18 décembre 2025 4 18 /12 /décembre /2025 04:01

 

Ou bien ils assument de mentir. Ou bien ils sont inaptes à l'exercice de la fonction à laquelle ils aspirent. Une communication de M. Muñoz, conseiller municipal et candidat d'extrême-droite à l'élection municipale, sur un réseau social à propos du projet de redynamisation du centre-ville de La Seyne, laisse pantois.

 

Il est complètement erroné de faire croire que le projet de rénovation urbaine de notre cœur historique seynois aurait été construit par la Métropole sans la mairie de La Seyne et, a fortiori, sans les Seynoises et les Seynois. Et, puisque ni la Métropole ni la municipalité ne semblent motivées par le fait de mettre les points sur les « i » face à une telle contrevérité, il faut bien que quelqu'un s'en charge...

 

 

L'IMPLICATION DES HABITANTS, OBLIGATION LÉGALE

 

M. Muñoz, l'auteur du message inexact, siège au conseil municipal de La Seyne depuis six ans. Sauf s'il ne s'intéresse que de loin à la vie seynoise, s'en tenant à faire acte de présence aux réunions de l'assemblée communale, il ne peut ignorer le dispositif mis en place par la commune et la métropole pour associer les habitants, les usagers, les associations et acteurs économiques et sociaux du centre-ville, et plus largement l'ensemble des Seynoises et Seynois, à la conception, à l'élaboration et au suivi de la mise en œuvre du "nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU) dont bénéficie notre centre ancien. C'est d'ailleurs la loi qui l'impose ( * ) et un professionnel de la législation comme lui, collaborateur parlementaire d'une députée du Lot-et-Garonne, le sait forcément.

 

 

NON, LA MÉTROPOLE NE DÉPOSSÈDE PAS LA SEYNE DE SON AVENIR

 

Maire au moment de la définition du projet, je suis allé au-delà des impératifs légaux de participation des gens à la préparation du programme, en imposant – sans difficulté – à la Métropole et l’Etat la présence d'habitants dans les instances décisionnaires officielles, avec voix délibérative au même titre que les institutions. Aujourd'hui, même si la majorité municipale, peu encline à faire vivre la démocratie de proximité, a laissé s'endormir les conseils de quartiers et conseils citoyens, on s'en tient au minimum règlementaire de concertation, mais on s'y tient. Des contacts actifs de concertation ont eu lieu avec l’aide d’associations reconnues. Quelques réunions publiques se sont tenues, sur l'habitat, les espaces et équipements publics, les commerces et services, même s'il est regrettable que trop d'avis citoyens ont été ignorés par la maire démissionnée et que cette dernière a privilégié les "grand'messes" avec de l'information "descendante" à sens unique, sans possibilité d'échange ni de proposition, à l'instar d'une mémorable réunion publique de près d'une heure et demie en 2022 au casino Joa. Mais c'est bien à La Seyne, et non à Toulon, à Paris, à Tonneins ou ailleurs, avec les Seynoises et Seynois et leurs élus, que ça s'est déroulé. Si M. Muñoz ne vit pas suffisamment La Seyne pour savoir tout ça, il faut le lui apprendre. Oui, même s'il est possible et souhaitable de faire bien mieux que ce que la droite fait, il est mensonger de dire à propos du NPNRU que « La Seyne est dépossédée de son avenir ».

 

 

POUR LE CENTRE-VILLE, LE RN N'A ÉMIS QU'UN VOTE FAVORABLE SUR ONZE...

 

Il ne peut non plus avoir échappé à cet élu que les décisions formelles relatives au NPNRU sont prises par le conseil municipal et non par la Métropole. Cette dernière et les organismes publics dûment mandatés sont chargés de leurs mises en œuvre. Et c'est à La Seyne, et nulle part ailleurs, que les orientations sont fixées. À ce propos, depuis le début du mandat, pas moins de onze délibérations relatives à la requalification de notre quartier historique ont été soumises au conseil municipal. Les élus du Rassemblement National (RN) ont ainsi largement eu la possibilité de faire connaître leurs points de vue.

 

Ils n'ont d'ailleurs voté favorablement que pour une seule de ces délibérations, celle relative à une demande de subvention pour le projet de médiathèque. Ils ont voté contre ou se sont abstenus sur les dix autres ( ** ). Ça illustre le peu d'intérêt qu'ils portent à la rénovation du cœur de ville, cet enjeu majeur pour La Seyne et pour les plus humbles de ses habitants...

 

 

LEUR VISION, C'EST LA FRACTURE URBAINE, PAS "LA SEYNE POUR TOUS" QU'ILS AFFICHENT

 

Mais ça ne devrait étonner personne. Au RN, on ne cesse de clamer qu'on est contre la politique de la ville et donc la rénovation urbaine des quartiers populaires fragiles, contre les moyens financiers qui y sont engagés, contre les efforts de lutte contre la ségrégation sociale et urbaine. Derrière sa façade populiste qui trompe trop de ceux qui sont dans la détresse sociale et économique, l'extrême-droite ne fait aucun cas des classes populaires et moyennes.

 

Les votes de ses députés sont éloquents. Pour ne citer que quelques-uns de leurs choix les plus récents, ils n'ont pas voté le plafonnement des marges de la grande distribution sur les denrées alimentaires, la progressivité de l'impôt sur les revenus, la pérennité de la contribution sur les hauts revenus, l'aide financière aux filières agricoles bio en difficulté, l'élargissement de l'assiette de la taxe sur les transactions financières, l'augmentation du SMIC à 1500 euros, mais ils ont en revanche voté pour supprimer les avantages fiscaux des intermittents du spectacle, ou moduler l'assurance chômage en fonction de la conjoncture économique. Comme ailleurs dans le Monde, l'extrême-droite, c'est le mépris de classe et la part belle faite aux nantis.

 

Seynoises et Seynois, méfions-nous. Quand on use du boniment dans une campagne électorale, après avoir clamé "Assez d'intox, place au sérieux", les crédules doivent s'attendre au pire. Ne croyons pas ceux qui nous disent qu'ils veulent « une ville qui rassemble », « remettre l'intérêt général au centre », et que, pour eux, « La Seyne d'abord [leur slogan], c'est La Seyne pour tous ». Non, ici comme au plan de la Nation, les faits et les votes le prouvent, le RN, c'est la fracture sociale, la division, le rejet. Tellement loin des valeurs républicaines d'égalité et de solidarité qu'on peut faire vivre à l'échelle d'une commune. Et en particulier de son cœur de ville, qu'on rêve en carrefour des quartiers, des générations et des classes sociales.

 

Évidemment, face à l’inquiétude que peut susciter une approche faussée par des inexactitudes, un projet ambitieux et réaliste porté par une équipe rassemblée des gauches, des écologistes, des humanistes et des régionalistes, largement ouverte et toutes sensibilités confondues, constituerait une alternative utile. Ça se fait ailleurs. Ça a existé ici dans un passé pas si lointain. Pour peu qu’on renonce aux exclusives, qu’on se garde des postures fondées sur des egos, et qu’on respecte une méthode d’échange et de décision collective, c est tout à fait jouable.

 

___________________________________

 

( * ) : Un article de la loi du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, dite "loi Lamy", fixe les modalités obligatoires de la participation des habitants, notamment au travers du conseil citoyen composé de personnes tirées au sort (voir ICI)

 

( ** ) : Les votes au conseil municipal des deux élus RN sur les enjeux du centre-ville depuis 2020...

– 21/12/2021 : Convention avec l'Établissement foncier régional (EPF) pour des immeubles à rénover : ABSTENTION

– 14/03/2022 : Convention avec la Métropole et l'ANRU sur l'ensemble du programme de rénovation : ABSTENTION

– 14/03/2022 : Bilan des acquisitions par l'EPF pour des immeubles à rénover : ABSTENTION

– 20/09/2023 : Réhabilitation d'immeubles rue d'Alsace : CONTRE

– 18/01/2024 : Acquisitions d'immeubles pour rénovation : ABSTENTION

– 06/03/2025 : Opérations de rénovation du bâti : CONTRE

– 06/03/2025 : Opérations de rénovation de l'habitat : ABSTENTION

– 28/03/2025 : Acquisitions et cessions pour production de logements rénovés : ABSTENTION

– 12/06/2025 : Nouvelle médiathèque du centre-ville : POUR

– 30/09/2025 : Convention avec l'EPF pour l'habitat : CONTRE

– 30/09/2025 : Convention pour une nouvelle opération programmée d'amélioration de l'habitat - renouvellement urbain : ABSTENTION

 

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17 décembre 2025 3 17 /12 /décembre /2025 07:48

 

Deux communications quasi concomitantes, l'une du maire, M. Minniti, l'autre de son adjoint et désormais opposant à l'interne même de la majorité municipale, M. Mansour, tous deux candidats déclarés à l'élection municipale de mars 2026, sur les enjeux du logement et de la rénovation du centre ancien, m'ont conduit à rappeler quelques éléments d'histoire et formuler quelques réflexions...

 

 

La municipalité a en effet lancé une opération de communication sur le "nouveau programme national de rénovation urbaine" de notre cœur de ville historique, par un dossier mis en ligne sur le site officiel de la commune, relayé par le quotidien Var-matin. C'est astucieux de la part de M. Minniti qui s'offre un brin de campagne électorale grâce aux moyens promotionnels de la commune. On présente en effet, comme s'il venait tout juste d'éclore, un projet vieux de six ans, dont la paternité revient à l'équipe que j'animais, qui est porté par la Métropole, et qui aurait dû démarrer depuis des années.

 

De son côté, son adjoint en charge de la politique de la ville, donc de la rénovation du centre ancien, M. Mansour, a communiqué presque au même moment, via un réseau social, pour fustiger le choix de M. Minniti de ne pas donner suite aux projets de créations de logements sociaux. Ceux-ci sont nécessaires à la fois pour reconstituer l'offre d'habitat pour les habitants du centre qui devront libérer leurs appartements devant être reconstruits, et pour enfin cesser de payer l'amende de plus d'un million d'euros que l'État inflige chaque année à la Ville qui ne dispose pas d'assez d'habitat social. Singulière posture à l'opposé de ce que la majorité municipale défend depuis son élection en 2020 ! À l'entendre désormais, on croirait presque me lire (voir ICI) ou lire Jean-Paul Jambon, le référent varois de la Fondation pour le Logement (ex-Fondation Abbé-Pierre) ! (voir ICI). Superbe virage en épingle à cheveux à l'approche de l'élection...

 

Me sentant pour le moins concerné par un sujet que nos équipes ont porté à bout de bras et que la municipalité a trop longtemps délaissé alors qu'elle disposait d'un programme clef en main et financé, voilà donc le communiqué que j'ai récemment transmis...

 

 

« Six ans après la validation par l’État du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU) du centre ville (2019), cinq ans après la rénovation de la place Germain-Loro et du parvis des Maristes qui en fut la première réalisation (2020), et la seule à ce jour, il faut se féliciter que la municipalité se décide enfin à donner le feu vert à la Métropole pour reprendre la mise en œuvre de ce projet structurant dont il eût été juste et républicain de préciser quelle équipe municipale l’a conçu et en a obtenu le financement.

 

« On ne fera croire à personne qu’il aura fallu cinq longues années pour apporter au programme la seule modification à mettre à l’actif de l’équipe de Mme Bicais, M. Minniti et M. Mansour : un changement de localisation de la médiathèque prévue au projet, assortie de la réduction de 70 à 12 du nombre de berceaux de la future crèche.

 

« La réalité est que, la rénovation de l’habitat étant la pierre angulaire du programme, et la municipalité ayant choisi de mettre un coup d’arrêt aux opérations immobilières prévues par son prédécesseur pour le relogement des familles dont les appartements vont être restructurés, en particulier le projet sur l’emprise de l’ancienne école Eugénie-Cotton, au quartier Saint-Jean, et sur celle de la friche Altavilla, au quartier Peyron, la Métropole et la société publique porteuse du NPNRU ne peuvent pas avancer.

 

« Les adjoints Mme Bouchkara (logement) et M. Mansour (politique de la ville), solidaires de Mme Bicais et M. Minniti pour refuser les constructions, ont aujourd’hui face à eux les candidats Mme Bouchkara et M. Mansour plaidant comme si de rien n’était pour l’accélération de ces créations de logements sociaux, qualifiant de « démagogie, irresponsabilité [et] égoïsme » les positions de Mme Bicais, de M. Minniti et de la majorité municipale... dont ils font partie. Subtil numéro de girouettes équilibristes qui ne devrait tromper personne.

 

« Mais l’important est que les opérations puissent enfin démarrer, même s’il est peu probable que les calendriers annoncés (2026-2029), habilement programmés avant l’élection municipale, pourront être tenus. L’exemple du centre historique toulonnais devrait modérer les enthousiasmes pour des opérations complexes de longue haleine dont les effets structurants devraient être perçus dans une dizaine d’années.

 

« Cela devrait conduire les divers candidats attachés à la restructuration humaniste et sociale de notre centre urbain fragile à s’engager, dans un esprit de continuité républicaine et sans esprit revanchard, à mener à bien sans le remettre en cause le programme enfin sur les rails. »

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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 03:40

 

Il faut saluer l'initiative municipale de célébrer les 20 ans de la médiathèque du Clos Saint-Louis, équipement de proximité qui remplit fort utilement sa vocation socio-culturelle. Lorsqu’un adversaire fait des choses bien, il faut savoir le reconnaître.

Mais c'est l'occasion aussi de faire un tour d'horizon un peu plus large sur la politique locale de médiation de la lecture publique ces dernières décennies, à travers la focale de la continuité républicaine...

 

 

UN PROJET NÉ IL Y A 35 ANS : UNE MÉDIATHÈQUE AU SUD, UNE AU NORD ET UNE AU CENTRE-VILLE

 

C'est en 1990 que M. Respaud, adjoint à la culture de M. Scaglia, maire de droite, propose au conseil municipal une perspective visant à ce que La Seyne dispose à terme de trois bibliothèques : une au sud, une au centre, une au nord. L'unanimité se fait sur cette idée. Un budget de 9,6 millions de francs (environ 1,5 million d'euros) est alors prévu pour un achèvement du chantier de la première, au Clos Saint-Louis, en 1992.

 

Le délai sera loin d'être tenu, les travaux sont interrompus du fait des errances budgétaires relevées par la Chambre régionale des comptes à cause du licenciement des "81" – les agents du service des ordures ménagères – qui coûte 38 millions de francs (près de 6 millions d'euros... 4 bibliothèques), puis du dépôt de bilan de l'entreprise chargée des travaux, mais l'orientation demeure sur les rails.

 

En 1995, M. Patentreger, adjoint à la culture de M. Paul, maire de gauche, fait évoluer le projet vers le concept de "médiathèque", confirmé par les citoyens dans le cadre des "Assises de La Seyne". Le budget d'investissement 1996-1999 prévoit la relance du chantier. L'achèvement des travaux est estimé pour fin 1998. Un nouvel adjoint à la culture, M. Triquet, obtient le vote d'un budget de 5,2 millions de francs pour cette année-là. Une bibliothèque provisoire est installée à la Villa Tamaris et la commune dispose désormais de deux bibliobus.

 

Les travaux du Clos Saint-Louis prennent du retard. La priorité des chantiers culturels est donnée à l'École des Beaux-Arts, inscrite dans le "contrat de ville" et fortement financée par l'Europe, l'État et les collectivités, qui est inaugurée en 2000 (ces financements sont obtenus en contrepartie d'une large ouverture promise aux habitants du centre-ville, mais c'est une autre histoire...).

 

Avec un nouveau changement de municipalité en 2001, sans que le projet de médiathèque du Clos Saint-Louis soit abandonné par le maire M. Paecht qui choisit d'y inscrire 300.000 € au budget de l'année, une fragilité juridique amène à résilier les marchés de travaux en 2002 puis les relancer en 2004. C'est un autre équipement culturel qui grille la priorité au Clos Saint-Louis, là encore parce qu'il peut bénéficier d'aides extérieures très importantes au titre de la "politique de la ville" : l'école municipale de musique.

 

La nouvelle médiathèque finit par être inaugurée en 2005. S'en suit, pour continuer dans la perspective des trois médiathèques, le projet de celle du quartier Berthe, initié par M. Paecht et son adjoint M. Bousbih chargé du "programme de rénovation urbaine" (PRU), puis porté par mes adjoints Mme Cyrulnik à la culture et M. Maziane à la politique de la ville, réalisé grâce aux financements de ce dispositif, que j'ai inaugurée en janvier 2013. Elle porte le nom d'Andrée-Chedid.

 

 

DE LA CONTINUITÉ RÉPUBLICAINE À LA RUPTURE ÉRIGÉE EN DOGME

 

Malgré les embûches, les alternances et les difficultés financières, cinq maires, trois de droite et deux de gauche, poursuivent ainsi les uns après les autres la mise en œuvre d'un projet majeur de médiation culturelle dans un esprit de continuité républicaine.

 

C'est dans ce même esprit que, élaborant le "nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU), je vise à boucler la boucle en y inscrivant la troisième médiathèque, celle du centre-ville, prévue en face de la poste centrale, appelée à remplacer la vieille bibliothèque municipale Pierre-Caminade. Le programme, porté par la Métropole qui a depuis 2018 compétence en "politique de la ville", fait l'objet d'une délibération favorable fin 2019.

 

On sait la suite. Élue en 2020, Mme Bicais, nouvelle maire de droite, rompt avec l'usage qui s'était installé depuis trois décennies pour les projets d'investissements culturels structurants pour la ville de ne pas tout remettre en cause à chaque alternance politique. Elle fait revoir le projet du NPNRU, renonce au programme de la médiathèque là où elle était prévue, et la relocalise où était planifiée une crèche de 70 berceaux. On pouvait avoir une médiathèque et une crèche, on n'aura qu'une médiathèque (et tout de même une micro-crèche de 10 places adjacente). On aura surtout fait perdre cinq années à la mise en œuvre du programme qui aurait dû démarrer en 2020-2021. Encore un témoignage de l’obsession maladive de rupture de cette maire avec les choix de ceux qui l’ont précédée.

 

La rupture, c'est nécessaire quand il s'agit de revenir sur des politiques publiques qui nuisent à la majorité d'un peuple. C'est indispensable quand une infime minorité ne cesse de s'enrichir pendant que la plupart s'appauvrit, quand on sape les fondements d'une société avec des agressions continues contre la sécurité sociale, la santé, les retraites, l'éducation, la prévention, quand on s'obstine à martyriser la planète, ou quand on démantèle méthodiquement le service public pour tous.

 

Je l’ai pratiquée moi-même lorsqu’il s’est agi de décider d’en finir avec le privé et construire une cuisine centrale de restauration scolaire, de tenter de gérer l’eau en régie publique, de remunicipaliser l’entretien des locaux et des espaces verts, de mettre en œuvre une vraie démocratie participative, de dialoguer avec les personnels, et à de nombreuses autres occasions.

 

Mais la rupture, c'est contreproductif quand on l'érige en dogme. S'il faut rompre avec quelque chose, c'est avec la culture de la rupture pour la rupture comme doctrine systématique. Heureusement, pour la suite, à gauche et chez les écolos, on l'a tous compris.

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20 novembre 2025 4 20 /11 /novembre /2025 03:55

 

On est vite passé, ces derniers temps, sur l'annonce par Var-matin d'un nouveau report d'un programme de logement locatif sur l'emprise de l'ancienne entreprise Altavilla, au quartier Peyron. Un peu trop vite, à mon sens, car les incidences du renoncement au projet initial ne sont sûrement pas anodines, bien sûr pour les gens qui attendent un logement, mais aussi pour la Ville et la Métropole, comme pour l'office métropolitain d'HLM "Toulon Habitat Méditerranée" (THMed).

 

Ce nouvel épisode soulève en effet pas mal de questions...

 

 

ANNÉE APRÈS ANNÉE, UN PROJET DE PLUS EN PLUS MODESTE

 

Souvenons-nous. La parcelle est devenue propriété de "Terres du Sud Habitat" (TSH), l'ancien office public d'HLM de La Seyne désormais intégré à THMed, celui de l'intercommunalité, par un échange de terrains avec la Ville, celle-ci la cédant en contrepartie d'une autre située aux Mouissèques sur laquelle était érigée une résidence adaptée très sociale qui a été démolie et dont il avait fallu, non sans difficulté, reloger les habitants. Dès le début de l'opération, on a ainsi perdu en nombre de logements.

 

Le terrain, nouvelle propriété de TSH, devait, avec d'autres parcelles, permettre de répondre aux obligations du programme de rénovation urbaine (PRU) de Berthe de reconstituer l'offre locative après les démolitions de nombreux immeubles. C'était un impératif fixé par la loi en contrepartie des importants financements d'État alloués au PRU.

 

Les prescriptions du plan local d'urbanisme (PLU) pour ce secteur de la commune, élaboré par mon prédécesseur de droite, M. Paecht, autorisaient la construction de 40 logements. Recherchant l'harmonie entre les besoins d'habitats et la qualité de vie du quartier, j'ai négocié avec TSH un programme à 39 appartements, permettant ainsi aux voisins immédiats, qui en ont accepté le principe, de subir un moindre impact et voir leurs accès mieux intégrés dans le projet. Un première demande de permis de construire a été déposée par TSH. Le permis a été accordé car conforme au PLU. Puis, pour répondre aux sollicitations de l'environnement du quartier, et notamment de l'association du Gai Versant qui n'était pas encore un comité d'intérêt local (CIL), j'ai demandé à TSH de revoir encore à la baisse le programme. Celui-ci était désormais arrêté à 32 logements, réduisant l'immeuble d'un étage, ce qui satisfaisait les riverains du quartier. L'équilibre financier du projet était fragilisé, mais TSH en a accepté le principe et a déposé un nouveau permis que j'ai naturellement accordé. L'opération pouvait commencer.

 

 

DEUX PERMIS ACCORDÉS, LE TROISIÈME REFUSÉ... ÉTRANGE...

 

Avec le changement de municipalité, ma successeure a prié THMed, entre temps devenu propriétaire de la parcelle suite à l'absorption de l'office seynois par celui de Toulon, de réduire à 26 le nombre de logements, ce que THMed a de nouveau accepté. Une nouvelle demande de permis a été faite sous la forme d'un avenant au projet et, cette fois-ci, la Ville... a refusé l'attribution. L'office d'HLM était fondé à saisir la justice administrative car il était inimaginable qu'un programme de 26 logements génère plus de nuisances que le projet initial qui en prévoyait 40. Dans un souci d'apaisement, malgré l'inutile agressivité de la municipalité à l'égard de la métropole et de son opérateur d'HLM ( voir ICI ), les choses en sont restées là.

 

Et THMed a fini par vendre pour 600.000 euros le terrain à l'Etablissement public foncier régional pour qu'il soit cédé à ADOMA, un opérateur de logement super-social. Il compte y réaliser un programme de 41 tout petits logements (18 à 20 m2) répondant à sa mission : « offrir des solutions temporaires de logement et d’hébergement, clés en mains et adaptées aux personnes les plus fragiles ». La société ADOMA indique en effet qu'elle « loge ou héberge des personnes en difficultés, qui ne peuvent accéder à un logement de droit commun : jeunes en insertion, travailleurs précaires, bénéficiaires de minima sociaux, travailleurs migrants, familles monoparentales… Elle est aujourd’hui le premier bailleur national de logements très sociaux et le premier opérateur de l’accueil pour les demandeurs d’asile ».

 

Ce programme, qui doit être validé par l'État, apporterait donc des solutions à des « jeunes actifs », ce dont se félicitait l'ancienne maire il y a un an. Mais que de temps perdu. Et ce n'est pas sans autres conséquences...

 

 

DES QUESTIONS QUI NE PEUVENT RESTER SANS RÉPONSE

 

Car toute cette histoire rocambolesque amène en effet quelques réflexions et pose un certain nombre de questions auxquelles la municipalité, la Métropole et l'office d'HLM THMed seraient bien inspirés de répondre...

 

> L'Office THMed estime-t-il réaliser une bonne affaire en cédant à 600.000 euros un foncier urbain sur lequel il était possible de réaliser 40 logements autres que des studios, dont une partie aurait pu être dédiée à du logement social et contribuer à faire avancer la Ville vers le respect de la loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU), donc réduire la rétention annuelle d'un million d'euros de dotation d'État que subit la commune ?

 

> Le programme initial n'ayant pas été réalisé alors qu'il était contractualisé avec l'Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) pour reconstituer l'offre de logements compensant les démolitions du PRU de Berthe, quels financements de l'État ont-ils dû être remboursés ? (mon estimation à partir des règles du dispositif les situe – j'espère me tromper – entre 1 et 1,5 million d'euros... qui auraient pu être utilisés pour des investissements de gestion urbaine de proximité permettant aux locataires de gagner en qualité de vie...)

 

> Puisque c'était raté pour Berthe, n'était-il pas plus raisonnable de construire pour permettre le relogement des familles résidant en centre-ville, autre site de rénovation urbaine comportant plusieurs centaines de démolitions et rénovations nécessitant une reconstitution de l'offre comme je l'expliquais dans un tout récent article ? Le besoin de logement des publics-cibles d'ADOMA a-t-il été jugé prioritaire sur celui de familles par la Conférence intercommunale du logement (CIL) de la Métropole (si la CIL a bien été saisie...) ?

 

> Les marchés de travaux ayant forcément été notifiés aux entreprises devant réaliser le projet avorté par l'outrance obstinée de l'ancienne maire, des indemnités leur ont-elles été dues suite à l'abandon du programme, et à quel montant ? (le contraire serait étonnant et c'est autant d'argent qui aurait aussi pu être utile pour la gestion de proximité...)

 

Alors, que pensent de tout cela le président toulonnais de THMed, la vice-présidente seynoise de THMed, ex-adjointe à la maire, la maire-adjointe chargée du logement, administratrice de THMed et ancienne candidate NUPES aux législatives de 2022, sa collègue chargée de la rénovation urbaine, également administratrice de THMed, et l'adjoint délégué à la politique de la ville... le même qui, à maintes reprises, a estimé qu'il y avait trop de publics fragiles à La Seyne et mené une croisade indigne pour la fermeture de centres d'accueil de gens sans domicile et pour l’éloignement de ceux de mineurs isolés... Et bien sûr le malheureux maire qui se retrouve avec une nouvelle patate chaude dans les mains ?...

 

Les locataires du parc social, ceux qui aspirent à le devenir, et l'ensemble des Seynoises et Seynois sont en droit de savoir.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 10:25

 

Comme tous les six ans. à l'approche de l'élection municipale, la rengaine du « non au béton » enfle.  Mais la ritournelle de la « priorité à la rénovation du centre-ville » monte autant en puissance. Il faudrait savoir !  Ça n'en a pas l'air, mais les deux refrains sont antinomiques.

 

L'instrument majeur, pour ne pas dire unique, de la rénovation urbaine du centre historique de La Seyne est le nouveau programme national de rénovation urbaine, le NPNRU, porté par la Métropole. Et son volet principal est l'habitat, ne serait-ce que parce que l'État le fait majoritairement financer par Action Logement, qui est l'organisme collecteur de la contribution des employeurs à l'effort de construction pour les salariés, et qui, en retour, impose évidemment la production d'habitats.

 

C'est pour ça que le NPNRU de La Seyne est ambitieux en ce domaine. Mais cette ambition est conditionnée par la loi à la création de logements... hors des périmètres du centre ancien et de Berthe.

 

 

L'OBLIGATION DE CONSTRUIRE AILLEURS QU'EN CENTRE-VILLE

 

Depuis 2019, il est prévu neuf importantes opérations de restructuration, par îlots, ceux qui sont colorés sur la carte illustrant cet article. Ça représente 245 logements, dont une partie doivent être réhabilités et une centaine, non vacants, doivent être démolis et reconstruits ( * ). Au terme du programme qui a tardé à se concrétiser du fait des tergiversations de la municipalité qui a voulu renégocier le projet et a fait perdre quatre ans ( ** ) et qui va s'étaler sur de nombreuses années, ce seront 316 logements, d'une surface moyenne de 60 m2, qui seront reconstitués dans le centre-ville. Mais la condition légale, résultant de la volonté nationale de mixité sociale, est que 70 autres logements soient proposés aux habitants actuels du vieux centre dans des quartiers autres que ceux, classés prioritaires, bénéficiant des programmes de rénovation urbaine, c'est-à-dire Berthe et le centre-ville.

 

Il faut donc construire ailleurs, au-delà même de l'obligation règlementaire, ne serait-ce que pour reloger ceux dont les logements vont être détruits puis rebâtis, et pour disposer d'appartements-relais pour ceux dont les logements vont bénéficier d'une "simple réhabilitation" supposant qu'ils soient provisoirement vides d'occupants.

 

C'est pourquoi étaient prévues des opérations immobilières intégrant une part raisonnable de logement social de divers "niveaux", entre autres à Saint-Jean (ancienne école Eugénie-Cotton), à Costechaude, à Moneiret (ancien dépôt des cars Étoile), à Bois Sacré, ou à La Muraillette (Altavilla... j'y reviendrai prochainement). Certaines ont été abandonnées sur la demande de la Ville cédant à la pression de riverains. D'autres ont été réduites comme à Bois Sacré où, sans l'implication des élus de gauche et de certains de l'opposition de droite, l'obstination de l'ancienne maire à vouloir tout empêcher par dogmatisme a failli coûter très cher à la commune. D'autres sont en attente, repoussées, ou placées sous l'éteignoir pour d'obscures raisons.

 

 

ON NE PEUT PROMETTRE LE BEURRE ET L'ARGENT DU BEURRE

 

Qu'on se le dise, sans nouvelles constructions dans divers quartiers, on ne pourra pas rénover le bâti d'habitation du centre ville. Or, sans cette rénovation, on ne pourra pas attirer des familles qui, sans être nanties, disposeront d'un certain pouvoir d'achat. Et, sans cette diversification sociale, même si on profite des restaurations des étages pour requalifier les rez-de-chaussée, par exemple pour disposer de surfaces commerciales plus vastes que les échoppes d'aujourd'hui afin d'attirer des enseignes dynamisantes, on ne pourra pas relancer la vie économique. On aura beau essayer de nouvelles stratégies de mobilités, d'animations culturelles, ludiques et commerciales, de décoration et dynamisation du cadre de vie et des équipements publics, de prévention et répression des incivilités et faits de délinquance, on n'agira pas sur le fond.

 

Ceux qui promettront pour 2026 le beurre d'un centre ancien rénové et l'argent du beurre d'un arrêt des constructions d'habitats seront des inconséquents. Ce sont ceux qui, conscients des difficultés et des réticences, mais se refusant à la démagogie et croyant à l'échange citoyen productif de solutions, feront vivre autour de ces enjeux une démarche réelle de démocratie de proximité, qui permettront d'avancer sans tricher dans la concertation. Ces derniers, c'est généralement parmi les gens des gauches, de l'écologie et des humanismes qu'on les trouve.

 

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( * ) : Dans le dossier de convention du NPNRU, il est précisé que le terme "démolition" « ne doit pas s’entendre comme la destruction complète des bâtiments concernés. En effet, la réhabilitation lourde des bâtiments, dont le coût de construction est identique à une construction neuve, est désignée comme une démolition-reconstruction. Néanmoins sur la plupart des îots du Centre ville il est impératif de conserver l’enveloppe et la façade des bâtiments existants. »

 

( ** ) : La Ville a voulu renégocier la convention NPNRU avec l'État, pour renoncer à la création d'un centre social à l'école des Beaux-Arts (et en prévoir un, illusoire, dans les locaux rabougris de l'ancien centre médico-social), à la reconstruction de l'ancienne crèche Josette-Vincent (pour s'en tenir à une micro-crèche d'une dizaine de places), à la relocalisation de la médiathèque projetée en face de la poste (pour la construire à la place de la crèche) et à l'abandon du projet d'aménagement urbain de l'îlot Calmette et Guérin. Ça a été long. Mais il existe d'autres raisons : la Métropole a mis beaucoup de temps pour formaliser le choix et les modalités d'intervention de la société chargée des opérations et les négociations avec l'ANRU, ici comme ailleurs en France, sont longues et difficiles pour les modalités de financement des acquisitions/reventes d'immeubles.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
4 novembre 2025 2 04 /11 /novembre /2025 03:42

 

On le sait, ce sont 12.000 familles, dont 3.000 seynoises, et pas seulement les plus pauvres, qui, ayant droit à un logement social dans la métropole toulonnaise, sont en attente, parfois depuis plus de dix ans. On connaît et comprend les difficultés plus ou moins réelles que chaque commune rencontre pour se mettre en règle avec la loi imposant 25% de logements de logements sociaux. Mais la loi doit être respectée. Il faut rénover l'ancien mais il faut aussi construire, partout où c'est possible.

 

Le foncier de l'ancienne école maternelle Eugénie-Cotton, en périphérie immédiate du centre historique, au quartier Saint-Jean, a été mis en vente par la commune. Une entreprise sociale pour l’habitat (ESH), filiale du Groupe Action Logement, très reconnue en Provence et déjà opérateur efficace de quatre résidences à La Seyne, s'est portée acquéreur. Un projet de 26 logements y est prévu. Mais la Ville indique dans Var-matin que l'accord avec cette entreprise est caduc « sans préciser la raison ». Ça signifie quoi, « sans préciser la raison » ?...

 

 

Les Seynoises et Seynois ont le droit de savoir. On peut bien sûr émettre diverses hypothèses. Comme tous les opérateurs du logement intermédiaire et social, l'ESH en question est confrontée aux misères que l'État fait subir au secteur. Mais celle-ci, questionnée par la presse spécialisée, conduisant une stratégie efficace de diversification de son activité, ne semble pas être en difficulté au point de renoncer à un programme de 26 logements alors qu'elle annonce en livrer 8.000 d'ici 2028. S'il y a un problème, il faut sûrement le chercher ailleurs.

 

 

EST-CE VRAIMENT L'OPÉRATEUR IMMOBILIER QUI EST CAUSE DE LA SUSPENSION DU PROJET ?

 

Faute d'indices patents et de communication de la part de la Ville, on ne peut que se perdre en conjectures. On peut imaginer que l'ESH souhaiterait réaliser sur cet espace un programme plus conséquent qui consoliderait l'économie générale de son projet ; si tel était le cas, une négociation devrait permettre de trouver une solution médiane, sous réserve qu'elle ne nuise pas à la volonté communale, qu'on peut approuver, de conserver une part de son foncier pour des espaces publics.

 

On pourrait aussi supposer que la Ville veuille temporiser. Un certain nombre de citoyens de notre région disposant d'un logement souffrent d'un mal funeste dont le symptôme est une vision déformée de leurs semblables résidant en habitat social ou aspirant à y accéder, qui leur apparaissent comme des êtres malsains, dangereux, qu'il convient d'éloigner ou, au moins, de ne pas côtoyer. Or le seul remède connu à ce jour contre ce syndrome est à base d'éducation civique et morale qui dope les hormones de la fraternité, de la solidarité et de l'égalité, mais qui fait cruellement défaut dans les officines pourvoyeuses d'éveil et d'élévation des consciences. Et cette pathologie n'empêche pas les gens qui en sont atteints d'être des électeurs. On a vu en 2020 combien était électoralement pertinente l'idée de dénoncer un projet de résidence comportant seulement une quarantaine de logements sociaux au quartier Costechaude : les scores électoraux en faveur de la droite, opposée à ce programme immobilier, ont été significativement élevés dans les bureaux de vote de ce secteur de la commune. Ceux de notre équipe de gauche, en revanche, qui soutenait le projet, ont été bien plus bas qu'à l'accoutumée.

 

C'est dur à dire, mais entre les lignes du slogan « stop au béton ! », c'est souvent « stop aux futurs habitants du béton ! » qu'il faut lire. C’est d’autant plus vrai lorsqu'on le proclame à propos d’un programme sur un terrain déjà entièrement imperméabilisé par de l'asphalte comme c'est le cas à  l'ancienne école Eugénie-Cotton. Je n'ose l'imaginer, mais la municipalité, à quelques mois de l'élection communale, tenterait-elle de rassurer les riverains-électeurs du quartier Saint-Jean en faisant oublier le projet sur ce foncier municipal ?

 

 

S'ENGAGER À AGIR AUPRÈS DES SEYNOIS... QUI DOIVENT PRENDRE EN MAIN LEUR DESTIN

 

Mais la cause du retard peut être tout à fait autre. Pour éviter toute supputation, spéculation ou interprétation infondées, la municipalité doit révéler sa vérité sur le sujet. Et, au-delà, sur sa vision de la nécessaire application de la loi SRU qui impose à chaque commune de disposer de 25% de logements sociaux, faute de quoi l'État lui retient une part de ses dotations financières, en l'occurence pour La Seyne près d'un million d'euros par an. Et tous les candidats à l'élection municipale devraient s'y astreindre.

 

Ceux des gauches et de l'écologie, à moins qu'ils n'aient changé de perspective, ce qui m'étonnerait, sont favorables au respect de la loi SRU, avec prioritairement pour La Seyne du logement qui ne soit pas de l'habitat "super-social" car la ville en dispose déjà de beaucoup, les communes voisines devant rattraper leur important retard. Ça doit se faire en premier lieu en produisant des résidences sur les sites déjà urbanisés (« faire de la ville sur la ville »), dans tous les quartiers de la commune où c'est possible, non seulement en respectant les espaces naturels mais en profitant des opérations pour déminéraliser, améliorer les espaces publics des alentours, dépolluer et verdir.

 

Les citoyens doivent connaître les intentions des divers prétendants aux fonctions d'élus municipaux. Les milliers de foyers seynois en attente d'un logement social devraient alors logiquement opter pour ceux qui s'engagent à en produire. Mais, il faut que je l'expose, sans blâmer ni stigmatiser quiconque : trop de ceux-là, qui m'interpelaient lorsque j'étais maire pour me dire leur désarroi du fait de l'attente interminable d'une proposition et me demander d'intervenir en leur faveur (ce que je ne pouvais pas faire, bien sûr), m'ont dit, après l'élection, ne s'être pas déplacés pour voter, voire même n'avoir pas fait la démarche pour s'inscrire sur les listes électorales. Alors, évidemment...

 

Alors, évidemment, la période pré-électorale qui a commencé doit aussi être un moyen d'éducation populaire à l'exercice de la citoyenneté. De plus en plus de municipalités mènent des actions de sensibilisation à l'importance du vote et des inscriptions sur les listes électorales. Celle de La Seyne pourrait s'y investir. Si elle ne le fait pas, et même si elle le fait, peut-être que les acteurs politiques et sociaux attachés à la démocratie et à une vraie représentativité des gens de tous quartiers et toutes situations sociales devraient s'y employer...

 

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9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 08:33

 

Instruments dont La Seyne a pu – et peut encore – bénéficier, le Conservatoire du littoral et l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) sont dans le viseur des doctrinaires gouvernementaux qui, derrière le vocable de "simplification administrative", cachent en vérité une volonté de démanteler le service public d'État, et pas seulement au nom d'une gestion optimisée des ressources budgétaires.

 

Les Seynois doivent se souvenir que c'est grâce à notre partenariat avec le Conservatoire du Littoral que nous avons pu sauver les 60 hectares du Domaine de Fabrégas de l'urbanisation à laquelle le schéma d'occupation des sols conçu par la droite locale pouvait les destiner et qu'une semblable opération est projetée à Saint-Elme. Ils doivent aussi se rappeler que c'est grâce à l'ANRU que nous avons pu investir près de 360 millions d'euros dans la rénovation de Berthe et que, depuis 2019, les crédits de cette agence d'État sont acquis pour celle du centre-ville qui ne demande qu'à démarrer.

 

Il serait irresponsable de laisser démolir ces outils. Les élus des communes concernées doivent réagir. Les nôtres, en tous cas, sont bien silencieux, alors que La Seyne est doublement concernée.

 

 

LE CONSERVATOIRE DU LITTORAL, ON LE DÉFEND OU PAS ?

 

Parmi quelques 600 personnalités et organisations montant au créneau pour le sauvetage du Conservatoire du littoral, nous sommes quelques élus et anciens élus du Var ( * ) parmi lesquels, il faut le souligner, M. Giran, président de la métropole toulonnaise, à être signataires d'une tribune parue dans Le Monde daté du 9 juillet intitulée « Ne sacrifions pas un établissement à l'efficacité reconnue sur l'autel de la simplification ».

 

Aucun, hélas, de la majorité municipale seynoise n'a cru devoir s'engager dans cet appel. Pourtant, l'appui du Conservatoire est durablement nécessaire à la pérennité de la protection et la valorisation de notre Domaine de Fabrégas et de tout notre littoral, notamment avec le projet de la colline du Fort Saint-Elme. Quand il s'agit de faire échouer un programme d'aménagement permettant la création de logements parfaitement intégrés à leur environnement sur la petite parcelle de 3 hectares de Costechaude que la droite municipale avait elle-même ouverte à l'urbanisation, nos élus savent se mobiliser et motiver le voisinage immédiat, mais lorsqu'un domaine littoral, forestier et agricole 20 fois plus vaste, ouvert à des milliers de gens, court le risque d'être laissé à l'abandon, ils restent bras ballants. Allez comprendre...

 

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L'AGENCE DE RÉNOVATION URBAINE, ON S'EN INQUIÈTE OU PAS ?

 

Pas plus de mouvement du côté de la municipalité de La Seyne qui devrait pourtant aussi s'inquiéter, comme plus de 800 communes et 600 opérateurs HLM, de voir les risques encourus par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) dont la majorité sénatoriale de droite préconise la suppression au grand ravissement de Mme de Montchalin, ministre des comptes publics et exécutrice des basses œuvres d'un gouvernement ayant décidé de supprimer un tiers des opérateurs de l’État d’ici la fin de l’année 2025.

 

Là encore, c'est tout le programme de rénovation du centre ancien, avec ses opérations sur le logement, l'aménagement urbain et les équipements publics, à hauteur de 41 millions d'euros, qui pourrait être remis en question. Mais les élus seynois chargés de ces questions sont étrangement silencieux, peut-être trop occupés à faire verbaliser des trottinettistes. Heureusement que des centaines d'autres, de toute la France, montent au créneau en alertant avec une prise de position publique (ci-dessous) visant à prévenir le gouvernement qu'ils n'ont pas l'intention de laisser faire...

 

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DEUX EXEMPLES PARMI NOMBRE D'INSTITUTIONS PUBLIQUES MENACÉES

 

Mais ces possibles décisions de disparitions de deux bras armés des politiques publiques d'État qui frapperaient durement La Seyne ne sont pas les seules. Le gouvernement évoque aussi le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (l'Inserm), l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), l'Agence nationale de la recherche (ANR), l'Agence de la transition écologique (Ademe), l'Office national des forêts (ONF), l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), voire aussi l'Agence bio et l'Office français de biodiversité (OFB) qui ont été également visés par des amendements demandant leur suppression. On le voit, ce sont pas mal d'institutions publiques à vocation de santé, d'alimentation et de transition écologique qui pourraient justifier l'engagement du combat des élus seynois se disant convaincus (magazine VLS de l'été) de l'impact négatif sur le climat de la « pression anthropique » en retournant celle-ci contre un gouvernement décidément anti-écologique...

 

Le gouvernement veut faire croire que ce seraient les fonctionnaires des services de l'État qui reprendraient en direct toutes ces missions aujourd'hui assurées par plusieurs dizaines de milliers de personnels de droit public. Or pas besoin de faire un dessin... chacun sait combien la fonction publique est chaque année un peu plus fragilisée, avec des baisses constantes d'effectifs de fonctionnaires, peinant à accomplir les missions qu'elle exerce déjà...

 

 

GÉRER LE SERVICE PUBLIC, C'EST BIEN, SE BATTRE POUR LE DÉFENDRE, C'EST MIEUX

 

Un maire et un conseil municipal doivent gérer sagement leurs propres services communaux. Mais ils doivent aussi, moins paisiblement, se battre pour prévenir la moindre atteinte au service public local ou national, parce que c'est le vecteur majeur de la correction républicaine des inégalités socio-économiques et territoriales. Ils doivent faire acte de pédagogie pour que chaque citoyen prenne la mesure de l'absolue nécessité des institutions qui garantissent la fraternité de la nation et soit prêt à s'élever à leurs côtés pour en défendre les outils qui sont les conquêtes de nos anciens.

 

Rien n'est jamais acquis. Ça se saurait si participer ès-qualité d'élu de la République laïque à une procession confessionnelle permettait – sauf peut-être miraculeuse intercession divine – de défendre les droits universels des citoyens. Faire preuve de détermination combative face aux agressions libérales des services à la population est réputé plus efficace.

 

 

 

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( * ) : Parmi les signataires varois : Benjamin Courtin (conseiller municipal de Ramatuelle), André Del Monte (conseiller municipal du Rayol-Canadel), Jean-Laurent Felizia (conseiller municipal du Lavandou), Jean-Pierre Giran (maire de Hyères), Michel Perrault (maire-adjoint de Saint-Tropez), Valérie Romboni (ancienne conseillère municipale de Six-Fours), Marc Vuillemot (ancien maire de La Seyne-sur-Mer)...

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1 juillet 2025 2 01 /07 /juillet /2025 20:12

 

La mairie explique que c'est un fonctionnaire du ministère de la Culture qui a imposé la plantation de poireaux géants sur le parvis de notre église paroissiale plutôt que les arbres à ombrage qui étaient prévus. Et, bien obéissante, prenant fait et cause pour lui en séance du conseil municipal, la première adjointe considère qu'un palmier « ne fait pas un ombrage important, mais c'est mieux que rien ».

 

Mieux que rien ??? Ça vaudrait le coup de donner rendez-vous à ce fonctionnaire et cette élue un après-midi de ces temps de canicule pour un échange dialectique sur l'esthétique du lieu à l'ombre fraiche, dense, majestueuse et généreuse des six ridicules cocotiers qui donnent à notre espace historique cette heureuse touche tropicale d'Amérique du sud que chacun sait si typique du patrimoine immémorial de notre Provence maritime.

 

Que le ministère de la Culture donne un conseil est une bonne chose. Que, aux abords d'un monument historique, cet avis se transforme en prescription obligatoire, ça peut se comprendre. Mais rien n'interdit de désobéir. Surtout si le bon sens et l'intérêt général le commandent.

 

 

Ça vaudrait le coup d'oser transgresser comme on a su le faire à La Seyne pour d'autres sujets, parce qu'on aime notre commune, ses habitants et ses visiteurs. Le service de l'État responsable selon la Ville de l'ineptie à laquelle la Métropole, bras opérateur des vœux de la municipalité, s'est pliée, pourrait toujours saisir la justice administrative.

 

 

RÉGULATION DE L'IMPACT CLIMATIQUE OU JOLIE VUE SUR L'ÉGLISE

 

Ça mettrait le sujet sur la place publique. Et, peut-être que, à l'instar des parlementaires travaillant en ce moment sur une proposition de loi transpartisane « visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à en protéger les occupants », ça pourrait conduire le Législateur à faire évoluer les règlements dans le sens du... bon sens. Demain, en effet, si cette loi est votée, les architectes des bâtiments de France (ABF) qui s'opposent à l’installation de volets au nom de la préservation du patrimoine historique dans certaines régions où il n'était pas coutume d'en poser, devront lâcher du lest pour prendre en compte l'évolution climatique et permettre grâce à des contrevents de réduire de plusieurs degrés la température de logements où on étouffe faute de protection solaire. Pourquoi alors ne pas laisser la possibilité, chaque fois que c'est utile, voire nécessaire, de faire aussi pencher la balance du côté de la lutte vitale contre les effets du réchauffement climatique plutôt que de celui de la valorisation, certes justifiée, d'un patrimoine architectural ?

 

 

LES DEUX PAROLES CONTRADICTOIRES DE L'ÉTAT

 

Heureusement que le corps des architectes et urbanistes de l’État n'existait pas lorsque nos anciens, dans toute la Provence, ont imaginé les places publiques ombragées de nos villages qui, pour beaucoup d'entre elles, jouxtent des édifices, notamment cultuels, souvent comme notre église répertoriés comme monuments historiques, dont les immenses platanes, érables, ormeaux et autres micocouliers augustes et respectables cachent bien sûr une partie des façades, mais offrent des lieux « de communication, de rencontre et d'échange constituant un espace public ouvert, lumineux l'hiver et procurant ombre et fraîcheur pendant la saison chaude » selon l'avis de... l'État lui-même, exprimé dans une publication des ministères de l'Aménagement du territoire et de la Transition écologique (voir ICI). Ça a en tous cas été le parti pris de M. Paecht pour la rénovation de la place de la Lune et le mien pour la création, à côté du parvis de notre église, de la place des Seynois de la Mission de France, quoi qu'ait pu en penser le ministère de la Culture.

 

 

ENFREINDRE DES PRESCRIPTIONS STUPIDES EST UN DEVOIR CIVIQUE

 

Enfreindre des prescriptions stupides, lorsqu'on est élu pour défendre le bien-être de ses concitoyens, ce n'est certes pas un droit, mais c'est devoir civique. Sur le sujet de la végétalisation des espaces publics de la ville, dont l'accélération, il faut le reconnaître, est à mettre à l'actif de la Métropole sur demande de la municipalité de Mme Bicais, il ne fait aucun doute qu'un consensus transpartisan existe.

 

Alors, Monsieur le maire, cher Jo, demande à la Métropole d'arracher ces poireaux absurdes, de les replanter ailleurs, et de végétaliser comme c'était imaginé, et même beaucoup plus. Ose. Tu auras le soutien de toute notre population.

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29 mars 2025 6 29 /03 /mars /2025 11:44

 

Si ce n'était pas d'une totale mauvaise foi, ça prêterait à sourire tellement c'est gros ! Voilà que, en séance publique du conseil municipal, la maire a affirmé sans sourciller que la municipalité que j'animais de 2008 à 2020 « n'a rien fait » pour la Corniche de Tamaris. Et elle n'a pas craint d'aller plus loin dans la contrevérité en affirmant, droite dans ses bottes, que, parlant de moi en tant que son prédécesseur : « son objectif est de torpiller un projet qu'il n'a pas su mener en douze ans » !

 

Venant d'une ancienne élue d'une opposition qui n'a eu de cesse de mettre des bâtons dans les roues pour des projets comme celui du complexe de cinémas et d'hôtels de l'Atelier mécanique des anciens chantiers navals qu'elle a choisi d'abandonner alors qu'elle n'aurait plus eu qu'à en couper le ruban inaugural, cette sortie fallacieuse n'abusera personne.

 

Mais les plus récents Seynois pourraient la croire sur parole. C'est pourquoi je veux juste rappeler une réalité en trois épisodes...  

 

 

ÉPISODE 1 : 32 MILLIONS D'EUROS PROGRAMMÉS PAR LA MÉTROPOLE EN... 2018

 

C'est en 2018, deux ans avant la fin de mon mandat, que notre équipe a obtenu de la Métropole Toulon Provence Méditerranée qu'elle formalise son engagement dans un projet pluriannuel avec une programmation budgétaire estimée alors à 32 millions d'euros ainsi que le rappelle le document ci-dessous extrait du site Internet de la commune. On peut cliquer dessus pour l'agrandir.

 

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La maire d'aujourd'hui, avec les élus de droite alors minoritaires, ne pouvait faire moins qu'en prendre acte, se fendant même d'un peu enthousiaste « 32 millions c'est bien, mais ce n'est pas magique ! » dans le billet qu'elle a publié en novembre 2018 dans la page réservée aux opposants dans la revue municipale. Et qu'elle semble avoir aujourd'hui oublié...

 

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ÉPISODE 2 : UN PROGRAMME D'AMÉNAGEMENT EN... 2019

 

C'est en 2019, un an avant la fin de mon mandat, que les services de la Métropole Toulon Provence Méditerranée ont fait adopter un "document-programme" détaillant dans 93 pages les grandes orientations assignées à la rénovation de la Corniche, qui devaient être ensuite être traduites en pistes concrètes d'aménagement. Les plus intéressés des visiteurs de ce blog peuvent en prendre connaissance en cliquant sur l'image ci-dessous ou ICI.

 

CLIQUEZ POUR ACCÉDER AU DOCUMENT (93 pages)

 

Parallèlement, la Métropole confirmait son engagement à financer à la hauteur convenue, tout en indiquant que le chantier allait être de longue haleine, ainsi que sa directrice générale le soulignait au quotidien Var-matin :

 

 

 

ÉPISODE 3 : LE DÉBUT D'UNE PREMIÈRE PHASE EN... 2020

 

C'est en 2020, la dernière année de mon mandat, que le premier chantier a été engagé, sur le tronçon allant de l'Atelier mécanique à Bois Sacré, avec les aménagements routiers, ceux du futur site de transport en commun en site propre, un cheminement piétonnier et cyclable, de la végétalisation, et des aires de jeux sportifs pour les enfants et adolescents, le long de l'avenue Philippe-Giovannini. La maire d'aujourd'hui a pu l'inaugurer après quelques mois de travaux.

 

 

 

LES ÉPISODES SUIVANTS...

 

Les épisodes suivants sont de la responsabilité de l'équipe municipale élue en juillet 2020. La précédente, en tous cas, n'a pas failli à sa mission. C'est pourquoi on se demande si la maire d'aujourd'hui n'est pas une résidente nouvellement installée à La Seyne ignorant tout du passé.

 

Alors, faut-il rire ou pleurer quand, ne manquant pas d'air, elle s'adresse aux élus des gauches et de l'écologie après qu'un d'eux, le socialiste Olivier Andrau, s'est inquiété des réponses qu'elle comptait apporter aux légitimes inquiétudes sur le projet de la part de citoyens et des sept Comités d'intérêt local unanimes, en ces termes surréalistes : « Vous continuez dans l'immobilisme, dévoilant ainsi votre vraie ambition pour la ville : l'attentisme, le déclassement... » ?

 

Pitoyable et calamiteux.

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15 mars 2025 6 15 /03 /mars /2025 10:13

 

Nous étions presque 300 ce jeudi à Épinay-sous-Sénart, dans la banlieue sud-est de Paris, pour lancer un nouvel appel au gouvernement à ce qu'il se penche enfin sur les six millions d'habitants des 1500 quartiers urbains fragiles, comme le sont les nôtres, à La Seyne, en centre ancien et à Berthe.

 

Nous étions des présidents de fédérations et d'associations socio-éducatives, socio-culturelles et sportives, et des experts de la politique de la ville et de la rénovation urbaine, venus en accompagnement des élus locaux de toutes sensibilités républicaines et de toutes régions contraints à devoir encore une fois élever la voix face à un gouvernement qui ignore nos résidents et au sein duquel les deux ministres déléguées, l'une à la Ville et l'autre au Logement, courageusement venues se joindre à nous, semblent volontaires mais impuissantes au point qu'elles ont quasiment réclamé notre soutien face au mépris des enjeux sociaux urbains qui semble habiter le Premier ministre et le reste du gouvernement... surtout du côté de Bercy et Beauvau.

 

Nous avons lancé "l'Appel d'Épinay du 13 mars 2025" à lire en fin de cet article.

 

 

JEAN-LOUIS BORLOO : « SI VOUS LAISSEZ FAIRE ÇA, C'EST LA MORT ! »

 

Ce n'est pas bien grave, mais on peut se demander pourquoi notre maire seynoise, ou son adjoint chargé de la politique de la ville et des contraventions, ou son adjointe responsable de la rénovation urbaine, des nuisibles et des eaux usées, n'ont pas pensé utile de joindre leurs voix aux centaines d'autres qui avaient fait le déplacement.

 

Peut-être ont-ils une lecture de la situation des quartiers pauvres de La Seyne différente de l'ensemble de leurs collègues de métropole et des outremers, qui s'inquiètent comme jamais des baisses drastiques du budget dédié à l'accompagnement, l'éducation, l'insertion, la santé des plus pauvres, de l'extinction étouffée des moyens de la rénovation urbaine, et du silence assourdissant d'un gouvernement dont Jean-Louis Borloo, ancien ministre centriste de Jacques Chirac, l'un des « pères de la politique de la ville », a dénoncé le fait qu'il veuille « mettre la main » sur les budgets, qualifiant « d'extrême gravité ce qui se prépare sournoisement » et nous invitant collectivement à réagir : « Cela mérite une grève de la faim ! Si vous laissez faire ça, c'est la mort. »

 

 

UN APPEL DE TOUTES LES ASSOCIATIONS D'ÉLUS COMMUNAUX

 

Oui, l'absence des Seynois – et des autres Varois d'ailleurs – à ce temps d'échanges et de lutte n'est pas un problème. À l'instar de Catherine Arenou, maire de droite de Chanteloup-les-Vignes et représentante de la puissante Association des maires de France et présidents d'intercommunalités (AMF), jugeant que « le compte n'y est pas » et qu'il « est paradoxal que les communes accueillant les populations les plus fragiles soient les moins soutenues », outre des dizaines d'associations et fédérations nationales, ce sont toutes les associations d'élus du "bloc communal" qui ont lancé avec gravité, force et détermination un appel à l'État, et l'ont fait au nom des territoires, même ceux dont les élus n'ont pas jugé utile de se mobiliser pour leurs populations fragiles.

 

 

MÊME LES MINISTRES EXPRIMENT LEUR INQUIÉTUDE DE L'ABANDON DU GOUVERNEMENT !

 

Cependant, estimant que « l’Appel d’Épinay ne suffira pas » et qu’il « aura besoin d’être repris », le maire macroniste de Dunkerque, Patrice Vergriete, ministre du Logement d'Élisabeth Borne et nouveau président de l'ANRU ( * ), juge lui-même qu’il est « de la responsabilité des maires » de donner de l'écho au sujet. Et c'est même l'actuelle ministre MoDem du Logement, Valérie Létard, qui a courageusement, fait assez inédit au regard de la nécessaire solidarité gouvernementale, appelé les participants, villes et associations, à plaider la cause des sites urbains délaissés par le gouvernement auquel elle-même appartient : « J’aurai besoin de vous et il sera nécessaire de parler d’une seule voix et d’avancer les mêmes priorités. », tandis que Patrice Leclerc, maire communiste de Gennevilliers, invitait la ministre à mettre son poids politique et sa démission du gouvernement dans la balance.

 

 

LES ÉLUS SEYNOIS RESTERONT-ILS ABSENTS DU COMBAT ?

 

Alors, les maires et présidents d'intercommunalités sont exhortés à poursuivre leur mobilisation au-delà du temps fort du lancement de l'Appel d'Épinay ce jeudi. Toutes les initiatives sont bonnes. On verra si, par exemple, la maire de La Seyne proposera a minima dans les prochaines semaines au conseil municipal de voter une motion de soutien et d'adhésion à "l'Appel d'Épinay" à adresser au Premier ministre.

 

Ce serait la moindre des choses pour montrer à nos concitoyens les plus humbles que leurs édiles entendent enfin se battre pour que la République ne les abandonne pas.

 

 

( * ) : ANRU = Agence nationale de la rénovation urbaine

 

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