17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 07:02

http://media.paperblog.fr/i/477/4777961/cette-annee-vais-faire-courses-rentree-ligne-L-WZHJd_.jpegOui, je le maintiens, la réforme des temps de vie des enfants a un sens et une utilité pour les écoliers.

C'est bien pour cela, sûrement, que de nombreuses organisations l'ont réclamée en 2011 en signant "l'appel de Bobigny" : des syndicats de l'Éducation nationale et confédérations interprofessionnelles (FSU, CGT, CFDT, UNSA, parmi d'autres), une importante association nationale de parents d'élèves (FCPE), la quasi-totalité des mouvements d'éducation populaire, de scoutisme et de formation d'animateurs socio-éducatifs, des associations de personnels territoriaux, dont celle des fonctionnaires des services communaux de l'éducation et de l'enfance (ANDEV).

Et que, parmi les premiers signataires, on comptait aussi près de 80 maires de villes grandes et moyennes, de toutes sensibilités, même si les édiles de gauche, dans toutes ses composantes (EELV, MRC, PRG, PS, PCF), composaient l'essentiel de la liste. J'étais de ceux-là.

Pourquoi alors, aujourd'hui, tout le monde - ou presque - est-il vent debout contre la réforme réclamée ?

À l'épreuve de l'exercice de sa mise en œuvre, les constats sont évidents...

 

C'EST COMPLIQUÉ, COÛTEUX, DÉSTRUCTURANT

C'est compliqué.

C'est très coûteux pour les finances communales au point que ça entraînera immanquablement une hausse de l'imposition locale, d'autant que c'est concomitant à la baisse des dotations de l'État aux communes.

C'est inabouti car se limitant à la semaine scolaire sans agir sur la durée des congés.

Ça oblige à reprendre aux écoles des ressources humaines que les communes leur allouaient en temps scolaire pour les redéployer en temps périscolaire, entraînant une réduction au minimum règlementaire du nombre des ATSEM (agents communaux des écoles maternelles) et une diminution, voire suppression, des activités conduites en coopération entre enseignants et animateurs socio-éducatifs, sportifs ou culturels.

C'est fragilisant pour l'égalité républicaine que l'État éducatif doit aux enfants de France, car les communes pauvres ne peuvent y investir suffisamment de moyens financiers, et celles - souvent les mêmes - accueillant des gens humbles ne peuvent leur demander de payer pour les activités nouvelles. Et on peut hélas imaginer que trois heures de moins d'école obligatoire se traduiront, pour les enfants les plus fragiles des quartiers populaires où les familles peinent à exercer leur fonction parentale, par trois heures de plus dans la rue, avec les risques de déviances que cela peut entraîner (La Seyne n'est pas "zone de sécurité prioritaire" pour rien...). Sans compter que, rien ne permettant d'assurer qu'on disposera d'assez d'adultes pour accueillir tous les enfants, rien n'est dit sur les critères de choix des "heureux bénéficiaires"...

Ça rompt avec la "discrimination positive" que, depuis plus de trente ans, la politique des "zones d'éducation prioritaire" avait initiée pour compenser les inégalités socio-économiques pour l'accès aux savoirs. Ainsi, par exemple, La Seyne, premier site d'éducation prioritaire de l'académie de Nice, ne bénéficiera même pas de la majoration portant de 50 à 90 euros la subvention d'État dédiée au dispositif !

C'est inquiétant en matière de sécurité des enfants car, pour atteindre l'impossible objectif de s'occuper après l'école de tous ceux que les parents ne pourront venir chercher en milieu d'après-midi, on autorise des taux d'encadrement si faibles qu'il sera difficile d'envisager autre chose qu'une garderie sans activités structurées, avec tous les risques que cela peut entraîner pour des enfants ayant travaillé depuis le matin... en particulier les petits de maternelle.

Ce qui sera gagné en qualité des temps d'apprentissage scolaire sera perdu en qualité et quantité de l'offre des activités périscolaires existantes. Ça démantèle les organisations des offres éducatives complémentaires à l'école : initiations sportives, accueils de loisirs sans hébergement, activités de conservatoires, écoles et clubs de musique, etc.

 

C'EST INQUIÉTANT POUR LES PERSONNELS DE MAIRIE ET LES ASSOCIATIONS

 Ça met à mal les patients efforts accomplis depuis des décennies pour une meilleure connaissance - et reconnaissance - mutuelle entre enseignants, agents territoriaux, volontaires et personnels du monde associatif, les premiers ayant été appelés à se prononcer avec les familles sur le schéma d'organisation dans leurs conseils d'écoles, instances qui ont le dernier mot, les autres étant laissés à la porte de la décision finale alors même qu'ils ont travaillé depuis des mois pour élaborer des projets cohérents d'organisation des temps. Que les mairies payent et se taisent !

Ça inquiète à juste titre les agents territoriaux sur leurs nouvelles missions, sur le respect de leurs statuts, sur la désorganisation de leur travail, sur l'exercice de leurs responsabilités dans un système mal organisé, et même, pour les vacataires et salariés publics horaires, sur la pérennité de leurs emplois ou le maintien de leurs temps de travail, donc de leur salaire. Ainsi, à La Seyne, ça pourrait représenter de 4 à 5 heures de moins pour les animateurs de loisirs. On ne peut que comprendre leur angoisse et leur choix de se faire entendre en déposant un préavis de grève reconductible. Et il est bien normal qu'ils interpellent leur employeur... tout en sachant qu'il serait aussi judicieux qu'ils interpellent l'Éducation nationale...

Et il en est de même des personnels associatifs de ces champs d'activités, comme aussi de la pérennité de certains clubs et associations qui, ne pouvant plus exercer leurs missions, verront leurs subventions publiques diminuées. Quand on sait le rôle que les associations jouent, notamment dans les communes à la population fragile, pour la régulation du climat social, on peut à bon droit s'inquiéter.


L'ÉTAT DOIT NOUS ENTENDRE : OUI À LA RÉFORME, MAIS AVEC LES MOYENS !

Alors, oui, la réforme a un sens et est utile. A La Seyne, nous voulons la mettre en œuvre. Mais pas dans de telles conditions.

J'ai donc réclamé ce lundi aux instances politiques régionales de l'Éducation nationale, donc au cabinet de Madame le Recteur, que ces éléments soient enfin considérés, que soient garantis durablement à la commune les 1,15 millions d'euros annuels nécessaires à une organisation correcte (contre les 0,31 millions annoncés pour les deux seules premières années scolaires), et que les élus locaux, les personnels territoriaux et les associations partenaires agréées aient le même poids que les enseignants et les parents dans les choix et décisions d'organisation, dans une instance autre que les conseils d'écoles.

Et il y a urgence !

C'est à ces conditions que l'intérêt des enfants sera préservé et qu'on réussira une réelle avancée pour la construction de futures adultes citoyens, éclairés, instruits, ayant développé le meilleur de leurs potentialités. Ce que nous devrions tous souhaiter.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 03:44

http://www.villeseducatrices.fr/ressources/actualite/DSC_0051.jpg« Pour améliorer les rythmes de vie et de travail des enfants et des jeunes, très rapidement il faut un cadre national, décliné dans les projets éducatifs de territoire et les projets éducatifs d’établissement. Il doit prendre en compte les préconisations de l’Académie de médecine à propos de l’école primaire. Il faut donc alléger la journée et adapter le travail scolaire aux temps favorables aux apprentissages, alterner et équilibrer dans la journée les différentes formes de regroupement, les différentes activités et disciplines, les formes de travail, garantir la pause méridienne, refuser la semaine actuelle de 4 jours et prioriser un rythme annuel alternant 7 semaines scolaires et 2 semaines complètes de vacances intermédiaires, définir un volume annuel d’heures d’enseignement. Ce cadre national doit préconiser l’articulation des temps éducatifs et sociaux, leur mise en cohérence et la coopération éducative de tous. La conférence nationale sur les rythmes, convoquée par le Ministère à l’initiative de partenaires des Assises, doit commencer par acter ce cadre national pour ne pas reporter les premières décisions. Elle doit permettre ensuite de travailler avec tous les acteurs concernés pour dépasser les conflits d’intérêts et définir les moyens de sa mise en œuvre. »

 

MÉMOIRE COURTE OU CHANGEMENT DE VISION ?

 Ce texte est un extrait de ce qu’on a appelé « L’appel de Bobigny », qui était une adresse en forme « d’appel à la Nation et à ses responsables politiques »,  réclamant « un grand projet national pour l’enfance et la jeunesse ». On était en octobre 2010. Le ministre de l’Éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative était l’UMP Luc Chatel.

Et il a été signé entre 2010 et avril 2012 par les organisations dont on trouvera la liste ICI, et dont certaines sont aujourd’hui vent debout contre cette réforme qui ne propose que de mettre en place... ce qu’elles demandaient ! Allez comprendre...

Moi, comme maire, je l’avais signé à l’époque. Je ne me renierai pas. Mais à la condition que les moyens me soient donnés pour pouvoir assurer une mise en œuvre dans la sérénité et sans que ça ne rende exsangues les finances de ma commune et des Seynois...

 

> Lire l'intégralité de "l'appel de Bobigny"

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 18:10

http://www.csjonquiere.qc.ca/fichiers/images/small_lettre_ouverte___1465____phototeque.jpgMaintenant, tout le monde est contre. Pas pour les mêmes raisons, mais, à les entendre, ce mardi soir, lors d'une réunion du comité que j'ai mis en place il y a plusieurs mois pour préparer puis suivre la mise en œuvre de la réforme dite "des rythmes scolaires", les enseignants, les parents, les syndicats, les associations, les personnels territoriaux, il ne s'est pas élevé une seule voix pour plaider en faveur de ce nouveau dispositif scolaire. J'avais pourtant entendu il y a encore quelques semaines les mouvements éducatifs et associations d'éducation populaire, pas mal de professeurs, et au moins la FCPE parmi les associations représentatives de parents d'élèves, dire tout le bien qu'ils pensaient de cette réforme. Et là, plus que des refus ou des silences.

Moi, je suis bien ennuyé. Je défends l'absolue nécessité d'une prise en compte des besoins des enfants. Je ne veux pas me prêter à une instrumentalisation politique du sujet. Je veux être en conformité avec la Loi car, de toute façon, si je ne le suis pas, la justice administrative aura tôt fait de me contraindre à rentrer dans le rang. Mais, comme je le dis depuis le début, il faut que le nouveau système ne démantibule pas l'offre existante d'activités périscolaires socio-éducatives, sportives et culturelles existantes, ni ne génère un coût supplémentaire pour la commune et mes concitoyens.

À l'issue de trois heures de rencontre, j'ai donc adressé un courrier à Benoît Hamon, ministre de l'Éducation nationale...

 

Monsieur le ministre,

Ils étaient plus d’une centaine, en face de moi, ce mardi soir, pendant trois heures, rameutés par mon invitation à une nouvelle phase du dispositif de concertation que j’ai mis en place il y a plus d’un an pour répondre, en mobilisant la communauté éducative dans son ensemble, enseignants, parents, associations, syndicats, à la commande de votre prédécesseur à l’éminente fonction de ministre de l’Éducation nationale, que vous occupez désormais, de traiter de la question des temps de vie des enfants.

Nourrie au lait de 150 années d’anarcho-syndicalisme de la construction navale, La Seyne est rebelle, ça se sait chez nous, et même en haut lieu (notre lutte de 2011 pour conserver notre maternité est dans le souvenir de tous...).

Et, là, rebelle, elle l’est, croyez-moi !

Moi, je leur ai expliqué la règle du jeu. Une énième fois. Il n’y a rien à faire. Ils sont tous vent debout.

Tous !

Que vous compreniez bien : La Seyne, ville la plus pauvre de PACA, où l’impôt local est le plus élevé du Var, a fait ses comptes. L’organisation d’activités périscolaires pendant une heure en fin d’après-midi, c’est, dans tous les cas, un surcoût pour la commune de 600.000 à 1.200.000 euros (d’1 à 3 points d’impôts) selon le nombre d’enfants dont les familles demanderont qu’ils en bénéficient (hypothèse basse : 3500 des 6200 écoliers de la ville - hypothèse haute : 6000 des 6200 écoliers de la ville). Et la cinquième « matinée Peillon » en classe, si je la place le mercredi, c’est de plus 550.000 autres euros à supporter (environ un autre point d’impôt) car, contrairement au samedi, elle impose a minima l’organisation d’un service de restauration scolaire et d’une garderie du matin comme il en existe déjà pour les actuels jours d’école.

C’est pourquoi j’ai annoncé que, sauf à saigner un peu plus mes concitoyens, seule la classe le samedi pouvait être compatible avec l’exercice d’équilibriste pour le budget communal que me contraint de faire cette réforme, imposée de surcroît au moment où notre Premier ministre nous annonce que les collectivités participeront à l’effort de réduction du déficit public à hauteur de 11 milliards d’euros, ce qui se traduit pour La Seyne, dès 2014, par un million d’euros de perte de la dotation globale de fonctionnement, et je vous laisse imaginer les trois années à venir...

Donc, j’ai expliqué que, m’étant engagé pendant la campagne électorale à contenir la pression fiscale, seul le retour du samedi comme journée de classe, mois coûteux car n’obligeant pas à assurer la restauration scolaire, constituerait une solution d’un coût acceptable pour mes finances communales et le porte-monnaie de mes contribuables.

Horreur ! Levée de boucliers tous azimuts !

Il y a les profs, vous savez leur position, ils vous l’ont exprimée au travers de leurs organisations syndicales, tant lors de la réunion récente du Comité technique ministériel que lors de celle du Conseil supérieur de l’éducation. Ceux de ma commune ne dérogent pas. Ils sont courtois et respectueux, mais les choses sont claires : pour eux, Jules Ferry se retournerait dans sa tombe si, de l’au-delà, il apprenait qu’un maire leur dictait leurs horaires de travail ! La République, la nôtre, est une et indivisible. L’Éducation est une mission régalienne de l’État. Et, moi, prof de mon état, militant syndical que j’ai oublié d’être ce soir-là, je manque d’arguments à leur opposer, tant ce qu’ils avancent est fondé.

Il y a les parents, qui sont de moins en moins investis dans leurs associations reconnues et agréées par votre ministère (FCPE et PEEP, notamment) pour porter la bonne parole collective des besoins généraux de leurs enfants, mais de plus en plus « autonomes » et prompts à se coucher au travers d’une autoroute pour obtenir la mutation d’un prof qu’ils estiment avoir abusivement mal noté leurs progénitures ; vous connaissez comme moi leurs propos : si on rétablit la classe le samedi, ce sera la difficile gestion de leurs enfants dont certains seront écoliers travaillant le samedi et les autres collégiens dans leurs établissements le mercredi, le drame des pères séparés qui ne pourront jouer tout leur rôle pendant le week-end écourté au cours duquel ils ont la garde de leurs petits, la catastrophe des week-ends rognés où la famille ne pourra plus se retrouver dans une belle symbiose affective, l‘épuisement des enfants qui devront se lever tôt six jours sur sept car, de toute façon, ils devront aller chez la grand-mère, ou au centre aéré, ou au club de foot, pour être pris en charge le mercredi car leurs parents travaillent ou cherchent un emploi.

Il y a les acteurs des associations socio-éducatives, sportives, culturelles, qui n’osent exprimer leurs inquiétudes face à un déferlement de rejet de cette réforme qui pourrait bien réduire leurs capacités à mener à bien leurs missions au service de leurs publics, craignant aussi que leurs subventions communales et prestations de services de la CAF ne disparaissent pour financer la mise en œuvre de la réforme.

Il y a les politiciens habiles, qui « surfent » sur le mécontentement de tous. Et je vous prie de croire que, dans le Var bleu, ils ne manquent pas ! Mis à part une dizaine d’abstentionnistes et d’opposés, dont moi-même, les 132 maires du département présents à l’assemblée générale de l’AMF 83 ont voté comme un seul homme une motion imposée par « l’homme fort du Var », le sénateur-maire de Toulon, exigeant le retrait de « LA réforme ». Et ils entraînent « le peuple » dans leur stratégie visant à en découdre avec la majorité nationale.

Et il y a les personnels de la mairie, et leurs organisations syndicales. Les éducateurs sportifs, les profs de mon école municipale des Beaux-Arts ou ceux du conservatoire intercommunal de musique, qui m’expliquent, à juste titre, que ce serait un gâchis, à défaut de pouvoir transporter les enfants à 15h45 vers les équipements sportifs et culturels ad hoc (je ne dispose que de 4 bus pour 6200 écoliers), et sur une durée suffisante d’activité, de balayer d’un revers de main leurs formations, leurs qualifications, leurs expériences, leurs statuts professionnels, pour les utiliser à assurer trois quarts d’heure de « garderie » dans une cour d’école, car on ne peut faire mieux si on ne dispose ni des équipements adaptés et agréés ni de la durée nécessaire à se rendre dans les sites permettant de vivre une activité digne de ce nom. Pareil pour les ATSEM, les personnels de restauration scolaire, les femmes de ménage, les agents des services techniques qui assurent les petits travaux dans les écoles, toutes ces « petites mains » de catégorie C de la fonction publique territoriale qui jouent un rôle méconnu mais majeur pour l’École de la République, et leurs cadres motivés et motivants, qui me disent qu’ils sont effrayés d’un bouleversement de leurs obligations, sans compensation, et dont les syndicats sont prêts à en découdre.

Ma posture, Monsieur le ministre, n’est plus tenable.

Ce mardi soir, j’ai continué à plaider le bien-fondé de la prise en compte des temps des enfants. J’ai rappelé qu’une telle réforme est légitimée par le vote de 52% de nos concitoyens en faveur du candidat Hollande à la Présidence de la République, qui n’a pris personne en traitre et a déclaré avant son élection qu’il « faudra notamment revenir à une année scolaire plus ample et moins dense, c’est-à-dire à des semaines de travail réparties sur 5 jours, mais aussi rendre l’année scolaire moins compacte en l’allongeant d’au moins deux semaines et instaurer un rythme fondé sur l’équilibre de sept semaines de travail/deux semaines de repos », et que le Président ne fait que demander à son gouvernement d’appliquer le choix de son peuple.

Mais le peuple est versatile.

Le fait est là. Je suis seul contre tous à défendre ce qui est devenu indéfendable.

En l’état, cette organisation imposant cinq matinées d’école est impossible à La Seyne, sauf à augmenter de façon significative l’impôt, ou supprimer d’autres services publics communaux, ou créer de l’inégalité d’accès entre enfants des divers quartiers et diverses classes sociales aux activités périscolaires en demandant une participation financière aux familles, ou démantibuler l’offre éducative périscolaire existant sur la commune depuis six à sept décennies, dont bénéficient 2039 enfants, soit le tiers des écoliers de primaire, parmi lesquels plus de la moitié des écoliers d’élémentaire.

Mais je me refuse à opter pour à l’une ou l’autre de ces solutions.

Je me refuse aussi à joindre ma voix à celles de mes collègues varois de droite dont les cris d’orfraie exigeant un retrait du décret ne visent pas à servir les intérêts des enfants mais à préparer le terreau électoral de prochaines échéances.

L’école le samedi est le moins irréalisable. Mais force est de reconnaître que personne n’en veut.

Et je n’ai pas de solution de rechange compatible avec la teneur du décret.

Seul candidat socialiste du Var aux élections municipales de mars ayant eu le courage d’afficher le poing et la rose sur mes documents de campagne, aujourd’hui un des rares derniers maires de gauche de mon département et de ma région où s’ancrent la droite extrême et l’extrême-droite, je veux bien continuer à porter la flamme d’une réforme aux fondements utiles et à servir de punching-ball.

Mais je n’accepterai pas qu’il en coûte à mes concitoyens ni aux personnels de la commune.

Il s’offre désormais à moi quatre solutions...

1. On passe en force avec l’instauration de la classe le samedi, ce qui serait le moindre mal quant à la faisabilité, mais dont personne ne veut. Qui de l’institution de l’Éducation nationale viendra me soutenir ?...

2. On ne touche à rien et je me place hors-la-loi, rejoignant l’immense majorité de mes collègues varois. Ça, je m’y refuse pour l’instant, quand bien même, pressé par le peuple rebelle de La Seyne hostile à cette réforme qui jetterait à la rue des enfants en plein après-midi, qui m’obligerait à accroître la pression fiscale, qui réduirait l’offre périscolaire d’activités, qui mépriserait les personnels communaux, je trouverais sans difficulté de bonnes raisons pour réclamer la mort de la réforme.

3. On applique la réforme en instaurant la classe le mercredi comme c’est maintenant exigé par les désormais très rares membres de la communauté éducative locale qui ne demandent pas le retrait du décret. Dans ce cas, je n’assure pas de restauration scolaire et ne mets en œuvre aucune activité périscolaire génératrice de coût en 2014-2015 car le taux des taxes locales est voté pour 2014. Ce que je peux seulement envisager, c’est le redéploiement, quand c’est possible, de personnels travaillant le mercredi matin et en temps scolaire (80 classes bénéficient chaque année de classes thématiques de mer, de nature, d’art, etc. que je peux supprimer, et je peux réduire au minimum légal le nombre d’ATSEM dans les maternelles). J’ai un peu de mal à imaginer devoir détruire à la fois un riche partenariat avec l’École et une organisation des centres de loisirs, des écoles municipales de sport, d’art et de musique, qui bénéficie aujourd’hui à la moitié des écoliers d’élémentaire.

4. Et il y aurait peut-être une autre solution qui dépend de votre volonté... Il y a en gros 36 semaines d’école. Le poids des 24 heures hebdomadaires de temps d’enseignement est jugé trop lourd par les spécialistes. Dont acte, c’est l’esprit de la réforme. Réduisez à La Seyne les temps de classe à 23 heures par semaine, sans cours les mercredis et samedis, avec des journées de 5 h 45 d’enseignement, et en raccourcissant les vacances d’été d’une semaine et demie pour que les enfants aient leur comptant annuel d’heures d’enseignement. Je saurai proposer un mode de garde dans la sécurité matérielle et affective de 16 heures (ou 16 h 15) à 18 heures aux familles qui en auront besoin et assumer à coût presque constant la mission communale qui m’incombe pour les six jours scolaires de plus en juillet ou en août-septembre. Et l’offre périscolaire sportive, culturelle et socio-éducative sera préservée.

Si un aménagement dérogatoire est permis à l’enseignement privé, j’aurais du mal à comprendre que l’École de la République ne puisse y prétendre dans une ville qui a toujours été à la pointe de l’expérimentation pédagogique depuis 1981 et son classement en site d’éducation prioritaire et de « politique de la ville », ainsi que je vous l’expliquais en détail dans un récent courrier.

Vous avez dit à Mediapart que vous allez « surprendre ». Osez le faire, Monsieur le ministre.

Je vous prie d’agréer...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 04:33

http://www.amf83.fr/images/stories/carto2014/cartointero2014.jpgC'est ce samedi que se tenait à Brignoles l'Assemblée Générale de l'association des maires du Var, à laquelle j'ai pris part en compagnie de Marie Bouchez, en sa qualité non seulement d'adjointe ayant en charge les politiques intercommunales et les relations aux autres collectivités, mais aussi de conseillère régionale.

Outre le renouvellement du conseil d'administration auquel je participerai désormais et la réélection de Jean-Pierre Véran, maire de Cotignac, à la fonction de président de cette fort utile institution, un sujet d'actualité a préoccupé les quelques 130 maires présents, sur les 153 que compte notre département : celui de la réforme dite "des rythmes scolaires".

 

LE SAMEDI, POUR ÉVITER UNE HAUSSE D'IMPÔTS

 Il est vrai que la question est complexe, ce qu'a d'ailleurs récemment reconnu Benoît Hamon, ministre de l'Éducation nationale, en proposant des assouplissements permettant de contourner diverses difficultés d'organisation, dont beaucoup vont d'ailleurs dans le sens des demandes que j'avais moi-même formulées il y a un an. Mais je reconnais que la question budgétaire n'est pas réglée par ces ajustements.

C'est bien d'ailleurs pourquoi, afin de ne pas devoir augmenter d'environ 2 points les impôts locaux des Seynois, j'ai saisi l'opportunité qui nous est désormais offerte de placer la nouvelle demi-journée de classe le samedi matin, ne nécessitant pas d'assurer une offre de restauration scolaire, et d'ailleurs proposée par une majorité des enseignants seynois, et qui présente d'autres avantages par rapport au mercredi matin (voir mon article sur le sujet).

 

LA PRESQUE TOTALITÉ DES MAIRES VAROIS VENT DEBOUT CONTRE LA RÉFORME

 J'ai assisté samedi à une réelle "montée au créneau" de plusieurs maires, et non des moindres. Dans le souci constant de consensus qui est le sien, face à une assemblée où ont été exprimées un certain nombre de satisfactions de la part de maires ayant mis en place la réforme dès septembre 2013, mais aussi une majorité d'avis très hostiles à celle-ci, le Président Véran a proposé que soit votée une motion demandant le report de la réforme à la rentrée scolaire 2015.

Mais ça n'a pas eu l'heur de satisfaire les plus farouches opposants, parmi lesquels des maires parlementaires, qui, faisant manifestement du sujet un enjeu très politique, ont exigé que la motion réclame l'annulation pure et simple du décret ministériel. Pour ma part, j'ai tenté de proposer que la motion soit formulée de telle sorte qu'elle réclame 'le lissage de la mise en œuvre entre les rentrées scolaires de 2014 et de 2015".

Las, il a fallu se rendre à l'évidence : devant la forte pression de certains "grands maires", c'est bien un texte demandant le retrait de la réforme qui a été soumis au vote. Et qui a été très largement voté, puisque sur 132 maires présents, nous n'avons été que sept à ne pas le voter...

Reste à savoir quelle suite donneront à cet appel varois les "autorités compétentes". Dans l'attente, les jours passent et les familles et les enseignants sont pressés de savoir quelle organisation des temps de leurs enfants sera en vigueur dans leur commune à la rentrée. Et le travail continue donc à La Seyne. Dans la concertation.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 08:34

http://www.ville-annoeullin.fr/site/medias/reforme-des-rythmes-scolaires-retour-sur-la-rencontre-avec-l-inspecteur-de-l-education-nationale-de-la-circonscription-de-saint-gilles-croix-de-vie.jpgLa loi est la loi. Et il me faut l’appliquer. Oh, j’ai bien essayé, parfois, de faire preuve de rébellion comme, par exemple, lorsque le Législateur a imposé aux communes d’assurer un service minimum d’accueil des enfants les jours de grève des enseignants : le Tribunal administratif a eu tôt fait de me rappeler la règle !

Et je peux d’autant plus comprendre que certains de mes collègues maires expliquent qu’ils ne veulent pas mettre en œuvre la réforme dite « des rythmes scolaires » parce qu’elle occasionne un surcoût de dépenses à leurs communes, au moment même, je l’évoque cette semaine sur ce blog, où l’État révise lourdement à la baisse les aides financières qu’il alloue aux collectivités. On peut difficilement, en effet, exiger de dépenser plus et réduire les crédits de soutien !

 

UNE BELLE CONCERTATION POUR UN PROJET DE QUALITÉ

C’est ce que j’ai récemment expliqué à Benoît Hamon, nouveau ministre de l’Éducation nationale, qui n’avait d’ailleurs pas attendu notre échange pour se préoccuper de la question. Où en sommes-nous donc, à La Seyne, à l’issue de ma conversation avec le ministre, quant à cette réforme ?

Faisons d’abord un petit retour en arrière sur le travail entamé depuis plus d’un an sous la houlette de Nora, excellente fonctionnaire rompue aux projets territoriaux, qui a animé dans la plus grande concertation possible une démarche de construction d’un projet, avec tous les acteurs de la réussite éducative : réunions avec l’Éducation nationale et ses syndicats, sondage en direction des familles avec des taux moyens de réponse de 56%, réunions publiques au sein de 11 écoles qui ont accueilli plus de 600 familles, mise en place d’un comité des usagers, consultation des différents acteurs municipaux et associatifs, sportifs, culturels, socio-éducatifs, et de leurs syndicats...

 

MAIS, HÉLAS, ON A BUTTÉ SUR DES ÉCUEILS MAJEURS...

À l’issue de ce travail colossal, force a été de reconnaître que, sans un assouplissement des conditions imposées par l’Éducation nationale, la mise en œuvre d’un projet d’aménagement des temps des enfants, pourtant vraiment nécessaire, se heurterait à de conséquents écueils : un surcoût estimé au minimum à 800.000 euros, impossible à assumer sans une hausse de la fiscalité ou sans faire payer les activités par les familles, ce qui romprait notre volonté d’égalité républicaine d’accès au service périscolaire public, et une désorganisation de l'offre d’éveil aux sports, à la culture et aux loisirs éducatifs de qualité actuellement offerte à 2069 enfants de 3 à 12 ans chaque mercredi matin qui serait désormais dévolu aux enseignements scolaires.

Ça, nous nous y refusons. Et c’est la raison pour laquelle j’avais écrit au précédent ministre pour lui demander le report de la réforme à la rentrée 2015 où devait être prévue la deuxième phase de celle-ci, à savoir la révision du calendrier annuel avec diminution du nombre de jours de vacances, ce qui nous aurait donné de nouvelles marges de manœuvre facilitant techniquement et budgétairement l’élaboration d’un projet éducatif de territoire.

 

SAUF SI... L’ÉDUCATION NATIONALE ASSOUPLISSAIT SA VISION...

Le ministre Hamon, désormais en charge de ce difficile dossier, a convenu de la réelle complexité de l’affaire et du caractère paradoxal de la situation qui, pour améliorer l’éducation scolaire, entraînerait une dégradation de l’éducation périscolaire.

Et c’est pourquoi, tout en me rappelant qu’une commune ne pouvait s’exonérer d’appliquer la loi, il m’a indiqué que les autorités académiques nous autoriseront, comme d’autres communes l’ont obtenu, une adaptation du dispositif qui, de plus, du point de vue des enseignants eux-mêmes, générait des inquiétudes quant à la lourdeur d’une semaine scolaire sans pause du mercredi, tout comme, avec les parents, ils manifestaient une crainte sur la perte d'efficience des actions proposées aux enfants en temps périscolaire, qui ne pourraient plus égaler en qualité celles assurées aujourd’hui par les structures municipales et associatives.

 

... ET ELLE EST D’ACCORD POUR L’ASSOUPLIR...

Benoît Hamon m’a donc indiqué que l’Inspection académique permettra que les 31 écoles de La Seyne fonctionnent le samedi matin, ce qui est d'ailleurs un vœu majoritaire des enseignants seynois (*), permettant la poursuite des activités périscolaires du mercredi matin dont bénéficient aujourd’hui près de la moitié des écoliers, que les activités scolaires se déroulent de 8h30 à 11h45 et de 13h45 à 15h45, et qu’un accueil soit assuré ensuite jusqu'à 16h30 ou 17h, puis jusqu’à 18h avec le dispositif de garderie et d'étude, ce qui pourra se faire à coût quasi constant.

Ce serait là un dispositif a minima, le ministre m'ayant indiqué qu'on pourrait proposer de regrouper les activités périscolaires sur une demi-journée, jouer sur le nombre d'heures hebdomadaires de classe en gagnant quelques jours sur les vacances scolaires, voire proposer d'autres aménagements. Dès septembre ou plus tard...

Car le projet éducatif de territoire pourra naturellement évoluer sur les trois prochaines années, au fil de l’expérience, toujours dans une même démarche de concertation la plus large possible...

Ce n'est jamais que ce que je réclamais depuis le début.

 


(*) : 39% pour le samedi, 32% pour le mercredi, 29% sans préférence ou sans avis

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
21 janvier 2014 2 21 /01 /janvier /2014 15:48

http://education.francetv.fr/media/ressources/objets/vignettes/rythmes-vignette.jpgLa réforme des temps de vie des enfants suscite des interrogations quant à sa faisabilité. Elle s’invite dans le débat des municipales, plusieurs candidats « surfant » sur l’inquiétude de parents et les réticences d’enseignants, allant jusqu’à proposer dans leurs programmes de ne pas l’appliquer, ce qui est bien sûr contraire à la Loi.

Mais une question est peu soulevée, qui n’est pas moins inquiétante pour un maire que ne l’est celle de l’organisation matérielle et budgétaire des temps périscolaires : celle de la qualité de l’offre éducative, qui passe par la formation qualifiante des personnels.

 

SI ON VEUT AUTRE CHOSE QU'UNE GARDERIE, IL FAUT DES GENS FORMÉS

 Car, enfin, si l’État relance la formation des enseignants, si les exigences de qualifications des animateurs socio-éducatifs, sportifs et culturels ne cessent de croître au point qu’il faudra bientôt un Brevet d’État d’éducateur sportif pour organiser une partie de billes, il serait aberrant que les temps périscolaires soient encadrés par des personnes incompétentes, ne serait-ce qu’en terme de sécurité sanitaire, matérielle, éducative et affective.

La logique républicaine voudrait en effet que plusieurs milliers d’élèves de primaire d’une ville moyenne puissent, au moins un jour par semaine, avoir accès à une pratique éducative périscolaire. Ce sont donc plusieurs centaines d’adultes qualifiés qui doivent être mobilisés. C’est manifeste : même dans une ville à forte implication publique et associative dans le domaine des accueils de loisirs, de l’éveil aux sports et à la culture, disposant de ressources humaines formées, et en démantibulant les offres existantes pour coller aux nouveaux horaires, il manquerait du monde.

 

ET SI LE DEUXIÈME "E" DU SIGLE "ESPE" TROUVAIT SON SENS ?

 Imposer la réforme Peillon dans ces conditions est absurde. Soit on met à mal l’égalité républicaine, soit on prend le risque d’une offre de piètre qualité. L’enjeu éducatif est important. Pour qu’une ville passe d’une logique éducative à une logique éducatrice, cela suppose un investissement dans la qualification professionnelle de tous les acteurs éducatifs du territoire.

La réponse passe peut-être par la conception d’une formation conjointe des mouvements d’éducation populaire, des nouvelles écoles supérieures du professorat et de l’éducation, et du centre de formation de la fonction publique territoriale. Mais la question ne peut être éludée. Ni celle de son coût... que l’État se doit d’assumer.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 22:00

131218_jsv_comptines.jpgMon collègue maire de Six-Fours a cru devoir publier, sur sa page d'un réseau social Internet (image ci-contre - cliquez dessus pour l'agrandir), des attaques en règle contre la façon dont La Seyne gère les problèmes d'une crèche associative en lourde difficulté qui assure une offre d'accueil des jeunes enfants sur nos deux communes (voir un article de mon blog à ce sujet). Ceux qui me connaissent bien savent que j'exècre la polémique, mais, en la circonstance, je ne peux pas ne pas lui répondre, car certains amalgames font frémir dans le contexte normalement républicain où les victimes d'une situation n'ont pas à être instrumentalisées pour d'inutiles et malvenues querelles politiciennes...

 

"Cher Jean-Sébastien,

 "Je ne salue pas ton ingérence de maire de Six-Fours dans les affaires de la commune de La Seyne.

"La délibération dont tu fais état sur ta page d’un réseau social, votée à l'unanimité du conseil municipal de La Seyne, et donc aussi par la minorité seynoise de droite UMP et UDI qui s'honore ainsi, concerne les salariés de l’association qui résident à La Seyne.

"Il n'est pas question au travers de ce vote de notre conseil municipal de « payer des salaires aux grévistes », mais d’aider les salariés seynois de l'association « Les Comptines », grévistes ou non, à différer sur deux mois le règlement de leurs frais de services communaux (cantines ou centres aérés de leurs enfants, loyers de leurs HLM, etc), afin de ne pas ajouter de la difficulté à la difficulté.

"Car, juste une précision, mais elle est de taille et je ne veux pas croire qu'elle t'aura échappé : si ces salariés sont en difficulté, ce n’est pas parce qu’ils sont grévistes, mais parce qu’ils n’ont pas perçu les salaires qui leur sont dus pour l’exercice de leur mission réalisée, bien avant qu’ils aient dû se résoudre à être en grève... justement pour réclamer leur dû pour le travail accompli.

"Tu serais bien inspiré de balayer devant ta porte avant de critiquer ton voisin.

"Mais, puisque tu t’intéresses de près à La Seyne, souffre que je m’intéresse à Six-Fours, non pour la gestion de ta ville, ce que je ne m'autoriserais pas à faire, mais parce que les difficultés de cette association concernent des familles de nos deux communes : j'attends de croiser avec les miennes tes analyses sur les faits relevés par l’audit de la Caisse d’allocations familiales, qui mettent en lumière divers dysfonctionnements des « Comptines », sans ne subir aucune critique de ta part, alors que tu as confié la gestion de trois crèches six-fournaises, sous forme de délégation de service public, à cette association.

"Les parents usagers des « Comptines », effectivement, comme tu l’écris, apprécieront. Ceux qui travaillent, comme ceux qui sont en quête d'emploi. Et au moins les Seynois d’entre eux, pour l'accueil des enfants des plus en difficulté desquels des solutions d’urgence ont été trouvées, grâce à l’implication à saluer des personnels et dirigeants d’autres crèches seynoises, publiques et associatives.

"En pareille circonstance, de grâce, cher Jean-Sébastien, oublie un peu la politique politicienne.

"Bien amicalement à toi.

"Marc"

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 05:14

http://www.elhyani.net/wp-content/uploads/2013/07/Déficit.jpgUn élu régional d'extrême-droite a demandé au président de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, au terme de la plénière de la réunion du Conseil régional de ce vendredi, s'il était possible de subventionner, à hauteur de 50%, soit 150.000 euros, le besoin de financement de la crèche associative des "Comptines", intervenant à La Seyne et Six-Fours, qui traverse une période très difficile. Il aurait directement pu poser la question à ses collègues seynois, membres de la majorité régionale de Michel Vauzelle, Marie Bouchez et moi. Parce que nous ne l'avons pas attendu sur le sujet.

L'accueil des jeunes enfants n'entre en effet pas dans les compétences du conseil régional. Certes, l'insertion professionnelle et le développement économique font partie des missions de la Région, et la question des modes de garde des enfants des salariés étant incidente à ces sujets, on pourrait aller jusqu'à imaginer, dans une situation exceptionnelle, qu'un appui pour sortir d'une difficulté conjoncturelle soit accordé, tant au regard de la situation des 45 employés dont les salaires ne sont pas versés que de celle des 200 familles qui, faute de pouvoir faire accueillir leurs enfants, sont en difficulté pour l'exercice de leur activité professionnelle.

 

UN PROBLÈME ANCIEN, MALGRÉ LES ALERTES

Mais le problème de l'association des "Comptines" n'est pas circonstanciel. Elle rencontre des difficultés de gestion depuis plusieurs années. Dès 2009, la commune de La Seyne, avec laquelle elle est en convention simple dans le cadre du « contrat enfance jeunesse » (CEJ) local, a dû lui allouer une subvention exceptionnelle, en contrepartie d'un plan de retour à l'équilibre qui n'a pas été mis en œuvre. J’ai, malgré tout, pour ne pas aggraver sa trésorerie, choisi de verser en une seule fois en 2013 les subventions communales normalement mandatées par trimestres. Et, ces derniers mois, la commune de Six-Fours, qui ne peut la subventionner car l'association est son délégataire de service public, a différé les perceptions des loyers des locaux qu'elle occupe.

Les déficits cumulés se sont aggravés au fil des années, malgré les recommandations des tutelles et organismes financeurs, au point que l'association a perdu la confiance de son principal interlocuteur institutionnel, la Caisse d'allocations familiales, qui vient de rendre un rapport inquiétant sur sa gestion, stipulant que « la mise en place de règles de fonctionnement conformes à l’orthodoxie comptable régissant la vie quotidienne de la structure est un postulat incontournable pour prolonger le partenariat avec la CAF ». La ville de La Seyne, qui a alloué chaque année des subventions publiques communales sur la base des éléments produits, fait étudier en ce moment ceux-ci à la lumière de l'audit de la CAF pour décider des mesures qu’il convient de prendre.

 

DES MESURES D'URGENCE POUR LES ENFANTS ET LES SALARIÉS

La justice doit statuer dans les prochains jours, suite au dépôt des comptes, et désigner un mandataire. Il est dès lors plus qu'urgent d'attendre. La commune de La Seyne, après avoir échangé avec les salariés en grève et leurs syndicats, a toutefois pris des mesures pour parer aux situations les plus complexes pour les familles. La ville de Six-Fours assure également un accueil pour les plus grands des enfants.

Et la ville de La Seyne a aussi mobilisé son centre communal d'action sociale (CCAS) pour accompagner les employés les plus en difficulté faute de salaires, tandis que la commission sociale du bailleur social « Terres du Sud Habitat » a été saisie pour que les versements des loyers des salariés locataires de cet organisme puissent, si besoin, être différés.

 

LES INSTITUTIONS PRÊTES POUR ACCOMPAGNER UNE SOLUTION AGRÉÉE

Plusieurs analyses concordantes donnent à penser que le champ d'activité de l'association pourrait devoir être assuré par d'autres structures, d'une part à Six-Fours, d'autre part à La Seyne. Quelles que soient les issues pour l'une et l'autre des communes, mon collègue maire de Six-Fours et moi avons saisi la communauté d'agglomération TPM qui n'est pas opposée, dès lors que la situation sera éclaircie et des pistes trouvées, à apporter une contribution financière aidant au redémarrage. Avec Marie Bouchez, nous avons également échangé avec le cabinet du président Vauzelle à qui il a été demandé d'aller dans le même sens, également lorsqu'un processus sera validé par les autorités de tutelle. Il faudrait bien sûr aussi, en plus des communes et de la Caisse d’allocations familiales, que le département du Var, en charge de l’action sociale, vienne apporter sa contribution.

Comme maire, avec notre adjointe à la petite enfance, Isabelle Renier, qui est sur la brèche sur la question des « Comptines » depuis des mois, et, avec Marie Bouchez, comme élus régionaux, nous n’avons pas attendu que quelque bon ange bleu marine vienne se pencher sur le berceau de l’association. Le boulot est fait, sans tambour ni trompette. Les autorités publiques saisies sont dans de bonnes dispositions, prêtes, suivant les indications du mandataire et des tutelles, à jouer leur rôle. 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 07:16

http://lartdesmets.e-monsite.com/medias/images/cuisine-7-2.jpgJeannette, Danièle, Huguette, et tant d'autres, ont travaillé des années dans les cantines communales des écoles et des colonies de vacances. Elles ont fait valoir leur droit à la retraite il y a déjà pas mal d'années.

Avec Graziella Gaujac, conseillère municipale déléguée à la restauration collective, et Nicole, diététicienne municipale responsable du service, il nous a semblé important de les accueillir ce mercredi pour une visite à la découverte de la cuisine municipale ultra-moderne mise en service dans la zone d'activités des Playes il y a deux ans.

 

ON A FAILLI FERMER LES CANTINES !

On oublie vite, mais le projet était dans les cartons depuis 1997, soutenu à l'époque par Francisque Luminet, premier adjoint. Le temps a passé, les maires se sont succédé. Il aura fallu attendre 2009 pour que, après quinze années de pression de moins en moins amicale des services de l'État rappelant à la ville son obligation de mise aux normes de ses cantines scolaires et menaçant d'interdiction, nous décidions de lancer le programme. C'était ça, ou c'en était fini des 5.500 repas assurés à 95% des enfants de nos écoles primaires qui profitent de ce service public, certes non obligatoire pour une commune, mais tellement considéré comme indispensable. Et égalitaire, lorsqu'on sait les situations familiales de beaucoup d'enfants pour lesquels le repas est facturé entre un euro et moins de quatre euros, pour un coût de revient de l'ordre du huit euros.

Et, tant qu'à réaliser un investissement d'environ 8 millions d'euros, autant le concevoir pour un usage de plusieurs décennies, évolutif pour répondre aux besoins nouveaux et normes sanitaires à venir, tant en nombre de rationnaires qu'en diversification des services : écoles, bien sûr, mais aussi centres de loisirs, crèches et accueils de jeunes enfants, repas à domicile des personnes âgées ou handicapées, réceptions, etc.

 

LA HAUTE TECHNOLOGIE POUR DE LA CUISINE "COMME À LA MAISON"

Et nos "cantinières seniors" n'en sont pas revenues ! Elles, qui ont jadis peiné pour la manutention des colis de denrées, les heures de pluche, le brassage pour le moins physique des purées dans des faitouts de 50 litres, le décrassage à la limaille des plats ayant "accroché", le nettoyage des graisses des locaux, dans l'étouffante chaleur moite de leurs cantines d'antan, ont découvert un équipement disposant des plus récents développements techniques, garantissant une sécurité alimentaire parfaite, disposant d'instruments automatisés, et ne requérant plus les épuisants efforts physiques qui se rappellent aujourd'hui au souvenir de leurs articulations de dames aux cheveux blanchis.

Oh, elles nous attendaient au tournant, persuadées qu'une telle technologie ne pouvait être compatible avec la transformation de denrées fraîches, pour faire des repas "comme à la maison". Surprise. Dans les restaurants scolaires seynois, on cuisine comme le font les grands-mères. Certes en pesant en quintaux et en tonnes ce qu'on mesure au décigramme dans la cuisine familiale. Les carottes râpées sont de vraies carottes, avec leurs fanes ; les poivrons, oignons, tomates, et aulx qui entreront dans la composition de la salade de pâtes arrivent frais et entiers ; il faudra une journée entière pour trancher le rôti de dinde ; les biscuits sablés qu'on servira au goûter de Noël sont en fabrication, comme les soupes des tout-petits des crèches.

 

LÉGUMES BIO ET HAUTE QUALITÉ ENVIRONNEMENTALE

 Et, d'ici quelques mois, la production de légumes du Domaine de Fabrégas permettra de plus aux 24 cuisiniers qui s'activent ici d'offrir aux écoliers environ 20% de produits issus de l'agriculture biologique, à partir d'un circuit court de distribution, conformément aux recommandations du "Grenelle de l'environnement".

Et, évidemment, le bâtiment, qui est ouvert depuis deux ans aux visites "grand public" à l'occasion des journées du patrimoine, comme il l'est aux enseignants, aux parents et aux citoyens qui le souhaitent, mais aussi à de nombreux élus et cadres de communes voulant moderniser leur restauration, a été construit suivant les normes "Haute Qualité Environnementale" : eau chaude solaire, isolations thermiques par des toits végétalisés, traitement écologique des déchets...

Oui, Jeannette, Danièle et Huguette peuvent en témoigner, le service public de qualité, ça marche encore et toujours, au XXIe siècle. Et moins cher qu'en achetant un service au privé. Ce n'est pas un investissement prestigieux que notre équipe a voulu réaliser, c'est juste une nécessaire réponse républicaine, donc égalitaire, aux besoins de milliers de nos concitoyens.


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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 08:39

131113_senat_territoria.jpgParis, au Sénat, ce mercredi. Une nouvelle fois, La Seyne est honorée. Cete fois-ci, elle reçoit le prix d'argent de "Territoria" pour les innovations des services publics des collectivités. Elle a obtenu cette récompense pour les originaux "chantiers culturels de jeunes" , ce système de "troc" entre petits travaux sur des sites de spectacles et accès gratuit à des concerts et spectacles, que les animateurs du service municipal de la jeunesse ont conçu et mis en œuvre depuis trois ans. J'invite les visiteurs de ce blog à découvrir ce prix "Territoria", récompensant les initiatives originales qui peuvent être transférées de la collectivité qui les a imaginées vers n'importe quelle autre, sur le site qui lui est dédié.

Mes félicitations et ma gratitude vont à Isabelle Renier, notre adjointe en charge de la petite enfance, de la jeunesse et du handicap, et surtout aux personnels communaux qui ont imaginé le dispositif : Valérie, Vincent, Audrey, et Aloïs-Karim, la cheville ouvrière des "chantiers culturels".

Heureuse initiative aussi, de leur part, d'avoir convié les premiers jeunes impliqués dans les "chantiers" à être des nôtres sous les ors de la République. Et à découvrir Paris.

Et, à propos de la visite du Sénat, dont je ne connaissais pas tous les recoins cachés, j'ai moi-même eu la surprise d'y découvrir un espace surprenant dans un haut lieu de la République...

131113_senat_1.jpg 131113_senat_2.jpg

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse

Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

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