26 décembre 2025 5 26 /12 /décembre /2025 13:00

 

Jean-Louis Pavillon, acteur essentiel de l'éducation populaire à La Seyne, nous a quittés à la veille de Noël. Il venait d'avoir 87 ans.

 

Nombreux sont les professionnels et bénévoles de l'action socio-éducative seynoise et varoise, et les jeunes devenus adultes, et les anciens, femmes et hommes, du quartier Berthe et de toute la ville, qui sont dans une grande tristesse.

 

 

Originaire de la Dracénie, après une carrière de commercial qui l'a conduit de nombreuses années dans le Quercy, Jean-Louis avait posé ses valises à La Seyne où il avait pris la direction du centre social et culturel Nelson-Mandela du quartier Berthe. Il y a laissé le souvenir d'une redynamisation fulgurante, dans les secteurs de l'enfance, de la jeunesse, des actions en direction de l'émancipation des femmes, de l'accompagnement social et de la médiation culturelle.

 

Lorsqu'arriva l'âge de la retraite, Jean-Louis n'eut qu'à traverser l'avenue Louis-Pergaud pour poursuivre son investissement désintéressé, en devenant président d'une autre association socio-éducative de notre grand quartier populaire : le Foyer Wallon Berthe. Il y impulsa les fonctions d'accueil du quotidien des collégiens, les activités et séjours collectifs des temps libres et des vacances, l'aide aux devoirs et l'accompagnement à la scolarité, la médiation entre les jeunes et l'École et ses codes, l'appui aux familles pour l'exercice de leur fonction parentale, élargissant aussi en direction des enfants des écoles primaires du quartier les missions initialement centrées sur le collège Henri-Wallon.

 

Impliqué dans la création et l'administration d'autres associations à vocation solidaire, il ne ménagea jamais ses efforts pour promouvoir avec pugnacité les indispensables initiatives qu'elles portent au service des plus modestes auprès des institutions publiques et obtenir de celles-ci qu'elles garantissent leur pérennité et leur développement.

 

Catholique engagé, il n'en fut pas moins un pourfendeur des auteurs des moindres atteintes à la laïcité républicaine. Infatigable visiteur de prison, il croyait que l'individu est un être de conscience, capable d'évoluer, en en ayant le désir et les potentialités. Et sa fibre sociale le conduisit à s'impliquer dans l'équipe des gauches et de l'écologie que je menais pour l'élection municipale de 2008.

 

Deux images en forme de clins d'œil en souvenir peuvent illustrer qui fut ce grand monsieur. Celle d'une vache peinte en mauve à son initiative, à la façon d'une marque de chocolat bien connue, par les adolescents seynois que, mouillant lui-même la chemise comme animateur de terrain, il avait amenés en séjour dans le Lot ( * ). Et celle de la colère hurlante du redoutable préfet Marchiani, lorsque Jean-Louis, représentant du monde associatif varois au sein du conseil départemental de la prévention de la délinquance, lui tint longuement tête avec un calme puissant, défendant pied à pied la prévention éducative des jeunes en dérive contre leur répression punitive.

 

Il est des femmes et des hommes qui auront compté pour l'élévation des consciences et l'engagement citoyen de celles et ceux qui ont croisé leur chemin. Jean-Louis Pavillon fut l'un de ceux-là. Et un grand.

 

À son épouse, sa famille et leurs proches, comme à ses amis du monde social et éducatif, nous sommes nombreux à dire combien nous partageons leur immense peine.

 

Sous réserve de confirmation, ses obsèques seront célébrées le vendredi 2 janvier à 14 heures 30 à l'église Notre-Dame-de-la-Mer à Mar Vivo.

 

 

( * ) : véridique, ça s'est fait avec de la peinture sans danger pour la bête et, bien sûr, avec l'accord de l'éleveur !

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire