Parmi les sacripants contrevenant à l'arrêté municipal n°25-0461 du 25 avril 2025, il y en a certains qui font partie de la municipalité qui a décidé de le prendre. Et non des moindres.
Autant on comprendrait que des Aliens tout juste débarqués d'une lointaine galaxie confondent un plan de quartier ou un transformateur électrique avec un panneau règlementaire d'expression libre, autant il est étrange que ce soient un maire et des adjoints et conseillers municipaux qui fassent cette confusion.
C'est pourtant ce qui se passe depuis des semaines : certains s'obstinent à coller leurs affiches là où ils l'ont eux-mêmes interdit...
Les photos parlent d'elles-mêmes. Ce sont ceux qui rabâchent sans cesse des promesses de plus de moyens de sécurité, de surveillance, de protection, de contrôle, de lutte contre la délinquance, les infractions, les incivilités, de police, de vidéos, de brigades en tous genres, de verbalisation, de sanction, qui se font prendre le doigt dans le pot de confiture.
Et ces coquins de contrevenants sont uniquement des candidats de droite et d'extrême-droite. Aucun des trois candidats de gauche n'a transgressé l'interdit édicté par... les candidats de droite dans leurs fonctions d'élus en cours de mandat.
Celui du Rassemblement National proclame sur un réseau social : « Pas de slogans : du sérieux, de la méthode et des résultats. (...) Une exigence constante : la rigueur. (...) Avec moi ce sera stop au laxisme. (...) » Et, sitôt dit, ce maraud s'empresse de ne pas respecter les arrêtés municipaux et de souiller le cadre de vie.
Ce n'est pas mieux de la part du maire intérimaire Les Républicains lui-même, candidat à sa succession, qui se félicite d'avoir « créé une brigade de propreté de six agents [de police municipale] », qui promet s'il est réélu « une ville propre avec la lutte contre les dépôts sauvages avec une police H24 », et qui se dépêche de la salir (à l'insu de son plein gré, comme dit l'autre, ou quand sa brigade a le dos tourné ?...).
Mais le plus fort de ces chenapans, qu'on pourrait considérer comme le plus cocasse si ce n'était si navrant, c'est tout de même celui qui, s'il faisait preuve d'un minimum de sens des responsabilités et d'honnêteté intellectuelle, aurait à cœur de s'abstenir de fouler du pied l'arrêté d'interdiction d'affichage sauvage... qu'il a lui-même rédigé et signé, comme en atteste le document ci-dessous (voir l'arrêté intégral et sa signature en cliquant ICI).
CLIQUEZ SUR LE MONTAGE POUR CONSULTER L'ARRÊTÉ ET SA SIGNATURE (3 pages)
Et dire que ces gens-là prétendent endosser le rôle d'officier de police judiciaire que leur fonction leur confèrerait si, par malheur, ils étaient élus...
Comme on pouvait s'y attendre, la question de la sécurité figure en bonne place dans les promesses des candidats à l'élection municipale. C'est justifié. Alors, bien sûr, c'est à qui annoncera le plus de renfort des moyens dont est dotée la commune pour contribuer à la tranquillité du quotidien et la sûreté publique.
Plus de policiers municipaux, plus de brigades en tous genres, plus de caméras, plus d'armes, plus de logistique, plus de..., plus de...
Et si on analysait un peu les réalités comparées de communes de typologies démographiques similaires mais de partis pris plutôt différents quant au rôle d'une municipalité en matière de tranquillité et sécurité publiques ?...
LES CHIFFRES OFFICIELS LE PROUVENT : CE N'EST PAS PARCE QU'ON A PLUS DE POLICIERS MUNICIPAUX QUE LES FAITS DE DÉLINQUANCE DIMINUENT
Les quatre graphiques ci-dessous ont été réalisés avec les données piochées sur le site du ministère de l'Intérieur. On peut cliquer dessus pour les agrandir. Ils permettent de comparer, sur sept ans à compter de 2016, les évolutions respectives du nombre de policiers municipaux pour 1.000 habitants (courbes à trait plein) et du nombre de victimes ou d'individus mis en cause pour les faits constatés de délinquance pour le même nombre d'habitants (courbes en pointillés). Deux communes sont comparées à La Seyne : Cannes (Alpes-Maritimes, 74.000 habitants), réputée pour disposer d'un grand nombre d'agents de police municipale, et Brest (Finistère, 141.000 habitants), connue pour avoir opté pour ne disposer que de quelques agents de sécurité de la voie publique. Les trois communes sont de taille moyenne, littorales et portuaires, avec des populations aux réalités socio-économiques très diverses, avec des zones résidentielles et des quartiers populaires fragiles, prioritaires au titre de la politique de la ville. Les graphiques montrent également le nombre moyen de victimes ou de mis en cause sur l'ensemble du pays.
CLIQUEZ SUR LES GRAPHIQUES POUR LES AGRANDIR
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Même si ce n'est pas une étude sociologique très scientifique car réalisée sur un panel des trois seules communes et sans pondération fautes de données de l'environnement dans lequel les évolutions sont constatées, il est manifeste qu'il n'existe aucun lien entre le nombre de policiers municipaux et le nombre de victimes ou de mis en cause de faits de délinquance.
RENFORCER LES SERVICES PUBLICS DE LA POLICE NATIONALE ET DE LA JUSTICE, ÇA OUI, C'EST INDISPENSABLE
En revanche, même si le nombre de policiers nationaux n'apparaît pas sur les schémas faute de données officielles publiques, on note une corrélation entre les résultats de la lutte contre la delinquance et l'accroissement des effectifs de la police nationale. C'est patent pour ce qui concerne le trafic de drogue à La Seyne, les années 2018 et 2019 correspondant à l'obtention de renforts significatifs pour les circonscriptions de police nationale de Toulon et La Seyne, suite aux démarches nombreuses, continues et parfois au ton musclé que, comme maire, j'ai engagées auprès du gouvernement d'alors pour que notre commune et, au-delà, la Métropole, soient reconnues d'abord comme Zones de sécurité prioritaire (ZSP) puis comme Quartiers de reconquête républicaine (QRR). C'est une quarantaine de policiers supplémentaires qui est venue renforcer les équipes du commissariat et de la police judiciaire. Et les résultats sont sensibles. D'autant plus que la convention signée sous mes mandats entre la commune, la police nationale et la justice a permis de définir les domaines respectifs d'intervention des unes et des autres des institutions. Elle n'a d'ailleurs jamais été dénoncée par mes successeurs qui n'ont pour autant engagé aucune démarche pour que notre commissariat dispose de moyens encore accrus...
Mes contempteurs diront que c'est une conclusion un peu hâtive, mais ça pose au moins quelques questions...
> au regard des réalités financières fragiles, faut-il accroître encore le nombre des policiers municipaux ou s'engager plutôt sur une stabilisation des effectifs, une maintenance des moyens logistiques, un plan de formation continue des agents, un arrêt des créations à tout bout de champ de brigades de ceci et de cela qui s'opèrent à moyens constants, désorganisent le fonctionnement et ne servent qu'à la communication ?
> avec un coût annuel moyen de 50.000 euros par agent, a-t-on eu raison, depuis 2020, d'accroître de 4 personnes les effectifs de la police municipale, pour un coût d'environ 200.000 euros, soit à peu près le montant duquel ont été diminuées dès 2020 et 2021 les subventions aux associations agréées à vocation sociale, socio-éducative, sportive, d'aide à l'exercice de la parentalité, dont les missions sont essentielles à la prévention des déviances et de la délinquance ?
> dans un contexte de politique nationale libérale qui ne cesse de fragiliser le service public, n'est-il pas du rôle d'un maire de s'investir fortement, voire "se battre", pour que les services de la police nationale et de la justice qui, contrairement à une mairie, ont l'obligation constitutionnelle de garantir la sécurité de tous disposent des moyens humains et logistiques nécessaires à l'accomplissement de leurs missions, au lieu de s'imaginer pouvoir les suppléer en mobilisant des moyens communaux ?
Après la décision du gouvernement de supprimer le Pass'Sport pour les 6-13 ans, c'est la Région Provence qui a choisi de mettre un terme à son e-Pass Jeune, qui était une application offrant aux 15-25 ans des réductions sur des offres culturelles et sportives. Et cette disparition entraîne de facto la perte concomitante de la Carte Jeune Européenne qui était offerte avec l'e-Pass et proposait 72000 avantages aux 12-30 ans de 38 pays.
Les Macronies régionale et nationale s'en donnent à cœur joie pour démanteler les aides aux accès des enfants et des jeunes aux loisirs éducatifs, au sport, à la culture et aux arts, autant de vecteurs égalitaires de développement équilibré, d'ouverture d'esprit, d'éveil des consciences et des sensibilités, d'apprentissages du vivre ensemble et du respect des règles sociales.
Alors on frémit d'inquiétude lorsqu'on interprète le propos de M. Macron, s'adressant il y a une semaine à son mouvement de jeunesse “Les jeunes en marche” : « Je suis venu vous dire que ça n'est pas fini ! »...
UN NOUVEAU RECUL CREUSANT LES INÉGALITÉS ENTRE JEUNES RICHES ET JEUNES PAUVRES
Le e-Pass jeunes de la Région Provence, c'était une aide annuelle aux jeunes de 80 euros « pour acheter des livres (28 €), des places de ciné (12 €), aller à des concerts et festivals, au théâtre et à l’opéra (10 €), pratiquer une activité sportive (20 €) et participer à une sortie scolaire de [son] choix organisée par [son] établissement (10 €) ».
Son abandon survient après la refonte de la carte Zou ! Jeunes qui a considérablement réduit les aides à la mobilité régionale des mineurs et jeunes adultes, le désengagement de la Région des financements des associations assurant l'accompagnement social, éducatif, culturel et sportif des habitants des quartiers urbains prioritaires dans le cadre des “contrats de ville”, et d'autres reculs qui ont pour effet de creuser les inégalités entre jeunes riches et jeunes pauvres.
Oui, la polarisation de notre société entre riches et pauvres s'accroît gravement. Les instituts de statistiques de l'État l'ont récemment confirmé. Certains politiciens et médias en parlent bien sûr moins que de la délinquance et l'immigration qui sont devenues les objets chéris des droites qui courent après leurs extrêmes, mais la réalité est pourtant très grave. Les premières victimes sont les familles des travailleurs modestes, dont la maigre augmentation des salaires permet juste de compenser l’inflation, les familles monoparentales qui souffrent de l’absence d'accompagnement des services publics, et les gens sans travail victimes des réformes inopérantes de l’assurance-chômage. Et cette dégradation sociale ne résulte pas d’aléas extérieurs. Elle est la conséquence de la politique économique de M. Macron depuis huit ans au bénéfice des seuls plus nantis. En clair, les riches sont plus riches (les revenus des 0,1% les plus fortunés ont augmenté 2,5 fois plus vite que ceux du reste de la population) et les pauvres sont beaucoup plus pauvres. Et quand la misère est là, sans aide publique, on ne peut offrir aux jeunes de sa famille les accès aux activités des temps libres qui concourent à la santé physique et mentale, l'épanouissement et l'émancipation, et donc la prévention des déviances.
MOINS D'ÉDUCATION, DE SPORT ET DE CULTURE, C'EST PLUS DE CONSCIENCES ABOLIES ET DE SÉGRÉGATION, ET DES CONSÉQUENCES INQUIÉTANTES
Et les collectivités locales, elles-mêmes mises au pain sec par les gouvernements, ne pourront jamais compenser ces désengagements, alors qu'elles peinent déjà à poursuivre leur mission de premier recours et de dernier rempart des gens les plus fragiles : l’accompagnement des plus précaires dans les Centres communaux d'action sociale (CCAS), la tarification sociale dans les cantines, la création de nouveaux logements sociaux, les activités périscolaires, l’aide et accompagnement à l’insertion…
C'est pourquoi leurs élus doivent au moins protester. Certains le font. D'autres non, ou alors bien cachés et en chuchotant. Ceux de la majorité communale et des minorités de droite et d'extrême-droite de La Seyne sont au nombre de ces derniers.
À titre d'exemple, sollicitées par le réseau des communes ayant des quartiers pauvres et dégradés, les majorités des conseils municipaux des villes concernées de la métropole du “Grand Toulon”, dont la nôtre, n'ont pas jugé bon de s'associer à l'appel ( * ) de nombreux maires et conseillers, présidents d'intercommunalités ou de départements, responsables du monde sportif, et d'autres, lancé ce vendredi au Président de la République et au Premier ministre pour que soit rétabli de Pass'Sport pour les enfants ( ** ).
Ces élus ne réalisent-ils pas que, avec la pauvreté, les consciences abolies et la ségrégation qui s'aggravent, la jacquerie couve et que, conséquemment, ce pourrait être une aubaine pour justifier des réponses autoritaires ? N'ont-ils pas compris la menace de M. Macron (« ce n'est pas fini ! ») ? Ou bien, en accord avec la vision dure de M. Retailleau, en partagent-ils l'esprit ?...
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( * ) : Voir ci-dessous le courrier
( ** ) : Seuls deux élus locaux seynois se trouvent parmi les signataires de cet appel : Olivier Andrau (PS-NFP) et Anthony Civettini (PCF-NFP) – voici ci-dessous
CLIQUEZ SUR LE COURRIER POUR L'AGRANDIR
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CLIQUEZ SUR LA LISTE DES PREMIERS SIGNATAIRES POUR L'AGRANDIR
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Ces derniers jours, une vaste opération de sécurisation a été organisée par la municipalité de La Seyne, avec le concours de diverses forces de police.
Dans un souci de transparence démocratique, et sans aucune arrière pensée politicienne visant à damer le pion à l'extrême-droite en occupant son terrain de prédilection, le compte-rendu de l'intervention a été publié sur un réseau social par un adjoint au maire.
Ça vaut son pesant de grand'œuvre de propagande. Mais autant en sourire et, puisqu'on est en période d'examens scolaires, prenez le temps de rajeunir un peu, et de vous mettre dans la peau d'un(e) ado passant une épreuve. Lisez ce document avec attention et résolvez étape par étape le problème de mathématiques qui le suit...
PREMIER EXERCICE : LES FORCES D'INTERVENTION
Voilà donc le document (sur lequel je me suis autorisé à invisibiliser les noms des fonctionnaires, ce qu'avait omis de faire son auteur qui avait tout de même flouté les visages)...
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Ça y est ? Vous avez attentivement pris connaissance de ce document ? Alors, allez-y, résolvez les petits problèmes ci-après...
1°) En tout, combien d'agents de la police municipale et de gradés de la sécurité publique de La Seyne, de personnels de la police nationale, de contrôleurs de Réseau Mistral et de personnes représentant l'autorité municipale ont été mobilisés pour intervenir et superviser cette indispensable opération à haut risque de sécurité publique ?
4 9
19 29
2°) Si l'on suppose que toutes les personnes composant cette force d'intervention ont pris part à l'interpellation des individus, combien en moyenne chacune d'elles a-t-elle contrôlé de ces passagers suspects ? (nombre arrondi à l'entier supérieur)
4 14
24 34
3°) Les moyens engagés en personnel pour cette opération vous semblent-ils...
très insuffisants insuffisants
suffisants pour la sécurité on ne compte pas
DEUXIÈME EXERCICE : L'ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE DE L'OPÉRATION
En consultant sur Internet les divers salaires bruts des uns et des autres des personnels engagés dans l'intervention, on parvient (voir la méthode en bas de page) à un coût moyen horaire (salaire brut horaire + cotisations employeur) par personnel salarié de 17 euros (ce qui est en fait très très en deçà de la réalité). Naturellement, le représentant de l'autorité municipale exerçait quant à lui sa mission à titre bénévole. Et on ne tiendra pas compte des coûts de fonctionnement (amortissement et carburant des véhicules, équipements, etc.) pour s'en tenir aux seules dépenses salariales.
On postulera que la moitié des suspects contrôlés ayant un titre de transport disposait d'un ticket à 1 euro (prix de ceux achetés par 10) et que l'autre moitié a acheté son ticket à bord pour 2 euros. Enfin, on se souviendra que le défaut de titre de transport entraine une amende de 60 euros.
Maintenant répondez aux questions...
4°) Si l'intervention a duré une heure (un bateau-bus accostant toutes les 20 minutes), quel aura été son coût total ?
176 € 276 €
376 € 476 €
5°) Quelle est la recette perçue par Réseau Mistral grâce à cette intervention déterminée et déterminante (amendes pour défaut de ticket) ?
60 € 260 €
460 € 660 €
6°) Quel est le résultat financier de l'opération (différence entre son coût et la recette qu'elle a générée) ?
bénéfice de 416 € bénéfice de 216 €
déficit de 416 € la sécurité publique n'a pas de prix
TROISIÈME EXERCICE : LES ENSEIGNEMENTS DE L'OPÉRATION
Pour La Seyne, la convention entre la police nationale et la police municipale a été signée en 2014 pour renforcer et organiser la coopération pour la prévention des incivilités et de la délinquance prioritairement sur les zones de sécurité prioritaire (ZSP) puis quartiers de reconquête républicaine (QRR) de la commune, c'est-à-dire le quartier Berthe et le centre ancien. Elle a permis à la circonscription de police nationale de La Seyne d'obtenir pour ces sites urbains des renforts en personnel et à la Ville de conforter les moyens logistiques de la police municipale. Il est juste de reconnaître que la municipalité élue en 2020 a souhaité poursuivre cette entente. À cet égard, quelle note attribueriez-vous à cette opération ?
au-dessous de la moyenne, avec si peu de verbalisations, trop de suspects sont sûrement passés entre les mailles du filet, il aurait fallu déployer beaucoup plus de moyens humains
presque la moyenne, mais vu le coût d'une telle intervention, ne vaudrait-il pas mieux envisager la gratuité des transports collectifs métropolitains, comme ça se fait ailleurs avec succès ?
une bonne moyenne, les citoyens de nos quartiers en ZSP-QRR ayant pu ressentir au plus près de leur environnement quotidien l'implication massive et visible de la force publique afin de garantir leur tranquillité et leur sécurité face aux périls de la délinquance dans une vraie démarche de police de proximité...
une bonne moyenne, mais pourquoi mobiliser les moyens du commissariat de La Seyne et de la commune de La Seyne pour interpeller des dangereux individus usagers de la ligne de bateaux-bus 18M, c'est-à-dire des Toulonnais et des touristes en villégiature à Toulon (qui ont dû apprécier l'accueil) ?
20/20, car la sécurisation n'a pas de prix, la lutte contre le grave danger permanent qui guette les honnêtes gens le matin aux Sablettes est trop précieuse pour qu'on soit regardant de façon mesquine sur son rapport qualité-prix, surtout lorsqu'elle est largement mise en valeur, promue à grand renfort de communication institutionnelle, presse et réseaux sociaux, aux seules fins, bien sûr, de prévention des incivilités...
plus de 20/20 ! Grâce à ce que la municipalité ressasse sans cesse en matière d'insécurité telle un Retailleau rabatteur pour le RN car légitimant les propositions les plus ultra-sécuritaires et stigmatisantes, et avec les palmiers surgissant un peu partout sur la commune, ça préfigure à La Seyne ce que pourraient être nos lendemains de 2027 en forme de littoral de Los Dopicos, capitale du San Theodoros du Général Tapioca, régime inspiré de celui de Szohôd, chef-lieu de la Bordurie du Maréchal Plekszy-Gladz, où l'on goûtera enfin à la quiétude dans un monde enchanteur nettoyé des encombrantes valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité, de laïcité et de démocratie...
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Méthode d'estimation du coût de l'opération (charges de personnel seulement)
Pour le calcul, on supposera que les agents de la police nationale engagés dans l'opération avaient tous le grade de gardiens de la paix (1er grade), que les agents de la police municipale celui de gardien-brigadier (1er grade) et leurs cadres présents celui de chef de service (1er grade de l'encadrement), que les personnels de Réseau Mistral avaient le statut de contrôleur de titres de transport de la RATP
On estimera que ces salariés mobilisés pour l'opération étaient tous en milieu de carrière (à environ 15 ans d'ancienneté et à l'échelon médian de leur grille indiciaire). On évaluera à 35% du salaire brut mensuel le coût des cotisations dues par leurs employeurs (assurance maladie, retraite, etc.) à ajouter chaque mois au salaire brut. Et on considèrera qu'un agent travaille 152 heures par mois.
Salaire brut mensuel d'un gardien de la paix = 1832 €
Salaire brut mensuel d'un gardien-brigadier = 1954 €
Salaire brut mensuel d'un contrôleur RATP = 1600 €
Salaire brut mensuel d'un chef de service de police municipale = 2454 €
Multiplié par le nombre d'agents de chaque catégorie = 52954 €
Ajout d'environ 35 % de cotisation des employeurs (18534 €) = 71488 €
Moyenne salaire + cotisations rapportée au nombre des intervenants = 2553 €
Et rapporté au coût horaire moyen = arrondi à 17 €
Ce communiqué (lire ICI) du gouvernement est stupéfiant. Voilà qu'on annonce à grand renfort de satisfaction une relance du Pass'Sport, cette aide financière d'État aux jeunes pour s’inscrire dans un club sportif ou une salle de sport.
On pouvait s'attendre, après les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de Paris, à un effort accru de l'État. Eh bien non, ce que ne dit pas le communiqué, c'est que, d'une part, ce ne sont plus les 6-18 ans qui en bénéficieront comme c'était le cas depuis la création du dispositif, mais seulement les 14-18 ans, et que, d'autre part, le budget dédié est raboté de 40 millions d'euros !
Pour les clubs seynois, acteurs majeurs de la mixité sociale inter-quartiers et de la prévention des déviances dans une commune comme La Seyne, ces décisions sont une claque monumentale. Va-t-on voir le maire et ses adjoints, notamment ceux en charge du sport et de la politique de la ville, monter au créneau pour dénoncer cette mascarade et se joindre à leurs collègues de tout le pays pour tenter de faire reculer le gouvernement ?...
Quand on sait l'importance de la pratique sportive dès le plus jeune âge, non seulement pour la santé physique et mentale, mais aussi pour l'éducation à la citoyenneté, au vivre et faire ensemble, au respect des règles et des autres, on ne peut qu'être sidéré.
On se souvient que ceux-là mêmes qui ferment le robinet étaient ceux qui, après l'été olympique de 2024, vantaient l'impact qu'aurait l'événement sur l’engagement des gens dans l’activité physique, engageant à prendre appui sur l'enthousiasme des JOP pour inciter et accroître une pratique durable dans les clubs, écoles communales de sports et autres services publics.
Même l'ancienne ministre des sports, aujourd'hui présidente du Comité national olympique, Madame Oudéa-Castera, pourtant macroniste affirmée, s'est émue de ce sale coup (voir capture d'écran en bas de cet article).
J'ignore quel est l'impact chiffré du Pass'Sport à La Seyne parce que la communication institutionnelle locale semble plus portée sur le nombre des verbalisations des incivilités, celui des caméras de surveillance et celui des fresques murales. Ce que je sais, en revanche, c'est que nombre de maires, de toutes sensibilités politiques, de villes aux quartiers populaires vulnérables vantent dans toute la France l'impact bénéfique du Pass'Sport. Et que, dès la parution de ce communiqué trompeur, ils ont engagé une concertation pour réagir ensemble. À Roubaix (100.000 habitants, maire de droite), ce sont 2708 jeunes pratiquants, 42 clubs et 22 disciplines qui seront impactés. À Grigny (28.000 habitants, maire de gauche), ce sont 1141 jeunes, 18 clubs et autant de disciplines.
Parmi des dizaines d'autres, les élus de ces communes sont dans les starking-blocks pour monter au créneau avec les dirigeants des clubs, non pour battre les records de Noah Lyles et Julien Alfred, mais pour obtenir réparation le plus vite possible. Nos élus seynois chausseront-ils eux aussi les crampons de la revendication ?...
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Les vacanciers en camping-car sont, comme tous les touristes, bienvenus à La Seyne.
Ils ne disposent certes plus de l'aire, bien que sommaire, qui avait été aménagée aux Sablettes mais supprimée par la municipalité actuelle, mais ils sont volontiers accueillis dans les campings privés comme dans notre camping municipal délégué à une entreprise ou sur l'aire municipale voisine de Pin-Rolland, sur la commune de Saint-Mandrier. Et puis, et surtout, rien ne peut leur interdire de se garer et de dormir dans leur véhicule dûment stationné.
C'est pourquoi ils ne doivent pas se laisser abuser par le panneau apposé à certaines entrées de l'agglomération communale les incitant à passer leur chemin. Cet affichage est en effet grandement discutable et repose sur un récent arrêté municipal qui prête pour le moins à sourire, voire à s'esclaffer.
IL EST INTERDIT D'INTERDIRE AUX VÉHICULES DE STATIONNER SUR TOUTE UNE COMMUNE
Un camping-car, c'est un véhicule particulier comme les autres. Par principe, la loi est claire : pour le jour comme pour la nuit, on peut le garer là où c'est autorisé pour les voitures. Comme l’a rappelé le ministre de l’Intérieur devant le Sénat en 2010, « les camping-cars ne sauraient être privés du droit de stationner sur le domaine public, dès lors que leur arrêt ou leur stationnement n’est ni dangereux (art. R. 417-9 du code de la route), ni gênant (art. R. 417-10 et R. 417-11 du code précité) ni abusif (art. R. 417-12 et R. 417-13 du même code). »
Ça signifie qu'on n'a pas le droit de leur interdire de stationner sur la totalité d'un territoire communal. Or les articles 1 et 2 de l'arrêté pris par la maire de La Seyne en novembre 2023 stipulent le contraire : « Le camping sauvage, bivouac ainsi que tout mode d'hébergement réalisé sur les voies publiques, parkings et espaces publics du territoire de la commune de la [sic, sans majuscule] Seyne-sur-mer [re-sic, sans majuscule], sont interdits. Cette interdiction comprend également le stationnement des caravanes, camping-cars, autocaravanes et véhicules aménagés en tant que mode d'hébergement. »
C'est rigolo d'afficher le contraire de ce que prévoit le code de la route.
UN ARRÊTÉ QUI INTERDIT TOUT EN AUTORISANT !
Ce qui est cocasse, c'est que l'article 3 du même arrêté contredit les deux articles précédents puisqu'il stipule que « le stationnement des véhicules (...) mentionnés à l'article 2 [donc les camping-cars entre autres] doit s'effectuer en respectant les règles du code de la route, du code de l'environnement et des arrêtés réglementant le stationnement sur la commune ». Ainsi un camping-cariste n'a le droit de se garer nulle part à La Seyne (articles 1 et 2) mais il peut le faire là où ce n'est pas interdit aux voitures (article 3). Comprenne qui pourra...
Pour sourire encore un peu, on relèvera que l'article 5 de cet arrêté fantaisiste stipule que l'interdiction sera matérialisée par un « panneau de type C23 » de la signalisation routière, c'est-à-dire le panneau indiquant... « un stationnement réglementé [mais non interdit] pour les caravanes et les autocaravanes en France » qui, comme tous les panneaux de la catégorie "C", est un panneau carré sur fond bleu destiné à « l'indication utile » et aucunement à l'interdiction. C'est marrant, chez nous, pour interdire, on renseigne.
UN ARRÊTÉ DE LA MAIRIE QUE LA MAIRIE NE RESPECTE PAS !
Histoire de finir de plaisanter, on relèvera que la Ville ne s'impose même pas à elle-même de respecter son propre arrêté, puisqu'elle assortit son affichage de règlementation, non pas du panneau de type C23 prescrit à l'article 5, mais du panneau de type B6a1 (rond bleu cerclé de rouge et barré en diagonale de rouge) qui interdit de façon permanente et à tous les véhicules motorisés le stationnement sur la chaussée et ses dépendances.
Et, de plus, à moins que certains n'aient été dérobés par quelque plaisantin, ces panneaux farfelus dignes de ce street-art qu'on affectionne tant à La Seyne ne sont pas apposés « à chaque entrée » de l'agglomération communale comme l'impose le même article 5 de l'arrêté. Il en manque. On prive ainsi d'un moment de franche rigolade ceux des camping-caristes qui arrivent chez nous par certaines entrées de ville. Ce n'est ni très sympa ni très conforme à l'esprit de la Constitution française selon lequel (article Premier) la France « assure l'égalité de tous les citoyens ». Tout le monde doit avoir le même droit de se taper sur les cuisses.
On pourrait encore se tordre les boyaux en lisant le quatrième "considérant" justifiant cet arrêté, qui note qu'un camping-car stationné « comporte des bouteilles de gaz favorisant ainsi la propagation du feu en cas d'incendie d'un véhicule », chacun sachant bien que le danger du gaz est sans commune mesure infiniment plus important sur un parking ou en bordure de voie que sur une aire de camping-car ou dans un camping. Mais arrêtons, pour ne pas risquer d'avoir mal aux côtes.
Il ne reste plus qu'attendre qu'un camping-cariste soit verbalisé et saisisse la justice. Juste, parce que ça fait tellement de bien en ces temps sinistres, pour pouffer encore un brin.
À la lecture d'un article de Var-matin d'il y a une douzaine de jours (le lire en cliquant ICI), il semblerait que la Ville de La Seyne déplore que les maires de France, au travers de leurs diverses associations qui ont récemment interpelé le gouvernement sur l'urgence de moyens pour les quartiers populaires fragiles, ne soient guère préoccupés par les enjeux de sécurité et de tranquillité publique. Et les exhorte à se saisir du sujet.
Qu'on se rassure. Les maires de France n'ont pas attendu ce sage conseil seynois. Si, en revanche, ils se mêlaient de juger la vie de notre municipalité, ce qui n'est pas dans les usages, ils pourraient se demander si ressasser la question de l'insécurité, dans la revue municipale, sur les réseaux sociaux et dans la presse, est le meilleur moyen d'éviter que les citoyens ne finissent par choisir le pire, c'est-à-dire l'extrême-droite ultrasécuritaire, stigmatisante de boucs émissaires, adepte de la relégation et – elle le prouve là où elle gère des communes – dévastatrice du tissu associatif et public qui assure de la cohésion sociale et la prévention des déviances par l'émancipation des gens.
L'incompréhensible sortie de la municipalité seynoise résulte d'un communiqué de presse (le lire en cliquant ICI) publié à la mi-décembre par les six associations nationales pluralistes de maires et présidents d'intercommunalités, inquiètes de la tournure prise par les perspectives budgétaires concernant les moyens de l'accompagnement social des habitants, de la rénovation urbaine et du service public dans les quartiers prioritaires pour 2025.
Ces gens-là ne sont pas de dangereux doux rêveurs adeptes du laisser aller. Parmi les douze présidents et premiers vice-présidents de ces six associations, on compte un Les Républicains, quatre Divers droite, deux centristes, quatre socialistes et un communiste. Et le président de la plus importante de ces associations, l'Association des maires de France (AMF), est David Lisnard, maire de Cannes, ville championne de France en nombre de caméras de surveillance et de policiers municipaux par habitant.
IL EST RISQUÉ DE PROMOUVOIR L'IDÉE QUE LES MAIRES FONT FI DE LA SÉCURITÉ
D'ailleurs, si la municipalité de La Seyne n’avait pas quitté dès son élection en 2020 l’Association des maires Ville & Banlieue de France, l'une des signataires du communiqué où se retrouvent des élus de toutes sensibilités pour analyser les situations urbaines, envisager des solutions et peser sur l’État pour qu’il engage les moyens indispensables, elle saurait que les maires sont loin de se désintéresser des enjeux de tranquillité et de sécurité.
Ils en font même un sujet prioritaire. En témoignent les demandes de Ville & Banlieue aux gouvernements, dont plusieurs ont été retenues, considérant que « c’est par un engagement permanent de terrain des moyens régaliens renforcés de la tranquillité publique, de la sécurité, de la sûreté, du renseignement, de l’investigation, de la justice, de la protection judiciaire et de la probation, que l’État affirmera, par ces solutions pertinentes, sa réponse aux anathèmes jetés et aux envolées aussi simplistes et stigmatisantes qu’inopérantes. » (2022)
LA SEYNE RECONNUE POUR SA POLITIQUE DE SÛRETÉ, MAIS CE N'EST PAS NOUVEAU !
Ce sont ces exigences des maires de droite et de gauche de création en 2012 de “zones de sécurité prioritaire” devenues “quartiers de reconquête républicaine” qui ont permis aux services de police et de justice des sites fragiles de notre Métropole de disposer de moyens humains et logistiques significatifs. Ville & Banlieue est aussi à l’origine des conventions de partenariat entre police nationale, police municipale et justice, comme celle dont La Seyne bénéficie depuis 2014.
Au cours du précédent mandat municipal, en 2018, La Seyne a d’ailleurs été choisie du fait de sa politique reconnue de prévention et sûreté urbaine pour accueillir l’étape “sécurité” du Tour de France Territoires Gagnants, conférence nationale de 300 maires, élus et fonctionnaires, qui ont élaboré le programme « Agir fermement pour la sécurité et la justice » du Plan Borloo pour les quartiers vulnérables.
Et les maires continuent à partager les analyses des situations de leurs villes et à chercher ensemble des solutions à proposer à l'État. Les élus de La Seyne pourraient d'ailleurs prendre attache avec la Métropole dont notre commune fait partie et dont une représentante, quatre jours avant la publication du pamphlet alarmiste de la municipalité seynoise, travaillait encore au sein de la commission “Sécurité et tranquillité publiques” de l'association Ville & Banlieue (lire le compte-rendu en cliquant ICI).
PRÉFÉRER LA PROTECTION RÉPUBLICAINE À LA SURENCHÈRE SÉCURITAIRE
Ainsi, ce n’est donc pas parce que les maires républicains considèrent dans leur grande majorité que les meilleurs moyens de prévenir les déviances sont de garantir une éducation et un emploi, un logement décent et un cadre de vie correct, un accès aux énergies et aux mobilités, une bonne santé et une aide sociale, une offre de culture et de sport, une vie associative et des services publics, qu’ils ignorent les besoins de lutte contre les méfaits, la criminalité et leurs conséquences.
Ces mêmes maires et leurs adjoints, néanmoins, s'astreignent à ne pas trop en faire en matière de communication, pour éviter que les gens, qui optent souvent pour l'original plutôt que la copie, ne préfèrent à la protection républicaine qui leur est due l'offre d'extrême-droite de surenchère sécuritaire, privatrice des libertés civiques et destructrice des moyens de l'émancipation citoyenne. Ça devrait être aussi vrai à La Seyne.
Il est des dépenses publiques qui questionnent. Ainsi en est-il de récents travaux ayant radicalement transformé l'insertion du collège Henri-Wallon de notre quartier Berthe dans son environnement urbain. Un grillage incliné anti-intrusion et des panneaux occultant la clôture sont venus donner une image d'ultra-sécurisation inutile d'un établissement scolaire qui prend des allures de camp retranché.
Mais que craint-on donc ? Quelle mouche a piqué ceux qui ont pris cette décision ? Quel sens donner à cette initiative qui nie le parti pris d'ouverture du collège au quartier de résidence de ses élèves qui avait présidé à la fin des années 90 à une conception architecturale et fonctionnelle support d'un projet éducatif fondé sur la réconciliation avec l'École de jeunes et de familles dont les réalités sociales, économiques et culturelles constituent pour beaucoup des freins à tirer plein parti de la belle œuvre émancipatrice de l'Éducation nationale ?...
UN COLLÈGE VOULU OUVERT À SON ENVIRONNEMENT URBAIN
Ça avait été en effet, il y a tout juste un quart de siècle – à peine une génération d'élèves et de parents – un choix délibéré, impulsé par l'État et soutenu par le conseil général du Var. Il fallait imaginer avec les personnels du vieux collège datant de 1969 à reconstruire, mais aussi avec les familles, les associations partenaires, les élèves eux-mêmes, un établissement conjuguant d'une part des locaux d'apprentissages scolaires "sanctuarisés", et d'autre part des espaces ouverts servant de médiation avec le quartier. C'étaient des terrains de sport accessibles hors des temps scolaires, un gymnase spécialement adapté à un usage extra-scolaire, des locaux d'animation socio-éducative, d'aide aux devoirs, d'accompagnement de la scolarité et d'appui à la fonction parentale, un auditorium pouvant offrir des événements culturels aux habitants du quartier, et des lieux d'accueil, de rencontre et d'échange entre familles et enseignants.
C'étaient autant de choix d'infrastructures permettant de favoriser une image positivée de l'institution scolaire, une compréhension de ses codes, dans une démarche plaçant les jeunes, pour leur réussite et leur insertion, au cœur d'une stratégie éducative globale, de tous leurs temps de vie, associant professeurs, éducateurs, animateurs culturels et sportifs communaux et associatifs, fratries et parents.
UNE ARCHITECTURE VITRINE TRANSPARENTE DE L'ÉMANCIPATION
Des sommités de renom des champs de la psychologie, de la pédagogie et de la sociologie avaient pris part à "l'équipe-projet" autour des architectes choisis pour leur appropriation de cette démarche inédite d'ouverture de l'École à son environnement, Jean et Marie Parente (voir ICI la page Internet dédiée de Marie Parente). Le conseil général de l'époque – ancêtre de l'actuel conseil départemental – avait opté pour investir dans ce chantier novateur un budget une fois et demie plus important que celui dédié à la réalisation d'un collège lambda. La Ville avait apporté sa part en budget de fonctionnement des actions péri– et extra–scolaires et l'État en moyens financiers et humains spécifiques.
Et l'établissement a largement tiré parti de ces efforts institutionnels exceptionnels. Ses résultats en matière d'insertion scolaire et sociale sont généralement au-dessus de ceux des collèges des sites urbains vulnérables classés "éducation prioritaire". Grâce à ses espaces spécifiques, il fut pionnier des opérations "École Ouverte", "Ville Vie Vacances", "Réseau d'appui, d'écoute et d'accompagnement des parents", "contrat local d'accompagnement scolaire", et de bien d'autres dispositifs. Des visites de ministres s'y sont succédé au fil des ans, vantant l'innovation architecturale et sociale. Alors maire, j'y ai ainsi accueilli le ministre de la Ville Julien Denormandie en 2019 à l'occasion de l'obtention par La Seyne du tout premier label "Cité éducative", que la maire d'aujourd'hui a heureusement la bonne idée de poursuivre ainsi que Var-matin vient de le rappeler (voir ICI).
UN ACTE AUSSI INEFFICACE QUE LOURD DE SYMBOLE DE RELÉGATION
Après les baisses de moyens humains de l'Éducation nationale, son repli sur elle-même, son obstination à se recentrer – sans succès – sur les fameux "apprentissages fondamentaux" à la mode IIIème République, après les chutes des subventions départementales et communales permettant les actions périscolaires et des temps libres des associations partenaires du collège, après le refus du Département et de la Ville de considérer le quartier Berthe dans le schéma de rénovation de la carte scolaire qui permettrait la mixité sociale que la République doit à ses enfants (voir ICI), voilà qu'on vient de commettre un acte symbolique aussi stupide qu'inefficient : barricader et cacher à la vue de tous un lieu majeur de l'émancipation de ceux de nos jeunes concitoyens que certains auront désormais beau jeu de qualifier du vilain mot "d'invisibles"...
Qu'en pensent Lydie Onteniente et Ludovic Pontone, adjoints à la maire et surtout conseillers départementaux du canton de La Seyne-Nord et, à ce titre, représentants du Département auprès de trois des quatre collèges publics seynois ? Ils ont le devoir de justifier publiquement ce choix inepte.
La droite municipale seynoise est décidément impayable. Après que ses amis de la droite nationale ont créé les conditions de la dégradation des conditions de vie des habitants des logements HLM de Berthe, après qu'elle a elle-même délabré l'environnement social de notre grand quartier populaire, voilà que, par une communication relayée par la presse locale (cliquez ICI), elle fait mine de s'insurger contre une situation dont elle et les siens portent la responsabilité.
La situation des résidents des HLM seynois découle de deux lois contre lesquelles la droite seynoise s’est bien gardée de s’offusquer.
En 2006, la loi « ENL » de la droite UMP portant soi-disant « engagement national pour le logement », a scellé le sort des anciens "offices publics communaux d’HLM", devenus des "offices de l'habitat" aux statuts d’établissements industriels et commerciaux, les soumettant aux règles de la concurrence et dépossédant les élus locaux de leur responsabilité de pilotage au profit de cadres de direction ne relevant plus de la fonction publique. Silence de la droite locale.
En 2018, la loi « ELAN » de la droite macroniste, avec sa logique libérale « d’accroissement des marges financières des organismes », a imposé la fusion des offices de l’habitat qui s’est traduite par l’absorption de l’office seynois "Terres du Sud Habitat" (TSH) par l’office toulonnais "Toulon Habitat Méditerranée" (THM). On a parachevé le renoncement au service public local de logement social répondant dans la proximité aux besoins des locataires. Silence de la droite locale.
Ce contexte est aggravé pour nos habitants par le fait que la municipalité seynoise, comme guidée par une obsession de démantèlement de ce qui existait avant elle, participe au recul de l’accompagnement des citoyens précaires et de la présence publique et associative de proximité. Elle a fustigé depuis des années la Métropole, désormais collectivité de rattachement de notre office d’HLM. Elle ne s’insurge pas contre la centralisation à Toulon des services de THM. Elle engage sans raison la liquidation de la "Maison des services publics" de Berthe plutôt que se battre pour sa pérennité avec, par exemple, le retour en son sein d’une antenne des HLM. Elle ne relaie pas l’exigence des gardiens d’immeubles envisagée en contrepartie de l’exonération de taxe foncière dont THM bénéficie. Elle met en veilleuse la démocratie de proximité permettant l’expression citoyenne des besoins à relayer. Elle fragilise le tissu associatif réceptacle des angoisses des habitants et outil de médiation entre eux et les institutions. Les habitants sont abandonnés. Sortir de l'obstination revancharde et corriger ces errances attesterait d’une empathie avec les résidents qui se sentiraient soutenus pour faire valoir leurs droits. Eux seuls, usagers du service public du logement, et non « clients » comme THM les qualifie désormais, avec l'appui de leurs organisations de locataires, peuvent obtenir satisfaction.
Trois élues seynoises, dont la maire, siègent au conseil d’administration de THM. L’une d’elles est même vice-présidente de l’office THM. C’est plutôt en s’impliquant, fût-ce avec une légitime combativité, dans le partenariat intercommunal tout en accompagnant les résidents désemparés dont il faudrait qu'elles gagnent la confiance qu’en vitupérant par voie de presse qu’elles pourraient faire avancer les choses.
Il n'est pas sûr que le coup de gueule médiatique auquel elles se sont livrées place leurs interlocuteurs métropolitains dans des dispositions de bienveillance à l'endroit de nos locataires en détresse...
En lisant le quotidien Var-matin, nous apprenons de la bouche de la maire que l'événement Bonaparte « s'inscrit parfaitement dans la démarche du dispositif "Quartiers de Reconquête Républicaine" dont La Seyne fait partie »...
Diantre ! On sait l'importance qu'attache l'équipe municipale à la sécurité et la répression des méfaits, mais j'avoue ne pas comprendre en quoi un événement culturel, patrimonial, festif et convivial peut s'inscrire dans un programme d'accroissement des moyens de la police nationale.
À moins que, outre la première magistrate réincarnée en capitaine des armées républicaines, son adjoint chargé de la sûreté ne se mue en Joseph Fouché, alors ministre de la Police, qui laissa, entre autres sympathiques souvenirs, celui de l'exécution de masse de près de 1700 Lyonnais suspectés d'anti-républicanisme... avant de se dévouer au service du monarque. Tremblons !
"RECONQUÊTE RÉPUBLICAINE", UN CURIEUX AMALGAME
Au nombre de 62 en France, les "Quartiers de Reconquête Républicaine" (QRR), en effet, sont des sites urbains fragiles bénéficiant d'un renforcement des moyens humains et logistiques attribués à la police nationale pour lutter contre la délinquance des trafics et la criminalité. J'avais obtenu en 2019 de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, que les quartiers de Berthe et du centre-ville, mais aussi ceux de Pontcarral, Sainte-Musse et La Beaucaire à Toulon, fassent partie de la seconde vague de désignations de QRR. Et, il faut le reconnaître, des renforts significatifs ont été alloués aux commissariats de notre territoire, même s'il faut les relativiser au regard des baisses d'effectifs des années précédentes.
C'est bien pourquoi, d'ailleurs, il est incompréhensible que la municipalité seynoise, alors même que la Ville manque cruellement de moyens, fasse du zèle sécuritaire en accroissant ses effectifs de forces de l'ordre communales et en inaugurant un poste de police municipale à Berthe, rompant ainsi avec la convention signée avec l'État qui stipulait que, dans la répartition territoriale entre la police municipale et la police nationale, la présence dans notre quartier Berthe relevait de la seconde.
SPORT ET ÉDUCATION, CIRCULEZ ! PLACE À LA "RECONQUÊTE RÉPUBLICAINE" !
C'est d'autant plus surprenant que, dans le même temps, la maire a fait voter par le conseil municipal des baisses significatives du budget dédié aux subventions communales aux associations qui conduisent dans nos quartiers vulnérables des missions de lien, de prévention, d'action sociale et éducative, de sport et d'accompagnement de la fonction parentale, ce qui, pour certaines de ces structures, devrait entrainer des mises au chômage d'éducateurs ou d'animateurs, et donc un ralentissement de l'activité préventive, en particulier en direction des adolescents et des jeunes, publics les plus à risque de rupture. Ce sont ainsi plus de 383.000 euros qui ont été "économisés" sur l'action socio-éducative et le sport sur les trois derniers budgets par rapport à celui de 2019, l'ultime que, comme maire, j'ai soumis à l'approbation du conseil municipal (1).
Comment ne pas relier ces choix à celui, qui peut laisser rêveur, de consacrer, de l'aveu même de la maire dans le même communiqué à Var-matin, 850.000 euros en deux ans pour les « Événements Bonaparte » ?...
TALLEYRAND : « APRÈS LA RÉVOLUTION, LA MODÉRATION COMMENÇA À ABANDONNER BONAPARTE »...
Tout ça devrait inviter certains à méditer une réflexion du traître cynique que fut Talleyrand, député républicain puis, sans aucune scrupule... ministre de l'empereur tyran Napoléon.
Dans ses Mémoires, il note que, dès la fin des guerres de la Révolution française, « la modération commença à abandonner Bonaparte [qui] jetait déjà les semences qui devaient le conduire à sa ruine »...
Évidemment, toute ressemblance avec quiconque d'aujourd'hui serait bien sûr fortuite.
(1) : Tableau des évolutions des subventions communales de droit commun