24 mai 2022 2 24 /05 /mai /2022 07:30

Les Seynois se souviendront longtemps de Jacqueline Bonifay, qui nous a quittés ces jours derniers à 92 ans, après une vie consacrée, comme présidente locale de la Fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), à promouvoir le devoir de mémoire des victimes de la barbarie nazie.

 

Autour du Monument aux Morts, chaque dernier dimanche d'avril, à l'occasion de la cérémonie nationale du souvenir des déportés, au nombre desquels elle fut elle-même dans son enfance, elle égrenait de sa voix teintée de son accent de native de l'Alsace la funeste liste des camps de concentration et d'extermination assortie du nombre abominable de morts de chacun d'eux.

 

Beaucoup de nos concitoyens, écoliers ou collégiens d'hier et d'aujourd'hui, se rappelleront surtout son engagement inlassable auprès des enfants et des jeunes pour porter son témoignage vécu de la pire période qu'une idéologie abjecte a contraint des dizaines de millions d'Européens à subir, pour trop d'entre eux jusqu'à l'issue fatale. Afin que nul ne subisse plus jamais ça. C'est indispensable. L'actualité nous montre que ce n'est jamais acquis. Et Jacqueline n'est plus des nôtres pour forger les consciences et prévenir l'atroce abomination.

 

 

Parmi les innombrables souvenirs de cet investissement sans relâche, jusqu'au bout de ses forces, on se remémorera le travail mémoriel qu'elle a conduit avec l'équipe enseignante de l'école primaire Lucie-Aubrac, que je relatais dans un article de ce blog il y a près de dix ans...

 

« Après les cérémonies du 8 mai la semaine dernière, l'émotion était bien perceptible ce lundi matin dans le potager pédagogique de l'école Lucie Aubrac, à la cité Berthe. Avec des enfants de CM2 et leurs professeurs, Jacqueline Bonifay, Seynoise rescapée du camp de concentration nazi de Schelklingen, présidente de la fédération nationale des déportés, internés, résistants et patriotes (FNDIRP), nous avons planté le "rosier de la Résurrection" dont l'histoire est racontée sur le site des amis de la fondation pour la mémoire de la déportation.

 

« Après le témoignage poignant de cette belle dame âgée qui consacre beaucoup de son temps à cultiver le devoir de mémoire, notamment auprès des enfants (et qui a d'ailleurs regretté que tel collège de chez nous, jadis très impliqué dans ce type d'activités partenariales avec les associations d’anciens combattants et de victimes des guerres, lui ferme désormais la porte en expliquant que la mémoire, ce n'est pas important, et qu'il faut regarder vers l'avenir...), j’ai à mon tour prononcé une allocution et, avec les enfants, nous avons entonné "Le chant des partisans".

 

« Il n’est jamais inutile de donner de la solennité à ces moments. C’était le cas à Lucie Aubrac ce jour-là. Nul doute que les enseignants, avec le jalon que représente ce rosier symbole de l’aspiration à la vie des femmes internées à Ravensbrück et que les enfants vont désormais soigner, auront mille et une occasions pour, non seulement, apprendre aux jeunes les faits d’un temps tragique, mais aussi et surtout entrouvrir les portes de la réflexion.

 

« Merci aux professeurs et à leur directeur Éric, aux anciens de la FNDIRP, aux services communaux, et aux élus présents, Raphaëlle Leguen, Christine Sampéré, Isabelle Renier, Rachid Maziane et Christian Bianchi. Ça compte pour nos petits concitoyens. Et pour l’éveil de leurs jeunes consciences pour que vive la Paix dans le Monde. »

 

La Seyne pourrait, si c'était possible, honorer la mémoire de Jacqueline en donnant son nom à un lieu de notre commune. Mais les plus beaux témoignages resteront sûrement les images des enfants et des jeunes qu'elle – et d'autres – ont accompagnés dans des démarches d'éducation active sur le chemin capital de la connaissance objective des méfaits mortels de la peste brune, bien loin des nauséabondes paroles révisionnistes qui continuent de semer le doute. Certaines de ces images illustrent le présent article.

 

En particulier l'une des toutes dernières de ces images, qui illustre l'en-tête de cet article, celle de Néo Verriest qui a rendu visite à Jacqueline il y a quelques mois dans le centre de retraite qui l'accueillait, et qui, il y a trois ans, alors élève en classe de troisième, a rédigé un beau texte à partir du recueil de son témoignage que je m'autorise à inviter à lire en cliquant sur CE LIEN ou sur l'image ci-dessous de sa page de couverture. 

 

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Et, peut-être, en hommage à Jacqueline, et aux millions d'autres victimes du nazisme, décédées ou marquées à vie dans leurs chairs et leurs âmes, les professeurs d'allemand des collèges et lycées de notre ville pourraient-ils apprendre à leurs élèves la version originale, en allemand, du "Chant des marais", le "Moorsoldatenlied", écrit en 1933 par les tout premiers prisonniers communistes allemands enfermés pour leurs idées au camp de Börgermoor, et, si la municipalité le permettait, le chanter lors de la commémoration du souvenir des déportés d'avril 2023...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
13 mai 2022 5 13 /05 /mai /2022 04:12

Étrange comme les gens évoluent...

 

« La mairie, que l’on appelait autrefois “La maison pour tous” est devenue à La Seyne [sous les mandats Vuillemot] la maison de la CGT. Rien d’étonnant lorsque l’on sait que le maire [Vuillemot] a fait le choix d’aller à Toulon défiler avec les siens plutôt que d’être présent au Monument aux Morts où se déroulait la cérémonie d’hommage aux Morts pour la France lors de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie… », se scandalisait à mon propos dans Var-matin, en 2019, un conseiller municipal d'opposition de droite, me reprochant de n'avoir pas empêché le déploiement d'une banderole revendicative au fronton de l'hôtel de ville.

 

Le même élu, devenu adjoint à la maire en 2020, est désormais bien silencieux. Pourtant, la maire et la majorité municipale ont boudé la dernière commémoration rendant hommage aux morts de la guerre d'Algérie qui s'est tenue il y a deux mois. Et je ne l'entends pas plus pousser de cris d'orfraie tandis que le même syndicat de fonctionnaires territoriaux a déployé ce jeudi une autre banderole sur la façade de la mairie sociale Paul-Raybaud, qui ne doit pas revêtir pour lui le même caractère de « maison pour tous » que la mairie principale en 2019.

 

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Je ne lis pas non plus dans les colonnes du quotidien régional de déclaration offusquée du responsable du groupe du Rassemblement National qui, en cohérence avec « La Coalition » regroupant des gens de droite et d'extrême-droite qui allait remporter les élections, tenait en 2019 à peu près les mêmes propos outragés au sujet de cette banderole que son collègue de la droite républicaine : « La mairie de La Seyne n’a pas vocation à être l’officine de quelconque syndicat ou parti politique ; c’est avant tout la maison du peuple. ». Il n'était d'ailleurs pas plus présent que ses collègues de droite à la récente cérémonie d'hommage aux disparus de la guerre d'Algérie.

 

Si une nouvelle banderole a flotté sur la façade d'un édifice public communal, c'est qu'un mouvement social mobilise des personnels pour leur défense.

 

Et les deux élus donneurs de leçons, en tous cas, seraient bien inspirés de s'intéresser au sort peu enviable réservé aux fonctionnaires territoriaux du Centre communal d'action sociale qui assurent le service public des aides à domicile des personnes âgées ou en perte d'autonomie, auxquels la maire refuse le dialogue pour négocier de meilleures conditions de travail et de salaire, ce qui justifie le mouvement social qu'accompagne en ce moment la CGT, comme celle-ci défendait en 2019 les retraites, les emplois, les salaires, la sécurité sociale et les services publics.

 

Et de répondre à leurs légitimes attentes. On le leur doit. Rappelons-nous : ils étaient parmi les « premiers de corvée » qu'on applaudissait tous les soirs pour leur abnégation au début de la pandémie de coronavirus...

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire Démocratie locale et communication
19 mars 2022 6 19 /03 /mars /2022 11:05

Alors que, dans toute la France, la Journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc est célébrée dignement, à La Seyne la municipalité a choisi de ne pas prendre part à la commémoration pourtant officielle depuis 2012.

 

Le premier adjoint s'en explique dans une déclaration qui a été publiée par Var-matin. À la lire, on est frappé par le décalage existant entre la parole commune de Paix de la ministre de la Mémoire et des Anciens Combattants, honorant toutes les victimes, pieds-noirs, harkis, soldats de métier et du contingent, qui ont souffert avant et après le cessez-le-feu du 19 mars 1962, et la vue étroite de la municipalité seynoise, délibérément oublieuse d'une bonne partie de ceux qui furent victimes de cette guerre.

 

Il n'empêche, la cérémonie s'est déroulée dans la dignité. Et les Seynois, eux, étaient au rendez-vous.

 

 

DES ABSENCES QUI NE FONT PAS HONNEUR À LA SEYNE

 

Les Seynois, en effet, ont répondu à l'appel de l'État, lancé par Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants, du Comité de coordination des associations d'anciens combattants et victimes de guerre de La Seyne, et de la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants d'Algérie).

 

Si Hakim Bouaksa et Olivier Andrau, conseillers municipaux du groupe des gauches et de l'écologie, étaient bien présents, l'absence des élus de la majorité municipale, comme celle, tout aussi incompréhensible, de la presse locale qui "couvre" habituellement les temps mémoriels, a été mal vécue par les anciens combattants venus en nombre malgré le poids des ans que supportent désormais beaucoup d'entre eux.

 

 

UN MESSAGE MINISTÉRIEL DE CONCORDE ET DE FRATERNITÉ

 

En ces temps où le Monde tremble et se mobilise pour la Paix, ces absences ont résonné de façon sinistre comme celles de voix de gens refusant que se referment les plaies de la discorde, en opposition frontale au discours de fraternité de la ministre qu'a lu Christian Durand, vice-président du Comité de coordination, qui a notamment souligné que, « pour le soixantième anniversaire de la fin de la Guerre d’Algérie, la France a besoin de se retrouver sereinement en un lieu et en un temps commun, de se rassembler sans polémique autour de tous ceux qui ont été touchés par ce conflit, de faire unité autour du souvenir et de la transmission. »

 

On ne retiendra heureusement de ce rendez-vous manqué de nos édiles que ces paroles officielles de concorde et la ferveur des anciens combattants, jeunes Seynois appelés du contingent dans les années 1950-1960 qui ont souffert deux années dans une guerre qui ne disait pas son nom, des enfants de harkis et de rapatriés vivant chez nous qui étaient là, plaçant le vivre ensemble au-dessus des rancœurs, et de nos concitoyens pour lesquels les hommages ne peuvent être sélectifs et désireux « de regarder l’histoire en face et de faire dialoguer les mémoires ».

 

OUI, À LA SEYNE, LA MAIRIE ET LA PRESSE SE SINGULARISENT... (Var-matin - 20/3/22)

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 10:04

Leurs engagements militants les avaient conduits à se côtoyer sur les mêmes chemins conduisant à un monde qu'il voulaient meilleur. Les circonstances de leurs vies ont fait le reste. Ces deux-là, Yvette Hénaff et Jean(not) Di Pilla, ont parcouru ensemble de longues années de leurs existences, jusqu'à ces jours derniers où le destin a voulu que, après quarante ans de vie commune et à quelques heures d'intervalle, survienne le triste terme de leurs belles existences engagées au service des autres.

La Seyne vient de perdre deux de ses grands vétérans qui ont beaucoup compté.

 

L'un et l'autre, très investis pour porter les idéaux de la gauche communiste et humaniste, n'ont jamais failli dans leurs déterminations à faire vivre chez nous les valeurs de ces "Jours Heureux" que nous a légués la Résistance au fascisme et au nazisme et que, jusqu'au bout, ils n'ont cessé de défendre.

Ils l'ont fait dans leurs vies professionnelles comme dans leurs engagements syndicaux et bénévoles. Ils l'ont fait en acceptant de conforter de leurs sages mais actives présences les équipes du camp du progrès social qui se sont présentées aux élections municipales en 1995 (Yvette sur la liste "Du neuf pour La Seyne"), en 2001 (Yvette et Jeannot, sur la liste de la "Gauche singulière") et en 2008 (Yvette, sur la liste "La Seyne dans le bon sens" que j'animais).

Yvette Hénaff, qui avait 85 ans, a forgé sa dignité de femme debout au fer du militantisme depuis son enfance, alors que ses parents, Eugène Hénaff et Germaine Chaplain, étaient militants de la CGTU et du PCF dès avant la deuxième guerre mondiale, puis résistants très engagés dans la lutte clandestine contre l'occupant nazi. La vie d'Yvette s'est inscrite dans leurs traces.

Jean – Jeannot – Di Pilla, qui allait sur ses 94 ans, a consacré son existence professionnelle à notre corps de sapeurs-pompiers, comme volontaire depuis sa création ou presque, avec d'autres comme Marius Don qui nous a lui aussi quittés il y a quelques mois, puis en tant que professionnel jusqu'à sa retraite qui n'a pas un été un terme de son engagement de vétéran des pompiers qu'il complétait d'une implication volontaire dans la formation de nos concitoyens aux gestes du secourisme, et notamment, avec l'Office municipal de l'action socio-éducative (OMASE), de nos animateurs de centres de vacances et de loisirs.

Et tout ça dans l'humilité et la discrétion, au point qu'il m'a été impossible de dénicher des photos correctes d'eux parmi les nombreuses publications qu'on trouve sur le net...

Ce sont deux belles vies bien remplies d'empathie et de vie sociale qui viennent de s'arrêter. À leurs enfants et leur proches, à leurs amis militants et à la grande famille des pompiers seynois, La Seyne peut témoigner son affectueuse compassion.

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
31 décembre 2021 5 31 /12 /décembre /2021 12:01

Ce sont des centaines, pour ne pas dire des milliers, de Seynois qui, dans leur enfance ou leur jeunesse, ont profité de l'action éducative qu'ils ont conduite. Le destin a voulu que Marcel Djian, Claude Fiorenzano, André Masse et Gisèle Soriano nous quittent tous quatre en cette fin décembre.

Avec eux disparaît une part importante de la grande équipe seynoise de ces porteurs indispensables d'une vision ouverte de l'éducation qui transcende la seule instruction que dispense l'École, pour considérer l'enfant ou le jeune dans sa globalité, dans tous ses temps de vie, afin de le guider dans la construction de sa propre émancipation par une démarche éducative active, vers une insertion professionnelle, sociale et citoyenne.

 

Marcel DJIAN s'est investi bien au-delà de sa fonction d'enseignant et de directeur d'établissement primaire au sein de notre Caisse des Écoles, cet indispensable organisme historique qui, à La Seyne, a permis depuis la Libération de 1945 d'offrir à des milliers de nos jeunes concitoyens, de tous quartiers, de toutes origines, de toutes situations sociales, des temps éducatifs de vie collective, en centres de vacances, en accueils de loisirs, en classes de découvertes, autant de situations permettant d'apprendre autrement, d'expérimenter, de se socialiser, de coopérer, de s'ouvrir aux autres, à de nouveaux espaces et à d'inédites humanités. Il siégea également au conseil municipal en 1983, dans l'équipe de Maurice Blanc.

 

Claude FIORENZANO aurait pu s'en tenir à conduire avec sérieux et constance sa fonction de professeur d'anglais jusqu'à la fin de sa carrière qu'il a terminée au collège de Six-Fours. Mais il a choisi de transmettre aux jeunes générations sa passion pour la langue, la culture et les traditions provençales. Si les Six-fournais se souviennent des cours de lengo nostro qu'ils dispensait aux élèves de son collège et de sa belle implication au sein de l'association “Lou Raioulet”, les Seynois doivent à cet érudit – et à Mme Meiffret-Alziary et MM. Brémondy et Merle – les cours de provençal organisés à partir des années 70 au Centre Culturel Jacques-Laurent par l'Office municipal de la culture et des arts. Nombre de jeunes fréquentant alors les associations socio-éducatives seynoises ont pu bénéficier de premières initiations à la langue occitane.

 

Principal du collège Henri-Wallon lors de la création des zones d'éducation prioritaire, dans les années 80, André MASSE a marqué de son empreinte visionnaire les stratégies éducatives en faveur des adolescents de notre quartier Berthe. Il a perçu l'importance de l'éducation de tous leurs temps de vie, renforçant l'accompagnement de la scolarité par la diversification pédagogique, et intégrant l'absolue nécessité de l'ouverture de l'École au quartier et à la ville, et de la réconciliation avec l'École des collégiens et de leurs familles. Avec lui, le collège s'est mis à vivre et à bouillonner d'activités avant et après les cours, les mercredis, les week-ends et les vacances. Lieu d'accueil socio-éducatif, activités culturelles et de loisirs, sorties et séjours scolaires et des temps de congés, accompagnement de l'exercice de la fonction parentale, soutien scolaire, sont autant de leviers émancipateurs qu'il a impulsés, mobilisant enseignants, animateurs, parents, dans une démarche qui s'est pérennisée avec le Foyer Wallon-Berthe et perdure aujourd'hui avec l'Espace Jeunes Wallon du Centre social et culturel Nelson-Mandela.

 

Figure pionnière, dès sa création en 1982, du Centre d'action municipale pour l'emploi et la formation des jeunes (CAMEF-Jeunes), aujourd'hui devenu la Mission intercommunale action jeunes (MIAJ)Gisèle SORIANO a été l'une des importantes chevilles ouvrières de cette initiative municipale qui a vu le jour dès l'annonce des premières mesures en faveur de l'insertion professionnelle des jeunes de 16 à 18 ans prises par le premier gouvernement de gauche de la Ve République. Connue et reconnue par des centaines de jeunes pour ses capacités d'accueil, d'écoute, d'aide à la définition d'un projet de formation vers l'emploi, d'encouragement et de suivi des stages, sessions et démarches en direction des employeurs, elle a déployé durant deux décennies son talent et son engagement pour que, malgré la crise économique qui allait frapper La Seyne à la fin des années 80 et qui perdure aujourd'hui, le maximum de nos jeunes concitoyens puissent trouver des voies pour mettre le pied à l'étrier vers l'emploi et une existence d'adultes émancipés.

 

Oui, douloureuse fin de 2021, quatre belles personnes s'en sont allées. Nombre de jeunes Seynois aujourd'hui adultes leur doivent beaucoup. La Seyne doit témoigner sa compassion à leurs familles et leurs proches.

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12 novembre 2021 5 12 /11 /novembre /2021 07:06

La maire de La Seyne a prononcé un beau discours devant notre monument aux morts, en ce 11 novembre commémorant le 103ème anniversaire de l'armistice mettant fin à près de cinq années de tuerie mondiale.

Devant une foule nombreuse, dont des écoliers de l'école Toussaint-Merle encadrés par leur professeur Madame Lancellotta, animatrice de la chorale de l'école, qui ont entonné avec brio les 1er, 6ème et 7ème couplets de La Marseillaise, la maire a insisté sur l'unité de la Nation dans notre France riche de ses diversités. C'était bien.

C'était bien. Mais pas traduit en actes pour le morceau de Nation qu'est La Seyne.

 

LE MOUVEMENT DE LA PAIX AU BAN DE LA COMMÉMORATION

Quel dommage, en effet, que le Mouvement de la Paix, organisation pacifiste créée pour promouvoir une culture de la Paix au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale par des hommes et des femmes issus de divers courants de la Résistance, notamment communistes, chrétiens et libre-penseurs, qui participe traditionnellement aux cérémonies patriotiques de La Seyne en déposant une gerbe de fleurs comme le font les représentants des divers corps constitués, ait été exclu de l'organisation protocolaire de la cérémonie !

Il a fallu attendre que celle-ci s'achève et que la foule se disperse pour que les représentants locaux du Mouvement de la Paix, entourés de citoyens et des élus de la minorité municipale des gauches et de l'écologie, puissent déposer leur gerbe et observer un temps de recueillement.

 

DES PRÉCÉDENTS QUI TÉMOIGNENT D'UN CURIEUX ÉTAT D'ESPRIT

C'est là une pitoyable décision politicienne traduisant un état d'esprit bien peu en cohérence avec les belles paroles d'unité nationale prononcées par notre première magistrate.

Mais ce n'est pas vraiment une surprise. L'intolérance s'était déjà manifestée avec le refus de la maire de permettre, comme c'était encore naguère l'usage, quelle que fût la couleur politique des maires, à la présidente de l'Association des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance de prononcer un discours à l'occasion de la Journée nationale de la Résistance ou de prendre part à la commémoration de la Libération de La Seyne, au cours de laquelle un temps est dédié à la mémoire des policiers résistants de notre commissariat tués par les nazis.

Les Seynois n'ont par ailleurs pas eu d'explications à la décision municipale de se désengager de l'Association française des communes, départements et régions pour la Paix, que je relatais en mars dernier dans un article de ce blog.

Il est difficile de trouver une raison à tous ces choix étranges et inédits dans l'histoire récente de La Seyne. Sauf à considérer qu'il faille s'obstiner à « faire table rase du passé ».

Mais ça, de mémoire, ce n'était pas écrit dans le programme que la maire a proposé aux Seynois avant son élection.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
11 novembre 2021 4 11 /11 /novembre /2021 08:40

Dans tout le pays, aujourd'hui, se tiennent les commémorations de l'armistice du 11 novembre 1918, qui mettait fin à des années d'une guerre effroyable ayant occasionné plus de 18 millions de morts, répartis à peu près à égalité entre les camps belligérants, et parmi lesquels presque 9 millions de civils.

Cette première guerre mondiale devait être « la der des ders ». On sait ce qu'il en a été un quart de siècle plus tard...

Depuis 1919, tous les 11 novembre, la mémoire des combattants morts pour la France est honorée dans toutes les communes du pays à l'occasion de cérémonies auxquelles les édiles convient la population. Sauf, naturellement, au cours de l'occupation de la France par l'Allemagne nazie au cours de la guerre de 1939-1945.

Quoi que...

 

 

ILS ONT OSÉ !

Quoi que... certains ont osé. Ce fut le cas des résistants de l'Ain et du Haut-Jura qui, le 11 novembre 1943, ont bravé l'interdiction des autorités d'occupation relayées avec empressement par le gouvernement collaborateur pétainiste de Vichy (vous savez, celui dont Zemmour, cet abominable faussaire de l'histoire, ose dire qu'il a « sauvé les Juifs français »).

Ceux-là ont eu le cran de descendre des maquis montagnards jusqu'à la ville d'Oyonnax et d'organiser au péril de leurs vies un défilé commémoratif, conclu par un dépôt de gerbe au monument aux morts de cette cité du Haut-Bugey. D'autres communes de cette région ont également connu des initiatives du même ordre. Les représailles furent terribles. Mais l'événement, fortement médiatisé par la presse clandestine, a eu un retentissement tel que son impact sur de nombreux Français encore hésitants à entrer en résistance les a décidés à s'engager, comme sur Winston Churchill, premier ministre britannique, qui en fut informé et qui finit de se convaincre de la nécessité d'armer la Résistance française.

 

UN DEVOIR DE MÉMOIRE POUR CEUX DE 14-18, ET AUSSI POUR CEUX DE 39-45

Un article de Wikipedia retrace cette histoire. À Nantua, un musée est consacré à la résistance et la déportation dans l'Ain et le Jura. Et l'Association des amis de ce musée a publié, après une première bande dessinée intitulée "Mardi noir à Nantua", une deuxième BD qui vient de paraître racontant ce 11 novembre 1943 : "Ils ont osé". J'ai emprunté l'image de sa couverture pour illustrer cet article. L'association est d'ailleurs en train de préparer l'édition d'un troisième album, "52 locos H.S.", dans le  cadre d'un financement participatif que je recommande aux visiteurs de mon blog. Des cadeaux de fin d'année ?...

Au-delà de la mémoire des valeureux « poilus » de 1914-1918, c'est aussi le souvenir de ces hommes courageux de la génération suivante qui mérite d'être dans nos têtes aujourd'hui.

 

ET UN DEVOIR D'ÉVEIL POUR LES RÉSISTANCES D'AUJOURD'HUI ET DE DEMAIN

Et peut-être d'autant plus dans nos têtes quand les sondages décrivent une France de 2021 dont un tiers des citoyens interrogés disent faire confiance à un parti fondé et naguère dirigé par un homme qui considérait que les chambres à gaz et fours crématoires ne furent qu'un « détail de l'histoire » ou à un futur-possible-candidat révisionniste récrivant les faits et exposant que, si les Français de 1942 avaient été interrogés, il n'est pas sûr qu'ils auraient « défendu le droit d'asile » pour les malheureux d'aujourd'hui, alors que les historiens s'accordent sur la solidarité – ou au moins la compassion – de la majorité des Français envers les Juifs et autres victimes du régime d'alors.

S'informer, se souvenir, méditer, en parler, entre nous et avec les plus jeunes, toujours. Pour nous prémunir et protéger nos enfants du pire. Celui de cette « bête immonde » du totalitarisme qui demeure en éveil constant, tapie dans un coin d'ombre de la démocratie et sans cesse prête à surgir.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
22 octobre 2021 5 22 /10 /octobre /2021 19:24

Il revient à ma mémoire, ce 22 octobre, un échange d'il y a une quinzaine d'années, entre enseignants, notamment d'histoire et géographie, sur le fait de savoir s'il fallait ou non lire à leurs élèves  la lettre que le jeune communiste Guy Môquet a écrite à sa famille peu avant d'être fusillé par l'occupant nazi le 22 octobre 1941.

Certains disaient ne vouloir pas, par cette lecture, donner la vision d'une France unanimement résistante, d'autres estimaient qu'elle ne pouvait être lue hors d'un cours sur le contexte ou jugeaient qu'il avait été exécuté comme otage et non comme résistant engagé. Je ne me souviens plus de leur choix final.

Moi, en ce triste anniversaire, je crois devoir la donner à lire ou relire aux visiteurs de mon blog...

 

ON PEUT CLIQUER SUR LA LETTRE POUR L'AGRANDIR

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
16 octobre 2021 6 16 /10 /octobre /2021 16:30

Nous nous sommes affrontés. Et pas qu'une fois. Il n'empêche, Janine Foglino était de ces élus qui ont viscéralement une attache au territoire qui les a vus naître, grandir, vivre et s'impliquer.

Elle et moi avons tour à tour été appelés à assumer des missions municipales similaires sous les mandats de maires différents.

Comme l'aurait chanté le grand Jacques Brel, « on n'était pas du même bord, on n'était pas du même chemin, mais on cherchait le même port ».

 

Petite-fille d'un Seynois qui fabriquait des roues de charrettes sur la place des Esplageoles, là où elle a longtemps vécu, rue des Chantiers, en cœur de ville, Janine Foglino, professeure de sciences et techniques économiques, engagée avec constance au centre-droit, a siégé à deux reprises au conseil municipal à partir de 1989, sous les mandats de Charles Scaglia puis d'Arthur Paecht.

Comme moi-même, elle a occupé les fonctions de conseillère municipale en charge du logement, de maire-adjointe déléguée à la politique de la ville, et de présidente de l'office public municipal d'HLM.

Au terme de son implication politique locale, Janine Foglino a poursuivi un investissement social en direction de ceux qui, ici ou ailleurs, ont besoin d'un accompagnement bienveillant, à l'instar de sa mission de secrétaire générale d'une association de solidarité en direction de jeunes Africains pour leur réussite dans l'insertion scolaire et professionnelle.

À sa famille et à ses proches, je présente mes sincères condoléances.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
15 octobre 2021 5 15 /10 /octobre /2021 07:57

Jo Pentagrossa nous a quittés ce jeudi. Il avait 86 ans. L'ancien cadre de la mairie devenu, quelques années après son départ à la retraite, maire-adjoint communiste chargé des finances et des anciens combattants au cours du mandat que j'animais de 2008 à 2014.

On lui doit entre autres la patiente et déterminée entreprise de redressement des finances de la commune victime d'un indicible endettement.

Il s'est éteint au terme d'une existence bien remplie, de dévouement à ses idées politiques de lutte pour un monde plus juste et plus humain, à la cause du service public, et aux Seynois.

Ce que l'on sait moins de l'homme, c'est son passé de sportif, et son engagement pendant et suite à la guerre d'Algérie qui l'avait profondément marqué. Il fut d'ailleurs l'un des trois cofondateurs de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA).

Plutôt que paraphraser d'autres qui ont déjà retracé son exemplaire parcours de vie, je livre ci-dessous l'article que Gilles Gaignaire, alors directeur de la communication de la mairie, avait rédigé en 2009 pour le magazine municipal « Le Seynois ». Et, plus bas, je laisse la parole à Jo lui-même, à propos de la torture qu'il a connue lors de la guerre d'Algérie et contre laquelle il s'était élevé.

À son épouse Jackie, à ses fils et petits-enfants, à sa sœur Josie, à tous leurs proches, et à ses camarades de la CGT et du Parti Communiste Français, j'adresse un témoignage d'affectueuse compassion.

 

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Le propos que j'ai prononcé à la demande de la famille de Jo Pentagrossa, lors de ses obsèques civiles au cimetière de La Seyne, le 18 octobre 2021 EN CLIQUANT SUR CE LIEN.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

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