6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 13:48

Qui qu'ils soient, quels que soient leurs âges, l'enquête, j'en suis sûr, permettra d'identifier les coupables pour que la justice les punisse et qu'ils soient aussi contraints à une réparation. L'école élémentaire Victor-Hugo, au Germinal, a en effet été sauvagement vandalisée ce samedi.

Quand on saccage une école publique, surtout dans un quartier où elle concourt, en première ligne, à assurer le plus possible aux enfants une égalité de chances de prendre leur future place dans la société, avec un travail, une conscience éveillée aux droits et devoirs, à la solidarité, à la vie sociale, ce sont les valeurs républicaines que l'on dégrade.

 

GRAND MERCI AUX FONCTIONNAIRES RÉPUBLICAINS

Ma gratitude va aux policiers municipaux et nationaux, mobilisés plusieurs heures durant, y compris la nuit, pour sécuriser et recueillir de nombreux éléments utiles à confondre les misérables qui ont fait ça.

Elle va aussi au directeur de l'école, aux fonctionnaires municipaux, cadres et agents, des écoles, des bâtiments communaux, de la régie de menuiserie, de l'informatique qui gère les alarmes, du ménage, et d'autres, qui, même sans être en service d'astreinte de week-end, se sont mobilisés volontairement depuis les faits, et une bonne partie du dimanche, certains avec des membres de leurs familles, pour que l'école puisse accueillir les enfants ce lundi, presque comme si rien ne s'était passé.

Faire perdre des temps d'éducation aux élèves aurait donné raison aux funestes individus qui se réjouissent en sourdine et ricanent sur l'air de "donner de la confiture aux cochons" en laissant scandaleusement entendre que la puissance publique s'implique trop, surtout quand elle le fait en faveur des plus humbles. Et qui, au fond, ne veulent surtout pas d'égalité entre les citoyens. Mais la République se doit de ne rien lâcher, ni rien tolérer qui la fragilise. Elle doit encore et toujours avoir raison. Surtout contre ses ennemis, le fussent-ils par bêtise.

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 04:07

Gentil, trop brave, Vuillemot ! Que ne l'ai-je entendue, celle-là ! Sur l'air sous-entendu de... trop couillon. Eh oui, je le suis. Mais, si gentil n'a qu'un œil, gentil a aussi une cervelle et un peu d'expérience de son usage pour comprendre et améliorer les conditions du fonctionnement harmonieux du service public dû à nos résidents. Et relever où ça coince parfois.

Ainsi — et j'espère ne pas troubler leurs congés estivaux ô combien mérités — certains, heureusement rares, acteurs de l'Éducation nationale se comportent parfois bizarrement avec la commune. Et, tout gentil que je suis, je ne peux plus l'admettre, parce que ça nuit au fonctionnement de l'École. Cette belle école de la République qui rouvrira ses portes dans quinze jours...

 

IL Y A BIEN SUR CE QUI RELÈVE DE DÉCISIONS NATIONALES 

L'académie oppose ainsi presque chaque année une fin de non recevoir aux demandes de la commune plaidant contre des fermetures ou pour des ouvertures de classes maternelles ou élémentaires, y compris dans nos quartiers prioritaires. Ça n'a hélas rien de nouveau et je ne m'en offusque pas plus que ça.

Elle impose à la commune — comme aux autres — un aménagement complexe des horaires scolaires qui n'apporte pas grand chose aux enfants et aux familles, et surtout déstabilise sans vergogne les organisations des services communaux et associatifs en charge des temps périscolaires sans que ça semble perturber quiconque dans cette institution dont je mesure aujourd'hui pourquoi un certain Allègre l'a qualifiée de "mammouth". Ça non plus, ce n'est pas neuf, et je ne m'en offusque non plus pas plus que ça.

Mais d'autres faits, locaux ceux-là, émergeant depuis quelques années, bien sûr mineurs et plutôt isolés, compliquent la sérénité d'un nécessaire partenariat.

 

DU MÉPRIS AUX INJONCTIONS AUX ÉLUS ET AUX EMPLOYÉS DE MAIRIE

Ainsi, contrairement aux usages républicains que respectent les proviseurs de nos deux lycées, les inspecteurs des deux circonscriptions primaires, et quelques directeurs d'écoles, les actuels chefs d'établissement des collèges nouvellement affectés à La Seyne, hormis celui de Paul-Eluard, ne se sentent plus tenus par les règles élémentaires de courtoisie consistant à se présenter au maire pour un contact informel lors de leur prise de fonction, permettant de faire connaissance et de "fluidifier" les relations, dans le cadre d'échanges de bons procédés, la ville pouvant rendre de menus services aux équipes des collèges. Ce n'est certes pas une obligation règlementaire, mais ça fait partie des coutumes qui, normalement, simplifient la vie entre acteurs du service public.

Ainsi, on me rapporte trop souvent des exigences péremptoires et sans délai de travaux ou de fournitures de matériels, des injonctions aux personnels communaux, du genre ouvrir et fermer les stores et volets, la porte du bloc sanitaire, nettoyer les tableaux, et autres tâches qui ne sont pas si dévalorisantes et que les professeurs, comme jadis, peuvent accomplir eux-mêmes.

Ainsi, fussent-elles difficiles à maîtriser pour qui préside un conseil d'école, je n'accepterai plus les invectives gratuites à l'endroit des élus dans certaines, certes rares, de ces instances.

Et je pourrais multiplier les petits exemples de mauvais ressentis de nos élus et nos cadres et agents communaux, quoique imputables à un petit nombre de fonctionnaires de l'Éducation et sûrement pas voulus par la majorité. Mais on ressent l'image d'une institution vécue comme hautaine, parfois avec des postures de suffisance.

 

POUR AUTANT, NOS "TERRITORIAUX" FONT LEUR TRAVAIL

Je ne m'en offusque certes pas, et nos personnels communaux, qu'ils soient en charge des bâtiments scolaires, des appuis à l'école, de l'enfance, de la culture, du patrimoine, des sports, des transports, continuent à répondre favorablement, chaque fois que possible, et très au-delà des obligations qui sont faites à une commune vis-à-vis de l'école, aux demandes des enseignants.

Un chiffre pour illustrer mon propos : notre seul service culturel communal accueille chaque année scolaire, pendant le temps d'école, dans nos équipements culturels, 3.200 enfants de primaire, soit plus de la moitié des 6.200 petits Seynois scolarisés, accompagnés de leurs enseignants qui trouvent là un appui pédagogique à leurs projets. Et je pourrais détailler de la même manière les investissements communaux en matière de classes de nature, de classes de mer, de classes technologiques, de classes de mémoire de "La Navale", de financement des coopératives scolaires, de transports d'enfants, d'appui aux événements qui rythment l'année scolaire, etc.

Et cela sans contrepartie. Ou si rarement. Voire parfois avec une forme de dédain, pour ce qui concerne heureusement certaines rares écoles, comme si les agents communaux devaient être des serfs au service d'une seigneurie académique. Moi qui suis aussi enseignant public, mais qui n'ai jamais travaillé qu'en collège, jamais je n'ai vu mes collègues déconsidérer, ainsi que le font certains enseignants primaires seynois, les personnels administratifs, techniciens, ouvriers et de service avec lesquels nous constituions de vraies équipes.

 

OU NOUS REPARTONS SUR DES BASES RÉPUBLICAINES, OU CHACUN POUR SA PEAU

Ça fait sept années que ça me tourmente et que je le dis. Je ne prends donc personne en traître. Nous sommes à deux semaines de la rentrée et ça laissera à tous le temps de méditer, à commencer par l'administration de l'Éducation nationale qui a, si besoin, le devoir de sensibiliser et former ses agents à des relations apaisées avec la commune.

S'il le faut, je demanderai aux élus de ne plus siéger aux conseils d'écoles, les réunions de cadrage entre les directeurs et nos responsables techniques municipaux devant largement suffire. Et je ferai organiser, parallèlement, des rencontres d'échanges avec les représentants des parents d'élèves, à la mairie.

S'il ne devait pas y être remédié pour la prochaine rentrée, à la discourtoisie de certains responsables d'équipes éducatives, aux injonctions abusives de quelques directeurs ou professeurs des écoles envers les fonctionnaires territoriaux et les élus, aux organisations imposées par l'État sans possibilité d'aménagements discutés, de surcroît fort onéreuses pour la commune, à l'instar de la réforme des rythmes qui coûte plus de 300.000 euros annuels à mes concitoyens contribuables, j'opposerais une posture qui pourrait aller jusqu'au retrait pur et simple des appuis financiers, matériels, logistiques et de coopération pédagogique que la commune assure volontairement depuis des années à l'École de la République, au-delà de ses obligations règlementaires, et je recentrerai ces moyens sur l'éducation périscolaire conduite par nos services et nos partenaires associatifs.

Je ne veux pas en arriver là, parce que, je ne le répèterai jamais assez, nous devons être, tous ensemble, cadres et agents de l'École, élus et fonctionnaires des collectivités, dans une démarche de franche coopération, d'égaux à égaux, avec les familles et les associations, plaçant l'Enfant au centre de nos politiques éducatives, dans tous ses temps de vie, pour plus et mieux élever sa conscience, pour lui donner les clefs de son insertion professionnelle, et, plus que jamais, faire barrage pour lui aux obscurantistes qui s'ingénient à saper les fondements de notre République qui doit pourtant viser à la construction égalitaire des futurs adultes citoyens.

Mais je sais qu'on n'en arrivera pas là. Comme dans la cour de récré, la balle est dans le camp de mes partenaires. À eux de jouer. Nos élus et nos employés communaux sont sur la brèche pour préparer une bonne rentrée. Bonne fin de vacances à tous.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 05:55

Je m'étonnais depuis quelques temps de ne plus être interpellé comme auparavant par des parents sollicitant mon appui pour obtenir une place en crèche pour leurs tout-petits. J'avais imaginé que les gens avaient fini par comprendre que je leur aurais poliment répondu que je ne pouvais ni ne voulais intervenir pour déroger aux critères établis car ne souhaitant pas donner satisfaction à une famille au détriment de dizaines d'autres. Il n'en était rien : un récent bilan de la situation de l'offre d'accueil de la petite enfance à La Seyne montre que les besoins ont fini par être satisfaits et qu'il n'est nul besoin de me demander un coup de pouce, que j'aurais comme à l'ordinaire refusé.

Et pourtant, le nombre des 0-3 ans n'a cessé de croître depuis dix ans, passant de 2543 en 2004 à 3240 en 2013, dernière année pour laquelle la Caisse d'allocations familiales, autorité de tutelle des politiques familiales, dispose d'éléments chiffrés.

 

PLUS DE NOUVELLES OFFRES QUE DE NOUVEAUX ENFANTS

Mais les réponses aux besoins de garde de nos tout jeunes concitoyens ont parfaitement suivi l'évolution démographique, et l'ont même devancée. Ainsi, avec 1114 places d'accueil, La Seyne compte au nombre des communes disposant de la plus importante offre. Ce sont 243 assistantes maternelles qui assurent 664 places, et 20 structures d'accueil collectif (11 crèches municipales et associatives cofinancées par la Ville, et 9 micro-crèches qui s'autofinancent) qui accueillent 450 enfants par jour. Rien que sur les deux dernières années, le nombre de places offertes en accueil collectif a plus augmenté que la population enfantine (43 pour 23 nouveaux enfants).

Entre la Ville, qui consacre chaque année près de 9% de son budget à la petite enfance, dont presque 230.000 euros aux crèches associatives, et la Caisse d'allocations familiales qui investit près de 300.000 euros annuels pour les petits Seynois, l'effort de la puissance publique est conséquent.

 

POUR UNE GESTION RAISONNÉE DES MOYENS PUBLICS

En période de réelle inquiétude pour les finances publiques, notamment communales, qui subissent les baisses drastiques des dotations de l'État, la raison commande de centrer les efforts conjugués de la Ville et des associations sur le maintien de l'offre et sur l'amélioration de sa qualité.

Il est nécessaire de travailler à la remise en place d'un "relais d'assistantes maternelles" dans le sud de la commune à partir de la maison intergénérationnelle municipale du quartier Saint-Georges, à la poursuite des rencontres d'échanges des professionnels de la petite enfance, à la maintenance des équipements, et aux modalités d'information et d'inscription via un guichet unique et un dispositif "en ligne" partenarial.

Mais il serait en revanche déraisonnable, le bel esprit d'initiative associative volontaire seynois que l'on connaît dût-il en concevoir quelque déception, de prévoir un soutien public à la création de nouvelles structures. Du moins tant que les besoins des familles continueront à être couverts.

 

(Pas d'inquiétude pour le droit à l'image : les petites filles de la photo, c'est la fille de ma fille et une de ses copines !)

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:30

Tout frais, les résultats du bac, ce mardi soir ! Et on n'aura pas attendu longtemps pour fêter ça. En tous cas, c'est avec beaucoup de plaisir que, accompagné de Mekki Boutekka, Isabelle Renier et Louis Correa, adjoints et conseiller municipal respectivement chargés de la jeunesse, de l'insertion professionnelle, et de la vie associative, et d'autres, nous avons accueilli l'association "Univers-Cité" dans le salon d'honneur de la mairie.

Une association toute jeune mais qui peut déjà afficher une vraie fierté pour, entre autres activités, avoir réussi avec bonheur à faire prendre une jolie mayonnaise entre jeunes en formation et autres (un tout petit peu) moins jeunes ayant joué le rôle de tuteurs volontaires pour accompagner, soutenir, aider les premiers.

Et les résultats sont là. Ils sont nouveaux bacheliers, nouveaux intégrants dans les formations d'aide-soignants ou d'infirmiers, et autres études professionnelles. Presque tous ont vu leurs efforts couronnés de succès.

Mais le plus important est à mes yeux la démarche de solidarité active entre citoyens des nouvelles générations qui attestent, si besoin était — et, à entendre certains propos de comptoir, il y en a en effet bien besoin ! —, que les jeunes de nos quartiers populaires, comme ceux de toute la cité, non seulement peuvent dépasser les difficultés économiques, sociales et culturelles qui freinent leurs projets d'insertion professionnelle, mais aussi que, lorsqu'ils ont réussi en exerçant un métier, savent s'engager auprès de leurs suivants d'âges pour qu'ils y parviennent également, en les soutenant avec une belle abnégation.

C'est beau. C'est utile. C'est citoyen.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 15:24

Ça se sait, je ne suis pas tendre avec le gouvernement que je soutiens lorsqu'il ne me semble pas aller dans le sens des intérêts de notre peuple. Mais, là, je me dois de joindre ma voix à la sienne et de l'inviter à tenir bon : il faut que ce volet de la réforme de l'École soit mené à bien. Et je l'encourage, sa ministre de l'Éducation nationale en tête, à, bien sûr, écouter les inquiétudes de mes collègues enseignants, mais aussi à se donner les moyens de la mise en œuvre de cette nouvelle organisation des enseignements des collégiens.

Je suis suffisamment bien placé, pour avoir traîné mes guêtres trente ans dans un de nos collèges, même si ça fait quelques années que je n'y ai pas "pointé", pour dire combien, derrière le bel intitulé de "collège unique", la droite a créé depuis 40 ans les conditions de la ségrégation sociale par l'éducation.

 

VIVE L'ENSEIGNEMENT BILANGUE POUR TOUS !

Il faut être faux-cul pour proférer l'idée que les classes bilangues ne sont pas un moyen détourné de creuser le fossé entre les jeunes qui y sont inscrits et la grande majorité de ceux issus de familles qui n'ont pas perçu la feinte permettant de regrouper entre eux des collégiens "bons élèves" qui, donc, ne peuvent plus "tirer vers le haut" tous les autres. Pourquoi, alors qu'on serre la vis des emplois de fonctionnaires (ce qui n'est pas bien !), le ministère créerait-il des postes nouveaux de profs d'allemand (et autres langues moins courantes que l'anglais) si ce n'était pour permettre à plus d'enfants, de façon plus et mieux égalitaire et républicaine, de maîtriser la langue et la civilisation de nos pays voisins ? En outre, tous les enfants qui auront commencé une initiation à l'allemand, à l'italien ou à l'espagnol en primaire pourront, à bon droit, poursuivre cette formation en sixième : c'est dit dans le projet ! Et plus seulement les privilégiés malignement inscrits en "classes bilangues". Gardons donc notre énergie pour nous assurer, voire imposer, que ce soit bien le cas dans les faits. Et aucun de nos "minots" ne sera plus... privilégié. Donc tous le seront.

 

VIVENT LES HUMANITÉS POUR TOUS !

Il faut être hypocrite pour s'offusquer soudainement du devenir du latin et du grec, alors que - posez comme je l'ai fait la question à des enseignants de lettres classiques - ça fait déjà des années que leur enseignement comprend, outre les acquis linguistiques, une éducation aux faits historiques, sociaux, culturels, de ces civilisations d'antan. Le nouveau dispositif vise à ce que de plus en plus de collégiens en profitent dans les temps de coopération interdisciplinaire que nous, enseignants, notamment de nos quartiers populaires, avons toujours appelés de nos vœux pour motiver nos jeunes. C'est mal, ça ? Ce n'est pas républicain, ça ? Veillons seulement au contraire à ce qu'aucun collège, surtout de nos quartiers prioritaires, n'échappe à cette offre ! Gardons nos forces pour nous "rebeller" si ce ne devait pas être le cas.

 

MADAME LA MINISTRE, TENEZ BON !

Car il faut être être rebelle. Encore et toujours. Mais à bon escient. Gardons-nous de nous laisser entraîner sur des voies qu'ouvrent, une fois de plus, ceux qui s'insurgent contre les mariages pour tous (contre l'amour ?), contre les votes des immigrés vivant depuis longtemps dans notre République aux élections locales (contre l'Égalité et la Fraternité inscrites aux frontons de nos édifices publics ?), contre toutes les avancées sociétales. Ceux qui, instrumentalisés ou non, font le jeu des pires ennemis de la République.

On l'aura compris, fussé-je à contre-courant, la raison me guide à dire que Nadjat Vallaud-Belkacem a raison d'être courageuse. Et de tenir bon.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 21:28

150120_bebe.jpgNeuf mois de gestation. Nos équipes ont tenu leurs engagements. Ce n'était pas une mince affaire, mais le bébé se porte bien. La nouvelle crèche publique communale "Le Petit Monde" a été inaugurée ce mardi soir. Lorsqu'elle le veut et s'en donne les moyens, la République peut poursuivre sans défaillir sa mission sur nos territoires pour contrecarrer pour les plus humbles les impacts d'un monde fou qui ne mesure pas la gravité extrême de laisser détenir plus de la moitié de ses richesses par 1% de sa population, tandis que les 99% autres se partagent le reste, et dans quelles conditions inégalitaires !

Le propos que j'ai tenu à cette occasion...

 

"Mesdames, Messieurs,

"Après les journées attristées de ce début d’année, l’horreur a été heureusement suivie d’une immense promesse. La folie meurtrière, intolérante et intolérable de quelques-uns fut submergée par des millions de citoyens défenseurs de la liberté. Ils ont montré que les valeurs républicaines, la laïcité qui permet à chacun de vivre sa vie, donc sa croyance ou sa non-croyance, sont bien ancrées dans nos consciences. On pouvait craindre, parfois, qu’elles ne le fussent pas.

"Après ces journées donc, je ne peux qu'être heureux de cette inauguration. Chaque fois qu’un élu coupe le ruban d’un nouveau bâtiment public, utile à la population, il l’est... heureux ! Mais encore plus lorsque cela lui permet d’afficher une continuité, une volonté reconduite.

"Voyez où nous sommes ! Au cœur d’une placette entourée d’un groupe scolaire entièrement rénové, d’un centre social et culturel remis à neuf, et aujourd’hui de la crèche du "Petit Monde" reconstruite, la ville poursuit donc, avec ses moyens et ceux des autres échelons de la République, l’accompagnement social des plus petits et le service rendu aux familles.

"Elle le fait par le biais de son service « petite enfance ». Mesdames et Messieurs les fonctionnaires qui y travaillez, soyez-en plus que remerciés, comme doivent l'être Betty Sarrey, l'une des architectes communaux, et ceux qui travaillent avec elle, qui ont fait le projet, le cahier des charges, l'appel d'offres, et le suivi du chantier, et aussi Anne Aussenac, Muriel Moutte et Elisabeth Cam, parmi nos ingénieures, pour le volet "énergie", le volet "bâtiments communaux" et le volet "suivi des chantiers communaux du programme de rénovation urbaine". Et tous les autres.

"Comme quoi, les coûts de personnels publics communaux qui en gênent certains, c'est loin d'être de l'inutile, on le mesure aujourd'hui !

"La ville, donc, agit dans un contexte qui évolue au sein d’une société contemporaine urbaine, laquelle, insensiblement mais inexorablement, impose un modèle familial tourné vers l’épanouissement individuel et consumériste, qui induit le travail de papa et de maman, mais qui laisse bébé dans les bras du système « débrouille ».

"La Seyne, très tôt, dès la fin des années cinquante du siècle dernier, sous l'impulsion d'une adjointe d'alors, Josette Vincent, l’a compris et a créé un accueil collectif permettant aux femmes de concilier maternité et travail, à une époque où le modèle du couple qui travaille n’était pas dominant. La réalité d’aujourd’hui est bien différente et le problème de l’accueil du très jeune enfant est un casse-tête pour tous.

"Que faut-il favoriser ? L’accueil individuel, familial, la nourrice agréée, les nounous regroupées ? L’accueil collectif, ou public, ou associatif, ou privé ?

"Nous nous trouvons là devant une de ces inégalités que génère notre société moderne. Les grands-parents sont-ils disponibles, proches ? Les ressources financières sont-elles suffisantes pour supporter le coût d’une garde à domicile ? Les places en accueil collectif suffisantes ? Les prestations offertes équivalentes ? Les qualifications exigées normées ? Le respect du droit du travail partout respecté ?

"Vous voyez, le problème est complexe.

"Nous, nous avons fait le choix de la qualité. Toutes les normes sont appliquées, notre personnel est formé, titulaire. Notre volonté est de permettre au plus grand nombre  - je n’ai malheureusement pas dit "tout le monde" - de bénéficier d’une socialisation précoce, d’une meilleure intégration, de promouvoir la cohésion sociale, la lutte contre les exclusions et les inégalités.

"Alors, oui, c’est un investissement !

"Financier bien sûr, et pourrons-nous encore longtemps préserver ce modèle avec ce qu'on fait subir aux collectivités ? Pour accueillir 33 enfants dans les conditions que vous découvrez, il a fallu investir 1 million d’euros, 20% pour la ville, 80% avec l’aide des partenaires de l’ANRU.

"Mais c’est surtout un investissement sur l’avenir : on sait combien l’éducation - et dès le plus jeune âge - est importante pour la promotion d’une pensée citoyenne…

"C’est aussi accompagner, conseiller, initier aux savoir-faire parentaux dans le cadre d’une proximité de territoire, de travail en réseau rendu possible par une ouverture de la crèche à son environnement, d’appropriation d’une vie de quartier décidée dans le quartier, par ses habitants.

"Car, oui, au « Petit Monde », l'approche de l'enfant est fondée sur la rencontre, la découverte des autres, une reconnaissance de la diversité culturelle de la population accueillie, et la lutte contre l'isolement des familles.

"La souplesse des modes d'accueil pratiqués permet de répondre aux demandes diverses, y compris à celles émanant de personnes en recherche d'emploi ou en parcours d'insertion.

"Autant d'objectifs qui prennent plus que jamais sens après ce qui nous est tombé sur la tête il y a une dizaine de jours.

"Enfin, plus terre à terre, il me reste à vous dire que ce bâtiment répond aux normes du développement durable, et qu’il est donc prévu pour économiser l’énergie.

"Je suis donc heureux de remercier l’ensemble des équipes qui ont œuvré à ça.

"Au-delà des personnels de la petite enfance et de nos cadres et agents des services techniques que j'ai déjà cités, je pense à tous les administratifs de la commune et du GIP "Nouvelle Seyne" qui gère la "politique de la ville", qui ont suivi et accompagné le dossier depuis sa genèse, car, il faut le rappeler, la rénovation du "Petit Monde" - et je ne veux blâmer personne - avait été oubliée du programme initial de rénovation urbaine, et j'ai dû, avec Isabelle Renier et Rachid Maziane, nos adjoints qui avaient ça alors en charge dans leurs délégations, et avec l'aide de nos administratifs, un peu ferrailler afin d'y remédier dans l'intérêt des plus jeunes de nos concitoyens et de leurs parents.

"J'en terminerai en remerciant l'État et les institutions territoriales, Région et TPM, qui ont pris et prennent toute leur part dans la rénovation du quartier, en espérant qu'elles poursuivent leur accompagnement, et en formulant le vœu que le Département accepte de s'y joindre, dans le futur Contrat de Ville, sinon pour la fin du PRU de Berthe, du moins pour le futur nouveau PRU du centre-ville." 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 05:39

http://jcautran.free.fr/archives_familiales/ecrits_divers_marius_autran/bulletins_municipaux/1967/1967_1.jpgBeaucoup de monde a répondu ce lundi, à l’heure de la sortie des classes, à notre invitation à inaugurer le nouveau restaurant scolaire d’une importante école de La Seyne. Beaucoup de monde, mais aucune autorité hiérarchique des corps d’inspection de l’Éducation nationale, ce qui en a surpris plus d’un, et m’a tout de même un peu choqué car, si assurer une offre de restauration scolaire n'est bien sûr une obligation, ni pour l'État, ni pour la commune, l'amélioration des temps périscolaires des élèves m'avait semblé être un sujet qui préoccupait beaucoup le ministère de l'Éducation nationale ces derniers mois, lui qui n'a pas hésité à imposer de nouveaux horaires sans donner aux communes les moyens nécessaires à une bonne organisation, tout en interdisant à certaines, dont La Seyne, de faire preuve d'imagination pour que les temps libérés de classe soient autre chose qu'une simple garderie.

Mais l'important est que les enfants, les parents, les enseignants, les personnels communaux d'entretien et de restauration, actuels et anciens, et tous ceux qui ont travaillé sur le projet, ont répondu présents.

J'ai prononcé un petit discours dont je livre quelques extraits...


(…) “Nous voici donc dans cette bonne vieille école Ernest-Renan qui se voit enfin dotée de cet équipement moderne, elle qui a été construite en 1962.  Une école, vous le savez bien, vous toutes et tous, qui n'avait pas de cantine, et dont les élèves sont allés déjeuner à la Mairie Sociale pendant 52 ans, été comme hiver, le plus délicat étant les jours de fortes pluies comme elles le sont à l'automne.


UN PROJET AMBITIEUX DE RESTAURATION SCOLAIRE COMMUNALE

“Il faut dire que, jusqu'en 2009, c'étaient les enfants de cinq écoles qui se rendaient à pied pour déjeuner à la "Cantine Renan", soit 550 écoliers ! C'est la fermeture de l'école Jean-Baptiste Coste qui en a diminué d'abord le nombre, puis, en septembre 2010, l'installation des enfants de la maternelle Eugénie-Cotton dans l'espace éducatif Jacques-Derrida et la suppression des transports en bus de 130 tout-petits.

”De manière plus globale, la mise aux normes et la rénovation de la restauration municipale de La Seyne a fait l'objet d'un projet complet qui comprenait la construction d'une cuisine centrale, ainsi que la transformation de toutes les cuisines d'écoles en "satellites" et restaurants d'enfants. Ce projet était prévu depuis fort longtemps (…) Mais il n’avait jamais été engagé, jusqu’à ce qu’il soit validé, fin 2008. Et la cuisine centrale a ouvert en septembre 2011.

”Les études concernant tous les satellites ont été réalisées et présentées aux acteurs concernés. Il faut préciser qu'à ce jour, la ville n'a pas abandonné les onze autres projets restants de "cuisines-satellites", mais que leurs réalisations sont malheureusement différées, étalées dans le temps, pour des raisons financières hélas évidentes.

 

L'INVESTISSEMENT DES COMMUNES PROFITE AUX ENTREPRISES ET À L'EMPLOI

"On mesure évidemment là la dure stupidité de couper les vivres des dotations d’État aux collectivités qui assuraient les trois quarts de l’investissement public du pays, à l’heure où le secteur du bâtiment et les travaux publics est à la peine, et où sa fédération patronale est même contrainte d'appeler ses membres à manifester, aujourd'hui même, pour réclamer des chantiers. On marche sur la tête et, franchement, je ne suis pas fier en ce domaine des politiques publiques nationales que ma sensibilité est supposée soutenir.

(...) “Tout ce qui touche à la restauration scolaire est plus qu'important, puisqu'ici, à La Seyne, 90% des 6200 enfants inscrits dans nos écoles mangent à la cantine.

“Tout a été dit sur cette cuisine satellite. Je ne ferai que rappeler qu'elle permet d'accueillir au quotidien les 225 enfants de l'école, mais aussi une centaine d'enfants du centre de loisirs le mercredi, et 25 autres venant du Foyer des Jeunes et d’Éducation Populaire Toussaint-Merle.

"L'ensemble cuisine-restaurant a été conçu selon tout ce qui existe de plus strict en matière de normes diverses et variées, d'ergonomie et de confort pour le personnel comme pour les enfants, à l'image de notre cuisine centrale, qui est un exemple du genre. Tout cela, c'est du service public soigné, moderne, performant. Comme nous l'aimons. Un service public utile non seulement à la vie quotidienne, à l'éducation de nos enfants, mais aussi à l'économie.

“Et je ne raterai jamais une occasion, surtout pas une occasion comme l'inauguration d'aujourd'hui, de replacer tout cela dans un contexte de société plus large.

"À une époque où des politiques d'austérité présentées, à tort, comme inéluctables, freinent l'emploi et la croissance - et nombre d'économistes nous alertent sur ce point -, à une époque où le service public paraît être la cible de tous ceux qui ne jurent que par la rentabilité financière, la gestion comptable et le court terme, oui, en ces temps, une commune comme La Seyne, mais aussi toutes les communes de France, et les autres collectivités, restent fort heureusement, et malgré les immenses difficultés, de grands acteurs économiques et sociaux.

 

30% DU BUDGET COMMUNAL CONSACRÉ À L'ENFANCE, ÇA PROFITE AUSSI À L'ÉCONOMIE

 ”Il faut tout de même savoir que la commune consacre chaque année 30% de son budget à l’enfance : crèches, garderies, écoles, restauration scolaire et périscolaire, centres de loisirs, espaces et actions pour les jeunes.

”Pour le service des bâtiments communaux, 95 % des interventions accomplies cet été concernaient les écoles : là un faux plafond, ici des réparations de menuiserie, de peinture, sans compter les chantiers demandant l'intervention d'entreprises pour des travaux comme l'étanchéité de toiture, la rénovation des installations électriques, la réparation de fuites d’eau... 

”Et sachez, enfin, que le raccordement au réseau de chaleur, que le SITTOMAT est en train de realiser pour nous afin de récupérer l’énergie produite par l’usine d’incinération des déchets ménagers de Lagoubran, concerne 10 de nos 31 écoles, et permettra de grandes économies de gaz.

"Voilà, je voulais simplement mettre un peu en perspective cette inauguration, qui n'est surtout pas une action isolée et qui est révélatrice des efforts accomplis par nos services, tous nos services, que je veux féliciter et remercier chaleureusement.”

(…) "Et je terminerai par remercier TPM et le Conseil général, qui ont financé 60% des 850.000 euros qu'a coûtés cette cuisine, la commune finançant les 40% restants."

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
26 septembre 2014 5 26 /09 /septembre /2014 10:43

http://www.amf.asso.fr/images/upload/illustrations/tmp/doc_AMF_ILU_20100329_ecole_DomLortha_Fotolia_8528749_XS.jpgÀ La Seyne, nous ne l’avons pas encore reçu (*), mais la très officielle Association des maires de France (AMF) en a d’ores et déjà averti les communes.

Il semble que, dans certaines académies, les recteurs ont adressé aux maires un courrier leur annonçant qu’ils auraient à prendre en charge les enfants une demi-journée en octobre et, semble-t-il, trois autres demi-journées plus tard, pendant le temps scolaire, afin de permettre aux enseignants de se rendre à des réunions de concertation.

 

MES COLLÈGUES MAIRES INDIGNÉS !

Cette annonce suscite la plus vive indignation chez les maires qui en ont été destinataires. Cela est en effet inacceptable.

Respectueux des lois et décrets de la République, j’ai accompagné la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Comme l’immense majorité de mes collègues, j’ai, en dépit des difficultés d’organisation et de financement, assuré au mieux l’accueil des enfants sur les temps périscolaires, organisé et adapté le temps de travail de nos agents communaux pour assurer le fonctionnement de l’école le mercredi matin.

J’assume ma responsabilité sur ce temps périscolaire qui relève de ma libre compétence ainsi que mon obligation au regard de la mise à disposition de locaux pour le service de l’Education nationale.

 

CHACUN SON BOULOT, LA MAIRIE N’EST PAS UN SUPPLÉTIF DE L’ÉTAT !

Toutefois, je refuse de me substituer à l’Etat pour l’exercice de ses responsabilités. Les mairies ne sont pas les supplétifs de l’Education nationale. Je suis en total accord avec l’association des maires de France qui a déclaré ces jours derniers que, « comme l’a précisé la circulaire du 4 février 2013, le temps de service des enseignants comporte, en sus des 24 heures hebdomadaires à assurer devant la classe, 108 heures dédiées à diverses actions dont la concertation », que «  la consultation interne engagée par l’Education nationale doit se dérouler sur ce volume horaire », et que « l’Education nationale doit assurer la prise en charge des enfants sur la durée totale de leur temps scolaire ».

Je tiens à ce que les familles et les enseignants seynois le sachent dès à présent. Si je devais être destinataire d’un courrier comme celui reçu ailleurs par mes collègues premiers magistrats, demandant à la mairie de prendre en charge les enfants, je serais totalement solidaire de la démarche collective, et j’y opposerais une fin de non-recevoir. Et je déplorerais aussi que l’État prive les petits Seynois de plusieurs temps d’enseignement.

 

(*) : Pour ma part, je n’ai reçu pour l'instant qu’un courrier m’indiquant que les professeurs des écoles seront en effet absents le mercredi 15 octobre, sans qu’il me soit demandé que la mairie prenne en charge les enfants. Et je sais gré à l'Éducation nationale m'en avoir averti pour que je mobilise utilement les ressources humaines communales dédiées aux écoles sur d'autres missions ce jour-là.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 06:34

http://www.ville-dreuil-les-amiens.fr/public/dreuillesamiens/image/Clipart/Math-école.pngJe l'avoue, j'étais un peu inquiet des conditions dans lesquelles la rentrée scolaire allait s'effectuer ce mardi et ce premier mercredi. Elle s'est finalement déroulée paisiblement, comme les années précédentes, les enseignants, parents et personnels de mairie m'ayant semblé, pour la plupart, faire contre mauvaise fortune bon cœur avec la réforme des horaires d'école. On verra sûrement à l'usage qu'il y aura des fonctionnements à ajuster, mais, si j'en crois les échanges que j'ai eus avec les uns et les autres, j'ai sûrement eu tort de m'alarmer outre mesure.

Lors du point de presse que je fais chaque jour de rentrée, cette année avec notre adjoint à l'éducation Christian Barlo, qui effectuait lui aussi sa... première rentrée avec cette charge, une journaliste m'a demandé ce que j'aurais à dire à la nouvelle ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem. J'ai voulu délivrer trois messages.

 

L'ÉCOLE A BESOIN DE PLUS D'ENSEIGNANTS. À LA SEYNE COMME AILLEURS.

 D'abord, que la question des nouveaux horaires ne doit pas masquer l'essentiel. Et l'essentiel à mes yeux est que soit maintenu et atteint, à défaut d'être dépassé, l'objectif de création de 60.000 postes de professeurs d'ici à 2017. Et que, pour La Seyne, cette orientation se traduise dans les faits, avec l'attribution suffisante d'enseignants dans les établissements, en particulier ceux de nos quartiers populaires, classés "Réseau d'éducation prioritaire renforcé" (REP +). Or le compte n'y est pas, notamment pour scolariser correctement les petits de maternelle et pour accompagner les enfants en difficulté par des maîtres spécialisés. La majorité municipale sera aux côtés des enseignants et des associations de parents pour réclamer les moyens qui sont dus.

 

DES MOYENS POUR L'INSTRUCTION, C'EST BIEN. POUR LE PÉRISCOLAIRE AUSSI, C'EST MIEUX.

 Ensuite, qu'on ne peut pas engager une réforme sans se préoccuper des moyens pour la mettre en œuvre. Certes, l'objectif de rajouter une demi-journée d'école est atteint et les enseignements en seront certainement améliorés avec un meilleur étalement des temps d'apprentissage. Mais ça n'aurait pas dû se faire sans considérer les autres temps éducatifs.

À La Seyne, plus de 2000 enfants sont désormais privés de ces moments de formation citoyenne des temps libres que leur apportaient depuis des années les animateurs sportifs, culturels et socio-éducatifs, municipaux et associatifs, les mercredis matins, avec les accueils de loisirs, les clubs et écoles municipales de sport, les ateliers d'éveil des associations culturelles et artistiques, de l'école municipale des Beaux-Arts et du Conservatoire intercommunal de musique, autant d'offres périscolaires démantelées, impossibles à redéployer sans plusieurs centaines de milliers d'euros que l'État aurait dû allouer aux communes. Et qu'une ville pauvre comme La Seyne ne peut pas faire assumer aux familles et aux contribuables, générant une inégalité de mauvais aloi dans une France républicaine entre les enfants des communes aisées et ceux des collectivités dans la précarité.

Mais ça peut toujours se rattraper. La nouvelle ministre a le devoir de se pencher sur la question avec ses collègues en charge de la culture, de la jeunesse et des sports, pour que, même si ça se fait progressivement dans les années à venir, on puisse rétablir, dans des temps adaptés, cette offre éducative complémentaire à celle de l'école, dans le cadre d'un beau Projet éducatif de territoire (PEDT) d'autant plus nécessaire dans une cité accueillant beaucoup de familles humbles.

 

LES FONCTIONNAIRES DE MAIRIE INJUSTEMENT MÉPRISÉS

 Enfin, qu'il n'est pas correct qu'un service de l'État supposé aussi républicain que celui de l'Éducation nationale ait méprisé comme il l'a fait, pour imposer à sa guise cette réforme, les fonctionnaires des collectivités locales, sans lesquels l'éducation ne pourrait fonctionner. Nos agents des écoles maternelles, nos personnels de ménage et de restauration, nos techniciens de gestion des infrastructures scolaires, nos éducateurs sportifs, culturels et socio-éducatifs, et bien d'autres, ont travaillé pendant des mois avec de nombreux partenaires pour construire un projet de fonctionnement adapté aux nouveaux horaires tout en préservant les offres périscolaires, profitant de la possibilité offerte par le ministre Benoît Hamon d'adapter, bien sûr dans le cadre de la loi, les organisations hebdomadaires en fonction des réalités de chaque commune. Ce qui aurait permis de maintenir d'intéressants temps d'activités périscolaires.

Mais le beau travail de ces fonctionnaires là a été dédaigné, leur projet a été rejeté fin juin - alors que le même a été agréé pour d'autres communes - manifestement sans autre raison que le bon vouloir d'autres fonctionnaires, de l'Éducation nationale ceux-là (je ne parle bien sûr pas des enseignants, mais de leur hiérarchie). Et je ne peux pas m'empêcher de relier cette avanie au fait que la rectrice de notre académie, ancienne membre de la direction de cabinet du ministre UMP Darcos, celui qui a supprimé le samedi d'école, a été partiale dans la gestion du projet seynois. Il faut que la ministre le sache.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 03:59

http://s2.lemde.fr/image/2013/09/30/534x267/3487438_3_7dbc_un-wordle-reunit-les-termes-les-plus_853c279bc811abff629727b75ada5dea.jpg

 

"Je ne prétends pas que tout sera parfait dans les prochains jours. Mais je m'y engage, l'État sera à vos côtés, par un accompagnement financier, par la mobilisation de ses services".

 Ça, c'est Manuel Valls, le Premier Ministre, qui vient de le déclarer à l'attention des élus, à propos de la mise en place, mardi prochain, jour de rentrée des écoliers, dont 6200 enfants seynois, des nouveaux horaires des écoles. Je formule le souhait que la nouvelle ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, prenne bien cette déclaration en compte, que ça "redescende" vers le rectorat de notre académie, puis vers l'inspection académique du Var.

 

J'INVITE MADAME LA MINISTRE À ÊTRE... "À MES CÔTÉS"

Je serais d'ailleurs ravi que les autorités académiques et départementales de l'Éducation nationale, et, pourquoi pas, Madame la ministre elle-même, soient, comme Manuel Valls vient de l'annoncer, "à [mes] côtés" le matin de la rentrée scolaire, pour faire ensemble un petit tour, comme je le fais chaque année, à la rencontre des enfants, des parents, des enseignants et des personnels communaux, dans quelques écoles seynoises.

Le fait que plusieurs établissements de nos quartiers populaires viennent, par arrêté du ministre Benoît Hamon daté du 24 août, d'être les seuls du département du Var à être classés "Réseau d'éducation prioritaire renforcé" (REP +) me semble justifier que l'Education nationale pose un regard bienveillant sur l'éducation scolaire et périscolaire de nos jeunes concitoyens seynois.

 

UNE RÉFORME NÉCESSAIRE, MAIS PAS SANS MOYENS, SINON C'EST PIRE !

La révision des temps d'école va dans le bon sens. Le renforcement des moyens humains d'enseignement aussi. Encore plus dans les quartiers, comme chez nous, où les enfants de milieux pauvres ont besoin d'un accompagnement accru de la puissance publique républicaine pour gagner en égalité des chances. Mieux lisser les temps d'enseignement sur plus de jours dans la semaine (et même de l'année), c'est bon pour les apprentissages et c'est bon pour éviter que nos petits ne traînent trop dans la rue. Avoir plus de maîtres, c'est bon pour aider les jeunes les plus en difficulté et c'est bon pour mieux travailler en équipe, entre enseignants et avec les autres éducateurs, parents, animateurs.

Mais, si l'État, pour ses propres services scolaires, consent des efforts, il doit aussi considérer que ses décisions ont des conséquences pour les communes et les familles. Ouvrir l'école un jour de plus, c'est un surcoût pour la collectivité, pour les consommations d'eau, d'électricité, de chauffage, pour l'entretien des locaux, pour l'accueil. Libérer les enfants une heure plus tôt, c'est compliqué et onéreux pour les parents qui travaillent ou cherchent un emploi, sauf si la commune est suffisamment riche pour assurer une prise en charge de qualité, donc coûteuse, aux heures de sortie.

 

SANS LES FINANCEMENTS NÉCESSAIRES, CE N'EST PAS TRÈS RÉPUBLICAIN

Manuel Valls a évoqué "un accompagnement financier". C'est exact. 50 euros par enfant, soit 310.000 euros pour La Seyne. Mais c'est notoirement insuffisant : la nouvelle organisation, que je suis hélas contraint de mettre en place a minima sans aucune offre d'activité périscolaire et même sans pouvoir assurer la cantine le mercredi, coûtera pas loin de 400.000 euros annuels en charges directes. Tout en démantelant l'offre communale et associative socio-éducative, d'éveil sportif et culturel, dont bénéficiaient le mercredi matin plus de 2000 de nos écoliers.

C'est également inquiétant parce que ce n'est garanti que pour deux ans. Et ce n'est pas très républicain, parce que certaines communes disposant de moyens confortables pourront organiser de beaux programmes d'activités périscolaires alors que d'autres, comme La Seyne, n'ont pas d'autre choix que de proposer aux familles qui le peuvent de payer une offre de simple garderie.

Il faudrait en effet que tous les petits des communes populaires puissent demain, sans forcément, comme Najat Vallaud-Belkacem l'a dit avec émotion lors de la passation de relais au ministère, "se réjouir de ce que l'école aura fait [d'eux]" - même s'ils ne deviendront pas tous ministres de la République ! - , être au moins assurés que, plus que jamais, l'École et l'éducation populaire périscolaire leur permettront de se construire avec les mêmes chances que tous les autres enfants de notre France républicaine.

Il existe certes un "bonus" de l'aide de l'État, qui permet de porter de 50 à 90 euros son accompagnement financier pour les communes en difficulté. Je l'ai réclamé, et j'ai même été reçu pour cela en juillet au cabinet du ministre de l'Éducation nationale d'alors. Mais j'en suis revenu bredouille ! Si la commune la plus pauvre de PACA, la seule ville du Var classée tout à la fois "politique de la ville", "réseau d'éducation prioritaire renforcé", "zone franche urbaine", et "zone de sécurité prioritaire", n'y a pas droit, certains mauvais esprits pourraient considérer que le propos de Manuel Valls n'aura été qu'un effet d'annonce.

Mais je me refuse à le croire parce que Manuel Valls a invité les élus socialistes à être "fiers" de cette réforme. Et, maire socialiste, je ne voudrais pas le décevoir. Sûrement aurons-nous une bonne surprise mardi matin, avec l'Éducation nationale... "à [nos] côtés" ?


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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse

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