18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 05:14

http://www.la-seyne.fr/joomla/images/stories/laseyne/images/habitat1.pngOn s'en souvient peut-être, La Seyne aurait dû bénéficier en 2009 d'un dispositif lui permettant d'intervenir de façon globale sur son centre historique, dans le même esprit que l'intervention lourde dont bénéficient nos quartiers populaires d'habitat social de Berthe avec le Programme de rénovation urbaine (PRU). C'était le Programme national de rénovation des quartiers anciens dégradés (PNRQAD) duquel notre ville a été injustement flouée par le gouvernement d'alors, ainsi que je le démontrais à l'époque dans un article de mon blog.

Las, nous avons fait sans. En attendant que, au terme de la réalisation du PRU, dont l'engagement des derniers chantiers est prévu pour fin 2013 et la fin au plus tard en 2015, nous puissions bénéficier, comme nous le laissent espérer les déclarations du Ministre de la Ville, François Lamy, d'une sorte de "PRU bis" prolongeant dans notre centre historique ce qui aura été réalisé dans les quartiers d'habitat social.

 

AGIR POUR L'HABITAT RÉNOVÉ

Mais cela ne nous a pas empêchés d'agir, dans tous les domaines. Nous avons mené à bien la quatrième Opération programmée d'amélioration de l'habitat (OPAH) et nous venons de signer une convention pour une cinquième afin d'aider les locataires et les propriétaires bailleurs ou occupants à rénover leurs logements, assistés par la création de la Maison de l'Habitat dans un immeuble historique auquel nous avons redonné un cachet patrimonial, ce qui a valu à La Seyne d'être honorée du prestigieux label "Rubans du patrimoine".

160 immeubles et commerces ont ainsi été réhabilités en cinq ans et, avec la nouvelle OPAH, nous avons entamé un objectif de 275 nouvelles rénovations. Nous acquérons d'ailleurs nous-mêmes des immeubles que nous rénovons pour les proposer à la location sociale.

 

DONNER UN COUP DE POUCE À LA MIXITÉ SOCIALE 

Mais le quartier historique est fortement paupérisé. Des "marchands de sommeil" sans scrupule, loueurs de taudis insalubres, à qui nous menons par ailleurs la vie rude lorsque nous en avons les moyens légaux, abusent de pauvres gens à la dérive en mal de toit. C'est pourquoi nous avons pris le parti de "tirer vers la mixité sociogique" en donnant plutôt priorité pour les locations de nos logements à de jeunes couples salariés ou à des personnes âgées disposant d'une pension souvent modeste mais néanmoins suffisante pour soutenir l'activité commerciale de proximité.

On vise ainsi à dynamiser la vie urbaine avec des habitants consommateurs, mais également des usagers de services, de loisirs, et d'offres culturelles.

 

Mais l'habitat n'est pas tout pour doper un quartier ancien. On le verra demain et les jours prochains...



 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 04:55

http://www.trendwatching.com/img/briefing/2011-02/sp.jpgOn l'a vu ces jours derniers, il aura fallu trois ans pour modifier notre Plan local d'urbanisme et parvenir à imposer par le droit des règles d'urbanisation plus contraignantes que celles qui étaient en vigueur auparavant, afin de tendre vers une meilleure intégration urbaine et de moindres nuisances.

 

RETIRER UN PERMIS : IMPOSSIBLE ! SURSEOIR À STATUER : ENCADRÉ ET RISQUÉ !

Mais j'ai demandé à nos services de ne pas attendre le terme de la longue procédure et d'anticiper chaque fois que possible. À titre de test, j'ai retiré dès le début de mon mandat un permis de construire un immeuble au milieu de la zone pavillonnaire des Mouissèques, face aux anciens ateliers mécaniques des chantiers navals, qui avait été classée "super-urbanisable" par mes prédécesseurs. Mal m'en a pris : le juge administratif ne l'a pas entendu de cette oreille et, la Loi étant la Loi, j'ai dû faire machine arrière ! Il fallait donc agir plus finement.

Deux solutions s'offraient à moi. J'ai en partie utilisé la formule du "sursis à statuer", c'est-à-dire du report d'accorder l'autorisation de construire sur une zone dont j'étais à peu près certain qu'elle allait pouvoir être règlementairement rendue moins constructible au terme de la procédure de révision du PLU. Mais cette solution est très encadrée, dans un délai contraint, pour une durée très limitée, avec des raisons de forme et de fond très précises. En clair, je ne pouvais en faire une règle générale, au risque de me faire taper sur les doigts par un juge ! Ça a tout de même fonctionné pour plusieurs opérations. Et je connais des promoteurs qui, ayant envisagé cette éventualité, on renoncé d'eux-mêmes à leurs projets.

 

NÉGOCIER SELON LE BON VOULOIR DES CONSTRUCTEURS

Pour d'autres quartiers, il était manifeste qu'il serait impossible de revenir sur les énormes droits à construire. C'était le cas à Châteaubanne, à Gai Versant, et aux Mouissèques. De trop nombreux immeubles étaient déjà sortis de terre avant mon élection, enserrant des petites villas isolées entre des murs borgnes de cinq étages. Réduire la constructibilité dans ces zones aurait contraint les habitants de ces pavillons à finir leur jours sans vue ni lumière, et sans pouvoir s'en sortir en vendant leur bien à un prix décent puisque devenu inconstructible pour un immeuble. Sans compter que la Loi interdit d'enclaver une zone moins constructible au sein d'une zone qui l'est beaucoup plus. Et on se souvient sûrement du drame humain vécu en 2009 par Michèle et Jacqueline, ces dames âgées qui se sont trouvées dans cette situation.

Dans ces sites là, j'ai utilisé une deuxième solution et nous avons entrepris des discussions avec les promoteurs. Et ça a finalement fonctionné assez souvent. Je tairai leurs noms, mais ceux qui regarderont sur place verront que, au Gai Versant, dès 2009, a été réalisé un projet immobilier intégrant les futures règles du PLU révisé : distance accrue des voies et limites séparatives, hauteur limitée des immeubles. À Châteaubanne, un permis délivré un an avant les règles nouvelles a pu intégrer une fois et demie le nombre de places de stationnement imposées. Aux Mouissèques, un opérateur a accepté de réaliser 20 logements sociaux sur la quarantaine de son programme. S'ils l'ont fait, c'est tout de même qu'ils y trouvaient leur compte, me dira-t-on. Certes, mais encore fallait-il le leur demander. Sans contrepartie.

Et, partout, nos services ont suivi avec attention le déroulement des chantiers, imposé des contraintes pour le bruit, les abus d'usage des voies et trottoirs, se sont rendus sur place, souvent avec mes adjoints et moi, pour écouter les doléances des riverains, porter leurs plaidoiries auprès des opérateurs, ou les aider à se défendre quand ils ont subi des dégradations du fait des travaux. Ils ont aussi recherché des solutions publiques pour contrebalancer les impacts, parfois terribles, de cette "sur-urbanisation" : amélioration des plans de circulation, de la sécurité des piétons, du stationnement, des transports collectifs, du traitement des résurgences d'eau. Et tout ça en concertation constante avec les Comités d'intérêt local et les associations d'habitants, auxquels je tiens à dire toute ma gratitude pour leur esprit... constructif !

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 05:04

http://parisbanlieue.blog.lemonde.fr/files/village1.jpgPeut-être cela aura-t-il échappé à beaucoup, mais le Plan local d'urbanisme (PLU) de La Seyne n'a fait l'objet d'aucun recours en annulation lorsqu'il a été adopté, fin 2010, après sa révision. Ce n'est pas le cas de ceux de telle commune voisine, de telle autre, de telle autre encore, ou aussi celle-là... ce qui ne doit d'ailleurs pas réjouir quiconque. En effet, ces PLU révisés ou créés visaient, comme celui de La Seyne, à gérer l'urbanisation de façon plus maîtrisée qu'antérieurement, et les annulations retardent parfois de plusieurs années la mise en place de règles moins permissives que celles des précédents documents d'urbanisme qui, du coup, continuent à s'appliquer. Et ce sont très généralement sur des questions de forme que les détracteurs ont obtenu des jugements d'annulation.

 

NE PAS BÂCLER LE TRAVAIL DE RÉVISION POUR ÉVITER LES RECOURS

Ceci étant, le PLU révisé de La Seyne, lui, après son adoption par le conseil municipal en décembre 2010, aurait pu être contesté jusqu'au début 2011, ce qui n'a pas été le cas. Et les nouvelles règles sont opposables depuis cette échéance, nous permettant enfin de mieux maîtriser notre aménagement urbain. Mais, lorsqu'on sait que, jusque là, on a eu obligation de délivrer des permis de construire suivant les règles de l'ancien PLU, et qu'un permis de construire est valable trois ans, on verra donc sortir de terre des constructions imposantes et oppressantes jusqu'au printemps 2014 !

Heureusement, donc, qu'on a bien pris le temps de ne pas bâcler le travail de révision ! Sinon, ce ne sont pas six, mais peut-être huit ou neuf ans qu'il aurait fallu pour parvenir à nos fins !

Ne pas bâcler le travail, c'est, bien sûr, respecter les étapes obligatoires fixées par la Loi pour réviser un PLU, mais aussi s'employer à éclairer la démarche du maximum d'avis, y compris de citoyens et d'associations, afin de les intégrer dans les futures règles d'urbanisme... et éviter un recours. Je présente au bas de cet article cette longue démarche, engagée en mai 2008 et achevée début 2011.

 

BIEN SÛR, TOUJOURS DES DROITS À CONSTRUIRE, MAIS PLUS COMME AVANT

Le résultat, c'est bien sûr que l'on n'a pas interdit toute construction sur le territoire de la commune. La Loi nous l'aurait interdit (voir article). Et les propriétaires de terrains (qui ne sont pas, loin de là, de grands capitalistes spéculateurs, mais, pour beaucoup à La Seyne, de petites gens) auraient, à bon droit, défendu leurs intérêts devant la justice. Non, le résultat, c'est essentiellement, mais tout de même...

> une réduction de moitié (200 hectares ! allez faire mieux...) des zones de "super-urbanisation" prévues à l'ancien PLU ;

> dans les zones demeurant très constructibles, une augmentation des contraintes de stationnement sur les propriétés, de réduction des hauteurs d'immeubles, de retrait des constructions par rapport aux voiries publiques ;

> l'extension du zonage à vocation économique au détriment d'une zone à vocation d'habitat (quartier Léry) ;

> la création de zones d'intervention globale, comme, par exemple, le secteur des ateliers mécaniques des anciens chantiers ;

> une meilleure protection et mise en valeur du patrimoine urbain, paysager et architectural, le long du littoral, de l'Eguillette aux Sablettes et Mar Vivo ;

> l'imposition de contraintes liées au développement durable ;

> pour les opérations prévoyant plus de 40 logements, une obligation de 30% de logements sociaux pour répondre aux obligations légales.

 

Alors, oui, nos services ont conduit un travail de Titans, mais le résultat est là. La Seyne peut enfin gérer avec maîtrise et harmonie son développement urbain raisonné. Si tel n'était pas le cas, pour nos concitoyens et les associations, ne croyez-vous pas que notre nouveau PLU aurait été déféré auprès de la justice administrative en vue d'une annulation ?

 

> ARTICLE SUIVANT



 

MAI 2008 - FÉVRIER 2011 : LA DÉMARCHE DE RÉVISION ET SES DÉLAIS

 

> mai 2008 (deux mois après l'élection de la nouvelle municipalité) : le conseil municipal a décidé de modifier le PLU ;

> entre juin 2008 et avril 2009 : on a écouté les avis des élus et des services autour de quatre thématiques (le centre, le littoral, les entrées de ville, le péri-urbain)

> entre août 2008 et juillet 2009outre des rencontres dans les divers quartiers à enjeux, 7 réunions ont été organisées avec les associations et les comités d'intérêt local ;

 > entre janvier et septembre 2009pour ne pas perdre de temps, en parallèle, on a travaillé à la réalisation des documents obligatoires (refonte du zonage, du règlement de chaque zone, des emplacements réservés, etc.), à partir des éléments recueillis au cours de... 39 réunions de travail ! Et on a recueiili les avis des institutions (Région, département, agglomération, communes limitrophes, chambres consulaires, entreprises, autres acteurs concernés) au cours de réunions associant une quarantaine de personnes ;

entre mai et décembre 20095 débats ont eu lieu au sein des conseils de quartiers, avec tous les allers-retours oraux ou écrits d'observations et suggestions que la démarche a suscités ;

> septembre 2009 : une synthèse est présentée aux élus majoritaires, précédant un débat obligatoire en réunion du conseil municipal ;

> novembre 2009 : à l'issue du délai minimum de deux mois requis après le débat en conseil municipal, le projet de révision a été finalisé pour être arrêté ;

> début 2010lors d'une réunion du conseil municipal, on a arrêté le PLU révisé ; et, à partir de là, s'enclenche une procédure administrative aux délais incompressibles ;

> mars à novembre 2010 : après les 3 mois obligatoires pour recueillir les observations des institutions publiques (mars à juin 2010), on a organisé, en tenant compte de la période de vacances estivales, l'enquête publique réglementaire (août à octobre 2010), et le rapport du commissaire enquêteur a été obtenu un mois après (novembre 2010).

> décembre 2010 : le conseil municipal a adopté le PLU révisé... qui pouvait faire l'objet d'un recours dans les deux mois ;

février 2011 : c'est la fin du délai de recours... et le PLU devient réellement opposable à la place du PLU précédent, soit près de trois ans après la décision de révision... on a pu délivrer les nouveaux permis de construire sur la base des nouvelles règles ;

début 2014 : du fait d'une validité de trois ans des permis de construire, on pourra assister aux derniers débuts de constructions avec les règles autorisées par l'ancien PLU (permis délivrés début 2011 dont la réalisation aura attendu le terme de leur validité) !


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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 05:57

http://static.lexpansion.com/medias/100/51608_an-employee-works-at-a-construction-site-to-build-a-new-apartment-and-office-building-in-marseille.jpgJ'entends parfois des gens me dire que je n'aurais pas su maîtriser l'urbanisation comme je l'avais souhaité. C'est à la fois vrai (mais du fait de la Loi !) et faux (je vais en apporter les preuves, chiffres à l'appui !). Donc, aujourd'hui, une première explication...

 

LE RESPECT DE LA LOI SUR LE RENOUVELLEMENT URBAIN

Beaucoup ne connaissent de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) que son article 55, celui qui impose aux communes de disposer de 25% de logements sociaux et que, d'ailleurs, La Seyne ne respecte pas encore puisque nous ne sommes qu'aux alentours de 20% (nous étions en règle jusqu'à ces derniers mois, mais le taux antérieur de 20% a été récemment porté à 25% par la Loi Duflot). Mais la loi SRU, et d'autres textes qui l'ont suivie, c'est aussi l'obligation faite aux communes de faire construire du logement pour répondre aux immenses besoins, notamment dans le cadre d'objectifs fixés par les Programmes Locaux de l'Habitat (PLH), en l'occurence celui de Toulon Provence Méditerranée pour ce qui nous concerne.

Sur le minimum légal de 12928 logements devant être construits dans l'agglomération entre 2009 et 2015, il est fait obligation à La Seyne d'en construire au moins 1918, dont 460 logements sociaux (en plus des 860 que nous sommes contraints de réaliser pour compenser le même nombre d'appartements vétustes démolis à Berthe, et dont je rappelle que 200 d'entre eux doivent l'être sur d'autres communes).

 

LA SEYNE EST EN DESSOUS DE SES OBLIGATIONS LÉGALES DE PRODUCTION

Entre 2009 et fin 2012, à mi-course du programme, j'ai délivré des permis de construire pour 1650 logements, dont 1311 dans des opérations de plus de 10 appartements, et parmi celles-ci, 834, soit les deux tiers, suivant les règles très permissives de l'ancien Plan local d'urbanisme que j'ai eu obligation d'appliquer jusqu'au début de l'année 2011. Mais j'ai aussi refusé des permis correspondant à 320 logements...

 Avec les trois ans de validité légale des permis de construire, les dernières de ces opérations doivent être commencées au plus tard fin 2015. Nous atteindrions donc à peu près 86% de l'objectif règlementaire. La Seyne est ainsi pour l'instant en dessous des obligations qui lui sont assignées par la Loi au titre du PLH.

 

UNE MOYENNE ANNUELLE DE NOUVEAUX LOGEMENTS EN IMMEUBLES RÉDUITE DE MOITIÉ DEPUIS 2009 

 Et, comparé aux années antérieures, c'est-à-dire avant le PLH 2009-2015, ça représente une moyenne annuelle de 85 logements en petites constructions et 328 logements en opérations de 10 appartements et plus, contre, auparavant, 113 en villas ou petites résidences (le quart de moins) et 627 en immeubles (presque la moitié moins...)... ce qui me semble tout de même attester d'un frein réel à l'urbanisation effrénée, non ? Et ce, même si j'ai malheureusement été aidé par la crise économique... et ce qui ne me réjouit pas car des milliers de nos concitoyens sont en attente d'un habitat, et parce que l'économie du bâtiment et des travaux publics est aussi une source d'emploi, notamment pour les plus humbles de nos concitoyens.

J'en profite pour rendre hommage à l'adjoint Claude Astore, aux cadres du service de l'urbanisme, Olivier et Catherine, et à leurs équipes, qui jonglent avec brio pour réguler tout ça, entre besoins des familles, attentes des promoteurs, obligations légales, et volonté de maîtriser. Et j'apporterai demain un autre éclairage avec un retour sur la révision de notre Plan local d'urbanisme engagée en 2008 pour une mise en œuvre début 2011...

 

> ARTICLE SUIVANT

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
29 janvier 2013 2 29 /01 /janvier /2013 04:40

http://www.tshabitat.fr/communities/0/000/001/348/550/images/1878977.swfJeudi dernier, avec Joël Canapa, directeur de notre organisme d'HLM "Terres du Sud Habitat", nous adressions nos vœux les meilleurs à la centaine de personnels en activité, aux retraités, et aux administrateurs de l'établissement.

On pouvait à bon droit les remercier, les féliciter et leur souhaiter le meilleur pour 2013, car le travail qu'ils accomplissent est de bien bonne qualité. Des agents techniques, d'accueil, de garde et de gestion des immeubles, souvent en première ligne face à des personnes exigeantes pas toujours rompues aux bons usages, jusqu'aux pilotes des grands programmes de rénovation et de construction, qui se débattent pour obtenir les moyens de leurs projets, tenir les délais, contrôler les entreprises, et ceux qui assurent la logistique financière, administrative et de gestion des ressources humaines, tous prennent leur part dans la belle aventure.

DES BESOINS ÉNORMES AUXQUELS IL FAUT RÉPONDRE

Car c'est une belle mais rude aventure que de, sans cesse, rechercher des solutions pour répondre aux besoins de logements, si criants, dans un département où 7 sur 10 des foyers sont éligibles au logement social, et où le manque d'offre se chiffre en dizaines de milliers. "Terres du Sud Habitat", qui met en location plus de 5000 logements, doit traiter à lui seul en permanence plus de 3000 demandes, certaines datant de dix ans. Et il faut répondre, dans une région où le foncier constructible est rare et cher, aux besoins de relogement de ceux qui quittent les immeubles vétustes que l'on détruit, de ceux qui, bénéficiant de la loi DALO (Droit au logement opposable) sont adressés comme prioritaires par la préfecture, de ceux qui ne trouvent pas d'offre dans les communes où ils résident car le logement social y a mauvaise presse, de ceux qui, résidant dans le parc privé, ne peuvent plus régler les loyers exorbitants, des jeunes qui, même ayant la chance de travailler, faute de revenus suffisants pour régler des cautions au montant ahurissant, n'ont aucune chance de signer un bail privé, des personnes âgées seules qui réclament un logement plus petit que celui qu'elles occupent depuis l'époque où les enfants étaient sous leur toit, à l'accès ne nécessitant pas d'efforts épuisants lorsque les ascenseurs sont en panne, des jeunes couples qui voudraient enfin ne plus vivre chez leurs parents, et même grands-parents, et mener leur propre vie, des gens malades ou handicapés, résidant dans des taudis insalubres loués à prix d'or par des marchands de sommeil, des parents dont les familles s'agrandissent sans que les enfants ne puissent disposer de leurs propres espaces, des papas divorcés qui se voient refuser par le juge leur droit de garde faute de pouvoir offrir une chambre à leur enfant lorsqu'il est avec eux. Et tant d'autres dans de telles galères qu'il devient impossible de hiérarchiser les priorités.

UNE COMPLEXE ET CONSTANTE QUÊTE DE L'ÉQUITÉ

L'attribution des logements s'opère avec méthode, des critères clairs, des priorités légales et règlementaires. Mais, quand on attend depuis des années, quand l'impatience gagne, on a l'impression que rien n'avance, voire que d'autres bénéficient de privilèges. J'ai récemment entendu dire ça publiquement. C'est blessant pour le président que je suis, même je ne fais pas partie moi-même des instances qui attribuent les logements. Lors de la cérémonie des vœux, un administrateur bénévole, officier de gendarmerie en retraite, rigoureux, carré, juste, posé, incorruptible, qui siège à la commission d'attribution, m'a fait part de sa déception, et même son irritation, d'avoir lui aussi entendu pareil reproche.

Croit-on que "Terres du Sud Habitat" se serait vu décerner la Marianne d'Or 2012 pour son action, que le ministre de la Ville aurait pris le risque de choisir La Seyne pour débattre de ses projets avec les habitants, que notre ville serait citée en exemple dans tout le pays par l'Union Sociale pour l'Habitat, présidée par une ancienne ministre du logement, pour son activité en faveur de l'habitat, que nous aurions été dotés de 5 millions d'euros d'aide au titre du plan de relance de N. Sarkozy, s'il y avait quelque doute sur la probité de ceux qui gèrent notre organisme d'HLM ?

Je peux comprendre l'impatience et l'énervement de ceux qui véhiculent de tels propos à la limite de la diffamation pour ces administrateurs qui font de leur mieux, dans un cadre légal. Mais je veux leur dire de ne pas se tromper de cible. Qu'elles soient des employés ou des administrateurs bénévoles de "Terres du Sud Habitat", les personnes qui jonglent avec les rares logements neufs ou libérés le font avec grand sérieux. Il n'est pas juste de les blâmer.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 06:27

http://www.premiumorange.com/archives-autran/forum/photos_forum/manteau2.jpgQuand, il y a deux ans, avec Gilles Vincent, conseiller général et maire de Saint-Mandrier, nous nous sommes penchés sur le devenir de la magnifique corniche de Tamaris, à l'abandon depuis trop longtemps, nous y croyions dur comme fer. Sa position d'élu à l'assemblée départementale lui a permis d'obtenir des services du conseil général qu'ils travaillent à un projet de réhabiltation de cette voie.

Force cependant était de reconnaître que, même modeste, un programme de réhabilitation d'une voie littorale de six kilomètres a un sacré coût rendant l'opération infaisable en une seule fois sans aide financière extérieure à la commune. Pourtant, la rénovation de la corniche est une nécessité, du point de vue de la sécurité des piétons, cyclistes et automobilistes, mais également du point de vue de la préservation et de la mise en valeur du patrimoine naturel, architectural et paysager de ces quartiers magnifiques, et donc du développement de l'économie maritime et touristique.

AVANCER MALGRÉ LES MAUVAISES SURPRISES

Contrairement à d'autres qui sont très actifs dans la critique, j'ai donc choisi d'avancer. L'idéal aurait été que, il y a plusieurs dizaines d'années, alors que le Département ne connaissait pas les difficultés financières qu'il rencontre aujourd'hui, cette route lui soit confiée : c'était fondé, car elle n'a pas qu'une simple fonction de voie urbaine, puisqu'elle permet la desserte de Saint-Mandrier et constitue un axe rejoignant une autre route départementale, la RD 18, qui relie nos quartiers Sud à Six-Fours.

Personne, en fait, dans le passé, n'a jamais vraiment suivi le dossier. Et, les années passant, la voie s'est considérablement dégradée. Et pas seulement en surface : depuis plus d'un an, nos services travaillent sur la question et il apparaît qu'on ne peut se contenter d'un simple goudronnage de surface tant, rongé par la mer, le soubassement de la route est délabré en de nombreux endroits au point que la route risque de s'affaisser.

Agir "électoralement" en faisant du bricolage de façade n'est pas mon genre. J'ai choisi de prendre le temps de faire élaborer un schéma global, de l'infrastructure aux aménagements paysagers, terrestres et maritimes. Solide, durable, autant que simple et pas tape-à-l'œil, adapté au cadre paysager. Ce programme vise à une gestion intégrée, c'est-à-dire globale, de toute la zone côtière, et c'est la raison pour laquelle j'ai décidé d'adhérer à la charte départementale de la mer et du littoral.

En traitant la question dans son ensemble, nous aurons d'autant plus de chances d'être accompagnés par des financements du Conseil général et du Conseil régional, qui disposent de programmes spécifiques, voire de l'État et de l'Europe sur certains volets. Tant que les études techniques, qui vont commencer, n'auront pas rendu leur verdict, on ne saura pas précisément le coût de l'opération, mais les spécialistes jugent que l'estimation initiale de 7 millions d'euros qui avait été indiquée à Gilles Vincent et moi-même est irréaliste et l'évaluent déjà à quelques 20 millions d'euros ! L'équivalent du budget annuel de tous les investissements et travaux de la commune !

LA POLÉMIQUE POLITICIENNE NE FAIT RIEN AVANCER

En d'autres termes, si ça devait être à la seule charge de la ville, ce serait soit la corniche, soit tout le reste : écoles, voiries, cimetières, bâtiments publics, réseaux, rénovation urbaine, etc ! Que ceux qui font mine de déplorer aujourd'hui que ça aurait dû être fait plus tôt me disent avec honnêteté s'ils auraient fait ce choix cornélien lorsqu'ils étaient eux-mêmes aux affaires ! La vérité est qu'ils ont préféré faire l'autruche. Leurs amis UMP de la minorité du conseil municipal se sont bien gardés, quant à eux, de monter au créneau sur le sujet, faisant preuve d'un sage réalisme objectif dont je les remercie, et même reconnaissant le bien-fondé de ma démarche.

Tout ce travail d'élaboration aura pris près de deux ans, mais nous allons pouvoir avancer. Ça se précisera en relation avec les conseils des quartiers, les comités d'intérêt local, les associations de résidents et d'usagers du littoral. Le conseiller général, naturellement, a sa place dans la démarche. Même si, lui aussi, m'a semblé se laisser aller ces jours derniers à un brin de politique politicienne sur le sujet, car il ne peut ignorer que notre projet de co-financement Ville-Département de 2010 n'aurait pu voir le jour comme nous l'avions imaginé, le Conseil général m'ayant indiqué qu'il n'aurait pas inscrit (ou, pour dire vrai, pas pu inscrire) sa quote-part à son budget, ce que, moi, je comprends et ne raille pas, tant je connais ses difficultés...

Mais, si on travaille désormais sérieusement et patiemment, la renaissance de Tamaris, peut-être pas demain, bien sûr, ne sera plus une Arlésienne.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 06:55

http://stopchb.be/local/cache-vignettes/L465xH310/arton32-6f4e8.jpgÇa a curieusement fusé de tous azimuts. Il faut dire que le sujet est sensible à La Seyne. On sait comment l'urbanisation non maîtrisée dans la premère décennie des années 2000 a eu de quoi ulcérer et inquiéter nos concitoyens. Mais, là, il y a au moins incompréhension, parce que je ne veux pas croire à de la mauvaise foi, de la part de divers responsables politiques locaux, issus de tous les bords de l'échiquier politique seynois. Et, si c'était de la mauvaise foi, ce ne serait pas très fair-play.

C'est une délibération proposée au conseil municipal qui a déchaîné certains. Une délibération qui, justement, vise à protéger un quartier d'une urbanisation sauvage. Mais revenons d'abord un peu en arrière...

LA LOI "SOLIDARITÉ ET RENOUVELLEMENT URBAINS" VOTÉE PAR TOUTE LA GAUCHE

En 2000, Jean-Claude Gayssot, alors ministre communiste de l'Équipement, des Transports et du Logement dans le gouvernement de Lionel Jospin, obtint des parlementaires qu'ils votent la loi qui porte son nom, plus connue sous le titre de "Loi SRU", relative à la solidarité et au renouvellement urbains. Outre des obligations relatives au développement durable dans les villes et à la recherche d'une cohérence des aménagements sur l'ensemble des communes d'un territoire, la Loi SRU est surtout connue pour l'obligation faite aux communes de disposer de 20% de logements sociaux, à défaut de quoi celles-ci doivent s'acquitter "d'amendes" appelées "prélèvements". Précision utile : cette loi a été votée par tous les parlementaires de gauche, socialistes, radicaux, communistes et écologistes, à l'exception de 7 de ces derniers qui se sont abstenus.

LE "PROGRAMME LOCAL DE L'HABITAT" EST IMPOSÉ À TOUS PAR LA LOI

D'autres lois ont suivi la Loi SRU, notamment celle de 2006 imposant l'élaboration de Programmes Locaux de l'Habitat (PLH) à l'échelle de l'agglomération, fixant pour toutes les communes des objectifs chiffrés en matière de créations de logements, et contraignant les villes à mettre en cohérence leurs Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) avec ces PLH. Pour notre agglomération Toulon Provence Méditerranée (TPM), l'objectif légal est la création de près de 13000 logements manquants, dont 4300 logements sociaux, entre 2010 et 2016. Pour La Seyne, l'obligation est de produire 320 logements par an, dont 77 logements sociaux. Précision utile : les délégués de La Seyne au conseil communautaire de TPM, communistes, socialistes, radicaux, etc, ont voté contre ce PLH, jugé... trop peu ambitieux pour certaines communes au regard des besoins de logements. De toute façon, quoi qu'on en pense, le PLH doit s'appliquer, puisque c'est la Loi.

IL FALLAIT IMPÉRATIVEMENT FREINER L'ULTRA-URBANISATION

Un mois après l'élection de mon équipe, en mai 2008, j'ai mis en révision le Plan Local d'Urbanisme qu'avaient fait voter nos prédécesseurs. Ceux-ci avaient en effet livré la ville a une urbanisation effrénée qui bouleverse gravement certains de nos quartiers, au premier rang desquels La Rouve-Les Mouissèques, Châteaubanne-Vignelongue ou Le Gai Versant. On connaît les désordres quotidiens en matière de circulation, de stationnement, de travaux entraînés par la nécessité de "recalibrer" à la hausse les réseaux d'eau ou d'assainissement, de chantiers incessants dans l'irrespect du domaine public, de bouleversement des réseaux et nappes naturels souterrains, de chamboulement du paysage urbain, et les difficultés à répondre aux besoins de services (gardes d'enfants, accès aux écoles et loisirs, aide aux personnes âgées, etc.). Sans compter les drames et dilemmes vécus par les petits propriétaires, souvent âgés, voisins des terrains où se construisent les immeubles, poussés à leur tour à la vente par des promoteurs sans foi ni loi ou contraints de finir leurs jours dans leurs pavillons entre deux murs borgnes de près de 20 mètres de haut.

PRÈS DE TROIS ANS DE TRAVAIL INTENSE POUR MAÎTRISER DE NOUVEAU LA VILLE

Autour de Claude Astore, adjoint à l'urbanisme, et de ses équipes de fonctionnaires communaux, un PLU révisé a été élaboré, qui devait à la fois respecter les lois évoquées plus haut et mettre un coup d'arrêt aux ambitieuses folies des constructeurs. Deux objectifs totalement contradictoires (construire et ne pas construire !) à vous rendre schizophrène ! L'exercice a été long et difficile, quoique mené tambour battant et avec méthode, et, ce qui n'était pas une obligation légale, en concertation avec les habitants des quartiers les plus exposés aux affres de l'ancien PLU ainsi qu'avec les comités d'intérêt local. Le futur PLU a fait l'objet d'un recueil d'avis par une enquête publique officielle. Après plus de deux ans de travail, ce qui est tout de même un record de vitesse pour une commune de l'importance de La Seyne, il a enfin remplacé les anciennes prescriptions d'urbanisme. On était en décembre 2010. Il restait encore à attendre trois mois, délai dont disposaient les personnes souhaitant le contester, pour qu'il entre définitivement en vigueur. Fort heureusement, mais cela s'explique sûrement par l'application mise à respecter la loi et à discuter dans le détail avec l'ensemble des personnes et organismes intéressés, il n'a pas été attaqué en vue d'une annulation, contrairement à ceux de communes voisines, Six-Fours, Saint-Mandrier ou Sanary.

UN NOUVEAU RÈGLEMENT QUI A GRANDEMENT RÉDUIT L'URBANISATION EFFRÉNÉE

Depuis mars 2011, toutes les demandes de permis de construire doivent donc respecter les nouveaux règlements. Des quartiers entiers où des immeubles pouvaient être érigés sont redevenus pavillonnaires. Près de la moitié des zones que mes prédécesseurs avaient livrées à la super-urbanisation, soit 200 hectares, ont été rendues à un aménagement raisonnable, tout en ne lésant pas leurs propriétaires. Les zones demeurant très urbaines ont vu leurs prescriptions limitées : obligation d'un nombre accru de places de stationnement sur leurs emprises, hauteurs d'immeubles réduites, contraintes de retrait de construction par rapport aux voies publiques, accès mieux organisés. Des sites à enjeux paysagers et patrimoniaux, comme Saint-Elme, où des immeubles de 5 étages auraient pu demain remplacer l'habitat villageois, ont été protégés. Le PLU a été mis en conformité avec la Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP) de Balaguier, Tamaris, Les Sablettes et Mar Vivo. Tout ce qui a pu être règlementairement décidé pour réguler la frénésie urbaine l'a été (un article de Var-matin, journal dont la ligne éditoriale régionale n'est pas réputée pour être très à gauche, l'a résumé de façon intéressante en 2011). Arthur Paecht lui-même, chef de l'opposition, a reconnu que ce nouveau PLU corrigeait utilement celui qu'il avait élaboré.

ET POURTANT, ON VOIT TOUJOURS SORTIR DES IMMEUBLES DE TERRE !

Il reste que certains quartiers continuent à voir surgir des chantiers d'immeubles. Et que nombre de mes concitoyens s'en offusquent ou croient que je les ai trompés. Il y a deux raisons à cela. Pour comprendre la première, il faut par exemple regarder le nouveau quartier de "Porte Marine", face aux anciens chantiers navals. Il a fait l'objet d'un plan d'ensemble d'aménagement urbain sur une friche industrielle en partie polluée. Il était impossible de stopper net les programmes, parce que des permis de construire étaient règlementairement délivrés (j'ai essayé d'en retirer un aux Mouissèques : le tribunal administratif a eu tôt fait de me taper sur les doigts !), parce que des espaces publics étaient réalisés et prévus, parce que j'aurais lésé les propriétaires, qui se seraient à bon droit retournés contre la ville parce que j'aurais fait perdre de leur valeur à leurs biens fonciers, et enfin parce que, en pleine ville, il n'aurait pas été pensable de laisser des terrains vagues à l'abandon à côté d'immeubles neufs. J'ai donc négocié des contreparties. Les constructeurs sont engagés à produire du logement social pour permettre la "mixité sociale", des espaces collectifs sont en création, des modifications ont été intégrées.

DES CONSTRUCTIONS AUTORISÉES PAR L'ANCIEN PLAN D'URBANISME JUSQU'EN MARS 2014 !

La deuxième raison réside dans le calendrier de la révision du PLU. On a vu que, menée à un très bon rythme, celle-ci a abouti 2 ans et 7 mois après son lancement, ce qui est un record. Le délai de recours en annulation a ensuite rajouté 3 mois. Ce n'est qu'à partir de mars 2011 que le nouveau PLU est définitivement entré en vigueur. Et je dois rappeler que la Loi stipule que les permis de construire sont valables deux ans, et que le plan de relance économique du gouvernement précédent a prolongé d'une année les validités des permis délivrés afin de soutenir l'activité du Bâtiment et des Travaux Publics victime de la crise. Ça signifie, pour des permis de construire délivrés jusqu'en mars 2011, que l'on verra débuter des chantiers de constructions autorisées avec les anciennes règles du PLU de mes prédécesseurs jusqu'en... mars 2014 ! Le mois des élections municipales ! Avec ça, allez expliquer aux Seynois que vous avez tenu votre promesse de maîtriser l'urbanisation folle !!!

PAS FACILE DE SE METTRE EN CONFORMITÉ AVEC LA LOI

L'affaire qui a conduit dernièrement une partie des élus communistes du conseil municipal à voter contre une délibération, tandis qu'une certaine droite, par voie de presse, y allait de sa tirade offusquée sur le thème de "Vuillemot-le-bétonneur", relève, soit de l'ignorance, soit de la mauvaise foi, soit d'une posture à la mode "je lave plus blanc que blanc". Revenons sur nos obligations légales en matière de création de logements rappelées plus haut (320 par an, dont 25% de logements sociaux imposés par la nouvelle loi "Duflot"). Où puis-je permettre de les construire ? Heureusement pas dans nos magnifiques espaces verts urbains et périurbains (Janas, Bois de Vignelongue, Fort Napoléon, etc.). Ni dans les quartiers jouxtant ceux déjà victimes de l'ancienne super-urbanisation et qui n'en peuvent plus. Ni dans le centre ancien qui fait l'objet de patientes réhabilitation et rénovation, même si j'y soutiens la transformation de taudis indécents en petits logements pour actifs. Ni dans les zones pavillonnaires dont j'ai justement doublé la surface pour répondre à la demande de protection de leurs habitants. Ni dans les espaces dédiés à l'activité industrielle et technologique dont tous souhaitent le développement, facteur de dynamisme, de ressources et d'emploi. Alors j'ai utilisé au maximum les espaces disponibles dans le cadre de la rénovation de notre grand quartier Berthe, et des immeubles en accession à la propriété apportant une diversité sociale y sont construits ou vont l'être. Et il ne me reste que quelques sites délaissés et vieillissants.

UN BON COMPROMIS... QUE J'ESPÈRE SEULEMENT... MAL COMPRIS

C'est le cas du quartier Gaumin-Sainte-Anne dans sa partie Sud. Celui-là était promis par l'ancien PLU à être une zone d'urbanisation totale et ses habitants en concevaient à juste titre une réelle inquiétude. C'est en effet un espace de très vieux petits pavillons, d'anciens hangars plus ou moins délaissés, avec des voiries insignifiantes, bref le genre de site que les promoteurs ont tôt fait de repérer comme d'un grand intérêt par achat et regroupement de parcelles, et construction plus ou moins anarchique d'immeubles. J'aurais pu me contenter de veiller au grain en faisant simplement respecter les prescriptions d'urbanisme. J'ai pensé faire mieux, en utilisant la possibilité qui m'est donnée par la Loi de classer l'ensemble du quartier en zone d'urbanisation future, c'est-à-dire en imposant un schéma d'aménagement d'ensemble, fixant des obligations : localisation imposée des petits immeubles et des villas, espaces publics et collectifs, espaces verts, voiries d'accès et de desserte interne. L'objectif est de déboucher sur ce qui pourra être un "éco-quartier", la démarche permettant par ailleurs de réduire de plus de 300 à un nombre oscillant entre 110 et 140 le nombre de logements pouvant y être créés. Refuser un tel projet aurait laissé libre cours à une logique (façon de parler) ressemblant à ce qu'on a vu se développer ailleurs, pourrissant la vie des anciens résidents. Mieux, me semble-t-il, j'ai étroitement associé les riverains à la définition du programme. Ils ont travaillé tout l'été avec nos fonctionnaires du service de l'urbanisme, à partir d'une réunion de plus de deux heures que j'ai tenue sur place, sur la propriété de l'un d'eux qui a eu la gentillesse de nous y accueillir, pour déboucher sur un schéma d'aménagement qui concilie leurs volontés de maîtrise urbaine et de quiétude et les obligations légales. C'est ce programme que j'ai proposé au conseil municipal d'engager avec une délibération m'autorisant à confier à l'Etablissement Public Foncier Régional la charge d'acquérir des parcelles pour le compte de la ville afin d'assurer, petit à petit, une maîtrise globale du foncier et imposer aux futurs constructeurs le schéma global d'aménagement. 

POUR MOI, AFFAIRE CLASSÉE

Le mieux est parfois l'ennemi du bien. Certains ne l'ont pas compris. D'autres ont fait mine de jouer les vierges effarouchées, hurlant au bétonnage et au non-respect des engagements. Moi, je ne mets pas tout le monde dans le même sac. Je suggère à mes amis conseillers municipaux communistes, avec lesquels j'ai les meilleures relations de partenariat au sein de l'équipe municipale, de prendre garde à ne pas se mettre en porte-à-faux avec les positions que leur sensibilité politique approuve au plan national (loi "Duflot"), ou même dont elle peut à bon droit revendiquer l'initiative (loi "SRU-Gayssot"), ni avec celles qu'ils ont eues localement (vote contre le PLH de TPM, vote pour le nouveau PLU révisé), et de ne pas laisser libre cours à ceux qui seraient ravis de "surfer" sur une prétendue discorde au sein de la majorité de La Seyne. Que le "Nouveau Centre" annonce que, s'il me succède à la tête de la mairie, il se mettra hors-la-loi en imposant zéro construction, et que le Modem, dont la responsable locale, architecte de métier, ne saurait ignorer les lois et règlements d'urbanisme, enfourche la même monture, peu me chaut. Je me chargerai, le moment venu, de leur demander de rendre compte à leurs électeurs potentiels de leurs annonces aussi démagogiques qu'irréalistes voire engageant à l'illégalité, mais il ne faudrait pas, par contre, que mes partenaires naturels et sincères joignent leurs voix aux leurs et laissent planer des doutes sur notre solidarité de gestion. Mais, bon, pour moi, c'est une affaire classée.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 21:28

http://mediatheque.citedelamer.com/fr/dossiers-thematiques/recherche-et-technologie/des-engins-et-des-hommes/nautile-1984/images/zoom/1475_1_2876.jpg?50602,59Ça fait maintenant douze ans que j'ai choisi de ne pas faire réparer mon téléviseur. Et que je vis très bien sans. Mais, ces derniers jours, nombre de mes concitoyens m'ont interpellé : "Tu l'as vu, le reportage de TF1 sur La Seyne ?", "Alors, monsieur le maire, vous en dites quoi de l'émission sur La Seyne, après le JT de midi ?", "Pour une fois qu'on parle de nous !"...

Il fallait que je le voie. Miracle de la technologie d'aujourd'hui, je l'ai trouvé sur Internet. Et je l'ai regardé. Et même trois fois. Et j'ai été très très agréablement surpris. Les reporters ont su avec justesse mettre en valeur nos atouts, notre patrimoine naturel, historique, paysager, industriel, la force de nos savoir-faire maritimes et technologiques, de la Baie du Lazaret au Pôle de Compétitivité technologique "Mer" à vocation mondiale de Brégaillon, la rénovation de notre centre ancien. Il y manque certes la redynamisation de nos grands quartiers populaires de Berthe qui, d'ici fin 2013, auront vu le lancement des derniers grands chantiers de réhabilitation pour leur donner une vraie dimension urbaine.

Pour une ville que sa municipalité "enfonce chaque jour un peu plus dans le marasme", comme l'estimait récemment dans une lettre aux Seynois le député-maire de Six-Fours, en campagne pour les législatives, ce n'est pas vraiment l'impression que le reportage donne. Et on ne pourra pas accuser la rédaction de TF1 d'être aux ordres des concurrents de M. Vialatte...

> Pour voir (ou revoir) le reportage de TF1 "Zoom sur La Seyne-sur-Mer", cliquez sur le téléviseur ci-dessous...

http://us.123rf.com/400wm/400/400/dmstudio/dmstudio1107/dmstudio110700057/10099111-televiseur-retro.jpg


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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 06:11

http://www.la-seyne.fr/joomla/images/stories/fte-de-Berthe20.jpgSamedi dernier, c'était fête aux Mouissèques, sur l'Esplanade Marine. Un temps exceptionnel de détente, d'échanges, de spectacles, de convivialité, dans un quartier qui souffre beaucoup de son urbanisation rapide encore inachevée. Comment ne pas être impressionné par le vecteur que représente un tel événement pour relier les gens entre eux : les anciens du coin, qui ont vu des immeubles surgir sans crier gare contre la clôture de leur petite propriété et se battent pour préserver leur cadre de vie, comme les nouveaux résidents, qui ont pu trouver là un moyen de prendre toute leur place dans leur nouveau quartier. Bravo au Comité d'Intérêt Local du secteur, qui s'enrichit peu à peu de la participation des acteurs des associations syndicales des habitants des nouvelles résidences !

D'UN QUARTIER À L'AUTRE, FÊTE ET CONVIVIALITÉ

Et c'est par milliers que les gens sont aussi venus jeudi dernier à la fête de Berthe, au "carré du Messidor". Chapeau aux organisateurs de cette dixième édition, plus d'une vingtaine d'associations et de services de la commune, pour cet événement qui aura demandé des mois de préparation. C'est d'autant plus méritoire que, en dix ans, les moyens financiers et humains de tous ont considérablement diminué et qu'il aura fallu, plus que jamais, bricoler, coopérer, mutualiser, imaginer, pour parvenir à un résultat d'exceptionnelle qualité.

J'y ai passé trois heures, avec d'autres élus et Ladislas Polski, notre candidat MRC-PS-PRG-EELV aux élections législatives. Sans avoir pu aller à la rencontre de tous, faute de temps. Car j'ai, encore et toujours, été interpellé par des dizaines de personnes en souffrance avec lesquelles j'ai chaque fois longuement échangé.

MANQUE DE LOGEMENTS : DES TÉMOIGNAGES POIGNANTS

C'est la question du logement qui est récurrente. Un vrai drame ! C'est en 1965 que l'abbé Pierre a évoqué "l'espoir d'avoir un toit, du travail et du pain". Et, presque 50 ans après, on a le sentiment que rien n'a avancé. Moi, je suis révolté quand je rencontre une dame âgée, malade, en fauteuil roulant, ou telle autre qui élève seule son enfant lourdement handicapé, qui ne parviennent pas à muter de leurs logements en haut d'une tour vers des appartements accessibles. Je suis révulsé quand je discute avec une jeune femme, atteinte d'un cancer, mère seule, qui attend depuis des années qu'on lui propose un logement. Je suis désabusé quand un père me présente sa petite famille en m'expliquant que les siens vivent à douze, de trois générations, dans le trois pièces de ses parents. Je suis désolé quand tel autre me dit qu'il est exaspéré d'attendre et qu'il pourrait fracturer la porte d'un appartement en attente d'attribution pour le squatter, au risque de se faire expulser, ou quand on me propose de l'argent pour faire activer un dossier, ou qu'on manifeste son indignation en pensant que telle famille a bénéficié d'un passe-droit pour être logée plus vite que les autres.

On ne peut pas vraiment dire que je me fasse tancer. J'explique, sans relâche. J'explique que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a. J'explique que l'office d'HLM de La Seyne dispose de 5000 logements et qu'il y a en permanence plus de 3000 foyers en attente d'attribution. J'explique que, depuis mon élection, plus de 500 nouveaux logements sociaux ont été construits à La Seyne, mais le besoin est au moins de 11.000 pour l'agglomération toulonnaise. J'explique que l'application de la loi DALO (Droit Au Logement Opposable), qui est une excellente chose en soi, complique les choses parce que ses bénéficiaires, qui ne sont pas forcément d'ici, sont prioritaires pour les attributions et relèguent en queue de liste d'attente ceux qui espèrent un logement, certains depuis une douzaine d'années. J'explique, sans cesse. Mais les gens restent sur leur faim.

LA DROITE, CLAIREMENT RESPONSABLE !

J'ai croisé à cette fête le député UMP sortant de la circonscription, maire de Six-Fours. J'aurais dû dire à mes interlocuteurs en désespérance d'aller lui parler de leurs problèmes. Parce que le frein à la politique d'aide d'État au logement social, c'est bien le gouvernement de Sarkozy et Fillon, qu'il a soutenu, qui en est responsable. Sauf La Garde et La Seyne, aucune des communes des alentours de Toulon non seulement ne remplit son obligation légale de disposer de 20% de logements sociaux, mais, de plus, beaucoup d'entre elles ne tiennent pas leurs engagements réglementaires de rattraper leur retard, ainsi qu'en atteste la très officielle carte ci-dessous. Et les sanctions qui leur sont appliquées après constats de carence sont dérisoires pour des villes dont les budgets sont plutôt confortables.


> Carte établie au 5 juillet 2011 par les services de l'État (DREALE PACA - Ministère du Logement), extraite d'un rapport au Comité Régional du Logement

sru_prov_med.jpgPour les 12 communes de l'agglomération toulonnaise (sauf Le Revest, non concernée par la loi) plus Bandol et Sanary...

En BLANC : les deux communes en règle avec la loi (La Seyne, La Garde)

En VERT : la seule commune aux efforts reconnus (La Valette)

En JAUNE : les communes qui font un peu d'efforts (Ollioules, Toulon, Le Pradet, La Crau, Hyères)

En ORANGE : les communes qui ne font presque aucun effort : Bandol, Six-Fours, Sanary, Saint-Mandrier, Carqueiranne... donc toutes celles de la circonscription dont M. Vialatte est député, sauf La Seyne...


Je trouve parfois que c'est injuste que ce soit moi qui sois pris à partie, alors que ma ville accomplit des efforts significatifs, me disant : "Mais pourquoi les gens ne vont-ils pas engueuler les maires des autres villes ? Ils ont du terrain, de l'argent, il ne leur manque que la volonté. Que craignent-ils ? Je n'ose pas imaginer qu'ils ont peur des pauvres, des humbles..." C'est peut-être que les gens s'imaginent que ça ne servirait à rien...

VERS LE LOGEMENT POUR TOUS, LE CHANGEMENT, C'EST MAINTENANT

Moi, je crois surtout qu'il faut que ça change. Sans une politique courageuse, ambitieuse et contraignante de l'État, nous n'y parviendrons jamais ! François Hollande a formulé des propositions claires et réalistes pour le logement :

 "Dans les zones où les prix sont excessifs, je proposerai d’encadrer par la loi les montants des loyers lors de la première location ou à la relocation. Je mettrai en place pour les jeunes un dispositif de caution solidaire. J’agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, soit 300 000 de plus que lors du quinquennat précédent, dont 150000 logements très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A. Je renforcerai la loi SRU, en multipliant par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes refusant d’accueillir les ménages aux revenus modestes et moyens. Je porterai à 25% les exigences en matière de construction de logements sociaux et je favoriserai la mixité sociale en imposant une règle des trois tiers bâtis : un tiers de logements sociaux locatifs à loyer modéré, un tiers de logements en accession sociale, un tiers de logements libres. Je mettrai gratuitement à disposition des collectivités locales les terrains de l’État qui sont disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans." (propositions 22 et 23 des 60 propositions de F. Hollande)

Les 10 et 17 juin, à l'occasion des élections législatives, nous devrons donner une majorité solide à François Hollande, en votant pour les candidats de la nouvelle majorité présidentielle. Et c'est pour accompagner ce mouvement nécessaire que j'ai accepté d'être candidat suppléant à l'élection de notre 7ème circonscription, en compagnie du Docteur Ladislas Polski.

J'invite d'ailleurs les visiteurs de ce blog à venir débattre du dur sujet du logement mercredi prochain 23 mai à La Seyne...

REUNION-PUBLIQUE-LOGEMENT-POLSKI-LIENEMAN-v2.jpg

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat
6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 18:02

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQb7g3B7ezcpyfxVfwbKUGlRJH0scukdCdX12Z0Zi2Dq8ks7brjDwIl y a un moment où il faut que ça s'arrête. On ne va pas laisser une poignée d'ados et de jeunes gens continuer à se détruire socialement à l'aurore de leur vie, dégrader les biens communs, y compris certains qui viennent d'être tout juste rénovés, pourrir la vie de milliers d'habitants, faire baisser les bras aux entreprises qui oeuvrent pour la réhabilitation de nos quartiers populaires en saccageant leurs engins de chantiers et menaçant leurs employés, et, au bout du compte, générer un surcoût de la rénovation urbaine qui pourrait atteindre... le million d'euros !

Je ne suis pas un adepte de la manière forte, loin de là, mais lorsqu'on en arrive là, il faut "mettre le paquet". C'est ce que Jocelyne Léon, adjointe à la sécurité et l'action socio-éducative, et moi avons expliqué ce lundi aux sous-préfets responsables des services de l'État en matière de police, de prévention et d'accompagnement social.

Il faut pouvoir empêcher les incivilités et les délits par une présence policière préventive visible, mais aussi interpeller, disposer de preuves et juger les fauteurs de troubles. La confrontation à la Loi républicaine est nécessaire. Or, quoi qu'on me dise, je dis et redis que les effectifs de la Police Nationale de notre circonscription de La Seyne et St-Mandrier ne sont pas à la hauteur des besoins. Faisons une simple règle de trois : il a à Marseille un policier pour 305 habitants ; nous sommes 68.000 habitants (sur les deux communes) ; nous devrions donc disposer, si nous étions traités à la même enseigne, de 222 policiers, alors que notre commissariat n'en dispose que... d'un peu plus d'une centaine, auxquels on peut rajouter la vingtaine d'agents de la Brigade de Sécurité Territoriale que nous partageons avec le quartier toulonnais de La Beaucaire. On est très loin du compte ! Où est l'égalité républicaine entre les territoires ?

Et, je suis désolé, ce n'est pas le rôle de nos policiers municipaux de conduire ce travail. Chacun son métier.

Mais la police ne peut pas tout, et il faut aussi déplorer la baisse cruelle et inadmissible des moyens dévolus aux éducateurs de rue du service de prévention spécialisée de l'Association de Prévention Et d'Aide à l'insertion (APEA), dont les effectifs diminuent chaque année du fait des baisses de subventions, en particulier du Conseil Général du Var qui a pourtant en charge l'aide sociale à l'enfance mais qui semble l'oublier... ou, du moins, l'oublier sélectivement, car les équipes de prévention d'autres communes, telles Hyères et Toulon, sont plutôt mieux loties que ne l'est La Seyne. Allez savoir pourquoi... Vous avez dit (encore !) égalité républicaine des territoires ?...

Le monde associatif n'est pas mieux traité. Pourtant, par l'offre d'activités sportives et éducatives de tous ordres qu'il offrait naguère, il contribuait largement à la prévention naturelle des déviances découlant de l'inactivité. Les suppressions des financements publics ont conduit en moins de deux années à la disparition d'associations essentielles, comme la JSS, le club de foot de Berthe, et GASPAR, qui occupaient utilement des centaines d'enfants, d'ados et de jeunes adultes. D'autres associations "survivantes" sont sur la corde raide. L'association qui a pris le relais de "Sphinx" pour l'aide aux toxicomanes, implantée jadis au Vendémiaire, a refusé de s'installer au quartier Berthe sans que sa tutelle publique d'État n'y trouve à redire. Et, si la Ville, de son côté, a ouvert un Espace Accueil Jeunes à Berthe-Est, aide au maintien d'une partie des activités qu'offrait GASPAR au Germinal via d'autres associations, et s'efforce de maintenir ses subventions et moyens matériels aux associations de proximité, on est très loin du compte des besoins. Car les crédits d'État de la cohésion sociale baissent chaque année, et ceux, départementaux, du contrat éducatif local subissent le même sort.

L'Éducation nationale, en direction des collégiens, semble vouloir recentrer sa mission sur son rôle le plus strict d'instruction, renonçant à la diversification pédagogique, aux activités ouvertes, sorties et voyages scolaires, qui constituaient autant de moyens de réconcilier les jeunes avec l'École, de faire vivre des situations de vie collective facteurs d'apprentissage des régles de vie sociale. Pour les plus grands, la Mission Générale d'Insertion, instrument de l'Éducation nationale dédié à l'accompagnement des jeunes sortant du système scolaire sans solution, a vu ses effectifs d'encadrement chuter abyssalement, et ne peut plus utilement remplir son rôle. C'est très inquiétant.

Les entreprises et associations d'insertion sociale et professionnelle sont aussi à la peine. Ainsi "Pro-Jeunes" a mis la clef sous la porte. La Ville confie le maximum possible de chantiers à celles qui parviennent à survivre, mais l'offre de places en insertion est grandement en deça des besoins. Par ailleurs, les "emplois aidés" disparaissent. Et si, grâce aux entreprises qui jouent le jeu (et sont bien mal payées de retour !), l'objectif obligatoire de 5% d'emplois d'insertion des marchés publics de la Ville et de l'Office d'HLM "Terres du Sud Habitat" est largement dépassé, puisqu'on arrive à plus de 11%, on ne parvient à avoir aucune lisibilité de la réalité des bénéficiaires, pour concevoir collectivement de vrais parcours d'insertion mobilisant l'ensemble des acteurs sociaux, car la Maison de l'Emploi de Toulon Provence Méditerranée, habilitée et financée pour assurer le suivi, s'en tient à travailler à distance et à fournir des statistiques anonymes dont on n'a que faire sur le terrain !

Dans un tel décor d'apocalypse, comment veut-on que ça marche ? Que cherche-t-on ? Une société à l'américaine avec ses ghettos sordides ? L'émergence d'une société totalitaire d'exclusion, comme y songe le sinistre Front National, et qui semble ne pas effrayer certains hommes politiques de l'UMP pour ratisser un électorat perdu ? Une accélération des replis communautaires dont rèvent les archaïques religieux de toutes confessions ? Ça règlera quoi ?

Moi, j'ai été élu pour contribuer à faire vivre les valeurs égalitaires et fraternelles de la République. Pas pour assister à ça sans rien faire.

Je ne veux pas devoir faire comme mon collègue Stéphane Gatignon, maire de Sevran, qui a dû se résoudre à demander l'intervention... de l'armée ! Je l'ai expliqué avec détermination aux sous-préfets. La balle est dans le camp de l'État. C'est sa mission régalienne. Il faut qu'il l'exerce. Du côté de la Ville, j'assume et j'assumerai mon rôle.

On nous a proposé une série de rendez-vous de travail avec l'ensemble des partenaires concernés par les difficultés que je viens d'évoquer. Il faut qu'ils soient mis en place en urgence et qu'ils débouchent sur du concret. Et des moyens sérieux.

Sinon, à quoi auront servi les 266 millions d'euros investis dans la rénovation de nos quartiers populaires, et cette mobilisation exceptionnelle des entreprises, des travailleurs sociaux, des policiers, des enseignants, des citoyens eux-mêmes, qui sont tous à la peine comme ils ne l'ont jamais été ?...

Il y a état d'urgence.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Rénovation urbaine - aménagements et habitat