13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 04:40

130512 mai citoyenLe mistral violent a un peu gâché la fête, ce dimanche au Parc de la Navale. Mais les quelques centaines de courageux qui l’ont bravé pour être présents à l'un ou l'autre des moments de la journée de témoignages et de convivialité qu’a été le troisième « mai citoyen » organisé par une trentaine d’associations et syndicats n’auront pas perdu leur journée. Des avis que j’ai entendus des uns et des autres, résistants d’hier et d’aujourd’hui, ce que, dans mon petit propos d’accueil à La Seyne, j’ai qualifié de « piqûre de rappel pour conserver notre aptitude de républicains à l’indignation » aura bien fonctionné. Si la météo avait été plus clémente, je n’aurais pas renoncé à prononcer le propos que j’avais préparé à la demande des organisateurs, mais le bruit du vent était assourdissant et rendait les prises de parole difficilement audibles. Je m’en suis tenu à un discours de mémoire, très synthétique, reprenant rapidement quelques points de ce que j’avais préparé. Et que je livre aujourd’hui...

«  La mémoire est le ferment de l’espérance, le moteur de ceux qui veulent aller de l’avant.

« Cette mémoire nous raconte que des hommes et des femmes que rien ne prédisposaient à travailler ensemble ont su se rassembler sur des valeurs communes de solidarité, d’entre aide, de préservation des libertés, pour libérer la France puis pour fonder le socle sur lequel elle devait se reconstruire. C’était avant la fin de la guerre de 39-45. Et c’était le programme du Conseil national de la Résistance, appelé « Les jours heureux », avec ses orientations sur l’éducation, sur le partage, l’économie, la santé, le transport… sur la conscience d’être un groupe qui avance ensemble.

« Cette mémoire nous raconte que ce programme a été mis en œuvre dans des conditions autrement plus difficiles qu’aujourd’hui, un pays dévasté, des rancœurs accumulées.

« Cette mémoire, enfin, nous raconte que, oui, si tous ensemble nous le voulons, il reste, toujours, une capacité à agir.

« Je suis le maire de cette ville ; édile au service de la population, mes préoccupations sont banales et quotidiennes,  permanentes et essentielles : Ne pas être indifférent les uns aux autres, encourager une responsabilité des uns envers les autres, accompagner le recours des uns au secours des autres.

« L’actualité, douloureuse, si elle provoque mon indignation, ne me détourne pas de ces nobles objectifs. Cependant, elle conforte, ce que nous savions malheureusement déjà, cette idée selon laquelle la prospérité découvrirait nos vices et l’adversité nos vertus.

« Alors, oui, le chantier est ouvert. La partie n’est pas gagnée. Mais si tous ceux qui ont levé la tête dans les ténèbres du nazisme avaient renoncé, serions-nous là à gloser sur les turpitudes de quelques-uns ?

« Ce que je veux souligner c’est que des hommes ordinaires, modestes ou élevés, sans grade ou distingués, paysans ou lettrés, ouvriers ou ingénieurs, artisans ou fonctionnaires, hommes ou femmes, ont su révéler, à eux-mêmes, aux autres,  certes dans des circonstances extraordinaires, une disposition où le courage dispute à l’abnégation, la fraternité à l’engagement, l’amour à la violence, l’individu au groupe, la peur de mourir au devoir, l’oubli de soi au secours des  autres…

« Ceux-là, ces femmes et ces hommes qui ont choisi de résister contre la résignation, contre l’injustice, contre la violence aveugle, contre l’arbitraire, contre l’ignominie, ont à jamais, par cette volonté singulière, lié les citoyens que nous sommes à une République solidaire, démocratique, fraternelle envers tous les hommes.

« Alors, à leur exemple, adhérons aux nouveaux défis qui devraient aboutir à une meilleure justice sociale.

« Les adversaires de la République usent encore des vieilles ficelles de la xénophobie, de la stigmatisation, de la peur provoquée irrationnelle. Ils sont aidés par la crise économique qui accroit la pauvreté des plus humbles.

« Ces défis sont exprimés ainsi : si l’on ne peut pas distribuer les richesses que l’on n’a pas ou plus – quoique -, il faut que les êtres humains soient au moins respectés, que la jeunesse soit la première des priorités, que la vieillesse soit protégée, que l’on en finisse avec la tyrannie de l’argent dans une société gangrenée par la pauvreté et la stigmatisation de l’autre.

« Nous voulons un pays conscient, adulte, un peuple ouvert et responsable, averti et non pas perverti d’idées simples, radicales et mensongères.

« Soyons persuadés que la vigueur du combat économique et social dépendra de la qualité de la vie démocratique, de notre volonté de maintenir, comme désormais, la séparation effective des pouvoirs, l’indépendance de la justice, le respect des contre-pouvoirs institutionnels.

« Cela ne se fera pas sans que l’action des services publics ne soit réhabilitée.

« Aujourd’hui, le travail manque, les remèdes proposés par les organisations mondiales oublient le quotidien des populations, ne parlent que de grands équilibres mais exigent des efforts démesurés aux plus démunis tout en protégeant les actionnaires. Les Grecs, les Espagnols vont mourir guéris ! Et demain, à l’échelle de nos territoires ? La pauvreté, le souillon, comme les émigrés, comme l’étranger seront montrés du doigt. Les riches auront-ils leurs bonnes œuvres comme au meilleur de la capitalisation ?

« Si nous devons éviter le repli sur soi, dévastateur, nous pouvons écouter notre mémoire et parler « identité nationale » ! Qui sommes-nous ? Des enfants des Lumières. Des démocrates en République. Je ne suis pas naïf, je sais que la représentation n’est pas la démocratie directe, je sais que les lobbies agissent dans l’ombre, je sais que le populisme guette ; méfions-nous des lendemains qui déchantent et restons simples, appliquons notre devise républicaine : Egalité, Liberté, Fraternité. Fraternité ? Elle rend possible le partage, si nécessaire. Egalité ? Elle doit exister devant la loi, l’éducation, la formation, le logement, l’accès aux soins. Liberté ? Si elle doit être celle de l’individu, c’est dans le respect du groupe.

« Oui, chers amis, ensemble nous pouvons encore construire solidaire. Oui, c’est difficile ! Oui, ces idéaux sont loin d’être atteints ! Faut-il pour autant renoncer ? »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

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Marc VUILLEMOT

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