14 janvier 2026 3 14 /01 /janvier /2026 04:40

 

Il est encore temps pour les courants seynois des gauches, de l’écologie, du régionalisme, et plus largement tous les humanistes, de s’unir pour ne décevoir ni inquiéter les électeurs qui comptent sur eux.

 

Mais ce temps s’amenuise.

 

 

Ceux qui ont quitté la démarche commune, qu’ils soient insoumis, communistes ou républicains-socialistes, devraient y revenir. Les autres, dont les écologistes et les socialistes, qui, respectant la méthode partenariale, ont poursuivi le travail, finalisé le programme puis choisi Olivier Andrau pour l’animer, doivent être ouverts à l’idée du retour de ceux qui se sont éloignés.

 

En 2020, 35 % des voix se sont portées au premier tour sur les deux listes des gauches et de l’écologie. En 2026, avec l’essor de l’extrême-droite et trois listes annoncées, l’éventualité est réelle que, désunies, aucune n’accède au second tour, faute d’obtenir au premier les nécessaires 10 % des suffrages ( * ).

 

Se rassembler ne devrait pas poser problème : les trois chefs de file, partageant une vision pour La Seyne, figuraient sur une seule liste en 2020, celle que j’animais ( ** ), et portent le même projet depuis un an ( *** ).

 

Or, et c’est vieux comme le monde, de faux prétextes à abandonner le collectif, exprimés en « pas assez à gauche », « professionnels de la politique », « trop macron-compatibles », et autres anathèmes infondés, ne servent qu’à masquer des stratégies absconses en vue d’un hypothétique “coup d’après”, des rancœurs personnelles, ou des ambitions égoïstes, faisant peu de cas de la démocratie de la méthode, et trompant ou déroutant les citoyens.

 

On y est habitué à La Seyne ( **** ). Mais, dans le contexte actuel, s’arcbouter sur de telles positions, ce serait risquer de contraindre les Seynoises et Seynois à n’avoir de choix de second tour qu’entre une extrême-droite dangereuse par son idéologie et son incompétence et une droite qui a montré durant six ans qu’on ne peut lui faire confiance.

 

Ce serait une faute lourde.

 

 

 

________________________________

 

( * ) : Lors du second tour, seules les listes ayant obtenu au premier tour au moins 10% des suffrages exprimés sont autorisées à se maintenir. Elles peuvent connaître des modifications, notamment par fusion avec d’autres listes pouvant se maintenir ou fusionner. Les listes ayant obtenu au moins 5% des suffrages exprimés peuvent fusionner avec une liste ayant obtenu plus de 10%. Voir ICI les règles du mode de scrutin.

 

( ** ) : Olivier Andrau, Stéphane Sacco et Zohra Sidi Dris étaient tous trois en position éligible en cas de victoire sur la liste que je conduisais en 2020. Voir ICI.

 

( *** ) : Il y a un an, en janvier 2025, les principaux partis des gauches et de l'écologie ont communiqué ensemble sur les orientations qu'ils partagent. Voir ICI un article de Var-matin présentant ces axes du projet unique. Quant aux positions politiques nationales, puisqu'elles sont mises en avant par certains “donneurs de leçons de gauche” alors qu'elles sont hors sujet pour un projet local, je renvoie aux votes parfaitement identiques au Parlement des divers socialistes, qu'ils soient adhérents du PS ou de GRS.

 

( **** ) : Depuis 1989, à chacune des élections municipales à La Seyne, il y a eu deux ou trois listes de gauche et/ou écologistes. Voir ICI quelques-uns des bulletins de vote et ICI (excellent site de Jean-Claude Autran) des éléments historiques sur ces diverses élections.

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25 décembre 2025 4 25 /12 /décembre /2025 08:36

 

 

 

Une fin d'année la plus heureuse possible pour toutes et tous...

 

 

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15 décembre 2025 1 15 /12 /décembre /2025 13:31

 

« Beaucoup doivent penser comme moi : quitte à voter, autant l'essayer... » Ces jours derniers, une dame, selon Var-matin, s'exprimait en ces termes, ajoutant de plus « qu'on n'est pas complètement idiots, même le RN à des casseroles au c... », manière de dire que peu lui importent les affaires jugées ou pendantes qui l'entachent, du moment qu'on opte pour la nouveauté... ou l'inconnu...

 

Pendant ce temps, à 11000 kilomètres de notre rue Cyrus-Hugues où se déroulait cet échange, les Chiliennes et les Chiliens votaient. Et choisissaient de... l'essayer. Pourtant, il y a cinq décennies, d'Iquique à Punta Arenas, ils l'avaient essayé, pas en votant mais en le subissant à la suite d'un coup d'État. Ce furent des dizaines de milliers de violations des droits de l'homme, la violence politique, les assassinats, les disparitions. Et l'histoire, la nôtre et celle du Monde, celle d'hier et celle d'aujourd'hui, regorge d'événements qui devraient conduire à y réfléchir à deux fois.

 

Non, l'extrême-droite, et tous les totalitarismes, ne prenons pas le risque de... les essayer.

 

 

On me dira qu'un maire ne dispose pas de la force armée, de la police et du renseignement, et d'autres instruments de la répression. Mais, partout où elle est arrivée aux affaires communales, l'extrême-droite s'est employée à saper les services publics et les fondements démocratiques et républicains qui garantissent la cohésion sociale, donc la sécurité et le vivre-ensemble de tous. Les communes, ce sont de véritables bancs d'essai de ce que pourrait être une gestion nationale.

 

 

L'EXTRÊME-DROITE, C'EST UNE ATTEINTE À LA FRATERNITÉ

 

À Mantes-la-Ville (Yvelines), le maire, en trois ans, a divisé les subventions aux associations par deux, réduit les services au public en supprimant 20% d’agents municipaux, limité au minimum tout ce qui a trait au social. À Hayange (Moselle), la municipalité a coupé le gaz et l’électricité au Secours populaire, l'enjoignant en même temps de quitter les locaux communaux qu’elle occupait. A Villers-Cotterêts (Aisne), ça a été le ramassage scolaire des quartiers excentrés qui a été remis en cause, tandis que les tarifs de la cantine scolaire se sont envolés alors que la ville ne connaissait aucun problème de finances, le maire expliquant vouloir responsabiliser les familles : « Rien n’est gratuit dans ce monde. Expliquons aux gens que tout à un prix. » À Fréjus (Var), le maire a gelé les subventions d'associations sociales et culturelles du quartier de La Gabelle, majoritairement habité par une population très pauvreAu Luc (Var), après l'annonce par le préfet de l'arrivée d'une trentaine de migrants dans un centre agréé, ça a été un déferlement de propos de rejet de ces malheureux qualifiés de « clandestins » dans une lettre du maire à ses administrés, assorti du vote d'une charte intitulée « Ma commune sans migrant ».

 

 

L'EXTRÊME-DROITE, C'EST LA DÉMOCRATIE LOCALE BAFOUÉE

 

À Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), c'est un adjoint au maire, directeur de la publication du magazine municipal, qui a été condamné pour non respect de la pluralité et du droit de réponse, pendant que le maire s'emploie sans cesse à museler ses détracteurs (lire ICI une interview de Marine Tondelier, conseillère municipale écologiste). À Orange (Vaucluse), c'est une curieuse conception de la démocratie, avec une mairie qui, pour un sujet aussi important que le vote du plan local d'urbanisme, s'est refusée à fournir les documents nécessaires à la connaissance du dossier.

 

 

L'EXTRÊME-DROITE, C'EST UNE DÉGRADATION DE LA GESTION LOCALE

 

On se souvient bien sûr de l'état exsangue dans lequel le Front National a laissé les finances de notre ville voisine de Toulon en 2001. Mais c'est de partout pareil. À Beaucaire (Gard), la chambre régionale des comptes d’Occitanie, dans un rapport produit en 2020, a mentionné « des défaillances en série », une « gestion hasardeuse », des « recrutements irréguliers », des « rémunérations anormales en heures supplémentaires », « l’absence de stratégie RH », « un budget en communication disproportionné » et des « changements brutaux d’affectation de personnels ». Encore tout près de chez nous, je renvoie aux récents articles de la presse pour se faire une idée de ce qu'il en a récemment été à Cogolin et à Fréjus, avec des mises en cause des maires sur des dossiers financiers.

 

 

L'EXTRÊME-DROITE, C'EST UNE EXACERBATION DE L'EXCLUSION

 

À Hénin-Beaumont, comme à Perpignan (Pyrénées Orientales), à Fréjus (Var) et Béziers (Hérault), le média "Ripostes" a rapporté que « les pratiques violentes et discriminantes des polices municipales de ces villes dirigées par l’extrême droite font régulièrement la une a minima des médias locaux et régionaux et, parfois, s’étalent dans la presse nationale. Suréquipées, armées, ces polices bénéficient de moyens et d’effectifs bien supérieurs à ce qu’il est possible de constater dans des agglomérations de taille équivalente. » On n'a pas de mal à imaginer ce que pourraient devenir les forces de police d'une extrême-droite au pouvoir national, au service d’une politique d’exclusion, outrepassant en permanence le rôle qui leur est dévolu.

 

 

« L'essayer, c'est l'adopter. » Ce slogan publicitaire, utilisé tour à tour pour une bicyclette, une cafetière, du dentifrice, des lentilles oculaires ou une chaîne hôtelière, l'extrême-droite l'a fait sien depuis une dizaine d'années. Pourtant, on le voit à l'usage, ceux qui l'ont essayé dans leurs communes s'en sont pour beaucoup mordu les doigts. Derrière les sourires, les selfies et les tapes sur l'épaule d'une campagne électorale locale, c'est le pire qui se cache et peut survenir.

 

Trente-cinq ans après la fin d'une dictature qui a causé 40000 victimes, j'ai aujourd'hui une pensée pour le peuple du Chili. Et en particulier pour nos amis de Tortel, commune-sœur de La Seyne. Je ne voudrais pas devoir en avoir une, demain, pour La Seyne, voire, après-demain, pour notre Nation.

 

Puissent l'avoir en tête ceux qui, par leur nécessaire et toujours possible unité autour d'un projet social, écologiste et humaniste, peuvent éviter aux Seynoises et Seynois d'avoir à... l'essayer.

 

 

 

Ci-dessous quelques notes du chanteur Julos Beaucarne qui devraient nous rappeler que le pire ne s'est pas arrêté avec les années 40...

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2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 03:58

 

Moi qui, tout athée que je suis, fais la crèche chaque année et qui ai défendu l'idée que des santons et des crèches conservent toute leur place dans l'espace public, en particulier lors de nos regrettées Fêtes calendales du Fort Napoléon, parce qu'elles relèvent plus d'une dimension patrimoniale que d'une ferveur religieuse, je me suis tout de même questionné sur la raison pour laquelle l'illumination qui, en entrée de ville, nous souhaitait naguère de « Joyeuses fêtes » nous promet désormais un « Noël à La Seyne » et sur le choix d'afficher un tout nouveau « Joyeux Noël » sur la projection très réussie sur les façades du quai Gabriel-Péri.

 

C'est peut-être un détail ou un pur hasard. Mais, si ça ne l'était pas, ça pourrait être chargé de sens...

 

 

FÊTES DE YULE, CULTE DE MITHRA, SATURNALES, ET PUIS NOËL

 

Bien sûr, Noël, c'est la commémoration de la Nativité de Jésus-Christ, événement important pour les chrétiens du monde entier. Mais, historiquement, avec les efforts de christianisation déployés dans les premiers siècles de notre ère, les festivités qui lui sont liées résultent d'une volonté de remplacer peu à peu d'autres événements qui existaient autour du solstice d'hiver du 21 décembre afin d'ancrer solidement la nouvelle tradition religieuse dans l'Empire romain, puis au-delà.

 

Noël a ainsi remplacé Yule dans l'Europe du nord, une fête païenne préchrétienne célébrée par les peuples germaniques. Il n'est d'ailleurs pas neutre que, sous le Troisième Reich dont beaucoup de chrétiens engagés ont cruellement été victimes, Yule a été instrumentalisé à des fins idéologiques pour servir la propagande nationale-socialiste. De même, la christianisation de l'Empire romain et ses lois anti-païennes ont accentué la disparition du culte de Mithra, divinité initialement indo-iranienne également fêtée aux alentours du solstice d'hiver. Les Saturnales, aussi, des fêtes se déroulant dans l'Antiquité romaine au cours de la semaine du solstice d'hiver pour célébrer le dieu Saturne, accompagnées de grandes réjouissances populaires, conservées dans la tradition provençale avec les "fêtes calendales" mi- religieuses et mi-païennes, ont dû laisser la place à la célébration chrétienne.

 

 

TRADITION CHRÉTIENNE OU FÊTE UNIVERSELLE DE LA PAIX ENTRE LES HOMMES

 

Avec le temps, et notamment depuis le XIXe siècle, cette période de fin d'année est aussi devenue un temps festif de la famille et des enfants, en particulier en offrant des cadeaux. Certes les instances catholiques, et d'autres, désapprouvent depuis longtemps l'évolution mercantile de cette fête. Mais cette évolution vers une fête universelle parce que prenant peu à peu un caractère plus athée, qui n'interdit en rien aux chrétiens de vivre leur foi, en famille, avec leurs amis, dans l'espace privé, leurs églises et leurs temples, a permis aux pratiquants de toutes les religions comme aux agnostiques et libres-penseurs de se retrouver dans une même période de réjouissances, de convivialité et de paix.

 

C'est pourquoi le souhait municipal de « Joyeuses fêtes » était une adresse à l'ensemble de nos concitoyens et visiteurs, avec leurs diversités, dans l'esprit de notre Constitution qui stipule que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

 

Après qu'elle a supprimé nos Fêtes calendales profanes qui nous réjouissaient depuis quatre décennies de Berthe au Fort Napoléon et décidé d'organiser un pèlerinage catholique annuel à Notre-Dame-du-Mai, on ne peut qu'être dubitatif sur les intentions profondes de la municipalité. Est-ce qu'il a à présent été demandé aux agents communaux qui font chaque année un travail toujours plus remarquable de conception et réalisation de merveilleuses illuminations de changer une guirlande pour souhaiter désormais un « Noël à La Seyne » à la place de « Joyeuses fêtes » et de rajouter un « Joyeux Noël » à une projection murale ? Si tel était le cas, ça surchargerait d'une couche de doute les intentions de la municipalité en matière de laïcité. Surtout dans une période où la porosité s'accroît entre la droite et son extrême sur fond d'accents traditionalistes, d'imposture historique sur une pseudo identité judéo-chrétienne de la France et de l'Europe, de repli sur soi, de rejet et de stigmatisation de l'Autre, du Différent, de l'Étranger...

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19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 03:47

 

Si j'ai bien compris ce qu'on me dit de commentaires sur les réseaux sociaux, l'unité des gauches et de l'écologie pour l'élection municipale de La Seyne avancerait à tout petits pas.

 

L'important est qu'elle avance. Mais j'ai un peu de peine à comprendre une explication qui serait donnée pour expliquer cette lenteur : certains courants seynois se réclamant de la gauche ou de l'écologie seraient considérés par d'autres comme « macron-compatibles », donc indésirables dans la démarche unitaire locale.

 

Je veux croire que de telles étranges assertions ne relèvent que de plaisantins ou de malins de droite ou d'extrême-droite voulant semer la zizanie afin de faire capoter l'unité. Celle-ci est attendue par les Seynoises et Seynois humanistes et progressistes. Et elle l'est même, au-delà, par les gens lassés de l'affligeant spectacle donné par une municipalité inefficace et éclatée en autant de listes de candidats que de groupes dissidents mais refusant pour autant l'inconnu inquiétant d'un parti totalitaire et excluant.

 

 

DES « MACRONS-COMPATIBLES » AU SEIN DU FRONT POPULAIRE ?

 

Les premiers signataires du projet du Nouveau Front Populaire (NFP) sont Les Écologistes, La France Insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF), le Parti socialiste (PS), Place publique (PP), Génération.s (GS), Gauche écosocialiste (GES) et Gauche républicaine et socialiste (GRS). Aucune de ces organisations ne me semble « macron-compatible » au plan national. Pourquoi le seraient-elles au plan local ? À qui les farceurs ou les malveillants qui véhiculent cette idée pensent-ils ?

On me dira que le NFP de 2024, c'est de l'histoire ancienne. Ça l'est en effet en partie, en tous cas pour ce qui concerne le local, avec la position nationale prise par LFI de présenter a priori des listes isolées dans les grandes et moyennes communes pour les élections de 2026. Mais c'est tout.

 

 

DES « MACRON-COMPATIBLES » AUTRES QUE DE DROITE AU PARLEMENT ? 

 

Quant aux autres, posons un simple regard sur un vote symbolique à l'Assemblée nationale, celui de l'article 45 bis du projet de loi de financement de la sécurité sociale, relatif au report de la mise en œuvre de la réforme des retraites de 2023 qui, conduite à coup de 49.3, donc sans vote, fut un acte macroniste majeur s'il en est, pour le malheur de tous.

Les députés écologistes, PS, PP, Génération.s, GRS, régionalistes, Debout, et des ex-LFI d'APRES, ont voté POUR, les députés communistes ont voté CONTRE, et une députée APRES qui s'est abstenue a précisé que son abstention n'avait rien avoir avec celle des parlementaires macronistes. C'est-à-dire que tous ont émis des votes contraires à ceux des députés soutenant le gouvernement et le président de la République. Où sont les « macron-compatibles » ? Ce sont ces votes que LFI fustige, y compris ceux du PCF qualifié de girouette, pour justifier la désunion, à La Seyne, à Toulon, et ailleurs. Mais quels Seynois de tous ces partis votent au Parlement et quel est l'enjeu pour la vie communale ?

Nous étions loin d'être tous en phase, en 2016, avec la "loi travail", abusivement dite "loi El Khomri" car c'est M. Macron qui en est l'auteur depuis Bercy et M. Valls qui a imposé à la ministre de la porter, et ça n'a pas conduit à l'explosion de la majorité municipale d'alors. Il ne faudrait pas que les enjeux nationaux, sur lesquels existent des divergences naturelles au sein de la gauche, servent de prétexte à des ruptures locales.

 

 

CE SONT TOUJOURS "LES PLUS UNITAIRES" QUI ONT LA CONFIANCE DES SEYNOIS 

 

Alors, si ce n'est pas l'œuvre de blagueurs facétieux, on se demande ce que cherchent ceux qui enfourchent la monture des Insoumis et évoquent les soi-disant « macron-compatibles » qui se seraient faufilés dans les uns ou les autres des mouvements qui étaient bien partis pour construire ensemble l'unité, sinon à fragiliser le travail de recherche de consensus entrepris depuis des mois par les diverses sensibilités des gauches pour l'élection municipale.

On est habitué aux compétitions au sein de la fratrie de la gauche à La Seyne, avec des listes concurrençant la liste principale unitaire; Ça a été vrai à toutes les élections, en 1989, 1995, 2001, 2008, 2014 et 2020. Mais, les faits sont là, c'est toujours l'équipe qui semble aux Seynoises et Seynois "la plus fédératrice" qui recueille le plus de suffrages et qui a pu gagner trois fois sur ces six élections, et les listes jugées dissidentes par les électeurs, si elles n'en sont pas les seules causes, ne sont pas étrangères aux échecs des trois autres élections.

 

 

IL EST DES TRAINS À NE PAS MANQUER...

 

Alors, heureusement, ça n'a pas l'air de troubler outre mesure la plupart des gens investis dans les groupes qui constituent la grande majorité des sensibilités progressistes seynoises, puisqu'ils continuent leur préparation commune, pour finaliser un projet, puis constituer une équipe représentative, et choisir un ou une premier(e) de liste.

Je veux donc croire que ceux qui auraient été abusés au point de quitter le collectif vont se ressaisir et revenir autour de la table. Si je ne m'autorise pas à être insistant envers ceux qui ne sont pas des camarades de mon propre parti, la GRS, je me permets de l'être un peu avec ces derniers, leur disant fraternellement que ça ferait tache que le parti dont l'un des leurs a animé une unité continue des gauches pendant deux mandats s'exclue d'une démarche commune partagée.

Si, en 1936, les radicaux, pourtant souvent oscillants dans leurs alliances, les socialistes et les communistes avaient, les uns et/ou les autres, fait la fine bouche pour s'entendre, on n'aurait pas bénéficié des avancées sociales considérables qui ont révolutionné la société française de l'époque : droit syndical, semaine de travail de 40 heures, premiers congés payés, scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans, etc. Neuf décennies après le gouvernement de Léon Blum, ces acquis (ou plutôt "ces conquis") constituent toujours aujourd'hui le fondement de notre société et ce n'est pas pour rien que la droite, qu'elle soit extrême, républicaine ou macroniste, s'emploie sans relâche à les démanteler.

 

Je l'évoquais il y a peu dans ce blog, l'enjeu, pour La Seyne et la métropole, est plus sérieux que jamais. À Agen, où l'extrême-droite est en embuscade comme dans le Var, ils sont parvenus à l'unité la plus large, de Place Publique aux Insoumis. Il y a des trains à ne pas manquer. Il serait dommage que certains restent sur le quai. Et se le voient reprocher.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
16 novembre 2025 7 16 /11 /novembre /2025 16:46

 

En ce moment, je m'autorise plus que d'ordinaire à commenter la vie seynoise. Si je suis retiré de l'activité publique, je demeure citoyen de ma ville et de ma métropole. Leurs présents et leurs devenirs m'inquiètent. Ma réserve ne m'a rendu ni aveugle, ni sourd, ni ne m'a ôté mes convictions sociales et politiques. Je demeure avec fierté adhérent de mon parti, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), et j'essaie d'apporter ma contribution à ce retour des progressistes à la gestion de la ville qu'attendent des milliers de Seynoises et Seynois, à mon niveau et avec mes moyens. Ce blog ( * ) en est un.

 

J'ai aujourd'hui essayé de faire un tour d'horizon des candidatures, qu'elles soient certaines, probables, possibles ou éventuelles, proclamées, annoncées, chuchotées ou tues, pour l'élection de 2026. Et, à défaut d'être ne serait-ce qu'un brin instructif sur les projets respectifs, c'est parfois étonnamment singulier.

 

 

LA TRADITION SEYNOISE EST RESPECTÉE : ON NE MANQUERA PAS DE CANDIDATS !

 

À gauche, aucune tête de liste n'est pour l'instant désignée par le collectif de partis qui prépare l'élection, et MM. Andrau et Sacco ont chacun fait connaître leur proposition d'en assumer la charge. Nul doute que la raison va prévaloir et que l'un d'eux, ou un(e) autre, sera désigné(e) fer de lance au terme du processus partenarial engagé. J'ai aussi compris que les Insoumis présenteront une liste autonome, ce qui est bien dommage.

À droite, tous issus de la majorité sortante qui se déchire depuis son élection, les candidats putatifs ne manquent pas : M. Peurière l'a annoncé et mène campagne, M. Colin cultive habilement l'incertitude quant à la personne qui sera chef de file du groupe qu'il anime en organisant une « grande consultation », M. Capobianco communique mais a écrit qu'être candidat tête de liste « est un choix qui ne [lui] convient probablement plus », M. Minniti, le premier magistrat de circonstance, a dit qu'il ne se représenterait pas, puis est revenu sur ses propos, et il aurait autant tort de s'en priver que de se hâter, sa fonction de maire lui offrant une tribune suffisante, et M. Mansour est vaillamment en campagne, s'affirmant comme doublure ou hologramme d'une Mme Bicais empêchée.

S'annonçant sans étiquette, M. Dailleau a invité à l'inauguration de sa permanence, message relayé par un groupe intitulé "Les commerçants de La Seyne vous propose" (sic). Et, à l'extrême-droite, M. Muñoz est clairement engagé et j'ai déjà décoché quelques flèches sur l'incompétence que révèlent ses écrits promotionnels.

Mais, avec ce dernier, au moins, la couleur est affichée, c'est celle du Rassemblement National et du parti UDR des gens de droite passés sans honte à l'extrême. Les deux premiers évoqués plus haut, ceux de gauche, affichent tout autant leur engagement et ils ont bien raison : ils sont tous deux du Nouveau Front Populaire, tous deux socialistes, l'un de la nuance PS, l'autre de la tonalité GRS.

Ceux qui suivent un peu la politique locale savent aussi que, sauf changement récent, M. Colin est un adhérent de "Les Centristes", comme le chef de file désigné pour La Seyne par ce parti, M. Gioia, que MM. Capobianco et Minniti sont “Les Républicains", et que M. Mansour, naguère “Les Républicains”, est maintenant responsable macroniste d'"Horizons" pour La Seyne. Quant à M. Peurière, il était aussi adhérent d'"Horizons" lorsqu'il fut candidat macroniste sous l'étiquette "Ensemble" aux élections législatives de 2024.

 

 

DES PETITS MALINS QUI SE CROIENT FINAUDS EN AVANÇANT MASQUÉS...

 

Mais ce qui est étonnant, c'est que certains de ceux qui ont commencé à publier des documents de campagne, sur papier ou au format numérique, se gardent d'y afficher leurs appartenances ou sensibilités partisanes, ou les ont récemment modifiées.

De candidat affiché macroniste l'an dernier, l'un est devenu en quelques mois « 100% Seynois » et voilà que « [son] parti, c'est La Seyne ». Sur les dix lettres hebdomadaires déjà parues d'un autre assumant habituellement être chez "Les Républicains", on ne relève aucune référence au parti de M. Retailleau, mais au fait d'être comme le précédent « 100% Seynois », cependant du courant « Être utile ». Pas plus d'indication de leurs appartenances au parti "Les Centristes - Nouveau centre" sur les tracts de ceux qui fixent maintenant « Un cap pour La Seyne », que « vous connaissez » et qui « vous ressemblent ».

La palme revient toutefois à un autre qui affichait naguère fièrement sa responsabilité de chef local du parti macroniste "Horizons", mais qui, après avoir proclamé sa profession de foi "Unir pour bâtir, écouter pour agir" devenue "La volonté d'unir, le courage d'agir" dans une pirouette à la spécification sémantique du meilleur effet, s'efforce d'invisibiliser son engagement pour le Président de la République et le gouvernement dont les cotes de popularité n'ont jamais été aussi basses (et ça se comprend !) et, pas gêné d'apparaître comme une girouette opportuniste, mentionne désormais une nouvelle identité politique : "De droite et Patriote". Patriote... Patriote avec une majuscule, comme ceux du parti "Les Patriotes" de M. Philippot et d'autres, anciennes figures du Front National.

Reconnaissons-le, dans le sombre contexte varois, ça peut tromper son monde. Et c'est pour le moins astucieux.

 

 

__________________________________

( * ) : Je ne me prive pas d'écrire ce que je pense des faits et propos de ceux qui sont des adversaires des gauches et de l'écologie. Je ne m'interdirai pas non plus de chatouiller mes copains politiques si je l'estime utile à la cause. Mais, pour l'heure, on me dit que je m'acharne sur certains. Sauf qu'il n'y a à ce jour, à ma connaissance, que peu de candidats déclarés. Les autres ne perdent rien pour attendre, bien sûr dans l'objectivité et le respect dû aux gens.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
8 novembre 2025 6 08 /11 /novembre /2025 07:17

 

Chez nous, peut-être plus qu'ailleurs, l'enjeu majeur de l'élection locale de mars 2026 n'est pas l'élection municipale. C'est l'élection métropolitaine. Mais celle-ci est dépendante de celle-là. Ce sont des candidats pour être conseillers municipaux spécifiquement signalés (« fléchés ») sur les bulletins de vote qui seront aussi conseillers métropolitains s'ils sont élus.

 

Pourquoi est-ce donc un enjeu majeur ? D'une part du fait des importants champs de compétences transférés des communes aux intercommunalités depuis 2018 ( * ), et d'autre part parce qu'un vent mauvais souffle sur la métropole toulonnaise et le Var depuis quelques temps. Si, par malheur, les Toulonnais, dont les élus sont les plus nombreux, presque majoritaires à eux seuls, au conseil de TPM faisaient un choix dans le sens de ce vent, il ne faudrait pas que les électeurs d'autres grandes et moyennes communes de notre aire urbaine fassent le même car ça assurerait une majorité métropolitaine qui ne réserverait rien de bon au territoire ( * * ).

 

C'est pourquoi je me permets de donner à lire un texte de la Gauche démocratique et sociale (GDS), vieux réseau de militants politiques de gauche dont les figures historiques s'impliquent aujourd'hui au sein de L'APRÈS, autre outil démocratique, bien plus récent, de réflexion, d’analyse et d’élaboration stratégique au service de l’unité de la gauche et des écologistes.

 

  

Donc, voilà ce texte qui date certes de quelques mois mais me semble encore d'actualité, dans lequel je me suis autorisé à souligner quelques passages...

 

« Pour les villes à gagner ou regagner par la gauche, l’unité et la démocratie sont bien les seules orientations à promouvoir. En 2020, les listes qualifiées souvent de citoyennes, solidaires, écologiques et démocratiques, mais soutenues par les partis locaux, ont connu le succès. Le “Printemps marseillais” en reste un exemple emblématique malgré la résistance des appareils à l’unité.

 

« Le rassemblement doit donc être sans exclusive vis-à-vis de quelque composante que ce soit. Les collectifs citoyens ne peuvent se réduire à une unité partielle. La recherche du soutien de tous les partis et mouvements politiques commence dès maintenant !

 

« L’adoption d’un projet commun prendra un peu de temps. La désignation d’une liste commune et surtout d’une tête de liste peuvent susciter des désaccords. Ceux-ci ne peuvent être tranchés par des états-majors, aussi clairvoyants fussent-ils. Il devrait revenir aux collectifs de décider. Cela peut se faire (...) par un vote citoyen à définir au consensus. Respecter et mettre en œuvre cette démarche peut et doit créer une dynamique, un engouement de nature à balayer les listes de droite et d’extrême-droite. »

 

 

Dans un contexte local où la droite pourrait bien être une fois de plus très divisée et où la gauche fait à peu près jeu égal avec elle, c'est à cette dernière qu'incombe la responsabilité de porter les espérances des citoyens qui s'inquiètent de se prendre une bourrasque de ce vent mauvais en pleine figure.

 

C'est pourquoi, comme la GDS, je continue à plaider pour un rassemblement « sans exclusive » de tous ceux qui adhèreraient à un projet social et écologiste pour la commune et l'intercommunalité. Et c'est pourquoi aussi j'avais trouvé intéressante l'idée, elle aussi promue par la GDS, d'un « vote citoyen », c'est-à-dire d'une sorte d'élection primaire, qui avait été proposée il y a quelques mois.

 

 

Je conclurai en livrant une autre expression, celle-là commune à la GDS et à L'APRÉS, lors de la fusion des deux mouvements au début de l'année ( *** ) : « Pour gagner, l’union de la gauche et des écologistes est incontournable, mais elle n’est pas suffisante. » 

 

C'est ce qu'ont depuis longtemps compris et appliqué beaucoup de maires, notamment communistes, depuis la Libération, entre autres à La Seyne. C'est ce que font, aujourd'hui, des maires ou candidats communistes, socialistes et écologistes : à eux, à leurs partis, voire avec leurs sympathisants, de construire un projet, et à d'autres partis, mouvements et citoyens adhérant à ce projet, de renforcer et diversifier les équipes. C'est vrai dans des petites et grandes communes comme Allonnes, Épinay-sous-Sénart, La Garde, Lyon, Romans, Thiers, Vierzon ou Villeurbanne.

 

Certains disent qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire. Mais la météo n'annonce pas que le souffle du vent mauvais va faiblir. Et les aiguilles de l'horloge tournent.

 

_______________________________

 

( * ) : J'ai précisé ces compétences désormais exercées par l'intercommunalité dans un précédent article de ce blog : « Et on parle là du développement économique, du tourisme, du déploiement du numérique, de la formation, de l'innovation, de l'enseignement supérieur et la recherche, de l'urbanisme et l'aménagement du territoire, de l'habitat et du logement, de la rénovation urbaine et l'accompagnement social des habitants des quartiers prioritaires, des voiries et espaces publics, des réseaux d'eau et d'assainissement, des mobilités et de l'accessibilité aux personnes handicapées, des ports, des plages et des littoraux, des espaces naturels et parcs urbains, d'équipements sportifs et culturels comme, pour La Seyne, la Villa Tamaris Pacha et le Conservatoire de musique, etc. Bref, de tout ce qui est structurant pour le territoire. »

 

( * * ) : Une récente réforme a fixé à 89 le nombre de conseillers métropolitains pour 2026 (contre 81 aujourd'hui) suivant la répartition par communes ci-dessous. La majorité absolue est donc de 45. Si le vent mauvais emporte Toulon, ses représentants auront 31 à 32 sièges à TPM. Il suffirait que deux des cinq autres plus importantes communes subissent la même tornade pour que l'extrême droite soit majoritaire à la métropole.

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( *** ) : C'est une fusion opérée fin janvier 2025 entre les deux mouvements, la GDS conservant toutefois sa spécificité, dont son magazine mensuel "Démocratie & socialisme", un peu comme l'intégration du Mouvement républicain et citoyen (MRC) au parti auquel j'appartiens, la Gauche républicaine et socialiste (GRS), lors de sa création en 2019.

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23 octobre 2025 4 23 /10 /octobre /2025 02:33

 

Dans un communiqué de presse mis en ligne il y a quelques jours sur un réseau social, le chef de file de l'extrême droite seynoise semble déterminé à enfoncer le clou des lieux communs.

 

Tel ceux que le poète latin Horace (65 av. J.-C. - 8 av. J.-C.) s'amusait à railler, il s'en donne à cœur joie. Sur dix lignes du texte, il a trouvé le moyen de consacrer les cinq dernières à répéter les quatre premières, se disant sûrement que plus on rabâche la même chose, plus elle semble vraie.

 

C'est une façon de tenter de convaincre. La question demeure toutefois de savoir si, ressassant des banalités creuses, on ne prend pas ses interlocuteurs pour des cruches. Élève-t-on le débat entre les prétendants à une fonction élective en s'en tenant à seriner les mêmes platitudes caressant les citoyens dans le sens du poil ?...

 

 

– SEYNOIS, JE VOUS AI COMPRIS ! SEYNOIS, JE VOUS AI COMPRIS !

– OK, ET ALORS, QUE PROPOSEZ-VOUS ?...

 

Si, après avoir lu deux fois les mêmes poncifs dans ce texte (voir ci-dessous), on n'a pas compris que nos concitoyens attendent des réponses « sur la sécurité, la propreté, l'emploi, le logement et la fiscalité », c'est qu'on est vraiment bouché.

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Ce qui aurait été plus intéressant, plutôt que répéter en boucle les attentes des gens que tout le monde connaît et en général partage, ça aurait été de présenter les mesures que le RN entend proposer, au plan communal, pour y répondre. Personne n'aura cependant été surpris que le rédacteur ne se hasarde pas à exposer des promesses.

 

 

SI CE N'EST PAS DE LA MÉCONNAISSANCE DES COMPÉTENCES LIMITÉES D'UNE COMMUNE, C'EST UNE VOLONTÉ DE TROMPER LES CITOYENS

 

La première des raisons, en effet, à ce subterfuge en forme de bavardage est qu'il n'est pas dans les compétences d'un maire d'apporter des solutions aux enjeux que le porte-drapeau du RN seynois décline, ou alors à la marge et en accompagnement d'autres institutions. La sécurité, c'est le domaine régalien de l'État, pas de la mairie. L'emploi et le logement, c'est l'affaire partagée de l'État, de la Région et de la Métropole. La propreté, c'est le rôle de la Métropole. Et, hormis la taxe foncière et celle sur les résidences secondaires dont les taux sont fixés par les communes, la fiscalité, c'est l'État.

 

 

LES VRAIES ORIENTATIONS DES ÉLUS DE L'EXTRÊME DROITE

 

Une autre raison pourrait bien être que le RN seynois, sur ces sujets majeurs comme sur d'autres, préfèrerait manifestement ne pas dévoiler ses intentions. Si, en effet, sa vision locale était en cohérence avec les votes de ses députés, les Seynois des classes populaires et moyennes découvriraient le vrai visage idéologique de sa sensibilité et les idées qui pourraient guider ses décisions en cas de gestion de la commune. Juste quelques exemples dans les dernières années à l'Assemblée nationale...

sur la fiscalité, les élus RN, soi-disant proches du peuple mais tout dévoués au patronat, ont voté contre l'augmentation du plafond pour le taux réduit de l'impôt sur les sociétés, contre la suppression de l'amendement social sur les dividendes, contre la progressivité de l'impôt sur le revenu, contre l'élargissement de l'assiette de la taxe sur les transactions financières, abstention sur le rétablissement de l'impôt de solidarité sur la fortune, contre l'augmentation des ressources du Parquet national financier, formulé des propositions propres à avantager les détenteurs de patrimoine, avec l’abrogation des droits de succession pour les héritages inférieurs à 150.000 euros (or moins de 15 % des Français transmettent des héritages supérieurs à 100.000 euros, et ce ne sont pas les plus modestes...), etc.

sur la sécurité, la sureté et la justice, les élus RN ont voté contre le projet de loi modifiant la définition pénale du viol et des agressions sexuelles, contre la proposition de loi visant à protéger la population des risques liés aux substances per- et poly-fluoroalkylées, contre le projet de loi renforçant la lutte contre les dérives sectaires, etc.

sur l'emploi et le pouvoir d'achat, les élus RN ont voté contre l'augmentation du salaire minimum (SMIC) à 1500 euros net mensuel, abstention pour le plafonnement des marges de la grande distribution sur les denrées alimentaires, pour la réforme de l'assurance-chômage qui durcit les règles d’indemnisation quand le chômage baisse et les assouplit quand le marché du travail se détériore, etc.

sur le logement, les élus RN ont voté pour la proposition de loi maintenant le plafonnement de revalorisation de la variation annuelle des indices locatifs, contre le coup de rabot sur la niche fiscale dite « Airbnb », estimant qu’il relevait de « la contrainte et [de] la punition des propriétaires », déposé une proposition de loi (heureusement non examinée) visant à détricoter la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU), qui oblige les communes en zone urbaine à proposer un taux minimal de logements sociaux, etc.

 

À l'échelle de la nation, les faits sont têtus, le RN, c'est la défense des propriétaires, des ménages aisés et des très grandes entreprises. Or, en conclusion de sa communication, le chef de file de l'extrême droite seynoise assure, à l'évidence à contre-courant de son parti, que « pour [lui], La Seyne d’Abord, c’est La Seyne pour tous ». Qu'il le démontre en déclinant ses propositions concrètes sur les thématiques qu'il met lui-même en avant. Les bons mots ne suffisent pas. Pointer et répéter les problèmes sans proposer de solutions non plus.

 

 

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13 juillet 2025 7 13 /07 /juillet /2025 15:17

 

Demandez le programme ! Une des adjointes au maire, membre du parti "Les Républicains" (LR), indique sur un réseau social qu'elle et ses amis sont « en ordre de bataille et prêts pour les prochaines échéances électorales, avec les élus LR, mais plus largement avec tous les élus qui composent notre majorité dans toute sa diversité. »

 

Dans une ville normale où la droite républicaine aux affaires se préparerait à solliciter de nouveau les suffrages de ses électeurs, cette annonce serait dans l'ordre des choses. Mais à La Seyne on peut difficilement ignorer les turbulences qui ont secoué l'équipe majoritaire depuis quatre ans, au point que ladite majorité ne tient que grâce au renfort incompréhensible d'élus venus de l'extrême-droite et de félons ayant trahi la Nouvelle union populaire écologique et sociale (NUPES).

 

Dès lors, ça interroge sur la certitude affichée quant au contenu du projet exposé par cette élue...

 

 

UN PROJET AUX FORMULATIONS QUE N'AURAIENT PAS RENIÉES LES PÉTAINISTES !

 

Six points servent en effet de guide à ce qui constituera le projet national et le programme local en découlant porté par cette future armada hétéroclite (voir capture d'écran ci-dessous). À leur lecture, ça a éveillé en moi un sentiment de déjà vu. C'est en lisant le chapeau « une droite forte qui assume ses valeurs » que c'est revenu à ma mémoire ! N'en croyant pas mes yeux, j'ai dû plonger dans les ressources historiques. Et, hélas, leur lecture a corroboré mon pressentiment : si cette maire-adjointe expose le point de vue officiel de son parti et la vision de l'actuelle majorité municipale, c'est bien un projet d'inspiration néo-pétainiste qui serait proposé aux Français, avec sa déclinaison locale pour les Seynois.

 

 

Je n'exagère pas. Il suffit de mettre en exergue de chacun des six points quelques propos, écrits ou articles de décrets-lois de Pétain pour se faire une idée de la dérive...

 

L'autorité de l'État : « Nous ferons une France organisée, où la discipline des subordonnés réponde à l'autorité des chefs » (Discours de Pétain du 11 juillet 1940).

 

La lutte contre l'immigration incontrôlée : « Article Premier : Il sera procédé à la révision de toutes les acquisitions de nationalité française (...) » (loi du 22 juillet 1940 décrétée par Pétain).

 

La défense de notre identité : « Tous les Français fiers de la France, la France fière de chaque Français, tel est l'ordre que nous voulons instaurer. Nous y consacrerons nos forces. Consacrez-y les vôtres. » (Discours de Pétain du 11 juillet 1940)

 

La valorisation du travail : « Le travail des Français est la ressource suprême de la patrie. Il doit être sacré. » (Discours de Pétain du 11 juillet 1940).

 

Le respect de nos territoires : « Des gouverneurs seront placés à la tête des grandes provinces françaises » (Discours de Pétain du 11 juillet 1940), dotés de « pouvoirs spéciaux de police et de pouvoirs spéciaux en matière économique » (loi du 19 avril 1941 décrétée par Pétain), à l'instar des intendants de l'Ancien Régime. « La restauration des provinces va faire revivre, je le souhaite, les anciennes coutumes » (Discours de Pétain à Toulouse en 1941)

 

La protection de la famille : « Les familles françaises restent les dépositaires d'un long passé d'honneur. Elles ont le devoir de maintenir à travers les générations les antiques vertus qui font les peuples forts. Les disciplines familiales seront sauvegardées. » (Discours de Pétain du 11 juillet 1940).

 

 

IL DOIT BIEN RESTER DES RÉPUBLICAINS CHEZ “LES RÉPUBLICAINS”, NON ?

 

Que cette adjointe au maire applaudisse ces orientations ultra-réactionnaires aux relents d'une époque sombre n'a rien d'étonnant : peu avant d'être de ceux qui sont venus à la rescousse de la maire depuis remplacée lorsque sa majorité a tangué et qui ont été remerciés par le nouvel édile “transitoire” les faisant élire à des fonctions d'adjoints, elle était conseillère départementale du... Front National.

 

En revanche, il va être intéressant de voir la position des conseillers municipaux qui, élus sur la liste des gauches et de l'écologie, et même, pour l'une d'eux, ayant porté les couleurs de la NUPES aux législatives de 2022, ont trahi leurs électeurs en confortant sans scrupule la majorité de droite, droite extrême et extrême-droite. L'adjointe au maire annonce qu'ils feront partie de la liste portant ces orientations néo-pétainistes. À la trahison de circonstance, ajouteront-ils le déshonneur durable d'adhérer aux visions antirépublicaines d'une « droite forte qui assume ses valeurs » ?

 

Il reste l'hypothèse que les annonces de cette maire-adjointe ne relèvent que d'une initiative personnelle. Face à cette promotion d'idées inquiétantes, ça devrait alors déclencher une mise au point des instances du parti LR ou, au moins, de personnalités locales de ce mouvement que j'ai combattues mais qui s'inscrivent dans la lignée des Decacheux, de Chambrun et Bonnevay de la IIIème République, ou Bayle et Paecht naguère chez nous, et d'autres d'aujourd'hui, chez nos proches voisins, qui ne sont ou ne furent jamais enclins à composer avec le fascisme.

 

Dans tous les cas, c'est autour des derniers élus du groupe des gauches et de l'écologie, Tony Civettini et Olivier Andrau, fidèles à leurs idées, au pacte de partenariat qui les lie, et à ceux qui les ont élus, qu'il faut confier la charge de porter le projet de l'alternance avec une équipe nouvelle issue de tous les partis des gauches et de l'écologie, ne fussent-ils aujourd'hui plus que deux, tels les « quelques débris intacts à la surface de la cuve dissolvante », ainsi que Léon Blum a qualifiés les parlementaires socialistes et radicaux qui, tandis que la majorité des leurs se déshonoraient en votant le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs à Pétain et la mort de la République, s'y sont opposés avec courage, avec les conséquences tragiques que l'on sait, pour eux comme pour la France.

 

 

AIGRES SOUVENIRS...

 

 

 

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
9 juillet 2025 3 09 /07 /juillet /2025 08:33

 

Instruments dont La Seyne a pu – et peut encore – bénéficier, le Conservatoire du littoral et l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) sont dans le viseur des doctrinaires gouvernementaux qui, derrière le vocable de "simplification administrative", cachent en vérité une volonté de démanteler le service public d'État, et pas seulement au nom d'une gestion optimisée des ressources budgétaires.

 

Les Seynois doivent se souvenir que c'est grâce à notre partenariat avec le Conservatoire du Littoral que nous avons pu sauver les 60 hectares du Domaine de Fabrégas de l'urbanisation à laquelle le schéma d'occupation des sols conçu par la droite locale pouvait les destiner et qu'une semblable opération est projetée à Saint-Elme. Ils doivent aussi se rappeler que c'est grâce à l'ANRU que nous avons pu investir près de 360 millions d'euros dans la rénovation de Berthe et que, depuis 2019, les crédits de cette agence d'État sont acquis pour celle du centre-ville qui ne demande qu'à démarrer.

 

Il serait irresponsable de laisser démolir ces outils. Les élus des communes concernées doivent réagir. Les nôtres, en tous cas, sont bien silencieux, alors que La Seyne est doublement concernée.

 

 

LE CONSERVATOIRE DU LITTORAL, ON LE DÉFEND OU PAS ?

 

Parmi quelques 600 personnalités et organisations montant au créneau pour le sauvetage du Conservatoire du littoral, nous sommes quelques élus et anciens élus du Var ( * ) parmi lesquels, il faut le souligner, M. Giran, président de la métropole toulonnaise, à être signataires d'une tribune parue dans Le Monde daté du 9 juillet intitulée « Ne sacrifions pas un établissement à l'efficacité reconnue sur l'autel de la simplification ».

 

Aucun, hélas, de la majorité municipale seynoise n'a cru devoir s'engager dans cet appel. Pourtant, l'appui du Conservatoire est durablement nécessaire à la pérennité de la protection et la valorisation de notre Domaine de Fabrégas et de tout notre littoral, notamment avec le projet de la colline du Fort Saint-Elme. Quand il s'agit de faire échouer un programme d'aménagement permettant la création de logements parfaitement intégrés à leur environnement sur la petite parcelle de 3 hectares de Costechaude que la droite municipale avait elle-même ouverte à l'urbanisation, nos élus savent se mobiliser et motiver le voisinage immédiat, mais lorsqu'un domaine littoral, forestier et agricole 20 fois plus vaste, ouvert à des milliers de gens, court le risque d'être laissé à l'abandon, ils restent bras ballants. Allez comprendre...

 

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L'AGENCE DE RÉNOVATION URBAINE, ON S'EN INQUIÈTE OU PAS ?

 

Pas plus de mouvement du côté de la municipalité de La Seyne qui devrait pourtant aussi s'inquiéter, comme plus de 800 communes et 600 opérateurs HLM, de voir les risques encourus par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) dont la majorité sénatoriale de droite préconise la suppression au grand ravissement de Mme de Montchalin, ministre des comptes publics et exécutrice des basses œuvres d'un gouvernement ayant décidé de supprimer un tiers des opérateurs de l’État d’ici la fin de l’année 2025.

 

Là encore, c'est tout le programme de rénovation du centre ancien, avec ses opérations sur le logement, l'aménagement urbain et les équipements publics, à hauteur de 41 millions d'euros, qui pourrait être remis en question. Mais les élus seynois chargés de ces questions sont étrangement silencieux, peut-être trop occupés à faire verbaliser des trottinettistes. Heureusement que des centaines d'autres, de toute la France, montent au créneau en alertant avec une prise de position publique (ci-dessous) visant à prévenir le gouvernement qu'ils n'ont pas l'intention de laisser faire...

 

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DEUX EXEMPLES PARMI NOMBRE D'INSTITUTIONS PUBLIQUES MENACÉES

 

Mais ces possibles décisions de disparitions de deux bras armés des politiques publiques d'État qui frapperaient durement La Seyne ne sont pas les seules. Le gouvernement évoque aussi le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (l'Inserm), l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE), l'Agence nationale de la recherche (ANR), l'Agence de la transition écologique (Ademe), l'Office national des forêts (ONF), l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), voire aussi l'Agence bio et l'Office français de biodiversité (OFB) qui ont été également visés par des amendements demandant leur suppression. On le voit, ce sont pas mal d'institutions publiques à vocation de santé, d'alimentation et de transition écologique qui pourraient justifier l'engagement du combat des élus seynois se disant convaincus (magazine VLS de l'été) de l'impact négatif sur le climat de la « pression anthropique » en retournant celle-ci contre un gouvernement décidément anti-écologique...

 

Le gouvernement veut faire croire que ce seraient les fonctionnaires des services de l'État qui reprendraient en direct toutes ces missions aujourd'hui assurées par plusieurs dizaines de milliers de personnels de droit public. Or pas besoin de faire un dessin... chacun sait combien la fonction publique est chaque année un peu plus fragilisée, avec des baisses constantes d'effectifs de fonctionnaires, peinant à accomplir les missions qu'elle exerce déjà...

 

 

GÉRER LE SERVICE PUBLIC, C'EST BIEN, SE BATTRE POUR LE DÉFENDRE, C'EST MIEUX

 

Un maire et un conseil municipal doivent gérer sagement leurs propres services communaux. Mais ils doivent aussi, moins paisiblement, se battre pour prévenir la moindre atteinte au service public local ou national, parce que c'est le vecteur majeur de la correction républicaine des inégalités socio-économiques et territoriales. Ils doivent faire acte de pédagogie pour que chaque citoyen prenne la mesure de l'absolue nécessité des institutions qui garantissent la fraternité de la nation et soit prêt à s'élever à leurs côtés pour en défendre les outils qui sont les conquêtes de nos anciens.

 

Rien n'est jamais acquis. Ça se saurait si participer ès-qualité d'élu de la République laïque à une procession confessionnelle permettait – sauf peut-être miraculeuse intercession divine – de défendre les droits universels des citoyens. Faire preuve de détermination combative face aux agressions libérales des services à la population est réputé plus efficace.

 

 

 

____________________________________

( * ) : Parmi les signataires varois : Benjamin Courtin (conseiller municipal de Ramatuelle), André Del Monte (conseiller municipal du Rayol-Canadel), Jean-Laurent Felizia (conseiller municipal du Lavandou), Jean-Pierre Giran (maire de Hyères), Michel Perrault (maire-adjoint de Saint-Tropez), Valérie Romboni (ancienne conseillère municipale de Six-Fours), Marc Vuillemot (ancien maire de La Seyne-sur-Mer)...

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