9 juin 2019 7 09 /06 /juin /2019 08:43

 

Nous avons honoré ce samedi la mémoire des Morts pour la France au cours de la guerre d'Indochine terminée tragiquement il y a 65 ans.

 

Au-delà d'une réflexion sur les causes d'un conflit meurtrier, sur fond de droit des peuples à disposer d'eux-mêmes autant que de funestes enjeux de politique intérieure, cette journée nationale d'hommage instaurée en 2005 nous conduit chaque année à poser un regard sur les efforts déployés pour que, chez nous comme ailleurs sur la planète, vivent la Paix et l'amitié entre les peuples.

 

 

Dans les années 50, la décolonisation était en marche sous l’impulsion de la libre détermination des peuples, un mouvement que Pierre Messmer, administrateur des colonies bien avant de devenir Premier ministre de Georges Pompidou, considérait comme « irrésistible, dont les formes et les forces varient suivant les temps et les lieux, selon la sagesse, la folie ou le génie des hommes ».

 

L’actualité dans le monde montre que la détermination des peuples est désormais moins dirigée vers la libération d’un territoire que vers la conquête de plus de démocratie. Quel que soit l'enjeu, le chemin est long mais l’espoir demeure toujours très grand. On n’arrête pas l’Histoire. De Gaulle déclarait en 1965 qu'il fallait « savoir, quand le moment est venu, reconnaître, à tous, le droit de disposer d'eux-mêmes ».

 

 

UN BIEN TRISTE EXEMPLE DE L'ARGUMENT MILITAIRE EN SOUTIEN À DES ARGUMENTS DIPLOMATIQUES ET POLITIQUES

 

En 1945, après six décennies de colonisation, la France, tout juste libérée des nazis, malgré les recommandations du Général Leclerc de reconnaître à l'Indochine son indépendance dans le cadre de l'Union française, tenta de rétablir son autorité sur le Viêt-Nam dont Hô Chi Minh, fondateur dès 1941 de la Ligue pour l'Indépendance du Viêt-Nam, avait proclamé cette indépendance. Les négociations s’enlisèrent pour des raisons de politique intérieure. On connaît la suite : cette guerre durera huit ans. Il reviendra à Pierre Mendès-France, nommé en 1954 président du Conseil — l'équivalent, sous la IVème République, de nos actuels Premiers ministres – d’ouvrir la négociation après le carnage tragique de Diên Biên Phu.

Cette guerre fut un désastreux exemple de l’argument militaire pour soutenir les arguments diplomatiques et les enjeux de politique.

Les accords de Genève conclus entre la France et le Viêt-Nam n’ont pas donné d’issue définitive au problème indochinois, mais ont permis à la France de s’en dégager. Le peuple du Viêt-Nam connaîtra quant à lui sa seconde guerre, jusqu'en 1975, face aux Américains, sur fond d'enjeux haineux entre monde occidental et monde communiste d'alors.

À la fin du premier conflit, celui qui nous rassemble tous les 8 juin devant notre Monument aux Morts, fait de combats acharnés, de sauvagerie, de courage et de souffrance, on dénombrera, selon les sources, du côté du corps expéditionnaire français, entre 37 et 47.000 victimes, environ pour moitié métropolitains, et pour le reste étrangers engagés dans la Légion et soldats de l'Empire français, indochinois, subsahariens et maghrébins.

Nous avons commémoré le sacrifice héroïque de ceux qui sont tombés, leur ténacité farouche, mais aussi les souffrances de ceux qui ont été meurtris, au front, dans la guérilla, ou prisonniers dans les camps d'internement et de rééducation. Tous se battaient pour un combat décidé ailleurs, en militaires respectueux des ordres. Honneur à eux. Et que vive la Paix.

 

UNE COOPÉRATION ENTRE LA SEYNE ET CAN THO, PETIT PAS VERS L'AMITIÉ ENTRE LES PEUPLES

C'est cette Paix à laquelle La Seyne d'aujourd'hui veut contribuer à sa modeste place. En rejoignant, il y a quelques mois, l'Association Française des Communes, Départements et Régions pour la Paix, membre du réseau international Mayors for Peace (Maires pour la Paix) fort de près de 8000 collectivités de 163 pays, notre ville, comme trois autres communes varoises (Carnoules, Saint-Zacharie et Varages), a voulu franchir un pas supplémentaire dans ses efforts pour l'amitié et la solidarité entre les peuples.

Il est symboliquement fort que, parmi ses villes partenaires, La Seyne compte Can Tho, commune vietnamienne du delta du Mékong, et développe avec elle d'un programme de coopération décentralisée qui permettra à de jeunes étudiants de chez nous de répondre à la demande d'aide à la promotion de... la langue française. Celle-ci, vécue comme la langue de la colonisation, avait été, des années durant, mise au rebut par les autorités vietnamiennes. Et voilà que, sans oublier ni les affres de la France impérialiste ni les sacrifices de ses soldats qui ont péri ou souffert pour tenter de maintenir sur injonction de la Nation l'ordre colonial sur un peuple qui aspirait à vivre libre et debout, un petit pas vers la Paix du Monde est franchi par le lien entre deux communes portuaires que 10.036 kilomètres séparent...

CAN THO, VILLE VIETNAMIENNE AMIE DE LA SEYNE

 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 09:56

À peu de chose près, dans cette France brune, les résultats du vote de La Seyne ressemblent à ceux de l'élection européenne de 2014.

Les Seynois demeurent partagés en trois grandes sensibilités : un gros tiers a choisi l'extrême-droite, arrivée en tête comme il y a cinq ans, un petit tiers les sensibilités du social et de l'écologie, et un dernier petit tiers les divers courants libéraux. Des évolutions significatives, cependant, sont à relever.

Mais La Seyne demeure singulière dans son territoire. Et quelques comparaisons sont aussi à dresser avec notre environnement varois...

 

 

CONTRE LA SÉGRÉGATION DÉMOCRATIQUE, UN BESOIN D'ÉDUCATION POPULAIRE

C'est encore à La Seyne que l'abstention est la plus forte, de 5% supérieure à celle du Var et la plus importante de la métropole toulonnaise. Les résidents de nos quartiers populaires, notamment, ont une nouvelle fois grandement boudé les urnes.

Élection après élection, on mesure l'impact néfaste à l'espérance démocratique de la diminution inexorable des moyens que l'État dédie à l'éducation populaire et du sentiment de ségrégation qui s'installe durablement, malgré les efforts de rénovation urbaine et d'accompagnement social. La fracture territoriale est patente.

 

EN BAISSE, MAIS DURABLEMENT ANCRÉE, UNE EXTRÊME-DROITE AUX AGUETS

Dans ce contexte inégalitaire, aggravé par le désespoir face à l'emploi, au logement ou à la santé, les incivilités et la délinquance devenue criminelle que l'État peine à endiguer, l'extrême-droite se nourrit avec avidité.

Les souverainistes de Debout la France (DLF) et les populistes du Rassemblement national (RN) cumulent chez nous 36% des voix, comme dans le reste de notre métropole, certes en petite baisse, dont on aurait tort de se réjouir, par rapport à 2014 où ils atteignaient 38%.

 

DES COURANTS LIBÉRAUX QUI « SE SIPHONNENT » MUTUELLEMENT

Si, en France, dans le Var et dans la métropole, les partis traditionnels libéraux de la droite et du centre, Les Républicains (LR) et l'Union des Démocrates et Indépendants (UDI), payent à l'évidence le prix du choix de M. Wauquiez de durcir son propos vers celui de la droite extrême, les électeurs préférant toujours l'original à la copie, c'est significativement plus évident chez nous que dans le reste du Var où leurs responsables seynois, pourtant en campagne depuis des mois pour un autre futur rendez-vous électoral, sombrent à moins de 7% pour LR et moins de 2% pour l'UDI, bien au-dessous des voix qu'ils récoltent ailleurs, et bien loin des 27% de votes qu'ils avaient obtenus en 2014.

Il est vraisemblable qu'ils ont aussi été « siphonnés » par le courant libéral qu'incarne désormais le parti présidentiel La République En Marche (LREM) qui a obtenu un peu moins de 20% des voix à La Seyne, même s'il est probable que certains électeurs de la gauche social-démocrate ont aussi fait le choix de LREM, lassés des divisions de leur propre camp ou bernés par la stratégie habile de M. Macron de rejouer, sur l'air de « moi ou le chaos », le second tour de la présidentielle à grand renfort de ces moyens publics, hors campagne officielle, qu'ont constitué toutes les étapes des longs mois de « Grand débat national ». En ce sens, La Seyne ne se distingue pas du reste du pays et du proche territoire du « Grand Toulon ».

 

L'ÉCOLOGIE ET LA GAUCHE QUI RÉSISTENT MAIS SE RECOMPOSENT

La gauche et l'écologie, quant à elles, n'amortissent à La Seyne pas trop mal le choc malgré la dispersion des candidatures, dans le contexte inédit résultant de la présidentielle et des législatives de 2017, passant de 33% des voix en 2014 à 30% cette année.

C'est en particulier la gauche social-démocrate seynoise du Parti socialiste (PS) et de ses alliés, le Parti radical de gauche (PRG) et Nouvelle Donne (ND), qui subit une perte, avec moins de 5% des voix, contre 15% en 2014.

Europe Écologie-Les Verts (EELV) et les autres partis écologistes maintiennent leur score à La Seyne, avec un joli résultat à plus de 10%, en hausse, certes légère, par rapport à celui d'il y a cinq ans.

De son côté, la gauche seynoise de ma sensibilité, celle qui, comme les écolos d'EELV, est plutôt moins encline à oublier parfois les fondamentaux de la république sociale que nous ont légués les Vaillant, Guesde et autres Jaurès, incarnée par la France Insoumise (FI), le mouvement « Génération.s », le Parti Communiste Français (PCF), le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), et mon parti de la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), progresse en cinq ans de moins de 9% à plus de 14%.

Malgré cette situation nouvelle de recomposition locale entre les diverses tendances de la gauche et de l'écologie, l'ensemble des sensibilités progressistes, humanistes, sociales et écologistes, sont placées, au regard des résultats de la droite républicaine, dans l'obligation d'incarner chez nous, fût-ce avec des équilibres réajustés, la seule alternative à l'extrême-droite populiste et excluante.

C'est là une spécificité seynoise qui, hormis dans quelques villages importants comme Barjols ou Carnoules, ne se retrouve nulle part ailleurs dans le Var et dans la métropole toulonnaise.

 

UN DEVOIR D'ASSUMER DANS L'UNITÉ LE RÔLE DE REMPART FACE AU POPULISME

Ça nous engage. Car il en résulte que, à La Seyne plus qu'ailleurs, l'écologie et la gauche dans toutes leurs diversités, que les Seynois ont placées ce dimanche comme unique rempart face à l'extrémisme de droite, ont l'impérieux devoir de transformer leurs spécificités en complémentarités utiles, comme elles le font à l'échelle municipale depuis plus de dix ans.

C'est, à ce qu'ils en disent, ce que les Seynois qui leur font confiance attendent d'elles, dans une démarche active, fédérative, coopérative et ouverte vers un « front populaire et citoyen », qu'elles doivent impulser avec et auprès de nos habitants, et c'est ce qui est de nature à redonner espoir à d'autres républicains seynois, un peu déboussolés par les circonstances peu enthousiasmantes du moment.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
24 mai 2019 5 24 /05 /mai /2019 18:33

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
11 mai 2019 6 11 /05 /mai /2019 07:13

Comme beaucoup d'élus locaux de diverses sensibilités politiques, je m'inquiète de l'évolution du statut des agents de l'État, des hôpitaux et des collectivités locales qui pourrait résulter du vote d'une « loi de transformation de la fonction publique » qui va être soumise au Parlement. Le service public, outil de l'égalité sociale et territoriale de la République, ne doit pas être fragilisé par une évolution néfaste des situations professionnelles de ses acteurs.

C'est pourquoi je compte au nombre des premiers signataires d'un appel que nous lançons avec d'autres élus pour que soit retiré ce projet de loi. Nous invitons le maximum de nos collègues à rejoindre par leurs signatures notre démarche, mais également nos concitoyens à l'accompagner et la soutenir en signant aussi cet appel que l'on peut lire ci-après...

Merci de faire connaître l'appel auprès de vos contacts et connaissances...

> soit en leur transmettant le lien vers le site dédié : http://www.123formbuilder.com/form-4806897/mon-formulaire

> soit en transmettant le lien de la page de mon blog : http://www.marcvuillemot.com/2019/05/inquietudes-sur-la-fragilisation-des-services-publics.html

> soit en "incrustant" le formulaire de signature dans le code-source d'une page de votre blog ou site Internet : <!-- www.123formbuilder.com script begins here --><script type="text/javascript" defer src="//www.123formbuilder.com/embed/4806897.js" data-role="form" data-default-width="650px"></script><!-- www.123formbuilder.com script ends here --> 

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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 05:38

Bien sûr, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) est un tout jeune mouvement politique puisqu'il n'a vu le jour qu'il y a moins de quatre mois, mais il a déjà permis de rassembler autour d'un projet des gens issus de sensibilités de gauche diverses, anciens adhérents ou sympathisants du PS, du MRC ou d'EELV.

C'est cette démarche utile, de coopération autour de perspectives alternatives plutôt que d'union d'appareils, qui m'a conduit à adhérer à cette nouvelle formation, après avoir, de guerre lasse mais non sans mélancolie, abandonné l'an dernier mes camarades du Parti socialiste, pourtant tolérants envers le vilain petit mouton rose vif que je suis depuis toujours, et notamment mes amis socialistes seynois élus au conseil municipal, tenant toute leur place active et solidaire dans la majorité municipale que j'anime.

On me connaît. Je suis un élu local. J'ai bien assez à faire pour donner corps – du moins mal possible – à  l'harmonie de vie entre mes concitoyens aux réalités sociales et économiques si diverses de ce bout de terre varoise qu'est La Seyne. Mais on sait aussi que je défends mes idées sociétales pour la Nation, l'Europe et le Monde.

 

UNE ÉQUIPE HUMANISTE POUR L'EUROPE À L'IMAGE DE LA SOCIÉTÉ 

C'est ce que je me suis efforcé de faire, ce dernier samedi, lorsqu'on m'a invité à accueillir à Toulon pour une réunion publique Manon Aubry et Manuel Bompard, les deux premiers de la liste présentée pour la France par le mouvement européen « Maintenant le peuple », une équipe, certes soutenue et accompagnée par des partis politiques comme La France insoumise ou la Gauche Républicaine et Socialiste, mais composée pour une bonne moitié, dont la Varoise Manon Aubry elle-même, de gens nouveaux en politique et « non encartés » mais solidement expérimentés sur les champs associatifs, syndicaux, écologistes, et bien d'autres, à l'image de cette part humaniste de la société française, refusant les injustices, soucieuse du devenir de la planète, accueillante et fraternelle.

 

LES VAROIS AUSSI ASPIRENT À L'ÉGALITÉ ET LA FRATERNITÉ

C'est cette démarche, un peu à l'image d'une équipe municipale, de « fédération populaire » de personnes engagées autour d'un projet plutôt que résultant de comptes d'apothicaires pour se répartir des places d'élus, qui me semble offrir les meilleures chances pour répondre aux aspirations d'une majorité de nos concitoyens endurant les effets funestes de cette Europe inégalitaire où les dérégulations, la libre concurrence et le marché sauvage, font peu de cas de l'humain, et pas seulement les plus humbles d'entre eux.

Devant une salle toulonnaise emplie de plusieurs centaines de personnes, les orateurs auront confirmé qu'il ne faut pas perdre espoir et que le champ des possibles s'ouvre devant nous. J'invite les visiteurs de mon blog à retrouver ce moment dans les vidéos ci-dessous (l'intégralité du meeting juste ci-après ou seulement mon propos d'accueil plus bas).

La presse en a parlé...

(Var-matin – 29 avril 2019)

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 04:55

Et si l'horizon de la coopération de projet entre sensibilités de la gauche et de l'écologie était en voie de s'éclaircir ? La proposition de Jean-Luc Mélenchon de « construire une fédération populaire dans les élections [qui suivront les européennes] et dans les mouvements écologiques et sociaux » doit être regardée comme une porte qui s'entrouvre.

Il est vrai que cette perspective répondrait aux aspirations de nombre de nos concitoyens les plus faibles mais aussi de ceux que l'animateur de La France Insoumise nomme les « classes moyennes plus aisées mais qui n'appartiennent pas à l'oligarchie ». Depuis 11 ans, à La Seyne, la pluralité de l'équipe municipale constitue un gage de d'idées et d'initiatives qui enrichissent le programme partagé. Pourquoi pas, alors, pour la Nation ?...

 

Si les sondages ne se trompent pas, les intentions cumulées de vote pour les listes concurrentes pour les élections européennes du 26 mai prochain, conduites par Manon Aubry (LFI-GRS), Ian Brossat (PCF), Raphaël Glucksmann (PP-PS), Benoît Hamon (Génération.S) et Yannick Jadot (EELV-RPS), avoisinent les 28%. C'est plus que l'extrême-droite, plus que la droite républicaine, plus que les libéraux « marcheurs ». La gauche est émiettée, mais elle n'est pas rassie.

 

UNE AUTRE POLITIQUE EST NÉCESSAIRE

Même si tous ne s'y rallient pas d'entrée de jeu, l'idée de cette « fédération populaire » pourrait d'autant plus être une voie vers une alternance nationale pour gouverner autrement, pour peu qu'on s'entende sur un programme de progrès humain et de solidarité, de planification écologique, de rupture avec les traités qui ont inscrit dans le marbre de la constitution européenne l'ordre économique libéral comme seul modèle intangible, celui qui rend impossibles les projets sociaux et de préservation de la planète.

Les parlementaires de la partie gauche des hémicycles de l'Assemblée et du Sénat votent déjà, la plupart du temps, de façon pratiquement identique. Et, dans l'immense majorité des collectivités où les sensibilités écologistes, humanistes et sociales coopèrent pour présider aux destinées d'un territoire communal, départemental ou régional, ces associations autour d'un projet commun sont loin d'être en souffrance.

 

DÉJÀ, DES RETOURS PLUTÔT FAVORABLES

J'écris ces lignes au lendemain du jour où le Président de la République a résumé lui-même son état d'esprit, après des mois de clameur revendicative populaire, en disant « Est-ce qu'on fait fausse route ? Je crois tout le contraire », et le confirmant, malgré l'annonce de quelques petites mesures démocratiques, sociales et territoriales certes bienvenues, dans des propositions proclamant la poursuite de la libéralisation de la société et de l'économie, l'invitation à plus travailler et à l'effort personnel, la continuation de la réduction de la dépense publique, le rétablissement des frontières et la fermeté sur les migrations, le maintien de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, et jusqu'à l'éloge de la famille...

Cet été, on sera encore dans les temps pour ouvrir le chantier d'une alternative en vue des futures échéances nationales. À la proposition de Mélenchon, la Gauche Républicaine et Socialiste a déjà dit oui, les communistes et les anciens socialistes de Génération.S ont accueilli plutôt favorablement l'idée, Glucksmann s'est dit d'accord pour discuter avec « toutes les forces de gauche », même si ses partenaires du PS sont bien plus rétifs, comme le sont les Verts.

Mais ce pourraient être les citoyens, un peu las des postures partisanes d'antan, qui pourraient pousser à ce que l'idée de « fédération populaire » fasse son chemin...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 03:41

Je pense pouvoir m’autoriser à témoigner au Conseil de Paris, aux autorités religieuses et aux fidèles catholiques de la capitale et de France, et plus généralement à tous les Parisiens, l’immense émotion et la profonde compassion de l’ensemble des Seynois, de toutes sensibilités philosophiques et politiques, croyants de toutes religions autant que non croyants, à l’annonce du terrible incendie qui ravage la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

 

Bien au-delà du symbole religieux, c’est un lieu du patrimoine de l’humanité et de l’histoire de la nation qui est atteint. Des tout premiers États Généraux, prémices balbutiantes de la démocratie, qui y furent réunis par Philippe le Bel au XIVe siècle, au Magnificat entonné par les Parisiens à l’heure de la libération du joug nazi en 1944 en présence des généraux De Gaulle et Leclerc, en passant par tous les sacres de monarques ou funérailles de grands hommes qui ont fondé la France ou par les temps œcuméniques qui s’y déroulent à l’occasion des événements dramatiques qui jalonnent notre histoire, c’est la France entière qui est profondément marquée.

 

La Seyne, quoiqu’impuissante, est pleinement solidaire de Paris.

 

 

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J'ai trouvé fort à propos le texte publié ce lundi soir sur son blog par Jean-Luc Mélenchon, sous le titre « Notre cathédrale commune ». Je me permets de le reproduire ci-après...

 

« Athées ou croyants, Notre-Dame est notre cathédrale commune. Le vaisseau, la nef qui nous porte tous sur le flot du temps. Et je crois que nous l’aimons de la même façon. Il y a ceux pour qui la main de Dieu est à l’œuvre dans l’édification de ce bâtiment. Mais ils savent que si elle y parait si puissante, c’est sans doute parce que les êtres humains se sont surpassés en mettant au monde Notre-Dame. Et d’autres, ceux qui connaissent le vide de l’Univers privé de sens et l’absurde de la condition humaine, y voient par-dessus tout cette apothéose de l’esprit et du travail de milliers de femmes et d’hommes durant deux siècles et depuis plus de huit cent ans. Ils ressentent ce que la cathédrale a signifié depuis sa première heure, quand elle n’était encore qu’un plan, et à l’instant où fut planté le clou d’or d’où seront tirées toutes les lignes et commencés tous les calculs.

 

« Bien sûr, Notre-Dame accueille tout le monde, et la foi catholique l’anime. Mais elle n’appartient à personne ou bien seulement à tout le monde, comme les pyramides du plateau de Gizeh. Tout le monde, c’est-à-dire la cohue sans fin des générations qui se sont mise les unes sur les épaules des autres jusqu’au sommet des tours, des flèches, et ne se sont jamais arrêtés en chemin vers le ciel, l’espace, la lune, les planètes, les étoiles ! Du premier calcul pour faire tenir debout une voute de 33 mètres de hauteur à celui qui a permis à la sonde Rosetta et son émissaire Philae de parvenir jusqu’à l’astroïde Tchouri, la patate glacée dans l’espace, c’est tout un. Et avant la cathédrale, je dirai que le temple d’Apollon qui se trouvait là visait de même. Que le bâtiment soit un édifice religieux n’empêchera jamais qu’il soit l’incarnation de la victoire de nos anciens contre l’obscurantisme.

 

« Des croisades, on ramena les sciences mathématiques, physiques et chimiques que l’Orient avait conservées. Elles germèrent dans les esprits. Elles y mirent un terrible dilemme. Il n’a jamais quitté notre civilisation. Il a pris successivement mille visages. Il hante encore l’esprit de chacun tout entier dès qu’il pense. Le voici : il y a la vérité révélée, celle qui vient de l’extérieur, qui est affirmée par la coutume ou la religion et qui s’impose avec le visage rassurant de l’évidence. Et il y a celle que l’on trouve avec son propre cerveau, d’après sa propre enquête, ses propres calculs, celle que la science approche chaque jour d’un peu plus près. Toute la dignité de l’être humain est dans cette tension qui le pousse à décider par raison davantage que par instinct, par réflexion indéterminée plutôt que par le comportement programmé de son espèce.

 

« Notre-Dame est le signal d’un temps nouveau qui commençait. Il symbolise la douleur du savoir qui doute de lui-même pour avancer, l’inébranlable confiance dans l’esprit et dans sa victoire possible contre l’ombre qui masque, la mort qui soustrait et l’ignorance qui trompe. Notre-Dame est un message universel. Le peuple de France ne s’y est pas trompé. Tous ses grandes heures y ont transité. Des premiers États Généraux à la victoire sur les nazis, la nef a accueilli toutes nos clameurs libératrices. Je me dis qu’elle ne brûlera jamais tout à fait. Il en restera toujours un morceau qu’un être humain voudra continuer vers le ciel. »

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 07:16

J'évoque rarement dans mon blog les enjeux de politique autre que municipale. Certains Seynois, d'ailleurs, me disent que la gestion communale ne leur paraît pas être une question d'appartenance partisane. Ça ne me semble pas aussi simple que ça : il faut bien que les choix de ceux qui exercent des responsabilités territoriales soient guidés par des orientations de société. 

Ainsi, plusieurs de mes concitoyens, pas forcément de ma sensibilité, m'ont dit qu'ils peinent à comprendre pourquoi j'ai quitté le Parti socialiste à l'automne dernier. Je leur dois une explication.

 

Ma culture politique s'est forgée dans ma jeunesse dans notre ville alors ouvrière, très attachée à compenser les inégalités résultant des différences sociales et économiques, dans le militantisme associatif, notamment celui de l'éducation populaire, et dans un engagement professionnel de trois décennies auprès de jeunes dont le contexte de vie justifiait qu'ils aient besoin, plus que d'autres, d'être accompagnés pour tirer le meilleur profit de l'enseignement. J'y ai appris par l'action que le libéralisme ne cesse d'aggraver les injustices, mais qu'elles peuvent être corrigées, pour peu que l'on s'attache à construire des consciences d'êtres libres, responsables, lucides quant aux déterminismes de la société, et capables d'agir sur eux dans le sens d'un monde plus humain. Et que j'avais ma part à prendre dans ce mouvement-là.

 

LONGTEMPS, LE PS A PU PORTER UN ESPOIR DE JUSTICE ET DE LIBERTÉ

De l'Union des étudiants communistes où mes amitiés de jeune Seynois m'avaient naturellement conduit, j'ai évolué vers le Parti socialiste unifié (PSU), alors promoteur d'une société autogestionnaire, puis, à sa dissolution, je me suis retrouvé dans les courants du Parti socialiste plus "rupteurs" que ceux de la majorité plutôt social-démocrate qui promouvait un accompagnement social du libéralisme. J'ai toutefois toujours considéré que le changement ne pouvait aboutir que par des accommodements entre l'ensemble des courants de la gauche. Le PS m'a longtemps permis d'apporter ma petite pierre à l'édifice de cette construction coopérative partagée pour avancer vers « un monde meilleur ».

Des années se sont écoulées dans ce contexte politique. Puis j'ai assisté à des renoncements. J'en comprends et en excuse mieux certains aujourd'hui, à l'aune des compromis que l'obligation de pragmatisme et les contraintes exogènes à la gestion communale que j'anime m'ont moi-même appelé à accepter. Mais trop, c'est trop.

 

D'ABANDONS EN ABDICATIONS DE NOS VALEURS DÉMOCRATIQUES ET HUMANISTES

Le fait déclencheur de mes doutes sur l'évolution de la majorité de mes camarades socialistes a été la suite réservée au vote des Français en 2005, qui avaient rejeté à 55 % le traité constitutionnel européen. Alors qu'on pouvait s'attendre à ce que la gauche française, revenue aux affaires en 2012, pèse sur l'Europe, dont seulement 16 des 28 pays ont ratifié le traité, pour obtenir un retour en arrière, j'ai assisté, un peu abasourdi, à une totale capitulation.

Et les abandons et abdications se sont succédé, à l'instar de « loi El Khomri » (2016), accroissant le démantèlement du droit du travail déjà mis mal par la « loi Macron » (2015), et qui fut imposée à la ministre par celui qui, alors ministre de l'Économie, est aujourd'hui Président de la République.

Les départs successifs de beaucoup de socialistes, ne retrouvant plus dans leur parti les fondamentaux qui ont porté leurs espoirs égalitaires, depuis les proches de Chevènement dès 1993 jusqu'à ceux de Mélenchon en 2008, de Larrouturou en 2013, de Hamon en 2017, ou de Batho en 2018, ont les uns après les autres affaibli la capacité des socialistes à être eux-mêmes rassemblés pour promouvoir un projet apte à réunir toutes les forces progressistes susceptibles de répondre aux besoins de justice, de liberté, et de réponses aux enjeux de sauvegarde de la planète.

 

UN ÉTRANGE ATTELAGE À L'OCCASION DES PROCHAINES EUROPÉENNES

J'y ai cru longtemps. Plus de trente ans. Ma décision de poursuivre ailleurs mon engagement fut prise à l'issue du dernier Congrès du PS, à Aubervilliers. Pour une (rare) fois en accord avec Cambadélis, j'ai fait le constat que « le parti d'Épinay », rassemblement riche de ses diversités, et capable de réunir au-delà de ses propres limites, « était mort, et bien mort ». Non sans tristesse, j'en suis parti.

Et je pense avoir bien fait. Surtout aujourd'hui après les tout récents choix des instances dirigeantes du PS. J'ai en effet de la peine à imaginer que mes camarades et amis restés au Parti socialiste, dont plusieurs de mes collègues élus communaux qui conservent évidemment ma totale confiance, vont devoir soutenir, pour l'élection européenne de mai prochain, une liste conduite par Glucksmann, une personne dont l'histoire politique a connu des épisodes pour le moins déroutants pour les progressistes.

Alors étudiant, au début des années 2000, il fut membre du groupe néo-conservateur du Cercle de l'Oratoire, puis il s'impliqua en 2007, comme adhérent d'Alternative libérale, un parti qui portait bien son nom, dans la campagne présidentielle de Madelin, ancien du mouvement d'extrême-droite Occident, avant de se flatter de servir d'intermédiaire entre Sarkozy et le président géorgien Saakachvili pour le moins contestable en matière de libertés publiques, puis, expliquant s'être déplacé à gauche « par dépit », après avoir déclaré en 2014 que ça ne l'a « jamais fait vibrer de manifester pour les retraites », il finit par indiquer l'an dernier « être fier de l'élection d'Emmanuel Macron ».

Même si – et c'est heureux – tout un chacun est susceptible d'évoluer, en a le désir et les potentialités, et si, je veux le croire, Glucksmann l'a sûrement fait, c'est une étrange image que son passé donne de celui qui est désormais le porte-drapeau du PS de 2019. Or, on le sait, on ne gomme jamais son passé. Même Mitterrand, politique madré, n'y est pas parvenu.

 

Voilà. Je pense qu'on comprendra désormais mieux ce qui a guidé ma réflexion depuis quelques années et la nouvelle orientation que j'ai dû donner à mon engagement depuis l'automne.

Mais c'est vrai que je suis naturellement passionné par La Seyne, ville où j'ai toujours vécu, et que, souvent, c'est elle, plus qu'un dogme ou une doctrine, qui m'inspire. Au fond, ceux qui disent que la politique locale, ce n'est pas de la « vraie politique», ont aussi un peu raison, car le changement de cap de mon ancien parti, qui m'a conduit à m'embarquer sur un autre navire, ne change rien à ma détermination à agir pour La Seyne et les Seynois.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 20:21

J'ai trouvé fort sympathiques les ballons jaunes installés cette nuit sur les mobiliers urbains du port.

 

Cette forme de revendication pacifique et presque artistique tranche significativement avec les malheureuses et inacceptables situations violentes que d'autres endroits du pays ont hélas connues. On ne parle que d'elles. Hélas.

 

Dans la mesure où ni la sécurité urbaine, ni la salubrité publique, ni la liberté de circuler, ne sont atteintes, les lois républicaines commandent qu'on laisse les citoyens s'exprimer. Et notamment exposer leurs revendications dans le calme et la sérénité. Et même dans la poésie telle qu'ont pu l'apporter ces baudruches et rubans, sur fond de demande légitime d'un regain de démocratie citoyenne.

 

Cet acte dont on me dit qu'il est l'œuvre des "gilets jaunes" de La Seyne me semble s'inscrire dans cette perspective. Je salue leur sens de la responsabilité civique.

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 14:45

Chapeau, les jeunes de notre métropole toulonnaise, même si vous nous pointez du doigt, nous les anciens, pour nos erreurs qui causent nos presque irrémédiables traumatismes écologiques !

On me dit que vous êtes des centaines, voire des milliers, de Varois à nous rappeler à Toulon que, en 2050, nous serons morts, mais que vous, vous aurez à subir et gérer nos inconséquences pour que vos propres enfants et petits-enfants, et vous-mêmes, surviviez.

 

J'espère que, collectivement, quelles que soient les sensibilités des adultes républicains que nous sommes, nous entendrons votre message. Et, si nous ne l'entendions pas, le nez dans le guidon de nos réalités politiciennes qui, même si elles ne font pas partie du quotidien de nombre d'entre nous, pourrissent la vie démocratique de notre nation républicaine, je ne peux que vous engager à ne "rien lâcher", comme vous dites.

On ne peut plus accepter que l'ultra-libéralisme massacreur des équilibres durables de la planète creuse vos tombes, y compris celles des descendants de ceux qui l'entretiennent à leur profit immédiat. Vous avez raison de nous interpeller vivement. Et vous auriez raison de nous tanner le cul si nous continuions à laisser faire. Surtout nous, qui nous prétendons de gauche.

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Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

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