2 novembre 2025 7 02 /11 /novembre /2025 13:58

 

Saint-Mandrier, La Seyne et Six-Fours, ce sont 105.852 habitants. La gare SNCF de La Seyne – Six-Fours, c'est un élément essentiel du futur pôle multimodal de mobilité dans l'ouest de la métropole toulonnaise. Dès lors, apprendre par la presse locale qu'un "tiers-lieu", apparemment associatif, va prendre la place d'un service public majeur ne manque pas de surprendre.

 

Bien sûr, évoquer le sujet, c'est prendre le risque de s'entendre rétorquer qu'on cumule un scepticisme ringard vis-à-vis de la mode originaire des U.S.A. de lieux « de mutualisation des espaces et des compétences, d'hybridation des activités et de réunion d'un collectif citoyen engagé, favorisant la coopération pour répondre aux enjeux de leur territoire » (waouw !) et une nostalgie vieillotte du service public qui n'a plus lieu d'être dans notre merveilleux monde ultralibéral.

 

Mais, si la démocratie locale signifie encore quelque chose, les institutions publiques du territoire doivent convier les citoyens et les acteurs sociaux et économiques à des temps d'information et d'échange autour d'un tel projet. En l'espèce, même les conseils municipaux des communes concernées n'ont pas été saisis, ne serait-ce que pour avis. On marche sur la tête.

 

 

QUEL IMPACT POUR LA SEULE GARE D'UNE ZONE URBAINE DE 100.000 HABITANTS ?

 

De ce "tiers-lieu", il n'en a jamais été question dans les nombreuses et utiles rencontres publiques conduites par la SNCF autour du programme de ligne nouvelle Marseille-Toulon-Nice puis, plus raisonnablement, de celui du service express métropolitain de Toulon Provence Méditerranée qu'on appelle communément « RER toulonnais » ou « navette toulonnaise ».

Au contraire, le programme, déjà engagé, prévoit, outre des dessertes tous les quarts d'heure des 7 stations les plus centrales (autour de Toulon, dont La Seyne–Six-Fours) parmi les 18 stations entre Saint-Cyr et Carnoules, une redynamisation des gares et haltes – et même la création de deux nouvelles, à l'Escaillon et Sainte-Musse – pour en faire des pôles d'intermodalité permettant la connexion des trains aux réseaux de transports urbains, dont celui devant circuler en site propre, aux maillages des pistes cyclables et voies piétonnières, et au réseau routier avec les parcs de stationnement.

Cela justifiait un renforcement de l'accueil en gare pour l'accompagnement des usagers et, dans les cas de stations accueillant des personnes âgées ou des habitants des quartiers populaires fragiles connaissant plus que d'autres l'illectronisme, une assistance humaine pour les personnes maîtrisant mal les outils numériques qui constituent un frein à leurs mobilités. La SNCF en avait convenu. Or, de tout ça, on s'est déjà éloigné avec la fermeture du guichet et on risque de s'en détacher complètement avec un changement définitif d'usage des locaux adaptés. Drôle de moyen pour inciter à délaisser la voiture et assurer plus d'égalité des chances entre citoyens dans l'accès à la mobilité nécessaire à leur insertion professionnelle et sociale...

 

 

QUELLE APPROPRIATION DU PROJET PAR LES CITOYENS ET LEURS ÉLUS ?

 

Au-delà des enjeux relatifs aux outils de la mobilité, l'annonce par le journal pose d'autres questions essentielles auxquelles les administrés sont en droit d'obtenir des réponses. Et cela de la part des autorités publiques, non pas seulement d'une association présentée comme porteuse du projet, fût-elle, nul n'en disconvient, compétente et active sur le territoire depuis des années...

> quelle étude a permis, en terme de service public pour le plus grand nombre, de privilégier un tiers-lieu plutôt qu’un espace d’accueil et de services aux usagers du rail ?

> quel est, dans le détail, le projet ?

> quel est son impact attendu et quelles sont les modalités d'évaluation permanente de sa mise en œuvre ?

> quelle est son articulation avec les opérateurs, notamment économiques et associatifs actifs à La Seyne ? sont-ils impliqués ? si oui, à quel niveau ?

> quelles démarches sont ou vont être entreprises, dans un esprit de démocratie participative, avec les conseils de quartiers, comités d'intérêt local et associations d'usagers ?

> y aura-t-il un impact en matière de création d'emploi ? si oui, sous statut précaire ou durable ?

> l'article de presse évoque un aménagement en étage ; l'accessibilité des personnes à mobilité réduite est-elle garantie ?

> quelle structure en est gestionnaire ? quel contrat d'usage des lieux ?

> quel est le financement du projet ? la Métropole et les collectivités locales sont-elles appelées à participer à l'investissement et/ou au fonctionnement ? si oui (ce qui devrait être le cas car l'Europe, dont la presse annonce la participation, ne finance que s'il y a l'assurance de contreparties nationales), au détriment de quels autres acteurs, en particulier associatifs (car les budgets des subventions sont de plus en plus inextensibles et le monde associatif est déjà durement malmené et sans cesse plus en difficulté, voire en cessation d'activité) ? et dans quelles proportions ?

> en particulier, y a-t-il un risque de perte de financements pour les associations structurantes du quartier Berthe et du centre-ville de La Seyne, qui remplissent des missions de médiation sociale, culturelle et d'insertion ?

> enfin, si un gouvernement des gauches et de l'écologie arrivait aux affaires, avec une volonté de relance du service public des transports ferroviaires, serait-il possible de redonner aux espaces de la gare leur fonction d'accueil et de services, ou au moins d'assurer la co-fonctionnalité avec le tiers-lieu ?

 

 

Sur tout cela, et sûrement d'autres interrogations, il serait normal que la population soit informée et associée autrement que par un article de presse. Qu'en dit la municipalité, notamment son maire, M. Minniti, son adjoint aux mobilités, M. Dupla, et son adjoint aux associations et la démocratie locale, M. Beccaria ? Leur silence sur le sujet est étrange.

Et qu'en pensent les divers futurs candidats à l'élection communale et métropolitaine ?

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25 octobre 2025 6 25 /10 /octobre /2025 04:36

 

Tous les spécialistes de la santé nous le disent : la marche à pied a de nombreux effets bénéfiques sur nos organismes. C'est probablement la raison pour laquelle, au-delà de sa mission première qui consiste à offrir des services de mobilités propres, rapides, cadencés, pour relier tel point de notre métropole toulonnaise à tel autre, l'application mobile et le site Internet de Réseau Mistral, notre opérateur de transports publics, nous proposent parfois des solutions étonnantes qui, indubitablement, contribuent à la prévention des maladies cardio-vasculaires et métaboliques.

 

Mais, tout de même, n'est-il pas étrange que, pour un relier deux points de la métropole éloignés de 10 km l'un de l'autre aux heures ouvrables de la semaine, chacun situé à 100 mètres d'un arrêt de bus ou de bateau-bus, l'informatique de Réseau Mistral propose au voyageur un trajet d'une heure dont... trois-quarts d'heure de marche à pied ?

 

Plus sérieusement, l'information sur l'offre de service public est au moins aussi importante que le service lui-même. Et il est des améliorations qui ne coûtent pas grand chose, sinon rien, et permettent de mieux et plus répondre aux besoins du plus grand nombre. Il suffit de le vouloir.


 

POUR PRENDRE LE BUS, SOYONS EN FORME : MARCHONS !

 

Ce que je raconte n'est pas une blague. Ainsi, par exemple, pour le trajet vous permettant, vers 8 heures du matin, de rejoindre la mairie de Toulon où vous travaillez depuis la crèche seynoise "L'île aux enfants", au quartier Bastian, où vous avez déposé votre petit bout de chou, la première des offres de l'application Réseau Mistral consiste à vous proposer de marcher pendant 43 minutes jusqu'à l'embarcadère des bateaux-bus des Sablettes avant d'effectuer la traversée de la Rade par la ligne 18M, alors que l'arrêt de bus desservi par la ligne 87 est situé à 110 mètres de votre point de départ !

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Tout aussi vivifiante est la proposition de relier la gare SNCF de Toulon depuis celle de La Seyne qui vous invite à marcher pendant 23 minutes jusqu'au port pour prendre le bateau-bus de la ligne 8M, puis, arrivé au ponton de Toulon, à gravir la côte jusqu'à la gare en 12 minutes, pour un trajet total de 56 minutes, dont 36 minutes consacrées à affermir vos mollets et cracher la nicotine collée à vos alvéoles pulmonaires, alors que trajet en train express régional (TER), qui est enfin aussi heureusement proposé (mais sans possibilité d'acheter votre billet parce que l'intermodalité n'avance pas), vous prend... 6 minutes.

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LES "APPELS BUS", POUR NOTRE SANTÉ, OUBLIONS-LES...

 

Et je ne résiste pas à l'envie d'évoquer les trajets depuis ou vers les quartiers desservis par les minibus du service Appel Bus. Ceux-là sont complètement ignorés du système interactif de calcul d'itinéraire. Ainsi, revenant de la mairie de Toulon, si vous souhaitez aller faire une partie de padel au Tennis-club de La Seyne, au quartier Barban, vous pianotez "tennis La Seyne" ou "club de tennis La Seyne" dans la zone dédiée à votre destination. L'application vous propose le Tennis-Club de Cogolin et le Stade de Tennis de Carros, à côté de Nice, mais pas celui de La Seyne. Qu'importe, vous saisissez l'adresse (903, chemin d'Artaud à Pignet). Là, on vous invite à prendre le bateau-bus 8M du port de Toulon à celui de La Seyne, puis de... marcher les 3 kilomètres restants avec un dénivelé positif de 80 mètres, pour un trajet de 53 minutes, dont 33 à pied. Le tennis-club n'est pourtant situé qu'à 20 petits mètres de l'arrêt n°34 "Barban" de l'Appel Bus AB88, mais Réseau Mistral tient à entretenir votre forme avec un peu d'exercice, histoire de vous échauffer avant le padel...

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LES RÉPONSES DU QUOTIDIEN PLUTÔT QUE LE SOMPTUAIRE

 

Ce sont bien sûr là des points de détail. J'aurais pu ajouter pour donner un peu plus à sourire que l'application signale que les bateaux-bus, tels des nefs à voile, émettent... zéro gramme de CO2. Et j'exagère délibérément – mais sans tricher, chacun peut le vérifier – en mettant en exergue des éléments plutôt cocasses, d'autres solutions plus logiques étant aussi proposées. Mais ça illustre la nécessité de prêter une attention constante à l'offre de service public autant qu'à l'information des usagers. Il y a mille et une petites choses à parfaire.

 

S'investir dans l'amélioration des services du quotidien est sûrement moins gratifiant que promettre de couper les rubans inauguraux d'un "pont de la réconciliation", une "cité bleue", une x-ième fresque murale ou une œuvre sculpturale, ou jurer sur tous les tons qu'on va privilégier "La Seyne d'abord" sans expliquer comment alors même que la Loi garantit heureusement l'égalité entre tous, personnes et territoires.

 

Rassemblant des gens vivant effectivement la ville dans leur quotidien, attentifs dans un dialogue constant aux remarques et suggestions des citoyens, des associations, des comités d'intérêt local, des entreprises, respectueux pour être exigeants des fonctionnaires et des délégataires de services publics qui sont les acteurs opérationnels des missions qu'ils leur confient, négociateurs plutôt que vindicatifs à l'endroit d'une métropole qui gère désormais 80% des services dus aux administrés, une équipe d'humanistes, d'écologistes, de régionalistes, des diverses sensibilités des gauches, et ouverte, qui ne promet pas la lune au regard de la réalité financière des collectivités sans s'interdire l'ambition des investissements indispensables plutôt que somptuaires, peut redonner sens et confiance en la chose publique et recueillir l'assentiment du plus grand nombre des Seynoises et Seynois.

 

Au regard des six années écoulées avec une majorité éclatée se donnant en spectacle dans un indicible tumulte, ces derniers en ont bien besoin.

 

 

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16 octobre 2025 4 16 /10 /octobre /2025 03:14

 

La page 13 (porte-bonheur ?...) du dernier numéro du magazine municipal est habilement rédigée. On y découvre l'état d'avancement de six grands projets structurants pour le territoire seynois.

 

Quatre d'entre eux ne relèvent pas de la compétence communale ( * ), mais leur présentation peut laisser entendre à nos concitoyens les moins informés que tout ça constitue le grand'œuvre de la municipalité sortante. Plutôt utile à six mois d'une élection communale...

 

Il est néanmoins un de ces six programmes alléchants qui questionne plus que les autres. Est-il vraiment réaliste et correct d'annoncer un calendrier de réalisation qui permettrait, par un tunnel de caissons immergés, de régler la question de la circulation de la traversée du port ? D'autant que, avant même de consacrer quelques 600.000 euros à une étude de faisabilité dont on ignore les conclusions techniques desquelles découlera la volonté – ou pas – de la Métropole d'engager le budget nécessaire, on a déjà fait valider par le conseil municipal une autre option plus réaliste dont on se garde bien de parler...

 

 

LE TUNNEL IMMERGÉ, MÊME SES PROMOTEURS N'Y CROIENT PAS !

 

Il faut revenir au mois de mars dernier et à quelques lignes d'une délibération votée par le conseil municipal. Il s'agissait de formaliser par un vote l'avis de la commune sur le projet de bus à haut niveau de service (BHNS, dit “super-bus”). C'est une simple phrase qui sème le doute sur l'intention réelle. Je vous la livre, extraite de la délibération :

 

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Grosso modo, on annonce qu'on a une solution de repli au cas où le projet de tunnel immergé apparaîtrait comme une nouvelle chimère après l'irréaliste "pont de la réconciliation" qu'on a promis aux électeurs en 2020. L'idée est d'élargir le quai Saturnin-Fabre (devant la mairie) en gagnant au moins une voie sur la mer, comme prévu dans notre programme de rénovation urbaine par... notre équipe (voir ci-dessous). Tiens, tiens, comme on y revient...

 

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Et on a même déjà une réponse à la question de la faisabilité de l'ouvrage d'art vendu aux crédules dans le bulletin municipal. Et cette réponse, elle a été donnée par la maire elle-même dans l'échange qui a précédé le vote de l'assemblée communale, en réponse aimable à une question de M. Guttierez, conseiller municipal. La voici, extraite du procès-verbal de la séance...

 

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En clair, la maire a confirmé que l'État — en l'occurence deux ministères, celui en charge de la Culture et celui en charge de l'Aménagement du territoire — interdirait la réalisation d'un ouvrage situé à proximité du pont basculant classé à l'inventaire des monuments historiques et entraînant une quelconque artificialisation des sols sur le square Aristide-Briand et sur le parc de la Navale. Rien d'autre que ce que j'expliquais déjà lorsque j'étais maire. Et ce qui était vrai pour la passerelle imaginée avec ses rampes d'accès le sera tout autant pour un tunnel avec ses trémies permettant de l'emprunter.

 

 

LA DROITE LE CACHE, MAIS ELLE A DÉJÀ LA SOLUTION : CELLE DE LA GAUCHE... 

 

Alors, vrai ou faux, le nouveau chapitre du roman de l'utopie que la droite seynoise vend aux Seynois avant chaque échéance municipale ?

 

C'est râlant de voir qu'on aura encore perdu six ans de viles illusions politiciennes avec lesquelles on aura trompé les citoyens. Mais je dois dire que je savoure tout de même un peu le fait que, tout en continuant à proposer des mirages dignes d'un conte de fée, la droite seynoise est enfin revenue à la raison en adoptant le schéma de mobilités que notre équipe de gauche avait conçu, et peu importe qu'elle le taise et reconnaisse son erreur coupable.

 

Aujourd'hui, l'important est qu'une équipe des gauches et de l'écologie, unitaire, ouverte aux humanistes et gens de bon sens, prenne garde à ne pas proposer d'autres fantaisies utopiques qui retarderaient à nouveau le calendrier de l'indispensable aménagement de voirie dont La Seyne a besoin. Et que, démontrant les fictions illusoires dont la droite fait son commerce et promouvant un programme simple, réaliste et compatible avec les finances communales et métropolitaines, elle recueille la confiance des Seynoises et des Seynois. Je n'ai aucun doute, elle sait le faire et elle le fera.

 

________________________________________

( * ) : sur les six opérations présentées dans le bulletin municipal, le projet de l'Institut Michel-Pacha est celui de l'Université de Lyon, celui d'un nouveau port est porté par la société privée délégataire de la Métropole pour la gestion de la Rade, ceux de la corniche de Tamaris et de la traversée du port par un tunnel sont de compétence de la Métropole TPM. Seuls les programmes de la piscine et de la nébuleuse "Cité bleue" relèvent de la commune. Bravo les coucous s'attribuant les nids des autres volatiles !...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Mobilités et stationnements
12 octobre 2025 7 12 /10 /octobre /2025 15:31

 

Les paroles s'en vont... chacun connaît la suite. On m'a tout récemment interpellé à la suite de la parution d'un article de Var-matin indiquant que la décision du président de la Métropole d'alors (qui n'en était pas encore une, mais une communauté d'agglomération) de renoncer au projet de tramway au profit d'un bus à haut niveau de service (BHNS) avait été « validée par les maires de TPM en 2011 », me demandant pourquoi j'avais eu cette position à cette époque où j'étais maire de La Seyne.

 

Alors, vrai ou faux ? Ai-je signifié que je préférais le "super-bus" au tramway ? Le même quotidien régional dont l'article a suscité le questionnement d'un de nos concitoyens apporte la réponse dans un autre article paru en 2012.

 

 

C'EST VRAI. MAIS C'EST FAUX...

 

Tout dépend de ce qu'on entend par « les maires de TPM ». En tant que maires, nous pouvons siéger dans les instances décisionnaires de l'intercommunalité, mais ce n'est pas une obligation légale. La loi prévoit que sont élus au conseil d'agglomération (aujourd'hui conseil métropolitain) un nombre de conseillers municipaux variant en fonction de la taille de chaque commune, chacune étant représentée par au moins un élu qui n'est pas forcément le maire. Quant au bureau de l'intercommunalité (président et vice-présidents), chargé de l'exécution des orientations décidées par le conseil, il est élu au sein de ce dernier. Ceci étant, dans le cas de Toulon Provence Méditerranée en 2011, les maires des douze communes étaient tous membres du conseil intercommunal et de son bureau. J'en faisais donc partie.

 

Et le bureau de TPM, puis son conseil, ont effectivement été appelés à voter sur le choix du mode de transport en commun en site propre. Dans chacune des deux instances, donc au sein du bureau où siègent les douze maires, le choix s'est majoritairement porté sur un "super-bus" plutôt qu'un tramway. Il n'est donc pas faux d'écrire que l'idée a été « validée par les maires de TPM ».

 

Mais cette validation, qui est plutôt une décision car résultant d'un vote en bonne et due forme, n'a pas recueilli l'unanimité des membres du bureau. Deux d'entre nous, en l'occurrence le regretté Claude Mesangroas, maire du Pradet, et moi-même, n'avons pas voté favorablement à ce choix. Pour autant, nous avons été largement minoritaires et la décision s'est imposée. La formulation du journaliste peut prêter à confusion et laisser entendre que la résolution a été « validée par TOUS les maires de TPM ». Il aurait été plus juste d'écrire que la proposition a été « validée par LA MAJORITÉ des maires de TPM ». Et, peut-être, pour être précis, de rappeler que le choix du "super-bus BHNS" recueillait l'assentiment de quatre des cinq maires des communes concernées par le tracé de ce transport en commun en site propre.

 

 

« LE REPRÉSENTANT DE LA PROPAGANDE DU PS »

 

Ce sont les deux seuls maires de gauche de l'intercommunalité qui ont exprimé cette position divergente de celle de leurs dix collègues de droite. Non parce que nous étions dans une posture d'opposition systématique, mais parce que, même si nous comprenions le souci du maire de Toulon quant à la perspective d'un long chantier sur le boulevard de Strasbourg, principale artère de sa ville, les arguments techniques en faveur du tramway nous avaient largement convaincus.

 

Ça n'a pas empêché, au cours du conseil intercommunal, en réponse à l'explication de la position des élus  de gauche qu'avait donnée Robert Alfonsi, élu socialiste de Toulon, l'inénarrable M. Giraud, alors premier vice-président de TPM et maire de Carqueiranne, de montrer sa grande ouverture d'esprit et son respect courtois des minorités en qualifiant aimablement son interlocuteur de « représentant de la propagande du PS »...

 

 

AU POINT OÙ ON EN EST, NE FAUT-IL PAS REVOIR LA COPIE ?

 

Outre les arguments sur la vitesse, la fiabilité et le nombre de passagers, nous estimions que changer de mode de mobilité alors que la déclaration d'utilité publique (DUP) concernait un tramway allait obliger à repartir à zéro dans les démarches et retarder d'autant la mise en œuvre du projet qui, de l'avis même de M. Falco formulé à la presse, prévoyait une « mise en service en 2014 ». L'avenir nous a donné raison : on parle désormais de « l'horizon 2028 » pour une première phase reliant le centre de Toulon au technopôle d'Ollioules, avant la totalité du tracé en... 2038. Quarante ans, ce n'est pas mal pour un projet lancé par la Ville de Toulon dans les années 1997-2000...

 

Dès lors, on est en droit de se demander s'il ne serait pas urgent d'attendre six mois et l'élection municipale et métropolitaine. Je ne doute pas que les futurs candidats des listes unies et uniques des gauches et de l'écologie, ou au moins ceux des communes concernées (La Seyne, Ollioules, Toulon, La Valette et La Garde), pourraient, par le sérieux et le réalisme de leurs propositions concertées à l'échelle de la Métropole, obtenir la confiance de leurs concitoyens, dans un contexte où les droites du fumeux « socle commun » que M. Macron s'est employé à faire imploser se disqualifient et se divisent et où l'extrême-droite révèle chaque jour un peu plus son inquiétant véritable visage.

 

Le tramway, mode qui a été retenu par presque toutes les grandes métropoles françaises et étrangères, pourrait dès lors être remis sur les rails.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Mobilités et stationnements
10 mars 2025 1 10 /03 /mars /2025 10:03

 

Il faut reconnaître que c'est compliqué de concevoir une nouvelle Corniche de Tamaris répondant aux besoins et envies très divers de tous les usagers, tout en respectant les règlementations, notamment celles concernant le littoral, les voiries et le classement du site en espace patrimonial remarquable.

 

C'est la raison pour laquelle, sur cet enjeu comme sur tant d'autres, il est vital qu'un projet de compromis soit élaboré. Et ça passe immanquablement par un frein provisoire à la démarche afin de se donner le temps et les moyens d'une concertation populaire d'envergure, bien au-delà des réunions figées avec quelques associations et instances officielles.

 

C'est le sens que je décèle à la démarche tout à fait inédite d'une pétition lancée par l'ensemble des six comités d'intérêt local (CIL) de La Seyne. Pour que leurs membres et dirigeants bénévoles, généralement plus dans le dialogue que dans la contestation et l'exigence, en arrivent là, c'est à la fois que l'enjeu est majeur et qu'ils ressentent que la consultation des habitants ne s'est pas faite dans les règles. Voire que la maire n'en a que faire.

 

 

UN PROJET COMPLIQUÉ POUR LA CORNICHE DE TAMARIS

 

On peut comprendre que les techniciens de la Métropole ont dû se casser la tête pour accoucher d'un projet conjuguant les obligations découlant de la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités qui a créé une obligation de réalisation d’aménagements cyclables lors de la construction ou le réaménagement de voies, les contraintes de mise en valeur de la richesse architecturale, urbaine et paysagère terrestre et marine relevant des prescriptions de site patrimonial remarquable (SPR) incluses dans notre plan local d'urbanisme, les impératifs imposés par les ministères en charge de la mer, surtout que la baie du Lazaret combine des règles devant devant être respectées en matière de submersion marine, de défense, de préservation écologique et de continuité de l'activité piscicole et conchylicole, et les très minces possibilités de contournements viaires des tronçons trop étroits.

 

 

DES FONCTIONNAIRES QUI DOIVENT RESTER À LEUR PLACE...

 

Pour les connaître, je sais bien que les animateurs des CIL sont des gens responsables qui ne réclament pas l'impossible. Mais ils ont sûrement du mal à digérer les maladresses de langage toujours possibles de fonctionnaires tout à fait respectables qui sont envoyés en première ligne pour défendre leur travail de conception. Ainsi, un cadre territorial ne doit pas dire à des citoyens qu'ils n'ont pas à « remettre en cause des choix techniques faits par des ingénieurs compétents » ou les accuser de tenir « un discours de double jeu » (cf. Var-matin - 2 mars 2025). Or, en réalité, le problème résulte d'un déficit durable de volonté de la part des élus eux-mêmes de dialoguer et faire vivre réellement la démocratie participative à laquelle les Seynoises et Seynois sont habitués.

 

 

... MAIS DES ÉLUS QUI DOIVENT ANIMER LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

 

Depuis 2020, on a réduit à néant ou presque les divers outils d'échanges d'avis, de choix opérés en commun, voire même, pour les "conseils citoyens" des quartiers en "politique de la ville", de participation active aux instances de décision pourtant imposée par la loi Lamy de 2014. Où sont les réunions trimestrielles des acteurs économiques ? Que sont devenus les comités d'usagers des services publics (transports, mobilités, enfance, etc.) ? Qu'est-il advenu du "club des associations" ? Quelles rencontres mensuelles perdurent dans tous les quartiers entre le maire et les habitants ? Depuis quand le collectif des CIL n'a-t-il plus été convié à participer aux choix structurants ? Où sont passés les agents qui faisaient vivre l'animation des quatre "comptoirs citoyens" avec leurs "conseils de quartiers" ?

 

La Métropole est une entité par nature éloignée des citoyens. Elle n'a pas forcément le réflexe de la démocratie participative. C'est aux maires et leurs adjoints qu'il appartient de manifester, par une implication personnelle forte et durable, leur volonté d'association la plus réelle et constante possible des habitants, associations et acteurs économiques et sociaux, aux décisions qui les concernent, des plus quotidiennes aux plus structurantes pour l'avenir.

 

 

UNE PÉTITION POUR APPELER À LA RAISON DÉMOCRATIQUE

 

L'équipe municipale ne le veut manifestement pas. La réplique de la maire rapportée dans le même article de Var-matin est édifiante de son état d'esprit : « On a l'impression d'un procès permanent », a-t-elle déclaré après avoir coupé court à toute possibilité d'amélioration du programme : « Ce n'est pas parce que quelques riverains voient ce projet d'un mauvais œil qu'on va le mettre au panier. » Fermez le ban !

 

Qu'elle ne s'étonne alors pas que, au-delà de « quelques riverains », les CIL de tous les quartiers, portant la parole de milliers de Seynoises et Seynois, passent à l'offensive. Au-delà des enjeux concrets qu'elle questionne, cette pétition est une harangue pour la raison démocratique.

 

 

On peut cliquer sur l'image ci-dessous pour y accéder...

 

CLIQUEZ POUR ACCÉDER À LA PÉTITION DES COMITÉS D'INTÉRÊT LOCAL

 

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7 janvier 2025 2 07 /01 /janvier /2025 10:38

 

Elle était annoncée depuis plusieurs années, sa mise en service a été reportée, mais c'est fait.

 

Un bus relie désormais La Seyne à La Garde (et un petit bout de La Valette), via Toulon, sans contrainte de correspondance.

 

Certains diront que, ajoutée aux lignes 1 et U, on préfigure avec la mise en service de cette nouvelle ligne 2 ce que pourront être les dessertes du futur "superbus" – voire du futur tramway... – de la Métropole toulonnaise.

 

C'est plutôt une bonne chose. Mais ça appelle quelques réflexions qui pourraient conduire à des améliorations à l'occasion de la révision des offres de mobilités que Réseau Mistral conduit chaque année à la rentrée de septembre...

 

 

 

UN TRACÉ QUI IGNORE DES ÉQUIPEMENTS PUBLICS ESSENTIELS

 

Sur le tracé, il est regrettable que l'hôpital métropolitain de Sainte-Musse ne soit pas desservi par cette ligne 2. Que sont devenues les belles promesses de... 2011 ? Souvenons-nous que, alors que nous luttions pour le maintien de la maternité à notre hôpital seynois George-Sand, nos interlocuteurs nous rétorquaient que, « sous peu », le TCSP (transport en commun en site propre) desservirait directement depuis La Seyne le nouvel hôpital toulonnais. Près de 15 ans se sont écoulés, le TCSP est annoncé à La Seyne au mieux pour 2032. La création de la ligne 2 aurait pu être un pis-aller dans l'attente du TCSP, voire du tramway...

 

Il est toutefois possible d'y remédier en modifiant, à l'occasion de la mise à jour du réseau de septembre 2025, le tracé de cette ligne 2. Comme suggéré sur le plan ci-dessous que je soumets à la sagacité des spécialistes, le tracé pourrait emprunter celui de la ligne 31 entre l'arrêt Pont-Saint-Jean et l'arrêt Genevoix puis celui de la ligne 9 entre Genevoix et Pont-de-Suve. Le "surcoût" en temps de trajet serait de 4 minutes supplémentaires mais, outre l'hôpital Sainte-Musse, d'autres équipements publics d'intérêt métropolitain seraient ainsi desservis : les lycées Cisson et Rouvière, le complexe sportif métropolitain Léo-Lagrange, deux parkings-relais, un point de covoiturage, la gare SNCF de Toulon-Sainte-Musse...

 

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POUR UNE BONNE DESSERTE DES QUARTIERS POPULAIRES

 

Et, avec cette modification, la ligne desservirait le quartier prioritaire toulonnais de Sainte-Musse avec deux ensembles d'habitat social d'importance (Les Œillets et La Poncette) dont les habitants, trop souvent sujets de relégation, méritent bien d'avoir un accès amélioré aux mobilités publiques.

 

C'est cette même logique qui a guidé l'équipe municipale de gauche unie qu'animait Maurice Paul entre 1995 et 2001 lorsque nous avons insisté pour que le quartier Berthe soit desservi par le tramway, devenu TCSP, et que La Seyne a pris à sa charge, bien avant la création de la métropole, la réalisation des voies qui lui sont exclusivement dédiées. Fort heureusement, la nouvelle ligne 2, reprenant à La Seyne le tracé de l'ancienne ligne 8, n'a pas exclu notre quartier populaire de 12.000 résidents.

 

 

DES HORAIRES NOCTURNES À QUESTIONNER

 

Il reste toutefois à se questionner sur les raisons pour lesquelles, en horaires de nuit, la ligne 2 évite les 8 stations qui desservent l'hôpital seynois, le quartier Berthe et la gare SNCF de La Seyne–Six-Fours, pour "couper" par Brégaillon. Il en est d'ailleurs de même avec les horaires nocturnes de la ligne 1 qui excluent les résidents du quartier de La Beaucaire. Je ne veux pas croire que la RATP, exploitant de Réseau Mistral, – ou, pire, la Métropole, avec ou sans l'avis des maires concernés – auront considéré comme le fit il y a quelques années un maire d'extrême-droite d'une ville d'Occitanie que les habitants des sites populaires n'ont pas droit aux mêmes offres de services publics que les autres.

 

Mais c'est là un autre sujet pouvant faire l'objet d'une réflexion, intégrant la question de la sécurité nocturne qui a peut-être guidé le choix des décideurs de cette nouvelle ligne 2, sujet récurrent, sinon obsessionnel, de la part de certains élus locaux, mais que, ailleurs en France et en Europe, on a su traiter autrement que par la relégation stigmatisante. Et pour lequel, je le sais, des prétendants progressistes à l'alternance municipale et intercommunale de 2026, ont des solutions utiles et originales, en vigueur en d'autres lieux, à proposer.

 

 

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25 janvier 2023 3 25 /01 /janvier /2023 14:24

 

Var-matin a récemment publié l'historique des projets qui se sont succédé depuis 30 ans pour tenter de résoudre la difficile question de la traversée routière nord-sud de La Seyne par le goulet d'étranglement du port.

 

Chaque candidat aux élections municipales y est en effet allé de sa proposition, plus ou moins réaliste car plus ou moins intégrée dans le paysage urbain et portuaire, plus ou moins règlementairement faisable (on est dans une rade militaire et une zone patrimoniale protégée...), et plus ou moins financièrement concrétisable.

 

Avec un projet de pont, récemment devenu un tunnel, l'alternance politique seynoise de 2020 a remis en question un programme que la Métropole Toulon Provence Méditerranée avait pourtant arrêté, pré-budgétisé et pré-programmé dans le calendrier prévisionnel du "Nouveau programme national de rénovation urbaine" des centres-villes de Toulon et La Seyne. C'était un élargissement des quais.

 

C'est bien dommage. Mais rien n'interdit de revenir à la raison.

 

 

IL EXISTE DEPUIS 2019 UN PROJET RAISONNABLE DE TRAVERSÉE DU PORT

 

Oui, ce qui avait été une chimère pouvait devenir réalité. Après une étude de plus d'une année portée par la Métropole qui, il faut le rappeler, est seule compétente en matière de voiries et de rénovation urbaine, un avant-projet a été finalisé le 27 septembre 2019.

 

Il était prévu un élargissement des quais du port permettant de reporter la circulation automobile sur une partie du plan d'eau portuaire actuel, jusqu'à la première panne, les anneaux d'amarrage "perdus" étant reportés vers un quai du site des anciens chantiers navals. Outre les terrasses élargies, l'espace gagné sur les actuelles voies de circulation aurait permis le passage du futur bus à haut niveau de service (BHNS) et les modes doux de mobilités (piétons, vélos, etc.). Les schémas ci-dessous, extraits du document de la Métropole, en montrent le principe général.

 

 

 

UNE TRAVERSÉE BUDGÉTISÉE, AVEC UN CALENDRIER PRÉVU PAR LA MÉTROPOLE

 

Une estimation du coût du projet a été réalisée. Le même document de la Métropole le présente. L'extrait ci-dessous montre que les différents chantiers représentaient, en 2019, un coût total d'un peu moins de 20 millions d'euros (19.721.834 euros), à la charge de Toulon Provence Méditerranée, devant s'inscrire dans le cadre du programme faisant l'objet de la déclaration d'utilité publique (DUP) du transport en commun en site propre (TCSP). Même si, comme pour tout projet important sur les infrastructures, les montants auraient certainement dû être réévalués, c'était beaucoup moins coûteux que n'importe quel projet de pont ou de tunnel. 

 

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Un calendrier prévisionnel avait été élaboré. Les diverses phases d'étude et préparation (beige clair sur le tableau ci-dessous, également extrait du document de TPM) et celles de travaux (marron) étaient prévues pour démarrer en 2023 et s'achever en 2030, l'essentiel étant réalisé autour des années 2026 et 2027. Il y aurait certainement eu du retard comme pour toute opération touchant à d'importantes infrastructures, mais un horizon était dessiné.

 

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LE "PONT DE LA RÉCONCILIATION"... IMPOSSIBLE !

 

Ce programme a été intégré début 2020 dans la convention devant être signée entre la Métropole et l'État pour le financement du renouvellement urbain des centres-villes de Toulon et de La Seyne. Mais c'était sans compter avec le renoncement de la nouvelle équipe municipale qui avait prévu dans son programme la réalisation, au lieu de l'élargissement des quais, d'un ouvrage cher à l'un de ses plus éminents colistiers, Guillaume Capobianco : une passerelle routière aux abords de notre historique pont levant, le fameux "Pont de la Réconciliation". La convention a ainsi été modifiée, comme il apparaît sur l'extrait ci-dessous.

 

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J'avais alors émis des doutes sur la faisabilité de cette "passerelle-pont". Je m'en étais inquiété dans un article de ce blog qu'on peut relire en cliquant pour l'agrandir sur sa reproduction ci-dessous.

 

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LA MAIRE A RENONCÉ AU PROJET IRRÉALISTE DE PONT, MAIS...

 

Je ne m'en réjouis pas, mais les faits me donnent aujourd'hui raison. Pas plus que la "réconciliation" entre la maire et le promoteur du projet de pont-chimère, Guillaume Capobianco, le "Pont de la Réconciliation" ne semble plus désormais à l'ordre du jour. La maire l'explique dans un article paru dans Var-matin, avançant les mêmes causes d'abandon que celles que j'avais moi-même évoquées.

 

Mais la solution d'une traversée immergée, qui semble maintenant être retenue par la maire, rencontre elle aussi des obstacles tels que ses divers instigateurs, dont le maire Maurice Paul (1995-2001) et... moi-même en 2008, y avons renoncé. La maire tiendra-t-elle enfin compte des analyses du passé ? La Métropole se décidera-t-elle à siffler la fin de la récréation seynoise ?

 

 

LA RAISON EST-ELLE UN CONCEPT ENCORE EN VIGUEUR À LA SEYNE ?

 

Il est temps que tout le monde revienne à la raison. Il n'y a pas besoin d'organiser un référendum comme le demande l'extrême-droite, selon son habitude funeste de politique démagogique. Pour une fois, tout le monde pourrait s'entendre sur le programme simple d'un élargissement des quais du port.

 

Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que ce projet, lorsqu'il avait été soumis aux divers votes du conseil municipal et du conseil métropolitain, avait recueilli un assentiment unanime de toutes les familles politiques. Mais c'était avant que la course au pouvoir local ne soit relancée avec l'élection municipale de 2020 et son lot de promesses toutes plus irréalistes les unes que les autres, pourvu qu'elles séduisent l'électeur.

 

On est en 2023. Les élections locales ont eu lieu, il ne devrait pas y en avoir d'autres avant 2026. Peut-être est-il temps de revenir à la raison. Mais la raison est-elle encore un concept en vigueur chez les acteurs de la majorité aux affaires de notre ville ?...

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21 septembre 2022 3 21 /09 /septembre /2022 09:36

Si certaines institutions publiques, comme évoqué il y a peu, ne sont à l'écoute de La Seyne que de façon épisodiquement partisane, il serait malhonnête de ne pas reconnaître l'effort métropolitain de concertation citoyenne et de prise en compte des avis des conseils municipaux pour le tracé du futur transport en commun en site propre.

 

Les remarques et demandes que j'avais formulées à Toulon Provence Méditerranée en 2019 au nom du conseil municipal reprenant lui-même celle du "comité des usagers des mobilités" aujourd'hui placé en léthargie par la mairie, et celles recueillies par le vice-président chargé des mobilités d'alors, Yannick Chenevard, lors d'une concertation publique, ont pour la plupart été intégrées.

 

C'est plutôt une bonne nouvelle, même si, ainsi que l'annonce le quotidien Var-matin, la modification du projet entraînera deux années de retard sur le programme initial. Et il reste aussi quelques sujets à traiter, dont certains ne sont pas des moindres, surtout au regard de ce qu'envisage la maire de La Seyne...

 

 

DES AVANCÉES SIGNIFICATIVES GRÂCE À LA MOBILISATION CITOYENNE

 

Bien sûr, le vœu assez général et exprimé par nombre de Seynois et d'associations de voir un tramway circuler sur un site propre reliant La Garde à La Seyne est définitivement écarté depuis une décennie au profit d'un superbus à haut niveau de service. C'est dommage mais le maire de Toulon, en remportant deux élections municipales, en 2014 et 2020, en exprimant clairement à ces deux occasions qu'il optait pour un superbus, s'appuie sur un mandat démocratiquement obtenu de ses concitoyens pour clore le sujet.

 

Ceci étant, puisque superbus il doit y avoir, des sujets majeurs pour sa réalisation sont désormais en voie de règlement, comme l'impératif de sauvegarde de la Ferme des Olivades sise sur Ollioules et La Seyne, la prise en compte des problèmes environnementaux le long du cours d'eau de Faveyrolles, la garantie de la desserte du quartier Berthe, le report du terminus à Bois Sacré et non au site des chantiers navals voire même à la gare de La Seyne comme ça avait pu être envisagé, et la création d'un ponton pour les bateaux-bus à Bois Sacré. La carte ci-dessous – qu'on peut agrandir en cliquant dessus – met en évidence les avancées significatives acceptées par la Métropole. Et l'importance qu'il y a à mobiliser les citoyens et les associations, plutôt qu'à les mépriser...

 

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D'IMPORTANTS SUJETS DEMEURENT À TRAITER

 

Il reste que des sujets d'importance doivent faire l'objet de décisions. Puisque la Métropole a convenu de protéger le secteur agricole des Olivades et de desservir Berthe, il faudra régler – par une ligne de bus nouvelle ou prolongée ? – la question de la liaison entre les bases terrestre et marine du Technopôle de la mer que le superbus devait relier via la gare SNCF (tracé abandonné en pointillés jaunes et blancs sur les cartes). Le choix du tracé entre l'avenue Gambetta et l'avenue Gagarine devra également être finalisé. Et il appartient aussi à TPM, seule compétente en matière de voiries, de faire entendre raison à la maire dont les élucubrations sur la traversée du port par un chimérique pont au-dessus de la passe ne peuvent que retarder la mise en œuvre du projet de superbus.

 

Il faut d'autre part confirmer la volonté de réaliser d'autres parcs-relais (P+R) qui n'apparaissent pas de façon explicite sur la carte publiée, à la gare SNCF de La Seyne–Six-Fours, sur la place des Esplageoles, et au moins un espace de stationnement à Bois Sacré dont la fonction multimodale devrait être d'importance et dans la perspective de la concrétisation du programme voisin de constructions, fût-il réduit, mais qui, tôt ou tard, s'imposera à la maire malgré son obstination dangereuse pour les finances communales à ne pas vouloir que les décisions de justice s'appliquent.

 

En matière d'intermodalité, il reste enfin à la Métropole à se prononcer sur la nécessité de faire de l'embarcadère de bateaux-bus de Bois Sacré une station permettant de "rabattre" par voie maritime sur le superbus les usagers de Saint-Mandrier, de Tamaris et des Sablettes. Ce serait un moyen majeur d'amener les habitants des quartiers littoraux à délaisser la voiture.

 

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SI LES SEYNOIS VEULENT QUE ÇA AVANCE, LEUR MOBILISATION NE DOIT PAS FAIBLIR

 

Les choses avancent. Et c'est bien. Mais il reste nombre d'obstacles à lever. Certains peuvent l'être par la concertation que la Métropole doit continuer à faire vivre. D'autres, plus ardus, comme la traversée du port, ne le seront que par la pression populaire à exercer face à l'entêtement de la mairie.

 

Les combats qu'on ne mène pas, on est certain de ne pas les gagner.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Mobilités et stationnements
18 juillet 2022 1 18 /07 /juillet /2022 03:24

À l'entendre et la lire, avant l'avénement de la maire, La Seyne était noyée dans les ténèbres du néant. Après avoir tenté de faire gober aux Seynoises et aux Seynois qu'ils lui doivent le projet de rénovation de notre vieux centre-ville, me contraignant à rappeler la réalité des faits, voilà qu'elle s'apprête à récupérer à son profit politicien le travail accompli par ses prédécesseurs à la mairie et au canton La Seyne-sud – Saint-Mandrier du conseil départemental quant au programme de réhabilitation de la corniche de Tamaris.

 

Ça va se passer ce mercredi lors d'une nouvelle réunion publique où elle se mettra encore en scène comme si elle était en campagne électorale permanente. Or, sur ce sujet encore, sa communication n'est qu'approximations, illusionnisme et démagogie. La réalité, c'est que, depuis 2010, la Ville a construit un projet de rénovation, d'abord avec le Département puis avec la Métropole dès que celle-ci s'est vu transférer la gestion des voiries, y associant les habitants et comités d'intérêt local volontaires, dans le cadre notamment du "Comité des usagers des mobilités" que la maire a mis en sommeil depuis son élection.

 

Après des années d'études rendues nécessaires par d'innombrables contraintes, ce projet a été finalisé en 2019. Son financement a été acté la même année. Et Madame Bicais n'était pas maire...

 

 

Je lis que la maire se vante de ce que « le projet d’aménagement de la Corniche Tamaris à La Seyne réalisé par la métropole TPM s’est ouvert le 7 janvier [2022] en donnant la parole aux habitants ». C'est de la contrevérité. Car le programme est arrêté depuis trois ans. Et c'est de la pure démagogie. Car que sera-t-il fait de la parole des habitants ? Je vais le démontrer.

 

 

DEPUIS 2010, LA SEYNE AU TRAVAIL AVEC LE DÉPARTEMENT

 

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Mais, avant d'en venir à l'histoire toute récente du projet qui nous intéresse, on ne peut pas passer sous silence l'implication aux côtés de la Ville, dès 2010, de Gilles Vincent, alors conseiller général – aujourd'hui on dit "départemental" – du canton de Saint-Mandrier et La Seyne-sud.

 

Malgré un différend ancien entre la commune et le département sur la propriété de la corniche, ce dernier ne tenant pas à s'impliquer dans sa réfection puisque le transfert de cette voirie de la Ville au Département n'avait pas abouti au début des années 2000, celui qui est toujours maire de Saint-Mandrier s'est investi fortement dans la conception d'un programme et pour qu'un partenariat permette d'aboutir à un projet partagé entre les deux institutions. Nous étions parvenus à une modeste réhabilitation à hauteur de 6 millions d'euros, compatible avec la situation financière de la commune, le Département prenant à sa charge les études et quelques dépenses pouvant entrer dans ses compétences. Comme quoi, même avec des élus de sensibilités politiques différentes, lorsque l'intérêt général prévaut, on peut faire avancer les choses. C'est sûrement la seule leçon qu'en a tirée la maire qui vient de tenter de stabiliser sa majorité bancale en y intégrant, telle une équilibriste, des élues issues de la gauche et l'extrême-droite...

 

Mais la perspective du transfert des voiries à l'agglomération Toulon Provence Méditerranée, depuis devenue Métropole, nous a alors conduits à différer la mise en œuvre, estimant que, avec les moyens de l'intercommunalité, il serait possible de concevoir un projet de bien plus grande envergure. Même si nous avons perdu quelques années, bien nous a pris. C'est une mobilisation de plus de 30 millions d'euros que nous avons obtenue, bien plus que les 6 millions que La Seyne pouvait supporter avec son seul budget.

 

LA PAROLE AUX HABITANTS ALORS QUE TOUT EST DÉJÀ DÉCIDÉ ?

 

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Mais revenons à la « concertation » de ce début de 2022 et aux participants invités à, soi-disant, contribuer à la définition du projet de réfection.

 

Leur a-t-on communiqué les conclusions des études et diagnostics réalisés sur la faisabilité, les contraintes imposées par la loi sur l'eau, le règlement de l'Aire de valorisation de l'architecture et du paysage, les aléas résultant de l'étude du BRGM de 2017, ceux de l'étude de circulation de Citelum de 2012, l'étude de transport de l'AUDAT de 2013, les obligations issues du Contrat de Baie (première et deuxième contractualisations), celles imposées par la gestion des biocénoses marines rappelées dans le schéma départemental de la mer et du littoral, celles découlant des limites imposées par l'État au regard des risques de submersion marine, du plan d'eau militaire, de la zone portuaire, les diagnostics relatifs au pluvial sur le bassin versant, et d'autres ? A-t-on seulement transmis ces données à la société chargée d'animer cette « concertation » ?...

 

La réalité est que, à 99 %, ce qui est faisable règlementairement, techniquement et budgétairement est déjà décidé. Et ça l'est dans un document dense de 93 pages que, avec le président de la Métropole Hubert Falco, nous avons validé en son temps. On peut le consulter en cliquant ICI ou sur son fac-similé ci-dessus. C'était en novembre 2019, avant que Madame Bicais ne devienne première magistrate de La Seyne. Et ce document-programme, qui a intégré de nombreux avis de citoyens volontaires du Comité communal des usagers des mobilités, a certes pu évoluer depuis presque trois ans, le peut encore à la marge, mais son économie générale ne peut que demeurer.

 

Fort heureusement pour la maire, les conclusions de la « concertation sur le diagnostic » organisée entre janvier et février 2022 à grand renfort de publicité sont toutes cohérentes avec le document-programme de 2019. Et, de toute façon, cette démarche – dont on aimerait connaître le coût – qui a surtout servi à caresser dans le sens du poil les 50% de répondants qui sont des riverains immédiats de la Corniche, a tellement accouché de généralités aux questions (volontairement ?) banales que chacun ne pourra que se retrouver dans le programme défini trois ans plus tôt...

 

 

UN PROJET FICELÉ DEPUIS 2019, AVANT LE MANDAT DE Mme BICAIS

 

Pour constater que le parti pris général est arrêté depuis trois ans, il suffit de comparer des extraits du document-programme de 2019 et de ce qui est présenté aujourd'hui (par exemple pour les profils des chaussées), seules des évolutions à la marge étant encore possibles.

 

C'est d'ailleurs sur ces orientations que, à la même époque, a été élaboré le schéma budgétaire et le calendrier de réalisation. On le verra ci-dessous, il n'y a rien de nouveau sous le soleil depuis l'arrivée aux affaires de Madame Bicais, sinon peut-être qu'elle a intégré ce qui était appelé dans le document-programme de 2019 des « séquences paysagères » (Bois Sacré, anse du Père Louis, Balaguier, Tamaris et Le Lazaret) dans son « collier de perles ». Mais ça, c'est de la communication pure et rien d'autre.

 

J'en terminerai en livrant ci-après quelques documents qui corroborent également mon affirmation que le programme est arrêté depuis 2019, que le calendrier de réalisation que nous avions fixé à l'époque est pratiquement respecté – on l'a vu avec une première tranche avancée de travaux qui a concerné comme prévu la réhabilitation de la corniche Philippe-Giovannini entre l'Atelier mécanique et le giratoire d'accès au terminal des croisières de la zone portuaire Grimaud – et que le budget nécessaire, réparti sur plusieurs années, a bien été obtenu de la Métropole en 2019.

 

 

LE CALENDRIER DE RÉALISATION ARRÊTÉ EN 2019

 

L'ENGAGEMENT FINANCIER DE LA MÉTROPOLE OBTENU EN 2019

 

 

CLIC POUR LIRE L'ARTICLE COMPLET SUR LE SITE DE VAR-MATIN

 

L'important est bien sûr que ce dossier ait avancé et qu'il continue à avancer. Pour la corniche de Tamaris comme pour d'autres chantiers structurants pour La Seyne et les communes de la métropole, notamment Saint-Mandrier pour celui-ci, des cadres et des agents territoriaux de la commune, de la métropole et du département sont au travail depuis des années, des élus, dont mes adjoints Claude Astore et Florence Cyrulnik, comme Gilles Vincent, maire de Saint-Mandrier, vice-président de TPM et ancien conseiller général du canton, ont cherché des solutions, piloté l'élaboration du programme, et convaincu la Métropole de s'y engager. Mais nul doute que la maire ne manquera pas de rappeler leur rôle lors de la réunion publique prévue ce mercredi...

 

Il serait en effet à la fois contraire aux usages de continuité républicaine et méprisant pour ceux qui ont œuvré qu'une maire réécrive l'histoire à sa façon dans le seul vil but de conforter sa suffisante notoriété, en assumant d'abuser ses concitoyens. Et ce n'est en rien son genre.

 

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25 mai 2022 3 25 /05 /mai /2022 02:52

C'est vrai que certains camping-caristes abusent des possibilités offertes par le code de la route quant à leur stationnement. Stationner n'est pas s'installer pour camper. Et on doit comprendre les riverains d'un site où de mauvaises habitudes sont prises par des autocaravaniers (c'est le terme français pour changer un peu de l'anglicisme "camping-cariste").

 

Pour autant, contrairement à une idée reçue, il est interdit d'interdire aux camping-cars de stationner là où les autres véhicules sont autorisés à le faire.

 

C'est pourquoi notre équipe municipale avait organisé une aire de stationnement pour les autocaravanes non loin du hameau des Sablettes et des plages, sur une emprise communale. Mais, cédant à la pression de quelques riverains, la mairie l'a supprimée. Et, évidemment, les problèmes ressurgissent ailleurs...

 

 

DES PANNEAUX SIGNALÉTIQUES FANTAISISTES ET ILLÉGAUX

 

Il faut le savoir, il est "interdit d'interdire" le stationnement spécifique des camping-cars si d'autres véhicules ont le droit de se garer. Aucun des panneaux de l'image ci-dessous, qui sont pourtant en vente et apposés dans de nombreuses communes, n'existe d'ailleurs au référentiel de la signalétique du code de la route. Ils sont tout simplement illégaux.

 

 

Jusqu'à présent, La Seyne a respecté la loi, ne verbalisant les autocaravanes, comme n'importe quel véhicule, que lorsqu'elles excédaient la durée de stationnement autorisée de sept jours, ou lorsqu'était constaté un stationnement gênant, dangereux ou abusif, au sens des articles R.417-9 à R.417-13 du code de la route.

 

 

JUSQU'À PRÉSENT LÉGALISTE, LA SEYNE REJOINT LE CLUB DES JOUEURS DE POKER QUI "Y VONT AU BLUFF"

 

Mais voilà que, depuis quelques temps, on commence à contourner la loi, comme en atteste le panonceau illégal, car ne figurant pas au référentiel de la série "M", apposé sous le panneau B6d d'arrêt et de stationnement interdits qui a été installé face au collège Jean-L'Herminier sur le chemin de l'Évescat aux Sablettes. On se demande la raison de cette décision car il n'y a aucun risque ni de danger ni de gêne tant pour les automobilistes que pour les piétons tant qu'ils n'empiètent pas sur la chaussée.

 

N'importe quel camping-cariste qui y serait verbalisé serait ainsi fondé à contester la contravention dressée à son encontre. Plusieurs associations d'usagers des autocaravanes ont par ailleurs obtenu des jugements obligeant de plus en plus de communes à revenir sur leurs interdictions illicites, comme ce fut le cas à Lacanau (Gironde) en 2020.

 

 

INTERDIRE AUX SEULS CAMPING-CARS EN CAS D'ÉRUPTION VOLCANIQUE ?...

 

Alors, lorsqu'on annonce qu'un arrêté va permettre d'apposer des panneaux interdisant le stationnement des campings-cars sur certaines voies seynoises, a-t-on bien réfléchi qu'on ne peut légalement le faire que si on interdit à tous les véhicules de se garer ? Les riverains réclamant cette mesure en ont-ils bien conscience ? Leurs interlocuteurs communaux les ont-ils bien informés ?

 

Ou alors, il faudra faire preuve de beaucoup d'imagination perverse ou d'un grand sens de l'humour, à l'instar de telle commune qui, comme on peut le voir sur la photographie ci-dessous, justifie l'interdiction de circuler imposée aux autocaravanes par l'article R.443-9 du code de... l'urbanisme !

 

Cet article règlementaire stipule en effet que peuvent être prises des dispositions particulières de circulation dans des « zones soumises à un risque naturel ou technologique prévisible » tel que « des incendies, des effondrements de cavités souterraines, des radiations de potentiel radon élevé, des événements sismiques, des cyclones, ou des éruptions volcaniques » !

 

Ce sont autant de facteurs de risques majeurs que chacun sait très fréquents chez nous, en France métropolitaine, et à La Seyne en particulier. Et, surtout, qui ne concernent en rien les deux-roues, ni les automobiles, ni les poids lourds, naturellement épargnés par ces catastrophes. Mais seulement les camping-cars...

 

 

UN INDISPENSABLE ÉQUIPEMENT D'ACCUEIL PRÈS DES COMMERCES ET DES PLAGES

 

Ne vaudrait-il pas mieux, plutôt que relancer une polémique et courir le risque de se couvrir de ridicule lorsqu'une association d'autocaravaniers aura facilement trouvé la faille règlementaire pour saisir la justice administrative aux fins d'annulation de décisions fantaisistes, revenir à la raison, et faire aménager comme il se doit, ainsi que nous l'avions prévu, l'aire de camping-cars du centre sportif Armand-Sauvat supprimée par arrêté municipal en mai 2021  ?

 

Si on estime que la gestion d'un tel espace ne doit pas relever de la compétence municipale, rien n'interdit de la confier à un opérateur privé spécialisé en charge de l'équiper avec des bornes d'entrée et de services (eau, électricité, vidange, voire sanitaires) comme il en existe partout, de le gérer, et de réguler les toujours possibles dysfonctionnements pouvant occasionner une gène pour le voisinage. Il est vrai que la moyenne d'âge des camping-caristes se situe en France à 59 ans, que plus du tiers d'entre eux a entre 60 et 74 ans, et que ce sont là des générations bien connues de chenapans fauteurs récurrents de troubles à la tranquillité publique...

 

Comme nous l'avions à peine initié en 2019, d'autres communes l'ont bien compris qui ont choisi d'être accueillantes et, ce faisant, par leurs aménagements et initiatives d'accueil des autocaravaniers, personnes bonnes consommatrices par leur niveau de ressources (73% sont des retraités de classe moyenne ou haute, des chefs d'entreprises, cadres ou techniciens supérieurs) soutiennent l'activité économique des commerces de proximité, des loisirs et de la culture, qui en a bien besoin.

 

Mais, à La Seyne, depuis deux ans, on a choisi de faire table rase du passé plutôt que prolonger et améliorer ce qui doit l'être.

 

C'est une façon de voir les choses.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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