28 février 2025 5 28 /02 /février /2025 11:22

 

Dans un précédent article de ce blog, je partageais mon analyse – rapide et incomplète – du projet de modification du plan local d'urbanisme de La Seyne soumis jusqu'à la mi-mars à une enquête publique à laquelle nos concitoyens sont invités à participer.

 

À mi-chemin de l'enquête, plusieurs de nos concitoyens se sont exprimés pour réaffirmer leurs refus que certains secteurs soient ouverts à l'urbanisation. Leur position est respectable. A contrario, étrangement, alors que beaucoup de gens évoquent régulièrement leur angoisse face à l'accès à un logement, au moment où j'écris ces lignes, je suis bien seul à avoir fait connaître mon avis de la nécessité de rechercher l'harmonie entre création d'habitats, entre autres sociaux, et préservation du cadre environnemental (voir mon avis EN CLIQUANT ICI).

 

Quelles que soient les visions des uns et des autres – et il y a de vraies divergences entre Seynois –, cette démarche de démocratie participative est utile et je ne peux qu'inciter le maximum de nos concitoyens à s'en saisir.

 

 

Pour permettre au plus grand nombre de prendre connaissance des changements envisagés, la Métropole et la Ville de La Seyne ont ouvert la possibilité, au lieu de se rendre à la Maison de l'Habitat où se trouve le registre où chacun peut noter ses avis, suggestions et demandes, de consulter le dossier complet sur le site Internet de la commune et d'adresser ses observations, propositions et contre-propositions par courriel. On dispose de tous les éléments EN CLIQUANT ICI.

 

 

DISPOSER D'UN LOGEMENT DÉCENT EST UN OBJECTIF À VALEUR CONSTITUTIONNELLE

 

J'ai donc, pour ma part, déploré que soit purement et simplement abandonné le projet d'une petite opération de 145 logements, du social au bon standing, très encadrée, très bien intégrée dans le paysage et très respectueuse de la nature, sur une parcelle de 3 hectares au quartier Mauvèou, ouverte à l'urbanisation en 2006 par mon prédécesseur Arthur Paecht, maire de droite de La Seyne, sans que quiconque n'y ait trouvé à redire, alors même qu'il était possible d'y bâtir plus du double d'appartements que le nombre que mon équipe a fixé comme limite en 2019. En prévoyant d'en faire une zone agricole, ce qui en soi est louable, on figerait définitivement dans cette mono-fonctionnalité ce secteur, un des rares de la moitié sud de la commune où il est encore possible de conjuguer avec harmonie une valorisation d'un espace naturel avec la possibilité d'une petite activité agricole et une réponse au besoin criant d'habitat socialement mixte. C'est pourquoi j'ai plaidé pour qu'on classe ce foncier en zonage AU, c'est-à-dire susceptible d'une urbanisation future, quitte à ce qu'on réduise encore le nombre des logements constructibles. J'invite les visiteurs de mon blog à consulter le petit dossier de ce qui avait été projeté dans le plan d'urbanisme de 2019 EN CLIQUANT ICI.

 

 

SEYNOIS, EXPRIMONS-NOUS SUR LE DEVENIR DE NOTRE TERROIR !

 

S'il est à La Seyne des gens ou des associations qui, comme moi, pensent qu'il y est toujours possible de trouver un moyen terme entre sanctuarisation extrême et nécessité de contribuer à faire une réalité de la décision de 1995 du Conseil constitutionnel considérant que « la possibilité de disposer d’un logement décent est un objectif à valeur constitutionnelle », je les encourage à l'écrire avant le 14 mars, soit en se rendant à la Maison de l'Habitat pour le noter sur le registre, soit en adressant un courrier postal (Maison de l'Habitat, 1, rue République, 83500 La Seyne-sur-Mer), soit en adressant un courriel à la commissaire-enquêtrice EN CLIQUANT ICI. Une simple phrase suffit comme le montrent deux exemples d'avis contraires à celui que j'espère voir exprimé que je propose de lire EN CLIQUANT ICI.

 

Donnons-nous toutes les chances d'avancer vers une ville fraternelle et équilibrée, où les droits fondamentaux seront respectés, et où les réponses aux besoins du plus grand nombre primeront sur les intérêts particuliers. On a là une occasion d'agir utilement en ce sens. Ne nous en privons pas.

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24 février 2025 1 24 /02 /février /2025 17:01

 

« On entre en mairie, on engage la révision du Plan local d'urbanisme. Stop au béton ! »

 

Ça, c'est, quatre mois avant son élection, une déclaration de celle qui allait devenir maire en juillet 2020 , rapportée par Var-matin qui lui demandait quelle allait être sa première décision si elle était élue.

 

Fort heureusement, surtout pour les 3000 foyers seynois qui attendent désespérément un logement, ces choses-là ne se font pas d'un claquement de doigts. Et en tous cas pas contre la Loi.

 

Revue de détail de la "réformette" de l'urbanisme seynois qui n'a fait l'objet que d'un simulacre de concertation et qui est soumise à enquête publique jusqu'à la mi-mars avant son adoption par le conseil métropolitain...

 

 

UNE CONCERTATION RÉDUITE AU MINIMUM RÈGLEMENTAIRE

 

Dans un monde démocratique, une évolution d'un plan local d'urbanisme (PLU) suppose une vraie concertation avec la population. Il avait ainsi fallu près de deux ans de réunions tous azimuts avant de soumettre à enquête publique le projet de révision du PLU de 2010. La modification avait du coup été votée à l'unanimité par le conseil municipal.

 

Il est probable que, la Ville n'ayant pas demandé à la Métropole, compétente en matière d'urbanisme, de mettre en place suffisamment de temps et d'espaces d'échanges, la modification n°5 du PLU seynois, en cours d'enquête publique de mi-février à mi-mars, entrainera des incompréhensions, des frustrations ou des oppositions. À moins que la municipalité ait considéré qu'il n'y a pas lieu de se concerter avec ses habitants, tant, à deux près, les modifications proposées sont anecdotiques et s'inscrivent, à quelques adaptations près, dans les orientations du PLU révisé en 2019 par l'équipe municipale précédente.

 

 

RÉPONDRE AUX EXIGENCES ÉGOÏSTES DES BIEN LOGÉS OU RECHERCHER L'HARMONIE ?

 

On est en effet bien loin des promesses de "stop au béton" de 2020. On ne fait qu'adapter à la marge les orientations d'urbanisme. Sauf pour Costechaude et Les Esplageolles. En ce sens, seuls s'en plaindront ceux qui sont arcboutés sur une obsession de refuser tout nouveau logement... surtout s'il est social et proche de chez eux.

 

La disparition des Orientations d'aménagement et de programmation (OAP) de Costechaude s'appuie sur la décision du tribunal administratif de Toulon qui n'a ordonné leur suppression que parce que la desserte routière a été jugée insuffisante : « les requérants sont fondés à soutenir qu’une urbanisation immédiate de la zone de Coste Chaude ne s’inscrit pas en cohérence avec l’orientation du PADD qui prévoit de conditionner ce développement de l’urbanisation par l’amélioration des conditions de desserte. » Les autres arguments démagogiques développés par l'équipe municipale alors candidate à l'élection sont donc caducs et on pourrait y revenir lorsque le chemin de Mauvèou aura été recalibré. Sauf que le site serait désormais classé en zone agricole. Prétexte habile pour éviter à l'avenir la diversification sociale de l'habitat...

 

Mais rien n'est joué et rien n'interdit à nos concitoyens soucieux de conjuguer avec harmonie une réponse aux besoins de logement et une démarche environnementale ou agricole de faire valoir leurs avis auprès de la commissaire enquêtrice. Entre l'OAP de 2019 et le zonage agricole, il peut y avoir un moyen terme. C'est ce que j'ai moi-même plaidé en écrivant à la commissaire-enquêtrice chargée de recueillir les avis quant à cette évolution du PLU seynois (voir mon avis EN CLIQUANT ICI).

 

 

DES PROMESSES INTENABLES HEUREUSEMENT NON TENUES

 

Costechaude est en effet le seul site du sud de la commune où il est possible de répondre un peu aux besoins de logement de tous standings. Les autres OAPs, confirmées ou créées, toutes situées au nord de la ville, ne font que confirmer les vocations à l'urbanisation des espaces, ce qui ne ravira certes pas leurs voisinages qui ont pu croire aux engagements impossibles à tenir à Moneiret, Gai Versant, La Muraillette, Bois Sacré, etc, mais permettra de produire de l'habitat et des activités comme c'est nécessaire.

 

Quant au centre ancien, le retrait de l'OAP du quartier Beaussier (Calmette & Guérin) confirme le renoncement de la commune à la création de logements neufs, dont au moins 35% de sociaux, de typologies adaptées aux besoins des familles, privilégiant une majorité de T3 ou plus, dans une démarche globale et cohérente, absolue nécessité au regard de l'offre de trop petits logements de la vieille ville, souvent insalubres ou indécents, et de la nécessité de mixité sociale dans ce quartier fragile.

 

Enfin, la disparition de l'OAP des Esplageolles questionne. Nul ne peut en effet croire que la raison en serait un projet de « réalisation d'une passerelle d'évitement du port » dont tous les experts estiment que c'est une chimère. La commune doit expliquer ce qu'elle a derrière la tête sur cet espace urbanisable d'entrée du cœur de ville, là où étaient envisagés des activités tertiaires comme une maison médicale et du stationnement en étages. Là encore, jugeant que, quand il y du flou, il y a un loup, j'ai fait connaître mon avis à la commissaire-enquêtrice.

 

 

LA SÉGRÉGATION SPATIALE AGGRAVÉE

 

C'était juré, on allait voir ce qu'on allait voir dès le lendemain de l'élection de 2020 ! Et on accouchera finalement, presque six ans plus tard, d'une réformette de l'urbanisation seynoise. Sur les 2500 hectares de la commune, on perd 3 hectares de zones urbanisables et on en gagne autant en zones agricole ou naturelle. On ne dira pas que c'est de la mauvaise volonté de la municipalité, mais l'essentiel avait été fait avec les évolutions du PLU de 2010, 2015 et 2019. Les chiffres ci-dessous parlent d'eux-mêmes. Après avoir vendu du rêve, la municipalité d'aujourd'hui aura fait ce qu'elle aura pu faire, comme celle qui l'a précédée et s'inscrivant dans ses pas...
 
 

Entre 2008 et 2020

Equipe Vuillemot

En hectares

Entre 2020 et 2025

Equipe Bicais

+ 8 % ESPACES NATURELS – 1 %
+ 40 % TERRES AGRICOLES + 25 %
– 65 % SURFACES D'ULTRA-URBANISATION [UA] – 2 %
– 78 % SITES D'URBANISATION FUTURE [AU] – 48 %

 

Mais le peu qu'elle aura pu réaliser, ça aura été en fragilisant les possibilités de progression de la mixité sociale en centre ville et en confortant la ségrégation spatiale d'une ville où le sud est résidentiel et le centre et le nord concentrent déjà, et concentreront encore plus demain, les populations les plus fragiles, sans pour autant disposer des moyens de résoudre significativement le problème de l'accès au logement pour tous.

 

Et on continuera à payer l'amende que l'État nous inflige pour non conformité avec la Loi imposant 25% de logements sociaux. Mais quelques privilégiés auront des légumes de qualité en circuit court.

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14 novembre 2024 4 14 /11 /novembre /2024 11:14

 

Conduire un programme de rénovation urbaine dans un quartier périphérique de logement social, c'est déjà long, compliqué et jamais totalement satisfaisant. On l'a vu avec la requalification de Berthe. Mais, l'exemple du cœur historique de Toulon en atteste, mener pareil projet pour un centre ancien dégradé est une mission encore plus ardue, complexe, coûteuse, et de très longue haleine.

 

Les habitants et usagers peuvent le comprendre si on le leur explique et si, comme le prévoit d'ailleurs la loi, on les associe en permanence à la définition et au suivi du programme. Ça suppose de la clarté, de l'objectivité, et une astreinte à ne pas en faire un enjeu de vile politicaillerie. Mais certains ne peuvent se passer de provoquer.

 

C'est ainsi que j'ai dû répondre à des déclarations publiques fallacieuses d'un adjoint à la maire de La Seyne...

 

 

Dans son édition du 11 novembre, le quotidien Var-matin a rapporté des propos de ce représentant de la municipalité lors d'une réunion du comité d'intérêt local du centre-ville. Si certaines de ses affirmations étaient indiscutables, d'autres, en revanche, relevaient de la pure fantaisie. Autant, et ma pratique de la démocratie de proximité l'a montré au cours des douze années de mes deux mandats de maire, j'accepte la critique dès lors qu'elle est fondée, autant la polémique s'appuyant sur des contrevérités m'insupporte.

 

Je laisserai chacun juger, à partir des articles du quotidien local, celui exposant les propos de l'adjoint, et celui rapportant mes précisions sur les trois points contradictoires : encadré de  bleu , le contenu du programme de rénovation urbaine, encadré de  rouge , les causes du retard du projet, et, encadré de  vert , la réalité des personnes sans-abri. On peut cliquer dessus pour agrandir.

 

 

CLIQUEZ SUR LES ARTICLES POUR LES AGRANDIR

 

Comme le journaliste l'a repris de ma communication, « les élus RN présents ont dû boire du petit lait », car, avec un tel allié libéral, ils n'ont pas besoin de promouvoir leurs idées de stigmatisation. À propos de ces présences, s'il n'est pas protocolairement anormal que le député de la circonscription ait été convié à cette réunion, il serait intéressant de savoir si le conseiller municipal du même parti d'extrême-droite, siégeant dans la minorité municipale, s'est lui-même invité (peut-être réside-t-il dans le centre-ville ?), ou s'il a été convié par les organisateurs, auquel cas ceux-ci auraient pu, dans un souci de neutralité et d'égalité auquel une association doit s'astreindre, solliciter les élus des autres groupes minoritaires du conseil municipal...

 

Mais ça, c'est une autre histoire.

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26 septembre 2024 4 26 /09 /septembre /2024 16:59

 

Je ne sais pas si c'est passé inaperçu de l'équipe municipale qui ne semble pas s'en soucier, du moins publiquement, mais, dans toute la France, les maires et les acteurs locaux des quartiers urbains fragiles manifestent leur inquiétude après l'annonce du nouveau gouvernement. Pour la première fois depuis plus de trente ans, en effet, aucun portefeuille ministériel n'est dédié à la "politique de la ville", c'est-à-dire aux mesures d'accompagnement social complétant la rénovation urbaine pour les six millions d'habitants des ensembles HLM et cœurs de villes dégradés.

 

Lorsqu'on découvre de plus que les plafonds de dépenses de l'État pour la "politique de la ville" en 2025 sont réduits de 15 % et que le "fonds vert", dont 15 % est destiné aux investissements écologiques de la rénovation urbaine des quartiers prioritaires, va être diminué de 60 %, on a d'autant plus raison de s'inquiéter.

 

Certes, rien n'est encore figé et le Premier ministre peut lever les inquiétudes en prenant les bonnes décisions. Mais la mobilisation des acteurs de terrain et des élus des communes et intercommunalités doit l'y sensibiliser, voire l'y pousser, en urgence, avant le vote du budget de l'État début octobre. Les élus seynois, normalement préoccupés pour les habitants de notre quartier Berthe et notre cœur de ville historique, vont-ils s'engager ?...

 

 

UN PRÉOCCUPANT SIGNAL D'INVISIBILITÉ DES QUARTIERS VULNÉRABLES

 

Entre le 22 décembre 1990 et le 21 septembre 2024, les gouvernements ont compté 27 ministres ou secrétaires d’État chargés de la Ville.

 

Seuls deux des 27 ministères dont ils ont été chargés n’ont pas comporté le terme « Ville » dans leurs intitulés, l’un ayant la dénomination de « quartiers en difficulté », l’autre de « cohésion des territoires ». En affichant le terme « Ville », seul ou associé à d’autres, au fronton d’un ministère, l’État a pendant plus d’un tiers de siècle manifesté l’importance que la Nation attache à la cohésion des territoires. De tous les territoires.

 

Or, depuis le 22 septembre 2024 et l’annonce du gouvernement de M. Barnier, il n’apparait plus de ministère en charge de la Ville. C’est a priori un bien mauvais signal.

 

 

LA "POLITIQUE DE LA VILLE" REMPLACÉE PAR UN RENFORCEMENT DU "DROIT COMMUN" ?

 

On peut bien sûr imaginer que, conscient de l’absolue nécessité de mobiliser l’ensemble des ministres sur les enjeux majeurs de la vie des six millions d’habitants des quartiers urbains vulnérables, le Premier ministre aura choisi de conserver lui-même cette attribution. Peut-être entend-il même charger la titulaire du tout nouveau ministère de la « Coordination gouvernementale » de mobiliser vaillament tous les ministres pour que chacun relève le défi d’un retour en force des moyens financiers, humains et logistiques de « droit commun » des services publics désertant chaque année un peu plus les ensembles d’habitat social et centres-villes anciens dégradés de nos communes.

 

Si tel est le cas, il faut que le Premier ministre affiche haut et fort cette initiative salutaire depuis longtemps attendue, mais qui ne peut se suffire sans les mesures spécifiques d'accompagnement et de discrimination positive comme les "contrats de ville", les "quartiers de reconquête républicaine" et autres "réseaux d'éducation prioritaire" visant à compenser les inégalités.

 

 

LA RURALITÉ, OUI, LA VILLE, NON ?

 

Sinon, cela ne signifie pas forcément qu’aucun ministre n’a en charge la "politique de la Ville" dans sa globalité, et on peut imaginer et espérer que Mme Létard, nouvelle ministre de la Rénovation urbaine et du Logement, aura aussi la responsabilité des indispensables politiques publiques, notamment partenariales avec les territoires, qui assurent l’accompagnement social des habitants.

 

Mais, si telle est la réalité, il faut que ce soit affiché. Et que le budget 2025 de l'État qui doit être voté sous peu affiche les moyens nécessaires. En tous cas, il y a urgence à l’expliciter et lever tout doute.

 

Alors qu’une autre ministre, Mme Gatel, est expressément chargée de la ruralité pour laquelle sont à relever des défis présentant d’importantes similitudes avec ceux des quartiers urbains fragiles, l’absence d’intitulé explicite de la « Ville », conjuguée à la disparition de dénomination de « cohésion des territoires », est un très mauvais signal d’invisibilité qui est envoyé aux élus des communes et intercommunalités, aux agents des services publics, aux acteurs sociaux, économiques, associatifs, et surtout aux millions d’habitants qui attendent de la Nation qu’elle leur permette simplement de « faire République ensemble ».

 

 

La municipalité de La Seyne acceptera-t-elle que l'État laisse une partie de ses citoyens dans un angle mort de ce gouvernement déjà soumis à une dépendance au bon vouloir de l'extrême droite à laquelle il doit donner des gages pour éviter la censure ? La maire est-elle prête, si besoin, à engager une mobilisation où, comme cela commence à s'initier ailleurs, les élus de toutes familles politiques – républicaines, s'entend, pas les nostalgiques du fascisme –  et les acteurs sociaux des quartiers exigeront ensemble ce qui est dû à leurs habitants par la Nation fraternelle ?

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8 février 2024 4 08 /02 /février /2024 16:17

 

Les 12000 familles de La Seyne et de notre Métropole qui attendent désespérément un habitat social, parfois depuis une décennie, ont-elles entendu le Premier ministre répéter à l’envi qu’il va désormais privilégier les foyers les plus aisés au détriment des plus précaires en matière de logement ?

 

Oh, ce n’est pas dit comme ça, mais, à l’arrivée, c’est immanquablement ce qui va se produire s’il concrétise sa terrible annonce d’inclure les “logements locatifs intermédiaires“ (LLI) dans l’obligation faite aux communes de disposer de 25 % de logements sociaux. Je vais essayer d'exposer simplement la démonstration.

 

Et les élus de La Seyne et de Toulon Provence Méditerranée, qu’en pensent-ils ? Que compte dire leur maire aux 20 % de Seynois vivant au-dessous du seuil de pauvreté *, aux 48 % de Seynois non imposables, et aux 77 % éligibles au vrai logement social ? Notre édile a-t-elle l’intention de contester publiquement les intentions funestes du gouvernement ?

 

 

EX-CAMARADE ATTAL, TA SUPERCHERIE TRAITRESSE NE DEVRAIT TROMPER PERSONNE

 

C’est un peu compliqué, mais, si je parviens à bien l’expliquer, on pourra comprendre la supercherie habile et démagogique de M. Attal, surtout en faveur des maires rétifs à l’équité républicaine.

 

Le “ I ” de “LLI” signifie “Intermédiaire”, c’est-à-dire que ces habitats sont destinés à offrir une solution entre le logement social et les logements loués au prix du marché, autrement dit qu’ils concernent les familles qui dépassent un peu les plafonds de ressources qui les auraient rendues éligibles à un habitat réellement social.

 

Une bonne partie des couches moyennes sont déjà éligibles au logement social, pour peu que leur revenu fiscal de référence soit inférieur à 2360 euros mensuels pour une personne seule, et à proportion pour un foyer. Pour ces familles, ces logements, qu’on appelle “PLS“, constituent ce qu’on peut qualifier de “haut de gamme” de l’habitat social.

 

Or l’INSEE nous apprend que le revenu médian de référence pour une personne est en 2021 de 1886 euros par mois dans notre Métropole varoise (et 1783 euros à La Seyne). Ça veut dire que la moitié des gens de chez nous vivent au-dessous de ce revenu. Et c’est autour de ce niveau de revenu médian que l’on situe ce qu’on appelle les “classes moyennes”. On le voit, on est très loin des 2360 euros par personne au-delà desquels le revenu moyen doit se situer pour ne plus être éligible au logement social.

 

La réalité, car ces 2360 euros constituent un plancher, est même que les foyers pouvant accéder aux “LLI” sont ceux dont le revenu est plutôt de l’ordre de 2900 euros par personne et par mois. Ce ne sont certes pas les familles des patrons du CAC.40, mais on est tout de même très au-dessus de la classe moyenne !

 

Alors, M. Attal, soit n’y comprend rien, soit joue les bonimenteurs, lorsqu’il justifie sa volonté de réforme par un souci de soutenir les classes moyennes.

 

 

LE JADIS CAMARADE SOCIALISTE ATTAL BIEN PIRE QUE SARKOZY

 

En tout cas, M. Attal ouvre la boîte de Pandore en entrant les “LLI” dans le calcul des 25 % d’habitats sociaux imposés à chaque commune par la loi. Même M. Sarkozy n’a pas osé le faire ! M. Attal instaure clairement un système d’éviction au détriment du logement social dans toutes ses "gammes", depuis le très social (PLAI) jusqu’au logement social abordable pour les classes moyennes (PLS).

 

Et il obère un peu plus le pouvoir d’achat des pauvres, mais aussi celui des classes moyennes qu'il feint de vouloir aider. En effet, les maires réfractaires aux constructions de logements sociaux – et ça ne manque pas dans le Var et en Provence – vont se frotter les mains. Pour beaucoup, il n’y aura plus ni obligation de construire, ni amendes. Mais surtout, hélas, faute d’offre nouvelle de logement social, notamment public, les plus précaires continueront à subir les loyers indignes de marchands de sommeil dans des appartements souvent dégradés ou, s'ils parviennent à accepter de se loger dans de l’habitat autre que le “super-social” (PLAI ou PLUS), ils seront redevables de loyers plus élevés, occupant cet habitat (PLS) normalement prévu pour la classe moyenne. Et, en conséquence, cette dernière continuera à n’avoir d’autre solution de résidence que le “LLI”... dont les loyers vont immanquablement continuer à grimper.

 

L’incidence, c’est qu’on va assister à un effet massif d’apartheid territorial social qui va en découler, et bien sûr au détriment des catégories populaires, surtout les très appauvries, avec de terribles effets sur la mixité sociale. Pour combattre les ghettos, il faut du logement social partout, de toutes “gammes”, dans toutes les quartiers de toutes les villes, et notamment là où cette mesure anti-républicaine de M. Attal va exonérer les communes récalcitrantes de leur contribution indispensable au respect des valeurs de notre République.

 

 

ET LES ÉLUS QU'ON CROIT RÉPUBLICAINS À LA SEYNE, ILS DISENT QUOI ?

 

Alors, de deux choses l’une : ou bien tout ça convient à la maire de La Seyne, à ses élus représentant la commune au sein de l’office intercommunal d’HLM ou chargés de la politique de la ville ou de l'action sociale, supposés investis en faveur des habitants les plus vulnérables, et ils continuent à se taire (« pour ne pas faire de la politique », selon l'un d'eux), ou bien ils décident de défendre près des trois-quarts des Seynois qui seront demain les victimes d’une décision inique d’un État dont les commentateurs objectifs disent qu’il opère un virage à droite, et alors ils s'insurgent haut et fort. Or, pour l'heure, nul ne les entend.

 

Moi, j’assume de dire qu’il s’agit en réalité d’un virage à l’extrême-droite de la part de l'État, assertion corroborée par le silence complice face à cette grave annonce des – hélas – nombreux élus locaux et parlementaires varois du RN qui doivent boire du petit lait en constatant que, reprenant sournoisement leurs antiennes comme ils l’ont fait avec l’abjecte loi sur l’immigration, les soi-disant républicains qui gouvernent aujourd’hui la France déroulent en fait le tapis rouge à leurs idées nauséabondes.

 

 

Au peuple populaire de La Seyne et de la Métropole, des plus humbles aux classes moyennes – soit les trois-quarts des Seynois et gens de TPM selon l'INSEE –, je ne peux faire moins que supplier : « N’écoutez pas ceux qui vous serinent qu’il faut se méfier “des extrêmes de droite et de gauche”. Ceux qui vous disent cette hérésie globalisante font en réalité le lit de ceux qui promeuvent des idées qui ont conduit au nationalisme, au totalitarisme, jusqu’au fascisme et au nazisme, comme l’ont fait – peut-être pour certains à leur corps défendant – trop de conservateurs des années ‘20 et ‘30 du XXe siècle en Europe. Aujourd’hui, ce sont des soi-disant « extrémistes » comme moi qui vous conjurent de vous prémunir du pire. Vous pouvez y parvenir, pour peu que vous vous impliquiez, malgré vos indicibles difficultés du quotidien, pour défendre, avec les gens de gauche et les républicains sincères – ne fussent-ils pas de gauche – de chez nous, vos droits qui ne sont jamais que... les Droits de l’Homme ».

 

 

* : plus de 5700 sur environ 31100 foyers fiscaux (données 2021 de l'INSEE)


 

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29 janvier 2024 1 29 /01 /janvier /2024 10:45

 

C'est passé inaperçu, mais le périmètre officiel du quartier prioritaire du centre-ville de La Seyne a évolué depuis le récent décret fixant les délimitations des sites urbains vulnérables considérés par l'État comme prioritaires au titre de la politique de la ville.

 

La surface urbaine pouvant bénéficier de significatives aides du gouvernement a en effet été agrandie d'environ un cinquième, mais il apparaît évident que ce n'est pas pour qu'un plus grand nombre d'habitants précaires en soient bénéficiaires que cette extension a été décidée.

 

Quelles en sont alors les raisons ? Les Seynois ont le droit de savoir.

 

 

La carte que j'ai annotée le met en évidence. L'extension au sud ne concerne qu'un périmètre où, hormis le presbytère des curés de Notre-Dame de Bon Voyage, qui ont de toute façon dû faire vœu de pauvreté, il n'y a pratiquement pas de logements mais surtout des équipements publics. Au nord, l'élargissement vers l'ouest de la rue Émile-Zola à la rue Ernest-Reyer, incluant de fait un pâté de maisons individuelles qui ne sont pas à proprement parler occupées par des miséreux, ne sert à l'évidence qu'à raccrocher au zonage la parcelle où est implantée l'école Jules-Verne car il y a obligation de continuité territoriale.

 

CLIQUER POUR AGRANDIR

 

La mairie n'est pas pour rien dans cette nouvelle délimitation. Si la loi prévoit que c'est l'État qui fixe les périmètres des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV), ça se fait sur proposition des préfets qui ont obligation de prendre en compte les avis et demandes des maires et présidents des intercommunalités concernés. La maire a donc quelque chose derrière la tête.

 

 

DES ÉQUIPEMENTS PUBLICS RÉNOVÉS OU CRÉÉS ?

 

Ça peut être l'espoir de bénéficier d'aides pour la réhabilitation des équipements publics du QPV. Pourquoi pas, si ça peut donner un argument pour accélérer, par exemple, la reconstruction du groupe scolaire Mabily-Verne que nous avions budgétisé dès 2019 et que la maire reporte d'année en année, ou disposer d'espace pour édifier la crèche prévue et financée dans le programme de rénovation urbaine de 2019 à laquelle la maire a renoncé ?...

 

 

DE L'HABITAT DE TOUS STANDINGS ?

 

Ça peut permettre de disposer de foncier (notamment sur les zones en  vert clair  sur la carte) permettant de « faire de la ville sur la ville », entendez par là construire de l'habitat. Pourquoi pas ? On a d'importants besoins, on doit respecter la loi imposant 25% de logements sociaux plutôt que payer 800.000 euros annuels d'amende, on peut faire de la mixité sociale en faisant venir des classes moyennes dans le quartier, on devra reloger les habitants des îlots de l'hypercentre prévus à la démolition, et on devra sûrement disposer de logements-tiroirs pour permettre la rénovation des immeubles vétustes du cœur historique, autant d'opérations financées depuis 2019 qui tardent à se réaliser...

 

 

UNE ÉVOLUTION POSITIVE DES ACCÈS  ET CONTOURNEMENTS ?

 

Ça peut permettre d'améliorer le réseau des voiries d'accès et de contournement du centre-ville. Pourquoi pas ? On se demande d'ailleurs pourquoi la Ville a mis sous l'éteignoir le projet, pourtant lui aussi bien avancé, de création d'une voie apaisée reliant la rue Beaussier à la rue Jacques-Laurent. On pourrait aussi prévoir du stationnement périphérique à l'hypercentre, absolument nécessaire depuis que la maire a cru bon d'anticiper la “piétonnisation“ initialement prévue en fin de rénovation urbaine et dont on mesure chaque jour un peu plus l'effet létal sur l'activité commerciale, d'autant que, après les rêves illusoires de pont, l'on a manifestement cessé de plaider auprès de la métropole pour la réalisation de la traversée du port et l'arrivée du “superbus“ en site propre pour laquelle on n'a même plus de calendrier...

 

 

UNE DISCRIMINATION SCOLAIRE POSITIVE ?

 

Ça peut permettre d'obtenir enfin le statut de "réseau d'éducation prioritaire" pour les écoles du quartier désormais intégrées dans le périmètre du QPV. Pourquoi pas ? Pour peu que la maire reprenne à son compte ma supplique constante auprès des ministres de l'Éducation nationale d'obtenir que les enfants et les enseignants du centre-ville bénéficient des mêmes aides que ceux de Berthe dont les familles partagent les mêmes caractéristiques socio-économiques, la nouvelle ministre Oudéa-Castera pourrait consentir à cet effort, en espérant qu'elle ne se trompe pas et n'attribue pas les moyens dédiés au remplacement du bénitier de l'école Sainte-Thérèse et du ciboire du collège Sainte-Marie...

 

 

LES SEYNOIS ONT LE DROIT DE SAVOIR, LES ÉLUS LE DEVOIR D'INFORMER

 

Cette extension de surface peut donc être une bonne chose. Lorsqu'ils en auront fini avec leur obsession de démanteler par principe ce qui a été fait avant eux, comme l'appui municipal aux associations des quartiers fragiles de Berthe et du centre ancien ou la Maison des Services Publics du Germinal qui accueille 44.000 usagers de tout l'Ouest-Var, la maire et son adjoint à la politique de la ville pourraient expliquer les raisons de cet élargissement et les projets qu'ils ont en tête.

 

Et surtout, comme la loi le leur impose s'agissant d'un quartier prioritaire, faire revivre les instances de démocratie locale qu'ils ont réduites à néant et associer nos concitoyens, à commencer par les résidents et acteurs de notre cœur de ville historique, à la conception des projets qui pourraient bénéficier de cette nouvelle opportunité géographique.

 

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5 décembre 2023 2 05 /12 /décembre /2023 14:07

 

Il est des dépenses publiques qui questionnent. Ainsi en est-il de récents travaux ayant  radicalement transformé l'insertion du collège Henri-Wallon de notre quartier Berthe dans son environnement urbain. Un grillage incliné anti-intrusion et des panneaux occultant la clôture sont venus donner une image d'ultra-sécurisation inutile d'un établissement scolaire qui prend des allures de camp retranché.

 

Mais que craint-on donc ? Quelle mouche a piqué ceux qui ont pris cette décision ? Quel sens donner à cette initiative qui nie le parti pris d'ouverture du collège au quartier de résidence de ses élèves qui avait présidé à la fin des années 90 à une conception architecturale et fonctionnelle support d'un projet éducatif fondé sur la réconciliation avec l'École de jeunes et de familles dont les réalités sociales, économiques et culturelles constituent pour beaucoup des freins à tirer plein parti de la belle œuvre émancipatrice de l'Éducation nationale ?...

 

 

UN COLLÈGE VOULU OUVERT À SON ENVIRONNEMENT URBAIN

 

Ça avait été en effet, il y a tout juste un quart de siècle – à peine une génération d'élèves et de parents – un choix délibéré, impulsé par l'État et soutenu par le conseil général du Var. Il fallait imaginer avec les personnels du vieux collège datant de 1969 à reconstruire, mais aussi avec les familles, les associations partenaires, les élèves eux-mêmes, un établissement conjuguant d'une part des locaux d'apprentissages scolaires "sanctuarisés", et d'autre part des espaces ouverts servant de médiation avec le quartier. C'étaient des terrains de sport accessibles hors des temps scolaires, un gymnase spécialement adapté à un usage extra-scolaire, des locaux d'animation socio-éducative, d'aide aux devoirs, d'accompagnement de la scolarité et d'appui à la fonction parentale, un auditorium pouvant offrir des événements culturels aux habitants du quartier, et des lieux d'accueil, de rencontre et d'échange entre familles et enseignants.

 

C'étaient autant de choix d'infrastructures permettant de favoriser une image positivée de l'institution scolaire, une compréhension de ses codes, dans une démarche plaçant les jeunes, pour leur réussite et leur insertion, au cœur d'une stratégie éducative globale, de tous leurs temps de vie, associant professeurs, éducateurs, animateurs culturels et sportifs communaux et associatifs, fratries et parents.

 

 

UNE ARCHITECTURE VITRINE TRANSPARENTE DE L'ÉMANCIPATION 

 

Des sommités de renom des champs de la psychologie, de la pédagogie et de la sociologie avaient pris part à "l'équipe-projet" autour des architectes choisis pour leur appropriation de cette démarche inédite d'ouverture de l'École à son environnement, Jean et Marie Parente (voir ICI la page Internet dédiée de Marie Parente). Le conseil général de l'époque – ancêtre de l'actuel conseil départemental – avait opté pour investir dans ce chantier novateur un budget une fois et demie plus important que celui dédié à la réalisation d'un collège lambda. La Ville avait apporté sa part en budget de fonctionnement des actions péri– et extra–scolaires et l'État en moyens financiers et humains spécifiques.

 

Et l'établissement a largement tiré parti de ces efforts institutionnels exceptionnels. Ses résultats en matière d'insertion scolaire et sociale sont généralement au-dessus de ceux des collèges des sites urbains vulnérables classés "éducation prioritaire". Grâce à ses espaces spécifiques, il fut pionnier des opérations "École Ouverte", "Ville Vie Vacances", "Réseau d'appui, d'écoute et d'accompagnement des parents", "contrat local d'accompagnement scolaire", et de bien d'autres dispositifs. Des visites de ministres s'y sont succédé au fil des ans, vantant l'innovation architecturale et sociale. Alors maire, j'y ai ainsi accueilli le ministre de la Ville Julien Denormandie en 2019 à l'occasion de l'obtention par La Seyne du tout premier label "Cité éducative", que la maire d'aujourd'hui a heureusement la bonne idée de poursuivre ainsi que Var-matin vient de le rappeler (voir ICI).

 

 

UN ACTE AUSSI INEFFICACE QUE LOURD DE SYMBOLE DE RELÉGATION

 

Après les baisses de moyens humains de l'Éducation nationale, son repli sur elle-même, son obstination à se recentrer – sans succès – sur les fameux "apprentissages fondamentaux" à la mode IIIème République, après les chutes des subventions départementales et communales permettant les actions périscolaires et des temps libres des associations partenaires du collège, après le refus du Département et de la Ville de considérer le quartier Berthe dans le schéma de rénovation de la carte scolaire qui permettrait la mixité sociale que la République doit à ses enfants (voir ICI), voilà qu'on vient de commettre un acte symbolique aussi stupide qu'inefficient : barricader et cacher à la vue de tous un lieu majeur de l'émancipation de ceux de nos jeunes concitoyens que certains auront désormais beau jeu de qualifier du vilain mot "d'invisibles"... 

 

Qu'en pensent Lydie Onteniente et Ludovic Pontone, adjoints à la maire et surtout conseillers départementaux du canton de La Seyne-Nord et, à ce titre, représentants du Département auprès de trois des quatre collèges publics seynois ? Ils ont le devoir de justifier publiquement ce choix inepte.

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1 décembre 2023 5 01 /12 /décembre /2023 11:22

 

« C'est à l'Association des Maires de France de dire à ses membres qui ne respectent pas la loi qu'ils doivent le faire »... Cette affirmation surprenante est de la secrétaire d'État chargée de la Citoyenneté et de la Ville, interrogée par une revue1 il y a quelques jours.

 

Et la loi dont il est question, c'est la loi SRU qui impose aux communes2 de disposer de 25% d'habitats sociaux pour répondre aux besoins de logement de tous. Une obligation dont trop de maires s'exonèrent, quitte à payer de lourdes amendes, pour ne pas fâcher des administrés qui ne veulent pas entendre parler de logement social dans leur environnement urbain.

 

Et voilà que la ministre charge les maires fautifs eux-mêmes de s'auto-réguler ! Les gens sans-toit risquent de le rester longtemps. On peut toutefois se réjouir du fait que le préfet du Var a annoncé (lire ICIne pas se désengager de sa mission de contrôle et de sanction des maires réfractaires. Pourvu qu'il ne se fasse pas rappeler à l'ordre par la ministre !...

 

 

DES MAIRES CONTESTANT LA LOI CHARGÉS DE LA FAIRE APPLIQUER ?...

 

Sept maires de notre région Provence sont membres des instances dirigeantes de l'Association des Maires de France (AMF). L'un d'eux, celui de Cannes (06), en est même le président national. Sur les sept, un seul est en règle, celui de Vitrolles (13), un édile de gauche, sa commune disposant de suffisamment de logements sociaux. Les six autres, non seulement ont des taux de logements sociaux très inférieurs à l'obligation légale (de 6,2 % à 17,2 %), mais assument de ne pas faire suffisamment d'efforts pour combler leur retard, jusqu'à revendiquer leur opposition à la loi. Jugez vous-mêmes...

– « On s'oppose au principe d'une loi qui s'applique (...) sans tenir compte des particularités de nos communes » (maire LR d'Allauch [13] - BFM Marseille - février 2022)

– « Le préfet nous impose de l'aménagement [21 logements sociaux...] mais c'est nous qui sommes responsables devant nos administrés » (maire DVD de Saint-Laurent-du-Var [06] - France 3 - avril 2019).

– « Dans le domaine du logement (...), le dirigisme étatique fait du désastre » (maire LR de Cannes [06] - décembre 2022)

– « S'il s'agit de se conformer à la loi SRU, ce n'est ni faisable, ni souhaitable » (maire LR de Saint-Raphaël [83] - Var-matin - novembre 2023)

– Et, pour finir en beauté ce florilège de propos à faire se retourner l'Abbé Pierre dans sa tombe : « Une loi débile, une loi stupide » (maire LR de Mandelieu-La Napoule [06] - France Bleu - juillet 2023)

 

Il va être intéressant de voir comment ces maires auxquels la ministre veut confier la tâche de faire respecter une loi qu'ils contestent ouvertement vont s'acquitter de leur mission de remonter les bretelles à leurs collègues provençaux récalcitrants.

 

 

HEUREUSEMENT QUE LE PRÉFET DU VAR TIENT UN DISCOURS DE FERMETÉ !

 

Que diront-ils si d'aventure la maire de La Seyne, de même sensibilité politique que ces frondeurs, ne tient pas l'engagement que sa conseillère municipale déléguée au logement s'apprête à lui faire prendre de livrer d'ici deux ans 469 nouveaux logements sociaux sur notre commune ?

 

En effet, n'étant pas à une volte-face près, cette conseillère municipale, candidate au premier tour des élections de 2020 sur une liste écologiste, puis au second sur la liste d'union des gauches et des écologistes, ayant ensuite quitté le groupe d'opposition de gauche au prétexte que celui-ci soutenait des projets de logements, investie malgré ce par tous les partis de gauche et les Verts pour porter leurs couleurs aux élections législatives de 2022, ayant pour finir trahi ses électeurs en rejoignant la majorité antisociale de droite et droite extrême de la maire qui s'acharne à freiner les projets de construction de logements, exhibe désormais une fibre solidaire vertueuse en soumettant au conseil municipal un projet de délibération (lire ICI) qui engagera devant l'État la commune à produire 469 habitats sociaux d'ici à fin 2025, dont un tiers de "super-sociaux" pour les foyers les plus en difficulté, première étape vers un plan triennal permettant d'atteindre l'objectif des 1945 logements sociaux manquants à La Seyne. Avec de telles girouettes, sans faire de procès d'intention et en espérant me tromper, on peut craindre que l'engagement, au demeurant très louable, ne sera pas tenu.

 

Et face à des élus coutumiers des revirements que la ministre voudrait faire remettre dans le droit chemin par d'autres élus spécialistes de la contestation de la loi, heureusement que le préfet du Var veillera au grain.

 

1"La Gazette des Communes" - lire l'article ICI

2 : les communes de plus de 3500 habitants

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
27 octobre 2023 5 27 /10 /octobre /2023 13:06

 

La Première ministre l'a affirmé : « Je demande donc aux préfets de ne plus installer, via les attributions de logements ou la création de places d’hébergement, les personnes les plus précaires dans les quartiers qui concentrent déjà le plus de difficultés ». Ça peut être un choix salutaire républicain qu'il faut saluer ! Et qui devra être suivi d'effet. À condition qu'on accélère la construction, sinon ce sera la double peine...

 

Pour l'ouest de notre métropole toulonnaise, il faut donc pouvoir répondre aux besoins des foyers reconnus "DALO" (droit au logement opposable). Et pour cela leur réserver des appartements sociaux à Six-Fours, Ollioules, Saint-Mandrier, et dans les sites seynois et toulonnais qui ne sont pas "quartiers prioritaires" (donc ni La Beaucaire et Pontcarral à Toulon, ni Berthe et le centre ancien à La Seyne).

 

 

Chez nous, en effet, cette décision du gouvernement, annoncée ce vendredi lors d'une réunion du comité interministériel des villes (CIV), suppose, au regard de l'ampleur des attentes, qu'on produise de nouvelles résidences et qu'on revienne sur les décisions de renoncer à des programmes qui devaient permettre d'y répondre. Sinon, ce seraient les bénéficiaires du "DALO" qui seraient punis en voyant leurs délais d'attribution d'un toit encore rallongés.

 

 

RELANCER LES PROGRAMMES SEYNOIS DE LOGEMENTS SOCIAUX

 

À La Seyne, il faut arrêter de tergiverser avec les perspectives de constructions de logements sociaux que, par démagogie envers certains riverains, la municipalité freine des quatre fers aux quartiers Peyron-Moneiret et Peyron-La Muraillette, au nord de Gai-Versant, ou au quartier Saint-Jean sur l'emprise de l'école désaffectée Eugénie-Cotton.

 

Il faut aussi dédier au moins une part des fonciers publics disponibles à la construction de logements sociaux, comme sur les emprises de l'ancien commissariat de police ou de l'ancien collège Henri-Wallon.

 

Il faut également revenir au nombre initialement prévu de logements sociaux dans le programme de Bois Sacré que la maire, sous la pression de quelques privilégiés, a tenté de faire abandonner, heureusement en vain. Et il faut stopper dans l'urgence le volet de la révision en cours de la zone seynoise du plan intercommunal d'urbanisme afin de remettre à l'ordre du jour le projet raisonnable de constructions intégrées à l'environnement naturel au quartier Costechaude-Mauvèou.

 

 

L'EXIGENCE DE L'ÉTAT NE DOIT PAS RESTER UN VŒU PIEUX

 

Mais, si les communes doivent jouer le jeu, l'État doit se donner les moyens de son ambition. Il doit être plus ferme que jamais en direction des maires trainant les pieds pour se mettre en règle avec la loi imposant 25% de logements sociaux et durcir les sanctions financières infligées aux récalcitrants. Il doit aussi sanctionner les intercommunalités qui ne font pas vivre comme il se doit les conférences intercommunales du logement (CIL) et, soi-disant par respect des autonomies communales, tolèrent que certaines villes ne conduisent pas les indispensables efforts d'accueil des plus précaires. Il ne faut pas que l'État hésite à retirer cette prérogative aux métropoles trop frileuses et assume lui-même la responsabilité de faciliter l’accès au logement des ménages, d'offrir plus de transparence dans les politiques d’attributions et de favoriser la mixité au sein du parc social.

 

L'État doit cependant donner aux métropoles et aux organismes d'HLM les moyens budgétaires de conduire une politique ambitieuse de l'habitat pour les ménages les plus fragiles. Les bailleurs sociaux doivent être aidés pour construire de nouvelles résidences ou acquérir des copropriétés en difficulté pour les rénover et louer leurs logements. On en est très loin et aucune mesure budgétaire n'est annoncée. Les particuliers eux-mêmes doivent être bien plus financés qu'aujourd'hui s'ils rénovent des logements, sous réserve qu'ils les destinent à la location sociale.

 

Appeler à la solidarité territoriale pour garantir le droit au logement pour tous, c'est bien. Mais le droit de chacun à un toit est inscrit dans la Constitution. C'est un devoir régalien d'agir à leur place si les élus des territoires font de l'obstruction.

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22 septembre 2023 5 22 /09 /septembre /2023 07:41

 

La droite municipale seynoise est décidément impayable. Après que ses amis de la droite nationale ont créé les conditions de la dégradation des conditions de vie des habitants des logements HLM de Berthe, après qu'elle a elle-même délabré l'environnement social de notre grand quartier populaire, voilà que, par une communication relayée par la presse locale (cliquez ICI), elle fait mine de s'insurger contre une situation dont elle et les siens portent la responsabilité.

 

La situation des résidents des HLM seynois découle de deux lois contre lesquelles la droite seynoise s’est bien gardée de s’offusquer.

 

En 2006, la loi « ENL » de la droite UMP portant soi-disant « engagement national pour le logement », a scellé le sort des anciens "offices publics communaux d’HLM", devenus des "offices de l'habitat" aux statuts d’établissements industriels et commerciaux, les soumettant aux règles de la concurrence et dépossédant les élus locaux de leur responsabilité de pilotage au profit de cadres de direction ne relevant plus de la fonction publique. Silence de la droite locale.

 

En 2018, la loi « ELAN » de la droite macroniste, avec sa logique libérale « d’accroissement des marges financières des organismes », a imposé la fusion des offices de l’habitat qui s’est traduite par l’absorption de l’office seynois "Terres du Sud Habitat" (TSH) par l’office toulonnais "Toulon Habitat Méditerranée" (THM). On a parachevé le renoncement au service public local de logement social répondant dans la proximité aux besoins des locataires. Silence de la droite locale.

 

Ce contexte est aggravé pour nos habitants par le fait que la municipalité seynoise, comme guidée par une obsession de démantèlement de ce qui existait avant elle, participe au recul de l’accompagnement des citoyens précaires et de la présence publique et associative de proximité. Elle a fustigé depuis des années la Métropole, désormais collectivité de rattachement de notre office d’HLM. Elle ne s’insurge pas contre la centralisation à Toulon des services de THM. Elle engage sans raison la liquidation de la "Maison des services publics" de Berthe plutôt que se battre pour sa pérennité avec, par exemple, le retour en son sein d’une antenne des HLM. Elle ne relaie pas l’exigence des gardiens d’immeubles envisagée en contrepartie de l’exonération de taxe foncière dont THM bénéficie. Elle met en veilleuse la démocratie de proximité permettant l’expression citoyenne des besoins à relayer. Elle fragilise le tissu associatif réceptacle des angoisses des habitants et outil de médiation entre eux et les institutions. Les habitants sont abandonnés. Sortir de l'obstination revancharde et corriger ces errances attesterait d’une empathie avec les résidents qui se sentiraient soutenus pour faire valoir leurs droits. Eux seuls, usagers du service public du logement, et non « clients » comme THM les qualifie désormais, avec l'appui de leurs organisations de locataires, peuvent obtenir satisfaction.

 

Trois élues seynoises, dont la maire, siègent au conseil d’administration de THM. L’une d’elles est même vice-présidente de l’office THM. C’est plutôt en s’impliquant, fût-ce avec une légitime combativité, dans le partenariat intercommunal tout en accompagnant les résidents désemparés dont il faudrait qu'elles gagnent la confiance qu’en vitupérant par voie de presse qu’elles pourraient faire avancer les choses.

 

Il n'est pas sûr que le coup de gueule médiatique auquel elles se sont livrées place leurs interlocuteurs métropolitains dans des dispositions de bienveillance à l'endroit de nos locataires en détresse...

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