28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 03:35

Bien sûr, ce n'est que lorsque nous aurons décroché notre ticket pour embarquer dans l'aventure du "Nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU) que nous pourrons — enfin ! — disposer de moyens significatifs pour intervenir sur les infrastructures de notre centre ancien. Le dossier de l'agglomération — car c'est désormais de sa compétence — est prêt et validé, ne manquent plus que les signatures pour attaquer... les études rendues obligatoires par la loi.

Autant dire que, pour en arriver au démarrage d'opérations concrètes rendues possibles par des subventions, il va encore s'écouler du temps. Mais ça ne nous empêche pas, avec les moyens du bord, de faire avancer, chaque fois que possible, quelques projets de nature à redynamiser notre centre ancien.

C'est le cas avec l'ouverture de notre nouvelle "Maison de la jeunesse", installée depuis peu dans les locaux de l'ancien centre médico-social municipal "Danielle-Casanova", fermé depuis les années 90, sur la place Germain-Loro. Une première tranche de locaux réaménagés a été mise en service il y a une semaine.

Je livre aux visiteurs de mon blog le propos inaugural que j'ai prononcé à cette occasion...

 

« Excusez moi de parler agenda pour ouvrir mon propos, mais c’est plus de la teneur et de la nature des choses accomplies que de dates qu’il s’agit.

« Jeudi dernier, c’est depuis la commune normande d’Hérouville-Saint Clair que je lançai avec mes collègues maires de l’association Ville et Banlieue, l’appel aux candidats à la présidentielle à se préoccuper de politique de la ville et des quartiers populaires, dans leurs engagements de campagne d’abord, et dans la structure même de leur futur gouvernement s’ils étaient élus. C’est-à-dire que nous avons demandé, entre autres choses, et notamment un effort vers l'insertion par l'éducation des jeunes et la formation professionnelle pour tous, que ce soit le futur premier ministre qui ait en charge directe la politique de la ville plutôt qu'un seul ministre délégué qui peine à mobiliser ses collègues autour des enjeux des quartiers prioritaires comme notre centre ancien.

« Vendredi, de retour en terres seynoises, c’était la "Maison des Femmes" qui naissait rue Blanqui, 6 appartements T2 permettant l’hébergement d’urgence de femmes et leur protection en cas de violences conjugales, œuvre d’un partenariat multiple, dans lequel, bien sûr, la Ville de la Seyne.

« Samedi, les jeunes Seynoises et Seynois se sont déplacés en nombre place Laïk pour venir recevoir leur carte d’électeur.

« Hier dimanche, des jeunes de notre ville ont répondu à l'invitation de la fédération des anciens combattants d'Algérie pour honorer avec moi la mémoire de ceux qui ont laissé leur vie de l'autre côté de la Méditerranée et appeler à la paix et à l'amitié entre les peuples du Monde.

« Et aujourd’hui, enfin (pour ce qui est du calendrier du moins) c’est ici, dans cet espace Danielle-Casanova que bat désormais le coeur de la jeunesse Seynoise.

 

UNE AUTRE RÉALITÉ DE LA VIE PUBLIQUE ET DES JEUNES

« Pendant ce temps, l’avers de ce présent était une autre réalité, voire une réalité toute autre, mais montrée celle-là : celle d’un jeune déséquilibré ouvrant le feu sur ses camarades dans un lycée de la région, à Grasse, celle d’un colis piégé blessant un agent d’accueil dans les locaux parisiens du FMI, celle d’une chronique judiciaire à n’en plus finir, collant à une partie de la classe politique en lice pour les futures présidentielles.

« Vous comprenez alors que la réalité est bien plus vaste et qu’il ne faut jamais se limiter au seul champ de ceux qui possèdent les écrans qu’on croit maîtriser.

« Pendant que certains élus assurent le spectacle, emberlificotés dans leurs costumes d’affaires judiciaires, d’autres, beaucoup plus nombreux mais dont on parle moins, beaucoup plus vertueux, travaillent à des projets partagés, à des réalisations d’utilité sociale et publique.

« Pendant qu’un jeune déséquilibré s’attaque sauvagement à ses camarades avec des intentions mortelles, d’autres, beaucoup plus nombreux et beaucoup plus équilibrés, entrent de plain pied et en pleine conscience dans l’âge de leur citoyenneté et de leur vie d’adulte,

« Et ces « beaucoup plus nombreux » n’assurent pas le spectacle, n’ont pas les faveurs des caméras, mais tiennent ensemble, dans leurs mains, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la société comme un projet partagé de manière responsable. Je vous laisse juges de ce déséquilibre flagrant de « réalité » entre ce qui est montré et ce qui est fait.

 

UN TRAVAIL PATIENT ET MÉTICULEUX DES SERVICES PUBLICS ET DES ASSOCIATIONS

« Revenons donc à une partie de ce tout qu’est la réalité : la Maison de la jeunesse. C’est une concrétisation et une consécration, c’est l’aboutissement d’un travail politique, la somme de nos forces municipales, associatives, institutionnelles.

« Oui, la jeunesse est ici un service public et partenarial et nous y tenons. Oui, la jeunesse est au cœur de nos préoccupations et au cœur de notre ville. Ce lieu naturel qui s'est dégagé, désormais espace Danielle-Casanova, est l’ancien centre médico-social municipal et, désormais, une avant-garde de notre politique publique.

« En effet, ce bâtiment réunit l'ensemble des critères de choix : à la croisée des chemins des établissements scolaires (3 collèges et 2 lycées), un espace extérieur agréable, des locaux adaptés (lieux d'échanges et de détente et espaces confidentiels).

« Le rez-de-chaussée, libéré par le secteur administratif du service Jeunesse et le service « entretien des locaux », a connu quelques travaux de mise en sécurité et de mise aux normes pour accueillir cette Maison de la Jeunesse qui regroupe le BIJ et, à terme, des permanences de partenaires.

« Et, à peine inauguré, il entre pleinement en fonction dès demain en recevant le forum des jobs d’été auquel je souhaite d’ailleurs encore plus de succès que ceux rencontrés déjà les années passées.

« J’aimerais aussi vraiment profiter de l’occasion pour saluer le travail patient, méticuleux, constant, opiniâtre, collectif, de tous ceux qui ont bien travaillé à la concrétisation de cette volonté politique de favoriser, valoriser et servir la jeunesse.

« Je ne vais pas citer tout le monde de peur d’en oublier mais, des élus en charge de la jeunesse, en passant par les cadres, les agents, les animateurs professionnels de la commune, les bénévoles associatifs des structures partenaires. Permettez-moi de tirer mon chapeau à toutes et tous.

 

L'ÉDUCATION ET L'INSERTION VECTEURS DE PRÉVENTION

« Ce lieu sera, j’y tiens et je le souhaite, le lieu de la jeunesse seynoise, en plus des 3 autres espaces accueil jeunes existant depuis 2009 et qui n’ont cessé d’assurer une présence active couvrant l’ensemble du territoire de la commune. La maison de la Jeunesse intègre également l’espace accueil jeune citoyen, le petit dernier créé des EAJ, né en 2012 dans le cadre de la qualification du centre-ville en Zone de Sécurité Prioritaire par l'État. Nous avions immédiatement proposé d'expérimenter, en pendant au dispositif de vidéo surveillance, un Espace d'Animation Citoyenne, devenu très rapidement Espace Accueil Jeunes Citoyen. Initialement installé rue Baptistin-Paul, puis rue Evenos, c’est aujourd’hui ici qu’il prend toute sa place.

« Cette Maison de la jeunesse est donc un maillon essentiel et nécessaire à notre projet éducatif territorial qui donne une vision globale de l’offre éducative de 0 à 25 ans.

« Cette volonté en direction des jeunes relève d'abord du souci de cohérence et de bon sens. Sur les questions relatives à la santé, aux sports, à la culture, à l’insertion dans la vie professionnelle, à la participation citoyenne, etc, il était indispensable, tant aux politiques que nous sommes qu’aux techniciens, de se doter d'une vision commune globale afin d’éviter de travailler chacun de son côté de façon incohérente.

« Dans ce but, nous avons cherché à flécher les parcours des jeunes, de la petite enfance jusqu'à l'entrée dans la vie active, en passant par l'école, l'apprentissage ou l'université, en essayant d'intégrer toutes les composantes, tous les écueils de ce parcours complexe qui va de la petite enfance à l'âge adulte.

 

UNE MAISON POUR TOUS LES JEUNES DANS UN CENTRE-VILLE POUR TOUS

« Et cette maison est désormais celle de tous les jeunes seynois de 16-25 ans, elle regroupe des associations collaborant autour d'un projet commun : le Bureau information Jeunesse et le service municipal jeunesse, sa direction et son Espace Accueil Jeunes Citoyen, afin que les jeunes puissent avoir un maximum de cartes en mains et d’interlocuteurs pour pouvoir dessiner, peaufiner leur projet professionnel et personnel.

« Vous l’aurez compris, ce lieu d'échanges, d'accueil, d'orientation et d'accompagnement est un lieu de vie nouveau pour la jeunesse, pour notre cœur de ville également. Il ancre aussi notre volonté de développer le partenariat avec l'ensemble des acteurs socio-éducatifs et de prévention, institutionnels comme associatifs… au service de la jeunesse.

« Si ce lieu est une partie moins ostensible de cette "réalité spectacle" que j’évoquais en démarrant mon propos, il est d’une réalité utile, pratique, concrète, faite, je le disais aussi, de la somme de nos forces et de nos intelligences, je dis ça sans prétention.

« Et rien que ça, c'est une belle réussite. »

 

> J'ai dérobé les photos illustrant cet article au site d'informations "Ouest-Var.net" qui, je l'espère, ne m'en voudra pas...

22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 06:05

Nous étions, samedi dernier, rassemblés sur la place Laïk, notre historique agora du bas de notre marché provençal où les palabres vont bon train, pour accueillir comme nouveaux acteurs de la République, les Seynoises et Seynois devenus majeurs ces derniers mois.

Il s'agissait de leur remettre à la fois dans la solennité et dans la convivialité leur « Livret citoyen » et leur toute première carte électorale.

Le propos que je leur ai tenu à cette occasion...

 

« Mesdames, Messieurs,

« Et je m'adresse an particulier à vous les jeunes qui êtes ici, bien présents - et je vous en félicite -, pour cette remise du livret citoyen.

« Pour la plupart, vous venez d’avoir 18 ans et vous accédez à la pleine citoyenneté.

« Ce n'est pas rien, cette étape de votre vie, vous en avez conscience. Ce moment, nous le passons ensemble, ici, prenant à témoin nos concitoyens, sur une place publique, la place Laïk, au coeur de notre ville.

« C'est un acte symbolique bien sûr. Mais il marque le fait que vous devenez des citoyens de la République à part entière, par votre nouveau droit : voter.

« Je le disais, nous voici sur une place publique. Pourquoi ? D'abord parce que la République a besoin de transparence, elle doit, dès qu'elle le peut, s'exprimer au milieu du peuple.

« Car elle appartient à toutes et tous.

 

LA RÉPUBLIQUE, CE N'EST PAS SE RETROUVER DANS L'ENTRE-SOI

« Publique, notre rencontre aujourd'hui est également bien réelle. Elle n'est pas virtuelle, dématérialisée. Sans critiquer les réseaux sociaux, là, on n'y est pas... Nous ne sommes pas cachés derrière une adresse IP, nous nous regardons droit dans les yeux, on se fait un signe, on se serre la main ou on se fait la bise... Bref, on vit dans le monde réel.

« Ce monde réel qui peut être terrible, difficile, hostile parfois, c'est vrai. Mais qui recèle aussi tellement de richesses, qui peut être magnifique, plein de joie et d'espoir.

« La République, ce n'est pas non plus se retrouver entre soi, de façon égoïste, et encore moins agressive ou haineuse comme c'est le cas parfois.

« L'actualité de 2016, et ces tous derniers jours à Grasse, au lycée Tocqueville, montre que la violence folle, parfois sans raison rationnelle, parfois résultat du fanatisme et du désespoir... Et la peur, qui aveugle et empêche, justement, de se parler, de se comprendre, hélas, parfois...

« Vous l'avez compris. Plus la République est forte, forte de vous toutes et tous, plus elle sait s'ouvrir sur le monde et les autres. Affirmer notre identité ? Nos identités, bien sûr ! Mais pour nous enrichir de nos différences.

« Et faire obstacle à ceux qui n'ont pas compris les mathématiques et qui ne connaissent que la soustraction et la division. Jamais l'addition, la multiplication.

« Au contraire, être citoyen, c’est se donner la capacité, chacune, chacun, de s’élever au dessus de ses seuls intérêts, pour se soucier du bien public, de l'intérêt général.

 

DES VALEURS UNIVERSELLES

« Ces valeurs, historiquement, portent une dimension morale et universelle. Dois-je rappeler qu’elles ont inspiré, et inspirent encore, nombre de peuples qui cherchent les instruments de leur liberté ?

« Une liberté de pensée, une liberté d’agir, mais une liberté relative… En effet, cette liberté est inscrite dans le cadre de règles communes. L’histoire montre que l’excès de liberté des uns tourne immanquablement en excès de servitude de tous. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

« Cependant le danger serait grand de ne pas user de notre libre arbitre et de ne pas le protéger pour tous. Notre devoir, votre devoir désormais, est de permettre la liberté de conviction des autres, les minoritaires, les faibles, les fragilisés. C’est cela être citoyen, c’est cela la République… quand elle est vertueuse.

« C’est un combat ! Ce combat n’est jamais fini. C’est à vous, à nous, tous les citoyens, d’être vigilants. Vous êtes nés à la fin d’un siècle qui connut le fer et le sang ; pourtant surgissent encore les démons qui ont fait le malheur du passé : antisémitisme, racisme, xénophobie… loin, très loin, de la notion républicaine de fraternité.

« Dans notre République, la première des valeurs réside dans la communauté de destin de chacun de ses fils et filles, qu’il ou qu’elle s’appelle Pierre, Djamila ou Cali. Ni l’origine, ni l’appartenance philosophique ou religieuse, ne doivent différencier les citoyens français, ils sont égaux en droits et en devoirs. La République doit protéger le faible, et se doit d’être solidaire.

« Vous l’avez sans doute appris à l’école, la vertu républicaine réside dans la séparation des pouvoirs : l’exécutif est tempéré par une justice indépendante (je ne ferai pas de commentaires), par un législatif créatif et représentatif. Le peuple, c'est-à-dire vous et moi, en principe, a le dernier mot.

 

UNE PIERRE ANGULAIRE : LA LAÏCITÉ

« Retenez que la vigilance, c’est vous, collectivement, par le vote, qui l’exercez. C’est vous qui donnerez à la République indignité ou vertu : désintéressez- vous de la chose publique et vous aurez, au mieux, une démocratie d’élus, dont les valeurs reposeront sur leurs seules qualités d’hommes… qui restent faillibles.

« Nous devons être attentifs à combattre l’exaltation des particularismes qui séparent, qui excluent. Avec, la liberté, la fraternité, l’égalité, la République repose sur une pierre angulaire : la laïcité.

« Le principe est inscrit à l’article premier de notre Constitution. C’est pourquoi le ciment commun reste nécessairement, encore et toujours, l’école publique, laïque et obligatoire. Elle a ses défauts, des échecs, mais aussi une volonté de cohésion sociale, un humanisme universel, des règles de vie commune, une valorisation des potentialités individuelles.

« Ainsi la République des citoyens est une volonté qui agit, qui a bataillé pour la justice sociale, qui a conquis l’éducation gratuite et obligatoire, le droit de grève, la liberté syndicale, la sécurité sociale. Pourvu que ça dure…

« La République des citoyens a su tendre la main à ceux dont la naissance pouvait être un frein. C’est la singularité de notre nation, de notre drapeau, du français langue commune, même si les langues minoritaires doivent avoir droit de cité : se battre pour la paix, la justice, les droits de l’homme.

 

LA TRANSMISSION DU SAVOIR, POUR PERPÉTUER LA RÉPUBLIQUE

« Pour finir, je vous dirai que le citoyen est un sujet de droit. Il jouit des libertés individuelles, la liberté de conscience et d’expression, la liberté de s’associer – indispensable loi de 1901 - la liberté d’aller et venir, de se marier, d’être présumé innocent s’il est arrêté par la police, d’avoir un avocat pour être défendu, de participer à la vie publique, de voter et de se présenter aux élections, et bien d’autres choses…

« En revanche, il a l’obligation de respecter les lois, de participer aux dépenses collectives en fonction de ses ressources, de défendre la société, … car attention, l’incivilité est la fille naturelle du sentiment que tout est dû sans contrepartie. Nous devons, chacun à notre place, agir en pleine responsabilité.

« L’une de ces responsabilités, - vous serez sans doute parents un jour -, est l’éducation. L’éducation se fait tout au long de la vie. Le Savoir, les savoir-être, les savoir-faire, sont des biens précieux. Il convient de les protéger, de les faire croitre, et, surtout, de les transmettre. Car le pouvoir n’est pas dans sa détention mais bien dans sa transmission.

« Je forme le vœu, en vous remettant ce livret citoyen, que vous contribuiez à préserver ce droit à la connaissance, à l’éducation, seule façon de perpétuer la République. »

4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 16:21

Après la suppression de 80.000 postes d'enseignants sous le mandat de Sarkozy, et malgré la création de 60.000 postes au cours du quinquennat qui s'achève, objectif qui est atteint, à l'exception près peut-être de quelques milliers d'emplois ouverts mais pourvus par des professeurs pas encore formés, il demeure des besoins réels pour nos écoles seynoises, qui justifient que les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves soient assurés de l'appui de la municipalité pour accompagner leurs demandes aux autorités académiques.

Si l'on peut se satisfaire que les écoles de certains quartiers bénéficient d'un taux d'encadrement permettant des effectifs corrects d'enfants par classe, il demeure des disparités anormales, principalement dans certaines écoles des quartiers prioritaires « politique de la ville » que sont Berthe et le centre ville, comme pour la scolarisation des tout-petits de 2 ans, et pour l'accompagnement des élèves en difficulté par des rééducateurs et psychologues scolaires.

 

MOINS D'ENFANTS PAR CLASSE, DES PROFS MIEUX FORMÉS, DES EFFORTS POUR LES ENFANTS DÉFAVORISÉS

L'État doit accomplir des efforts supplémentaires. Si certains candidats à la Présidence de la République se vantent de vouloir réduire le nombre de fonctionnaires, celui que je soutiens, Benoît Hamon, propose quant à lui de créer en cinq ans 20.000 postes d'enseignants pour le primaire afin qu'on ne dépasse pas 25 enfants par classe — et 20 dans les zones d'éducation prioritaires —, 17.000 autres postes pour permettre les remplacements et une vraie formation continue, et encore 3.000 autres pour scolariser les jeunes enfants dès 2 ans dans les quartiers populaires en difficulté.

Comme nous l'anticipons avec notre révision de la sectorisation scolaire à La Seyne, Benoît Hamon veut imposer une « mixité sociale » en tous lieux, pour « tirer vers le haut » les enfants défavorisés et assurer une vraie cohésion nationale, y compris dans l'enseignement privé qui devra prendre sa part de cet effort.

 

UNE AIDE ACCRUE À LA CULTURE, AUX ACTIVITÉS PÉRISCOLAIRES ET AU TRAVAIL PERSONNEL DES ÉLÈVES

Il s'engage également à augmenter de 25% les appuis de l'État pour les activités périscolaires, avec un effort complémentaire pour les quartiers en difficulté, à développer l'orientation tout en valorisant l'enseignement professionnel souvent facteur méconnu de réussite, à accroître le nombre et la formation des adultes accompagnant les enfants porteurs de handicaps, à créer un service public de soutien scolaire assuré par des enseignants permettant, en faisant faire leurs devoirs et leçons à l'école à tous les élèves, de leur donner les mêmes aides et les mêmes chances, et à développer les arts et la culture à l'école.

Pour les enfants d'une commune comme La Seyne, riche de leurs diversités mais aussi confrontés, pour beaucoup, à des inégalités face à la réussite à l'École, ces renforts de moyens publics de l'État que propose Benoît Hamon seraient plus que bienvenus tant pour l'instruction que pour les actions éducatives complémentaires des temps libres.

 

RETROUVEZ LES PROJETS DE B. HAMON POUR L'ÉCOLE ET LES SERVICES...

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23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 22:40

C'est une réalité. Si la démographie seynoise continue de progresser à raison d'un pour cent chaque année depuis une décennie, la population d'enfants ne cesse de décroître. Et de façon fort disparate sur le territoire de notre commune. Des quartiers vieillissent plus et plus vite que d'autres, et c'est une tendance durable constatée depuis près de vingt ans.

Du coup, certaines écoles se vident inexorablement. Au quartier La Maurelle-Bellevue-Pont de Fabre, dans un rayon de 300 mètres autour de l'établissement "Intermarché", il existe trois écoles maternelles : l'une, Antoine de Saint-Exupéry, devrait perdre une classe à la rentrée 2017, une autre, Marie-Mauron, n'en a plus que trois, et la dernière, Romain-Rolland, faute d'un nombre suffisant d'élèves, n'héberge plus que deux classes au lieu des cinq qui y existaient jadis.

A contrario, à Berthe, quartier classé en site d'éducation prioritaire, là où les nombres d'écoliers par classe gagneraient à être minorés pour soutenir les efforts des enseignants vers l'égalité des chances des enfants, les effectifs demeurent conséquents, et même plus importants pour certaines écoles qu'ils ne le sont dans certains établissements du sud de la ville.

 

UNE RÉVISION DICTÉE PAR LA DÉMOGRAPHIE ÉCOLIÈRE ET L'AUSTÉRITÉ

De la même manière que le Département, en charge des bâtiments accueillant les collégiens, doit rééquilibrer la répartition des élèves entre les quatre collèges publics de La Seyne, la Ville devrait ainsi être contrainte de réviser ses secteurs scolaires primaires.

C'est une démarche délicate car elle bouscule des habitudes, celles des enfants, celles de leurs familles, et celles de l'ensemble des personnels qui travaillent pour les élèves. Peu d'élus locaux se risquent à l'entreprendre et, si l'État ne réduisait pas drastiquement les dotations qu'il alloue aux communes, celles-ci pourraient continuer à supporter des frais de fonctionnement significatifs pour maintenir ouverts des établissements, même s'ils abritent peu d'élèves. On admettra sûrement avec moi qu'il devient, en période d'austérité subie, incontournable que l'argent des contribuables serve à couvrir les coûts de l'éclairage, du chauffage, des fluides, de l'entretien et du ménage d'une seule école que ceux de deux écoles de deux et trois classes.

 

EN PROFITER POUR RÉDUIRE LES INÉGALITÉS ENTRE ÉCOLES

Alors, d'un mal pourquoi ne pas tenter de faire un bien ? À devoir revisiter la carte scolaire, nous voudrions en profiter pour tenter d'améliorer certaines conditions de fonctionnement et réparer des anomalies historiques, sous réserve que la majorité des parties prenantes en soient d'accord.

N'est-il pas souhaitable que les enfants de deux écoles, la maternelle Amable-Mabily et l'élémentaire Jules-Verne, ne soient plus hébergés dans des locaux préfabriqués vétustes, même s'ils sont bien entretenus, datant de 1947, tandis que la plus récente des écoles seynoises, Jacques-Derrida, à quelques centaines de mètres, ne fait pas le plein ?

N’est-il pas plus convenable que ces écoliers, dont certains n'ont que trois ans, ne soient plus obligés de marcher un kilomètre en ville tous les jours pour se rendre à un restaurant scolaire dont leurs écoles sont dépourvues ?

N’est-il pas raisonnable de chercher à améliorer les trajets du domicile à l'école, de permettre aux familles de disposer dans l'établissement même qui accueille leurs enfants d'un centre de loisirs périscolaire les prenant en charge avant et après l'école mais également le mercredi, ou aux enseignants et aux élèves de profiter d'un gymnase scolaire qui fait défaut dans leur établissement actuel ?

N'est-il pas opportun de mobiliser une part de l'estimation de quelque 80 à 100.000 euros de coûts de fonctionnement qui seront économisés chaque année pour mieux soutenir les enseignants par de petits équipements utiles ou l'augmentation des dotations communales au fonctionnement des classes, des coopératives scolaires ou des associations complémentaires de l'enseignement public ?

 

L'ÉTAT ÉDUCATIF DOIT SE MONTRER D'AUTANT PLUS BIENVEILLANT

Bien sûr, il ne faudrait pas que l'Éducation nationale profite des modifications envisagées — mais aucunement décidées — pour réduire le nombre global de postes d'enseignants affectés dans les écoles seynoises. Ni pour la rentrée 2017, ni pour les suivantes. Nous avons l'engagement des services académiques que ce ne sera pas le cas et même que des efforts et de la souplesse seront consentis pour accompagner la mutation sectorielle. Nous pourrons même développer la scolarisation des tout-petits et prévenir des fermetures possibles de postes dans certaines écoles maternelles. Et, comme toujours, si des décisions nationales devaient contrecarrer la promesse départementale de bienveillance, nous serions aux côtés des équipes d'enseignants, de leurs syndicats et des associations de parents d'élèves pour peser contre des décisions d'inacceptable rigueur.

 

DES PEURS ET DES COLÈRES BIEN COMPRÉHENSIBLES

J'aurais naturellement préféré annoncer, par exemple, la réalisation d'un groupe scolaire neuf en lieu et place des préfabriqués septuagénaires des écoles Amable-Mabily et Jules-Verne, telle que prévue il y a plus de vingt ans mais jamais réalisée. Mais il faut être lucide. Comment entreprendre aujourd'hui, sans aide extérieure, un tel projet de 5 à 8 millions d'euros alors que la Nation a tellement diminué son appui financier à la commune que, de 32 millions d'euros qui pouvaient être dédiés aux investissements municipaux en 2008, nous ne disposons plus aujourd'hui que de 10 à 12 millions annuels, dont la moitié doit être consacrée, par contrat établi en 2006 avec l'État, à la rénovation des quartiers prioritaires ? Nous sommes condamnés à faire avec les moyens du bord.

Enseignant public retraité depuis peu, militant de la cause éducative depuis toujours, syndiqué sans discontinuer depuis ma formation initiale, veuf d'une enseignante, père de deux enfants (dont une professeure), et désormais grand-père, je pense savoir mesurer et comprendre les inquiétudes de tous : enfants, parents, personnels enseignants et non enseignants.

 

UNE RESPONSABILITÉ À ASSUMER POUR L'ÉCOLE RÉPUBLICAINE

Mais j'en appelle à la mémoire de chacun. Lorsque nous avons dû décider, il y a quelques années, pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui, de fermer la vieille école préfabriquée Jean-Baptiste-Coste pour l'installer, pour partie à Ernest-Renan et pour partie à Jean-Baptiste-Martini, les mêmes peurs et colères légitimes se sont exprimées. Et les choses se sont pourtant passées au mieux.

Les écoliers apprennent désormais dans des écoles "en dur", avec des espaces de restauration et d'activités périscolaires sur site, et leurs arrivées ont conforté les effectifs déclinants, permettant d'éviter des disparitions de postes de professeurs, même si, bien sûr, les projets des équipes ont dû être un peu bousculés et si cela a conduit à la disparition d'une fonction de direction pourtant indispensable à l'animation du projet d'école, à l'accompagnement des maîtres et au lien avec les familles.

 

NE PAS S'AFFOLER AVANT MÊME QUE LA CONCERTATION NE SOIT COMMENCÉE

Dans le contexte difficile dont souffre l'école de la République, même si le gouvernement semble tenir son engagement de recréer les postes d'enseignants supprimés par son prédécesseur, tâchons tous ensemble, malgré les vicissitudes des temps de disette budgétaire imposée, de gérer au plus juste pour soutenir l'offre éducative publique communale. Avec le concours de chaque acteur de l'éducation, à sa place respective et en coopération, on peut y arriver.

Mais encore faut-il qu'il y ait une volonté partagée. C'est pourquoi nous avons commencé à rencontrer les autorités de l'Éducation nationale qui semblent favorables, certains syndicats d'enseignants qui ne le sont pas du tout et d'autres qui ont un avis mitigé, des parents qui sont inquiets et globalement peu satisfaits. Et nous avons même reçu des courriers d'enfants, dont certains ne sont pas d'accord et d'autres le sont. D'autres rencontres sont prévues, notamment avec nos personnels communaux qui travaillent pour l'éducation, leurs syndicats, les associations périscolaires et les conseils de quartiers. Et, après avoir expliqué tranquillement les propositions de nos services et entendu tous les avis, nous proposerons un choix que nous soumettrons au conseil municipal qui décidera en conscience, ainsi que la Loi lui fait obligation.

Il ne sert à rien de s'affoler ou, pire, d'affoler les gens comme l'ont fait certains sur le fondement de rumeurs porteuses d'éléments incomplets, voire de s'énerver, avant même que les pistes d'amélioration de l'existant n'aient été paisiblement et intégralement exposées pour être discutées.

À La Seyne, nous sommes assez fiers de nos démarches de démocratie participative auxquelles nous consacrons beaucoup d'énergie et de moyens. Pour la sectorisation scolaire, il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement.

Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
23 décembre 2016 5 23 /12 /décembre /2016 09:08

J'en entends déjà qui vont railler mon initiative, sur l'air de « Vuillemot croit encore au Père Noël », mais je suis obstiné et qui ne tente rien n'obtient rien...

Devant le silence inquiétant des autorités centrales de l'éducation nationale, plus de deux mois après ma démarche réclamant les moyens auxquels doivent avoir droit les écoliers et les enseignants du centre ancien, je me suis fendu de la lettre ci-après...

 

« Cher Papa Noël du ministère de l'éducation nationale,

« S'il-te-plaît, n'oublie pas de passer par le centre-ville de La Seyne.

« Les enfants et les enseignants de notre quartier prioritaire « politique de la ville » ne sont toujours pas bénéficiaires de ce qui leur est dû et que je réclame à Madame la ministre Najat Vallaud-Belkacem depuis des mois : le classement de leurs établissements scolaires en « Réseau d'éducation prioritaire renforcé » (REP+).

« Tous les autres écoliers français qui vivent dans ces secteurs reconnus défavorisés socialement et économiquement, pour lesquels les Pères Noël des ministères de la Ville, de l'Intérieur, des Affaires Sociales et de la Santé, et d'autres, sortent de leurs hottes des soutiens particuliers pour les aider à disposer des mêmes chances de se projeter en futurs adultes citoyens que les autres enfants de notre République, ont pourtant droit à ton attention bienveillante.

« Pourquoi pas, alors, les 220 petits Seynois de notre vieille ville, et leurs aînés adolescents scolarisés au collège, qui ont été bien sages depuis la rentrée scolaire ?

« Autant, en tous cas, que ceux de la cité Berthe, l'autre quartier prioritaire de notre commune et, bien sûr, que tous les autres de l'Académie de Nice. Et leurs maîtres et maîtresses aussi.

« Je ne vais pas reprendre ici, Cher Papa Noël, les arguments que j'ai développés dans ma lettre de requête à Madame la ministre. Depuis ton atelier dans la froidure, je sais que tu as lu par-dessus son épaule, que tu en connais la teneur, et que tu n’attends que son feu vert. Tu as dû aussi lire la lettre que Patrick Kanner, ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, m'a adressée pour me confirmer que nos jeunes Seynois peuvent compter son total appui (je te la joins tout de même, au cas où elle t'aurait échappé).

« Je veux juste t'apporter un dernier argument, survenu postérieurement à mon courrier, à l'issue du bilan 2015 du « Programme de réussite éducative » (PRÉ) de notre commune :

> Parmi les 1732 enfants de la cité Berthe, le plus prioritaire des REP+ de l'Académie de Nice, 117 ont été repérés comme devant faire l'objet d'une importante prise en charge sociale et éducative au titre du PRÉ. Ça représente un peu moins de 7% d'entre eux.

> Et, parmi les 220 du centre-ville, il y en a eu 23 qui sont en même lourde difficulté et intégrés dans le dispositif PRÉ. Ça représente plus de 10%, c'est-à-dire qu'il y a près du double d'enfants de familles en difficile précarité que dans le plus prioritaire des quartiers prioritaires de notre Académie.

« Cher Papa Noël, tu le vois, en cette période de chaleureuse solidarité, il ne faudrait pas qu'on laisse se développer un sentiment d'injustice de considération selon que l'on réside à un endroit ou à un autre.

« Je sais que Madame la ministre est très occupée mais, je t'en prie, glisse lui un mot. Si elle t'autorisait à emporter dans ta hotte un message d'annonce du classement du centre ancien de La Seyne en REP+ pour la rentrée de septembre 2017, ce serait un formidable cadeau de Noël pour notre population qui compte parmi les plus humbles du pays.

« Je compte sur toi. Et je t'embrasse. »

Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
14 décembre 2016 3 14 /12 /décembre /2016 04:54

Ce mardi a eu lieu la pose de la première pierre de la rénovation, et pour partie la reconstruction, du collège des Sablettes, à l'initiative du Conseil départemental du Var. L'occasion m'a été donnée de rappeler l'histoire de cet établissement scolaire public et de situer les enjeux de l'éducation dans la société d'aujourd'hui...

« Bienvenue à La Seyne qui est honorée de la visite du Président du Département sur son terroir.

« Près de 50 années se sont écoulées entre le moment où Madame Dravet, la première directrice-adjointe, a accueilli dans des préfabriqués, installés à côté de l'école Léo-Lagrange des Sablettes, moins de 300 élèves des quartiers sud de notre commune.

« Directrice-adjointe, car ce n'était alors que l'annexe d'un collège, dirigé par M. Exertier, collège lui-même annexé au lycée Beaussier, installé au 4ème étage de ce dernier, en plein centre ancien de La Seyne, bien loin des lieux d'habitation des adolescents qui le fréquentaient, venant de nos quartiers sud en plein développement, qui s'y rendaient en empruntant les bus bleus et gris de la compagnie des cars "Étoile", ou, pour les plus grands, les mobylettes orange, grises ou bleues, les Ciao ou les Peugeot 103... naturellement sans casque.

« On était loin du dispositif de service scolaire de bus que le Département, après une belle concertation avec les usagers, a mis en place pour conduire nos jeunes Seynois du sud jusqu'à leur collège provisoire, tout au nord de notre commune, le temps des travaux dont nous célébrons le démarrage.

« Mais revenons aux années 70. Il aura alors fallu sept longues années de bagarres des élus, des enseignants, des parents, alors face à l'État qui, avant la décentralisation, gérait ce qu'on appelait les CES, pour que soit déclenché le projet de construction d'un établissement digne de ce nom.

 

JEAN L'HERMINIER, UN BEAU SYMBOLE DE LA RÉSISTANCE À L'EXTRÊME DROITE

« Et la détermination a payé. Le collège Jean-L'Herminier est sorti de terre, prévu pour accueillir 900 de nos jeunes concitoyens.

« On évoque peu les noms donnés aux équipements publics. J'ai questionné quelques ados qui fréquentent L'Herminier, et aussi quelques parents.

« Peu savent qui était l'homme, certains vaguement qu'il fut un officier de marine. Encore moins qu'il méritait qu'on honorât son nom en le donnant à un collège, bien sûr pour l'ensemble de ses faits d'armes au cours de la 2ème guerre mondiale, mais spécialement parce que, en 1942, dans des circonstances extrêmes, et en urgence, il a su analyser une situation, en peser le pour et le contre, les risques et les avantages, puis décider et, grâce à son savoir-faire professionnel, et surtout une belle idée de l'honneur et de la résistance, opter pour fuir la Rade de Toulon à bord du sous-marin Casabianca qu'il commandait, au lieu de simplement saborder son bâtiment pour qu'il ne tombe pas entre les mains de la marine nazie, ainsi que l'ordonnait Vichy, voire pire, d'obéir à l'État collaborateur et le remettre à l'occupant.

« Une bien belle image de l'enjeu d'apprentissage de la citoyenneté, du libre-arbitre, du courage, que représente l'éducation. Bien sûr, il faut acquérir des savoirs et des savoir-faire, mais aussi des savoir-être, pour construire de futurs hommes et femmes debout, conscients des déterminismes sociaux et économiques, et capables d'agir sur eux dans le sens utile à une société de gens libres, égaux et solidaires.

 

UN COLLÈGE DE LA RÉPUBLIQUE SUR UNE TERRE DE CALOTINS

« En ce sens, l'Éducation nationale, l'école publique, l'école de la République, constitue un formidable atout, et je ne peux me passer, un peu espiègle hussard noir retraité, de rappeler - ou apprendre à certains d'entre vous - que je ne suis pas fâché que le collège L'Herminier ait été érigé sur une ancienne terre de calotins obscurantistes, le Domaine de l'Évescat, qui, comme son nom occitan l'indique, était propriété des évêques de Fréjus-Toulon qui en avaient fait leur résidence d'été, y ayant notamment érigé au temps de Louis XIV une chapelle dédiée à Saint-Louis, aujourd'hui incluse dans la médiathèque publique voisine qui, elle aussi, comme vecteur d'éducation populaire, concourt, à côté de l'école et de la famille, à l'éveil des consciences par l'indispensable accès à la culture.

« J'en terminerai en vous disant que la communauté scolaire d'ici me semble bénéficier de plusieurs chances.

 

L'AUSTÉRITÉ CONDUIT À FAIRE CONSTRUIRE DES ÉCOLES PUBLIQUES PAR LE PRIVÉ

« La chance que, par un partenariat public privé sur le principe duquel j'aurais à redire pour un équipement scolaire, mais ce n'est ni le lieu ni le moment, la chance, donc, que le Département ait su contourner l'obstacle budgétaire et financier que, depuis deux décennies, les politiques publiques d'austérité imposent aux collectivités locales et territoriales, au risque de fragiliser et saper les fondements républicains.

« Et la chance aussi que le projet architectural ait été confié à Marie Parente, avec et grâce à qui, de 1995 à 1999, j'ai pu vivre l'une des plus belles aventures de ma carrière d'enseignant, celle de la conception du nouveau collège Henri-Wallon où je travaillais, à laquelle ont été associés tous les corps de métiers du collège, les familles, les jeunes, et même les associations partenaires. Avec une formidable réussite à la clef. Le nouveau Wallon aura bientôt 20 ans, et il demeure un merveilleux instrument de formation et d'égalité vers l'insertion professionnelle, donc sociale et citoyenne, formidablement respecté par ses élèves, pourtant pas toujours faciles.

« Je gage qu'on pourra dire dans 20 ans la même chose de L'Herminier, dernier des quatre collèges seynois réhabilités ou reconstruits par le Département, qui aura ainsi consenti avec constance un remarquable effort pour l'école républicaine, malgré les vicissitudes des temps.

« Merci donc à tous, et en premier lieu au Département. J'ai hâte de vous retrouver pour que nous coupions le ruban tricolore de l'inauguration. »

Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 04:16

On se souvient peut-être que, il y a quelques semaines, je sollicitais Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, pour que notre centre ancien, quartier reconnu prioritaire au titre de la "politique de la ville" comme à celui de la sécurité, bénéficie également d'une attention particulière en matière d'aide à la réussite scolaire des enfants et adolescents qui y habitent.

En résumé, notre demande est que, comme c'est le cas pour Berthe et les quartiers sensibles de Toulon et de l'Académie de Nice, et pour la quasi totalité des sites "politique de la ville" du pays, notre centre-ville soit reconnu comme "Réseau d'éducation prioritaire renforcé" (REP Plus), ce qui permettra aux enseignants de disposer de moyens supplémentaires pour leur action pédagogique.

 

AUTANT D'ÉCOLIERS EN DIFFICULTÉ AU CENTRE QU'À BERTHE

Notre demande est d'autant plus justifiée que, entre temps, le bilan 2015 d'un autre dispositif d'État, appelé "Programme de réussite éducative" (PRÉ), a mis en évidence que le pourcentage d'élèves du centre ancien en difficulté scolaire et sociale qui doivent être pris en charge par les équipes spécialisées de ce programme est le même que celui du quartier Berthe.

L'éducation est en effet un facteur déterminant de l'insertion professionnelle et sociale des futurs adultes citoyens. Les jeunes résidents de notre cœur de ville ont droit à cet effort public en vue d'une meilleure égalité des chances.

Une première réponse, encourageante, m'est parvenue ces jours derniers, de la part de Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, que j'avais sollicité en appui à ma démarche auprès de sa collègue chargée de l'Éducation nationale. Je la livre ci-après aux visiteurs de mon blog...

 

 

21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:06

Depuis que, à notre demande, il a été classé "quartier prioritaire" par l'État, le centre ancien de La Seyne bénéficie ou est en voie de bénéficier d'attentions publiques conjuguées de la part des administrations nationales, régionales, départementales et intercommunales pour l'aider à sortir du marasme.

Profitant déjà du "contrat de ville" pour soutenir des animations et l'accompagnement social des habitants, des actions renforcées de prévention, de police et de justice au titre de la "Zone de sécurité prioritaire" qui, depuis deux ans, en a fait le site du Var où la délinquance a le plus diminué, il a été retenu dans le "Nouveau programme national de rénovation urbaine" dont la phase d'études va commencer sous peu.

 

ÉDUCATION PRIORITAIRE : LE CENTRE SEYNOIS OUBLIÉ ?

Mais, bizarrement, alors que, en France, 97% des quartiers sensibles bénéficient d'un renforcement de l'action éducative et d'appuis pour la réussite scolaire, en étant répertoriés comme zones d'éducation prioritaire, les autorités académiques ou ministérielles n'ont pas cru devoir faire bénéficier notre centre historique seynois de cette attention particulière, comme c'est le cas pour le quartier Berthe et les autres sites fragiles de l'agglomération TPM, du Var et de l'Académie de Nice.

Pourtant, ainsi que c'est apparu il y a quelques jours lors du bilan annuel du programme de réussite éducative de notre commune, on y relève un pourcentage d'enfants en lourdes difficultés scolaires identique à celui des autres zones varoises sur lesquelles l'Éducation nationale consent des efforts accrus.

Cela confirme que je n'ai pas eu tort, il y a un mois, de saisir Nadjat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, pour que cette anomalie soit réparée. Et j'attends avec impatience qu'elle le soit.

 

MA LETTRE À LA MINISTRE

« Madame la Ministre,

« J'ai l'honneur de vous réclamer en urgence le classement en Réseau d'éducation prioritaire Plus des établissements scolaires du centre-ville de La Seyne-sur-Mer (Var).

« La Ville de La Seyne-sur-Mer cumule en effet des difficultés sociales et économiques qui vont en s'aggravant alors que, dans le même temps, ses efforts de gestion et de mise en œuvre des politiques publiques gouvernementales restent sans précédent.

« Le centre-ville, notamment, a été identifié par l'État comme un territoire à enjeux du fait de sa structure sociale et urbaine particulièrement fragile : 3220 habitants résidant un quartier dégradé, paupérisé, où la pauvreté est disputée entre les marchands de sommeil, l’habitat insalubre et les dealers. Il est difficile, dans ces conditions, de travailler à une revitalisation urbaine, sociale et économique, lorsque la tranquillité minimale est à peine assurée et où, pire, la statistique, ne parvenant plus à convaincre, laisse à l’extrême-droite et aux droites extrêmes le champ libre propre à alimenter un sentiment d’insécurité insondable et pernicieux.

« L'action de "Politique de la Ville" sur ce quartier, comme c'est le cas dans l'ensemble des 1300 autres sites retenus au titre de la loi d'orientation pour la ville, doit ainsi se décliner de façon globale dans un ensemble de directions :

- des opérations de lutte contre l'habitat indigne et insalubre, et de politique de peuplement visant à la mixité sociale ;

- des opérations de renouvellement des espaces urbains et équipements et services publics ;

- des opérations de redynamisation de l'économie, notamment commerciale et des services, et de prévention de l'activité illicite ;

- des opérations de prévention de la délinquance et de lutte contre les déviances ;

- des opérations de prévention et de lutte contre la radicalisation ;

- des opérations d'accompagnement social des populations, en matière d'éducation, d'action socio-éducative, d'appui à la parentalité, de formation, d'accès à l'emploi, de sport, de culture, de solidarité, d'égalité femmes-hommes, d'insertion des enfants, des ainés, des handicapés, etc.

« Pour répondre à ces objectifs diversifiés et complémentaires, deux dispositifs majeurs sont mobilisés :

« 1°) un Programme de rénovation urbaine (PRU) concernant le centre-ville est en cours de finalisation dans le cadre d'un contrat de ville, sous forme d'une Opération d'intérêt régional (OIR) dont le protocole de préfiguration, validé par le comité d'engagement de l'Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU), est sur le point d'être signé ; il fera suite à un autre PRU portant sur un autre quartier populaire de notre ville, reconnu comme l’un des plus importants de France, dont le terme est programmé en 2018 après dix ans d’efforts soutenus ;

« 2°) un classement en Zone de sécurité prioritaire (ZSP) du centre-ville a certes permis, avec les moyens dont disposent à la fois l’Etat et la Commune, c’est-à-dire très faibles au regard des enjeux, la mise en place de dispositifs efficients de prévention et de lutte contre la délinquance.

« Il reste une grande absente sans laquelle seront insignifiants les efforts de requalification urbaine, de prévention des radicalisations et des déviances, d'aide à l'insertion sociale et professionnelle des publics parmi les plus fragiles du département du Var : l’action éducative.

« Contrer la délinquance, recréer un cadre de vie urbain agréable, développer l'activité économique, assurer des mesures d'accompagnement social des populations, lutter pour l'insertion sociale et professionnelle, tout cela est en effet très pertinent, à ceci près, et vous en conviendrez, que, sans éducation, peu de choses sont possibles. Des efforts sont faits en matière de réussite éducative, en mettant notamment l’accent sur la mixité sociale et l'accompagnement des enfants et des familles, mais ils s'exercent sans moyens particuliers, d'autant que relevant du droit commun se raréfient, rendant nos volontés quasiment vaines.

« Il manque donc manifestement un pilier majeur à l’édifice : le classement du centre-ville de La Seyne-sur-Mer en REP, comme le sont les autres sites prioritaires de la "Politique de la Ville", et comme l'est l'autre quartier prioritaire de la commune.

« 458 enfants de 3 à 11 ans, identifiés par les services centraux, se répartissent entre 6 écoles primaires. Trois d'entre elles ont plus de 50% de leurs effectifs qui résident sur les sites "politique de la ville". Il me semble par conséquent manifeste que, la cohérence gouvernant, le centre-ville de La Seyne-sur-Mer doit être classé en REP Plus.

« Il n'est pas acceptable pour moi que perdure une situation exceptionnelle en France, injuste et inégalitaire au regard de l'esprit républicain qui doit guider les politiques publiques, au prétexte avancé par l'administration de l'Éducation nationale que le collège qui accueille les enfants et adolescents issus des écoles primaires du territoire concerné est implanté à l'extérieur du périmètre prioritaire au titre de la politique de la ville.

« Je veux croire, Madame la ministre, que vous prendrez en compte les réalités du terrain en répondant favorablement et sans délai à ma requête de classement en REP Plus des établissements scolaires accueillant les enfants et jeunes de ce quartier prioritaire "Politique de la Ville" qui n'en bénéficie pas..

« Je vous prie d'agréer, Madame la ministre, l'expression de mes salutations distinguées. »

25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 05:38

La toute nouvelle secrétaire d'État en charge de la ville, Hélène Geoffroy, n'a pas trainé. Quelques jours à peine après avoir été appelée au gouvernement, celle qui est en train de transmettre le relais de ses fonctions de députée du Rhône, de maire de Vaulx-en-Velin et, en conséquence, de membre du conseil d'administration de l'association des maires Ville & Banlieue de France que je préside, m'a invité à une première rencontre informelle.

Ça a été pour elle l'occasion de rappeler son intention de poursuivre la relation de ses prédécesseurs avec notre association d'élus de communes accueillant sur leurs sols des quartiers prioritaires de la "politique de la ville", pour travailler à la cause de nos habitants.

L'échange a permis de lister un bon nombre de sujets de préoccupations, donc de chantiers à poursuivre, concernant l'ensemble des communes d'habitat social et de centres anciens dégradés. Autant de sujets qui parlent aux Seynois...

 

ÉDUCATION PRIORITAIRE ET DÉMOCRATIE DES PROJETS

Très préoccupée par les questions éducatives, la ministre a souhaité que notre association "fasse remonter" dans un très bref délai un état des lieux du sujet dans nos communes. Il reste en effet des incohérences à gommer, par exemple avec une géographie des réseaux de l'éducation prioritaire (REP et REP Plus) ne cadrant pas avec celle des quartiers prioritaires de la "politique de la ville", comme c'est d'ailleurs le cas à La Seyne, puisque les écoles accueillant les enfants de notre centre ville, site de rénovation urbaine, ne bénéficient pas du classement en REP Plus comme celles du quartier Berthe.

La question des "conseils citoyens", prévus par la loi pour associer les habitants aux projets de renouvellement urbain, est aussi un sujet de préoccupation partagée : il ne faudrait pas que nos concitoyens qui ont manifesté la volonté de s'y impliquer, et qui se sont formés à cet effet, se découragent face à la complexité et la lenteur de mise en œuvre du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU).

 

SOLIDARITÉ NATIONALE ET TERRITORIALE

Les problèmes des ressources financières des communes populaires prioritaires seront également l'objet de travaux communs au ministère, aux parlementaires et à l'association des élus de banlieue, tant les mécanismes de la péréquation, de la dotation de solidarité urbaine et de la dotation politique de la ville, ne permettent pas toujours de constater que s'exerce une réelle solidarité nationale ou intercommunale en faveur des quartiers pauvres de nos communes. La Seyne en sait quelque chose, puisque les projections 2016 en ce domaine laissent penser que la baisse de l'appui de l'État à notre commune, même si elle ne sera réellement connue qu'au printemps, pourrait bien être encore plus forte qu'en 2015...

L'accès, enfin, prioritaire et renforcé, à l'ensemble des services publics de l'État pour nos concitoyens les plus fragiles, n'apparaît pas toujours comme une évidence, malgré les conventions signées en 2013 entre le ministre de la ville et une douzaine de ses collègues s'engageant à mobiliser prioritairement leurs moyens de droit commun sur les sites en difficulté. Pour nous, Seynois, la dernière inquiétude en date, et pas des moindres, concerne le devenir du service des urgences de notre hôpital George-Sand, dont j'ai récemment fait état sur ce blog, aggravée par une information apportée il y a quelques jours par un responsable de l'Association des médecins urgentistes de France...

On a donc encore du pain sur la planche.

15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 13:33

Tous me l'ont affirmé : la fermeture du site seynois de l'École supérieure du professorat et de l'éducation (ESPE), anciennement appelée Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM), n'est aucunement à l'ordre du jour.

Après avoir reçu, en compagnie de Christian Barlo, adjoint à l'éducation scolaire, un groupe de personnels de cet établissement installé à La Seyne depuis vingt ans, qui manifestaient de vives inquiétudes fondées, entre autres, sur un projet de convention entre les universités de Toulon et de Nice-Sophia Antipolis, j'ai pu joindre divers responsables qui ont tous été catégoriques. Les présidents des deux universités, comme un conseiller du Recteur de l'académie de Nice et la directrice de l'ESPE (qui compte deux sites à Nice, un à Draguignan, et celui de La Seyne), l'affirment à l'unisson : le site seynois de l'ESPE demeurera en activité.

J'en suis rassuré. Au-delà des réalités du bassin de formation, justifiant le maintien d'un site de formation accueillant chaque année en formation initiale et continue des centaines d'enseignants dans le "Grand Toulon", faute de quoi les étudiants délaisseraient immanquablement notre académie pour rejoindre celle d'Aix-Marseille, notre ESPE seynoise a en effet un rôle majeur à jouer dans la redynamisation urbaine, économique, culturelle et sociale de notre territoire. D'autant plus qu'elle est localisée dans un quartier dédié à la formation, à côté de l'important centre de formation d'apprentis centré sur les métiers de la mer, jouxtant le cœur historique de la ville désormais inscrit, parmi les quartiers prioritaires du pays, au titre du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU).

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle je me suis pour le moins "offusqué", il y a plusieurs mois de ça, de la disparition du contrat de plan État-Région de la "tranche 2" relative à l'extension du site seynois de l'ESPE, pourtant largement justifiée par le "trop-plein" découlant du succès de cet établissement universitaire. Je continue à estimer que c'est une grave erreur. Qui prend une coloration, certes en aucune manière inquiétante au regard des garanties qui m'ont été données ces jours derniers, mais suffisamment vive pour que je garde un œil vigilant sur d'éventuelles décisions contraires à venir. Que les dubitatifs ou les ignorants de la capacité rebelle de La Seyne se le tiennent pour dit.

Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse

Bienvenue !

Marc VUILLEMOT
Maire (PS) de La Seyne-sur-Mer
Vice-président de l'agglo de Toulon

Je vous souhaite une agréable visite.

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