8 mai 2020 5 08 /05 /mai /2020 11:35

Pas plus de cinq personnes respectant les distances de sécurité, pas plus d'une gerbe à déposer, pas d'anciens combattants, pas de public, pas de groupe de musique, pas de militaires, pas de collégiens ni lycéens, pas de défilé, pas d'autre discours que celui du Président de la République, la cérémonie 2020 de commémoration de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie n'a pu être organisée ce vendredi qu'en appliquant les directives sanitaires très strictes du gouvernement.

Nous avons tout de même tenu à commémorer le 75ème anniversaire de la fin, du moins en Europe, puisque le Japon ne capitulera qu'en septembre 1945, de ce terrible conflit meurtrier.

 

Outre quelques agents de la commune assurant une logistique minimale, c'est entouré de Jean-Pierre Colin, représentant le Conseil régional Provence Alpes Côte d'Azur, de Nathalie Bicais, au nom du Conseil départemental du Var, du capitaine de frégate Patrick Faugère, chef de centre de la préparation militaire marine Amiral Trolley de Prévaux, dont La Seyne est fière d'être la marraine, et d'un représentant des forces de l'ordre, en la personne de Patrick Ducheix, chef de notre police municipale, que, à défaut de pouvoir prononcer un discours, j'ai donné lecture la déclaration du Président de la République que je reproduis ci-après. 

Nos collègues élus régionaux et départementaux n'étant pas autorisés, comme à l'ordinaire, à déposer des gerbes au nom de leurs collectivités respectives, j'ai un peu dérogé aux instructions drastiques et je les ai invités à se tenir à mes côtés pour placer au pied de notre Monument aux Morts celle de la population seynoise.

N'ayant pu, quant à moi, prononcer le discours que je livre habituellement lors des cérémonies patriotiques, je ne veux pas encombrer ce message, mais juste donner à lire un propos auquel j'aurais fait référence, celui d'un grand Résistant, Claude Alphandéry, 97 ans, pionnier de l'économie sociale et solidaire : « Je voudrais comparer ces jours de guerre à notre époque, tirer (...) un enseignement qui nous aide à sortir de l'oppression physique et morale ressentie sous la pandémie, et simultanément trouver les voies nouvelles d'un avenir respectueux du vivant (...). La Résistance n'a pas fondé un parti, mais son souffle a inspiré pendant trente ans les syndicats, les associations, les entreprises à vocation sociale, les collectivités... Comment donner à tous accès à l'éducation, aux soins, etc ? Et puis l'économie financière a pris le dessus. L'exigence de services publics plus soucieux des citoyens que des coûts financiers doit s'imposer à nouveau. »

Merci à tous les participants et organisateurs.

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
7 mai 2020 4 07 /05 /mai /2020 19:41

Dans la mémoire des anciens de « l'Indochine », c'est hier, mais voilà soixante-six ans que s'est achevé, après deux mois de combats acharnés, le drame qu'ont connu à Ðiện Biên Phủ les combattants du corps expéditionnaire français. Plusieurs milliers de morts, dans les deux camps, une dizaine de milliers de prisonniers français, dont les trois-quarts ont laissé la vie en captivité.

Ils ont servi la France. Celle de cette époque coloniale qui avait commencé au XIXe siècle. Ils sont morts parce que, soldats, leur devoir devait s'accomplir. Nous leur rendons hommage tous les ans, à cette date anniversaire du 7 mai 1954 qui a conduit à la signature des accords de Genève, ouvrant la voie au droit du peuple vietnamien à son autodétermination. Et, des décennies après, à de nouvelles relations dont La Seyne est actrice...

 

Car l'heure est à l'amitié retrouvée entre les deux peuples. La Seyne est heureuse d'avoir tissé des liens avec Cần Thơ, cette ville portuaire vietnamienne avec laquelle nous nous sommes jumelés. Signe de l'espoir d'un avenir de Paix et de coopération, nos homologues asiatiques invitent de jeunes étudiants de chez nous à effectuer un séjour dans leur province du Phong Dinh dans le cadre d'un programme de promotion... de la langue française.

Ça ne doit pas nous faire oublier ceux qui ne sont pas revenus de là-bas ou ont gardé dans leurs chairs les marques durables de la souffrance. Voici le propos que j'aurais prononcé ce jeudi devant notre Monument aux morts si les circonstances sanitaires avaient permis que se tienne la cérémonie habituelle qui nous y rassemble... 

 

« La guerre d’Indochine s'est déroulée de 1946 à 1954 ; elle a opposé les forces du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient aux forces Viet Minh. 

« La bataille de Điện Biên Phủ fut un enjeu diplomatique et politique, mais c’est bien le drame militaire qui nous réunit dans le souvenir.

« Điện Biên Phủ est une petite plaine au nord-ouest du Viet Nam qui fut le théâtre de la dernière bataille.

« Pendant plusieurs semaines, les troupes de l'Union Française eurent à subir les assauts acharnés d'un ennemi très supérieur en nombre. 

« Le 7 mai 1954, la guerre entre dans sa phase terminale après 170 jours d’encerclement et 56 jours de combats acharnés, de courage et de souffrance. Les Accords de Genève seront signés quelques mois plus tard. La France quitte la partie nord du Viêt Nam, l'ancien Tonkin.

« Aujourd’hui nous pouvons dire que ces hommes vécurent un véritable sacrifice, ils obéissaient aux ordres et se battaient pour un combat décidé ailleurs. 

« C’est sans doute cela qui force le respect. Au-delà des considérations partisanes, nous retiendrons qu’une des grandes forces d’un pays démocratique est d’avoir à son service une armée respectueuse du pouvoir politique qui est le reflet de la volonté populaire exprimée dans les urnes. 

« C'est le drame militaire qui nous réunit dans le souvenir, mais, bien sûr en d'autres lieux qu'ici, ailleurs que face à ce Monument aux morts, on ne peut pourtant ni faire l’économie des questions propres au colonialisme, ni se pencher sur la question de la diversité en occultant les questions du passé.

« Car nous ne pouvons vivre sans héritage, nous le savons, mais, forts des combats menés par nos aïeux, il nous faut aussi savoir être critiques là où des engagements sont paradoxaux face aux valeurs que nous défendions, ici, en métropole, et défendons encore aujourd'hui. Jules Ferry ne fut pas seulement l’homme de l’école de la République et de ses belles valeurs qui nous réunissent, il fut aussi celui de la coloniale !

« Nous avançons bien sûr chaque année un peu plus, et ce jour annuel de commémoration, désormais, doit marquer une nouvelle volonté politique, celle de défendre les peuples, celle de faire progresser la paix et la démocratie. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 17:59

On s'en souvient sûrement, à défaut de pouvoir participer aux commémorations qui jalonnent habituellement les semaines précédant le 11 mai qui se trouve être la fin du confinement sanitaire, j'avais lancé l'idée de me faire parvenir des productions, sous la forme de création artistique qui convient le mieux à chacun, invitant à l'exercice du devoir de mémoire, que je me proposais de diffuser sur ce blog.

Pour le 24 avril, date officielle de recueillement en mémoire des victimes du génocide arménien de 1915, un film vidéo m'a été transmis, que j'ai déjà mis en ligne. Avec un peu de retard, je propose ci-dessous une bande dessinée poignante créée par une jeune Seynoise, Louise Nigoghossian, étudiante en Bachelor BD-Illustration à l'École de Condé Axe Sud de Marseille. Un témoignage sur l'arrivée puis l'intégration à La Seyne d'une famille arménienne – la sienne – qui a dû fuir sa terre natale il y a un siècle...

 

Merci infiniment à Louise pour cette belle œuvre qui suscitera sûrement l'émotion dans nombre de familles seynoises...

Je vous invite à la découvrir en cliquant sur le lecteur ci-dessous.

Et je rappelle à tous, jeunes et moins jeunes, mon invitation à produire, même sans être talentueux, des témoignages personnels sous quelque forme que ce soit, picturale, sculpturale, photographique, vidéo, musicale, ou toute autre, si possible avant la date prévue pour les commémorations à venir d'ici au 11 mai qui ne pourront se tenir, que je rappelle plus bas.

Nous avons commémoré le génocide des Arméniens, puis le souvenir de la libération des camps de concentration et d'extermination nazis, pour lequel une autre Seynoise a proposé un magnifique et émouvant carnet de voyage également mis en ligne.

Il nous reste avant le déconfinement...

> la commémoration de la chute de Dien Bien Phu (7 mai)

> la commémoration de la victoire du 8 mai 1945 sur l'Allemagne nazie et ses alliés (8 mai)

> la Journée de l'Europe (9 mai)

> la commémoration de l'abolition de l'esclavage (10 mai)

À vos crayons, pinceaux, burins, gouges, appareils photos, caméras, instruments ! Et envoyez-moi vos créations (ou leurs photos ou vidéos) par courriel.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 06:48

Cette période où, comme chaque année, nous aurions dû nous retrouver pour plusieurs commémorations successives, est évidemment perturbée par l'épidémie.

Le dernier dimanche d'avril est dédié à la mémoire des victimes des camps de concentration et d'extermination de l'Allemagne nazie, mais on comprendra que la raison sanitaire a commandé à l'État d'interdire que se tiennent les traditionnels rassemblements autour de notre monument aux morts. Tout au plus avons-nous pu, suivant la prescription de la préfecture, hisser les drapeaux sur les mâts qui dominent notre stèle mémorielle communale.

Pour autant, le devoir de mémoire s'impose.

 

C'est pourquoi j'ai proposé il y a quelques jours dans un message aux jeunes et aux moins jeunes de mettre en ligne des créations qu'ils auraient pu réaliser, sous les formes, artistiques ou pas, qui leur convenaient, autour des objets des diverses commémorations. Pour ce dimanche, seule une native de La Seyne, ancienne concitoyenne vivant désormais dans le département de Vaucluse, Cécile Teisseire, m'a fait parvenir sa création. Il s'agit du carnet d'un voyage mémoriel de 9000 kilomètres qu'elle a effectué au travers de l'Europe, de camp en camp, que je propose de feuilleter en cliquant ICI ou sur l'image illustrant cet article. Merci et félicitations à elle pour ce témoignage.

Je livre également aux visiteurs de mon blog le discours que j'aurais prononcé si le rassemblement traditionnel avait pu avoir lieu. Cliquez ICI pour le lire.

Et à prendre connaissance de celui qui aurait été lu par le représentants des associations de déportés. Cliquez ICI pour le lire.

Et comme, malheureusement, il m'a été rapporté qu'il se dirait qu'il serait inexact que les services de l'État auraient interdit les manifestations mémorielles, je suis dans l'obligation, afin de faire une nouvelle fois taire une polémique naissante, de reproduire ci-dessous le courriel reçu de la préfecture du Var à ce sujet. Décidément, certains ne changeront jamais...

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 21:15

On connait bien, à La Seyne, les noms de plusieurs familles d'origine arménienne implantées chez nous depuis maintenant cinq ou six générations, qui ont fait souche et pris leur place, bien souvent éminente, dans notre vie sociale, économique et culturelle.

Les 24 avril, nous commémorons habituellement, lors d'une cérémonie départementale qui se tient devant le monument aux morts de Toulon, l'anniversaire du génocide des Arméniens perpétré par le parti des « Jeunes turcs » au pouvoir dans l'empire ottoman. Cette date a été retenue en référence à la rafle des intellectuels arméniens qui eut lieu à Constantinople en 1915. Mais les circonstances sanitaires de cette année nous obligent à trouver un autre biais pour exercer notre devoir de mémoire...

 

Comme je l'indiquais dans un récent article de ce blog, plusieurs temps mémoriels ne pourront se tenir suivant les formes auxquelles nous sommes habitués : outre le 105ème anniversaire du génocide des Arméniens, ce sera ce dimanche le souvenir des victimes de la déportation dans les camps nazis, puis, le 8 mai, la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie, la journée de l'Europe le lendemain, et l'abolition de l'esclavage le surlendemain.

J'ai imaginé d'inviter nos concitoyens, de tous âges, à m'adresser des créations, sous quelque forme que ce soit, qu'ils auraient réalisées autour de ces diverses sujets de mémoire. Il faut le reconnaître, ma suggestion n'a pas, pour l'instant, passionné les foules...

Je remercie toutefois l'ami René Reverdito, talentueux vidéaste amateur, d'avoir rappelé à mon souvenir un film réalisé il y a une douzaine d'années par les « Traqueurs de mémoire », donnant la parole à des descendants seynois d'Arméniens ayant dû fuir la barbarie qu'ils ont connue au début du XXe siècle. Ce film, L'Arménie est mon héritage, me semble être un bon moyen d'aborder, par le prisme des souvenirs de leurs enfants, dont certains, belles figures de La Seyne, nous ont très récemment quittés, et de leurs petits-enfants, ce qu'a été le massacre d'un million et demi de gens, la dureté de l'exil et le combat pour l'intégration dans notre nation des Droits de l'Homme...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 12:42

Dans une semaine, dimanche prochain, aurait dû se tenir la commémoration annuelle à la mémoire des déportés des camps de concentration et d'extermination du régime nazi. C'est en effet le dernier dimanche d'avril que nous nous retrouvons autour de notre Monument aux Morts, corps constitués et citoyens, souvent en présence de jeunes écoliers, collégiens et lycéens, dont les professeurs profitent de cette occasion pour évoquer avec leurs élèves le temps de la déportation et du terrible système concentrationnaire.

Cette année, bien sûr, la cérémonie n'aura pas lieu, par décision compréhensible de l'État. Cela ne nous interdit pas de mettre à profit la semaine qui nous sépare d'elle, depuis nos confinements, pour, sous une forme moins collective et moins solennelle qu'habituellement, avoir une pensée pour les victimes de ces heures sombres de l'histoire mondiale...

 

Nous nous en tiendrons, dimanche 26 avril, suivant les instructions de la préfecture, à hisser les drapeaux sur les mâts qui dominent notre Monument aux Morts. Les fleuristes étant interdits d'ouverture et les rassemblements prohibés, il ne pourra être procédé aux habituels dépôts des gerbes des associations d'anciens combattants, et des représentants de la Région, du Département et de la Ville. Je ferai néanmoins publier sur le site Internet de la commune le message, s'il nous est fourni, que délivre habituellement la secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, chargée des Anciens combattants, et celui que j'aurais prononcé.

 

UNE AUTRE FAÇON CRÉATIVE D'EXERCER NOTRE DEVOIR DE MÉMOIRE

Il m'est venu à l'idée de suggérer aux jeunes – et, pourquoi pas, aux moins jeunes – qui le souhaiteraient de mettre à profit leur temps de confinement pour des activités d'éveil aux réalités de cette terrible époque, par exemple celles proposées sur le site de Yad Vashem ou le « mur interactif » mis en ligne sur le site du Camp des Milles, ou encore le site du camp d'Auschwitz-Birkenau (en anglais).

Et je propose à ceux qui le voudraient, là encore jeunes et moins jeunes, de m'envoyer avant le 25 avril par courriel ou WeTransfer (à vuillemotmarc@gmail.com) des photos de dessins, peintures, sculptures, enregistrements audio ou vidéo, musique ou chanson, ou autres, et autres supports artistiques, qu'ils réaliseraient eux-mêmes (pas de copies !) sur le thème dans la semaine qui s'ouvre et que, avec leur autorisation, je mettrais en ligne sur mon blog et ferais mettre sur le site de la Ville dimanche prochain, jour officiel de cette commémoration au caractère très particulier cette année.

Je suggère enfin que cette même démarche de petites (ou importantes !) créations thématiques à me faire parvenir au plus tard aux veilles des autres rendez-vous commémoratifs annulés pour cause de pandémie :

> la commémoration du génocide arménien de 1915 (24 avril)

> la commémoration de la victoire du 8 mai 1945 sur l'Allemagne nazie et ses alliés (8 mai)

> la Journée de l'Europe (9 mai)

> la commémoration de l'abolition de l'esclavage (10 mai)

 

Ce sera notre façon seynoise de ne pas oublier et de nous redire « plus jamais ça ! ».

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 17:24

De notre concitoyen François Grosso, 94 ans, vétéran de la Première armée française libre, tout jeune engagé volontaire auprès de celui qui n'était encore “que” général, avant d'être élevé à la dignité de maréchal, Jean de Lattre de Tassigny, libérateur de La Seyne en août 1944, aux 45 jeunes Seynois et Ouest-Varois de 16 à 21 ans, filles et garçons, qui consacrent volontairement leurs temps libres de l'année scolaire à une découverte de la Marine nationale, formés aux savoirs, savoir-faire et savoir-être par de dévoués militaires réservistes, dans le cadre de la Préparation militaire marine “Amiral Trolley de Prévaux” dont la ville de La Seyne est la marraine, en passant par la rencontre conviviale avec les bénévoles de  notre Réserve communale de sécurité civile, si actifs en prévention des incendies de forêt, et en appui aux service de secours lors des feux, de la canicule, des inondations et de tous les incidents qui jalonnent notre vie locale, ce samedi aura été riche de belles rencontres avec des Seynois de tous âges, de toutes conditions, de tous quartiers, ayant comme point commun une vraie volonté de se rendre utiles.

Je ne peux qu'encourager le maximum de nos concitoyens à faire comme ces Seynois dont l'altruisme constitue un exemple à saluer.

 

 

 

 

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26 septembre 2019 4 26 /09 /septembre /2019 20:32

À midi, à La Seyne, ce 26 septembre, nous avons décidé de mettre les drapeaux en berne sur nos édifices publics.

Comme toute la France, notre ville apprenait la mort de Jacques Chirac. Nous sommes attachés à une république respectueuse. Comme dans toute la France, la question d'honorer sa mémoire ne s'est posée dans la tête d'aucun des membres de notre municipalité, ni sûrement d'aucun de nos concitoyens, fussions-nous nombreux à ne pas avoir adhéré aux politiques qu'il a promues et conduites.

 

Le vieux président de la République restera celui dont je prononce le nom tous les ans, le dimanche de juillet le plus proche du 16, jour funeste de 1942 de l'abominable rafle du Vel d'hiv', à l'occasion de la Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français et d'hommage aux Justes de France.

Oui, Jacques Chirac a été celui qui, en 1995, a porté une belle et forte parole de la France, reconnaissant officiellement, en notre nom à tous, la responsabilité historique de notre pays dans l'abomination de la Shoah et des massacres des Juifs et de tous les « différents », affirmant avec solennité « que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français, par l'État français ».

Et Jacques Chirac fut aussi celui qui, en octobre de l'année suivante, à Jérusalem, en colère, réaffirma son engagement permanent et sans faille pour que se crée un État palestinien et une solution durable de paix avec deux États dans cette région du Moyen Orient. La Seyne, qui honore par les dénominations de lieux publics les trois prix Nobel de la paix que furent Yasser Arafat, Shimon Peres et Yitzhak Rabin, se doit de conserver et promouvoir la mémoire d'un de ses hommes d'État qui a porté courageusement cette belle parole universelle de paix et de fraternité. Elle anticipait pour cette région du monde l'opposition de la France, nation alors fière de son indépendance, portée en 2003 par la patiente autant que déterminée stratégie diplomatique de Jacques Chirac, à suivre les choix américains au moment où les États-Unis déclenchèrent la guerre en Irak, confirmée à l'ONU par son Premier ministre d'alors, Dominique de Villepin.

L'histoire de chaque homme connaît ses moments d'ombre, bien sûr. On n'oubliera pas l'épisode « [du] bruit et [de] l'odeur » ni les affaires judiciaires de la mairie de Paris. Mais l'heure est au souvenir des actes et propos grands et forts qui, par la bouche de Jacques Chirac, ont honoré et honorent notre Nation républicaine.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
21 juillet 2019 7 21 /07 /juillet /2019 06:34

 

Deux squares, l'un à Solliès-Pont, l'autre à La Valette, dotés chacun d'une belle sculpture, une plaque commémorative à Belgentier, et une belle stèle que nous avons fait installer en 2011 à la suite d'un concours d'artistes sculpteurs, sur notre Parc de la Navale, voilà, selon le Comité français pour Yad Vashem, les quatre lieux varois de mémoire des 27.362 « Justes parmi les Nations » reconnus, dont 4.099 Français, ces non Juifs qui, au péril de leurs vies, ont aidé des Juifs persécutés par l'occupant nazi, ainsi que de ceux dont on ignore qu'ils le firent également, demeurant après la guerre dans la discrétion et l'anonymat.

 

C'est autour de notre monument seynois que nous nous sommes retrouvés ce dimanche. Après les beaux textes lus par Jean Huillet, Seynois fils d'un Juste, par Annie Cittadini, qui nous a offert celui rédigé par des adhérentes de l'atelier d'écriture de l'association « Femmes dans la Cité », par les jeunes du Service Municipal de la Jeunesse, par Émilie Guérel, députée de notre circonscription, et par notre adjoint Christian Pichard, transmettant la parole du Gouvernement, j'ai prononcé une petite allocution...

 

« Nous sommes, comme chaque année, réunis le premier dimanche suivant le 16 juillet, date anniversaire de la funeste rafle du Vel d’Hiv’, pour une "journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l’autorité de fait dite “gouvernement de l’Etat français” (1940-1944)".

 

« La République, déposée par Pétain, s’est exonérée longtemps de cette infamie. Jusqu’à Jacques Chirac qui, avec courage et lucidité, a reconnu en 1995 une responsabilité de la France.

 

« En 2000, les "Justes de France" sont associés afin que la Nation témoigne sa reconnaissance à tous ceux "qui ont recueilli, protégé ou défendu, au péril de leur propre vie et sans aucune contrepartie, une ou plusieurs personnes menacées de génocide".

 

« Vous permettrez, cette année, que je dédie cette cérémonie à la mémoire d’Henriette Cohen, rescapée d’Auschwitz-Birkenau et décédée le 28 juin dernier. Elle était la doyenne française des rescapés. Son mari et ses deux filles furent sauvés par une famille de paysans des Bouches-du-Rhône, ces bienfaiteurs furent reconnus "Justes parmi les nations".

 

« Malheureusement, des crimes, au nom de la race, de la religion, de la différence, sont encore perpétrés de par le monde, dans des situations de guerre, ou pas. L’actualité montre que le rejet des autres guide encore de trop nombreux groupes de personnes.

 

« Il est triste de constater que partager quoi que ce soit avec un étranger, est devenu, plus qu’une crainte, une peur.

 

« Ce ne pourrait être qu’un constat navrant si l’instrumentalisation de ces peurs, la stigmatisation, et, in fine, la conversion de la question sociale en angoisse identitaire, n’était un chemin connu vers le pire.

 

« Inlassablement le travail éducatif, citoyen et humaniste est à remettre sur le métier. Notre mémoire à entretenir : selon les mots du philosophe et poète Hölderlin, on se remémore pour voir venir, c’est la rétrospective anticipative.

 

« Je suis très heureux que les femmes de l'atelier d'écriture de l'association « Femme dans la Cité » aient porté cette parole à faire passer, et, peut-être encore plus au regard de leur jeune âge, que nos animateurs communaux incitent et aident les ados des Espaces Accueil Jeunes municipaux à préparer et participer régulièrement à cette cérémonie. Ils doivent être fiers car ils montrent qu’ils sont l’avenir de cette mémoire. Nous ne dirons jamais assez le rôle capital de la transmission.

 

« Contre la haine, toutes les haines, affirmons nos principes et le respect des hommes, libres et égaux en droits… et en devoirs.

 

« Chacun a le droit à la liberté de conscience, à la liberté de culte, à la liberté de pensée. Chaque existence a droit à la différence… mais dans le devoir de respecter et d’appliquer les lois de la République.

 

« Nous devons garder espoir en notre capacité à fraterniser, à penser le monde, dans le respect de la terre, des espèces et des hommes, parce que l’immense majorité de nos concitoyens a montré, les jeunes en particulier, leur attachement à la diversité.

 

« Vive la République sociale, fraternelle, solidaire et durable ! Vive l'amitié entre les hommes ! »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
14 juillet 2019 7 14 /07 /juillet /2019 15:08

Le 14 juillet a été célébré ce dimanche en présence de dizaines de Seynois et de nos visiteurs, des représentants des pompiers, des polices nationale et municipale, de la réserve communale de sécurité, de la Marine nationale, du 519ème groupe inter-armes de transit maritime avec lequel La Seyne est jumelé, de la Préparation militaire marine Amiral Trolley de Prévaux dont notre commune est la marraine, de la Gendarmerie maritime, de la Philharmonique « La Seynoise » et de la « Clique seynoise », et des maires et adjoints de certaines de nos villes jumelles et amies (Allonnes, Bizerte, Buti, Maardu et Menzel Bourguiba). Après la lecture d'un texte émouvant écrit par les jeunes adhérents de notre espace sportif et d'accueil jeunes (ESAJ) de Berthe, j'ai moi-même prononcé le traditionnel discours républicain...

 

 

« Parfois, avec le temps, nous perdons l’idée qui a fait sens dans une fête. Celle du 14 juillet est née en 1790. Mais, parce qu’elle apparut trop subversive après le sacre de Napoléon, elle a été supprimée en 1804.

 

« Elle revînt avec éclat, en 1880, pour les raisons exactement inverses : glorifier l’avènement de la République par le peuple. Encore de nos jours, elle commémore la Révolution française. 

 

« Le 14 juillet 1789, est décidé le port de la cocarde, le peuple de Paris, figuré par le rouge et le bleu du blason de la ville, entourant le Roi symbolisé par le blanc. Ce peuple a enlevé fusils et canons aux Invalides. Et il est parti prendre la prison de la Bastille, symbole de l’absolutisme.

 

« Ce peuple découvrait le droit de s’insurger : quand des ministres créent la famine, il ne se contente pas de brandir des piques et d’en appeler à l’arbitrage du roi : il se substitue à son autorité. 

 

 

LA FÊTE ÉTERNELLE DU GENRE HUMAIN

 

« Le 14 juillet est donc une fête symbolique qui marque notre démocratie par l’irruption du peuple dans la sphère du pouvoir.

 

« Michelet espérait que le 14 juillet représenterait un jour “la fête éternelle du genre humain”. Mais, dans cette quête, il y eut bien des aléas, trois révoltes, 1830, 1848, 1871, deux empires, trois monarchies, deux guerres mondiales, quatre républiques. En 1958, avec la Vème, est créé le Conseil constitutionnel : la loi exprimera la volonté générale dans le respect de la loi suprême qu'est la Constitution. Plutôt que la révolte et les armes, place au verdict des urnes. Une République apaisée, un triangle vertueux : le peuple, ses élus, la loi.

 

« La France a promu une organisation nouvelle, qui, en donnant à l’individu toute sa place, le situe dans un cadre collectif. Être un homme parmi les hommes est une responsabilité. C'est parce que je suis responsable que je peux être libre.

 

« D’ailleurs, notre première liberté est cette volonté autonome de nous opposer, non seulement aux actes immoraux des autres, mais d'abord à nos propres désirs égoïstes.

 

« La nation démocratique fonde sa légitimité sur le citoyen. Ce dernier dispose des mêmes droits et doit remplir les mêmes obligations, indépendamment de son sexe, de son appartenance à une collectivité historique, de sa religion ou de ses caractéristiques économiques et sociales.

 

« Aux doctrinaires intolérants qui prétendent qu’il y a qu’une seule façon de penser, la leur, rappelons le “Discours décisif”, dans lequel le philosophe Averroès critique les sectes parce qu’elles considèrent que ce qui importe n’est pas tant de respecter la loi que d’appliquer leurs propres principes.

 

 

LA NATION, UN PROJET CIVIQUE

 

« La nation est indissociablement une communauté de culture, un lieu de mémoire, et en même temps un projet civique.

 

« Mais le chemin est ardu, empli d’ornières creusées par un libre-échange qui n’a de libre que le droit de quelques-uns de s’enrichir sur le dos du plus grand nombre. Car, oui, le creusement des inégalités provoque des réactions antidémocratiques. L’affirmation abstraite de la liberté de l’individu et de l’économie, si elle se fait au détriment de l’égalité, déclenche une désaffection pour la démocratie, un rejet des autres, la tentation de désigner un coupable.

 

« Le philosophe Debray la désigne comme “l’expression d’un néolibéralisme économique le plus destructeur, et par là-même, en réaction, le fournisseur des nationalismes les plus obtus”.

 

« Tous les hommes sont en principe égaux, mais toute disproportion de fortune engendre de la domination. C'est un danger que pointait Rousseau : “Que nul citoyen ne soit assez opulent pour pouvoir acheter un autre, et nul assez pauvre pour être contraint de se vendre”.

 

« L’abîme entre les revenus du capital et ceux du travail, voilà ce qui met à mal la liberté. Les intérêts privés qui lorgnent sur les services publics, à l'instar, aujourd'hui, des aéroports, sont une menace pour l’équilibre républicain. 

 

« D'ailleurs, en 1868, les républicains, révoltés par la misère, ne s'y trompaient pas, s’écriant : “Nous voulons la république, une république sociale”. Hélas, la réponse, ce fut la guerre, voulue par Napoléon III pour discréditer ces forcément factieux.

 

« Mais l’Histoire a ses retournements. Ce sera Sedan, la défaite, et l'empereur prisonnier des Prussiens. Et voilà que, contre toute attente, le 4 septembre 1870, la République est à nouveau proclamée sur fond de guerre.

 

« Paris est en état de siège. En janvier 1871, c’est la capitulation. Les Parisiens n’en veulent pas, ce sera la Commune de Paris, en mars. Elle finira, trahie par les Versaillais, dans une “semaine sanglante” fin avril. La nouvelle assemblée est largement royaliste. Les Prussiens défilent sur les Champs-Elysées, l’Alsace et la Lorraine sont abandonnées.

 

« La république, vaincue, démembrée, rejetée en arrière par des malheurs sans nom, est réduite à recommencer son histoire. Mais c’est de là que naîtront les grandes lois constitutionnelles, les lois sur l’école, la presse, les syndicats, les associations, la laïcité, et que renaîtra... la fête du 14 juillet.

 

 

ON N'EMPORTE PAS LA PATRIE À LA SEMELLE DE SES SOULIERS

 

« La république est une longue histoire. D'ailleurs, on ne saurait s’inclure dans la nation française sans en connaître l’histoire. Elle s’est fondée sur l’idée révolutionnaire “d'adhésion volontaire” de libres citoyens, principe né avec la Constituante.

 

« La fête de la Fédération de 1790 est la première manifestation de ce patriotisme d’adhésion. Danton le dit avec des mots populaires : “On n’emporte pas la patrie à la semelle de ses souliers”.

 

« C’est également Renan qui parle de “referendum quotidien”, par référence à la règle commune fondée sur la laïcité, la reconnaissance des lois et de l’autorité de la République sur tous les citoyens sans distinction : “l’héritage indivis”.

 

« C’est cela aussi l’intégration républicaine.

 

Le Président de la République l’a rappelé à propos de la séparation des cultes et de l'État : “La loi de 1905 est notre pilier, pertinente, (…) Elle doit être appliquée”. Puisse-t-il – et puissions-nous – nous y tenir. Car le communautarisme ferait prendre le risque d’une dérive qui génèrerait la sécession de pans de notre République.

 

 

LA CONTINUATION DE L'ESPRIT DES LUMIÈRES PROCÈDE DE L'ÉDUCATION PERMANENTE

 

« D’autant que l’infrastructure des réseaux sociaux, nouveaux serviteurs d'un Moloch auquel on sacrifie nos enfants par le feu, est volontairement compartimentée, alimentée par un flux sélectionné selon des algorithmes qui orientent vers l’entre-soi, renforçant les certitudes initiales, tout esprit critique absent, en cultivant une illusion d’agora.

 

« Le conditionnement, la domination sans limite d’un réseau social, la perte des codes de transmission et de conduite, des règles les plus élémentaires de civilités, ouvrent la voie d’un grand charivari, une menace pour nos démocraties.

 

« Le débat public est de plus en plus dispersé, il devient “un grand bruit de fond” qui ratatine ou magnifie des événements à la faveur d’un tweet…

 

« C’est bien pourquoi nous devons promouvoir la République, et vivre la laïcité comme une ligne de conduite. La laïcité n’est ni ouverte, ni fermée. Elle n’a pas d’adjectif. Toute immixtion dans ce qui est de l’ordre de l’Etat ou de l’organisation d’une société du fait d'une croyance ou d'un dogme ne peut être acceptée.

 

« L’esprit des Lumières, la confiance dans la liberté et la raison, sont à l'origine de la Révolution. Et leur continuation réside dans l’éducation permanente. Ce que nous faisons aujourd'hui.

 

« N'ayons pas peur de l’avenir, mais soyons conscients de nos responsabilités. Notre chemin est l'action publique, l'ouverture aux autres et la protection désintéressée de la planète. Nous ne trouverons la force d’exercer cette responsabilité que par la médiation des uns avec les autres. Agir ensemble pour faire république.

« Vive donc la France de la République, sociale, laïque, et humaniste ! »

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

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