21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 05:50

Depuis près de trois ans, il me revient de présider l'association des maires « Ville & Banlieue » de France, qui regroupe, toutes sensibilités politiques républicaines confondues, une centaine de communes sur les territoires desquelles se trouvent des quartiers classés « prioritaires » au titre de ce qu'on appelle « la politique de la ville », c'est-à-dire l'ensemble des mesures concourant, pour ces sites d'habitat social ou centres anciens dégradés et paupérisés, à leur rénovation urbaine et l'accompagnement social, économique et culturel de leurs habitants.

La Seyne en fait partie, avec son quartier Berthe de près de 13.000 habitants, en réhabilitation depuis 2007 et jusqu'à fin 2018, et son centre-ville pour lequel, tout en déployant prioritairement des efforts communaux, on attend — avec tout de même un peu d'impatience — des appuis des institutions publiques pour entreprendre une rénovation de plus grande ampleur, ainsi que ça a pu se faire à Berthe.

Les expériences et expertises partagées dans nos communes nous permettent, outre de tirer parti des réussites relevées ça et là pour imaginer des solutions transférables localement, de formuler, à l'occasion de chaque élection nationale, des propositions aux divers candidats, dans le but d'attirer leur attention bienveillante sur ces quartiers où vivent près de 5 millions de personnes, dont la moitié au-dessous du seuil de pauvreté, souvent oubliées de la République.

Si je suis depuis ces dernières temps éloigné de La Seyne deux ou trois jours par semaine, c'est pour prendre part, avec mes collègues maires membres du Bureau de « Ville & Banlieue », à la promotion auprès des candidats à l'élection présidentielle des 31 propositions que nous leur formulons cette année, et que présente la petite vidéo ci-dessous. Je me devais d'expliquer aux Seynois les raisons de mon relatif éloignement provisoire.

Mais je pense que c'est pour la bonne cause ; quel que soit le vainqueur de l'élection au terme de cette étrange campagne où beaucoup de médias et réseaux sociaux mettent plus en avant les péripéties judiciaires et le spectacle parfois affligeant que certains offrent, plutôt que le contenu des propositions des uns et des autres, je pense qu'il n'aura pas été inutile qu'il soit sensibilisé aux enjeux de nos quartiers en difficulté. À commencer, un peu égoïstement, par ceux de La Seyne...

 

> Pour suivre notre démarche « Et si l'on parlait des quartiers populaires dans la campagne présidentielle ? », CLIQUEZ ICI

> Pour conserver la neutralité qui doit prévaloir, j'ai choisi pour illustrer cet article deux photos de rencontres avec des candidats qui... ne le seront finalement pas ! (l'une du centre-droit, Rama Yade, qui n'a pas recueilli les 500 parrainages nécessaires, et l'écologiste Yannick Jadot qui a choisi de ne pas se présenter et de faire cause commune avec Benoît Hamon) 

Repost0
5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 06:38

Il faut être objectif, les avancées sont correctes. L'engagement de l'opérateur immobilier a été formalisé ce vendredi avec la signature d'une convention. Il reste à mettre en œuvre le projet et s'y tenir pour qu'il apporte sa pierre au confortement de la récente annonce du directeur territorial de Pôle Emploi : La Seyne est la commune du Var où sont réalisées les meilleures performances contre le chômage, qui y baisse deux fois plus vite que la moyenne départementale.

Le projet qui va permettre de renforcer ce succès, c'est celui du programme immobilier de Bois Sacré. Aux alentours de 350 logements, dont un tiers de logements sociaux et une quarantaine pour les classes moyennes, une crèche et des locaux à usage de services, sur le terrain d'un ancien centre de stockage d'hydrocarbures.

 

DES CONTREPARTIES ENVIRONNEMENTALES, SOCIALES ET POUR L'EMPLOI

On se souvient sûrement que, après avoir modifié le plan local d'urbanisme trop permissif en 2011, notre municipalité avait réduit de moitié la constructibilité de cette friche industrielle, puis refusé d'attribuer le permis de construire en 2013, avant de devoir s'y résoudre en 2015, suite à l'injonction de l'État dont le commissaire enquêteur avait conclu à l'illégalité que représenterait un nouveau rejet après les modifications apportées par le constructeur.

Il fallait dès lors obtenir des contreparties de la part du maître d'ouvrage. Les négociations ont porté leurs fruits. Elles sont d'ordre environnemental et social, avec un espace vert naturel entièrement dépollué des hydrocarbures et requalifié qui sera ouvert à l'ensemble de la population, et notamment aux résidents des cités d'HLM voisines de La Rouve, d'ordre fonctionnel avec un aménagement des accès depuis la voie publique qui en a bien besoin, et, depuis ces derniers jours, d'insertion professionnelle.

Ce seront près de 400 postes de travail qui seront nécessaires à la réalisation de la résidence, dont près de 100 emplois directs, avec une obligation de 10% d'heures travaillées réservées à des parcours d'insertion pour des personnes de notre aire urbaine très éloignées de l'emploi. Chacun a en outre admis le bien-fondé de ma demande de dépasser cet objectif, comme nous le faisons avec la rénovation urbaine de Berthe, où, de la même obligation assignée aux entreprises, nous sommes passés à une réalisation excédant certaines années les 12%.

 

UN SUIVI ASSOCIANT LES HABITANTS, LES STRUCTURES D'INSERTION ET LES SYNDICATS

Et nous sommes parvenus à ce qu'une évaluation constante soit conduite par un comité de suivi, à laquelle j'ai enjoint que soient associées des riverains, via leur comité d'intérêt local, les associations et entreprises locales d'insertion et de médiation qui, par leur implication quotidienne auprès des potentiels bénéficiaires des parcours d'insertion, seront pourvoyeuses auprès de Pôle Emploi des personnes en rupture professionnelle, ainsi que les organisations syndicales représentatives des employés du bâtiment et des travaux publics. Il est également admis que des efforts spécifiques devront être faits pour l'accès des femmes, des personnes handicapées, et des plus de 55 ans, aux emplois proposés.

Précédant la mienne lors de la signature de la convention, l'intervention de Sandra Torres, conseillère municipale d'opposition et conseillère régionale, qui a rappelé l'implication qui sera celle de la Région en matière de formation professionnelle, aura montré que, dans ces conditions environnementales et sociales bien améliorées, nous pouvons, toutes sensibilités confondues, nous accorder sur le fait que l'opération est devenue soutenable.

Repost0
6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 04:00

Qu'il s'agisse de quartiers littoraux résidentiels et touristiques, de zones périurbaines d'habitat social ou de centres anciens, sans conduire de grandes études scientifiques pointues, on peut évaluer les difficultés et les inégalités en matière de mobilités urbaines et interurbaines.

Bien sûr, ça et là, lorsqu'un maire, portant la parole de ses concitoyens, réclame avec insistance un aménagement de telle ou telle ligne de bus ou de bateau-bus, il parvient peu ou prou à l'obtenir dans des délais variés. Mais, à l'heure où la démarche métropolitaine va s'enclencher, ne faut-il pas "changer de logiciel", comme disent les "sachants" d'aujourd'hui ?

C'est une démarche globale de réflexion sur les investissements d'avenir de l'ensemble du territoire, dont les infrastructures de transports, qu'il faudrait conduire, y associant toutes les parties prenantes, élus, acteurs économiques et sociaux, et populations.

À défaut, on continuera à entendre les uns et les autres se rejeter la responsabilité des encombrements liés à l'absence d'une troisième voie sur l'autoroute de Toulon vers Nice et à l'ouverture d'un nouvel espace en forme... d'avenue d'une centaine de commerces accusé de tuer les boutiques des centres-villes, et on sera encore interpellé sur le sentiment d'iniquité ressenti par les chefs d'entreprises de la zone ouest vis-à-vis de leurs collègues de celle de l'est, s'estimant moins bien considérés en transports collectifs pour aujourd'hui — peut-être pas à tort, il suffit de regarder le plan des lignes de Réseau Mistral — et pour demain — pourquoi le projet d'une halte ferroviaire aux Playes ne serait-il pas aussi important que celui de Sainte-Musse et la rénovation de celle de La Pauline ?

 

PESER LE POUR ET LE CONTRE DES PROJETS STRUCTURANTS MÉTROPOLITAINS

Si nul ne conteste la prévalence de Toulon, cœur de métropole qui doit conforter ses fonctions de centralité, si tout un chacun approuve le grand projet de "quartier de la connaissance, de la créativité et du numérique" à Chalucet, si personne ne conteste l'absolue nécessité de reconstruire la grande jetée qui ferme la Petite Rade, il est d'autres projets qui doivent être soumis à réflexion partagée.

Faut-il vraiment envisager, à titre d'exemple, de construire un nouveau quai de 400 mètres de long sur le littoral toulonnais de la Rade, perpendiculaire à nos vents dominants, ainsi qu'il est envisagé de le faire à l'issue d'études devant être financées au titre du Contrat de plan État-Région ?

On parle d'un coût de 40 à 50 millions d'euros pour cette nouvelle infrastructure portuaire destinée à accueillir au plus près du cœur de ville de Toulon des paquebots géants de même nature que ceux qui accostent par dizaines chaque année le long du môle d'armement des anciens chantiers navals de La Seyne, là ou la Chambre de commerce et d'industrie du Var a beaucoup investi pour réaliser il y a quelques mois, avec l'accompagnement de notre commune, un terminal de croisières ultramoderne d'où on est, pour peu qu'on les développe, en bateaux-bus publics ou en navettes maritimes commerciales, à dix minutes à peine du centre historique de Toulon.

 

LES MOBILITÉS EN CONCOMITANCE AVEC LES INVESTISSEMENTS D'AVENIR

Ne devrions-nous pas prendre garde à ne pas mettre la charrue avant les bœufs ? Il est peut-être des réalisations dont les urgences sont à hiérarchiser dans le temps, ainsi que l'avait d'ailleurs senti Hubert Falco en voulant éviter la concomitance des chantiers toulonnais du tunnel routier et du transport en commun en site propre.

Avant de sauter sur la première opportunité venue consommatrice de finances publiques et privées, ne devrait-on pas commencer par dresser un état des lieux global de l'existant, des difficultés présentes et à venir, et des enjeux de développement, notamment en matière de mobilités métropolitaines, qui semblent être la clé de voûte de tout dispositif de redynamisation urbaine, économique, sociale et culturelle d'un territoire d'avenir.

Repost0
5 janvier 2017 4 05 /01 /janvier /2017 04:29

Après avoir mis en évidence des inégalités territoriales d'offres de transports collectifs entre divers sites de typologies similaires de l'agglomération toulonnaise — deux quartiers résidentiels d'une part, et deux quartiers périurbains d'habitat social d'autre part —, j'ai voulu dresser un état comparatif de la situation des mobilités vers et depuis les centres-villes des quatre communes les plus importantes, Toulon, La Seyne, Hyères et Six-Fours.

 

BIEN SÛR QUE LE CŒUR DE L'AGGLOMÉRATION DOIT ÊTRE BIEN DESSERVI

Si, naturellement, le cœur historique, culturel et commercial de Toulon, ville principale d'un territoire métropolitain de près de 450.000 habitants, a des fonctions de centralité que n'ont pas les trois autres, justifiant une meilleure desserte pour permettre aux résidents de l'ensemble de l'aire métropolitaine d'accéder à des services, des commerces, des espaces de culture et de loisirs, il n'empêche que les cœurs historiques de nos communes sont aussi des lieux d'habitation, notamment pour des familles à faibles revenus, qui doivent d'autant plus avoir accès aux mobilités urbaines propres que la circulation et le stationnement des automobiles sont complexifiés par la nature urbaine de ces vieux quartiers.

Trois des quatre centres anciens ont même été classés prioritaires au titre de la "politique de la ville" (Toulon, La Seyne et Hyères) et deux d'entre eux (Toulon et La Seyne) sont même retenus comme "ultra-prioritaires" pour bénéficier du "Nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU).

Pour effectuer des comparaisons objectives d'offres de dessertes par bus et bateaux-bus, j'ai artificiellement pondéré, pour le centre de Toulon, les résultats de l'indice nombre de dessertes qui sert à mes analyses en le réduisant de 25%, considérant que sa fonction de centralité métropolitaine justifie des lignes et des fréquences accrues d'autant.

 

MAIS LES CENTRES D'HYÈRES ET DE SIX-FOURS SONT PARENTS PAUVRES

Il apparaît que, si le centre de La Seyne bénéficie de presque la moitié moins de dessertes que celui de Toulon (après pondération de ce dernier, et en données brutes), les centres de Hyères et de Six-Fours sont considérablement moins bien desservis, de l'ordre de huit fois moins.

Rapportés aux nombres d'habitants respectifs de chacune des communes, l'écart demeure de l'ordre d'un bon tiers pour ces deux villes, tandis que — agréable surprise — le résultat est inversé pour le centre de La Seyne, de 30% mieux desservi que celui de Toulon, à l'exception des dimanches.

Enfin, rapporté aux possibilités de mobilités des résidents des quartiers eux-mêmes, La Seyne est à peu près à l'identique de Toulon, Hyères environ quatre fois moins bien, et Six-Fours plus de huit fois moins bien.

 

AVEC L'EXISTANT, DES MARGES EXISTENT POUR AMÉLIORER

Il y a donc matière à amélioration dans une logique métropolitaine où chaque pôle urbain a son importance pour le développement de l'ensemble du territoire. Si l'on compare, par exemple à La Seyne, les liaisons entre les quartiers est et sud avec le centre et celui de l'agglomération, ainsi que je l'ai fait dans une précédente analyse, on mesure les disparités importantes d'une partie de la commune à une autre ; or ces quartiers littoraux, pour partie résidentiels et pour partie en développement en matière d'activité économique et d'habitat (site des anciens chantiers, Bois Sacré), sont situés, venant du reste de la commune et de l'agglomération, au-delà du goulet d'étranglement routier que représente la traversée du vieux port seynois.

Des marges de manœuvre existent d'ores et déjà, en réduisant ça et là une offre convenable, pour améliorer, par exemple, les dessertes des centres hyérois et six-fournais ou des quartiers seynois à la circulation déjà beaucoup trop dense où l'on ne pourra maintenir ou revenir à une qualité de vie urbaine qu'en y développant les transports collectifs, par la hiérarchisation des priorités et la création de nouvelles dessertes, en particulier par voie maritime, comme c'est dès à présent possible de le faire, avec un minimum de volonté, pour le littoral seynois de la Petite Rade, ainsi que je le réclame depuis des années.

 

> Suite (Article 5/5)

Repost0
4 janvier 2017 3 04 /01 /janvier /2017 04:39

Si les inégalités d'offres de transport en commun entre quartiers et communes d'un même territoire, conséquences de leurs histoires respectives, perdurent parce qu'on ne se penche pas en continu sur les besoins ou simplement parce qu'il ne se trouve personne pour s'en plaindre, il est certains sites de notre agglomération "Toulon Provence Méditerranée" (TPM) qui font depuis des années l'objet des attentions de l'État et des collectivités pour gagner en équité et devenir des "morceaux de ville comme les autres". Ce sont les quartiers populaires d'habitat social classés prioritaires au titre de la "politique de la ville".

Là, outre les programmes de rénovation urbaine et d'accompagnement social dont ils bénéficient depuis le début des années 80, nous sommes tous — services de l'État et collectivités locales — engagés à leur témoigner un intérêt particulier pour y compenser les inégalités sociales et économiques dont souffrent leurs habitants. Et ce dans tous les domaines de l'action publique "ordinaire" ; ce qu'on appelle le droit commun. Dont celui qui relève de la compétence d'autorité organisatrice des transports urbains qui, après avoir été à la charge des communes, est devenue intercommunale.

 

AUTANT DE DESSERTES À BERTHE QU'À LA BEAUCAIRE, MAIS POUR PLUS DU DOUBLE D'HABITANTS 

Or, comme pour les quartiers résidentiels du sud de La Seyne et de Toulon, le compte de l'égalité n'y est pas encore. La comparaison des offres que j'ai faite entre les ensembles d'HLM de La Beaucaire à Toulon (5910 habitants) et de Berthe à La Seyne (14134 habitants) en attestent. Même si l'écart en faveur du quartier toulonnais n'est pas dans un rapport de 1 à 3 comme dans les zones résidentielles, et même si l'on relève à peu près le même nombre de dessertes par semaine pour chacun des deux quartiers, l'écart en faveur de La Beaucaire rapporté au nombre d'habitants est tout de même dans une proportion de 1 à 2,5. Et l'offre est même 6 fois inférieure à Berthe pour les dimanches.

S'agissant des liaisons sans correspondance permettant aux résidents de ces quartiers d'habitat social de se rendre vers les pôles de services, d'activité économique et de culture de l'agglomération, l'offre est très disparate.

Les habitants de La Beaucaire n'ont ainsi aucune possibilité de gagner la gare de Toulon sans changer de bus et quasiment pas pour rejoindre l'une ou l'autre des gares TER d'Ollioules et La Seyne. Les Seynois de Berthe sont bien mieux lotis, et même beaucoup mieux que leurs concitoyens des quartiers sud de leur commune.

 

DES LIAISONS À AMÉLIORER POUR "DÉGHETTOÏSER"

En revanche, si les Toulonnais de La Beaucaire disposent d'autant d'offres sans correspondance que ceux du Mourillon pour gagner leur centre-ville, les Seynois de Berthe sont 30% moins bien dotés que les Toulonnais quant aux possibilités de rejoindre les cœurs de ville de Toulon ou de La Seyne, lieux des démarches administratives et de l'activité commerciale et culturelle de niveau communal ou intercommunal.

Il est donc capital, au regard des enjeux de "déghettoïsation" des quartiers prioritaires périphériques, d'accès à la formation, l'emploi, la vie sociale et culturelle, l'incitation des constructeurs à investir au cœur des quartiers populaires pour y faire venir des résidents plus aisés, bref le "brassage républicain" et le "vivre ensemble" des populations, de compléter les efforts déjà accomplis en matière de mobilités.

 

FAUTE DE TRAM, LE "SUPER-BUS" DOIT STRUCTURER LES QUARTIERS PÉRIPHÉRIQUES D'HLM

Le "site propre" initialement dédié au tramway est réalisé sur toute la traversée du quartier Berthe depuis la fin des années 90, sur presque les deux tiers de son trajet seynois, et le pont de franchissement de la voie ferrée a été livré il y a trois ans ; il est indispensable de mettre les bouchées doubles pour construire et mettre en service le tronçon de site propre qui doit relier La Seyne, via Berthe, à la base terrestre du Technopôle de la Mer, actuel terminus de la ligne U, et d'engager la liaison "carrefour du 8 mai-site des anciens chantiers". En attendant que, à défaut de tramway, le "super-bus" joue ce rôle d'ouverture et de structuration.

Et cette analyse comparée des offres des deux quartiers aura mis en évidence qu'aucune des trois lignes structurantes, reliant à bon débit de desserte l'ouest de TPM à Toulon, les lignes U, 1 et 8, ne dessert la gare SNCF majeure de l'agglomération, permettant l'intermodalité sans correspondance avec les grandes lignes du réseau ferré. Il y a là aussi matière à amélioration pour pousser à l'usage du rail... surtout si le Président de la Région, M. Estrosi, responsable des Trains express régionaux (TER) démontre — ce dont je doute fort au regard de ce qui s'est passé dans les pays d'Europe qui s'y sont essayés — que le remplacement des rames de la SNCF par des trains privés accroîtra l'offre et améliorera le service...

 

Suite (Article 4/5)

Repost0
2 janvier 2017 1 02 /01 /janvier /2017 04:22

Ça fait des années que les Seynois se questionnent sur les mobilités de leur ville, pressentant à la fois le potentiel économique, social et culturel de leur territoire, pour eux-mêmes et pour tout le "Grand Toulon", et les difficultés de circulation que pourrait accroître la valorisation de celui-ci, s'ajoutant à celles découlant de l'évolution démographique, l'eussions-nous freinée en révisant notre plan d'urbanisme, mais qui, jusqu'à un certain point, est inéluctable, ne serait-ce que pour répondre aux besoins de logements, sociaux ou non, imposés par les lacunes énormes recensées dans le Programme local de l'habitat de notre agglomération.

 

TRAINS, "SUPER-BUS", BATEAUX-BUS, MODES ACTIFS ET INTERMODALITÉS

Cette question primordiale des déplacements touche aussi à l'environnement et au développement soutenable de notre aire urbaine. Sans agir sur la réduction des gaz d'échappement, la qualité de notre air, déjà fragile, va immanquablement se dégrader. Le Plan intercommunal de déplacements urbains récemment mis à jour fixe les orientations.

Nous le savons, on misera sur deux axes majeurs reliant l'est à l'ouest de Toulon Provence Méditerranée (TPM) : une ligne de bus à haut niveau de service de La Garde à La Seyne et une adaptation du réseau ferré permettant la circulation cadencée de trains dans le cadre d'un Réseau express régional de Hyères à Ollioules. Le site propre maritime devra être développé en complément du rail et du "super-bus", avec de nouveaux bateaux-bus et de nouvelles lignes directes et de cabotage, y compris hors de la Petite Rade. On développera les lignes de transports collectifs de rabattement sur ces trois axes, les voies piétonnes et cyclables, les pôles d'intermodalité, avec des parcs-relais pour les autos et les deux-roues.

 

EN URGENCE, RÉDUIRE LES INÉGALITÉS

Mais les nouveaux chantiers ne peuvent prendre sens que dès lors qu'on aura aussi à l'esprit la nécessité de régler, au préalable, les inégalités de services de mobilités qui existent entre les divers territoires de TPM, essentiellement dus aux évolutions locales de chaque commune, voire chaque quartier, qui avancent à des rythmes distincts, sans trop d'anticipation — comme ce fut le cas pour la ligne U de bus mise en service in extremis quelques jours avant l'ouverture de DCNS à Ollioules — en lien avec les développements découlant de nos atouts économiques, sociaux, culturels et environnementaux, et pas encore, loin de là, avec l'esprit métropolitain qui devrait pourtant nous guider.

Ces inégalités existent et s'accroissent. Les exemples seynois — mais pas seulement — ne manquent pas. Je les évoquerai dans une série de prochains messages. Ils constituent autant d'urgences.

 

> Suite (article 2/5)

Repost0
24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 04:38

Ça ne se sait pas trop et certains résidents ont parfois manifesté, de temps à autre de manière pas très appropriée pouvant nuire à l'obtention d'un résultat positif, leur vif regret de n'avoir pu être embauchés par les entreprises chargées des travaux de rénovation urbaine de Berthe.

Pourtant, le dispositif existe et est même imposé par la loi : 5% des heures de travail doivent être réservées à des habitants des quartiers en rénovation qui, avec ou sans qualification, peinent à trouver un emploi.

Le système est en vigueur depuis les premiers chantiers de 2007 et l'objectif a même été dépassé.

Les entreprises ont en effet vraiment joué le jeu, permettant d'offrir, selon les années, de 8 à 13% de parcours d'insertion professionnelle, même si ça ne représente jamais qu'une trentaine de personnes par an, bien loin des besoins de nos populations.

 

POUR QUE NUL NE PENSE QU'IL EST EXCLU...

Il reste que certains, heureusement fort peu nombreux, s'y prennent très mal pour tenter de profiter de ces possibilités. Ce n'est pas en saccageant ses engins de chantier qu'on gagnera la bienveillance d'un chef d'entreprise !

Alors, pour que nul ne puisse dire qu'il ne savait pas comment procéder, voire reprocher une supposée injuste inégalité de traitement, nous avons entrepris une campagne de communication par voie d'affiches et de prospectus distribués dans les boites aux lettres et les lieux accueillant du public. Tout le monde aura ainsi sa chance.

Même si, naturellement, il n'y aura pas de travail pour les trop nombreux habitants malheureusement sans emploi. J'aurais tant aimé pouvoir annoncer plus et mieux, en cette veille de Noël...

 

 

Repost0
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 04:16

On se souvient peut-être que, il y a quelques semaines, je sollicitais Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, pour que notre centre ancien, quartier reconnu prioritaire au titre de la "politique de la ville" comme à celui de la sécurité, bénéficie également d'une attention particulière en matière d'aide à la réussite scolaire des enfants et adolescents qui y habitent.

En résumé, notre demande est que, comme c'est le cas pour Berthe et les quartiers sensibles de Toulon et de l'Académie de Nice, et pour la quasi totalité des sites "politique de la ville" du pays, notre centre-ville soit reconnu comme "Réseau d'éducation prioritaire renforcé" (REP Plus), ce qui permettra aux enseignants de disposer de moyens supplémentaires pour leur action pédagogique.

 

AUTANT D'ÉCOLIERS EN DIFFICULTÉ AU CENTRE QU'À BERTHE

Notre demande est d'autant plus justifiée que, entre temps, le bilan 2015 d'un autre dispositif d'État, appelé "Programme de réussite éducative" (PRÉ), a mis en évidence que le pourcentage d'élèves du centre ancien en difficulté scolaire et sociale qui doivent être pris en charge par les équipes spécialisées de ce programme est le même que celui du quartier Berthe.

L'éducation est en effet un facteur déterminant de l'insertion professionnelle et sociale des futurs adultes citoyens. Les jeunes résidents de notre cœur de ville ont droit à cet effort public en vue d'une meilleure égalité des chances.

Une première réponse, encourageante, m'est parvenue ces jours derniers, de la part de Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, que j'avais sollicité en appui à ma démarche auprès de sa collègue chargée de l'Éducation nationale. Je la livre ci-après aux visiteurs de mon blog...

 

 

Repost0
22 novembre 2016 2 22 /11 /novembre /2016 05:23

Ce lundi soir, nombreux étaient les Seynois rassemblés dans la salle de la Bourse du Travail pour l'inauguration d'une exposition consacrée à une rétrospective sur le logement social à La Seyne depuis la création, en 1948, de notre Office public municipal d'HLM.

Il fallait en effet prendre le temps de marquer une étape dans la vie du logement social seynois, à quelques semaines du 1er janvier 2017, moment où la loi a prévu que notre office public de l'habitat ne sera plus rattaché à la commune, mais à la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée.

Ce fut l'occasion pour moi, dans mon discours inaugural, de mesurer le chemin parcouru, de féliciter les acteurs d'une belle aventure sociale. Et d'avancer vers le futur, en faisant quelques annonces...

 

« Mesdames, messieurs, chers collègues, chers amis,

« Nous lançons cet après-midi une démarche à laquelle j'ai tenu. Au travers de cette exposition, réalisée en collaboration par les services de notre office d'HLM « Terres du Sud Habitat », TSH comme on dit, et de la Ville, je souhaite prendre date à un tournant du logement social à La Seyne.

« Bien sûr, c'est une évidence : lorsqu'on parle de logement, de logement social en particulier, on parle de la vie. On parle de l'humain avant de parler de la pierre, même si la pierre doit être un outil maîtrisé de développement économique et de progrès social...

« Dans ma conception de la vie ensemble, dans notre conception partagée, je crois, tout est lié : l'action publique au sens strict, celle des établissements ayant mission de service public, les acteurs économiques et sociaux, et la force associative, tellement mise à mal depuis des années, attaquée de manière tellement irresponsable - et je pèse le mot, en ces temps de tensions sociales -, par toutes les politiques d'austérité mises en place...

« Irresponsable car il ne faut pas s'étonner de l'absence de la puissance publique quand celles et ceux qui participent à la relayer de manière vivante, sur le terrain, je parle des acteurs associatifs, notamment les amicales de locataires ou ce qu'on appelle les associations "de pied de tours", ne sont plus soutenus.

 

MA VIE, MA VILLE, MON LOGEMENT

« "Ma vie, ma ville, mon logement" est le titre cette exposition. Car c'est un élément de vie en république.

« Je ne dissocierai pas non plus de ce sujet les bons résultats du Programme de rénovation urbaine, un projet parmi les plus importants de France, qui bientôt s'achève même s'il reste quelques chantiers importants. Et je ne féliciterai jamais assez pour ces résultats « Terres du Sud Habitat », notre TSH, le Groupement d'intérêt public « Nouvelle Seyne », dont le directeur, Pierre de Riberolles, prend une retraite méritée, très bientôt...

« Je ne dissocierai pas de cette réflexion les acteurs publics tels que les forces de sécurité, les pompiers, la police municipale et nationale, mais aussi de prévention, d'éducation, scolaire et populaire, de sport et de culture, qui doivent faire leur travail dans nos cités HLM dans des conditions souvent difficiles et qui sont, eux aussi, en butte à de terribles purges d'austérité...

 

UNE CULTURE SOCIALE DE L'HABITAT

« Le logement social, donc. Aujourd'hui, nous mesurons à la fois le chemin parcouru et tout ce qui reste à faire avec des milliers de demandes en attente, dans une ville qui est pourtant l'une des rares de ce département - pour ne comparer qu'à cette échelle -, à vouloir tendre vers les 25% de logements sociaux exigés par la loi...

« Cette culture sociale, nous n'en sommes bien sûr pas les seuls dépositaires. Mais La Seyne, à l'évidence, est un pilote, une vitrine, une source d'encouragement et une force de combat, de mobilisation... Cette culture sociale, qui nous vient de loin, qui est un peu dans nos gènes seynois, ne doit pas se dissoudre dans la modernité et l'élargissement des compétences territoriales. Pour le dire d'une manière un peu plus imagée, si vous le permettez : ne perdons pas notre âme communale dans la nécessaire action intercommunale

« Au contraire, ce que j'appelle notre « culture sociale » doit se renouveler, trouver sa voie, nouvelle et renforcée, dans un monde en pleine mutation. Et je sais que les élus, les acteurs sociaux, les militants associatifs, vous, mesdames et messieurs, portez en vous cette ferme résolution.

 

LE LOGEMENT EST UN DROIT

« Dès ma prise de fonction en 2008, j'ai décidé de prendre un arrêté anti-expulsions. Eh bien je persiste et signe : lorsqu'il n'y a pas malhonnêteté et tant que les possibilités de recours et de relogement ne sont pas trouvées, avec l'accompagnement des services et des associations spécialisées, je m'opposerai toujours à toute mesure administrative injuste et aveugle.

« Que l'on ne s'y trompe pas : je suis parfaitement conscient que le logement social aurait tout à perdre dans une gestion laxiste. Mais le logement est un droit, ne l'oublions pas. Et il faut continuer le combat pour qu'il devienne une réalité et, désormais, un effort beaucoup mieux partagé.

 

DU RATTACHEMENT À L'AGGLOMÉRATION À LA FUSION DES OFFICES DE L'HABITAT

« Concrètement, au début 2017, notre office TSH sera rattaché à Toulon Provence Méditerranée, TPM. Son conseil d’administration et l'agglomération ont déjà statué dans ce sens - ne l'eussent-ils pas fait que le préfet aurait pris un arrêté l'imposant.

« L'étape suivante, probablement dans deux ans, sera la fusion de TSH avec THM, l'office toulonnais « Toulon Habitat Méditerranée », et, peut-être, si le Grand Toulon devient métropole, avec la partie de l'office départemental « Var Habitat » concernant nos 12 communes.

 

DE 1948 À AUJOURD'HUI, MERCI AUX PRESIDENTS ET AUX ÉQUIPES DES HLM

« Je veux solennellement remercier et féliciter pour l'immense travail accompli les agents et les directions de l'office, les administrateurs et les présidents, depuis tant d'années, avec une mention spéciale pour l'un des pionniers, Jeannot Passaglia, qui a été au lancement de l'aventure au lendemain de la guerre.

« Une mention particulière aussi pour le président Yves Gavory et mes collègues du conseil municipal qui, en charge depuis 2014 de représenter la ville au conseil de TSH, vont devoir laisser la place en janvier à des élus communautaires, après avoir, avec efficience et courage, mené à bien les réformes imposées, pour sauver l'office, par les instances nationales de contrôle et d'accompagnement du logement social, qui ont dû passer par des décisions difficiles en matière de gestion humaine et financière avec l'appui constant du directeur David Guengant et de ses formidables équipes.

« Nous espérons que l'agglomération permettra à quelques élus communautaires, par ailleurs conseillers municipaux seynois, de demeurer dans le conseil d'administration. Je vais d'ailleurs probablement devoir reprendre le flambeau de la présidence avec l'aide de ceux d'aujourd'hui qui pourront rester.

 

VERS DES ATTRIBUTIONS ANONYMES ET PUBLIQUES DES LOGEMENTS

« Et je voudrais que soit rapidement mené à bien un chantier dont nous parlons depuis longtemps, celui du « scoring », de l'anonymat et de la publicité, pour les attributions de logements, ainsi que les offices de l'agglomération de Rennes, puis d'autres, l'ont mis en place, pour une parfaite transparence et une équité sur la base de critères. On est tant attaqués, à tort, sur cette délicate question !

« Mais revenons à notre exposition, qui porte un regard synthétique sur l'histoire du logement social à La Seyne, avec quelques références au contexte national. Elle aura au moins un mérite : celui de rappeler, et ainsi, de faire mieux comprendre, de rendre mieux lisible, une démarche à travers les années, depuis 1948, avec ses hauts et ses bas, ses succès et ses crises, avec les immenses mutations, avec l'impact, je le disais, de politiques d'austérité, notamment depuis la crise des années 70, et les désillusions de la ghettoïsation, l'impact décisif et terrible du chômage, en France en général, et ici, avec la fermeture des chantiers navals sur fond de globalisation économique.

« Oui, au moment où l'on tourne une page, avec la nouvelle gestion intercommunale, ce bilan compte, et doit être connu.

 

UNE PAGE SE TOURNE, LA MÉMOIRE DOIT ÊTRE PRÉSERVÉE ET PARTAGÉE

« Et ce travail de mémoire, d'analyse, de réflexion, de convivialité autour du logement social ne devra pas s'arrêter là. Bientôt s'achève, je le disais, notre rénovation urbaine, et autour de l'année 2018, nous marquerons ensemble cette étape cruciale de l'évolution humaine, urbaine, sociale, et économique de notre ville.

« Un travail sur le fond, de collecte, de réflexion collective, d'implication des locataires, des citoyens, au travers de leurs associations, est nécessaire.

« Je demande d'ailleurs, d'ores et déjà aux services municipaux et à tous les partenaires concernés, de préparer cela avec la population, avec tout le tissu associatif...

« Bref, ce moment, aujourd'hui, est un coup d'envoi, dont je souhaite qu'il s'amplifie.

« Concrètement, l'exposition ira à la Maison du patrimoine en janvier, puis à la médiathèque Andrée Chedid... Une information, durant deux mois sera donnée sous la forme d'une borne interactive dans le hall de la mairie...

« Je compte sur vous toutes et tous pour multiplier les occasions de maintenir et développer l'information, la communication, l'action, autour de cette thématique centrale du logement social.

« Permettez-moi, pour terminer, de remercier et féliciter ceux qui, à TSH et dans nos services municipaux, la culture et le patrimoine, la com, la reprographie, pour leur travail collectif pour réaliser cette exposition. »

Repost0
21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 07:06

Depuis que, à notre demande, il a été classé "quartier prioritaire" par l'État, le centre ancien de La Seyne bénéficie ou est en voie de bénéficier d'attentions publiques conjuguées de la part des administrations nationales, régionales, départementales et intercommunales pour l'aider à sortir du marasme.

Profitant déjà du "contrat de ville" pour soutenir des animations et l'accompagnement social des habitants, des actions renforcées de prévention, de police et de justice au titre de la "Zone de sécurité prioritaire" qui, depuis deux ans, en a fait le site du Var où la délinquance a le plus diminué, il a été retenu dans le "Nouveau programme national de rénovation urbaine" dont la phase d'études va commencer sous peu.

 

ÉDUCATION PRIORITAIRE : LE CENTRE SEYNOIS OUBLIÉ ?

Mais, bizarrement, alors que, en France, 97% des quartiers sensibles bénéficient d'un renforcement de l'action éducative et d'appuis pour la réussite scolaire, en étant répertoriés comme zones d'éducation prioritaire, les autorités académiques ou ministérielles n'ont pas cru devoir faire bénéficier notre centre historique seynois de cette attention particulière, comme c'est le cas pour le quartier Berthe et les autres sites fragiles de l'agglomération TPM, du Var et de l'Académie de Nice.

Pourtant, ainsi que c'est apparu il y a quelques jours lors du bilan annuel du programme de réussite éducative de notre commune, on y relève un pourcentage d'enfants en lourdes difficultés scolaires identique à celui des autres zones varoises sur lesquelles l'Éducation nationale consent des efforts accrus.

Cela confirme que je n'ai pas eu tort, il y a un mois, de saisir Nadjat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, pour que cette anomalie soit réparée. Et j'attends avec impatience qu'elle le soit.

 

MA LETTRE À LA MINISTRE

« Madame la Ministre,

« J'ai l'honneur de vous réclamer en urgence le classement en Réseau d'éducation prioritaire Plus des établissements scolaires du centre-ville de La Seyne-sur-Mer (Var).

« La Ville de La Seyne-sur-Mer cumule en effet des difficultés sociales et économiques qui vont en s'aggravant alors que, dans le même temps, ses efforts de gestion et de mise en œuvre des politiques publiques gouvernementales restent sans précédent.

« Le centre-ville, notamment, a été identifié par l'État comme un territoire à enjeux du fait de sa structure sociale et urbaine particulièrement fragile : 3220 habitants résidant un quartier dégradé, paupérisé, où la pauvreté est disputée entre les marchands de sommeil, l’habitat insalubre et les dealers. Il est difficile, dans ces conditions, de travailler à une revitalisation urbaine, sociale et économique, lorsque la tranquillité minimale est à peine assurée et où, pire, la statistique, ne parvenant plus à convaincre, laisse à l’extrême-droite et aux droites extrêmes le champ libre propre à alimenter un sentiment d’insécurité insondable et pernicieux.

« L'action de "Politique de la Ville" sur ce quartier, comme c'est le cas dans l'ensemble des 1300 autres sites retenus au titre de la loi d'orientation pour la ville, doit ainsi se décliner de façon globale dans un ensemble de directions :

- des opérations de lutte contre l'habitat indigne et insalubre, et de politique de peuplement visant à la mixité sociale ;

- des opérations de renouvellement des espaces urbains et équipements et services publics ;

- des opérations de redynamisation de l'économie, notamment commerciale et des services, et de prévention de l'activité illicite ;

- des opérations de prévention de la délinquance et de lutte contre les déviances ;

- des opérations de prévention et de lutte contre la radicalisation ;

- des opérations d'accompagnement social des populations, en matière d'éducation, d'action socio-éducative, d'appui à la parentalité, de formation, d'accès à l'emploi, de sport, de culture, de solidarité, d'égalité femmes-hommes, d'insertion des enfants, des ainés, des handicapés, etc.

« Pour répondre à ces objectifs diversifiés et complémentaires, deux dispositifs majeurs sont mobilisés :

« 1°) un Programme de rénovation urbaine (PRU) concernant le centre-ville est en cours de finalisation dans le cadre d'un contrat de ville, sous forme d'une Opération d'intérêt régional (OIR) dont le protocole de préfiguration, validé par le comité d'engagement de l'Agence nationale de la rénovation urbaine (ANRU), est sur le point d'être signé ; il fera suite à un autre PRU portant sur un autre quartier populaire de notre ville, reconnu comme l’un des plus importants de France, dont le terme est programmé en 2018 après dix ans d’efforts soutenus ;

« 2°) un classement en Zone de sécurité prioritaire (ZSP) du centre-ville a certes permis, avec les moyens dont disposent à la fois l’Etat et la Commune, c’est-à-dire très faibles au regard des enjeux, la mise en place de dispositifs efficients de prévention et de lutte contre la délinquance.

« Il reste une grande absente sans laquelle seront insignifiants les efforts de requalification urbaine, de prévention des radicalisations et des déviances, d'aide à l'insertion sociale et professionnelle des publics parmi les plus fragiles du département du Var : l’action éducative.

« Contrer la délinquance, recréer un cadre de vie urbain agréable, développer l'activité économique, assurer des mesures d'accompagnement social des populations, lutter pour l'insertion sociale et professionnelle, tout cela est en effet très pertinent, à ceci près, et vous en conviendrez, que, sans éducation, peu de choses sont possibles. Des efforts sont faits en matière de réussite éducative, en mettant notamment l’accent sur la mixité sociale et l'accompagnement des enfants et des familles, mais ils s'exercent sans moyens particuliers, d'autant que relevant du droit commun se raréfient, rendant nos volontés quasiment vaines.

« Il manque donc manifestement un pilier majeur à l’édifice : le classement du centre-ville de La Seyne-sur-Mer en REP, comme le sont les autres sites prioritaires de la "Politique de la Ville", et comme l'est l'autre quartier prioritaire de la commune.

« 458 enfants de 3 à 11 ans, identifiés par les services centraux, se répartissent entre 6 écoles primaires. Trois d'entre elles ont plus de 50% de leurs effectifs qui résident sur les sites "politique de la ville". Il me semble par conséquent manifeste que, la cohérence gouvernant, le centre-ville de La Seyne-sur-Mer doit être classé en REP Plus.

« Il n'est pas acceptable pour moi que perdure une situation exceptionnelle en France, injuste et inégalitaire au regard de l'esprit républicain qui doit guider les politiques publiques, au prétexte avancé par l'administration de l'Éducation nationale que le collège qui accueille les enfants et adolescents issus des écoles primaires du territoire concerné est implanté à l'extérieur du périmètre prioritaire au titre de la politique de la ville.

« Je veux croire, Madame la ministre, que vous prendrez en compte les réalités du terrain en répondant favorablement et sans délai à ma requête de classement en REP Plus des établissements scolaires accueillant les enfants et jeunes de ce quartier prioritaire "Politique de la Ville" qui n'en bénéficie pas..

« Je vous prie d'agréer, Madame la ministre, l'expression de mes salutations distinguées. »

Repost0

Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

À propos de moi...

> Ma bio, vue par un copain...

> Ma généalogie sur geneanet

 

 

L'ACTION DES COPAINS

LE BLOG DES ÉLUS SEYNOIS DES GAUCHES ET DE L'ÉCOLOGIE
LE SITE DE MANON AUBRY, DÉPUTÉE EUROPÉENNE VAROISE

ET MES ENGAGEMENTS

CLIQUEZ SUR LA BANNIÈRE
LA CHAINE YOUTUBE DE GRS
LA PAGE FB DE GRS-Var
LE BULLETIN DE GRS-LA SEYNE

 

12 ANS POUR & AVEC LES SEYNOIS

NOTRE BILAN 2008-2020

CLIQUEZ SUR L'IMAGE