5 décembre 2025 5 05 /12 /décembre /2025 16:02

 

Comme on pouvait s'y attendre, la question de la sécurité figure en bonne place dans les promesses des candidats à l'élection municipale. C'est justifié. Alors, bien sûr, c'est à qui annoncera le plus de renfort des moyens dont est dotée la commune pour contribuer à la tranquillité du quotidien et la sûreté publique.

 

Plus de policiers municipaux, plus de brigades en tous genres, plus de caméras, plus d'armes, plus de logistique, plus de..., plus de...

 

Et si on analysait un peu les réalités comparées de communes de typologies démographiques similaires mais de partis pris plutôt différents quant au rôle d'une municipalité en matière de tranquillité et sécurité publiques ?...

 

 

LES CHIFFRES OFFICIELS LE PROUVENT : CE N'EST PAS PARCE QU'ON A PLUS DE POLICIERS MUNICIPAUX QUE LES FAITS DE DÉLINQUANCE DIMINUENT

 

Les quatre graphiques ci-dessous ont été réalisés avec les données piochées sur le site du ministère de l'Intérieur. On peut cliquer dessus pour les agrandir. Ils permettent de comparer, sur sept ans à compter de 2016, les évolutions respectives du nombre de policiers municipaux pour 1.000 habitants (courbes à trait plein) et du nombre de victimes ou d'individus mis en cause pour les faits constatés de délinquance pour le même nombre d'habitants (courbes en pointillés). Deux communes sont comparées à La Seyne : Cannes (Alpes-Maritimes, 74.000 habitants), réputée pour disposer d'un grand nombre d'agents de police municipale, et Brest (Finistère, 141.000 habitants), connue pour avoir opté pour ne disposer que de quelques agents de sécurité de la voie publique. Les trois communes sont de taille moyenne, littorales et portuaires, avec des populations aux réalités socio-économiques très diverses, avec des zones résidentielles et des quartiers populaires fragiles, prioritaires au titre de la politique de la ville. Les graphiques montrent également le nombre moyen de victimes ou de mis en cause sur l'ensemble du pays.

 

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Même si ce n'est pas une étude sociologique très scientifique car réalisée sur un panel des trois seules communes et sans pondération fautes de données de l'environnement dans lequel les évolutions sont constatées, il est manifeste qu'il n'existe aucun lien entre le nombre de policiers municipaux et le nombre de victimes ou de mis en cause de faits de délinquance.

 

 

RENFORCER LES SERVICES PUBLICS DE LA POLICE NATIONALE ET DE LA JUSTICE, ÇA OUI, C'EST INDISPENSABLE

 

En revanche, même si le nombre de policiers nationaux n'apparaît pas sur les schémas faute de données officielles publiques, on note une corrélation entre les résultats de la lutte contre la delinquance et l'accroissement des effectifs de la police nationale. C'est patent pour ce qui concerne le trafic de drogue à La Seyne, les années 2018 et 2019 correspondant à l'obtention de renforts significatifs pour les circonscriptions de police nationale de Toulon et La Seyne, suite aux démarches nombreuses, continues et parfois au ton musclé que, comme maire, j'ai engagées auprès du gouvernement d'alors pour que notre commune et, au-delà, la Métropole, soient reconnues d'abord comme Zones de sécurité prioritaire (ZSP) puis comme Quartiers de reconquête républicaine (QRR). C'est une quarantaine de policiers supplémentaires qui est venue renforcer les équipes du commissariat et de la police judiciaire. Et les résultats sont sensibles. D'autant plus que la convention signée sous mes mandats entre la commune, la police nationale et la justice a permis de définir les domaines respectifs d'intervention des unes et des autres des institutions. Elle n'a d'ailleurs jamais été dénoncée par mes successeurs qui n'ont pour autant engagé aucune démarche pour que notre commissariat dispose de moyens encore accrus...

 

Mes contempteurs diront que c'est une conclusion un peu hâtive, mais ça pose au moins quelques questions...

 

> au regard des réalités financières fragiles, faut-il accroître encore le nombre des policiers municipaux ou s'engager plutôt sur une stabilisation des effectifs, une maintenance des moyens logistiques, un plan de formation continue des agents, un arrêt des créations à tout bout de champ de brigades de ceci et de cela qui s'opèrent à moyens constants, désorganisent le fonctionnement et ne servent qu'à la communication ?

 

> avec un coût annuel moyen de 50.000 euros par agent, a-t-on eu raison, depuis 2020, d'accroître de 4 personnes les effectifs de la police municipale, pour un coût d'environ 200.000 euros, soit à peu près le montant duquel ont été diminuées dès 2020 et 2021 les subventions aux associations agréées à vocation sociale, socio-éducative, sportive, d'aide à l'exercice de la parentalité, dont les missions sont essentielles à la prévention des déviances et de la délinquance ? 

 

> dans un contexte de politique nationale libérale qui ne cesse de fragiliser le service public, n'est-il pas du rôle d'un maire de s'investir fortement, voire "se battre", pour que les services de la police nationale et de la justice qui, contrairement à une mairie, ont l'obligation constitutionnelle de garantir la sécurité de tous disposent des moyens humains et logistiques nécessaires à l'accomplissement de leurs missions, au lieu de s'imaginer pouvoir les suppléer en mobilisant des moyens communaux ?

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité