12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 04:32

 

La prédécesseure de M. Minniti était visionnaire et soucieuse de ne pas se placer hors-la-loi. Elle avait anticipé, cinq ans avant que le sujet ne vienne récemment à l'ordre du jour avec l'histoire des drapeaux de l'État de Palestine, l'interdiction faite aux communes de pavoiser les mairies d'autres drapeaux que celui de la République française, notre emblème bleu, blanc, rouge, tel que défini par notre Constitution.

 

On ne s'en souvient sûrement pas, mais, tout jacobin que je suis, pas enclin du tout au fédéralisme, je faisais flotter à la façade de notre hôtel de ville, outre le drapeau français et le drapeau européen, celui de La Seyne, rouge et bleu surchargé de notre blason en son centre, et celui de la déclinaison provençale de la langue occitane, idiome millénaire patrimonial de notre région que nous sommes encore un certain nombre de Seynoises et Seynois à pratiquer et que notre équipe municipale, sous l'impulsion des régionalistes accompagnant nos majorités, entendait contribuer à sauvegarder et promouvoir.

 

La municipalité élue en 2020 n'a pas tardé à en décider autrement. Un simple détail ?...

 

 

LA LANGUE RÉGIONALE, VECTEUR D'INTÉGRATION

 

En vérité, plutôt qu'une volonté divinatoire de se mettre en règle avec la loi, ce fut une mesquinerie de plus dont Mme Bicais était coutumière dans son obsession à faire table rase du passé. Elle l'avait justifié en expliquant, dans une pirouette qui lui évitait de débattre sur le fond, qu'il valait mieux au XXIe siècle promouvoir l'image et l'usage de l'anglais. Comme si les deux étaient antinomiques ! Dans beaucoup de pays, les gens parlent leur langue régionale, leur langue nationale, et l'anglais et/ou une ou plusieurs autres langues. En Europe, il y a quelques décennies, la France était, avec la Grèce des Colonels et l'Espagne de Franco, deux pays dont on connaît la grande ouverture d'esprit de leurs dirigeants de l'époque, la seule nation à ne pas reconnaître l'usage des parlers régionaux. Elle est aujourd'hui l'un des rares pays du Conseil de l'Europe à s'obstiner dans cette voie, malgré la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, signée depuis 26 ans mais jamais ratifiée, la loi Molac sur les langues régionales, votée mais bloquée par le Conseil constitutionnel, et les engagements pris par les gouvernements et jamais tenus.

 

Pourtant, ce qui fracture l'indivisibilité de la République, il me semble que ce ne sont pas tant les neuf langues régionales françaises ( * ) que les politiques de rejet et stigmatisation des diversités et celles, sociales et économiques, qui rendent toujours plus riches les nantis et enferment sans cesse davantage les pauvres dans la misère et la relégation. Au contraire, l'histoire seynoise l'atteste, les proximités lexicales et syntaxiques de l'occitan et du piémontais ont aidé, de la fin de XIXe siècle jusqu'au deuxième tiers du XXe, l'intégration des milliers d'Italiens venus chez nous pour fuir l'indigence et/ou le fascisme. Le nom même d'une de nos spécialités locales – la cade – en recèle une trace : importée par les nouveaux Seynois de l'autre côté des Alpes où elle s'appelle farinata, elle a naturellement pris le nom de cada (ou cado suivant la graphie utilisée) par déformation du terme càuda (= chaude en piémontais, qui se dit cado en ligure, calda en italien et cauda en occitan) que criaient les femmes des immigrés ouvriers journaliers du chantier naval qui complétaient les fins de mois en la vendant dans les rues.

 

 

UN PROJET LOCAL DE DÉFENSE ET PROMOTION DU PATRIMOINE

 

C'est pourquoi les gauches et les écologistes se retrouvent souvent avec les mouvements régionalistes (les progressistes, évidemment, pas ceux qui ont un passé collaborationniste et raciste comme le Parti National Breton, ou ceux qui sont des partis ethniques comme le Parti National Occitan) dans l'élaboration des projets pour des communes, des départements, des régions, la Nation et l'Europe, puis dans la constitution des listes de candidats.

 

Ça a été le cas à La Seyne en 2008, 2014 et 2020, avec le Partit Occitan, membre de Régions et Peuples Solidaires, présent chez nous. Et il faut que ce le soit en 2026, au même niveau que tous les autres. Les partis des gauches, du régionalisme et de l'écologie ne sont pas d'accord sur tout entre eux, tant au plan local qu'aux niveaux national et international, mais ils ont prouvé à La Seyne qu'ils ont su s'entendre autour d'un projet dénominateur commun municipal. N'oublions pas qu'eux seuls, ensemble, depuis un quart de siècle à La Seyne, ont constitué des majorités locales qui n'ont pas explosé en vol...

 

Comme ce fut le cas, la présence des régionalistes dans une équipe des gauches et de l'écologie stimulera l'ensemble de l'équipe dans la défense et la promotion du patrimoine historique, linguistique, social et culturel, vecteur de sentiment d'appartenance et de connaissance et reconnaissance des diversités qui font la richesse du peuple seynois. Elle permettra, à notre niveau communal, peut-être métropolitain si les élus seynois convainquent nos voisins, de relancer des initiatives, certes modestes mais utiles, qui ont été abandonnées par la droite seynoise, permettant une présence de la langue dans la vie de tous les jours, la vida vidanta : retour d'une page en langue régionale dans la revue municipale et sur les supports numériques de communication, informations publiques bilingues, reprise du programme interrompu de signalétique provençale des quartiers et des rues, etc. Un soutien à la vie culturelle provençale, dans un esprit qui ne soit en rien passéiste ni simplement folklorique, sera bienvenu, en coopération ou en accompagnement des initiatives des associations comme Lei cigaloun segnen ou Lo cèucle occitan dau país de La Senha, comme les regrettées festas calendalas qui se déroulaient depuis des décennies dans la période précédant les festivités de fin d'année au Fort Napoléon et que la municipalité de Mme Bicais a abandonnées. Un accompagnement, enfin, des efforts associatifs d'initiation à la langue pour tous les publics sera nécessaire. Et, pour les enfants et les jeunes, une commune n'ayant aucunement compétence pour créer des classes bilingues qui relèvent de la seule Éducation nationale, il est toujours possible d'appuyer les démarches des élèves, parents ou enseignants qui le demandent aux autorités académiques, comme nous l'avons fait avec succès pour la réouverture de l'option "provençal" au lycée Beaussier, ou de soutenir, comme la loi l'impose pour l'enseignement privé sous contrat, une école bilingue de type Calandreta". Ce peut aussi être des projets périscolaires des accueils collectifs de mineurs municipaux ou associatifs. Et de nombreux autres programmes peu coûteux peuvent être imaginés sous l'impulsion d'élus de toutes sensibilités d'une équipe unie, mais particulièrement des régionalistes.

 

 

LES RÉGIONALISTES ONT TOUTE LEUR PLACE DANS UNE ÉQUIPE PROGRESSISTE UNIE

 

Si, pour ma part, je suis très dubitatif sur le fait que le jacobinisme centralisateur ne devrait plus être de rigueur, je sais que je suis de plus en plus isolé : plus de la moitié des Françaises et Français, toutes opinions politiques confondues, sondés par l'IFOP à l'été 2025, sont favorables à des approches publiques plus régionales et décentralisées. Certains items du sondage ont recueilli plus de 80 % d'approbations, y compris de la part de l'ensemble des Français, donc pas seulement de ceux vivant dans des régions aux identités fortes. Il n'y a aucune raison que les Seynoises et Seynois aient des avis singulièrement différents du panel national. Ils doivent donc pouvoir se reconnaître dans une équipe progressiste comportant des militants des revendications institutionnelles régionalistes. C'est sûrement là le plus important.

 

Après, la question des drapeaux qui doivent flotter au fronton des édifices publics relèvera plus du symbole que de l'enjeu de fond.

 

_______________________________

( * ) : les 9 langues régionales : flamand, mosellan, alsacien, arpitan, occitan, corse, catalan, basque et breton

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1 juillet 2025 2 01 /07 /juillet /2025 20:12

 

La mairie explique que c'est un fonctionnaire du ministère de la Culture qui a imposé la plantation de poireaux géants sur le parvis de notre église paroissiale plutôt que les arbres à ombrage qui étaient prévus. Et, bien obéissante, prenant fait et cause pour lui en séance du conseil municipal, la première adjointe considère qu'un palmier « ne fait pas un ombrage important, mais c'est mieux que rien ».

 

Mieux que rien ??? Ça vaudrait le coup de donner rendez-vous à ce fonctionnaire et cette élue un après-midi de ces temps de canicule pour un échange dialectique sur l'esthétique du lieu à l'ombre fraiche, dense, majestueuse et généreuse des six ridicules cocotiers qui donnent à notre espace historique cette heureuse touche tropicale d'Amérique du sud que chacun sait si typique du patrimoine immémorial de notre Provence maritime.

 

Que le ministère de la Culture donne un conseil est une bonne chose. Que, aux abords d'un monument historique, cet avis se transforme en prescription obligatoire, ça peut se comprendre. Mais rien n'interdit de désobéir. Surtout si le bon sens et l'intérêt général le commandent.

 

 

Ça vaudrait le coup d'oser transgresser comme on a su le faire à La Seyne pour d'autres sujets, parce qu'on aime notre commune, ses habitants et ses visiteurs. Le service de l'État responsable selon la Ville de l'ineptie à laquelle la Métropole, bras opérateur des vœux de la municipalité, s'est pliée, pourrait toujours saisir la justice administrative.

 

 

RÉGULATION DE L'IMPACT CLIMATIQUE OU JOLIE VUE SUR L'ÉGLISE

 

Ça mettrait le sujet sur la place publique. Et, peut-être que, à l'instar des parlementaires travaillant en ce moment sur une proposition de loi transpartisane « visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à en protéger les occupants », ça pourrait conduire le Législateur à faire évoluer les règlements dans le sens du... bon sens. Demain, en effet, si cette loi est votée, les architectes des bâtiments de France (ABF) qui s'opposent à l’installation de volets au nom de la préservation du patrimoine historique dans certaines régions où il n'était pas coutume d'en poser, devront lâcher du lest pour prendre en compte l'évolution climatique et permettre grâce à des contrevents de réduire de plusieurs degrés la température de logements où on étouffe faute de protection solaire. Pourquoi alors ne pas laisser la possibilité, chaque fois que c'est utile, voire nécessaire, de faire aussi pencher la balance du côté de la lutte vitale contre les effets du réchauffement climatique plutôt que de celui de la valorisation, certes justifiée, d'un patrimoine architectural ?

 

 

LES DEUX PAROLES CONTRADICTOIRES DE L'ÉTAT

 

Heureusement que le corps des architectes et urbanistes de l’État n'existait pas lorsque nos anciens, dans toute la Provence, ont imaginé les places publiques ombragées de nos villages qui, pour beaucoup d'entre elles, jouxtent des édifices, notamment cultuels, souvent comme notre église répertoriés comme monuments historiques, dont les immenses platanes, érables, ormeaux et autres micocouliers augustes et respectables cachent bien sûr une partie des façades, mais offrent des lieux « de communication, de rencontre et d'échange constituant un espace public ouvert, lumineux l'hiver et procurant ombre et fraîcheur pendant la saison chaude » selon l'avis de... l'État lui-même, exprimé dans une publication des ministères de l'Aménagement du territoire et de la Transition écologique (voir ICI). Ça a en tous cas été le parti pris de M. Paecht pour la rénovation de la place de la Lune et le mien pour la création, à côté du parvis de notre église, de la place des Seynois de la Mission de France, quoi qu'ait pu en penser le ministère de la Culture.

 

 

ENFREINDRE DES PRESCRIPTIONS STUPIDES EST UN DEVOIR CIVIQUE

 

Enfreindre des prescriptions stupides, lorsqu'on est élu pour défendre le bien-être de ses concitoyens, ce n'est certes pas un droit, mais c'est devoir civique. Sur le sujet de la végétalisation des espaces publics de la ville, dont l'accélération, il faut le reconnaître, est à mettre à l'actif de la Métropole sur demande de la municipalité de Mme Bicais, il ne fait aucun doute qu'un consensus transpartisan existe.

 

Alors, Monsieur le maire, cher Jo, demande à la Métropole d'arracher ces poireaux absurdes, de les replanter ailleurs, et de végétaliser comme c'était imaginé, et même beaucoup plus. Ose. Tu auras le soutien de toute notre population.

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 11:46

 

L'Institut de biologie marine Michel-Pacha est l'un des marqueurs patrimoniaux de la magnifique Corniche de Tamaris qui borde notre Baie du Lazaret. On ne peut que se réjouir que les démarches entreprises depuis plus de vingt ans par la Ville auprès de son propriétaire, l'Université Claude-Bernard de Lyon, pour l'inciter à le préserver et le valoriser, soient en passe de déboucher sur du concret.

 

La maire de La Seyne, à qui on peut reprocher pas mal de choses, mais sûrement pas un défaut d'attachement au patrimoine historique, architectural et paysager de nos quartiers balnéaires, fait d'ailleurs doublement la promotion de ce projet de rénovation ces temps-ci, en illustrant d'esquisses du programme d'une part son carton d'invitation à ses vœux annuels, et d'autre part une page d'un numéro hors-série de la revue municipale.

 

Tout ça est très bien. Mais l'analyse comparée des deux photographies questionne...

 

 

UN GRAND APPONTEMENT ET DES BARRIÈRES TOUT AU LONG DE LA CORNICHE

 

Ce qui interroge, ce n'est pas le fait que la maire affiche à son actif dans le bulletin municipal le projet de rénovation de la corniche, qui relève de la compétence de la Métropole, et sur sa carte de vœux celui de l'Institut, qui relève de celle de l'Université de Lyon. C'est de bonne guerre. Arthur Paecht (2001-2008) puis moi-même (2008-2020) avons aussi parfois un peu joué avec les limites des attributions communales.

 

Non, c'est plutôt que, autant l'image du projet de réhabilitation de l'Institut donne à voir une corniche rénovée conformément aux prescriptions du Site patrimonial remarquable (SPR) qui s'imposent à la Métropole car intégrées au Plan local d'urbanisme (PLU), autant l'autre photographie – probablement extraite d'un dossier communal ou métropolitain – peut inquiéter quant à la conformité du programme de rénovation du littoral avec les textes existants. Il apparaît en effet un appontement de taille conséquente juste en face de l'Institut, de surcroît cerné de garde-fous qui, par ailleurs, se prolongent tout au long de la corniche. Des spécialistes relèvent que ces aménagements sont susceptibles de créer un obstacle visuel strictement interdit par la règlementation du site (secteurs S8 et S9).

 

 

MIEUX VAUT PRÉVENIR QUE GUÉRIR !

 

Avec les adjoints et conseillers municipaux alors chargés de divers volets de l'urbanisme, Claude Astore, Florence Cyrulnik, Cécile Jourda, Denise Reverdito et Robert Teisseire, les personnels communaux, métropolitains et de l'État, nous avons élaboré les prescriptions d'urbanisme qui sont toujours en vigueur. C'est pourquoi je me suis autorisé la publication d'un communiqué alertant sur le risque de recours qui pourrait freiner sérieusement le projet métropolitain de rénovation de la Corniche de Tamaris.

 

On sait trop à La Seyne combien des recours, même infondés et rejetés par la justice après des années de procédure, ont pu ralentir, voire faire capoter, des projets structurants pour le territoire et ses habitants. Nous avons convaincu la Métropole de l'intérêt de notre Corniche. Elle a arrêté le projet de sa rénovation en 2019. Elle a réalisé une première tranche des Mouissèques à l'Eguillette. Et elle s'apprête à poursuivre. Il serait vraiment dommage qu'un choix d'aménagement aussi inutile que de mauvais goût vienne barrer la route à un programme de grand intérêt pour l'image de La Seyne, pour ses habitants et ses visiteurs.

 

 

MON COMMUNIQUÉ...

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16 mai 2023 2 16 /05 /mai /2023 09:59

 

En lisant le quotidien Var-matin, nous apprenons de la bouche de la maire que l'événement Bonaparte « s'inscrit parfaitement dans la démarche du dispositif "Quartiers de Reconquête Républicaine" dont La Seyne fait partie »...

 

Diantre ! On sait l'importance qu'attache l'équipe municipale à la sécurité et la répression des méfaits, mais j'avoue ne pas comprendre en quoi un événement culturel, patrimonial, festif et convivial peut s'inscrire dans un programme d'accroissement des moyens de la police nationale.

 

À moins que, outre la première magistrate réincarnée en capitaine des armées républicaines, son adjoint chargé de la sûreté ne se mue en Joseph Fouché, alors ministre de la Police, qui laissa, entre autres sympathiques souvenirs, celui de l'exécution de masse de près de 1700 Lyonnais suspectés d'anti-républicanisme... avant de se dévouer au service du monarque. Tremblons !

 

 

"RECONQUÊTE RÉPUBLICAINE", UN CURIEUX AMALGAME

 

Au nombre de 62 en France, les "Quartiers de Reconquête Républicaine" (QRR), en effet, sont des sites urbains fragiles bénéficiant d'un renforcement des moyens humains et logistiques attribués à la police nationale pour lutter contre la délinquance des trafics et la criminalité. J'avais obtenu en 2019 de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, que les quartiers de Berthe et du centre-ville, mais aussi ceux de Pontcarral, Sainte-Musse et La Beaucaire à Toulon, fassent partie de la seconde vague de désignations de QRR. Et, il faut le reconnaître, des renforts significatifs ont été alloués aux commissariats de notre territoire, même s'il faut les relativiser au regard des baisses d'effectifs des années précédentes.

 

C'est bien pourquoi, d'ailleurs, il est incompréhensible que la municipalité seynoise, alors même que la Ville manque cruellement de moyens, fasse du zèle sécuritaire en accroissant ses effectifs de forces de l'ordre communales et en inaugurant un poste de police municipale à Berthe, rompant ainsi avec la convention signée avec l'État qui stipulait que, dans la répartition territoriale entre la police municipale et la police nationale, la présence dans notre quartier Berthe relevait de la seconde.

 

 

SPORT ET ÉDUCATION, CIRCULEZ ! PLACE À LA "RECONQUÊTE RÉPUBLICAINE" !

 

C'est d'autant plus surprenant que, dans le même temps, la maire a fait voter par le conseil municipal des baisses significatives du budget dédié aux subventions communales aux associations qui conduisent dans nos quartiers vulnérables des missions de lien, de prévention, d'action sociale et éducative, de sport et d'accompagnement de la fonction parentale, ce qui, pour certaines de ces structures, devrait entrainer des mises au chômage d'éducateurs ou d'animateurs, et donc un ralentissement de l'activité préventive, en particulier en direction des adolescents et des jeunes, publics les plus à risque de rupture. Ce sont ainsi plus de 383.000 euros qui ont été "économisés" sur l'action socio-éducative et le sport sur les trois derniers budgets par rapport à celui de 2019, l'ultime que, comme maire, j'ai soumis à l'approbation du conseil municipal (1).

 

Comment ne pas relier ces choix à celui, qui peut laisser rêveur, de consacrer, de l'aveu même de la maire dans le même communiqué à Var-matin, 850.000 euros en deux ans pour les « Événements Bonaparte » ?...

 

 

TALLEYRAND : « APRÈS LA RÉVOLUTION, LA MODÉRATION COMMENÇA À ABANDONNER BONAPARTE »...

 

Tout ça devrait inviter certains à méditer une réflexion du traître cynique que fut Talleyrand, député républicain puis, sans aucune scrupule... ministre de l'empereur tyran Napoléon.

 

Dans ses Mémoires, il note que, dès la fin des guerres de la Révolution française, « la modération commença à abandonner Bonaparte [qui] jetait déjà les semences qui devaient le conduire à sa ruine »...

 

Évidemment, toute ressemblance avec quiconque d'aujourd'hui serait bien sûr fortuite.

 

 

(1) : Tableau des évolutions des subventions communales de droit commun

 

 

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25 janvier 2023 3 25 /01 /janvier /2023 14:24

 

Var-matin a récemment publié l'historique des projets qui se sont succédé depuis 30 ans pour tenter de résoudre la difficile question de la traversée routière nord-sud de La Seyne par le goulet d'étranglement du port.

 

Chaque candidat aux élections municipales y est en effet allé de sa proposition, plus ou moins réaliste car plus ou moins intégrée dans le paysage urbain et portuaire, plus ou moins règlementairement faisable (on est dans une rade militaire et une zone patrimoniale protégée...), et plus ou moins financièrement concrétisable.

 

Avec un projet de pont, récemment devenu un tunnel, l'alternance politique seynoise de 2020 a remis en question un programme que la Métropole Toulon Provence Méditerranée avait pourtant arrêté, pré-budgétisé et pré-programmé dans le calendrier prévisionnel du "Nouveau programme national de rénovation urbaine" des centres-villes de Toulon et La Seyne. C'était un élargissement des quais.

 

C'est bien dommage. Mais rien n'interdit de revenir à la raison.

 

 

IL EXISTE DEPUIS 2019 UN PROJET RAISONNABLE DE TRAVERSÉE DU PORT

 

Oui, ce qui avait été une chimère pouvait devenir réalité. Après une étude de plus d'une année portée par la Métropole qui, il faut le rappeler, est seule compétente en matière de voiries et de rénovation urbaine, un avant-projet a été finalisé le 27 septembre 2019.

 

Il était prévu un élargissement des quais du port permettant de reporter la circulation automobile sur une partie du plan d'eau portuaire actuel, jusqu'à la première panne, les anneaux d'amarrage "perdus" étant reportés vers un quai du site des anciens chantiers navals. Outre les terrasses élargies, l'espace gagné sur les actuelles voies de circulation aurait permis le passage du futur bus à haut niveau de service (BHNS) et les modes doux de mobilités (piétons, vélos, etc.). Les schémas ci-dessous, extraits du document de la Métropole, en montrent le principe général.

 

 

 

UNE TRAVERSÉE BUDGÉTISÉE, AVEC UN CALENDRIER PRÉVU PAR LA MÉTROPOLE

 

Une estimation du coût du projet a été réalisée. Le même document de la Métropole le présente. L'extrait ci-dessous montre que les différents chantiers représentaient, en 2019, un coût total d'un peu moins de 20 millions d'euros (19.721.834 euros), à la charge de Toulon Provence Méditerranée, devant s'inscrire dans le cadre du programme faisant l'objet de la déclaration d'utilité publique (DUP) du transport en commun en site propre (TCSP). Même si, comme pour tout projet important sur les infrastructures, les montants auraient certainement dû être réévalués, c'était beaucoup moins coûteux que n'importe quel projet de pont ou de tunnel. 

 

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Un calendrier prévisionnel avait été élaboré. Les diverses phases d'étude et préparation (beige clair sur le tableau ci-dessous, également extrait du document de TPM) et celles de travaux (marron) étaient prévues pour démarrer en 2023 et s'achever en 2030, l'essentiel étant réalisé autour des années 2026 et 2027. Il y aurait certainement eu du retard comme pour toute opération touchant à d'importantes infrastructures, mais un horizon était dessiné.

 

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LE "PONT DE LA RÉCONCILIATION"... IMPOSSIBLE !

 

Ce programme a été intégré début 2020 dans la convention devant être signée entre la Métropole et l'État pour le financement du renouvellement urbain des centres-villes de Toulon et de La Seyne. Mais c'était sans compter avec le renoncement de la nouvelle équipe municipale qui avait prévu dans son programme la réalisation, au lieu de l'élargissement des quais, d'un ouvrage cher à l'un de ses plus éminents colistiers, Guillaume Capobianco : une passerelle routière aux abords de notre historique pont levant, le fameux "Pont de la Réconciliation". La convention a ainsi été modifiée, comme il apparaît sur l'extrait ci-dessous.

 

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J'avais alors émis des doutes sur la faisabilité de cette "passerelle-pont". Je m'en étais inquiété dans un article de ce blog qu'on peut relire en cliquant pour l'agrandir sur sa reproduction ci-dessous.

 

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LA MAIRE A RENONCÉ AU PROJET IRRÉALISTE DE PONT, MAIS...

 

Je ne m'en réjouis pas, mais les faits me donnent aujourd'hui raison. Pas plus que la "réconciliation" entre la maire et le promoteur du projet de pont-chimère, Guillaume Capobianco, le "Pont de la Réconciliation" ne semble plus désormais à l'ordre du jour. La maire l'explique dans un article paru dans Var-matin, avançant les mêmes causes d'abandon que celles que j'avais moi-même évoquées.

 

Mais la solution d'une traversée immergée, qui semble maintenant être retenue par la maire, rencontre elle aussi des obstacles tels que ses divers instigateurs, dont le maire Maurice Paul (1995-2001) et... moi-même en 2008, y avons renoncé. La maire tiendra-t-elle enfin compte des analyses du passé ? La Métropole se décidera-t-elle à siffler la fin de la récréation seynoise ?

 

 

LA RAISON EST-ELLE UN CONCEPT ENCORE EN VIGUEUR À LA SEYNE ?

 

Il est temps que tout le monde revienne à la raison. Il n'y a pas besoin d'organiser un référendum comme le demande l'extrême-droite, selon son habitude funeste de politique démagogique. Pour une fois, tout le monde pourrait s'entendre sur le programme simple d'un élargissement des quais du port.

 

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que ce projet, lorsqu'il avait été soumis aux divers votes du conseil municipal et du conseil métropolitain, avait recueilli un assentiment unanime de toutes les familles politiques. Mais c'était avant que la course au pouvoir local ne soit relancée avec l'élection municipale de 2020 et son lot de promesses toutes plus irréalistes les unes que les autres, pourvu qu'elles séduisent l'électeur.

 

On est en 2023. Les élections locales ont eu lieu, il ne devrait pas y en avoir d'autres avant 2026. Peut-être est-il temps de revenir à la raison. Mais la raison est-elle encore un concept en vigueur chez les acteurs de la majorité aux affaires de notre ville ?...

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12 juin 2022 7 12 /06 /juin /2022 09:47

Il suffit de feuilleter le programme de la désormais très ébranlée "Coalition" de la maire de La Seyne pour retrouver l'engagement pris par la Municipalité pour le devenir du projet de cinémas, d'hôtels, de services, de loisirs et de culture pour l'aboutissement duquel mon équipe avait travaillé d'arrache-pied durant des années. « Notre priorité culturelle est la création d'un cinéma, nous poursuivrons le projet des Ateliers mécaniques », affirmait en 2020 l'équipe Bicais-Colin (page 12 du livret, qu'on peut agrandir en cliquant sur l'image ci-dessus).

 

Un mensonge de plus. On sait désormais que c'était de l'enfumage électoraliste. Les masques sont enfin tombés et les vérités révélées. Mais comment rattraper le temps perdu ?

 

 

DES ANNÉES DE MENSONGES QUI ONT EU RAISON D'UN BEAU PROJET

 

Nous le pressentions depuis que se succédaient les recours contre les diverses délibérations du conseil municipal permettant de faire avancer le projet. Ils ont certes été tous rejetés, en première instance comme en appel, par la justice administrative, mais que de temps perdu !

 

Il était tout de même étrange qu'une association de défense de l'environnement s'obstine à ferrailler juridiquement contre un programme qui, outre son intérêt patrimonial, économique et culturel, allait permettre la dépollution d'un site littoral qui avait été souillé de produits industriels extrêmement dangereux, en surface et en profondeur, pendant plus d'un siècle. On en a eu l'explication lorsque, lors de la campagne électorale de 2020, les principaux responsables de cette association se sont révélés être en soutien à la « Coalition » qui allait permettre l'élection de l'actuelle maire...

 

Ces manigances étaient d'ailleurs corroborées, en juillet 2019, par une déclaration violente et encore totalement mensongère, parue dans la page du magazine municipal dédiée à l'expression des minorités, publiée par ceux qui, siégeant alors dans l'opposition de droite au conseil municipal, président aujourd'hui aux destinées de La Seyne.

 

 

AUCUN JUGEMENT DÉFAVORABLE, AUCUNE INCIDENCE FINANCIÈRE, AUCUN ÉCHEC DE NOTRE PART !

 

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Quelle meilleure défense que l'attaque ! Qui peut aujourd'hui croire que, en fustigeant ma gestion, en m'accusant de mensonge, en indiquant faussement que j'aurais été condamné par la justice administrative et que mes supposés errements allaient coûter cher aux contribuables, la majorité municipale actuelle ne préparait pas son élection qui allait lui permettre, malgré toutes ses dénégations, d'enterrer le projet de notre Atelier mécanique dont elle n'avait cessé de saper les fondations depuis son origine ?...

 

Et ce furent enfin les évocations malicieuses par la maire, à plusieurs reprises, dans la presse locale, d'une enquête préliminaire ouverte après que le procureur de la République a été saisi par l'association Anticor pour un supposé délit de favoritisme dans le choix de l'opérateur auquel allait être confiées la réalisation et la gestion du programme de cinéma et d'hôtels. Il n'en était évidemment rien. L'enquête a été classée sans suite. Nul délit pénal n'a été reproché, ni aux fonctionnaires communaux, ni à moi-même. La maire, au courant depuis près de deux mois, a dû se résoudre à l'annoncer.

 

 

ET MAINTENANT, QUELLES SONT LES INTENTIONS DE LA MAIRE ?

 

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Nous voilà au terme d'années de contrevérités qui auront permis à la maire et son équipe de faire échouer un projet tant attendu des Seynois. Les faits sont têtus : nous avons conduit sans anicroche la gestion de celui-ci, comme le prouvent les décisions successives de la justice administrative et pénale, et sans aucun risque financier pour la commune.

 

Les masques sont désormais tous tombés. Les vérités sont révélées au grand jour. Tous les obstacles sont levés. Objectivement, rien ne s'oppose désormais au démarrage du projet. Mais qu'a donc désormais derrière la tête la municipalité ? La maire reprendra-t-elle contact avec les opérateurs retenus qui pourraient bien s'être lassés de tant d'années d'atermoiements, voire qui pourraient s'estimer fondés à réclamer réparation ?

 

Ou bien, comme avec le sujet de Bois Sacré, avec quelque lubie pouvant surgir de son cerveau, la maire entrainera-t-elle La Seyne dans de nouvelles longues décennies d'expectative quant à la revalorisation culturelle, économique et sociale du dernier vieil équipement du patrimoine industriel historique de notre ville ?...

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 05:13

Remarquables et de grande qualité. Il serait malhonnête de trouver à redire aux événements culturels et festifs qui ont marqué le bicentenaire de la mort de Bonaparte. Les Seynois et leurs visiteurs ont apprécié à leur juste valeur les spectacles et animations qui ont rythmé ce temps fort de la vie locale.

La municipalité, ses fonctionnaires, les acteurs associatifs et économiques partenaires, doivent voir leur engagement salué.

C'est à raison que l'équipe municipale a emboité le pas de ses prédécesseurs pour offrir à nos concitoyens des moments exceptionnels alliant éveil culturel et historique et convivialité festive.

 

Il va se trouver du monde pour réagir à ce que je viens tout juste d'écrire, sur un registre du genre : « quand il ne critique pas, il faut quand même qu'il tire la couverture à lui... ». Pas du tout, c'est même le contraire : c'est simplement une petite riposte en forme de rappel historique à une déclaration de la maire qui, même si tout le monde se dit ravi de cette belle fête à mettre à son actif, ne peut décidément pas se départir d'une fâcheuse tentation politicienne, relayée par Var-matin : « C'est le premier acte de la reconquête de notre histoire et de notre patrimoine ».

Car, en effet, les Seynois, qui n'ont pas la mémoire courte, auront eux-mêmes relevé cette inexactitude de la part de la première magistrate. Non, il est fallacieux de dire que c'est « le premier acte » ! Tous les prédécesseurs de la maire peuvent, peu ou prou, se prévaloir, avec les employés de mairie et les partenaires associatifs, d'avoir proposé à notre population des moments forts de vie sociale et culturelle imaginés et réalisés à partir de l'évocation d'un événement de l'histoire riche de notre belle ville.

 

DES 350 ANS DE L'INDÉPENDANCE DE LA SEYNE AU CENTENAIRE DU PONT LEVANT, EN PASSANT (DÉJÀ...) PAR LES SOLDATS DE L'AN II DE... BONAPARTE

1657-2007 SUR LE SITE LA SEYNE INFO

Pour n'évoquer que les plus récents événements s'inscrivant dans cette démarche, je rappellerai seulement les fêtes et spectacles qui ont été organisés par l'équipe d'Arthur Paecht, maire de 2001 à 2008, à l'occasion des 350 ans de l'érection de La Seyne en commune indépendante de Six-Fours.

On a toujours plaisir à retrouver les images de ces moments sur le site Internet La Seyne Info que fait vivre depuis des années le bien connu Nicky avec le soutien de l'association Le Cri. C'était à l'été 2007.

SOUVENIRS DE LA COMMÉMORATION DES SOLDATS DE L'AN II

Ce fut ensuite, alors que c'était notre équipe qui présidait aux destinées de notre commune, la commémoration des 220 ans des soldats de l'An II (eh oui, déjà Bonaparte à La Seyne...). On était en 2013. L'historien local Henri Ribot relevait lors du lancement de cette manifestation festive : « Leurs noms ne sont pas sur des monuments (...) Des hommages ont été rendus, à travers la France, à ces soldats, les volontaires de l'An II, à l'origine de l'armée de la Nation, tombés sur d'autres fronts, mais pas à ceux de Toulon. ». La Seyne réparait cette omission.

Et puis, plus tard, en 2017 c'était le centenaire du pont levant de nos chantiers navals, qui a donné lieu à des événements appelés « La Navale enchantée » dont les vidéos ci-dessous, en ligne sur la chaine Internet municipale La Seyne TV, rappelleront à chacun de beaux souvenirs.

Oui, à La Seyne, quelles que soient les équipes municipales, toutes ont eu à cœur de nous amener à « la reconquête » (ou la conquête, pour nos nouveaux venus) « de notre histoire et notre patrimoine ». Avec le regret constant, au regard des difficultés financières que la ville connaît depuis des décennies, même si le talent et l'implication des employés communaux et des associations les compensent en bonne partie, de ne pouvoir plus fréquemment rythmer la vie de notre cité de ces temps d'éveil historique et culturel sur fond de fête populaire.

 

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12 mars 2020 4 12 /03 /mars /2020 06:58

Je propose aux visiteurs de mon blog un quatrième quizz de 10 questions, portant, cette fois-ci, sur le bilan et les projets relatifs à la défense et la valorisation du patrimoine seynois, ainsi qu'à la maîtrise harmonieuse du développement raisonné et durable du territoire communal.

 

Pour jouer, il est utile de prendre connaissance du document « Le Journal, l'énergie positive » qui est accessible en lecture à l'écran en cliquant sur l'image illustrant cet article ou ICI.

 

Le quizz est en train de charger depuis Quizity.com, le site pour créer un quiz, veuillez patienter...


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18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 05:32

L'horizon se dégage sur la baie de Tamaris. Après la ville de La Seyne il y a trois ans, puis, récemment, la Région Provence, qui ont déjà donné un avis favorable, le président de Toulon Provence Méditerranée, que j'ai sollicité en ce sens en ma qualité de vice-président métropolitain chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche, vient de me faire connaître son accord de principe.

Nos trois collectivités participeront ainsi au projet de transformation de l'Institut Michel-Pacha, ce domaine patrimonial exceptionnel de notre corniche de Tamaris, en centre international de séminaires scientifiques. C'est un bel aboutissement des démarches pugnaces que nous avons engagées il y a dix ans avec Florence Cyrulnik, alors adjointe à la Culture et au Patrimoine. 

 

UN LIEU PATRIMONIAL D'EXCEPTION POUR LA VIE SCIENTIFIQUE

Ce sont près de six millions d'euros qui seront nécessaires à la réhabilitation de ce joyau architectural qui sera ainsi protégé, rénové et mis en valeur, tout en conservant la destination scientifique qui est la sienne depuis sa fondation à la fin du XIXe siècle. La Métropole et la Région seront appelées à participer chacune à hauteur de 5% du budget nécessaire, et j'ai confirmé que le terrain communal jouxtant la propriété sera disponible pour un usage de parking.

L'Université de Lyon 1, bénéficiaire du domaine qui a été mis à sa disposition par notre grand visionnaire local, Marius Michel de Pierredon, dit Michel Pacha, dont nous commémorons cette année les 200 ans de la naissance, fondateur de la station balnéaire de Tamaris – Les Sablettes, combinera le gros des financements qui s'inscriront dans le cadre des Initiatives d'excellence en matière d'investissements d'avenir du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.

 

UN SITE OUVERT À LA PROMOTION DE LA CULTURE SCIENTIFIQUE

Si le calendrier de travaux envisagé par les universitaires lyonnais est respecté, dès le début de l'année 2022, l'Institut Michel-Pacha version 2.0 accueillera ses premiers séminaires scientifiques de la nature et de l'environnement, déclinés en ateliers, cours thématiques, réflexions créatives, regroupant dans un cadre rare des chercheurs du monde entier de diverses disciplines, mais aussi des acteurs du monde économique, tant la recherche et l'économie se dynamisent l'une l'autre.

Les Seynois, les habitants du Grand Toulon et nos visiteurs ne seront pas oubliés, puisque l'Université de Lyon entend bien ouvrir ses portes pour des événements de vulgarisation de la culture scientifique. Un élément de plus pour le rayonnement de notre ville qui se singularise déjà en ce domaine en organisant chaque année la plus importante Semaine de la Science du département du Var sur son Parc de la Navale, événement annuel que notre équipe a créé il y a neuf ans.

Mais ça n'empêchera pas certains de continuer à ressasser que, chez nous, il n'y a rien qui va, que la commune ne fait rien, et que la métropole est oublieuse de La Seyne...

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5 décembre 2018 3 05 /12 /décembre /2018 03:58

On me questionne très souvent sur le sujet. Le projet d'un complexe de cinémas, d'hôtels et de commerces de bouche, de loisirs et de culture, engagé depuis 2009, valorisant l'élément majeur de notre patrimoine industriel qu'est notre « Atelier mécanique », sur le site de nos anciens chantiers navals, va-t-il enfin voir le jour ?

 

Nous bouillons tous d'impatience. Il est vital que les derniers obstacles soient levés et que le chantier démarre. Et il y a de nombreuses raisons à cela.

La Seyne est la seule ville de France de plus de 50.000 habitants à ne pas disposer d'une seule salle de cinéma.

La dynamique qui s'exerce à la fois autour des hautes technologies de notre « pôle mer » et de notre potentiel littoral et balnéaire propice au développement de l'économie du tourisme, de la culture et des loisirs, imposent que nos capacités hôtelières aillent en s'accroissant.

 

UNE RECONQUÊTE ENTAMÉE IL Y A 20 ANS

L'un de mes prédécesseurs, Maurice Paul, et la Chambre des métiers et de l'artisanat du Var ont entamé la reconquête du site de nos anciens chantiers navals avec la construction du Centre de formation des apprentis des métiers de la mer et la réalisation de la zone économique nautique Joseph-Grimaud.

Son successeur Arthur Paecht a poursuivi avec le Parc de la Navale et la mise en valeur du Pont Levant et de la Porte Principale des Chantiers.

Notre équipe a continué avec notre casino de jeux, l'aménagement des quais pour l'accueil des grands yachts, la création du terminal de croisières avec la Chambre de commerce et d'industrie du Var, et l'installation du chantier Monaco Marine.

Le parachèvement de cette reconquête de notre ancien site industriel, presque en plein cœur de ville, est indispensable en matière d'aménagement urbain. Peut-on durablement imposer aux croisiéristes de longer une ruine pour se rendre vers notre centre-ville ? Peut-on différer plus longtemps les aménagements de voirie et d'espaces publics qu'on ne pourra réaliser qu'après l'achèvement des dernières surfaces reconquises ? Peut-on priver à l'infini nos nouveaux concitoyens des résidences du quartier des Mouissèques de l'environnement de rêve que les constructeurs leur ont vendu ? Peut-on supporter encore que ne soit pas traitée la pollution accumulée au cours d'un siècle et demi d'industrie navale ? 

Peut-on longuement, dans un contexte économique morose, se priver du travail offert à des centaines d'employés du bâtiment et des travaux publics appelés à réaliser ce complexe, puis négliger les emplois dont profiteront durablement les deux centaines de futurs salariés des cinémas, des établissements hôteliers et des commerces et services ?

Et, on me pardonnera de l'évoquer un peu égoïstement, peut-on concevoir que perdure un endroit à haut risque alors que, depuis dix ans, je tremble jour et nuit qu'un accident grave n'arrive à un des nombreux intrus ayant pénétré sur le site, malgré les clôtures sept fois réparées sur le budget communal ?

 

TOUTE UNE VILLE EST DANS L'IMPATIENCE

Je suis certain que tous, depuis les 6.000 signataires de la pétition initiée par une association pour réclamer que cessent les entraves au projet jusqu'aux investisseurs qui doivent piaffer d'impatience pour s'engager dans cette belle aventure économique autant que patrimoniale, depuis les aficionados du grand écran jusqu'aux entrepreneurs des sociétés voisines, depuis les gamins de nos quartiers populaires jusqu'aux retraités de nos sites résidentiels, depuis les anciens travailleurs de « la Navale » qui attendent que revivent ces immenses nefs fantômes jusqu'aux jeunes qui n'ont jamais entendu le bruit de la forge et la sirène de l'appel au labeur, depuis ceux qui en 2014 ont freiné le projet pour des raisons politiciennes jusqu'aux artistes qui regretteront de perdre un espace d'expression picturale un peu sauvage, depuis ceux qui espèrent trouver un emploi jusqu'aux bénévoles de l'association environnementale qui, pourtant, conteste le permis de construire, tous, vraiment, aujourd'hui, veulent que... ça sorte enfin !

Tous savent que ça n'a que trop duré. En 2019, cela fera dix longues années que nous aurons lancé le programme. Ça aurait dû être l'année de l'inauguration et l'ouverture au public de cette pièce majeure du puzzle de la réappropriation économique, patrimoniale, urbaine, culturelle et sociale de cet immense territoire de la construction navale.

 

LE SPECTRE DE LA MORT DE « LA NAVALE » PLANERA-T-IL ENCORE SUR LA SEYNE ?

Le 18 décembre, dans deux semaines, le Tribunal administratif de Toulon se penchera sur la requête en annulation du permis de construire. Les investisseurs ont répondu aux attentes en matière de stationnement, de respect de la loi littoral, et de gestion des sols pollués ( * ). Tout le monde sortirait grandi, fier de son œuvre et de sa contribution à une belle aventure collective, d'un terme mis à cette procédure avant cette fatidique date car, si par malheur la justice administrative donnait un coup de frein au programme, cela pourrait signer l'arrêt de mort de cet acte de reconquête urbaine si indispensable à notre territoire.

À défaut d'une issue heureuse, la grande et dangereuse carcasse de l'Atelier mécanique continuerait à polluer les sols urbains et les eaux de la Rade, et à dresser jusqu'à son ultime affaissement son squelette de métal où s'accrochent ses lambeaux de chair de momie de briques, déployant pour de nouvelles trop longues années, sur une ville qui s'acharne à revivre et reprendre sens, le spectre sinistre des temps de malheur de la fin de la construction navale.

 

 

( * ) : Les trois sujets d'inquiétudes de l'association qui demande l'annulation du permis de construire sont levés :

- la commission nationale d'aménagement commercial statuant en matière cinématographique a validé le nombre de places de parking et, pour donner de l'air au projet, il est prévu une centaine de places supplémentaires.

- le programme prévoit la démolition de 2400 m2 de bâti et la construction de moins de 700 m2 ; il y aura donc 1700 m2 de bâti en moins que dans la situation actuelle, même s'il est patent que nous sommes en zone urbaine et que la Loi Littoral ne semble pas devoir s'appliquer.

- la DREAL (direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement), service de l'État, a validé le process de dépollution, et le porteur de projet est même allé au-delà des obligations en s'engageant à un enlèvement et un traitement des terres souillées.

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