8 juin 2021 2 08 /06 /juin /2021 09:56

Décidément, le temps de la campagne électorale est propice aux racontars en tous genres. C'est notamment vrai en matière de sécurité, sujet qui est au cœur des préoccupations de nos concitoyens et conduit des candidats à la surenchère. Certains doivent se dire que plus c'est gros, plus ça passe, et plus ça permet d'engranger des voix, en tirant profit de l'inquiétude des citoyens qui ne prennent pas le temps de vérifier la véracité des faits ou la faisabilité des engagements.

Après M. Muselier, Républicain-Marcheur, qui chasse sur les terres de l'extrême-droite, c'est naturellement cette dernière et son guide régional, M. Mariani, qui s'érigent en champions de la lutte contre les malandrins qui est leur fonds de commerce.

Sauf que la plupart de leurs promesses sont irréalistes, voire illégales...

 

UNE POLICE DES TRANSPORTS, C'EST DE LA COMPÉTENCE DE L'ÉTAT

En s'engageant sur la création d'une « vraie police régionale des transports, sous l'autorité du préfet de police », M. Mariani enfume les électeurs. Il l'écrit lui-même en annonçant placer ce service sous la responsabilité d'un représentant de l'État qu'est un préfet : la police des transports résulte d'une décision d'un gouvernement et non d'un conseil régional. Un article d'un site informatif sur les métiers de la police et la gendarmerie l'explique dans le détail.

Si une commune (ou une intercommunalité dont les membres l'auraient décidé) a, de par la loi, la possibilité d'exercer un pouvoir de police, ce n'est pas le cas d'une collectivité régionale. En promettant cette création, M. Mariani rêve de jouer le rôle de celui qui commande une tournée générale et laisse le soin à un autre, au bout du comptoir, de régler l'addition.

 

GÉRER LES MURS ET LA LOGISTIQUE DES LYCÉES N'AUTORISE PAS À SE MÊLER D'ÉDUCATION ET DE PRÉVENTION   

Mais M. Mariani ne s'embarrasse pas plus du ministère de l'Intérieur que de celui de l'Éducation nationale. Son serment de recruter « des agents de sécurité qui interviendront dans le cadre d' « Unités Mobiles de Sécurisation des lycées » est tout aussi irréaliste que son engagement pour une police des trains régionaux.

Ce n'est pas comme ça que ça se passe. La responsabilité de la prévention et du règlement des incivilités et méfaits des lycéens canailles relève des chefs d'établissements scolaires, et pas « d'agents de sécurité ». C'est pour ça qu'il existe dans l'Éducation nationale des métiers dédiés, ceux d'assistants d'éducation (les anciens "pions") qui s'exercent sous la conduite de membres de l'équipe de direction d'un lycée, les conseillers principaux d'éducation (les CPE, qu'on appelait jadis les "surveillants généraux" ou "surgés"). M. Mariani prend ses désirs pour des réalités : ce n'est pas parce que la Région a la responsabilité de la construction, l'entretien et la logistique des lycées que ça l'autorise à se mêler de leur fonctionnement qui demeure heureusement une compétence régalienne que se réserve l'État.

 

LE "3919" EXISTE. ON N'A PAS BESOIN D'UN NOUVEAU "22 À ASNIÈRES" !

M. Mariani, se voyant déjà supplantant le ministère de l'intérieur et celui de l'Éducation nationale, assure aussi se substituer à la ministre déléguée chargée des Droits des femmes qui exerce la tutelle du "3919", le service téléphonique pour les femmes victimes de violence.

En faisant briller la création d'un « numéro gratuit régional dédié pour l'écoute et l'assistance aux femmes victimes de violence », M. Mariani réinvente l'eau tiède, mais surtout ajoute de la confusion dans un contexte où les victimes n'ont pas besoin d'être plus déboussolées par un nouveau numéro d'appel que ce qu'elles sont du fait de leur dramatique situation.

 

ET BIEN SÛR LE SEMPITERNEL COUPLET "ÉTRANGER = DÉLINQUANT"

Enfin, entonnant le refrain habituel de l'extrême-droite populiste reliant accueil des réfugiés et aggravation de l'insécurité et la délinquance, M. Mariani fait serment de s'opposer « aux relocalisations de migrants dans nos villes et villages ». Et là encore il a tout faux et ment aux Provençaux. C'est, sous la tutelle du ministre de l'Intérieur, la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté qui a compétence pour le suivi du Schéma national d'accueil des demandeurs d'asile et d'intégration des réfugiés et en aucune façon un président de Région. Il y a et il y aura des centres d'accueil répartis sur l'ensemble du territoire national sur décision du gouvernement, quoi que dise ou fasse M. Mariani, si par malheur les Provençaux lui font confiance.

Quant à ceux des migrants qui sont des mineurs isolés, ce sont les Départements et non les Régions qui en ont la responsabilité au titre de la compétence que leur impose la loi en matière d'aide sociale à l'enfance. M. Mariani a peut-être trop lu les "professions de foi" de ses amis candidats d'extrême-droite aux élections départementales, dont l'essentiel du projet consiste à affirmer qu'eux seuls « mettront un terme au scandale » de l'accueil et l'accompagnement des enfants ayant fui les misères et les drames de leurs pays d'origine, qui, eux aussi, mentent comme des arracheurs de dents car cette mission humaniste d'assistance est obligatoire par la loi.

 

FACE AUX SURENCHÈRES INEPTES, DES PROPOSITIONS RÉALISTES ET DE BON SENS

La droite et l'extrême-droite n'ont pas le monopole de la tranquillité publique et de la sécurité. Et les acteurs des gauches et de l'écologie ne sont pas des bisounours doux-rêveurs. Les maires issus de ces courants de pensée le prouvent chaque jour partout en France, en soutenant les acteurs de la prévention, en faisant vivre leurs conseils communaux de sécurité et de prévention de la délinquance et des radicalisations, en formant en continu et équipant leurs polices municipales, mais aussi en se battant pour obtenir de l'État qu'il assume sa responsabilité pour leurs territoires, pour que les policiers et gendarmes disposent de plus de moyens humains et logistiques, et pour que les sites les plus fragiles soient encore plus et mieux dotés dans le cadre des dispositifs de Brigades spécialisées de terrain, de Zones de sécurité prioritaire ou de Quartiers de reconquête républicaine.

Mais la gauche et l'écologie se refusent à faire des promesses intenables, parfois contraires à la Loi, pour une Région. Celles que formule dans son programme l'équipe du "Rassemblement écologique et social" de Jean-Laurent Felizia sont réalistes et de bon sens...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Action régionale Civisme - prévention et sécurité
3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 16:47

On aurait pu penser que le refus de l'État de voir la Région engager certaines dépenses pour la sécurité, mission qui ne relève pas de sa compétence, allait servir de leçon. Mais il n'en est rien.

Après la présentation d'un bilan 2015-2021 où les questions de sécurité figurent en n°1 des réalisations de M. Muselier, loin devant l'économie et l'emploi, le défi environnemental et les mobilités, la course effrénée engagée avec l'extrême-droite ultra-sécuritaire se poursuit sur le terrain du projet pour 2021-2027.

Une fois encore, on affiche des perspectives qui n'ont rien à voir avec les missions d'une Région. C'est une sorte de mépris pour des citoyens qui, pour beaucoup, l'ignorent du fait d'un grave déficit français en matière d'éducation civique. Quelques exemples...

 

Déclinant ses 4 priorités dans son dépliant-programme, M. Muselier ne dit pas un mot sur l'amélioration des transports collectifs, ni sur la construction de nouveaux lycées et centres d'apprentissage, ni sur la restructuration urbaine, ni sur le monde rural, ni sur l'aménagement du territoire régional, autant de sujets majeurs qui, eux, relèvent des compétences obligatoires que la Nation confère aux Régions.

En revanche, on lit avec stupeur quelques engagements qui, si ce n'était si grave, prêteraient à rire. Deux exemples...

Il n'aura pas suffi à M. Muselier de se confronter au refus de l'État de lui permettre de s'arroger une sorte de statut de "ministre régional de l'Intérieur". Il persévère en proposant dans son nouveau projet les mêmes choses que celles dont il déplorait dans son bilan qu'il n'ait pas le droit de les mettre en œuvre ! La preuve en comparant deux extraits des documents qu'il communique en ce moment...

 

 

Mais ce n'est pas tout. M. Muselier se rêve en super-ministre régional cumulant à la fois le portefeuille de l'Intérieur et celui de la Justice. Un autre dépliant-programme indique « Objectif 100% des peines exécutées : construire 1500 places de prison ». Après avoir été remis à sa place par l'État pour se mêler de ce qui ne le regardait pas en matière de police, voilà qu'il récidive en annonçant que la Région a l'ambition de faire le boulot dévolu au Garde des Sceaux.

Lequel s'y emploie d'ailleurs puisque le « plan immobilier pénitentiaire » de l'État prévoit l'ouverture de 15.000 places de prison entre 2022 et 2027.  Dont, la carte ci-dessous le confirme, à peu près... 1500 places en Provence Alpes Côte d'Azur (1576 exactement).

Tiens, tiens, ne seraient-ce pas ces 1500 places qui ne lui coûteraient rien mais dont M. Muselier s'arrogerait la paternité ?... Ce n'est pas beau de faire de la récup' du travail des autres...

 

 

À moins, bien sûr, que M. Muselier ne se mélange les pinceaux dans le calendrier électoral. Il est vrai que la tambouille du rapprochement entre "Républicains" et "Marcheurs" ayant abouti à la liste macroniste de droite qu'il conduit pour l'élection régionale de juin 2021 n'a pas dû être cuisinée sans arrière-pensées en vue de l'élection présidentielle de mai 2022.

Peut-être M. Muselier s'imagine-t-il déjà, en cas de victoire de son nouvel ami M. Macron, détenteur du portefeuille d'un ministère régalien de l'Intérieur, remettant des gilets pare-balles aux policiers provençaux, ou de la Justice, inaugurant la nouvelle maison d'arrêt du Muy ?...

Mais, pour l'heure, les Provençaux seraient bien inspirés de se méfier des candidats, de droite comme d'extrême-droite, qui surfent sur leurs méconnaissances des institutions et sur leurs angoisses face à l'avenir dans un monde d'inégalités et d'injustices, et leur formulent des propositions que la Loi leur interdira de mettre en œuvre.

Le projet de la liste du « Rassemblement écologique et social » que conduit Jean-Laurent Felizia n'est pas de la poudre aux yeux prospérant sur les émotions. Elle ne fait que des propositions ambitieuses s'inscrivant dans les strictes compétences d'un conseil régional.

Un projet dont vous pourrez suivre la présentation en direct ce vendredi 4 juin à 18 heures, en cliquant sur l'image ci-dessous...

 

CLIQUEZ SUR L'IMAGE POUR LA PRÉSENTATION DU PROJET

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Action régionale Civisme - prévention et sécurité
2 juin 2021 3 02 /06 /juin /2021 17:58

L'État-arbitre a dû siffler pour le rappeler à M. Muselier. La course qu'il engagée avec ses pseudo-adversaires d'extrême-droite pour apparaître comme le champion de Provence de la sécurité ne lui rapportera aucune médaille. Ce sport n'est pas homologué par la loi pour les J.O. politiques régionaux.

Bien sûr la tranquillité publique, la sécurité des biens et des personnes et la justice constituent une part des garanties de liberté que doit assurer une nation républicaine. Mais c'est bien pour cela qu'il s'agit d'une compétence que l'État ne délègue pas aux collectivités et se réserve d'assumer.

Malgré ce, de même que « rétablir la sécurité » est l'une des « 5 priorités » du projet régional de l'extrême-droite de M. Mariani, le tout premier chapitre du bilan de M. Muselier est consacré à son plan... « Région Sûre ». Hors sujet...

 

UNE SITUATION PLUS PRÉOCCUPANTE QUE DANS L'ENSEMBLE DE LA FRANCE

Nul ne peut nier que la situation est préoccupante pour nos concitoyens. Elle l'est même plutôt plus en Provence que dans l'ensemble de la France métropolitaine. En attestent les derniers chiffres mis en ligne par le ministère de l'Intérieur d'où sont extraits les éléments ci-dessous.

CLIQUEZ POUR AGRANDIR

Hormis pour les violences sexuelles, notre Région connaît en effet plus de faits d'infractions, délits et crimes, rapportés au nombre d'habitants, que la moyenne de la France métropolitaine. Et si, sauf pour les violences intrafamiliales et sexuelles, le nombre de faits diminue dans l'ensemble du pays, y compris en Provence, cette baisse n'est significativement plus importante chez nous que dans la moyenne française que pour 5 types d'infractions sur les 13 recensés par le ministère.

 

DES INITIATIVES-GADGETS NE RELEVANT PAS DES COMPÉTENCES D'UNE RÉGION

On passera vite, le sourire tout de même en coin, sur les termes utilisés par M. Muselier dans son bilan, qui sont de la poudre aux yeux sémantique pour des citoyens auxquels on ne cesse de ressasser qu'ils doivent trembler à toute heure du jour et en tous lieux : « garde régionale forestière », « garde régionale des lycées », « garde régionale des transports », « pass sûreté », « détection des signaux de radicalisation », « criblage total des associations », « comparaison faciale », etc.

On passera aussi sur l'épisode grotesque des fameux « portiques de sécurité » installés dans certaines gares (pas n'importe lesquelles : à celle de La Seyne, par exemple, ville populaire, donc forcément repaire de malandrins, mais pas à celles de Bandol, d'Ollioules-Sanary ou de Toulon, communes exemptes de forbans coupe-jarrets, ainsi que ça a été relaté dans un article de ce blog puis un autre). Ça a bien fait rigoler, puisque ces engins détecteurs qu'on pouvait contourner ne servaient à rien, mais il aura fallu attendre plusieurs mois pour que M. Muselier réalise qu'il jetait l'argent par les fenêtres et qu'il mette fin à cette mascarade.

 

UN PARTI PRIS POLITICIEN DE CHASSE SUR LES TERRES DE L'EXTRÊME-DROITE

Alors, pour des missions qui ne sont pas de sa compétence, mais de celle de l'État, afficher que la Région a consacré « plus de 100 millions d'euros » à ce « plan Région Sûre » illustre que M. Muselier n'a pas lésiné sur les moyens pour son « ambition ». Mais surtout pour chasser sur les terres de l'extrême-droite totalitaire, stigmatisante et liberticide, et caresser dans le sens du poil ceux de nos concitoyens qui se convainquent qu'ils vivent dans un contexte criminogène et, quitte à perdre des libertés, rêvent de voir durcir les surveillances, les répressions et les châtiments.

C'est d'autant plus pitoyable que ce n'est pas l'ensemble des brigands qui est visé dans le bilan de M. Muselier, mais « les islamistes », « la délinquance en provenance des pays de l'Est » ou encore ceux qui blessent les forces de l'ordre « lors des manifestations » !

 

DES MESURES DONT L'EFFICIENCE NE SAUTE PAS AUX YEUX

Mais soyons objectifs. Regardons de près les types d'infractions qui concernent principalement les champs de compétences de la Région, notamment les lycées, les centres d'apprentis, les zones d'activité économique et les transports collectifs. Ce sont essentiellement des coups et blessures, vols, dégradations et destructions, et il faut se rendre à l'évidence : quelles qu'aient été les mesures engagées par la Région, à coups de millions d'euros, la situation s'est largement moins améliorée chez nous que sur l'ensemble de la France métropolitaine !

De l'argent de la collectivité gaspillé en pure perte, donc ? Rien de toute cette analyse n'est très scientifique, mais il n'empêche qu'on doit se demander si la Région n'aurait pas mieux fait de consacrer ses moyens aux missions qui sont les siennes. L'État le lui a d'ailleurs rappelé en lui interdisant d'aller plus loin dans ses projets ultra-sécuritaires qui ne sont pas du ressort régional : systèmes de comparaison faciale à l'entrée des lycées, achat de véhicules, caméras embarquées et autres gilets pare-balles pour la police d'État, ou de vidéosurveillance pour les communes.

 

UNE RÉGION DISPOSE DE LEVIERS DE PRÉVENTION, ENCORE FAUT-IL LES ACTIVER

Au lieu de cela, M. Muselier aurait pu mieux soutenir l'économie sociale et solidaire, celle des travaux publics et de la rénovation de l'habitat, de la gestion des déchets, des "ressourceries" ou des énergies propres, celle des filières de proximité, toutes facteurs d'emploi, notamment pour les personnes non qualifiées qui comptent hélas au nombre de ceux qui, désespérés, peuvent être tentés d'emprunter de mauvais chemins. Il aurait pu se garder de supprimer les aides régionales à l'accompagnement social et éducatif des habitants fragiles des quartiers populaires urbains, notamment des jeunes vulnérables, à la formation professionnelle, à la réinsertion de ceux qui ont été en rupture. Là, il aurait agi dans le cadre des compétences d'une Région. Et il aurait pris sa part dans la prévention des déviances et de l'insécurité.

Et il aurait pu être aux côtés des maires et présidents d'intercommunalités qui se battent sans cesse pour que l'État assume ses responsabilités en matière de police et de justice pour leurs territoires, et qu'il dote les casernes de gendarmerie, commissariats de police, tribunaux et services d'éducation judiciaire et de probation, de ressources humaines qualifiées et en nombre suffisant, et de moyens matériels et logistiques efficients pour accomplir leurs missions républicaines régaliennes.

 

Tout peut changer pour plus de pertinence et d'efficacité. Le "Rassemblement écologique et social" qu'anime Jean-Laurent Felizia ne participe pas au championnat de sécurité de façade auquel se livrent MM. Mariani pour l'extrême-droite et Muselier pour la droite. Il ne nie pour autant pas les problèmes, mais il se propose d'apporter sa contribution de fond à leur résolution par l'accès à l'emploi résultant d'une nouvelle dynamique économique régionale compatible avec les enjeux environnementaux et par le soutien à toutes les initiatives, notamment associatives, concourant à la prévention, l'insertion, l'éducation et la citoyenneté en plaçant l'Humain au cœur. Et en luttant avec les élus et les habitants des territoires pour que l'État républicain assume partout ses propres responsabilités de police et de justice.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Action régionale Civisme - prévention et sécurité
20 avril 2021 2 20 /04 /avril /2021 12:40

À chacun ses responsabilités à assumer : à l'État l'Éducation nationale, la sécurité publique et la Justice ; aux collectivités locales l'accompagnement de l'éducation, l'action socio-éducative préventive et la lutte contre les incivilités.

La décision du gouvernement de répondre en partie aux attentes de La Seyne en matière de moyens humains pour la police nationale doit aider à remettre dans le bon sens les répartitions des champs de compétence respectifs de la Nation et de notre territoire seynois et varois. Chacun son métier, ce qui n'interdit pas les coopérations et la complémentarité.

 

Le moment est venu. Après que j'ai obtenu au cours de mes mandats de maire les classements de certains quartiers seynois en Zones de sécurité prioritaire, puis en Quartiers de reconquête républicaine, et une Brigade spécialisée de terrain, ayant apporté quelques moyens en ressources humaines et logistiques, il restait à les conforter. L'annonce récente de 25 policiers d'État supplémentaires pour notre commissariat, s'ils ne servent pas qu'à compenser des départs en retraite non remplacés, et s'il s'agit de fonctionnaires assez aguerris, doit permettre de lever des ambiguïtés qui s'éternisent trop.

 

UNE POLICE MUNICIPALE, OUI, MAIS PAS POUR FAIRE LE TRAVAIL DE CELLE DE L'ÉTAT

On doit donc en finir avec les annonces démagogiques promettant sans cesse de renforcer les polices municipales, sans se préoccuper des coûts induits, d'autant que leurs statuts ne leur permettent pas de remplir certaines missions que seule la police d'État peut accomplir. En revanche, on a le devoir d'assumer ses responsabilités locales : bien sûr, la coopération avec la police d'État en y apportant un appui, mais surtout celles de l'éducation périscolaire, le sport, la culture, la prévention de la délinquance, l'appui à la fonction parentale, le droit à la santé et au logement, ou l'insertion sociale et professionnelle.

 

PRÉVENTION : À CHACUN D'ASSUMER SES PROPRES MISSIONS

Il n'est pas normal que le Conseil régional de Provence se soit désengagé des mesures d'accompagnement social de nos quartiers prioritaires et nos chantiers d'insertion, tout en dépensant des sommes non négligeables pour d'éphémères opérations spectaculaires de sécurité dans les gares ferroviaires.

Il n'est pas normal que le Conseil départemental du Var n'ait pas réglé la question des secteurs de scolarisation des collèges, dégradant autant les conditions d'apprentissage par des classes surchargées de ceux qui sont en sureffectif que, par des fermetures abusives de postes d'enseignants, celles de ceux qui manquent d'élèves. Il n'est pas normal que le Département du Var se soit désinvesti depuis des années du soutien aux associations de terrain qui font œuvre de “prévention naturelle” pour les enfants et les jeunes désœuvrés.

Il n'est pas normal que la Commune de La Seyne ait, en une année, réduit de 27% les aides qu'elle apportait aux associations s'occupant de l'accompagnement de la scolarité, la prévention spécialisée de la délinquance, l'animation des temps libres des mineurs, l'appui aux familles et à la vie sociale.

 

SI L'ÉTAT S'IMPLIQUE ENFIN, IL FAUT EN FINIR AVEC LA SURENCHÈRE LOCALE

Car la prévention des déviances, notamment des enfants, des jeunes et des jeunes adultes, ça passe d'abord par l'éducation familiale, scolaire et périscolaire, les activités émancipatrices des temps libres, et les perspectives d'insertion sociale et citoyenne par des dispositifs aidant à mettre le pied à l'étrier vers des formations qualifiantes et une perspective professionnelle. La crainte de la répression policière et de la sanction de la justice, si elle est nécessaire, ne peut en aucun cas être suffisante.

Et on est là dans des champs de compétence de collectivités locales qui, chez nous, faillissent gravement à leurs devoirs : la Région, le Département, et désormais la Commune. L'appui bienvenu de l'État à ses propres services de police doit inciter la maire et les présidents du Département et de la Région à cesser de se détourner de leurs responsabilités et à en finir avec leurs constantes annonces sécuritaires en forme de surenchère, à qui aura le plus de policiers municipaux ou de vigiles contrôlant les usagers du rail devant passer sous des portiques de détection. Il est temps de revenir aux fondamentaux des missions préventives.

Que chacun, État et divers échelons du territoire, s'emploie à assumer ses propres tâches.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
10 janvier 2021 7 10 /01 /janvier /2021 06:04

Je me suis toujours gardé de porter quelque jugement sur la gestion de l'épidémie de coronavirus par les autorités de l'État. Face à une situation inédite, leur place n'est pas enviable.

En revanche, ne pas vouloir juger ne signifie pas se refuser de demander à savoir et à comprendre. Si j'admets que, d'un jour à l'autre, les indicateurs varois ont évolué au point d'atteindre le seuil de déclenchement par le préfet de l'avancée du couvre-feu à 18 heures, la méthode pour annoncer cette nouvelle privation de liberté individuelle et publique est inadmissible dans une démocratie républicaine. Les Varois sont en droit d'exiger des explications. Le préfet – et éventuellement les élus qui auraient été sollicités pour avis – ont le devoir absolu de les leur fournir.

 

Dans le département voisin des Bouches-du-Rhône, les élus locaux n'ont pas attendu que leur préfet leur demande leur avis. De Martine Vassal, présidente "Les Républicains" du département et de la métropole d'Aix-Marseille, à Michèle Rubirola, première adjointe écologiste au maire de gauche de Marseille, les élus de toutes sensibilités politiques et de toutes les collectivités bucco-rhodaniennes (ça veut dire "du 13"...) ont fait connaître publiquement leur opposition à cette mesure. Et les raisons de leur courroux.

 

LES ÉLUS ONT-ILS VRAIMENT ÉTÉ SOLLICITÉS ? SI OUI, QUELS MESSAGES ONT-ILS PORTÉS ?

Dans le Var, sauf à ce que la presse se soit refusée à relayer les avis des uns et des autres de nos élus (pourquoi l'aurait-elle fait ?...), c'est le silence intégral. Le préfet, dans son communiqué annonçant sa décision, a-t-il menti en indiquant avoir « consulté les élus du département » (pourquoi l'aurait-il fait ?...) ? S'il a réellement recueilli leurs avis, le peuple varois est en droit d'exiger de les connaître. Qui a été sollicité ? Des parlementaires ? Des maires ? Des élus départementaux ou régionaux ? Tous ? Certains ? Pourquoi ceux-là ? Et, surtout, quels sentiments ont-ils fournis au représentant de l'État ? Ont-ils été favorables ou non à cette nouvelle mesure liberticide ? Pourquoi telle position ?

Si les élus varois sollicités par le préfet ne prennent pas eux-mêmes l'initiative de faire connaître à la population les avis qu'ils ont donnés au représentant de l'État, celui-ci a le devoir de le faire à leur place.

 

LA LIBERTÉ DE SE DÉPLACER, UN DROIT FONDAMENTAL DANS NOTRE RÉPUBLIQUE

En France, la liberté d'aller et venir est un droit fondamental, garanti par la loi constitutionnelle. On peut entendre qu'une situation exceptionnelle justifie une mesure très provisoire y dérogeant, et encore, sous l'œil vigilant des Sages du Conseil constitutionnel. Mais il serait très grave d'imposer aux citoyens de n'en pas connaître ni comprendre les raisons. Et d'autant plus si les élus, émanation du peuple, se muraient dans le silence.

Les Varois ne sont pas des veaux. Ils veulent savoir. Ceux que je côtoie sont nombreux à ne pas saisir l'intérêt d'une avancée à 18 heures du début du couvre-feu : au travail dans la journée, ils ne pourront plus faire leurs achats de biens ou de services en fin d'après-midi, et voilà qu'ils vont devoir s'entasser les week-ends dans les grandes surfaces ! Quel sera le gain en matière de prévention sanitaire, sans compter le nouveau sale coup fait aux petits et moyens commerces de proximité ? C'est aussi obscur comme choix que celui d'expliquer, comme le dédaigneux et hautain ministre Blanquer, que, en France, il n'y a aucun risque de contamination à l'école, alors que les pays voisins ont fermé leurs établissements scolaires...

 

QUESTIONNONS SOLENNELLEMENT LES ÉLUS DE NOTRE TERRITOIRE DE VIE !

Je questionne donc – et j'invite chaque Seynois à m'imiter – les 49 conseillers municipaux seynois, dont les 12 élus métropolitains, les 2 conseillers départementaux de mon canton de résidence La Seyne 1, les 2 élus régionaux seynois, et la députée de la 7ème circonscription du Var, dont fait partie La Seyne ( * ) : « Avez-vous été sollicités par le préfet du Var pour lui donner un avis sur le couvre-feu à 18 heures ? Si oui, avez-vous recueilli des avis de citoyens et/ou de spécialistes pour forger le vôtre ? Si oui, lesquels ? Et qu'avez-vous répondu au préfet ? »

Que l'État veuille nous faire prendre des vessies pour des lanternes, on peut l'entendre, sans pour autant l'accepter, tant nous sommes habitués à l'invocation à tout bout de champ de « la Raison d'État », mais que les représentants élus de la population, sur un sujet touchant aux libertés fondamentales, fassent le dos rond, serait inacceptable dans une démocratie.

 

 

( * ) : voici les élus auxquels s'adresse ma sollicitation, et dont je publierai les réponses sur mon blog : les 36 élus de la majorité municipale, dont 9 élus métropolitains (droite et extrême-droite – liste ICI), les 13 élus des minorités municipales (8 gauche et écologie, dont 2 élus métropolitains, 5 droite et extrême-droite, dont 1 élue métropolitaine – liste ICI), les 2 conseillers départementaux du canton La Seyne 1 (Mme Sanchez et M. Guttierez - Front National), les 2 conseillers régionaux seynois (Mme Torres et M. Colin - Les Républicains), et la députée de la 7ème circonscription du Var (Mme Guérel - La République En Marche).

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 10:33

Le jour même où le premier adjoint de La Seyne faisait distribuer son bulletin de va-t-en-guerre-civile dans les boîtes aux lettres de nos concitoyens, une autre édile d'une commune populaire à la population vulnérable, de la même sensibilité politique que lui, exposait sur une chaine nationale tout le contraire de ce que notre élu seynois décline dans sa publication.

Elle, au moins, pointe la juste cause des risques de ce qu'on qualifie aujourd'hui de « séparatisme ». Pour elle, que M. Colin aurait du mal à traiter de « gauchiste », ce ne sont ni les habitants qui sont intrinsèquement fautifs et mauvais, ni les associations qui constituent une « cinquième colonne » au service d'une idéologie nauséabonde, ni les élus qui sont laxistes pour des raisons démagogiques ou électoralistes. C'est l'État républicain qui n'est pas à la hauteur de sa mission, dans un contexte de crise dont nos habitants sont gravement victimes et où il a obligation de les protéger, et de garantir leur émancipation sociale, professionnelle et culturelle.

 

Mon amie Catherine Arenou est maire de Chanteloup-les-Vignes, dans la banlieue parisienne. Elle n'est pas de ma sensibilité politique (ancienne LR, aujourd'hui Divers Droite). Je ne suis pas toujours d'accord sur tout avec elle mais, confrontés à des difficultés similaires, nous avons œuvré ensemble, et avec des centaines d'autres maires de toutes opinions, pour plaider la cause de nos habitants fragiles, dans le cadre notamment de l'Association des Maires Ville & Banlieue de France dont elle est toujours première vice-présidente et dont j'étais président.

La maire de La Seyne, dont je prends acte que, suite à l'interpellation des élus de la minorité municipale des gauches et de l'écologie, elle « se désolidarise » de son premier adjoint – mais est-ce suffisant au regard de la gravité des propos de ce dernier ?... –, pourrait d'ailleurs s'inspirer de ces élus des villes populaires pour lesquels échanger entre eux, coopérer pour rechercher des solutions, interpeller l'État et exiger de lui la bienveillance qu'il doit aux cinq millions de miséreux qui vivent dans nos cités et nos centres-villes dégradés, n'est pas du temps perdu.

La Seyne et notre métropole sont adhérentes de cette association d'élus courageux. Leurs édiles y ont toute leur place pour apporter leur pierre à la réflexion partagée et ajouter leur poids aux efforts de conviction pour secouer un État qui abandonne 10% de ses citoyens. Seront-ils présents, ceints de leurs écharpes tricolores, avec leurs collègues de droite et de gauche, venus de toute la France au rassemblement de maires et d'associations organisé jeudi prochain, 17 décembre, devant l'Assemblée Nationale, et aux autres temps prévus pour exiger du gouvernement qu'il assume ses responsabilités fraternelles et égalitaires ?... 

Mais je laisse les visiteurs de mon blog écouter la maire de Chanteloup-les-Vignes, dont, pour ce qui me concerne, je ne partage pas tout le propos, mais dont j'approuve l'essentiel...

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 11:11

Ils récusent fermement les accusations de complicité des communautarismes, parfois expliquées à des fins électoralistes. Et ils ont bien raison. Les maires des communes qui, comme La Seyne, abritent des quartiers populaires vulnérables en ont marre des mauvais procès qui leur sont faits, alors même qu'ils n'ont de cesse, depuis des décennies, de dénoncer les mal-être socio-économiques qui fragilisent leurs habitants plus que les autres et engraissent le terreau sur lequel les intégrismes peuvent se développer.

Et ils le clament dans une tribune. Ce sont des élus des droites, du centre et des gauches. Ceux de notre commune n'ont peut-être pas pris part à sa rédaction – d'autant moins que l'un d'entre eux a naguère joint sa voix au concert des accusateurs – mais je ne doute pas que, les tensions et envolées des périodes de campagne électorale à présent apaisées, ils feront leur son contenu et que, avec leurs collègues de toutes sensibilités, ils réaffirmeront leur attachement au contrat social et laïque de notre République...

Je livre à tous cette tribune dont je trouve la teneur puissante...

 

 

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 06:05

Mes pensées d'encouragement et de soutien, en ce matin de reprise du chemin de l'école, vont à mes anciens collègues personnels d'enseignement, d'éducation, d'administration, de direction et techniques qui font vivre les lieux des apprentissages des savoirs et de la citoyenneté, aux enfants et aux jeunes, à leurs familles, et à tous ceux qui, autour de l'École, dans la plupart des quartiers du pays, dont bien sûr à La Seyne, l'une des premières « cités éducatives » de France depuis 2019, complètent et soutiennent, par leurs missions d'éducation populaire, la belle œuvre républicaine de formation et d'émancipation.

Ce retour de vacances, en effet, est plus singulier que jamais. Et son enjeu est capital.

 

J'ai suivi les inquiétudes exprimées par les professeurs au cours des congés, au fur et à mesure que les annonces de leur hiérarchie du plus au niveau se contredisaient quant aux modalités de ce premier jour dans un contexte inédit. Je les comprends et je suis rassuré par le fait que la plupart de leurs syndicats ont pris des mesures pour les soutenir si besoin et, ce faisant, soutenir l'École de la République en pesant, fût-ce par la grève, sur le gouvernement.

On peut en effet à bon droit être inquiet avec le recul de leur ministère quant à l'hommage dû au professeur assassiné. C'est d'autant plus consternant que, de leur côté, les écoles allemandes vont, elles, assurer un temps d'hommage et de réflexion. Mais on doit aussi garder espoir lorsqu'on voit des chefs d'établissements qui ont choisi, ça et là, contre leur hiérarchie, de maintenir sous leur forme initialement envisagée les temps de symbole, de recueillement et d'élévation des consciences prévus à la suite du drame terroriste.

 

LES ÉLUS LOCAUX AUX CÔTÉS DE L'ÉCOLE POUR PLUS DE RÉPUBLIQUE ÉGALITAIRE

Je sais que, dans tout le pays, les élus locaux et personnels des collectivités seront aux côtés des acteurs de l'École, pour ce qui les concerne. Il est vital que, pour sa part, l'État ne faillisse pas. Ni, a fortiori, ne renonce et cède un pouce de terrain.

De droite comme de gauche, nombre de mes anciens collègues maires des communes ayant des quartiers populaires sur leurs territoires, sûrement plus préoccupés que d'autres au regard de leur situation sociale, terreau des embrigadements, qui ne cesse de s'aggraver exponentiellement, ont déjà, au cours des vacances scolaires, pris des initiatives, tant, comme me l'a dit l'un d'entre eux ce dimanche, « l'immobilisme, la stupeur et la torpeur sont nos ennemis ». Là, c'est la lettre de Jaurès aux instituteurs distribuée dans tous les foyers d'une commune populaire, ailleurs c'est un rassemblement œcuménique auquel ont pris part les élus de la ville, un peu partout la signature d'un appel transpartisan à l'État, publié par le JDD, pour un soutien aux quartiers vulnérables « où se joue beaucoup de l'avenir de notre cohésion sociale ». Dommage que les édiles seynois aient laissé passer cette occasion de s'associer à cette démarche.

 

LA STIGMATISATION, AUTRE TERREAU DU PIÈGE TENDU PAR LES OBSCURANTISTES 

Tout cela s'exerce sur un fond nauséabond de racisme et d'exacerbation des plus vils instincts par des acteurs politiques aux périlleux propos globalisants et stigmatisants dans une sorte de course folle, comme s'il leur fallait rattraper les plus extrêmes des intolérants (« fermer les rayons hallal », « supprimer les menus alternatifs des cantines », « islamogauchisme »« cinquième colonne », etc.), qui donnent à craindre pour les temps à venir.

Nous étions plusieurs centaines d'élus locaux, de la droite républicaine à la gauche radicale, en passant par des centristes et des écologistes, il y a tout juste un an, à avoir signé une tribune, parue dans le JDD, à tirer la sonnette d'alarme de la stigmatisation. Je la rappelle ci-après...

« La barbe !! La cabale médiatique à travers la retransmission bienveillante des propos les plus indignes à l’endroit des musulmans ainsi que l’inconséquence des prises de position politique au plus haut niveau de l'Etat nous amènent à dénoncer avec force et détermination les raccourcis périlleux vers lesquels notre pays est entraîné...

« Du ministre de l'Education nationale qui déclare par des mots insensés vouloir “signaler les petits garçons qui refusent de tenir la main des petites filles” au directeur adjoint du Figaro qui affirme à la télévision “détester la religion musulmane”, il est de notre responsabilité d'alerter sur les risques que d'aucuns font peser sur la nation en stigmatisant, à dessein, plus de six millions de nos concitoyens. La quête des fameux “signaux faibles” jette désormais le trouble et le soupçon sur une foi qui n'aspire à rien hormis le droit à la normalité. Nul ne peut prétendre combattre le terrorisme ou la radicalisation par l’humiliation, sauf à rechercher obstinément et furieusement l'effet inverse. A chaque menace qui plane sur le pays et à chaque attaque terroriste, nos concitoyens de confession musulmane tremblent doublement : pour la nation, parce qu’ils sont concitoyens, et pour leur foi, parce qu’ils vivent instantanément la méfiance.

« L'initiative malheureuse, maladroite et pour le moins équivoque de l’université de Cergy dans la recherche des signaux faibles n’est là qu’un début. Le début d’un bruit sourd qui se répand comme la peste et qui n’a qu’un nom : délation ! Nous voilà doucement mais tout aussi sûrement revenir vers les heures les plus sombres de notre Histoire. Des jours sombres qui n’augurent rien de bon, hormis la défiance et la crispation. A trop pointer du doigt une communauté de croyants, à en faire une menace potentielle dès lors qu’elle porte une barbe ou un voile, l’on verse non plus dans une société de la vigilance mais dans celle de la suspicion. A persister sur ce lexique, il est à redouter la naissance d’une forme de frustration chez la très grande majorité des musulmans qui perçoit, de plus en plus, les positions stigmatisantes à leur endroit comme la volonté manifeste de les soustraire à la nation. Il ne sera plus question de fracture sociale dans notre pays mais bien d’une déchirure nationale. Dévoyer la laïcité au point de mettre à mal le besoin de fraternité, de refuser l’égalité et enfin d’entraver la liberté, voilà qui contribuera à démembrer la volonté de tous de faire corps dans la République. A ce stade, les conséquences seront autrement plus inquiétantes...

« Un sursaut. C'est de cela dont nous avons besoin. Et seuls nos concitoyens, dans un élan fraternel, en sont capables. Enfin, notre nation est une et indivisible. Le président de la République est garant de ce principe. Il est garant de la Constitution. Il est garant de l'application de la loi. Il s’agit de sa responsabilité devant le peuple et devant l'histoire. Il est l'incarnation de l'unité. Nous attendons qu'il se lève et le clame à tous. »

 

LA GAUCHE SOCIALE ET POLITIQUE A UN RÔLE MAJEUR À JOUER

Au-delà, la gauche française, sociale et politique, a aussi une responsabilité à assumer face aux jeteurs d'anathèmes que l'on entend jusque dans les propos de certains membres du gouvernement. Celle d'être en première ligne, en faisant preuve d'unité, condition de son efficience, et sans omettre de faire amende honorable quant à ses propres errements, pour aider la nation à ne pas tomber dans le piège tendu par les terroristes. Des personnalités diverses ont publié ces jours derniers dans Le Monde une tribune qui nous appelle à la mobilisation...

« Le moment est grave, il ne quittera pas nos mémoires. Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie, a été assassiné par un terroriste islamiste. A Nice, un autre crime ignoble a été commis. Ces actes monstrueux ont pour but de semer la haine et la terreur. Pourtant, cette fois, les appels à l’unité n’ont pas suffi à limiter les tensions au sein de la société française. En démocratie, le débat est souhaitable après de tels évènements. Mais depuis la tragédie du 16 octobre, certains, parfois même au sein du gouvernement, se sont engagés sur la voie des anathèmes et des accusations délirantes. Ils prennent la lourde responsabilité d’affaiblir le pays face aux terroristes en dressant les Français les uns contre les autres. Les assassins et ceux qui les ont encouragés auraient-ils déjà gagné ?

« Il est urgent de nous mobiliser ensemble autour des principes laïques et républicains. Si nous échouons, l’islamisme radical aura remporté, avec l’extrême droite, une victoire décisive en faisant de la question religieuse, et plus précisément de l’islam, le pivot de la politique française, au détriment des urgences sociales, écologiques et démocratiques. Pire, il aura installé des germes durables de guerre civile.

« Pour avancer, il importe d’abord de reconnaître les manquements du passé. Combien d’atteintes à la laïcité et à la liberté d’expression et d’enseignement restées sans réponse ? Combien d’appels au secours ignorés, qu’ils viennent d’enseignants et d’autres agents des services publics devant la dégradation de leurs conditions de travail, ou d’habitants des quartiers populaires devant l’absence de l’Etat, notamment sur le terrain de la sécurité ? Combien de discriminations à l’égard de musulmans ou de ceux qui sont supposés l’être, laissées impunies ?

« Manifestement, le gouvernement considère que l’on pourrait lutter efficacement contre l’islamisme radical sans combattre en même temps, à la racine, le racisme, les discriminations et les déchirures sociales et urbaines des territoires abandonnés. Il feint également d’ignorer qu’existent au sein de l’islam, en France et ailleurs, des forces prêtes à combattre les influences mortifères. Cette absence de vision globale donne toujours une victoire symbolique aux islamistes radicaux. Elle a depuis longtemps favorisé leur implantation.

« Oui, les manifestations agressives d’une idéologie totalitaire allant jusqu’au terrorisme doivent être combattues sans trêve ni repos dans le cadre de l’Etat de droit. Pour cela, de nombreux leviers juridiques existent déjà. Il faut résister à la tentation de réagir à chaque attentat par une loi supplémentaire ou des gesticulations spectaculaires. Les carences relèvent surtout d’une insuffisance de moyens de renseignement et de coordination, notamment dans le suivi des réseaux sociaux.

« Le combat contre l’islamisme radical, les pressions qu’il exerce à l’école et ailleurs pour restreindre les libertés, notamment celles des femmes ou des personnes LGBTI+, appelle des actions construites, déterminées et proportionnées. Ces politiques doivent être conduites dans la durée et mises en œuvre sans faiblir dans un cadre légal défini et protecteur des libertés. Pour être efficace, il nous faut combattre l’intégrisme islamiste en priorité sur le terrain éducatif, social et politique. Là où les fondamentalismes tentent de faire primer le dogme religieux sur les lois de la République, la fermeté de l’action publique est indispensable.

« L’école doit être aux avant-postes de ce combat. Mais elle ne peut pas être laissée seule. Celles et ceux qui y enseignent doivent être reconnus, soutenus et protégés au quotidien, et pas seulement passagèrement au lendemain des drames, particulièrement par un accompagnement humain en cas de difficultés, des outils et une formation pédagogiques renforcés pour permettre à tous les acteurs de l’école de savoir réagir.

« La laïcité définie par la loi de 1905 n’est pas une option : elle est et doit rester la loi de la République. Elle a traversé le XXe siècle, faisons-la vivre en garantissant effectivement la liberté de croire, notamment pour les musulmans, ou de ne pas croire. Plus qu’à la multiplication de lois nouvelles, veillons à l’application effective de celles qui existent déjà.

« La République, promesse inachevée, doit repenser sa présence dans tous les territoires pour faire exister l’égalité réelle par des politiques publiques offensives, avec des moyens humains et financiers substantiels, notamment dans le cadre de la mise en œuvre d’une transition écologique juste. Elle doit, conformément à sa devise, garantir l’absence de toute discrimination et chercher à réduire toutes les inégalités dans un esprit de fraternité.

« Pour nous, il n'y a pas de fatalité à ce que la France tombe dans le piège tendu par les terroristes. Nous ne cesserons jamais de vouloir tisser des liens entre tous les humains, malgré les assauts répétés des obscurantismes. Nous continuerons de lutter partout et toujours contre toutes les formes de racisme, d'antisémitisme et d'intolérance.

« Nous avons parfaitement conscience qu’il existe des désaccords entre nous sur ces sujets et que beaucoup reste à faire pour consolider ces réponses : ce texte se veut d’abord un appel à la gauche, aux écologistes et, au-delà, à tous les républicains, à engager ensemble ce travail à un moment où l’essentiel est en danger. »


J'en terminerai en donnant le lien vers des extraits de la « Lettre de Jaurès aux instituteurs » telle que mise en ligne, en vidéo, lue par le rappeur Oxmo Puccino, sur le site pédagogique Lumni de l'Éducation nationale...

Et le texte original de cette « Lettre aux instituteurs », publiée par La dépêche de Toulouse en 1888, qu'on trouve sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, tant il est vrai que le texte proposé aux enseignants pour la lecture aux élèves a quelque peu été.. tripatouillé...

Meilleure rentrée possible à tous. Et, bien sûr, que chacun prenne garde à ce maudit virus, pour lui-même, ses proches, les enfants dont il a la charge et leurs familles, dans des environnements de structures scolaires pas toujours très compatibles avec les précautions sanitaires indispensables...

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 04:24

Ainsi que la ministre chargée de la Ville, Nadia Hai, l'a demandé aux 859 maires dont les communes abritent au moins l'un des 1514 quartiers urbains vulnérables, donc prioritaires au titre de la « politique de la ville » (QPV), la municipalité seynoise a sûrement relayé auprès des nombreuses associations intervenant pour soutenir les habitants de notre centre ancien et de notre quartier Berthe l'information sur le déploiement rapide de 20 millions d'euros de subventions d'État destinés à soutenir leurs actions. C'est le programme « Quartiers solidaires ».

C'était une demande forte de l'Association des maires Ville & Banlieue de France (AMVBF), dans un contexte où le monde associatif a été en première ligne pour accompagner et aider les plus fragiles de nos habitants lors de la crise sanitaire et l'est tout autant aujourd'hui avec la crise économique et sociale qui s'ensuit et aggrave les difficultés des plus pauvres...

 

Les formidables associations seynoises qui agissent au quotidien auprès des habitants de nos deux sites urbains sensibles ont en effet plus que jamais besoin d'être soutenues. Je n'ai nul doute que, de leur côté, les élus de la Ville continueront à s'investir avec détermination et sans exclusive, comme l'ont fait depuis 40 ans tous les maires successifs, de droite comme de gauche, dans les dispositifs partenariaux avec l'État et d'autres collectivités et institutions publiques, tels que le « contrat de ville ». Ceux-ci permettent de soutenir les associations qui agissent pour l'éducation et la formation vers l'insertion dans l'emploi et la citoyenneté, pour le droit au logement, aux mobilités, à la culture et au sport, au bien-être et à la santé. Mais qui, aujourd'hui, hélas, doivent de surcroît appuyer les familles pour de plus en plus de besoins du quotidien, comme se nourrir ou se vêtir.

 

DES INÉGALITÉS PAS TRÈS RÉPUBLICAINES ENTRE TERRITOIRES

Cette annonce d'une aide exceptionnelle de l'État est d'autant plus à saluer chez nous que, malgré le fait que la République est fondée sur une base égalitaire qui supposerait une prise en compte similaire des difficultés de même nature que l'on connaît d'un site urbain vulnérable à un autre, au contraire d'autres départements de la plupart des régions françaises, le Conseil départemental du Var n'apporte plus, depuis longtemps, son appui financier à notre « contrat de ville » et le Conseil régional de Provence Alpes Côte d'Azur a retiré le sien sans tambour ni trompette il y a trois ans.

Les pauvres de chez nous ont pourtant les mêmes besoins de soutien que ceux des autres régions françaises. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles l'AMVBF, avec d'autres, réclame à cor et à cri la création d'une Cour de justice d'équité territoriale pouvant être saisie en cas d'inégalités flagrantes entre territoires.

 

UNE PETITE – ET CERTES INSUFFISANTE – BOUFFÉE D'AIR PUR POUR LES ASSOCIATIONS

Et c'est bien pourquoi l'annonce de la ministre de la Ville est une bonne nouvelle pour les associations intervenant dans les 21 quartiers prioritaires varois, répartis sur 9 communes, et notamment les plus « compliqués » parmi les 13 de notre métropole toulonnaise, dont les nôtres à La Seyne. Et ces moyens financiers ne sont pas destinés aux seules associations, pour beaucoup « professionnalisées » pour soutenir l'engagement de leurs bénévoles, qui, souvent depuis des années, s'inscrivent dans les dispositifs tels que le « contrat de ville », mais bien aussi à toutes celles qui, reposant sur les épaules de bénévoles pas forcément rompus aux arcanes administratifs complexes, font un travail de fourmi dans la proximité.

Je pense à celles, discrètes et qui n'ont pas toujours pignon sur rue, qui, notamment depuis la crise sanitaire et sociale, redoublent d'efforts pour l'appui du quotidien aux personnes victimes des politiques publiques qui entraînent une détresse et une précarité face au logement, la santé, l'éducation ou l'alimentation. Et qui sont bien loin de constituer la « cinquième colonne » évoquée naguère par un élu local...

 

ÇA NE RÈGLE PAS LE PROBLÈME DE FOND DE LA FRACTURE SOCIALE DU CAPITALISME, MAIS...

On m'objectera que 20 millions à répartir entre 1514 quartiers, ça ne représente jamais qu'une moyenne de 13.000 euros par site fragile, mais ça peut soutenir une action efficace en réponse solidaire à une difficulté particulière du moment. Et ça vient s'ajouter à d'autres dispositifs que l'Association des maires Ville & Banlieue de France, dont notre ville est membre, a obtenu que l'État mette en place et dont La Seyne est l'une des communes bénéficiaires : les « Cités éducatives », les « Quartiers d'été », les « colos apprenantes », l'opération « 1000 livres », les « 5 millions pour les associations de proximité »...

Lorsque les choses tournent rond, il faut le dire, même si ce ne sont là que des emplâtres sur les jambes de bois des invalides victimes du monde capitaliste (et, à ce propos, l'État serait tout autant inspiré d'entrer, au moins provisoirement, au capital de notre grande entreprise CNIM comme je l'ai réclamé depuis le début de sa crise, pour prévenir le risque de disparition de centaines, voire de milliers, d'emplois locaux...).

Et je gage donc que l'équipe municipale et la préfecture inciteront les acteurs associatifs à se saisir de l'opportunité qui s'offre à eux. Il y en a tant besoin.

 

 

 

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25 septembre 2020 5 25 /09 /septembre /2020 10:22

Il est toujours aisé, lorsqu'on n'est pas en situation de gestion, de porter des jugements définitifs sur les actes et paroles de ceux qui le sont, surtout lorsque, de part et d'autre, aucun argument factuel tangible ne les corrobore. J'en ai trop souffert pour ne pas m'y risquer aujourd'hui.

Ainsi, la question de l'image qu'on cherche à accoler à tel ou tel groupe social est prégnante dans la stratégie politique de notre temps. Ça a été le cas lors d'une récente réunion de notre conseil municipal au sujet d'une catégorie de notre population que certains globalisent sous le vocable de « jeunes musulmans », notamment ceux qui résident dans nos quartiers vulnérables.

Mais, de plus, l'image de ces quartiers, où vivent six millions de nos concitoyens, déjà altérée par des tacticiens faisant flèche de tout bois, l'est aussi par nombre de médias qui ont une fâcheuse tendance à n'évoquer ces territoires de la Nation que lorsque s'y déroulent des événements dramatiques.

Permettre d'objectiver leur réalité a été le chantier auquel se sont attelés ensemble des élus locaux et des journalistes de toute la France. Le projet est sur le point d'aboutir. Nos habitants et nos acteurs locaux, vivant ou s'investissant dans nos quartiers prioritaires, devraient s'en emparer. Nos élus devraient le promouvoir.

 

Préoccupés depuis longtemps par l'image dénaturée et dégradante de ces « morceaux de France » qui nuit à l'accomplissement de la promesse républicaine d'Égalité entre tous nos habitants, avec des maires de toutes sensibilités politiques (sauf bien sûr ceux qui érigent la ségrégation discriminante en finalité sociétale...), nous avons eu de nombreux échanges sur la question, notamment chaque fois que des dégradations ou violences urbaines survenaient ici où là en France, enflammant indifféremment l'une ou l'autre de nos communes, faisant parfois tâche d'huile ailleurs, donnant du grain à moudre aux rédactions avides de sensationnel, et, au bout du compte, entrainant une stigmatisation infamante de nos villes et de leurs habitants dont la quasi-totalité est pourtant étrangère aux causes de ces drames qu'elle subit et vit sur fond d'impuissance dans la souffrance, la terreur et la honte.

 

ÉLARGIR LA FOCALE DU REGARD POSÉ SUR LES QUARTIERS POPULAIRES

Tant et si bien que, en plus des nombreux sujets dont l'Association des Maires Ville & Banlieue de France (AMVBF) s'empare en permanence pour obtenir de la Nation qu'elle aide les élus locaux à faire vivre les valeurs républicaines sur leurs territoires, nous avons aussi décidé de passer à l'action en direction des médias qui, faisant certes leur travail, aggravent souvent en la ternissant l'image de nos populations et leurs lieux de vie ou de travail, au-delà même des quartiers fragiles eux-mêmes.

Nous avons ainsi chargé l'un des vice-présidents de l'Association des Maires Ville & Banlieue de France (AMVBF), mon copain Driss Ettazaoui, vice-président MoDem de l'agglomération Évreux–Porte de Normandie, de remuer les méninges du monde de la presse sur les dangereuses conséquences de l'exercice de leurs missions d'information. Nous avons organisé un colloque sur le sujet en mars 2019 à Évreux, où nous avons brassé de l'idée entre élus, pouvoirs publics et monde des médias.

Une idée simple : bien sûr, il faut montrer la réalité des événements, mais il faut aussi donner à découvrir ce qu'il y a de bien dans nos quartiers paupérisés. On ne parlait par exemple jamais du centre culturel de haut de gamme et d'intérêt national destiné aux arts de la scène de Chanteloup-les-Vignes, en banlieue parisienne, mais les images de son incendie criminel ont tourné en boucle sur les écrans. Comme on ne communiquait que peu sur l'école nationale de cuisine du grand chef Thierry Marx implantée au cœur d'une cité de Grigny (Essonne), de la biennale de la danse de Vaulx-en-Velin (Lyon-Métropole), ou de la labellisation nationale de la médiathèque Andrée-Chedid de La Seyne, mais les noms de ces communes étaient – et demeurent – indissociables, dans la représentation collective, de meurtres sur fond de trafics, de rodéos urbains, de violences, de dégradations, voire de fantasmes d'infiltration islamique radicale et terroriste généralisée à toute une population (même si, hélas, il serait insensé d'en nier le danger) ...

 

DU DÉLIT DE « DIFFAMATION TERRITORIALE » À UN APPUI AUX JOURNALISTES

Des pistes intéressantes ont surgi de ce colloque, dont certaines ambitieuses, à l'instar de la demande de création d'un délit de « diffamation territoriale » permettant de saisir le médiateur des droits. Mais des solutions pragmatiques, en forme de « boîte à outils » au service des journalistes, ont aussi été imaginées.

Et c'est ainsi qu'une équipe composée de journalistes de BFMTV et RMC (eh oui...), immédiatement passionnés, comme leur rédaction, par le sujet, et d'élus et collaborateurs de Ville & Banlieue, s'est attelée à la conception d'un annuaire numérisé permettant aux acteurs des médias d'identifier et contacter des personnes ressources, sur chacun des 1500 « quartiers prioritaires politique de la ville », habitants ou agissant sur place, volontaires pour être interviewés, pour les mettre en relation avec d'autres personnes ressources, disposés à les aider à se faire une idée objective des situations, des causes, des enjeux, des solutions éventuelles, et situer les événements particuliers dans un cadre global, urbain, économique, social et culturel.

L'instrument est prêt. Il s'appelle « Vu des quartiers ». Sa création a obtenu le soutien de l'État. Nous le présentons sur le site Internet qui lui est dédié. Il reste à l'alimenter de suffisamment de contacts pour pouvoir activer son ouverture. J'invite donc tous les Seynois, du quartier Berthe, du centre-ville, ou d'ailleurs, qu'ils soient habitants, ou qu'ils connaissent bien notre environnement urbain pour y agir dans le monde associatif, électif ou professionnel, et qui pensent pouvoir apporter leur contribution à une lecture réelle et objective de nos sites fragiles par les rédactions régionales et nationales, à s'y inscrire pour être sollicités lorsque les médias auront à couvrir tel ou tel événement de notre territoire. Je précise que le respect des lois et règles de déontologie, de confidentialité et de protection des données personnelles est garanti. Seuls les journalistes professionnels accrédités y auront accès. Sans cela, l'État n'aurait évidemment pas validé et soutenu le projet.

 

On peut toujours râler et s'insurger lorsqu'est dénaturée la réalité de notre vie urbaine compliquée. On peut aussi être acteur de l'émergence de la matérialité et la vérité des faits, des choses et des gens. C'est un acte politique différent, pas « politicien » mais utile. C'est une réponse concrète à ceux qui se font un devoir de stigmatiser pour mieux diviser. Et je ne doute pas que nos édiles seynois, comme le font leurs homologues de communes si semblables à la nôtre, qu'ils soient de droite, du centre ou de gauche, auront à cœur de promouvoir ce projet « Vu des quartiers » déjà unanimement salué...

 

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