18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 08:19

Je ne suis pas de ceux qui auront trouvé beaucoup de bienfaits dans les dispositions de la loi dite « El Khomri ».

On se souviendra peut-être de mon adresse aux parlementaires varois pour qu'ils ne votent pas le projet de « loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels » qu'on a fait endosser à la ministre du travail.

Je dis bien « endosser » car je n'oublie pas que c'est le directeur de cabinet de son prédécesseur qui, bras armé du Premier Ministre Manuel Valls, est l'auteur du projet de loi, rédigé sans que Myriam El Khomri n'en ait connaissance, et que c'est bien Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, qui, faute d'avoir pu faire entériner par le gouvernement son projet de « Loi Macron 2 », a finalement obtenu gain de cause pour que la « Loi El Khomri » comprenne certaines de ses plus terribles dispositions, notamment relatives au licenciement économique et aux prud'hommes, contre lesquelles Myriam El Khomri a protesté en vain.

On me rétorquera qu'elle avait certes la possibilité de mettre en application le second terme de la célèbre alternative en forme de sentence de Jean-Pierre Chevènement qu'il s'était appliquée à lui-même pour protester contre la « parenthèse libérale » du gouvernement Mauroy II en 1983 : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne ! ». Ce n'est pas faux.

 

À L'HEURE DU BILAN, POUR LES HABITANTS DES QUARTIERS POPULAIRES

Mais, à l'heure du bilan, alors qu'il ne reste que quelques jours de vie au gouvernement, je ne veux pas retenir de Myriam El Khomri que les funestes dispositions de la loi qui porte son nom. Car, tant comme secrétaire d'État à la Politique de la Ville que comme ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, les résidents des quartiers populaires où vivent les personnes les plus éloignées de l'emploi, et parmi eux ceux de chez nous, à La Seyne, n'auront pas eu à se plaindre, loin de là, de la politique qu'elle a impulsée, notamment en matière de stratégies d'insertion professionnelle en leur faveur.

J'ai eu le privilège, ces derniers jours, d'être invité par la ministre, en ma qualité de président de l'association des maires « Ville et Banlieue » de France,  à une rencontre d'échanges évaluatifs des dispositions qu'elle a pu mettre en œuvre depuis son arrivée au gouvernement en 2014. C'est déjà en soi une démarche honnête et courageuse, peu banale, à laquelle s'est d'ailleurs aussi livrée une autre femme de ce gouvernement, sa successeur à la fonction de secrétaire d'État à la Politique de la ville, Hélène Geoffroy.

 

UNE BOÎTE À OUTILS POUR L'HARMONIE TERRITORIALE

Et je crois devoir communiquer ces éléments de bilan à celles et ceux qui, comme moi, pensent que l'harmonie républicaine, sur nos territoires urbains aux populations si diverses, passe par la réduction des inégalités, et, qu'ils soient élus, services publics pour l'emploi, acteurs économiques, associatifs ou sociaux, s'investissent au quotidien pour y concourir. Je le fais non pas pour dresser le panégyrique de Myriam El Khomri, mais pour rappeler à tous qu'ils disposent, grâce à elle et ses équipes — et peut-être un peu aux recommandations que nous, les élus locaux, avons suggérées –, d'une boîte à outils, certes perfectible, mais à préserver, permettant aux plus humbles de nos concitoyens de gagner en dignité humaine.

Et ça se trouve sur ce lien.

Au revoir, Madame la ministre.

6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 07:17

Si je devais choisir, pour forer une cloison, entre une chignole manuelle à vilebrequin et une perceuse à vibrations forcées par un système piézoélectrique de dernière génération, fût-elle au stade expérimental, est-ce que j'opterais pour la première ? C'est bien toute la question que de plus en plus d'électeurs de gauche et écologistes me disent se poser. Et je les pressens de plus en plus nombreux dans les prochains jours si les sondages confirment la décrue constante des intentions de vote en faveur du candidat désigné par la primaire citoyenne du PS et de ses partenaires, Benoît Hamon.

Avec l'ascension concomitante de Jean-Luc Mélenchon dans les mêmes sondages, il est clair qu'on est dans une logique de vases communicants. Les futurs électeurs répondent manifestement aux sondeurs qu'ils veulent utiliser l'outil qui leur semble le plus performant pour fiabiliser et mieux maîtriser leurs opérations de perçage. Et ils vont vanter leur machine à leurs voisins, et les campagnes publicitaires vont faire le reste. La chignole de mon grand-père sera remisée au fond de l'atelier.

 

LE CHANTIER SABOTÉ SANS QUE LE CONTREMAÎTRE N'INTERVIENNE

Ce n'est pas la faute à Benoît Hamon. Trop de socialistes, et pas des moindres, ont clairement grippé la manivelle de son vilebrequin en prenant parti pour un arbre simple primitif mis en rotation entre les paumes des mains, Emmanuel Macron, qui réussit le tour de force de donner à croire qu'il est le plus moderne. Les hésitations de l'entreprise PS et du chef de chantier Jean-Christophe Cambadélis à rappeler les consignes de travail ont fait le reste. Les plus modérés des électeurs de la gauche et de l'écologie ont déjà succombé aux sirènes de l'outil antique se donnant des airs de "Révolution" (titre de son ouvrage), et en tous cas surfant sur la vague de l'apparente meilleure garantie contre Le Pen. Chez ceux qui doutent de la faisabilité d'une majorité "ni de droite, ni de gauche", les plus réalistes quant aux chances de l'unité, et pas forcément les plus radicaux, considérant qu'il y a un candidat de trop, semblent opter pour l'instrument de forage leur paraissant le plus à même de trouer la paroi nous séparant du second tour.

Dès lors, si l'on veut avoir une chance de réussir la percée, la question de l'unité de la gauche et des écologistes, pour laquelle je plaide depuis des années, va se poser en d'autres termes qu'il y a peu, ne serait-ce qu'un mois en arrière. Benoît Hamon caracolait en tête des deux candidats, porté par un projet clairement ancré à gauche et porteur d'espérance écologique, validé par une majorité nette issue de la primaire citoyenne. Il était fondé à être le pôle de l'indispensable rassemblement. Même s'il n'aurait peut-être pas dû, pour donner des gages aux plus modérés, remplacer par une mèche à bois son foret du revenu universel d'existence renforcé au tungstène proposé lors de la primaire.

 

ET SI LA CLOISON SE MUAIT EN MURAILLE INFRANCHISSABLE ?

Dans les prochains jours, si d'aventure moins de 10% des personnes interrogées déclaraient durablement aux sondeurs vouloir accorder leur confiance à notre candidat tandis que celui de la France insoumise dépasserait celui de la droite, je gage qu'on me demandera encore plus fréquemment si la question de la polarité de la gauche et de l'écologie ne devrait pas être réétudiée.

En réfléchissant à cela, je sais que je dresse un constat d'échec prématuré dangereusement démobilisateur pour mes camarades socialistes, nos militants, nos sympathisants et les deux millions d'électeurs de la primaire citoyenne, et peut-être destructeur pour notre parti. Mais je ne fais que rapporter à la réunion de chantier ce que j'entends chaque jour un peu plus de ceux de mes concitoyens qui l'observent depuis la palissade. Et qui craignent que la cloison qui les sépare d'un avenir désirable ne se transforme en muraille de béton banché derrière lequel le pire de l'extrême-droite pourrait survenir sans qu'ils n'y puissent rien.

Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 10:24

C'est une idée des fonctionnaires communaux. Et une bien belle idée, je trouve. Pendant que certains, à l'échelle nationale, parlent et se comportent de telle façon que la démocratie risque d'en sortir bien meurtrie, des agents municipaux, conscients et consciencieux, se préoccupent de la bonne tenue des bureaux de vote des quatre tours d'élections prévus dans les prochains mois.

Et ils ont raison. Les élus municipaux ont certes l'obligation d'assurer la présidence des bureaux de vote, mais, fussent-ils tous mobilisés, leur nombre ne peut suffire à constituer les équipes, d'au moins quatre personnes, devant organiser et contrôler le déroulement des scrutins dans la cinquantaine de lieux où sont accueillis les électeurs seynois. Et il est de plus en plus difficile d'obtenir des partis politiques qu'ils proposent ne serait-ce qu'un assesseur par bureau.

 

DES VOLONTAIRES POUR FAIRE VIVRE LA DÉMOCRATIE

Comme dans d'autres villes, en France, nos fonctionnaires ont eu l'idée de lancer un appel à l'ensemble des citoyens attachés à la démocratie, prêts à consacrer bénévolement quelques heures dominicales à une présence dans les lieux de vote.

C'est à la portée de tout un chacun, même totalement inexpérimenté en la matière, d'autant qu'il ne s'agit que d'assister le président et le secrétaire du bureau, formés et rompus à l'exercice.

 

SEYNOIS, FAISONS MENTIR CEUX QUI NE CROIENT PLUS À LA DÉMOCRATIE !!!

Il suffit d'être inscrit sur les listes électorales d'une des communes de notre département et de se manifester au plus tard trois jours avant la date du scrutin auprès du service des élections de notre mairie.

Toutes les informations pratiques sont données sur le site Internet de la commune. Ce serait drôlement bien que, grâce aux citoyens seynois eux-mêmes, les élections présidentielle et législative soient chez nous de belle tenue !

4 avril 2017 2 04 /04 /avril /2017 05:52

Avec Michel Vauzelle, nous sommes de nombreux élus de Provence Alpes Côte d'Azur à avoir lancé, ces jours derniers, un appel au rassemblement autour de Benoît Hamon.

Nous sommes socialistes du PS, républicains-citoyens du MRC, écologistes d'EELV, insoumis du Front de Gauche, ou sans étiquette, conseillers municipaux, maires et adjoints de petites et grandes communes, conseillers communautaires ou départementaux, parlementaires, majoritaires ou minoritaires dans les assemblées où nous siégeons, des six départements de PACA, du Rhône à l'Italie, du littoral aux Alpes.

Nous appelons tous ceux qui se retrouvent dans les valeurs que nous avons en partage, à commencer par nos collègues élus locaux ou nationaux, notamment ceux qui sont membres du PRG, du PS, d'EELV, de FD, de l'UDE, partis ayant soutenu le principe et pris part à la primaire de la gauche et de l'écologie, à respecter le choix des deux millions de citoyens que nos partis ont invités à participer à ce moment démocratique, et à promouvoir le projet porté par Benoît Hamon.

Je mets en ligne ci-dessous notre appel et la liste des 100 premiers signataires, dont, soulignés en exergue pour les visiteurs de mon blog, les élus de La Seyne qui, depuis cette première liste publiée, ont été rejoints par d'autres de chez nous, tel Guy Rebec, conseiller d'opposition (EELV) à Toulon et conseiller communautaire de Toulon Provence Méditerranée.

Et il est possible à chacun de renforcer cet appel EN LE SIGNANT ICI...

 

 

Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
29 mars 2017 3 29 /03 /mars /2017 04:28

C'est très volontiers que je relaie et rejoins avec plaisir et détermination l'appel lancé, entre autres, par Thomas Roller, le jeune militant socialiste seynois, choisi par Benoît Hamon pour être son représentant dans le Var.

Je précise aux visiteurs de mon blog que les intertitres, insérés pour aérer le texte en espérant ne pas le dénaturer, sont de moi...

 

Il est temps que le débat idées contre idées, projet contre projet prenne ses droits. Notre pays et notre région méritent une campagne à la hauteur des enjeux.

Les choix d’avenir n’ont jamais été aussi décisifs. La droite de F. Fillon met l’austérité et la casse de la solidarité au centre de son programme, l’extrême droite de M. Le Pen veut instaurer la stigmatisation et la division comme principe de gouvernement.

Face aux vieilles recettes libérales, nous proposons des solutions justes, efficaces et durables. Face aux logiques populistes, nous répondons aux attentes populaires. Quand Mme Le Pen et messieurs Fillon et Mélenchon expriment de la fascination envers Monsieur Poutine alors que ce dernier a arrêté 700 opposants politiques, nous revendiquons notre attachement viscéral à la démocratie et à la liberté.

 

ASSEZ DES AFFAIRES ET DES PETITES PHRASES : PARLONS PROJET !

Le projet de Benoit Hamon vise à protéger les plus vulnérables et bâtir un futur désirable pour tous à travers la transition du travail, la transition écologique, démocratique et européenne. Revenu universel, interdiction des perturbateurs endocriniens, recrutement de 40.000 professeurs, accès pour tous au service public, réorientation de l’Europe et démocratisation de la zone euro… Benoit Hamon a mis au cœur de son projet des mesures fortes.

C’est bien de cela dont nous voulons parler à nos concitoyens : la France que nous voulons. Or l’élection présidentielle est depuis trop longtemps polluée par les affaires et les petites phrases qui alimentent une course à la dévalorisation du débat démocratique.

 

ASSEZ D'IRRESPECT DE LA DÉMOCRATIE : RESPECTONS LE VOTE DE LA PRIMAIRE SOCIALISTE !

Comme si ce contexte ne suffisait pas à dénaturer le débat de la campagne présidentielle, quelques ténors de la gauche et une partie de la droite, cédant à l’ivresse des sondages, ces mêmes sondages qui se sont trompés sur les primaires en France mais aussi à l’étranger sur le Brexit et l’élection de D. Trump, s’accordent aujourd’hui pour garder le pouvoir. Voilà ce qui unit aujourd’hui les tenants de la vieille politique qui rallient En Marche. On ne peut pas être socialiste et être favorable à la suppression de l’ISF, à l’augmentation de la CSG, à la casse du service public.

Etre responsable politique c’est accepter le vote des 2 millions d’électeurs qui ont participé à la primaire et l’issue du processus démocratique que l’on a organisé. La démocratie mérite d’être respectée et pour cela le débat doit se faire sur une vision de la société. Face à la mécanique de cette vieille politique, la dynamique d’une gauche nouvelle s’est enclenchée avec Benoit Hamon pour porter des propositions innovantes.

 

ASSEZ D'ACTIVER LA MACHINE À DÉSESPÉRER : VOTONS POUR !

Notre programme est le seul à créer les conditions de projeter notre pays dans l’avenir tout en répondant aux problématiques d’aujourd’hui. Nous avons besoin de vous pour qu’il reprenne toute sa place dans le débat démocratique.

Vous, citoyens de gauche, élus, militants, sympathisants, vous qui voulez voir gagner ce projet au service des Français, vous qui voulez mettre fin à la machine à désespérer, vous qui voulez voter pour voir la démocratie reprendre ses droits sur les logiques d’appareils et les intérêts de quelques uns. Vous qui ne voulez pas que la France de demain soit celle de la division, et des inégalités. Vous qui voulez voter pour une France juste et tournée vers l’avenir.

Le choix des Français doit se faire dans les urnes et non en fonction des sondages. Le seul vote utile c’est celui qui est utile aux gens. Nous avons pris l’habitude depuis trop longtemps de voter contre ou de voter par dépit ou par défaut. Alors à vous, à nous, de faire entendre la voix de cette gauche nouvelle pour faire gagner un projet au service des Français : le projet de Benoit Hamon.

 

Parce que je suis de gauche, je vote Benoit Hamon.

Parce que je défends l’égalité réelle, je vote Benoit Hamon.

Parce que je suis écologiste, je vote Benoit Hamon.

Parce que je suis féministe, je vote Benoit Hamon.

 

A vous maintenant de nous dire pourquoi vous votez Benoit Hamon.

#PACAvotePOURBENOITHAMON

 

Alexandre Houpert, Thomas Roller, Marion Pigamo, Yann Librati

représentants de Benoit Hamon

dans le Vaucluse, le Var, les Bouches-du-Rhône et les Alpes Maritimes

Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
23 mars 2017 4 23 /03 /mars /2017 11:18

Comme président de l'association des maires « Ville et Banlieue » de France, je suis membre de droit du Bureau national de l'Association des Maires de France (AMF).

C'est à ce titre que j'étais ce mercredi à Paris, au mythique studio 104 de la Maison de la Radio, pour recevoir les candidats à l'élection présidentielle pour une sorte de « grand oral » passé devant plus de 700 maires invités par leurs associations départementales, dont cinq de mes collègues varois.

Si j'ai regretté, comme beaucoup de maires, que deux des onze prétendants, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, ne soient pas venus en personne, se faisant représenter par des porte-parole, et que la question des quartiers populaires prioritaires n'ait été effleurée que par trois des candidats, dont — ouf ! — celui que je soutiens, Benoît Hamon, j'ai apprécié la démarche, tout à fait novatrice et inédite.

 

DES MAIRES INQUIETS ET DÉTERMINÉS

Elle aura permis aux élus locaux, animateurs des petites patries démocratiques que sont nos 35.000 communes, de faire entendre leurs voix et leurs inquiétudes, et surtout leurs déterminations à ne plus subir des coopérations intercommunales imposées, des transferts de compétences de l'État ou des décisions d'exonérations d'impôts non compensés par les moyens financiers de les assumer, ou encore des baisses drastiques de dotations fragilisant le service public de proximité et, faute de pouvoir réaliser d'indispensables investissements, la dynamique économique des territoires.

Celui des candidats qui sera choisi par le peuple souverain ne pourra pas dire qu'il n'aura pas été prévenu ; les maires, seuls élus de la nation à avoir la confiance de plus de la moitié des Français — les deux tiers — selon un récent sondage, sont apparus déterminés à défendre leurs communes, leurs libertés, supposées garanties par la Constitution de la République, d'administrer à leur guise leurs territoires, et les moyens de conduire leurs projets au service de leurs concitoyens.

 

APRÈS LES AUDITIONS, UN DÉBAT TÉLÉVISÉ

J'ai été convié, à la suite de ces presque huit heures d'auditions, que l'on peut écouter sur le site de l'AMF, à participer à un échange avec trois de mes collègues, maires de sensibilités diverses et de communes de tailles variées, organisé par la chaîne de télévision "Public Sénat". Les visiteurs de mon blog peuvent le retrouver ci-dessous...

Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 06:05

Nous étions, samedi dernier, rassemblés sur la place Laïk, notre historique agora du bas de notre marché provençal où les palabres vont bon train, pour accueillir comme nouveaux acteurs de la République, les Seynoises et Seynois devenus majeurs ces derniers mois.

Il s'agissait de leur remettre à la fois dans la solennité et dans la convivialité leur « Livret citoyen » et leur toute première carte électorale.

Le propos que je leur ai tenu à cette occasion...

 

« Mesdames, Messieurs,

« Et je m'adresse an particulier à vous les jeunes qui êtes ici, bien présents - et je vous en félicite -, pour cette remise du livret citoyen.

« Pour la plupart, vous venez d’avoir 18 ans et vous accédez à la pleine citoyenneté.

« Ce n'est pas rien, cette étape de votre vie, vous en avez conscience. Ce moment, nous le passons ensemble, ici, prenant à témoin nos concitoyens, sur une place publique, la place Laïk, au coeur de notre ville.

« C'est un acte symbolique bien sûr. Mais il marque le fait que vous devenez des citoyens de la République à part entière, par votre nouveau droit : voter.

« Je le disais, nous voici sur une place publique. Pourquoi ? D'abord parce que la République a besoin de transparence, elle doit, dès qu'elle le peut, s'exprimer au milieu du peuple.

« Car elle appartient à toutes et tous.

 

LA RÉPUBLIQUE, CE N'EST PAS SE RETROUVER DANS L'ENTRE-SOI

« Publique, notre rencontre aujourd'hui est également bien réelle. Elle n'est pas virtuelle, dématérialisée. Sans critiquer les réseaux sociaux, là, on n'y est pas... Nous ne sommes pas cachés derrière une adresse IP, nous nous regardons droit dans les yeux, on se fait un signe, on se serre la main ou on se fait la bise... Bref, on vit dans le monde réel.

« Ce monde réel qui peut être terrible, difficile, hostile parfois, c'est vrai. Mais qui recèle aussi tellement de richesses, qui peut être magnifique, plein de joie et d'espoir.

« La République, ce n'est pas non plus se retrouver entre soi, de façon égoïste, et encore moins agressive ou haineuse comme c'est le cas parfois.

« L'actualité de 2016, et ces tous derniers jours à Grasse, au lycée Tocqueville, montre que la violence folle, parfois sans raison rationnelle, parfois résultat du fanatisme et du désespoir... Et la peur, qui aveugle et empêche, justement, de se parler, de se comprendre, hélas, parfois...

« Vous l'avez compris. Plus la République est forte, forte de vous toutes et tous, plus elle sait s'ouvrir sur le monde et les autres. Affirmer notre identité ? Nos identités, bien sûr ! Mais pour nous enrichir de nos différences.

« Et faire obstacle à ceux qui n'ont pas compris les mathématiques et qui ne connaissent que la soustraction et la division. Jamais l'addition, la multiplication.

« Au contraire, être citoyen, c’est se donner la capacité, chacune, chacun, de s’élever au dessus de ses seuls intérêts, pour se soucier du bien public, de l'intérêt général.

 

DES VALEURS UNIVERSELLES

« Ces valeurs, historiquement, portent une dimension morale et universelle. Dois-je rappeler qu’elles ont inspiré, et inspirent encore, nombre de peuples qui cherchent les instruments de leur liberté ?

« Une liberté de pensée, une liberté d’agir, mais une liberté relative… En effet, cette liberté est inscrite dans le cadre de règles communes. L’histoire montre que l’excès de liberté des uns tourne immanquablement en excès de servitude de tous. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent.

« Cependant le danger serait grand de ne pas user de notre libre arbitre et de ne pas le protéger pour tous. Notre devoir, votre devoir désormais, est de permettre la liberté de conviction des autres, les minoritaires, les faibles, les fragilisés. C’est cela être citoyen, c’est cela la République… quand elle est vertueuse.

« C’est un combat ! Ce combat n’est jamais fini. C’est à vous, à nous, tous les citoyens, d’être vigilants. Vous êtes nés à la fin d’un siècle qui connut le fer et le sang ; pourtant surgissent encore les démons qui ont fait le malheur du passé : antisémitisme, racisme, xénophobie… loin, très loin, de la notion républicaine de fraternité.

« Dans notre République, la première des valeurs réside dans la communauté de destin de chacun de ses fils et filles, qu’il ou qu’elle s’appelle Pierre, Djamila ou Cali. Ni l’origine, ni l’appartenance philosophique ou religieuse, ne doivent différencier les citoyens français, ils sont égaux en droits et en devoirs. La République doit protéger le faible, et se doit d’être solidaire.

« Vous l’avez sans doute appris à l’école, la vertu républicaine réside dans la séparation des pouvoirs : l’exécutif est tempéré par une justice indépendante (je ne ferai pas de commentaires), par un législatif créatif et représentatif. Le peuple, c'est-à-dire vous et moi, en principe, a le dernier mot.

 

UNE PIERRE ANGULAIRE : LA LAÏCITÉ

« Retenez que la vigilance, c’est vous, collectivement, par le vote, qui l’exercez. C’est vous qui donnerez à la République indignité ou vertu : désintéressez- vous de la chose publique et vous aurez, au mieux, une démocratie d’élus, dont les valeurs reposeront sur leurs seules qualités d’hommes… qui restent faillibles.

« Nous devons être attentifs à combattre l’exaltation des particularismes qui séparent, qui excluent. Avec, la liberté, la fraternité, l’égalité, la République repose sur une pierre angulaire : la laïcité.

« Le principe est inscrit à l’article premier de notre Constitution. C’est pourquoi le ciment commun reste nécessairement, encore et toujours, l’école publique, laïque et obligatoire. Elle a ses défauts, des échecs, mais aussi une volonté de cohésion sociale, un humanisme universel, des règles de vie commune, une valorisation des potentialités individuelles.

« Ainsi la République des citoyens est une volonté qui agit, qui a bataillé pour la justice sociale, qui a conquis l’éducation gratuite et obligatoire, le droit de grève, la liberté syndicale, la sécurité sociale. Pourvu que ça dure…

« La République des citoyens a su tendre la main à ceux dont la naissance pouvait être un frein. C’est la singularité de notre nation, de notre drapeau, du français langue commune, même si les langues minoritaires doivent avoir droit de cité : se battre pour la paix, la justice, les droits de l’homme.

 

LA TRANSMISSION DU SAVOIR, POUR PERPÉTUER LA RÉPUBLIQUE

« Pour finir, je vous dirai que le citoyen est un sujet de droit. Il jouit des libertés individuelles, la liberté de conscience et d’expression, la liberté de s’associer – indispensable loi de 1901 - la liberté d’aller et venir, de se marier, d’être présumé innocent s’il est arrêté par la police, d’avoir un avocat pour être défendu, de participer à la vie publique, de voter et de se présenter aux élections, et bien d’autres choses…

« En revanche, il a l’obligation de respecter les lois, de participer aux dépenses collectives en fonction de ses ressources, de défendre la société, … car attention, l’incivilité est la fille naturelle du sentiment que tout est dû sans contrepartie. Nous devons, chacun à notre place, agir en pleine responsabilité.

« L’une de ces responsabilités, - vous serez sans doute parents un jour -, est l’éducation. L’éducation se fait tout au long de la vie. Le Savoir, les savoir-être, les savoir-faire, sont des biens précieux. Il convient de les protéger, de les faire croitre, et, surtout, de les transmettre. Car le pouvoir n’est pas dans sa détention mais bien dans sa transmission.

« Je forme le vœu, en vous remettant ce livret citoyen, que vous contribuiez à préserver ce droit à la connaissance, à l’éducation, seule façon de perpétuer la République. »

21 mars 2017 2 21 /03 /mars /2017 05:50

Depuis près de trois ans, il me revient de présider l'association des maires « Ville & Banlieue » de France, qui regroupe, toutes sensibilités politiques républicaines confondues, une centaine de communes sur les territoires desquelles se trouvent des quartiers classés « prioritaires » au titre de ce qu'on appelle « la politique de la ville », c'est-à-dire l'ensemble des mesures concourant, pour ces sites d'habitat social ou centres anciens dégradés et paupérisés, à leur rénovation urbaine et l'accompagnement social, économique et culturel de leurs habitants.

La Seyne en fait partie, avec son quartier Berthe de près de 13.000 habitants, en réhabilitation depuis 2007 et jusqu'à fin 2018, et son centre-ville pour lequel, tout en déployant prioritairement des efforts communaux, on attend — avec tout de même un peu d'impatience — des appuis des institutions publiques pour entreprendre une rénovation de plus grande ampleur, ainsi que ça a pu se faire à Berthe.

Les expériences et expertises partagées dans nos communes nous permettent, outre de tirer parti des réussites relevées ça et là pour imaginer des solutions transférables localement, de formuler, à l'occasion de chaque élection nationale, des propositions aux divers candidats, dans le but d'attirer leur attention bienveillante sur ces quartiers où vivent près de 5 millions de personnes, dont la moitié au-dessous du seuil de pauvreté, souvent oubliées de la République.

Si je suis depuis ces dernières temps éloigné de La Seyne deux ou trois jours par semaine, c'est pour prendre part, avec mes collègues maires membres du Bureau de « Ville & Banlieue », à la promotion auprès des candidats à l'élection présidentielle des 31 propositions que nous leur formulons cette année, et que présente la petite vidéo ci-dessous. Je me devais d'expliquer aux Seynois les raisons de mon relatif éloignement provisoire.

Mais je pense que c'est pour la bonne cause ; quel que soit le vainqueur de l'élection au terme de cette étrange campagne où beaucoup de médias et réseaux sociaux mettent plus en avant les péripéties judiciaires et le spectacle parfois affligeant que certains offrent, plutôt que le contenu des propositions des uns et des autres, je pense qu'il n'aura pas été inutile qu'il soit sensibilisé aux enjeux de nos quartiers en difficulté. À commencer, un peu égoïstement, par ceux de La Seyne...

 

> Pour suivre notre démarche « Et si l'on parlait des quartiers populaires dans la campagne présidentielle ? », CLIQUEZ ICI

> Pour conserver la neutralité qui doit prévaloir, j'ai choisi pour illustrer cet article deux photos de rencontres avec des candidats qui... ne le seront finalement pas ! (l'une du centre-droit, Rama Yade, qui n'a pas recueilli les 500 parrainages nécessaires, et l'écologiste Yannick Jadot qui a choisi de ne pas se présenter et de faire cause commune avec Benoît Hamon) 

10 mars 2017 5 10 /03 /mars /2017 07:37

Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
4 mars 2017 6 04 /03 /mars /2017 16:21

Après la suppression de 80.000 postes d'enseignants sous le mandat de Sarkozy, et malgré la création de 60.000 postes au cours du quinquennat qui s'achève, objectif qui est atteint, à l'exception près peut-être de quelques milliers d'emplois ouverts mais pourvus par des professeurs pas encore formés, il demeure des besoins réels pour nos écoles seynoises, qui justifient que les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves soient assurés de l'appui de la municipalité pour accompagner leurs demandes aux autorités académiques.

Si l'on peut se satisfaire que les écoles de certains quartiers bénéficient d'un taux d'encadrement permettant des effectifs corrects d'enfants par classe, il demeure des disparités anormales, principalement dans certaines écoles des quartiers prioritaires « politique de la ville » que sont Berthe et le centre ville, comme pour la scolarisation des tout-petits de 2 ans, et pour l'accompagnement des élèves en difficulté par des rééducateurs et psychologues scolaires.

 

MOINS D'ENFANTS PAR CLASSE, DES PROFS MIEUX FORMÉS, DES EFFORTS POUR LES ENFANTS DÉFAVORISÉS

L'État doit accomplir des efforts supplémentaires. Si certains candidats à la Présidence de la République se vantent de vouloir réduire le nombre de fonctionnaires, celui que je soutiens, Benoît Hamon, propose quant à lui de créer en cinq ans 20.000 postes d'enseignants pour le primaire afin qu'on ne dépasse pas 25 enfants par classe — et 20 dans les zones d'éducation prioritaires —, 17.000 autres postes pour permettre les remplacements et une vraie formation continue, et encore 3.000 autres pour scolariser les jeunes enfants dès 2 ans dans les quartiers populaires en difficulté.

Comme nous l'anticipons avec notre révision de la sectorisation scolaire à La Seyne, Benoît Hamon veut imposer une « mixité sociale » en tous lieux, pour « tirer vers le haut » les enfants défavorisés et assurer une vraie cohésion nationale, y compris dans l'enseignement privé qui devra prendre sa part de cet effort.

 

UNE AIDE ACCRUE À LA CULTURE, AUX ACTIVITÉS PÉRISCOLAIRES ET AU TRAVAIL PERSONNEL DES ÉLÈVES

Il s'engage également à augmenter de 25% les appuis de l'État pour les activités périscolaires, avec un effort complémentaire pour les quartiers en difficulté, à développer l'orientation tout en valorisant l'enseignement professionnel souvent facteur méconnu de réussite, à accroître le nombre et la formation des adultes accompagnant les enfants porteurs de handicaps, à créer un service public de soutien scolaire assuré par des enseignants permettant, en faisant faire leurs devoirs et leçons à l'école à tous les élèves, de leur donner les mêmes aides et les mêmes chances, et à développer les arts et la culture à l'école.

Pour les enfants d'une commune comme La Seyne, riche de leurs diversités mais aussi confrontés, pour beaucoup, à des inégalités face à la réussite à l'École, ces renforts de moyens publics de l'État que propose Benoît Hamon seraient plus que bienvenus tant pour l'instruction que pour les actions éducatives complémentaires des temps libres.

 

RETROUVEZ LES PROJETS DE B. HAMON POUR L'ÉCOLE ET LES SERVICES...

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Bienvenue !

Marc VUILLEMOT
Maire (PS) de La Seyne-sur-Mer
Vice-président de l'agglo de Toulon

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