30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 05:38

Bien sûr, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) est un tout jeune mouvement politique puisqu'il n'a vu le jour qu'il y a moins de quatre mois, mais il a déjà permis de rassembler autour d'un projet des gens issus de sensibilités de gauche diverses, anciens adhérents ou sympathisants du PS, du MRC ou d'EELV.

C'est cette démarche utile, de coopération autour de perspectives alternatives plutôt que d'union d'appareils, qui m'a conduit à adhérer à cette nouvelle formation, après avoir, de guerre lasse mais non sans mélancolie, abandonné l'an dernier mes camarades du Parti socialiste, pourtant tolérants envers le vilain petit mouton rose vif que je suis depuis toujours, et notamment mes amis socialistes seynois élus au conseil municipal, tenant toute leur place active et solidaire dans la majorité municipale que j'anime.

On me connaît. Je suis un élu local. J'ai bien assez à faire pour donner corps – du moins mal possible – à  l'harmonie de vie entre mes concitoyens aux réalités sociales et économiques si diverses de ce bout de terre varoise qu'est La Seyne. Mais on sait aussi que je défends mes idées sociétales pour la Nation, l'Europe et le Monde.

 

UNE ÉQUIPE HUMANISTE POUR L'EUROPE À L'IMAGE DE LA SOCIÉTÉ 

C'est ce que je me suis efforcé de faire, ce dernier samedi, lorsqu'on m'a invité à accueillir à Toulon pour une réunion publique Manon Aubry et Manuel Bompard, les deux premiers de la liste présentée pour la France par le mouvement européen « Maintenant le peuple », une équipe, certes soutenue et accompagnée par des partis politiques comme La France insoumise ou la Gauche Républicaine et Socialiste, mais composée pour une bonne moitié, dont la Varoise Manon Aubry elle-même, de gens nouveaux en politique et « non encartés » mais solidement expérimentés sur les champs associatifs, syndicaux, écologistes, et bien d'autres, à l'image de cette part humaniste de la société française, refusant les injustices, soucieuse du devenir de la planète, accueillante et fraternelle.

 

LES VAROIS AUSSI ASPIRENT À L'ÉGALITÉ ET LA FRATERNITÉ

C'est cette démarche, un peu à l'image d'une équipe municipale, de « fédération populaire » de personnes engagées autour d'un projet plutôt que résultant de comptes d'apothicaires pour se répartir des places d'élus, qui me semble offrir les meilleures chances pour répondre aux aspirations d'une majorité de nos concitoyens endurant les effets funestes de cette Europe inégalitaire où les dérégulations, la libre concurrence et le marché sauvage, font peu de cas de l'humain, et pas seulement les plus humbles d'entre eux.

Devant une salle toulonnaise emplie de plusieurs centaines de personnes, les orateurs auront confirmé qu'il ne faut pas perdre espoir et que le champ des possibles s'ouvre devant nous. J'invite les visiteurs de mon blog à retrouver ce moment dans les vidéos ci-dessous (l'intégralité du meeting juste ci-après ou seulement mon propos d'accueil plus bas).

La presse en a parlé...

(Var-matin – 29 avril 2019)

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 04:55

Et si l'horizon de la coopération de projet entre sensibilités de la gauche et de l'écologie était en voie de s'éclaircir ? La proposition de Jean-Luc Mélenchon de « construire une fédération populaire dans les élections [qui suivront les européennes] et dans les mouvements écologiques et sociaux » doit être regardée comme une porte qui s'entrouvre.

Il est vrai que cette perspective répondrait aux aspirations de nombre de nos concitoyens les plus faibles mais aussi de ceux que l'animateur de La France Insoumise nomme les « classes moyennes plus aisées mais qui n'appartiennent pas à l'oligarchie ». Depuis 11 ans, à La Seyne, la pluralité de l'équipe municipale constitue un gage de d'idées et d'initiatives qui enrichissent le programme partagé. Pourquoi pas, alors, pour la Nation ?...

 

Si les sondages ne se trompent pas, les intentions cumulées de vote pour les listes concurrentes pour les élections européennes du 26 mai prochain, conduites par Manon Aubry (LFI-GRS), Ian Brossat (PCF), Raphaël Glucksmann (PP-PS), Benoît Hamon (Génération.S) et Yannick Jadot (EELV-RPS), avoisinent les 28%. C'est plus que l'extrême-droite, plus que la droite républicaine, plus que les libéraux « marcheurs ». La gauche est émiettée, mais elle n'est pas rassie.

 

UNE AUTRE POLITIQUE EST NÉCESSAIRE

Même si tous ne s'y rallient pas d'entrée de jeu, l'idée de cette « fédération populaire » pourrait d'autant plus être une voie vers une alternance nationale pour gouverner autrement, pour peu qu'on s'entende sur un programme de progrès humain et de solidarité, de planification écologique, de rupture avec les traités qui ont inscrit dans le marbre de la constitution européenne l'ordre économique libéral comme seul modèle intangible, celui qui rend impossibles les projets sociaux et de préservation de la planète.

Les parlementaires de la partie gauche des hémicycles de l'Assemblée et du Sénat votent déjà, la plupart du temps, de façon pratiquement identique. Et, dans l'immense majorité des collectivités où les sensibilités écologistes, humanistes et sociales coopèrent pour présider aux destinées d'un territoire communal, départemental ou régional, ces associations autour d'un projet commun sont loin d'être en souffrance.

 

DÉJÀ, DES RETOURS PLUTÔT FAVORABLES

J'écris ces lignes au lendemain du jour où le Président de la République a résumé lui-même son état d'esprit, après des mois de clameur revendicative populaire, en disant « Est-ce qu'on fait fausse route ? Je crois tout le contraire », et le confirmant, malgré l'annonce de quelques petites mesures démocratiques, sociales et territoriales certes bienvenues, dans des propositions proclamant la poursuite de la libéralisation de la société et de l'économie, l'invitation à plus travailler et à l'effort personnel, la continuation de la réduction de la dépense publique, le rétablissement des frontières et la fermeté sur les migrations, le maintien de la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, et jusqu'à l'éloge de la famille...

Cet été, on sera encore dans les temps pour ouvrir le chantier d'une alternative en vue des futures échéances nationales. À la proposition de Mélenchon, la Gauche Républicaine et Socialiste a déjà dit oui, les communistes et les anciens socialistes de Génération.S ont accueilli plutôt favorablement l'idée, Glucksmann s'est dit d'accord pour discuter avec « toutes les forces de gauche », même si ses partenaires du PS sont bien plus rétifs, comme le sont les Verts.

Mais ce pourraient être les citoyens, un peu las des postures partisanes d'antan, qui pourraient pousser à ce que l'idée de « fédération populaire » fasse son chemin...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
16 avril 2019 2 16 /04 /avril /2019 03:41

Je pense pouvoir m’autoriser à témoigner au Conseil de Paris, aux autorités religieuses et aux fidèles catholiques de la capitale et de France, et plus généralement à tous les Parisiens, l’immense émotion et la profonde compassion de l’ensemble des Seynois, de toutes sensibilités philosophiques et politiques, croyants de toutes religions autant que non croyants, à l’annonce du terrible incendie qui ravage la cathédrale Notre-Dame-de-Paris.

 

Bien au-delà du symbole religieux, c’est un lieu du patrimoine de l’humanité et de l’histoire de la nation qui est atteint. Des tout premiers États Généraux, prémices balbutiantes de la démocratie, qui y furent réunis par Philippe le Bel au XIVe siècle, au Magnificat entonné par les Parisiens à l’heure de la libération du joug nazi en 1944 en présence des généraux De Gaulle et Leclerc, en passant par tous les sacres de monarques ou funérailles de grands hommes qui ont fondé la France ou par les temps œcuméniques qui s’y déroulent à l’occasion des événements dramatiques qui jalonnent notre histoire, c’est la France entière qui est profondément marquée.

 

La Seyne, quoiqu’impuissante, est pleinement solidaire de Paris.

 

 

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J'ai trouvé fort à propos le texte publié ce lundi soir sur son blog par Jean-Luc Mélenchon, sous le titre « Notre cathédrale commune ». Je me permets de le reproduire ci-après...

 

« Athées ou croyants, Notre-Dame est notre cathédrale commune. Le vaisseau, la nef qui nous porte tous sur le flot du temps. Et je crois que nous l’aimons de la même façon. Il y a ceux pour qui la main de Dieu est à l’œuvre dans l’édification de ce bâtiment. Mais ils savent que si elle y parait si puissante, c’est sans doute parce que les êtres humains se sont surpassés en mettant au monde Notre-Dame. Et d’autres, ceux qui connaissent le vide de l’Univers privé de sens et l’absurde de la condition humaine, y voient par-dessus tout cette apothéose de l’esprit et du travail de milliers de femmes et d’hommes durant deux siècles et depuis plus de huit cent ans. Ils ressentent ce que la cathédrale a signifié depuis sa première heure, quand elle n’était encore qu’un plan, et à l’instant où fut planté le clou d’or d’où seront tirées toutes les lignes et commencés tous les calculs.

 

« Bien sûr, Notre-Dame accueille tout le monde, et la foi catholique l’anime. Mais elle n’appartient à personne ou bien seulement à tout le monde, comme les pyramides du plateau de Gizeh. Tout le monde, c’est-à-dire la cohue sans fin des générations qui se sont mise les unes sur les épaules des autres jusqu’au sommet des tours, des flèches, et ne se sont jamais arrêtés en chemin vers le ciel, l’espace, la lune, les planètes, les étoiles ! Du premier calcul pour faire tenir debout une voute de 33 mètres de hauteur à celui qui a permis à la sonde Rosetta et son émissaire Philae de parvenir jusqu’à l’astroïde Tchouri, la patate glacée dans l’espace, c’est tout un. Et avant la cathédrale, je dirai que le temple d’Apollon qui se trouvait là visait de même. Que le bâtiment soit un édifice religieux n’empêchera jamais qu’il soit l’incarnation de la victoire de nos anciens contre l’obscurantisme.

 

« Des croisades, on ramena les sciences mathématiques, physiques et chimiques que l’Orient avait conservées. Elles germèrent dans les esprits. Elles y mirent un terrible dilemme. Il n’a jamais quitté notre civilisation. Il a pris successivement mille visages. Il hante encore l’esprit de chacun tout entier dès qu’il pense. Le voici : il y a la vérité révélée, celle qui vient de l’extérieur, qui est affirmée par la coutume ou la religion et qui s’impose avec le visage rassurant de l’évidence. Et il y a celle que l’on trouve avec son propre cerveau, d’après sa propre enquête, ses propres calculs, celle que la science approche chaque jour d’un peu plus près. Toute la dignité de l’être humain est dans cette tension qui le pousse à décider par raison davantage que par instinct, par réflexion indéterminée plutôt que par le comportement programmé de son espèce.

 

« Notre-Dame est le signal d’un temps nouveau qui commençait. Il symbolise la douleur du savoir qui doute de lui-même pour avancer, l’inébranlable confiance dans l’esprit et dans sa victoire possible contre l’ombre qui masque, la mort qui soustrait et l’ignorance qui trompe. Notre-Dame est un message universel. Le peuple de France ne s’y est pas trompé. Tous ses grandes heures y ont transité. Des premiers États Généraux à la victoire sur les nazis, la nef a accueilli toutes nos clameurs libératrices. Je me dis qu’elle ne brûlera jamais tout à fait. Il en restera toujours un morceau qu’un être humain voudra continuer vers le ciel. »

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 07:16

J'évoque rarement dans mon blog les enjeux de politique autre que municipale. Certains Seynois, d'ailleurs, me disent que la gestion communale ne leur paraît pas être une question d'appartenance partisane. Ça ne me semble pas aussi simple que ça : il faut bien que les choix de ceux qui exercent des responsabilités territoriales soient guidés par des orientations de société. 

Ainsi, plusieurs de mes concitoyens, pas forcément de ma sensibilité, m'ont dit qu'ils peinent à comprendre pourquoi j'ai quitté le Parti socialiste à l'automne dernier. Je leur dois une explication.

 

Ma culture politique s'est forgée dans ma jeunesse dans notre ville alors ouvrière, très attachée à compenser les inégalités résultant des différences sociales et économiques, dans le militantisme associatif, notamment celui de l'éducation populaire, et dans un engagement professionnel de trois décennies auprès de jeunes dont le contexte de vie justifiait qu'ils aient besoin, plus que d'autres, d'être accompagnés pour tirer le meilleur profit de l'enseignement. J'y ai appris par l'action que le libéralisme ne cesse d'aggraver les injustices, mais qu'elles peuvent être corrigées, pour peu que l'on s'attache à construire des consciences d'êtres libres, responsables, lucides quant aux déterminismes de la société, et capables d'agir sur eux dans le sens d'un monde plus humain. Et que j'avais ma part à prendre dans ce mouvement-là.

 

LONGTEMPS, LE PS A PU PORTER UN ESPOIR DE JUSTICE ET DE LIBERTÉ

De l'Union des étudiants communistes où mes amitiés de jeune Seynois m'avaient naturellement conduit, j'ai évolué vers le Parti socialiste unifié (PSU), alors promoteur d'une société autogestionnaire, puis, à sa dissolution, je me suis retrouvé dans les courants du Parti socialiste plus "rupteurs" que ceux de la majorité plutôt social-démocrate qui promouvait un accompagnement social du libéralisme. J'ai toutefois toujours considéré que le changement ne pouvait aboutir que par des accommodements entre l'ensemble des courants de la gauche. Le PS m'a longtemps permis d'apporter ma petite pierre à l'édifice de cette construction coopérative partagée pour avancer vers « un monde meilleur ».

Des années se sont écoulées dans ce contexte politique. Puis j'ai assisté à des renoncements. J'en comprends et en excuse mieux certains aujourd'hui, à l'aune des compromis que l'obligation de pragmatisme et les contraintes exogènes à la gestion communale que j'anime m'ont moi-même appelé à accepter. Mais trop, c'est trop.

 

D'ABANDONS EN ABDICATIONS DE NOS VALEURS DÉMOCRATIQUES ET HUMANISTES

Le fait déclencheur de mes doutes sur l'évolution de la majorité de mes camarades socialistes a été la suite réservée au vote des Français en 2005, qui avaient rejeté à 55 % le traité constitutionnel européen. Alors qu'on pouvait s'attendre à ce que la gauche française, revenue aux affaires en 2012, pèse sur l'Europe, dont seulement 16 des 28 pays ont ratifié le traité, pour obtenir un retour en arrière, j'ai assisté, un peu abasourdi, à une totale capitulation.

Et les abandons et abdications se sont succédé, à l'instar de « loi El Khomri » (2016), accroissant le démantèlement du droit du travail déjà mis mal par la « loi Macron » (2015), et qui fut imposée à la ministre par celui qui, alors ministre de l'Économie, est aujourd'hui Président de la République.

Les départs successifs de beaucoup de socialistes, ne retrouvant plus dans leur parti les fondamentaux qui ont porté leurs espoirs égalitaires, depuis les proches de Chevènement dès 1993 jusqu'à ceux de Mélenchon en 2008, de Larrouturou en 2013, de Hamon en 2017, ou de Batho en 2018, ont les uns après les autres affaibli la capacité des socialistes à être eux-mêmes rassemblés pour promouvoir un projet apte à réunir toutes les forces progressistes susceptibles de répondre aux besoins de justice, de liberté, et de réponses aux enjeux de sauvegarde de la planète.

 

UN ÉTRANGE ATTELAGE À L'OCCASION DES PROCHAINES EUROPÉENNES

J'y ai cru longtemps. Plus de trente ans. Ma décision de poursuivre ailleurs mon engagement fut prise à l'issue du dernier Congrès du PS, à Aubervilliers. Pour une (rare) fois en accord avec Cambadélis, j'ai fait le constat que « le parti d'Épinay », rassemblement riche de ses diversités, et capable de réunir au-delà de ses propres limites, « était mort, et bien mort ». Non sans tristesse, j'en suis parti.

Et je pense avoir bien fait. Surtout aujourd'hui après les tout récents choix des instances dirigeantes du PS. J'ai en effet de la peine à imaginer que mes camarades et amis restés au Parti socialiste, dont plusieurs de mes collègues élus communaux qui conservent évidemment ma totale confiance, vont devoir soutenir, pour l'élection européenne de mai prochain, une liste conduite par Glucksmann, une personne dont l'histoire politique a connu des épisodes pour le moins déroutants pour les progressistes.

Alors étudiant, au début des années 2000, il fut membre du groupe néo-conservateur du Cercle de l'Oratoire, puis il s'impliqua en 2007, comme adhérent d'Alternative libérale, un parti qui portait bien son nom, dans la campagne présidentielle de Madelin, ancien du mouvement d'extrême-droite Occident, avant de se flatter de servir d'intermédiaire entre Sarkozy et le président géorgien Saakachvili pour le moins contestable en matière de libertés publiques, puis, expliquant s'être déplacé à gauche « par dépit », après avoir déclaré en 2014 que ça ne l'a « jamais fait vibrer de manifester pour les retraites », il finit par indiquer l'an dernier « être fier de l'élection d'Emmanuel Macron ».

Même si – et c'est heureux – tout un chacun est susceptible d'évoluer, en a le désir et les potentialités, et si, je veux le croire, Glucksmann l'a sûrement fait, c'est une étrange image que son passé donne de celui qui est désormais le porte-drapeau du PS de 2019. Or, on le sait, on ne gomme jamais son passé. Même Mitterrand, politique madré, n'y est pas parvenu.

 

Voilà. Je pense qu'on comprendra désormais mieux ce qui a guidé ma réflexion depuis quelques années et la nouvelle orientation que j'ai dû donner à mon engagement depuis l'automne.

Mais c'est vrai que je suis naturellement passionné par La Seyne, ville où j'ai toujours vécu, et que, souvent, c'est elle, plus qu'un dogme ou une doctrine, qui m'inspire. Au fond, ceux qui disent que la politique locale, ce n'est pas de la « vraie politique», ont aussi un peu raison, car le changement de cap de mon ancien parti, qui m'a conduit à m'embarquer sur un autre navire, ne change rien à ma détermination à agir pour La Seyne et les Seynois.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 20:21

J'ai trouvé fort sympathiques les ballons jaunes installés cette nuit sur les mobiliers urbains du port.

 

Cette forme de revendication pacifique et presque artistique tranche significativement avec les malheureuses et inacceptables situations violentes que d'autres endroits du pays ont hélas connues. On ne parle que d'elles. Hélas.

 

Dans la mesure où ni la sécurité urbaine, ni la salubrité publique, ni la liberté de circuler, ne sont atteintes, les lois républicaines commandent qu'on laisse les citoyens s'exprimer. Et notamment exposer leurs revendications dans le calme et la sérénité. Et même dans la poésie telle qu'ont pu l'apporter ces baudruches et rubans, sur fond de demande légitime d'un regain de démocratie citoyenne.

 

Cet acte dont on me dit qu'il est l'œuvre des "gilets jaunes" de La Seyne me semble s'inscrire dans cette perspective. Je salue leur sens de la responsabilité civique.

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 14:45

Chapeau, les jeunes de notre métropole toulonnaise, même si vous nous pointez du doigt, nous les anciens, pour nos erreurs qui causent nos presque irrémédiables traumatismes écologiques !

On me dit que vous êtes des centaines, voire des milliers, de Varois à nous rappeler à Toulon que, en 2050, nous serons morts, mais que vous, vous aurez à subir et gérer nos inconséquences pour que vos propres enfants et petits-enfants, et vous-mêmes, surviviez.

 

J'espère que, collectivement, quelles que soient les sensibilités des adultes républicains que nous sommes, nous entendrons votre message. Et, si nous ne l'entendions pas, le nez dans le guidon de nos réalités politiciennes qui, même si elles ne font pas partie du quotidien de nombre d'entre nous, pourrissent la vie démocratique de notre nation républicaine, je ne peux que vous engager à ne "rien lâcher", comme vous dites.

On ne peut plus accepter que l'ultra-libéralisme massacreur des équilibres durables de la planète creuse vos tombes, y compris celles des descendants de ceux qui l'entretiennent à leur profit immédiat. Vous avez raison de nous interpeller vivement. Et vous auriez raison de nous tanner le cul si nous continuions à laisser faire. Surtout nous, qui nous prétendons de gauche.

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 10:01

On pourrait croire à entendre ou lire certains commentaires que la solidarité et la communauté de destin qui existent entre les communes de notre métropole toulonnaise, et en particulier entre celles qui bordent le littoral de notre Rade, auraient été fragilisées par l'épisode du "Grand débat" qui fait encore parler, plusieurs jours après sa tenue à Toulon.

Il n'en est rien...

 

Il peut y avoir – et il y a – des divergences de vues sur certains sujets, et c'est bien normal, au regard des spécificités communales ou des diversités de sensibilités politiques. La plupart du temps, ça se règle par la discussion et on parvient au consensus. Dans quelques rares cas, depuis 2002, il faut que l'opinion minoritaire s'incline devant celle de la majorité, et ça se fait 99 fois sur 100 sans même recourir au vote. En outre, rien n'est jamais imposé par la métropole à quelque maire que ce soit, s'il estime que tel ou tel choix ne saurait être utile à sa commune. Et chacune décline ses propres politiques communales en fonction des choix adoptés par ses citoyens tous les six ans.

En tout état de cause, sur le sujet du "Grand débat", nos positions sont identiques. Comme celles de l'Association des maires de France (AMF) dont font partie toutes nos communes, ou de "Ville & Banlieue", dont la métropole et La Seyne sont adhérentes, structures de plaidoyer pour les territoires qui regroupent des maires de toutes sensibilités qui s'entendent sur l'essentiel républicain, au-delà de leurs spécificités politiques.

Ce n'est en tous cas pas une vision plurielle du mode de transport en commun en site propre qui sapera les efforts conjugués que les uns et les autres déploient pour la dynamisation économique, qu'elle soit industrielle, technologique ou des services, notamment autour des enjeux du "pôle mer", pour l'aménagement de l'aire urbaine, ou pour la vie sociale et culturelle.

C'est ce que, interpellé depuis ce jeudi matin par des lecteurs seynois d'un quotidien local, j'ai tenu à préciser dans un communiqué (CLIQUEZ dessus pour l'agrandir)...

 

 

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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 10:25

Un imprévu m'a empêché d'être présent à la rencontre à laquelle le ministre De Rugy a convié les habitants de la métropole toulonnaise, événement qui suscite quelques remous depuis sa tenue.

 

Dans un contexte où, depuis plusieurs années, les collectivités locales ne sont pas à la fête, il y a chez les maires de l'amertume et de l'aigreur qui s'expriment et s'expliquent. Raison de plus pour affirmer que les élus des territoires comptent dans la vie démocratique de la nation...

 

 

DES MAIRES DÉÇUS DE N'ÊTRE PAS ÉCOUTÉS

 

Je comprends et partage la déception exprimée par mes collègues maires de la métropole TPM, car le fait de n'avoir invité qu'un ou deux d'entre nous à cette rencontre toulonnaise a constitué une maladresse, même si le préfet a "rectifié le tir", d'autant plus que le Président de la République, après avoir assuré qu'il rencontrerait les élus locaux de toutes les régions dans le cadre du "Grand débat", n'a pas tenu sa parole pour la Provence, hormis un rendez-vous dans les Alpes-de-Haute-Provence auquel seuls des édiles triés sur le volet ont été conviés, dont aucun de notre métropole.

 

Nous avons d'ailleurs eu une position commune pour indiquer qu'il appartenait à l'État d'organiser son "Grand débat", mais que nos communes pouvaient aider à la logistique des rencontres, ce que nous avons fait, et que nous étions disposés à apporter notre contribution, nos propositions et nos demandes. On doit comprendre qu'on digère mal le sentiment, fondé ou non, d'être tenu à l'écart, mais il me semble qu'il faut saisir toutes les occasions pour plaider la cause de nos territoires, même dans un contexte de regrettable bévue.

 

C'est pourquoi j'avais préparé deux sujets que je souhaitais mettre sur la table du débat, concernant les communes, dont La Seyne, qui abritent des quartiers populaires fragiles. Les circonstances ne m'ont pas permis de les exprimer, mais le préfet a accepté de les relayer au cabinet du ministre. Les voilà...

 

 

« Monsieur le ministre,

 

« Je m'autorise à parler au nom de la population de La Seyne, deuxième commune de la métropole toulonnaise et du département du Var, la plus pauvre du territoire.

 

« Les enjeux écologiques, l'un des thèmes que vous avez proposé d'aborder, sont hélas souvent loin des considérations vitales de l'immédiat pour les 5 à 6 millions d'habitants des quartiers populaires urbains de notre nation, gravement fragilisés par les politiques libérales auxquelles semblent s'être résignés notre pays et notre continent. Nous ne les oublions pas pour autant : les opérations de requalification dont nos quartiers prioritaires ont bénéficié avec le programme de rénovation urbaine "de première génération", ou vont bénéficier avec le nouveau programme national de rénovation urbaine, ont eu pour parti pris, en forme de fil rouge, par exemple, la lutte contre la fracture énergétique pour la requalification de l'habitat et des équipements publics ou la promotion des modes doux de mobilités. Ici, ils nous ont d'ailleurs valu d'être considérés comme "territoire à énergie positive pour la croissance verte".

 

« J'ai donc deux demandes. Elles figurent parmi tant d'autres que le petit millier de communes populaires françaises ont relayées via l'Association des maires Ville & Banlieue de France, à laquelle adhèrent notre métropole et ma commune. Je veux parler du rejet cinglant et méprisant du "rapport Borloo" à la rédaction duquel nos concitoyens eux-mêmes ont durement travaillé dans une démarche de démocratie participative. Mais le Président de la République les a envoyées au pilon en mai dernier, de façon humiliante pour les acteurs publics, associatifs et entreprenariaux de nos territoires. J'espère que les débris de ces propositions auront été recollés et versés à la réflexion nationale du "Grand Débat".

 

 

LES "EMPLOIS AIDÉS", OUTILS DE L'INSERTION ET DE LA VIE SOCIALE

 

« La première demande est très pragmatique. Elle concerne les "emplois aidés". Ces instruments créent les conditions de la mise au pied à l'étrier des personnes en souffrance pour la définition de projets personnels vers une insertion professionnelle, et donc sociale et citoyenne. Mais ils favorisent aussi l'exercice opérationnel de la démocratie locale, via une vie associative gravement fragilisée par leur disparition, pourtant absolument indispensable dans nos sites urbains victimes de relégation, porteuse auprès des plus humbles de nos habitants de l'éveil des consciences par l'éducation populaire et de l'ultime lien qui demeure actif pour eux avec les valeurs républicaines d'égalité, de solidarité, et de participation à la vie de leur cité.

 

« Cette première demande est simple : le Gouvernement doit revenir – même un de ses membres déplore le diktat de Bercy le refusant –, pour les quartiers prioritaires urbains, à un financement couvrant, pour les employeurs de droit public ou associatif, jusqu'à 90, voire 97 % comme c'était le cas jusqu'en 2017, les coûts salariaux et de cotisations sociales et fiscales des "emplois aidés", fussent-ils de nouvelle formule, les PEC ayant remplacé les CAE.

 

 

POUR PLUS DE SOLIDARITÉ ET D'ÉGALITÉ ENTRE LES TERRITOIRES

 

« La seconde est tout aussi terre à terre. Elle concerne le pacte léonin imposé par la Gouvernement aux collectivités dont les budgets de fonctionnement excèdent 60 millions d'euros. Dans le Var, les quatre communes concernées, Toulon, La Seyne, Hyères et Fréjus, ont toujours répondu favorablement, y compris celle qui a confié sa destinée du moment à la funeste extrême-droite, aux sollicitations de l'État d'être partenaires contractuels de politiques publiques indispensables la régulation des inégalités. Je parle de la participation des communes et intercommunalités abritant des quartiers prioritaires aux coûts de l'accompagnement social via les "contrats de ville", des programmes de réussite éducative, de l'éducation prioritaire, du dédoublement des classes de CP et CE1, des maisons de services publics, des zones de sécurité prioritaire ou des quartiers de reconquête républicaine que nous avons pourtant appelés de nos vœux, etc. Mais ces choix volontaires appellent des dépenses exceptionnelles pour leurs mises en œuvre que les autres collectivités moins en difficultés, voire en détresse, n'ont pas à assumer. 

 

« Cette seconde demande est aussi simple que la première. Ces collectivités veulent poursuivre leur œuvre républicaine égalitaire et fraternelle. Elles assument ces dépenses de fonctionnement imposées par ces dispositifs régulateurs impulsés par l'État, auxquelles elles adhèrent volontiers au regard de la situation inquiétante de leurs habitants. Il faut que ces surcoûts soient exclus du calcul de l'évolution annuelle de leurs charges telle que prévue par l'inéquitable et inégalitaire "pacte de Cahors". Elles subissent en effet aujourd'hui avec ce "pacte" une double peine : d'une part des surcoûts de fonctionnement, certes voulus et assumés du fait de la réalité sociale et économique de leurs populations, et d'autre part une "punition budgétaire" imposée par l'État parce que, justement, elles dépensent, sur l'incitation du même État, pour compenser les inégalités.

 

« Je vous remercie d'avoir prêté attention à ces requêtes. Et j'espère, sinon une réponse formelle qui, je l'imagine, n'interviendra qu'à l'issue du "Grand débat", au moins une petite réaction "à chaud" ».

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 04:13

Bouchra Reano est la conseillère municipale à laquelle j'ai confié en 2014 une délégation intitulée « promotion de l'égalité de genre », qu'elle cumule d'ailleurs avec celles de la prévention et la lutte contre les discriminations et de la promotion de la lecture publique. C'est elle, avec une équipe composée d'autres collègues élus, de fonctionnaires dévoués, d'animateurs associatifs, qui nous donne à vivre depuis le 6 mars et jusqu'au 14, une semaine appelée « Seynoises », faite d'expositions, de débats, de rencontres, de conférences, de concerts, et d'activités sportives.

Je tiens à la féliciter et à donner à lire le propos qu'elle a tenu ce dernier samedi, à l'occasion de l'inauguration officielle de cette semaine thématique. Rien n'est jamais acquis. Les enjeux sont posés...

 

« "Je la crois" est un slogan martelé par une association qui s'est mobilisée pour défendre une jeune fille de 17 ans qui a vu son violeur acquitté parce qu'elle portait un string en dentelle. 
« On pourrait croire, on aimerait croire, que ce jugement a été rendu dans un pays obscur, lointain; qui ne fait pas des droits des femmes une priorité. Et pourtant ! Ce jugement a été rendu en Irlande en 2018.


« 27% des français considèrent qu'un violeur est moins responsable si la victime porte une mini-jupe.  
« Seulement 10% des victimes de viol ou de tentative de viol osent porter plainte. 
« En France, une femme meurt tous les 3 jours, victime de violences conjugales. 
« L'IVG, une liberté durement acquise, a été remise en cause dans de nombreux pays européens. 
« On ne peut pas ne pas s'indigner devant ces constats alarmants et dramatiques.
« On ne peut pas ne pas s'alarmer devant les propos de certains jeunes désabusés. Ces propos sont une insulte aux combats de ces femmes qui ont, parfois au péril de leur vie, fait avancer la cause féminine nous permettant aujourd'hui d'être des femmes libres.


 

« Alors éduquons, martelons que les droits des femmes ne sont pas négociables ! Un pays qui discrimine les droits de la moitié de sa population ne peut pas se prétendre "un pays développé"
« Peut-on être libre lorsqu'on subit des violences que l'on va justifier par la longueur de notre jupe ? 
« Peut-on être libre lorsqu'on subit des injustices quotidiennement ? 
« Peut-on être libre lorsqu'on nous refuse l'accès à l'éducation, seule voie à notre liberté ? 
« Nous devons continuer le combat pour une société juste et égalitaire. 
« Nous devons continuer le combat pour que notre devise, liberté, égalité, fraternité pour tous, ne soit pas qu'un mythe. 
« Nous devons continuer à rendre hommage à ces grands dames qui ont lutté pour nous et, surtout, nous devons reprendre le flambeau pour que ces vies, parfois brisées, ne l'aient pas été vainement.


« À La Seyne-sur-Mer, nous nous sommes questionnés sur le sens de cette journée, sur les messages véhiculés, et sur le moyen de lutter contre les régressions des droits des femmes. Une journée ne pouvait suffire pour nous permettre, à nous et à l'ensemble de nos partenaires, de nous approprier la question de la condition féminine. 
« Simone de Beauvoir, Simone Veil, Emma Watson, Fatou Sow et bien d'autres, autant de figures d'hier et d'aujourd'hui qui occuperont toute la semaine des droits des femmes, les places de la ville, rebaptisées symboliquement "places aux femmes".


« Nous avons la chance, à La Seyne-sur-Mer, de pouvoir compter sur des femmes engagées, des partenaires associatifs et municipaux pour qui la cause des femmes est un vrai combat. 
« Merci à toutes et à tous car c'est ensemble que nous arriverons à faire évoluer les droits des femmes. 
« Venez nombreux à la rencontre des 8 seynoises mises à l'honneur [c'était samedi]. Et à 17 heures [même jour], vous pourrez découvrir des portraits de femmes engagées lors de notre conférence "femmes d'ici et d'ailleurs, mêmes combats"
« Et je terminerai en vous annonçant, avec fierté, que nous distribuerions dans quelques jours un guide en direction des femmes dans lequel seront inscrits tous les acteurs mobilisés à leurs côtés afin de permettre à chaque Seynoise de se sentir forte, soutenue et libre. »

 

> le programme de la semaine « Seynoises » sur le site officiel de la commune

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 12:10

Comme tous les ans, La Seyne consacre une semaine à une programmation riche en événements autour du 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

 

C'est devenu une tradition que huit Seynoises soient à cette occasion mises à l'honneur chez nous, pour leur implication sociale, économique ou culturelle, ou leurs engagements en faveur de l'émancipation des femmes.

 

Entorse à l'habitude, il n'y aura, en cette semaine de mars 2019, en plus des huit Seynoises, une neuvième femme que La Seyne tient à honorer, Simone Veil, citoyenne universelle du Monde décédée en 2017, dont le parcours de vie aura compté pour l'espoir en l'Humanité et la défense des droits de ses filles.

 

Je livre ci-après le discours que j'ai prononcé ce vendredi à l'occasion de l'événement d'ouverture de cette semaine et de la dénomination d'un lieu, au cœur du parc de la Navale, qui portera désormais le nom de Simone Veil...

 

 

« La question des droits des femmes est un sujet qui les concerne, mais doit aussi engager les hommes à soutenir et défendre cette cause qui est celle de leurs mères, de leurs filles, de celles qui partagent leurs vies.

 

« Faire avancer la condition des femmes, c’est faire avancer l’Humanité.

 

« En recréant en 2008 une délégation qui lui est spécifiquement dédiée, notre équipe municipale a souhaité faire une priorité de cette question de l’égalité homme-femme.

 

« Les élus et les services, en lien avec les partenaires institutionnels et associatifs, œuvrent toute l’année sur notre territoire à lutter contre les injustices, à faire avancer les droits, à soutenir les femmes dans leur processus d’émancipation.

 

« Oui, La Seyne est une terre qui aime les femmes et les accompagne dans leur vie (crèche, accueils de loisirs, insertion, emploi, sport, santé, et j'en oublie) et dans leurs combats (pour l'accès aux droits, contre les violences intraconjugales, pour l'exercice de la parentalité, et bien d'autres).

 

« Je tiens à remercier particulièrement Bouchra Reano, élue chargée de la promotion de l’égalité femme-homme, pour son engagement depuis cinq ans à porter la question de l’égalité et faire avancer les droits des femmes.

 

« Remerciements aussi à l’équipe-projet qui l’accompagne dans la construction de cette programmation : Patricia Maffiolo, chargée de projets, Nora Boujemaoui-Kabache, directrice du secteur des 0-25 ans, Dominique Maréchal, responsable du service des dispositifs sociaux et éducatifs, et Jamila Ari, directrice de l’association "Femmes dans la cité".

 

« Merci également aux services et aux associations partenaires qui nous offrent, cette année encore, une belle programmation qui s’adresse à tous les publics et propose des actions dans tous les quartiers de la ville.

 

« Mais nous sommes ici également, aujourd’hui, à l’occasion de la journée des droits des femmes, pour honorer une de ces dignes combattantes qu’aura été Madame Simone Veil.

 

« Nous ne pouvions engager cette nouvelle semaine sans rendre hommage à cette femme extraordinaire qui aura été un exemple pour nous tous, par sa vie, par ses combats, en tant que femme, qu'élue ou que militante.

 

« Une personnalité qui aura vécu l’horreur mais qui n’aura eu de cesse d’en appeler à l’humanité des hommes.

 

« L’équipe municipale et moi-même souhaitions faire de Madame Veil une de ses "Seynoises d'honneur", et c'est chose faite aujourd’hui par cette voie qui lui est dédiée au sein de notre magnifique parc.

 

« Un lieu de rencontre, de rires, de jeux, de partage, pour cette femme, survivante de l'horreur, qui n’aura cessé de défendre et d’aimer la vie.

 

« Si elle est connue de nous tous, je crois nécessaire de retracer la vie de cette femme au parcours exceptionnel.

 

« Simone Jacob est née en 1927 à Nice dans une famille juive aux origines lorraines.

 

« Jeune fille, elle fut victime de la Shoah, cette abominable traduction, pour des millions de Juifs, des choix politiques de l'Endlösung, la solution finale décrétée par les nazis, dont nous devons raconter les réalités à nos jeunes, et plus que jamais conserver la mémoire et les leçons, en ces temps d'inquiétant regain de l'antisémitisme, du racisme, de l'homophobie, et de tant d'autres formes de rejet de l'Autre.

 

« Simone Jacob fut en effet déportée à Auschwitz à l'âge de 16 ans. Son père, sa mère et son frère y furent exterminés.

 

« Rescapée avec ses deux sœurs, elle épousa Antoine Veil en 1946 puis, après des études de droit et de science politique, elle entra dans la magistrature comme haut fonctionnaire.

 

« En 1974, elle fut nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d'Estaing, qui la chargea de faire adopter la loi dépénalisant le recours par une femme à l'interruption volontaire de grossesse, loi qui sera ensuite couramment désignée comme la « loi Veil ».

 

« Elle apparut dès lors comme icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France.

 

« Elle fut la première présidente du Parlement européen dès lors qu'il fut élu au suffrage universel, fonction qu’elle occupa de 1979 à 1982.

 

« Elle est considérée comme l'une des promotrices de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne.

 

« De 1993 à 1995, elle fut ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville du gouvernement d'Édouard Balladur.

 

« Elle siégea au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, avant d'être élue à l'Académie française en 2008.

 

« Et, l'an dernier, un an après sa disparition, par une heureuse et forte décision du président Emmanuel Macron, Simone Veil a fait avec son époux une entrée méritée au Panthéon auprès des dépouilles des grands personnages qui ont marqué l'histoire de notre nation.

 

« Oui, ce chemin de vie et d'engagement doit pouvoir inspirer aujourd'hui tant d'hommes et de femmes, chez nous et dans le Monde.

 

« Pour les femmes, tant de libertés, d'égalités, de droits, demeurent en effet à gagner ou regagner, à défendre et à préserver, pour disposer de leurs corps et de leurs personnes, de leurs choix de vie, de leurs places choisies et respectées dans le couple et dans la famille comme dans la société et dans l'espace public, pour accéder à l'égalité des salaires, des professions, des fonctions électives – et je tiens à saluer à ce propos l'initiative toute récente à laquelle a pris part une ancienne élue de notre équipe municipale seynoise, Cécile Muschotti, qui a présenté avec 20 de ses collègues députés, une proposition de loi visant à garantir plus d'égalité entre les sexes dans les conseils des collectivités et intercommunalités, et notamment dans leurs instances exécutives.

 

« Le chemin de l'égalité est une longue route qui semble n'avoir pas de terme car, on le voit tous les jours, rien n'est jamais acquis. Puisse cette semaine dédiée aux droits des femmes constituer dans la convivialité un temps d'échange, de réflexion, et de dopage pour que, toute l'année, à La Seyne, hommes et femmes, nous ne baissions pas les bras pour prévenir les reculs et toujours avancer pour que liberté, égalité, fraternité et laïcité se déclinent, demain plus qu'hier, aux deux genres. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire Idées et politique générale

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