16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 10:42

Avec Serge Coen, délégué régional de Provence Alpes Côte d'Azur du Comité français pour Yad Vashem, avec les représentants de notre communauté israélite seynoise, des corps constitués, dont la Marine nationale, avec les associations d'anciens combattants, résistants et victimes des guerres, avec les élus et notre population, notamment des jeunes sur la participation desquels je reviendrai dans un prochain article, nous étions, ce dimanche matin, au rendez-vous annuel d'hommage aux victimes des crimes racistes et antisémites de l'État Français et aux Justes de France.

 

 

NAVRANTE ABSENCE DE LA REPRÉSENTATION NATIONALE

 

Je suis navré d'être obligé de le relever mais, après l'absence remarquée de notre députée aux cérémonies du 14 juillet, on aurait pu escompter sa participation à cet événement organisé devant la seule stèle érigée dans notre circonscription et l'aire toulonnaise à la mémoire des acteurs, victimes et héros, de cette funeste période du XXe siècle.

 

Hélas, ce ne fut encore pas le cas. Regrettable, d'autant plus que les élus régionaux du Front national, nouveau chef de leur groupe en tête, arboraient bien, eux, leurs écharpes rouge et jaune. Sans autre commentaire...

 

Après les propos poignants de Serge Coen, également représentant du bureau du CRIF Marseille Provence, la lecture d'un très beau texte créé par de jeunes seynois suivi du message de la ministre des armées transmis par notre adjoint Christian Pichard, j'ai à mon tour prononcé une allocution...

 

 

« Devant ce monument original et émouvant, que nous avons imaginé et réalisé il y a six ans pour honorer les victimes des crimes racistes et antisémites et ceux qui tentèrent, et réussirent, la protection d’hommes, de femmes et d’enfants, victimes, impitoyablement pourchassées, d’une idéologie abjecte qui conduisit à l’extermination de millions de personnes, vous permettrez que nous ayons une pensée pour une rescapée, Simone Veil, décédée le 30 juin.

 

 

SIMONE VEIL, DE LA RÉCONCILIATION DES PEUPLES À L'ÉMANCIPATION DES FEMMES

 

« Nous apprenons qu’elle dut sa survie à un mensonge sur son âge et une kapo qui l’orienta au camp d’Auschwitz plutôt que Bergen-Belsen, "trop jolie pour mourir", où pourtant la "marche de la mort" la conduira et d'où elle fut libérée.

 

« On retient de cette femme, entre bien d'autres choses, son engagement contre la souffrance et pour l'émancipation des femmes, et sa détermination à souhaiter la réconciliation avec le peuple allemand dès la victoire sur les nazis.

 

« C’est-à-dire la réconciliation avec des gens ordinaires devenus par l'aveuglement les auteurs de la plus atroce des stigmatisations, des tatouages ramenant l'homme au rang de la bête d'un troupeau, de la séparation ultime des enfants d'avec leurs parents, jusqu'aux massacres collectifs dictés par "die Endlösung", la "solution finale".

 

« A la barbarie, Simone Veil a voulu opposer la fraternité des peuples et la dignité de la personne humaine. Ainsi, par ses combats, elle réaffirma le principe selon lequel la République "reconnaît l’égale dignité de chacun".

 

 

LA FIERTÉ SEYNOISE D'ACCUEILLIR DES RÉFUGIÉS, DÉPLACÉS, ET MIGRANTS D'AUJOURD'HUI

 

« Aujourd'hui, pardonnez cet écart, les réfugiés et les déplacés devraient pouvoir bénéficier de cette même reconnaissance publique de dignité. Et vous, d'ailleurs, amis seynois, pouvez être fiers d'avoir accepté que notre commune ait été la toute première du Var à avoir proposé à l'État d'accueillir un centre d'accueil et d'orientation des migrants d'aujourd'hui.

 

« Pour revenir à notre hommage, des crimes, au nom de la race, de la religion, de la différence, sont encore perpétrés de par le monde, dans des situations de guerre, ou pas.

 

« L’actualité montre hélas que l’esprit de vengeance, de haine, d’extermination, guide encore de nombreux groupes idéologisés, aveuglés, radicalisés.

 

« Des fous qui veulent imposer une doctrine, une religion, des mœurs, nient aux uns ce qu’ils exigent pour eux.

 

« Inlassablement le travail éducatif, citoyen et humaniste, est à remettre sur le métier. Et notre mémoire à entretenir. Le combat est à mener dans les consciences de tous.

 

« Il convient encore et toujours de lutter pour que les dirigeants soient responsables et imposent à tous et à chacun le respect de chacun et de tous afin que les uns ne sombrent pas dans la barbarie et les autres ne la subissent pas.

 

« La mémoire... Je le rappelais l’an dernier, le 18 janvier 1945, les troupes soviétiques entraient dans le camp d'Auschwitz. Leurs images, reconstituées, décillèrent les yeux. Pourtant, rappelait Elie Wiesel, "Churchill savait, Truman savait, le pape savait…".

 

 

INLASSABLEMENT, SUR LE MÉTIER, REMETTRE LE TRAVAIL DE MÉMOIRE

 

« En France, on a bien sûr pris conscience de ce qui s’était joué lors de la rafle du Vélodrome d’Hiver. Mais il fallut attendre 1995 et Jacques Chirac, Président de la République, pour que nous reconnaissions le rôle de l'administration française dans la déportation des Juifs.

 

« Le 18 janvier 2007, le même, accompagné de Simone Veil, inaugurait au Panthéon une plaque commémorative. A cette occasion, un petit film était projeté sur le monument, il évoquait un défilé de bottes nazies, l’arrestation d’un tailleur juif avec sa femme et ses enfants… et ceux portant l’étoile jaune qui cherchaient à se cacher.

 

« On y voyait aussi des scènes où des curés, des pasteurs, des paysans, des hommes et des femmes, s’engageaient au péril de leur vie pour protéger, cacher et nourrir des Juifs.

 

« C'étaient quelques-uns parmi au moins 26.513 croyants ou libres-penseurs, ruraux ou citadins, humbles ou nantis, dont 3.995 Français, parmi lesquels feu notre concitoyen Roland Huillet, et tant d'autres ignorés, car le livre des Justes ne sera jamais fermé, faute de témoignages ou parce qu'ils ont tu leurs actes, ayant, disent ou disaient-ils, simplement fait ce qu'ils pensaient devoir faire.

 

« Et, sur la plaque, il est écrit, pour que nul n'en ignore désormais... "Sous la chape de haine et de nuit tombée sur la France dans les années d'occupation, des lumières, par milliers, refusèrent de s'éteindre. Nommés "Justes parmi les nations" ou restés anonymes, des femmes et des hommes, de toutes origines et de toutes conditions, ont sauvé des Juifs des persécutions antisémites et des camps d'extermination. Bravant les risques encourus, ils ont incarné l'honneur de la France, ses valeurs de justice, de tolérance et d'humanité".

 

« Oui, honneur aux victimes et aux Justes de la France et du Monde, connus et inconnus. Et que vive une République humaine, fraternelle et solidaire ! »

Partager cet article

Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire

Bienvenue !

Marc VUILLEMOT
Maire (PS) de La Seyne-sur-Mer
Vice-président de l'agglo de Toulon

Je vous souhaite une agréable visite.

À propos de moi...

> Ma bio, vue par un copain...

> Ma généalogie sur geneanet

 

VILLE & BANLIEUE

 

Lien vers le site de l'association

de maires que je préside

Cliquez sur la bannière.

 

La Seyne et le "Grand Toulon"

 

Les institutions publiques

où je suis élu...

Le site de la Ville de La Seyne

 

Le site du magazine municipal

 

Le site de l'agglomération TPM