Le mistral violent a un peu gâché la fête, ce dimanche au Parc de la Navale. Mais les quelques centaines de courageux qui l’ont bravé pour être présents à l'un ou l'autre des moments de la journée de témoignages et de convivialité qu’a été le troisième « mai citoyen » organisé par une trentaine d’associations et syndicats n’auront pas perdu leur journée. Des avis que j’ai entendus des uns et des autres, résistants d’hier et d’aujourd’hui, ce que, dans mon petit propos d’accueil à La Seyne, j’ai qualifié de « piqûre de rappel pour conserver notre aptitude de républicains à l’indignation » aura bien fonctionné. Si la météo avait été plus clémente, je n’aurais pas renoncé à prononcer le propos que j’avais préparé à la demande des organisateurs, mais le bruit du vent était assourdissant et rendait les prises de parole difficilement audibles. Je m’en suis tenu à un discours de mémoire, très synthétique, reprenant rapidement quelques points de ce que j’avais préparé. Et que je livre aujourd’hui...
« La mémoire est le ferment de l’espérance, le moteur de ceux qui veulent aller de l’avant.
« Cette mémoire nous raconte que des hommes et des femmes que rien ne prédisposaient à travailler ensemble ont su se rassembler sur des valeurs communes de solidarité, d’entre aide, de préservation des libertés, pour libérer la France puis pour fonder le socle sur lequel elle devait se reconstruire. C’était avant la fin de la guerre de 39-45. Et c’était le programme du Conseil national de la Résistance, appelé « Les jours heureux », avec ses orientations sur l’éducation, sur le partage, l’économie, la santé, le transport… sur la conscience d’être un groupe qui avance ensemble.
« Cette mémoire nous raconte que ce programme a été mis en œuvre dans des conditions autrement plus difficiles qu’aujourd’hui, un pays dévasté, des rancœurs accumulées.
« Cette mémoire, enfin, nous raconte que, oui, si tous ensemble nous le voulons, il reste, toujours, une capacité à agir.
« Je suis le maire de cette ville ; édile au service de la population, mes préoccupations sont banales et quotidiennes, permanentes et essentielles : Ne pas être indifférent les uns aux autres, encourager une responsabilité des uns envers les autres, accompagner le recours des uns au secours des autres.
« L’actualité, douloureuse, si elle provoque mon indignation, ne me détourne pas de ces nobles objectifs. Cependant, elle conforte, ce que nous savions malheureusement déjà, cette idée selon laquelle la prospérité découvrirait nos vices et l’adversité nos vertus.
« Alors, oui, le chantier est ouvert. La partie n’est pas gagnée. Mais si tous ceux qui ont levé la tête dans les ténèbres du nazisme avaient renoncé, serions-nous là à gloser sur les turpitudes de quelques-uns ?
« Ce que je veux souligner c’est que des hommes ordinaires, modestes ou élevés, sans grade ou distingués, paysans ou lettrés, ouvriers ou ingénieurs, artisans ou fonctionnaires, hommes ou femmes, ont su révéler, à eux-mêmes, aux autres, certes dans des circonstances extraordinaires, une disposition où le courage dispute à l’abnégation, la fraternité à l’engagement, l’amour à la violence, l’individu au groupe, la peur de mourir au devoir, l’oubli de soi au secours des autres…
« Ceux-là, ces femmes et ces hommes qui ont choisi de résister contre la résignation, contre l’injustice, contre la violence aveugle, contre l’arbitraire, contre l’ignominie, ont à jamais, par cette volonté singulière, lié les citoyens que nous sommes à une République solidaire, démocratique, fraternelle envers tous les hommes.
« Alors, à leur exemple, adhérons aux nouveaux défis qui devraient aboutir à une meilleure justice sociale.
« Les adversaires de la République usent encore des vieilles ficelles de la xénophobie, de la stigmatisation, de la peur provoquée irrationnelle. Ils sont aidés par la crise économique qui accroit la pauvreté des plus humbles.
« Ces défis sont exprimés ainsi : si l’on ne peut pas distribuer les richesses que l’on n’a pas ou plus – quoique -, il faut que les êtres humains soient au moins respectés, que la jeunesse soit la première des priorités, que la vieillesse soit protégée, que l’on en finisse avec la tyrannie de l’argent dans une société gangrenée par la pauvreté et la stigmatisation de l’autre.
« Nous voulons un pays conscient, adulte, un peuple ouvert et responsable, averti et non pas perverti d’idées simples, radicales et mensongères.
« Soyons persuadés que la vigueur du combat économique et social dépendra de la qualité de la vie démocratique, de notre volonté de maintenir, comme désormais, la séparation effective des pouvoirs, l’indépendance de la justice, le respect des contre-pouvoirs institutionnels.
« Cela ne se fera pas sans que l’action des services publics ne soit réhabilitée.
« Aujourd’hui, le travail manque, les remèdes proposés par les organisations mondiales oublient le quotidien des populations, ne parlent que de grands équilibres mais exigent des efforts démesurés aux plus démunis tout en protégeant les actionnaires. Les Grecs, les Espagnols vont mourir guéris ! Et demain, à l’échelle de nos territoires ? La pauvreté, le souillon, comme les émigrés, comme l’étranger seront montrés du doigt. Les riches auront-ils leurs bonnes œuvres comme au meilleur de la capitalisation ?
« Si nous devons éviter le repli sur soi, dévastateur, nous pouvons écouter notre mémoire et parler « identité nationale » ! Qui sommes-nous ? Des enfants des Lumières. Des démocrates en République. Je ne suis pas naïf, je sais que la représentation n’est pas la démocratie directe, je sais que les lobbies agissent dans l’ombre, je sais que le populisme guette ; méfions-nous des lendemains qui déchantent et restons simples, appliquons notre devise républicaine : Egalité, Liberté, Fraternité. Fraternité ? Elle rend possible le partage, si nécessaire. Egalité ? Elle doit exister devant la loi, l’éducation, la formation, le logement, l’accès aux soins. Liberté ? Si elle doit être celle de l’individu, c’est dans le respect du groupe.
« Oui, chers amis, ensemble nous pouvons encore construire solidaire. Oui, c’est difficile ! Oui, ces idéaux sont loin d’être atteints ! Faut-il pour autant renoncer ? »
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Mon discours à l'occasion de l'armistice du 8 mai 1945...
Comme chaque année, l'émotion était bien palpable, hier dimanche, lorsque, après avoir lu
Dans deux ans, il y aura cent ans, ce 24 avril, qu’auront été déclenchés les massacres qui ont conduit le régime de l’époque de l’empire ottoman à exterminer un million et demi de ses sujets, Arméniens d’Anatolie.
Ce soir s'est tenu à La Seyne un rassemblement patriotique à la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie. Le propos que j'ai prononcé à cette occasion...
Hier, 14 juillet, nous célébrions nombreux la fête nationale, qui est autre chose de plus que les bals et les animations du soir. Nous étions certes nombreux, mais sûrement pas encore assez nombreux, pour réaffirmer l'attachement aux valeurs qui sont nôtres, citoyens d'une France républicaine selon les termes de sa Constitution, et à faire vivre républicaine, encore et toujours. Et elle en a besoin, notre France, après les dix années qu'elle a connues...
Ceux qui me connaissent savent combien je suis attaché aux cérémonies commémoratives et patriotiques. Au-delà du protocole et des symboles, elles constituent des jalons de notre existence de l'urgence perpétuelle. Des jalons utiles pour nous poser un instant, réfléchir aux leçons à tirer de faits historiques, et honorer la mémoire de ces hommes et femmes qui, trop nombreux, ont donné leurs vies pour nous permettre d'être des citoyens libres et droits.
À propos de militaires, je veux rappeler que la ville de La Seyne est la marraine de la Préparation Militaire Marine (PMM) "Amiral Trolley de Prévaux" qui poursuit son dévelopement. Je n'en ai pas parlé au cours de la campagne électorale car j'ai tenu à respecter l'obligation de réserve à laquelle était astreinte, peut-être plus que tout autre corps d'État, la Marine nationale, mais j'ai eu le plaisir de participer au Fort Saint-Elme à la remise des dipômes de fin de formation aux jeunes gens et jeunes filles qui, le mois dernier, ont achevé leur parcours d'instruction. Une excellente chose pour ces volontaires, dont beaucoup de Seynoises et Seynois, qui n'opteront pas forcément pour une carrière militaire, mais qui, à défaut du service national que les plus anciens d'entre nous avons connu, se sont retrouvés toute l'année scolaire sur leurs temps libres pour acquérir des savoirs et, surtout, des savoir faire et des savoir être sociaux. J'invite d'ailleurs mes visiteurs à jeter un coup d'oeil sur ce sujet sur
Hier, 8 mai 2012, soixante-sept ans après l'armistice de 1945, se déroulaient, à La Seyne comme dans tout le pays, les cérémonies commémorant la fin de la plus terrible guerre que l'histoire avait jamais connue. J'ai prononcé une allocution...
"Oui, vous conviendrez qu’en ce 8 mai un peu particulier, où deux hommes seront tout à l’heure côte à côte à Paris, je souligne combien ce combat reste douloureusement d’actualité.
Ce dimanche, nous avons commémoré la libération des camps de la mort et honoré la mémoire des déportés. Comme chaque année, j'ai prononcé un discours.../image%2F1454492%2F20200923%2Fob_5f0fc6_vuillemot-photo-blog-copie.png)
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