28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 12:49

Le Président de la République nous l'a demandé il y a moins d'une semaine, en nous annonçant qu'ils répondait à notre attente de disposer d'un plan national de « déconfinement ». Et nous, les maires, représentés par nos associations, avons été unanimes pour répondre favorablement à sa proposition de construire ce plan avec l'État, puisque nous allions partager avec lui la lourde responsabilité de sa mise en place.

Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Si le processus ne repart pas très vite dans le bon sens, ça pourrait changer la posture volontaire de bon nombre d'entre nous.

 

Après la visioconférence qui a réuni 22 maires, dont les présidents d'associations de maires, le « top départ » de la construction commune du plan de déconfinement était fixé à ce lundi, lors d'une visioconférence programmée avec les ministres concernés. Or ce temps d'échange a été annulé, le gouvernement a finalisé seul ses orientations, il les présente ce mardi à l'Assemblée Nationale, la majorité des députés, évidemment, les votera, elles feront force de loi, il ne nous en dévoilera la teneur qu'au lendemain de ce processus. Et il ne nous restera plus qu'à jouer les « prestataires de services ».

Le gouvernement n'a pas suivi le Président de la République. C'est étrange.

Nous demeurons bien sûr disposés à assumer toutes nos responsabilités, tant l'enjeu sanitaire, social et économique est vital pour nos concitoyens. C'est notamment vrai pour les maires des communes où une population fragile vit dans les quartiers les plus vulnérables.

C'est ce que nous avons solidairement écrit ce mardi au Président de la République. Nous ne faisons pas de la politique politicienne. Nous, signataires de ce message au Chef de l'État, sommes des maires de toutes sensibilités : droite, centre, et gauche. Nous attendons seulement qu'il fasse remettre les choses dans le bon sens.

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 10:33

Du 11 mai au 3 juillet, il y a 29 jours ouvrés de classe. Si l'on respecte les préconisations des autorités, selon l'âge des enfants scolarisés en écoles primaires, ils pourront être accueillis par groupes de 5 à 10 par classe, si les conditions matérielles et logistiques le permettent. Ils seront donc scolarisés à tour de rôle.

Nos services communaux ont établi une projection du nombre de jours d'école dont vont pouvoir bénéficier les enfants, selon le niveau de la scolarité où ils se trouvent. D'ici aux vacances scolaires d'été, ça représentera en moyenne moins de 10 jours pour chacun d'eux. Au regard du risque de transmission du virus, le ministère de l'Éducation nationale ne doit-il pas prendre des décisions en ayant en tête cette réalité ?

 

CETTE ANALYSE A ÉTÉ CONDUITE À PARTIR DES INSTRUCTIONS DE L'ÉTAT

SUR LES EFFECTIFS DES GROUPES D'ÉLÈVES EN DATE DU 23 AVRIL

(5 EN MATERNELLE ET 10 EN ÉLÉMENTAIRE).

CELLES-CI AYANT CHANGÉ LE 30 AVRIL,

POUR FIXER LES EFFECTIFS À 15 ENFANTS PAR GROUPE D'ÉCOLE PRIMAIRE,

L'ANALYSE DE LA SITUATION EST DÉSORMAIS SENSIBLEMENT DIFFÉRENTE.

 

Le tableau ci-dessous détaille ce qu'il en sera en fonction des jours de reprise pour chaque niveau de la scolarité primaire : le 11 mai pour les enfants de grande section de maternelle, du cours préparatoire et du cours moyen 2ème année, le 25 mai pour les autres niveaux de l'école élémentaire, et le 28 mai pour les plus petits de maternelle.

De la reprise à l'été, avec les mercredis, les week-ends, les jours fériés et les ponts, les écoliers du CP et CM2 bénéficieront de 14 journées et demie d'école, ceux du CE1 au CM1 en auront 11 et demie, les « grands » de la maternelle iront 7 jours un quart, et les plus jeunes... 5 jours un quart.

Ce n'est pas ça qui va permettre aux parents de reprendre sereinement le travail. Ce n'est pas ça qui va compenser les déficits d'acquisition de savoirs. Ce n'est pas ça qui va permettre aux parents de souffler après des semaines avec les petits « entre les pattes ». Ce n'est pas ça qui va permettre aux enseignants de boucler le programme, d'autant qu'ils devront, en parallèle, continuer le « télé-enseignement » pour les élèves dont les parents n'auront pas voulu qu'ils reprennent le chemin de l'école. En revanche, ce pourrait être ça qui relance l'épidémie car les enfants, même s'ils développent rarement des symptômes, peuvent, malgré les précautions prises, infecter leur entourage familial et amical.

Pour l'heure, nos services sont mobilisés à 100% pour essayer de préparer au mieux la reprise, puisque c'est leur devoir. Une réunion prochaine avec les cadres de l'Éducation nationale nous permettra d'y voir plus clair. Mais, si bien sûr j'assumerai mes responsabilités, je suis, comme bon nombre de maires, de plus en plus perplexe sur l'opportunité. Ne vaudrait-il pas mieux imaginer, comme le suggère un nombre croissant de spécialistes de l'enfance, d'organiser au cours de l'été, si la pandémie a régressé, une vaste campagne de « colonies de vacances éducatives » et de stages « école ouverte »...

 

 

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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 17:40

Beaucoup de nos concitoyens, pas seulement parmi nos « anciens », l'attendent. Notre cimetière communal va rouvrir ses portes ce jeudi. Ça se fera par étapes, progressivement, avec un processus contraignant, pour respecter les obligations de sécurité sanitaire.

Peu de Seynois peuvent imaginer combien la réouverture de ce lieu de recueillement est l'aboutissement d'un processus complexe qui va devoir présider à toutes les remises en fonction des services publics. Et, pour certains, comme les écoles, le risque est majeur.

Il va falloir que l'État mesure bien la responsabilité qu'il ferait endosser aux maires si, d'aventure, il les contraignait à avancer à marche forcée vers le « déconfinement », par injonction plutôt que par concertation, pour répondre à des besoins qui pourraient n'être pas uniquement d'ordre social...

 

Pour que chacun se rende compte du « process » qu'il a fallu imaginer en vue de la seule ouverture de notre cimetière, je mets en ligne ICI  le « plan de continuité d'activité » du cimetière (en ayant « anonymisé » les identités des fonctionnaires cités).

On constatera que très peu de nos concitoyens pourront être admis, avec des démarches préalables à effectuer, des pièces à produire, des horaires à respecter, un contrôle des cheminements à accepter. Le dispositif est présenté dans la page « Coronavirus - Infos de A à Z » de mon blog que je m'efforce de tenir à jour en temps réel.

Alors, imaginons ce qu'il va en être de l'ouverture des établissements scolaires ! Même si certains de nos jeunes ont, plus que d'autres, besoin de combler des retards accrus dans leur instruction, il ne faut pas que la moindre faille dans le dispositif provoque un regain de la pandémie. L'État jouerait gros de faire assumer à d'autres la responsabilité de santé publique qui est la sienne. C'est pourquoi, avec un grand nombre d'autres maires, nous avons demandé à être associés aux décisions. Et nous avions bon espoir de l'être, le Président de la République nous l'ayant lui-même demandé jeudi dernier.

 

PATATRAS, LA PROMESSE DE CO-CONSTRUCTION DU DÉCONFINEMENT S'ÉVAPORE !

Et voilà que nous apprenons que notre réunion de ce lundi est reportée, que le gouvernement a arrêté son plan sans avoir recueilli nos avis, qu'il le présentera ce mardi aux députés, puis enfin aux élus locaux ce mercredi alors que tout aura été décidé. À charge pour nous de mettre en œuvre ce qui aura été conçu sans nous...

Que tout le monde le sache, ça ne peut pas se passer comme ça. On parle là de risques vitaux pour nos concitoyens. Nous, maires, voulons bien partager avec l'État les responsabilités, mais nous ne ferons pas n'importe quoi qui nous serait imposé. L'Éducation nationale, en particulier, devra accepter que, ça et là, si les réalités des infrastructures scolaires et des effectifs de personnels qualifiés ne le permettent pas, si tous les équipements protecteurs ne peuvent être fournis faute de livraison ou de budget, s'il est constaté des difficultés à faire respecter les consignes par les usagers, alors telle ou telle école ne rouvrira pas, ou elle rouvrira aux conditions et aux dates que nous, maires, aurons nous-mêmes fixées au regard de la responsabilité que nous engageons. Espérons que les Départements et les Régions auront la même posture pour les collèges et les lycées.

Mais, souhaitons-le, ce message, qui monte fort depuis hier de toute la France vers Paris, va être entendu...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 13:35

De nombreuses questions se posent à nos concitoyens sur le présent et l'avenir de la crise du coronavirus. Je le répète, nous sommes dans l'attente des consignes du gouvernement pour les traduire au concret dans notre commune et notre métropole.

Une mairie ne décide pas elle-même. Son rôle, en pareille circonstance, est d'appliquer les décisions prises par le gouvernement.

On devrait en savoir plus dans la semaine du 27 avril. Pour l'instant, au regard des informations dont les maires disposent, je me propose d'exposer ce qu'il en est, mais qui est susceptible d'évoluer au fur et à mesure que les conditions du « décloisonnement » seront annoncées par les services de l'État...

 

Bien que l'ensemble des informations sont normalement disponibles pour le grand public, j'apporte ma contribution via mon blog en présentant par ordre alphabétique, sujet par sujet, l'état de ce que nous savons à ce jour, pour répondre aux questionnements les plus fréquents qui nous parviennent.

Cette liste, de A à Z, pourra être complétée et mise à jour au fur et à mesure des recommandations, obligations et interdictions, qui seront données par l'État.

 

  > CLIQUER ICI POUR ACCÉDER À LA LISTE 

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25 avril 2020 6 25 /04 /avril /2020 06:08

Même si, en ce moment, par la force des choses, j'ai moins de contacts physiques directs au quotidien avec nos concitoyens, je sais bien les questions et les inquiétudes légitimes qui préoccupent les Seynois à l'approche de la date du 11 mai fixée par l'État pour aborder progressivement la phase de « déconfinement ».

Comme je le fais une ou deux fois par semaine depuis le début de cette période de sorties très limitées du domicile, j'utilise une nouvelle fois le vecteur d'une vidéo pour tenir nos habitants au courant de ce qu'il en est en matière de reprise des activités, dont bien sûr l'école, et de l'organisation des protections individuelles contre le virus.

 

Si le gouvernement devrait nous éclairer plus explicitement dans le courant de la semaine prochaine sur les modalités concrètes, les annonces faites aux maires par le Président de la République permettent déjà aux fonctionnaires des communes, en lien avec leurs collègues des services d'État, de s'activer pour préparer le cadre des mesures que nous devrons mettre en place, au cas par cas, en fonction des réalités spécifiques de chacun de nos territoires...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
24 avril 2020 5 24 /04 /avril /2020 11:02

Il fallait que la parole des habitants des communes populaires soit portée auprès du Président de la République et du gouvernement lors de l'échange qui a été organisé ce jeudi avec une vingtaine de présidents d'associations nationales d'élus municipaux et de maires de villages et de villes de toutes tailles, pour préparer le « déconfinement » qui débutera le 11 mai.

Et le Chef de l'État n'a pas oublié nos quartiers urbains fragiles. C'est au titre de président de l'Association des maires Ville & Banlieue de France que j'ai été convié à ce rendez-vous. Je ne portais donc pas les seuls avis de La Seyne, mais les réflexions et suggestions que nous avions élaborées avec mes collègues maires de communes abritant des quartiers de relégation, de toute la France et de toutes sensibilités politiques républicaines, dans les jours précédant l'échange qu'a voulu avoir le Président de la République.

Mais je pense utile de faire connaître mon intervention aux Seynois, dans laquelle ils trouveront, je le pense, des éléments faisant écho à ce qu'ils connaissent chez nous...

 

 

« Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les ministres, Chers collègues maires,

« La situation est très complexe dans les quartiers populaires fragiles, grands ensembles d'habitat social ou centres anciens dégradés, où vivent près de 6 millions de nos concitoyens.

 

DES ÉMEUTES DANS DES QUARTIERS : NE PAS NIER, MAIS ÊTRE OBJECTIFS ET RESTER VIGILANTS

 

« Il faut d'abord le préciser, les émeutes dont on fait état sont très loin d'être généralisées et, là où elles ont eu lieu, elles ne sont le fait que d'une infime poignée de personnes. La dignité et le sérieux des habitants est un fait très général. Contrairement aux idées reçues, les police nationale et municipale jouent plutôt bien le jeu de la reconquête républicaine en assurant comme ailleurs les contrôles, sans discrimination, et beaucoup de mairies et d'associations de prévention ont mobilisé leurs éducateurs et animateurs pour faire de la pédagogie du confinement. Il faut pouvoir poursuivre cette présence essentielle dans toute la phase du déconfinement.

 

« Au stade où nous en sommes de notre réflexion partagée, nous avons quelques suggestions concrètes à émettre.

 

 

REPRENDRE EN SÉCURITÉ LE CHEMIN DE L'ÉCOLE, DE LA CANTINE ET DU PÉRISCOLAIRE

 

« Sur le plan de la reprise de l'école, les éléments sont avérés. C'est dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) que les décrochages et la perte de contact entre enseignants et jeunes sont les plus importants. L'écart en matière de réussite scolaire se creuse. Il faut que la reprise soit le moyen d'en compenser une partie. Nous demandons une intervention financière de l'État pour que les écoles, collèges et lycées, notamment professionnels, puissent être rapidement et parfaitement aménagés pour garantir la sécurité sanitaire et assurer la reprise le plus tôt possible pour tous les enfants, adolescents et jeunes des QPV. S'ils doivent ne reprendre qu'en demi-groupes, voire quarts de groupes, en alternance, il faut que l'Éducation nationale garantisse l'attribution, par la mobilisation des crédits de la cité éducative, disponibles de suite mais qu'il faudra compenser ensuite, d'outils numériques pour tous, accompagnés de mise à disposition de clés 3G ou 4G pour les liaisons Internet.

 

« Cette reprise possible dès début mai est d'autant plus nécessaire que beaucoup d'enfants ont faim. On le sait, le déjeuner en restauration collective, au tarif aux alentours d'un euro, est souvent le seul repas équilibré et en quantité suffisante de la journée. Là encore, il faut un appui financier de l'État pour les aménagements nécessaires afin que, même si on sert des sandwichs et si on étale dans la durée le temps d'interclasse de midi, les cantines puissent rouvrir.

 

« Pour rattraper au mieux le retard, les mairies sont globalement d'accord pour se mobiliser cet été, via les cités éducatives, pour des activités de soutien aux côtés ou en complément des enseignants. Mais, pour un millier de QPV, il n'y a que 80 cités éducatives. Il va falloir une mobilisation financière de l'État pour les autres.

 

 

CONFORTER ET VALORISER L'ENGAGEMENT DES PERSONNELS ÉDUCATIFS

 

En outre, les personnels des mairies de l'éducation scolaire et périscolaire, sociaux et médicosociaux, de logistique pour les infrastructures d'accueil, etc, sont en première ligne : les mêmes coups de pouce en forme de primes que l'État va allouer aux fonctionnaires de santé doivent pouvoir leur être assurés. Là encore, c'est la solidarité de la Nation qui doit permettre aux collectivités des territoires de les assurer.

 

Et, comme le travail de compensation des inégalités scolaires ne va pas s'arrêter là, mais se poursuivra après la rentrée de septembre, il faut un moratoire sur la géographie de l'éducation prioritaire, et des mesures de carte scolaire exceptionnelles, des non-fermetures et des ouvertures de postes, y compris pour les réseaux d'aide et de soutien pour les enfants en difficulté (RASED).

 

 

LA PROTECTION SANITAIRE : UN INDISPENSABLE APPUI ÉGALITAIRE DE L'ÉTAT

 

« La question des masques est très complexe dans les QPV.  Les familles qui ne peuvent plus payer leurs loyers et leurs charges locatives, ni acheter suffisamment à manger, ne peuvent en acquérir. Elles sont cependant les plus fragiles en matière de santé.

 

« Il faut donc d'autant plus leur en fournir d'ici au 11 mai que, en bien des endroits, les communes accueillant des pauvres sont des communes pauvres, et que la solidarité territoriale intercommunale, départementale ou régionale ne s'exerce pas partout. Nous pouvons assurer la logistique, mais l'État doit assurer le financement des masques que beaucoup de nos mairies ne peuvent budgétairement acheter en quantité suffisante.

 

« Cette situation financière nous conduit d'ailleurs à demander non seulement des aides exceptionnelles à l'État pour couvrir les charges spécifiques auxquelles nous peinons à faire face, mais également la possibilité d'inscrire ces dépenses inédites au budget d'investissement, pour que leur impact soit étalé dans la durée et que, même à taux réduit, la TVA soit compensée. Une relecture de la péréquation est aussi indispensable.

 

« J'en terminerai en dépassant l'immédiat de début mai pour le déconfinement.

 

 

EMPLOI : LA NÉCESSITÉ D'UN PLAN URGENT POUR CONTRER LA PAUVRETÉ QUE LA CRISE SANITAIRE AGGRAVE

 

 

« La pauvreté s'est accrue et va s'accroître. Il ne faut pas se mentir. Beaucoup de familles vivent chez nous grâce aux petits boulots, plus ou moins règlementaires au plan du droit du travail et de la couverture sociale. Ces familles ne retrouveront pas facilement leur activité avec le déconfinement.

 

« Or les dispositifs existants pour l'insertion professionnelle, s'appuyant beaucoup sur le bon vouloir des acteurs économiques, vont immanquablement stagner ou régresser. On pourra d'autant moins mobiliser des outils comme les emplois francs que les entreprises sont très fragilisées.

 

« Nous suggérons la mise en œuvre d'un plan immédiat d'au moins 100.000 emplois aidés sur le modèle des anciens contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE) qui ont montré leur efficacité, qui peuvent être créés par les employeurs publics et associatifs, et qui appuieront en outre les efforts d'accompagnement social qui vont être plus qu'indispensables de façon durable.

 

 

LOGEMENT ET CADRE DE VIE : UNE RELANCE INDISPENSABLE

 

« Enfin, la pandémie a mis en lumière la vétusté, l'insalubrité et la promiscuité terribles dans le logement, notamment social, et en particulier pour les copropriétés dégradées.

 

« Un plan d'ampleur, s'appuyant sur un accroissement du nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU) s'avère indispensable, dans des délais qui ne peuvent ressembler aux atermoiements que l'on a connus depuis la loi Lamy. Cela offrirait en outre un coup de pouce à la redynamisation du secteur économique du BTP et des supports pour des emplois et des chantiers d'insertion.

 

 

LES MAIRES PRÊTS À CO-CONSTRUIRE... COMME POUR LE « RAPPORT BORLOO »

 

« On mesure, avec cette crise qui révèle l'ampleur des inégalités, dans le monde rural, dans les QPV, et d'autres, sur les plans urbain, économique, des mobilités, sanitaire, social, et éducatif, combien l'appel des maires de nos communes à la création d'une cour de justice d'équité territoriale, l'une des mesures proposées dans ce qu'on a appelé le rapport Borloo en 2018, était fondée.

 

« Et, plus généralement – la mobilisation du dispositif cité éducative en atteste par exemple aujourd'hui en temps de crise –, combien les mesures retenues de ce rapport Borloo tiennent leurs promesses et, du coup, combien d'autres, suggérées alors, peuvent s'avérer utiles, voire indispensables. »

 

 

Bien sûr, nous n'attendions pas de réponses immédiates de la part du Président de la République. Nos avis et demandes ont été enregistrés, les ministres sont chargés de les intégrer dans leurs réflexions, et nous commencerons à être fixés la semaine prochaine lors d'une nouvelle visioconférence à laquelle nous serons conviés. M. Macron a toutefois apporté quelques éléments que je livre également sur ce lien, à partir des notes que j'ai pu prendre au cours de l'échange.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
21 avril 2020 2 21 /04 /avril /2020 17:49

 

Le sujet du déconfinement traverse les têtes de la plupart de nos concitoyens. Et c'est bien normal. Pour l’heure, avec les cadres de la Ville, nous n'avons de cesse de solliciter l’État pour que les conditions sanitaires obligatoires à la réouverture des établissements scolaires et des activités périscolaires, voire d'autres services, nous soient communiquées afin que nous puissions évaluer leur faisabilité et nous préparer à leur mise en œuvre.

 

Parmi les instructions que nous attendons avec impatience, la problématique des masques de protection, qui questionne de plus en plus de Seynois, est compliquée et ambiguë.

 

Où en sommes-nous à La Seyne ?... 

 

 

IL Y A MASQUE, MASQUE, ET MASQUE : DE QUOI PARLE-T-ON ?

 

Pour savoir de quoi on parle, voici d'abord quelques rappels d'informations des autorités sanitaires qu'il appartient à un maire de relayer auprès de sa population : 

 

1°) Les masques de protection FFP2 et chirurgicaux sont à usage quasiment unique, exclusivement réservés au secteur médical, et font l’objet d’une réquisition de l’Etat.

 

2°) De nouveaux masques viennent récemment d’être proposés, plus adaptés à la population, mais dont l’usage est limité à un certain nombre de lavages (souvent au maximum 5). Ce sont les masques en tissu de types UNS1 et UNS2.

 

3°) On connaît également par ailleurs les masques artisanaux qui, la plupart du temps, sont l’œuvre d’initiatives privées ou publiques. Nombre d'associations et d'individuels en produisent à La Seyne, et il faut saluer cet engagement solidaire. Mais il est de mon devoir du maire de rappeler que l’efficacité de ces protections est relative, dépend beaucoup du procédé de fabrication, du tissu utilisé et des mesures sanitaires prises pour les fabriquer, et que l’utilisation de ces masques impose des règles drastiques pour leur usage, que je rappelle en fin de ce message.

 

Quel que soit le modèle, pour le déconfinement, il faut de toute façon en prévoir pour tous, et donc en quantités astronomiques, et rares sont les communes qui, seules et sans aide, pourront tout fournir ni livrer à ses habitants.

 

 

FLOU DE L'ÉTAT, ABSENCE D'INSTRUCTIONS, MAIS LA SEYNE AGIT TOUT DE MÊME 

 

Ce n'est d'ailleurs pas le rôle d'une commune. La compétence sanitaire sur tout le territoire national relève de l'État avec les Agences Régionales de Santé, des Départements et, dans une moindre mesure, des Régions. Cela n'interdit pas aux mairies de prendre volontairement leur part, mais il est important de noter que la plus haute juridiction administrative, à savoir le Conseil d’État, a jugé il y a quelques jours que les maires « ne peuvent de leur propre initiative prendre d’autres mesures destinées à lutter contre la catastrophe sanitaire [que celles décidées par l’Etat] ». Or l'État est bien flou, parfois contradictoire, voire silencieux, sur les mesures à prendre...

 

Pour autant nous ne sommes bien sûr pas restés inactifs comme certains le laisseraient penser. Mais nous sommes prudents quant aux produits fournis, aux délais de fabrication et de livraison, et nous le faisons sans communication tonitruante ni opportunisme politique. Ainsi...

 

A) Nous n'avons délibérément pas commandé de masques à l'Association des maires de France (AMF) qui le propose aux communes volontaires ; ce sont en effet des masques chirurgicaux d'une durée d'utilisation limitée à 3 heures, qui, de surcroît, font défaut aux personnels médicaux et... sont censés être réquisitionnés par l'État !

 

B) Puisque la Région Provence Alpes Côte d'Azur a commandé cinq millions de masques, dont quatre pour les professionnels et un pour les communes, mais... seulement celles de moins de 20.000 habitants (les plus importantes, telles La Seyne, seraient ainsi étrangement jugées « extra-régionales »...), nous avons commandé 10.000 masques UNS1 que nous espérons recevoir pour le 11 mai. 50% seront destinés à nos services publics, 50% aux personnes vulnérables qui se sont fait inscrire sur le fichier que nous avons mis en place depuis les épisodes de canicule (environ 1100 personnes à ce jour, où l'on peut s'inscrire en ligne) et à nos partenaires associatifs qui concourent à la mobilisation du moment.

 

C) Nous complétons cette semaine par une commande de 5000 masques UNS2.

 

D) Notre lingerie municipale travaille au quotidien depuis des jours à la fabrication de masques en tissu lavables, réalisés aux normes AFNOR et en respectant le protocole sanitaire. La production est d’environ 150 masques par jour. Nous avons déjà à ce stade commandé 210 mètres de tissu d'une largeur de 1,50 mètre, soit de quoi en fabriquer environ 2500. Bravo et merci, les lingères du service public !

 

E) Nous avons travaillé avec la Métropole Toulon Provence Méditerranée pour que la solidarité de territoire s’applique et que, comme dans d’autres régions, elle prenne en charge la fourniture de masques à la population. Le président Hubert Falco a annoncé ce mardi notre démarche républicaine partagée qui va déboucher sur la livraison, d'ici au 11 mai, de 500.000 masques « grand public » lavables et réutilisables, y compris de petite taille pour les enfants de moins de 7 ans, dont nous assurerons la distribution suivant des modalités qui seront précisées ultérieurement ; tous les Seynois, comme les habitants des onze autres communes, pourront ainsi être dotés.

 

F) En toute discrétion, mais avec efficacité depuis le début de la pandémie, nous avons suppléé aux carences de l'État en matière de protection individuelle, en fournissant des masques, des lingettes virucides, des charlottes, des blouses, du gel hydroalcoolique, des tabliers, des sur-bottes, des gants, etc, non seulement à nos personnels municipaux au travail, mais aussi au tout premier centre de consultation covid du Var que nous avons ouvert dans des locaux communaux, aux infirmières libérales de La Seyne et Saint-Mandrier, aux pompiers, aux ambulanciers, à l’hôpital de Toulon-La Seyne, à certaines associations caritatives, et même… à l’Agence régionale de la santé. Et j’en oublie sûrement.

 

 

DES CONSIGNES D'UTILISATION TRÈS STRICTES POUR LES MASQUES

 

Je tiens enfin à rappeler les consignes sanitaires relatives à l’utilisation des masques :

 

a) quel que soit le type des masques :

– il faut se laver les mains consciencieusement avant de les manipuler,

– ils doivent parfaitement couvrir la bouche bien sûr, mais aussi le nez,

– une fois que les masques sont en place, on ne les manipule plus,

– pour les ôter, on les manipule en les prenant par les élastiques en évitant de toucher la partie qui a protégé le visage, on les place dans un sachet en plastique et on se lave les mains au savon pendant 30 secondes.

 

b) si ce sont des masques en tissu :

– ils doivent être lavés à 60 degrés tous les jours pendant 30 minutes,

 

c) si ce sont des masques jetables :

– il faut penser aux autres et ne surtout pas les jeter par terre ou dans une poubelle publique, mais se débarrasser du sachet en plastique dans une poubelle dédiée qui ne doit être manipulée par personne durant les 24 heures suivantes.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 05:49

J'ai tenu à communiquer aux Seynois les résultats chiffrés de leur premier mois d'efforts de confinement pour éviter la propagation du coronavirus, plutôt encourageants quoiqu'en régression par rapport à la première quinzaine de la vie contrainte qui leur est imposée.

Pour les inciter à poursuivre dans le bon sens, j'ai réalisé depuis mon domicile une petite vidéo, au cours de laquelle j'essaie aussi de rassurer les familles inquiètes quant aux conditions de reprise de l'école à la mi-mai... 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 04:51

Depuis le début de l'obligation de confinement obligatoire, nos policiers municipaux et nationaux seynois ont effectué 13.972 contrôles d'automobilistes et de piétons. Sur ce nombre, 584 personnes n'étaient pas en règle avec les conditions de sortie et ont été verbalisées, soit 4,2 %.

C'est en augmentation par rapport à la première quinzaine où le pourcentage de gens ayant reçu une contravention était de l'ordre de 2%.

J'en appelle donc à un sursaut d'effort de la part de chacun, dans l'intérêt de sa santé et de celle de ses proches, même si, j'en suis bien conscient, beaucoup trouvent le temps long.

 

On pourrait croire que, avec les vacances scolaires, ce sont les jeunes, ayant moins de « télédevoirs » à effectuer à la maison, qui sont la cause du doublement du taux d'infractions. Il n'en est rien : des Seynois de tous les âges, de tous les quartiers, et des habitants de communes voisines, ont pris un risque pour leur santé et celle des gens qu'ils côtoient. Je compte d'ailleurs sur les enfants et les jeunes pour jouer auprès des adultes le rôle « d'ambassadeurs » des bons usages, comme ils ont si bien su le faire lors de nos campagnes d'incitation au tri sélectif des déchets ménagers ou de prévention des incivilités urbaines.

 

LES SEYNOIS PLUTÔT RAISONNABLES

Je dois toutefois reconnaître que les Seynois font mentir leur réputation de rebelles. Avec 4,2% de verbalisations, ils apparaissent plus raisonnables que la moyenne des Varois qui, sur 200.000 contrôles, ont été 6,7% à ne pas être en règle, et que l'ensemble des Français, contrôlés près de 12 millions de fois, dont 6% ont été pris en faute.

Et ce résultat encourageant quoique dégradé et insuffisant n'est pas dû, contrairement à ce que certains laissent entendre, à un prétendu laxisme de nos forces de l'ordre seynoises. Rapporté aux 66.000 Seynois, le taux de personnes contrôlées a été de 21,2%, à comparer aux 18,9% de la population du Var et aux 17,6% de la population française ayant dû se soumettre à une vérification sur la même période.

C'est donc globalement bien, mais ce n'est pas une raison pour relâcher les efforts. Il faut le savoir, nous ne sommes pas au bout de nos peines. N'interprétons pas abusivement le message du Président de la République : le « déconfinement » n'est pas pour le 11 mai, même si, pour certains, dans des conditions que nous ne connaissons pas encore, le chemin de l'activité professionnelle et d'autres sorties du domicile sera réouvert. Mais beaucoup de restrictions ne seront pas levées. Il faut donc prendre notre mal en patience.

 

POURSUIVRE LES EFFORTS... ET LES CONTRÔLES

Pour nous aider à le faire, outre les mesures de police que j'ai demandé de poursuivre avec la même régularité, nos services communaux et diverses associations proposent, à distance, diverses activités de détente et de culture pour tous les âges, et les enseignants des opérations « vacances apprenantes ».

Une ombre au tableau local réside toutefois dans le nombre de commerces verbalisés pour ouverture nocturne interdite. Les magasins ouverts la nuit, prétextes à des rassemblements de personnes, ne sont pas très nombreux à La Seyne, mais sept d'entre eux ont été pris en flagrant délit d'irrespect de l'arrêté préfectoral leur imposant une fermeture de 21 heures à 6 heures du matin. Ça, c'est beaucoup trop. Qu'on se le dise, les contrôles vont s'intensifier, sans aucune tolérance.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Civisme - prévention et sécurité
16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 07:43

Difficile dilemme pour les maires des villes populaires, ayant des quartiers souvent labellisés « réseau d'éducation prioritaire » au regard des difficultés sociales et d'accès aux savoirs que rencontrent les enfants, et qui, naturellement, souhaitent que la promesse républicaine d'égalité se traduise par une durée de fermeture des écoles la plus courte possible pour que ne s'accroissent pas les écarts, mais qui, dans le même temps, craignent pour la santé de leurs jeunes concitoyens, de leurs familles, statistiquement attestés plutôt plus fragiles que d'autres, et des personnels scolaires – et donc la transmission du virus – si la réouverture, annoncée pour la mi-mai, ne pouvait s'effectuer dans des conditions parfaites de sécurité sanitaire.

 

Je suis de ceux-là, comme tous mes collègues de toutes les sensibilités politiques, de toutes les régions françaises, qui avons fait part de notre double inquiétude – et donc de notre double espérance de solutions – au gouvernement lors des points d'échange qu'une vingtaine d'entre nous avons, deux fois par semaine, avec le ministre de la Ville.

Nous sommes d'autant plus inquiets que ce sont souvent nos villes qui, budgétairement fragiles pour la plupart, ne peuvent, sans l'appui de l'État, des régions, des départements ou des intercommunalités, envisager d'acquérir un nombre suffisant de masques pour en doter l'ensemble de leurs habitants. Nous avons d'ailleurs adressé un courrier commun à l'État pour qu'il s'empare du sujet de cette inégalité patente, au-delà de la seule question scolaire, car les nombreuses initiatives pour fabriquer des protections, plus ou moins artisanales et aux normes, qui fleurissent dans nos communes, bien souvent exemplaires de solidarité, ne pourront suffire, même si, comme c'est le cas à La Seyne avec de nombreux citoyens, associations, fonctionnaires de notre service communal de lingerie, beaucoup sont à la tâche avec ardeur avec leurs ciseaux et machines à coudre.

Moi qui ne suis pas le dernier, lorsque c'est nécessaire, à déplorer les manquements des institutions, je dois reconnaître que, sur le sujet de la reprise des cours, notre parole semble entendue au plus haut niveau. Pour l'heure, au regard des retours que nous avons suite à l'expression de nos inquiétudes, j'invite les Seynois, à commencer par les parents d'élèves, à ne pas s'inquiéter inutilement : l'école, nous assure-t-on, ne reprendra que dès lors que les conditions de parfaite sécurité seront réunies.

Et, si ce n'est pas le 11 mai, ce sera plus tard, quitte à ce que, ainsi que l'a aussi annoncé l'État, le maximum d'activités de loisirs éducatifs et de rattrapage scolaire, d'abord pour les enfants le plus en retard scolaire, conduits par les enseignants volontaires, les mairies et les associations, soit déployé au cours des congés d'été si, bien sûr, tout est rentré dans l'ordre en matière de santé publique. Là encore, notre expérience, qui nous a valu d'être la seule commune du Var a obtenir le label de « cité éducative », sera mise à profit.

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Marc VUILLEMOT

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