À la différence de la plupart des communes littorales voisines, j'éprouve souvent le sentiment qu'il y a, surtout à partir des beaux jours, deux "cœurs de ville" à La Seyne. Celui qui s'étale de Brégaillon aux Mouissèques en passant par le centre historique et le vieux port, et, à l'autre bout de la ville, le quartier des Sablettes.
L'un grouille de vie dès le petit matin pour s'apaiser à l'heure de la sieste, l'autre prend le relais peu avant midi pour fourmiller d'animation jusque tard dans la nuit.
Lorsque j'entends "La Seyne, c'est mort", je sais bien qu'on me parle de la torpeur des calmes après-midis des rues du vieux centre historique et, parfois aussi, des quais du vieux port. Et, inlassablement, je réponds d'aller faire un tour vers les grandes plages de sable pour voir si c'est vraiment mort. Et, là, on s'étonne parfois : "Mais c'est encore La Seyne, là-bas ?".
Eh oui, c'est encore La Seyne. La Seyne miroir à deux faces. Et c'est ainsi depuis plus de 150 ans. Les deux ont à reconquérir leur monde, car les deux ont connu grandeur et décadence.
UN PATRIMOINE NATUREL ET PAYSAGER EXCEPTIONNEL
Toute première station balnéaire dès le milieu du XIXe siècle, le site au patrimoine naturel et paysager privilégié de Tamaris et des Sablettes a été, des décennies durant, une destination de tourisme et de villégiature des plus prisées, avant d'être pour longtemps supplantée par les villes de la Côte d'Azur, abandonnée jusqu'au lendemain de la deuxième guerre mondiale. Depuis, patiemment, au fil des années, des aménagements et des animations, il reconquiert ses lettres de noblesse. Avec le privilège d'avoir, du coup, été épargnée des affreuses "marinas" des années 60-70 qui ont dénaturé le littoral azuréen de Cannes à Nice. Il reste beaucoup à faire, de la réfection urgente du Port de Saint-Elme qui ne relève pas de la compétence municipale à celle de la corniche de Balaguier à l'isthme des Sablettes qui en relève, mais dont la commune, sans aide intercommunale et départementale, ne pourra financièrement entreprendre le réaménagement en voie de circulation raisonnée et en "voie verte" (piétons et vélos).
UNE VIE APRÈS LA CONSTRUCTION NAVALE, SANS FAIRE TABLE RASE DU PASSÉ
Le cœur originel de la commune, vivant de ses commerces et de ses services, et surtout de son activité industrielle, a subi avec la fermeture des chantiers navals un rude coup d'arrêt de sa dynamique. Élargi, au Nord, à la zone économique de Brégaillon devenue pôle de compétitivité "Mer" à vocation mondiale, et, à l'Est, aux historiques espaces portuaires et industriels des Mouissèques que, peu à peu, la ville réaménage et se ré-approprie, le centre tente de renaître.
Après la réalisation du Parc de la Navale, la mise en valeur du Pont Levant et la Porte Principale, engagés par mes prédécesseurs, nous poursuivons vers l'Est du site. J'ai signé en avril une délégation de service public pour la construction et l'exploitation d'un casino de jeux avec une salle de spectacles qui pourra accueillir jusqu'à 700 personnes ; j'ai inauguré les premières étapes d'un "chemin de la mémoire" de la Navale ; j'ai relancé une délégation de service public pour la construction d'un port de plaisance de plusieurs centaines de places ; j'ai commencé la réalisation de cheminements piétonniers depuis l'ancien môle d'armement qui accueille les plus grands paquebots du monde déversant des milliers de touristes ; j'ai créé les conditions de l'installation sur le parc d'un bureau de l'office de tourisme ; j'ai lancé, également en avril, une Assistance à Maîtrise d'Ouvrage pour la reconversion du bel ancien bâtiment de briques rouges à l'étonnante charpente métallique, autrefois atelier mécanique des chantiers, vers un espace à vocation économique, culturelle et de loisirs, notamment avec un centre muséal d'interprétation de la mémoire de la construction navale et des activités de la Rade ; j'ai imaginé de nouvelles animations culturelles et tous publics, avec des événements qui rythment la vie de l'Esplanade Marine tout au long de l'année.
UNE REDYNAMISATION DU VIEUX CENTRE
Dans le vieux centre, outre les mises en valeur des constructions patrimoniales, des vieilles places provençales, un programme de rénovation de l'habitat ancien dégradé, la réforme du stationnement et de la circulation, je conjugue mes efforts à ceux de "Vitrines Seynoises", l'association des commerçants, pour impulser de l'animation : le tout récent déplacement du marché forain vers les places et rues plus proches du port, s'il mérite quelques petits ajustements, est déjà largement plébicité par les usagers, les commerçants, sédentaires et forains, et les habitants.
Et, là encore, il reste beaucoup à faire. Avec bien peu de moyens !
D'autant que cette ville à deux pôles de vie nous oblige à tenir deux fers au chaud. Mais on avance. Avec optimisme et détermination.
(je n'ai évoqué aujourd'hui que les "cœurs de ville", mais nul n'ignore les efforts que nous déployons pour la rénovation du "troisième pôle urbain seynois", le quartier Berthe, en passe de devenir d'ici trois ou quatre ans un "morceau de vraie ville" ; c'est d'ailleurs parfois amusant, parfois usant, selon mon humeur du moment, de m'entendre dire : "tu ne fais rien pour le centre et le Sud : toujours tout pour Berthe !" ou, à l'inverse "À Berthe, on est toujours des oubliés !". La vérité, c'est qu'il faut tenir, non comme je le disais ci-avant, deux fers au chaud, mais bien trois !...)
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On parle beaucoup de mixité sociale. Et cela se traduit souvent par des déplacements de populations : les gens d'un quartier vont ailleurs ; de nouveaux arrivent, parfois sans que la greffe ne prenne.
Face aux lourds désagréments dus à l'urbanisation, on peut manquer de moyens sans sombrer dans l'immobilisme, et faire preuve d'imagination pour améliorer la vie en invitant les citoyens à être eux-mêmes acteurs de changements utiles.
Mais, en allant à leur rencontre, en échangeant avec eux sur les problèmes de nuisances, de circulation ou de stationnement, en écoutant leurs propositions de bon sens, comme en ayant installé une équipe chargée de faire appliquer par les entreprises une sorte de "charte" de conduite responsable et raisonnable de leurs chantiers, on parvient souvent à trouver des solutions
Mais les désagréments vont encore perdurer. La loi est ainsi faite : lancée dès le premier mois de notre mandat, en avril 2008, la révision du Plan Local d'Urbanisme (PLU) a été réalisée à un rythme parfait par nos services et nos élus mais avec des délais réglementaires incompressibles, et les nouvelles règles ne sont opposables sans risque de recours que depuis... mars 2011.
Oui, la Fondation Abbé-Pierre, qui vient de tirer une nouvelle fois le signal d'alarme du mal-logement, a bien raison de le faire.
En trois ans, après les livraisons des résidences HLM "Maréchal Juin", "Les Balcons de Pépiole", "Le Hameau des Romanes" et les "Villas Pergaud", c'était l'autre jour l'inauguration d'un cinquième groupe d'immeubles, "Les Jardins de Mathilde", au quartier de Gai-Versant, une nouvelle opération de notre Office Public d'HLM "Terres du Sud Habitat", s'inscrivant dans le cadre de notre Programme de Rénovation Urbaine (PRU). 74 nouveaux logements sociaux pour remplacer ceux, vétustes, qui sont démolis au fur et à mesure.
Je serai très bref ce mercredi matin. Juste trois nombres commentés...
Avec une cinquantaine de mes collègues maires de villes dont une bonne partie de la population réside dans des quartiers populaires, nous avons été choqués de l'annonce par le Premier Ministre François Fillon du nouveau report à 2011, voire à plus tard, d'une réforme tant attendue de la "politique de la ville". Nous vivons en République. Aucun espace de notre territoire national ne doit être délaissé. Les valeurs de fraternité et d'égalité, qui figurent aux frontons de nos édifices publics, doivent s'appliquer. Au regard des réalités de certaines cités de la banlieue parisienne, par exemple, La Seyne n'est certes pas la plus mal lotie des communes pauvres de notre pays, mais l'écart est frappant avec les autres villes de notre région. Et elle connaît, malgré un important Programme de Rénovation Urbaine, une difficulté croissante dans l'accompagnement social de ses concitoyens les plus en difficulté. La solidarité nationale doit s'exercer. Pour manifester notre inquiétude de voir s'accélérer la "ghettoïsation" de nos cités d'habitat social et nos centres anciens paupérisés, nous avons co-signé une lettre ouverte dont l'initiative revient à notre collègue Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois :
J'ai pris hier soir, seul et en mon âme et conscience, la décision de répondre favorablement à une demande de la Préfecture du Var d'accueillir pour quelques semaines à La Seyne quelques familles de réfugiés bosniaques. Leur installation devrait se faire dans les locaux de l'ancienne école Sainte-Thérèse, désormais propriété de la Ville de La Seyne qui doit y réaliser dans les mois à venir des travaux visant à la transformer en logements sociaux.
On nous avait dit que notre dossier était bon./image%2F1454492%2F20200923%2Fob_5f0fc6_vuillemot-photo-blog-copie.png)
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