Qu'il s'agisse de quartiers littoraux résidentiels et touristiques, de zones périurbaines d'habitat social ou de centres anciens, sans conduire de grandes études scientifiques pointues, on peut évaluer les difficultés et les inégalités en matière de mobilités urbaines et interurbaines.
Bien sûr, ça et là, lorsqu'un maire, portant la parole de ses concitoyens, réclame avec insistance un aménagement de telle ou telle ligne de bus ou de bateau-bus, il parvient peu ou prou à l'obtenir dans des délais variés. Mais, à l'heure où la démarche métropolitaine va s'enclencher, ne faut-il pas "changer de logiciel", comme disent les "sachants" d'aujourd'hui ?
C'est une démarche globale de réflexion sur les investissements d'avenir de l'ensemble du territoire, dont les infrastructures de transports, qu'il faudrait conduire, y associant toutes les parties prenantes, élus, acteurs économiques et sociaux, et populations.
À défaut, on continuera à entendre les uns et les autres se rejeter la responsabilité des encombrements liés à l'absence d'une troisième voie sur l'autoroute de Toulon vers Nice et à l'ouverture d'un nouvel espace en forme... d'avenue d'une centaine de commerces accusé de tuer les boutiques des centres-villes, et on sera encore interpellé sur le sentiment d'iniquité ressenti par les chefs d'entreprises de la zone ouest vis-à-vis de leurs collègues de celle de l'est, s'estimant moins bien considérés en transports collectifs pour aujourd'hui — peut-être pas à tort, il suffit de regarder le plan des lignes de Réseau Mistral — et pour demain — pourquoi le projet d'une halte ferroviaire aux Playes ne serait-il pas aussi important que celui de Sainte-Musse et la rénovation de celle de La Pauline ?
PESER LE POUR ET LE CONTRE DES PROJETS STRUCTURANTS MÉTROPOLITAINS
Si nul ne conteste la prévalence de Toulon, cœur de métropole qui doit conforter ses fonctions de centralité, si tout un chacun approuve le grand projet de "quartier de la connaissance, de la créativité et du numérique" à Chalucet, si personne ne conteste l'absolue nécessité de reconstruire la grande jetée qui ferme la Petite Rade, il est d'autres projets qui doivent être soumis à réflexion partagée.
Faut-il vraiment envisager, à titre d'exemple, de construire un nouveau quai de 400 mètres de long sur le littoral toulonnais de la Rade, perpendiculaire à nos vents dominants, ainsi qu'il est envisagé de le faire à l'issue d'études devant être financées au titre du Contrat de plan État-Région ?
On parle d'un coût de 40 à 50 millions d'euros pour cette nouvelle infrastructure portuaire destinée à accueillir au plus près du cœur de ville de Toulon des paquebots géants de même nature que ceux qui accostent par dizaines chaque année le long du môle d'armement des anciens chantiers navals de La Seyne, là ou la Chambre de commerce et d'industrie du Var a beaucoup investi pour réaliser il y a quelques mois, avec l'accompagnement de notre commune, un terminal de croisières ultramoderne d'où on est, pour peu qu'on les développe, en bateaux-bus publics ou en navettes maritimes commerciales, à dix minutes à peine du centre historique de Toulon.
LES MOBILITÉS EN CONCOMITANCE AVEC LES INVESTISSEMENTS D'AVENIR
Ne devrions-nous pas prendre garde à ne pas mettre la charrue avant les bœufs ? Il est peut-être des réalisations dont les urgences sont à hiérarchiser dans le temps, ainsi que l'avait d'ailleurs senti Hubert Falco en voulant éviter la concomitance des chantiers toulonnais du tunnel routier et du transport en commun en site propre.
Avant de sauter sur la première opportunité venue consommatrice de finances publiques et privées, ne devrait-on pas commencer par dresser un état des lieux global de l'existant, des difficultés présentes et à venir, et des enjeux de développement, notamment en matière de mobilités métropolitaines, qui semblent être la clé de voûte de tout dispositif de redynamisation urbaine, économique, sociale et culturelle d'un territoire d'avenir.
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Après avoir mis en évidence des inégalités territoriales d'offres de transports collectifs entre divers sites de typologies similaires de l'agglomération toulonnaise —
Si les inégalités d'offres de transport en commun entre quartiers et communes d'un même territoire, conséquences de leurs histoires respectives, perdurent parce qu'on ne se penche pas en continu sur les besoins ou simplement parce qu'il ne se trouve personne pour s'en plaindre, il est certains sites de notre agglomération "Toulon Provence Méditerranée" (TPM) qui font depuis des années l'objet des attentions de l'État et des collectivités pour gagner en équité et devenir des "morceaux de ville comme les autres". Ce sont les quartiers populaires d'habitat social classés prioritaires au titre de la "politique de la ville".
Or, comme pour les quartiers résidentiels du sud de La Seyne et de Toulon, le compte de l'égalité n'y est pas encore.
En revanche, si les Toulonnais de La Beaucaire disposent d'autant d'offres sans correspondance que ceux du Mourillon pour gagner leur centre-ville, les Seynois de Berthe sont 30% moins bien dotés que les Toulonnais quant aux possibilités de rejoindre les cœurs de ville de Toulon ou de La Seyne, lieux des démarches administratives et de l'activité commerciale et culturelle de niveau communal ou intercommunal.
Vous avez dit inégalités territoriales d'offres de mobilités d'aujourd'hui ? Je le pense. Et je vais tenter de le démontrer en quatre temps. Regardons avec un premier article, s'appuyant sur les données de population de notre Institut national de la statistique (INSEE) et les informations que nous pouvons pêcher sur
Ça fait des années que les Seynois se questionnent sur les mobilités de leur ville, pressentant à la fois le potentiel économique, social et culturel de leur territoire, pour eux-mêmes et pour tout le "Grand Toulon", et les difficultés de circulation que pourrait accroître la valorisation de celui-ci, s'ajoutant à celles découlant de l'évolution démographique, l'eussions-nous freinée en révisant notre plan d'urbanisme, mais qui, jusqu'à un certain point, est inéluctable, ne serait-ce que pour répondre aux besoins de logements, sociaux ou non, imposés par les lacunes énormes recensées dans le Programme local de l'habitat de notre agglomération.
La préfecture du Var n'était pas obligée de le faire, mais elle a pris une heureuse initiative : celle de mettre autour de la table les institutions locales et les représentants des sociétés Someca et Bouygues, respectivement chargées, pour la première, d'acheminer des carrières du Revest au port seynois de Brégaillon, via La Valette et le tunnel de Toulon, des millions de tonnes de pierres destinées à être embarquées vers Monaco, et, pour l'autre, de réaliser avec ces minéraux un quartier de résidences de luxe gagné sur la mer de la principauté monégasque, ainsi que je l'exposais
En matière de prévention des désagréments et de l'environnement, nous avons ainsi exposé que nous ne lèverons nos entraves au projet que dès lors qu'un protocole aura été signé, suite à une enquête publique sérieuse, fixant les règles du jeu et les mesures opérationnelles des contrôles et évaluations, pour la fluidité de la circulation, la prévention ou réparation des dégradations des voiries et espaces publics, le stockage des granulats avant embarquement — qui ne pourra se faire en entrée de ville, l'évitement des nuisances sonores et visuelles pour les travailleurs du pôle Mer et de tous les quartiers du tour de la Rade, la protection de la qualité de l'air, la prévention des risques de pollution de l'eau de la Rade, et tous autres désagréments.
Cela doit établir des obligations quantifiées de parcours et de clauses d'insertion, de formation professionnelle initiale et continue, de tous niveaux de qualification, de premier emploi, d'égalité hommes-femmes, d'intégration de travailleurs handicapés, d'emplois réservés aux jeunes et aux seniors, de dispositifs permettant la préparation de détenus à la fin de leur peine, de process innovants de prévention des discriminations à l'embauche, et de non-recours au dumping social, notamment par le refus d'embauche de travailleurs détachés.
Des millions de tonnes de cailloux à embarquer du port de Brégaillon à La Seyne vers Monaco, pourquoi pas ? Comme pour les bateaux du ro-ro qui transportent chaque semaine des centaines de remorques de marchandises vers la Turquie, au nom de la nécessaire réduction des émissions de gaz d'échappement des camions et la fluidité de la circulation sur les autoroutes conduisant vers l'est, l'idée est bien intéressante.
Commencer modestement en faisant du cœur historique de La Seyne un espace aux mobilités apaisées, sans attendre de disposer des moyens financiers prévus par les dispositifs de "politique de la ville", devrait permettre de favoriser un changement positif d'image, propice aux déambulations, à la sécurité, à la dynamique commerciale, à l'activité culturelle, à la vie sociale, et même - ça a eu cet effet ailleurs - à l'incitation des investisseurs de l'immobilier d'habitation à acquérir, rénover, voire reconstruire, des immeubles ou îlots dégradés, de nature à requalifier et favoriser le maintien ou l'installation de résidents aux situations socio-économiques moins dégradées que beaucoup d'actuels habitants.
La nouvelle "zone de rencontre", conçue par nos équipes, et notamment Sylvie Lévesque, technicienne territoriale spécialiste de la question, sous l'égide de notre adjoint Claude Astore, entrera en vigueur le 15 décembre prochain. Elle a reçu le feu vert de notre comité communal des usagers des mobilités, où siègent des habitants, des membres des conseils de quartiers, comités d'intérêt local, utilisateurs du centre urbain, et aux acteurs économiques.
Pour schématiser, le dispositif de "zone de rencontre" donne priorité aux piétons sur tous les véhicules, les vélos étant eux-mêmes prioritaires sur les voitures dont la vitesse ne doit pas excéder 20 km/h et qui sont astreintes à respecter la priorité à droite à tous les croisements. En outre, les vélos sont autorisés à circuler à contresens dans les rues à sens unique, et les mobiliers urbains (barrières, potelets, etc.) disparaîtront petit à petit puisque l'espace public est entièrement dédié aux piétons.
Et, si la pédagogie ne suffit pas pour prévenir les accidents et obtenir l'effet positif espéré (ça marche - c'est le cas de le dire - dans les pays du nord de l'Europe, il faudrait qu'il en soit de même chez nous), il faudra que nos policiers sévissent.
À la lecture du quotidien Var-matin, il semble qu'il aura échappé à sa journaliste un vote négatif émis par l'ensemble des élus seynois de gauche au Conseil communautaire de Toulon Provence Méditerranée (TPM) lors de la séance qui s'est tenue jeudi dernier, et non seulement trois d'entre eux, ainsi que c'est rapporté par ce journal. Il avait pourtant été remis à la presse un communiqué expliquant notre position unanime (PCF, PS, PRG, EELV) relative au financement du futur échangeur autoroutier d'Ollioules-Sanary.



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