12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 06:46

http://www.la-seyne.fr/1er-Conseil-municipal-06-04-2014/album/slides/20140406LF0422.JPGJe termine mes publications de la semaine qui a suivi l'installation, dimanche dernier, du conseil municipal de La Seyne, avec la mise en ligne, commencée hier (voir ICI), du propos que j'ai prononcé devant le Monument aux morts, en hommage à La Seyne républicaine...

"À La Seyne, le nom des écoles et des rues sont aussi le reflet des combats de ces hommes et femmes défenseurs ou promoteurs de la République.

"Pour la deuxième, on retrouve par exemple les noms de : Arago, Louis Blanqui, Louis Blanc, Lamartine, Ledru-Rollin, Victor Schœlcher…

"La Constitution de 1848 fut la matrice de la nôtre. Pour la première fois, elle dotait la France d’un Président. Louis-Napoléon n’aurait pas dû l’être, mais - je cite - « porté par la déception des masses populaires », il fut élu pour quatre ans sans pouvoir se représenter… On connaît la suite, le coup d’Etat du 2 décembre 1851. Nous devrions y repenser...

"Je saisis ce moment pour irriguer nos consciences citoyennes du souvenir de ces anonymes, de ces humbles, de ces sans-grade, qui, en ce glacial décembre, surent rester lucides. Ils se levèrent pour défendre la République. Une République violentée par celui-là même qui devait la défendre, son Président. Ils le payèrent cruellement : exécutions, emprisonnements massifs, déportations en Algérie, relégation au mouroir de Cayenne… 

"Leur insurrection fut une insurrection légaliste, de défense de la Constitution violée. Elle était porteuse d’une immense espérance, celle de "la Bonne république", "la Sainte république", la République démocratique et sociale… C’est une rhétorique qui peut faire sourire aujourd’hui devant l’usure des mots, mais elle était porteuse d’une grande audace politique : donner à l’ouvrier le droit au travail, assurer au petit paysan et à l’artisan la garantie de leurs propriétés menacées par l’usurier ; ouvrir à tous les enfants une école laïque, et gratuite.

"Mais revenons au souvenir des Républicains dans l’appellation de nos rues, la Commune de Paris, avec Louise Michel, Eugène Pottier, Edouard Vaillant, Jules Vallès.

"La IIIe République, Léon Blum, Aristide Briand, Carnot, Emile Combes, Jules Ferry, Gambetta, Jaurès, Gabriel Péri, Léo Lagrange, Jean Zay.

"La quatrième avec Benoît Frachon, Mendes France, Jean Monnet.

"La cinquième avec de Gaulle, Pompidou.

"La mémoire est essentielle pour définir ce que nous sommes, ce que nous voulons faire ensemble. Par cette distanciation nous pourrons cohabiter les uns avec les autres dans un espace de civilité, CONTRE la démagogie du populisme identitaire qui joue sur les peurs et les ressentiments et POUR le projet d’une ville en harmonie et en dynamisme qui s’inspire de ce que firent les démocrates de toutes sensibilités dès 1944 en rédigeant le document programmatique du Conseil National de la Résistance... « Les jours heureux ».

"Enfin, je reprends d’un ami cette phrase : « Dans une Nation qui a pour hymne La Marseillaise, la tradition démocratique n’était-elle pas la meilleure des traditions méridionales »

"Hommage aux Seynois morts pour la France et la République. Vive La Seyne républicaine !"

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 04:34

http://www.la-seyne.fr/1er-Conseil-municipal-06-04-2014/album/slides/20140406LF0397.JPGÀ l'issue de la réunion d'installation du conseil municipal de La Seyne, dimanche dernier, comme cela se fait dans d'autres communes et comme cela a pu se faire dans le passé chez nous, j'ai souhaité que les élus et la population se rendent au Monument aux morts de la ville pour rendre hommage à la République et aux Seynois qui ont donné leur vie pour elle. J'ai, à cette occasion, prononcé un petit discours...

"J’ai souhaité, symboliquement, que le Conseil municipal se retrouve ici pour le dépôt d’une gerbe, afin de célébrer ceux qui ont honoré la République souvent les armes à la main.

"En effet, notre régime politique, la République, n'a pas toujours été une évidence.

"C'est avec l'institution de la Troisième République, proclamée le 4 septembre 1870 (d’ailleurs, il faudra faire rajouter l’année à l’avenue du même nom, beaucoup ne savent plus à quoi le 4 septembre fait référence), que la République, sous l'égide des ministères de Jules Ferry de 1879 à 1885, s'inscrivit définitivement dans les mentalités. On lui doit en particulier l’école obligatoire, gratuite et laïque.

"Dès la proclamation de la République par les révolutionnaires, il y a un fil conducteur. D’ailleurs, la Constitution de 1958, qui fonde la Ve du nom, fait expressément référence dans son introduction à deux textes très importants : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et le préambule de la Constitution de 1946. Ces textes définissent des droits individuels : la liberté et l’égalité.

"De ces 2 principes « gravés par la nature dans tous les cœurs », dit la Constitution de 1795, découle la fraternité :

  • Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît.
  • Faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. 

"Notre constitution définit également des principes politiques :

"La souveraineté de la nation...

"L’autorité émane exclusivement de la collectivité des citoyens qui s’exprime par la loi. Elle est l’expression de la volonté générale.


"La séparation des pouvoirs...

"Montesquieu avait distingué les pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Leur équilibre garantit les libertés.

 

"La laïcité...

 "Il s'agit de mettre la liberté politique collective à l'abri des entreprises de la religion, tout en respectant la liberté privée des consciences ainsi que l'expression publique des convictions. Les ctoyens sont invités à faire abstraction de leurs croyances et attaches personnelles lorsqu'ils se déterminent collectivement. (...)"


 

> la suite de mon propos

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 05:00

131111_armistice_3.jpgMon discours à l’occasion de la commémoration de l’armistce de 1918 a été, cette année, un peu plus long qu’à l’ordinaire. C’est que j’ai voulu y glisser quelques références locales et confirmer mon appel à participer à la Grande Collecte. Les lecteurs de ce blog y retrouveront des questions déjà évoquées ici...

« Lorsqu’on évoque les bornes de la Première Guerre mondiale, on parle de la seule guerre qui symbolisa à un tel point l’unité nationale, la défense unanime de la Patrie, la reconquête territoriale , et donc, en 1914, la liesse des premiers départs, la fleur au fusil... pour en arriver, en 1918, à l’horrible monstruosité des chiffres : 19 millions de morts et 21 millions de blessés, militaires et civils, dans le monde.

« Pour ma génération, c’est un souvenir des récits de nos grands-pères. Pour la jeunesse, un chapitre du programme d’histoire.

« Les guerres sont cruelles, dévastatrices, remplies de larmes, de sang, de cendres. Alors pourquoi celle-là, plutôt qu’une autre dans notre mémoire collective après près de cent ans ? On l’a dit, l’unité nationale ! Sans défaut. Le sentiment patriotique. Mais, si c’est une première mondiale, c’est aussi celle de plusieurs premières : les nationalismes jamais autant exacerbés, les États aux ordres des capitaines d’industrie, les Scheider, les Renault, et d’autres chez nous, ces vrais maîtres de l’Europe revenant des champs de bataille les crocs humides de sang, jouant les va-t-en-guerre avec les avances effroyables des techniques : l’aviation, les chars d’assaut, les sous-marins, le gaz…

« C’était quoi, la guerre des tranchées ? Selon le Journal de guerre, d’Otto Dix : « Des poux, des rats, des barbelés, des puces, des grenades, des bombes, des cavernes, des cadavres, du sang, de l’eau-de-vie, des souris, des chats, des gaz, des canons, de la crotte, des balles, du mortier, du feu, de l’acier, voilà ce que c’est la guerre ! »

« Le 12 mars 2008 disparaissait Lazare Ponticelli, le dernier poilu. Il me revint l’honneur de rendre un dernier hommage au dernier poilu de la Grande Guerre. Ainsi ce fut l’une de mes premières interventions devant ce monument, et aujourd’hui, 11 novembre 2013, c’est l’une des dernières de ce mandat.

« Or nous sommes à la veille du centenaire du début de ce conflit qui bouleversa les hommes, les territoires, les équilibres anciens, l’économie mondiale, la pyramide des âges, les mentalités, les mœurs. C’est pourquoi, pour commémorer le 95ème anniversaire de la signature de l’armistice, parce qu’il n’y a plus de témoins vivants, parce qu’on ne doit pas oublier les souffrances, que l’horreur fut grande et que nous devrions en tirer toutes les leçons, j’incite mes concitoyens à participer, de demain mardi à vendredi, à la Grande Collecte des archives familiales relatives à cette guerre, opération à laquelle La Seyne s’honore d’être la seule commune varoise à participer, grâce à la bonne volonté et l’enthousiasme des agents de notre service d’archives.

« Pour ma part, aujourd’hui, j’ai choisi la distance et la puissance évocatrice qu’offre la littérature...

« Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux Allemands.

« Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres, à un millimètre peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre, ces longs fils d’acier que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud de l’été.

Fermes désertes au loin, des églises vides et ouvertes, je n’avais que vingt ans d’âge.

« Je pensais à cette incroyable affaire internationale, où je m’étais embarqué d’enthousiasme… je l’avoue.

« On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté. Je découvrais d’un coup la guerre toute entière. Il faut être seul devant elle comme je l’étais à ce moment-là pour bien la voir, la vache, en face et de profil.

« Et, avec quel effroi !... Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchainés et armés jusqu’aux cheveux ; à genoux, creusant, pétaradant, enfermés sous la terre, pour tout détruire, Allemagne, France et continents.

« Donc, pas d’erreur ? Ce qu’on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n’était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu’on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C’était même reconnu, encouragé par des gens sérieux. Rien à dire.

« (...) Ils n’ont pas duré les villages… Au bout d’un mois, il y en avait déjà plus. Les forêts, on a tiré dessus aussi, au canon. Elles n’ont pas existé huit jours les forêts.

« Après ce temps-là, les convois d’artillerie prirent toutes les routes dans un sens et les civils qui se sauvaient, dans l’autre.

« (...) Il n’y avait plus rien que la nuit.

« (...) Alors pour cette guerre, la profonde, la vraie de vrai, pitié pour nos soldats qui sont morts ! Pitié pour nous vivants qui étions auprès d'eux. Pitié pour nous, forçats de guerre qui n'avions pas voulu cela, pour nous tous qui étions des hommes, et qui désespérions de jamais le redevenir. Nous n'avions pas le sang des héros. Nous avions même comme un frisson quand la mort nous frôlait de trop près et, machinalement, nous faisions ce qu'on appelle notre devoir. »

« Fin de citation. C’étaient des évocations du « Voyage au bout de la nuit » de Céline. Souvenons-nous.

« Souvenons-nous aussi de ce que fut cette guerre à La Seyne, si éloignée des fronts : du collège des Maristes transformé en hôpital militaire, du rassemblement à l'Eden-Théâtre, sur la place de la Lune, des soldats mobilisés rejoignant les militaires d'active, de la caserne de La Gatonne en effervescence à l'heure de la mobilisation, de la construction des navires avisos aux chantiers navals qui, pour la terrible circonstance, diversifièrent leurs activités pour l'industrie de guerre : artillerie, projectiles, chevaux de frise, et le fameux char lourd FCM1A dit "de type La Seyne", commandé aux "Forges et Chantiers de Méditerranée" en 1916, dont les essais ont été réalisés en 1917 aux Sablettes, et livré à la fin de la guerre

 « Souvenons-nous de Joseph Julien, Philémon Zunino ou Alexandre Maurel, ces soldats seynois du XVème corps d'armée, dont les témoignages ont permis, plusieurs années après la guerre, de réhabiliter Marius Marcel, l'un de ces mobilisés au 7ème Colonial, originaire de Carcès, fusillé pour l'exemple comme six centaines de ses camarades pour avoir soi-disant déserté le front.

« Souvenons-nous des proches restés ici dans une angoisse croissante que, dans beaucoup de nos familles, rappelle une missive abandonnée dans un tiroir de commode, souvent malhabilement rédigée à la hâte par un soldat à l'intention des siens qui l'ont vu partir de Provence, à l'instar de celle de mon arrière-grand-oncle qui écrivait en septembre 14 à sa jeune épouse "Je pense bien que dans 30 jours, je serai de retour" et qui, cinq semaines plus tard, mourait pour la France dans l'enfer du front belge. Sans avoir rien compris de la raison de sa fin tragique. Sans même sûrement avoir pensé comme Trumbo que « personne en dehors des morts ne sait si toutes ces idées dont parlent les gens valent la peine qu’on meure pour elles ou non ».

« Souvenons-nous. Pour que, par l’inoffensif combat permanent de la mémoire face à l’oubli, vive la Paix en Europe et dans le Monde, et l’amitié entre les peuples. »

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 06:26

http://savoiretpartage.com/wp-content/uploads/2011/11/soldat-francais.jpgLa commémoration de l'armistice de 1918 a connu ce lundi un succès inhabituel de participation. Bien sûr, le soleil était de la partie, mais j'ai été ravi aussi, non seulement de la présence très nombreuse des associations d'anciens combattants et victimes des conflits, de la jeunesse généralement au rendez-vous au travers de la préparation militaire marine et de la classe "défense" du collège Henri-Wallon, des militaires d'active et des réservistes, des pompiers, des policiers nationaux et municipaux, de la philharmonique "La Seynoise" et de la Clique seynoise, mais également d'un grand nombre de personnes engagées dans la course à la mairie pour les élections municipales de 2014, dont certaines titulaires d'un mandat électif acquis en d'autres territoires que celui de La Seyne, jouant des coudes pour figurer au premier rang, ce qui a eu l'heur d'amuser certains, dont moi, mais aussi de troubler, voire offusquer, d'autres, dont des représentants d'associations patriotiques et des porte-drapeaux qui m'ont dit que cet empressement inhabituel troublait la solennité du moment.

Il est vrai, bien sûr, qu'un député, fût-il élu d'une circonscription du nord de Toulon, est chez lui dans toute la France. Il est aussi une réalité qu'un conseiller régional, fût-il toulonnais, est élu des six départements provençaux, alpins et azuréens. Et qu'il ne saurait être question de mépriser les élus de la République. Mais, lorsque une telle volonté de placement bien à la vue des photographes devant le monument aux morts contraint le maire qui, du coup, se retrouvait à n'avoir pas plus de place au premier rang que la députée-suppléante de la circonscription de La Seyne, à demander courtoisement que l'on accepte de se décaler un peu, ça frise le ridicule.


DES POSTURES QUI ONT IRRITÉ CERTAINS, ET DONNÉ À SOURIRE À D'AUTRES

 Si je le relate aujourd'hui, alors que, sur le moment, ça m'a plutôt fait sourire, c'est bien que ça a troublé plusieurs de ceux qui œuvrent inlassablement au devoir de mémoire, au point qu'une petite altercation s'en est suivie sur le sujet lors de l'apéritif qui, traditionnellement, suit la commémoration, entraînant le départ prématuré d'anciens combattants disant être choqués, non tant des circonstances lors de la cérémonie que du mépris qui leur aurait été affiché lorsqu'ils ont fait remarquer, au cours des agapes amicales, qu'il aurait été bien que chacun reste tranquillement à sa place. Vraiment, j'en appelle à la quiétude républicaine.

131111 armisticeJ'en appelle aussi à l'esprit d'indulgente compréhension quant à la tenue des participants aux cérémonies républicaines. Car autre chose a interrogé certains : le fait qu'une des jeunes collégiennes y ayant pris part avec ses camarades portait un foulard. Oh, il ne s'agissait pas d'un voile intégral, loin de là, mais d'une coiffure qui ne dissimulait en rien le visage de la jeune fille, au sens de la loi de 2011. Lorsqu'on m'en a parlé, à l'issue de la cérémonie, je ne voyais même pas à quelle adolescente on faisait référence, tant cette mode, tout à fait légale, fait partie du quotidien de nos teenagers comme la jeune fille en question, vêtue, non d'une burqa ou d'un hijab, mais comme ses camarades d'un jean et d'un haut en vogue dans la jeunesse d'aujourd'hui.

 

UNE JEUNESSE ÉVEILLÉE, COURAGEUSE, ET SENSIBLE AU DEVOIR DE MÉMOIRE

 Alors, oui, on peut toujours s'arc-bouter avec un extrême pointillisme sur les principes républicains. Ayant appris le trouble de certains participants considérant qu'il y a eu une sorte d'atteinte à la laïcité constitutionnelle puisque la jeune fille était ainsi coiffée devant le monument aux morts et le drapeau tricolore, et que ce voile pouvait être interprété comme un signe d'appartenance religieuse, j'ai évoqué la question avec les professeurs, la représentante de la direction de l'établissement scolaire et la responsable académique, également présente, chargée des relations de l'Éducation nationale avec la Défense nationale, qui, elles non plus, n'y ont pas prêté cas, et m'ont dit être assurées que l'adolescente qu'elle connaissent bien n'a eu quelque velléité de ne pas se conformer aux usages, ni a fortiori de provoquer quiconque. Même si, pour l'avenir, les représentantes de ce collège m'ont confirmé qu'elles prêteraient attention à la question, de façon préventive, car il eût été difficile d'interrompre la cérémonie pour ce petit accroc, mettant en difficulté une mineure devant des centaines de personnes, ce en quoi je partage leur sentiment.

131111_armistice_2.jpgCar, ce que je veux retenir, c'est plutôt que, une fois de plus, les enseignants et la direction du collège Wallon, invités comme tous les établissements secondaires de La Seyne par le comité des associations d'anciens combattants à réhausser les commémorations officielles par la présence de jeunes, ont répondu présents. Et les "ados" n'étaient pas là pour une simple présence statique. Ils ont préparé longuement leur venue en classe et dans leurs temps libres, lu à plusieurs voix et avec talent une lettre poignante d'un poilu décrivant l'horreur de la guerre, et déposé chacun une bougie sur la stèle des morts pour la France avant d'observer une minute de recueillement. Ça, tous les adultes présents qui m'en ont parlé l'ont ressenti comme une marque d'espoir en une jeunesse éveillée, courageuse, sensible au devoir de mémoire. Et, de toutes sensibilités politiques, ceux qui m'entouraient ont eu comme moi tendance à vouloir applaudir à l'issue de ce moment empreint d'émotion.

Car l'émotion était bien au rendez-vous, ce 11 novembre. Et c'est cela qui compte et doit rester en nos mémoires.

Demain, je publierai le discours que j'ai prononcé.

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 06:48

131101_souvenir_francais.jpgCérémonie non officielle dans le calendrier des commémorations de la République, qui explique que je n'y revêts pas l'écharpe tricolore, mais tellement ancrée dans la tradition seynoise, le 1er novembre est l'occasion d'un rassemblement, dans les allées de notre cimetière, de tous ceux qui veulent honorer la mémoire des Morts pour la France, à l'invitation de l'association du Souvenir Français, relayée et accompagnée par la municipalité et l'ensemble des associations d'anciens combattants et victimes des guerres. Le Souvenir Français veille depuis 1906 sur les stèles et monuments, grands et modestes, en France et ailleurs, qu'il entretient pour conserver la mémoire de ceux ont donné leurs vies pour notre patrie et ses valeurs républicaines, des soldats de l'An II aux victimes des derniers conflits.

 

UN HOMMAGE RENDU AVEC GALINA BAKULINA, DU CORPS CONSULAIRE RUSSE

131101_galina_bukulina.jpgÀ La Seyne, une déambulation nous conduit du mémorial de l'association à la stèle érigée en mémoire des défunts de l'Afrique française du nord, en passant par le monument dédié au souvenir des victimes seynoises civiles des bombardements de 1944 et le carré des tombes, certaines anonymes, des soldats et marins morts en 1916 et 1917 à l'hôpital temporaire n°4 installé en 1914 par réquisition de bâtiments du collège des Maristes, dont 72 russes parmi les 336 qui y furent hospitalisés. C'est pour cette raison que, avec Galina Bakulina, attachée auprès du consul général de Russie de Marseille, et le président du Souvenir Français, j'ai déposé ce vendredi une gerbe au pied du monument mémorial et du drapeau tricolore.

 

DES SOLDATS ET MARINS RUSSES MORTS À LA SEYNE ENTRE 1916 ET 1917

On reste en questionnement sur la raison de la présence de soldats russes chez nous. Il faut revenir aux liens établis entre la Russie et La Seyne, dès 1872, avec des commandes de navires du guerre pour la marine impériale russe aux Forges et chantiers de la Méditerranée.

Certains chercheurs estiment que, travaillant avec les ouvriers seynois des chantiers navals ou de l'Arsenal de Toulon à la construction de cuirassés et contre-torpilleurs, ils ont été incorporés en 1914 pour aller combattre dans les Vosges, soit dans les troupes françaises, soit dans les unités du corps expéditionnaire russe.

D'autres pensent que ces soldats, de diverses unités intervenant sur les pourtours de la Méditerrannée, ont été amenés à La Seyne depuis divers théâtres d'opérations, pour y être soignés de leurs maladies contractées du fait de terribles conditions sanitaires sur les fronts ou de leurs blessures au combat, parce que, du fait de la présence, depuis la fin du XIXe siècle, d'ouvriers et techniciens russes à La Seyne, une bonne partie du corps médical du corps expéditionnaire russe pour la XVème région militaire, avec une vingtaine de médecins et infirmières, avait été installée à l'hôpital seynois. On émet l'hypothèse que les deux raisons se conjuguent probablement.

 

LA SEYNE, PARTIE PRENANTE DE LA "GRANDE COLLECTE"

131101 plaque tombeCette histoire reste à vérifier, à compléter et à affiner. Près de cent ans avant le début de la première guerre mondiale, alors qu'est lancée par la mission du centenaire de 1914-1918 une importante opération nationale de récolte et compilation de documents relatifs à la "der des ders" qui peuvent traîner dans des administrations comme chez des particuliers, sous la dénomination de "La grande collecte", j'ai estimé que La Seyne, si attachée à la mémoire et au patrimoine, doit prendre sa part dans cette démarche citoyenne de culture et d'histoire. Les particuliers sont invités à apporter, du 9 au 16 novembre, les documents personnels qu'ils possèdent sur la "Grande guerre", qui seront numérisés et mis en ligne sur un site dédié, appelé Europeana 14-18.

Découvrant que, hormis les Archives départementales de Draguignan, aucune commune varoise n'est partie prenante de cette opération, j'ai donc demandé dès ce vendredi que nos bibliothèques municipales et/ou notre Maison du patrimoine et de l'image, avec notre service de communication, s'organisent très vite, en relation avec les organisateurs nationaux et départementaux, et, si elles le souhaitent, avec nos associations patrimoniales, pour que, dès le 9 novembre, nos concitoyens seynois comme nos voisins puissent, dans une démarche personnelle active et citoyenne, apporter une pierre utile au projet de "La grande collecte".

La mémoire, ce n'est pas seulement paraître lors des temps forts mémoriels. C'est vivre et faire vivre une démarche constante agissante. Pour les valeurs qu'il nous faut sans cesse rappeler et défendre. Celles qui évitent les guerres.

131101_ad_soldat_russe.jpg

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 04:21

http://www.tenes.info/galerie/albums/LESHARKIS/Harkis_interpr_te.jpgCe mercredi, avait lieu comme chaque année l’hommage national aux Harkis et autres membres des formations supplétives. J’ai prononcé une allocution à cette occasion...

« Je vous disais l’an dernier que les harkis n’étaient ni des héros, ni des traîtres, mais des gens ordinaires. Et que, Français, ils ont cru l’être à part entière. Mais que ceux qui furent rapatriés en 1962 après l’indépendance de l’Algérie, ne furent pas les bienvenus. Ils ont séjourné dans des camps, des hameaux forestiers, des cités de transit qui ne leur ont pas permis une intégration convenable au sein de la société française. Et que cette situation a été vécue avec beaucoup d’amertume et de rancœur.

« Aujourd’hui, on ne peut se satisfaire d’incriminer la crise économique, le chômage, les insécurités locales et internationales, pour expliquer le regain du rejet de l’étranger. On ne peut ni s’en suffire, ni se résigner.

« En France pourrait renaître de ses cendres l’idéologie nauséabonde des années 1930, lorsque l’extrême-droite (la Cagoule, l’Action française) faisait le lit du nazisme, et préparait la défaite de la France, en utilisant la xénophobie et l’antisémitisme.

« Car ces thèmes courent à nouveau, de moins en moins à couvert : le visage de l’antisémitisme est aujourd’hui complété de celui de ce que certains appellent l’islamophobie, la propagande utilise les mêmes termes, les mêmes slogans, les mêmes obsessions : l’invasion des étrangers, la perte des repères chrétiens, la priorité à donner au « vrai » Français.

« Ces thèmes, ces obsessions, sont malheureusement exploités par une partie de la classe politique. Ce sont des arguments qui se nourrissent de mensonges et de peurs. C’est une idéologie de la pensée banale qui s’alimente aux instincts les plus bas.

« La question du multiculturalisme semble obséder ces personnes. C’est une question caduque. Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges et de remise en cause. Les mélanges et les flux migratoires existent depuis que le Monde est Monde. La Seyne en est un exemple avec l’immigration des Italiens, des Polonais, des Chinois et Indochinois qui y ont fait souche, avec l’immigration tunisienne, algérienne, marocaine, ensuite, l’Afrique subsaharienne, l’est de l’Europe. Je vous renvoie volontiers vers le film et le catalogue que la ville et l’association Histoire et Patrimoine Seynois ont édité suite à l’exposition visuelle et sonore réalisée début 2013, « Nous, venus d’ailleurs, immigrer vivre et travailler à La Seyne-sur-Mer de 1945 à nos jours ».

« L’anthropologie a montré depuis longtemps que la migration, les mélanges, sont à l’origine de la race humaine moderne, l’homo sapiens sapiens : la seule race.

« Le multiculturel, tel qu’on le nomme en ce moment, n’est plus suffisant. Il fabrique des ghettos, isole les cultures et favorise le durcissement de leurs radicalismes.

« Le seul espoir que nous ayons n’est pas dans une nostalgie d’on ne sait quelle pureté originelle  – complètement illusoire – mais dans l’ouverture vers l’interculturel. Rêver d’une identité nationale figée est un leurre. Dans la rencontre des cultures et des civilisations, chaque apport à son importance, et nous ne pouvons demander à personne de renoncer à la moindre part de son héritage. En organisant cette journée, nous montrons notre capacité à regarder sereinement l’avenir, à regarder l’histoire, dans tous ses aspects. Vous le savez, il ne peut y avoir d’humanité sans mémoire, sans l’oubli des douleurs mais dans l’atténuation des rancœurs.

« Nous souvenir doit nous ressouder, au-delà de la mémoire du drame des harkis et des rôles qu’ils ont joué avec les autres supplétifs, c’est le but de cet hommage rendu à toutes les victimes, à toutes les composantes de la population française.

« Ainsi, de toutes nos forces, nous lutterons contre la propagation du racisme et de la xénophobie. Pour nos enfants. Pour demain. »

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 05:32

http://sortir.local.fr/img/agenda_sorties/sitra/sitraEVE821967_217491_fete-nationale-francaise.jpgEn présence des autorités civiles et militaires, de la population seynoise et de visiteurs, avec l’accompagnement de la clique, de la philharmonique « La Seynoise », et de l’association « Group military conservation », s’est déroulée ce dimanche le traditionnel défilé suivi d’une cérémonie au Monument aux morts, au cours de laquelle j’ai prononcé un discours...

« La tradition républicaine veut que les autorités se rassemblent, sous le regard du peuple, le 14 juillet, pour renouveler le contrat passé entre la représentation nationale et la population. Elles le font sous l’hommage, au sens médiéval du terme, c’est-à-dire en toute allégeance, des forces armées.

« C’est l’honneur des démocraties : l’usage de la force, quand elle est légitime et dûment encadrée, en est le garant protecteur, l’incarnation du Peuple et non la protection du tyran.

« Oui, nous sommes liés par une identité collective et la fête du 14 juillet participe de cette identité car elle nous élève en concitoyens.

« Les événements que nous observons ou avons observé dans le monde, au Brésil, en Egypte, pour ne citer que les plus marquants  dans des domaines différents, ici la répartition des ressources, là, la demande de prise en considération des aspirations du peuple, montrent que la citoyenneté, la démocratie, la justice, la préservation des libertés, le besoin de croire ou de ne pas croire, la séparation des pouvoirs, le droit à vivre dignement en ayant un toit, de quoi manger et un égal accès aux soins, sont des valeurs universellement recherchées.

« Elles sont implicitement reconnues aujourd’hui dans notre fête du 14 juillet.

« En avons-nous encore conscience ? Prenons garde à ne pas oublier qu’elles furent obtenues de haute lutte. Il ne faudrait pas, puisqu’aujourd’hui, dans notre pays, elles nous semblent aller de soi, qu’elles ne s’éteignent faute d’alimenter la flamme.

« Longtemps, l’incarnation de ces aspirations s’est trouvée dans le concept de Nation. Cette étape fut nécessaire. Le 28 juin, nous avons honoré les Soldats de l’An II, il fallait alors devant une coalition de toutes les monarchies de l’Europe, protéger la Nation en danger, et sauver la République. Ce furent bien des violences, de nombreuses guerres, des revers, des reconquêtes.

« Mais ne soyons pas dupes de ces violences : toutes ne sont pas légitimes. En faisant de la « résistance à l’oppression » un « droit naturel et imprescriptible », les Constituants pensaient moins légitimer la violence de la rue que protéger les individus contre toute dérive tyrannique. « Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’émane expressément de la Nation. »

« La légitimation de la violence est donc parfois un mal nécessaire. Un mal parce qu’il faut du temps pour le décider et obtenir l’assentiment des organismes reconnus, et que, en attendant, les populations souffrent. Les exemples sont malheureusement d’une triste actualité, et partout dans le monde.

« Malheureusement, les peuples ne sont pas à l’abri d’un dévoiement de cette légitimation.  Toutes les dictatures usent d’une dialectique à front renversé, et répriment par la force au nom de l’ordre établi.

« Un ordre établi qui, parfois, dans nos démocraties aussi, opprime plus qu’il ne sert. Depuis deux ans, nous observons des mouvements protestataires, dans beaucoup de régions du globe, contre des organisations qui administrent des remèdes mortifères : le printemps arabe qui se cherche encore en Tunisie ou en Egypte, les indignés en Espagne ou au Portugal, les protestations contre le système bancaire aux Etats-Unis, les ras-le-bol populaires au Brésil, en Turquie, en Grèce. Je ne parle pas des guerres. Tous, bien que différents, sur des continents différents, protestent des mêmes turpitudes : la corruption, l’inégalité, les pouvoirs illégitimes, la censure des idées et des paroles, le déclin des services publics, le cynisme de l’argent.

« La mondialisation a fait que désormais, chacun doit trouver sa nation à l’intérieur de soi. Les identifications changent. La nation était indissociablement une communauté de culture et un lieu de mémoire. Aujourd’hui il convient d’ajouter une dimension qui balaye les frontières : la nation est aussi un projet civique, la construction d’une société dont le modèle de développement se doit d’être équilibré.

« Les lois de la République s’imposent à tous parce qu’elles sont la protection de tout un chacun, dans le cadre des droits de l’homme, du respect de la vie, des libertés fondamentales et des latitudes individuelles.

« C’est pourquoi, je le répète, aucun précepte religieux ou philosophique, aucune prescription discriminante, clanique ou sexuelle, ne saurait déroger à la règle commune ou conduire à des exceptions dans la sphère publique.

« Oui, ne désespérons pas ; nous devons croire en l’avenir. Nous, les Français républicains, nous sommes liés depuis plus de deux siècles, depuis ce 14 juillet 1790, par une identité collective. Et notre fête nationale participe à notre cohésion.

« Vive la France de la République, et vive l’Europe et le Monde de l’amitié entre les peuples. »

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 05:31

130618_appel_18juin_1.jpgMon allocution à l'occasion de la cérémonie commémorative de l'appel à la résistance par le général De Gaulle, en présence de Marie Bouchez, conseillère régionale représentant le Président de PACA Michel Vauzelle, des élus municipaux, régionaux et représentant le député-maire de Six-Fours, les anciens combattants, résistants et victimes des guerres, et la population...

"Le 18 juin 1940, à 18h, un récemment promu général deux étoiles proclame à la radio depuis Londres : "La France a perdu une bataille, mais n'a pas perdu la guerre ».

"Le 16 juin, en apprenant la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, il avait décidé de partir « dès le matin » pour l’Angleterre afin de poursuivre le combat.

"Le 17 juin, Pétain avait demandé l’armistice.

"L'appel du 18 juin était un message d'espoir. Il affirmait que la mondialisation de la guerre ferait la victoire. Il se terminait par un appel à la Résistance, faisant entrer le terme dans le vocabulaire politique du XXe siècle.

"Aujourd’hui, une nouvelle mondialisation est effective, elle redistribue les cartes et semble, pour le moment, mettre en difficulté ce que l’on appelle la vieille Europe. Mais c’est l’ensemble du monde désormais qui est confronté à une crise économique et sociale qui chambarde les modèles antérieurs. Las, elle entraîne avec elle un appauvrissement rapide de nombreuses populations.

"Cette paupérisation fait douter des progrès et de leur promesse d’avenir meilleur. L’industrie, de plus, et surtout dans les pays émergents, se nourrit de la destruction de l'environnement. La nouvelle économie engendre la ségrégation sociale, l’exploitation des plus démunis ; elle s'attaque aux droits des peuples, au droit des femmes, au droit des enfants et elle précipite dans le nationalisme. L’actualité internationale est éloquente.

130618_appel_18juin_2.jpg"Oui, nous vivons dans un monde d’interconnexion et d’interdépendance : tout ce qui peut se passer quelque part affecte la vie et l’avenir des gens partout ailleurs.

"La liberté des hommes réside alors dans la notion de choix. Voilà posée la question de la responsabilité. Non pas une responsabilisation générale mais bien une personnalisation de l’action. Le sentiment que toute action conduite engage son auteur.

"L’enjeu est d’améliorer le présent et de préparer des lendemains où le spectacle pénible des inégalités serait réduit. Notre levier est l’éducation, elle doit permettre la prise de conscience de ce que l’on est, dans l’environnement qui est le sien, et autoriser les personnes à jouer un rôle social dans le travail et dans la cité. Il est en effet indispensable dans notre monde de mouvement que chacun puisse, dans la mesure irréductible qui lui appartient, être son propre agent de problématique, de décision et de responsabilité.

"Nous avons le devoir de nous astreindre à mieux comprendre l’autre, à mieux comprendre le monde. Il s’agit d’apprendre à vivre ensemble.

"Le vivre ensemble c’est se donner les moyens de maintenir un niveau de vie correct, d’offrir les conditions d’une élévation par l’éducation et d’assurer les libertés – liberté d’expression, liberté d’opinion, libertés individuelles.

"C’est encore le combat des Tunisiens, des Egyptiens, des Turcs, des Syriens, et de bien d’autres qui ne font pas l’actualité.

"Notre jeunesse reçoit ces messages de plein fouet. Portons le regard un peu plus loin que notre giron ! Changer la société est un horizon légitime. L’espoir que portait De Gaulle est aujourd’hui dans leur camp et ce sont eux qui appellent à la résistance.

130618_appel_18juin_3.jpg"Autrefois, un homme seul s’est levé et la France s’est assise à la table des décisions.

"Vouloir la paix, le partage, l’éducation, la préservation de l’environnement et un humanisme retrouvé, serait-il irréaliste ?

"Le 18 juin 1940, le général de Gaulle était bien seul devant son micro à la BBC… Lorsqu’il imagine l’avenir, le 18 juin, de Gaulle ne se laisse pas enfermer dans la réalité pourtant accablante de la capitulation. Nous connaissons la suite. Croyons comme lui que l’espoir et la volonté ne sont pas vains.

"L’histoire, ce sont les hommes qui la font. Rien ne se transforme ni ne s’adapte sans l’impact des volontés et des passions humaines.

"Alors, oui, dans les traces du premier des résistants, disons qu’un demain est toujours possible, mieux et autrement !"


 


 

Merci à Khalid pour ses photos !

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 04:38

http://www.anacr.com/images/moulinbas.jpgL'association des anciens combattants et amis de la Résistance (ANACR) a convié ce lundi les élus et la population à célébrer le 70ème anniversaire de la création, autour de Jean Moulin, du Conseil national de la résistance, organisme réunissant les divers réseaux de résistants, qui, dans son programme "Les jours heureux", a fixé ses orientations stratégiques pour faciliter la victoire des Alliés contre les armées nazies et a posé le socle de la reconstruction d’une société démocratique et solidaire au lendemain de l'armistice. Après l'allocution de Jeanne Vaisse, présidente du comité local de l'ANACR, j’ai moi-même prononcé un discours...

« Vous avez rappelé les circonstances qui conduisirent à la création du Conseil National de la Résistance.

« Vous avez évoqué l’action de Jean Moulin, fédérateur d’organisations bien différentes, leur rassemblement et la coordination de leurs actions qui permirent la victoire des Alliés et la préparation de la réorganisation du pays, une fois la victoire acquise.

« C’est sur ce dernier aspect que je souhaite nous interroger. Faut-il accumuler les malheurs d’une guerre pour que soient admises et acceptées par une majorité indiscutable des mesures qui, en profitant à tous, demandent à chacun un effort en proportion de ses capacités réelles ?

« On pourrait hélas le croire, tant les résistances au mieux-être de certaines parties de la population sont le reflet assourdissant d’égoïsmes divers, de préservation de prés-carrés historiquement dépassés, ou de conservatismes improductifs.

« Est-ce donc la guerre ou bien plutôt la bonne intelligence des hommes et des femmes de la Résistance qui, au sortir d’un combat si inégal, ont su imaginer une nouvelle démocratie ?

« Une République laïque et sociale où la solidarité est un devoir national à organiser. Oui, à organiser, non pas comme on fait l’aumône, non pas comme une charité, mais comme une dépense nécessaire à la dignité de tous dans un Etat moderne qui se préoccupe de toutes ses populations.

« Vous devinez ma réponse. Qui, je le crois, est notre réponse à tous, ici. « Je veux croire que c’est la bonne intelligence des hommes et des femmes de la Résistance qui les a fait opter simplement et totalement pour la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » ; non pas que les notions de travail et de famille soient mineures, - elles sont simplement réductrices - alors que la Liberté, collective, individuelle, dans le respect du groupe, des groupes, est un espoir universel, que l’Egalité, devant la loi, l’éducation, la formation, le logement, l’accès aux soins, est un objectif universel, que la Fraternité, qui rend possible le partage, car même si nous naissons égaux, les premiers pas des uns sont bien différents de ceux des autres selon que l’on naît ici ou bien ailleurs, est un message universel.

« Un espoir, des objectifs, un message, voilà ce que nous a apporté le Conseil National de la Résistance. C’est de sa réflexion que sont venues les idées de protection de la liberté de conviction des autres, des minoritaires, des faibles, des fragiles et des fragilisés.

« Ce que je veux souligner, c’est que ces femmes et ces hommes ont choisi de résister contre la résignation, contre l’injustice, contre la violence de la vie telle qu’elle est, contre les violences, contre l’arbitraire, contre l’ignominie.

« Ils ont, par cette volonté singulière, qui, je le rappelle, est indépendante de leur histoire, de leur milieu, de leur religion, lié les citoyens que nous sommes à une République solidaire, démocratique, fraternelle. Notre vigilance aujourd’hui est de ne perdre ni la solidarité, ni la fraternité. « Certes ce ne sont que des mots, - mais les mots ne sont dérisoires que lorsqu’ils sont vides de sens – aussi prenons garde à ne pas les réduire à notre bonne conscience car ces mots ont soulevé et soulèveront encore des populations désespérées.

« L’idéal de la Résistance est encore lointain, son but social n’est malheureusement pas abouti, nous devons continuer inlassablement à nous battre pour la paix, la justice, les droits de l’homme, le service public... J’aime à rappeler qu’être citoyen, c’est la capacité, pour chacun, de s’élever au dessus de ses seuls intérêts pour se soucier du bien public et je veux croire Georges Semprun lorsqu’il dit  « Les Hommes peuvent être admirablement solidaires ».

« Solidaires vers des jours heureux... à construire, encore et toujours. »

 

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 04:40

130512 mai citoyenLe mistral violent a un peu gâché la fête, ce dimanche au Parc de la Navale. Mais les quelques centaines de courageux qui l’ont bravé pour être présents à l'un ou l'autre des moments de la journée de témoignages et de convivialité qu’a été le troisième « mai citoyen » organisé par une trentaine d’associations et syndicats n’auront pas perdu leur journée. Des avis que j’ai entendus des uns et des autres, résistants d’hier et d’aujourd’hui, ce que, dans mon petit propos d’accueil à La Seyne, j’ai qualifié de « piqûre de rappel pour conserver notre aptitude de républicains à l’indignation » aura bien fonctionné. Si la météo avait été plus clémente, je n’aurais pas renoncé à prononcer le propos que j’avais préparé à la demande des organisateurs, mais le bruit du vent était assourdissant et rendait les prises de parole difficilement audibles. Je m’en suis tenu à un discours de mémoire, très synthétique, reprenant rapidement quelques points de ce que j’avais préparé. Et que je livre aujourd’hui...

«  La mémoire est le ferment de l’espérance, le moteur de ceux qui veulent aller de l’avant.

« Cette mémoire nous raconte que des hommes et des femmes que rien ne prédisposaient à travailler ensemble ont su se rassembler sur des valeurs communes de solidarité, d’entre aide, de préservation des libertés, pour libérer la France puis pour fonder le socle sur lequel elle devait se reconstruire. C’était avant la fin de la guerre de 39-45. Et c’était le programme du Conseil national de la Résistance, appelé « Les jours heureux », avec ses orientations sur l’éducation, sur le partage, l’économie, la santé, le transport… sur la conscience d’être un groupe qui avance ensemble.

« Cette mémoire nous raconte que ce programme a été mis en œuvre dans des conditions autrement plus difficiles qu’aujourd’hui, un pays dévasté, des rancœurs accumulées.

« Cette mémoire, enfin, nous raconte que, oui, si tous ensemble nous le voulons, il reste, toujours, une capacité à agir.

« Je suis le maire de cette ville ; édile au service de la population, mes préoccupations sont banales et quotidiennes,  permanentes et essentielles : Ne pas être indifférent les uns aux autres, encourager une responsabilité des uns envers les autres, accompagner le recours des uns au secours des autres.

« L’actualité, douloureuse, si elle provoque mon indignation, ne me détourne pas de ces nobles objectifs. Cependant, elle conforte, ce que nous savions malheureusement déjà, cette idée selon laquelle la prospérité découvrirait nos vices et l’adversité nos vertus.

« Alors, oui, le chantier est ouvert. La partie n’est pas gagnée. Mais si tous ceux qui ont levé la tête dans les ténèbres du nazisme avaient renoncé, serions-nous là à gloser sur les turpitudes de quelques-uns ?

« Ce que je veux souligner c’est que des hommes ordinaires, modestes ou élevés, sans grade ou distingués, paysans ou lettrés, ouvriers ou ingénieurs, artisans ou fonctionnaires, hommes ou femmes, ont su révéler, à eux-mêmes, aux autres,  certes dans des circonstances extraordinaires, une disposition où le courage dispute à l’abnégation, la fraternité à l’engagement, l’amour à la violence, l’individu au groupe, la peur de mourir au devoir, l’oubli de soi au secours des  autres…

« Ceux-là, ces femmes et ces hommes qui ont choisi de résister contre la résignation, contre l’injustice, contre la violence aveugle, contre l’arbitraire, contre l’ignominie, ont à jamais, par cette volonté singulière, lié les citoyens que nous sommes à une République solidaire, démocratique, fraternelle envers tous les hommes.

« Alors, à leur exemple, adhérons aux nouveaux défis qui devraient aboutir à une meilleure justice sociale.

« Les adversaires de la République usent encore des vieilles ficelles de la xénophobie, de la stigmatisation, de la peur provoquée irrationnelle. Ils sont aidés par la crise économique qui accroit la pauvreté des plus humbles.

« Ces défis sont exprimés ainsi : si l’on ne peut pas distribuer les richesses que l’on n’a pas ou plus – quoique -, il faut que les êtres humains soient au moins respectés, que la jeunesse soit la première des priorités, que la vieillesse soit protégée, que l’on en finisse avec la tyrannie de l’argent dans une société gangrenée par la pauvreté et la stigmatisation de l’autre.

« Nous voulons un pays conscient, adulte, un peuple ouvert et responsable, averti et non pas perverti d’idées simples, radicales et mensongères.

« Soyons persuadés que la vigueur du combat économique et social dépendra de la qualité de la vie démocratique, de notre volonté de maintenir, comme désormais, la séparation effective des pouvoirs, l’indépendance de la justice, le respect des contre-pouvoirs institutionnels.

« Cela ne se fera pas sans que l’action des services publics ne soit réhabilitée.

« Aujourd’hui, le travail manque, les remèdes proposés par les organisations mondiales oublient le quotidien des populations, ne parlent que de grands équilibres mais exigent des efforts démesurés aux plus démunis tout en protégeant les actionnaires. Les Grecs, les Espagnols vont mourir guéris ! Et demain, à l’échelle de nos territoires ? La pauvreté, le souillon, comme les émigrés, comme l’étranger seront montrés du doigt. Les riches auront-ils leurs bonnes œuvres comme au meilleur de la capitalisation ?

« Si nous devons éviter le repli sur soi, dévastateur, nous pouvons écouter notre mémoire et parler « identité nationale » ! Qui sommes-nous ? Des enfants des Lumières. Des démocrates en République. Je ne suis pas naïf, je sais que la représentation n’est pas la démocratie directe, je sais que les lobbies agissent dans l’ombre, je sais que le populisme guette ; méfions-nous des lendemains qui déchantent et restons simples, appliquons notre devise républicaine : Egalité, Liberté, Fraternité. Fraternité ? Elle rend possible le partage, si nécessaire. Egalité ? Elle doit exister devant la loi, l’éducation, la formation, le logement, l’accès aux soins. Liberté ? Si elle doit être celle de l’individu, c’est dans le respect du groupe.

« Oui, chers amis, ensemble nous pouvons encore construire solidaire. Oui, c’est difficile ! Oui, ces idéaux sont loin d’être atteints ! Faut-il pour autant renoncer ? »

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

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Marc VUILLEMOT
Maire (PS) de La Seyne-sur-Mer
Vice-président de l'agglo de Toulon

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