3 février 2018 6 03 /02 /février /2018 08:07

À la suite de mon message manifestant mon incompréhension et — je le reconnais volontiers — une certaine colère, le Président de l'Université de Toulon m'a adressé une réponse courtoise que je me dois, pour la bonne règle et par honnêteté intellectuelle, de communiquer aux visiteurs de mon blog.

La voici :

« Monsieur le Vice-président,

« L'université de Toulon accueille chaque année plus de 300 évènements liés à ses missions d'enseignement supérieur, de recherche, de diffusion scientifique et d'insertion professionnelle : ces manifestations contribuent à créer du lien avec le territoire et à aiguiser, lorsque leur objet s'y prête, la conscience citoyenne de nos étudiants.

 

« La semaine dernière, une association d'étudiants de l'université a formulé une demande d'occupation du domaine public en vue d'organiser une conférence de Monsieur Hamon à caractère politique. Je n'ai pas souhaité accéder à cette demande. Ce refus s'inscrit exclusivement dans le respect du principe de neutralité du service public mais aussi du règlement intérieur de l'Université que les membres du Conseil d'administration ont approuvé. Cette décision n'est en aucun cas le fait de pressions extérieures que nous aurions subies. 

 

« J'aurai grand plaisir à vous accueillir de nouveau dans notre Université. Vous vous réjouirez, à n'en pas douter, de l'effervescence d'une communauté qui avance, de l'implication de personnels mobilisés autour de la réussite de leurs étudiants, des travaux de recherche en cours aux retombées internationales comme plus locales, de la présence d'étudiants toujours plus engagés, du rayonnement de la vie étudiante au sein de nos différents campus ; bref, d'une belle dynamique au service d'un territoire qui nous est cher.

 

« Respectueuses salutations »

 

C'est donc bien ce que je disais. L'Université de Toulon, contrairement à d'autres que je citais dans mon billet, refuse d'accueillir des hommes politiques proposant des conférences aux étudiants.

 

Moi, je trouve que la neutralité du service public a bon dos quand il s'agit de causeries hors temps d'enseignement, et, je le répète, j'aurais la même position quelle que soit la sensibilité de l'orateur, du moment qu'il s'inscrit dans le cadre de la légalité républicaine. D'autant que la réponse de Monsieur le Président peut laisser penser que le règlement intérieur de notre université interdirait de tels colloques, ce qui est faux, ainsi qu'en atteste ledit règlement, accessible en ligne sur le site Internet de notre établissement d'enseignement supérieur.

 

Et je considère ça désolant quant à l'éveil des consciences de nos jeunes adultes, d'autant plus au moment où, avec 20% d'électeurs aux élections partielles du Val-d'Oise et moins de 30% à celles du Territoire-de-Belfort, tous les acteurs éducatifs, de l'école à l'université, en passant par les animateurs du temps libre et les familles, devraient avoir à cœur, me semble-t-il, de se mobiliser pour sensibiliser les jeunes générations à la vie démocratique et à l'acte citoyen.

 

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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 06:47

« C'est promis, on va vous aider ». C'est, en substance, ce que les ministères de l'Intérieur et de l'Éducation nationale nous ont indiqué lorsqu'ils ont, à juste titre, fin 2016, imposé aux maires de réaliser en urgence des travaux de sécurisation dans les écoles.

Ils précisaient que, devant un niveau de menace terroriste très élevé, la protection des établissements scolaires faisait office de priorité absolue.

Loin de moi l'idée de contester cette nécessité. J'ai d'ailleurs d'autant plus demandé à nos services de faire effectuer les travaux indispensables, sur les accès et les dispositifs d'alarme raccordés aux services de police, qu'une circulaire ministérielle de fin 2016 confirmait l'engagement en urgence de 50 millions d'euros destinée à aider les collectivités locales à financer ces équipements, au titre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR).

La circulaire 2017 de ce FIPDR confirmait la priorité de la « sécurisation des établissements scolaires », en particulier « la sécurisation périmétrique des bâtiments et notamment des accès pour éviter toute tentative d'intrusion malveillante » et « la sécurisation volumétrique des bâtiments » et confortait le financement avec 33 millions d'euros.

 

LES PROMESSES N'ENGAGENT QUE CEUX QUI LES ÉCOUTENT

C'est exactement la nature des travaux que nous avons réalisés, confiants dans la parole de l'État. Le dossier de demande de subvention a été monté, validé par la préfecture du département, transmis au ministère de l'Intérieur et, connaissant les lenteurs administratives d'instruction, les chantiers ont été engagés sans attendre pour répondre à l'urgence sécuritaire.

Et la décision vient de tomber, relayée par la préfecture du Var (cliquez sur la réponse ci-contre pour l'agrandir).

Malgré le fait que La Seyne compte deux quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville, dont l'un est le plus important Réseau d'éducation prioritaire renforcé (REP +) du Var et les deux sont Zones de sécurité prioritaire (ZSP), il n'y aura aucune aide financière de l'État pour les travaux de sécurisation des écoles de notre commune !

Bref, on s'est fait avoir. Une fois de plus, l'État a commandé une tournée générale et a quitté le bistrot sans la régler. Comme le disait Henri Queuille, ministre de l'Intérieur sous la IIIème République... « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ».

 

LA QUADRATURE DU CERCLE

Dans le contexte de la loi de finances 2018 où le Gouvernement impose aux collectivités locales qu'elles se serrent encore plus la ceinture, menaçant, au mépris de la Constitution qui garantit leur libre administration, de faire établir leurs budgets par les préfets si elles étaient jugées trop dépensières, cette nouvelle est affligeante.

Et elle vient s'ajouter à d'autres tout récents transferts de compétences de l'État vers les communes qu'il va pourtant bien falloir qu'elles financent, comme la gestion des Pactes civils de solidarité (PACS), ou celle des amendes de stationnement, ou la création et l'entretien de salles de cours pour le dédoublement des effectifs des cours préparatoires et élémentaires des quartiers en difficulté, non seulement sans allocation de moyens mais, de plus, en exigeant de réduire la voilure budgétaire.

La quadrature du cercle...

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26 juillet 2017 3 26 /07 /juillet /2017 15:04

Le vent semble faiblir. L'inquiétude devrait s'atténuer. Pour des milliers de Varois et Provençaux, ce sera, espérons-le, la fin des ravages du feu et, malheureusement, l'heure d'un sinistre bilan sur fond d'odeur âcre des cendres.

Et, pour les Seynois et leurs visiteurs, heureusement épargnés, ce sera celle de dire merci, grand merci, très grand merci...

... aux fonctionnaires communaux et intercommunaux, notamment ceux du service du "Plan de sécurité de prévention des risques", à l'agent municipal, par ailleurs garde du Conservatoire du littoral, et ses collègues gérant le Domaine de Fabrégas, aux policiers communaux, aux cadres et agents de l'Office national des forêts,

... aux associations de sensibilisation à la protection et valorisation de l'environnement naturel, à la société de chasse, aux clubs de sportifs usagers de notre forêt communale,

... aux enseignants et animateurs des classes de nature de la « Maison de la pleine nature » de Janas qui accueillent pendant toute l'année scolaire des écoliers aujourd'hui porteurs auprès de leurs familles et leurs proches de paroles ambassadrices de la prévention des catastrophes pouvant survenir à nos espaces naturels,

... aux écoliers eux-mêmes, leurs fratries et leurs parents, qui font passer les messages de la prévention,

... aux lycéens de Beaussier qui ont conçu des cendriers portables dans le cadre d'un projet scientifique valorisé par le dispositif universitaire des « cordées de la réussite »...

... aux citoyens volontaires de la réserve communale de sécurité civile de La Seyne qui, solidairement avec leurs collègues de Six-Fours, veillent avec constance sur nos massifs naturels et apportent leur aide aux corps de sapeurs-pompiers, victimes, comme tous les services publics, de compressions de moyens,

... à nos pompiers, bien sûr, volontaires et professionnels, des casernes seynoises de Mauvèou et de Peyron, qui, sans délaisser nos espaces boisés seynois et leurs missions urbaines ordinaires, sont en train de prêter main forte à leurs collègues qui luttent contre le feu dans le Var et en Provence,

... aux services de l'État et du Département, qui sont mobilisés contre ce diable de feu qui ravage notre Provence,

... à tous nos concitoyens, propriétaires de terres proches des espaces sensibles à l'incendie, qui ont appliqué à la lettre les consignes de débroussaillement de leurs propriétés, eussent-ils dû, pour certains d'entre eux, être un peu rappelés à l'ordre, voire verbalisés...

 

LA PRÉVENTION, C'EST L'AFFAIRE RÉPUBLICAINE DE TOUS

Tous, ou presque, depuis des mois, d'une façon ou d'une autre, ont fait œuvre de pédagogie pour sensibiliser l'ensemble de nos concitoyens et de nos visiteurs aux risques de destruction des bijoux précieux que sont nos sites forestiers périurbains.

Belle œuvre collective républicaine et solidaire, vraiment !

Ne relâchons pas la garde, même si le mistral faiblit. La Seyne n'est pas plus à l'abri d'un départ de feu que les communes varoises et provençales qui traversent ces tragiques moments.

Et, je ne peux m'empêcher de le dire, les funestes capitalistes patrons de ces entreprises industrielles multinationales du pays et du Monde, principales causes assumées, par leurs émissions de gaz à effet de serre, de la dérégulation climatique accroissant les épisodes de sécheresse et de canicule facteurs de drames incendiaires, seraient bien inspirés de se regarder dans la glace et de faire œuvre de solidarité active pour la reconquête, dès demain, des espaces naturels saccagés par les incendies de Provence et d'ailleurs.

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16 juillet 2017 7 16 /07 /juillet /2017 16:09

Que ce soit il y a trois jours, à l'occasion de la Fête Nationale, ou ce dimanche pour l'hommage rendu aux victimes des crimes racistes et antisémites de l'État Français et aux Justes de France, il est des orateurs qui ont été bien plus applaudis que les « officiels » (dont je fais partie...).

 

Ce sont les « ados » de l'Espace Accueil Jeunes (EAJ) municipal « Jules Renard » du quartier Berthe qui, dans leurs temps libres, et avec juste ce qu'il a fallu d'appui de la part de Romain Wencorzewski et Jérôme Diadio, leurs animateurs du Service municipal de la jeunesse que dirige Morad Yacoub sous le pilotage de Makki Boutekka, notre adjoint à la jeunesse, ont rédigé deux textes qu'ils ont lus à plusieurs voix.

 

Ça ne leur vaudra peut-être pas tout de suite le prix Nobel de littérature, mais je tiens à saluer leur initiative et leur performance en m'autorisant à publier leurs écrits fort bellement déclamés dans la solennité de ces moments de mémoire.

 

Et à leur dire un grand merci. À eux (et à leurs animateurs communaux). Et à tous les autres jeunes Seynois qui, demain, pourront, je l'espère, s'avancer sur les traces qu'ils ont initiées, pour attester que l'effort de mémoire et d'éveil des consciences n'est pas le seul apanage des « vieux » que nous sommes et nous rassemblons par habitude autour de nos stèles commémoratives...

 

 

14 JUILLET : LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ

 

Oyez ! Oyez !

 

Liberté, Egalité, Fraternité,

 

Hier, pour que l'on vote, des gens sont morts.

Aujourd'hui l'abstention bat des records.

Le peuple se souleva pour ne faire qu'un 
Nord,

Sud, Est, Ouest, avançant avec le bonnet phrygien.

Marianne nous guidant sur le chemin.

 

Liberté, Egalité, Fraternité,

 

Bleu, Blanc, Rouge,

Fiers de notre drapeau, qui nous représente,

Qui nous unit, malgré nos différences.

Notre hymne national est un chant révolutionnaire,

Rempli d'histoire, qui a construit la France.

En août 1789, la déclaration des droits de l'homme et du citoyen vu le jour,

Proclamant la liberté et l'égalité entre tous, sans aucune distinction.

 

Liberté, Egalité, Fraternité,

 

Aujourd'hui nous avons un message à faire passer.

Il y a des siècles, des combats ont été menés

Pour qu'aujourd'hui nous ayons les mêmes droits.

Respect et tolérance, voici des valeurs que nous défendons.

Liberté, Egalité, Fraternité,

Aujourd'hui nous rendons hommage aux héros de la Nation.

 

 

 

JUSTE UN FRANÇAIS FACE À UN FRANÇAIS JUSTE (DIALOGUE)

 

— Juste un Français :

 

« J'ai la haine, j'ai la haine contre moi-même.

Mon cœur se meurt

car c'est rempli de peur

que je n'ai pas su défendre mes valeurs.

J'ai perdu la foi,

je ne me vois plus dans le miroir,

dans ce long couloir,

je me sens seul et sans espoir.

À vie ce sera gravé dans ma mémoire,

j'ai envoyé mon voisin à l’abattoir.

Comment as-tu pu faire preuve d'autant de dévotion ?

Toi qui, comme eux, risquais les camps de concentration.

D'où te vient cette force, ce courage

qui a même dépassé les limites

de la solidarité et du partage ? »

 

— Un Français Juste :

 

« Écoute, tu n'as pas à t'en vouloir

car en venant me voir

pour m'exprimer ton mal-être,

cela prouve que, malgré tout, tu restes fort et honnête.

Maintenant tu sais ce qu'il faut faire,

ce qu'il faudra faire.

On ne peut plus laisser des gens

être déportés dans les camps

parce que soi-disant

ils sont différents.

Division, haine, rage,

l'ennemi veut nous séparer.

Union, amour, courage,

nous devons rester soudés.

Être juste ce n'est pas si compliqué.

C'est seulement être humain,

avoir du cœur et ne jamais oublier

notre fraternité.

Ce n'est pas qu'une question d'altruisme,

c'est surtout pousser l'humanité

à son paroxysme. »

 

 

D'autres ados de l'EAJ de Berthe, en avril 2016...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse Devoir de mémoire
26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 17:17

Ainsi que je le rapportais dans un précédent message, j'ai reçu ce week-end des professeurs d'allemand. Parmi les points abordés, nous avons évoqué la question des classes dites « bilangues » qui sont des sections d'un collège où, dès la Sixième, sont enseignées deux langues vivantes, l'anglais et une autre.

Leur développement est d’actualité et des personnalités politiques telles que Najat Valaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale du gouvernement de Manuel Valls, et le nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, se sont récemment clairement prononcés en leur faveur.

 

LE PRÉSIDENT L'A ANNONCÉ : LES « BILANGUES » DOIVENT ROUVRIR À LA RENTRÉE

L'ancienne ministre s’est en effet exprimée en janvier dernier au sujet du déploiement de ces enseignements, et en particulier de celui de l’allemand. Elle a confirmé que les classes bilangues seront maintenues pour les élèves ayant suivi à l’école élémentaire l’enseignement d’une autre langue que l’anglais. On parle là de classes bilangues de « continuité ».

« Diversifier l’offre au primaire et assurer la continuité au collège des apprentissages sont les objectifs de la nouvelle stratégie d’apprentissage des langues, dans le cadre de la réforme du collège », a-t-elle insisté lors d’une visite dans une école parisienne avec le ministre allemand chargé des Affaires culturelles, Olaf Scholz.

« Nous n’allons pas tuer l’allemand, comme on nous le reprochait, mais au contraire le renforcer », a assuré la ministre, précisant que « cette langue sera enseignée dans un millier d’écoles primaires supplémentaires à la rentrée, soit 3.800 au total, tandis que 3.000 collèges proposeront des "bilangues de continuité" en sixième, dont 2.300 anglais et allemand. »

De son côté, lors de sa visite à Berlin, dès le 15 mai 2017, au premier jour de sa présidence, le Président de la République Emmanuel Macron annonçait via Twitter qu'« à partir de septembre prochain, les classes bilangues rouvriront en France».

 

UN ENJEU DE PAIX ET DE COOPÉRATION ENTRE LES PEUPLES

L’enjeu des classes bilangues dépasse le cadre pédagogique, il est politique et diplomatique. Le traité de l’Elysée, qui lie depuis 1963 la France et l’Allemagne, prévoit explicitement que « les deux gouvernements s’efforc[ent] de prendre des mesures concrètes en vue d’accroître le nombre d’élèves allemands apprenant la langue française et celui des élèves français apprenant la langue allemande ».

À La Seyne, nous plaçons beaucoup d'espoirs dans cette redynamisation. Nous soutenons depuis longtemps le partenariat, porté par notre Comité associatif des jumelages, entre notre commune et le district berlinois de Reinickendorf, qui se traduit par de constants échanges, notamment sur le registre des arts et de la culture, et pour les jeunes. La pratique de l'allemand est un plus pour cette démarche.

 

LES JEUNES SEYNOIS SONT DES CITOYENS DE LA RÉPUBLIQUE !

Mais voilà que, pour rajouter au caractère ubuesque de la situation follement paradoxale que l'Éducation nationale fait supporter à une centaine de collégiens de Jean-L'Herminier, dont je faisais état ce lundi, il se trouve que certains des enfants de nos quartiers sud qui ont été initiés à l'allemand à l'école élémentaire et qui subissent les affres de la nouvelle sectorisation qui leur est imposée ne pourront pas opter pour un enseignement  en « bilangues » dans certains des collèges où ils vont être arbitrairement affectés.

C'est inacceptable. Je confirme donc ma réclamation ferme de la réouverture des 5 classes fermées au collège des Sablettes pour permettre la scolarisation de tous les adolescents qui le souhaitent, et, conséquemment, le maintien de la « classe bilangues » de cet établissement.

Je réclame aussi que pareille possibilité soit garantie aux élèves du collège Henri-Wallon, car, aux enfants des quartiers populaires classés en « Réseau d'éducation prioritaire renforcé » (REP +), l'État doit offrir toutes les filières d'excellence de nature à compenser les inégalités sociales, économiques et culturelles dont ils souffrent. Et les « classes bilangues » comptent au nombre de ces outils majeurs de revalorisation.

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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 06:53

Après avoir échangé ce samedi avec des professeurs d'allemand, j'ai aussi reçu ce dimanche avec notre adjointe à l'éducation, Isabelle Renier, une représentation de familles de jeunes scolarisés au collège Jean-L'Herminier de notre quartier des Sablettes.

Je reviendrai dans un autre article sur le sujet de l'apprentissage de la langue allemande pour n'évoquer ici que celui de la prochaine rentrée scolaire pour les collégiens de nos quartiers sud, très préoccupant pour eux-mêmes et leurs parents.

Depuis la rentrée de septembre 2016, le collège Jean-L’Herminier est en effet en cours de restructuration et rénovation et les élèves sont accueillis dans les locaux de l'ancien collège Henri-Wallon dans la zone d'activités des Playes. Ce collège provisoire accueille cette année environ 560 élèves répartis en 23 classes (1).

 

POURQUOI REFUSER 100 COLLÉGIENS ALORS QU'IL Y LA PLACE ?

Pour la rentrée 2017, alors que les travaux de réhabilitation prendront fin en mars 2018 avec un nouveau collège d'une capacité d’accueil de 800 élèves, il est prévu, sans que quiconque puisse en donner la raison, de n'accueillir au collège Jean-L’Herminier que 460 élèves répartis en 18 classes (2), soit la perte d’une centaine d’élèves et de 5 classes par rapport à l’année scolaire qui s'achève.

C'est tout de même très étrange : l'ancien collège Henri-Wallon, où les jeunes commenceront leur année 2017-2018, aura-t-il à ce point rétréci au cours des vacances d'été ? ou n'ouvrira-t-on que la moitié des salles de classe de leur nouveau collège Jean-L'Herminier, qu'ils intègreront en mars prochain ?

 

UNE NOUVELLE SECTORISATION TOTALEMENT INCOHÉRENTE

Il y a plus étonnant encore. Pour diminuer les effectifs, on a réduit le secteur de scolarisation du collège Jean-L'Herminier et une partie des enfants dépendent désormais des zones des collèges Paul-Éluard et Marie-Curie situés en centre-ville, et même du collège Louis-Clément de la commune voisine de Saint-Mandrier, tous trois très éloignés des lieux d'habitation, obligeant les jeunes à se faire accompagner en voiture ou à emprunter les transports en commun, et pour certains en devant prendre une correspondance... devant le collège Jean-L'Herminier !

Bonjour l'incohérence, la perte de temps et la dégradation du bilan-carbone, surtout que certains d'entre eux, résidant à moins de 500 mètres du collège Jean-L'Herminier, pouvaient tout à fait s'y rendre à pied ou à vélo !

 

L'ÉDUCATION NATIONALE VA-T-ELLE RESTER INFLEXIBLE ?

Mais on n'est pas au bout de nos surprises ! Face à cette situation incroyable, et sachant bien qu'il y a la place matérielle pour accueillir leurs enfants au collège Henri-Wallon de septembre à mars, puis au nouveau collège Jean-L'Herminier pour la fin de l'année scolaire, des familles ont sollicité des dérogations.

Le Conseil départemental du Var, compréhensif, lors d’une entrevue avec les fédérations de parents d’élèves et les représentants syndicaux des enseignants, en janvier dernier, avait d'ailleurs affirmé que le plus grand nombre possible de dérogations serait accordé. D'autant que la plupart sont justifiées par le fait que des frères et sœurs seront scolarisés dans des collèges différents, ou par la proximité des résidences, ou encore pour pouvoir continuer l'apprentissage de l'allemand en première langue commencé à l'école primaire et qui n'est pas offert dans les autres collèges.

Et, au final... aucune dérogation n'a été accordée par l'Inspection académique !!!

 

DANS LE VAR, QUE FAIT-ON DE LA CHARTE DES DROITS DE L'ENFANT ?

Tout cela est ubuesque. Les familles rencontrées ont bien raison de me demander si ceux qui ont le pouvoir de décision, en l'occurrence les responsables de l'Éducation nationale, « auraient infligé ce traitement à leurs propres enfants ».

Et de rappeler la Charte internationale des droits de l'enfant qui, dans son article 3, stipule que « dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. »

 

EXIGEONS LA RÉOUVERTURE DES CLASSES !

J'avais déjà appelé, ces jours derniers, le Département et l'Éducation nationale à se remettre autour de la table pour rechercher une solution, et la presse locale s'en était d'ailleurs fait l'écho (ci-contre, dans Var-matin du 24 juin).

À présent que les familles  et les enseignants m'ont apporté des précisions objectives, je ne peux que joindre ma voix à la leur.

Il n'y a aucune alternative. Il faut exiger, tout simplement, du ministre de l'Éducation nationale qu'il ordonne la réouverture des cinq classes fermées et la réaffectation des postes d'enseignants et autres personnels nécessaires au collège Jean-L'Herminier.

Je proposerai d'ailleurs, ce mardi, au conseil municipal, de voter une motion en ce sens.

 

______________________________________________

(1) : 4 classes de 6ème, 6 classes de 5ème, 6 classes de 4ème et 7 classes de 3ème

(2) : 4 classes de 6ème, 4 classes de 5ème, 5 classes de 4ème et 5 classes de 3ème

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 17:03

Pour ne pas interférer dans la campagne électorale des législatives où il s'agit de battre le Front National, je rédige cet article ce mardi 13 juin, au moment où je me dois de réagir à une étonnante annonce de l'Inspection académique, mais je ne programme sa publication en ligne qu'après la clôture des bureaux de vote dimanche prochain.

Parce que, si ce qui m'a été annoncé est exact et relève d'une instruction du ministère de l'Éducation nationale à ses services départementaux varois, ça friserait la supercherie et confirmerait la politique de bonimenteur que certains accusent le gouvernement de MM. Macron et Philippe de commencer à mener. Comme d'autres gouvernements avant le leur, d'ailleurs...

 

UNE IDÉE INTÉRESSANTE QUI RECUEILLE L'ASSENTIMENT DE BEAUCOUP...

Tout le monde a bien compris et apprécié l'idée de renforcer l'encadrement des enfants des petites classes de l'école élémentaire dans les quartiers en difficulté bénéficiant d'une attention particulière au titre du dispositif des "Réseaux d'éducation prioritaire renforcés" (REP+). Avec des classes à 12 élèves en CP et CE1, on doit en effet créer de meilleures conditions pour les apprentissages fondamentaux, notamment la lecture et l'écriture.

Au regard des locaux disponibles, et sans aide de l'État aux communes, ce "dédoublement" des classes ne pourra pas se réaliser partout ; ainsi, au quartier Berthe, il y aura à la fois des classes de 12 enfants avec un enseignant et des classes de 24 enfants avec deux professeurs. Pourquoi pas ? En outre, la mesure ne s'appliquera finalement qu'aux classes de CP et non aux CE1. Admettons qu'il faille gérer la pénurie d'enseignants héritée de M. Sarkozy et pas totalement régulée par M. Hollande malgré les 60.000 créations de postes qu'il faut mettre à son actif.

 

... MAIS UN VÉRITABLE MARCHÉ DE DUPES

Ce qui, en revanche, est bien gênant, c'est que les maîtres supplémentaires nécessaires ne seront pas des professeurs affectés en plus dans les écoles concernées, mais des enseignants qui y exercent déjà comme "surnuméraires" pour assurer du soutien et des pédagogies différenciées en faveur des enfants en difficulté dans le cadre du dispositif officiel "plus de maîtres que de classes" qui porte ses fruits dans les REP depuis 2013 et qui sera ainsi vidé de sa substance... sans que la circulaire qui l'impose ne soit abrogée ! On déshabille Pierre pour habiller Paul.

Cette décision n'est pas acceptable et je soutiens pleinement les enseignants qui, me dit-on, protesteront la semaine prochaine contre ce tour de passe-passe. Et j'en profite pour rappeler ma demande insistante que, comme tous les quartiers populaires défavorisés de France, prioritaires au titre de la "politique de la ville", les deux écoles du centre ancien de La Seyne bénéficient d'un classement en REP+, ce que l'Éducation nationale, pourtant supposée agir pour l'égalité républicaine entre les territoires, se refuse obstinément à décider.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Éducation - enfance - jeunesse
17 juin 2017 6 17 /06 /juin /2017 06:01

À La Seyne, les résultats du vote ont été proclamés. Déjà ?... Oui, oui, et, outre le fait qu'il y a eu une forte participation, puisque plus de 8 électeurs sur 10 ont y pris part, une majorité très nette et sans appel s'est dégagée.

Les Seynois, certes connus pour être singuliers à bien des égards, le seraient-ils au point d'être considérés comme des Français de l'étranger ou des résidents d'un territoire d'outre-mer, appelés à voter par anticipation par rapport à la métropole ?...

 

UN RÉSULTAT SANS APPEL À... 92,3 % !

Tout de même pas. Les électeurs, ce sont les parents des 6.000 petits seynois scolarisés dans nos écoles maternelles et élémentaires. Ils étaient appelés à se prononcer sur la possibilité de revenir à la semaine de 4 jours d'école.

Et plus de 92% d'entre eux le souhaitent (94% en maternelle et 91% en élémentaire), plutôt plus à Berthe (96%) qu'au centre ville (84%) et dans le sud (89%) de la commune.

 

LA VILLE A ENTENDU LE MESSAGE

Leur avis est entendu par notre équipe municipale. Si le ministère de l'Éducation nationale l'autorise par décret, je le proposerai et nos services travaillent d'ores et déjà à une réorganisation des temps scolaires et des temps libres, autant que possible pour la prochaine rentrée de septembre 2017.

Si donc elle se fait, puisse la nouvelle organisation permettre à tous une bonne réussite scolaire,  l'accès à des activités sportives, culturelles et socio-éducatives de qualité, en vue d'une bonne insertion sociale et professionnelle de nos futurs citoyens seynois.

Et un autre vœu, pour coller à l'actualité... puissent les Seynois être aussi nombreux à se déplacer, ce dimanche, pour l'autre élection, celle qui décidera des orientations du pays...

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16 juin 2017 5 16 /06 /juin /2017 06:22

Je ne vais pas accuser le gouvernement de MM. Macron et Philippe qui n'y est pour rien. La loi de finances 2017 a en effet été votée à la fin de l'année dernière. Mais je dois interpeller sur la situation anormale que constitue la nouvelle baisse de crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR).

Les associations m'alertent en effet sur les difficultés structurelles qu'engendrent les pertes de moyens financiers qui leur ont été annoncées. Les actions pour la prévention de la délinquance sur notre territoire constituent le socle du travail social mené depuis des années par ces structures, et contribuent grandement à la cohésion sociale et à la tranquillité publique des quartiers, et, plus précisément, de notre zone de sécurité prioritaire, tant à Berthe qu'au centre ville. 

 

PLUSIEURS ASSOCIATIONS TRÈS FRAGILISÉES

Or voilà que les associations sont, à nouveau, fragilisées avec des subventions réduites de 20% en deux ans, ce qui pose la question de la pérennité de leurs actions ainsi que de leur qualité.

Il y aura moins de moyens pour l'aide aux victimes, pour les chantiers de débroussaillement pour les détenus en fin de peine, pour la médiation sociale et intergénérationnelle, pour la prévention de la récidive des auteurs de violences conjugales ou intrafamiliales, pour les consultations spécialisées et les actions collectives pour éviter la radicalisation. 

 

IL FAUT REDRESSER LA BARRE

Ces pertes financières interviennent, paradoxalement, au moment de la montée en puissance de la lutte contre le phénomène de la radicalisation, alors que ces actions constituent le fondement de la prévention de ce phénomène depuis de nombreuses années.

Concrétisant son annonce que "la sécurité est la première de nos libertés", le nouveau gouvernement se doit de réagir et garantir en urgence au préfet du Var une rallonge de crédits financiers pour nos associations seynoises qui font un travail remarquable.

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25 mai 2017 4 25 /05 /mai /2017 07:42

Certains médias sont peut-être allés un peu vite en besogne en annonçant le retour à la semaine de quatre jours d'école dès la rentrée de septembre 2017 pour les petits Marseillais, entraînant un nombre significatif de demandes pressantes de la part de parents seynois, en particulier au travers d'une pétition en ligne.

Or, je l'ai indiqué ce mardi lors de la réunion du conseil municipal, rien ne peut se décider avant qu'un nouveau texte réglementaire ne vienne modifier les dispositions du décret de janvier 2013 fixant l'actuelle organisation de la semaine scolaire. Et, pour l'heure, la proposition du candidat Macron de laisser le choix aux communes ne s'est traduite par aucun acte exécutoire du président de la République ou de son Premier ministre.

 

À L'ORIGINE, UNE INTENTION LOUABLE MAIS SE HEURTANT AU MANQUE DE MOYENS

J'ai cependant rappelé mon opposition de l'époque où ces dispositions ont été imposées, tant pour des raisons de coût que la commune doit supporter malgré une aide financière de l'État, d'ailleurs appelée à disparaître, que du fait du démantèlement de l'offre périscolaire d'activités socio-éducatives, sportives, culturelles, technologiques ou environnementales, communales autant qu'associatives, que la nouvelle organisation a imposé.

J'avais alors trouvé louable l'intention de Vincent Peillon, à cette époque ministre de l'Éducation nationale, de considérer l'intérêt  et les rythmes chronobiologiques des enfants, mais j'avais aussi rappelé qu'elle n'aurait de sens que si des moyens suffisants étaient alloués par l'État aux communes, notamment pour garantir l'égalité de tous les écoliers dans l'accès à l'éducation de l'École et des temps libres.

 

LA SEYNE FORCÉE DE METTRE EN PLACE LA RÉFORME

Tel n'avait pas été le cas et, je le rappelle, ma position d'alors avait été que La Seyne ne se porte pas volontaire pour l'expérimentation prévue à la rentrée 2013, choisissant de prendre le temps d'une longue concertation avec l'ensemble des acteurs éducatifs, qui avait débouché sur une analyse alarmante, m'amenant à informer le ministère de l'Éducation nationale de la quasi impossibilité de mettre en œuvre un projet cohérent pour la rentrée 2014, en particulier dans une lettre adressée à Benoît Hamon, alors à la tête du ministère, puis à sa successeur Najat Vallaud-Beljacem. Las, nous avons malgré tout dû appliquer la loi.

Si je me félicite de l'implication des services municipaux et des associations qui se sont investis depuis trois ans avec effort, compétence et volontarisme pour assurer la meilleure offre possible aux enfants, je déplore toujours la modicité des moyens alloués par l'État, obligeant les familles à participer financièrement, ce qui exclut certains enfants, et la perte de qualité des offres éducatives périscolaires, sans pour autant, aux dires des enseignants, qu'il ne soit avéré une meilleure réussite scolaire.

 

UNE CONSULTATION POUR ÊTRE PRÊTS AU CAS OÙ...

Je suis donc, pour ma part, favorable au retour à la situation antérieure. Mais je ne ferai rien, si la possibilité nous en est donnée, qui ne recueille l'assentiment général, après que chacun aura pu évaluer toutes les incidences d'un éventuel retour en arrière, pour les enfants comme pour les adultes. J'attire en particulier l'attention de tous sur le fait que nombre d'animateurs vacataires, communaux et associatifs, pourraient perdre leur emploi si l'option retenue était de renoncer à la semaine de 9 demi-journées d'école, entraînant de facto la perte de la subvention d'État versée à la commune.

J'ai donc demandé à nos cadres municipaux d'organiser dans les meilleurs délais, sous forme de « votation citoyenne », des consultations distinctes des familles, des enseignants, des personnels communaux concernés, et des associations partenaires. L'avis des enfants eux-mêmes, au moins des plus grands d'entre eux, me serait précieux, s'il est possible de le recueillir.

Et je formulerai ensuite au conseil municipal une proposition de délibération qui reprendra l'avis majoritaire issu de cette consultation. Le plus tôt sera le mieux pour nous tenir prêts si un décret vient à paraître.

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Marc VUILLEMOT

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