2 décembre 2025 2 02 /12 /décembre /2025 03:58

 

Moi qui, tout athée que je suis, fais la crèche chaque année et qui ai défendu l'idée que des santons et des crèches conservent toute leur place dans l'espace public, en particulier lors de nos regrettées Fêtes calendales du Fort Napoléon, parce qu'elles relèvent plus d'une dimension patrimoniale que d'une ferveur religieuse, je me suis tout de même questionné sur la raison pour laquelle l'illumination qui, en entrée de ville, nous souhaitait naguère de « Joyeuses fêtes » nous promet désormais un « Noël à La Seyne » et sur le choix d'afficher un tout nouveau « Joyeux Noël » sur la projection très réussie sur les façades du quai Gabriel-Péri.

 

C'est peut-être un détail ou un pur hasard. Mais, si ça ne l'était pas, ça pourrait être chargé de sens...

 

 

FÊTES DE YULE, CULTE DE MITHRA, SATURNALES, ET PUIS NOËL

 

Bien sûr, Noël, c'est la commémoration de la Nativité de Jésus-Christ, événement important pour les chrétiens du monde entier. Mais, historiquement, avec les efforts de christianisation déployés dans les premiers siècles de notre ère, les festivités qui lui sont liées résultent d'une volonté de remplacer peu à peu d'autres événements qui existaient autour du solstice d'hiver du 21 décembre afin d'ancrer solidement la nouvelle tradition religieuse dans l'Empire romain, puis au-delà.

 

Noël a ainsi remplacé Yule dans l'Europe du nord, une fête païenne préchrétienne célébrée par les peuples germaniques. Il n'est d'ailleurs pas neutre que, sous le Troisième Reich dont beaucoup de chrétiens engagés ont cruellement été victimes, Yule a été instrumentalisé à des fins idéologiques pour servir la propagande nationale-socialiste. De même, la christianisation de l'Empire romain et ses lois anti-païennes ont accentué la disparition du culte de Mithra, divinité initialement indo-iranienne également fêtée aux alentours du solstice d'hiver. Les Saturnales, aussi, des fêtes se déroulant dans l'Antiquité romaine au cours de la semaine du solstice d'hiver pour célébrer le dieu Saturne, accompagnées de grandes réjouissances populaires, conservées dans la tradition provençale avec les "fêtes calendales" mi- religieuses et mi-païennes, ont dû laisser la place à la célébration chrétienne.

 

 

TRADITION CHRÉTIENNE OU FÊTE UNIVERSELLE DE LA PAIX ENTRE LES HOMMES

 

Avec le temps, et notamment depuis le XIXe siècle, cette période de fin d'année est aussi devenue un temps festif de la famille et des enfants, en particulier en offrant des cadeaux. Certes les instances catholiques, et d'autres, désapprouvent depuis longtemps l'évolution mercantile de cette fête. Mais cette évolution vers une fête universelle parce que prenant peu à peu un caractère plus athée, qui n'interdit en rien aux chrétiens de vivre leur foi, en famille, avec leurs amis, dans l'espace privé, leurs églises et leurs temples, a permis aux pratiquants de toutes les religions comme aux agnostiques et libres-penseurs de se retrouver dans une même période de réjouissances, de convivialité et de paix.

 

C'est pourquoi le souhait municipal de « Joyeuses fêtes » était une adresse à l'ensemble de nos concitoyens et visiteurs, avec leurs diversités, dans l'esprit de notre Constitution qui stipule que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

 

Après qu'elle a supprimé nos Fêtes calendales profanes qui nous réjouissaient depuis quatre décennies de Berthe au Fort Napoléon et décidé d'organiser un pèlerinage catholique annuel à Notre-Dame-du-Mai, on ne peut qu'être dubitatif sur les intentions profondes de la municipalité. Est-ce qu'il a à présent été demandé aux agents communaux qui font chaque année un travail toujours plus remarquable de conception et réalisation de merveilleuses illuminations de changer une guirlande pour souhaiter désormais un « Noël à La Seyne » à la place de « Joyeuses fêtes » et de rajouter un « Joyeux Noël » à une projection murale ? Si tel était le cas, ça surchargerait d'une couche de doute les intentions de la municipalité en matière de laïcité. Surtout dans une période où la porosité s'accroît entre la droite et son extrême sur fond d'accents traditionalistes, d'imposture historique sur une pseudo identité judéo-chrétienne de la France et de l'Europe, de repli sur soi, de rejet et de stigmatisation de l'Autre, du Différent, de l'Étranger...

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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 03:40

 

Il faut saluer l'initiative municipale de célébrer les 20 ans de la médiathèque du Clos Saint-Louis, équipement de proximité qui remplit fort utilement sa vocation socio-culturelle. Lorsqu’un adversaire fait des choses bien, il faut savoir le reconnaître.

Mais c'est l'occasion aussi de faire un tour d'horizon un peu plus large sur la politique locale de médiation de la lecture publique ces dernières décennies, à travers la focale de la continuité républicaine...

 

 

UN PROJET NÉ IL Y A 35 ANS : UNE MÉDIATHÈQUE AU SUD, UNE AU NORD ET UNE AU CENTRE-VILLE

 

C'est en 1990 que M. Respaud, adjoint à la culture de M. Scaglia, maire de droite, propose au conseil municipal une perspective visant à ce que La Seyne dispose à terme de trois bibliothèques : une au sud, une au centre, une au nord. L'unanimité se fait sur cette idée. Un budget de 9,6 millions de francs (environ 1,5 million d'euros) est alors prévu pour un achèvement du chantier de la première, au Clos Saint-Louis, en 1992.

 

Le délai sera loin d'être tenu, les travaux sont interrompus du fait des errances budgétaires relevées par la Chambre régionale des comptes à cause du licenciement des "81" – les agents du service des ordures ménagères – qui coûte 38 millions de francs (près de 6 millions d'euros... 4 bibliothèques), puis du dépôt de bilan de l'entreprise chargée des travaux, mais l'orientation demeure sur les rails.

 

En 1995, M. Patentreger, adjoint à la culture de M. Paul, maire de gauche, fait évoluer le projet vers le concept de "médiathèque", confirmé par les citoyens dans le cadre des "Assises de La Seyne". Le budget d'investissement 1996-1999 prévoit la relance du chantier. L'achèvement des travaux est estimé pour fin 1998. Un nouvel adjoint à la culture, M. Triquet, obtient le vote d'un budget de 5,2 millions de francs pour cette année-là. Une bibliothèque provisoire est installée à la Villa Tamaris et la commune dispose désormais de deux bibliobus.

 

Les travaux du Clos Saint-Louis prennent du retard. La priorité des chantiers culturels est donnée à l'École des Beaux-Arts, inscrite dans le "contrat de ville" et fortement financée par l'Europe, l'État et les collectivités, qui est inaugurée en 2000 (ces financements sont obtenus en contrepartie d'une large ouverture promise aux habitants du centre-ville, mais c'est une autre histoire...).

 

Avec un nouveau changement de municipalité en 2001, sans que le projet de médiathèque du Clos Saint-Louis soit abandonné par le maire M. Paecht qui choisit d'y inscrire 300.000 € au budget de l'année, une fragilité juridique amène à résilier les marchés de travaux en 2002 puis les relancer en 2004. C'est un autre équipement culturel qui grille la priorité au Clos Saint-Louis, là encore parce qu'il peut bénéficier d'aides extérieures très importantes au titre de la "politique de la ville" : l'école municipale de musique.

 

La nouvelle médiathèque finit par être inaugurée en 2005. S'en suit, pour continuer dans la perspective des trois médiathèques, le projet de celle du quartier Berthe, initié par M. Paecht et son adjoint M. Bousbih chargé du "programme de rénovation urbaine" (PRU), puis porté par mes adjoints Mme Cyrulnik à la culture et M. Maziane à la politique de la ville, réalisé grâce aux financements de ce dispositif, que j'ai inaugurée en janvier 2013. Elle porte le nom d'Andrée-Chedid.

 

 

DE LA CONTINUITÉ RÉPUBLICAINE À LA RUPTURE ÉRIGÉE EN DOGME

 

Malgré les embûches, les alternances et les difficultés financières, cinq maires, trois de droite et deux de gauche, poursuivent ainsi les uns après les autres la mise en œuvre d'un projet majeur de médiation culturelle dans un esprit de continuité républicaine.

 

C'est dans ce même esprit que, élaborant le "nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU), je vise à boucler la boucle en y inscrivant la troisième médiathèque, celle du centre-ville, prévue en face de la poste centrale, appelée à remplacer la vieille bibliothèque municipale Pierre-Caminade. Le programme, porté par la Métropole qui a depuis 2018 compétence en "politique de la ville", fait l'objet d'une délibération favorable fin 2019.

 

On sait la suite. Élue en 2020, Mme Bicais, nouvelle maire de droite, rompt avec l'usage qui s'était installé depuis trois décennies pour les projets d'investissements culturels structurants pour la ville de ne pas tout remettre en cause à chaque alternance politique. Elle fait revoir le projet du NPNRU, renonce au programme de la médiathèque là où elle était prévue, et la relocalise où était planifiée une crèche de 70 berceaux. On pouvait avoir une médiathèque et une crèche, on n'aura qu'une médiathèque (et tout de même une micro-crèche de 10 places adjacente). On aura surtout fait perdre cinq années à la mise en œuvre du programme qui aurait dû démarrer en 2020-2021. Encore un témoignage de l’obsession maladive de rupture de cette maire avec les choix de ceux qui l’ont précédée.

 

La rupture, c'est nécessaire quand il s'agit de revenir sur des politiques publiques qui nuisent à la majorité d'un peuple. C'est indispensable quand une infime minorité ne cesse de s'enrichir pendant que la plupart s'appauvrit, quand on sape les fondements d'une société avec des agressions continues contre la sécurité sociale, la santé, les retraites, l'éducation, la prévention, quand on s'obstine à martyriser la planète, ou quand on démantèle méthodiquement le service public pour tous.

 

Je l’ai pratiquée moi-même lorsqu’il s’est agi de décider d’en finir avec le privé et construire une cuisine centrale de restauration scolaire, de tenter de gérer l’eau en régie publique, de remunicipaliser l’entretien des locaux et des espaces verts, de mettre en œuvre une vraie démocratie participative, de dialoguer avec les personnels, et à de nombreuses autres occasions.

 

Mais la rupture, c'est contreproductif quand on l'érige en dogme. S'il faut rompre avec quelque chose, c'est avec la culture de la rupture pour la rupture comme doctrine systématique. Heureusement, pour la suite, à gauche et chez les écolos, on l'a tous compris.

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 04:32

 

La prédécesseure de M. Minniti était visionnaire et soucieuse de ne pas se placer hors-la-loi. Elle avait anticipé, cinq ans avant que le sujet ne vienne récemment à l'ordre du jour avec l'histoire des drapeaux de l'État de Palestine, l'interdiction faite aux communes de pavoiser les mairies d'autres drapeaux que celui de la République française, notre emblème bleu, blanc, rouge, tel que défini par notre Constitution.

 

On ne s'en souvient sûrement pas, mais, tout jacobin que je suis, pas enclin du tout au fédéralisme, je faisais flotter à la façade de notre hôtel de ville, outre le drapeau français et le drapeau européen, celui de La Seyne, rouge et bleu surchargé de notre blason en son centre, et celui de la déclinaison provençale de la langue occitane, idiome millénaire patrimonial de notre région que nous sommes encore un certain nombre de Seynoises et Seynois à pratiquer et que notre équipe municipale, sous l'impulsion des régionalistes accompagnant nos majorités, entendait contribuer à sauvegarder et promouvoir.

 

La municipalité élue en 2020 n'a pas tardé à en décider autrement. Un simple détail ?...

 

 

LA LANGUE RÉGIONALE, VECTEUR D'INTÉGRATION

 

En vérité, plutôt qu'une volonté divinatoire de se mettre en règle avec la loi, ce fut une mesquinerie de plus dont Mme Bicais était coutumière dans son obsession à faire table rase du passé. Elle l'avait justifié en expliquant, dans une pirouette qui lui évitait de débattre sur le fond, qu'il valait mieux au XXIe siècle promouvoir l'image et l'usage de l'anglais. Comme si les deux étaient antinomiques ! Dans beaucoup de pays, les gens parlent leur langue régionale, leur langue nationale, et l'anglais et/ou une ou plusieurs autres langues. En Europe, il y a quelques décennies, la France était, avec la Grèce des Colonels et l'Espagne de Franco, deux pays dont on connaît la grande ouverture d'esprit de leurs dirigeants de l'époque, la seule nation à ne pas reconnaître l'usage des parlers régionaux. Elle est aujourd'hui l'un des rares pays du Conseil de l'Europe à s'obstiner dans cette voie, malgré la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, signée depuis 26 ans mais jamais ratifiée, la loi Molac sur les langues régionales, votée mais bloquée par le Conseil constitutionnel, et les engagements pris par les gouvernements et jamais tenus.

 

Pourtant, ce qui fracture l'indivisibilité de la République, il me semble que ce ne sont pas tant les neuf langues régionales françaises ( * ) que les politiques de rejet et stigmatisation des diversités et celles, sociales et économiques, qui rendent toujours plus riches les nantis et enferment sans cesse davantage les pauvres dans la misère et la relégation. Au contraire, l'histoire seynoise l'atteste, les proximités lexicales et syntaxiques de l'occitan et du piémontais ont aidé, de la fin de XIXe siècle jusqu'au deuxième tiers du XXe, l'intégration des milliers d'Italiens venus chez nous pour fuir l'indigence et/ou le fascisme. Le nom même d'une de nos spécialités locales – la cade – en recèle une trace : importée par les nouveaux Seynois de l'autre côté des Alpes où elle s'appelle farinata, elle a naturellement pris le nom de cada (ou cado suivant la graphie utilisée) par déformation du terme càuda (= chaude en piémontais, qui se dit cado en ligure, calda en italien et cauda en occitan) que criaient les femmes des immigrés ouvriers journaliers du chantier naval qui complétaient les fins de mois en la vendant dans les rues.

 

 

UN PROJET LOCAL DE DÉFENSE ET PROMOTION DU PATRIMOINE

 

C'est pourquoi les gauches et les écologistes se retrouvent souvent avec les mouvements régionalistes (les progressistes, évidemment, pas ceux qui ont un passé collaborationniste et raciste comme le Parti National Breton, ou ceux qui sont des partis ethniques comme le Parti National Occitan) dans l'élaboration des projets pour des communes, des départements, des régions, la Nation et l'Europe, puis dans la constitution des listes de candidats.

 

Ça a été le cas à La Seyne en 2008, 2014 et 2020, avec le Partit Occitan, membre de Régions et Peuples Solidaires, présent chez nous. Et il faut que ce le soit en 2026, au même niveau que tous les autres. Les partis des gauches, du régionalisme et de l'écologie ne sont pas d'accord sur tout entre eux, tant au plan local qu'aux niveaux national et international, mais ils ont prouvé à La Seyne qu'ils ont su s'entendre autour d'un projet dénominateur commun municipal. N'oublions pas qu'eux seuls, ensemble, depuis un quart de siècle à La Seyne, ont constitué des majorités locales qui n'ont pas explosé en vol...

 

Comme ce fut le cas, la présence des régionalistes dans une équipe des gauches et de l'écologie stimulera l'ensemble de l'équipe dans la défense et la promotion du patrimoine historique, linguistique, social et culturel, vecteur de sentiment d'appartenance et de connaissance et reconnaissance des diversités qui font la richesse du peuple seynois. Elle permettra, à notre niveau communal, peut-être métropolitain si les élus seynois convainquent nos voisins, de relancer des initiatives, certes modestes mais utiles, qui ont été abandonnées par la droite seynoise, permettant une présence de la langue dans la vie de tous les jours, la vida vidanta : retour d'une page en langue régionale dans la revue municipale et sur les supports numériques de communication, informations publiques bilingues, reprise du programme interrompu de signalétique provençale des quartiers et des rues, etc. Un soutien à la vie culturelle provençale, dans un esprit qui ne soit en rien passéiste ni simplement folklorique, sera bienvenu, en coopération ou en accompagnement des initiatives des associations comme Lei cigaloun segnen ou Lo cèucle occitan dau país de La Senha, comme les regrettées festas calendalas qui se déroulaient depuis des décennies dans la période précédant les festivités de fin d'année au Fort Napoléon et que la municipalité de Mme Bicais a abandonnées. Un accompagnement, enfin, des efforts associatifs d'initiation à la langue pour tous les publics sera nécessaire. Et, pour les enfants et les jeunes, une commune n'ayant aucunement compétence pour créer des classes bilingues qui relèvent de la seule Éducation nationale, il est toujours possible d'appuyer les démarches des élèves, parents ou enseignants qui le demandent aux autorités académiques, comme nous l'avons fait avec succès pour la réouverture de l'option "provençal" au lycée Beaussier, ou de soutenir, comme la loi l'impose pour l'enseignement privé sous contrat, une école bilingue de type Calandreta". Ce peut aussi être des projets périscolaires des accueils collectifs de mineurs municipaux ou associatifs. Et de nombreux autres programmes peu coûteux peuvent être imaginés sous l'impulsion d'élus de toutes sensibilités d'une équipe unie, mais particulièrement des régionalistes.

 

 

LES RÉGIONALISTES ONT TOUTE LEUR PLACE DANS UNE ÉQUIPE PROGRESSISTE UNIE

 

Si, pour ma part, je suis très dubitatif sur le fait que le jacobinisme centralisateur ne devrait plus être de rigueur, je sais que je suis de plus en plus isolé : plus de la moitié des Françaises et Français, toutes opinions politiques confondues, sondés par l'IFOP à l'été 2025, sont favorables à des approches publiques plus régionales et décentralisées. Certains items du sondage ont recueilli plus de 80 % d'approbations, y compris de la part de l'ensemble des Français, donc pas seulement de ceux vivant dans des régions aux identités fortes. Il n'y a aucune raison que les Seynoises et Seynois aient des avis singulièrement différents du panel national. Ils doivent donc pouvoir se reconnaître dans une équipe progressiste comportant des militants des revendications institutionnelles régionalistes. C'est sûrement là le plus important.

 

Après, la question des drapeaux qui doivent flotter au fronton des édifices publics relèvera plus du symbole que de l'enjeu de fond.

 

_______________________________

( * ) : les 9 langues régionales : flamand, mosellan, alsacien, arpitan, occitan, corse, catalan, basque et breton

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13 juillet 2025 7 13 /07 /juillet /2025 05:06

 

Après la décision du gouvernement de supprimer le Pass'Sport pour les 6-13 ans, c'est la Région Provence qui a choisi de mettre un terme à son e-Pass Jeune, qui était une application offrant aux 15-25 ans des réductions sur des offres culturelles et sportives. Et cette disparition entraîne de facto la perte concomitante de la Carte Jeune Européenne qui était offerte avec l'e-Pass et proposait 72000 avantages aux 12-30 ans de 38 pays.

 

Les Macronies régionale et nationale s'en donnent à cœur joie pour démanteler les aides aux accès des enfants et des jeunes aux loisirs éducatifs, au sport, à la culture et aux arts, autant de vecteurs égalitaires de développement équilibré, d'ouverture d'esprit, d'éveil des consciences et des sensibilités, d'apprentissages du vivre ensemble et du respect des règles sociales.

 

Alors on frémit d'inquiétude lorsqu'on interprète le propos de M. Macron, s'adressant il y a une semaine à son mouvement de jeunesse “Les jeunes en marche” : « Je suis venu vous dire que ça n'est pas fini ! »...

 

 

UN NOUVEAU RECUL CREUSANT LES INÉGALITÉS ENTRE JEUNES RICHES ET JEUNES PAUVRES

 

Le e-Pass jeunes de la Région Provence, c'était une aide annuelle aux jeunes de 80 euros « pour acheter des livres (28 €), des places de ciné (12 €), aller à des concerts et festivals, au théâtre et à l’opéra (10 €), pratiquer une activité sportive (20 €) et participer à une sortie scolaire de [son] choix organisée par [son] établissement (10 €) ».

 

Son abandon survient après la refonte de la carte Zou ! Jeunes qui a considérablement réduit les aides à la mobilité régionale des mineurs et jeunes adultes, le désengagement de la Région des financements des associations assurant l'accompagnement social, éducatif, culturel et sportif des habitants des quartiers urbains prioritaires dans le cadre des “contrats de ville”, et d'autres reculs qui ont pour effet de creuser les inégalités entre jeunes riches et jeunes pauvres.

 

Oui, la polarisation de notre société entre riches et pauvres s'accroît gravement. Les instituts de statistiques de l'État l'ont récemment confirmé. Certains politiciens et médias en parlent bien sûr moins que de la délinquance et l'immigration qui sont devenues les objets chéris des droites qui courent après leurs extrêmes, mais la réalité est pourtant très grave. Les premières victimes sont les familles des travailleurs modestes, dont la maigre augmentation des salaires permet juste de compenser l’inflation, les familles monoparentales qui souffrent de l’absence d'accompagnement des services publics, et les gens sans travail victimes des réformes inopérantes de l’assurance-chômage. Et cette dégradation sociale ne résulte pas d’aléas extérieurs. Elle est la conséquence de la politique économique de M. Macron depuis huit ans au bénéfice des seuls plus nantis. En clair, les riches sont plus riches (les revenus des 0,1% les plus fortunés ont augmenté 2,5 fois plus vite que ceux du reste de la population) et les pauvres sont beaucoup plus pauvres. Et quand la misère est là, sans aide publique, on ne peut offrir aux jeunes de sa famille les accès aux activités des temps libres qui concourent à la santé physique et mentale, l'épanouissement et l'émancipation, et donc la prévention des déviances.

 

 

MOINS D'ÉDUCATION, DE SPORT ET DE CULTURE, C'EST PLUS DE CONSCIENCES ABOLIES ET DE SÉGRÉGATION, ET DES CONSÉQUENCES INQUIÉTANTES

 

Et les collectivités locales, elles-mêmes mises au pain sec par les gouvernements, ne pourront jamais compenser ces désengagements, alors qu'elles peinent déjà à poursuivre leur mission de premier recours et de dernier rempart des gens les plus fragiles : l’accompagnement des plus précaires dans les Centres communaux d'action sociale (CCAS), la tarification sociale dans les cantines, la création de nouveaux logements sociaux, les activités périscolaires, l’aide et accompagnement à l’insertion…

 

C'est pourquoi leurs élus doivent au moins protester. Certains le font. D'autres non, ou alors bien cachés et en chuchotant. Ceux de la majorité communale et des minorités de droite et d'extrême-droite de La Seyne sont au nombre de ces derniers.

 

À titre d'exemple, sollicitées par le réseau des communes ayant des quartiers pauvres et dégradés, les majorités des conseils municipaux des villes concernées de la métropole du “Grand Toulon”, dont la nôtre, n'ont pas jugé bon de s'associer à l'appel ( * ) de nombreux maires et conseillers, présidents d'intercommunalités ou de départements, responsables du monde sportif, et d'autres, lancé ce vendredi au Président de la République et au Premier ministre pour que soit rétabli de Pass'Sport pour les enfants ( ** ).

 

Ces élus ne réalisent-ils pas que, avec la pauvreté, les consciences abolies et la ségrégation qui s'aggravent, la jacquerie couve et que, conséquemment, ce pourrait être une aubaine pour justifier des réponses autoritaires ? N'ont-ils pas compris la menace de M. Macron (« ce n'est pas fini ! ») ? Ou bien, en accord avec la vision dure de M. Retailleau, en partagent-ils l'esprit ?...

 

 

__________________________________

 

( * ) : Voir ci-dessous le courrier

( ** ) : Seuls deux élus locaux seynois se trouvent parmi les signataires de cet appel : Olivier Andrau (PS-NFP) et Anthony Civettini (PCF-NFP) – voici ci-dessous

 

CLIQUEZ SUR LE COURRIER POUR L'AGRANDIR

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1 juillet 2025 2 01 /07 /juillet /2025 20:12

 

La mairie explique que c'est un fonctionnaire du ministère de la Culture qui a imposé la plantation de poireaux géants sur le parvis de notre église paroissiale plutôt que les arbres à ombrage qui étaient prévus. Et, bien obéissante, prenant fait et cause pour lui en séance du conseil municipal, la première adjointe considère qu'un palmier « ne fait pas un ombrage important, mais c'est mieux que rien ».

 

Mieux que rien ??? Ça vaudrait le coup de donner rendez-vous à ce fonctionnaire et cette élue un après-midi de ces temps de canicule pour un échange dialectique sur l'esthétique du lieu à l'ombre fraiche, dense, majestueuse et généreuse des six ridicules cocotiers qui donnent à notre espace historique cette heureuse touche tropicale d'Amérique du sud que chacun sait si typique du patrimoine immémorial de notre Provence maritime.

 

Que le ministère de la Culture donne un conseil est une bonne chose. Que, aux abords d'un monument historique, cet avis se transforme en prescription obligatoire, ça peut se comprendre. Mais rien n'interdit de désobéir. Surtout si le bon sens et l'intérêt général le commandent.

 

 

Ça vaudrait le coup d'oser transgresser comme on a su le faire à La Seyne pour d'autres sujets, parce qu'on aime notre commune, ses habitants et ses visiteurs. Le service de l'État responsable selon la Ville de l'ineptie à laquelle la Métropole, bras opérateur des vœux de la municipalité, s'est pliée, pourrait toujours saisir la justice administrative.

 

 

RÉGULATION DE L'IMPACT CLIMATIQUE OU JOLIE VUE SUR L'ÉGLISE

 

Ça mettrait le sujet sur la place publique. Et, peut-être que, à l'instar des parlementaires travaillant en ce moment sur une proposition de loi transpartisane « visant à adapter les logements aux fortes chaleurs et à en protéger les occupants », ça pourrait conduire le Législateur à faire évoluer les règlements dans le sens du... bon sens. Demain, en effet, si cette loi est votée, les architectes des bâtiments de France (ABF) qui s'opposent à l’installation de volets au nom de la préservation du patrimoine historique dans certaines régions où il n'était pas coutume d'en poser, devront lâcher du lest pour prendre en compte l'évolution climatique et permettre grâce à des contrevents de réduire de plusieurs degrés la température de logements où on étouffe faute de protection solaire. Pourquoi alors ne pas laisser la possibilité, chaque fois que c'est utile, voire nécessaire, de faire aussi pencher la balance du côté de la lutte vitale contre les effets du réchauffement climatique plutôt que de celui de la valorisation, certes justifiée, d'un patrimoine architectural ?

 

 

LES DEUX PAROLES CONTRADICTOIRES DE L'ÉTAT

 

Heureusement que le corps des architectes et urbanistes de l’État n'existait pas lorsque nos anciens, dans toute la Provence, ont imaginé les places publiques ombragées de nos villages qui, pour beaucoup d'entre elles, jouxtent des édifices, notamment cultuels, souvent comme notre église répertoriés comme monuments historiques, dont les immenses platanes, érables, ormeaux et autres micocouliers augustes et respectables cachent bien sûr une partie des façades, mais offrent des lieux « de communication, de rencontre et d'échange constituant un espace public ouvert, lumineux l'hiver et procurant ombre et fraîcheur pendant la saison chaude » selon l'avis de... l'État lui-même, exprimé dans une publication des ministères de l'Aménagement du territoire et de la Transition écologique (voir ICI). Ça a en tous cas été le parti pris de M. Paecht pour la rénovation de la place de la Lune et le mien pour la création, à côté du parvis de notre église, de la place des Seynois de la Mission de France, quoi qu'ait pu en penser le ministère de la Culture.

 

 

ENFREINDRE DES PRESCRIPTIONS STUPIDES EST UN DEVOIR CIVIQUE

 

Enfreindre des prescriptions stupides, lorsqu'on est élu pour défendre le bien-être de ses concitoyens, ce n'est certes pas un droit, mais c'est devoir civique. Sur le sujet de la végétalisation des espaces publics de la ville, dont l'accélération, il faut le reconnaître, est à mettre à l'actif de la Métropole sur demande de la municipalité de Mme Bicais, il ne fait aucun doute qu'un consensus transpartisan existe.

 

Alors, Monsieur le maire, cher Jo, demande à la Métropole d'arracher ces poireaux absurdes, de les replanter ailleurs, et de végétaliser comme c'était imaginé, et même beaucoup plus. Ose. Tu auras le soutien de toute notre population.

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22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 08:49

 

C'est un grand homme de l'éducation populaire qui nous a quittés. Grand par sa stature qui en imposait, tranchant avec sa petite voix paisible, mais surtout grand par l'œuvre qui fut la sienne depuis la création, à La Seyne, de la toute première école municipale de musique il y a près de soixante ans.

 

Jean Arèse fut de ceux grâce à qui des générations d'enfants, d'adolescents et de jeunes, de tous quartiers, de tous milieux sociaux, ont eu accès à l'éveil aux faits culturels émancipateurs et élévateurs des consciences par la découverte et la pratique musicales, à l'effort, la rigueur et la constance dans les apprentissages, et au faire et vivre ensemble, au travers notamment de la Philharmonique La Seynoise dont il fut le chef de musique pendant six décennies, prolongement associatif de ce service public culturel seynois devenu l'un des pôles majeurs du conservatoire métropolitain.

 

 

Écrire Jean Arèse nécessiterait un très long message. Je ne m'y engagerai pas, d'autant que deux textes parmi bien d'autres rendent de remarquables hommages à Jean Arèse, rappelant le parcours exceptionnel du jeune menuisier des chantiers navals qui, après d'autres grands noms de l'art musical à La Seyne, fut de très longues années clé de voute de sa promotion pour le plus grand nombre.

 

Un chapitre de l'excellent livre de Marius Autran, complété en 2010 par son fils Jean-Claude, dédié à l'histoire de La Seynoise, est consacré à Jean Arèse. On peut le lire en cliquant ICI

 

Et Mathieu Dalaine, journaliste à Var-matin, a également consacré un très bel article à Jean Arèse à l'occasion, il y a cinq ans, de sa dernière direction de l'orchestre de la Philharmonique. On peut le lire en cliquant ICI.

 

Nombreux sont les Seynois qui sont aujourd'hui dans la tristesse et entendent adresser d'affectueux messages de compassion à la famille et aux proches de Jean Arèse, à l'équipe pédagogique du conservatoire de musique qu'anime avec brio Christine Reggiani, et aux musiciens et administrateurs de La Seynoise autour de son dévoué président Frédéric Denoyer.

 

 

 

Note : Jean-Claude Autran ne m'en voudra pas d'avoir emprunté les images illustrant cet article à son remarquable et incontournable site Internet.

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17 février 2025 1 17 /02 /février /2025 09:48

 

Il y quelques jours, le quotidien Var-matin évoquait dans un article très documenté l'histoire de notre ancien cinéma ABC qui a été construit en 1957 et exploité pendant vingt ans. Loué ensuite à la Ville, le lieu est devenu la Salle municipale Théâtre Guillaume-Apollinaire qui a accueilli jusqu'en 2015 du théâtre, des conférences, des concerts, du ciné-club, et autres réunions et événements publics.

 

Ce fut pendant quarante années un lieu majeur de la vie socioculturelle seynoise dont la commune a dû se séparer à contrecœur. L'article du journal local ne précisant pas les raisons de cet abandon que, comme maire, j'ai alors dû assumer, j'ai transmis des précisions au rédacteur de l'article.

 

Respectueux de la sacro-sainte liberté de la presse que nous devons protéger comme la prunelle de nos yeux, je ne me permettrais pas de porter une appréciation sur le choix du journaliste de ne pas publier mes explications. Mais je tiens tout de même à les communiquer...

 

 

Voici donc le message que j'ai transmis à la presse :

 

« Au sujet des repères chronologiques de l’histoire de la salle Apollinaire, il est de mon devoir d’apporter un complément d’information pour que nul ne pense que ce fut de gaieté de cœur que la Ville a renoncé en 2015 à la signature d’un nouveau bail avec le propriétaire des lieux.

 

« Celui-ci proposait en effet une augmentation du prix du loyer portant celui-ci à plus du double de celui dont la commune s’acquittait. Nos finances, en pleine phase de redressement, ne le permettaient pas.

 

« En outre, l’emprise au sol de l’édifice, en bordure de voirie, et la configuration interne des espaces n’autorisaient pas la réalisation devenue obligatoire d’un accès pour les personnes à mobilité réduite, aménagement structurant qui, en tout état de cause, aurait difficilement pu être à la charge de la commune locataire.

 

« Enfin, le programme engagé de l’Atelier mécanique, avec, entre autres, ses 9 salles de cinéma, spectacles et conférences, devait offrir un espace à vocation culturelle moderne et accessible à tous, compensant largement, a égale distance du cœur de ville, l’abandon de l’ancien cinéma ABC. 

 

« La Seyne y aurait gagné en offres culturelles tissant du lien humain de proximité indispensable à toute vie en société, dans un contexte où certains réseaux sociaux à la ligne éditoriale fondée sur les peurs déshumanisent et compartimentent les individus.

 

« On ne peut dès lors que regretter l’abandon du beau projet finalisé de l’Atelier mécanique. »

 

 

(j'ai "chipé" la photo de la salle Apollinaire réalisée par Daniel Collin à l'excellent site "ciné-façades" qui, je l'espère, ne m'en voudra pas, mais je peux l'enlever sur demande, bien sûr)
 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités
2 février 2025 7 02 /02 /février /2025 07:23

 

C'est vite monté en chauffe dans les établissements scolaires, quelques heures après que le dispositif a été bloqué avec l'annonce d'une chute de 25% du financement du "Pass Culture collectif". La décision gouvernementale inattendue et abrupte a eu un effet immédiat : il n'est plus possible pour les collèges, lycées et centres de formation d'apprentis de réserver des activités pour leurs élèves dans le cadre de programmes d’activités d’éducation artistique et culturelle pour cette année scolaire.

 

L'École – ou l'apprentissage – étant un passage obligé jusqu'à 18 ans pour tous les adolescents et jeunes, le "Pass Culture collectif" est un moyen intelligent de compenser les écarts entre les jeunes des classes aisées et ceux des quartiers populaires vulnérables de possibilités d'accès aux faits culturels et artistiques du fait des diversités de leurs potentiels financiers et de leurs environnements sociaux.

 

La décision de l'État est très grave. Il doit revenir sur son choix. Les élus locaux doivent s'emparer de la question et peser urgemment.

 

 

LE "PASS CULTURE" INDIVIDUEL A CREUSÉ LES INÉGALITÉS D'ACCÈS AUX FAITS CULTURELS ET ARTISTIQUES

 

Il ne faut pas confondre le "Pass Culture collectif" avec le "Pass culture" individuel. Ce dernier est une application Internet qui permet aux jeunes de réserver des offres culturelles, qu'elles soient gratuites et payantes. L'accès au dispositif est ouvert aux jeunes de 15 à 18 ans de nationalité française ou résidant en France depuis au moins un an. Celui-ci permet aux jeunes de bénéficier d’un crédit en fonction de leur âge (20 € à 15 ans, 30 € à 16 et 17 ans, 300 € à 18 ans utilisable jusqu'à la veille des 20 ans), qu’ils peuvent dépenser dans une variété d’offres physiques ou numériques.

 

Le budget du "Pass Culture" individuel a représenté 244 millions d’euros en 2024. Mais la Cour des comptes a dressé un bilan sévère de cette mesure phare de la politique culturelle voulue par M. Macron. Les magistrats ont dénoncé un impact « limité » dans la durée, le fait que 16 millions d’euros ont bénéficié à des jeux d'évasion ("escape games”), que « seuls 7 % des jeunes ont réservé en moyenne au moins une fois un spectacle vivant autre que musical (théâtre, danse, cirque, etc.) », et surtout le constat que le dispositif n'a pas « réussi à toucher les jeunes les plus éloignés de l’offre culturelle ». En effet, si en moyenne près de 9 sur 10 des jeunes ont activé leur "Pass Culture" individuel, seuls 6 sur 10 des enfants d'ouvriers et d'employés l'ont fait, et moins de 5 sur 10 de ceux vivant dans les quartiers urbains vulnérables.

 

 

SAUVER LE "PASS CULTURE COLLECTIF" CORRECTEUR DES DÉFAUTS DU "PASS CULTURE" INDIVIDUEL

 

A contrario, le "Pass Culture collectif", doté de 97 millions d'euros en 2024 qu'on veut ramener à 72 en 2025, donc bien moins coûteux et bénéficiant sans distinction à tous les jeunes du fait de l'obligation scolaire universelle, permet, fût-ce en partie, de compenser cette inégalité.

 

Avec les syndicats de l'Éducation nationale et les chefs d'établissements, il faut que les élus municipaux, intercommunaux, départementaux et régionaux, qui siègent dans les conseils d'administration des collèges, lycées et centres d'apprentissage, montent au créneau dans l'urgence, avant le vote du budget de la Nation prévu ces prochains jours. Et le fassent savoir publiquement pour donner plus de poids à leurs démarches.

 

Je ne doute pas que l'équipe municipale seynoise, dont en particulier sa maire et ses adjoints chargés de la jeunesse, l'éducation, la culture, la politique de la ville, et ses conseillers départementaux siégeant dans les conseils des collèges seynois, notamment Henri-Wallon et Marie-Curie qui accueillent les ados des quartiers fragiles, sera sans délai en première ligne de la dénonciation de cette décision irréfléchie qu'il est encore temps de réparer. Ils doivent le faire pour nos jeunes concitoyens du centre ancien et de Berthe, qui seront les principales victimes, mais aussi pour tous les autres.

 

 

SIGNONS LA PÉTITION EN LIGNE 

 

Quant à nous, simples mortels de la vulgate, nous pouvons opportunément signer la pétition en ligne qui a été lancée dans l'urgence...

 

Chacun peut signer en cliquant sur le lien ci-dessous ou en flasahnt le QR-code.

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16 mai 2023 2 16 /05 /mai /2023 09:59

 

En lisant le quotidien Var-matin, nous apprenons de la bouche de la maire que l'événement Bonaparte « s'inscrit parfaitement dans la démarche du dispositif "Quartiers de Reconquête Républicaine" dont La Seyne fait partie »...

 

Diantre ! On sait l'importance qu'attache l'équipe municipale à la sécurité et la répression des méfaits, mais j'avoue ne pas comprendre en quoi un événement culturel, patrimonial, festif et convivial peut s'inscrire dans un programme d'accroissement des moyens de la police nationale.

 

À moins que, outre la première magistrate réincarnée en capitaine des armées républicaines, son adjoint chargé de la sûreté ne se mue en Joseph Fouché, alors ministre de la Police, qui laissa, entre autres sympathiques souvenirs, celui de l'exécution de masse de près de 1700 Lyonnais suspectés d'anti-républicanisme... avant de se dévouer au service du monarque. Tremblons !

 

 

"RECONQUÊTE RÉPUBLICAINE", UN CURIEUX AMALGAME

 

Au nombre de 62 en France, les "Quartiers de Reconquête Républicaine" (QRR), en effet, sont des sites urbains fragiles bénéficiant d'un renforcement des moyens humains et logistiques attribués à la police nationale pour lutter contre la délinquance des trafics et la criminalité. J'avais obtenu en 2019 de Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur, que les quartiers de Berthe et du centre-ville, mais aussi ceux de Pontcarral, Sainte-Musse et La Beaucaire à Toulon, fassent partie de la seconde vague de désignations de QRR. Et, il faut le reconnaître, des renforts significatifs ont été alloués aux commissariats de notre territoire, même s'il faut les relativiser au regard des baisses d'effectifs des années précédentes.

 

C'est bien pourquoi, d'ailleurs, il est incompréhensible que la municipalité seynoise, alors même que la Ville manque cruellement de moyens, fasse du zèle sécuritaire en accroissant ses effectifs de forces de l'ordre communales et en inaugurant un poste de police municipale à Berthe, rompant ainsi avec la convention signée avec l'État qui stipulait que, dans la répartition territoriale entre la police municipale et la police nationale, la présence dans notre quartier Berthe relevait de la seconde.

 

 

SPORT ET ÉDUCATION, CIRCULEZ ! PLACE À LA "RECONQUÊTE RÉPUBLICAINE" !

 

C'est d'autant plus surprenant que, dans le même temps, la maire a fait voter par le conseil municipal des baisses significatives du budget dédié aux subventions communales aux associations qui conduisent dans nos quartiers vulnérables des missions de lien, de prévention, d'action sociale et éducative, de sport et d'accompagnement de la fonction parentale, ce qui, pour certaines de ces structures, devrait entrainer des mises au chômage d'éducateurs ou d'animateurs, et donc un ralentissement de l'activité préventive, en particulier en direction des adolescents et des jeunes, publics les plus à risque de rupture. Ce sont ainsi plus de 383.000 euros qui ont été "économisés" sur l'action socio-éducative et le sport sur les trois derniers budgets par rapport à celui de 2019, l'ultime que, comme maire, j'ai soumis à l'approbation du conseil municipal (1).

 

Comment ne pas relier ces choix à celui, qui peut laisser rêveur, de consacrer, de l'aveu même de la maire dans le même communiqué à Var-matin, 850.000 euros en deux ans pour les « Événements Bonaparte » ?...

 

 

TALLEYRAND : « APRÈS LA RÉVOLUTION, LA MODÉRATION COMMENÇA À ABANDONNER BONAPARTE »...

 

Tout ça devrait inviter certains à méditer une réflexion du traître cynique que fut Talleyrand, député républicain puis, sans aucune scrupule... ministre de l'empereur tyran Napoléon.

 

Dans ses Mémoires, il note que, dès la fin des guerres de la Révolution française, « la modération commença à abandonner Bonaparte [qui] jetait déjà les semences qui devaient le conduire à sa ruine »...

 

Évidemment, toute ressemblance avec quiconque d'aujourd'hui serait bien sûr fortuite.

 

 

(1) : Tableau des évolutions des subventions communales de droit commun

 

 

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7 mai 2023 7 07 /05 /mai /2023 13:18

 

Bonaparte arrive à La Seyne. Ça va être un beau temps fort de la vie de notre cité. Mesuré à l'aune du nombre de fois où le nom du capitaine de l'armée républicaine est cité dans les 32 pages du dernier magazine municipal "Vivre à La Seyne" mis en ligne sur le site Internet de la commune, ce sera sans aucun doute un événement majeur.

 

Mais le futur empereur n'est évoqué que 16 fois dans cette parution. Ce n'est pas lui qui est le plus mis à l'honneur. Il émarge en effet bien loin derrière la capitaine de cérémonie qui compte 34 citations et qui, par ailleurs, apparaît 21 fois en photo dans ce numéro printanier du journal de la municipalité. À chacun la grandeur qu'il mérite...

 

Ça fait de La Seyne une exception singulière dans la communication officielle du monde politique communal varois.

 

 

Oui, et c'est même une sacrée exception qui, d'ailleurs, fait de plus en plus ironiser dans les agoras populaires seynoises. Est-ce un sentiment alimenté par la rumeur ? J'ai voulu en vérifier le bien-fondé et je me suis amusé à faire quelques comparaisons qui confirment que La Seyne se distingue très largement du reste du département.

 

Par la grâce d'Internet, il est en effet possible de lire en ligne les magazines municipaux de la plupart des communes. Je m'en suis tenu à la dernière parution des journaux communaux de 14 des 15 communes les plus peuplées du Var (seulement 14 car je n'ai pas déniché le magazine de Brignoles sur le Net), auxquelles j'ai ajouté les deux communes voisines qui ne figurent pas parmi les 15 les plus peuplées (Ollioules et Saint-Mandrier).

 

 

LA MAIRE DE LA SEYNE CHAMPIONNE DU VAR AU TROMBINOMÈTRE !

 

Le résultat (voir tableau en bas d'article) est impressionnant. Rapporté à 10 pages de magazine (car ils n'ont pas tous la même pagination), La Seyne est de très loin la commune où le maire est le plus cité par son nom (presque 3 fois plus que la moyenne !) et celle qui devance largement toutes les autres au palmarès du nombre de photos publiées du premier magistrat (plus de 3 fois plus que la moyenne !). Les graphiques ci-dessous parlent d'eux-mêmes...

 

 

 

 

TOUT EST BON, MÊME SURFER SUR LE BICORNE

 

Certains ne manqueront pas de justifier que c'est conjoncturel et qu'il n'en est rien sur la durée. En effet, ce n'est pas tous les jours qu'une maire du XXIe siècle se mue en réincarnation de celui qu'on surnommait « le Petit Caporal »...

 

C'est un peu vrai. L'occasion de la venue chez nous de celui que les royalistes et les Autrichiens appelleront « le Tyran » lorsqu'il aura remplacé le bicorne par la couronne – et qui se qualifiera lui-même d'« Aigle » sans que les ergots de ses chevilles ne gonflent – justifie sûrement qu'on en fasse un peu plus qu'à l'ordinaire dans le paraître auto-promotionnel. Avec 6,6 photos pour 10 pages, la maire est cette fois-ci au double de sa moyenne depuis son élection qui s'établit à 3,4... et qui est tout de même une fois et demie de plus que la moyenne des maires des 16 communes varoises étudiées...

 

 

65 % DE PLUS DE TROMBINES QUE SES DEUX PRÉDÉCESSEURS

 

D'autres diront que ça a toujours été le cas à La Seyne. C'est faux, le trombinomètre le prouve. Au bout de trois ans de mandat, on peut aussi opérer des comparaisons à peu près fiables grâce à la mise en ligne des anciens magazines municipaux sur l'excellent portail des archives municipales.

 

Le graphique ci-dessous montre clairement que, depuis son élection, la maire d'aujourd'hui pose dans la publication municipale 65% de plus que ses deux prédécesseurs sur la même durée des 34 premiers mois de mandat des uns et des autres (voir tableau de calcul en bas d'article).

 

 

 

Nul n'en disconviendra, la communication municipale est un merveilleux outil de la démocratie locale. À condition que ça ne s'exerce pas à sens unique, l'image et le tape à l'oeil occultant le fond, et que le dialogue soit constant avec les citoyens, dans leurs lieux de vie, avec les associations et acteurs économiques, les comités d'intérêt local, les comités d'usagers des services publics, les conseils de quartiers.

 

Sinon, ce n'est que de la promotion en forme de propagande. Et ça pourrait bien ressembler à ce qu'on connaît sous d'autres régimes.

 

 

Note : Ci-dessous les tableaux de synthèse des données qui ont permis d'établir les graphiques ci-dessus. Les feuilles de calcul sont à disposition. 

 

 

 

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