERCHER L'HARMONIE ?

 

On est en effet bien loin des promesses de "stop au béton" de 2020. On ne fait qu'adapter à la marge les orientations d'urbanisme. Sauf pour Costechaude et Les Esplageolles. En ce sens, seuls s'en plaindront ceux qui sont arcboutés sur une obsession de refuser tout nouveau logement... surtout s'il est social et proche de chez eux.

 

La disparition des Orientations d'aménagement et de programmation (OAP) de Costechaude s'appuie sur la décision du tribunal administratif de Toulon qui n'a ordonné leur suppression que parce que la desserte routière a été jugée insuffisante : « les requérants sont fondés à soutenir qu’une urbanisation immédiate de la zone de Coste Chaude ne s’inscrit pas en cohérence avec l’orientation du PADD qui prévoit de conditionner ce développement de l’urbanisation par l’amélioration des conditions de desserte. » Les autres arguments démagogiques développés par l'équipe municipale alors candidate à l'élection sont donc caducs et on pourrait y revenir lorsque le chemin de Mauvèou aura été recalibré. Sauf que le site serait désormais classé en zone agricole. Prétexte habile pour éviter à l'avenir la diversification sociale de l'habitat...

 

Mais rien n'est joué et rien n'interdit à nos concitoyens soucieux de conjuguer avec harmonie une réponse aux besoins de logement et une démarche environnementale ou agricole de faire valoir leurs avis auprès de la commissaire enquêtrice. Entre l'OAP de 2019 et le zonage agricole, il peut y avoir un moyen terme. C'est ce que j'ai moi-même plaidé en écrivant à la commissaire-enquêtrice chargée de recueillir les avis quant à cette évolution du PLU seynois (voir mon avis EN CLIQUANT ICI).

 

 

DES PROMESSES INTENABLES HEUREUSEMENT NON TENUES

 

Costechaude est en effet le seul site du sud de la commune où il est possible de répondre un peu aux besoins de logement de tous standings. Les autres OAPs, confirmées ou créées, toutes situées au nord de la ville, ne font que confirmer les vocations à l'urbanisation des espaces, ce qui ne ravira certes pas leurs voisinages qui ont pu croire aux engagements impossibles à tenir à Moneiret, Gai Versant, La Muraillette, Bois Sacré, etc, mais permettra de produire de l'habitat et des activités comme c'est nécessaire.

 

Quant au centre ancien, le retrait de l'OAP du quartier Beaussier (Calmette & Guérin) confirme le renoncement de la commune à la création de logements neufs, dont au moins 35% de sociaux, de typologies adaptées aux besoins des familles, privilégiant une majorité de T3 ou plus, dans une démarche globale et cohérente, absolue nécessité au regard de l'offre de trop petits logements de la vieille ville, souvent insalubres ou indécents, et de la nécessité de mixité sociale dans ce quartier fragile.

 

Enfin, la disparition de l'OAP des Esplageolles questionne. Nul ne peut en effet croire que la raison en serait un projet de « réalisation d'une passerelle d'évitement du port » dont tous les experts estiment que c'est une chimère. La commune doit expliquer ce qu'elle a derrière la tête sur cet espace urbanisable d'entrée du cœur de ville, là où étaient envisagés des activités tertiaires comme une maison médicale et du stationnement en étages. Là encore, jugeant que, quand il y du flou, il y a un loup, j'ai fait connaître mon avis à la commissaire-enquêtrice.

 

 

LA SÉGRÉGATION SPATIALE AGGRAVÉE

 

C'était juré, on allait voir ce qu'on allait voir dès le lendemain de l'élection de 2020 ! Et on accouchera finalement, presque six ans plus tard, d'une réformette de l'urbanisation seynoise. Sur les 2500 hectares de la commune, on perd 3 hectares de zones urbanisables et on en gagne autant en zones agricole ou naturelle. On ne dira pas que c'est de la mauvaise volonté de la municipalité, mais l'essentiel avait été fait avec les évolutions du PLU de 2010, 2015 et 2019. Les chiffres ci-dessous parlent d'eux-mêmes. Après avoir vendu du rêve, la municipalité d'aujourd'hui aura fait ce qu'elle aura pu faire, comme celle qui l'a précédée et s'inscrivant dans ses pas...
 
 

Entre 2008 et 2020

Equipe Vuillemot

En hectares

Entre 2020 et 2025

Equipe Bicais

+ 8 % ESPACES NATURELS – 1 %
+ 40 % TERRES AGRICOLES + 25 %
– 65 % SURFACES D'ULTRA-URBANISATION [UA] – 2 %
– 78 % SITES D'URBANISATION FUTURE [AU] – 48 %

 

Mais le peu qu'elle aura pu réaliser, ça aura été en fragilisant les possibilités de progression de la mixité sociale en centre ville et en confortant la ségrégation spatiale d'une ville où le sud est résidentiel et le centre et le nord concentrent déjà, et concentreront encore plus demain, les populations les plus fragiles, sans pour autant disposer des moyens de résoudre significativement le problème de l'accès au logement pour tous.

 

Et on continuera à payer l'amende que l'État nous inflige pour non conformité avec la Loi imposant 25% de logements sociaux. Mais quelques privilégiés auront des légumes de qualité en circuit court.

Repost0
14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 11:46

 

L'Institut de biologie marine Michel-Pacha est l'un des marqueurs patrimoniaux de la magnifique Corniche de Tamaris qui borde notre Baie du Lazaret. On ne peut que se réjouir que les démarches entreprises depuis plus de vingt ans par la Ville auprès de son propriétaire, l'Université Claude-Bernard de Lyon, pour l'inciter à le préserver et le valoriser, soient en passe de déboucher sur du concret.

 

La maire de La Seyne, à qui on peut reprocher pas mal de choses, mais sûrement pas un défaut d'attachement au patrimoine historique, architectural et paysager de nos quartiers balnéaires, fait d'ailleurs doublement la promotion de ce projet de rénovation ces temps-ci, en illustrant d'esquisses du programme d'une part son carton d'invitation à ses vœux annuels, et d'autre part une page d'un numéro hors-série de la revue municipale.

 

Tout ça est très bien. Mais l'analyse comparée des deux photographies questionne...

 

 

UN GRAND APPONTEMENT ET DES BARRIÈRES TOUT AU LONG DE LA CORNICHE

 

Ce qui interroge, ce n'est pas le fait que la maire affiche à son actif dans le bulletin municipal le projet de rénovation de la corniche, qui relève de la compétence de la Métropole, et sur sa carte de vœux celui de l'Institut, qui relève de celle de l'Université de Lyon. C'est de bonne guerre. Arthur Paecht (2001-2008) puis moi-même (2008-2020) avons aussi parfois un peu joué avec les limites des attributions communales.

 

Non, c'est plutôt que, autant l'image du projet de réhabilitation de l'Institut donne à voir une corniche rénovée conformément aux prescriptions du Site patrimonial remarquable (SPR) qui s'imposent à la Métropole car intégrées au Plan local d'urbanisme (PLU), autant l'autre photographie – probablement extraite d'un dossier communal ou métropolitain – peut inquiéter quant à la conformité du programme de rénovation du littoral avec les textes existants. Il apparaît en effet un appontement de taille conséquente juste en face de l'Institut, de surcroît cerné de garde-fous qui, par ailleurs, se prolongent tout au long de la corniche. Des spécialistes relèvent que ces aménagements sont susceptibles de créer un obstacle visuel strictement interdit par la règlementation du site (secteurs S8 et S9).

 

 

MIEUX VAUT PRÉVENIR QUE GUÉRIR !

 

Avec les adjoints et conseillers municipaux alors chargés de divers volets de l'urbanisme, Claude Astore, Florence Cyrulnik, Cécile Jourda, Denise Reverdito et Robert Teisseire, les personnels communaux, métropolitains et de l'État, nous avons élaboré les prescriptions d'urbanisme qui sont toujours en vigueur. C'est pourquoi je me suis autorisé la publication d'un communiqué alertant sur le risque de recours qui pourrait freiner sérieusement le projet métropolitain de rénovation de la Corniche de Tamaris.

 

On sait trop à La Seyne combien des recours, même infondés et rejetés par la justice après des années de procédure, ont pu ralentir, voire faire capoter, des projets structurants pour le territoire et ses habitants. Nous avons convaincu la Métropole de l'intérêt de notre Corniche. Elle a arrêté le projet de sa rénovation en 2019. Elle a réalisé une première tranche des Mouissèques à l'Eguillette. Et elle s'apprête à poursuivre. Il serait vraiment dommage qu'un choix d'aménagement aussi inutile que de mauvais goût vienne barrer la route à un programme de grand intérêt pour l'image de La Seyne, pour ses habitants et ses visiteurs.

 

 

MON COMMUNIQUÉ...

CLIQUEZ SUR LE DOCUMENT POUR L'AGRANDIR

 

Repost0
23 octobre 2024 3 23 /10 /octobre /2024 16:18

 

Gens de La Seyne, souvenez-vous. Ça fera dix ans l'an prochain. Paul Watson, fondateur de l’ONG Sea Shepherd et fameux défenseur des baleines et des dauphins, Pierre Rabhi, pionnier de l’« agroécologie » et initiateur du Mouvement des Colibris, et d'autres, dont l'universitaire toulonnais Olivier Dubuquoy, ont opté pour La Seyne pour le lancement de la « Nation Océan » (The Ocean Nation).

 

Nous étions plus de 3 000 sur le Parc de la Navale, dans un formidable temps festif et engagé, pour cet événement. La Seyne, ville de tous les combats, était fière d'avoir été choisie.

 

Aujourd'hui, chacun le sait, Paul Watson est derrière les barreaux au Groenland, arrêté par la police danoise pour avoir tenté de barrer la route à un navire baleinier japonais conçu pour tuer des milliers de ces cétacés, violant le moratoire international sur le commerce de viande de baleines que, ironie de l'histoire, le Danemark a pourtant ratifié. Sauver des baleines n'est pas un crime. Il faut s'opposer à son extradition vers le Japon où il encourt une peine de 15 ans d'emprisonnement. Et ça risque d'être plutôt la perpétuité, car, si Paul Watson, 73 ans, est extradé au Japon, il n'en repartira pas vivant. C'est scandaleux.

 

Diverses pétitions sont en ligne depuis quelques mois. Seynoises et Seynois, nous qui avons accompagné et fêté la naissance de « La Nation Océan » en 2015, soyons les plus nombreux possible à y apposer nos signatures et inviter nos connaissances à faire de même !
 

 

> Celle adressée à Mme Frederiksen, Première ministre du Danemark, lancée par l'ONG Sea Shepherd France -> ICI

 

> Celle initiée par le journaliste Hugo Clément, adressée au président de la République française pour qu'il plaide pour la libération de Paul Watson auprès de la Première ministre danoise -> ICI

 

> Celle de la Captain Paul Watson Foundation adressée au ministre de la Justice du Danemark -> ICI

 

 

« Every social revolution in the history of humanity has been carried out by the passion, the imagination and the courage of individuals » (P. Watson)

(« Cada revolucion sociala dins l'istòri de l'umanitat fuguèt portada pèr la passion, l'imaginacion e lo coratge d'individualitats »)

(« Chaque révolution sociale dans l'histoire de l'humanité a été menée par la passion, l'imagination et le courage d'individus »)

 

 

 

 

 

 

CLIQUEZ POUR AGRANDIR L'ARTICLE DE VAR-MATIN

 

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Nature - mer et développement durable
8 décembre 2023 5 08 /12 /décembre /2023 04:24

 

Plus c'est affirmé sans trembler, plus ça semble vrai. Une fois de plus, une élue de la majorité communale seynoise a asséné une contrevérité lors d'une séance publique du conseil municipal. Cette fois-ci, c'est Madame Sinquin, première adjointe à la maire, qui a réécrit l'histoire.

 

C'était à propos d'une "charte" que la Ville va signer pour s'engager dans une démarche visant à prévenir la pollution des plages et de la mer par les déchets plastiques. Elle a été présentée comme une heureuse initiative municipale. Ce qui est vrai.

 

Sauf que... cette initiative date de 2019, du temps des prédécesseurs de l'actuelle majorité...

 

 

Et, puisque cette inexactitude a été affirmée en séance ouverte au public et à la presse qui pourrait la relayer, je dois, par égard pour les fonctionnaires communaux et métropolitains ainsi que pour les élus qui ont été jadis les chevilles ouvrières du projet – Gilles Vincent, vice-président de la métropole, et Raphaëlle Leguen, alors première adjointe en charge de la mer –, rappeler la réalité des faits sous la forme d'une "lettre ouverte" à Madame Sinquin que je reproduis ci-dessous.

 

« Madame la première adjointe,

« Ce n’est pas joli de prendre nos concitoyens pour des amnésiques.

« Vous avez affirmé en réunion publique du conseil municipal à propos de la prévention des rejets de déchets plastiques par l’équipe municipale que j’animais que rien n’aurait été fait ni aucun engagement pris.

« C’est un mensonge. Avec la métropole ayant la responsabilité des plages et espaces naturels, et notamment son vice-président chargé de l’écologie, Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier, la Ville de La Seyne, par son action en cours et son engagement sur quinze programmes de sensibilisation, de prévention, de nettoyage, de collecte et de tri, a été choisie par l’État pour lancer la Charte nationale « zéro plastique ».

« C’était à la fin de l’été 2019, en présence de Brune Poirson, alors secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire. Élue en 2020, il ne restait plus à votre équipe municipale qu’à poursuivre pour atteindre les objectifs de la Charte en 2025.

« Moi, au contraire de vous, je m’efforce de faire preuve d’honnêteté intellectuelle : vous avez continué, c’est bien, et vous signez une charte complémentaire avec la Région Provence, c’est encore mieux. Alors, de grâce, cessez vos polémiques aussi aigries et agressives que dangereuses pour l’image de l’action publique qui doit être transparente pour ne pas faire le lit de ceux qui détestent la République.

« Veuillez croire, madame la première adjointe, à mes sentiments distingués. »

 

Je n'aurais pas réagi à ce qui aurait pu être une méconnaissance ou un oubli de l'histoire de la part de la première adjointe si, après que Bouchra Réano, conseillère municipale socialiste du groupe d'opposition des gauches et de l'écologie, a rappelé la réalité, Madame Sinquin avait reconnu sa bévue et "rendu à César ce qui était à César" au lieu de s'obstiner à affirmer le contraire de la réalité.

 

Et, si certains doutaient encore, je les invite à relire quelques articles de presse qui avaient alors relaté l'événement au cours duquel la Ville et la Métropole s'étaient solidairement engagées dans ce partenariat écologique impulsé par l'État, moment symbolique auquel participait d'ailleurs, ainsi qu'en attestent les photos illustrant cet article, la maire actuelle qui représentait alors le conseil départemental du Var et qui aurait pu rafraîchir la mémoire de son adjointe :

 

> un article du site Internet LE PETIT VAROIS.FR

> un article du site Internet VAR-MATIN

> un article du site Internet FRANCE BLEU

 

 

Repost0