19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 19:25

http://p2.storage.canalblog.com/23/06/113362/84801600_o.jpgCe soir s'est tenu à La Seyne un rassemblement patriotique à la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie. Le propos que j'ai prononcé à cette occasion...

"Le 19 mars 1962, à midi, prend officiellement effet un cessez-le-feu qui aurait dû mettre fin à huit ans de guerre en Algérie. La veille, à Évian, le gouvernement français a cédé au gouvernement provisoire de la république algérienne ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara. Les Algériens prononceront l'indépendance officielle de leur pays le 4 juillet 1962. Les combats et les massacres vont se prolonger jusqu'à cette date, et le lendemain même, avec une violence redoublée. Les principales victimes des derniers massacres d’après le cessez-le-feu seront les Pieds-noirs et les harkis.

"La Nation avait décidé il y a quelques années d’associer, également, dans le même hommage, à une autre date, les victimes de cette guerre, soldats, appelés du contingent, rapatriés d'Afrique du Nord et les personnes disparues, les populations civiles, victimes de massacres ou d’exactions commis avant et après le 19 mars 1962 en violation des accords d’Evian, ainsi que les victimes civiles des combats de Tunisie et du Maroc.

"Elle - la Nation - a aujourd’hui souhaité que le jour officiel soit le jour du cessez-le-feu. Cela répond notamment à un vœu de la fédération des associations des anciens combattants d’Afrique du Nord, dont Jo Pentagrossa, notre adjoint aux finances et aux anciens combattants, fut l’un des fondateurs nationaux.

"Cela n’enlève rien, quel que soit le jour officiel, à l’importance du devoir de mémoire. Des hommes, des femmes, des familles, des enfants et des jeunes gens d’alors, cinquante et un ans après, gardent leurs âmes meurtries. Comme j’ai été présent à vos côtés depuis 5 ans les 19 mars et les 5 décembre, je le serai encore demain si les deux commémorations perdurent.

"Pour le gamin que j’étais à l’époque et l’homme que je suis aujourd’hui, maire d’une ville peut-être plus riche de ses diversités qu’aucune autre, et dussé-je blesser certains en disant cela, peu m’importent les dates. Ce qui est indispensable, c’est que, dans un Monde où les Hommes se déchirent encore aujourd’hui ici ou là, et en particulier sur les pourtours de notre Méditerranée, nous puissions avec solennité, chaque fois que possible, dire notre volonté de Paix, d’Humanité, et de respect des autres.

"Ce qui s’est passé sur ces terres d’Afrique du Nord, depuis 1830, a ouvert une blessure profonde dans l’Histoire de France. Beaucoup de femmes et d’hommes gardent au cœur le souvenir douloureux de ces années. Ceux qui combattirent autant que ceux qui furent arrachés à cette terre et conservent en eux le soleil de leur pays perdu et le regret de ceux qu’ils ont laissés là-bas.

"De 1952 à 1962, sur ces terres de lumière, plus de deux millions d’hommes ont servi sous les drapeaux. Plus de vingt mille y ont laissé la vie. Ils avaient vingt ans, ils crapahutaient sous le soleil qui brûle les djebels, dans les Aurès, en Kabylie ou ailleurs.

"A cet instant, nos pensées ne doivent pas s’arrêter sur l’acte de ceux - qui ne sont d’ailleurs pas d’ici et ne savent rien du respect mutuel que se témoignent les anciens combattants seynois, dans leurs diversités, au sein de leur comité de coordination - de ceux, donc, qui ont cru, samedi dernier, devoir faire acte de discorde en choisissant, pour dire leur regret du choix d’une date, une des rares communes de la région à commémorer avec une même ferveur, au début comme à la fin de l’hiver, la mémoire des victimes de ces heures douloureuses de notre histoire partagée.

"Nos pensées à tous vont, au contraire, j’en suis certain, dans un esprit républicain rassembleur, vers les victimes, de toutes origines et de toutes confessions, vers toutes les familles endeuillées et meurtries par ces années d’un long conflit entre des peuples qui avaient pourtant partagé tant d’épreuves, notamment en combattant côte à côte pour la liberté au cours des deux conflits mondiaux de 14 et de 39.

"A tous, anciens combattants, rapatriés, harkis, civils, je renouvelle l’expression de notre estime. La fraternité, c’est la compréhension, le respect, la solidarité. Nous le devons, pour l’idée que nous nous faisons de la communauté nationale. Nous le devons à ceux qui ont démontré leur attachement à notre pays républicain.

"Pour nos enfants, pour ceux qui n’ont pas vécu tout ça dans leurs âmes et dans leurs chairs, osons l’affirmer : Oui, vive la France républicaine. Et vive l’amitié entre les peuples, ici, et partout dans le Monde."

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 19:26

http://www.larousse.fr/ressources/contrib/data/media/11020203.jpgHier, 14 juillet, nous célébrions nombreux la fête nationale, qui est autre chose de plus que les bals et les animations du soir. Nous étions certes nombreux, mais sûrement pas encore assez nombreux, pour réaffirmer l'attachement aux valeurs qui sont nôtres, citoyens d'une France républicaine selon les termes de sa Constitution, et à faire vivre républicaine, encore et toujours. Et elle en a besoin, notre France, après les dix années qu'elle a connues...

J'ai prononcé une allocution face au Monument aux Morts...

"Le 14 juillet est notre fête nationale depuis 1880, commémorant la fête de la fédération de 1790, elle-même premier anniversaire de la prise de la Bastille.

"La chute de la Bastille est l’aboutissement imprévu d’une longue réflexion conduite par des esprits novateurs tout au long de ce XVIIIe siècle que l’Histoire retiendra comme le siècle des Lumières.

"C’est, au-delà de la Révolution, l’avènement de la démocratie, la suprématie de l’organisation citoyenne sur l’absolutisme royal ou divin.

"C’est aussi l’émergence de l’individu dans le groupe et donc de la responsabilité individuelle.

"En ce jour de fête nationale, c’est de cette responsabilité que je souhaite vous parler.

"L'expérience commune, acquise des tribunaux ou de la vie courante, montre que les hommes ont l'habitude de porter des jugements du fait d’avoir la capacité à développer une volonté autonome.

"Les hommes, en effet, sont responsables de leurs actes. Dans nos sociétés, avancées dit-on, ils peuvent même, éventuellement, se complaire à agir de façon immorale. Et, même des puissants s’y plaisent, à voir comment la situation en divers points du Globe pose problème au Monde.

"Ainsi et pourtant, il est donné la possibilité à chaque homme, par le fait qu'il est doué de raison, d'opposer la loi morale et l'exigence de sa pensée à ses intérêts personnels d'agir. La loi est faite pour l’aider, le contraindre, à avoir du discernement.

"Notre première liberté est cette volonté autonome de nous opposer, non seulement aux actes immoraux des autres, mais d'abord à nos propres désirs égoïstes. En fait, vous le savez bien, les hommes sont moins libres qu’on ne le croit et la moralité peut rester un vœu pieux à cause de la faiblesse humaine.

"L’esprit des Lumières, la confiance dans la liberté et la raison à l'origine de la Révolution française, se heurte au sentiment de ce que la nature humaine n'est peut-être pas à la hauteur des exigences.

"C'est là aujourd'hui le grand débat entre les défenseurs des Lumières et ceux qui les critiquent comme étant des humanistes bercés d’illusion.

"Ou bien nous nous croyons des hommes libres, capables de moralité et à l'abri des défaillances morales ; ou bien nous pensons que, finalement, l'homme est incapable de se conduire lui-même, ce qui peut alors mener à toutes les formes d'obscurantisme et d'autoritarisme.

"C'est là un choix qui reste fondamental : conserver l'héritage des Lumières sans tomber dans l'illusion.

"Cela demande des efforts. La responsabilité n'est pas quelque chose dont on décide librement mais quelque chose qui s'impose à nous. En d’autres termes, nous devrions apprendre que c'est de la responsabilité que procède notre liberté et non pas l’inverse : c’est parce que je suis responsable que je peux être libre.

"Mais d'où alors procède la responsabilité ? Etre un homme parmi les hommes est une responsabilité.

"Défendons l’idée d’une autonomie collective, une « hétéronomie », une volonté qui puise hors d’elle-même dans les règles sociales le principe de son action.

"Les scientifiques ont montré que l'homme dispose d'une capacité, disons, "neurologique" qui l'a ouvert à la possibilité d'actions désintéressées. Il est capable d'inventer son avenir au-delà de ce qui est donné par la nature, de donner un sens à ce qui existe, de transcender le Monde tel qu'il est, et à partir de cette action, il le reconstruit et se construit lui-même.

"Aussi il ne faut pas avoir peur de l’avenir mais être conscient de ses responsabilités. C’est le défi de chacun ; ne pas être rebuté par cette société sans visage qu’on nous propose, par cette inhumanité du Monde qu'on ne sait pas comment humaniser.

"L'inhumanité fait passer la puissance et le souci de la subsistance avant le service. C'est un monde où les hommes travaillent pour la société au lieu que la société serve les hommes.

"Notre chemin est l'action publique, l'ouverture aux autres, et la protection désintéressée de la nature. Nous ne trouverons la force d’exercer cette  responsabilité que par la médiation des uns avec les autres. Agir ensemble...

"C’était déjà la promesse des Lumières… Près de trois siècles sont passé. La route est encore longue, mais ne désespérons pas. Modèle en son temps, la France des Lumières a connu des hauts et des bas en son histoire, et n’est fort heureusement plus seule aujourd’hui.

"Que notre République se préserve sur ces bases. Vivent les valeurs de la République, en France, en Europe et dans le Monde. Et, en ce qu’elle a fait germer et sait encore faire rayonner les idées des Lumières, vive la France !"

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
18 juin 2012 1 18 /06 /juin /2012 18:57

http://www.clg-rondeau-rambouillet.ac-versailles.fr/local/cache-vignettes/L358xH480/appelgaldegaulle18juin40-9cb58-2-6bc3f.jpgCeux qui me connaissent savent combien je suis attaché aux cérémonies commémoratives et patriotiques. Au-delà du protocole et des symboles, elles constituent des jalons de notre existence de l'urgence perpétuelle. Des jalons utiles pour nous poser un instant, réfléchir aux leçons à tirer de faits historiques, et honorer la mémoire de ces hommes et femmes qui, trop nombreux, ont donné leurs vies pour nous permettre d'être des citoyens libres et droits.

Beaucoup d'entre eux étaient des militaires, professionnels, enrôlés, mobilisés, ou engagés volontaires. Ils forcent le respect du très moyen militariste que je suis. De Gaulle était de ceux-là. J'ai prononcé une allocution hier lundi à l'occasion du 72ème anniversaire de l'Appel qu'il a lancé, depuis Londres, à ne pas se résigner à la défaite et à résister à l'occupant nazi...

"Le 18 juin 1940, à 18h, un général deux étoiles proclame à la radio depuis Londres : "La France a perdu une bataille, mais n'a pas perdu la guerre ».

"En apprenant la démission de Paul Reynaud, Président du Conseil, le 16 juin, Charles De Gaulle décide de partir « dès le matin » pour l’Angleterre afin de poursuivre le combat.

"Le 17 juin, Pétain avait, lui, demandé l’armistice.

"Aujourd’hui, l'appel du 18 juin est perçu comme un message d'espoir, un appel à entrer en Résistance. Le terme est entré désormais dans le vocabulaire politique du XXe siècle.

"Quant à notre siècle, il enrichit la notion par une injonction : « Résistez ! Indignez-vous ! Bousculez les citadelles oppressives ! ». Faites valoir les valeurs de liberté, de libre choix lorsque ce dernier est collectif et compatible avec des constitutions démocratiques.

"Aujourd’hui il est moins question d’hégémonie et de conquêtes de nouveaux territoires que d’autodétermination des peuples et de libération du joug d’un dictateur.

"Car, oui, définitivement, la liberté des hommes réside dans la notion de choix.

"Ce choix est lié à l’adaptation des comportements et des décisions, aux conditions anticipées du futur. L’honneur est de décider au delà de l’intention privée ou de l’intérêt d’un groupe défini pour privilégier l’intérêt général.

"Voilà posée la question de la responsabilité. Et pour le coup, celle de la responsabilité individuelle, dans une personnalisation de l’action... aller voter, par exemple. Responsabiliser chacun dans une conscience collective.

"Lorsqu’il prend sa décision, le Général est seul.

"J’ai la conviction, j’ai le sentiment, que toute action conduite engage son auteur. Cette notion est un pilier de la pensée morale qui a tant manqué au capitalisme financier qui joue, et a joué, sur des chimères.

"Et, en effet, les bases qui permettent de trancher entre l’action à mener et celle à éviter reposent, bien sûr, sur des critères d’intérêt, de recherche du plaisir, mais aussi, et préliminairement, sur la sensibilité morale qui trouve appui sur la reconnaissance de la valeur de l’autre, sur les valeurs de la République dûment expliquées… il est si facile de les instrumentaliser, je pense à la laïcité qui est le contraire de la dénonciation d’une communauté.

"La défense des valeurs de la République, en opposition à ce qui fondera l’Etat français, l’état vichyste, c’est la grande leçon de l’appel du 18 juin.

"Notre enjeu collectif est d’améliorer le présent et de préparer des lendemains où le spectacle pénible des inégalités serait aboli.

"L’éducation est une de nos armes, elle doit permettre la prise de conscience de ce que l’on est, dans l’environnement qui est le nôtre, et autoriser les personnes à jouer un rôle social dans le travail et dans la cité.

"On nous parle de la crise. Oui les temps sont durs, oui il faut prendre des décisions ; et parmi elles développer l’éducation.

"Parce que les progrès en éducation accompagnent ceux de l’économie.

"Aujourd’hui les progrès scientifiques et techniques, les moyens de communication dépassent les problématiques passées, on n’en est plus à faciliter le travail de l’homme mais à penser l’homme : le progrès scientifique et technique pose le problème de la connaissance et de la formation dans une optique totalement nouvelle. Dans ces conditions, l’éducation, en produisant des sachants de plus en plus citoyens, appelle, accompagne ou consacre les évolutions sociales et politiques, techniques et économiques.

"Il est en effet indispensable dans notre monde de mouvement que chacun puisse, dans la mesure irréductible qui lui appartient, être son propre agent de problématique, de décision et de responsabilité.

"Il y a alors nécessité d’aller vers « une société éducative » développant le goût et le plaisir d’apprendre, la capacité d’apprendre à apprendre, la curiosité de l’esprit. C’est la condition nécessaire pour avoir la possibilité d’agir sur son propre destin dans ce monde de mouvement et de changement.

"Agir sur le destin, voilà une autre leçon de l’appel du 18 juin.

"Ces nouveaux droits créent des devoirs. Ceux de nous astreindre à mieux comprendre l’autre, à mieux comprendre le monde. Il s’agit d’apprendre à vivre ensemble en développant la connaissance des autres, de s’appuyer sur nos interdépendances pour la réalisation de projets communs, de conjurer les périls et réduire les nuisances,  de dégager les priorités. Cela suppose des hommes et des femmes instruits, informés et conscients, pour que cette intelligence populaire puisse accéder à la conscience d’elle-même, de ses aspirations, de sa force. Il faut combattre la résignation, il faut lutter et résister.

"Cela peut paraître utopique, mais, vous le savez bien, les utopies d’aujourd’hui sont les réalisations de demain.

"En réfléchissant, qui aurait parié un sou sur l’Appel du 18 juin ?"

 


http://www.corlobe.tk/IMG/jpg/pmm_ls190512_041.jpgÀ propos de militaires, je veux rappeler que la ville de La Seyne est la marraine de la Préparation Militaire Marine (PMM) "Amiral Trolley de Prévaux" qui poursuit son dévelopement. Je n'en ai pas parlé au cours de la campagne électorale car j'ai tenu à respecter l'obligation de réserve à laquelle était astreinte, peut-être plus que tout autre corps d'État, la Marine nationale, mais j'ai eu le plaisir de participer au Fort Saint-Elme à la remise des dipômes de fin de formation aux jeunes gens et jeunes filles qui, le mois dernier, ont achevé leur parcours d'instruction. Une excellente chose pour ces volontaires, dont beaucoup de Seynoises et Seynois, qui n'opteront pas forcément pour une carrière militaire, mais qui, à défaut du service national que les plus anciens d'entre nous avons connu, se sont retrouvés toute l'année scolaire sur leurs temps libres pour acquérir des savoirs et, surtout, des savoir faire et des savoir être sociaux. J'invite d'ailleurs mes visiteurs à jeter un coup d'oeil sur ce sujet sur le portail des sous-marins.

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 12:23

8_mai_2012.jpgHier, 8 mai 2012, soixante-sept ans après l'armistice de 1945, se déroulaient, à La Seyne comme dans tout le pays, les cérémonies commémorant la fin de la plus terrible guerre que l'histoire avait jamais connue. J'ai prononcé une allocution...

"Après cinq années de guerre, les 8 et 9 mai 1945, l’Allemagne capitulait sans condition. Auparavant, il y avait eu l’appel du 18 juin  1940 lancé par le général Charles De Gaulle depuis Londres ; la création du Conseil National de la  Résistance, le 27 mai 1943 ; Jean Moulin, fédérateur des divers réseaux de résistance ; l’héroïsme des soldats des armées alliées, les deux débarquements de 1944, le 6 juin en Normandie et le 15 août en Provence.

"Vous conviendrez que, si la commémoration d’aujourd’hui est bien celle du devoir de mémoire dû aux millions de victimes civiles et militaires, si elle est celle de la victoire sur l’Allemagne nazie, qui a voulu la guerre, si elle est celle sur la faiblesse des démocraties qui n’ont pas voulu voir le réarmement et les montées d’un nationalisme guerrier, elle est aussi, et peut-être surtout, surtout, celle de la victoire sur des idées monstrueuses de haine et de rejet de l’autre, l’autre différent, l’autre étranger.

http://www.leparisien.fr/images/2012/05/08/1990454_sarkozy-hollande-triomphe.jpg"Oui, vous conviendrez qu’en ce 8 mai un peu particulier, où deux hommes seront tout à l’heure côte à côte à Paris, je souligne combien ce combat reste douloureusement d’actualité.

"Non pas que nous vivions la même époque ni les mêmes situations, mais le ferment de la xénophobie, de la stigmatisation de catégories de gens, de la peur irrationnelle, a été encore une fois utilisé, instrumentalisé, dans les mois qui viennent de s’écouler.

"C’est pourquoi, devant vous, anciens combattants, porte-drapeaux, élus, corps constitués, citoyens, devant les enfants du collège, je souhaite rappeler que des hommes et des femmes que rien ne prédisposaient à travailler ensemble, issus de mouvements politiques différents, de convictions religieuses exclusives, de racines sociales, culturelles, philosophiques, diverses, parfois adversaires, ont su se rassembler sur des valeurs communes de solidarité, d’entraide, de préservation des libertés.

"Ces gens ont réfléchi ensemble sur l’éducation, sur le partage, sur l’économie, la santé, le transport, et sur la conscience même d’être un groupe qui avance ensemble.

"Ces personnes ont élaboré un programme, celui du Conseil National de la Résistance. Elles l’ont mis en œuvre dans des conditions autrement difficiles, un pays dévasté, déchiré, des rancœurs accumulées, et pourtant, il a servi de socle à la construction du modèle social et démocratique de la France pendant des décennies.

"Alors, à l’exemple de ces résistants, adhérons aux nouveaux défis qui devraient aboutir à un nouvel ordre du Monde !

"Si l’on ne peut pas distribuer les richesses que l’on n’a pas ou plus, il faut que les êtres humains soient enfin respectés, que la jeunesse soit la première des priorités, que la vieillesse soit protégée, que l’on en finisse avec la tyrannie de l’argent dans une société gangrenée par la pauvreté et la stigmatisation des étrangers et des immigrés.

"Nous voulons un pays conscient, une nation adulte, un peuple ouvert et responsable, averti, et non pas perverti d’idées simples, radicales, mensongères.

"La vigueur du combat économique et du progrès social dépend de la qualité de la vie démocratique, de la séparation effective des pouvoirs, de l’indépendance de la justice, du respect des contre-pouvoirs institutionnels, de l’action et la pérennité des services publics réhabilités.

"C’est cela que le Conseil National de la Résistance a su mettre en œuvre.

"Alors, oui, perpétuons la mémoire, le souvenir de ces hommes et de ces femmes qui, au milieu de tant de lâchetés, de trahisons, de tentatives d’avilissements, ont su élever leur vertu d’humanisme, de courage, d’abnégation, et qui l’ont fait partager et mis en actes.

"C’est cette victoire là, plus que celle sur un pays agresseur, que je souhaite célébrer.

"Ces hommes et ces femmes nous obligent. Nous devons croire en notre capacité, au quotidien, à vivre ensemble, les uns, les autres, avec nos différences et dans des valeurs humanistes communes.

"Le combat pour la liberté de tous, pour l’égale dignité de tous, est un combat toujours fécond. C’est déjà ce que nous avaient appris les Révolutionnaires qui, en 1794, entonnaient l’Hymne à la Liberté, aussi appelé Chant du départ, qui doit toujours nous rappeler que... « La Liberté guide nos pas » et que « La République nous appelle »."

Oui, répondons à son appel : Vive la France de la République !

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 09:52

http://www.fmayran.com/sitev3/img/big/DEPORTES%20TSIGANES%20A%20JASENOVAC%202%203.jpg?PHPSESSID=8c218d50cb46c6dc9be5f963ca9580faCe dimanche, nous avons commémoré la libération des camps de la mort et honoré la mémoire des déportés. Comme chaque année, j'ai prononcé un discours...

"La déportation et les camps de concentration et d'extermination resteront à jamais un crime. Et il le faut.

"Gardons-nous de banaliser le vocabulaire. Un génocide, c'est l’extermination systématique d'un groupe humain, de même ethnie, de même langue, de même nationalité, de même religion, de même culture, de même orientation de vie, parce que ce groupe de même identité ou partageant les mêmes idées, et uniquement pour ces raisons, sans considération autre que le racisme ou la folie, devient aux yeux des massacreurs un groupe qui ne doit plus vivre.

"Le génocide des Juifs par les nazis est appelé l’holocauste, puis, plus justement, la Shoah, la catastrophe en hébreu. Dans les camps, si les Juifs furent les plus nombreux, ils ne furent pas les seuls : les opposants parmi lesquels de très nombreux communistes, les handicapés, les homosexuels, les Tziganes, les résistants, furent aussi des victimes. Et n’oublions pas non plus les centaines de milliers de victimes du camp de Jasenovac du régime des Oustachis, qui a devancé en Croatie les camps d’extermination nazis, dès 1941.

"Aujourd’hui, notre devoir est d’entretenir le souvenir conscient de la longue chaîne des évènements qui ont conduit des esprits ordinaires à se pervertir et à imaginer devoir mettre en œuvre avec méthode « die Endlösung », c'est-à-dire la « solution finale », qui dépasse notre humanité et qui nous fige, encore, dans l’horreur et la douleur.

"Vous comprenez que cette cérémonie recèle un appel impérieux à la préservation des mémoires. Nous sommes là, aussi, pour nous prémunir des inconscients qui banalisent des comparaisons par le vocabulaire ou la légèreté des propos ; nous sommes là pour combattre ceux qui réfutent les évidences des faits, ceux qui cultivent un terreau de haine et d’exclusion, ceux qui dérapent dans les amalgames, dans les confusions orchestrées, dans les désignations de communautés.

"Aujourd’hui certains stigmatisent l'immigré, le musulman, l’infidèle, la femme voilée, la femme sans voile. Et demain ? Le pauvre, le sans-travail, le souillon, le jeune, le vieux ?

"Alors, oui, parlons « identité nationale » ! Parce que chaque nation a une âme. Qui sommes-nous, nous, citoyens d’ici ? Nous sommes les enfants des Lumières ! Des démocrates en République. C'est ça, l'identité de la France. Je ne suis pas naïf, je sais que la représentation n’est pas la démocratie directe, je sais que les lobbies agissent dans l’ombre ; c’est pourquoi nous devons être soucieux de la séparation, de l’indépendance et du contrôle des pouvoirs. Notre étendard, c’est notre devise républicaine : Liberté, Egalité, Fraternité. Bien sûr, c’est difficile ! Oui, ces idéaux sont loin d’être atteints ! Faut-il pour autant renoncer ?

"Et nous avons un bien commun, très français, très envié, très combattu – c’est dire combien il est important – Ce bien est la Laïcité. Pour ne plus entretenir les ferments qui ont nourri les idées folles ayant légitimé l’internement et l’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, pour leurs idées politiques, leurs orientations sexuelles, leurs croyances, leurs origines nationales ou ethniques, leurs choix de vie et de culture, leurs infirmités, nous devons dire, avec force et conviction, que la France laïque, c’est la liberté de conscience, c'est la liberté de penser, et c'est la liberté d’exprimer des opinions dans le respect des lois.

"Nous devons dire que notre volonté est de perpétuer le projet de vivre ensemble. Dans notre société inquiète, nous avons besoin de repères, de stabilité, et de vision. Jeunes gens, filles et garçons, les déportés vous parlent : ils vous disent que vous êtes libres, libres et capables de penser, libres d’agir et libres d’aimer. Que vous devez être lucides et généreux afin de préserver cette liberté.

"Je vous le disais les années passées. Nous ne le ferons que tous ensemble. Alors oui, vive cette France ! Vive la France de la République qui doit toujours nous permettre de vivre enrichis, solides, fiers et beaux de toutes nos différences !"


> La photo illustrant cet article est celle d'une œuvre de Francine Mayran, "Gitans à Jasenovac", élément d'une exposition "Témoigner des ces vies", qu'elle a eu la gentillesse de m'autoriser à utiliser. J'invite les visiteurs de ce blog à visiter son site, riche en toiles toutes plus poignantes les unes que les autres : www.fmayran.com

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 07:33

http://defenseglobale.fr/wp-content/uploads/2010/11/11-NOVEMBRE-2010-300x195.jpgOn m'a réclamé le discours que j'ai prononcé à l'occasion de la commémoration du 93ème anniversiare de l'armistice de 1918. Je le livre un peu tardivement, illustré d'une photo des jeunes des classes "défense globale" du collège Henri-Wallon qui sont toujours présents aux rendez-vous de la mémoire et que l'on peut retrouver sur leur blog...

Le 11 novembre, chaque année, nous célébrons l’Armistice qui, signée en 1918 dans le bois de Rethondes, mit fin aux combats après quatre années de guerre. Ces quatre années seront désormais connues sous le nom de « Grande Guerre ».

Quatre-vingt-treize années ont passé. L’émotion n’est plus la même, les souvenirs dans les familles ne sont plus relayés que par des personnes qui ont ouï-dire les combattants. Les « gueules cassées » n’évoquent plus qu’un vieux billet de la loterie nationale, elle aussi disparue.

Et, pourtant ! Nous sommes là, autorités civiles et militaires, associations d’anciens combattants, élus, enfants des écoles, population.

C’est que cette guerre, dont on dit qu’elle nous a fait entrer dans le XXe siècle, est à la fois l’adieu à l’ancien monde, des régiments en ligne aux uniformes colorés de bleu azur et de garance et des manufactures, et l’avènement de la modernité, de l’aviation, de l’industrialisation, des conquêtes sociales.

Le choc a été si violent. L’horreur si grande. Les morts si nombreux. Les décisions des Etats-Majors si cruelles et inconséquentes parfois. Les conditions de guerre si nouvelles. L’implication de l’arrière, des femmes, si importantes.

On le sait, la Grande Guerre fut, entre autres, le résultat d’une Europe divisée - l’actualité nous rattrape, souhaitons simplement que nous, les Européens d’aujourd’hui, saurons être intelligents et constructifs : si la guerre est devenue financière, elle peut être, elle aussi, dévastatrice pour les peuples).

La Grande Guerre fut aussi le fruit de l’expansion coloniale et de ses dérives ; le fruit du nationalisme le plus étroit ; le fruit du désir de revanche ; le fruit de la question territoriale ; et le fruit des grands enjeux capitalistes des marchands d’armes.

Au sortir de la guerre, peu de voix s’étaient élevées pour dénoncer la grande agression collective de 1914 – 1918.

C’est que la Paix, tant attendue pendant le conflit, a été une paix victorieuse, susceptible de légitimer, du moins dans un premier temps, les immenses sacrifices consentis par la Nation pour qu’advienne la victoire. Et, en effet, une sorte d’économie morale s’est mise en place, partout, pour célébrer les soldats français... un peu comme est née la légende des Grognards des armées napoléoniennes. Des monuments aux morts sont érigés dans le moindre des villages. La cérémonie du Soldat inconnu est instituée.

Rappelez-vous vos leçons d’histoire : ils étaient partis unanimes et enthousiastes ! Un départ en guerre magnifique de cohésion entre ceux qui partent et ceux qui restent, ces derniers faisant la haie dans les gares et le long des voies ferrées…

On le sait aujourd’hui, les historiens l’ont montré, la réalité est plus nuancée. Le mouvement pacifiste était très présent ; il y eut de la consternation, de la tristesse, les larmes se sont mêlées aux réactions d’enthousiasme…

Aussi, il fallut l’après-guerre et une plus complète analyse du pourquoi et du comment, pour qu’Anatole France ose écrire : « On croit mourir pour la Patrie, on meurt pour des marchands de canon ! ».

La guerre laisse une génération traumatisée par ce qu’on qualifie désormais de « grande boucherie ». Elle va marquer le siècle jusqu’à conduire à la construction de l’Europe. En effet, incidemment, la société française comprend que la parenthèse de la guerre ne sera jamais totalement refermée. Les idées pacifistes renaissent. Dans les années trente, sur le terreau de l’horreur des tranchées, elles irriguent l’ensemble de la société, elles traversent tous les partis, tous les milieux professionnels. Cela participera sans doute à ne pas vouloir ouvrir les yeux sur la réalité du réarmement de l’Allemagne, de l’idéologie du nazisme et de son bellicisme actif. La seconde guerre mondiale sera une réponse, et la communauté européenne du charbon et de l’acier en sera une autre.

Ces guerres ont été un accélérateur, et c’est malheureux que certains aient dit, du coup, les trouver nécessaires. C’est avec 14-18 que le bonheur est devenu un objectif. Le travail sera enfin réglementé, commençant à protéger le travailleur qui acquiert un statut. Une organisation sociale pour tous se dessine.

La guerre a révélé la fragilité de nos institutions, les écarts considérables entre les uns, le prolétariat, et les autres, la grande bourgeoisie, et leurs représentations respectives dans les Assemblées. Ainsi, de cette Grande Guerre, il sortit une notion confortée de la citoyenneté et de ce qu’un Etat responsable et solidaire doit et peut apporter.

Oui, oui vraiment, nous aurions tort de négliger l’utile compréhension des enchainements du passé ; ceux qui ont conduit à accepter comme inéluctable ce qui s’est avéré être inacceptable.

N’oublions pas que les totalitarismes sont toujours des expériences de croyances obscures rendues limpides par simplisme. Qu’ils ont attiré les foules et, parmi elles, des gens intelligents, instruits, cultivés. Aussi saluons ce qui se passe dans les pays arabes qui chassent peu à peu les tyrans et qui sauront peut-être construire un Etat de droit en respect avec les principes essentiels qui font une démocratie, - le plus dur est à venir : on sait, en France, qu’après une révolution ce chemin est chaotique. Ayons une pensée pour la Lybie libérée, pour la Tunisie qui a voté. Ces deux pays sont dans un processus encore incertain, souhaitons leur le meilleur, selon des idéaux démocratiques, dans le respect des personnes, de toutes les personnes, des croyances, toutes les croyances et toutes les incroyances.

Ces peuples, ces jeunes, ces femmes, nous ont montré que le courage, l’ambition pour tous, la volonté, ne sont pas vains. C’est aussi ce que je veux croire dans l’action des troupes françaises qui ont payé un lourd cette année en Afghanistan. 

Rien n’est irréversible. Il y a encore dix jours, je recevais à l’EAJ des Sablettes deux groupes de jeunes Polonais et Allemands et leurs professeurs, venus rencontrer et partager une pratique artistique et plastique avec des jeunes du collège Wallon. L’une des professeures berlinoises me disait que rien n’était plus efficace, pour le rapprochement et la compréhension des peuples, au-delà des beaux discours, que la réalité des confrontations dans les actes les plus quotidiens, comme préparer un petit déjeuner. C’est tellement vrai et tellement vérifié et vérifiable.

L’an passé, je citais Jaurès : « L’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu ».

Je vais rester encore sur ces paroles, et, redire que nous devons user de notre mémoire dans un exercice critique : ce n’est pas seulement la fin de la guerre que nous devons célébrer, mais la solidarité des hommes dans l’adversité telle qu’elle fût vécue dans la boue des tranchées.

C’est cette solidarité qui doit permettre la construction d’un avenir dans la paix pour les enfants du Monde.

Oui, vive la Paix !

Vive l'Europe des peuples solidaires !

Vive la France républicaine !

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 05:28

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTSvbI4OrLUbqpoBXENIRU25wgfBTSPuYIY1YorZFgySMDhH1iCNous étions samedi rassemblés sur le Parc Braudel des Sablettes, devant la stèle où est apposé "l'Appel du 18 juin" que le général De Gaulle a lancé aux Français depuis Londres pour qu'ils ne se résignent pas à la suite de la capitulation de l'État pétainiste et entrent en résistance contre les nazis et les fascistes.

J'ai prononcé un discours...

"Le 18 juin 1940, à 18 heures, un général deux étoiles proclame à la radio de Londres que « la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas ». Le 16 juin, en apprenant la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, il avait décidé de partir « dès le matin » pour l’Angleterre afin de poursuivre le combat. Le 17 juin, Pétain avait demandé l’armistice.

 "L'appel du 18 juin était un message d'espoir. Il faisait entrer le terme de « résistance » dans le vocabulaire politique du XXe siècle. Il affirmait que la mondialisation de la guerre ferait la victoire.

"Aujourd’hui, une autre mondialisation est en marche. L'humanité est confrontée à une crise d'une ampleur sans précédent qui entraîne un appauvrissement rapide de bien des populations. Cette paupérisation annule les progrès et se nourrit de la destruction de l'environnement. Elle engendre la ségrégation sociale, elle encourage le racisme, elle s'attaque aux droits des femmes et elle précipite dans les nationalismes.

"On met souvent en avant un caractère inéluctable du processus de cette mondialisation devenue mortifère. Et force est de constater que nous vivons déjà dans un monde d’interconnexion et d’interdépendance : en effet, tout ce qui peut se passer quelque part affecte la vie et l’avenir des gens partout ailleurs.

"Aucun territoire souverain, si vaste, si peuplé, si riche soit-il, ne peut protéger à lui seul ses conditions de vie, sa sécurité, sa prospérité à long terme, son modèle social ou l’existence de ses habitants. Mais, à l’inverse, aucun Etat, si fort soit-il, ne peut enrayer la volonté des peuples indignés par les injustices.

"Nous vivons désormais dans une économie financiarisée, dure, caricaturale, dont le seul horizon est le profit, rapide, cupide, cruel pour les victimes. On est bien loin des vieilles notions d’équilibre, de raison, de morale et d’éthique, qui devaient accompagner le capitalisme des origines. La main invisible qui devait réguler les marchés est inopérante et aveugle !

"Nous savons bien, avec Winston Churchill qui a accueilli De Gaulle à Londres, que la démocratie est le moins mauvais des systèmes de gouvernement. Or celle-ci n’existe que dans l’alternance pacifique du pouvoir, lequel a le devoir de faire vivre ce que, en France, on résume en trois mots : liberté, égalité, fraternité ! Et ce n’est pas un hasard si, trois semaines après l’appel du Général De Gaulle, cette devise a été enterrée par l’Etat collaborateur.

"Dans son fond et sans que les circonstances soient à comparer, cet appel de De Gaulle, demeure d’actualité. Le printemps fut arabe, l’été sera-t-il grec, espagnol, européen et indigné ? La jeunesse veut résister. Elle veut croire à un autre possible. Elle ne veut pas se résigner. Elle lance son « appel ».

"Pour les plus modestes, le processus vital est engagé : hausse des prix alimentaires, du logement, de l’énergie… les plus pauvres se restreignent sur le chauffage, l’alimentation, la santé. Le chômage est subi et l’alternative est le temps partiel contraint, la baisse des salaires, le déclassement, l’exclusion.

"Avec pour conséquence le repliement, la frustration, le rejet des autres et de l’étranger. On prétend qu’une solution serait de fermer les frontières !… La délinquance et tous nos maux seraient, forcément, liés à l’immigration. C’est une stigmatisation indigne. On instille doucement le racisme, comme dans les années 30. Heureusement que De Lattre de Tassigny, qui a répondu à l’appel de De Gaulle après l’invasion de la zone libre, ne s’est pas arrêté à de telles simplifications lorsqu’il a réussi l’amalgame des armées d’Afrique et des forces de la France Libre qui ont largement contribué à la libération !

"L’« appel » de notre jeunesse est clair : elle nous exhorte à enfin regarder vers elle et à porter le regard un peu plus loin que notre giron ! Changer la société est pour les jeunes un horizon légitime. L’espoir que portait De Gaulle est aujourd’hui dans leur camp et ce sont eux qui appellent à la résistance.

"Résister aux soi-disant évidences que l’on nous assène. Oui, il est possible de faire autrement. Autrefois, un homme isolé s’est levé et, in fine, la France s’est assise à la table des vainqueurs, aux côtés d’ailleurs de ceux-là mêmes qui voulaient instituer un protectorat américain...

"Que les Etats, les Nations, s’entendent donc dans une nouvelle alliance qui ferait fi des intérêts de profit et dont le caractère inhérent serait de vouloir la paix, le partage, l’éducation. Travaillons à une gouvernance mondiale passant par la préservation de l’environnement et un humanisme retrouvé.

"Cela serait-il foutaise, balivernes, irréalisme ?

"En 1940, le Général De Gaulle était bien seul devant son micro à la BBC… Lorsqu’il imagine l’avenir, ce 18 juin, De Gaulle ne se laisse pas enfermer dans la réalité pourtant accablante de la capitulation. Nous connaissons la suite. Croyons comme lui que la bataille du XXIe siècle n’est pas perdue ; que l’espoir et la volonté ne sont pas vains.

"L’histoire, ce sont les hommes qui la font. Rien ne se transforme ni ne s’adapte sans l’impact des volontés et des passions humaines.

"Le message de De Gaulle, en 2011, ce doit être : demain, mieux et autrement !"

 

> L'image illustrant cet article (la même d'ailleurs "l'appel" figurant sur la stèle du parc des Sablettes) n'est en fait pas la reproduction de "l'Appel du 18 juin" de Charles de Gaulle mais de ce qu'on a appelé "L'affiche de Londres" publiée quelques jours après et qui reprend en substance son appel à la résistance. Voir ICI l'appel et ICI l'affiche.

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 06:50

mv_deportes.jpgAprès l'intervention de Marie Bouchez, représentant Michel Vauzelle, président de la région Provence Alpes Côte d'Azur, lors de la cérémonie de commémoration de la libération des camps de déportés, ça a été à mon tour d'essayer de tirer de cette terrible phase de l'histoire de l'humanité quelques enseignements pour le présent et l'avenir...

« Notre monde demeure hanté par le souvenir de ce qui restera un crime d’une indicible horreur dont beaucoup de déportés, eux-mêmes, ont eu bien du mal à  parler.

« Il faut dire que rien n’avait été prévu pour les entendre, ni les écouter. Et, en effet, raconter était difficile, on n’entendait pas leurs récits, lorsqu’ils en faisaient, car ils étaient, littéralement, incroyables.

« Lorsqu’ils parvenaient à évoquer l’horreur, les déportés racontaient des choses effroyables ; et, pour les proches qui les aimaient, c’était insupportable.

« Et ça l’est toujours, soixante-six ans après.

« Aujourd’hui, notre devoir est d’entretenir le souvenir conscient de la longue chaîne des évènements qui conduisirent des esprits ordinaires à se pervertir et à imaginer devoir mettre en œuvre avec méthode « die Endlösung », une « solution finale » qui dépasse notre humanité et qui nous fige, encore, dans l’horreur et la douleur.

« Vous comprenez que cette cérémonie recèle un appel impérieux à la préservation des mémoires.

« Nous sommes là, bien sûr, pour dénoncer autant l’idéologie des nazis que la faiblesse des nations qui les laissèrent agir dès 1933.

deportes_2011_2.jpg« Mais aussi pour nous prévenir d’apprentis sorciers qui, sciemment pour d’extrémistes populistes, ou imprudemment pour d’autres, cultivent dangereusement un terreau qui fleure trop celui des années 30, par des déclarations ou de débats mal gérés qui, trop souvent, dérapent d’identité nationale ou de laïcité vers des liens étranges entre islam, immigration ou insécurité, par des amalgames où on compare la prière dans la rue à une « occupation », ou par des propos où on clame que « la France doit rester la France ». Comme si elle était menacée…

« Oui, gardons-nous de jouer avec le feu en banalisant des mots et des postures qui, il y a quelques années, auraient été unanimement condamnés.

« Car tout cela résonne trop avec « À bas le Juif » « Gardez-vous de l’Anti-France » ou « Dehors, les métèques », qu’on entendait lorsque l’antisémitisme commençait à s’afficher.

« On stigmatise aujourd’hui les immigrés et les musulmans. Le 30 mars, le journal « Le Monde » publiait une tribune de la Ligue Contre le Racisme et l’Antisémitisme et du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, avec le soutien du grand rabbin de France ; je cite :

« Ceux qui parlent de l’islamisation de la France sont guidés par la même obsession xénophobe que ceux qui dénonçaient la judaïsation de notre pays dans les années 1930. »

« Alors, oui, parlons de la laïcité, mais surtout... « parlons et agissons laïque » !

« Pour ne plus entretenir les ferments qui ont nourri les idées folles ayant légitimé l’internement et l’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants pour leurs idées politiques, leurs orientations sexuelles, leurs croyances, leurs origines nationales ou ethniques, leurs choix de vie et de culture, leurs handicaps, nous devons dire, avec force et conviction, que la France laïque, c’est la liberté de conscience, la liberté de penser et d’exprimer des opinions, y compris bien sûr religieuses.

« Nous devons dire que la France laïque impose la séparation des pouvoirs et la démocratie.

« Nous devons dire que la France laïque laisse les dieux dans les foyers et qu’elle met les citoyens à l’école.

« Nous devons le dire. Et le vivre et le faire vivre. Chez nous, en Europe, et dans le Monde.

« Souvenez-vous, au sortir de la guerre, l'espérance résidait dans un projet collectif. Or on est passé de l’espoir, issu du Conseil National de la Résistance, d’une société préoccupée de tous, dans la volonté de vivre ensemble, à un ordre – façon de parler - du chacun pour soi et de la peur de l’autre.

« Alors, oui, cette cérémonie annuelle est utile. Il faut associer l’unité et la diversité dans un nouveau projet de vivre avec nos différences.

« Alors, oui, dans notre société inquiète, nous avons besoin de repères, de stabilité, et de vision.

« Et, oui, les déportés nous ont appris que la vie c’est aussi la stupeur d’avoir traversé la nuit. « N’oubliez jamais, ont-ils dit, surmontez vos peurs ; ces peurs qui nous empêchent de vivre bien ».

« Oui, il nous faut échapper aux brumes de la nuit. Nous le devons à nos enfants. Et nous ne le ferons que tous ensemble. Et riches, et forts, et beaux de nos différences".

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 06:29

mb_deportes.jpgAprès trois semaines au cours desquelles, par la force des nombreuses choses qui m'ont mobilisé (et un peu de laisser-aller, je le reconnais... préférant consacrer mon rare temps libre à des balades à vélo plutôt que face à mon écran), je réactive ce blog. Mes visiteurs assidus me pardonneront... je l'espère...

Pour ce premier article depuis le 3 avril dernier, je ne parlerai pas de moi, mais de l'allocution poignante prononcée par mon amie Marie Bouchez, conseillère régionale socialiste, lors de la cérémonie de commémoration du souvenir des déportés des camps nazis et japonais qui s'est déroulée dimanche 24 avril dernier...

« C’est avec une digne et réelle émotion que je m’exprime devant vous en cette journée de commémoration dédiée à la libération des camps et de la déportation, mais aussi journée du souvenir pour les victimes du génocide arménien, et puis au triste 25ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.

« De ces moments si durs, des femmes et des hommes sont devenus des héros après avoir été des victimes de la folie multiple que nous sommes aussi et toujours capables d’engendrer.

« Mais ici, la volonté et la présence de chacune et chacun d’entre nous reflètent l’union, devant l’inacceptable, à dénoncer, à combattre à jamais.

« D’autant que chaque jour vient nous rappeler que les actes les plus vils, les idéologies les plus nauséabondes sont malheureusement présents et utilisés.

« Cette union, en effet, devant cette communauté humaine qui a su lutter sous toutes formes, se fédérer pour la fin de cette barbarie, de cette inhumanité logée et érigée en lieu et place de nos démocraties et de notre république.

deportes_2011.jpg« D’ici et d’ailleurs, les peuples se sont rejoints, se sont soulevés pour combattre le racisme, la xénophobie, le rejet de l’Autre et les crimes d’Etat. Ils se sont réunis pour réinventer un monde de paix, de liberté, de partage des civilisations et des richesses humaines.

« Merci pour tout cela, merci à la mémoire collective. Celle-ci est à renouveler quotidiennement pour mieux la conserver, mieux la transmettre. L’histoire nous apprend à rester éveillés, le savoir et l’éducation à garder les consciences ouvertes et généreuses.

« Les dangers qui menacent ces équilibres et ces choix sont bien là et le « plus jamais cela » n’est pas encore de mise, on le sait, on le voit, on le vit.

« Alors merci aux passeurs d’histoire, aux « mélangeurs respectueux des civilisations », aux militants de l’éducation populaire, aux associations que vous représentez.

« Merci à ceux qui se battent pour que des lieux de mémoire continuent à exister ou à émerger en relais d’humanité. Nous devons donner des moyens à ces tâches essentielles, nous ne pouvons réduire par petites économies et politique du court terme, l’accès aux droits fondamentaux que sont l’éducation la culture, les espaces de pédagogie vers une citoyenneté à conquérir et à sauvegarder.

« Si j’évoque ces lieux de mémoire, c’est en lien avec ceux qui animent et bâtissent depuis longtemps déjà un projet de mémorial important sur notre région, je veux parler du Camp des Milles, à Aix-en-Provence. Il fut un transit vers la mort, une ségrégation orchestrée, un bâillonnement des convictions collectives et intimes, un asservissement des peuples, que l’on soit juif, tzigane, communiste, républicain espagnol... et j’en oublie !

« Passage vers le pire, vers l’anéantissement, mais aussi image macabre des responsabilités, bien affichées et organisées.

« J’espère, et nous l’espérons avec Michel Vauzelle, Président de la Région, que ce lieu de mémoire, de culture et d’éducation, pourra enfin voir le jour cette année. Je salue la forte volonté de ceux qui ont soutenu ce projet depuis longtemps. Il fera partie intégrante de ce qui doit nous rassembler aujourd’hui et demain.

« Alors, chers amis, chers collègues élus, Présidents et membres des associations, Représentants de l’Etat, Citoyennes et Citoyens, continuons à transmettre, à nous souvenir, à faire vivre ce qui nous unit pour le meilleur commun de l’humanité.

« Des femmes et des hommes ont résisté, sont morts afin que nous soyons libres, dans un monde de paix, pour une terre d’accueil, fruit de tolérance et de solidarité entre tous.

« Souvenons-nous ! Sachons aussi qu’au quotidien descendent des collines, sortent des usines et des villes, ici, ailleurs, du nord au sud, de l’est à l’ouest, des bâtisseurs d’avenir, porteurs de volonté collective face à la barbarie, face aux dégâts des asservissements et des captations de richesses de tous ordres, face aussi à la facilité de reconstruire des murs entre nous.

« Seule, la paix, la connaissance, le goût des Autres, le partage des richesses et la démocratie sont notre issue.

« Pour laisser un héritage à notre jeunesse, à nos futurs enfants, un héritage bien vivant, bien utilisable, et pour qu’ils aient leur propre et libre choix devant l’avenir à construire...

« Soyons ensemble sur ces valeurs. »

Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 15:50

http://sphotos.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-ash2/hs493.ash2/76672_177080325638735_100000103067117_657606_7938806_n.jpgIl y a 92 ans, le 11 novembre 1918, à La Seyne, les cloches de Notre-Dame-de-Bon-Voyage, comme celles de toutes les églises de France, sonnaient pour annoncer la fin d'une sale guerre de quatre ans. Outre mes collègues adjoints et conseillers municipaux, nous avons accueilli Jean-Sébastien Vialatte, députe-maire de Six-Fours, Mireille Peirano, vice-présidente de la Région Provence Alpes Côte d'Azur, représentant Michel Vauzelle, président de la Région, Sandra Torres, conseillère régionale, ou encore Patrjck Martinenq, conseiller général de La Seyne. J'ai prononcé, à cette occasion, le discours ci-après qui a, paraît-il, dérangé certains. Je me demande pourquoi...

"Nous célébrons cet Armistice qui mit fin aux combats après quatre années d’une guerre jamais vue jusqu’alors.

"Avec tout le respect que nous devons à la mémoire des disparus et aux rares survivants, nous célébrons les soldats, les populations, les victimes, qui ont porté cette première guerre mondiale dans leur chair, leur sang, leurs souvenirs... Plus jamais ça, avaient-ils dit à l'époque... Et pourtant !

"Nous célébrons aussi les idéaux perdus pour lesquels ils ont tant souffert.

"Et, en effet, la France, telle que nous la vivons aujourd’hui, semble parfois loin de ces fondations républicaines égalitaires issues de la Nuit du 4 août qui, au-delà d’un patriotisme exacerbé par la guerre, ont porté des gens simples à combattre deux empires aristocratiques au nom de la République.

"Le monde d’aujourd’hui montre que les leçons du passé ne sont pas tirées.

"La Grande Guerre fut, entre autres, le résultat d’une Europe divisée ; de l’expansion coloniale et de ses dérives ; du nationalisme le plus étroit ; du désir de revanche ; de la question territoriale ; enfin, et ce n’est pas le moindre, le résultat de l’aveuglement de ce grand capital encourageant la course aux armements.

"Je l’ai déjà exprimé, mais je le répète : Gardons-nous aujourd’hui des images trop mortifères, propres à entretenir la défiance et la haine des peuples et gardons-nous de perdre le sens du futur et le goût du présent.

"Le bonheur, qui était cantonné au Paradis avant la Révolution Française, était devenu accessible sous l’impulsion des philosophes des Lumières ; redescendu sur terre, en quelque sorte... Avec la révolution industrielle, avec le travail moins pénible et réglementé, le travailleur acquiert un statut. Le bonheur est devenu un objectif. Et les fins des deux guerres mondiales ont accéléré la nécessité de penser l’organisation sociale pour tous.

"Mais notre présent semble aller à contresens du projet de société que ces deux guerres ont suscité en réaction : ce modèle de civilisation, où l’humanisme le dispute au profit, est lentement mais sûrement détricoté.

"La Grande Guerre a eu un effet positif, si l'on ose dire, car, par son ampleur, par son horreur, elle a grandement contribué à forger les identités politiques de démocraties encore très fragiles, une transformation des mentalités, la reconnaissance des femmes dans la vie économique. Ces évolutions ont préparé les opinions publiques à admettre le combat contre les empires financiers (les lois anti-trust), le colonialisme, les situations établies par la naissance, et les logiques immorales d’un capitalisme dont l’aveuglement dans la quête d’un enrichissement sur le dos des peuples n’était que faiblement balancé par un paternalisme hypocrite.

"Ainsi, de cette Grande Guerre, il sortit une notion confortée de la citoyenneté et de ce qu’un Etat responsable et solidaire pouvait apporter. Cela ne s’est pas fait dans l’angélisme. Nos Républiques furent bousculées, bafouées, en Allemagne, en Espagne, au Portugal, en France. Elles ne surent pas s’opposer à un deuxième conflit planétaire.

"Et aujourd’hui, ce qui nous menace, c’est l’oubli. L’oubli de ces combats, l’oubli de ce qu’est la vie sans espérance, l’oubli de ce qui fut conquis dans des luttes opposant les petites gens aux grands possédants. Ce que nous voyons, c’est l’affaiblissement des politiques publiques au gré du désir des élites au pouvoir : « Moins d’Etat pour mieux d’Etat », disent-ils sans vergogne.

"On réclame des efforts à des citoyens dont le pouvoir d’achat est en berne et dont l’emploi est menacé, on met en œuvre une révolution silencieuse qui démantèle un soi-disant Etat-providence. La notion de service disparaît au profit de la performance. Cela passe par des coupes sombres et la perte de la notion d’intérêt général. Je l’ai dit et regretté par ailleurs, nos communes, nos départements, nos régions, espaces de la démocratie, sont gravement touchés.

"Oui, oui vraiment, nous aurions tort de négliger l’utile compréhension des enchainements du passé ; ceux qui ont conduit à accepter comme inéluctable ce qui s’est avéré être inacceptable.

"Les totalitarismes ont été des expériences de croyances obscures rendues limpides par simplisme. Ils ont pourtant attiré les foules et, parmi elles, des gens intelligents, instruits, cultivés.

"Ces dernières années, la richesse des plus riches a littéralement explosé cependant que le revenu moyen stagne. On poursuit avec résolution les petits délinquants, mais on laisse en paix les exilés fiscaux… Ces manquements entraînent nos démocraties représentatives dans les mêmes crises qui, sans remède, désespèrent les masses, conduisent à des solutions simplistes et désignent des boucs émissaires.

 "Nous ne pouvons plus dire que nous ne savons pas ce qu’il advient de la perte de confiance dans la représentation, dans le discrédit d’un pouvoir parlementaire soumis, dans le sentiment que ce pouvoir serait ailleurs que dans les sphères politiques. Le résultat, on le sait, est le repli sur soi, la délégation ou l’abandon de sa propre volonté à d’autres.

"Nous savons, pourtant, ce qu’il convient de réaliser pour empêcher cet engrenage pervers : du courage, de l’ambition pour tous, de la volonté. Du courage parce que la peur provoque une concurrence de tous contre tous. De l’ambition parce qu’il faut refonder une Nation solidaire. De la volonté, parce que rien n’est irréversible.

"Jean Jaurès, assassiné en juillet 1914 parce qu’il s'opposait à cette guerre dont nous commémorons aujourd'hui la victoire – et donc la Paix -, disait  en s’adressant à la jeunesse d’Albi : « L’effort humain vers la clarté et le droit n’est jamais perdu ». Il ajoutait en visionnaire « Ce n’est pas seulement dans les relations politiques des hommes, c’est aussi dans leurs relations économiques et sociales qu’il faut faire entrer la liberté vraie, l’égalité, la justice ».

"Au lendemain de l'autre guerre, en 1945, la société et les institutions ont été refondées sur des principes d’équité et de solidarité. Comme à cette époque, - où la détresse semblait indépassable, où le contexte, les difficultés, paraissaient bien plus complexes que ce que nous vivons -, nous devrions assurer à nos concitoyens une protection solidaire qui allie la liberté individuelle et le cadre collectif. Et, dans une vision portant sur le moyen terme, l’économie ne devrait pas échapper à cette règle.

"Nous vivons, en Europe, un moment fort, peu commun, jamais vu dans l’Histoire : la disparition de la guerre sur nos territoires. Et voyez le paradoxe : arc-boutés sur nos égoïsmes, nous ne savons plus vivre en société, ni organiser le bien commun.

"Tous, nous voulons la démocratie ! Mais bien peu s’intéressent concrètement à la décision commune, à l’effort à produire ensemble, au partage des richesses et au partage des obligations. Nous voulons préserver la planète mais… ne rien céder sur nos façons de vivre ! On veut des équipements, on veut des services, mais on ne s’intéresse pas à la façon de les maintenir.

"Je disais, l’an passé, que notre présence devant ce Monument n’était ni anecdotique ni désuète, que nous étions les instruments de la formation civique et la conscience des populations, que nous devions user de notre mémoire dans un exercice critique où l’honnêteté disputait à l’exactitude.

"Eh bien, vous voyez, je ne renie rien, c’est au nom de cet exercice critique que je me suis permis de sortir un peu du cadre strict de la commémoration historique des événements combattants.

"Aujourd’hui j’ajoute : ce n’est pas seulement la fin de la guerre que nous devons célébrer, mais la solidarité des hommes dans l’adversité.

"Notre défi, ce n’est plus le courage d’aller sur le Chemin des Dames, c’est de construire un avenir de Paix et de solidarité pour les enfants du Monde.

"Oui, vive la Paix !

"Vive l'Europe des peuples solidaires !

"Vive la France républicaine !"

 

> Merci, Khalid, pour la photo illustrant cet article que j'ai piquée sur ton "mur" d'un "réseau social" bien connu...


Repost0
Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

À propos de moi...

> Ma bio, vue par un copain...

> Ma généalogie sur geneanet

 

 

L'ACTION DES COPAINS

LE BLOG DES ÉLUS SEYNOIS DES GAUCHES ET DE L'ÉCOLOGIE
LE SITE DE MANON AUBRY, DÉPUTÉE EUROPÉENNE VAROISE

ET MES ENGAGEMENTS

CLIQUEZ SUR LA BANNIÈRE
LA CHAINE YOUTUBE DE GRS
LA PAGE FB DE GRS-Var
LE BULLETIN DE GRS-LA SEYNE

 

12 ANS POUR & AVEC LES SEYNOIS

NOTRE BILAN 2008-2020

CLIQUEZ SUR L'IMAGE