9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 07:51

Dans une vidéo récemment mise en ligne sur le site Internet de la commune, la maire de La Seyne expose un projet alternatif au programme de relocalisation des écoles maternelle et élémentaire Amable-Mabily et Jules-Verne dont les travaux auraient dû démarrer, mais dont elle a choisi de supprimer le budget.

Cette nouvelle piste consisterait à utiliser des espaces du collège Marie-Curie, certes notoirement en sous-effectif, et dont on pourrait encore rétrécir le secteur de scolarisation, avec les accords prétendus acquis de l'Éducation nationale et du Département.

Pourquoi pas ?... Sauf que...

 

Sauf que l'analyse de la maire repose sur une affirmation erronée, d'autant plus étonnante de sa part que, comme vice-présidente du Conseil départemental, collectivité responsable de la répartition des collégiens entre les divers établissements, elle ne peut ignorer ce qu'il en est des secteurs de scolarisation des collèges de La Seyne.

 

NON, LES COLLÈGES CURIE ET ÉLUARD NE COUVRENT PAS LE MÊME SECTEUR

Ainsi, la maire expose une nouvelle contrevérité : « (...) Donc je me suis rappelée que dans la stratégie du Département sur la ventilation des jeunes entre le collège Paul Éluard et le collège Curie qui recrutaient finalement les jeunes sur le même secteur, à 300 mètres de distance (...) ».

C'est absolument faux. Certes les deux collèges se trouvent à deux pas l'un de l'autre (ce qui a d'ailleurs longtemps permis au Conseil départemental de refuser de réaliser certains équipements sportifs lors des rénovations, estimant que les deux collèges pouvaient les avoir en partage). Mais ils n'accueillent absolument pas les adolescents des mêmes lieux de résidence !

La preuve est apportée par le Conseil départemental lui-même, où la maire siège tout de même depuis 2015, sur son site Internet dédié aux collèges, duquel est extraite la carte ci-dessous, qui parle d'elle-même...

La démonstration de la maire se fonde donc sur des éléments inexacts.

 

UN MAUVAIS COUP POUR LA SCOLARITÉ DES JEUNES DU CENTRE ANCIEN

Et cette option serait d'autant plus dangereuse que, pour libérer des espaces au sein du collège Marie-Curie afin d'y implanter un groupe scolaire primaire, il serait possible au Conseil départemental de réduire le secteur de scolarisation de celui-ci et d'envoyer jusqu'à atteindre sa capacité maximale les collégiens de certains quartiers au collège Paul-Éluard.

Or plus un établissement est de petit effectif, plus l'État en profite pour fermer des postes d'enseignants, de vie scolaire et de direction. Ce serait inacceptable pour un établissement comme Marie-Curie qui accueille des jeunes du quartier prioritaire qu'est le centre ancien, et ceux des cités HLM de La Présentation et du Mont-des-Oiseaux, qui a besoin à la fois de ressources humaines surnuméraires et d'une diversité d'offres de formations, comme le maximum de choix dans les langues vivantes, voire des filières d'excellence (sections sportives, bilangues, classes-défense, classes environnement, etc.) de nature à attirer des collégiens de quartiers plus favorisés afin de gagner en mixité sociale pour favoriser l'émulation de tous. Il est donc indispensable de lui conserver la possibilité d'accroître ses effectifs.

 

ET UNE ENTRAVE À LA RÉSOLUTION DES PROBLÈMES DE SUR-EFFECTIFS DU COLLÈGE DES SABLETTES

Et ça bloquerait toute faisabilité de révision générale des secteurs des collèges seynois, absolument nécessaire pour désengorger le collège Jean-L'Herminier des Sablettes, totalement surchargé au-delà de sa capacité d'accueil, dont les personnels et les parents d'élèves réclament à cor et à cri, et à juste titre, que les effectifs soient ramenés au niveau de sa possibilité initiale d'occupation.

Le projet alternatif de la maire, s'il pouvait être sympathique au regard d'une certaine continuité pédagogique de la petite enfance à l'adolescence, est donc une fausse bonne idée.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 13:00

Ça devient pénible de devoir sans cesse répondre aux balivernes me mettant en cause via la presse, donc de façon publique, que, selon les termes de Var-matin ce dernier dimanche, « la première magistrate martèle ».

Après avoir plusieurs fois, d'abord en direction des parents d'élèves des écoles maternelle Mabily et élémentaire Verne, puis du grand public, usé de calembredaines pour laisser croire que le projet de reconstruction des deux établissements en un groupe scolaire n'avait fait de ma part l'objet d'aucune programmation budgétaire lorsque j'étais maire, m'obligeant à des démentis successifs, la maire s'obstine à le ressasser contre l'évidence. Mais, de plus, voilà que, dans l'article évoqué, elle veut faire croire une nouvelle coquecigrue selon laquelle « aucun site n'avait été retenu » !

Une fois de plus, c'est une tromperie de bonimenteuse ! Et je dois, hélas, en apporter à nouveau la preuve...

 

UNE FABLE SUR LE BUDGET, MAIS AUSSI UNE MENTERIE SUR LE SITE DU PROJET

Car, oui, le site retenu existe bien depuis des années. Il est explicitement mentionné dans le Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) en vigueur depuis 2019. C'est celui composé de la parcelle cadastrale sur laquelle sont implantés les préfabriqués de l'école maternelle Amable-Mabily, plusieurs parcelles voisines qui sont propriétés de la commune, dont celle de l'ancien commissariat, et une parcelle faisant l'objet d'un emplacement réservé explicitement dédié à ce projet : celle cadastrée AL-1556, portant le numéro de réservation 238, avec la mention on ne peut plus précise et nette « Extension école Mabily » (« extension » parce qu'il s'agit de bâtir un groupe scolaire unique, regroupant l'ancienne école maternelle et l'école élémentaire Jules-Verne).

Cet emplacement réservé figurait au Plan local d'urbanisme (PLU) lorsque la commune avait cette compétence et a été repris tel quel par la Métropole lorsque la compétence lui a été transférée par la Loi.

 

POUR CEUX QUI NE CROIENT QUE CE QU'ILS VOIENT, VOILÀ LES PREUVES DES BONIMENTS

Pour les Saint-Thomas qui ne croient que ce qu'ils voient, je ne peux faire mieux que de les inviter à consulter les documents officiels, issus de votes du conseil municipal ou du conseil métropilitain, jugés valides par le contrôle de légalité exercé par le préfet du Var, et n'ayant fait l'objet d'aucune saisine du Tribunal administratif en vue d'une annulation. De plus, la première magistrate ne craint pas le ridicule puisqu'ils sont en ligne sur le site Internet de la commune dont elle assume elle-même la publication...

> pour vérifier que le programme de la construction de l'école était bien inscrit au budget 2019 (le dernier que j'ai soumis au vote du conseil municipal) : voir la page 153 en cliquant ICI

> pour vérifier que le programme de construction de l'école était toujours inscrit au budget 2020 (le premier que la maire a soumis au vote quelques temps après son élection) : voir la page 136 en cliquant ICI

> pour constater que le programme de construction de l'école n'apparaît plus au budget 2021 (le deuxième que la maire a soumis au vote du conseil municipal, attestant que c'est bien elle qui a choisi de le retirer) : voir la page 145 en cliquant ICI

> pour repérer sur la carte du Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUI) l'emplacement retenu pour la construction de l'école : voir la planche n°3 du PLUI en cliquant ICI (l'emplacement réservé n°238 figure en bleu dans le quart nord-est de la carte)

> pour vérifier que l'emplacement réservé n°238 est bien dédié à ce programme scolaire : voir ICI la page 21 de l'annexe des emplacements réservés où on constatera la réalité de l'extrait ci-dessous

 

LES CONTREVÉRITÉS, ÇA SUFFIT ! IL FAUT DONNER UN SIGNAL DE DÉFIANCE

Puisque, décidément, la maire, que je veux croire mal conseillée, "me cherche" avec entêtement et contre l'évidence sur un terrain où elle ne peut que perdre car les faits officiels la contredisent, je ne peux que me défendre car mon honnêteté est en cause.

Ça fait trois fois sur le même sujet. Ça me donne le droit moral d'aller un peu plus loin que les réponses défensives argumentées que j'ai dû lui opposer.

Aussi m'autorisé-je à démontrer aux Seynois que leur maire, sur cette question, est soit fabulatrice, soit incapable de se protéger du danger de malfaisants qui l'inspirent et l'incitent à mystifier ses concitoyens.

Et que nos concitoyens peuvent lui adresser un avertissement en forme de signal de défiance puisque, manifestement adepte du cumul des mandats, elle est candidate à la fois à l'élection départementale et à l'élection régionale en plus de ses responsabilités à la Ville et la Métropole (choisira-t-elle d'abandonner la mairie si elle est élue ?...).

Et que c'est les 20 et 27 juin qu'ils peuvent utiliser leurs bulletins de vote à cet effet.

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4 juin 2021 5 04 /06 /juin /2021 16:20

J'ai failli m'étrangler à la lecture du verso de la "profession de foi" des candidats du Rassemblement National (RN) dans mon canton de La Seyne, reçue ce mercredi dans ma boîte aux lettres.

Je ne suis pas juriste, mais ce que je lis sur le document officiel qui a été adressé à tous les citoyens électeurs de mon canton me révulse et me semble qualifiable de contraire à la Loi.

Et, dussé-je en écrivant le présent message risquer d'être considéré comme calomniateur et subir les foudres de la Justice, ma conscience me commande de m'insurger. Et de le clamer.

 

Ma famille, mes éducateurs, et la plupart des personnes que j'ai côtoyées dans ma vie m'ont inculqué quelques valeurs humaines et fraternelles, et m'ont appris ce qui "ne se fait pas et ne s'exprime pas", que ce soit ou non formulé de telle sorte que ce soit punissable par la Loi : inciter par des actes, des propos ou des écrits à la haine et la discrimination d'autrui, parce qu'il est de telle origine (jadis on parlait aussi de "race"), de telle religion, de tel genre, de telle orientation sexuelle, etc.

Les candidats républicains de ce canton, bien sûr ceux de gauche que je soutiens (Céline Ivaldi et Stéphane Sacco), mais aussi les autres, qui sont hélas leurs concurrents, de courants de pensée qui ne sont pas très éloignés des miens et des leurs, comme ceux de droite qui, pour certains, ne font rien pour être les proches républicains que nous devrions être au-delà de nos divergences, ou même ceux "naguère élus sous l'étiquette de l'extrême-droite", m'en voudront sûrement de relever des passages de cette circulaire officielle pour expliquer mon écœurement et ma colère, car, en les exposant pour les dénoncer, je cours le risque de contribuer à promouvoir leurs idées que je trouve abjectes mais qui auraient pu passer inaperçues dans la liasse de circulaires adressées aux électeurs qu'on laisse usuellement trainer sur un coin de table.

Mais l'indicible a été atteint. Et je ne peux ni me taire ni m'interdire de mettre en exergue des engagements exprimés par les candidats du RN qui me semblent illégaux et, en tous cas, fleurent les pires relents des idéologies nauséabondes dont les habitants des anciennes démocraties mises à mal ont souffert dans l'Europe du XXe siècle. D'autant que ces propos répugnants concernent des minots et des ados mineurs contraints par la guerre, les violences ou la famine à fuir leurs terres de naissance, et qu'on livrerait chez nous à la vindicte de nos concitoyens, contre toutes les morales, tous les usages internationaux et la Déclaration des Droits de l'Enfant de 1959.

Comme maire ayant donné son accord à l'État et au Département pour l'accueil, chez nous à La Seyne, à Saint-Elme et à La Petite Garenne, de certains de ces malheureux gamins, j'avais déjà subi de la part de la droite et l'extrême-droite des attaques cinglantes (qui ont d'ailleurs probablement contribué à mon échec aux élections de 2020). Mais nul n'est allé jusqu'à une telle ignominie dans des écrits. 

Ces écrits, je les ai entourés de rouge sur la circulaire qui couvre de honte ses auteurs (ci-dessous). Je laisse aux visiteurs de mon blog le soin de se faire leurs propres opinions. Moi, j'assume d'exprimer ma conviction qu'ils sont contraires aux usages républicains et qu'ils tombent sous le coup de la Loi.

 

CLIQUEZ SI BESOIN POUR AGRANDIR

 

Ajout après des échanges avec diverses personnes ayant réagi au message ci-dessus : On m'apprend – et je viens de le vérifier – que ce verso de circulaire électorale n'est pas une particularité locale du canton de La Seyne-Nord, mais qu'il est bien imprimé et distribué en nombre d'endroits en France. Les bras m'en tombent.

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22 mai 2021 6 22 /05 /mai /2021 06:23

Les parents des écoles maternelle Amable-Mabily et élémentaire Jules-Verne sont mécontents. Leurs personnels aussi et le disent, soutenus par leurs syndicats. En cause, leur crainte que le projet de reconstruction de ces très anciennes écoles en préfabriqués sous la forme d'un groupe scolaire unique soit repoussé, voire enterré. C'est l'équipe municipale que j'animais qui avait décidé de ce programme dès 2018.

Pour se défendre, la municipalité indique dans une lettre aux parents d'élèves, relayée par une partie de la presse locale, que ce projet n'aurait « jamais fait l'objet d'inscription au budget » de ma part, et qu'il n'y avait « aucune programmation de travaux ». Et qu'il n'y aurait donc nul renoncement de sa part à une opération qui n'existerait pas.

C'est une pure contrevérité. La preuve...

 

UNE PROGRAMMATION BUDGÉTAIRE VOTÉE DEPUIS 2019

Il suffit de se rendre sur le site de Internet de la commune, dans le menu "Finances & fiscalité", puis "Budget 2019", pour accéder à la délibération du conseil municipal relative au vote du budget de l'année 2019, le dernier que j'ai soumis à l'assemblée communale. Ce budget est accessible ICI. L'opération de reconstruction des deux écoles apparait à la page 153, programmée pour les exercices N (c'est-à-dire 2019) pour les études, N+1 et N+2 (donc 2020 et 2021) pour les travaux, pour un montant global d'un peu moins de 4 millions d'euros. C'était la concrétisation d'un engagement annoncé quelques mois avant par Isabelle Renier, mon adjointe chargée de l'éducation.

Madame Bicais, à l'époque conseillère municipale d'opposition, avait alors voté contre.

Cette opposition ne l'a pas empêchée de maintenir le programme dans le budget 2020, le premier de sa mandature, qu'elle a soumis au vote du conseil municipal en juillet 2020 (ICI, page 139). On peut comprendre que, venant d'être élue, elle ait pris le temps de la réflexion quant au devenir du projet.

 

C'EST LA MAIRE D'AUJOURD'HUI QUI A ANNULÉ LA PROGRAMMATION DE CRÉDITS

Mais, dans le budget 2021 qu'elle a elle-même élaboré, l'autorisation de programme pour ce groupe scolaire a bel et bien disparu (voir ICI, page 145). C'est donc un choix réfléchi et assumé qui a été fait par la maire après plusieurs mois de mandat. L'opposition des gauches et de l'écologie a voté contre cet abandon.

Ça, ce sont les réalités objectives indiscutables.

Un possible déficit d'information de Madame Bicais ne saurait être mis en avant pour prétendre le contraire de la vérité. N'eût-elle été présente qu'à 20 des 63 séances du conseil municipal que je présidais entre 2014 et 2020 (voir l'état des présences ICI), elle était bien là pour l'adoption du budget 2019 et, naturellement, pour ceux de 2020 et 2021 qu'elle a elle-même soumis aux votes du conseil municipal.

 

LA GAUCHE EN ACCOMPAGNEMENT DES FAMILLES ET DES ENSEIGNANTS

La grogne des familles et des enseignants est bien compréhensible. Elle fait en outre écho à l'inquiétude des parents et des professeurs des collèges seynois. Ainsi que je le relatais en mars dernier dans un article de ce blog, le problème de la scolarisation des collégiens des divers quartiers de La Seyne est un enjeu crucial : le collège du sud est bondé, au-delà de sa capacité d'accueil, tandis que les trois collèges du centre et du nord de la commune perdent chaque année des effectifs. Dans tous, les conditions d'apprentissage des adolescents se dégradent : au sud, les classes sont surchargées sans moyens humains supplémentaires, ailleurs l'Éducation nationale profite de la baisse des effectifs pour supprimer plus que de raison des postes de professeurs.

La "carte scolaire", c'est-à-dire la répartition des jeunes des divers quartiers entre nos quatre collèges, relève de la compétence du Département. C'est pourquoi les candidats de gauche à l'élection départementale, Céline Ivaldi, Stéphane Sacco, Louis Correa et Élodie Hernandez, apportent leur soutien aux familles et aux maîtres d'école : un nouveau groupe scolaire attractif dans le centre-ville est un moyen de conforter les effectifs des collèges des alentours qui accueilleront les écoliers.

Ils l'expliquent dans une petite vidéo...

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
18 mai 2021 2 18 /05 /mai /2021 08:05

L'action solidaire et sociale n'est certes pas de la compétence d'un Conseil régional. Mais rien n'interdit à un républicain de prêter attention aux principes constitutionnels d'égalité et de fraternité.

En augmentant de 15 euros à 110 euros le prix à payer pour bénéficier de la "carte Zou ! Études" permettant aux enfants et jeunes de voyager sur les trains et cars régionaux, le président de la Région, M. Muselier, tout "Les Républicains" qu'il est, ne se montre pas moins bien peu "républicain".

Cette décision d'un accroissement de 733% a été un coup dur pour les jeunes en formation et leurs familles.

 

Il est difficile de mesurer l'impact de cette mesure bien inégalitaire car, entrée en vigueur à l'automne 2019, les jeunes bénéficiaires de 3 à 26 ans, des écoliers à ceux en formation professionnelle ou en service civique, en passant par les étudiants et apprentis, ont vu leurs vies fortement perturbées par la pandémie du coronavirus. Leurs besoins de déplacements ont été grandement réduits par les contraintes sanitaires préventives. La communication régionale évoque habilement le nombre de « 750.000 jeunes en formation », mais il ne s'agit que des bénéficiaires potentiels.  

En tout état de cause, le principe qui nous avait guidés en 2011-2012, avec le vice-président écologiste de la Région chargé des transports, Jean-Yves Petit, était celui de parvenir par la "carte Zou ! Études" à plus d'égalité entre les jeunes, le coût des mobilités constituant un frein à l'accès aux formations pour nombre de familles provençales. Or, depuis cette décision en forme de "coût dur", il n'est pas un élu local ou un agent d'un service social communal qui n'ait rencontré des jeunes ou des parents affligés, leur annonçant devoir envisager de renoncer à l'entreprise ou la poursuite d'une formation éloignée de leur lieu de résidence.

Et ce n'est pas la contrepartie d'une possibilité de voyager gratuitement sur l'ensemble des trains et cars régionaux, justification officielle, en plus de l'argument environnemental vertueux servi à toutes les sauces, de la multiplication par sept du coût de la carte, qui incite les jeunes les plus modestes à privilégier le train pour les déplacements de leurs temps libres. Un simple calcul montre qu'il leur faut effectuer plus de 600 km pour être gagnants. Outre le fait qu'ils ne disposent pas des moyens financiers de leurs loisirs, bien peu le font, d'autant que nos infrastructures ferroviaires datant du XIXe siècle contraignent l'organisation des TER et qu'il faut de 5 à 7 heures pour traverser la région Provence Alpes Côte d'Azur d'Arles à Menton, et jusqu'à 8 heures pour se rendre de Bollène à Briançon. À condition que les trains ne soient ni retardés, ni annulés, ce qui demeure hélas une réalité...

 

Si M. Tabarot, actuel vice-président LR en responsabilité des transports, avait un tant soit peu été à l'écoute des usagers, des jeunes et de leurs organisations, il aurait plaidé pour que l'aide régionale aux mobilités de la jeunesse, acte solidaire et égalitaire s'il en est, soit exclue de la pure "logique comptable“ qui a guidé M. Muselier tout au long de son mandat, vilipendant dans son bilan « les dérives budgétaires » de son prédécesseur, pour, finalement, se glorifier d'avoir réduit d'à peine plus d'un an la durée nécessaire au désendettement régional...

 

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25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 06:05

Un des enjeux de l'élection départementale de juin prochain est la révision de la carte scolaire des quatre collèges publics de La Seyne, attendue du Conseil départemental par beaucoup de parents d'élèves et de personnels de l'Éducation nationale.

Le collège Jean-L'Herminier des Sablettes est plein comme un œuf. Des postes manquent. Les autres sont en sous-effectif. Des postes ferment. Les conditions de vie scolaire et de travail des adolescents se dégradent. Il faut rééquilibrer les secteurs de scolarisation de nos collégiens.

La maire, par ailleurs vice-présidente du Département, a affirmé en décembre sa volonté d'agir en « valorisant les quatre collèges de la ville ». C'est bien et c'est courageux. Et l'urgence commande que ce soit maintenant qu'il faille oser le faire.

 

C'EST MAINTENANT QU'IL FAUT AGIR POUR LA RENTRÉE PROCHAINE

Oui, oser. Car l'incidence politique n'est pas négligeable pour les élus des deux cantons seynois à quelques mois du renouvellement de l'assemblée départementale. Ce n'est pas une situation nouvelle. J'ai moi-même alerté le Conseil départemental dès mon premier mandat de maire de 2008 à 2014, confirmant que j'étais bien sûr parallèlement disposé à réviser la carte scolaire des écoles primaires, relevant de la compétence communale, pour faciliter la réforme des secteurs des collèges.

Mais c'est la timidité qui prévaut du côté des élus du Var. Si, pour l'intérêt général, j'étais prêt à subir les foudres de quelques familles contraintes de voir leurs enfants accueillis dans telle école de tel quartier souffrant, d'ailleurs à tort, d'un déficit d'image, nos actuels élus à l'assemblée départementale en sont manifestement loin. Craindrait-on de perdre quelques voix ?...

 

UNE ÉTUDE PROMISE POUR FIN MARS, LES CITOYENS À ASSOCIER...

En décembre dernier, on nous affirmait que le Département a « commandé une étude sur l'ensemble de la commune » et que « les résultats sont attendus pour la fin du premier trimestre 2021 ». Nous y sommes. Les Seynois doivent en connaître les conclusions. D'autant que la maire-vice-présidente du Var s'est engagée à « apporter des solutions dès la rentrée prochaine ». Et c'est maintenant que celle-ci se prépare.

Je m'autorise à rappeler qu'il existe à La Seyne des « comités d'usagers », dont l'un concerne l'éducation. Mais, hormis pour créer des « brigades » qui feront des travaux à la place des fonctionnaires et des entreprises, la motivation pour la démocratie participative ne semble plus être très vive chez nous. C'est pourtant un vecteur d'imagination des solutions les plus consensuelles possibles. Et aussi un moyen de peser sur l'Éducation nationale pour qu'elle prenne sa part, en particulier en allouant les moyens humains nécessaires...

Et je sais que les gauches et l'écologie, unies dans chacun des deux cantons seynois, sauront proposer dans leurs projets pour le Var et La Seyne une perspective concrète pour que le devoir d'assurer les meilleures conditions pour l'École de la République soit enfin accompli pour les jeunes de tous nos quartiers.

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27 février 2021 6 27 /02 /février /2021 03:25

Me référant à un article paru dans le quotidien Var-matin il y a quelques jours, reprenant les déclarations d'une élue d'une commune voisine de La Seyne, je m'étais questionné sur ce blog sur la situation très spécifique que représentait la perspective annoncée de la construction d'une école primaire privée confessionnelle par la personne publique qu'est une commune.

Je me demandais en effet si une lecture particulière de la loi pouvait un jour permettre, chez nous à La Seyne, un projet similaire, contraire selon moi à l'esprit laïque de la Constitution de notre République.

Mais les choses n'en sont pas restées là.

 

Le cabinet du maire de cette ville proche m'a alors fait savoir que les informations révélées par le journal étaient fausses, et j'ai aussitôt inséré un message en tête de mon article pour le préciser. Et mon ami président de l'association gestionnaire de ladite école chrétienne m'a, de son côté, confirmé l'inexactitude des éléments faisant l'objet de l'article et expliqué que la commune consent en réalité un bail à construction pluri-décennal à l'association et que c'est cette dernière qui supporte le projet de construction. Dont acte. Et l'honnêteté me conduit à communiquer ces précisions.

Il n'empêche que la forme de communication de la part de cette élue communale est troublante, car ce n'est pas un simple lapsus qui a pu induire en erreur le journaliste, mais bien un ensemble de propos retranscrits en plusieurs endroits dans l'article. Après plusieurs relectures et des avis recueillis auprès d'autres lecteurs, il m'apparaît que c'est tout de même une volonté de mettre en valeur l'initiative étonnante – mais finalement non avérée – d'une mairie laïque de construire une école chrétienne qui constitue le fil rouge de l'intervention de l'élue. Je suppose néanmoins que Var-matin aura depuis été sollicité pour que ce soit rectifié.

 

QU'IL DOIT ÊTRE COMPLIQUÉ D'ÊTRE JOURNALISTE DANS UN TEL CONTEXTE !

Mais il est cependant surprenant que le rédacteur, sans même aller sur le fond, ne se soit pas questionné sur la faisabilité règlementaire d'un tel projet.

Tout comme il a pu être bizarre que le même journal, en d'autres occasions, seynoises celles-là, ne se soit pas interrogé sur des informations manifestement et grossièrement fantaisistes qui lui ont été communiquées et qu'il a retranscrites, obligeant à réclamer a posteriori des démentis ou rectificatifs que le quotidien a d'ailleurs volontiers publiés.

Ce fut récemment le cas de celle indiquant que notre centre communal d'action sociale (CCAS) emploierait 87 agents pour s'occuper de seulement... 97 usagers bénéficiaires (encadré rouge).

Car ce n'est pas la même chose, tout de même, que de relayer un propos, mis entre guillemets pour bien marquer qu'il s'agit d'une citation d'une personne qui n'engage qu'elle-même, par exemple celle, complètement farfelue, affirmant il n'y avait pas de programme de réalisation d'un complexe de cinémas dans le projet de réhabilitation de l'Atelier mécanique que la précédente municipalité avait mis sur pied ! (encadré vert). Là encore, d'ailleurs, le journal a publié les démentis nécessaires.

Évidemment, que personne ne lise dans ces lignes un propos malveillant à l'égard des journalistes du groupe auquel appartient Var-matin ! Les pauvres doivent faire ce qu'ils peuvent, dans un contexte honteux de prise de contrôle du titre par une holding qui ne va pas s'embarrasser de qualité mais de profits et liquider – dans une démarche évidemment qualifiée de sauvegarde – plus d'une centaine d'emplois, dont des journalistes (Le Monde, 25 février 2021), et ceux qui resteront auront sûrement de plus en plus de mal à vérifier, contrôler ou croiser les informations obtenues de leurs sources.

 

D'AUTRES QUESTIONS DE FOND SOULEVÉES PAR LE PROJET

Ceci étant, le sujet soulève d'autres questions de fond qui, elles, sont relevées par l'autre quotidien local, La Marseillaise, dans sa parution de ce vendredi (cliquez sur l'image ci-dessous pour l'agrandir).

Mais ça, c'est l'affaire des Six-Fournais. Et j'ai suffisamment de sujets qui m'intéressent avec ma commune pour, tout en regardant à ce qui se vit ailleurs, notamment dans notre métropole, ne pas interférer dans ceux des voisins. Dominique Nemeth et Valérie Romboni, élus de la liste « Six-Fours à gauche, écologiste et citoyenne », y exercent une constructive veille active...

 

 

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24 février 2021 3 24 /02 /février /2021 06:52

NOTE : Suite à la mise en ligne de l'article ci-dessous, le cabinet du maire de Six-Fours m’a fait savoir que que la Ville ne construit pas une école privée confessionnelle. Les informations données par Var-matin sont donc inexactes, soit que l’élue interviewée se soit trompée, soit qu’elle ait été mal comprise par le journaliste, soit que la formulation de ce dernier prête à confusion. Il est pourtant bien écrit de façon explicite que « la ville est en train de construire un nouvel établissement scolaire », suivi de « une nouveauté pour la commune, puisqu'il s'agira du premier de type privé ». Mais, bon...

 

Si La Seyne ne s'était pas détachée de sa commune-mère en 1657, je serais six-fournais et fondé à me questionner sur l'information dévoilée par Var-matin ce mercredi, annonçant que « la ville [de Six-Fours] est en train de construire un nouvel établissement scolaire ».

L'histoire et une lettre patente du roi Louis XIV en ont décidé autrement, les Seynois ont obtenu leur indépendance, je suis l'un d'eux et je devrais donc m'interdire de donner mon point de vue sur cette construction présentée par le journaliste comme une opération de la municipalité voisine. Mais ce qui se passe à côté de La Seyne m'interroge sur ce qui pourrait advenir chez nous.

Il s'agit en effet d'une école privée, annexe de l'école seynoise catholique Sainte-Thérèse, et la maire-adjointe six-fournaise chargée du patrimoine communal de nos voisins évoque dans son interview « un bâtiment existant qu'on est en train de rénover » et un autre « que l'on est en train de construire ».

Ainsi, une commune pourrait bâtir une école privée confessionnelle ?...

 

Je sais bien sûr, pour avoir ferraillé dur avec un ami, président de l'association de gestion de Sainte-Thérèse, unique école privée seynoise sous contrat avec l'État, que la Loi oblige les communes à contribuer au financement du fonctionnement de ces établissements scolaires primaires privés. Tous deux avons palabré pied à pied pendant des années sur le calcul du montant que la commune devait verser à cette école. Il n'était pas question pour moi d'allouer un centime de plus que ce que le Législateur impose.

Mais je sais aussi que, toujours en vigueur, la loi du 30 octobre 1886, dont les dispositions sont rappelées sur le portail de l'État au service des collectivités locales, interdit aux personnes publiques de financer les dépenses d'investissement des écoles primaires privées.

 

DES EXCEPTIONS AUX RÈGLES DE FINANCEMENT PUBLIC DE L'ENSEIGNEMENT PRIVÉ

Je sais encore qu'il y a deux exceptions à cette règle intangible. La première autorise les mairies qui le souhaitent à participer au financement des équipements informatiques des écoles privées, sous la double réserve que l'État inscrive lui-même de telles dépenses à son budget, ce qu'il ne fait plus, et que ces aides soient au maximum égales à celles qu'elles allouent aux écoles publiques. L'autre exception est le droit accordé à une municipalité de garantir des emprunts souscrits par une association gestionnaire d'un établissement scolaire privé sous contrat pour réaliser des constructions ou aménagements, ce à quoi, d'ailleurs, mon prédécesseur Arthur Paecht s'était engagé vis-à-vis de l'école Sainte-Thérèse et que, attaché à la parole donnée au nom de la Ville, respectueux des usages de la continuité républicaine, et malgré mon désaccord de principe avec ce choix, j'ai demandé au conseil municipal de concrétiser.

Et je sais enfin qu'une commune peut mettre à la disposition d'une école primaire privée des bâtiments de son patrimoine, mais uniquement avec contrepartie « aux conditions normales du marché ». Est-ce sur cette disposition que s'appuie la municipalité six-fournaise ? Les locaux communaux en rénovation ou en construction vont-ils être loués à la nouvelle école chrétienne ?

 

UNE RÉFLEXION À ENGAGER POUR LA SEYNE...

Je ne m'interrogerai pas plus sur cette particularité six-fournaise. Comme on dit, chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. En revanche, Seynois, je rappelle que, sollicité par la fédération des escòlas calandretas, ces écoles privées laïques sous contrat avec l'État qui promeuvent un enseignement de qualité en immersion en occitan, et bien qu'animateur d'une municipalité très motivée par toutes les initiatives de promotion de la langue régionale, je n'avais pas donné suite à sa demande de mise à disposition de locaux communaux. J'avais en revanche accompagné les initiatives des professeurs publics des langues et cultures régionales pour défendre l'enseignement du provençal et engagé un programme d'initiation, suscitant un partenariat entre les enseignants et les associations spécialisées, dans les temps scolaires et périscolaires de nos écoles publiques volontaires.

J'avais aussi répondu favorablement à un projet de rapprochement inclusif entre un établissement privé laïque accueillant des enfants handicapés, géré par l'Association Présence, agréée par l'État pour ses missions éducatives, sociales et médico-sociales, et les écoles primaires publiques des Sablettes. Mais, là encore, il s'agissait d'une coopération de projet entre enseignants des établissements, utile à l'intégration des enfants handicapés et à l'éveil des écoliers sans handicap à l'acceptation de la différence, et il n'était évidemment pas prévu que la commune aide financièrement l'institut médico-éducatif dans la réalisation de ses équipements prévus à proximité des écoles publiques.

Je sais la majorité des Seynois attachés à l'école publique, mais aussi à l'esprit de tolérance et de respect des diversités. Un questionnement comme celui que doit susciter chez nos voisins cette annonce de la presse locale pourrait un jour survenir chez nous. Et il est toujours utile de se remémorer les fondamentaux de la république laïque...

 

L'image en tête de cet article est la reproduction de la couverture du livre La République et l'Église, Images d'une querelle, de Michel Dixmier, Jacqueline Laouette et Didier Pasamonik, publié aux éditions La Martinière. Je l'ai "prélevée" sur l'excellent site "Caricatures & caricature" ; je peux la retirer sur demande, naturellement.

 

Une école privée confessionnelle construite par une commune ?
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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 06:05

Mes pensées d'encouragement et de soutien, en ce matin de reprise du chemin de l'école, vont à mes anciens collègues personnels d'enseignement, d'éducation, d'administration, de direction et techniques qui font vivre les lieux des apprentissages des savoirs et de la citoyenneté, aux enfants et aux jeunes, à leurs familles, et à tous ceux qui, autour de l'École, dans la plupart des quartiers du pays, dont bien sûr à La Seyne, l'une des premières « cités éducatives » de France depuis 2019, complètent et soutiennent, par leurs missions d'éducation populaire, la belle œuvre républicaine de formation et d'émancipation.

Ce retour de vacances, en effet, est plus singulier que jamais. Et son enjeu est capital.

 

J'ai suivi les inquiétudes exprimées par les professeurs au cours des congés, au fur et à mesure que les annonces de leur hiérarchie du plus au niveau se contredisaient quant aux modalités de ce premier jour dans un contexte inédit. Je les comprends et je suis rassuré par le fait que la plupart de leurs syndicats ont pris des mesures pour les soutenir si besoin et, ce faisant, soutenir l'École de la République en pesant, fût-ce par la grève, sur le gouvernement.

On peut en effet à bon droit être inquiet avec le recul de leur ministère quant à l'hommage dû au professeur assassiné. C'est d'autant plus consternant que, de leur côté, les écoles allemandes vont, elles, assurer un temps d'hommage et de réflexion. Mais on doit aussi garder espoir lorsqu'on voit des chefs d'établissements qui ont choisi, ça et là, contre leur hiérarchie, de maintenir sous leur forme initialement envisagée les temps de symbole, de recueillement et d'élévation des consciences prévus à la suite du drame terroriste.

 

LES ÉLUS LOCAUX AUX CÔTÉS DE L'ÉCOLE POUR PLUS DE RÉPUBLIQUE ÉGALITAIRE

Je sais que, dans tout le pays, les élus locaux et personnels des collectivités seront aux côtés des acteurs de l'École, pour ce qui les concerne. Il est vital que, pour sa part, l'État ne faillisse pas. Ni, a fortiori, ne renonce et cède un pouce de terrain.

De droite comme de gauche, nombre de mes anciens collègues maires des communes ayant des quartiers populaires sur leurs territoires, sûrement plus préoccupés que d'autres au regard de leur situation sociale, terreau des embrigadements, qui ne cesse de s'aggraver exponentiellement, ont déjà, au cours des vacances scolaires, pris des initiatives, tant, comme me l'a dit l'un d'entre eux ce dimanche, « l'immobilisme, la stupeur et la torpeur sont nos ennemis ». Là, c'est la lettre de Jaurès aux instituteurs distribuée dans tous les foyers d'une commune populaire, ailleurs c'est un rassemblement œcuménique auquel ont pris part les élus de la ville, un peu partout la signature d'un appel transpartisan à l'État, publié par le JDD, pour un soutien aux quartiers vulnérables « où se joue beaucoup de l'avenir de notre cohésion sociale ». Dommage que les édiles seynois aient laissé passer cette occasion de s'associer à cette démarche.

 

LA STIGMATISATION, AUTRE TERREAU DU PIÈGE TENDU PAR LES OBSCURANTISTES 

Tout cela s'exerce sur un fond nauséabond de racisme et d'exacerbation des plus vils instincts par des acteurs politiques aux périlleux propos globalisants et stigmatisants dans une sorte de course folle, comme s'il leur fallait rattraper les plus extrêmes des intolérants (« fermer les rayons hallal », « supprimer les menus alternatifs des cantines », « islamogauchisme »« cinquième colonne », etc.), qui donnent à craindre pour les temps à venir.

Nous étions plusieurs centaines d'élus locaux, de la droite républicaine à la gauche radicale, en passant par des centristes et des écologistes, il y a tout juste un an, à avoir signé une tribune, parue dans le JDD, à tirer la sonnette d'alarme de la stigmatisation. Je la rappelle ci-après...

« La barbe !! La cabale médiatique à travers la retransmission bienveillante des propos les plus indignes à l’endroit des musulmans ainsi que l’inconséquence des prises de position politique au plus haut niveau de l'Etat nous amènent à dénoncer avec force et détermination les raccourcis périlleux vers lesquels notre pays est entraîné...

« Du ministre de l'Education nationale qui déclare par des mots insensés vouloir “signaler les petits garçons qui refusent de tenir la main des petites filles” au directeur adjoint du Figaro qui affirme à la télévision “détester la religion musulmane”, il est de notre responsabilité d'alerter sur les risques que d'aucuns font peser sur la nation en stigmatisant, à dessein, plus de six millions de nos concitoyens. La quête des fameux “signaux faibles” jette désormais le trouble et le soupçon sur une foi qui n'aspire à rien hormis le droit à la normalité. Nul ne peut prétendre combattre le terrorisme ou la radicalisation par l’humiliation, sauf à rechercher obstinément et furieusement l'effet inverse. A chaque menace qui plane sur le pays et à chaque attaque terroriste, nos concitoyens de confession musulmane tremblent doublement : pour la nation, parce qu’ils sont concitoyens, et pour leur foi, parce qu’ils vivent instantanément la méfiance.

« L'initiative malheureuse, maladroite et pour le moins équivoque de l’université de Cergy dans la recherche des signaux faibles n’est là qu’un début. Le début d’un bruit sourd qui se répand comme la peste et qui n’a qu’un nom : délation ! Nous voilà doucement mais tout aussi sûrement revenir vers les heures les plus sombres de notre Histoire. Des jours sombres qui n’augurent rien de bon, hormis la défiance et la crispation. A trop pointer du doigt une communauté de croyants, à en faire une menace potentielle dès lors qu’elle porte une barbe ou un voile, l’on verse non plus dans une société de la vigilance mais dans celle de la suspicion. A persister sur ce lexique, il est à redouter la naissance d’une forme de frustration chez la très grande majorité des musulmans qui perçoit, de plus en plus, les positions stigmatisantes à leur endroit comme la volonté manifeste de les soustraire à la nation. Il ne sera plus question de fracture sociale dans notre pays mais bien d’une déchirure nationale. Dévoyer la laïcité au point de mettre à mal le besoin de fraternité, de refuser l’égalité et enfin d’entraver la liberté, voilà qui contribuera à démembrer la volonté de tous de faire corps dans la République. A ce stade, les conséquences seront autrement plus inquiétantes...

« Un sursaut. C'est de cela dont nous avons besoin. Et seuls nos concitoyens, dans un élan fraternel, en sont capables. Enfin, notre nation est une et indivisible. Le président de la République est garant de ce principe. Il est garant de la Constitution. Il est garant de l'application de la loi. Il s’agit de sa responsabilité devant le peuple et devant l'histoire. Il est l'incarnation de l'unité. Nous attendons qu'il se lève et le clame à tous. »

 

LA GAUCHE SOCIALE ET POLITIQUE A UN RÔLE MAJEUR À JOUER

Au-delà, la gauche française, sociale et politique, a aussi une responsabilité à assumer face aux jeteurs d'anathèmes que l'on entend jusque dans les propos de certains membres du gouvernement. Celle d'être en première ligne, en faisant preuve d'unité, condition de son efficience, et sans omettre de faire amende honorable quant à ses propres errements, pour aider la nation à ne pas tomber dans le piège tendu par les terroristes. Des personnalités diverses ont publié ces jours derniers dans Le Monde une tribune qui nous appelle à la mobilisation...

« Le moment est grave, il ne quittera pas nos mémoires. Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie, a été assassiné par un terroriste islamiste. A Nice, un autre crime ignoble a été commis. Ces actes monstrueux ont pour but de semer la haine et la terreur. Pourtant, cette fois, les appels à l’unité n’ont pas suffi à limiter les tensions au sein de la société française. En démocratie, le débat est souhaitable après de tels évènements. Mais depuis la tragédie du 16 octobre, certains, parfois même au sein du gouvernement, se sont engagés sur la voie des anathèmes et des accusations délirantes. Ils prennent la lourde responsabilité d’affaiblir le pays face aux terroristes en dressant les Français les uns contre les autres. Les assassins et ceux qui les ont encouragés auraient-ils déjà gagné ?

« Il est urgent de nous mobiliser ensemble autour des principes laïques et républicains. Si nous échouons, l’islamisme radical aura remporté, avec l’extrême droite, une victoire décisive en faisant de la question religieuse, et plus précisément de l’islam, le pivot de la politique française, au détriment des urgences sociales, écologiques et démocratiques. Pire, il aura installé des germes durables de guerre civile.

« Pour avancer, il importe d’abord de reconnaître les manquements du passé. Combien d’atteintes à la laïcité et à la liberté d’expression et d’enseignement restées sans réponse ? Combien d’appels au secours ignorés, qu’ils viennent d’enseignants et d’autres agents des services publics devant la dégradation de leurs conditions de travail, ou d’habitants des quartiers populaires devant l’absence de l’Etat, notamment sur le terrain de la sécurité ? Combien de discriminations à l’égard de musulmans ou de ceux qui sont supposés l’être, laissées impunies ?

« Manifestement, le gouvernement considère que l’on pourrait lutter efficacement contre l’islamisme radical sans combattre en même temps, à la racine, le racisme, les discriminations et les déchirures sociales et urbaines des territoires abandonnés. Il feint également d’ignorer qu’existent au sein de l’islam, en France et ailleurs, des forces prêtes à combattre les influences mortifères. Cette absence de vision globale donne toujours une victoire symbolique aux islamistes radicaux. Elle a depuis longtemps favorisé leur implantation.

« Oui, les manifestations agressives d’une idéologie totalitaire allant jusqu’au terrorisme doivent être combattues sans trêve ni repos dans le cadre de l’Etat de droit. Pour cela, de nombreux leviers juridiques existent déjà. Il faut résister à la tentation de réagir à chaque attentat par une loi supplémentaire ou des gesticulations spectaculaires. Les carences relèvent surtout d’une insuffisance de moyens de renseignement et de coordination, notamment dans le suivi des réseaux sociaux.

« Le combat contre l’islamisme radical, les pressions qu’il exerce à l’école et ailleurs pour restreindre les libertés, notamment celles des femmes ou des personnes LGBTI+, appelle des actions construites, déterminées et proportionnées. Ces politiques doivent être conduites dans la durée et mises en œuvre sans faiblir dans un cadre légal défini et protecteur des libertés. Pour être efficace, il nous faut combattre l’intégrisme islamiste en priorité sur le terrain éducatif, social et politique. Là où les fondamentalismes tentent de faire primer le dogme religieux sur les lois de la République, la fermeté de l’action publique est indispensable.

« L’école doit être aux avant-postes de ce combat. Mais elle ne peut pas être laissée seule. Celles et ceux qui y enseignent doivent être reconnus, soutenus et protégés au quotidien, et pas seulement passagèrement au lendemain des drames, particulièrement par un accompagnement humain en cas de difficultés, des outils et une formation pédagogiques renforcés pour permettre à tous les acteurs de l’école de savoir réagir.

« La laïcité définie par la loi de 1905 n’est pas une option : elle est et doit rester la loi de la République. Elle a traversé le XXe siècle, faisons-la vivre en garantissant effectivement la liberté de croire, notamment pour les musulmans, ou de ne pas croire. Plus qu’à la multiplication de lois nouvelles, veillons à l’application effective de celles qui existent déjà.

« La République, promesse inachevée, doit repenser sa présence dans tous les territoires pour faire exister l’égalité réelle par des politiques publiques offensives, avec des moyens humains et financiers substantiels, notamment dans le cadre de la mise en œuvre d’une transition écologique juste. Elle doit, conformément à sa devise, garantir l’absence de toute discrimination et chercher à réduire toutes les inégalités dans un esprit de fraternité.

« Pour nous, il n'y a pas de fatalité à ce que la France tombe dans le piège tendu par les terroristes. Nous ne cesserons jamais de vouloir tisser des liens entre tous les humains, malgré les assauts répétés des obscurantismes. Nous continuerons de lutter partout et toujours contre toutes les formes de racisme, d'antisémitisme et d'intolérance.

« Nous avons parfaitement conscience qu’il existe des désaccords entre nous sur ces sujets et que beaucoup reste à faire pour consolider ces réponses : ce texte se veut d’abord un appel à la gauche, aux écologistes et, au-delà, à tous les républicains, à engager ensemble ce travail à un moment où l’essentiel est en danger. »


J'en terminerai en donnant le lien vers des extraits de la « Lettre de Jaurès aux instituteurs » telle que mise en ligne, en vidéo, lue par le rappeur Oxmo Puccino, sur le site pédagogique Lumni de l'Éducation nationale...

Et le texte original de cette « Lettre aux instituteurs », publiée par La dépêche de Toulouse en 1888, qu'on trouve sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, tant il est vrai que le texte proposé aux enseignants pour la lecture aux élèves a quelque peu été.. tripatouillé...

Meilleure rentrée possible à tous. Et, bien sûr, que chacun prenne garde à ce maudit virus, pour lui-même, ses proches, les enfants dont il a la charge et leurs familles, dans des environnements de structures scolaires pas toujours très compatibles avec les précautions sanitaires indispensables...

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28 juillet 2020 2 28 /07 /juillet /2020 08:15

Il n'y a pas si longtemps que ça, des inquiétudes se sont manifestées quant au devenir de « l'éducation prioritaire », ce dispositif qui vise à combler les inégalités de réussite à l'école du fait des situations sociales, économiques, culturelles des familles de certains sites urbains et ruraux vulnérables.

Craignant que, sous couvert de « proximité », cette politique nationale indispensable soit régionalisée et donc soumise aux enjeux politiques locaux, des voix se sont élevées pour alerter.

La création d'un Secrétariat d'État chargé de l'éducation prioritaire annonce-t-elle une redynamisation de cette politique égalitaire dans le cadre régalien national ou l'entame d'une partition suffisamment bruyante pour couvrir la sonnerie du glas qu'on envisagerait de sonner pour elle, comme certains le redoutent après les propos que le Président de la République a tenus en 2018 sur les stratégies de discrimination positive visant à réparer les fractures urbaines, jugées coûteuses et peu efficaces après 40 ans de mise en œuvre ?...

 

NON, L'ÉDUCATION PRIORITAIRE N'EST PAS DE L'ARGENT JETÉ PAR LA FENÊTRE 

Après quatre décennies de renforts de moyens engagés par l'État pour l'éducation, plus ou moins fluctuants suivant les gouvernements, il faut en effet reconnaître, on le voit bien à La Seyne – et on l'a mesuré avec force lors du confinement sanitaire et de l'enseignement à distance –, que les disparités de réussite scolaire entre enfants et jeunes des divers quartiers de résidence demeurent patentes. Et qu'il faut sans cesse sur le métier remettre l'ouvrage. Mais quoi de plus normal ? Les premiers bénéficiaires des années 80 sont devenus des adultes, et les générations nouvelles de nos quartiers vulnérables sont de plus en plus victimes de la pauvreté, principale cause des difficultés que rencontrent leurs enfants à tirer parti de l'éducation pour qu'ils réussissent leur future insertion professionnelle, sociale et citoyenne.

 

RÉNOVER L'ÉDUCATION PRIORITAIRE POUR L'AMÉLIORER, PAS LA DISSOUDRE...

Il n'y a pas le choix. L'éducation prioritaire doit être poursuivie et confortée. De même que certains sites ruraux, tous les quartiers « politique de la ville » doivent en bénéficier. Ce n'est d'ailleurs toujours pas le cas à La Seyne, malgré mes démarches constantes et les engagements des autorités académiques, puisque seul le quartier Berthe est « réseau d'éducation prioritaire », et non le centre ancien tout aussi socialement dégradé.

Les effectifs des classes doivent demeurer réduits et les communes doivent être aidées par l'État pour le permettre. Les enseignants doivent être mieux soutenus par des renforts humains plus significatifs qu'aujourd'hui. Des moyens de diversification pédagogique doivent leur être alloués par l'État. Leur engagement doit être mieux valorisé et rémunéré.

L'École, à tous ses niveaux, doit être plus et mieux ouverte à son environnement, partie prenante d'un projet éducatif de territoire, permettant une action éducative globale et cohérente, qu'elle soit menée par les personnels de l'Éducation nationale, par les parents et les fratries qui doivent être soutenus, et par les acteurs du socio-éducatif, du sport et de la culture qui ne doivent toutefois pas se substituer aux enseignants, qu'ils soient fonctionnaires des collectivités, salariés ou bénévoles des associations, dans l'esprit des programmes de « cités éducatives », promus naguère auprès du gouvernement par des maires de villes populaires, comme celui que nous avons obtenu pour La Seyne.

Il y a là un chantier dont Nathalie Élimas, la nouvelle secrétaire d'État, doit s'emparer. L'Association des maires Ville & Banlieue de France, portant la parole des territoires urbains sensibles, va certainement la solliciter en ce sens.

 

L'ÉDUCATION PRIORITAIRE DOIT DEMEURER UNE POLITIQUE RÉGALIENNE DE L'ÉTAT

Mais il faudra aussi l'alerter sur le fait que la régionalisation de l'éducation prioritaire pose question. Dans une académie comme celle de Nice, vouée à fusionner avec celle d'Aix-Marseille, il est à craindre que, une nouvelle fois, les radars de l'État soient focalisés sur les plus importantes métropoles.

Les élus locaux seynois et toulonnais, en lien avec les syndicats d'enseignants et associations de parents, auront intérêt à veiller au grain ; ce ne sera jamais du temps perdu que de se déplacer pour tanner avec vigueur les autorités académiques et ministérielles pour que les sites locaux d'éducation prioritaire ne soient pas les dindons des farces marseillaise et niçoise, leurs quartiers fragiles se taillant la part du lion des moyens que l'État doit continuer à engager. Sans cette ardeur revendicative et sans cadre national de suivi et d'évaluation, la situation pourrait gravement se dégrader dans certains territoires.

Ce serait tout de même le comble de générer de l'inégalité accrue en voulant, si la création d'un ministère dédié n'est pas de la poudre aux yeux, conduire une politique visant, justement, à combattre la plus injuste des iniquités, celle qui savonne la planche de l'avenir des petits de la République qui ont eu la malchance de naître et vivre dans des contextes sociaux dégradés !

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Marc VUILLEMOT

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