12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 04:38

http://www.theatrum-belli.com/media/02/01/2067683780.jpgComme à chacune des commémorations patriotiques, j'ai prononcé un discours ce 11 novembre, jour du 96ème anniversaire de l'armistice de 1918. J'ai, du moins, prononcé... une partie du discours prévu, car la pluie qui s'est abattue m'a conduit à l'écourter, mes feuillets détrempés s'étant mués en pâte à papier ! Ce dont ne se sont pas plaints celles et ceux de mon auditoire qui avaient oublié d'apporter un parapluie ! Voici donc mon propos...

 

"Le 1er août de cette année, à 16 heures, le tocsin a sonné dans les communes de France. Il a résonné en mémoire de ce qu’il avait sonné, 100 ans plus tôt, faisant comprendre à nos anciens sa triste signification : la guerre !

"Le 28 juin 1914, les télégraphes avaient répandu la nouvelle de l'assassinat de l'héritier d'Autriche-Hongrie à Sarajevo. Il n’aura fallu que cinq semaines pour que la première guerre mondiale éclate le 1er août.

"17 millions de morts, 37 millions de victimes.

"Cette guerre devait être rapide et limitée. Elle fut longue et mondiale.

"Si les Français se sont levés pour défendre la Patrie et pour l’idée qu’ils se faisaient de la République, on occulte souvent l’esprit revanchard qui animait les mentalités en ce début du XXe siècle. En effet, la défaite de 1870 contribua beaucoup à l’élan patriotique : la France qui avait perdu l’Alsace et la Lorraine était toujours meurtrie.

"Les appelés de 14 avaient été nourris de cette situation à l’école de Jules Ferry où l’histoire que racontaient les hussards noirs de la IIIe République était quelque peu remaniée. Les vaincus de 1870 devinrent des héros, à l’image d’Epinal d’un Vercingétorix montré comme un glorieux résistant face à l’empire romain. Sur les gravures, c’est un géant qui jette fièrement ses armes aux pieds d’un Jules César assis et grave. Je ne parle pas de cette autre image, connue de tous, de Jeanne d’Arc boutant l’Anglais hors de France, la Mère patrie ! Ainsi, les enfants chantaient dans les écoles « vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » et « nous sommes les petits enfants qui voulons servir la patrie. Nous lui donnerons dans dix ans une armée aguerrie. »

"En août 14, ces écoliers sont les hommes qui partent au front. Ils ont en tête l’esprit de devoir et de sacrifice et sont mûrs pour devenir de la chair à canon.

"Les belligérants croient en la paix mais rêvent d’en découdre, les ambitions territoriales, politiques, économiques sont en fait les vrais moteurs de la course à la confrontation. Les évènements s’emballent, la guerre, prévue courte et de mouvements, s’enlise. Ce sera l’effroyable boucherie où on mourra par milliers pour gagner cent mètres, qu'on reperdra dans la foulée. A la mi-septembre, après un mois de conflit, les armées françaises comptaient déjà 720 000 victimes, 400 000 blessés évacués et 320 000 tués ou disparus.

"C’est dans ce premier mois de guerre qu’intervient ce qui deviendra l’affaire des soldats du XVe corps d'armée. Le conseil municipal a récemment délibéré et nous dénommerons bientôt une avenue en reconnaissance de l’injustice qui leur a été faite.

"Le 11 novembre 14, c’en est presque fini de la guerre de mouvement. La bataille de la Marne et ses taxis réquisitionnés par Gallieni, la course à la mer, sont du passé. Les armées vont s’enterrer pour 4 longues années.

"L’année dernière, j’avais emprunté à la littérature pour décrire l’enfer que vécurent les Poilus.

"Cette guerre reste gravée en lettres de feu dans la mémoire collective qui, comme les sols des sanglants combats, n’oublie pas la mort horrible dans les tranchées. Des hectares entiers sont laissés en friche du fait des sols à jamais souillés par les métaux lourds, les gaz, les munitions inertes ou pas.

"En France, on dit, aujourd'hui encore, simplement, la « Grande Guerre ». D'autres, comme l’historien américain George Kennan, parlent la « catastrophe originelle » du XXe siècle.

"A l'occasion du 100e anniversaire du début de cette catastrophe, de nombreuses études ont été publiées qui tentent de nous expliquer l'inconcevable. Elles retracent minutieusement les calculs des acteurs dans les capitales européennes, les prévisions irréfléchies d'une campagne rapide et glorieuse, la définition d'objectifs de guerre aventureux, ainsi que les erreurs d'appréciation qui ont conduit les nations dans ce chaos.

"Il semble, - il semblait ! -, inconcevable, aujourd'hui, qu'une guerre puisse éclater au cœur de l'Europe. J’espère que le présent – il faudrait que ce qui se passe dans l’est de l’Ukraine s'arrête vite - restera la réalité.

"Car, après la rupture de civilisation que fut la seconde guerre mondiale déclenchée cette fois par l'Allemagne nazie, nous avons remplacé l'équilibre toujours précaire des alliances changeantes entre Etats qui marquait notre continent il y a un siècle par une communauté européenne de droit. L'Union européenne doit continuer à nous permettre de trouver une voie pour régler pacifiquement nos divergences d'intérêts.

"Au lieu de la loi du plus fort, c'est à la force de la loi de régir les rapports entre les Européens.

"La perte de confiance dans le projet européen, du fait du chômage et du manque de perspectives d'avenir, renferme de grands dangers. Un tel climat est propice à la renaissance d'accents nationalistes, emballés dans la mélodie facile de la critique européenne. L'Histoire nous commande de nous y opposer résolument.

"Dans de nombreuses régions du monde, le système fragile de l'équilibre des forces n'appartient toujours pas au passé. Vingt-cinq ans après la chute du Mur et l'ouverture du rideau de fer, de nombreux foyers de crise persistent.

"Cette « Grande guerre », cent ans plus tard, recèle ainsi cette autre résonnance : c’est en 1916 que la ligne Sykes-Picot est imaginée. Elle fixe la carte du Moyen-Orient que nous connaissons.

"Chez nous, le déclenchement de la Première Guerre mondiale est un moment d’histoire, douloureux mais maintenant lointain. En Orient, c’est un évènement fondateur qui redessine les frontières et crée de nouveaux pays : la Turquie moderne, le Liban, la Syrie, l’Irak, la Jordanie.

"L’ancien empire ottoman, entré en guerre auprès de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie, sera combattu et démembré à l’est dans la neige et la boue du Caucase par les Russes, aux Dardanelles ou depuis l’Iran à Bassora par les Français et les Anglais, appuyés par la révolte des tribus arabes. Mais, la promesse du grand royaume arabe promis par Lawrence d’Arabie n’est pas tenue.

"Ainsi, d’une seule terre et de trois promesses (protection des Chrétiens d’Orient, sionisme, et panarabisme) les vainqueurs ont tissé un sac d’embrouilles qui dure encore : comment agréger des populations de coutumes et de religions diverses, Kurdes, Arméniens, Turcs, Perses, Sémites, Arabes, Chrétiens, Juifs, Sunnites, Chiites et d’autres encore… ?

"Aujourd'hui, notre monde est plus interdépendant que jamais. Oui, nous devons rechercher la prospérité et des espaces de liberté, mais dans un univers vulnérable où il existe de nombreux points de friction et de non moins nombreux conflits d'intérêts.

"N’oublions pas, qu’en fait, la Grande Guerre a mis fin à la première mondialisation ; que les liens entre les économies et les cultures européennes étaient tels que nombre de contemporains de l'époque jugeaient la guerre impossible, irrationnelle et contraire à leurs intérêts. .. Et, que pourtant, elle a eu lieu.

"La conviction des soldats qui l’ont fait était que, s’ils en revenaient, ils n’oublieraient jamais, absolument jamais.

"Alors pour cette guerre, la profonde, la vraie de vraie, pitié pour ces soldats qui sont morts même s’ils en sont revenus ! Ils n'avaient pas le sang des héros (H.E.R.O.S). Ils ont été des hérauts (H.E.R.A.U.T) de la paix !

"Il est indispensable, désormais, de considérer calmement non seulement nos propres intérêts, mais aussi ceux de nos voisins et partenaires, d'agir de façon responsable et de songer objectivement aux conséquences.

"Les années de la déclaration de guerre de 1914 à l'armistice de 1918 constituent hélas un riche exemple de ce qui arrive quand nous ignorons ces principes.

"Alors, vive l'amitié entre les peuples et les nations, vive la paix dans l'Europe et dans le Monde, et vive la France et sa République !"

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 18:10

http://referentiel.nouvelobs.com/file/3129206-les-deputes-votent-la-penalisation-des-injures-a-l-egard-des-harkis.jpgCe jeudi soir, devant le monument aux morts, nous nous sommes rassemblés pour l'hommage annuel aux harkis et autres supplétifs de l'armée française lors de la guerre d'Algérie et des combats de Tunisie et du Maroc. Je livre aux visiteurs de mon blog le discours que j'ai prononcé à cette occasion. Et qui semble n'avoir pas eu l'heur de convenir à certains, qui ont manifesté leur  désapprobation pendant mon propos et après, alors même que la cérémonie se poursuivait, obligeant le maître de cérémonie à les rappeler à l'ordre. Je laisse chacun juge...

 

« Je le disais il y a deux ans, les harkis, et les autres membres des formations supplétives de l’armée française, comme vous et moi, étaient des gens ordinaires.

« Français, ils ont cru l’être à part entière. Mais ceux qui arrivèrent en métropole après 1962 ne furent pas les bienvenus. Cette situation a été vécue avec beaucoup d’amertume et de rancœur. Ils ont séjourné dans des camps, des hameaux forestiers, des cités de transit qui ne leur ont pas permis de trouver une place convenable au sein de la société française.

« L’histoire ne se refait pas. Mais le temps, le recul, une meilleure connaissance, font que la compréhension des situations complexes, même tardive, est possible, et que cette compréhension rend à son tour possible l’hommage réparateur.

« C’est pourquoi nous sommes rassemblés les 25 septembre pour cet hommage national à ceux qui, après avoir apporté leur contribution à l’action de l’armée française, n’ont pas bien été payés de retour. Le Président Jacques Chirac, il y a une douzaine d'années, a voulu cet hommage, et c’est bien ainsi.

« Encore et toujours se pose la question de l’Autre, et de ce que certains appellent « son intégration ». En France, nation des droits de l’Homme, fiers de l’esprit des Lumières, nous pensons qu’une intégration réussie est une assimilation.

« J’ai dit « assimilation ». Ce n’est pas un vilain mot. Oh, je sais que certains voudraient que nous soyons tous des Gaulois, et que, à défaut, seuls ceux-ci aient droit à la considération ! D’autres encore, au contraire, refusent violemment d’en être et se recherchent des racines incertaines »

« Non, l’assimilation ce n’est pas cela. En entendant « assimilation », on entend « similaire ». La plus ancienne définition que le centre national des ressources textuelles et lexicales a pu retrouver est celle de Goulain, en 1374 : « action de bien intégrer un élément extérieur ».

« L’assimilation, c’est considérer que l’accueilli veut être, non l’identique, mais le similaire de son semblable qui l‘accueille, et que ce dernier veut faire acte d’accueil.

« Alors, oui, l’assimilation, c’est reconnaître chacun pleinement et égalitairement comme citoyen dans le cadre de la République.

« Bien sûr, la sphère privée peut être revendiquée et la République la protège. C’est pourquoi nous devons être très attentifs à ne pas renverser les priorités. La République, son organisation laïque qui défend les libertés individuelles, prime sur la conviction intime… qui doit le rester : pas d’ostentation, pas de diktat dans le domaine public. C’est la modération et la discrétion qui font le bien-vivre ensemble… et c’est vrai pour tous.

« Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges, et de remises en cause. Les mélanges et les flux migratoires existent depuis toujours, La Seyne en est un exemple avec l’immigration italienne ; puis des Polonais et des asiatiques ont fait souche ; puis ce fut l’immigration subsaharienne, tunisienne, algérienne, marocaine, et l’est de l’Europe a pris le relais.

« L’anthropologie a montré depuis longtemps que la migration, les mélanges, sont à l’origine de la race humaine moderne : l’homo sapiens est la seule race des hommes qui soit admise par les scientifiques. D’ailleurs, depuis 2013, le mot « race » a été supprimé de la législation française, première étape vers une disparition, souhaitée par beaucoup, de ce terme dans le préambule de notre Constitution. Bien sûr, comme le député communiste André Chassaigne, qui a porté le projet de loi, nous sommes convaincus que « ce geste ne suffira pas à effacer le racisme ».

« Et c’est pour cela que nous devons lutter ensemble contre la fabrique des ghettos, contre l’isolement des cultures et le durcissement des radicalismes.

« Le seul espoir que nous ayons n’est pas dans la nostalgie d’une pureté originelle, complètement illusoire, mais dans l’ouverture vers l’interculturel. Rêver d’une identité nationale figée sur le modèle du XIXe siècle serait aujourd’hui une imbécillité. Dans la rencontre des cultures et des civilisations, chaque apport a son importance, et nous ne pouvons demander à quiconque de renoncer à la moindre part de son héritage.

« Et c’est ce que nous faisons, entre autres, en organisant cette journée solennelle d’hommage : nous montrons notre capacité à regarder sereinement à la fois notre avenir et notre histoire, dans tous ses aspects.

« Vous le savez, il ne peut y avoir d’humanité sans mémoire, sans l’oubli des rancœurs. Se souvenir doit nous ressouder, c’est le but de cet hommage rendu à toutes les victimes, les mortes pour la patrie qu’on honore aussi en d’autres occasions, et, en particulier ce 25 septembre, celles ayant échappé à la mort mais meurtries de la guerre d’Algérie et de ses suites que, pour beaucoup, la France a trop longtemps oubliées.

« Souvenons-nous. Ressoudons-nous. Ainsi, de toutes nos forces, nous lutterons contre la propagation du racisme et de la xénophobie.

« Et puissent - et en cette semaine ça a du sens ! - ces desseins-là irriguer la planète ! La France républicaine a le devoir d’y contribuer. Vive la France républicaine ! »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
28 août 2014 4 28 /08 /août /2014 03:51

http://jcautran.free.fr/archives_familiales/autobiographies/vie_marius_autran/bombardements2.jpgCe mardi était commémoré le 70ème anniversaire de la libération de La Seyne, l'une des étapes de celle du pays. Le propos que j'ai prononcé à cette occasion...

"Voilà donc 70 ans notre ville, martyr des bombardements, fut libérée.

"Dans l’esprit des Alliés, le débarquement en Provence est la suite nécessaire à celui de Normandie. Libérer les grands ports de Toulon et Marseille pour approvisionner les troupes de libération.

"Les troupes engagées sont américaines, françaises, anglaises et canadiennes.

"Sur le terrain, cela a été dit, le général De Lattre de Tassigny commande la 1ère Armée Française. Elle fait feu de tout bois.

"La 1ère  Division Française Libre, les Marsouins de la 9ème Division d’Infanterie Coloniale, la 3ème Division d’Infanterie Algérienne, le groupe naval d’assaut, les commandos d’Afrique, et les commandos de choc, débarquent le 15 août dans le golfe de St-Tropez, dans la baie de Cavalaire et au cap Nègre. Leur volonté farouche fera mentir les prévisions, les libérations interviennent avec plusieurs semaines d’avance.

"Avec eux, luttèrent les combattants de l’ombre des maquis, des villages et des villes. Ils avaient préparé le terrain.

"Le territoire de La Seyne est donc libéré le 26 août.

"En 1944, la situation de la population seynoise était préoccupante, sur les 26 000 résidents habituels, il ne restait que 9 000 habitants.

"La population manquait de tout. A la faim s’ajoutait la peur : Le 11 juillet 1944, le bombardement de la ville entraînait une formidable panique dans l’émissaire du Cap Sicié, qui, contre toutes les règles, servait d’abri. On déplora 88 morts.

"Le port et les chantiers navals étaient un enjeu et donc une cible.

"L’ennemi se livra aux destructions des infrastructures de manière à ralentir les futurs approvisionnements arrière.

"A La Seyne, conformément aux ordres donnés par leur État-Major, les troupes allemandes s’ingénièrent à réduire à néant toutes les installations portuaires : quais, grues, machines, ateliers, entrepôts, cales de lancement, ...

"Le 17 août, ce que les bombardements des Alliés n’avaient pu faire, ils allaient le réaliser en quelques heures. Les explosions de mines puissantes ruinèrent la construction navale pour longtemps.

"Seul le pont basculant est miraculeusement épargné.

"Il fallut réduire les batteries de Brégaillon, de Mar-Vivo ; les forts Napoléon et Balaguier ; la formidable batterie anti-navale et anti-aérienne du Peyras.

"Le 21 août verra la fusillade du poste de police, boulevard du 4 septembre.

"Le 27 août, la presqu’île de Saint-Mandrier restait la seule position résistante. L’Amiral Ruhfus et son État-Major y étaient réfugiés. Sur la demande du colonel Le Puloch, il se résoudra à capituler.

"En relisant l'intéressant ouvrage de notre regretté concitoyen Paul Gaujac, « La bataille et la libération de Toulon », j’ai relevé l’extrême diversité des combattants qui ont permis la libération de notre ville. Soldats et officiers de Régiments d’Infanterie Coloniale du Maroc, Régiment Colonial de Chasseurs de Chars, Chasseurs d’Afrique, Division Blindée, Régiments de Tirailleurs Sénégalais, Régiments de Spahis Algériens de Reconnaissance, Marsouins de l’Infanterie de Marine, Marins Pompiers, Forces françaises de l’intérieur, ouvriers résistants de la construction navale, et tant d’autres.

"A La Seyne, on a eu une belle illustration de ce qu’on a appelé « l’amalgame » réalisé par le général De Lattre, et, en ces temps où on peut s’inquiéter d’une recrudescence des racismes, il est peut-être utile de méditer sur cette 1ère Armée, constituée d’hommes venus de la France métropolitaine, du Maghreb, de l’Afrique noire, rejoints par les volontaires des forces de l’intérieur, qui ont conjugué leurs belles déterminations pour libérer la nation et restaurer la République.

"Il restait à reconstruire La Seyne. Sur les 5902 immeubles que comptait la ville, il y eut 4310 habitations sinistrées dont 277 détruites en totalité. Les chantiers de construction navale seront aussi à rebâtir.

"Cet été, sur ces mêmes quais réaménagés, les Seynois et les visiteurs ont pu profiter d’animations estivales, de promenades et de loisirs.

"Nous honorons les hommes et les femmes qui ont permis cela en luttant durant les années sombres pour la liberté, la démocratie, la République.

"Nous n’oublions pas que la guerre sévit encore dans bien des endroits du monde.

"Alors, même si les temps économiques sont rudes, il ne faut pas bouder notre chance, nous vivons en paix, dans des conditions enviées, dans une ville qui se renouvelle et qui avance !

"Que vive La Seyne ! Que vive la France de la République !"

 

 

> Jean-Claude Autran ne m'en voudra pas d'avoir "piqué" sur son site Internet la photo illustrant ce billet

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 04:22

http://www.resistance-corse.asso.fr/files/2113/6756/2807/plaque-premiere-reunion-clandestine_27-04-1943.jpgCe mardi a été commémorée, comme chaque année, la « Journée de la résistance », le 27 mai, jour anniversaire du rassemblement de partis et de mouvements qui a constitué le Conseil National de la Résistance. Le discours que j’ai prononcé à cette occasion...

« Il vous a été rappelé les circonstances qui conduisirent à la création du Conseil National de la Résistance. Daniel Corigliano, pour l’association des combattants de la Résistance, a évoqué son programme « Les jours heureux ».

« C’est ce programme, sous l’impulsion initiale de Jean Moulin, fédérateur du rassemblement et de la coordination des forces opposées à l’occupant, qui prépara la réorganisation du pays, la victoire acquise.

« Aujourd’hui nous entonnerons le chant des Partisans puis La Marseillaise. N’oublions pas que dans les maquis, dans les manifestations interdites, dans les prisons, au pied des pelotons d’exécution, c’est La Marseillaise, parfois associée à l’Internationale, qui surgit, telle qu’Aragon l’a évoquée dès 1943 dans sa Ballade de celui qui chanta dans les supplices :

Il chantait lui sous les balles …
Il a fallu l'achever

Une autre chanson française
A ses lèvres est montée
Finissant la Marseillaise
Pour toute l'humanité

« Ainsi la Seconde Guerre mondiale, dans des conséquences imprévisibles que seule l’Histoire qui se fait imagine, à rendu à notre hymne national, des vertus de rassemblement, de reconnaissance, d’espoir.

« Loin des polémiques, j’aime à rappeler que ce chant est un hymne de combat  et de résistance. Le caractère sanguinaire de son 1er couplet, le seul que l’on retient avec le refrain, est lié à ce moment d'exaltation, voire d'ivresse vitale. Notre hymne lie indissolublement l'identité de la République à la résistance aux tyrannies. Il lie non moins indissolublement l'idée de République à l'idée de France.

« Vichy a supprimé ce premier couplet, par haine de la République, et effacé la résistance à l'invasion parce que l’Etat français pratiquait la collaboration avec l'envahisseur.

« Vichy fut raciste. Au sens moderne, le sang n’est impur que dans les théories racistes de Gobineau et du nazisme, pas dans l’esprit des Révolutionnaires.

« Au contraire, dans plusieurs couplets de la Marseillaise les notions d’égalité et de liberté sont glorifiées :

Couronné par l’Egalité/ Quel triomphe, quelle victoire/ D’avoir conquis la Liberté !/…

Et chaque citoyen respire/ Sous les lois de l’Egalité/…

Et le Français n’arme son bras/ Que pour détruire l’esclavage/ …

Soyons unis ! Tout est possible/ Alors les Français cesseront/ De chanter ce refrain terrible. 

« La Marseillaise retrouve alors toute son épaisseur d’hymne patriotique qui fut chanté, jadis, partout en Europe, par les peuples qui voulaient se libérer des jougs aristocratiques. Dans nos temps planétaires d'interdépendance des peuples et de communauté de destin de toute l'humanité, ces couplets portent en eux l'universalisme de la Déclaration des droits de l’Homme.

« Etre citoyen, c’est la capacité, pour chacun, de s’élever au dessus de ses seuls intérêts pour se soucier du bien public.

« C’est bien de la Résistance que sont venues les idées de protection de la liberté de conviction des autres.

« La Résistance a défendu la laïcité.

« La Résistance a bataillé pour la justice sociale et créé sa sécurité.

« Voilà que dimanche dernier nous avons été appelé à voter pour désigner les membres du Parlement européen. Sans évoquer les résultats qu’on connaît et qui doivent nous interroger, relevons que beaucoup ont voté avec les pieds… Comment peut-on se désintéresser de son propre avenir ?

« L’image de Balzac et de sa peau de chagrin devrait être pour eux une allégorie exemplaire : « Le cercle de vos jours, figuré par cette Peau, se resserrera suivant la force et le nombre de vos souhaits, depuis le plus léger jusqu'au plus exorbitant ».

« Cette peau, c’est la démocratie ; le pouvoir de chacun de s’exprimer. Les souhaits, c’est de profiter sans aucune réflexion de ce qu’ont laissé ceux qui ont sacrifié leur vie au bonheur des autres. Pouvoir aller à la pêche le dimanche est une liberté exorbitante quand on observe tous ceux qui en sont empêchés.

« L’idéal de la Résistance est encore lointain, son but social n’est malheureusement pas abouti, nous devons continuer inlassablement à nous battre pour la paix, la justice, les droits de l’homme, le service public...

« Nous aspirons à une Europe des citoyens. Encore faut-il qu’il y ait des citoyens. Les consommateurs que nous sommes pourraient bien être très vite lessivés puis balayés.

« C’est dans ces moments comme aujourd’hui que nous devons réaffirmer nos repères, notre désir de vivre ensemble, notre volonté de promouvoir une société plus juste, plus égalitaire, plus soucieuse des laissés pour compte. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 07:36

http://www.ghisonaccia.fr/photo/art/default/4170346-6328905.jpg?v=1336462213Ce jeudi a été commémorée la capitulation des nazis. Nous étions une nouvelle fois nombreux, élus, anciens combattants, déportés, résistants, victimes des guerres, porte-drapeaux de leurs associations, représentants des polices nationale et communale, de la défense nationale, dont les jeunes de la préparation militaire marine parrainée par la ville de La Seyne, citoyens seynois et visiteurs, avec les orchestres de la Clique seynoise et de notre Philharmonique. Le discours que j’ai prononcé à cette occasion...

« Du 1er septembre 1939, jour où l’Allemagne nazie a déclenché l’invasion de la Pologne, au 8 mai 1945 qui voit la capitulation de l’Allemagne nazie, on aura sûrement vécu l’une des guerres les plus meurtrières de l’histoire de l’humanité.

« Les précédents orateurs ont rappelé à notre mémoire des temps forts de cette page de notre histoire. Ce conflit horrible aura a mis en jeu – ignoble gâchis ! - la mobilisation de la totalité des ressources humaines et économiques des nations engagées.

« Rejetant le joug fasciste et nazi, les États qui se voulaient libres et les nombreux mouvements de la Résistance de ceux qui étaient asservis, dans de nombreux pays de l'Europe et du Monde, ont défendu les valeurs de liberté, de démocratie, et les droits de l'homme.

« Cette guerre restera marquée bien sûr par des millions de morts, qu'ils aient été des soldats répondant à l'appel de leurs nations ou des civils décimés par les atrocités commises par les régimes totalitaires.

« Elles ont durement frappé, et j’évoquais ici même il y a quelques jours « die Endlösung », la "solution finale", le génocide des Juifs, programmé en janvier 1942, techniquement et méthodiquement organisé lors de la conférence de Wannsee.

« Alors, on parle, dans les livres d'histoire, de la guerre de 39-45.

« Ces années-là sont certes les bornes temporelles du "conflit officiel", depuis la déclaration de guerre de la France et l'Angleterre à l'Allemagne en réponse à l'agression de la Pologne, leur alliée, jusqu'à la signature de la capitulation allemande de 1945.

« Mais nous-mêmes et nos enfants devrons toujours avoir en mémoire que c'est sur le terreau d'une idéologie funeste qu'a mûri cette guerre.

« C'est bien, en effet, parmi les Allemands et les Italiens eux-mêmes que l'on compta les premières victimes du nazisme et du fascisme, bien avant le début des hostilités guerrières de nos livres d'histoire.

« N'envoya-t-on pas en déportation et à la mort, dès 1927, ceux qui en Italie se refusèrent à adhérer à des slogans comme "Credere, obbedire, combattere" (« Croire, obéir, combattre »), car, pour les fascistes, l'homme ne devait pas trop réfléchir, et ne pouvait se réaliser que par la guerre ?

« Et le Börgermoorlied, le "Chant des marais", qui a, depuis, été entonné dans le monde entier, n'a-t-il pas été composé dès 1933 par des prisonniers politiques allemands internés en camp de concentration par d'autres Allemands aveuglés par le nazisme ?

« Ayons-le en mémoire pour les générations futures : l'un des plus inhumains des conflits qu'a connus l'humanité a germé sur un socle de barbarie plus que sur une simple confrontation entre nations.

« Mais souvenons-nous que, déjà, des années avant le début de la guerre, se levait chez les victimes l'espoir d'un monde meilleur, vainqueur des tenants des idéologies nauséabondes qui avaient submergé les belles nations de Cervantès, de Goethe et de Dante.

Doch für uns gibt es kein Klagen.

Ewig kann's nicht Winter sein.

Einmal werden froh wir sagen :

Heimat, du bist wieder mein !

ce qu'on peut traduire à peu près par...

Mais ne nous plaignons pas.

L'hiver ne peut être éternel.

Un jour, nous dirons joyeusement :

Ô Patrie, je te retrouve !

« Nous n’étions qu'en 1933... six ans avant la guerre et douze longues années avant l'armistice de 1945.

« Et, hélas, aujourd'hui, huit décennies plus tard, l’hydre monstrueuse est toujours tapie au fond des âmes obscures, et ce combat, contre la haine, contre le négativisme, contre le rejet de l’autre, de l’étranger, du différent, est encore et toujours d’une brûlante actualité. Et notre vigilance doit être d’autant plus forte aujourd’hui que la bête, habile, se pare d’habits honorables.

« C’est pourquoi il convient que nous perpétuions, par des cérémonies simples, sans tapage médiatique outrancier, ouvertes à toutes les composantes de notre peuple, mais pourtant solennelles, comme celle d'aujourd'hui, au fond de notre coeur et de notre mémoire, le souvenir de ce comportement exemplaire de milliers d’hommes et de femmes, soldats et civils, qui, au milieu de tant de lâchetés, de trahisons, de tentatives d’avilissements, ont su élever leur vertu d’humanisme, de courage, et d’abnégation.

« Et, aux jeunes qui sont là, je dirai que la véritable leçon, le véritable mérite, sont peut-être ailleurs : ils doivent être, dans les temps de paix que nous avons la chance de connaître, dans notre capacité, au quotidien, à vivre ensemble, les uns, les autres, avec nos différences, mais dans des valeurs humanistes communes.

« Et nous devons toujours nous garder de succomber aux sirènes de ceux qui jouent avec les mots qui incarnent les valeurs fondamentales de la République, tels la laïcité.

« Ce sont des mots qu’ils n’hésitent pas à dévoyer en les utilisant au service d’une sémantique xénophobe, manière de fustiger adroitement, comme on l’entend ça et là, par exemple à propos de la restauration scolaire, non plus les immigrés venant d’une région du monde, mais les pratiquants de la religion qui y est majoritaire, en une habile façon de camoufler les discriminations raciales en discriminations culturelles car cultuelles, instrumentalisant la laïcité afin de faire passer un discours de haine pour des propos républicains.

« Car ceux-là mêmes qui distillent ces messages prônent l’assimilation, donc la dissolution des cultures dans une vision étroite de l’identité. Dans leurs esprits et dans leurs logorrhées de bon aloi, « assimiler », c’est digérer les cultures des autres, c’est nier le droit à la différence et à l’existence de tous et de chacun sur les terres de ce Monde que nous avons en partage.

« L’histoire nous a montré combien il est dangereux de hiérarchiser ainsi les cultures selon un pseudo-degré de compatibilité avec la laïcité. Ça permet, par exemple, à certains faux amis, mais vrais ennemis, des valeurs des Lumières du XVIIIe siècle français qui ont rayonné sur le Monde, d’exclure de la République certains de ses enfants tout en masquant leur xénophobie derrière un discours pseudo-laïc et souvent, de surcroît, pseudo-féministe.

« Et ce sont ces mêmes logiques pernicieuses, et le silence assourdissant de ceux qui en tiraient un profit de l’immédiateté, comme certains, parés des atours de la légitimité élective pour trahir la mémoire de leur pères qui ont résisté à l’indicible, savent encore le faire aujourd’hui, qui ont conduit le monde du milieu du XXe siècle à s’entre-déchirer au point de pleurer des millions de morts et de disparus.

« Alors, le chantier est plus que jamais ouvert, et il est immense.

« Et, il doit nous attacher, à la veille de la fête de notre continent, à garantir durablement la réconciliation des peuples au sein de l’Europe.

« Une Europe aujourd’hui à la fois formidable parce que cette association libre de pays souverains est unique dans le monde, et, très en difficulté parce que trop centrée sur la stricte économie, une Europe qui oublie ses réflexes solidaires imaginés voilà plus de cinq décennies.

« A l’échelle de l’histoire, ces décennies sont un balbutiement. L’union économique était le point de départ d’un projet qui devait renverser les frontières, rassembler les peuples aux antipodes des idées nationalistes. Hélas, le dogmatisme monétaire, l’obsession identitaire, renversent la table et l’ambitieux projet se ratatine comme un mauvais soufflet.

« Voilà ce qu’écrit un commentateur, je cite « L’œuvre commune s’étiole, les peuples se détournent d’une construction dont ils ne comprennent ni l’utilité ni la finalité, et qu’ils voient comme le bras armé d’une ouverture à tous vents, menaçants leurs acquis et leur avenir... L’Europe comme projet démocratique, comme œuvre commune des nations qui ont passé leur histoire à se faire la guerre et qui ont décidé il y a soixante ans de faire vivre la paix, se meurt. Elle meurt de l’inconscience, de l’égoïsme de classe ».

« Notre défi, aujourd’hui encore, est de revenir au projet initial, celui des peuples fraternels, celui qui garantit la paix pour les générations, celui qui travaille à une prospérité collective, celui qui, parce qu’il nous concernerait tous, serait en mesure de redonner, à tous, de l’espoir.

« 69 ans ont passé et l’effroi des peuples, découvrant l’enfer des camps, la folie des hommes, ne peut plus être notre moteur. Il doit être l’ambition d’un projet qui s’occupe des hommes et de leur avenir.

« Dans les valeurs que nous devons nous interdire de dévoyer, il y a la mémoire, qui est le ferment de l’espérance, et le moteur de ceux qui veulent aller de l’avant.

« Souvenons-nous, toujours, afin de ne pas revivre les mêmes erreurs.

« Et que, dans nos têtes, se fredonnent sans cesse quelques mots de la version française du "Chant des marais" :

Liberté, Liberté chérie,

Je dirai : Tu es à moi,

Ô terre enfin libre

Où nous pourrons revivre,

Aimer. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 03:52

http://www.cibr.fr/sites/default/files/upload/auschwitz_img.jpgDimanche avait lieu, face au Monument aux Morts, la commémoration de la libération des camps nazis de la seconde guerre mondiale. L’occasion pour moi, comme chaque année, outre l’hommage dû aux victimes et aux libérateurs, de lancer un appel à la vigilance...

« Nous commémorons, les derniers dimanches d’avril, la libération des camps de concentration et le souvenir de ceux qui y furent déportés.

« La déportation, les camps d’internement, de travail, de mort, resteront à jamais comme la pire des dérives commise par les hommes contre l’humanité. Cette horreur a eu lieu en Europe, foyer de civilisation, dans la première moitié du XXème siècle, après et malgré la Grande Guerre.

« La mise en œuvre de l’extermination systématique d'un groupe humain qui pouvait être de même langue, de même nationalité, de même culture, au nom de la soi-disant race ou de la religion est une abomination.

« Et pourtant… Ces idées nauséabondes continuent de circuler et trouvent encore des partisans et des hommes politiques pour les soutenir. Oh ! « Bien sûr en les habillant d’habits plus honorables ! Au nom de quoi ? Je n’ai qu’une réponse, de la folie qu’engendre la haine de la différence.

« Je répète les termes de notre Constitution et les répèterai sans fin : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

« Ainsi, la laïcité garantit la liberté de culte et de pensée à chaque citoyen, mais, en même temps, aucune idéologie, aucune religion, aucun groupe ne doit imposer ses normes de vie à l’Etat et à la société.

« La Laïcité est donc la formidable opportunité de permettre à chacun de pratiquer sa croyance librement et publiquement sans pouvoir en être inquiété. C'est aussi l'engagement de l'État à ne favoriser aucune croyance ni aucun culte par rapport à un autre.

« Il est bon de rappeler cela, ici, où nous n’oublions pas le génocide des Juifs par les nazis. Où nous n’oublions pas, non plus, qu’ils ne furent pas les seuls : les opposants, les handicapés mentaux, les homos, les Tsiganes, les résistants furent aussi des victimes.

« Chacun est donc une victime potentielle dès lors qu’une stigmatisation s’organise.

« Là doit être notre vigilance. Nous sommes là pour combattre ceux qui réfutent les évidences factuelles, ceux qui cultivent un terreau de haine et d’exclusion.

« Aujourd’hui, nous entretenons le souvenir conscient de la longue chaîne des évènements qui conduisirent des esprits ordinaires à se pervertir et à imaginer devoir mettre en œuvre à partir de janvier 1942 cette « solution finale » qui dépasse notre humanité et qui nous fige, encore, dans l’horreur et la douleur.

« Cette cérémonie est un appel à la préservation des mémoires.

« Pour dénoncer les ferments qui ont nourri les idées destructrices ayant légitimé l’internement et l’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants pour leurs idées politiques, leurs orientations sexuelles, leurs croyances, leurs origines nationales ou ethniques, leurs choix de vie et de culture, leurs handicaps, nous devons dire, avec force et conviction, que nous défendons une France laïque, où la liberté de conscience, la liberté de penser et la liberté d’exprimer des opinions dans le respect des lois est inscrite dans la constitution.

« Notre volonté doit être, encore et toujours, et même si c’est difficile en ces temps de crise économique, de perpétuer le projet de vivre ensemble, dans la richesse de nos différences.

« C’est ça la République. Alors vive la République ! Vivent ses valeurs, ici et dans le Monde ! »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 06:46

http://www.la-seyne.fr/1er-Conseil-municipal-06-04-2014/album/slides/20140406LF0422.JPGJe termine mes publications de la semaine qui a suivi l'installation, dimanche dernier, du conseil municipal de La Seyne, avec la mise en ligne, commencée hier (voir ICI), du propos que j'ai prononcé devant le Monument aux morts, en hommage à La Seyne républicaine...

"À La Seyne, le nom des écoles et des rues sont aussi le reflet des combats de ces hommes et femmes défenseurs ou promoteurs de la République.

"Pour la deuxième, on retrouve par exemple les noms de : Arago, Louis Blanqui, Louis Blanc, Lamartine, Ledru-Rollin, Victor Schœlcher…

"La Constitution de 1848 fut la matrice de la nôtre. Pour la première fois, elle dotait la France d’un Président. Louis-Napoléon n’aurait pas dû l’être, mais - je cite - « porté par la déception des masses populaires », il fut élu pour quatre ans sans pouvoir se représenter… On connaît la suite, le coup d’Etat du 2 décembre 1851. Nous devrions y repenser...

"Je saisis ce moment pour irriguer nos consciences citoyennes du souvenir de ces anonymes, de ces humbles, de ces sans-grade, qui, en ce glacial décembre, surent rester lucides. Ils se levèrent pour défendre la République. Une République violentée par celui-là même qui devait la défendre, son Président. Ils le payèrent cruellement : exécutions, emprisonnements massifs, déportations en Algérie, relégation au mouroir de Cayenne… 

"Leur insurrection fut une insurrection légaliste, de défense de la Constitution violée. Elle était porteuse d’une immense espérance, celle de "la Bonne république", "la Sainte république", la République démocratique et sociale… C’est une rhétorique qui peut faire sourire aujourd’hui devant l’usure des mots, mais elle était porteuse d’une grande audace politique : donner à l’ouvrier le droit au travail, assurer au petit paysan et à l’artisan la garantie de leurs propriétés menacées par l’usurier ; ouvrir à tous les enfants une école laïque, et gratuite.

"Mais revenons au souvenir des Républicains dans l’appellation de nos rues, la Commune de Paris, avec Louise Michel, Eugène Pottier, Edouard Vaillant, Jules Vallès.

"La IIIe République, Léon Blum, Aristide Briand, Carnot, Emile Combes, Jules Ferry, Gambetta, Jaurès, Gabriel Péri, Léo Lagrange, Jean Zay.

"La quatrième avec Benoît Frachon, Mendes France, Jean Monnet.

"La cinquième avec de Gaulle, Pompidou.

"La mémoire est essentielle pour définir ce que nous sommes, ce que nous voulons faire ensemble. Par cette distanciation nous pourrons cohabiter les uns avec les autres dans un espace de civilité, CONTRE la démagogie du populisme identitaire qui joue sur les peurs et les ressentiments et POUR le projet d’une ville en harmonie et en dynamisme qui s’inspire de ce que firent les démocrates de toutes sensibilités dès 1944 en rédigeant le document programmatique du Conseil National de la Résistance... « Les jours heureux ».

"Enfin, je reprends d’un ami cette phrase : « Dans une Nation qui a pour hymne La Marseillaise, la tradition démocratique n’était-elle pas la meilleure des traditions méridionales »

"Hommage aux Seynois morts pour la France et la République. Vive La Seyne républicaine !"

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 04:34

http://www.la-seyne.fr/1er-Conseil-municipal-06-04-2014/album/slides/20140406LF0397.JPGÀ l'issue de la réunion d'installation du conseil municipal de La Seyne, dimanche dernier, comme cela se fait dans d'autres communes et comme cela a pu se faire dans le passé chez nous, j'ai souhaité que les élus et la population se rendent au Monument aux morts de la ville pour rendre hommage à la République et aux Seynois qui ont donné leur vie pour elle. J'ai, à cette occasion, prononcé un petit discours...

"J’ai souhaité, symboliquement, que le Conseil municipal se retrouve ici pour le dépôt d’une gerbe, afin de célébrer ceux qui ont honoré la République souvent les armes à la main.

"En effet, notre régime politique, la République, n'a pas toujours été une évidence.

"C'est avec l'institution de la Troisième République, proclamée le 4 septembre 1870 (d’ailleurs, il faudra faire rajouter l’année à l’avenue du même nom, beaucoup ne savent plus à quoi le 4 septembre fait référence), que la République, sous l'égide des ministères de Jules Ferry de 1879 à 1885, s'inscrivit définitivement dans les mentalités. On lui doit en particulier l’école obligatoire, gratuite et laïque.

"Dès la proclamation de la République par les révolutionnaires, il y a un fil conducteur. D’ailleurs, la Constitution de 1958, qui fonde la Ve du nom, fait expressément référence dans son introduction à deux textes très importants : la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 et le préambule de la Constitution de 1946. Ces textes définissent des droits individuels : la liberté et l’égalité.

"De ces 2 principes « gravés par la nature dans tous les cœurs », dit la Constitution de 1795, découle la fraternité :

  • Ne faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît.
  • Faites constamment aux autres le bien que vous voudriez en recevoir. 

"Notre constitution définit également des principes politiques :

"La souveraineté de la nation...

"L’autorité émane exclusivement de la collectivité des citoyens qui s’exprime par la loi. Elle est l’expression de la volonté générale.


"La séparation des pouvoirs...

"Montesquieu avait distingué les pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Leur équilibre garantit les libertés.

 

"La laïcité...

 "Il s'agit de mettre la liberté politique collective à l'abri des entreprises de la religion, tout en respectant la liberté privée des consciences ainsi que l'expression publique des convictions. Les ctoyens sont invités à faire abstraction de leurs croyances et attaches personnelles lorsqu'ils se déterminent collectivement. (...)"


 

> la suite de mon propos

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 05:00

131111_armistice_3.jpgMon discours à l’occasion de la commémoration de l’armistce de 1918 a été, cette année, un peu plus long qu’à l’ordinaire. C’est que j’ai voulu y glisser quelques références locales et confirmer mon appel à participer à la Grande Collecte. Les lecteurs de ce blog y retrouveront des questions déjà évoquées ici...

« Lorsqu’on évoque les bornes de la Première Guerre mondiale, on parle de la seule guerre qui symbolisa à un tel point l’unité nationale, la défense unanime de la Patrie, la reconquête territoriale , et donc, en 1914, la liesse des premiers départs, la fleur au fusil... pour en arriver, en 1918, à l’horrible monstruosité des chiffres : 19 millions de morts et 21 millions de blessés, militaires et civils, dans le monde.

« Pour ma génération, c’est un souvenir des récits de nos grands-pères. Pour la jeunesse, un chapitre du programme d’histoire.

« Les guerres sont cruelles, dévastatrices, remplies de larmes, de sang, de cendres. Alors pourquoi celle-là, plutôt qu’une autre dans notre mémoire collective après près de cent ans ? On l’a dit, l’unité nationale ! Sans défaut. Le sentiment patriotique. Mais, si c’est une première mondiale, c’est aussi celle de plusieurs premières : les nationalismes jamais autant exacerbés, les États aux ordres des capitaines d’industrie, les Scheider, les Renault, et d’autres chez nous, ces vrais maîtres de l’Europe revenant des champs de bataille les crocs humides de sang, jouant les va-t-en-guerre avec les avances effroyables des techniques : l’aviation, les chars d’assaut, les sous-marins, le gaz…

« C’était quoi, la guerre des tranchées ? Selon le Journal de guerre, d’Otto Dix : « Des poux, des rats, des barbelés, des puces, des grenades, des bombes, des cavernes, des cadavres, du sang, de l’eau-de-vie, des souris, des chats, des gaz, des canons, de la crotte, des balles, du mortier, du feu, de l’acier, voilà ce que c’est la guerre ! »

« Le 12 mars 2008 disparaissait Lazare Ponticelli, le dernier poilu. Il me revint l’honneur de rendre un dernier hommage au dernier poilu de la Grande Guerre. Ainsi ce fut l’une de mes premières interventions devant ce monument, et aujourd’hui, 11 novembre 2013, c’est l’une des dernières de ce mandat.

« Or nous sommes à la veille du centenaire du début de ce conflit qui bouleversa les hommes, les territoires, les équilibres anciens, l’économie mondiale, la pyramide des âges, les mentalités, les mœurs. C’est pourquoi, pour commémorer le 95ème anniversaire de la signature de l’armistice, parce qu’il n’y a plus de témoins vivants, parce qu’on ne doit pas oublier les souffrances, que l’horreur fut grande et que nous devrions en tirer toutes les leçons, j’incite mes concitoyens à participer, de demain mardi à vendredi, à la Grande Collecte des archives familiales relatives à cette guerre, opération à laquelle La Seyne s’honore d’être la seule commune varoise à participer, grâce à la bonne volonté et l’enthousiasme des agents de notre service d’archives.

« Pour ma part, aujourd’hui, j’ai choisi la distance et la puissance évocatrice qu’offre la littérature...

« Aussi loin que je cherchais dans ma mémoire, je ne leur avais rien fait aux Allemands.

« Au-dessus de nos têtes, à deux millimètres, à un millimètre peut-être des tempes, venaient vibrer l’un derrière l’autre, ces longs fils d’acier que tracent les balles qui veulent vous tuer, dans l’air chaud de l’été.

Fermes désertes au loin, des églises vides et ouvertes, je n’avais que vingt ans d’âge.

« Je pensais à cette incroyable affaire internationale, où je m’étais embarqué d’enthousiasme… je l’avoue.

« On est puceau de l’horreur comme on l’est de la volupté. Je découvrais d’un coup la guerre toute entière. Il faut être seul devant elle comme je l’étais à ce moment-là pour bien la voir, la vache, en face et de profil.

« Et, avec quel effroi !... Perdu parmi deux millions de fous héroïques et déchainés et armés jusqu’aux cheveux ; à genoux, creusant, pétaradant, enfermés sous la terre, pour tout détruire, Allemagne, France et continents.

« Donc, pas d’erreur ? Ce qu’on faisait à se tirer dessus, comme ça, sans même se voir, n’était pas défendu ! Cela faisait partie des choses qu’on peut faire sans mériter une bonne engueulade. C’était même reconnu, encouragé par des gens sérieux. Rien à dire.

« (...) Ils n’ont pas duré les villages… Au bout d’un mois, il y en avait déjà plus. Les forêts, on a tiré dessus aussi, au canon. Elles n’ont pas existé huit jours les forêts.

« Après ce temps-là, les convois d’artillerie prirent toutes les routes dans un sens et les civils qui se sauvaient, dans l’autre.

« (...) Il n’y avait plus rien que la nuit.

« (...) Alors pour cette guerre, la profonde, la vraie de vrai, pitié pour nos soldats qui sont morts ! Pitié pour nous vivants qui étions auprès d'eux. Pitié pour nous, forçats de guerre qui n'avions pas voulu cela, pour nous tous qui étions des hommes, et qui désespérions de jamais le redevenir. Nous n'avions pas le sang des héros. Nous avions même comme un frisson quand la mort nous frôlait de trop près et, machinalement, nous faisions ce qu'on appelle notre devoir. »

« Fin de citation. C’étaient des évocations du « Voyage au bout de la nuit » de Céline. Souvenons-nous.

« Souvenons-nous aussi de ce que fut cette guerre à La Seyne, si éloignée des fronts : du collège des Maristes transformé en hôpital militaire, du rassemblement à l'Eden-Théâtre, sur la place de la Lune, des soldats mobilisés rejoignant les militaires d'active, de la caserne de La Gatonne en effervescence à l'heure de la mobilisation, de la construction des navires avisos aux chantiers navals qui, pour la terrible circonstance, diversifièrent leurs activités pour l'industrie de guerre : artillerie, projectiles, chevaux de frise, et le fameux char lourd FCM1A dit "de type La Seyne", commandé aux "Forges et Chantiers de Méditerranée" en 1916, dont les essais ont été réalisés en 1917 aux Sablettes, et livré à la fin de la guerre

 « Souvenons-nous de Joseph Julien, Philémon Zunino ou Alexandre Maurel, ces soldats seynois du XVème corps d'armée, dont les témoignages ont permis, plusieurs années après la guerre, de réhabiliter Marius Marcel, l'un de ces mobilisés au 7ème Colonial, originaire de Carcès, fusillé pour l'exemple comme six centaines de ses camarades pour avoir soi-disant déserté le front.

« Souvenons-nous des proches restés ici dans une angoisse croissante que, dans beaucoup de nos familles, rappelle une missive abandonnée dans un tiroir de commode, souvent malhabilement rédigée à la hâte par un soldat à l'intention des siens qui l'ont vu partir de Provence, à l'instar de celle de mon arrière-grand-oncle qui écrivait en septembre 14 à sa jeune épouse "Je pense bien que dans 30 jours, je serai de retour" et qui, cinq semaines plus tard, mourait pour la France dans l'enfer du front belge. Sans avoir rien compris de la raison de sa fin tragique. Sans même sûrement avoir pensé comme Trumbo que « personne en dehors des morts ne sait si toutes ces idées dont parlent les gens valent la peine qu’on meure pour elles ou non ».

« Souvenons-nous. Pour que, par l’inoffensif combat permanent de la mémoire face à l’oubli, vive la Paix en Europe et dans le Monde, et l’amitié entre les peuples. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
12 novembre 2013 2 12 /11 /novembre /2013 06:26

http://savoiretpartage.com/wp-content/uploads/2011/11/soldat-francais.jpgLa commémoration de l'armistice de 1918 a connu ce lundi un succès inhabituel de participation. Bien sûr, le soleil était de la partie, mais j'ai été ravi aussi, non seulement de la présence très nombreuse des associations d'anciens combattants et victimes des conflits, de la jeunesse généralement au rendez-vous au travers de la préparation militaire marine et de la classe "défense" du collège Henri-Wallon, des militaires d'active et des réservistes, des pompiers, des policiers nationaux et municipaux, de la philharmonique "La Seynoise" et de la Clique seynoise, mais également d'un grand nombre de personnes engagées dans la course à la mairie pour les élections municipales de 2014, dont certaines titulaires d'un mandat électif acquis en d'autres territoires que celui de La Seyne, jouant des coudes pour figurer au premier rang, ce qui a eu l'heur d'amuser certains, dont moi, mais aussi de troubler, voire offusquer, d'autres, dont des représentants d'associations patriotiques et des porte-drapeaux qui m'ont dit que cet empressement inhabituel troublait la solennité du moment.

Il est vrai, bien sûr, qu'un député, fût-il élu d'une circonscription du nord de Toulon, est chez lui dans toute la France. Il est aussi une réalité qu'un conseiller régional, fût-il toulonnais, est élu des six départements provençaux, alpins et azuréens. Et qu'il ne saurait être question de mépriser les élus de la République. Mais, lorsque une telle volonté de placement bien à la vue des photographes devant le monument aux morts contraint le maire qui, du coup, se retrouvait à n'avoir pas plus de place au premier rang que la députée-suppléante de la circonscription de La Seyne, à demander courtoisement que l'on accepte de se décaler un peu, ça frise le ridicule.


DES POSTURES QUI ONT IRRITÉ CERTAINS, ET DONNÉ À SOURIRE À D'AUTRES

 Si je le relate aujourd'hui, alors que, sur le moment, ça m'a plutôt fait sourire, c'est bien que ça a troublé plusieurs de ceux qui œuvrent inlassablement au devoir de mémoire, au point qu'une petite altercation s'en est suivie sur le sujet lors de l'apéritif qui, traditionnellement, suit la commémoration, entraînant le départ prématuré d'anciens combattants disant être choqués, non tant des circonstances lors de la cérémonie que du mépris qui leur aurait été affiché lorsqu'ils ont fait remarquer, au cours des agapes amicales, qu'il aurait été bien que chacun reste tranquillement à sa place. Vraiment, j'en appelle à la quiétude républicaine.

131111 armisticeJ'en appelle aussi à l'esprit d'indulgente compréhension quant à la tenue des participants aux cérémonies républicaines. Car autre chose a interrogé certains : le fait qu'une des jeunes collégiennes y ayant pris part avec ses camarades portait un foulard. Oh, il ne s'agissait pas d'un voile intégral, loin de là, mais d'une coiffure qui ne dissimulait en rien le visage de la jeune fille, au sens de la loi de 2011. Lorsqu'on m'en a parlé, à l'issue de la cérémonie, je ne voyais même pas à quelle adolescente on faisait référence, tant cette mode, tout à fait légale, fait partie du quotidien de nos teenagers comme la jeune fille en question, vêtue, non d'une burqa ou d'un hijab, mais comme ses camarades d'un jean et d'un haut en vogue dans la jeunesse d'aujourd'hui.

 

UNE JEUNESSE ÉVEILLÉE, COURAGEUSE, ET SENSIBLE AU DEVOIR DE MÉMOIRE

 Alors, oui, on peut toujours s'arc-bouter avec un extrême pointillisme sur les principes républicains. Ayant appris le trouble de certains participants considérant qu'il y a eu une sorte d'atteinte à la laïcité constitutionnelle puisque la jeune fille était ainsi coiffée devant le monument aux morts et le drapeau tricolore, et que ce voile pouvait être interprété comme un signe d'appartenance religieuse, j'ai évoqué la question avec les professeurs, la représentante de la direction de l'établissement scolaire et la responsable académique, également présente, chargée des relations de l'Éducation nationale avec la Défense nationale, qui, elles non plus, n'y ont pas prêté cas, et m'ont dit être assurées que l'adolescente qu'elle connaissent bien n'a eu quelque velléité de ne pas se conformer aux usages, ni a fortiori de provoquer quiconque. Même si, pour l'avenir, les représentantes de ce collège m'ont confirmé qu'elles prêteraient attention à la question, de façon préventive, car il eût été difficile d'interrompre la cérémonie pour ce petit accroc, mettant en difficulté une mineure devant des centaines de personnes, ce en quoi je partage leur sentiment.

131111_armistice_2.jpgCar, ce que je veux retenir, c'est plutôt que, une fois de plus, les enseignants et la direction du collège Wallon, invités comme tous les établissements secondaires de La Seyne par le comité des associations d'anciens combattants à réhausser les commémorations officielles par la présence de jeunes, ont répondu présents. Et les "ados" n'étaient pas là pour une simple présence statique. Ils ont préparé longuement leur venue en classe et dans leurs temps libres, lu à plusieurs voix et avec talent une lettre poignante d'un poilu décrivant l'horreur de la guerre, et déposé chacun une bougie sur la stèle des morts pour la France avant d'observer une minute de recueillement. Ça, tous les adultes présents qui m'en ont parlé l'ont ressenti comme une marque d'espoir en une jeunesse éveillée, courageuse, sensible au devoir de mémoire. Et, de toutes sensibilités politiques, ceux qui m'entouraient ont eu comme moi tendance à vouloir applaudir à l'issue de ce moment empreint d'émotion.

Car l'émotion était bien au rendez-vous, ce 11 novembre. Et c'est cela qui compte et doit rester en nos mémoires.

Demain, je publierai le discours que j'ai prononcé.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

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