2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 06:48

131101_souvenir_francais.jpgCérémonie non officielle dans le calendrier des commémorations de la République, qui explique que je n'y revêts pas l'écharpe tricolore, mais tellement ancrée dans la tradition seynoise, le 1er novembre est l'occasion d'un rassemblement, dans les allées de notre cimetière, de tous ceux qui veulent honorer la mémoire des Morts pour la France, à l'invitation de l'association du Souvenir Français, relayée et accompagnée par la municipalité et l'ensemble des associations d'anciens combattants et victimes des guerres. Le Souvenir Français veille depuis 1906 sur les stèles et monuments, grands et modestes, en France et ailleurs, qu'il entretient pour conserver la mémoire de ceux ont donné leurs vies pour notre patrie et ses valeurs républicaines, des soldats de l'An II aux victimes des derniers conflits.

 

UN HOMMAGE RENDU AVEC GALINA BAKULINA, DU CORPS CONSULAIRE RUSSE

131101_galina_bukulina.jpgÀ La Seyne, une déambulation nous conduit du mémorial de l'association à la stèle érigée en mémoire des défunts de l'Afrique française du nord, en passant par le monument dédié au souvenir des victimes seynoises civiles des bombardements de 1944 et le carré des tombes, certaines anonymes, des soldats et marins morts en 1916 et 1917 à l'hôpital temporaire n°4 installé en 1914 par réquisition de bâtiments du collège des Maristes, dont 72 russes parmi les 336 qui y furent hospitalisés. C'est pour cette raison que, avec Galina Bakulina, attachée auprès du consul général de Russie de Marseille, et le président du Souvenir Français, j'ai déposé ce vendredi une gerbe au pied du monument mémorial et du drapeau tricolore.

 

DES SOLDATS ET MARINS RUSSES MORTS À LA SEYNE ENTRE 1916 ET 1917

On reste en questionnement sur la raison de la présence de soldats russes chez nous. Il faut revenir aux liens établis entre la Russie et La Seyne, dès 1872, avec des commandes de navires du guerre pour la marine impériale russe aux Forges et chantiers de la Méditerranée.

Certains chercheurs estiment que, travaillant avec les ouvriers seynois des chantiers navals ou de l'Arsenal de Toulon à la construction de cuirassés et contre-torpilleurs, ils ont été incorporés en 1914 pour aller combattre dans les Vosges, soit dans les troupes françaises, soit dans les unités du corps expéditionnaire russe.

D'autres pensent que ces soldats, de diverses unités intervenant sur les pourtours de la Méditerrannée, ont été amenés à La Seyne depuis divers théâtres d'opérations, pour y être soignés de leurs maladies contractées du fait de terribles conditions sanitaires sur les fronts ou de leurs blessures au combat, parce que, du fait de la présence, depuis la fin du XIXe siècle, d'ouvriers et techniciens russes à La Seyne, une bonne partie du corps médical du corps expéditionnaire russe pour la XVème région militaire, avec une vingtaine de médecins et infirmières, avait été installée à l'hôpital seynois. On émet l'hypothèse que les deux raisons se conjuguent probablement.

 

LA SEYNE, PARTIE PRENANTE DE LA "GRANDE COLLECTE"

131101 plaque tombeCette histoire reste à vérifier, à compléter et à affiner. Près de cent ans avant le début de la première guerre mondiale, alors qu'est lancée par la mission du centenaire de 1914-1918 une importante opération nationale de récolte et compilation de documents relatifs à la "der des ders" qui peuvent traîner dans des administrations comme chez des particuliers, sous la dénomination de "La grande collecte", j'ai estimé que La Seyne, si attachée à la mémoire et au patrimoine, doit prendre sa part dans cette démarche citoyenne de culture et d'histoire. Les particuliers sont invités à apporter, du 9 au 16 novembre, les documents personnels qu'ils possèdent sur la "Grande guerre", qui seront numérisés et mis en ligne sur un site dédié, appelé Europeana 14-18.

Découvrant que, hormis les Archives départementales de Draguignan, aucune commune varoise n'est partie prenante de cette opération, j'ai donc demandé dès ce vendredi que nos bibliothèques municipales et/ou notre Maison du patrimoine et de l'image, avec notre service de communication, s'organisent très vite, en relation avec les organisateurs nationaux et départementaux, et, si elles le souhaitent, avec nos associations patrimoniales, pour que, dès le 9 novembre, nos concitoyens seynois comme nos voisins puissent, dans une démarche personnelle active et citoyenne, apporter une pierre utile au projet de "La grande collecte".

La mémoire, ce n'est pas seulement paraître lors des temps forts mémoriels. C'est vivre et faire vivre une démarche constante agissante. Pour les valeurs qu'il nous faut sans cesse rappeler et défendre. Celles qui évitent les guerres.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
26 septembre 2013 4 26 /09 /septembre /2013 04:21

http://www.tenes.info/galerie/albums/LESHARKIS/Harkis_interpr_te.jpgCe mercredi, avait lieu comme chaque année l’hommage national aux Harkis et autres membres des formations supplétives. J’ai prononcé une allocution à cette occasion...

« Je vous disais l’an dernier que les harkis n’étaient ni des héros, ni des traîtres, mais des gens ordinaires. Et que, Français, ils ont cru l’être à part entière. Mais que ceux qui furent rapatriés en 1962 après l’indépendance de l’Algérie, ne furent pas les bienvenus. Ils ont séjourné dans des camps, des hameaux forestiers, des cités de transit qui ne leur ont pas permis une intégration convenable au sein de la société française. Et que cette situation a été vécue avec beaucoup d’amertume et de rancœur.

« Aujourd’hui, on ne peut se satisfaire d’incriminer la crise économique, le chômage, les insécurités locales et internationales, pour expliquer le regain du rejet de l’étranger. On ne peut ni s’en suffire, ni se résigner.

« En France pourrait renaître de ses cendres l’idéologie nauséabonde des années 1930, lorsque l’extrême-droite (la Cagoule, l’Action française) faisait le lit du nazisme, et préparait la défaite de la France, en utilisant la xénophobie et l’antisémitisme.

« Car ces thèmes courent à nouveau, de moins en moins à couvert : le visage de l’antisémitisme est aujourd’hui complété de celui de ce que certains appellent l’islamophobie, la propagande utilise les mêmes termes, les mêmes slogans, les mêmes obsessions : l’invasion des étrangers, la perte des repères chrétiens, la priorité à donner au « vrai » Français.

« Ces thèmes, ces obsessions, sont malheureusement exploités par une partie de la classe politique. Ce sont des arguments qui se nourrissent de mensonges et de peurs. C’est une idéologie de la pensée banale qui s’alimente aux instincts les plus bas.

« La question du multiculturalisme semble obséder ces personnes. C’est une question caduque. Nous vivons dans un monde de rencontres, de mélanges et de remise en cause. Les mélanges et les flux migratoires existent depuis que le Monde est Monde. La Seyne en est un exemple avec l’immigration des Italiens, des Polonais, des Chinois et Indochinois qui y ont fait souche, avec l’immigration tunisienne, algérienne, marocaine, ensuite, l’Afrique subsaharienne, l’est de l’Europe. Je vous renvoie volontiers vers le film et le catalogue que la ville et l’association Histoire et Patrimoine Seynois ont édité suite à l’exposition visuelle et sonore réalisée début 2013, « Nous, venus d’ailleurs, immigrer vivre et travailler à La Seyne-sur-Mer de 1945 à nos jours ».

« L’anthropologie a montré depuis longtemps que la migration, les mélanges, sont à l’origine de la race humaine moderne, l’homo sapiens sapiens : la seule race.

« Le multiculturel, tel qu’on le nomme en ce moment, n’est plus suffisant. Il fabrique des ghettos, isole les cultures et favorise le durcissement de leurs radicalismes.

« Le seul espoir que nous ayons n’est pas dans une nostalgie d’on ne sait quelle pureté originelle  – complètement illusoire – mais dans l’ouverture vers l’interculturel. Rêver d’une identité nationale figée est un leurre. Dans la rencontre des cultures et des civilisations, chaque apport à son importance, et nous ne pouvons demander à personne de renoncer à la moindre part de son héritage. En organisant cette journée, nous montrons notre capacité à regarder sereinement l’avenir, à regarder l’histoire, dans tous ses aspects. Vous le savez, il ne peut y avoir d’humanité sans mémoire, sans l’oubli des douleurs mais dans l’atténuation des rancœurs.

« Nous souvenir doit nous ressouder, au-delà de la mémoire du drame des harkis et des rôles qu’ils ont joué avec les autres supplétifs, c’est le but de cet hommage rendu à toutes les victimes, à toutes les composantes de la population française.

« Ainsi, de toutes nos forces, nous lutterons contre la propagation du racisme et de la xénophobie. Pour nos enfants. Pour demain. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 05:32

http://sortir.local.fr/img/agenda_sorties/sitra/sitraEVE821967_217491_fete-nationale-francaise.jpgEn présence des autorités civiles et militaires, de la population seynoise et de visiteurs, avec l’accompagnement de la clique, de la philharmonique « La Seynoise », et de l’association « Group military conservation », s’est déroulée ce dimanche le traditionnel défilé suivi d’une cérémonie au Monument aux morts, au cours de laquelle j’ai prononcé un discours...

« La tradition républicaine veut que les autorités se rassemblent, sous le regard du peuple, le 14 juillet, pour renouveler le contrat passé entre la représentation nationale et la population. Elles le font sous l’hommage, au sens médiéval du terme, c’est-à-dire en toute allégeance, des forces armées.

« C’est l’honneur des démocraties : l’usage de la force, quand elle est légitime et dûment encadrée, en est le garant protecteur, l’incarnation du Peuple et non la protection du tyran.

« Oui, nous sommes liés par une identité collective et la fête du 14 juillet participe de cette identité car elle nous élève en concitoyens.

« Les événements que nous observons ou avons observé dans le monde, au Brésil, en Egypte, pour ne citer que les plus marquants  dans des domaines différents, ici la répartition des ressources, là, la demande de prise en considération des aspirations du peuple, montrent que la citoyenneté, la démocratie, la justice, la préservation des libertés, le besoin de croire ou de ne pas croire, la séparation des pouvoirs, le droit à vivre dignement en ayant un toit, de quoi manger et un égal accès aux soins, sont des valeurs universellement recherchées.

« Elles sont implicitement reconnues aujourd’hui dans notre fête du 14 juillet.

« En avons-nous encore conscience ? Prenons garde à ne pas oublier qu’elles furent obtenues de haute lutte. Il ne faudrait pas, puisqu’aujourd’hui, dans notre pays, elles nous semblent aller de soi, qu’elles ne s’éteignent faute d’alimenter la flamme.

« Longtemps, l’incarnation de ces aspirations s’est trouvée dans le concept de Nation. Cette étape fut nécessaire. Le 28 juin, nous avons honoré les Soldats de l’An II, il fallait alors devant une coalition de toutes les monarchies de l’Europe, protéger la Nation en danger, et sauver la République. Ce furent bien des violences, de nombreuses guerres, des revers, des reconquêtes.

« Mais ne soyons pas dupes de ces violences : toutes ne sont pas légitimes. En faisant de la « résistance à l’oppression » un « droit naturel et imprescriptible », les Constituants pensaient moins légitimer la violence de la rue que protéger les individus contre toute dérive tyrannique. « Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’émane expressément de la Nation. »

« La légitimation de la violence est donc parfois un mal nécessaire. Un mal parce qu’il faut du temps pour le décider et obtenir l’assentiment des organismes reconnus, et que, en attendant, les populations souffrent. Les exemples sont malheureusement d’une triste actualité, et partout dans le monde.

« Malheureusement, les peuples ne sont pas à l’abri d’un dévoiement de cette légitimation.  Toutes les dictatures usent d’une dialectique à front renversé, et répriment par la force au nom de l’ordre établi.

« Un ordre établi qui, parfois, dans nos démocraties aussi, opprime plus qu’il ne sert. Depuis deux ans, nous observons des mouvements protestataires, dans beaucoup de régions du globe, contre des organisations qui administrent des remèdes mortifères : le printemps arabe qui se cherche encore en Tunisie ou en Egypte, les indignés en Espagne ou au Portugal, les protestations contre le système bancaire aux Etats-Unis, les ras-le-bol populaires au Brésil, en Turquie, en Grèce. Je ne parle pas des guerres. Tous, bien que différents, sur des continents différents, protestent des mêmes turpitudes : la corruption, l’inégalité, les pouvoirs illégitimes, la censure des idées et des paroles, le déclin des services publics, le cynisme de l’argent.

« La mondialisation a fait que désormais, chacun doit trouver sa nation à l’intérieur de soi. Les identifications changent. La nation était indissociablement une communauté de culture et un lieu de mémoire. Aujourd’hui il convient d’ajouter une dimension qui balaye les frontières : la nation est aussi un projet civique, la construction d’une société dont le modèle de développement se doit d’être équilibré.

« Les lois de la République s’imposent à tous parce qu’elles sont la protection de tout un chacun, dans le cadre des droits de l’homme, du respect de la vie, des libertés fondamentales et des latitudes individuelles.

« C’est pourquoi, je le répète, aucun précepte religieux ou philosophique, aucune prescription discriminante, clanique ou sexuelle, ne saurait déroger à la règle commune ou conduire à des exceptions dans la sphère publique.

« Oui, ne désespérons pas ; nous devons croire en l’avenir. Nous, les Français républicains, nous sommes liés depuis plus de deux siècles, depuis ce 14 juillet 1790, par une identité collective. Et notre fête nationale participe à notre cohésion.

« Vive la France de la République, et vive l’Europe et le Monde de l’amitié entre les peuples. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 05:31

130618_appel_18juin_1.jpgMon allocution à l'occasion de la cérémonie commémorative de l'appel à la résistance par le général De Gaulle, en présence de Marie Bouchez, conseillère régionale représentant le Président de PACA Michel Vauzelle, des élus municipaux, régionaux et représentant le député-maire de Six-Fours, les anciens combattants, résistants et victimes des guerres, et la population...

"Le 18 juin 1940, à 18h, un récemment promu général deux étoiles proclame à la radio depuis Londres : "La France a perdu une bataille, mais n'a pas perdu la guerre ».

"Le 16 juin, en apprenant la démission du Président du Conseil, Paul Reynaud, il avait décidé de partir « dès le matin » pour l’Angleterre afin de poursuivre le combat.

"Le 17 juin, Pétain avait demandé l’armistice.

"L'appel du 18 juin était un message d'espoir. Il affirmait que la mondialisation de la guerre ferait la victoire. Il se terminait par un appel à la Résistance, faisant entrer le terme dans le vocabulaire politique du XXe siècle.

"Aujourd’hui, une nouvelle mondialisation est effective, elle redistribue les cartes et semble, pour le moment, mettre en difficulté ce que l’on appelle la vieille Europe. Mais c’est l’ensemble du monde désormais qui est confronté à une crise économique et sociale qui chambarde les modèles antérieurs. Las, elle entraîne avec elle un appauvrissement rapide de nombreuses populations.

"Cette paupérisation fait douter des progrès et de leur promesse d’avenir meilleur. L’industrie, de plus, et surtout dans les pays émergents, se nourrit de la destruction de l'environnement. La nouvelle économie engendre la ségrégation sociale, l’exploitation des plus démunis ; elle s'attaque aux droits des peuples, au droit des femmes, au droit des enfants et elle précipite dans le nationalisme. L’actualité internationale est éloquente.

130618_appel_18juin_2.jpg"Oui, nous vivons dans un monde d’interconnexion et d’interdépendance : tout ce qui peut se passer quelque part affecte la vie et l’avenir des gens partout ailleurs.

"La liberté des hommes réside alors dans la notion de choix. Voilà posée la question de la responsabilité. Non pas une responsabilisation générale mais bien une personnalisation de l’action. Le sentiment que toute action conduite engage son auteur.

"L’enjeu est d’améliorer le présent et de préparer des lendemains où le spectacle pénible des inégalités serait réduit. Notre levier est l’éducation, elle doit permettre la prise de conscience de ce que l’on est, dans l’environnement qui est le sien, et autoriser les personnes à jouer un rôle social dans le travail et dans la cité. Il est en effet indispensable dans notre monde de mouvement que chacun puisse, dans la mesure irréductible qui lui appartient, être son propre agent de problématique, de décision et de responsabilité.

"Nous avons le devoir de nous astreindre à mieux comprendre l’autre, à mieux comprendre le monde. Il s’agit d’apprendre à vivre ensemble.

"Le vivre ensemble c’est se donner les moyens de maintenir un niveau de vie correct, d’offrir les conditions d’une élévation par l’éducation et d’assurer les libertés – liberté d’expression, liberté d’opinion, libertés individuelles.

"C’est encore le combat des Tunisiens, des Egyptiens, des Turcs, des Syriens, et de bien d’autres qui ne font pas l’actualité.

"Notre jeunesse reçoit ces messages de plein fouet. Portons le regard un peu plus loin que notre giron ! Changer la société est un horizon légitime. L’espoir que portait De Gaulle est aujourd’hui dans leur camp et ce sont eux qui appellent à la résistance.

130618_appel_18juin_3.jpg"Autrefois, un homme seul s’est levé et la France s’est assise à la table des décisions.

"Vouloir la paix, le partage, l’éducation, la préservation de l’environnement et un humanisme retrouvé, serait-il irréaliste ?

"Le 18 juin 1940, le général de Gaulle était bien seul devant son micro à la BBC… Lorsqu’il imagine l’avenir, le 18 juin, de Gaulle ne se laisse pas enfermer dans la réalité pourtant accablante de la capitulation. Nous connaissons la suite. Croyons comme lui que l’espoir et la volonté ne sont pas vains.

"L’histoire, ce sont les hommes qui la font. Rien ne se transforme ni ne s’adapte sans l’impact des volontés et des passions humaines.

"Alors, oui, dans les traces du premier des résistants, disons qu’un demain est toujours possible, mieux et autrement !"


 


 

Merci à Khalid pour ses photos !

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 04:38

http://www.anacr.com/images/moulinbas.jpgL'association des anciens combattants et amis de la Résistance (ANACR) a convié ce lundi les élus et la population à célébrer le 70ème anniversaire de la création, autour de Jean Moulin, du Conseil national de la résistance, organisme réunissant les divers réseaux de résistants, qui, dans son programme "Les jours heureux", a fixé ses orientations stratégiques pour faciliter la victoire des Alliés contre les armées nazies et a posé le socle de la reconstruction d’une société démocratique et solidaire au lendemain de l'armistice. Après l'allocution de Jeanne Vaisse, présidente du comité local de l'ANACR, j’ai moi-même prononcé un discours...

« Vous avez rappelé les circonstances qui conduisirent à la création du Conseil National de la Résistance.

« Vous avez évoqué l’action de Jean Moulin, fédérateur d’organisations bien différentes, leur rassemblement et la coordination de leurs actions qui permirent la victoire des Alliés et la préparation de la réorganisation du pays, une fois la victoire acquise.

« C’est sur ce dernier aspect que je souhaite nous interroger. Faut-il accumuler les malheurs d’une guerre pour que soient admises et acceptées par une majorité indiscutable des mesures qui, en profitant à tous, demandent à chacun un effort en proportion de ses capacités réelles ?

« On pourrait hélas le croire, tant les résistances au mieux-être de certaines parties de la population sont le reflet assourdissant d’égoïsmes divers, de préservation de prés-carrés historiquement dépassés, ou de conservatismes improductifs.

« Est-ce donc la guerre ou bien plutôt la bonne intelligence des hommes et des femmes de la Résistance qui, au sortir d’un combat si inégal, ont su imaginer une nouvelle démocratie ?

« Une République laïque et sociale où la solidarité est un devoir national à organiser. Oui, à organiser, non pas comme on fait l’aumône, non pas comme une charité, mais comme une dépense nécessaire à la dignité de tous dans un Etat moderne qui se préoccupe de toutes ses populations.

« Vous devinez ma réponse. Qui, je le crois, est notre réponse à tous, ici. « Je veux croire que c’est la bonne intelligence des hommes et des femmes de la Résistance qui les a fait opter simplement et totalement pour la devise républicaine « liberté, égalité, fraternité » ; non pas que les notions de travail et de famille soient mineures, - elles sont simplement réductrices - alors que la Liberté, collective, individuelle, dans le respect du groupe, des groupes, est un espoir universel, que l’Egalité, devant la loi, l’éducation, la formation, le logement, l’accès aux soins, est un objectif universel, que la Fraternité, qui rend possible le partage, car même si nous naissons égaux, les premiers pas des uns sont bien différents de ceux des autres selon que l’on naît ici ou bien ailleurs, est un message universel.

« Un espoir, des objectifs, un message, voilà ce que nous a apporté le Conseil National de la Résistance. C’est de sa réflexion que sont venues les idées de protection de la liberté de conviction des autres, des minoritaires, des faibles, des fragiles et des fragilisés.

« Ce que je veux souligner, c’est que ces femmes et ces hommes ont choisi de résister contre la résignation, contre l’injustice, contre la violence de la vie telle qu’elle est, contre les violences, contre l’arbitraire, contre l’ignominie.

« Ils ont, par cette volonté singulière, qui, je le rappelle, est indépendante de leur histoire, de leur milieu, de leur religion, lié les citoyens que nous sommes à une République solidaire, démocratique, fraternelle. Notre vigilance aujourd’hui est de ne perdre ni la solidarité, ni la fraternité. « Certes ce ne sont que des mots, - mais les mots ne sont dérisoires que lorsqu’ils sont vides de sens – aussi prenons garde à ne pas les réduire à notre bonne conscience car ces mots ont soulevé et soulèveront encore des populations désespérées.

« L’idéal de la Résistance est encore lointain, son but social n’est malheureusement pas abouti, nous devons continuer inlassablement à nous battre pour la paix, la justice, les droits de l’homme, le service public... J’aime à rappeler qu’être citoyen, c’est la capacité, pour chacun, de s’élever au dessus de ses seuls intérêts pour se soucier du bien public et je veux croire Georges Semprun lorsqu’il dit  « Les Hommes peuvent être admirablement solidaires ».

« Solidaires vers des jours heureux... à construire, encore et toujours. »

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 04:40

130512 mai citoyenLe mistral violent a un peu gâché la fête, ce dimanche au Parc de la Navale. Mais les quelques centaines de courageux qui l’ont bravé pour être présents à l'un ou l'autre des moments de la journée de témoignages et de convivialité qu’a été le troisième « mai citoyen » organisé par une trentaine d’associations et syndicats n’auront pas perdu leur journée. Des avis que j’ai entendus des uns et des autres, résistants d’hier et d’aujourd’hui, ce que, dans mon petit propos d’accueil à La Seyne, j’ai qualifié de « piqûre de rappel pour conserver notre aptitude de républicains à l’indignation » aura bien fonctionné. Si la météo avait été plus clémente, je n’aurais pas renoncé à prononcer le propos que j’avais préparé à la demande des organisateurs, mais le bruit du vent était assourdissant et rendait les prises de parole difficilement audibles. Je m’en suis tenu à un discours de mémoire, très synthétique, reprenant rapidement quelques points de ce que j’avais préparé. Et que je livre aujourd’hui...

«  La mémoire est le ferment de l’espérance, le moteur de ceux qui veulent aller de l’avant.

« Cette mémoire nous raconte que des hommes et des femmes que rien ne prédisposaient à travailler ensemble ont su se rassembler sur des valeurs communes de solidarité, d’entre aide, de préservation des libertés, pour libérer la France puis pour fonder le socle sur lequel elle devait se reconstruire. C’était avant la fin de la guerre de 39-45. Et c’était le programme du Conseil national de la Résistance, appelé « Les jours heureux », avec ses orientations sur l’éducation, sur le partage, l’économie, la santé, le transport… sur la conscience d’être un groupe qui avance ensemble.

« Cette mémoire nous raconte que ce programme a été mis en œuvre dans des conditions autrement plus difficiles qu’aujourd’hui, un pays dévasté, des rancœurs accumulées.

« Cette mémoire, enfin, nous raconte que, oui, si tous ensemble nous le voulons, il reste, toujours, une capacité à agir.

« Je suis le maire de cette ville ; édile au service de la population, mes préoccupations sont banales et quotidiennes,  permanentes et essentielles : Ne pas être indifférent les uns aux autres, encourager une responsabilité des uns envers les autres, accompagner le recours des uns au secours des autres.

« L’actualité, douloureuse, si elle provoque mon indignation, ne me détourne pas de ces nobles objectifs. Cependant, elle conforte, ce que nous savions malheureusement déjà, cette idée selon laquelle la prospérité découvrirait nos vices et l’adversité nos vertus.

« Alors, oui, le chantier est ouvert. La partie n’est pas gagnée. Mais si tous ceux qui ont levé la tête dans les ténèbres du nazisme avaient renoncé, serions-nous là à gloser sur les turpitudes de quelques-uns ?

« Ce que je veux souligner c’est que des hommes ordinaires, modestes ou élevés, sans grade ou distingués, paysans ou lettrés, ouvriers ou ingénieurs, artisans ou fonctionnaires, hommes ou femmes, ont su révéler, à eux-mêmes, aux autres,  certes dans des circonstances extraordinaires, une disposition où le courage dispute à l’abnégation, la fraternité à l’engagement, l’amour à la violence, l’individu au groupe, la peur de mourir au devoir, l’oubli de soi au secours des  autres…

« Ceux-là, ces femmes et ces hommes qui ont choisi de résister contre la résignation, contre l’injustice, contre la violence aveugle, contre l’arbitraire, contre l’ignominie, ont à jamais, par cette volonté singulière, lié les citoyens que nous sommes à une République solidaire, démocratique, fraternelle envers tous les hommes.

« Alors, à leur exemple, adhérons aux nouveaux défis qui devraient aboutir à une meilleure justice sociale.

« Les adversaires de la République usent encore des vieilles ficelles de la xénophobie, de la stigmatisation, de la peur provoquée irrationnelle. Ils sont aidés par la crise économique qui accroit la pauvreté des plus humbles.

« Ces défis sont exprimés ainsi : si l’on ne peut pas distribuer les richesses que l’on n’a pas ou plus – quoique -, il faut que les êtres humains soient au moins respectés, que la jeunesse soit la première des priorités, que la vieillesse soit protégée, que l’on en finisse avec la tyrannie de l’argent dans une société gangrenée par la pauvreté et la stigmatisation de l’autre.

« Nous voulons un pays conscient, adulte, un peuple ouvert et responsable, averti et non pas perverti d’idées simples, radicales et mensongères.

« Soyons persuadés que la vigueur du combat économique et social dépendra de la qualité de la vie démocratique, de notre volonté de maintenir, comme désormais, la séparation effective des pouvoirs, l’indépendance de la justice, le respect des contre-pouvoirs institutionnels.

« Cela ne se fera pas sans que l’action des services publics ne soit réhabilitée.

« Aujourd’hui, le travail manque, les remèdes proposés par les organisations mondiales oublient le quotidien des populations, ne parlent que de grands équilibres mais exigent des efforts démesurés aux plus démunis tout en protégeant les actionnaires. Les Grecs, les Espagnols vont mourir guéris ! Et demain, à l’échelle de nos territoires ? La pauvreté, le souillon, comme les émigrés, comme l’étranger seront montrés du doigt. Les riches auront-ils leurs bonnes œuvres comme au meilleur de la capitalisation ?

« Si nous devons éviter le repli sur soi, dévastateur, nous pouvons écouter notre mémoire et parler « identité nationale » ! Qui sommes-nous ? Des enfants des Lumières. Des démocrates en République. Je ne suis pas naïf, je sais que la représentation n’est pas la démocratie directe, je sais que les lobbies agissent dans l’ombre, je sais que le populisme guette ; méfions-nous des lendemains qui déchantent et restons simples, appliquons notre devise républicaine : Egalité, Liberté, Fraternité. Fraternité ? Elle rend possible le partage, si nécessaire. Egalité ? Elle doit exister devant la loi, l’éducation, la formation, le logement, l’accès aux soins. Liberté ? Si elle doit être celle de l’individu, c’est dans le respect du groupe.

« Oui, chers amis, ensemble nous pouvons encore construire solidaire. Oui, c’est difficile ! Oui, ces idéaux sont loin d’être atteints ! Faut-il pour autant renoncer ? »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 03:34

photo-5.jpgMon discours à l'occasion de l'armistice du 8 mai 1945...

"Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie déclenchait la Seconde Guerre mondiale en envahissant la Pologne. Deux jours plus tard, la France et la Grande-Bretagne s’engageaient dans ce conflit.

"Le Reich, encouragé par la faiblesse des démocraties, avait insolemment réarmé, développé des théories nationalistes, racistes, annexé des territoires en toute impunité et, enfin, franchi son Rubicon ne laissant plus le choix aux démocraties trop poltronnes.

"Ce furent alors la « drôle de guerre » ; l’évacuation de Dunkerque ; l’exode du nord du pays ; l’appel du 18 juin du général De Gaulle ; les pleins pouvoirs accordés à Pétain ; Pearl Harbour et l’entrée en guerre des Etats-Unis ; la création du Conseil National de la  Résistance en mai 1943 ; Jean Moulin, fédérateur des réseaux de résistance ; Stalingrad ; la France libre en Afrique, les deux débarquements de 1944, en juin en Normandie et en août en Provence.

"Et, après plus de cinq années de guerre, les 8 et 9 mai 1945, le Reich capitulait sans condition.

"Ça, c’est un rapide survol de quelques faits. Il n’est pas exhaustif, les professeurs complètent dans leurs leçons d’histoire.

"Maintenant, nous pouvons nous interroger, au-delà de la commémoration de la victoire des Alliés sur les forces de l’Axe et l’Allemagne nazie, sur ce que représente aujourd’hui ce 8 mai.

"Sans doute la victoire sur des idées monstrueuses de haine et de rejet.

"Sans doute l’avènement d’un projet national généreux élaboré par le Conseil National de la Résistance, appelé « Les jours heureux », qui a fondé nombre des acquis sociaux de la deuxième moitié du XXe siècle, et que certains veulent aujourd’hui, je les cite, « défaire méthodiquement ».

"Sans doute la réconciliation des peuples au sein de l’Europe. Une Europe aujourd’hui à la fois formidable parce que cette association libre de pays souverains est originale dans l’histoire du monde, et à la fois très en difficulté parce que trop centrée sur la seule économie et trop souvent oublieuse de ses réflexes solidaires imaginés voilà plus de cinq décennies par les Schuman, les De Gaulle et autres Adenauer.

"Car 68 ans ont passé et l’effroi des peuples, découvrant l’enfer des camps, la folie des hommes, l’exclusion terrible que portent les nationalismes étroits, l’effroi, oui, l’effroi retombe avec le temps.

"Il y a quelques semaines, un chroniqueur posait la question : Finirons-nous [avec les évènements sociaux et sociétaux que nous vivons] par entrer dans une séquence « préfasciste » ?

"Poser cette interrogation est en soi un signe… Il y aurait quelque chose d’empoisonné dans l’air que nous respirons. Ce quelque chose pourrait bien être le « vivre ensemble », et le poison le refus de celui-ci. L’antithèse étant le « vivre entre soi ».

"Certains, - ce ne sont pas, encore, heureusement, les plus nombreux - nourrissent leur haine de la haine de l’autre, et la figure diabolisée de cet autre finit par anéantir les efforts de coopération et d’intégration.

"La grande erreur, c’est de ne plus se battre POUR quelque chose, mais – avec acharnement – contre quelque autre. De façon anthropologique, le phénomène est bien connu : comme on ne peut pas vivre longtemps une telle situation d’hostilité, la solution est souvent trouvée dans la désignation d’un bouc émissaire. Je dis « souvent » parce que parfois l’alternative est encore plus radicale, c’est la guerre !

"Le bouc émissaire réconcilie tout le monde dans la commune détestation d’un pseudo-coupable. La guerre de 39 – 45 a désigné son bouc émissaire dès le début des années 30, le Juif, mais n’a pas pour autant évité la guerre.

"Quel sera le nouveau bouc émissaire ? Chacun a une idée ; attention à ce que ce ne soit pas simplement la pauvreté.

"Nous avons un libre arbitre, nous revendiquons notre liberté individuelle, sachons l’utiliser. N’oublions pas que la liberté – au nom de laquelle la Résistance s’est levée – est un commandement que l’on se donne à soi-même. Cette bonne intelligence est en celui qui… connaît ET reconnaît.

"Et la Connaissance n’a qu’une légitimité : c’est de mener à la sagesse. La connaissance de la vérité – cette transparence réclamée – implique la compréhension du monde, des situations, des complexités, une justice. L’intolérance que nous observons et qui gagne malheureusement les esprits ne véhicule jamais le bien, ni en politique ni en morale.

"Alors, oui, le 8 mai, devant vous, anciens combattants, porte-drapeaux, élus, corps constitués, citoyens, devant les enfants du collège, je rappelle que des hommes et des femmes que rien ne prédisposait à travailler ensemble, issus de partis politiques différents, de convictions religieuses exclusives, de racines sociales, culturelles, philosophiques diverses, parfois adversaires, ont su se rassembler sur des valeurs communes de solidarité, d’entraide, de préservation des libertés.

"Ils ont réfléchi sur l’éducation, sur le partage, l’économie, la santé, le transport, sur la conscience d’être un groupe qui avance ensemble.

"Oui, le 8 mai, nous célébrons la réconciliation, le partage, les échanges culturels. Je souhaite que ce soit l’œuvre de tous et de chacun. Il suffit d’en avoir la volonté individuelle.

"C’est pourquoi vous permettrez, pour finir, que je cite un poète allemand que vous connaissez tous, au moins par son nom, Johann Wolfgang von Goethe : « Il reste toujours assez de force à chacun pour accomplir ce dont il est convaincu ».

"Alors soyons convaincus que vivent l’Europe et le Monde de l’amitié entre les peuples, et que vive la France de la République."

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 05:16

http://marcelpoulet.free.fr/wp-content/Le%20dormeur%20du%20val.JPGComme chaque année, la commune a volontiers répondu ce 7 mai à la sollicitation des associations d'anciens combattants et de parachutistes de pavoiser au monument aux morts et de tenir une cérémonie commémorative en mémoire de la bataille de Diên Biên Phu qui a conduit en cette année 1954 à la fin de la guerre d'Indochine. Nous y étions avec quelques élus communaux, Christian Barlo, Rachid Maziane et Patrick Valle. Il est toujours difficile, au-delà de l'hommage à rendre à ceux qui ont fait leur devoir de soldats, de repondre à la sollicitation de tenir un propos. Mais je me devais de le faire, m'inspirant d'un article de Carole Vann présentant "Diên Biên Phu vu d'en face", un ouvrage de journalistes ayant recueilli des paroles de vétérans vietnamiens...


“Du côté français, ils furent 16.000 hommes équipés qui avaient été parachutés dans la région. Vos frères, amis parachutistes, des troupes de marine, des régiments étrangers et de l'infanterie coloniale.

“Du côté vietnamien, ils étaient 55.000 combattants vietminh, les « bôdoi », bien moins armés, mais ils étaient surtout 260.000 civils, les pieds nus pour la plupart. Sans oublier les 21.000 conducteurs de bicyclettes qui ont acheminé des armes et des vivres.

“Transporteurs de riz ou de munitions, artistes envoyés au front pour remonter le moral des troupes, journalistes, médecins, infirmiers, femmes et hommes,  ils se sont livrés  à leur combat au côté des « bôdoi », ces « hommes verts » au casque rond.

“On ne refait pas l’histoire. Peut-être que les mêmes valeurs qui guidaient ceux qui avaient libéré la France de l’oppression nazie dix ans auparavant, Forces françaises libres, Forces françaises de l’intérieur, résistants, simples citoyens, hommes, femmes et jeunes qui ont commis de petits et de grands actes de combattants de l’ombre entre 40 et 45, ont guidé ces gens du peuple d’Indochine.

“On ne refait pas l’histoire. Vos frères, amis soldats, ne se sont pas questionnés sur les causes de la colonisation, sur les choix stratégiques de leurs chefs, sur la renaissance d’un Monde au lendemain d’une guerre mondiale dont nous commémorerons demain l’armistice. Ils ont rempli le devoir que la Nation leur demandait d’accomplir, dans la souffrance et la peur, mais aussi avec la force du courage, le sens de l’obéissance et la valeur de la fraternité.

“On ne refait pas l’histoire. Il y aura 60 ans l’an prochain. Ce que je voudrais que nos jeunes générations retiennent, c’est ce témoignage de l’horreur partagée dans chaque camp rapportée par un ancien soldat vietnamien :

“« Je parle français. J’entends parfois des soldats adverses crier avant de mourir. Des frères d’armes illettrés me demandent : “Que dit-il ?” “Il appelle sa maman...” Mourants, mercenaires ou colonialistes, ils sont comme nous, des jeunes hommes qui n’ont pas encore de femme et qui invoquent leur maman avant de s’éteindre. »

“Plus jamais ça !”




> J'ai illustré cet article d'une œuvre de Marcel Poulet, "Le dormeur du val", évoquant le poème d'Arthur Rimbaud. À découvrir dans sa galerie virtuelle sur son très beau site. (je peux naturellement la retirer sur demande)


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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 04:26

http://www.cndp.fr/crdp-creteil/images/stories/resistance/2012-4_leger_dessin_1955.jpgComme chaque année, l'émotion était bien palpable, hier dimanche, lorsque, après avoir lu le message commun des associations nationales de déportés, Jacqueline Bonifay, une Seynoise rescapée des camps de la mort nazis, a égrené la liste de ces camps et, pour chacun, le nombre de victimes de cette barbarie.

Avant que Marie Bouchez, représentant le président de la Région PACA Michel Vauzelle, Hélène Rigal, remplaçante du député Jean-Sébastien Vialatte, puis Pierre Pardon, autre rescapé seynois des camps, et moi-même ne déposions des gerbes, j'ai prononcé une allocution, insistant sur le principe de laïcité facteur de prévention des idées de rejet qui ont conduit, et pourraient encore conduire, à de telles horreurs...

"La déportation, les camps d’internement, de travail, de mort,  resteront à jamais comme la pire des dérives commise par les hommes contre l’humanité. Cette horreur a eu lieu en Europe, foyer de civilisation, dans la première moitié du XXe siècle, après et malgré la Grande Guerre.

"Malheureusement, l’histoire du monde montre que l’homme n’est toujours pas guéri de massacres.

"Un génocide est l’extermination systématique d'un groupe humain, de même race, même si on doit se questionner sur la pertinence de ce terme, de même langue, de même nationalité, de même religion, de même culture, parce que ce groupe de même identité ou partageant les mêmes idées, et uniquement pour ces raisons, sans considération autre que le racisme ou la folie, devient aux yeux des massacreurs un groupe qui ne doit plus vivre. Au nom de quoi ? Je n’ai qu’une réponse, de la folie qu’engendre la haine de la différence.

"Si nous ne devions avoir qu’un seul projet de vie, il serait « Vivre ensemble, riches de nos différences ». Nous avons un outil pour cela, contre tous les intégrismes, tous les rejets, cet instrument majeur est « le principe de laïcité ».

"Quel est-il ? Tout le monde n’est pas au fait de sa définition. La Constitution de la Vème République nous éclaire : La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances.

"Ainsi, la laïcité garantit la liberté de culte et de pensée à chaque citoyen, mais, en même temps, aucune idéologie, aucune religion, aucun groupe ne doit imposer ses normes de vie à l’Etat et à la société.

"La Laïcité est donc la formidable opportunité de permettre à chacun de pratiquer sa croyance librement et publiquement sans pouvoir en être inquiété. C'est aussi l'engagement de l'État à ne favoriser aucune croyance ni aucun culte par rapport à un autre.

"Il est bon de rappeler cela, ici, où nous n’oublions pas le génocide des Juifs par les nazis. Où nous n’oublions pas, non plus, qu’ils ne furent pas les seuls : les opposants, les handicapés mentaux, les homosexuels, les Tsiganes, les résistants furent aussi des victimes.

"Chacun est donc une victime potentielle dès lors qu’une stigmatisation s’organise.

"Là doit être notre vigilance. Nous sommes là pour combattre ceux qui réfutent les évidences factuelles, ceux qui cultivent un terreau de haine et d’exclusion.

"Aujourd’hui, nous entretenons le souvenir conscient de la longue chaîne des évènements qui conduisirent des esprits ordinaires à se pervertir et à imaginer devoir mettre en œuvre à partir de janvier 1942 « die Endlösung » techniquement et méthodiquement organisée lors de la conférence de Wannsee, cette « solution finale » qui dépasse notre humanité et qui nous fige, encore, dans l’horreur et la douleur.

"Oui, cette cérémonie est un appel à la préservation des mémoires.

"Pour dénoncer les ferments qui ont nourri les idées destructrices ayant légitimé l’internement et l’extermination de millions d’hommes, de femmes et d’enfants pour leurs idées politiques, leurs orientations sexuelles, leurs croyances, leurs origines nationales ou ethniques, leurs choix de vie et de culture, leurs handicaps, nous devons dire, avec force et conviction, que nous défendons une France laïque, où la liberté de conscience, la liberté de penser et la liberté d’exprimer des opinions dans le respect des lois est inscrite dans la constitution.

"Notre volonté doit être, encore et toujours, de perpétuer le projet de vivre ensemble, dans la richesse de nos différences.

"Et la France, la nation des Lumières, a, encore et toujours, le devoir de promouvoir cette idée en forme d’évidence dans l’Europe et dans le Monde.

"Honneur à celles et ceux qui ont péri ou sont revenus effroyablement meurtris de l’indicible. Honneur aussi à celles et ceux qui se sont levés contre la folie. Et vive la France des valeurs de la République."

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 03:51

http://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2012/05/paix.jpg?d126beDans deux ans, il y aura cent ans, ce 24 avril, qu’auront été déclenchés les massacres qui ont conduit le régime de l’époque de l’empire ottoman à exterminer un million et demi de ses sujets, Arméniens d’Anatolie.

Comme chaque année pour cet anniversaire commémoratif, nous avons pris part, avec Patrick Valle, adjoint en charge des relations avec la défense nationale, aux côtés d’Hubert Falco, sénateur-maire, de Robert Cavanna, vice-président du département, et d’élus de Toulon et de La Valette, à un moment solennel de mémoire aux côtés des Varois d'origine arménienne, dont des familles seynoises.

Bien sûr que l'actuel gouvernement turc n'a aucune part de responsabilité dans le déclenchement du génocide des Arméniens dû au parti « Jeunes Turcs » de 1915, mais sa reconnaissance par la Turquie concourra pour les temps à venir non seulement à une œuvre de mémoire nécessaire à l'amitié entre les peuples, mais aussi à la paix et à l’équilibre entre l'Arménie et la Turquie d’aujourd’hui.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

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