30 novembre 2021 2 30 /11 /novembre /2021 04:08

Pendant le mois précédant les fêtes de fin d'année, se tenaient au Fort Napoléon les Fêtes Calendales. Temps festifs, culturels et patrimoniaux se conjuguaient par une coopération entre l'association cheville ouvrière historique, Lei Cigaloun Segnen, la municipalité, et d'autres qui les ont rejointes, dont le Cèucle occitan dau pais de La Senha.

Et voilà que la mairie, sans autre forme de procès, a décidé que, si Calendales il devait y avoir, ce serait dans une salle proche du port, totalement inadaptée à ce type d'événement, et non plus dans le site prestigieux qui les accueillait depuis toujours. Lei Cigaloun Segnen, plutôt que proposer un programme miteux au rabais, ont dû renoncer.

 

UN NOUVEAU COUP "D'ESCOBA" SUR LA CULTURE PROVENÇALE

On se souvient sûrement des propos rassurants de l'adjoint au maire délégué "à la politique culturelle et à la promotion des traditions" (sic) en janvier dernier : « Il n'y a jamais eu d'intention de bannir de l'action communale la valorisation et l'expression de notre identité et même de nos traditions. »

Heureusement qu'il n'y a jamais eu cette intention, sinon, qu'est-ce que ça serait !!! La culture, la langue et les traditions provençales et occitanes en prennent un coup à La Seyne. Après d'autres décisions qui m'avaient conduit à les déplorer (voir article de Var-matin), voilà qu'un événement qui ravissait petits et grands, anciens et nouveaux Seynois, et qui allait fêter son 35ème anniversaire, tombe à l'eau.

Quoi qu'en ait dit l'adjoint à la culture et aux traditions, les intentions sont assumées par la maire, qui, pour les justifier, ne s'embarrasse pas des dires de son adjoint et explique que « les choix de la municipalité se concentrent plutôt sur la remontée du niveau en langues étrangères et notamment l'anglais ».

 

SUR L'AIR DE « OF THE PAST LET US WIPE THE SLATE CLEAN »...

D'ailleurs, les faits attestent de la cohérence entre les intentions de la maire et ses actes. On ne saurait lui en faire reproche. La fête foraine qui a pris place sur l'Esplanade Marine pour la même durée que celle qu'auraient eue les Calendales ​​​participe en effet à l'élévation du niveau linguistique en anglais, avec ses animations qui ont pour noms Heart Breaker, Booster, Extrem Limit, King Circus, Surf, Technopower, Steam Voyager, and so on and so forth...

Et cependant, il me semble reconnaître la dame qui, sur cette photo prise à l'occasion des Calendales de 2018, félicitait à mes côtés l'une des gagnantes du concours de crèches provençales que Lei Cigaloun Segnen organisaient avec la Ville. Mais ça, c'était avant.

 

LO CÈUCLE OCCITAN DAU PAÏS DE LA SENHA NE BAISSE PAS LES BRAS

Que ceux qui appréciaient les chants choraux qui, parmi d'autres animations et concerts, rythmaient nos festas calendalas (prononcer : festo calindalo) ne soient pas trop déçus. Si les locaux culturels du patrimoine militaire de la République se refusent à accueillir l'événement, ceux mis à disposition des capelans par la grâce de la loi de 1905 sur la séparation des cultes et de l'État seront ouverts le 11 décembre à 15 heures à un concert de chants du chœur du Cercle occitan du pays de La Seyne et du duo Jòia...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités
20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 07:51

Il y a bien plus grave et ce qui va suivre relève de l'anecdote amusante résultant probablement d'une erreur bien involontaire. Qu'on ne m'en veuille donc pas de le relever.

Je ne peux en effet pas imaginer que le changement d'intitulé du « chemin des Isnards », récemment devenu « chemin des Isnard », soit délibéré et qu'il y ait eu quelque injonction de la maire qui aurait décidé d'appliquer aux noms de lieux-dits seynois une règle prolongeant celle qu'elle s'est édictée de se désigner comme « Madame LE maire », usant du masculin comme d'un genre neutre désignant une fonction.

Je ne pense pas plus, malgré le sort fait depuis 2020 à la langue et la culture provençales à La Seyne, qu'il s'agisse d'une volonté de purisme académique jacobin français, lequel stipule que les noms propres sont invariables, contrairement au provençal – et à l'ancien français de certaines régions – qui les accorde.

 

En Provence, en effet, et dans une partie du domaine occitan, les noms de famille s'accordent en genre (féminin / masculin) et en nombre (singulier / pluriel). Nous en avons d'ailleurs quelques exemples dans la toponymie de notre propre terroir seynois. Outre le quartier des Isnards, du nom d'une famille qui y possédait des terres, se trouve dans son voisinage immédiat celui de Donicarde, contraction et francisation de Dòna Icarda (Dono Icardo), c'est-à-dire Madame Icard, autre famille de propriétaires de terrains dans ce lieu-dit.

On remarque au passage que les femmes avaient jadis une place importante dans les familles provençales, au point qu'elles ont donné leurs noms féminisés à de nombreux domaines. Encore chez nous, le quartier des Barelles était celui de la famille Barel, celui de La Chaulane de la famille Chaulan, celui des Gabrielles de la famille Gabriel, ou encore celui de La Maurelle de la famille Maurel. Et dans les communes proches, ce sont, parmi d'autres, Les Baruelles, La CapellaneLa Bernarde, La GavotteLa Millonne, La Ginouse, La Brémone ou La Jausserane.

Il est enfin une autre voie communale seynoise qui porte un nom de famille accordé au pluriel, le chemin des Guérins. Veillons donc au grain et gardons un œil sur sa plaque signalétique et son S final !

 

 

 

 

PRÉCISION : AU SUD LES ISNARDS, AU NORD LES ISNARD...

À l'autre extrémité du chemin des Isnards, l'erreur a manifestement été réparée.

On voit bien que l'S a été ajouté.

Allez, encore un petit effort, s'il reste un S en réserve au magasin du service voirie de la métropole, la plaque sans S n'est qu'à 240 mètres au nord de l'autre...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités
10 octobre 2021 7 10 /10 /octobre /2021 13:27

Si l'on se rend sur la page du site Internet de la Ville dédiée aux documents soumis à la concertation citoyenne pour le « Nouveau programme national de rénovation urbaine » (NPNRU) du centre ancien de La Seyne, on accède à un certain nombre de jolies plaquettes qui s'apparentent plus à des prospectus publicitaires qu'à des dossiers officiels.

Mais, en cherchant bien, on finit par découvrir les intentions municipales en matière d'accueil de la petite enfance pour le cœur historique de la commune.

Le projet de reconstruction d'une crèche de 70 places, dont seulement 30 % du coût était prévu à la charge de la commune grâce à des aides acquises de l'État et de la Région, est enterré au profit d'un « tiers lieu » offrant... 10 places.

 

UNE CRÈCHE POUR INCITER À L'INSTALLATION DE FOYERS DE JEUNES SALARIÉS NOUVEAUX RÉSIDENTS

Les choses sont claires : alors même que l'axe central du NPNRU est, suivant la loi, le développement de l'habitat par la rénovation, la restructuration d'îlots et la construction de nouveaux immeubles, pour lutter contre l'habitat indigne afin de maintenir les habitants actuels et faire venir de nouveaux résidents dans une logique de mixité sociale, la maire semble faire peu de cas des futures familles dont l'arrivée est tant espérée pour la redynamisation du centre ancien, notamment de jeunes couples de salariés.

Au-delà de cette question d'anticipation des réponses aux besoins des familles, se pose la question du devenir des subventions sur lesquelles les partenaires s'étaient entendus pour financer une crèche neuve de 70 places. Sur un budget de plus de 3 millions d'euros (hors taxes), l'État couvrait la moitié des dépenses et la Région un cinquième.

 

UNE MÉDIATHÈQUE À LA PLACE DE LA CRÈCHE ? D'ACCORD, MAIS ELLE ÉTAIT AUSSI PROGRAMMÉE !

À la place du programme de crèche est désormais prévue la construction d'une médiathèque. C'est également un réel besoin. D'ailleurs, le projet de NPNRU que nous avions élaboré en 2019 prévoyait la création d'un tel équipement. Mais l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), établissement public d'État qui alloue les subventions pour le compte de celui-ci, était explicite : même s'il était reconnu utile, ce type d'équipement ne pouvait être subventionné. Les 4 millions d'euros qui étaient prévus pour sa réalisation seraient entièrement à la charge de la commune. Il paraît dès lors étrange que les nouveaux documents stipulent que cette médiathèque sera « financée par l'ANRU ». À suivre attentivement, donc.

En tous cas, même si l'ANRU a changé son fusil d'épaule (grâce à l'économie résultant de l'abandon de la crèche ?), les Seynois pouvaient espérer deux équipements publics dynamisateurs du cœur de ville, l'un à vocation sociale et éducative, et l'autre à vocation culturelle et d'émancipation. Ils n'en auront qu'un. On fait vraiment table rase du passé. Ce serait étonnant que le président de la métropole, institution porteuse du projet de NPNRU, laisse faire... 

 

 

Pour les dubitatifs, voici les éléments tangibles qui justifient mon analyse :

 

LE PROJET GLOBAL DE LA MÉTROPOLE POUR LE CENTRE-VILLE DE LA SEYNE TEL QU'IL A ÉTÉ VALIDÉ PAR L'ÉTAT (2019)

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LE CHAPITRE DU PROJET 2019 RELATIF À LA CRÈCHE, EXPOSANT QU'ELLE EST LE SEUL ÉQUIPEMENT SUBVENTIONNABLE AU TITRE DE L'ANRU

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L'ANNEXE BUDGÉTAIRE DU PROJET 2019 EXPOSANT LE FINANCEMENT PRÉVU POUR LA CRÈCHE

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LE CHAPITRE DU PROJET 2019 RELATIF À LA MÉDIATHÈQUE

CLIQUEZ POUR AGRANDIR

 

L'ANNEXE BUDGÉTAIRE DU PROJET 2019 EXPOSANT LE FINANCEMENT PRÉVU POUR LA MÉDIATHÈQUE

CLIQUEZ POUR AGRANDIR

 

LE NOUVEAU PROJET 2021 POUR LA PETITE ENFANCE EN CENTRE-VILLE N'ANTICIPANT PAS L'ÉVOLUTION DÉMOGRAPHIQUE

CLIQUEZ POUR AGRANDIR

 

LE NOUVEAU PROJET 2021 POUR LA MÉDIATHÈQUE, SIMILAIRE À CELUI DE 2019, MAIS RELOCALISÉ LÀ OÙ DEVAIT ÊTRE CONSTRUITE LA CRÈCHE

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 05:13

Remarquables et de grande qualité. Il serait malhonnête de trouver à redire aux événements culturels et festifs qui ont marqué le bicentenaire de la mort de Bonaparte. Les Seynois et leurs visiteurs ont apprécié à leur juste valeur les spectacles et animations qui ont rythmé ce temps fort de la vie locale.

La municipalité, ses fonctionnaires, les acteurs associatifs et économiques partenaires, doivent voir leur engagement salué.

C'est à raison que l'équipe municipale a emboité le pas de ses prédécesseurs pour offrir à nos concitoyens des moments exceptionnels alliant éveil culturel et historique et convivialité festive.

 

Il va se trouver du monde pour réagir à ce que je viens tout juste d'écrire, sur un registre du genre : « quand il ne critique pas, il faut quand même qu'il tire la couverture à lui... ». Pas du tout, c'est même le contraire : c'est simplement une petite riposte en forme de rappel historique à une déclaration de la maire qui, même si tout le monde se dit ravi de cette belle fête à mettre à son actif, ne peut décidément pas se départir d'une fâcheuse tentation politicienne, relayée par Var-matin : « C'est le premier acte de la reconquête de notre histoire et de notre patrimoine ».

Car, en effet, les Seynois, qui n'ont pas la mémoire courte, auront eux-mêmes relevé cette inexactitude de la part de la première magistrate. Non, il est fallacieux de dire que c'est « le premier acte » ! Tous les prédécesseurs de la maire peuvent, peu ou prou, se prévaloir, avec les employés de mairie et les partenaires associatifs, d'avoir proposé à notre population des moments forts de vie sociale et culturelle imaginés et réalisés à partir de l'évocation d'un événement de l'histoire riche de notre belle ville.

 

DES 350 ANS DE L'INDÉPENDANCE DE LA SEYNE AU CENTENAIRE DU PONT LEVANT, EN PASSANT (DÉJÀ...) PAR LES SOLDATS DE L'AN II DE... BONAPARTE

1657-2007 SUR LE SITE LA SEYNE INFO

Pour n'évoquer que les plus récents événements s'inscrivant dans cette démarche, je rappellerai seulement les fêtes et spectacles qui ont été organisés par l'équipe d'Arthur Paecht, maire de 2001 à 2008, à l'occasion des 350 ans de l'érection de La Seyne en commune indépendante de Six-Fours.

On a toujours plaisir à retrouver les images de ces moments sur le site Internet La Seyne Info que fait vivre depuis des années le bien connu Nicky avec le soutien de l'association Le Cri. C'était à l'été 2007.

SOUVENIRS DE LA COMMÉMORATION DES SOLDATS DE L'AN II

Ce fut ensuite, alors que c'était notre équipe qui présidait aux destinées de notre commune, la commémoration des 220 ans des soldats de l'An II (eh oui, déjà Bonaparte à La Seyne...). On était en 2013. L'historien local Henri Ribot relevait lors du lancement de cette manifestation festive : « Leurs noms ne sont pas sur des monuments (...) Des hommages ont été rendus, à travers la France, à ces soldats, les volontaires de l'An II, à l'origine de l'armée de la Nation, tombés sur d'autres fronts, mais pas à ceux de Toulon. ». La Seyne réparait cette omission.

Et puis, plus tard, en 2017 c'était le centenaire du pont levant de nos chantiers navals, qui a donné lieu à des événements appelés « La Navale enchantée » dont les vidéos ci-dessous, en ligne sur la chaine Internet municipale La Seyne TV, rappelleront à chacun de beaux souvenirs.

Oui, à La Seyne, quelles que soient les équipes municipales, toutes ont eu à cœur de nous amener à « la reconquête » (ou la conquête, pour nos nouveaux venus) « de notre histoire et notre patrimoine ». Avec le regret constant, au regard des difficultés financières que la ville connaît depuis des décennies, même si le talent et l'implication des employés communaux et des associations les compensent en bonne partie, de ne pouvoir plus fréquemment rythmer la vie de notre cité de ces temps d'éveil historique et culturel sur fond de fête populaire.

 

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29 mai 2021 6 29 /05 /mai /2021 07:47

Ce samedi, à 16 heures, devant l'opéra de Toulon, le collectif national "Pour que vivent nos langues" invite, comme en des centaines d'autres lieux du pays, à un rassemblement. L'objet de cette initiative : répondre à la menace que représente pour l'existence même de nos langues régionales une décision du Conseil constitutionnel prohibant leur usage pour l'enseignement immersif, donc de leur usage public, et les entrainant un peu plus vers une mort certaine.

Comme je l'expliquais il y a peu dans un article de ce blog, le Conseil constitutionnel a été saisi par des députés de la majorité LREM, dont la Varoise Mme Mauborgne, alors que, quelques semaines auparavant, avait été votée la loi Molac pour la défense et la promotion des parlers régionaux de France, élus qui ont été entourloupés par un adversaire résolu de la diversité linguistique, M. Blanquer, ministre de l'Éducation nationale.

 

Après la manifestation « glaçante » de certains policiers, pourtant agents de l'État devant protéger les citoyens mais aussi les institutions républicaines, devant l'Assemblée Nationale, le haut lieu de la démocratie en France où le peuple peut, via ses délégués dûment élus que sont les députés, faire les Lois qui traduisent en actes d'organisation de la nation les valeurs de la République, le fait qu'un ministre, par des interventions de son cabinet en direction de députés godillots, ne se gène pas pour les manœuvrer afin qu'une loi adoptée très majoritairement par des parlementaires de toutes sensibilités (247 pour, 76 contre) ne puisse être appliquée, est un nouvel acte de grave et méprisante atteinte à la souveraineté populaire s'exerçant par la démocratie représentative.

Les rendez-vous de ce samedi doivent servir à dénoncer ce passage en force d'un membre du gouvernement supposé appliquer les lois issues de la volonté citoyenne. Si, suite à l'initiative scandaleuse de son ministre Blanquer, il n'y avait eu le rétropédalage du Premier ministre, M. Castex, affirmant que « les langues régionales sont une chance pour la République française », et si le Président Macron lui-même n'avait dû exposer que « la même couleur, les mêmes accents, les mêmes mots, ce n'est pas cela notre Nation », histoire de rappeler qu'il est garant d'un État où « le droit doit libérer, jamais étouffer, ouvrir, jamais détruire », cette atteinte à la fois aux langues autochtones et aux principes républicains de la souveraineté des citoyens incarnée par le Parlement auraient donné à la France du XXIe siècle des relents de la Grèce de l'époque des "Colonels" ou de l'Espagne franquiste, pays de l'Europe d'alors où tant la démocratie populaire que les droits des minorités linguistiques régionales étaient réprimés.

La participation aux rassemblements de ce samedi vise « à mettre en lumière la force vitale de ces langues, leur créativité, leur apport à la diversité culturelle du pays et de l'Humanité, alors même que le danger de leur disparition est pointé par l'UNESCO » (déclaration du collectif "Pour que vivent nos langues").

Nul doute que des Seynois, déjà échaudés par les décisions de leur maire, qui a devancé M. Blanquer, de réduire à néant les efforts communaux et associatifs locaux pour la défense et la promotion de l'occitan provençal, se joindront au rendez-vous de ce samedi à 16 heures, sur la place de l'opéra de Toulon.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités
25 mai 2021 2 25 /05 /mai /2021 05:28

Il apparaît un grand satisfecit au bilan de M. Muselier, président de la Région Provence Alpes Côte d'Azur, sous le chapeau « Une terre de patrimoine, de tradition et d'identité », avec une mise en exergue : « Inauguration de l'Observatoire de la langue et de la culture provençales à Cheval-Blanc »Certes.

Il faut dire qu'il n'aurait pas pu évoquer beaucoup d'autres actions visant à promouvoir le provençal dans la "vida vidanta" (vido vidanto - la vie de tous les jours), comme c'est le cas dans d'autres régions, tant il n'y en a guère à mettre à son actif : ni bilinguisme de signalétique urbaine ou routière, ni publications...

En outre, les rares actes posés par la Région en matière de promotion de la culture et de la langue de chez nous auront été assez étrangement connotés. Et pas tant dans le sens des valeurs de l'universalisme que dans une inquiétante perspective "identitaire"...

 

UN OBSERVATOIRE À LA FOCALE BIEN ÉTROITE

Le fameux "Óusservatòri de la lengo e de la culturo prouvençalo" dont se félicite M. Muselier se revendique d'une vision pour le moins étroite de ce qu'il observe. En attestent, sur son site Internet, des thèmes d'un autre temps, guère rassembleurs voire franchement excluants, fustigeant par exemple certaines approches linguistiques et historiques attestées par la science, alors que l'heure est depuis des années à l'enterrement de la hache de guerre entre tenants de tel parti pris de graphie ou de géographie linguistique et adeptes de tels autres.

En mettant en valeur ce seul projet-là, non seulement on nie les réalités scientifiques de la langue d'oc, mais on s'inscrit dans une sorte d'identité rabougrie, d'enfermement vieillot sur soi-même, tout le contraire de ce qu'ont été dans l'histoire les territoires de rencontres et de partages du sud de notre pays. C'est à l'opposé de ce que promeut la majorité des acteurs de la langue et la culture provençales, en particulier ceux qui se retrouvent pour une langue et une culture vivantes d'aujourd'hui, par exemple dans le Forum d'òc, qui regroupe plus de 160 associations, dont le Felibrige ou l'Institut d'Estudis Occitans, une quarantaine de collectivités locales de toutes sensibilités républicaines, et les structures d'enseignement de la langue.

 

QUI SOUFFLE SUR LES BRAISES D'UNE PRÉTENDUE « GUERRE IDÉOLOGIQUE » ?

Mais il y a plus inquiétant encore dans les propos du dirigeant de cet "Óusservatòri" si apprécié et soutenu par la majorité régionale sortante de M. Muselier, prononcés à l'occasion de son inauguration en 2020. Un extrait suffira à s'en convaincre : « Notre colère est grande lorsque l'on entrave les langues régionales au bac en particulier [là, hormis le ministre Blanquer et les ultra-jacobins, tout le monde est d'accord, c'est la suite qui fait frémir], et quand dans le même temps on prône l'étude de la langue arabe pour, si j'ai bien compris, intégrer et éduquer des populations, mais qui, il faut le craindre, sont souvent manipulées par ailleurs ». À la lecture de ce passage, on comprend mieux les mots énigmatiques du début de son propos inaugural : « Une guerre idéologique est déclarée au peuple de notre pays. Je n'en dirai pas plus sur le sujet, laissant chacun à ses réflexions...». Aquò es dich, fermez le ban.

 

M. Muselier, en annonçant qu'il voulait ouvrir sa majorité des « Verts raisonnables aux repentis du Front national », ratisse vraiment large. C'est sûrement pour l'esprit d'ouverture dont il a fait preuve dans ce discours que cet orateur de "l'Óusservatòri" figure parmi les candidats de la section des Bouches-du-Rhône de la liste LR-LREM que mène M. Muselier pour l'élection de juin prochain...

 

 

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24 mai 2021 1 24 /05 /mai /2021 06:18

Saisi par des députés de la majorité parlementaire et présidentielle, dont deux de Provence Alpes Côte d'Azur, le conseil constitutionnel a rendu sa décision. Il interdit de fait l'usage des langues régionales – ou autochtones selon la dénomination de l'Organisation des nations unies (ONU) – dans la vie publique.

Voilà que les nouveaux alliés "Marcheurs" de M. Muselier, président de notre Région, et de M. Vitel, son vice-président délégué à « à l'identité régionale et aux traditions », qui se vantent dans leur bilan d'avoir « valorisé le provençal, le gavot et le nissart », ont réussi leur coup : freiner la promotion des variantes de chez nous de la langue occitane.

Qu'en pensent donc MM. Muselier et Vitel, anciens députés ? Que va dire le projet régional commun LR-LREM en matière de défense et de promotion de la langue et de la culture provençales et occitanes ?...

 

Apres lo vote de la lei Molac sus lei lèngas regionalas, lei "Savis" fuguèron sasits, a la demanda dau cabinet dau ministre Blanquer, per un sessantenau de deputats LREM ò MoDem, d'entr'aquelei dòs d'encò nòstre, lei Dònas Cathy Racon-Bouzon (Bocas-dau-Ròse) e Sereine Mauborgne (Var), tambèn com'una anciana conselhèra regionala EELV de Provença, Dòna Laurence Vichnievsky, qu'a virat au MoDem despiei 2015 e es devenguda deputada dau Pueg-de-Dòma.

E qu'an decidit, aquelei sòcis dau consèu constitucionau ? Que lei lèngas autoctònas, valènt-a-dire lo basca, lo breton, lo flamand, l'alsacian, l'occitan (adonc lo provènçau e lo nissart, que n'en son de varietats dialectalas), lo còrse e lo catalan, que la Constitucien (article 75-1) ditz pasmens « qu'apertègon au patrimòni de la França », pòdon bèn estre ensenhadas, mai pas emplegadas dins l'encastre d'una escòla ! Solet, lo frances, lènga de la Republica, seguènt l'article 2 de la Constitucien, a lo drech d'estre aprofichat.

Vaquì que nos retrobam au tèmps passat dau sègle XIX que, quora un dròle ò una dròla parlavon lo patès a l'escòla, lo mestre li picava un còp de regleta sus sei dets. E van-ti faire aquò ai colegians e liceans qu'aprènon dins lei classas d'ensenhamènt embanhadiu que leis alestisson dins leis encors binacionaus deis establimènts – pasmens publics – ais espròvas dau College Board National Office (bacheleirat "bac" francò-american), de l'Abibac (bacheleirat "bac" francò-alemand), dau Bachibac (bacheleirat "bac" francò-espanhòu) ò de l'Esabac (bacheleirat "bac" francò-italian) ? E coma si va debanar dins leis escòlas superiòras francesas de comerci, que l'ensenhamènt si fach quasì tot en englés ? Licèus et ensenhamènt superiu pertocan lei consèus regionaus...

 

À part quelques rares arcboutés sur des postures ultra-jacobines, craignant toujours pour l'unité, l'unicité et l'indivisibilité de la France républicaine, tout un chacun reconnaît aujourd'hui l'importance des parlers régionaux comme facteur d'intégration par la valorisation du sentiment d'appartenance et la diversité culturelle.

Les candidats provençaux LREM-LR à l'élection régionale des 20 et 27 juin doivent s'exprimer et donner leurs positions communes en matière de défense et de promotion de la langue et de la culture provençales et occitanes. Ce n'est ni folklorique ni anecdotique.

 

 

TRADUCTION FRANÇAISE DE LA PARTIE PROVENÇALE DE L'ARTICLE

Après le vote de la loi Molac sur les langues régionales, les "Sages" ont été saisis, à la demande du ministre Blanquer, par une soixantaine de députés LREM ou MoDem, au nombre desquels deux de chez nous, Mesdames Cathy Racon-Bouzon (Bouches-du-Rhône) et Sereine Mauborgne (Var), ainsi qu'une ancienne conseillère régionale EELV de Provence, Laurence Vichnievsky, qui est passée au MoDem depuis 2015 et est devenue députée du Puy-de-Dôme.

Et qu'ont décidé les membres du Conseil constitutionnel ? Que les langues autochtones, c'est-à-dire le basque, le breton, le flamand, l'alsacien, l'occitan (donc le provençal et le nissart, qui en sont des variétés dialectales), le corse et le catalan, dont la Constitution stipule pourtant qu'elles « appartiennent au patrimoine de la France », peuvent être enseignées, mais pas utilisées dans le cadre d'une école ! Seul le français, langue de la République, selon l'article 2 de la Constitution, peut y être employé.

Et voilà que nous nous retrouvons au temps passé du XIXe siècle, où, lorsqu'un garçon ou une fille parlaient patois à l'école, le maître leur donnait un coup de règle sur les doigts. Vont-ils faire de même aux collégiens et lycéens qui se préparent dans les classes d'enseignement immersif dans les sections binationales des établissements – pourtant publics – aux épreuves du College Board National Office (le bac franco-américain), de l'Abibac (bac franco-allemand), du Bachibac (bac franco-espagnol), ou de l'Esabac (bac franco-italien) ? Et comment les choses vont-elles se dérouler dans les écoles supérieures françaises de commerce où l'enseignement est presque entièrement dispensé en anglais ? Lycées et enseignement supérieur concernent les conseils régionaux...

 

ET LE MÊME TEXTE EN GRAPHIE MISTRALIENNE PHONÉTIQUE (avec sûrement quelques erreurs)

Apres lou vote de la lei Molac sus lei lèngo regiounalo, lei "Savi" fuguèron sasi, a la demando dóu cabinet dóu ministre Blanquer, per un sessantenau de deputa LREM o MoDem, d'entr'aquelei dos d'enco nostre, lei Dono Cathy Racon-Bouzon (Bouco-dóu-Rose) e Sereine Mauborgne (Var), tambèn coum'uno anciano counseièro regiounalo EELV de Prouvenço, Dono Laurence Vichnievsky, qu'a vira au MoDem despiei 2015 e es devengudo deputado dóu Puè-de-Doma.

E qu'an decidi, aquelei soci dóu counsèu counstituciounau ? Que lei lèngo autouctòno, valènt-a-dire lou basco, lou bretoun, lou flamand, l'alsacian, l'óucitan (adounc lou prouvènçau e lou nissart, que n'en son de varieta dialectalo), lou corse e lou catalan, que la Counstitucien (article 75-1) dis pamens « qu'apertègon au patrimoni de la Franço », podon bèn estre ensegnado, mai pas emplegado dins l'encastre d'uno escolo ! Soulet, lou frances, lèngo de la Republico, seguènt l'article 2 de la Counstitucien, a lou drè d'estre aprouficha.

Vaquì que nous retrouban au tèms passa dóu sègle XIX que, quouro un drole ò uno drolo parlavon lou patès a l'escolo, lou mestre li picavo un cop de regleto sus sei det. E van-ti faire aquo ei coulegian e licean qu'aprènon dins lei classo d'ensegnamèn embagnadiu que leis alestisson dins leis encors binaciounau deis establimèn – pamens publis – eis esprovo dóu College Board National Office (bacheleirat "bac" franco-american), de l'Abibac (bacheleirat "bac" franco-alemand), dóu Bachibac (bacheleirat "bac" franco-espagnòu) o de l'Esabac (bacheleirat "bac" franco-italian) ? E coumo si va debana dins leis escolo superioro franceso de coumerci, que l'ensegnamènt si fa quasì tout en englés ? Licèus et ensegnamèn superiu pertoucan lei counsèu regiounau...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 14:20

Peu de gens l'ont remarqué, mais le drapeau du dialecte provençal de la langue occitane a bel et bien disparu des bannières de la façade de l'hôtel de ville seynois. Il a été remplacé par un autre aux couleurs de la Provence ancienne (on a tout de même échappé à celui à la fleur de lys, symbole de l'annexion de notre province au royaume de France !).

Ça prouve au moins que mon blog est lu par l'entourage de la maire de La Seyne ! J'avais en effet prévu ce qui allait arriver dans un article que j'ai mis en ligne début janvier. Et il est fort possible que ce soit mon message qui leur ait donné l'idée...

Mais l'obstination municipale à vouloir en finir avec les efforts de sauvegarde et de valorisation de la langue et de la culture provençales et occitanes déployés par toutes les municipalités depuis plusieurs décennies ne fait pas que des heureux, bien au-delà de La Seyne, considérée comme un modèle en la matière. Une lettre ouverte d'un érudit local, parue ce samedi dans "La Marseillaise", en atteste...

 

Gérard Tautil est bien connu de nombreux Seynois qui l'ont eu comme professeur au lycée Beaussier où il enseigna la philosophie et le provençal pendant une trentaine d'années. Depuis le village varois où il réside désormais, il s'est autorisé cette lettre ouverte sous la forme d'un courrier pédagogique très instructif adressé à notre maire qui, si elle est de bonne foi, devrait revoir son jugement initial.

Comme elle est rédigée en provençal, et que, dans un éclair de lucidité, j'ai réalisé que, malgré les efforts de l'Éducation nationale, de la commune et des associations, notre langue régionale n'est pas encore maîtrisée couramment par tous nos 65000 concitoyens, je me suis permis de la traduire...

 

 

VOICI LA TRADUCTION DE CETTE LETTRE OUVERTE, PUBLIÉE SOUS LE TITRE "LA SEYNE, UNE NOUVELLE CROISADE ?"...

« Madame le Maire,

« Enseignant pendant de nombreuses années au lycée Beaussier (1969-1998), en philosophie et en occitan-langue d'oc, j'ai participé à touts les initiatives de défense du provençal sous les mandats de toutes les municipalités successives. Je suis touché par les deux réponses, faites par le responsable de la communication avec la vôtre, réponse indirecte aux différents courriers qui vous furent adressés par le Forum d'Oc et par le Félibrige à la suite de ce que je considère comme un véritable "nettoyage culturel" de la culture d'Oc en Provence, avec la disparition de la rubrique provençale du bulletin municipal Le Seynois et de la langue d'oc sur les panneaux lumineux, etc. Aussi, mon courrier est-il personnel.

« Le premier courrier est une non-réponse sur le fond :

« "Nous respectons votre engagement pour la défense de la culture provençale, mais nous avons fait le choix de communiquer le plus largement possible en français" (le terme "le plus largement" de M. Touati est très expansif puisqu'il supprime toute référence aux racines de notre commune dans le bulletin municipal, pour ne parler que de lui). C'est par ces lignes laconiques et impériales que votre directeur de cabinet a répondu au Cercle occitan de La Seyne.

« Le second, dans la presse, est une non-réponse aux nombreux courriers qui vous ont été adressés, dont vous n'avez peut-être pas eu connaissance :

« Madame Bicais, vous souhaitez donner la priorité "à la Méditerranée et au tourisme local" et vous pensez que la langue d'oc relève d'un "particularisme" dépassé (Var-matin du 15 janvier).

« Vous ignorez sans doute que l'occitan dans sa forme provençale est une langue millénaire dont la renaissance a été engagée par Frédéric Mistral, prix Nobel en 1904 (la France a connu quinze prix Nobel de littérature et Mistral est le seul en provençal ; encore un particularisme ?) et que son enseignement a été rendu possible dans les écoles, les collèges et les lycées (loi Deixonne, 1951).

« Aussi, le terme de "particularisme" va à l'encontre de l'histoire, et pour plusieurs raisons :

  • « Langue de culture, dans la formation des langues romanes, elle a donné, du XIe au XIVe siècle, une poétique et une littérature renommées et étudiées encore aujourd'hui dans toutes les universités d'Europe et du monde. Elle a contribué, à son niveau, à une déclinaison universelle à des thèmes l'origine de la culture occidentale. Est-ce du particularisme, ça ?
  • « À la croisée de l'Occident et de l'Orient, ouverte sur la Méditerranée, elle a donné naissance à une culture à l'apport original qui intéresse autant les anciennes générations de Provence que les nouvelles. C'est différent des références que vous faites à un tourisme héliotropique de la Côte d'Azur, dont le but est essentiellement financier. La culture n'a pas de prix et elle n'a rien à voir avec une gestion comptable que vous suggérez. Son universalité s'inscrit dans toutes les cultures européennes avec toute son originalité. Encore du particularisme ?
  • « Cette culture que nous défendons et qui est bien mal soutenue par des décisions municipales à contre-courant de ceux qui font un travail bénévole depuis plus de quarante ans est au contraire un lien fondamental entre les générations anciennes et nouvelles qui l'ont portée. Le "francitan", cette forme régionale de parler, en est encore le témoignage, spécialement dans les couches sociales populaires, au moment où le français est en train de se faire cannibaliser par un anglais "globish" de 500 mots. Où est le particularisme, et qui est particulariste ?
  • « Enfin, rappelons que cette œuvre culturelle, méconnue ou dévalorisée, est la base même des noms de lieux. À La Seyne, ils sont le fondement même d'un géotropisme bien compris qui, lui, n'est pas à l'origine de quelque honte que ce soit. La signalétique d'entrée de commune, dont je suis à l'origine avec le regretté Marius Autran, en est le témoignage. Nous ne sommes pas de nulle part, mais d'un lieu qui prend toute sa place dans la recherche onomastique.

« C'est tout cela qui fait que La Seyne n'est pas une ville comme une autre et qu'elle participe en même temps d'une tradition culturelle et linguistique qui ne nous fait pas rougir.

« La diversité culturelle ne peut se comprendre sans partir de notre environnement quotidien qui nous permet de nous projeter dans l'universel, loin des faux particularismes et des ethnocides déguisés. La Seyne en a bénéficié avec les moyens dont elle disposait.

« À vous, Madame le Maire, de faire ce qu'il faut pour que la diversité culturelle puisse poursuivre son chemin. Qu'elle poursuivre le rayonnement de tous contre le repli uniformisant.

« Simon de Montfort est bien mort. Paix à ses cendres. Que La Seyne retrouve sa véritable signature et son identité provençale.

« Veuillez agréer, Madame, mes salutations plus provençales que jamais. »

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités
24 janvier 2021 7 24 /01 /janvier /2021 11:02

Il est des temps et des lieux où certains n'ont de cesse de vilipender la soi-disant absence de compétence ou le prétendu laisser-aller des agents et cadres de la fonction publique. Ça ne trompe personne : c'est pour justifier, tôt ou tard, une diminution du service républicain dû, gratuitement ou à tarification raisonnable, à tous les citoyens, quelles que soient leurs conditions socio-économiques, et, au nom du libéralisme, remplacer les offres qui constituent un bien commun par des produits de services marchandisés assurés par la sphère privée commerciale.

Mais ce n'est pas mon propos du jour, hormis pour dire ma conviction que les fonctionnaires sont comme tous les travailleurs, avec leurs forces et leurs faiblesses.

Et qu'il se trouve parmi eux des gens au talent méconnu, non seulement pour l'exercice de leurs missions professionnelles, mais aussi dans leurs activités des temps libres...

 

 

Beaucoup de Seynois savent comme moi que, parmi les employés territoriaux de La Seyne, comme partout, on compte des plasticiens, des peintres, des musiciens, des comédiens, des romanciers, des chroniqueurs, des poètes, des sportifs de haut niveau, des aventuriers, des spécialistes en tous genres de techniques n'ayant souvent rien à voir avec leurs savoir-faire professionnels.

 

UN TALENT IGNORÉ...

J'ai récemment découvert un talent que j'ignorais. Et je tiens à le faire découvrir aux visiteurs de mon blog. Certains connaissent ses faits d'armes d'informaticien et de gestionnaire. D'autres l'ont connu lorsqu'il exerçait avec brio dans le privé ou comme formateur universitaire. Quelques autres savent son habileté à l'art de la menuiserie. La plupart ont pu apprécier son expertise et son engagement sans compter pour redresser la gestion de la ville. Il aura été pour moi un excellent bras droit pendant plusieurs années, comme directeur général des services de notre commune.

Mais ce qu'on ignore généralement, c'est que Gilles Gautier s'est aussi récemment révélé brillant auteur de livres pour les enfants. Et plus précisément auteur de petites œuvres étonnantes de vulgarisation scientifique en direction des enfants en âge d'école primaire.

 

EN QUELQUES SEMAINES, TROIS CLASSEMENTS « LIVRES DU MOIS » !

Ses trois livres sur la création de l'Univers et la naissance, l'extinction puis la renaissance de la vie sur la Terre font un tabac sur le site Internet monBestSeller.com de lecture en ligne. Au point qu'ils y figurent en page d'accueil comme « Livres à la Une ».

En quelques semaines, ses trois tomes, chacun d'une trentaine de belles pages illustrées – par lui-même et sa fille Natacha – ont respectivement été classés par les lecteurs 29ème, 32ème et 37ème sur les plus de 4000 ouvrages que propose le site.

Je ne saurais donc trop recommander à tous les visiteurs de mon blog de prendre un moment pour aller à la découverte de ces petites perles de la littérature de diffusion scientifique en direction des plus jeunes de nos concitoyens. Et, surtout, de les faire découvrir aux enfants de leurs familles ou leurs connaissances...

Rien de plus simple. Cliquez sur l'une ou l'autre des images illustrant cet article.

 

 

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 07:16

Des bœufs, des ânes, des moutons, qui paissent sur le bitume du port de La Seyne et s'illuminent le soir venu, pourquoi pas ? Si ça n'évoque pas une activité traditionnelle de notre vieille ville – ou alors de très loin, au temps de Georgette-la-laitière, de la ferme de l'avenue Docteur-Mazen, ou du dernier élevage du quartier Gavet –, ça rappelle incontestablement la coutume de la crèche provençale.

Ça pourra en surprendre plus d'un, mais, tout mécréant que je suis, la crèche est une tradition à laquelle je suis attaché parce qu'elle est vecteur d'intégration de tous, quelle que soit l'origine de chacun. Et, en ces temps d'épidémie où n'ont pas pu être organisées les traditionnelles « fêtes calendales » de l'association des « Cigalouns segnens », avec la belle crèche animée de M. Ferrero et de feu son épouse, installée dans le lieu public républicain qu'est le Fort Napoléon sans que nul préfet n'ait osé contester la présence du Petit Jésus et de ses Saints Géniteurs, le fait d'avoir placé ces animaux d'élevage en centre-ville n'a pas été une mauvaise idée de Madame la maire.

Mais, à l'instar de l'arbre qui cache la forêt, ne sont-ce pas là des têtes de bétail qui dissimulent le troupeau ?...

 

Car, hormis, à ma connaissance, l'association du « Cèucle occitan dau país de La Senha », pas grand monde n'aura relevé que, en matière de culture provençale et occitane, la municipalité s'emploie, comme pour bien d'autres sujets, à faire table rase du passé.

Parmi les actes presque inaperçus, j'évoquerai la disparition de la page rédigée en provençal dans le magazine municipal, qu'on retrouvait sur le site Internet accompagnée de sa traduction en langue nationale, et qui abordait en parler local des sujets de la vie courante d'aujourd'hui et non de vétustes questions périmées à oublier sur des étagères folkloriques poussiéreuses. Ce n'était pas une omission. Questionnée par le « Cèucle occitan », la municipalité a répondu : « Nous respectons votre engagement pour la défense de la culture provençale, mais nous avons fait le choix de communiquer le plus largement possible en français ». Comme si l'occitan pouvait mettre en péril l'unité de la République jacobine !...

On n'aura peut-être pas non plus relevé que les informations municipales diffusées sur les panneaux lumineux de la voie publique, comme celui qui illustre cet article, ne sont plus bilingues français-provençal. C'était pourtant un moyen de faire vivre dans la « vida vidanta », notre vie de tous les jours, la langue d'une culture héritée du Moyen-Âge où elle rayonnait dans toute l'Europe, qui a grandement aidé à l'intégration chez nous de tant de Seynois venus d'ailleurs. Ils sont même allés jusqu'à supprimer le terme « Benvengut » qui côtoyait « Bienvenue », « Welcome », « Benvenuto » et autres « Willkommen » sur les pages d'accueil de ces panneaux.

Iront-ils jusqu'à retirer les plaques indicatrices bilingues des noms de rues du centre ancien et des lieux-dits de nos quartiers, voire les panneaux signalétiques d'entrée de ville ? Ce serait pour le moins cocasse si ce n'était dommage, lorsqu'on relève que nos voisins six-fournais ne semblent pas plus ennuyés que ça de n'avoir, à une frontière de leur commune avec la nôtre, qu'une indication de signalétique routière qui désigne leur terroir dans la seule langue provençale...

Je terminerai l'inventaire en notant qu'aucun conseiller municipal n'a reçu de délégation de la maire pour la promotion de la langue et la culture provençales, missions auxquelles s'étaient attelés avec efficience Miquèu Tournan (2008-2014), puis Cécile Jourda (2014-2018) et Claude Dini (2018-2020). Que pense de tout cela Monsieur Baviera qui est en responsabilité « de la promotion des traditions », une charge dont l'intitulé ressemble à celle que le président de la Région (Sud) Provence a confiée à Monsieur Vitel, naguère éphémère Seynois, vice-président du conseil régional délégué « à l'identité régionale et aux traditions », dont tout un chacun aura pu mesurer l'œuvre immense qui fut la sienne en ce domaine au cours des six ans de son mandat qui s'achève cette année, et auquel j'avais adressé en 2016 un courrier proposant sur ces questions une coopération Ville-Région... qui n'a jamais reçu de réponse ?

Pour parachever le grand gommage, il ne resterait plus à Madame la maire qu'à constater depuis son bureau que le drapeau qui côtoie sur le fronton de la mairie les emblèmes de La Seyne, de la République française et de l'Union européenne est celui... du dialecte provençal de la langue occitane. (*)

Et, sans tarder, à faire procéder à sa mise en berne. Ou à son retrait.

 

 

Jadis...

 

Demain ?...

 

( * ) : Explication sur l'excellent site Internet de la Société Vexillologique de l'Ouest

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Culture - provençalité et festivités

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