1 août 2018 3 01 /08 /août /2018 10:31

Mieux vaut ne pas s'en tenir à la lecture des gros titres des journaux pour se faire une complète opinion des choses, et prendre le temps de lire l'intégralité d'un article. Je fais partie de ceux qui ont beaucoup de respect pour les journalistes, qui ne refusent pas de répondre à leurs questions et demandes d'informations, et, sauf erreur manifeste qui peut arriver à tout un chacun, qui ne réclament pas à que tel ou tel article paru soit rectifié ou complété.

Bref, je crois qu'on aurait du mal à me classer dans le groupe de ceux qui, à l'instar de tel grand personnage de l'État, notre contemporain, ainsi que l'analysait il y a quelques mois le magazine L'Express, vont de la méfiance au mépris à l'égard des acteurs de la presse.

 

LA PRESSE, VECTEUR DE DÉMOCRATIE

Je sais aussi qu'un journal est un produit commercial qui doit être attrayant pour être vendu. Je n'ignore pas non plus qu'il faut attirer l'attention du lecteur sur les informations qu'une rédaction choisit de promouvoir, et que les titres, sous-titres et intertitres, comme les images, jouent ce rôle. Et je me réjouis plutôt, enfin, que l'information soit vecteur d'éveil des consciences, d'incitation à se forger des opinions et les confronter.

Nous sommes bien placés à La Seyne, en des lieux comme notre  « agora historique » qu'est la place Laïk du bas du marché du cours Louis-Blanc, pour assister ou participer à des palabres parfois vives nées de telle information dévoilée ou commentée par la presse locale...

On ne va pas se plaindre du fait que la presse participe à l'exercice de la vie démocratique !

C'est donc simplement pour prendre ma part du débat public ouvert par un récent article de Var-matin (reproduit ci-dessous, que l'on peut agrandir en cliquant dessus), qui réjouit les opposants à notre majorité municipale et inquiète ou irrite certains de nos supporters, que je tiens à présenter ma propre analyse du sujet abordé sous le titre racoleur « À La Seyne, la majorité étale ses divisions », complété par un sous-titre évoquant « le grand écart politique » au sein de notre équipe.

 

LES FAITS EN ATTESTENT : LA MAJORITÉ COMMUNALE VA BIEN

Je le dis d'emblée, que les inquiets se rassurent et que ceux qui se frottent les mains ne se réjouissent pas trop vite : la majorité municipale tient bon, soudée autour de son projet de 2014. Et les éléments ci-après le démontrent...

Prenons les trois dernières réunions de notre conseil municipal, de mai à juillet, au cours desquelles ont été soumises au vote pas moins de 65 délibérations. Qu'on se le dise – et qu'on aille si besoin le vérifier, les comptes-rendus détaillés et nominatifs des votes étant publics et affichés devant la mairie –, sur les soixante-cinq délibérations votées, deux seulement ont recueilli un vote contre de la part de tout ou partie du groupe des élus communistes : l'une conforme à la position constante énoncée et expliquée depuis 2008 par le PCF qui s'oppose à la vente de biens communaux, à La Seyne comme ailleurs, et l'autre également conforme à une position nationale des élus communistes s'interdisant de voter, dans toutes les collectivités de France, en faveur du « pacte financier » imposé par l'État.

 

LES DISPARITÉS D'ANALYSE SUR DES SUJETS NATIONAUX NE FRAGILISENT PAS L'UNITÉ COMMUNALE

Hormis ces deux votes plaçant les élus locaux du PCF en cohérence avec les orientations nationales de leur parti, et ne résultant nullement d'un désaccord sur la politique seynoise, aucun vote contre de quelque autre élu de notre majorité n'aura été émis.

Pour être totalement objectif et honnête, il faut toutefois relever une abstention de la part de certains de nos collègues communistes sur un vote fixant la contribution communale de 120.000 euros au plan de retour à l'équilibre de notre office métropolitain d'HLM « Terres du Sud Habitat », non pas, ainsi qu'ils l'ont expliqué en séance, sur le fond de cette délibération, mais en signe de désapprobation des expulsions locatives auxquelles le bailleur social a dû se résoudre et dont j'ai fait état dans un récent article de mon blog, là encore en conformité avec leurs orientations nationales.

Quant aux deux membres de notre majorité ayant rejoint le parti présidentiel « La République en marche », l'un dans le sillage de son mouvement, le PRG, qui, fusionné avec le Parti radical, soutient désormais la majorité nationale, l'autre ayant quitté le MRC, ils n'ont non seulement jamais émis de vote défavorable ni ne se sont abstenus, mais ils ont de plus confirmé leur adhésion au projet dont les Seynois nous ont confié la mise en œuvre en 2014 et leur volonté de le mener à bien. Et ce n'est ni mon tempérament ni ma vision de la politique que d'exclure quiconque !

On le voit, tout ça ne fait pas, loin de là, un « casus belli » ! Et, oui, les visions divergentes demeurent pour moi un gage de richesse, même si – nous sommes des Méditerranéens... – elles s'expriment parfois avec la vivacité qu'on connait chez nous...

 

UN PEU GONFLÉS, LES MINORITAIRES, DE DONNER DES LEÇONS D'UNITÉ !

Qu'on me permette tout de même de sourire un peu à certains commentaires issus des rangs des groupes minoritaires de notre conseil municipal qui ont pourtant peu de leçons de fraternelle unité à donner à l'équipe que j'anime. La preuve...

Le groupe initial des sept adhérents du Front national est éparpillé en trois « mouvances » : sa tête de liste a publiquement indiqué se situer désormais comme élu de « La République en marche », trois ont constitué un « groupe Debout la France », et les trois autres, ayant quitté, été suspendus ou exclus du FN, siègent de façon autonome au conseil municipal...

Quant au groupe initial de la liste de droite LR-UDI, il ne s'est pas moins dispersé : sa tête de liste et trois de ses membres se distinguent par leurs votes de ceux d'une élue LR, d'un autre ayant annoncé quitter leur groupe pour siéger indépendamment pour cause de divergences, et d'une dernière ayant déclaré, comme l'ex-leader du FN, avoir rejoint « La République en marche »...

Pas moins de 29 des 65 délibérations que j'ai soumises ce dernier trimestre au vote de notre conseil municipal auront recueilli des votes divergents entre les quatorze membres des deux groupes de nos minorités. Et personne n'en fait un plat !

Il fallait que tout ça soit rappelé et explicité, éléments à l'appui. Après, on n'empêchera pas La Seyne, espiègle et discutailleuse, de demeurer elle-même !

La majorité communale divisée ? Où a-t-on vu jouer ça ?
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24 juillet 2018 2 24 /07 /juillet /2018 04:59

À la lecture d'un récent article de mon blog, une amie s'est étonnée auprès de moi que je n'entrevoie au travers de l'affaire du collaborateur du Président de la République que les éclaboussures sur l'image des acteurs locaux de la vie politique qu'elle va sûrement susciter. Elle m'a rappellé à mon devoir de porter un jugement politique sur ces événements, fussé-je juste un petit élu territorial, et elle n'avait pas tout à fait tort.

J'ai donc dans un premier temps rédigé un ajout à l'article initial, mais plusieurs personnes m'ont demandé d'en faire un nouveau « post », plus visible. Je m'y emploie donc à partir d'une mise à jour un peu reformulée de l'addendum que j'avais initialement publié.

Pour éclairer ma lanterne, cette amie m'avait adressé la photo d'un membre du cabinet du président turc, Erdogan, plutôt bien placé au who's who des malfaisants de la démocratie, publiée sur le site Internet du journal « Le Monde » en 2014. J'ai retrouvé l'article que cette vue illustrait : le bonhomme a été limogé par Erdogan dans les jours qui ont suivi la publication de la photo qui le montre shootant dans un type maintenu par des agents.

 

UNE INQUIÉTANTE PERSONNALISATION DU POUVOIR

Alors, oui, si un collaborateur d'un Chef d'État qui se comporte en dictateur et l'assume pleinement est viré aussitôt par son suprême patron, je dois le dire : après son mépris des règles constitutionnelles d'Égalité (entre les territoires, en faisant supporter l'effort de limitation des dépenses publiques à seulement 322 des 35.000 collectivités), de Fraternité (le « pognon » que coûte l'action sociale), et de libre administration des collectivités locales (le pacte léonin de finances locales), et après des propos « limites » (les élus qualifiés de « mâles blancs »), autant de situations que des élus de toutes sensibilités, dont moi-même, n'ont eu cesse de déplorer, M. Macron, ces derniers jours, au regard de l'affaire qui touche un de ses proches collaborateurs, par son silence hautain (jusqu'à ce jour avéré) et son apparente désinvolture voire sa posture donnant à ressentir qu'il couvrirait des faits (à confirmer par les enquêtes parlementaires et judiciaires), parvient à faire aussi fort que l'expert en absolutisme despotique que subissent les Turcs.

Tout cela (le déni, les cafouillages, sous serment ou pas, de lampistes, et le silence présidentiel) semble pour le moins très grave. Et fort inquiétant quant à la dérive anti-démocratique de personnalisation du pouvoir que cette attitude illustre.

Quand je pense au tweet présidentiel après l'anecdote du collégien l'ayant appelé « Manu », rappelant que « le respect, c'est le minimum dans la République », ça me laisse un peu rêveur...

 

DES SENTIMENTS DE S'ÊTRE LAISSÉ DUPER

Ce n'est certes hélas pas une première dans l'histoire de la République. Mais des amis, y compris parmi les parlementaires de LaREM qui furent mes camarades d'engagement dans « l'ancien monde » et avaient été séduits par la promesse du candidat Emmanuel Macron d'une ère nouvelle renvoyant dos-à-dos l'archaïque gauche et la droite surannée, ou par le serment de transparente clarté avec la loi de 2017 sur la confiance dans la vie politique, me disent aujourd'hui avoir le sentiment d'avoir été bernés.

Tout près de nous, à La Seyne et dans le Var, parmi les élus y ayant cru, et nul ne pourra me reprocher de n'avoir pas respecté leurs choix, certains m'ont déjà indiqué regretter de s'être fourvoyés et m'ont prié de considérer qu'ils mettaient un terme à leur aventure en marche... vers l'inconnu. Je ne juge personne. J'ai confiance en la sincérité avec laquelle d'autres, dont je connais les consciences aiguisées, analyseront les événements du moment et la réalité des actes posés depuis un an. Et en tireront des conclusions.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 20:32

Personne n'en parle, mais cette histoire du garde du corps cogneur du Président de la République – qui a fait ses classes au PS, semble-t-il, j'en ai honte... – nuit gravement à la démocratie, déjà pas bien fraiche par les temps qui courent.

Quoi qu'il advienne des suites judiciaires et politiques de cette affaire, Macron, comme Mitterrand au temps des écoutes téléphoniques ou De Gaulle au temps de l'affaire Ben Barka, passera entre les gouttes. Ses proches aussi, comme ceux des anciens Présidents. La République, le Président l'a rappelé, est... « inaltérable ».

Les 500.000 élus locaux français, en revanche, qui, de l'aube au couchant, et bien souvent avant et après, s'épuisent, pour la plupart bénévolement, voire à leurs frais, – ceux des plus petites communes – à faire vivre leurs territoires, vont se prendre une nouvelle fois plein la poire un retour de miroir déformant, les assimilant tous à des magouilleurs privilégiés se considérant au-dessus des lois.

Et qui va y gagner ? Ceux qui détestent la République et la Démocratie. Les populistes de tout poil et les malins qui visent à imposer des ordres fondamentalistes sur le pays des Lumières.

Ils y gagneront d'autant plus que, de tous bords politiques, les élites des partis hurlent au scandale – ça se comprend – ou montent au créneau pour défendre l'indéfendable – ça s'explique aussi –, promouvant sans le vouloir l'idée des « tous pourris ».

Voilà encore une raison pour que nous soyons, nous les petits élus locaux, au plus près des nôtres, au quotidien, et, plus que jamais, nous ayons à cœur d'écouter, associer, échanger, confronter, justifier, expliquer, accepter les critiques, faire preuve d'humilité. Et de vivre simplement nos vies de citoyens. C'est nous qui constituons le meilleur rempart pour préserver la nation républicaine des affres de tous les obscurantismes, fussent-ils laïcs, y compris officiels.

Raison de plus pour que ceux qui, « là-haut », sont la cause – directe ou par laisser faire – des maux de la vie démocratique avec leurs faits divers abominables, arrêtent de nous malmener, au mépris de la libre administration des collectivités locales et du respect du peuple souverain nous ayant confié pour quelque temps les rênes de l'administration de nos territoires.

Vœu pieux ?...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 05:47

Invité ce mercredi du journal du 6-9 sur France Info (à écouter ICI), suite à la rencontre du Président de la République avec les patrons des cent plus grandes entreprises de France, j'ai pu rappeler l'urgence d'une réelle ambition et de véritables moyens à engager pour la revitalisation de nos centres anciens dégradés et nos ensembles d'habitat social fragilisés, à la fois en matière de rénovation de l'habitat et des espaces publics et en matière de lutte pour l'accès à l'emploi des personnes qui en sont les plus éloignées.

 

QUATRE ANS QU'ON S'IMPATIENTE POUR LE CENTRE ANCIEN SEYNOIS...

Quatre années se sont écoulées depuis l'annonce du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU), sur lequel nous comptons, puisque nous y sommes éligibles, pour la rénovation et redynamisation du centre historique de La Seyne, et les moyens ne sont toujours pas au rendez-vous. Sur deux cents quartiers retenus, dont le nôtre, seuls cinq ont pour l'instant, au début de 2018, obtenu le feu vert de l'État pour engager leur réhabilitation. Pendant cette insupportable attente, la situation continue à se dégrader...

Dans le même temps, des dispositifs concourant à l'insertion des personnes sans emploi qui ont porté leurs fruits, notamment les « emplois aidés », ont été supprimés. Je ne crois pas que ce soient les stages d'une semaine en entreprise qu'effectuent les élèves de 3ème, présentés comme la panacée de l'insertion professionnelle par le Chef de l'État, qui constitueront une solution sérieuse, ni que, sans contrainte ou incitation, en ne comptant que sur sa bonne volonté, le monde de l'entreprise, en eût-il l'envie et les moyens – et si, à La Seyne, c'est très généralement le cas, c'est loin de l'être partout –, puisse résoudre à lui seul le problème du chômage massif dont souffrent beaucoup de nos habitants.

Relégation urbaine et exclusion professionnelle et sociale sont les deux pires maux dont nous souffrons.

 

COMME POUR LE QUARTIER BERTHE, MAIS DES ENJEUX IMPORTANTS POUR TOUTE LA VILLE

Nous avons pu agir sur le quartier Berthe qui a totalement changé de visage et où, fait rare en France, les efforts conjugués de Pôle Emploi, des associations de proximité, de formation et d'insertion, des entreprises locales, des pouvoirs publics communaux et nationaux, ont permis de réduire fortement le chômage. Tout cela pour un coût limité à 12 à 15% à la charge de la commune.

Mais la requalification urbaine, économique et sociale de notre centre ancien est au point mort. Et c'est d'autant plus affligeant que ce ne sont pas seulement les habitants et acteurs de ce quartier qui en souffrent. Le cœur de ville doit pouvoir jouer tout son rôle de centralité fédératrice, pour les habitants de toute la commune, pour ses commerces et services, pour les entreprises du technopôle de la mer, pour celles du site des anciens chantiers navals, et pour la dynamique touristique, portuaire, balnéaire, patrimoniale et culturelle de tout notre littoral. La métropole, puisque c'est désormais elle qui, en lieu et place de la commune, a compétence pour entreprendre ce nécessaire chantier, doit se voir attribuer les moyens de l'engager.

 

UN PROGRAMME PLURIANNUEL PRÊT À DÉMARRER DÈS QUE LES MOYENS SERONT ALLOUÉS

Notre plan d'intervention qui, comme pour Berthe, s'étalera sur plusieurs années, touchera à la fois à la rénovation de l'habitat insalubre et indigne, dans la droite ligne des opérations que La Seyne conduit en aidant les particuliers habitants et bailleurs depuis vingt ans, la diversification du logement pour plus de mixité sociale, la poursuite des aménagements des espaces publics, à l'image de ce que la ville a déjà fait pour les places des Seynois de la Mission de France, Bourradet, Martel-Esprit et Perrin, des rénovations ou créations d'équipements publics, à l'instar de la Maison de l'Habitat, celle du Patrimoine ou celle de la Jeunesse.

Mais le plus gros chantier sera la transformation des quais du port, de telle sorte que la circulation automobile soit repoussée loin des terrasses de café, avec report d'un certain nombre d'anneaux d'amarrage des bateaux après la passe du Pont Levant, et création d'une « place urbaine » sur les emprises actuelles des terrasses et des voies de circulation, dédiée aux piétons, au transport en commun en site propre (bus ou trolleybus à haut niveau de service) et aux modes doux de déplacements, à l'image de ce qu'était le port d'antan.

L'objectif est une réactivation de l'activité économique des commerces, en agissant sur la zone de « l'hyper-hypercentre », limitée entre le port et le marché du cours Louis Blanc, via la rue piétonne Cyrus-Hugues et les voies transversales reliant les places publiques réhabilitées. Ce sera un travail de longue haleine, qui prendra des années, mais le pari est fait que la transformation du port en véritable « façade » d'entrée de cœur de ville provoquera une dynamique. Pour peu que des commerçants volontaires s'emparent avec volontarisme de l'opportunité que la puissance publique s'efforcera de leur offrir...

Tout ce projet sur les infrastructures devra être, comme c'est le cas à Berthe depuis longtemps, et déjà depuis 2015 au centre-ville, assorti de mesures d'accompagnement social, de formation et d'insertion, de culture, de solidarité, portées les associations accompagnées par la Ville.

 

LA BALLE EST DANS LE CAMP DE L'ÉTAT

Dans quelques heures, au Conseil des Ministres, seront présentées les orientations que l'État entend assigner à sa politique en faveur des quartiers. Son Chef aura eu le temps de les mûrir depuis le moment, en novembre dernier, où il a demandé aux acteurs de la « politique de la ville », de co-construire avec lui, en formulant des propositions, la nouvelle saison du retour de la République dans des quartiers qui se sentent de plus en plus abandonnés.

Un signal assorti de moyens à la hauteur des enjeux est attendu avec impatience. Non seulement par les gens qui vivent notre centre historique, mais aussi par tous les Seynois, et au-delà.

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16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 08:44

Jacques Mézard sait de quoi il parle. Le ministre de la Cohésion des territoires, si injustement remis à sa place par le cabinet du Premier Ministre, a pourtant eu grandement raison de rappeler à l'infernale oligarchie qui mène la barque dans les cabinets ministériels – évidemment sur commande d'En-haut – et, même s'ils n'étaient pas directement visés, à ses collègues en charge des finances, de l'action et des comptes publics ou des collectivités, et aux bras armés de leur haute administration, que mépriser les territoires ne sert pas la république démocratique et ses enfants.

Oui, Jacques Mézard sait de quoi il parle. Il avait onze ans quand son père a été élu conseiller général d'Aurillac, puis maire de la ville, et il a lui-même à son actif quinze années de mandat de maire de cette ville-préfecture du Cantal et autant de conseiller général. Et, comme son père, il a longuement porté au Sénat la voix de son rude département rural.

 

JACQUES MÉZARD N'EST PAS MON AMI

Et donc oui, Jacques Mézard a bien fait de s'inquiéter du fait que le Gouvernement joue avec le feu en dédaignant les collectivités locales, et en les contraignant comme il le fait. Et que, pire, il le fait en feignant de coopérer dans la confiance avec elles, en privilégiant et valorisant le dialogue avec certaines d'entre elles, les plus importantes (métropoles et très grandes villes), regroupées au sein de la très "coopérante" association France Urbaine, prête à tous les pactes au mépris des principes constitutionnels qui garantissent aux territoires égalité et libre administration... 

Jacques Mézard n'est pas mon ami. Nous ne nous connaissions pas avant qu'il ne devienne ministre. Et, depuis qu'il l'est, ma fonction de président de l'Association des maires Ville & Banlieue de France m'a conduit à plusieurs reprises à ne pas être tendre avec lui. Ça n'aide pas à forger des relations joyeuses.

 

CAMPAGNES EN JACHÈRE ET SITES URBAINS FRAGILES : DE SIMILAIRES ENJEUX

Jacques Mézard et moi sommes à nos places respectives. Il assume la solidarité qu'il doit au Gouvernement, et moi je porte la parole des territoires urbains d'autant plus fragilisés que le plus haut niveau de l'État s'obstine à ne pas vouloir prendre la mesure des enjeux de cohésion sociale et territoriale qu'ils représentent. Et Mézard ne cherche pas à tricher avec la règle du jeu.

Donc, non, Jacques Mézard n'est pas mon ami, mais il n'a pas oublié les campagnes auvergnates qui connaissent les mêmes types d'inégalités que celles que vivent nos banlieues et centres anciens dégradés, et il sait que les élus locaux, des communes et des départements, des sites ruraux comme des quartiers urbains, sont en première ligne au quotidien pour recevoir toutes les doléances de notre peuple, pour tenter d'apporter au local des solutions républicaines de dynamique économique et d'accompagnement social, et, toujours, sans faiblir, pour plaider afin d'obtenir la solidarité de la part des territoires plus riches et de la Nation. Et que la tâche est rude.

Alors, oui, merci, Jacques Mézard, d'avoir eu le courage de rappeler ces réalités.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 06:15

Ils se référent à des courants politiques très divers. Et pourtant les dix-neuf membres du nouveau Conseil d'administration de l'association « Ville & Banlieue », regroupant les communes et intercommunalités qui abritent sur leurs territoires des quartiers urbains populaires fragilisés, élus ce mercredi lors d'une Assemblée générale tenue à Pantin, dans la banlieue parisienne, partagent une même pugnace détermination à tout faire pour que les six millions d'habitants de ces territoires, à juste titre reconnus prioritaires par l'État, continuent à bénéficier de la solidarité nationale, comme c'est le cas depuis quarante ans avec la création de ce qu'on appelle « la politique de la ville ».

Il y a en effet suffisamment entre eux de convergences de vues autour des enjeux de rénovation de l'habitat et des espaces publics, de déghettoïsation urbaine et sociale, et d'accompagnement formatif, économique, culturel et social des plus pauvres, qu'il n'y a pas l'épaisseur d'un papier à cigarette entre les propositions, suggestions et exigences que les uns et les autres de ces maires, élus municipaux et intercommunaux, portent auprès des pouvoirs publics, après les réflexions et échanges constants qu'ils ont entre eux, unis par une identique farouche volonté de voir la nation républicaine ne laisser aucun de ses enfants sur le bord du chemin.

Membres du PCF, du PS, d'EELV, du MoDem, de LR, classés divers droite ou divers gauche, ils sont plus que jamais déterminés à œuvrer ensemble, dans une période où, pour la première fois en quatre décennies de mobilisation publique, par des propos sur la « politique de la ville » tenus fin mai sous les ors du Palais de l'Élysée, un Président de la République a semé le trouble quant à la pérennité de la bienveillance nationale envers les quartiers urbains et, pire, fait germer du doute sur le rôle des élus de la République dans la lutte contre la relégation urbaine et sociale, au risque de fragiliser la cohésion des territoires et ouvrir la porte à tous les communautarismes et populismes, dans lesquels tant d'ennemis de la démocratie républicaine rêveraient de s'engouffrer.

Le contexte européen et national est inquiétant. Plus que jamais, avec notre première vice-présidente, Catherine Arenou, maire (divers droite) de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), avec Gilles Leproust, notre secrétaire général, maire (PCF) d'Allonnes (Sarthe), avec nos vice-présidents Yasmine Boudejnah, première adjointe (PCF) de Bagneux (Hauts de Seine), Driss Ettazaoui, vice-président (MoDem) de l'agglomération d'Évreux (Eure), et Hélène Geoffroy, maire (PS) de Vaulx-en-Velin (Rhône), notre trésorier Jean-Jacques Chatel, maire (PS) de Mainvilliers (Eure-et-Loir), et avec tous les autres élus locaux de notre conseil d'administration, représentant 1500 quartiers répartis sur 900 communes, nous demeurons prêts à sans cesse interpeller, apporter notre contribution et notre expertise à la réflexion gouvernementale et parlementaire, et alerter si nécessaire. 

Cette solidarité coopérative dans l'intérêt commun, respectant et s'enrichissant des convictions politiques de chacun, recherchant le consensus utile, ancrée sur les bases républicaines qui rassemblent, il m'arrive d'en rêver dans l'exercice de mon mandat local... Mais j'ai la chance, ayant été reconduit dans ma fonction de président de « Ville & Banlieue », de pouvoir continuer à l'animer à l'échelon national. Ni La Seyne, ni la métropole toulonnaise qui vient d'adhérer à notre association, n'auront à y perdre.

 

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17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 19:46

Ce qui s'est passé aujourd'hui à Paris est à marquer d'une pierre blanche. L'Association des maires de France (AMF) a décidé de joindre sa voix à la nôtre pour réclamer, de façon explicite, au Président de la République qu'il ouvre la « saison 2 » de la rénovation urbaine et de l'accompagnement social des 5 millions d'habitants des quartiers populaires urbains en détresse.

Par la voix de François Baroin, maire (LR) de Troyes, président de l'AMF, ce sont les 35.000 communes du pays, qu'elles soient urbaines ou rurales, montagnardes ou littorales, métropolitaines ou ultramarines, animées par des équipes de droite, du centre ou de gauche, qui ont exprimé fortement l'absolue nécessité qu'aucun site de la Nation ne demeure abandonné par la République. Et pourtant, l'immense majorité des communes françaises ne compte pas au nombre des 900 qui abritent sur leurs sols des ensembles d'habitat social en déshérence ou des centres anciens dégradés !

 

FRATERNELLE SOLIDARITÉ DES 35.000 COMMUNES AVEC LES PLUS EN DIFFICULTÉ

Belle et chaleureuse solidarité républicaine qui s'inscrit dans la lignée des grands moments d'unité nationale ! Car chacun sait bien que, s'il doit y avoir renfort de moyens de la Nation en direction de certains pour que vive l'Égalité, c'est toujours un peu au détriment de tous.

Il aura fallu que, avec mes collègues édiles de l'Association des maires "Ville & Banlieue" de France, et avec l'équipe de 200 volontaires qui avons pendant des mois, autour de Jean-Louis Borloo, contribué à l'élaboration des préconisations récemment remises au Premier Ministre, nous fassions preuve de patiente force de conviction pour parvenir à la tenue du rendez-vous de ce jeudi, à l'issue duquel nous avons publié un communiqué commun à l'AMF, à France Urbaine, l'association des intercommunalités, et à notre "petite" association Ville & Banlieue, en forme d'adresse forte au Président de la République. On peut le lire ci-dessous.

 

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE NE PEUT PAS RESTER SOURD

Il reste au Président de la République et au Gouvernement, dans moins d'une semaine, à exprimer leur décision. Ce devrait être fait à l'Élysée le 22 mai. D'ici quelques jours, nous saurons...

Quelle que soit l'orientation que le Président retiendra, je veux aussi saluer les conseils municipaux de toutes ces communes qui, comme La Seyne, ont dans tout le pays voté des motions et vœux pour réclamer l'indispensable relance de la « politique de la ville », quasiment au point mort depuis quatre ans, hormis les programmes qui se terminent, et une bienveillance budgétaire et financière de l'État pour nos communes en lourde difficulté. Quelles que soient les orientations politiques de leurs maires, tous les conseils municipaux l'ont fait à l'unanimité.

Tous, sauf... celui de La Seyne. Et c'est bien triste que nous nous soyons hélas ainsi singularisés...

 

 

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16 mai 2018 3 16 /05 /mai /2018 05:45

Le Parti socialiste, ses adhérents, ses élus, et ses sympathisants, ont toute leur place dans la « marée populaire » et ses rassemblements national et régionaux prévus le 26 mai prochain, pour l’égalité, la justice sociale, la solidarité, et le devoir d'inviter les citoyens à s'y joindre.

 

Il ne serait pas compris que le parti de Jean Jaurès regarde passer le train de la mobilisation autour de ces enjeux.

 

Le PS d'aujourd'hui est l'héritier de celui du Cartel des Gauches, du Front populaire, du Conseil national de la Résistance, du Programme commun de 1972, de l'Union de la gauche de 1981.

 

Sa place est aux côtés des autres organisations politiques progressistes, du mouvement syndical, social, écologiste, lycéen, étudiant, féministe, altermondialiste et humaniste, au moment où tous les sondages d'opinion confirment que le peuple français perçoit bien que le Président de la République et le gouvernement conduisent une politique libérale, certes républicaine mais clairement contraire aux orientations sociales et écologistes arrêtées par le PS lors de son dernier Congrès d'Aubervilliers.

 

Les socialistes y seront donc, la rose au poing, et espèrent que de nombreux citoyens y prendront part.

 

Marc Vuillemot

Maire de La Seyne-sur-Mer

Parti socialiste

Bureau national de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR)

16/5/2018

 

 

 

La photo illustrant ce communiqué est une œuvre de Rachel Lagarrigue publiée sur L'internaute que je me suis permis d'utiliser et que je peux retirer sur demande, naturellement.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
13 mai 2018 7 13 /05 /mai /2018 09:06

Ce matin nous pensons tous avec une tristesse profonde aux victimes de l'acte barbare qui s'est déroulé dans la nuit à Paris, nous pensons avec horreur à cette nouvelle vie ôtée pour nourrir la peur de l'humanité, à ces victimes blessées à jamais dans leur chair et dans leur âme et aux résonances de ces actes terribles dans notre quotidien à tous.

Si la police a très bien fait son travail en neutralisant le fanatique armé, les mailles de tous les filets de sécurité ne seront jamais assez resserrées pour pouvoir endiguer définitivement le pire quand il surgit de nulle part.

Mais notre solidarité, notre désir commun de vivre et de vivre ensemble, nos mémoires individuelle et collective, restent les gardiens héroïques de notre Liberté de peuple ; je ne parle ni d'armes ni de violence ni de guerre ni d'exclusion ni de haine, je veux seulement nous encourager à vivre, à poursuivre notre ambition d'être heureux le plus possible et le prix à en payer n'est pas le sacrifice pas à pas de notre Liberté.

Nous sommes les mailles de ce filet faites de femmes et d'hommes, faites de chair et de sang, d'espoir plus que de craintes, d'idéal plus que de repli, nous sommes, chacun, ces gardiens héroïques parce que nous continuons à vouloir vivre en femmes et hommes Libres et Fraternels.
 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 15:58

Merci aux responsables des groupes composant la majorité municipale de La Seyne qui, dans un communiqué commun, ont tenu à la fois à rappeler la tradition d'ouverture et d'accueil de La Seyne envers les malheureux devant fuir les coins de la planète où leurs vies sont en jeu, quelles qu'en soient les raisons, et à remettre les choses en place après une déclaration ubuesque d'une élue d'opposition qui, manifestement, n'a pas suivi le déroulement des faits depuis l'annonce d'une probable installation d'un centre d'accueil de mineurs isolés dans l'infrastructure militaire du Fort Saint-Elme...

 

Voici donc le message qu'ils m'ont fait parvenir après l'avoir adressé à la presse, dans lequel je me suis autorisé à insérer le lien vers un article de ce blog auquel ils font référence... 

 

 

« Déplorant la perspective possible d'un accueil de jeunes migrants au Fort Saint-Elme, certains de nos collègues élus minoritaires du conseil municipal semblent ignorer que la loi française fait obligation à l'État de mettre à l'abri tout mineur isolé, qu'il soit migrant ou pas.

 

« Ni la commune, ni la métropole, n'ont donc leur mot à dire, d'autant moins que le Fort Saint-Elme est un domaine national du ministère des Armées et qu'il lui appartient d'en définir l'usage.

 

« Nous tenons toutefois à saluer l'initiative courtoise du préfet du Var et du préfet maritime de Méditerranée, qui, connaissant le projet d'une acquisition de la propriété par le Conservatoire National du Littoral en coopération avec la métropole et les communes de La Seyne et Saint-Mandrier, leur ont fait part de l'intention de confier le site à la fondation catholique des Apprentis d'Auteuil pour la prise en charge d'une trentaine de mineurs migrants.

 

« Dans la lignée de la tradition d'accueil des Seynois qui, depuis le début du XIXe siècle, ont toujours ouvert leurs cœurs et les portes de leur commune à des étrangers fuyant tantôt la famine, tantôt la guerre, tantôt les massacres politiques, le maire de La Seyne, en approuvant cette initiative humanitaire, s'inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs, de toutes sensibilités politiques, hormis peut-être le sinistre collaborateur Galissard, installé en 1941 par le gouvernement de Vichy, mais y compris ceux nommés par le pourtant funeste Napoléon III.

 

« Et il convient de s'élever en faux contre une assertion inepte et totalement mensongère d'une élue locale d'opposition, car le maire a donné publiquement toutes informations sur le sujet un jour après qu'elles lui ont été communiquées par la préfecture, via son blog et les réseaux sociaux, et le conseil municipal, fidèle à sa pratique démocratique, a eu un débat public sur la question, lors de la toute première séance qui s'est tenue une semaine après la sollicitation de l'État, moment d'échange auquel cette élue n'a certes pas cru devoir être présente.

 

« Faire de la basse politique politicienne sur un sujet aussi douloureux ne grandit pas ceux qui s'y emploient. »

 

Ce message est signé de mes collègues responsables des six groupes composant notre équipe municipale : Olivier Andrau (PS), Claude Astore (MRSL), Christian Barlo (PCF),  Makki Boutekka (MRC), Denise Reverdito (EELV), Joëlle Arnal (NPA) et Eric Marro (DVG)

 

(J'ai chipé l'image illustrant cet article sur un site du Secours Catholique. Je peux la retirer sur demande, bien sûr.)

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Marc VUILLEMOT

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