26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 17:17

Ainsi que je le rapportais dans un précédent message, j'ai reçu ce week-end des professeurs d'allemand. Parmi les points abordés, nous avons évoqué la question des classes dites « bilangues » qui sont des sections d'un collège où, dès la Sixième, sont enseignées deux langues vivantes, l'anglais et une autre.

Leur développement est d’actualité et des personnalités politiques telles que Najat Valaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale du gouvernement de Manuel Valls, et le nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, se sont récemment clairement prononcés en leur faveur.

 

LE PRÉSIDENT L'A ANNONCÉ : LES « BILANGUES » DOIVENT ROUVRIR À LA RENTRÉE

L'ancienne ministre s’est en effet exprimée en janvier dernier au sujet du déploiement de ces enseignements, et en particulier de celui de l’allemand. Elle a confirmé que les classes bilangues seront maintenues pour les élèves ayant suivi à l’école élémentaire l’enseignement d’une autre langue que l’anglais. On parle là de classes bilangues de « continuité ».

« Diversifier l’offre au primaire et assurer la continuité au collège des apprentissages sont les objectifs de la nouvelle stratégie d’apprentissage des langues, dans le cadre de la réforme du collège », a-t-elle insisté lors d’une visite dans une école parisienne avec le ministre allemand chargé des Affaires culturelles, Olaf Scholz.

« Nous n’allons pas tuer l’allemand, comme on nous le reprochait, mais au contraire le renforcer », a assuré la ministre, précisant que « cette langue sera enseignée dans un millier d’écoles primaires supplémentaires à la rentrée, soit 3.800 au total, tandis que 3.000 collèges proposeront des "bilangues de continuité" en sixième, dont 2.300 anglais et allemand. »

De son côté, lors de sa visite à Berlin, dès le 15 mai 2017, au premier jour de sa présidence, le Président de la République Emmanuel Macron annonçait via Twitter qu'« à partir de septembre prochain, les classes bilangues rouvriront en France».

 

UN ENJEU DE PAIX ET DE COOPÉRATION ENTRE LES PEUPLES

L’enjeu des classes bilangues dépasse le cadre pédagogique, il est politique et diplomatique. Le traité de l’Elysée, qui lie depuis 1963 la France et l’Allemagne, prévoit explicitement que « les deux gouvernements s’efforc[ent] de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre d’élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande ».

À La Seyne, nous plaçons beaucoup d'espoirs dans cette redynamisation. Nous soutenons depuis longtemps le partenariat, porté par notre Comité associatif des jumelages, entre notre commune et le district berlinois de Reinickendorf, qui se traduit par de constants échanges, notamment sur le registre des arts et de la culture, et pour les jeunes. La pratique de l'allemand est un plus pour cette démarche.

 

LES JEUNES SEYNOIS SONT DES CITOYENS DE LA RÉPUBLIQUE !

Mais voilà que, pour rajouter au caractère ubuesque de la situation follement paradoxale que l'Éducation nationale fait supporter à une centaine de collégiens de Jean-L'Herminier, dont je faisais état ce lundi, il se trouve que certains des enfants de nos quartiers sud qui ont été initiés à l'allemand à l'école élémentaire et qui subissent les affres de la nouvelle sectorisation qui leur est imposée ne pourront pas opter pour un enseignement  en « bilangues » dans certains des collèges où ils vont être arbitrairement affectés.

C'est inacceptable. Je confirme donc ma réclamation ferme de la réouverture des 5 classes fermées au collège des Sablettes pour permettre la scolarisation de tous les adolescents qui le souhaitent, et, conséquemment, le maintien de la « classe bilangues » de cet établissement.

Je réclame aussi que pareille possibilité soit garantie aux élèves du collège Henri-Wallon, car, aux enfants des quartiers populaires classés en « Réseau d'éducation prioritaire renforcé » (REP +), l'État doit offrir toutes les filières d'excellence de nature à compenser les inégalités sociales, économiques et culturelles dont ils souffrent. Et les « classes bilangues » comptent au nombre de ces outils majeurs de revalorisation.

26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:53

Après avoir échangé ce samedi avec des professeurs d'allemand, j'ai aussi reçu ce dimanche avec notre adjointe à l'éducation, Isabelle Renier, une représentation de familles de jeunes scolarisés au collège Jean-L'Herminier de notre quartier des Sablettes.

Je reviendrai dans un autre article sur le sujet de l'apprentissage de la langue allemande pour n'évoquer ici que celui de la prochaine rentrée scolaire pour les collégiens de nos quartiers sud, très préoccupant pour eux-mêmes et leurs parents.

Depuis la rentrée de septembre 2016, le collège Jean-L’Herminier est en effet en cours de restructuration et rénovation et les élèves sont accueillis dans les locaux de l'ancien collège Henri-Wallon dans la zone d'activités des Playes. Ce collège provisoire accueille cette année environ 560 élèves répartis en 23 classes (1).

 

POURQUOI REFUSER 100 COLLÉGIENS ALORS QU'IL Y LA PLACE ?

Pour la rentrée 2017, alors que les travaux de réhabilitation prendront fin en mars 2018 avec un nouveau collège d'une capacité d’accueil de 800 élèves, il est prévu, sans que quiconque puisse en donner la raison, de n'accueillir au collège Jean-L’Herminier que 460 élèves répartis en 18 classes (2), soit la perte d’une centaine d’élèves et de 5 classes par rapport à l’année scolaire qui s'achève.

C'est tout de même très étrange : l'ancien collège Henri-Wallon, où les jeunes commenceront leur année 2017-2018, aura-t-il à ce point rétréci au cours des vacances d'été ? ou n'ouvrira-t-on que la moitié des salles de classe de leur nouveau collège Jean-L'Herminier, qu'ils intègreront en mars prochain ?

 

UNE NOUVELLE SECTORISATION TOTALEMENT INCOHÉRENTE

Il y a plus étonnant encore. Pour diminuer les effectifs, on a réduit le secteur de scolarisation du collège Jean-L'Herminier et une partie des enfants dépendent désormais des zones des collèges Paul-Éluard et Marie-Curie situés en centre-ville, et même du collège Louis-Clément de la commune voisine de Saint-Mandrier, tous trois très éloignés des lieux d'habitation, obligeant les jeunes à se faire accompagner en voiture ou à emprunter les transports en commun, et pour certains en devant prendre une correspondance... devant le collège Jean-L'Herminier !

Bonjour l'incohérence, la perte de temps et la dégradation du bilan-carbone, surtout que certains d'entre eux, résidant à moins de 500 mètres du collège Jean-L'Herminier, pouvaient tout à fait s'y rendre à pied ou à vélo !

 

L'ÉDUCATION NATIONALE VA-T-ELLE RESTER INFLEXIBLE ?

Mais on n'est pas au bout de nos surprises ! Face à cette situation incroyable, et sachant bien qu'il y a la place matérielle pour accueillir leurs enfants au collège Henri-Wallon de septembre à mars, puis au nouveau collège Jean-L'Herminier pour la fin de l'année scolaire, des familles ont sollicité des dérogations.

Le Conseil départemental du Var, compréhensif, lors d’une entrevue avec les fédérations de parents d’élèves et les représentants syndicaux des enseignants, en janvier dernier, avait d'ailleurs affirmé que le plus grand nombre possible de dérogations serait accordé. D'autant que la plupart sont justifiées par le fait que des frères et sœurs seront scolarisés dans des collèges différents, ou par la proximité des résidences, ou encore pour pouvoir continuer l'apprentissage de l'allemand en première langue commencé à l'école primaire et qui n'est pas offert dans les autres collèges.

Et, au final... aucune dérogation n'a été accordée par l'Inspection académique !!!

 

DANS LE VAR, QUE FAIT-ON DE LA CHARTE DES DROITS DE L'ENFANT ?

Tout cela est ubuesque. Les familles rencontrées ont bien raison de me demander si ceux qui ont le pouvoir de décision, en l'occurrence les responsables de l'Éducation nationale, « auraient infligé ce traitement à leurs propres enfants ».

Et de rappeler la Charte internationale des droits de l'enfant qui, dans son article 3, stipule que « dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. »

 

EXIGEONS LA RÉOUVERTURE DES CLASSES !

J'avais déjà appelé, ces jours derniers, le Département et l'Éducation nationale à se remettre autour de la table pour rechercher une solution, et la presse locale s'en était d'ailleurs fait l'écho (ci-contre, dans Var-matin du 24 juin).

À présent que les familles  et les enseignants m'ont apporté des précisions objectives, je ne peux que joindre ma voix à la leur.

Il n'y a aucune alternative. Il faut exiger, tout simplement, du ministre de l'Éducation nationale qu'il ordonne la réouverture des cinq classes fermées et la réaffectation des postes d'enseignants et autres personnels nécessaires au collège Jean-L'Herminier.

Je proposerai d'ailleurs, ce mardi, au conseil municipal, de voter une motion en ce sens.

 

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(1) : 4 classes de 6ème, 6 classes de 5ème, 6 classes de 4ème et 7 classes de 3ème

(2) : 4 classes de 6ème, 4 classes de 5ème, 5 classes de 4ème et 5 classes de 3ème

Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 17:03

Pour ne pas interférer dans la campagne électorale des législatives où il s'agit de battre le Front National, je rédige cet article ce mardi 13 juin, au moment où je me dois de réagir à une étonnante annonce de l'Inspection académique, mais je ne programme sa publication en ligne qu'après la clôture des bureaux de vote dimanche prochain.

Parce que, si ce qui m'a été annoncé est exact et relève d'une instruction du ministère de l'Éducation nationale à ses services départementaux varois, ça friserait la supercherie et confirmerait la politique de bonimenteur que certains accusent le gouvernement de MM. Macron et Philippe de commencer à mener. Comme d'autres gouvernements avant le leur, d'ailleurs...

 

UNE IDÉE INTÉRESSANTE QUI RECUEILLE L'ASSENTIMENT DE BEAUCOUP...

Tout le monde a bien compris et apprécié l'idée de renforcer l'encadrement des enfants des petites classes de l'école élémentaire dans les quartiers en difficulté bénéficiant d'une attention particulière au titre du dispositif des "Réseaux d'éducation prioritaire renforcés" (REP+). Avec des classes à 12 élèves en CP et CE1, on doit en effet créer de meilleures conditions pour les apprentissages fondamentaux, notamment la lecture et l'écriture.

Au regard des locaux disponibles, et sans aide de l'État aux communes, ce "dédoublement" des classes ne pourra pas se réaliser partout ; ainsi, au quartier Berthe, il y aura à la fois des classes de 12 enfants avec un enseignant et des classes de 24 enfants avec deux professeurs. Pourquoi pas ? En outre, la mesure ne s'appliquera finalement qu'aux classes de CP et non aux CE1. Admettons qu'il faille gérer la pénurie d'enseignants héritée de M. Sarkozy et pas totalement régulée par M. Hollande malgré les 60.000 créations de postes qu'il faut mettre à son actif.

 

... MAIS UN VÉRITABLE MARCHÉ DE DUPES

Ce qui, en revanche, est bien gênant, c'est que les maîtres supplémentaires nécessaires ne seront pas des professeurs affectés en plus dans les écoles concernées, mais des enseignants qui y exercent déjà comme "surnuméraires" pour assurer du soutien et des pédagogies différenciées en faveur des enfants en difficulté dans le cadre du dispositif officiel "plus de maîtres que de classes" qui porte ses fruits dans les REP depuis 2013 et qui sera ainsi vidé de sa substance... sans que la circulaire qui l'impose ne soit abrogée ! On déshabille Pierre pour habiller Paul.

Cette décision n'est pas acceptable et je soutiens pleinement les enseignants qui, me dit-on, protesteront la semaine prochaine contre ce tour de passe-passe. Et j'en profite pour rappeler ma demande insistante que, comme tous les quartiers populaires défavorisés de France, prioritaires au titre de la "politique de la ville", les deux écoles du centre ancien de La Seyne bénéficient d'un classement en REP+, ce que l'Éducation nationale, pourtant supposée agir pour l'égalité républicaine entre les territoires, se refuse obstinément à décider.

Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 06:01

À La Seyne, les résultats du vote ont été proclamés. Déjà ?... Oui, oui, et, outre le fait qu'il y a eu une forte participation, puisque plus de 8 électeurs sur 10 ont y pris part, une majorité très nette et sans appel s'est dégagée.

Les Seynois, certes connus pour être singuliers à bien des égards, le seraient-ils au point d'être considérés comme des Français de l'étranger ou des résidents d'un territoire d'outre-mer, appelés à voter par anticipation par rapport à la métropole ?...

 

UN RÉSULTAT SANS APPEL À... 92,3 % !

Tout de même pas. Les électeurs, ce sont les parents des 6.000 petits seynois scolarisés dans nos écoles maternelles et élémentaires. Ils étaient appelés à se prononcer sur la possibilité de revenir à la semaine de 4 jours d'école.

Et plus de 92% d'entre eux le souhaitent (94% en maternelle et 91% en élémentaire), plutôt plus à Berthe (96%) qu'au centre ville (84%) et dans le sud (89%) de la commune.

 

LA VILLE A ENTENDU LE MESSAGE

Leur avis est entendu par notre équipe municipale. Si le ministère de l'Éducation nationale l'autorise par décret, je le proposerai et nos services travaillent d'ores et déjà à une réorganisation des temps scolaires et des temps libres, autant que possible pour la prochaine rentrée de septembre 2017.

Si donc elle se fait, puisse la nouvelle organisation permettre à tous une bonne réussite scolaire,  l'accès à des activités sportives, culturelles et socio-éducatives de qualité, en vue d'une bonne insertion sociale et professionnelle de nos futurs citoyens seynois.

Et un autre vœu, pour coller à l'actualité... puissent les Seynois être aussi nombreux à se déplacer, ce dimanche, pour l'autre élection, celle qui décidera des orientations du pays...

16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 06:22

Je ne vais pas accuser le gouvernement de MM. Macron et Philippe qui n'y est pour rien. La loi de finances 2017 a en effet été votée à la fin de l'année dernière. Mais je dois interpeller sur la situation anormale que constitue la nouvelle baisse de crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR).

Les associations m'alertent en effet sur les difficultés structurelles qu'engendrent les pertes de moyens financiers qui leur ont été annoncées. Les actions pour la prévention de la délinquance sur notre territoire constituent le socle du travail social mené depuis des années par ces structures, et contribuent grandement à la cohésion sociale et à la tranquillité publique des quartiers, et, plus précisément, de notre zone de sécurité prioritaire, tant à Berthe qu'au centre ville. 

 

PLUSIEURS ASSOCIATIONS TRÈS FRAGILISÉES

Or voilà que les associations sont, à nouveau, fragilisées avec des subventions réduites de 20% en deux ans, ce qui pose la question de la pérennité de leurs actions ainsi que de leur qualité.

Il y aura moins de moyens pour l'aide aux victimes, pour les chantiers de débroussaillement pour les détenus en fin de peine, pour la médiation sociale et intergénérationnelle, pour la prévention de la récidive des auteurs de violences conjugales ou intrafamiliales, pour les consultations spécialisées et les actions collectives pour éviter la radicalisation. 

 

IL FAUT REDRESSER LA BARRE

Ces pertes financières interviennent, paradoxalement, au moment de la montée en puissance de la lutte contre le phénomène de la radicalisation, alors que ces actions constituent le fondement de la prévention de ce phénomène depuis de nombreuses années.

Concrétisant son annonce que "la sécurité est la première de nos libertés", le nouveau gouvernement se doit de réagir et garantir en urgence au préfet du Var une rallonge de crédits financiers pour nos associations seynoises qui font un travail remarquable.

25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 07:42

Certains médias sont peut-être allés un peu vite en besogne en annonçant le retour à la semaine de quatre jours d'école dès la rentrée de septembre 2017 pour les petits Marseillais, entraînant un nombre significatif de demandes pressantes de la part de parents seynois, en particulier au travers d'une pétition en ligne.

Or, je l'ai indiqué ce mardi lors de la réunion du conseil municipal, rien ne peut se décider avant qu'un nouveau texte réglementaire ne vienne modifier les dispositions du décret de janvier 2013 fixant l'actuelle organisation de la semaine scolaire. Et, pour l'heure, la proposition du candidat Macron de laisser le choix aux communes ne s'est traduite par aucun acte exécutoire du président de la République ou de son Premier ministre.

 

À L'ORIGINE, UNE INTENTION LOUABLE MAIS SE HEURTANT AU MANQUE DE MOYENS

J'ai cependant rappelé mon opposition de l'époque où ces dispositions ont été imposées, tant pour des raisons de coût que la commune doit supporter malgré une aide financière de l'État, d'ailleurs appelée à disparaître, que du fait du démantèlement de l'offre périscolaire d'activités socio-éducatives, sportives, culturelles, technologiques ou environnementales, communales autant qu'associatives, que la nouvelle organisation a imposé.

J'avais alors trouvé louable l'intention de Vincent Peillon, à cette époque ministre de l'Éducation nationale, de considérer l'intérêt  et les rythmes chronobiologiques des enfants, mais j'avais aussi rappelé qu'elle n'aurait de sens que si des moyens suffisants étaient alloués par l'État aux communes, notamment pour garantir l'égalité de tous les écoliers dans l'accès à l'éducation de l'École et des temps libres.

 

LA SEYNE FORCÉE DE METTRE EN PLACE LA RÉFORME

Tel n'avait pas été le cas et, je le rappelle, ma position d'alors avait été que La Seyne ne se porte pas volontaire pour l'expérimentation prévue à la rentrée 2013, choisissant de prendre le temps d'une longue concertation avec l'ensemble des acteurs éducatifs, qui avait débouché sur une analyse alarmante, m'amenant à informer le ministère de l'Éducation nationale de la quasi impossibilité de mettre en œuvre un projet cohérent pour la rentrée 2014, en particulier dans une lettre adressée à Benoît Hamon, alors à la tête du ministère, puis à sa successeur Najat Vallaud-Beljacem. Las, nous avons malgré tout dû appliquer la loi.

Si je me félicite de l'implication des services municipaux et des associations qui se sont investis depuis trois ans avec effort, compétence et volontarisme pour assurer la meilleure offre possible aux enfants, je déplore toujours la modicité des moyens alloués par l'État, obligeant les familles à participer financièrement, ce qui exclut certains enfants, et la perte de qualité des offres éducatives périscolaires, sans pour autant, aux dires des enseignants, qu'il ne soit avéré une meilleure réussite scolaire.

 

UNE CONSULTATION POUR ÊTRE PRÊTS AU CAS OÙ...

Je suis donc, pour ma part, favorable au retour à la situation antérieure. Mais je ne ferai rien, si la possibilité nous en est donnée, qui ne recueille l'assentiment général, après que chacun aura pu évaluer toutes les incidences d'un éventuel retour en arrière, pour les enfants comme pour les adultes. J'attire en particulier l'attention de tous sur le fait que nombre d'animateurs vacataires, communaux et associatifs, pourraient perdre leur emploi si l'option retenue était de renoncer à la semaine de 9 demi-journées d'école, entraînant de facto la perte de la subvention d'État versée à la commune.

J'ai donc demandé à nos cadres municipaux d'organiser dans les meilleurs délais, sous forme de « votation citoyenne », des consultations distinctes des familles, des enseignants, des personnels communaux concernés, et des associations partenaires. L'avis des enfants eux-mêmes, au moins des plus grands d'entre eux, me serait précieux, s'il est possible de le recueillir.

Et je formulerai ensuite au conseil municipal une proposition de délibération qui reprendra l'avis majoritaire issu de cette consultation. Le plus tôt sera le mieux pour nous tenir prêts si un décret vient à paraître.

28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 03:35

Bien sûr, ce n'est que lorsque nous aurons décroché notre ticket pour embarquer dans l'aventure du "Nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU) que nous pourrons — enfin ! — disposer de moyens significatifs pour intervenir sur les infrastructures de notre centre ancien. Le dossier de l'agglomération — car c'est désormais de sa compétence — est prêt et validé, ne manquent plus que les signatures pour attaquer... les études rendues obligatoires par la loi.

Autant dire que, pour en arriver au démarrage d'opérations concrètes rendues possibles par des subventions, il va encore s'écouler du temps. Mais ça ne nous empêche pas, avec les moyens du bord, de faire avancer, chaque fois que possible, quelques projets de nature à redynamiser notre centre ancien.

C'est le cas avec l'ouverture de notre nouvelle "Maison de la jeunesse", installée depuis peu dans les locaux de l'ancien centre médico-social municipal "Danielle-Casanova", fermé depuis les années 90, sur la place Germain-Loro. Une première tranche de locaux réaménagés a été mise en service il y a une semaine.

Je livre aux visiteurs de mon blog le propos inaugural que j'ai prononcé à cette occasion...

 

« Excusez moi de parler agenda pour ouvrir mon propos, mais c’est plus de la teneur et de la nature des choses accomplies que de dates qu’il s’agit.

« Jeudi dernier, c’est depuis la commune normande d’Hérouville-Saint Clair que je lançai avec mes collègues maires de l’association Ville et Banlieue, l’appel aux candidats à la présidentielle à se préoccuper de politique de la ville et des quartiers populaires, dans leurs engagements de campagne d’abord, et dans la structure même de leur futur gouvernement s’ils étaient élus. C’est-à-dire que nous avons demandé, entre autres choses, et notamment un effort vers l'insertion par l'éducation des jeunes et la formation professionnelle pour tous, que ce soit le futur premier ministre qui ait en charge directe la politique de la ville plutôt qu'un seul ministre délégué qui peine à mobiliser ses collègues autour des enjeux des quartiers prioritaires comme notre centre ancien.

« Vendredi, de retour en terres seynoises, c’était la "Maison des Femmes" qui naissait rue Blanqui, 6 appartements T2 permettant l’hébergement d’urgence de femmes et leur protection en cas de violences conjugales, œuvre d’un partenariat multiple, dans lequel, bien sûr, la Ville de la Seyne.

« Samedi, les jeunes Seynoises et Seynois se sont déplacés en nombre place Laïk pour venir recevoir leur carte d’électeur.

« Hier dimanche, des jeunes de notre ville ont répondu à l'invitation de la fédération des anciens combattants d'Algérie pour honorer avec moi la mémoire de ceux qui ont laissé leur vie de l'autre côté de la Méditerranée et appeler à la paix et à l'amitié entre les peuples du Monde.

« Et aujourd’hui, enfin (pour ce qui est du calendrier du moins) c’est ici, dans cet espace Danielle-Casanova que bat désormais le coeur de la jeunesse Seynoise.

 

UNE AUTRE RÉALITÉ DE LA VIE PUBLIQUE ET DES JEUNES

« Pendant ce temps, l’avers de ce présent était une autre réalité, voire une réalité toute autre, mais montrée celle-là : celle d’un jeune déséquilibré ouvrant le feu sur ses camarades dans un lycée de la région, à Grasse, celle d’un colis piégé blessant un agent d’accueil dans les locaux parisiens du FMI, celle d’une chronique judiciaire à n’en plus finir, collant à une partie de la classe politique en lice pour les futures présidentielles.

« Vous comprenez alors que la réalité est bien plus vaste et qu’il ne faut jamais se limiter au seul champ de ceux qui possèdent les écrans qu’on croit maîtriser.

« Pendant que certains élus assurent le spectacle, emberlificotés dans leurs costumes d’affaires judiciaires, d’autres, beaucoup plus nombreux mais dont on parle moins, beaucoup plus vertueux, travaillent à des projets partagés, à des réalisations d’utilité sociale et publique.

« Pendant qu’un jeune déséquilibré s’attaque sauvagement à ses camarades avec des intentions mortelles, d’autres, beaucoup plus nombreux et beaucoup plus équilibrés, entrent de plain pied et en pleine conscience dans l’âge de leur citoyenneté et de leur vie d’adulte,

« Et ces « beaucoup plus nombreux » n’assurent pas le spectacle, n’ont pas les faveurs des caméras, mais tiennent ensemble, dans leurs mains, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la société comme un projet partagé de manière responsable. Je vous laisse juges de ce déséquilibre flagrant de « réalité » entre ce qui est montré et ce qui est fait.

 

UN TRAVAIL PATIENT ET MÉTICULEUX DES SERVICES PUBLICS ET DES ASSOCIATIONS

« Revenons donc à une partie de ce tout qu’est la réalité : la Maison de la jeunesse. C’est une concrétisation et une consécration, c’est l’aboutissement d’un travail politique, la somme de nos forces municipales, associatives, institutionnelles.

« Oui, la jeunesse est ici un service public et partenarial et nous y tenons. Oui, la jeunesse est au cœur de nos préoccupations et au cœur de notre ville. Ce lieu naturel qui s'est dégagé, désormais espace Danielle-Casanova, est l’ancien centre médico-social municipal et, désormais, une avant-garde de notre politique publique.

« En effet, ce bâtiment réunit l'ensemble des critères de choix : à la croisée des chemins des établissements scolaires (3 collèges et 2 lycées), un espace extérieur agréable, des locaux adaptés (lieux d'échanges et de détente et espaces confidentiels).

« Le rez-de-chaussée, libéré par le secteur administratif du service Jeunesse et le service « entretien des locaux », a connu quelques travaux de mise en sécurité et de mise aux normes pour accueillir cette Maison de la Jeunesse qui regroupe le BIJ et, à terme, des permanences de partenaires.

« Et, à peine inauguré, il entre pleinement en fonction dès demain en recevant le forum des jobs d’été auquel je souhaite d’ailleurs encore plus de succès que ceux rencontrés déjà les années passées.

« J’aimerais aussi vraiment profiter de l’occasion pour saluer le travail patient, méticuleux, constant, opiniâtre, collectif, de tous ceux qui ont bien travaillé à la concrétisation de cette volonté politique de favoriser, valoriser et servir la jeunesse.

« Je ne vais pas citer tout le monde de peur d’en oublier mais, des élus en charge de la jeunesse, en passant par les cadres, les agents, les animateurs professionnels de la commune, les bénévoles associatifs des structures partenaires. Permettez-moi de tirer mon chapeau à toutes et tous.

 

L'ÉDUCATION ET L'INSERTION VECTEURS DE PRÉVENTION

« Ce lieu sera, j’y tiens et je le souhaite, le lieu de la jeunesse seynoise, en plus des 3 autres espaces accueil jeunes existant depuis 2009 et qui n’ont cessé d’assurer une présence active couvrant l’ensemble du territoire de la commune. La maison de la Jeunesse intègre également l’espace accueil jeune citoyen, le petit dernier créé des EAJ, né en 2012 dans le cadre de la qualification du centre-ville en Zone de Sécurité Prioritaire par l'État. Nous avions immédiatement proposé d'expérimenter, en pendant au dispositif de vidéo surveillance, un Espace d'Animation Citoyenne, devenu très rapidement Espace Accueil Jeunes Citoyen. Initialement installé rue Baptistin-Paul, puis rue Evenos, c’est aujourd’hui ici qu’il prend toute sa place.

« Cette Maison de la jeunesse est donc un maillon essentiel et nécessaire à notre projet éducatif territorial qui donne une vision globale de l’offre éducative de 0 à 25 ans.

« Cette volonté en direction des jeunes relève d'abord du souci de cohérence et de bon sens. Sur les questions relatives à la santé, aux sports, à la culture, à l’insertion dans la vie professionnelle, à la participation citoyenne, etc, il était indispensable, tant aux politiques que nous sommes qu’aux techniciens, de se doter d'une vision commune globale afin d’éviter de travailler chacun de son côté de façon incohérente.

« Dans ce but, nous avons cherché à flécher les parcours des jeunes, de la petite enfance jusqu'à l'entrée dans la vie active, en passant par l'école, l'apprentissage ou l'université, en essayant d'intégrer toutes les composantes, tous les écueils de ce parcours complexe qui va de la petite enfance à l'âge adulte.

 

UNE MAISON POUR TOUS LES JEUNES DANS UN CENTRE-VILLE POUR TOUS

« Et cette maison est désormais celle de tous les jeunes seynois de 16-25 ans, elle regroupe des associations collaborant autour d'un projet commun : le Bureau information Jeunesse et le service municipal jeunesse, sa direction et son Espace Accueil Jeunes Citoyen, afin que les jeunes puissent avoir un maximum de cartes en mains et d’interlocuteurs pour pouvoir dessiner, peaufiner leur projet professionnel et personnel.

« Vous l’aurez compris, ce lieu d'échanges, d'accueil, d'orientation et d'accompagnement est un lieu de vie nouveau pour la jeunesse, pour notre cœur de ville également. Il ancre aussi notre volonté de développer le partenariat avec l'ensemble des acteurs socio-éducatifs et de prévention, institutionnels comme associatifs… au service de la jeunesse.

« Si ce lieu est une partie moins ostensible de cette "réalité spectacle" que j’évoquais en démarrant mon propos, il est d’une réalité utile, pratique, concrète, faite, je le disais aussi, de la somme de nos forces et de nos intelligences, je dis ça sans prétention.

« Et rien que ça, c'est une belle réussite. »

 

> J'ai dérobé les photos illustrant cet article au site d'informations "Ouest-Var.net" qui, je l'espère, ne m'en voudra pas...

22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 06:05

Nous étions, samedi dernier, rassemblés sur la place Laïk, notre historique agora du bas de notre marché provençal où les palabres vont bon train, pour accueillir comme nouveaux acteurs de la République, les Seynoises et Seynois devenus majeurs ces derniers mois.

Il s'agissait de leur remettre à la fois dans la solennité et dans la convivialité leur « Livret citoyen » et leur toute première carte électorale.

Le propos que je leur ai tenu à cette occasion...

 

« Mesdames, Messieurs,

« Et je m'adresse an particulier à vous les jeunes qui êtes ici, bien présents - et je vous en félicite -, pour cette remise du livret citoyen.

« Pour la plupart, vous venez d’avoir 18 ans et vous accédez à la pleine citoyenneté.

« Ce n'est pas rien, cette étape de votre vie, vous en avez conscience. Ce moment, nous le passons ensemble, ici, prenant à témoin nos concitoyens, sur une place publique, la place Laïk, au coeur de notre ville.

« C'est un acte symbolique bien sûr. Mais il marque le fait que vous devenez des citoyens de la République à part entière, par votre nouveau droit : voter.

« Je le disais, nous voici sur une place publique. Pourquoi ? D'abord parce que la République a besoin de transparence, elle doit, dès qu'elle le peut, s'exprimer au milieu du peuple.

« Car elle appartient à toutes et tous.

 

LA RÉPUBLIQUE, CE N'EST PAS SE RETROUVER DANS L'ENTRE-SOI

« Publique, notre rencontre aujourd'hui est également bien réelle. Elle n'est pas virtuelle, dématérialisée. Sans critiquer les réseaux sociaux, là, on n'y est pas... Nous ne sommes pas cachés derrière une adresse IP, nous nous regardons droit dans les yeux, on se fait un signe, on se serre la main ou on se fait la bise... Bref, on vit dans le monde réel.

« Ce monde réel qui peut être terrible, difficile, hostile parfois, c'est vrai. Mais qui recèle aussi tellement de richesses, qui peut être magnifique, plein de joie et d'espoir.

« La République, ce n'est pas non plus se retrouver entre soi, de façon égoïste, et encore moins agressive ou haineuse comme c'est le cas parfois.

« L'actualité de 2016, et ces tous derniers jours à Grasse, au lycée Tocqueville, montre que la violence folle, parfois sans raison rationnelle, parfois résultat du fanatisme et du désespoir... Et la peur, qui aveugle et empêche, justement, de se parler, de se comprendre, hélas, parfois...

« Vous l'avez compris. Plus la République est forte, forte de vous toutes et tous, plus elle sait s'ouvrir sur le monde et les autres. Affirmer notre identité ? Nos identités, bien sûr ! Mais pour nous enrichir de nos différences.

« Et faire obstacle à ceux qui n'ont pas compris les mathématiques et qui ne connaissent que la soustraction et la division. Jamais l'addition, la multiplication.

« Au contraire, être citoyen, c’est se donner la capacité, chacune, chacun, de s’élever au dessus de ses seuls intérêts, pour se soucier du bien public, de l'intérêt général.

 

DES VALEURS UNIVERSELLES

« Ces valeurs, historiquement, portent une dimension morale et universelle. Dois-je rappeler qu’elles ont inspiré, et inspirent encore, nombre de peuples qui cherchent les instruments de leur liberté ?

« Une liberté de pensée, une liberté d’agir, mais une liberté relative… En effet, cette liberté est inscrite dans le cadre de règles communes. L’histoire montre que l’excès de liberté des uns tourne immanquablement en excès de servitude de tous. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

« Cependant le danger serait grand de ne pas user de notre libre arbitre et de ne pas le protéger pour tous. Notre devoir, votre devoir désormais, est de permettre la liberté de conviction des autres, les minoritaires, les faibles, les fragilisés. C’est cela être citoyen, c’est cela la République… quand elle est vertueuse.

« C’est un combat ! Ce combat n’est jamais fini. C’est à vous, à nous, tous les citoyens, d’être vigilants. Vous êtes nés à la fin d’un siècle qui connut le fer et le sang ; pourtant surgissent encore les démons qui ont fait le malheur du passé : antisémitisme, racisme, xénophobie… loin, très loin, de la notion républicaine de fraternité.

« Dans notre République, la première des valeurs réside dans la communauté de destin de chacun de ses fils et filles, qu’il ou qu’elle s’appelle Pierre, Djamila ou Cali. Ni l’origine, ni l’appartenance philosophique ou religieuse, ne doivent différencier les citoyens français, ils sont égaux en droits et en devoirs. La République doit protéger le faible, et se doit d’être solidaire.

« Vous l’avez sans doute appris à l’école, la vertu républicaine réside dans la séparation des pouvoirs : l’exécutif est tempéré par une justice indépendante (je ne ferai pas de commentaires), par un législatif créatif et représentatif. Le peuple, c'est-à-dire vous et moi, en principe, a le dernier mot.

 

UNE PIERRE ANGULAIRE : LA LAÏCITÉ

« Retenez que la vigilance, c’est vous, collectivement, par le vote, qui l’exercez. C’est vous qui donnerez à la République indignité ou vertu : désintéressez- vous de la chose publique et vous aurez, au mieux, une démocratie d’élus, dont les valeurs reposeront sur leurs seules qualités d’hommes… qui restent faillibles.

« Nous devons être attentifs à combattre l’exaltation des particularismes qui séparent, qui excluent. Avec, la liberté, la fraternité, l’égalité, la République repose sur une pierre angulaire : la laïcité.

« Le principe est inscrit à l’article premier de notre Constitution. C’est pourquoi le ciment commun reste nécessairement, encore et toujours, l’école publique, laïque et obligatoire. Elle a ses défauts, des échecs, mais aussi une volonté de cohésion sociale, un humanisme universel, des règles de vie commune, une valorisation des potentialités individuelles.

« Ainsi la République des citoyens est une volonté qui agit, qui a bataillé pour la justice sociale, qui a conquis l’éducation gratuite et obligatoire, le droit de grève, la liberté syndicale, la sécurité sociale. Pourvu que ça dure…

« La République des citoyens a su tendre la main à ceux dont la naissance pouvait être un frein. C’est la singularité de notre nation, de notre drapeau, du français langue commune, même si les langues minoritaires doivent avoir droit de cité : se battre pour la paix, la justice, les droits de l’homme.

 

LA TRANSMISSION DU SAVOIR, POUR PERPÉTUER LA RÉPUBLIQUE

« Pour finir, je vous dirai que le citoyen est un sujet de droit. Il jouit des libertés individuelles, la liberté de conscience et d’expression, la liberté de s’associer – indispensable loi de 1901 - la liberté d’aller et venir, de se marier, d’être présumé innocent s’il est arrêté par la police, d’avoir un avocat pour être défendu, de participer à la vie publique, de voter et de se présenter aux élections, et bien d’autres choses…

« En revanche, il a l’obligation de respecter les lois, de participer aux dépenses collectives en fonction de ses ressources, de défendre la société, … car attention, l’incivilité est la fille naturelle du sentiment que tout est dû sans contrepartie. Nous devons, chacun à notre place, agir en pleine responsabilité.

« L’une de ces responsabilités, - vous serez sans doute parents un jour -, est l’éducation. L’éducation se fait tout au long de la vie. Le Savoir, les savoir-être, les savoir-faire, sont des biens précieux. Il convient de les protéger, de les faire croitre, et, surtout, de les transmettre. Car le pouvoir n’est pas dans sa détention mais bien dans sa transmission.

« Je forme le vœu, en vous remettant ce livret citoyen, que vous contribuiez à préserver ce droit à la connaissance, à l’éducation, seule façon de perpétuer la République. »

4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 16:21

Après la suppression de 80.000 postes d'enseignants sous le mandat de Sarkozy, et malgré la création de 60.000 postes au cours du quinquennat qui s'achève, objectif qui est atteint, à l'exception près peut-être de quelques milliers d'emplois ouverts mais pourvus par des professeurs pas encore formés, il demeure des besoins réels pour nos écoles seynoises, qui justifient que les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves soient assurés de l'appui de la municipalité pour accompagner leurs demandes aux autorités académiques.

Si l'on peut se satisfaire que les écoles de certains quartiers bénéficient d'un taux d'encadrement permettant des effectifs corrects d'enfants par classe, il demeure des disparités anormales, principalement dans certaines écoles des quartiers prioritaires « politique de la ville » que sont Berthe et le centre ville, comme pour la scolarisation des tout-petits de 2 ans, et pour l'accompagnement des élèves en difficulté par des rééducateurs et psychologues scolaires.

 

MOINS D'ENFANTS PAR CLASSE, DES PROFS MIEUX FORMÉS, DES EFFORTS POUR LES ENFANTS DÉFAVORISÉS

L'État doit accomplir des efforts supplémentaires. Si certains candidats à la Présidence de la République se vantent de vouloir réduire le nombre de fonctionnaires, celui que je soutiens, Benoît Hamon, propose quant à lui de créer en cinq ans 20.000 postes d'enseignants pour le primaire afin qu'on ne dépasse pas 25 enfants par classe — et 20 dans les zones d'éducation prioritaires —, 17.000 autres postes pour permettre les remplacements et une vraie formation continue, et encore 3.000 autres pour scolariser les jeunes enfants dès 2 ans dans les quartiers populaires en difficulté.

Comme nous l'anticipons avec notre révision de la sectorisation scolaire à La Seyne, Benoît Hamon veut imposer une « mixité sociale » en tous lieux, pour « tirer vers le haut » les enfants défavorisés et assurer une vraie cohésion nationale, y compris dans l'enseignement privé qui devra prendre sa part de cet effort.

 

UNE AIDE ACCRUE À LA CULTURE, AUX ACTIVITÉS PÉRISCOLAIRES ET AU TRAVAIL PERSONNEL DES ÉLÈVES

Il s'engage également à augmenter de 25% les appuis de l'État pour les activités périscolaires, avec un effort complémentaire pour les quartiers en difficulté, à développer l'orientation tout en valorisant l'enseignement professionnel souvent facteur méconnu de réussite, à accroître le nombre et la formation des adultes accompagnant les enfants porteurs de handicaps, à créer un service public de soutien scolaire assuré par des enseignants permettant, en faisant faire leurs devoirs et leçons à l'école à tous les élèves, de leur donner les mêmes aides et les mêmes chances, et à développer les arts et la culture à l'école.

Pour les enfants d'une commune comme La Seyne, riche de leurs diversités mais aussi confrontés, pour beaucoup, à des inégalités face à la réussite à l'École, ces renforts de moyens publics de l'État que propose Benoît Hamon seraient plus que bienvenus tant pour l'instruction que pour les actions éducatives complémentaires des temps libres.

 

RETROUVEZ LES PROJETS DE B. HAMON POUR L'ÉCOLE ET LES SERVICES...

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OU ICI POUR TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT DÉTAILLÉ CI-DESSOUS

23 janvier 2017 1 23 /01 /janvier /2017 22:40

C'est une réalité. Si la démographie seynoise continue de progresser à raison d'un pour cent chaque année depuis une décennie, la population d'enfants ne cesse de décroître. Et de façon fort disparate sur le territoire de notre commune. Des quartiers vieillissent plus et plus vite que d'autres, et c'est une tendance durable constatée depuis près de vingt ans.

Du coup, certaines écoles se vident inexorablement. Au quartier La Maurelle-Bellevue-Pont de Fabre, dans un rayon de 300 mètres autour de l'établissement "Intermarché", il existe trois écoles maternelles : l'une, Antoine de Saint-Exupéry, devrait perdre une classe à la rentrée 2017, une autre, Marie-Mauron, n'en a plus que trois, et la dernière, Romain-Rolland, faute d'un nombre suffisant d'élèves, n'héberge plus que deux classes au lieu des cinq qui y existaient jadis.

A contrario, à Berthe, quartier classé en site d'éducation prioritaire, là où les nombres d'écoliers par classe gagneraient à être minorés pour soutenir les efforts des enseignants vers l'égalité des chances des enfants, les effectifs demeurent conséquents, et même plus importants pour certaines écoles qu'ils ne le sont dans certains établissements du sud de la ville.

 

UNE RÉVISION DICTÉE PAR LA DÉMOGRAPHIE ÉCOLIÈRE ET L'AUSTÉRITÉ

De la même manière que le Département, en charge des bâtiments accueillant les collégiens, doit rééquilibrer la répartition des élèves entre les quatre collèges publics de La Seyne, la Ville devrait ainsi être contrainte de réviser ses secteurs scolaires primaires.

C'est une démarche délicate car elle bouscule des habitudes, celles des enfants, celles de leurs familles, et celles de l'ensemble des personnels qui travaillent pour les élèves. Peu d'élus locaux se risquent à l'entreprendre et, si l'État ne réduisait pas drastiquement les dotations qu'il alloue aux communes, celles-ci pourraient continuer à supporter des frais de fonctionnement significatifs pour maintenir ouverts des établissements, même s'ils abritent peu d'élèves. On admettra sûrement avec moi qu'il devient, en période d'austérité subie, incontournable que l'argent des contribuables serve à couvrir les coûts de l'éclairage, du chauffage, des fluides, de l'entretien et du ménage d'une seule école que ceux de deux écoles de deux et trois classes.

 

EN PROFITER POUR RÉDUIRE LES INÉGALITÉS ENTRE ÉCOLES

Alors, d'un mal pourquoi ne pas tenter de faire un bien ? À devoir revisiter la carte scolaire, nous voudrions en profiter pour tenter d'améliorer certaines conditions de fonctionnement et réparer des anomalies historiques, sous réserve que la majorité des parties prenantes en soient d'accord.

N'est-il pas souhaitable que les enfants de deux écoles, la maternelle Amable-Mabily et l'élémentaire Jules-Verne, ne soient plus hébergés dans des locaux préfabriqués vétustes, même s'ils sont bien entretenus, datant de 1947, tandis que la plus récente des écoles seynoises, Jacques-Derrida, à quelques centaines de mètres, ne fait pas le plein ?

N’est-il pas plus convenable que ces écoliers, dont certains n'ont que trois ans, ne soient plus obligés de marcher un kilomètre en ville tous les jours pour se rendre à un restaurant scolaire dont leurs écoles sont dépourvues ?

N’est-il pas raisonnable de chercher à améliorer les trajets du domicile à l'école, de permettre aux familles de disposer dans l'établissement même qui accueille leurs enfants d'un centre de loisirs périscolaire les prenant en charge avant et après l'école mais également le mercredi, ou aux enseignants et aux élèves de profiter d'un gymnase scolaire qui fait défaut dans leur établissement actuel ?

N'est-il pas opportun de mobiliser une part de l'estimation de quelque 80 à 100.000 euros de coûts de fonctionnement qui seront économisés chaque année pour mieux soutenir les enseignants par de petits équipements utiles ou l'augmentation des dotations communales au fonctionnement des classes, des coopératives scolaires ou des associations complémentaires de l'enseignement public ?

 

L'ÉTAT ÉDUCATIF DOIT SE MONTRER D'AUTANT PLUS BIENVEILLANT

Bien sûr, il ne faudrait pas que l'Éducation nationale profite des modifications envisagées — mais aucunement décidées — pour réduire le nombre global de postes d'enseignants affectés dans les écoles seynoises. Ni pour la rentrée 2017, ni pour les suivantes. Nous avons l'engagement des services académiques que ce ne sera pas le cas et même que des efforts et de la souplesse seront consentis pour accompagner la mutation sectorielle. Nous pourrons même développer la scolarisation des tout-petits et prévenir des fermetures possibles de postes dans certaines écoles maternelles. Et, comme toujours, si des décisions nationales devaient contrecarrer la promesse départementale de bienveillance, nous serions aux côtés des équipes d'enseignants, de leurs syndicats et des associations de parents d'élèves pour peser contre des décisions d'inacceptable rigueur.

 

DES PEURS ET DES COLÈRES BIEN COMPRÉHENSIBLES

J'aurais naturellement préféré annoncer, par exemple, la réalisation d'un groupe scolaire neuf en lieu et place des préfabriqués septuagénaires des écoles Amable-Mabily et Jules-Verne, telle que prévue il y a plus de vingt ans mais jamais réalisée. Mais il faut être lucide. Comment entreprendre aujourd'hui, sans aide extérieure, un tel projet de 5 à 8 millions d'euros alors que la Nation a tellement diminué son appui financier à la commune que, de 32 millions d'euros qui pouvaient être dédiés aux investissements municipaux en 2008, nous ne disposons plus aujourd'hui que de 10 à 12 millions annuels, dont la moitié doit être consacrée, par contrat établi en 2006 avec l'État, à la rénovation des quartiers prioritaires ? Nous sommes condamnés à faire avec les moyens du bord.

Enseignant public retraité depuis peu, militant de la cause éducative depuis toujours, syndiqué sans discontinuer depuis ma formation initiale, veuf d'une enseignante, père de deux enfants (dont une professeure), et désormais grand-père, je pense savoir mesurer et comprendre les inquiétudes de tous : enfants, parents, personnels enseignants et non enseignants.

 

UNE RESPONSABILITÉ À ASSUMER POUR L'ÉCOLE RÉPUBLICAINE

Mais j'en appelle à la mémoire de chacun. Lorsque nous avons dû décider, il y a quelques années, pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui, de fermer la vieille école préfabriquée Jean-Baptiste-Coste pour l'installer, pour partie à Ernest-Renan et pour partie à Jean-Baptiste-Martini, les mêmes peurs et colères légitimes se sont exprimées. Et les choses se sont pourtant passées au mieux.

Les écoliers apprennent désormais dans des écoles "en dur", avec des espaces de restauration et d'activités périscolaires sur site, et leurs arrivées ont conforté les effectifs déclinants, permettant d'éviter des disparitions de postes de professeurs, même si, bien sûr, les projets des équipes ont dû être un peu bousculés et si cela a conduit à la disparition d'une fonction de direction pourtant indispensable à l'animation du projet d'école, à l'accompagnement des maîtres et au lien avec les familles.

 

NE PAS S'AFFOLER AVANT MÊME QUE LA CONCERTATION NE SOIT COMMENCÉE

Dans le contexte difficile dont souffre l'école de la République, même si le gouvernement semble tenir son engagement de recréer les postes d'enseignants supprimés par son prédécesseur, tâchons tous ensemble, malgré les vicissitudes des temps de disette budgétaire imposée, de gérer au plus juste pour soutenir l'offre éducative publique communale. Avec le concours de chaque acteur de l'éducation, à sa place respective et en coopération, on peut y arriver.

Mais encore faut-il qu'il y ait une volonté partagée. C'est pourquoi nous avons commencé à rencontrer les autorités de l'Éducation nationale qui semblent favorables, certains syndicats d'enseignants qui ne le sont pas du tout et d'autres qui ont un avis mitigé, des parents qui sont inquiets et globalement peu satisfaits. Et nous avons même reçu des courriers d'enfants, dont certains ne sont pas d'accord et d'autres le sont. D'autres rencontres sont prévues, notamment avec nos personnels communaux qui travaillent pour l'éducation, leurs syndicats, les associations périscolaires et les conseils de quartiers. Et, après avoir expliqué tranquillement les propositions de nos services et entendu tous les avis, nous proposerons un choix que nous soumettrons au conseil municipal qui décidera en conscience, ainsi que la Loi lui fait obligation.

Il ne sert à rien de s'affoler ou, pire, d'affoler les gens comme l'ont fait certains sur le fondement de rumeurs porteuses d'éléments incomplets, voire de s'énerver, avant même que les pistes d'amélioration de l'existant n'aient été paisiblement et intégralement exposées pour être discutées.

À La Seyne, nous sommes assez fiers de nos démarches de démocratie participative auxquelles nous consacrons beaucoup d'énergie et de moyens. Pour la sectorisation scolaire, il n'y a aucune raison qu'il en soit autrement.

Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse

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Vice-président de l'agglo de Toulon

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