19 mars 2019 2 19 /03 /mars /2019 07:16

J'évoque rarement dans mon blog les enjeux de politique autre que municipale. Certains Seynois, d'ailleurs, me disent que la gestion communale ne leur paraît pas être une question d'appartenance partisane. Ça ne me semble pas aussi simple que ça : il faut bien que les choix de ceux qui exercent des responsabilités territoriales soient guidés par des orientations de société. 

Ainsi, plusieurs de mes concitoyens, pas forcément de ma sensibilité, m'ont dit qu'ils peinent à comprendre pourquoi j'ai quitté le Parti socialiste à l'automne dernier. Je leur dois une explication.

 

Ma culture politique s'est forgée dans ma jeunesse dans notre ville alors ouvrière, très attachée à compenser les inégalités résultant des différences sociales et économiques, dans le militantisme associatif, notamment celui de l'éducation populaire, et dans un engagement professionnel de trois décennies auprès de jeunes dont le contexte de vie justifiait qu'ils aient besoin, plus que d'autres, d'être accompagnés pour tirer le meilleur profit de l'enseignement. J'y ai appris par l'action que le libéralisme ne cesse d'aggraver les injustices, mais qu'elles peuvent être corrigées, pour peu que l'on s'attache à construire des consciences d'êtres libres, responsables, lucides quant aux déterminismes de la société, et capables d'agir sur eux dans le sens d'un monde plus humain. Et que j'avais ma part à prendre dans ce mouvement-là.

 

LONGTEMPS, LE PS A PU PORTER UN ESPOIR DE JUSTICE ET DE LIBERTÉ

De l'Union des étudiants communistes où mes amitiés de jeune Seynois m'avaient naturellement conduit, j'ai évolué vers le Parti socialiste unifié (PSU), alors promoteur d'une société autogestionnaire, puis, à sa dissolution, je me suis retrouvé dans les courants du Parti socialiste plus "rupteurs" que ceux de la majorité plutôt social-démocrate qui promouvait un accompagnement social du libéralisme. J'ai toutefois toujours considéré que le changement ne pouvait aboutir que par des accommodements entre l'ensemble des courants de la gauche. Le PS m'a longtemps permis d'apporter ma petite pierre à l'édifice de cette construction coopérative partagée pour avancer vers « un monde meilleur ».

Des années se sont écoulées dans ce contexte politique. Puis j'ai assisté à des renoncements. J'en comprends et en excuse mieux certains aujourd'hui, à l'aune des compromis que l'obligation de pragmatisme et les contraintes exogènes à la gestion communale que j'anime m'ont moi-même appelé à accepter. Mais trop, c'est trop.

 

D'ABANDONS EN ABDICATIONS DE NOS VALEURS DÉMOCRATIQUES ET HUMANISTES

Le fait déclencheur de mes doutes sur l'évolution de la majorité de mes camarades socialistes a été la suite réservée au vote des Français en 2005, qui avaient rejeté à 55 % le traité constitutionnel européen. Alors qu'on pouvait s'attendre à ce que la gauche française, revenue aux affaires en 2012, pèse sur l'Europe, dont seulement 16 des 28 pays ont ratifié le traité, pour obtenir un retour en arrière, j'ai assisté, un peu abasourdi, à une totale capitulation.

Et les abandons et abdications se sont succédé, à l'instar de « loi El Khomri » (2016), accroissant le démantèlement du droit du travail déjà mis mal par la « loi Macron » (2015), et qui fut imposée à la ministre par celui qui, alors ministre de l'Économie, est aujourd'hui Président de la République.

Les départs successifs de beaucoup de socialistes, ne retrouvant plus dans leur parti les fondamentaux qui ont porté leurs espoirs égalitaires, depuis les proches de Chevènement dès 1993 jusqu'à ceux de Mélenchon en 2008, de Larrouturou en 2013, de Hamon en 2017, ou de Batho en 2018, ont les uns après les autres affaibli la capacité des socialistes à être eux-mêmes rassemblés pour promouvoir un projet apte à réunir toutes les forces progressistes susceptibles de répondre aux besoins de justice, de liberté, et de réponses aux enjeux de sauvegarde de la planète.

 

UN ÉTRANGE ATTELAGE À L'OCCASION DES PROCHAINES EUROPÉENNES

J'y ai cru longtemps. Plus de trente ans. Ma décision de poursuivre ailleurs mon engagement fut prise à l'issue du dernier Congrès du PS, à Aubervilliers. Pour une (rare) fois en accord avec Cambadélis, j'ai fait le constat que « le parti d'Épinay », rassemblement riche de ses diversités, et capable de réunir au-delà de ses propres limites, « était mort, et bien mort ». Non sans tristesse, j'en suis parti.

Et je pense avoir bien fait. Surtout aujourd'hui après les tout récents choix des instances dirigeantes du PS. J'ai en effet de la peine à imaginer que mes camarades et amis restés au Parti socialiste, dont plusieurs de mes collègues élus communaux qui conservent évidemment ma totale confiance, vont devoir soutenir, pour l'élection européenne de mai prochain, une liste conduite par Glucksmann, une personne dont l'histoire politique a connu des épisodes pour le moins déroutants pour les progressistes.

Alors étudiant, au début des années 2000, il fut membre du groupe néo-conservateur du Cercle de l'Oratoire, puis il s'impliqua en 2007, comme adhérent d'Alternative libérale, un parti qui portait bien son nom, dans la campagne présidentielle de Madelin, ancien du mouvement d'extrême-droite Occident, avant de se flatter de servir d'intermédiaire entre Sarkozy et le président géorgien Saakachvili pour le moins contestable en matière de libertés publiques, puis, expliquant s'être déplacé à gauche « par dépit », après avoir déclaré en 2014 que ça ne l'a « jamais fait vibrer de manifester pour les retraites », il finit par indiquer l'an dernier « être fier de l'élection d'Emmanuel Macron ».

Même si – et c'est heureux – tout un chacun est susceptible d'évoluer, en a le désir et les potentialités, et si, je veux le croire, Glucksmann l'a sûrement fait, c'est une étrange image que son passé donne de celui qui est désormais le porte-drapeau du PS de 2019. Or, on le sait, on ne gomme jamais son passé. Même Mitterrand, politique madré, n'y est pas parvenu.

 

Voilà. Je pense qu'on comprendra désormais mieux ce qui a guidé ma réflexion depuis quelques années et la nouvelle orientation que j'ai dû donner à mon engagement depuis l'automne.

Mais c'est vrai que je suis naturellement passionné par La Seyne, ville où j'ai toujours vécu, et que, souvent, c'est elle, plus qu'un dogme ou une doctrine, qui m'inspire. Au fond, ceux qui disent que la politique locale, ce n'est pas de la « vraie politique», ont aussi un peu raison, car le changement de cap de mon ancien parti, qui m'a conduit à m'embarquer sur un autre navire, ne change rien à ma détermination à agir pour La Seyne et les Seynois.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
18 mars 2019 1 18 /03 /mars /2019 20:21

J'ai trouvé fort sympathiques les ballons jaunes installés cette nuit sur les mobiliers urbains du port.

 

Cette forme de revendication pacifique et presque artistique tranche significativement avec les malheureuses et inacceptables situations violentes que d'autres endroits du pays ont hélas connues. On ne parle que d'elles. Hélas.

 

Dans la mesure où ni la sécurité urbaine, ni la salubrité publique, ni la liberté de circuler, ne sont atteintes, les lois républicaines commandent qu'on laisse les citoyens s'exprimer. Et notamment exposer leurs revendications dans le calme et la sérénité. Et même dans la poésie telle qu'ont pu l'apporter ces baudruches et rubans, sur fond de demande légitime d'un regain de démocratie citoyenne.

 

Cet acte dont on me dit qu'il est l'œuvre des "gilets jaunes" de La Seyne me semble s'inscrire dans cette perspective. Je salue leur sens de la responsabilité civique.

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15 mars 2019 5 15 /03 /mars /2019 14:45

Chapeau, les jeunes de notre métropole toulonnaise, même si vous nous pointez du doigt, nous les anciens, pour nos erreurs qui causent nos presque irrémédiables traumatismes écologiques !

On me dit que vous êtes des centaines, voire des milliers, de Varois à nous rappeler à Toulon que, en 2050, nous serons morts, mais que vous, vous aurez à subir et gérer nos inconséquences pour que vos propres enfants et petits-enfants, et vous-mêmes, surviviez.

 

J'espère que, collectivement, quelles que soient les sensibilités des adultes républicains que nous sommes, nous entendrons votre message. Et, si nous ne l'entendions pas, le nez dans le guidon de nos réalités politiciennes qui, même si elles ne font pas partie du quotidien de nombre d'entre nous, pourrissent la vie démocratique de notre nation républicaine, je ne peux que vous engager à ne "rien lâcher", comme vous dites.

On ne peut plus accepter que l'ultra-libéralisme massacreur des équilibres durables de la planète creuse vos tombes, y compris celles des descendants de ceux qui l'entretiennent à leur profit immédiat. Vous avez raison de nous interpeller vivement. Et vous auriez raison de nous tanner le cul si nous continuions à laisser faire. Surtout nous, qui nous prétendons de gauche.

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14 mars 2019 4 14 /03 /mars /2019 10:01

On pourrait croire à entendre ou lire certains commentaires que la solidarité et la communauté de destin qui existent entre les communes de notre métropole toulonnaise, et en particulier entre celles qui bordent le littoral de notre Rade, auraient été fragilisées par l'épisode du "Grand débat" qui fait encore parler, plusieurs jours après sa tenue à Toulon.

Il n'en est rien...

 

Il peut y avoir – et il y a – des divergences de vues sur certains sujets, et c'est bien normal, au regard des spécificités communales ou des diversités de sensibilités politiques. La plupart du temps, ça se règle par la discussion et on parvient au consensus. Dans quelques rares cas, depuis 2002, il faut que l'opinion minoritaire s'incline devant celle de la majorité, et ça se fait 99 fois sur 100 sans même recourir au vote. En outre, rien n'est jamais imposé par la métropole à quelque maire que ce soit, s'il estime que tel ou tel choix ne saurait être utile à sa commune. Et chacune décline ses propres politiques communales en fonction des choix adoptés par ses citoyens tous les six ans.

En tout état de cause, sur le sujet du "Grand débat", nos positions sont identiques. Comme celles de l'Association des maires de France (AMF) dont font partie toutes nos communes, ou de "Ville & Banlieue", dont la métropole et La Seyne sont adhérentes, structures de plaidoyer pour les territoires qui regroupent des maires de toutes sensibilités qui s'entendent sur l'essentiel républicain, au-delà de leurs spécificités politiques.

Ce n'est en tous cas pas une vision plurielle du mode de transport en commun en site propre qui sapera les efforts conjugués que les uns et les autres déploient pour la dynamisation économique, qu'elle soit industrielle, technologique ou des services, notamment autour des enjeux du "pôle mer", pour l'aménagement de l'aire urbaine, ou pour la vie sociale et culturelle.

C'est ce que, interpellé depuis ce jeudi matin par des lecteurs seynois d'un quotidien local, j'ai tenu à préciser dans un communiqué (CLIQUEZ dessus pour l'agrandir)...

 

 

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13 mars 2019 3 13 /03 /mars /2019 10:25

Un imprévu m'a empêché d'être présent à la rencontre à laquelle le ministre De Rugy a convié les habitants de la métropole toulonnaise, événement qui suscite quelques remous depuis sa tenue.

 

Dans un contexte où, depuis plusieurs années, les collectivités locales ne sont pas à la fête, il y a chez les maires de l'amertume et de l'aigreur qui s'expriment et s'expliquent. Raison de plus pour affirmer que les élus des territoires comptent dans la vie démocratique de la nation...

 

 

DES MAIRES DÉÇUS DE N'ÊTRE PAS ÉCOUTÉS

 

Je comprends et partage la déception exprimée par mes collègues maires de la métropole TPM, car le fait de n'avoir invité qu'un ou deux d'entre nous à cette rencontre toulonnaise a constitué une maladresse, même si le préfet a "rectifié le tir", d'autant plus que le Président de la République, après avoir assuré qu'il rencontrerait les élus locaux de toutes les régions dans le cadre du "Grand débat", n'a pas tenu sa parole pour la Provence, hormis un rendez-vous dans les Alpes-de-Haute-Provence auquel seuls des édiles triés sur le volet ont été conviés, dont aucun de notre métropole.

 

Nous avons d'ailleurs eu une position commune pour indiquer qu'il appartenait à l'État d'organiser son "Grand débat", mais que nos communes pouvaient aider à la logistique des rencontres, ce que nous avons fait, et que nous étions disposés à apporter notre contribution, nos propositions et nos demandes. On doit comprendre qu'on digère mal le sentiment, fondé ou non, d'être tenu à l'écart, mais il me semble qu'il faut saisir toutes les occasions pour plaider la cause de nos territoires, même dans un contexte de regrettable bévue.

 

C'est pourquoi j'avais préparé deux sujets que je souhaitais mettre sur la table du débat, concernant les communes, dont La Seyne, qui abritent des quartiers populaires fragiles. Les circonstances ne m'ont pas permis de les exprimer, mais le préfet a accepté de les relayer au cabinet du ministre. Les voilà...

 

 

« Monsieur le ministre,

 

« Je m'autorise à parler au nom de la population de La Seyne, deuxième commune de la métropole toulonnaise et du département du Var, la plus pauvre du territoire.

 

« Les enjeux écologiques, l'un des thèmes que vous avez proposé d'aborder, sont hélas souvent loin des considérations vitales de l'immédiat pour les 5 à 6 millions d'habitants des quartiers populaires urbains de notre nation, gravement fragilisés par les politiques libérales auxquelles semblent s'être résignés notre pays et notre continent. Nous ne les oublions pas pour autant : les opérations de requalification dont nos quartiers prioritaires ont bénéficié avec le programme de rénovation urbaine "de première génération", ou vont bénéficier avec le nouveau programme national de rénovation urbaine, ont eu pour parti pris, en forme de fil rouge, par exemple, la lutte contre la fracture énergétique pour la requalification de l'habitat et des équipements publics ou la promotion des modes doux de mobilités. Ici, ils nous ont d'ailleurs valu d'être considérés comme "territoire à énergie positive pour la croissance verte".

 

« J'ai donc deux demandes. Elles figurent parmi tant d'autres que le petit millier de communes populaires françaises ont relayées via l'Association des maires Ville & Banlieue de France, à laquelle adhèrent notre métropole et ma commune. Je veux parler du rejet cinglant et méprisant du "rapport Borloo" à la rédaction duquel nos concitoyens eux-mêmes ont durement travaillé dans une démarche de démocratie participative. Mais le Président de la République les a envoyées au pilon en mai dernier, de façon humiliante pour les acteurs publics, associatifs et entreprenariaux de nos territoires. J'espère que les débris de ces propositions auront été recollés et versés à la réflexion nationale du "Grand Débat".

 

 

LES "EMPLOIS AIDÉS", OUTILS DE L'INSERTION ET DE LA VIE SOCIALE

 

« La première demande est très pragmatique. Elle concerne les "emplois aidés". Ces instruments créent les conditions de la mise au pied à l'étrier des personnes en souffrance pour la définition de projets personnels vers une insertion professionnelle, et donc sociale et citoyenne. Mais ils favorisent aussi l'exercice opérationnel de la démocratie locale, via une vie associative gravement fragilisée par leur disparition, pourtant absolument indispensable dans nos sites urbains victimes de relégation, porteuse auprès des plus humbles de nos habitants de l'éveil des consciences par l'éducation populaire et de l'ultime lien qui demeure actif pour eux avec les valeurs républicaines d'égalité, de solidarité, et de participation à la vie de leur cité.

 

« Cette première demande est simple : le Gouvernement doit revenir – même un de ses membres déplore le diktat de Bercy le refusant –, pour les quartiers prioritaires urbains, à un financement couvrant, pour les employeurs de droit public ou associatif, jusqu'à 90, voire 97 % comme c'était le cas jusqu'en 2017, les coûts salariaux et de cotisations sociales et fiscales des "emplois aidés", fussent-ils de nouvelle formule, les PEC ayant remplacé les CAE.

 

 

POUR PLUS DE SOLIDARITÉ ET D'ÉGALITÉ ENTRE LES TERRITOIRES

 

« La seconde est tout aussi terre à terre. Elle concerne le pacte léonin imposé par la Gouvernement aux collectivités dont les budgets de fonctionnement excèdent 60 millions d'euros. Dans le Var, les quatre communes concernées, Toulon, La Seyne, Hyères et Fréjus, ont toujours répondu favorablement, y compris celle qui a confié sa destinée du moment à la funeste extrême-droite, aux sollicitations de l'État d'être partenaires contractuels de politiques publiques indispensables la régulation des inégalités. Je parle de la participation des communes et intercommunalités abritant des quartiers prioritaires aux coûts de l'accompagnement social via les "contrats de ville", des programmes de réussite éducative, de l'éducation prioritaire, du dédoublement des classes de CP et CE1, des maisons de services publics, des zones de sécurité prioritaire ou des quartiers de reconquête républicaine que nous avons pourtant appelés de nos vœux, etc. Mais ces choix volontaires appellent des dépenses exceptionnelles pour leurs mises en œuvre que les autres collectivités moins en difficultés, voire en détresse, n'ont pas à assumer. 

 

« Cette seconde demande est aussi simple que la première. Ces collectivités veulent poursuivre leur œuvre républicaine égalitaire et fraternelle. Elles assument ces dépenses de fonctionnement imposées par ces dispositifs régulateurs impulsés par l'État, auxquelles elles adhèrent volontiers au regard de la situation inquiétante de leurs habitants. Il faut que ces surcoûts soient exclus du calcul de l'évolution annuelle de leurs charges telle que prévue par l'inéquitable et inégalitaire "pacte de Cahors". Elles subissent en effet aujourd'hui avec ce "pacte" une double peine : d'une part des surcoûts de fonctionnement, certes voulus et assumés du fait de la réalité sociale et économique de leurs populations, et d'autre part une "punition budgétaire" imposée par l'État parce que, justement, elles dépensent, sur l'incitation du même État, pour compenser les inégalités.

 

« Je vous remercie d'avoir prêté attention à ces requêtes. Et j'espère, sinon une réponse formelle qui, je l'imagine, n'interviendra qu'à l'issue du "Grand débat", au moins une petite réaction "à chaud" ».

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
11 mars 2019 1 11 /03 /mars /2019 04:13

Bouchra Reano est la conseillère municipale à laquelle j'ai confié en 2014 une délégation intitulée « promotion de l'égalité de genre », qu'elle cumule d'ailleurs avec celles de la prévention et la lutte contre les discriminations et de la promotion de la lecture publique. C'est elle, avec une équipe composée d'autres collègues élus, de fonctionnaires dévoués, d'animateurs associatifs, qui nous donne à vivre depuis le 6 mars et jusqu'au 14, une semaine appelée « Seynoises », faite d'expositions, de débats, de rencontres, de conférences, de concerts, et d'activités sportives.

Je tiens à la féliciter et à donner à lire le propos qu'elle a tenu ce dernier samedi, à l'occasion de l'inauguration officielle de cette semaine thématique. Rien n'est jamais acquis. Les enjeux sont posés...

 

« "Je la crois" est un slogan martelé par une association qui s'est mobilisée pour défendre une jeune fille de 17 ans qui a vu son violeur acquitté parce qu'elle portait un string en dentelle. 
« On pourrait croire, on aimerait croire, que ce jugement a été rendu dans un pays obscur, lointain; qui ne fait pas des droits des femmes une priorité. Et pourtant ! Ce jugement a été rendu en Irlande en 2018.


« 27% des français considèrent qu'un violeur est moins responsable si la victime porte une mini-jupe.  
« Seulement 10% des victimes de viol ou de tentative de viol osent porter plainte. 
« En France, une femme meurt tous les 3 jours, victime de violences conjugales. 
« L'IVG, une liberté durement acquise, a été remise en cause dans de nombreux pays européens. 
« On ne peut pas ne pas s'indigner devant ces constats alarmants et dramatiques.
« On ne peut pas ne pas s'alarmer devant les propos de certains jeunes désabusés. Ces propos sont une insulte aux combats de ces femmes qui ont, parfois au péril de leur vie, fait avancer la cause féminine nous permettant aujourd'hui d'être des femmes libres.


 

« Alors éduquons, martelons que les droits des femmes ne sont pas négociables ! Un pays qui discrimine les droits de la moitié de sa population ne peut pas se prétendre "un pays développé"
« Peut-on être libre lorsqu'on subit des violences que l'on va justifier par la longueur de notre jupe ? 
« Peut-on être libre lorsqu'on subit des injustices quotidiennement ? 
« Peut-on être libre lorsqu'on nous refuse l'accès à l'éducation, seule voie à notre liberté ? 
« Nous devons continuer le combat pour une société juste et égalitaire. 
« Nous devons continuer le combat pour que notre devise, liberté, égalité, fraternité pour tous, ne soit pas qu'un mythe. 
« Nous devons continuer à rendre hommage à ces grands dames qui ont lutté pour nous et, surtout, nous devons reprendre le flambeau pour que ces vies, parfois brisées, ne l'aient pas été vainement.


« À La Seyne-sur-Mer, nous nous sommes questionnés sur le sens de cette journée, sur les messages véhiculés, et sur le moyen de lutter contre les régressions des droits des femmes. Une journée ne pouvait suffire pour nous permettre, à nous et à l'ensemble de nos partenaires, de nous approprier la question de la condition féminine. 
« Simone de Beauvoir, Simone Veil, Emma Watson, Fatou Sow et bien d'autres, autant de figures d'hier et d'aujourd'hui qui occuperont toute la semaine des droits des femmes, les places de la ville, rebaptisées symboliquement "places aux femmes".


« Nous avons la chance, à La Seyne-sur-Mer, de pouvoir compter sur des femmes engagées, des partenaires associatifs et municipaux pour qui la cause des femmes est un vrai combat. 
« Merci à toutes et à tous car c'est ensemble que nous arriverons à faire évoluer les droits des femmes. 
« Venez nombreux à la rencontre des 8 seynoises mises à l'honneur [c'était samedi]. Et à 17 heures [même jour], vous pourrez découvrir des portraits de femmes engagées lors de notre conférence "femmes d'ici et d'ailleurs, mêmes combats"
« Et je terminerai en vous annonçant, avec fierté, que nous distribuerions dans quelques jours un guide en direction des femmes dans lequel seront inscrits tous les acteurs mobilisés à leurs côtés afin de permettre à chaque Seynoise de se sentir forte, soutenue et libre. »

 

> le programme de la semaine « Seynoises » sur le site officiel de la commune

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8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 12:10

Comme tous les ans, La Seyne consacre une semaine à une programmation riche en événements autour du 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

 

C'est devenu une tradition que huit Seynoises soient à cette occasion mises à l'honneur chez nous, pour leur implication sociale, économique ou culturelle, ou leurs engagements en faveur de l'émancipation des femmes.

 

Entorse à l'habitude, il n'y aura, en cette semaine de mars 2019, en plus des huit Seynoises, une neuvième femme que La Seyne tient à honorer, Simone Veil, citoyenne universelle du Monde décédée en 2017, dont le parcours de vie aura compté pour l'espoir en l'Humanité et la défense des droits de ses filles.

 

Je livre ci-après le discours que j'ai prononcé ce vendredi à l'occasion de l'événement d'ouverture de cette semaine et de la dénomination d'un lieu, au cœur du parc de la Navale, qui portera désormais le nom de Simone Veil...

 

 

« La question des droits des femmes est un sujet qui les concerne, mais doit aussi engager les hommes à soutenir et défendre cette cause qui est celle de leurs mères, de leurs filles, de celles qui partagent leurs vies.

 

« Faire avancer la condition des femmes, c’est faire avancer l’Humanité.

 

« En recréant en 2008 une délégation qui lui est spécifiquement dédiée, notre équipe municipale a souhaité faire une priorité de cette question de l’égalité homme-femme.

 

« Les élus et les services, en lien avec les partenaires institutionnels et associatifs, œuvrent toute l’année sur notre territoire à lutter contre les injustices, à faire avancer les droits, à soutenir les femmes dans leur processus d’émancipation.

 

« Oui, La Seyne est une terre qui aime les femmes et les accompagne dans leur vie (crèche, accueils de loisirs, insertion, emploi, sport, santé, et j'en oublie) et dans leurs combats (pour l'accès aux droits, contre les violences intraconjugales, pour l'exercice de la parentalité, et bien d'autres).

 

« Je tiens à remercier particulièrement Bouchra Reano, élue chargée de la promotion de l’égalité femme-homme, pour son engagement depuis cinq ans à porter la question de l’égalité et faire avancer les droits des femmes.

 

« Remerciements aussi à l’équipe-projet qui l’accompagne dans la construction de cette programmation : Patricia Maffiolo, chargée de projets, Nora Boujemaoui-Kabache, directrice du secteur des 0-25 ans, Dominique Maréchal, responsable du service des dispositifs sociaux et éducatifs, et Jamila Ari, directrice de l’association "Femmes dans la cité".

 

« Merci également aux services et aux associations partenaires qui nous offrent, cette année encore, une belle programmation qui s’adresse à tous les publics et propose des actions dans tous les quartiers de la ville.

 

« Mais nous sommes ici également, aujourd’hui, à l’occasion de la journée des droits des femmes, pour honorer une de ces dignes combattantes qu’aura été Madame Simone Veil.

 

« Nous ne pouvions engager cette nouvelle semaine sans rendre hommage à cette femme extraordinaire qui aura été un exemple pour nous tous, par sa vie, par ses combats, en tant que femme, qu'élue ou que militante.

 

« Une personnalité qui aura vécu l’horreur mais qui n’aura eu de cesse d’en appeler à l’humanité des hommes.

 

« L’équipe municipale et moi-même souhaitions faire de Madame Veil une de ses "Seynoises d'honneur", et c'est chose faite aujourd’hui par cette voie qui lui est dédiée au sein de notre magnifique parc.

 

« Un lieu de rencontre, de rires, de jeux, de partage, pour cette femme, survivante de l'horreur, qui n’aura cessé de défendre et d’aimer la vie.

 

« Si elle est connue de nous tous, je crois nécessaire de retracer la vie de cette femme au parcours exceptionnel.

 

« Simone Jacob est née en 1927 à Nice dans une famille juive aux origines lorraines.

 

« Jeune fille, elle fut victime de la Shoah, cette abominable traduction, pour des millions de Juifs, des choix politiques de l'Endlösung, la solution finale décrétée par les nazis, dont nous devons raconter les réalités à nos jeunes, et plus que jamais conserver la mémoire et les leçons, en ces temps d'inquiétant regain de l'antisémitisme, du racisme, de l'homophobie, et de tant d'autres formes de rejet de l'Autre.

 

« Simone Jacob fut en effet déportée à Auschwitz à l'âge de 16 ans. Son père, sa mère et son frère y furent exterminés.

 

« Rescapée avec ses deux sœurs, elle épousa Antoine Veil en 1946 puis, après des études de droit et de science politique, elle entra dans la magistrature comme haut fonctionnaire.

 

« En 1974, elle fut nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d'Estaing, qui la chargea de faire adopter la loi dépénalisant le recours par une femme à l'interruption volontaire de grossesse, loi qui sera ensuite couramment désignée comme la « loi Veil ».

 

« Elle apparut dès lors comme icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France.

 

« Elle fut la première présidente du Parlement européen dès lors qu'il fut élu au suffrage universel, fonction qu’elle occupa de 1979 à 1982.

 

« Elle est considérée comme l'une des promotrices de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne.

 

« De 1993 à 1995, elle fut ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville du gouvernement d'Édouard Balladur.

 

« Elle siégea au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, avant d'être élue à l'Académie française en 2008.

 

« Et, l'an dernier, un an après sa disparition, par une heureuse et forte décision du président Emmanuel Macron, Simone Veil a fait avec son époux une entrée méritée au Panthéon auprès des dépouilles des grands personnages qui ont marqué l'histoire de notre nation.

 

« Oui, ce chemin de vie et d'engagement doit pouvoir inspirer aujourd'hui tant d'hommes et de femmes, chez nous et dans le Monde.

 

« Pour les femmes, tant de libertés, d'égalités, de droits, demeurent en effet à gagner ou regagner, à défendre et à préserver, pour disposer de leurs corps et de leurs personnes, de leurs choix de vie, de leurs places choisies et respectées dans le couple et dans la famille comme dans la société et dans l'espace public, pour accéder à l'égalité des salaires, des professions, des fonctions électives – et je tiens à saluer à ce propos l'initiative toute récente à laquelle a pris part une ancienne élue de notre équipe municipale seynoise, Cécile Muschotti, qui a présenté avec 20 de ses collègues députés, une proposition de loi visant à garantir plus d'égalité entre les sexes dans les conseils des collectivités et intercommunalités, et notamment dans leurs instances exécutives.

 

« Le chemin de l'égalité est une longue route qui semble n'avoir pas de terme car, on le voit tous les jours, rien n'est jamais acquis. Puisse cette semaine dédiée aux droits des femmes constituer dans la convivialité un temps d'échange, de réflexion, et de dopage pour que, toute l'année, à La Seyne, hommes et femmes, nous ne baissions pas les bras pour prévenir les reculs et toujours avancer pour que liberté, égalité, fraternité et laïcité se déclinent, demain plus qu'hier, aux deux genres. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire Idées et politique générale
12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 14:21

« Ai pantaiat » (= « I have a dream », comme aurait dit en occitan provençal le bon Martin Luther King s'il avait vécu chez nous). Je le fais, ce rêve, que, tandis que vont se succédant les annonces quotidiennes par la presse de faits indicibles de rejet de l'autre un peu partout dans le pays, des agressions physiques aux inscriptions sur des devantures commerciales, façades de résidences d'habitation ou « murs » virtuels des réseaux sociaux, La Seyne, qui a déjà bien des difficultés de vivre ensemble à surmonter, soit épargnée de ces actes odieux.

 

De toujours, La Seyne a été terre d'accueil, de métissages et de tolérance, depuis les premiers paysans pêcheurs installés sur notre misérable littoral marécageux au XVe siècle jusqu'aux derniers venus du monde entier pour prendre leur part de notre renaissance économique sur fond de hautes technologies de la mer, en passant par les immigrés de Toscane et du Piémont arrivés par vagues pour fuir tantôt la misère, tantôt le fascisme, les journaliers venus de Chine et de la péninsule cochinchinoise abandonnant leurs pays pour quêter de quoi survivre aux chantiers navals, les rapatriés de 1962, chrétiens, juifs ou agnostiques, de cette Afrique du Nord qui les a vus naître parce que leurs aïeux étaient partis s'y établir dans l'espérance d'un avenir meilleur aux heures de la colonisation du début du XIXe siècle, les Noirs d'Afrique occidentale appelés à fournir de la main d'œuvre à notre usine des câbles sous-marins et aux navires câbliers du ministère des Postes,Télégraphes et Téléphones, les républicains espagnols fuyant le franquisme, les Maghrébins, les natifs de Casamance, ou plus récemment les Slaves de l'Europe de l'Est, tous abandonnant les terres et les cieux de leurs racines pour donner à survivre à leurs familles, et les Français du nord du pays aspirant à une paisible retraite au bord de la Méditerranée. Et puis, tout dernièrement, ces pauvres gamins de 12 à 18 ans, mineurs isolés, migrants parvenus chez nous comme par miracle, recueillis pour le compte de l'État par des associations d'insertion agréées au titre de l'aide sociale à l'enfance, au nom du devoir républicain d'asile.

Les plus âgés se côtoient dans nos lieux de vie commune, des résidences sociales des vieux chibanis aux clubs, associations, foyers d'anciens et espaces communaux dédiés au « bien vieillir ». Les actifs s'investissent les uns aux côtés des autres dans la vie économique, sociale, citoyenne et culturelle de la commune. Leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants fréquentent ensemble nos écoles, centres de loisirs, espaces éducatifs des sports, des beaux-arts et de la musique. Tous se mêlent dans une même foule joyeuse lors des événements festifs qui jalonnent la vie de notre territoire, de la fête de la ville aux 14 juillet et autres 15 août, en passant par les grands moments de culture, les fêtes des sports, forums des associations et festivités de fin d'année.

Qu'ils soient arrivés naguère chez nous ou que plus d'un siècle se soit écoulé depuis que leurs ancêtres abordèrent nos côtes, qu'ils fréquentent l'église, le temple, la mosquée, la synagogue, la salle de la Libre Pensée, ou aucun de ces lieux, qu'ils portent une kippa, un voile, une casquette, ou qu'ils vaquent tête nue, qu'ils choisissent l'option « sans porc » à la cantine scolaire, qu'ils se servent au rayon casher du supermarché, ou qu'ils sirotent un rosé au comptoir, qu'elles – ces deux filles – s'échangent un baiser sur le Parc de la Navale, qu'il et elle se tiennent par la main en attendant le bus, qu'ils – ces deux garçons – franchissent en amoureux la porte de la salle des mariages, ou que ces deux autres optent pour la pudicité en public, tous ont notre Seyne en partage.

On a suffisamment à faire avec notre quête constante d'égalité et de solidarité dans un rude contexte économique facteur de tant d'injustices sociales. Puissions-nous, les Seynois, être exemplaires en matière de respect d'autrui, d'accueil, de tolérance et d'ouverture d'esprit. Ce sont les richesses de nos différences qui ont toujours forgé notre harmonie urbaine et nos forces communes face aux adversités des temps.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 21:01

Il se passe de drôles de choses en ce moment. Probable effet des microbes responsables des nombreux rhumes de cerveau. Les événements publics se succèdent comme à chaque mois de janvier.

Mais la façon dont les choses se déroulent et les commentaires qu'elles suscitent me surprennent comme jamais. Je prends le parti d'en sourire. Et de faire profiter du grotesque les visiteurs de mon blog...

 

En quelques jours, j'aurai ainsi dû noter, un peu stupéfait, l'incompréhensible refus des conseillers municipaux d'un groupe d'opposition de droite d'être présents, comme c'est l'usage, sur l'estrade aux côtés de l'ensemble de notre conseil municipal, majorité et minorités confondues, à l'occasion de la cérémonie des vœux que j'ai adressés à la population. Mais j'ai aussi entendu, non moins abasourdi, des reproches sur le fait que la municipalité de La Seyne a répondu à l'invitation à une autre présentation de vœux, celle de la députée de notre circonscription. Et enfin, toujours aussi sidéré, j'ai dû subir la réprobation d'avoir été présent sur la scène du Théâtre Liberté aux côtés de mes collègues membres du Bureau métropolitain de Toulon Provence Méditerranée lorsque c'était au tour de notre intercommunalité de délivrer ses souhaits du Nouvel An.

 

CÉRÉMONIES DE VŒUX : QUE FAIT-ON DES USAGES RÉPUBLICAINS ?

Sauf si un événement constitutionnel m'a échappé, nous fonctionnons bien toujours sous le régime de la République. Et la République dispose que la démocratie s'exerce, entre autres, de façon représentative et, sauf cas d'une exceptionnelle gravité, avec une courtoisie élémentaire.

Comment, dès lors, comprendre que certains membres d'un conseil municipal se refusent d'apparaître aux côtés des autres, toutes sensibilités rassemblées, à l'occasion d'une cérémonie conviviale ?

Comment, dès lors, imaginer que l'adjoint représentant le maire – empêché par un déplacement municipal prévu de longue date – de la plus importante commune d'une circonscription législative aurait dû décliner l'invitation d'une parlementaire légitime car choisie par 56% des votants seynois, d'autant que plusieurs habitants de la commune étaient honorés par la députée de la médaille de l'Assemblée Nationale ?

Comment, dès lors, concevoir que le maire de La Seyne, qui a fait publiquement le choix de siéger au sein de l'exécutif métropolitain en assumant un rôle de vice-président, fût-il seul représentant de sa sensibilité politique parmi les 15 membres du Bureau, pour assurer la défense des intérêts de la deuxième plus grande ville du territoire, devrait s'isoler ostensiblement de ses collègues avec lesquels il trouve presque toujours des compromis utiles à la population ?

J'avoue que ces points de vue m'ont laissé pantois. Mais je n'étais pas au bout de mes surprises...

 

GILETS JAUNES, GRAND DÉBAT, DOLÉANCES : TOUT ET SON CONTRAIRE !

On m'a aussi, ces derniers jours, tour à tour reproché de ne pas recevoir les « gilets jaunes » et... de les recevoir, de refuser d'organiser de « grand débat » et... de me prêter à cet exercice, et encore de ne pas installer de lieu communal pour permettre aux gens d'écrire leurs reproches et demandes sur des « cahiers de doléances » et... de le faire !

Que les choses soient claires...

J'ai reçu à leur demande les représentants des « gilets jaunes » pour un long échange courtois et empreint de sérieux au regard des inquiétudes exprimées. 

Je leur ai confirmé que, s'ils s'organisaient avec nos quatre « conseils de quartiers », ils pourraient installer leurs « cahiers de doléances » dans chacun des quatre « relais citoyens » répartis sur le territoire communal.

J'ai renouvelé ma position quant au « grand débat », connue de tout un chacun car publiée : je n'en prendrai pas l'initiative car j'estime que l'État ouvre la discussion en y fixant des limites inacceptables, et surtout que c'est à lui de le faire (si on veut débattre, il faut être au moins deux interlocuteurs, et que celui qui en est à l'initiative soit au moins présent ou représenté, par exemple, en pareil cas, par un délégué du préfet ou d'un parlementaire de la majorité nationale). En revanche, je suis tout à fait disposé à aider à la logistique, dès lors qu'une demande sera formulée par l'État, ou un parlementaire, ou une structure disposant d'une personnalité morale (parti, syndicat, association, etc.) pouvant règlementairement signer avec la Ville une convention d'utilisation de locaux communaux ou d'occupation du domaine public, comme la loi l'exige.

Et il m'a enfin été proposé d'ouvrir une adresse de courriel spécialement dédiée, ce que j'ai accepté et qui va être fait sous peu. Je transmettrai ensuite les messages à l'État.

 

NON-INVITATION RISIBLE ET...  INVITATION LOUFOQUE

Et j'en finirai avec cette période ubuesque d'un début d'année pour le moins singulier en me demandant si on ne marche pas un peu sur la tête. Jugez plutôt de deux dernières situations tragi-comiques que j'ai vécues ces jours-ci...

La première s'est déroulée dans le collège du Sud de La Seyne. La conseillère départementale du canton y inaugurait un espace à vocation socio-culturelle. Contrairement aux usages républicains, je n'y ai pas été convié. C'est déjà étrange, mais il en faut plus pour m'offusquer. Mais les bras m'en sont tombés quand un proche ami politique de la personne invitante a trouvé à redire... au fait que je n'étais pas présent !

Et la seconde vient de m'arriver sous la forme d'une invitation qui m'a été transmise par un autre conseiller départemental, celui du Nord de la ville cette fois-ci, à participer à un « Grand débat organisé par un élu d'opposition ». Et voilà que j'ai la stupéfaction de découvrir que c'est... mon propre portrait qui illustre l'invitation ! Là, je devrais commencer à estimer qu'on dépasse un peu les bornes, la photographie utilisée pouvant laisser entendre que je serais la personne invitante. Mais, même là, franchement, je préfère en rire...

 

Oui, allons, sourions, c'est bientôt le carnaval puis le 1er avril...

 

 

PS : ceux qui sont abonnés au quotidien "Le Monde" pourront utilement lire un article intitulé « Pourquoi les quartiers populaires ne s'emparent-ils pas du grand débat », où plusieurs maires de villes populaires, de divers horizons politiques, convergent dans leurs analyses...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 07:43

L'offre postale des quartiers de Tamaris et des Sablettes est sauvée. Après la décision du Groupe La Poste de fermer le charmant petit bureau de Tamaris, des mois de négociations ont permis de trouver une solution.

C'est là une dernière illustration de l'effort déployé par la commune pour préserver et améliorer les services publics, d'autant plus important dans un contexte où le Président de la République, dans sa lettre aux Français, suscite l'inquiétude en évoquant la suppression de certains d'entre eux.

Retour sur dix ans d'implication seynoise pour préserver l'égalité et la solidarité que la Nation, par sa fonction publique, doit à tous ses habitants...

 

MATERNITÉ, URGENCES, PÔLE EMPLOI, TRANSPORTS, SÉCURITÉ, DES SERVICES PUBLICS SANS CESSE MENACÉS

On se souvient bien sûr, à La Seyne, du combat, hélas perdu, que nous avons animé des mois durant, mobilisant en 2011-2012 plus de 22.000 de nos concitoyens de l'Ouest Var, pour tenter de sauver la maternité de notre hôpital public. On pense chaque année à l'accompagnement que notre équipe apporte aux enseignants et parents d'élèves pour éviter des fermetures ou obtenir des créations de classes pour notre enseignement public. On se remémore probablement notre engagement pour le maintien de la clinique mutualiste Malartic, très utile à tout les habitants de l'ouest varois, ou, plus récemment, notre appui aux personnels hospitaliers fort inquiets pour le devenir des services d'urgence des hôpitaux de Toulon et La Seyne. Mais on n'a peut-être pas souvenir ni de notre engagement pour éviter que ne disparaisse l'agence seynoise de Pôle Emploi, ni de nos démarches pour empêcher la fermeture de la trésorerie de La Seyne, si utile, car offrant aux usagers, parfois en difficulté financière, un contact direct avec des agents publics les guidant pour régler leurs impôts, leurs loyers d'HLM ou la cantine de leurs enfants.

On a peut-être en mémoire nos interventions pour maintenir des créneaux suffisants d'ouverture de nos bureaux de poste. Mais on ne réalise peut-être pas combien on se mobilise pour que soient accrues les dessertes de la gare de La Seyne-Six-Fours par les Trains express régionaux et pour que les transports en commun de notre métropole desservent plus et mieux notre commune. On ne sait sûrement pas combien nous avons investi de persuasion pour que, plutôt que disparaître, soit prévue la rénovation de la caserne nord de nos sapeurs-pompiers. Mais on ne peut guère ignorer que, depuis dix-huit mois, nous ferraillons durement avec le ministère de l'Intérieur pour obtenir des moyens humains et logistiques pour les policiers de notre commissariat et des brigades spécialisées contre la criminalité, la sécurité et le renseignement territorial.

 

LES SERVICES PUBLICS, MOYENS DE LA RÉGULATION DES INÉGALITÉS

Depuis dix ans, il n'aura guère été de période où l'équipe municipale, notamment depuis 2014 autour de notre conseillère municipale Michèle Houbart, chargée des services publics, n'aura dû déployer des efforts de persuasion et d'action, bien souvent avec l'appui des citoyens, pour revendiquer le maintien ou l'amélioration des services que la puissance publique, territoriale, hospitalière ou de l'État doit à nos habitants.

La commune elle-même, qui souffre d'un lourd endettement hérité d'un lointain passé, et qui subit depuis six ans la diminution des dotations et subventions d'un État soumis aux injonctions européennes de démantèlement du service public pour permettre sa marchandisation libérale, est très fragilisée pour maintenir et améliorer sa propre offre de services, pourtant indispensable, sur un territoire où résident les plus pauvres des Varois, à la minoration solidaire de la ségrégation urbaine et des inégalités économiques, sociales et culturelles.

 

UNE COMMUNE QUI MET LA MAIN À LA POCHE POUR SAUVEGARDER DES SERVICES DONT ELLE N'A PAS COMPÉTENCE

Malgré ce contexte budgétaire local délicat, il n'y aura pas eu, dans la dernière décennie, une seule année où la Ville n'aura fait le choix, pourtant coûteux, d'investir pour persuader, voire contraindre, telle ou telle institution gestionnaire d'un service public à ne pas délaisser notre territoire communal.

On ne peut oublier nos efforts pour que le Domaine de Fabrégas demeure dans le giron public et que ses 60 hectares, désormais protégés, valorisés et ouverts à la population, ne deviennent pas une propriété privée. Mais on ne réalise sûrement pas quelles ont été nos démarches pour que, en contrepartie de la rénovation et la mise à disposition de la maison forestière de Janas, soit maintenu sur place un garde de l'Office national des forêts afin de veiller sur notre forêt communale. On a certainement entendu parler de notre implication pour que les forts de Balaguier et de Saint-Elme ne soient pas cédés à quelque riche propriétaire privé par le ministère des Armées. Mais on ignore probablement que c'est la commune qui a acheté les vélos permettant le maintien des patrouilles de proximité des policiers nationaux, comme les dispositifs de vidéosurveillance.

On ne sait pas vraiment que, sans financement communal, les services maritimes de l'État ne pourraient plus assurer leur rôle d'enlèvement des épaves échouées sur notre littoral. On ne mesure pas forcément que, sans adaptation des locaux scolaires, sans paiement de l'électricité et du chauffage, sans dotation de matériel pédagogique, sans prise en charge du ménage et de la maintenance, autant de charges assumées par la Ville, l'État n'aurait pas pu assurer le dédoublement des classes de CP et CE1 des écoles des quartiers prioritaires. On ne réalise pas que, tandis que, après le retrait financier de l'État, la Région et le Département ont dû réduire leurs subventions, c'est le financement communal qui a permis le maintien, hélas seulement jusqu'au bout du possible, du festival de cirque, pourtant fleuron d'un pôle national qui est un dispositif public du ministère de la Culture.

Et il y a tant d'autres domaines où, sans implication volontaire municipale, des pans entiers des services à nos concitoyens, relevant de compétences qui ne sont pas communales, auraient cessé d'exister sur notre territoire seynois.

Dernière implication résolue en date, autorisée ce mercredi par le conseil municipal, l'installation des services postaux des quartiers de Tamaris et des Sablettes dans les locaux municipaux de la médiathèque du Clos Saint-Louis évitera que la décision du groupe La Poste de fermer le si patrimonial petit bureau de nos quartiers littoraux ne prive les habitants de nos quartiers résidentiels du sud-est seynois d'une offre de proximité.

 

LA POSTE DE TAMARIS ET DES SABLETTES SAUVÉE DE LA FERMETURE

Nous avons en effet par principe refusé la proposition de l'entreprise La Poste d'ouvrir une "agence postale communale", comme l'ont accepté certaines communes : il n'est pas normal que la collectivité locale doive assumer l'intégralité du coût d'un service confié à une entreprise nationale si elle tient à maintenir celui-ci sur son territoire.

Et il aura fallu des mois de négociations pugnaces pour parvenir à une formule qui, joignant l'utile à l'agréable, est pratiquement inédite en France : la commune met à disposition un espace dédié aux services postaux au sein d'un équipement public municipal, en l'occurrence la bibliothèque du Clos Saint-Louis ; La Poste, quant à elle, y assure l'installation et la gestion de la logistique nécessaire, et confie les fonctions d'accueil à des personnes en situation d'exclusion, prises en charge dans la cadre d'une association agréée pour l'insertion pour des gens en rupture (FACE-Var), et assure leur formation aux métiers postaux en vue d'une insertion professionnelle durable. Le service de proximité est ainsi maintenu et une action sociale est développée. Quand on peut s'arranger...

 

ATTENTION, DANGER ! LE PRÉSIDENT AGRANDIT LA BRÈCHE...

Mais, s'il est possible de trouver des solutions par l'imagination, l'initiative et la mobilisation, il n'en demeure pas moins vrai que l'inquiétude ne faiblit pas. Après que les précédents gouvernements ont durement mis à mal le service public, l'actuel ne déroge pas à cette logique dévastatrice, et Emmanuel Macron vient, dans sa lettre aux Français, de fragiliser un peu plus notre édifice républicain en écrivant : « Nous ne pouvons, quoi qu'il en soit, poursuivre les baisses d'impôts sans baisser le niveau global de notre dépense publique. Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? ».

Moi, ça me fait froid dans le dos. Plus que jamais, il faudra que La Seyne ne désarme ni sur sa capacité de mobilisation, ni sur ses efforts pour ses propres services, ni sur son ingéniosité pour coopérer avec la puissance publique de l'État, de la santé et des autres collectivités, afin de prévenir toute tentative de démantèlement des services que nous avons hérités de ceux qui, au nom de la République résistante se relevant de l'enfer nazi et collaborationniste, et sous la conduite de De Gaulle, fédérateur de toutes les sensibilités politiques, ont placé l'humain au cœur des enjeux de la nation. 

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Marc VUILLEMOT

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