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La prédécesseure de M. Minniti était visionnaire et soucieuse de ne pas se placer hors-la-loi. Elle avait anticipé, cinq ans avant que le sujet ne vienne récemment à l'ordre du jour avec l'histoire des drapeaux de l'État de Palestine, l'interdiction faite aux communes de pavoiser les mairies d'autres drapeaux que celui de la République française, notre emblème bleu, blanc, rouge, tel que défini par notre Constitution.
On ne s'en souvient sûrement pas, mais, tout jacobin que je suis, pas enclin du tout au fédéralisme, je faisais flotter à la façade de notre hôtel de ville, outre le drapeau français et le drapeau européen, celui de La Seyne, rouge et bleu surchargé de notre blason en son centre, et celui de la déclinaison provençale de la langue occitane, idiome millénaire patrimonial de notre région que nous sommes encore un certain nombre de Seynoises et Seynois à pratiquer et que notre équipe municipale, sous l'impulsion des régionalistes accompagnant nos majorités, entendait contribuer à sauvegarder et promouvoir.
La municipalité élue en 2020 n'a pas tardé à en décider autrement. Un simple détail ?...
LA LANGUE RÉGIONALE, VECTEUR D'INTÉGRATION
En vérité, plutôt qu'une volonté divinatoire de se mettre en règle avec la loi, ce fut une mesquinerie de plus dont Mme Bicais était coutumière dans son obsession à faire table rase du passé. Elle l'avait justifié en expliquant, dans une pirouette qui lui évitait de débattre sur le fond, qu'il valait mieux au XXIe siècle promouvoir l'image et l'usage de l'anglais. Comme si les deux étaient antinomiques ! Dans beaucoup de pays, les gens parlent leur langue régionale, leur langue nationale, et l'anglais et/ou une ou plusieurs autres langues. En Europe, il y a quelques décennies, la France était, avec la Grèce des Colonels et l'Espagne de Franco, deux pays dont on connaît la grande ouverture d'esprit de leurs dirigeants de l'époque, la seule nation à ne pas reconnaître l'usage des parlers régionaux. Elle est aujourd'hui l'un des rares pays du Conseil de l'Europe à s'obstiner dans cette voie, malgré la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, signée depuis 26 ans mais jamais ratifiée, la loi Molac sur les langues régionales, votée mais bloquée par le Conseil constitutionnel, et les engagements pris par les gouvernements et jamais tenus.
Pourtant, ce qui fracture l'indivisibilité de la République, il me semble que ce ne sont pas tant les neuf langues régionales françaises ( * ) que les politiques de rejet et stigmatisation des diversités et celles, sociales et économiques, qui rendent toujours plus riches les nantis et enferment sans cesse davantage les pauvres dans la misère et la relégation. Au contraire, l'histoire seynoise l'atteste, les proximités lexicales et syntaxiques de l'occitan et du piémontais ont aidé, de la fin de XIXe siècle jusqu'au deuxième tiers du XXe, l'intégration des milliers d'Italiens venus chez nous pour fuir l'indigence et/ou le fascisme. Le nom même d'une de nos spécialités locales – la cade – en recèle une trace : importée par les nouveaux Seynois de l'autre côté des Alpes où elle s'appelle farinata, elle a naturellement pris le nom de cada (ou cado suivant la graphie utilisée) par déformation du terme càuda (= chaude en piémontais, qui se dit cado en ligure, calda en italien et cauda en occitan) que criaient les femmes des immigrés ouvriers journaliers du chantier naval qui complétaient les fins de mois en la vendant dans les rues.
UN PROJET LOCAL DE DÉFENSE ET PROMOTION DU PATRIMOINE
C'est pourquoi les gauches et les écologistes se retrouvent souvent avec les mouvements régionalistes (les progressistes, évidemment, pas ceux qui ont un passé collaborationniste et raciste comme le Parti National Breton, ou ceux qui sont des partis ethniques comme le Parti National Occitan) dans l'élaboration des projets pour des communes, des départements, des régions, la Nation et l'Europe, puis dans la constitution des listes de candidats.
Ça a été le cas à La Seyne en 2008, 2014 et 2020, avec le Partit Occitan, membre de Régions et Peuples Solidaires, présent chez nous. Et il faut que ce le soit en 2026, au même niveau que tous les autres. Les partis des gauches, du régionalisme et de l'écologie ne sont pas d'accord sur tout entre eux, tant au plan local qu'aux niveaux national et international, mais ils ont prouvé à La Seyne qu'ils ont su s'entendre autour d'un projet dénominateur commun municipal. N'oublions pas qu'eux seuls, ensemble, depuis un quart de siècle à La Seyne, ont constitué des majorités locales qui n'ont pas explosé en vol...
Comme ce fut le cas, la présence des régionalistes dans une équipe des gauches et de l'écologie stimulera l'ensemble de l'équipe dans la défense et la promotion du patrimoine historique, linguistique, social et culturel, vecteur de sentiment d'appartenance et de connaissance et reconnaissance des diversités qui font la richesse du peuple seynois. Elle permettra, à notre niveau communal, peut-être métropolitain si les élus seynois convainquent nos voisins, de relancer des initiatives, certes modestes mais utiles, qui ont été abandonnées par la droite seynoise, permettant une présence de la langue dans la vie de tous les jours, la vida vidanta : retour d'une page en langue régionale dans la revue municipale et sur les supports numériques de communication, informations publiques bilingues, reprise du programme interrompu de signalétique provençale des quartiers et des rues, etc. Un soutien à la vie culturelle provençale, dans un esprit qui ne soit en rien passéiste ni simplement folklorique, sera bienvenu, en coopération ou en accompagnement des initiatives des associations comme Lei cigaloun segnen ou Lo cèucle occitan dau país de La Senha, comme les regrettées festas calendalas qui se déroulaient depuis des décennies dans la période précédant les festivités de fin d'année au Fort Napoléon et que la municipalité de Mme Bicais a abandonnées. Un accompagnement, enfin, des efforts associatifs d'initiation à la langue pour tous les publics sera nécessaire. Et, pour les enfants et les jeunes, une commune n'ayant aucunement compétence pour créer des classes bilingues qui relèvent de la seule Éducation nationale, il est toujours possible d'appuyer les démarches des élèves, parents ou enseignants qui le demandent aux autorités académiques, comme nous l'avons fait avec succès pour la réouverture de l'option "provençal" au lycée Beaussier, ou de soutenir, comme la loi l'impose pour l'enseignement privé sous contrat, une école bilingue de type “Calandreta". Ce peut aussi être des projets périscolaires des accueils collectifs de mineurs municipaux ou associatifs. Et de nombreux autres programmes peu coûteux peuvent être imaginés sous l'impulsion d'élus de toutes sensibilités d'une équipe unie, mais particulièrement des régionalistes.
LES RÉGIONALISTES ONT TOUTE LEUR PLACE DANS UNE ÉQUIPE PROGRESSISTE UNIE
Si, pour ma part, je suis très dubitatif sur le fait que le jacobinisme centralisateur ne devrait plus être de rigueur, je sais que je suis de plus en plus isolé : plus de la moitié des Françaises et Français, toutes opinions politiques confondues, sondés par l'IFOP à l'été 2025, sont favorables à des approches publiques plus régionales et décentralisées. Certains items du sondage ont recueilli plus de 80 % d'approbations, y compris de la part de l'ensemble des Français, donc pas seulement de ceux vivant dans des régions aux identités fortes. Il n'y a aucune raison que les Seynoises et Seynois aient des avis singulièrement différents du panel national. Ils doivent donc pouvoir se reconnaître dans une équipe progressiste comportant des militants des revendications institutionnelles régionalistes. C'est sûrement là le plus important.
Après, la question des drapeaux qui doivent flotter au fronton des édifices publics relèvera plus du symbole que de l'enjeu de fond.
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( * ) : les 9 langues régionales : flamand, mosellan, alsacien, arpitan, occitan, corse, catalan, basque et breton
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