12 mai 2022 4 12 /05 /mai /2022 07:41

Le feuilleton des aventures la majorité municipale seynoise continue avec de nouveaux épisodes. Mais pas pour le plus grand bonheur des Seynoises et des Seynois. Les sages et vénérables commentateurs de la place Laïk, au bas du marché, qui sert d'agora à notre ville, ne manquent pas de faire des rapprochements avec d'autres événements de politique locale qui ont ébranlé de précédentes équipes municipales, fragilisant et retardant le renouveau de La Seyne depuis la fermeture des chantiers navals.

 

Ces divisions funestes n'ont jamais porté bonheur aux maires qui les ont vécues. Aucun n'a jamais été réélu. Mais, surtout, ainsi que nous le vivons aujourd'hui, ce sont des projets structurants pour la vie des Seynois qui ont été abandonnés avec les alternances revanchardes des maires et de leurs équipes, et au sein même de leurs majorités. Et voilà que ça continue avec la rupture consommée entre la maire et son premier adjoint.

 

Même si ça n'a pas valeur scientifique, j'ai tout de même posé un regard méthodique sur les changements intervenus de premiers adjoints aux maires depuis la Libération de 1945. Et il n'y a pas photo : les turbulences interviennent beaucoup plus lorsque c'est la droite qui est aux commandes de La Seyne.

 

Le tableau ci-dessous est édifiant (cliquez dessus pour l'agrandir).

 

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DEPUIS 1945, SEULS 3 PREMIERS ADJOINTS SUR 15 ONT "TENU" AU MOINS TOUT UN MANDAT

 

Sur quinze premiers adjoints qui ont assisté les dix maires que La Seyne a élus depuis 1945, seuls trois ont été maintenus en fonction pendant l'intégralité d'au moins un mandat de six ans ( * ). Et ce sont tous des premiers adjoints de gauche : Philippe Giovannini, premier adjoint de 1953 au décès de Toussaint Merle en 1969,  auquel il a d'ailleurs succédé, puis Maurice Paul, premier adjoint de Philippe Giovannini de 1969 à 1978, et enfin Raphaëlle Leguen qui fut ma seule première adjointe pendant mes deux mandats, de 2008 à 2020.

 

La durée moyenne de fonction d'un premier adjoint seynois dans ces trois-quarts de siècle est de 1950 jours. Celle d'un premier adjoint de droite est largement inférieure (1152 jours), et celle d'un premier adjoint de gauche est bien plus longue (2266 jours). On est dans un rapport du simple au double entre droite et gauche. Seuls quatre des quinze premiers adjoints ont été en fonction sur une durée supérieure à la durée moyenne ( * ). Trois d'entre eux étaient de gauche : Philippe Giovannini (5864 jours), Raphaëlle Leguen (4474 jours) et Maurice Paul (2807 jours). Le quatrième était de droite : Jacques Lordet, unique premier adjoint de Charles Scaglia (droite) dont il fut un fidèle de 1984 à 1994 (3972 jours).

 

 

SEULS MANDATS SANS TURBULENCE DEPUIS 1989, CEUX DE 2008 À 2020...

 

Sur la période la plus récente, de la fermeture des chantiers en 1989 à l'élection de Nathalie Bicais en 2020, soit les cinq derniers mandats de six ans, La Seyne a connu cinq maires et huit premiers adjoints.

 

Jacques Lordet a cessé ses fonctions avec la démission de Charles Scaglia sous la pression de sa propre majorité de droite en 1994.

 

Maurice Paul, maire de 1995 à 2001, a démissionné en 1997 de sa fonction sans quitter le conseil municipal qui l'a aussitôt réélu pour contraindre, suivant la loi, au remplacement de son premier adjoint Marcel-Paul Magagnosc (gauche) par Francisque Luminet (gauche).

 

Si l'on ne tient pas compte de la démission de Gilbert Collard ( * ) non liée à la vie municipale, Arthur Paecht (droite), auquel des élus de sa majorité, dont la maire d'aujourd'hui, ont mené la vie dure, a dû faire comme Maurice Paul pour remplacer Michèle Joyan (droite) par Gabriel Jauffret (droite).

 

Je suis le seul des cinq anciens maires, accompagné de ma fidèle Raphaëlle Leguen, à ne pas avoir connu de turbulences pendant les douze années de mes mandats. Aucun de mes adjoints, sauf un pour raison personnelle professionnelle, n'a quitté le navire.

 

 

LA MAIRE D'AUJOURD'HUI EN PROIE AUX MÊMES CONFLITS QUE SES PRÉDÉCESSEURS DE DROITE

 

En moins de deux ans de mandat, cependant, la majorité revenue aux affaires seynoises en 2020 autour de Nathalie Bicais semble bien partie pour emboîter les pas de ses prédécesseurs de droite (à l'exception de François Hérisson) dont les équipes ont toutes explosé en vol, et pas forcément de leur fait, mais de celui de certains de leurs colistiers félons.

 

Ce que nous vivons aujourd'hui était hélas prévisible avec une équipe constituée d'un conglomérat friable de factions aux intérêts et visions divergents et aux sensibilités politiques allant de la droite libérale à l'extrême-droite. Trois maires-adjoints (le premier, le troisième et le septième) ont déjà été chassés de la majorité, ainsi qu'une élue d'une autre liste qui avait pourtant fait allégeance. Un groupe de vingt-deux des trente-cinq élus majoritaires s'est constitué contre la maire pour, soi-disant, se rabibocher ensuite avec elle. Avant que ça ne reparte en discordance.

 

Mesurée à l'aune de la continuité solidaire des équipes majoritaires, je me demande si les Seynois n'ont pas été trop imprudents de confier leur maison commune à cette nouvelle équipe de droite...

 

 

DES PROJETS MAJEURS QUI TOMBENT À L'EAU À CAUSE DE GRAVES MÉSENTENTES

 

C'est un spectacle pitoyable qui inquiète les élus de l'opposition des gauches et de l'écologie, pas tant parce que la coopération courtoise devrait être de mise entre élus républicains responsables, ni que le temps et l'énergie que leurs collègues de droite passent à se tirer dans les pattes pourraient être mieux utilisés pour la population, mais parce que, du fait de ces conflits violents sur fond de mensonges et de coups bas entre gens d'une même équipe, des projets majeurs pour les Seynois tombent à l'eau faute d'être gérés avec un minimum de sérieux et d'humilité.

 

Les projets de Bois Sacré et de l'Atelier mécanique, par exemple, maltraités car mal traités, avec leurs possibles conséquences financières, sont de vraies sources d'inquiétude. Les élus minoritaires progressistes du groupe "L'énergie positive" de notre conseil municipal le dénoncent dans un communiqué qu'ils viennent de publier (à lire ICI).

 

Et tout ça, ça ne réjouit personne. N'en finira-t-on jamais ?

 

 

( * ) : Il faut distinguer le cas de Gilbert Collard qui a dû mettre un terme à sa fonction de premier adjoint en 2002 après une seule année de mandat, non à cause d'un conflit avec Arthur Paecht, mais pour raisons personnelles de santé, et celui de Pierre Gouachon qui n'est entré en fonction que pour l'année de fin du mandat de 1989 à 1995, suite au remplacement de Charles Scaglia par François Hérisson, brave homme qui a tenté de sauver les meubles d'une droite alors en perdition.

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Marc VUILLEMOT

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