4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 04:31

La municipalité seynoise s'est fait avoir. Pour qu'elle puisse bénéficier d'une aide de l'État, celui-ci lui a imposé à tort en 2020 d'accroître ses dépenses éducatives.

 

L'adjoint à la maire chargé du dispositif de "cité éducative", comme ses collègues jamais en reste pour casser du sucre sur le dos de ses prédécesseurs, aurait pourtant dû tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant d'ouvrir une polémique en faisant retomber sur eux la faute de sa propre bévue, les vilipendant pour n'avoir pas prévu cette dépense supplémentaire soi-disant obligatoire.

 

L'exemple de Toulon vient rétablir la vérité mise à mal.

 

UNE AIDE DE L'ÉTAT OBTENUE SANS CONTREPARTIE COMMUNALE

 

Toulon vient en effet d'obtenir le même label de "cité éducative" que celui que La Seyne avait été la première et unique commune du Var à se voir décerner en 2019. C'est un programme d'État qui vient conforter les efforts des villes abritant des quartiers urbains fragiles en matière de scolarité et d'éducation par le loisir, le sport, la culture, et toutes activités périscolaires émancipatrices.

 

Forte de son investissement budgétaire pour l'enfance et la jeunesse, représentant alors une bonne part de ses dépenses de fonctionnement, engagées pour ses propres services comme pour les activités de ses nombreuses associations socio-éducatives, La Seyne avait été repérée par le ministère de la Ville comme un exemple à suivre. Une subvention d'État lui avait été garantie pour trois ans pour conforter et amplifier ses actions. L'État reconnaissait alors que les budgets significatifs déjà engagés par la commune constituaient la contrepartie à son appui financier. C'était donc un plus pour nos jeunes concitoyens sans coût additionnel pour la Ville.

 

UNE EXIGENCE INDUE DE L'ÉTAT

 

Avec le changement d'équipe municipale, l'État a manifestement repéré une brèche dans laquelle enfoncer un coin. Il a donné à croire à la mairie que ces subventions ne pouvaient lui être allouées que si celle-ci consentait un effort financier supplémentaire. Au lieu de prendre l'attache de ses prédécesseurs dont il prenait le relais afin de savoir ce qui avait vraiment été convenu avec l'État, l'adjoint n'a pas discuté. Et la Ville a inutilement mis la main à la poche.

 

On aurait pu en rester là. Mais l'adjoint n'a pas pu s'empêcher d'engager une polémique, comme en atteste un article de Var-matin paru trois mois après l'installation de la municipalité élue en 2020. Fin du premier acte.

 

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LA VÉRITÉ RÉTABLIE PAR LES FAITS

 

Tout vient à point à qui sait attendre. L'annonce dans la presse de l'obtention du même label de "cité éducative" par nos voisins toulonnais permet de confirmer qu'il n'y avait nulle obligation pour la commune d'engager des dépenses supplémentaires. Alors, qui avait raison ?...

 

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On ne s'attend bien sûr pas à ce que l'adjoint au maire reconnaisse son erreur et regrette ses paroles hâtives et infondées.

 

Une seule question doit désormais prévaloir : l'an prochain, au terme du programme triennal de "cité éducative", La Seyne, si elle demande la reconduction de sa labellisation pour trois nouvelles années, va-t-elle à nouveau se coucher devant l'inadmissible exigence de l'État d'engager des budgets communaux indus en contrepartie de l'aide que celui-ci a le devoir de lui apporter ?...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 12:01

Ce sont des centaines, pour ne pas dire des milliers, de Seynois qui, dans leur enfance ou leur jeunesse, ont profité de l'action éducative qu'ils ont conduite. Le destin a voulu que Marcel Djian, Claude Fiorenzano, André Masse et Gisèle Soriano nous quittent tous quatre en cette fin décembre.

Avec eux disparaît une part importante de la grande équipe seynoise de ces porteurs indispensables d'une vision ouverte de l'éducation qui transcende la seule instruction que dispense l'École, pour considérer l'enfant ou le jeune dans sa globalité, dans tous ses temps de vie, afin de le guider dans la construction de sa propre émancipation par une démarche éducative active, vers une insertion professionnelle, sociale et citoyenne.

 

Marcel DJIAN s'est investi bien au-delà de sa fonction d'enseignant et de directeur d'établissement primaire au sein de notre Caisse des Écoles, cet indispensable organisme historique qui, à La Seyne, a permis depuis la Libération de 1945 d'offrir à des milliers de nos jeunes concitoyens, de tous quartiers, de toutes origines, de toutes situations sociales, des temps éducatifs de vie collective, en centres de vacances, en accueils de loisirs, en classes de découvertes, autant de situations permettant d'apprendre autrement, d'expérimenter, de se socialiser, de coopérer, de s'ouvrir aux autres, à de nouveaux espaces et à d'inédites humanités. Il siégea également au conseil municipal en 1983, dans l'équipe de Maurice Blanc.

 

Claude FIORENZANO aurait pu s'en tenir à conduire avec sérieux et constance sa fonction de professeur d'anglais jusqu'à la fin de sa carrière qu'il a terminée au collège de Six-Fours. Mais il a choisi de transmettre aux jeunes générations sa passion pour la langue, la culture et les traditions provençales. Si les Six-fournais se souviennent des cours de lengo nostro qu'ils dispensait aux élèves de son collège et de sa belle implication au sein de l'association “Lou Raioulet”, les Seynois doivent à cet érudit – et à Mme Meiffret-Alziary et MM. Brémondy et Merle – les cours de provençal organisés à partir des années 70 au Centre Culturel Jacques-Laurent par l'Office municipal de la culture et des arts. Nombre de jeunes fréquentant alors les associations socio-éducatives seynoises ont pu bénéficier de premières initiations à la langue occitane.

 

Principal du collège Henri-Wallon lors de la création des zones d'éducation prioritaire, dans les années 80, André MASSE a marqué de son empreinte visionnaire les stratégies éducatives en faveur des adolescents de notre quartier Berthe. Il a perçu l'importance de l'éducation de tous leurs temps de vie, renforçant l'accompagnement de la scolarité par la diversification pédagogique, et intégrant l'absolue nécessité de l'ouverture de l'École au quartier et à la ville, et de la réconciliation avec l'École des collégiens et de leurs familles. Avec lui, le collège s'est mis à vivre et à bouillonner d'activités avant et après les cours, les mercredis, les week-ends et les vacances. Lieu d'accueil socio-éducatif, activités culturelles et de loisirs, sorties et séjours scolaires et des temps de congés, accompagnement de l'exercice de la fonction parentale, soutien scolaire, sont autant de leviers émancipateurs qu'il a impulsés, mobilisant enseignants, animateurs, parents, dans une démarche qui s'est pérennisée avec le Foyer Wallon-Berthe et perdure aujourd'hui avec l'Espace Jeunes Wallon du Centre social et culturel Nelson-Mandela.

 

Figure pionnière, dès sa création en 1982, du Centre d'action municipale pour l'emploi et la formation des jeunes (CAMEF-Jeunes), aujourd'hui devenu la Mission intercommunale action jeunes (MIAJ)Gisèle SORIANO a été l'une des importantes chevilles ouvrières de cette initiative municipale qui a vu le jour dès l'annonce des premières mesures en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes de 16 à 18 ans prises par le premier gouvernement de gauche de la Ve République. Connue et reconnue par des centaines de jeunes pour ses capacités d'accueil, d'écoute, d'aide à la définition d'un projet de formation vers l'emploi, d'encouragement et de suivi des stages, sessions et démarches en direction des employeurs, elle a déployé durant deux décennies son talent et son engagement pour que, malgré la crise économique qui allait frapper La Seyne à la fin des années 80 et qui perdure aujourd'hui, le maximum de nos jeunes concitoyens puissent trouver des voies pour mettre le pied à l'étrier vers l'emploi et une existence d'adultes émancipés.

 

Oui, douloureuse fin de 2021, quatre belles personnes s'en sont allées. Nombre de jeunes Seynois aujourd'hui adultes leur doivent beaucoup. La Seyne doit témoigner sa compassion à leurs familles et leurs proches.

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14 décembre 2021 2 14 /12 /décembre /2021 04:29

Les calotins doivent être ravis. On se demandait à quoi allaient servir les économies réalisées grâce à la baisse sans explication de plus de 20% des subventions municipales aux associations socio-éducatives laïques. On a la réponse : à abonder la caisse de l'association de gestion de l'école privée catholique de La Seyne.

Les élus de gauche et écologistes se sont opposés à cette décision lors d'une récente réunion du conseil municipal. Ils ne l'ont pas fait par dogmatisme laïcard, intolérant et anticlérical, mais parce que, s'ils entendent naturellement que l'on respecte la loi qui impose aux communes de financer l'enseignement privé sous contrat avec l'État, ils ont à juste titre considéré que la municipalité n'était pas obligée de faire du zèle en allouant une contribution intégrant les surcoûts des aides spécifiques que la Ville apporte aux écoles publiques, notamment celles des quartiers fragiles classées en "réseau d'éducation prioritaire" pour aider à la réduction des inégalités face aux savoirs.

 

À PART CEUX DE GAUCHE, ÇA NE TROUBLE PAS LES ÉLUS D'UN CONSEIL POURTANT RÉPUBLICAIN

La position adoptée par les actuels élus écolos et de gauche est conforme au choix auquel, comme maire, je me suis toujours astreint – ce que, partout, font la plupart des élus, de droite comme de gauche –, considérant que le budget communal doit être destiné à l'ensemble de la population et non de façon discriminante pour des cas particuliers, nos écoles publiques disposant de suffisamment d'espaces pour accueillir tous les élèves seynois. Et ce bien sûr en respectant la liberté que la loi confère aux parents de scolariser leurs enfants dans le privé, la commune apportant sa juste contribution légale, mais seulement sa contribution légale, le surplus devant être assumé par les familles, l'organisme gestionnaire de l'école, voire la paroisse, l'évêché, l'archevêché, le Vatican ou le Royaume des Cieux.

Comme citoyen libre-penseur athée, je suis tout de même scandalisé que la décision de la maire de porter de 600 à 1200 euros le forfait alloué par la commune pour chaque élève de "l'escòla dei capelans" n'ait pas soulevé plus de protestations parmi les 49 membres d'un conseil municipal supposé républicain.

Et je serais bien tenté d'aller plus loin, mais, sait-on jamais en ces temps d'obscurantisme néo-médiéval où de nouveaux croisés appellent en vue de l'élection présidentielle au retour aux « valeurs chrétiennes » de la France, je ne voudrais pas finir sur un bûcher comme Segarelli.

 

VASES COMMUNICANTS ET TOUR DE PASSE-PASSE BUDGÉTAIRE

J'aurais d'autant plus cette tentation que je ne peux m'empêcher de rapprocher cette décision de celle prise lors du vote du budget 2021 de réduire de 21% par rapport à 2019 les subventions allouées aux associations laïques qui œuvrent pour l'enfance, la jeunesse et les familles dans une démarche socio-éducative pour l'émancipation, sans distinction, de nos petits futurs citoyens de tous les quartiers de la commune, de toutes les croyances et de toutes les origines. J'en faisais état, chiffres à l'appui, en avril dernier (voir ICI).

À ceux qui voudraient en savoir plus et connaître dans le détail le tour de passe-passe comptable qui a permis de doubler l'aide communale à cette école privée confessionnelle, je propose de lire en cliquant ICI l'extrait d'un article que les élus écologistes et de gauche ont mis sur leur blog très instructif auquel j'invite d'ailleurs les visiteurs du mien à s'abonner.

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26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 05:04

C'est parfois une satisfaction bien humaine que de constater qu'un dispositif original qu'on a imaginé fait ses preuves et perdure par delà les alternances politiques. Celui du rappel à l'ordre solennel des jeunes coutumiers de l'absentéisme scolaire – et de leurs familles – que nous avons instauré en coopération avec l'État à partir de l'année scolaire 2016-2017 en fait partie.

La Seyne a été pionnière varoise pour cette action s'inscrivant dans le programme de notre Conseil local de sécurité et de prévention la délinquance (CLSPD). Elle porte ses fruits. La plupart des adolescents en lourd décrochage scolaire prennent l'engagement de retourner à l'école. Et s'y tiennent.

Mais, comme je ne peux m'empêcher d'être toujours un peu espiègle, je m'autorise sous forme d'un petit jeu à émettre une amicale réflexion critique après la lecture d'un article paru ce jeudi dans Var-matin sur le sujet...

 

Quatre années se sont écoulées entre les deux photos qui illustrent des articles exposant le dispositif. Sur chacune, on voit des représentants de l'Éducation nationale, de la Police et de la Justice entourant ceux de la mairie.

Sur celle du haut, extraite d'un article de l'automne 2017 de l'ancien magazine municipal "Le Seynois", ce sont les adjoints au maire d'alors, Claude Astore, chargé de la sécurité, et Jean-Luc Bigeard, chargé de la prévention, qui sont à la manœuvre pour sermonner un jeune "décrocheur". Sur celle du bas, illustrant le récent article de Var-matin, c'est l'actuel adjoint à la maire, chargé de la politique de la ville et de la prévention, qui remplit le même rôle auprès d'un autre jeune en rupture scolaire. Continuité républicaine de bon aloi. Ça fait toujours plaisir.

 

UN PETIT JEU D'OBSERVATION POUR SE DÉTENDRE...

Mais, même sur un sujet sérieux, on a droit d'un peu se distraire. Venons-en donc au petit jeu que j'évoquais. Observez bien la photo du bas, celle de 2021. Il y a quelque chose qui cloche. À vous de trouver l'erreur. Le premier des visiteurs de mon blog qui trouvera la bonne réponse gagnera... la considération de tous les autres.

Pour me transmettre votre réponse, cliquez ICI.

Et rendez-vous demain, sur mon blog, pour connaître le gagnant (s'il autorise la publication de son nom) et surtout la bonne réponse !

 

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20 novembre 2021 6 20 /11 /novembre /2021 05:43

« Et les jeunes dans tout ça ? » était le thème mis en débat, lors du Salon des Maires qui se tient traditionnellement à Paris en parallèle au Congrès annuel de l'Association des Maires de France, par trois associations nationales très préoccupées par l'impact de la crise sanitaire sur l'enfance et la jeunesse des quartiers urbains fragiles : l'Association des Maires Ville & Banlieue de France (AMVBF), l'Association de la Fondation Étudiante pour la Ville (AFEV), et l'Association Nationale des Conseils d'Enfants et de Jeunes (ANACEJ).

De nombreux maires, adjoints et conseillers municipaux chargés de ces thématiques dans les communes concernées s'y sont donné rendez-vous pour partager leurs constats de situations, leurs inquiétudes, les solutions imaginées et leurs analyses des impacts mitigés des mesures mises en œuvre pour leurs jeunes concitoyens. 

Pas ceux de La Seyne. Dommage.

 

ENFANTS ET JEUNES GRAVEMENT VICTIMES DE LA CRISE SANITAIRE ET SOCIALE

C'est un fait, les mineurs et les jeunes adultes des 1514 sites populaires urbains prioritaires payent un lourd tribut à la pandémie de coronavirus. Suroccupation des logements dans les périodes de confinement, rupture scolaire par manque de moyens logistiques pendant les temps d'enseignement à distance, décrochages des activités socio-éducatives, culturelles et sportives, difficultés psychosociales résultant des mesures imposées, gestion sanitaire difficile entraînant une plus grande transmission du virus, graves difficultés économiques des familles allant jusqu'à de dramatiques reculs des réponses aux besoins élémentaires vitaux, insertion professionnelle freinée par l'impact de l'épidémie sur le tissu économique, les réalités partagées sont édifiantes. Dans les quartiers populaires, la crise sanitaire est bien plus violente qu'ailleurs pour les jeunes générations.

C'est bien pourquoi les élus locaux des territoires vulnérables, en première ligne, ont besoin de se retrouver pour échanger, imaginer ensemble des pistes se fondant sur leurs expériences, et plaider la cause de leurs habitants en détresse auprès de pouvoirs publics pas toujours à la hauteur.

Comme président honoraire demeurant actif à la demande de mes anciens collègues de « Ville & Banlieue », j'ai encore une fois pu mesurer combien il est utile, face à de pareilles difficultés, de se serrer les coudes et de construire des partenariats entre communes, mais aussi avec des associations de niveau national telles que l'AFEV et l'ANACEJ, co-organisatrices de ces échanges, qui fédèrent beaucoup d'expertises.

 

SORTIR LES QUARTIERS DE LEUR ÉTAT DE RELÉGATION

M. MACRON À L'ÉCOUTE DES MAIRES

C'est d'autant plus nécessaire que le Président de la République, pourtant interpellé solennellement par l'Association des Maires de France sur les enjeux des quartiers prioritaires (lire ICI), a balayé avec suffisance les attentes des territoires en déshérence dans son allocution de clôture du Congrès des Maires, estimant outrageusement que le nécessaire était fait.

Or on en est très loin. L'exemple de la jeunesse est édifiant, le défi de l'égalité républicaine demeure d'une cruelle actualité. Les avancées obtenues, parfois de haute lutte, par les maires et leurs associations ("cités éducatives", "quartiers d'été", "colos apprenantes", "Micro-Folies", "cités de l'emploi", "bataillons de prévention", budget accru de la rénovation urbaine, ...), dont bénéficie d'ailleurs La Seyne, sont bien trop insuffisantes. Il faut poursuivre les efforts de persuasion.

 

LA SEYNE DEVRAIT DEMEURER AU COMBAT AVEC LES AUTRES

Le nouveau président de l'Association des Maires de France, M. Lisnard (Les Républicains), dont je suis pourtant très loin de partager les idées politiques, l'a exprimé clairement à M. Macron : « Et ce ne sont certainement pas de grands discours, souvent caricaturaux, qui feront sortir nos banlieues de l’état de relégation dans lequel elles sont plongées. Là encore, les espoirs qui avaient été suscités ont été déçus et le sabordage du "rapport Borloo" justifie la mobilisation de nos collègues maires de quartiers prioritaires de la politique de la ville. »

Et c'est pourquoi je persiste à penser que La Seyne a tort de s'isoler des autres communes populaires de France qui œuvrent ensemble, au sein de « Ville & Banlieue », pour peser fortement pour que les quartiers difficiles, dont notre centre-ville et notre quartier Berthe, sortent, justement, de leur « état de relégation ».

En ce 20 novembre, journée mondiale de l'enfance, puisqu'on évoque les mineurs des quartiers de relégation, ça pourrait être un joli signal que la maire revienne sur son choix d'esseulement de notre commune...

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15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 03:35

Un sou est un sou. Lorsqu'on peut faire financer à 100 % un projet, pourquoi s'en priver ?

Il faut croire que La Seyne a servi de test à l'État pour voir s'il ne pouvait pas tenter de se désengager du financement du dispositif des « cités éducatives ». Et ça a marché, ainsi que je le rapportais dans un précédent article de ce blog. Alors qu'elle n'y était pas contrainte, notre commune a accepté de mettre la main au porte-monnaie.

Pourtant, l'Association des Maires Ville & Banlieue de France, en s'insurgeant (voir communiqué en bas de cet article) contre l'hypothèse émise par une commission officielle d'envisager de demander pour 2022 une participation financière aux collectivités locales pour ce programme social et éducatif, confirme que ce n'est jusqu'à présent pas une obligation.

 

L'adjoint à la maire chargé de la politique de la ville s'est donc fait duper par l'État. Et il aurait pu se passer d'en faire lors d'un entretien de presse un sujet politicien en forme de charge contre ses prédécesseurs supposés inconséquents. La réalité lui revient au visage. Mais on ne va pas en sourire, l'important serait désormais que La Seyne envisage de se joindre au concert des autres maires des villes populaires vulnérables pour refuser solidairement que l'État impose l'inacceptable pour l'avenir.

 

LA CRISE SANITAIRE A ACCRU LES INÉGALITÉS FACE À LA RÉUSSITE SCOLAIRE

Au lieu de sans cesse regarder en arrière, il y a des sujets pour le futur où, l'union faisant la force, les collectivités locales regroupées ont matière à faire avancer les choses pour ce qui concerne la réussite scolaire et l'insertion professionnelle et sociale des enfants et des jeunes des villes et quartiers fragiles. C'est d'autant plus nécessaire depuis que la crise sanitaire a accru les inégalités entre classes sociales. Le ministère de l'Éducation nationale relève lui-même que, à cause du coronavirus, le niveau en lecture et en maîtrise des nombres est plus faible en 2020 qu'en 2019 et que « ces constats sont systématiquement plus dégradés pour les écoles relevant de l'éducation prioritaire que pour les autres. »

 

RAISON DE PLUS POUR EXIGER DES MOYENS DE SOUTIEN ET DE COMPENSATION

Entre autres combats où les communes ont besoin de parler d'une seule voix forte, au-delà des « cités éducatives », se pose, et notamment pour La Seyne, la question de l'obtention d'une « dotation de surcharge scolaire » pour que l'État couvre les charges qu'une Ville doit assumer en plus des autres communes pour ses écoles en « réseau d'éducation prioritaire » (REP) et la révision de la géographie de l'éducation prioritaire pour qu'aucun quartier vulnérable classé « politique de la ville » du pays ne soit plus oublié par l'Éducation nationale parmi les « REP », ce qui, justement, est le cas du centre-ville de La Seyne.

Être élu, c'est aussi se bagarrer pour son territoire.

 

 

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14 octobre 2021 4 14 /10 /octobre /2021 12:07

Invités puis priés de ne pas répondre à l'invitation ! C'est ce qui est arrivé à Any Baudin, élue de la précédente équipe municipale en charge du handicap, à Olivier Andrau, élu aujourd'hui minoritaire et ancien adjoint au maire à l'action sociale et la santé, et à moi-même.

L'inélégance du geste n'est absolument pas le fait de l'association invitante. Nous avions en effet été conviés par l'Association Présence, devenue Phar83, au lancement, prévu ce vendredi, des travaux d'un beau projet qu'elle bâtit depuis plusieurs années en coopération avec la commune : un site à vocation médico-éducative permettant à des enfants handicapés de vivre des activités en des temps et des espaces partagés avec des écoliers qui ne le sont pas. Un projet à propos duquel l'association écrivait dans son invitation que notre équipe l'avait « durant plusieurs années soutenu » et qu'elle avait « œuvré à sa concrétisation ».

Le fait que l'association a été contrainte – et est sincèrement contrite – de revenir sur son invitation n'est certes qu'anecdotique, mais elle constitue un énième exemple de la conception de la maire de La Seyne en matière de courtoisie démocratique vis-à-vis d'anciens élus, de considération des minorités, puisque l'un d'entre nous siège encore au conseil municipal, de continuité républicaine, et de respect de l'autonomie d'une association.

Anecdotique, car la chose importante, c'est que le projet démarre.

 

PROXIMITÉ, ESPACES, TEMPS ET ACTIVITÉS EN PARTAGE

C'est en effet une belle perspective de stratégie éducative de rapprochement à vocation inclusive entre personnels des écoles de l'Éducation nationale et formateurs d'un établissement associatif laïque agréé par l'État pour ses missions éducatives et médico-sociales (en France la quasi totalité de ces établissements sont privés, quoique sans but lucratif et exerçant sous la tutelle de l'État).

L'idée était que la Ville accède à la demande de l'association de construire son nouvel établissement sur un terrain communal délaissé à côté des écoles publiques Léo-Lagrange des Sablettes, des espaces médians permettant aux enfants ayant une déficience intellectuelle, avec ou sans autres troubles associés, de côtoyer dans un but d'intégration sociale les enfants non porteurs de handicap, et à ces derniers de vivre des temps concourant à l'acceptation de la différence. Un concept gagnant-gagnant en quelque sorte pour les deux équipes éducatives. Le conseil municipal d'alors y avait souscrit à l'unanimité.

On en est à l'heure de la première pierre. Avec mes anciens collègues élus, nous saluons – même si c'est hélas de loin – l'initiative de l'association Phar83 et nous formulons le vœu d'un chantier sans embûche. Et, très vite, d'une réussite dans le fonctionnement.

 

La photo illustrant cet article est "capturée" sur l'excellent site Internet enfant-different.org, soutenu par le Grand Lyon, la Ville de Lyon, l'État et la Caisse d'Allocations Familiales. Je peux la retirer si on me le demande.

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11 octobre 2021 1 11 /10 /octobre /2021 03:59

Dans un communiqué publié sur son site Internet, le syndicat CGT du Var des personnels de l'Éducation nationale a annoncé l'abandon d'un projet absurde de la municipalité.

Depuis 2018, il était prévu et budgété par notre équipe municipale la construction d'un groupe scolaire maternelle et élémentaire dans le centre-ville seynois en remplacement des très anciennes écoles Amable-Mabily et Jules-Verne. Les travaux devaient débuter en 2020.

La maire y avait renoncé et imaginé d'installer les petits – et même tout-petits – élèves au sein... d'un établissement scolaire secondaire, en l'occurence le collège Marie-Curie.

 

LA MOBILISATION DE TOUS LES CO-ÉDUCATEURS ET DE CITOYENS A PAYÉ

La forte et responsable mobilisation des personnels des divers niveaux de la scolarité, de leurs syndicats, des parents d'élèves, avec l'appui de citoyens, dont les élus de l'opposition de gauche, a donc amené la maire à engager une concertation. C'était déjà un pas, eût-il été durement obtenu.

La municipalité, à ma connaissance, n'a pas confirmé cette décision, probablement prise après un avis défavorable des autorités académiques. Mais, si tel est bien le cas, je saluerai le fait que la raison ait enfin prévalu après une trop longue phase d'obstination.

 

ON S'EMMÊLE  TÔT OU TARD LES PINCEAUX À TROP MANIER LA CONTREVÉRITÉ

Je ne reviendrai pas sur les arguments qui ont été développés par le réseau des enseignants et parents, que je partageais d'autant plus que la municipalité n'hésitait pas à manier la désinformation et le mensonge sur notre gestion du sujet entre 2018 et 2020, m'obligeant à rétablir des vérités par plusieurs articles de ce blog (, et ).

Le syndicat Éduc'action expose la situation dans un article paru sur son site et dont je livre le lien ci-dessous.

De son côté, toujours prompte à communiquer, la municipalité ne va sûrement pas manquer d'expliquer cette sage décision et d'annoncer les perspectives qu'elle se donne pour reprendre le programme de construction qu'elle avait abandonné. Ce sera un beau geste de continuité républicaine en faveur de l'école pour tous.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
6 octobre 2021 3 06 /10 /octobre /2021 10:08

Déjà que l'argent est une denrée rare pour les collectivités locales qui abritent des quartiers populaires fragiles, faut-il qu'elles mettent en plus la main à la poche lorsqu'elles s'inscrivent dans un dispositif impulsé par l'État pour répondre aux besoins des plus pauvres de leurs habitants ?

On a le sentiment que La Seyne, comme d'autres communes, s'est laissée abuser par l'État pour son programme de "Cité éducative".

La Ville n'avait pas à engager des financements pour ce dispositif. Pourquoi l'a-t-elle fait ? 

Et ça pourrait n'être pas fini...

 

IL N'A JAMAIS ÉTÉ QUESTION QUE LA COMMUNE FINANCE !

Les choses étaient pourtant claires dès 2019, lorsque nous avons reçu Julien Denormandie, alors ministre en charge de la Ville, venu porter sur les fonts baptismaux l'une des toutes premières "cités éducatives" de France : l'aide, d'ailleurs significative, de l'État venait en complément, pour le renforcer, de ce que la commune investissait déjà en faveur des 0-25 ans pour compenser sur le plan éducatif scolaire, périscolaire, socio-sportif et socioculturel les inégalités dont souffrent nos jeunes concitoyens des milieux populaires, en l'occurence ceux des secteurs de scolarisation de trois de nos quatre collèges publics.

C'était convenu ainsi. Notre Ville fait beaucoup d'efforts pour l'enfance et la jeunesse, bien au-delà de ses obligations. Et l'État lui en impose déjà des supplémentaires, par exemple en la contraignant à assumer les surcoûts découlant de la décision gouvernementale de "dédoubler" les effectifs des petites classes de l'enseignement primaire pour aider à la réussite scolaire dans les quartiers classés "Réseau d'éducation prioritaire" (ce qui, en soi, est une bonne chose) : agents des écoles maternelles supplémentaires, coût doublés d'entretien des locaux, d'électricité, de chauffage, fournitures et logistique, etc.

Mais, à La Seyne comme ailleurs, il n'a jamais été question pour les "cités éducatives" que la commune soit contrainte d'aller au-delà de la valorisation des charges qu'elle assume déjà.

 

L'ÉTAT A TENTÉ UN COUP DE POKER, LA SEYNE S'EST LAISSÉE PRENDRE

Profitant peut-être de l'alternance politique locale de 2020, l'État a manifestement tenté – et réussi – un coup de poker avec La Seyne. Voilà que, ainsi que le rapportait Var-matin il y a un an, l'adjoint au maire chargé de la politique de la ville annonçait avoir dû engager la commune dans un financement du dispositif. Ça changeait tout.

Mais, au lieu d'en profiter pour envoyer un coup de griffe polémique et revanchard sur ses prédécesseurs en rejetant sur eux la faute, pourquoi la municipalité, comme d'autres l'ont fait, ne s'est-elle pas opposée à ce coup de force gouvernemental ?

Et qu'on ne fasse croire à personne que, sans participation financière de la Ville, l'État serait revenu en arrière sur sa décision d'octroyer à La Seyne le label "Cité éducative" ! Il n'y aucune obligation pour une collectivité à financer. D'ailleurs, le rapport récemment publié par la très officielle Mission d'appui et d'accompagnement des cités éducatives, le confirme :

 

MAIS LE PIRE EST À VENIR. LA SEYNE VA-T-ELLE ACCEPTER L'INACCEPTABLE ?

Espérons à présent que, suivant l'adage "chat échaudé craint l'eau froide", la Ville ne se fasse pas avoir une deuxième fois. Car le pire est à venir. Le même rapport annonce la couleur :

C'est clair. Il n'y a aucune certitude quant à la poursuite du financement de l'État au-delà de 2022. Celui-ci pourrait envisager d'imposer aux collectivités locales un cofinancement à 50%. Et, là, ça changerait tout.

L'État libéral est coutumier du fait. Il lance un programme, accorde des appuis d'amorçage au début, et puis se retire, laissant les collectivités se débrouiller. Et, si elles ne le peuvent pas, elles assument la responsabilité face à leurs administrés de l'arrêt d'un dispositif qui, à l'usage, s'est avéré bénéfique, voire indispensable. Le maire est plus à portée de claque que le ministre...

Je sais bien qu'il n'est pas dans la culture conservatrice libérale des élus de l'équipe municipale seynoise d'engager une lutte contre l'ordre gouvernemental. On n'a pas beaucoup vu la droite seynoise se mobiliser pour notre maternité, notre hôpital, nos bureaux de poste, notre gare ferroviaire, lorsque ces services publics locaux ont été attaqués.

Et, là, si les annonces de la mission devaient se concrétiser, qu'en sera-t-il ? Sera-ce encore la faute des prédécesseurs qui n'avaient qu'à pas engager la commune dans ce dispositif de "cité éducative" ?...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 07:51

Dans une vidéo récemment mise en ligne sur le site Internet de la commune, la maire de La Seyne expose un projet alternatif au programme de relocalisation des écoles maternelle et élémentaire Amable-Mabily et Jules-Verne dont les travaux auraient dû démarrer, mais dont elle a choisi de supprimer le budget.

Cette nouvelle piste consisterait à utiliser des espaces du collège Marie-Curie, certes notoirement en sous-effectif, et dont on pourrait encore rétrécir le secteur de scolarisation, avec les accords prétendus acquis de l'Éducation nationale et du Département.

Pourquoi pas ?... Sauf que...

 

Sauf que l'analyse de la maire repose sur une affirmation erronée, d'autant plus étonnante de sa part que, comme vice-présidente du Conseil départemental, collectivité responsable de la répartition des collégiens entre les divers établissements, elle ne peut ignorer ce qu'il en est des secteurs de scolarisation des collèges de La Seyne.

 

NON, LES COLLÈGES CURIE ET ÉLUARD NE COUVRENT PAS LE MÊME SECTEUR

Ainsi, la maire expose une nouvelle contrevérité : « (...) Donc je me suis rappelée que dans la stratégie du Département sur la ventilation des jeunes entre le collège Paul Éluard et le collège Curie qui recrutaient finalement les jeunes sur le même secteur, à 300 mètres de distance (...) ».

C'est absolument faux. Certes les deux collèges se trouvent à deux pas l'un de l'autre (ce qui a d'ailleurs longtemps permis au Conseil départemental de refuser de réaliser certains équipements sportifs lors des rénovations, estimant que les deux collèges pouvaient les avoir en partage). Mais ils n'accueillent absolument pas les adolescents des mêmes lieux de résidence !

La preuve est apportée par le Conseil départemental lui-même, où la maire siège tout de même depuis 2015, sur son site Internet dédié aux collèges, duquel est extraite la carte ci-dessous, qui parle d'elle-même...

La démonstration de la maire se fonde donc sur des éléments inexacts.

 

UN MAUVAIS COUP POUR LA SCOLARITÉ DES JEUNES DU CENTRE ANCIEN

Et cette option serait d'autant plus dangereuse que, pour libérer des espaces au sein du collège Marie-Curie afin d'y implanter un groupe scolaire primaire, il serait possible au Conseil départemental de réduire le secteur de scolarisation de celui-ci et d'envoyer jusqu'à atteindre sa capacité maximale les collégiens de certains quartiers au collège Paul-Éluard.

Or plus un établissement est de petit effectif, plus l'État en profite pour fermer des postes d'enseignants, de vie scolaire et de direction. Ce serait inacceptable pour un établissement comme Marie-Curie qui accueille des jeunes du quartier prioritaire qu'est le centre ancien, et ceux des cités HLM de La Présentation et du Mont-des-Oiseaux, qui a besoin à la fois de ressources humaines surnuméraires et d'une diversité d'offres de formations, comme le maximum de choix dans les langues vivantes, voire des filières d'excellence (sections sportives, bilangues, classes-défense, classes environnement, etc.) de nature à attirer des collégiens de quartiers plus favorisés afin de gagner en mixité sociale pour favoriser l'émulation de tous. Il est donc indispensable de lui conserver la possibilité d'accroître ses effectifs.

 

ET UNE ENTRAVE À LA RÉSOLUTION DES PROBLÈMES DE SUR-EFFECTIFS DU COLLÈGE DES SABLETTES

Et ça bloquerait toute faisabilité de révision générale des secteurs des collèges seynois, absolument nécessaire pour désengorger le collège Jean-L'Herminier des Sablettes, totalement surchargé au-delà de sa capacité d'accueil, dont les personnels et les parents d'élèves réclament à cor et à cri, et à juste titre, que les effectifs soient ramenés au niveau de sa possibilité initiale d'occupation.

Le projet alternatif de la maire, s'il pouvait être sympathique au regard d'une certaine continuité pédagogique de la petite enfance à l'adolescence, est donc une fausse bonne idée.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse

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