26 décembre 2025 5 26 /12 /décembre /2025 13:00

 

Jean-Louis Pavillon, acteur essentiel de l'éducation populaire à La Seyne, nous a quittés à la veille de Noël. Il venait d'avoir 87 ans.

 

Nombreux sont les professionnels et bénévoles de l'action socio-éducative seynoise et varoise, et les jeunes devenus adultes, et les anciens, femmes et hommes, du quartier Berthe et de toute la ville, qui sont dans une grande tristesse.

 

 

Originaire de la Dracénie, après une carrière de commercial qui l'a conduit de nombreuses années dans le Quercy, Jean-Louis avait posé ses valises à La Seyne où il avait pris la direction du centre social et culturel Nelson-Mandela du quartier Berthe. Il y a laissé le souvenir d'une redynamisation fulgurante, dans les secteurs de l'enfance, de la jeunesse, des actions en direction de l'émancipation des femmes, de l'accompagnement social et de la médiation culturelle.

 

Lorsqu'arriva l'âge de la retraite, Jean-Louis n'eut qu'à traverser l'avenue Louis-Pergaud pour poursuivre son investissement désintéressé, en devenant président d'une autre association socio-éducative de notre grand quartier populaire : le Foyer Wallon Berthe. Il y impulsa les fonctions d'accueil du quotidien des collégiens, les activités et séjours collectifs des temps libres et des vacances, l'aide aux devoirs et l'accompagnement à la scolarité, la médiation entre les jeunes et l'École et ses codes, l'appui aux familles pour l'exercice de leur fonction parentale, élargissant aussi en direction des enfants des écoles primaires du quartier les missions initialement centrées sur le collège Henri-Wallon.

 

Impliqué dans la création et l'administration d'autres associations à vocation solidaire, il ne ménagea jamais ses efforts pour promouvoir avec pugnacité les indispensables initiatives qu'elles portent au service des plus modestes auprès des institutions publiques et obtenir de celles-ci qu'elles garantissent leur pérennité et leur développement.

 

Catholique engagé, il n'en fut pas moins un pourfendeur des auteurs des moindres atteintes à la laïcité républicaine. Infatigable visiteur de prison, il croyait que l'individu est un être de conscience, capable d'évoluer, en en ayant le désir et les potentialités. Et sa fibre sociale le conduisit à s'impliquer dans l'équipe des gauches et de l'écologie que je menais pour l'élection municipale de 2008.

 

Deux images en forme de clins d'œil en souvenir peuvent illustrer qui fut ce grand monsieur. Celle d'une vache peinte en mauve à son initiative, à la façon d'une marque de chocolat bien connue, par les adolescents seynois que, mouillant lui-même la chemise comme animateur de terrain, il avait amenés en séjour dans le Lot ( * ). Et celle de la colère hurlante du redoutable préfet Marchiani, lorsque Jean-Louis, représentant du monde associatif varois au sein du conseil départemental de la prévention de la délinquance, lui tint longuement tête avec un calme puissant, défendant pied à pied la prévention éducative des jeunes en dérive contre leur répression punitive.

 

Il est des femmes et des hommes qui auront compté pour l'élévation des consciences et l'engagement citoyen de celles et ceux qui ont croisé leur chemin. Jean-Louis Pavillon fut l'un de ceux-là. Et un grand.

 

À son épouse, sa famille et leurs proches, comme à ses amis du monde social et éducatif, nous sommes nombreux à dire combien nous partageons leur immense peine.

 

Sous réserve de confirmation, ses obsèques seront célébrées le vendredi 2 janvier à 14 heures 30 à l'église Notre-Dame-de-la-Mer à Mar Vivo.

 

 

( * ) : véridique, ça s'est fait avec de la peinture sans danger pour la bête et, bien sûr, avec l'accord de l'éleveur !

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
11 novembre 2025 2 11 /11 /novembre /2025 04:38

 

Aujourd'hui est commémorée la signature de l'armistice qui mit fin à quatre années d'une guerre qui aura fait près de 19 millions de morts, pour moitié des civils, et près de 22 millions de blessés militaires, sans compter le nombre incalculable de civils meurtris dans leur chair.

 

On rend hommage depuis 1922 à tous ceux qui tombèrent pour la patrie. Dans d'autres pays, des cérémonies similaires ont également lieu. C'est bien. Et l'idée lancée ces derniers temps par le gouvernement que le 11 novembre ne soit plus un jour férié, pour de minables raisons de contribution à l'équilibre budgétaire de l'État, est un affront à la mémoire des millions de morts pour la France, reconnus comme tels ou non.

 

Mais on parle rarement les 11 novembre de ceux qui, hélas sans succès, tentèrent de sauvegarder la Paix. Parmi eux, et surtout, les socialistes et communistes, qui étaient alors, en France, ensemble dans un seul parti, la SFIO, mais malheureusement pas leurs camarades de l'autre côté du Rhin...

 

 

En témoigne le dernier éditorial de Jean Jaurès, paru dans L'Humanité du 31 juillet 1914, le matin même de son assassinat : « C'est à l'intelligence du peuple, c'est à sa pensée que nous devons aujourd'hui faire appel si nous voulons qu'il puisse rester maître de soi, refouler les paniques, dominer les énervements et surveiller la marche des hommes et des choses, pour écarter de la race humaine l'horreur de la guerre. Le péril est grand, mais il n'est pas invincible si nous voulons garder la clarté de l'esprit, la fermeté du vouloir, si nous savons avoir à la fois l'héroïsme de la patience et l'héroïsme de l'action. » Trois jours plus tard, l'Allemagne déclarait la guerre à la France.

 

En Allemagne, au contraire, le 4 août 1914, au Reichstag, les députés socialistes ont voté les crédits de guerre. Il y eut certes une minorité assez significative qui s'y opposa mais elle vota pour par discipline de parti. Le socialisme allemand était traversé depuis ses débuts par des courants réformistes forts à côté d'une frange clairement révolutionnaire. L'un de ses chefs de file, Bernstein, se fit le théoricien contre Marx de ce révisionnisme : importance des facteurs moraux dans la formation de la conscience des peuples, refus de croire à une évolution catastrophique de l’économie et du devenir social, affirmation de l’atténuation de la lutte des classes. Cela a suffi à empêcher les socialistes allemands de s'opposer frontalement aux conservateurs bellicistes. La patrie du socialisme – celle de Marx et Engels – s'était mise d'elle-même hors jeu.

 

Une unité des progressistes européens d'alors n'aurait sûrement pas empêché le carnage, tant les idées nationalistes étaient prégnantes. Mais ça invite à réfléchir. Dans le monde d'aujourd'hui qui frémit d'angoisse au regard de la réalité géopolitique qui le traverse, l'unité des courants des gauches, du local à l'international, se justifie autant qu'il y a 110 ans pour tenter d'empêcher les va-t-en-guerre de faire monter la pression. Le capitalisme sauvage, les totalitarismes, les autoritarismes, dont ceux qui se cachent aujourd'hui comme hier derrière le terme de "socialisme", c'est la guerre. On honore aujourd'hui les Morts pour la France, et c'est très bien. Et les Morts pour la Paix, combien y songeront ce 11 novembre 2025 en déposant leurs gerbes devant les Monuments ?

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
6 novembre 2025 4 06 /11 /novembre /2025 04:28

 

Il y a maintenant plus d'une année, je m'autorisais à interpeler ma successeure à la mairie sur la dénomination d'Abbé Pierre d'un petit jardin public de notre centre-ville. Je reproduis ci-dessous le message que je lui avais adressé pour lui suggérer d'envisager une autre dénomination après les révélations concernant les agissements de cet ecclésiastique. Et je publiais quelques jours plus tard la réponse favorable qu'elle m'avait transmise. Elle adhérait à l'idée d'engager un dialogue avec les habitants, les associations, en y associant le Mouvement Emmaüs créé par l'Abbé Pierre et présent à La Seyne, en vue de trouver une solution.

 

Le temps a passé. Les discussions internes à la municipalité et avec les gens et les associations doivent être compliquées, parce que, plus d'un an après notre échange, le petit square porte toujours le même nom. C'est d'autant plus étrange que, de son côté, la “Fondation Abbé Pierre” n'aura mis que quatre mois pour devenir la “Fondation pour le Logement des Défavorisés”.

 

Alors, qu'en est-il ?...

 

 

C'est vrai que changer le nom d'un lieu de la voirie publique n'est pas chose facile. Ça suppose une réflexion en amont d'une délibération du conseil municipal, puis ça occasionne souvent une gêne pour les riverains, contraints à diverses démarches, dont certaines payantes, ne serait-ce que pour communiquer leur nouvelle adresse à leurs contacts, mais aussi pour mettre à jour leurs documents officiels, pièce d'identité, certificat d'immatriculation de leur véhicule, etc. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi, au cours de mes mandats de maire, de n'honorer les mémoires de personnalités locales, nationales ou internationales que par des dénominations de voies nouvelles ou de lieux sans habitations, commerces ou entreprises (Arthur Paecht au Parc de la Navale, Danièle Mitterrand au Parc Braudel, Mère Teresa au Messidor, Lucie Cavatorta aux Mouissèques, Les Seynois de la Mission de France à l'est de l'église, etc.).

 

Mais personne n'habite au square Abbé Pierre. Les seules raisons imaginables à cet atermoiement sont donc que les discussions promises avec les habitants et les associations par la prédécesseure de M. Minniti soit s'éternisent, soit ont été interrompues avec le changement de maire, soit n'ont jamais commencé.

 

Je réitère donc ma suggestion à M. Minniti en reproduisant le message adressé à Mme Bicais et la réponse de cette dernière, espérant que, dans une démarche de continuité républicaine, le sujet sera enfin abordé et traité.

 

Ce serait par ailleurs la moindre des choses que, après qu'on a rayé d'un trait de lame de bulldozer l'ancien Espace Paul-Raybaud et l'ancien Jardin Paul-Gaujac et qu'aucune mesure n'a été prise pour que la commune continue à perpétuer la mémoire de ces personnalités seynoises, enfouies sous les gravats désamiantés de la mairie sociale détruite, on se décide enfin à réparer cette injustice.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire Démocratie locale et communication
22 mars 2025 6 22 /03 /mars /2025 08:49

 

C'est un grand homme de l'éducation populaire qui nous a quittés. Grand par sa stature qui en imposait, tranchant avec sa petite voix paisible, mais surtout grand par l'œuvre qui fut la sienne depuis la création, à La Seyne, de la toute première école municipale de musique il y a près de soixante ans.

 

Jean Arèse fut de ceux grâce à qui des générations d'enfants, d'adolescents et de jeunes, de tous quartiers, de tous milieux sociaux, ont eu accès à l'éveil aux faits culturels émancipateurs et élévateurs des consciences par la découverte et la pratique musicales, à l'effort, la rigueur et la constance dans les apprentissages, et au faire et vivre ensemble, au travers notamment de la Philharmonique La Seynoise dont il fut le chef de musique pendant six décennies, prolongement associatif de ce service public culturel seynois devenu l'un des pôles majeurs du conservatoire métropolitain.

 

 

Écrire Jean Arèse nécessiterait un très long message. Je ne m'y engagerai pas, d'autant que deux textes parmi bien d'autres rendent de remarquables hommages à Jean Arèse, rappelant le parcours exceptionnel du jeune menuisier des chantiers navals qui, après d'autres grands noms de l'art musical à La Seyne, fut de très longues années clé de voute de sa promotion pour le plus grand nombre.

 

Un chapitre de l'excellent livre de Marius Autran, complété en 2010 par son fils Jean-Claude, dédié à l'histoire de La Seynoise, est consacré à Jean Arèse. On peut le lire en cliquant ICI

 

Et Mathieu Dalaine, journaliste à Var-matin, a également consacré un très bel article à Jean Arèse à l'occasion, il y a cinq ans, de sa dernière direction de l'orchestre de la Philharmonique. On peut le lire en cliquant ICI.

 

Nombreux sont les Seynois qui sont aujourd'hui dans la tristesse et entendent adresser d'affectueux messages de compassion à la famille et aux proches de Jean Arèse, à l'équipe pédagogique du conservatoire de musique qu'anime avec brio Christine Reggiani, et aux musiciens et administrateurs de La Seynoise autour de son dévoué président Frédéric Denoyer.

 

 

 

Note : Jean-Claude Autran ne m'en voudra pas d'avoir emprunté les images illustrant cet article à son remarquable et incontournable site Internet.

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20 février 2025 4 20 /02 /février /2025 10:38

 

Aucune voix du conseil municipal n'avait fait défaut lorsque, après le décès de Paul Raybaud en 2015, j'avais proposé que sa mémoire soit honorée en donnant son nom à notre mairie sociale. Même les plus anticommunistes de nos collègues élus seynois reconnaissaient alors qu'il était normal que la Ville rende hommage à cet homme d'exception qui fut un résistant de la première heure et consacra le reste de sa vie à s'investir avec humanisme pour les Seynois.

 

Mais ce n'est plus le cas depuis que les services sociaux municipaux ont été installés, il y a quelques mois, dans de nouveaux locaux. La mairie sociale n'est plus l'Espace Paul-Raybaud. J'ai d'abord pensé que, avec les difficultés propres à tout déménagement, la question allait être traitée après le transfert. Mais non, une nouvelle signalétique a depuis été installée. Et, à sa lecture, notre mairie sociale, lieu public s'il en est, a bel et bien été débaptisée et porte désormais le nom... de la société commerciale de promotion immobilière qui avait jadis son siège en ce lieu, l'Espace Hermès.

 

 

HERMÈS, DIEU DES CAMELOTS, DRÔLE DE NOM POUR UN SERVICE PUBLIC

 

On pourrait sourire de la bévue, se disant que choisir pour un service public le nom du messager des divinités de l'Olympe, dieu des orateurs, des colporteurs et autres bonimenteurs, conducteur des âmes vers les Enfers, est un acte artistique d'autodérision auquel se seraient livrés les politiques locaux. Ça pourrait prendre sens si ça ne s'était pas fait au détriment de la mémoire de l'homme qui était précédemment honoré et est désormais invisibilisée.

 

Là, c'est choquant et la maire doit rapidement faire machine arrière. Je ne peux pas croire qu'il s'agisse d'un choix délibéré, mais c'est au moins un manque d'attention porté à l'histoire de notre commune se traduisant par un acte inconsidéré d'irrespect pour la mémoire d'un combattant de l'ombre décoré de la croix de guerre, cité à l’ordre de la XVème Région militaire, qui a grandement compté pour La Seyne tout au long de son existence. Des excuses à sa famille et à l'Association départementale des anciens combattants et amis de la Résistance dont il fut longtemps président seraient à tout le moins bienvenues.

 

 

PAUL RAYBAUD, TOUBIB SEYNOIS DES PAUVRES ET GRAND RÉSISTANT VAROIS

 

Je laisse aux historiens le soin de détailler qui fut Paul Raybaud. Un article complet lui est consacré sur le site Internet "Le Maitron", dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social que j'invite à consulter (EN CLIQUANT ICI). Un autre article lui est dédié sur le site Internet "Les Résistances" de France 3, que l'on peut aussi visiter (EN CLIQUANT ICI).

 

À leur lecture, même si on ne partage pas les idéaux communistes qui étaient les siens, voire même si on s'emploie à les combattre, on ne pourra pas justifier qu'on déshonore le souvenir d'un des tout premiers résistants des Francs Tireurs et Partisans du Var et de Provence, qui a pris toute sa part dans la lutte contre le nazisme et pour la liberté de notre pays, qui fut du lendemain de la guerre à l'heure de sa retraite un pionnier des soins pour tous au Centre médico-social municipal de La Seyne, un médecin engagé pour les pauvres et auprès des sapeurs-pompiers, et un inlassable transmetteur de mémoire auprès des jeunes générations.

 

Il est des erreurs qui peuvent devenir des indignités fautives si elles ne sont pas promptement reconnues et réparées. Ce doit être une leçon à mûrir pour prévenir d'autres velléités de changements de dénominations d'autres lieux et édifices publics. Surtout quand on touche à l'histoire ouvrière et sociale qui est celle de La Seyne...

 

 

Ci-dessous, l'hommage rendu à Paul Raybaud par Gérard Estragon, président de l'ANACR de Toulon, à l'occasion de son décès (article de Var-matin)...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
5 octobre 2024 6 05 /10 /octobre /2024 08:57

 

C'est vrai que notre petit "square de l'Abbé Pierre" seynois passe inaperçu pour beaucoup de nos concitoyens.

 

Mais la question de sa dénomination se pose tout de même après les révélations d'accusations de violences sexuelles du fondateur de la communauté Emmaüs.

 

D'autant plus que beaucoup d'écoliers et écolières, lycéennes et lycéens, et familles, passent chaque jour devant cet espace urbain.

 

C'est pourquoi je me suis autorisé à adresser une suggestion en forme de lettre ouverte à la maire de La Seyne. Je la partage ici (cliquez sur la lettre pour l'agrandir)...

 

 

 

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Oui, la question des dénominations de lieux pour des hommages publics et toujours chose sensible. Je me souviens avoir été maintes fois sollicité, notamment par des camarades de mon parti d'alors, le Parti socialiste, pour que je propose au conseil municipal d'honorer la mémoire de Mitterrand en donnant son nom à un lieu de la commune.

 

Autant le président de la République qu'il fut aurait mérité qu'il fût honoré, autant son passé de vichyste en sa jeunesse me semblait l'interdire. Mais j'ai pris mes solliciteurs au mot. L'allée principale du parc Fernand-Braudel des Sablettes porte le nom de Mitterrand... mais de Danielle, née Gouze, son épouse, figure de la Résistance et de la solidarité internationale, du soutien aux droits des peuples et aux biens communs tels que l'eau dont elle rappela à La Seyne qu'elle « n’est pas une marchandise, mais un bien commun non seulement pour l’Humanité mais aussi pour le vivant », et que « l'accès à l'eau est un droit humain fondamental qui ne peut être garanti que par une gestion publique, démocratique et transparente »...

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24 juin 2023 6 24 /06 /juin /2023 16:48

 

C'est un immense vide qui s'est ouvert ce vendredi pour tous ceux qui ont connu Michel Stien, un des grands pionniers de l'éducation et de l'émancipation des enfants et des jeunes à La Seyne depuis plus d'un demi-siècle.

 

Depuis le patronage laïque du jeudi au square Ernest-Renan, les centres aérés des vacances scolaires, l'Office municipal de l'action socio-éducative, la formation des animateurs dans les cours municipaux puis avec les Francas du Var, l'Association d'animation et d'aide à l'insertion (APEA), l'entreprise d'insertion Pro-jeunes, jusqu'à la Maison associative enfance famille école (MAEFE), l'Association vivre en famille (AVEF), la Maison intergénérationnelle de quartier (AMIQ) ou le Foyer Wallon Berthe, il n'est guère à La Seyne de structures socio-éducatives, d'accompagnement à la parentalité, de formation d'acteurs de l'animation, complémentaires de l'enseignement, que Michel n'ait fondées ou qu'il ait accompagnées, développées, promues et défendues lorsque ce fut nécessaire.

 

Michel Stien s'est investi sans relâche chez nous depuis cette année 1966 où, âgé de 23 ans, il fut affecté comme instituteur à La Seyne. Pour lui, l'Éducation était un tout, celle de tous les temps de vie des enfants, ceux de l'École, ceux de la vie familiale, et ceux des temps libres de la journée et la semaine scolaires, des petites et grandes vacances. L'Éducation, ce devait être l'affaire partagée des parents, de la fratrie, des enseignants, et de tous les acteurs des temps socio-éducatifs périscolaires. Si, en 2019, notre ville a été parmi les 40 premières de France à être labellisée "Cité éducative", c'est aux pionniers précurseurs dont il était qu'elle le doit.

 

Si tant de nous sommes, c'est parce que Michel a été. Merci.

 

Nous témoignons à son épouse Christiane, à sa famille, et à tous ses proches, notre très affectueuse compassion.

 

Ses obsèques seront célébrées ce jeudi 29 juin à 17 heures, au crématorium de La Seyne. Sa famille nous fait savoir qu'a été mis en ligne un espace privé destiné à recueillir des témoignages de ceux qui l'ont connu et tant apprécié : un message, un souvenir, une anecdote ou une photo, illustrant un moment de vie. On y accède en cliquant SUR CE LIEN.

 

Le magazine "Camaraderie" de l'association nationale des Francas, dont il a été un pilier au cours de soixante ans de sa vie, avait donné la parole à Michel il y a une dizaine d'années. Cliquez sur l'article pour y accéder au format original.

 

CLIQUEZ POUR LIRE AU FORMAT ORIGINAL

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
30 mars 2023 4 30 /03 /mars /2023 17:58

 

Veuve du poète seynois Pierre Caminade, qui a donné son nom à l'une de nos médiathèques publiques, Madeleine Caminade vient de s'éteindre.

 

Mon ami Gilles Triquet, adjoint en charge de la Culture et de l'Éducation du maire Maurice Paul entre 1997 et 2001, qui la connaissait de toujours, a rédigé un message chaleureux en mémoire de cette belle dame seynoise...

 

 

Se surprendre mortel…

Madeleine Caminade est décédée ces jours, elle avait 96 ans.

Professeur de sciences-éco, mariée au poète Pierre Caminade disparu en 1998, elle n’a eu de cesse de valoriser, avec succès, son œuvre. Lors de la préparation de l’ouvrage « Présence de Pierre Caminade », publication de l’Université de Toulon, sous la direction de Michelle Gorenc, elle m’écrivait : « Son œuvre résulte de plusieurs démarches, de l’élan sensorialiste à l’analyse philosophique, de la poésie au nouveau roman, de la libération de la femme à la mémoire des chantiers navals, du journalisme à la recherche, du sport à la critique d’art, de la mer à l’amour… Son écriture est énergie, la plus pertinente et la plus fervente des fidélités ».

Comme lui, elle était passionnée de littérature, de politique, d’arts plastiques.

Pour l’un de ses anniversaires – elle était née un 20 novembre – il lui avait dédié ce poème (extraits) :

Madeleine, ma miroitante au sourire d’Arc-en-ciel… 
Ici et de l’ailleurs
Navigue le temps de notre amour
Encore et nie le dam. 

Je garderai, Madeleine, ton souvenir, ta passion pour la culture.

In memoriam.

Gilles Triquet

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6 mars 2023 1 06 /03 /mars /2023 09:49

 

Elle fut la toute première maire-adjointe à se voir confier une délégation aux « Femmes dans la ville » (*). Solange Andrieu vient de nous quitter. La Seyne est très triste.

Son engagement pour plus de justice sociale l’avait conduite à accepter des responsabilités dans l’équipe municipale de Maurice Paul (1995-2001) puis dans l'une de celles (2008-2014) que j’ai animées où elle était en charge des solidarités.

On lui doit des initiatives majeures qui perdurent aujourd’hui : les premières animations municipales autour de la journée internationale des droits des femmes, le festival initié avec l’association « Les chantiers du cinéma », devenu « Portraits de femmes » puis « Femmes ! » et désormais élargi de La Seyne à la Métropole, ou un partenariat avec l'association « Habitat et humanisme » pour la création d'une résidence temporaire d’urgence pour les femmes que les circonstances de la vie ou les violences intrafamiliales contraignaient à se retrouver sans domicile, préfigurant l’esprit de la « Maison Françoise-Giroud » d’aujourd’hui.

Solange Andrieu, ce fut aussi l’action publique communale pour nos seniors avec, entre autres, la « Semaine du bien vieillir » et la « Semaine bleue », autant d’initiatives couronnées par l’obtention par la Ville du label national « Bien vieillir, vivre ensemble ». Et ce fut enfin une vie professionnelle marquée par un dévouement à l’accompagnement des locataires de notre office d’HLM en situation de grande précarité.

Son départ en cette semaine dédiée aux droits des femmes va laisser un grand vide dans le cœur de ville de La Seyne. Sa gouaille inimitable, son franc-parler, sa franchise, sa sincérité, et son immense gentillesse, vont manquer à notre cité.

À sa famille et ses amis proches, à ses camarades communistes, ses anciens collègues et moi-même voulons témoigner de notre tristesse et notre compassion.

 

 

(*) : Sous l'intitulé "Femmes dans la Ville", car Danielle Bouron, dans ce même mandat, l'a précédée avec une délégation aux droits des femmes.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
24 mai 2022 2 24 /05 /mai /2022 07:30

Les Seynois se souviendront longtemps de Jacqueline Bonifay, qui nous a quittés ces jours derniers à 92 ans, après une vie consacrée, comme présidente locale de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), à promouvoir le devoir de mémoire des victimes de la barbarie nazie.

 

Autour du Monument aux Morts, chaque dernier dimanche d'avril, à l'occasion de la cérémonie nationale du souvenir des déportés, au nombre desquels elle fut elle-même dans son enfance, elle égrenait de sa voix teintée de son accent de native de l'Alsace la funeste liste des camps de concentration et d'extermination assortie du nombre abominable de morts de chacun d'eux.

 

Beaucoup de nos concitoyens, écoliers ou collégiens d'hier et d'aujourd'hui, se rappelleront surtout son engagement inlassable auprès des enfants et des jeunes pour porter son témoignage vécu de la pire période qu'une idéologie abjecte a contraint des dizaines de millions d'Européens à subir, pour trop d'entre eux jusqu'à l'issue fatale. Afin que nul ne subisse plus jamais ça. C'est indispensable. L'actualité nous montre que ce n'est jamais acquis. Et Jacqueline n'est plus des nôtres pour forger les consciences et prévenir l'atroce abomination.

 

 

Parmi les innombrables souvenirs de cet investissement sans relâche, jusqu'au bout de ses forces, on se remémorera le travail mémoriel qu'elle a conduit avec l'équipe enseignante de l'école primaire Lucie-Aubrac, que je relatais dans un article de ce blog il y a près de dix ans...

 

« Après les cérémonies du 8 mai la semaine dernière, l'émotion était bien perceptible ce lundi matin dans le potager pédagogique de l'école Lucie Aubrac, à la cité Berthe. Avec des enfants de CM2 et leurs professeurs, Jacqueline Bonifay, Seynoise rescapée du camp de concentration nazi de Schelklingen, présidente de la fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), nous avons planté le "rosier de la Résurrection" dont l'histoire est racontée sur le site des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation.

 

« Après le témoignage poignant de cette belle dame âgée qui consacre beaucoup de son temps à cultiver le devoir de mémoire, notamment auprès des enfants (et qui a d'ailleurs regretté que tel collège de chez nous, jadis très impliqué dans ce type d'activités partenariales avec les associations d’anciens combattants et de victimes des guerres, lui ferme désormais la porte en expliquant que la mémoire, ce n'est pas important, et qu'il faut regarder vers l'avenir...), j’ai à mon tour prononcé une allocution et, avec les enfants, nous avons entonné "Le chant des partisans".

 

« Il n’est jamais inutile de donner de la solennité à ces moments. C’était le cas à Lucie Aubrac ce jour-là. Nul doute que les enseignants, avec le jalon que représente ce rosier symbole de l’aspiration à la vie des femmes internées à Ravensbrück et que les enfants vont désormais soigner, auront mille et une occasions pour, non seulement, apprendre aux jeunes les faits d’un temps tragique, mais aussi et surtout entrouvrir les portes de la réflexion.

 

« Merci aux professeurs et à leur directeur Éric, aux anciens de la FNDIRP, aux services communaux, et aux élus présents, Raphaëlle Leguen, Christine Sampéré, Isabelle Renier, Rachid Maziane et Christian Bianchi. Ça compte pour nos petits concitoyens. Et pour l’éveil de leurs jeunes consciences pour que vive la Paix dans le Monde. »

 

La Seyne pourrait, si c'était possible, honorer la mémoire de Jacqueline en donnant son nom à un lieu de notre commune. Mais les plus beaux témoignages resteront sûrement les images des enfants et des jeunes qu'elle – et d'autres – ont accompagnés dans des démarches d'éducation active sur le chemin capital de la connaissance objective des méfaits mortels de la peste brune, bien loin des nauséabondes paroles révisionnistes qui continuent de semer le doute. Certaines de ces images illustrent le présent article.

 

En particulier l'une des toutes dernières de ces images, qui illustre l'en-tête de cet article, celle de Néo Verriest qui a rendu visite à Jacqueline il y a quelques mois dans le centre de retraite qui l'accueillait, et qui, il y a trois ans, alors élève en classe de troisième, a rédigé un beau texte à partir du recueil de son témoignage que je m'autorise à inviter à lire en cliquant sur CE LIEN ou sur l'image ci-dessous de sa page de couverture. 

 

CLIQUEZ POUR LIRE LE TÉMOIGNAGE

 

Et, peut-être, en hommage à Jacqueline, et aux millions d'autres victimes du nazisme, décédées ou marquées à vie dans leurs chairs et leurs âmes, les professeurs d'allemand des collèges et lycées de notre ville pourraient-ils apprendre à leurs élèves la version originale, en allemand, du "Chant des marais", le "Moorsoldatenlied", écrit en 1933 par les tout premiers prisonniers communistes allemands enfermés pour leurs idées au camp de Börgermoor, et, si la municipalité le permettait, le chanter lors de la commémoration du souvenir des déportés d'avril 2023...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire