7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 20:31

La honte ! Nous, les élus de la République du Grand Toulon, sommes de vils minables. À part mes adjoints, Raphaëlle Leguen et Christian Pichard, et moi-même, pas un député varois, pas un sénateur de chez nous, pas un élu, ni de l'agglomération, ni d'aucune des communes du tour de la Rade, ni de l'autorité portuaire, pourtant tous conviés, n'a cru devoir répondre à l'invitation de l'État à honorer de leur présence le baptême du nouveau navire patrouilleur des douanes, qui aura désormais comme port d'attache la darse des câbliers de La Seyne.

 

JEAN-FRANÇOIS DENIAU, HOMME D'IDÉAL

Un ministre, en l'occurrence Christian Eckert, secrétaire d'État au budget, autorité tutélaire de la douane, avait, lui, fait le déplacement pour être aux côtés de la famille de Jean-François Deniau, présente pour baptiser ce nouveau bateau du nom de cet homme politique, ambassadeur, ministre, commissaire européen, élu local, essayiste, romancier, marin, défenseur des Droits de l'Homme, créateur du prix Sakharov pour la liberté de l'esprit, et... sauveteur personnellement et physiquement engagé de boat-people, de réfugiés vietnamiens, dont l'État d'aujourd'hui,  sans considération partisane — Deniau était un homme de droite —, a choisi d'honorer la mémoire.

Les organisateurs ont certes indiqué que certains de mes collègues élus varois se sont excusés, mais ces absences affichées sont irrespectueuses des usages républicains. Et graves. Et donneront du grain à moudre aux ennemis de la République.

Je ne veux pas croire que ces défaillances remarquées sont dues au fait que le "Jean-François Deniau", patrouilleur de nouvelle génération de 54 mètres de long sur 10 de large, construit par des chantiers navals français, équipé pour lutter contre tous les trafics, est aussi armé, conformément aux traditions humanistes de la France, pour prendre sa part dans le dispositif européen de sauvetage de ces milliers de clandestins qui tentent de fuir au péril de leurs vies les misères économiques et les drames politiques de leurs pays d'outre-Méditerranée.

 

HONTE D'ETRE VAROIS

Je ne veux pas croire non plus que c'est parce que Jean-François Deniau, droit dans ses bottes républicaines aux valeurs solides, avait démissionné de son parti d'alors, l'UDF, lorsque, il y a presque vingt ans, cinq présidents de conseils régionaux de sa sensibilité ont choisi de faire alliance avec l'extrême droite.

Je veux juste espérer que tous étaient retenus par des obligations de plus haute importance qu'ils avaient antérieurement contractées.

Mais, nous, ce matin, avec mes adjoints Raphaëlle et Christian, en présence des autorités de l'État, des douanes et des finances bien sûr, mais aussi de la Marine nationale, de la police, de la gendarmerie, des affaires maritimes, des délégations étrangères avec lesquelles la France coopère pour lutter contre les trafics et prévenir ou intervenir sur les drames que vivent les réfugiés, nous avons eu un peu honte d'être Varois.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 08:14

Une fois de plus, j'en suis estomaqué. Voilà un nouvel article (sur le site Internet de RTL, celui-là) traitant des élections régionales de décembre prochain qui, comme tant d'autres avant lui, feint d'ignorer que, en Provence Alpes Côte d'Azur, il y a trois "blocs" de sensibilités politiques qui, si l'on en croit un récent sondage de l'IFOP, seraient au coude-à-coude, au risque de faire croire aux lecteurs que la partie serait déjà jouée, et que l'enjeu se limiterait à un duel entre droite et extrême droite.

 

EXTREME DROITE, DROITE ET GAUCHE AU COUDE-A-COUDE

Car, en effet, alors qu'on est en période estivale où nos concitoyens, accablés par la canicule et les difficultés du quotidien, ont autre chose en tête que cette élection prévue dans cinq mois pour une institution dont on ne connaîtra les compétences que dans quelques semaines, après le vote parlementaire de la loi NOTRe, les 987 personnes qui ont bien voulu répondre aux questions des sondeurs placent la droite à 35% des intentions de vote, l'extrême droite à 33%, et la gauche à 32%.

Autant dire qu'on peut d'autant moins tirer de conclusion qu'on ne sait ni si les centristes du MoDem, crédités de 5%, iront jusqu'au bout de leur projet de présenter une liste au premier tour, ni ce qu'ils feraient - et ce que leurs électeurs feraient - pour le second, ni ce qu'il en sera des discussions entre sensibilités de gauche d'avant premier tour, et encore moins d'entre les deux tours.

 

LA MESSE EST LOIN D'ETRE DITE

Ce que je crois, moi, c'est qu'il n'est pas correct de passer sous silence, comme si la messe était dite, les temps de campagne de Christophe Castaner qui, sans tambour ni trompette, depuis des semaines, dans le moindre village des six départements régionaux, parle tous les jours aux gens du bilan concret de la mandature de Michel Vauzelle qui s'achève, de leurs préoccupations, des projets raisonnables et réalistes qu'il veut promouvoir pour notre territoire de cinq millions d'habitants, comme il l'a fait à La Seyne samedi dernier, tandis que ses deux adversaires rivalisent de propos hors sujet, montant les gens les uns contre les autres à l'heure où la République a plus que jamais le devoir de rassembler, oubliant - mais l'ont-ils jamais su ? - qu'ils se placent là à l'opposé des usages historiques d'une région qui s'est toujours construite sur son ouverture à tous, Français, Européens et habitants des pourtours méditerranéens.

J'ai toujours eu beaucoup de respect pour les journalistes et la liberté de la presse, vecteur d'information, de sujets de dialogues et de confrontations, donc de démocratie active, mais, là, depuis quelques temps, et au travers de tant de medias, je me le demande : que cherchent ceux qui promeuvent une image aussi réductrice de cette élection régionale si importante ?

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
3 juillet 2015 5 03 /07 /juillet /2015 04:50

 

Avec Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris, nous avons pensé, face à l'incapacité européenne devant la crise grecque, devoir lancer un appel citoyen, aux élus comme aux Français, pour le peuple grec...

 

Appel à mes collègues maires et aux citoyens

J'appelle les élus, les collectivités locales françaises, à nouer des jumelages ou des partenariats citoyens avec les villes et villages grecs qui traversent aujourd'hui des difficultés considérables.

Nous espérions que l'Europe soit au rendez-vous de l'histoire et soit capable d'engager une politique de solidarité, de prospérité partagée, de progrès sociaux et humains.

Hélas, l'austérité permanente, les dumpings sociaux et fiscaux, la domination des plus forts, de la finance, ont pris le pas sur l'Europe sociale et démocratique que nous voulons bâtir.

Nous ne pouvons rester indifférents.

Maire d’une ville populaire bénéficiant de politiques prioritaires pour l’habitat, les équipements, la dynamisation économique, la formation, l’accompagnement des plus humbles, je sais l’importance de la solidarité entre territoires, au local comme à l’échelle du pays, pour l’égale dignité que la République doit à ses enfants.

Alors, chaque fois que nos collectivités peuvent entrer en dialogue avec leurs homologues grecques, elles peuvent montrer que, si la solidarité européenne n'est pas portée par les institutions de l'UE, les citoyens et leurs élus peuvent la faire vivre. Je suis disponible pour œuvrer avec mes collègues prêts à s'engager dans cette démarche de partenariat citoyen avec les collectivités et citoyens grecs.

Et, face à une Europe et un FMI bridés par la finance internationale, qui traînent les pieds pour accompagner le peuple grec, l’occasion est donnée aux citoyens de rappeler, en apportant leur contribution, leur attachement aux valeurs solidaires que le terme « Fraternité » symbolise au fronton de notre édifice républicain.

Chaque citoyen peut ainsi, dès à présent, contribuer en participant à la plateforme de financement participatif que nous venons d'initier en lien avec une association solidaire, en cliquant sur l'image illustrant cet appel ou sur le lien :

http://www.helloasso.com/associations/active-generation-generation-engagee/collectes/soutien-au-peuple-grec

Et j’invite mes collègues maires de France à relayer cet appel à nos concitoyens.

 

Marc Vuillemot

Maire de La Seyne-sur-Mer (Var)

04.94.06.95.00

contact@la-seyne.fr

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 23:39

J'avais renoncé à alimenter mon blog. Non par fainéantise, non parce que je n'avais rien à livrer, mais parce que je trouvais que le temps que j'y consacrais était autant de moments que je ne passais pas dans l'échange direct avec mes concitoyens, et aussi parce que force est de reconnaître que les moyens et usages d'Internet d'aujourd'hui, en 140 signes, ne peuvent supporter la palabre pour être soi-disant utiles, ou autorisent la parole sans retenue, jusqu'à l'insulte confortable proférée derrière un écran, sans possibilité de réponse ou d'objectivation en temps réel, sauf à être scotché à sa bécane.

Mais le propos que j'ai été invité à tenir, ce samedi, sur le Parc de la Navale, à l'occasion de la soirée festive organisée par les socialistes de Provence Alpes Côte d'Azur dans le cadre des futures élections régionales de fin 2015, m'a été réclamé par certains de ceux qui y ont pris part.

Je le livre donc in extenso aux visiteurs de ce blog, en ayant inséré des intertitres pour essayer de le rendre plus agréable à la lecture...

 

"Merci de l'honneur que Christophe Castaner et son équipe régionale, Cécile Muschotti et son équipe varoise, et tous leurs camarades et amis de Provence Alpes Côte d'Azur, font à La Seyne en l'ayant choisie pour ce premier temps fort régional du projet "Ambition PACA".

"Je ne pense pas que ce soit totalement dû au hasard.

"La Seyne est bien sûr, avec ses 65.000 habitants, la deuxième plus importante commune de notre Région dont un maire socialiste anime la vie municipale.

 

LA SEYNE, ARC-EN-CIEL DE MÉDITERRANÉE EN TERRE DE PROVENCE

"Mais c'est surtout une ville qui est un peu à l'image de notre région.

"Elle est forte et belle de ses diversités humaines, depuis toujours terre de rencontres de Provençaux et de gens de la Méditerranée et du Monde venus iriser son terroir de leurs palettes de couleurs de mélanocytes, d'usages sociaux, de langues et de cultures, certes rarement par choix mais surtout par obligation de survie économique ou politique.

"Ici même, sur ces hectares au pied de notre pont levant, l'un des derniers éléments du patrimoine de 150 années de construction navale, de dure activité industrielle et de luttes sociales, des milliers et des milliers de métallos et d'ingénieurs d'ici et d'ailleurs ont forgé un savoir-faire porteur d'innovations, de richesses, de succès et de vie, et un savoir vivre ensemble qui nous irrigue encore aujourd'hui.

"La Seyne a connu de rudes épreuves, et elle est encore à la peine avec cette inacceptable crise de la mondialisation qui nous éreinte. Mais La Seyne sait puiser dans son audace, dans sa pugnacité, dans son caractère rebelle, pour se battre afin de, toujours, garder la tête hors de l'eau, en tirant parti des ressources de son peuple qui sait que la valeur du travail vaut mieux que celle des dividendes, comme de son patrimoine naturel, littoral, technologique, et industriel.

"Ville pauvre, ville de pauvres, mais aussi ville riche d'elle-même, et tout autant ville des moins humbles et même des vrais riches qui l'adoptent et qu'elle adopte, La Seyne, cap improbable le plus méridional de la France métropolitaine, est une avancée forçant la mer qui l'a toujours nourrie comme elle force son destin, une presqu'île pleine de contrastes, de confrontations, de difficultés à se comprendre et s'accepter, de boucs émissaires faciles, mais aussi de combats permanents pour s'admettre, se côtoyer, oser le faire ensemble sur, et pour, un territoire en partage.

 

LA SEYNE, TERRE DE PARADOXES

"Et c'est peut-être pour ça que, ici, on vote sans modération, un jour à gauche, et même très à gauche, et que, le lendemain, on élit des inconnus surgis d'un ailleurs d'extrême droite.

"Oui, à La Seyne, certains de ceux des quartiers littoraux résidentiels du sud peinent à admettre que la puissance publique aura investi au nord 300 millions d'euros en 10 ans pour la rénovation de l'habitat, du cadre de vie, des espaces et des équipements publics du plus grand ensemble de logements sociaux du Var, tandis qu'elle, cette même puissance publique, tarde à reboucher un trou sur le trottoir devant chez eux, dans l'allée ouvrant sur la plage et le grand large.

"Oui, à La Seyne, certains de ceux du cœur de ville, dégradé comme beaucoup de centres anciens, se plaignent qu'on envoie des policiers sur les sites balnéaires du sud pour réguler la circulation automobile estivale quand, devant leurs portes et devantures, croît, qu'il soit ou non fondé, le sentiment d'insécurité.

"Oui, à La Seyne, on veut être en règle avec la loi imposant 25% de logements sociaux, mais on se bat contre les constructions nouvelles pour préserver le cadre de vie de son environnement immédiat, et on râle parce qu'on peine à se loger, en locatif ou en parcours résidentiel, mais on enregistre la plus forte croissance démographique du Var.

 

LA SEYNE, RIVE DE RÉSISTANCES

"Oui, La Seyne est terre de paradoxes. Mais La Seyne est aussi rive de toutes les résistances.

"Ici, entre sensibilités de gauche confondues, et souvent au-delà, on se retrouve, accompagnant humbles et aisés, chômeurs, salariés, et patrons, pour aller à la bagarre...

... pour conserver la plus importante maternité publique du département abusivement fermée par l'État,

... ou pour récupérer en gestion publique nos parkings ou notre adduction d'eau potable, pourtant biens communs inaliénables, naguère offerts aux profits du privé,

... ou pour que l'injustice soit réparée d'une contribution par habitant au financement des sapeurs-pompiers départementaux exagérément plus élevée que celle des résidents des riches communes voisines,

... ou pour que d'autres ne viennent pas faire main basse sur le potentiel de redynamisation économique, sociale et culturelle, de notre pôle de compétitivité maritime, du site des anciens chantiers où nous nous trouvons, et de notre littoral portuaire, nautique et balnéaire.

 

SE RASSEMBLER SUR UN PROJET DE TERRITOIRE

"Autant d'enjeux de bon sens républicain territorial autour desquels, ici, nous savons nous rassembler.

"Comme nous le faisons, d'ailleurs, au sein de notre équipe municipale, avec des modérés, des radicaux, des écologistes, des régionalistes, des républicains-citoyens, des socialistes, des communistes, et des anti-capitalistes.

"Alors, bien sûr, sur les enjeux de politique nationale et internationale, nos visions divergent en bien des points.

"Mais, pour guider notre projet communal, comme aussi pour la récente élection départementale, nous construisons nos approches sur la diversité de nos fondamentaux, que nous confrontons et qui nous conduisent à des compromis utiles. Et nos concitoyens y lisent une volonté de rassemblement combatif pour le terroir, et de rempart républicain contre les obscurantismes.

"Les Seynois ne veulent donner de leçon à personne, mais...

... alors que la droite extrême et l'extrême droite nous talonnent,

... alors qu'elles font l'une et l'autre jeu égal,

... alors que, réunies, elles recueilleraient ici 6 voix sur 10,

... alors que la porosité entre leurs projets et propos respectifs s'accroît de jour en jour au point qu'elles pourraient se rejoindre,

... alors que les citoyens de toutes conditions sociales ne croient plus aux solutions libérales des politiques nationales et européennes qu'ils subissent si rudement,

... alors que l'abstention et le vote de rancœur s'envolent,

je vous le dis, les gauches et l'écologie régionales seraient bien inspirées de faire comme on le fait chez nous, et de se parler, de se parler cette Région que nous avons en partage, qu'elles gèrent avec brio ensemble depuis tant d'années, loin des postures politiciennes d'appareils sclérosés, en vue de la seule échéance de décembre prochain.

 

LA RÉGION DE DEMAIN, UN ENJEU MAJEUR POUR LA RÉPUBLIQUE DES TERROIRS

"Une échéance majeure au regard des compétences que le Législateur va confirmer et octroyer aux Régions, échelon primordial, clef-de-voûte de l'organisation territoriale de notre République, compétences qu'il serait pour le moins hasardeux, sinon coupable, de confier à ceux qui, extrêmement droitiers ou droits dans leurs extrémismes, n'ont de cesse de monter les citoyens et les territoires les uns contre les autres, et de saper les fondements égalitaires de la République.

"Alors, je le redis, La Seyne est fière et honorée que ce soit d'ici, entre mer et collines, entre économie du tertiaire et pôle industriel, entre quartiers populaires et havres résidentiels, au cœur d'un bout de Provence en pleine redynamisation, que, faisant comme un pied-de-nez à tous les aigris et défaitistes, Christophe, et Cécile, et les autres venus des départements de Provence Alpes Côte d'Azur, vous ayez choisi de lancer, dans la fête et la convivialité, votre appel... à l'ambition.

"Christophe, Cécile, et les autres, La Seyne démocrate et républicaine est toute à vous, pour cette soirée, et pour les bagarres que nous, les Seynois, allons mener avec vous !"

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 07:09

J'ai publié la semaine dernière, comme on me l'a recommandé, une analyse personnelle des choix qui vont s'offrir dans trente jours aux socialistes, à l'occasion de notre congrès, au travers du prisme de la situation politique du Var.

Je l'ai fait sous la forme d'un courrier à mes collègues socialistes élus, anciens élus, ou candidats aux élections locales de 2014 et 2015 ( * ).

Pour alimenter les débats de notre congrès, je leur adresse aujourd'hui une autre lettre exposant des réflexions sur la politique de l'économie et de l'emploi qui m'ont été inspirées par des échanges avec des acteurs économiques de chez nous...

Cliquez sur l'image de ma lettre ci-dessous pour la télécharger au format pdf.

 

 

* ) : cette lettre a été adressée à ceux dont je dispose des coordonnées ; plusieurs ont donc été oubliés, mais ils peuvent m'indiquer leurs adresses mail par l'onglet CONTACT du menu de mon blog

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
18 avril 2015 6 18 /04 /avril /2015 04:24

Elle n'est pas secrète. Même si elle est destinée à des destinataires ciblés, je publie donc, comme on me l'a suggéré, le courrier que j'ai adressé aux élus et anciens élus socialistes du Var (*).

Elle s'inscrit dans le cadre de la préparation du Congrès du Parti socialiste qui a commencé avec le dépôt de ce que, chez nous, nous appelons des "motions", c'est-à-dire des textes où les diverses sensibilités du PS exposent leurs vues sur ce que doivent être, pour eux, les orientations politiques du parti, qui seront soumis au vote des militants courant mai, qui serviront de base aux échanges qui se dérouleront lors du Congrès prévu en juin à Poitiers, et desquels devrait sortir les lignes politiques qui nous guideront pour les trois années à venir...

On peut donc lire, en cliquant sur l'image ci-dessous, ce message à mes collègues...

 

 

( * ) : du moins ceux dont je dispose ou dont on m'a communiqué les adresses - les autres voudront bien m'excuser, et, s'ils le souhaitent, me la faire parvenir via l'onglet CONTACT du menu de ce blog

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
13 avril 2015 1 13 /04 /avril /2015 18:00

"Depuis 2012, la gauche disparaît des urnes. Nous avons perdu tant de villes et de départements. Il existe des territoires où ne subsistent plus que quelques poignées d’élus socialistes, isolés au milieu de centaines d’élus de droite ou d’extrême droite. La singularité du socialisme à la française s’appuyant sur ce maillage territorial d’élus locaux est mise à mal dans son cœur.

"Il n’y pas d’alternative et, en l’espèce, on peut le dire. Les enseignements des élections municipales et départementales sont explicites : seul le rassemblement de la gauche évitera l’élimination au premier tour des élections présidentielles. Seul le rassemblement de la gauche constituera le socle suffisant pour constituer une majorité d’électeurs autour de notre candidat lors du second tour. Cependant, au regard de l’affaissement des appareils, des hostilités très fortes entre les partis de gauche que l’on constate sur le terrain, nous savons que plus que jamais l’union sera un combat. Et pour commencer parmi les socialistes.

 

LE RASSEMBLEMENT SE MÉRITE

"Reconnaissons-le, nos divisions accentuent la déception de nos électeurs. Elles sont d’abord la conséquence d’une politique qui n’obtient pas de résultat alors qu’elle réclame des efforts considérables de la part des plus modestes. Le rassemblement se mérite. Il ne se décrète pas, il ne s’impose pas. Il suppose de produire le compromis, que chacun fasse un pas vers l’autre. Il ne peut être sincère et solide que si la politique gouvernementale se réoriente pour répondre aux aspirations de l’ensemble des composantes de la gauche politique, sociale, écologiste et citoyenne. C’est au Parti socialiste d’organiser cette nouvelle phase politique. À nous d’en assumer pleinement la responsabilité : à gauche, pour gagner."

Ce texte, c'est la conclusion de la motion dont je suis l'un des premiers signataires, l'une des quatre qui seront soumises au vote des militants socialistes à l'occasion du Congrès du PS duquel émergera la ligne politique qui guidera les socialistes pour les trois années à venir. Et, on devrait être en droit de l'espérer, la politique nationale que pourraient conduire, avec d'autres, le Président de la République et le gouvernement.

 

LE CHEMIN EST ÉTROIT MAIS IL EST DEVANT NOUS

Je l'ai signée parce que j'ai fait mienne l'analyse partagée par d'autres socialistes qu'il est encore temps de changer la donne et de réajuster pour que la gauche redonne espoir au peuple français. Si le PS, au cœur de la gauche, ne s'y emploie pas, qui le fera ? À La Seyne, il a su jouer son rôle, non pas hégémonique, mais vecteur d'une unité autour d'un projet concerté. Pourquoi pas à tous les niveaux de l'État ?

L'introduction au texte de la motion trace les voies et les enjeux...

"Est-ce insensé d’y croire ? Non. La victoire est-elle encore possible? Oui.

"Le chemin est étroit, semé d’embuches, mais il est là devant nous, et ne demande qu’à être emprunté. Il réclame notre engagement collectif, lucide, optimiste et volontaire.

"Cette voie, c’est celle du progrès qu’il faut réinventer. Le progrès d’une génération à l’autre. Le progrès d’un nouvel âge pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Le progrès d’une société́ à la hiérarchie sociale resserrée où chaque individu peut évoluer et améliorer sa situation professionnelle et sociale. Le progrès d’une société dont le système éducatif ne reproduit pas les inégalités et ne se livre pas à un tri social précoce. Le progrès d’une République qui lutte contre tous les déterminismes, culturels, sociaux, économiques et biologiques. Le progrès d’une nation qui ne discrimine plus les individus selon leur âge, leur genre, leur couleur, leur origine, leur religion réelle ou supposée, ou leur orientation sexuelle. Nous voulons le progrès social, le progrès écologique, le progrès collectif, et non une glaciation de la société qui fige une distribution des places selon la naissance et assigne des millions de Français à résidence sociale.

"La France a les moyens de ce progrès. Notre pays a tous les atouts et tous les talents pour stopper le déclin. Nous avons des ouvriers qualifiés et des chercheurs hors pair, des pôles d’excellence et des piliers industriels, des créateurs et des bâtisseurs. Alors pourquoi ça ne marche pas ? Ça ne marche pas parce que, dans bien des endroits, les Français sont démoralisés. Et ce n’est pas une injonction autoritaire au redressement ni un rappel des règles comptables qui les fera retrouver leur énergie. Les Français sont fatigués de l’impuissance collective, et nous aussi. Il ne suffit pas de parler de réformes, qui viennent d’ailleurs et qui n’arrivent jamais. Il faut porter une vision d’avenir, il faut proposer de conquérir plus de justice, de transformer la société française avec elle-même, pas sans elle, pas contre elle !"

 

AMIS NON SOCIALISTES, JETEZ-Y UN ŒIL. AMIS SOCIALISTES, REJOIGNEZ-NOUS.

Cette motion, on peut la lire ICI. Il n'est pas interdit aux non-socialistes de la lire. Mais je recommande vraiment aux socialistes seynois, de l'Ouest varois, et du Var, de le faire. Et de nous rejoindre vers cette proposition d'orientations politiques, en la signant, ou en tous cas en votant pour elle le 21 mai dans leurs sections.

Beaucoup de monde se dit que ce sera un congrès comme les autres. Moi, dans notre Var où ne pouvons pas nous résigner à n'être plus que ce que nous sommes, où l'extrême droite progresse dangereusement, où la droite, dont une partie flrte sans complexe avec son extrème, est omnipotente, mais où la gauche, lorsqu'elle crée les conditions pour être unie, porte encore les espoirs de quelques-uns de nos territoires, je le vis comme celui de notre dernière chance. Ne nous résignons pas. Indignons-nous toujours. Changeons.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 21:27

A qui le fera-t-on croire ? Le père serait répudié par la fille, outrée de ses propos répugnants ?


Ne nous méprenons pas. Cette affaire, qui couvre les trois premières pages du quotidien Var-matin du jour, histoire de lui donner un bel écho dans un département qui assume tranquillement ses 40% de votes pour un parti national-populiste, personne ne me fera croire qu'il s'agit d'autre chose qu'un nouveau coup monté dont l'extrême droite est coutumière.


Ma lecture à moi, c'est que le FN va faire coup double. On rappelle par la voix du père à ses électeurs nostalgiques des grandes heures pétainistes, fascistes, colonialistes, et d'autres époques sulfureuses pour la démocratie, qui auraient pu douter que leurs fondamentaux demeurent bien ancrés, que c'est bien toujours le FN qui porte leurs espoirs.


Et, par la voix de la fille, bien proprette lavant plus blanc que blanc, on rassure ceux qui se refusent toujours à admettre que le FN est bien de la même mouvance politique que tous les partis européens et mondiaux de l'anti-parlementarisme, du nationalisme identitaire, des idées réactionnaires avançant sous le masque du traditionalisme.


Il suffira en Region PACA de jouer le coup de la synthèse apaisante au sein de la famille déchirée, en la personne de celle qui est en vue de la troisième génération de la famille Le Pen, pour rafler la totalité de la mise.


L'extrême droite n'en est pas à son premier coup du genre. On a juste ajouté là un zeste malin de communication en camouflant la manœuvre derrière une pseudo affaire familiale croustillante, mais ça fleure la même logique que celle qui a prévalu lorsque se sont rapprochées les Ligues, le francisme, les Croix-de-Feu, la Solidarité française, l'Action française, et autres, pour parvenir à construire la mouvance politique nationale qui s'est épanouie dans son rôle de valet vassal des nazis dont notre peuple et notre République ont tant eu à souffrir.

 

PS : J'ai chapardé la photo sur le site du Monde. Je peux l'enlever bien sûr si on me le demande.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 14:53

Bien sûr, ce matin du 7 avril, la majorité communale a voté le budget 2015 de La Seyne. Bien sûr, cette séance municipale a donné lieu à débats. Bien sûr, la démocratie s'exerce au sein de notre assemblée. Assumer les responsabilités que nos concitoyens nous ont confiées il y a un peu plus d'un an, malgré les vicissitudes et les contraintes, c'était un objectif majeur que nous nous étions fixé, tant il est capital que la puissance publique locale fasse tout pour contrebalancer, à son modeste niveau, les effets funestes des politiques nationales et européennes que subissent nos concitoyens. On y est parvenu. Le pourrons-nous l'année prochaine ? Je reviendrai sur le sujet.

Bien sûr, la journaliste de "La Marseillaise" qui couvrait la séance a sûrement dû faire effort, toute professionnelle qu'elle est, pour suivre les débats autour du budget de la ville. À soixante kilomètres de là, se jouait en parallèle l'avenir de son quotidien régional, en audience du tribunal de commerce de Marseille. Soixante-dix ans après la renaissance du journal, en une période sombre de la guerre de 39-45 au cours de laquelle il a, clandestin, apporté sa pierre à l'édifice de la Libération, allons-nous nous résigner à la disparition d'un outil essentiel à l'information plurielle, vecteur de consciences élevées, indispensable à la démocratie ?

Mais, bien sûr aussi, un autre 7 avril, en 1994, a été le premier jour de trois mois de sauvagerie indicible, au Rwanda, qui se sont soldés par un génocide ayant conduit au massacre d'au moins (selon l'ONU) 800.000 citoyens de ce pays, essentiellement des Tutsi, mais également des Hutu, membres de l'ethnie des agresseurs, qui ont payé de leurs vies leur solidarité à la cause tutsi. Du jamais vu, comme carnage, en si peu de temps, dans le silence assourdissant d'une communauté internationale démissionnaire.

Bien sûr, je me dois, comme maire, de centrer mon intérêt sur le territoire de ma commune et de son environnement immédiat. Mais c'est tout de même troublant que, sur les sites Internet des grands journaux d'information du pays des Lumières qui est le nôtre, survolés avant que je ne préside la réunion de notre conseil municipal, je n'aie rien lu sur ce 7 avril 1994 en Afrique centrale.

Mais, ça va aller, le budget de La Seyne est équilbré.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 10:46

J'aurais aimé que ce soit d'une autre façon que La Seyne se singularise dans le Var.

Chez nous, la droite conserve son siège dans le sud avec 53% des voix et, au nord, l'extrême droite le ravit avec 54% à la dernière équipe varoise de gauche, avec celle du canton de Garéoult hélas également perdante, à porter les couleurs républicaines face au FN.

On pourra toujours trouver une petite matière à se réjouir en se disant que les républicains du sud seynois ont contribué à barrer la route à l'extrême droite et que la gauche seynoise du nord réalise un score honorable dans un Var qui ne compte plus aucun élu de sa sensibilité, mais mieux vaut se pencher sur la réalité de l'échec et ses raisons.

 

DES VOTES DE SANCTIONS TOUS AZIMUTS

Les Seynois, dont beaucoup ont indiqué qu'ils ne savent pas à quoi va servir le nouveau conseil, ont utilisé cette élection pour évaluer d'autres politiques que celles du département.

Bien sûr, au nord, la droite aura sûrement été éliminée dès le premier tour à cause de la solidarité très sélective du conseil général envers notre territoire. Le coût imposé à la commune pour son service d'incendie et de secours, démesuré par rapport aux villes d'alentour, la suppression du financement de douze éducateurs de rue assurant une prévention de la délinquance, les misères faites aux sites d'entreprises, en constituent quelques exemples.

Mais l'absence de bilan du conseiller général sortant, élu sous une étiquette de gauche, et les mécontentements sur la gestion communale auront aussi compté, il faut le dire. Le FN, sans projet départemental et n'ayant en ligne de mire que les échéances régionales et nationales, a cristallisé des rancœurs, depuis des voiries qu'on ne parvient plus à suffisamment entretenir jusqu'aux cages d'escaliers de logements sociaux où on ne réussit pas à endiguer les méfaits d'individus inquiétants, en passant par la redynamisation du cœur historique qui est attendue avec agacement.

 

CONTRE LA SEYNE ET LE VAR, MAIS AUSSI CONTRE L'ÉTAT

Ces causes locales trouvent cependant, pour beaucoup, leur origine dans l'austérité que le gouvernement impose aux collectivités. Avec des dotations d'État en chute libre, une commune fragile n'a plus les moyens de remplir correctement ses missions les plus ordinaires. Avec une zone de sécurité prioritaire qui n'est pas assortie de postes de policiers pour son commissariat, on ne peut compter que sur l'imagination des services pour faire reculer la délinquance et le sentiment d'insécurité. Avec une réforme des horaires d'école qui ne s'accompagne pas de moyens d'animation périscolaire, on met à la rue une heure plus tôt les enfants dont les familles n'ont pas les moyens de s'occuper. Avec une politique de dynamisation économique sans impact sur le commerce, l'artisanat, les petites et moyennes entreprises, et n'imposant aucune contrepartie aux multinationales et grands groupes financiers, le chômage ne cesse de progresser. Avec une tolérance coupable envers les communes qui ne respectent pas leurs quotas de logements sociaux, on accroît la difficulté d'accès à un toit et on fait supporter aux seules rares autres villes qui les honorent, comme La Seyne, le poids de l'accueil des foyers les plus en difficulté. Et la liste des erreurs est bien plus longue...

 

UNE DROITE BIEN PEU RÉPUBLICAINE

Au sud, on peut observer que la quasi totalité des voix de gauche du 22 mars se sont reportées sur les candidats de la droite républicaine dont le score a ainsi crû de presque 20%, suite aux vœux explicites des candidats de la gauche et de l'écologie éliminés au premier tour.

Mais, a contrario, au nord, on doit aussi imaginer, au vu des 8% de bulletins blancs et nuls par rapport aux votants, que le résultat ne serait pas ce qu'il est si les candidats de droite avait été républicains et ne s'étaient pas obstinés, malgré les appels de leurs responsables varois, dans un refus condamnable d'inviter à voter contre le FN. Les très nombreux soutiens, de tous horizons, n'auront pas permis de contrebalancer ce choix impardonnable... de non choix.

Il est d'ailleurs tout aussi grave que le Parti de gauche, seul mouvement progressiste à s'entêter contre les sept partis qui composent ou soutiennent la majorité municipale de la gauche et de l'écologie, ait opté pour une même posture blâmable. Et les atermoiements de certains n'auront pas non plus facilité la dynamique nécessaire...

Dans un contexte où se dessine clairement la signature d'un passage à l'extrémisme d'une part croissante de l'électorat de l'UMP, ces postures conjuguées auront été dévastatrices. L'UMP en fera d'ailleurs aussi les frais tôt ou tard, si la vague continue à déferler, le FN étant en tête au premier tour dans quinze cantons sur vingt-trois, avec souvent plus de 40% des voix, en progression de plus de dix points, à une encablure d'une élection dès le 1er tour. Mais à chacun ses soucis...

 

IL EST MINUIT MOINS CINQ POUR QUE LA GAUCHE SE RECONSTRUISE

Il reste que, unies autour d'un projet, les diverses sensibilités de la gauche et l'écologie résistent mieux, surtout quand leurs militants et sympathisants ont été exemplaires autour de leurs candidats courageux et opiniâtres. Joëlle Arnal, Marie Bouchez, Anthony Civettini et Toussaint Codaccioni auront été de ceux-là. Les trois équipes de gauche et de l'écologie du sud avaient pareilles qualités, et il est triste d'avoir raté le rendez-vous de l'union.

Alors, il faut certes recentrer l'action locale autour des besoins les plus criants du quotidien des habitants pour contrebalancer les effets des politiques nationales et européennes, mais il faut surtout créer de semblables conditions d'unité à l'échelle du pays à partir d'un changement net de politique permettant un nouveau contrat de majorité.

Et, dans le Var, la gauche, totalement défaite, est à reconstruire de fond en comble. Je ne peux pas imaginer que ce soit possible sur d'autres assises que celles qui prévalent à La Seyne depuis 2008, celles qui se fondent sur une gauche respectueuse de ses diversités, critique vis-à-vis des politiques d'austérité menées en Europe, et proche des gens qui, jadis, savaient pouvoir compter sur elle.

Alors, séchons nos larmes.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale

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