21 janvier 2022 5 21 /01 /janvier /2022 15:22

L'émotion est palpable. La presse locale relate les soutiens que témoignent les élus locaux, de droite et de gauche, et les partis politiques de gauche, aux salariés du groupe CNIM dont j'annonçais ce jeudi dans un article de ce blog le risque imminent de démantèlement.

Je suis tout de même satisfait que, après que son premier adjoint m'a qualifié d'incompétent lorsque je réclamais l'entrée de l'État au capital de CNIM, la maire de La Seyne annonce enfin partager cette position de bon sens, en déclarant avoir « proposé au ministre de l'Économie une solution similaire aux chantiers navals de Saint-Nazaire avec une nationalisation transitoire »...

 

De leur côté, les élus municipaux écologistes et des gauches ont obtenu de la maire qu'elle soumette au conseil municipal qui doit se réunir ce vendredi soir une motion qu'ils ont rédigée pour réclamer cette prise de capital par l'État. Espérons qu'une unanimité utile se dégagera d'un vote solennel de notre assemblée communale.

Et la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, saisie par les responsables seynois et varois de mon parti, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), a adressé une question écrite au gouvernement, dont on peut prendre connaissance en cliquant sur l'image illustrant cet article ou ICI.

Qu'en pense de son côté Émilie Guérel, députée de notre circonscription de l'ouest Var ? Joindra-t-elle sa voix à celle d'Hubert Falco, désormais comme elle soutien du Président de la République, ayant « réclamé en dernier recours une nationalisation transitoire », et à celle de la droite locale rejoignant enfin – il n'est jamais trop tard pour bien faire – celle que, avec les gauches et l'écologie, j'ai défendue dès le début de la crise alors que j'étais maire de La Seyne ?

Mais, même si toutes les sensibilités politiques se rejoignent, l'État, qui a déjà investi des dizaines de millions d'euros en prêts à CNIM, stratégie dont on craignait – les faits semblent hélas me donner raison – qu'elle soit inopérante faute de pouvoir de contrainte sur les choix de redressement dépendant de bons vouloirs du monde financier, sera-t-il disposé à s'orienter dans cette voie ?...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
20 janvier 2022 4 20 /01 /janvier /2022 06:04

Le titre de l’article du journal « Les Échos » qui l’a annoncé ce mercredi résume à lui seul le drame et le tragi-comique de la situation : « Une partie du fleuron varois CNIM va être placée en redressement judiciaire ».

S’il n’est pas trop tard, va-t-on enfin écouter ce que nous nous évertuons à réclamer, à savoir l’entrée de l’État, au moins temporaire, au capital du groupe ?

L'impact d'un démantèlement serait terrible sur le territoire local et varois. Des milliers d'emplois, directs et indirects, sont en jeu. 

Les élus du territoire vont-ils demeurer bras ballants face à la catastrophe annoncée ?...
 

 

CNIM EST RECONNU COMME UN FLEURON TECHNOLOGIQUE D'AVENIR

 

Oui, CNIM est un fleuron industriel, technologique et environnemental. Le site Internet de l'École de guerre économique, qu'on ne peut guère qualifier de doux-rêveur marxiste comme certains estiment que je le suis, expliquait fin 2020 : « Constructions navales et industrielles de la Méditerranée (CNIM) est une entreprise stratégique pour la France et ce pour plusieurs motifs. Le groupe CNIM est bien intégré dans l’industrie de défense française notamment dans le programme de dissuasion nucléaire. Mais CNIM est aussi investi dans l’innovation. En témoigne sa place dans le pôle de compétitivité Mer Méditerranée au titre duquel le groupe est qualifié de « membre essentiel » par Hubert Falco, président de Toulon-Métropole-Méditerranée. CNIM a aussi suivi le tournant des démarches environnementales et dans la diversification de ses activités elle est positionnée sur le marché de la valorisation énergétique des déchets et des biomasses. Enfin, il est intéressant de souligner que Bertin Instruments, une filiale de CNIM, joue un rôle décisif dans la crise sanitaire que nous traversons actuellement en développant diverses solutions de détection du virus. »

 

ET ON LAISSERAIT DÉMANTELER UN TEL FLEURON ?

 

Et c’est bien pour ça qu’il est dramatiquement paradoxal que l’État laisse la situation se dégrader au point d’en arriver à l’irrémédiable. Ses apports en prêts et non en capital, il y a moins d’un an, n’y ont rien fait, comme c’était hélas prévisible. Les boursicoteurs, en mars dernier, s’étaient frottés les mains, le cours de l’action du groupe ayant bondi de près de 20 % en une journée, et ayant triplé en un semestre. Mais c’était hélas bien insuffisant. Le démantèlement est désormais à l’ordre du jour par décision du tribunal de commerce. Ce mercredi 19 janvier, le cours a été suspendu à la Bourse de Paris.

 

« IL EST DU DEVOIR DES INSTITUTIONS FRANÇAISES DE PROTÉGER CET ATOUT »

 

Les analystes de l’École de guerre économique, lorsqu’il était envisagé le risque d’un rachat par des opérateurs chinois, alertaient déjà comme moi qui ne suis en rien un spécialiste : « Alors que le duopole sino-américain amorce une nouvelle logique de bloc, la guerre froide a muté en guerre économique. Il est peut-être temps pour la France de retrouver son statut d’alternative qui savait exprimer son véto. Une capacité d’opposition qui pourrait s'avérer nécessaire dans le cas de CNIM. Laisser à des mains étrangères une concentration si importante de compétences industrielles serait une grave erreur. Engagé dans nombre de secteurs stratégiques, à la fois dans la défense, la santé, l'énergie et l'environnement, il est du devoir des institutions françaises de protéger et de conserver cet atout afin de relever au mieux les défis à venir pour notre pays. »

 

DES MILLIERS D'EMPLOIS EN JEU !

 

Et leur conclusion était sans appel dans le cas où l’État s’y refuserait : « En tant qu’employeur notable de la région, c’est toute l’économie locale qui serait indirectement impactée. Ainsi, les 2600 emplois sont en partie menacés par la mise en fiducie des activités de l’entreprise. Des postes occupés par des employés aux savoir-faire et compétences bien spécifiques. C’est l'industrie française qui se verrait encore une fois amputée de son patrimoine vivant, à savoir ceux qui la font vivre par leur travail. »

 

"CHOOSE FRANCE" MAIS PAS "MADE IN FRANCE" ? VA-T-ON LAISSER FAIRE ?

 

À quelques jours de celui où le Président de la République s’est réjoui du succès du programme Choose France en soulignant que « la France se maintient depuis deux ans au premier rang européen des investissements directs étrangers, la forte attractivité du pays valide la politique économique en cours », le gouvernement continue à faire la sourde oreille aux cris de détresse de ceux qui veulent juste sauver l’existant bien de chez nous. À l’évidence, Choose France compte plus que Made in France.

 

On pouvait s'attendre à ce que l'enjeu fasse les gros titres de la presse locale ce jeudi matin. Il n'en est rien. Les édiles seynois, intercommunaux, départementaux, régionaux vont-ils se taire ? Je suis certain que la population seynoise et varoise, comme elle le fut pour la construction navale, serait à leurs côtés, et ceux des syndicats, pour exiger de la Nation ce qui est dû au territoire. Il y a urgence vitale.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 06:08

Il faut na-tio-na-li-ser ! Fût-ce le temps nécessaire à la sortie de l'ornière. Puisque sa direction se refuse à communiquer publiquement, les informations de ses syndicats, mais aussi l'évolution du cours de la valeur boursière du titre, montrent que la situation de CNIM a dépassé le seuil d'alerte.

C'est l'emploi de centaines de salariés, ingénieurs, cadres, techniciens et ouvriers de la plus importante entreprise industrielle de La Seyne et du Var qui est lourdement menacé. Ce serait d'autant plus un indicible gâchis humain et technologique que nombre de sociétés locales sont sous-traitantes de notre fleuron économique.

Autant que celui du patronat, le silence des acteurs publics locaux, régionaux et nationaux est tragique. Face à l'urgence qui concerne tout le territoire, bien au-delà de l'entreprise et de son environnement, une pression politique et populaire est pourtant nécéssaire.

 

D'ALERTES EN MESURES TRÈS INSUFFISANTES

CLIQUEZ POUR AGRANDIR

Les chiffres parlent d'eux-mêmes (cliquez sur l'encadré pour l'agrandir). Le tableau extrait du site Boursorama montre que, en dix ans, le titre a perdu près de 90% de sa valeur. Les mesures de restructuration financière prises il y a presque un an se montrent inopérantes. Elles n'ont en rien freiné la dégringolade.

Alors que j'étais maire, j'ai alerté le Président de la République dès avril 2020. J'ai été suivi et accompagné par Hubert Falco, qui a saisi le chef du gouvernement au nom de la métropole qui est compétente en matière économique. Les acteurs économiques du territoire, par le relais de leur association regroupant plus de 1500 entreprises, y sont allés de leur supplique auprès du ministre de l'économie. Et j'ai explicitement réclamé du Premier Ministre une entrée temporaire de l'État au capital du groupe industriel. Début 2021, la députée Cécile Muschotti, Seynoise de naissance et toujours de cœur, a plaidé la cause de la société auprès de Bercy.

 

UN ÉTAT PAS TOUT À FAIT SOURD, MAIS OSTENSIBLEMENT MALENTENDANT

Mais, si l'État ne s'est pas montré totalement sourd, il est apparu clairement malentendant. Au lieu d'apporter la seule réponse qui tienne en période de crise sévère, à savoir une entrée significative au capital de CNIM, il a proposé un accord de restructuration financière, à hauteur de 30 millions d'euros, dont s'est félicitée la maire de La Seyne mais dont le simple bon sens, au regard de la trésorerie du groupe et des perspectives de contrats, conduisait dès sa signature à estimer qu'il serait nettement insuffisant.

L'histoire montre que nos préventions étaient fondées. Le groupe CNIM est au plus mal. Sans décision courageuse urgente reprenant l'exigence d'une implication réelle de l'État au capital, voire même, je ne crains pas de l'évoquer, une nationalisation provisoire, La Seyne et la métropole doivent-elles s'apprêter à revivre ce qu'elles ont connu lors de la fermeture des chantiers navals ?

Mais il ne semble pas être dans la culture libérale de l'État d'avancer dans cette voie. Et les pouvoirs politiques du territoire régional, qui partagent cette vision, ne manifestent pas de motivation à accentuer la pression.

 

URGENCE POUR LE CLIMAT, MAIS ABANDON D'UNE FILIÈRE ENVIRONNEMENTALE D'EXCELLENCE

On marche sur la tête. Entre un plan de relance économique d'ampleur inégalée et les objectifs, fussent-ils notoirement en deça des vrais besoins climatiques, de la Cop-26, il faudrait être d'une inconséquence coupable pour laisser aller à la dérive une entreprise française phare dans le domaine de l'environnement.

En tous cas, à quelques mois de l'élection présidentielle, la gestion de la situation de CNIM sera révélatrice. D'un côté, des sensibilités diverses des droites, depuis l'extrême jusqu'à la social-libérale, qui ne parlent que sécurité, immigration et repli identitaire, et de l'autre des sensibilités des gauches, qui parlent "made in France", "remontada" et perspectives sociales et écologiques, au moins pas opposées sinon franchement favorables à une intervention volontaire de l'État dans la sphère économique, mais qui s'arcboutent dangereusement sur des postures de division n'offrant guère d'espoir aux salariés.

C'est aussi à la lecture de nos inquiétudes territoriales pour la dynamique économique et l'emploi qu'il faut une pression populaire pour que l'unité des gauches et de l'écologie rende crédible une alternance qui pourrait être salvatrice. D'où... l'Unité populaire à obtenir par la Primaire populaire...

 

CLIQUEZ POUR SIGNER POUR L'UNITÉ DES GAUCHES

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
16 novembre 2021 2 16 /11 /novembre /2021 06:41

Le quotidien Var-matin rapporte ce mardi la présentation par la municipalité des orientations de la Métropole TPM en matière portuaire à une association de résidents d’un quartier. Ça appelle pas mal de questions.

Ce sont des interrogations sur la forme de la communication, d’abord, mais aussi et surtout des besoins de précisions sur le fond, pour répondre aux inquiétudes économiques, sociales et environnementales que suscitent les informations données par la Ville.

La Métropole, seule compétente en matière portuaire, a le devoir de s'exprimer pour confirmer ou non les annonces des élus municipaux.

 

DES INTERROGATIONS SUR LE MODE DE COMMUNICATION

On se demande pourquoi une association d’habitants est informée avant le conseil municipal, voire avant le collectif des comités d’intérêt local (CIL), jamais réuni depuis 2020. C'est une curieuse conception de la démocratie locale...

Pourquoi aussi est-ce la Ville qui annonce des choix alors qu’elle n’a aucune compétence en matière portuaire ? Les priorités exposées sont-elles vraiment celles de la Métropole TPM, seule institution responsable des ports ?...

 

DES INCIDENCES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES

La réalisation d’une passerelle routière appelée « pont de la réconciliation » risquerait fort de ne pas… réconcilier les opérateurs économiques du secteur du nautisme, notamment ceux de l'Espace Grimaud, avec les institutions publiques. Elle imposerait en effet le transfert de 110 anneaux de petits voiliers du « vieux port » qui, du fait de la hauteur de leurs mâts, ne pourraient plus franchir la passe. Leur réinstallation annoncée le long des quais des anciens chantiers navals au tirant d’eau exceptionnel et unique dans la région grèverait les possibilités, prévues depuis des années, d’y accueillir des unités importantes en hivernage ou en attente d‘entretien et réparation dans nos entreprises locales en concurrence rude avec celles d’autres ports de Méditerranée. Cela fragiliserait gravement l’activité économique, donc l’emploi, d’une filière-phare et des activités tertiaires connexes.

On sait que ce pont est une promesse de campagne de la maire. Mais on se grandit toujours en acceptant de réorienter ses choix. Pourquoi ne pas s’en tenir à l’élargissement du quai du port actuel, ne nécessitant que la relocalisation de 40 anneaux ? La Métropole est-elle prête à prendre et assumer un tel risque économique et social ?…

 

DES CONSÉQUENCES ENVIRONNEMENTALES ET URBAINES

Renoncer à l’élargissement le long des quais actuels du « vieux port » enterrerait la possibilité d’y réaliser l’indispensable site propre du futur bus à haut niveau de service et les voies cyclables prévues. Le développement des mobilités douces est le seul moyen de relancer la fréquentation du centre-ville, de désengorger la traversée du port et de prendre notre part dans la réduction des émissions de gaz nuisibles à la qualité de vie urbaine et au climat. Sans desserte moderne et propre en proximité immédiate, stimulant la rénovation de l'habitat et de l'activité commerciale, des fresques, des animations culturelles et festives, certes bienvenues comme l'actuelle sur le thème de « l'écume de nos déchets », ne suffiront jamais à redynamiser notre centre ancien.

Le renoncement à ce projet vital d’investissement pour reporter ses financements sur un « pont de la réconciliation » risquerait fort de ne pas… réconcilier les institutions publiques avec les commerçants et services du centre-ville, avec l’hôtel Mercure cerné par quatre voies de grande circulation, avec les concepteurs du Parc de la Navale qui en détiennent la propriété intellectuelle, ni avec les gens attachés au patrimoine historique, parmi lesquels le ministère de la Culture dont on se demande s’il apprécierait qu’une autoroute urbaine vienne jouxter le monument classé qu’est notre pont transbordeur.

La Métropole, responsable du projet de rénovation urbaine du centre-ville autant que des ports, des parcs urbains, des voiries, de l'économie et des transports collectifs, suit-elle la municipalité seynoise sur cette orientation ?...

 

DES BESOINS IMPÉRIEUX DE RÉPONSES AUX USAGERS ET CITOYENS

Enfin, si l’on doit se réjouir des annonces de mises en chantier des réhabilitations, sur lesquelles nous avons travaillé avec la Métropole depuis des années, des ports de la Petite Mer et de Saint-Elme, y compris en assumant pour des raisons d’équilibre économique une extension du nombre d’anneaux de ce dernier, il reste à préciser les intentions de TPM en matière de ce que la Ville annonce comme un projet de « gestion globale » de l’ensemble des ports par le futur concessionnaire pour la désignation duquel un appel à candidatures va être lancé l'an prochain.

Les associations de plaisanciers vont-elles conserver leur place, en particulier pour le Port du Manteau dont la petite mais très active société nautique assume aujourd’hui très bien la gestion de ses espaces portuaires ?…

Tout ça fait beaucoup d’interrogations. La Métropole a le devoir de s’exprimer sur ces enjeux.
 

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30 septembre 2021 4 30 /09 /septembre /2021 08:39

Le contentieux relatif au projet avorté de port de plaisance le long sur le site de nos anciens chantiers navals est enfin clos. La justice a conforté La Seyne dans sa décision.

Mais que n'avons-nous pas entendu depuis que la municipalité que j'animais a constaté que l'opérateur du programme ne respectait pas son engagement à réaliser cet équipement portuaire tant attendu et a dû se résoudre à lui en retirer la responsabilité !

Nous avions pourtant eu raison...

 

NOUS AVONS EU RAISON DE PROTÉGER LES INTÉRÊTS DE LA SEYNE

Il aura fallu pas moins de huit ans pour, finalement, revenir au point de départ. Mais l'important est que la plus haute instance de la justice administrative française a validé le choix de la commune. Le tribunal administratif, puis la cour administrative d'appel, et enfin le Conseil d'État, ultime juridiction de recours, ont jugé que la municipalité que j'animais a eu raison de défendre les intérêts de La Seyne vis-à-vis de l'opérateur qui avait été retenu pour réaliser le port de plaisance projeté le long du site des anciens chantiers navals mais qui s'était hélas révélé défaillant.

Le dernier acte de cette trop longue affaire a été le tout récent vote par le conseil municipal d'une délibération annulant les provisions financières que j'avais constituées au cas où la justice m'aurait donné tort.

 

CERTAINS AURAIENT PEUT-ÊTRE DÛ TOURNER SEPT FOIS LEUR LANGUE DANS LEUR BOUCHE AVANT DE CONSPUER...

Entre temps, mon équipe municipale a eu à subir les sarcasmes de certains toujours prompts à vilipender mon incapacité à gérer et défendre La Seyne. En 2015, l'actuel premier adjoint, alors conseiller municipal d'opposition, s'exprimait ainsi à propos de ma décision ayant entrainé un contentieux : « Monsieur le maire est coutumier d'une gestion non seulement approximative mais très dangereuse pour l'avenir de notre ville (...) sa gestion va encore nous coûter des millions d'euros ». En 2017, le même me donnait des leçons en des termes mettant en cause le professionnalisme des fonctionnaires communaux assurant le suivi juridique du projet de port de plaisance : « Je vous ai souvent demandé de travailler en interne, ou en externe d'ailleurs, avec des spécialistes aguerris aux marchés publics compliqués. J'ai bien peur qu'il soit trop tard et que vous soyez responsable d'une catastrophe financière qui semble s'annoncer pour la commune », ajoutant que la société délégataire réclamait « 14 millions d'euros de dommages et intérêts » à la ville.

 

GRAND MERCI AUX FONCTIONNAIRES QUI M'ONT CONSEILLÉ

Les faits sont là. Nous avons eu raison de mettre un terme au programme pour protéger notre ville, certes à contrecœur car cet équipement portuaire, à côté du projet d'hôtels et de cinémas dans l'Atelier mécanique, aurait dynamisé la renaissance économique, culturelle et sociale de La Seyne. Je ne remercierai et féliciterai jamais assez les fonctionnaires territoriaux pour leur compétence et leur clairvoyance qui ont guidé ma décision.

Je suis bien sûr navré que ce port n'ait pu se réaliser, mais qu'on m'autorise aujourd'hui à avoir un petit sourire en coin lorsque je relève que c'est celui-là même qui m'accablait naguère qui, aujourd'hui, en sa qualité de premier adjoint délégué « au développement économique, aux affaires juridiques et de contentieux », a dû annoncer, selon Var-matin, la « bonne nouvelle » aux membres du conseil municipal et leur proposer de voter l'annulation des sommes que j'avais fait provisionner et dont, certain que la commune allait perdre et devoir lourdement dédommager, il demandait en 2017 « la revalorisation »...

 

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 05:46

Après avoir communiqué quelques réflexions sur la décision municipale de quitter l'association française des maires pour la Paix, et donc de son association internationale Mayors for Peace, il semble utile, dans un tout autre registre, de faire partager quelques sentiments sur un autre choix de la majorité du conseil seynois : celui de ne plus adhérer à l'Association nationale des élus du littoral (ANEL).

Si l'on qualifie le massif abritant notre forêt de Janas de « presqu'île de Sicié », si George Sand parlait de notre commune comme d'une « ville de mer », si La Seyne partage avec Six-Fours le cap le plus avancé dans la Méditerranée, et si notre terroir est bordé de 25 kilomètres de côtes, nul ne disconviendra du fait que la maire de La Seyne a bien sa place parmi les... élus du littoral.

Et pourtant La Seyne vient d'opter pour abandonner le millier de communes littorales pour la plupart réunies au sein de l'association qui défend leurs intérêts particuliers...

 

POUR LA MER ET LES LITTORAUX AUSSI, LA « COALITION » FAIT LA FORCE

Si l'on en croit Var-matin, la maire a donné une curieuse explication à cette étonnante décision. L'adhésion à l'ANEL ferait, selon elle, « double emploi » avec une autre association à laquelle La Seyne adhère, le « syndicat des communes du littoral varois ».

On ne va pas blâmer la maire, en fonction depuis seulement quelques mois, de méconnaître les missions respectives d'un syndicat très local de 28 communes, dont l'essentiel de l'activité est l'échange d'expériences pour la protection et la mise en valeur de leur littoral et qui n'a de « syndicat de communes » que le nom puisqu'il n'exerce pas lui-même de compétence de gestion, et d'une association nationale de plusieurs centaines de communes adhérentes, qui est interlocuteur reconnu des pouvoirs publics auprès desquels elle exerce, forte de sa dimension et de son expertise, un « lobbying » constant pour la prise en compte des enjeux propres aux façades maritimes.

Membre de diverses instances nationales officielles, l'ANEL peut peser sur le Législateur et l'exécutif, pour, entre autres, la protection du littoral, l'activité économique et touristique, la maîtrise du foncier côtier, la gestion préventive de l'érosion côtière et de la submersion marine, la sécurité en mer, la qualité des eaux de baignade, la gestion des plages et du domaine public maritime.

Ce sont autant de sujets qui ont vu les réglementations évoluer, par la proposition et la pression, dans le sens souhaité par les élus des communes côtières. Et dont La Seyne, comme 976 autres communes, profitait. Or, on le sait, l'union fait la force. Chaque abandon affaiblit l'ensemble. C'est pour ça qu'on fait parfois... « coalition ».

Pour 7 centimes d'euros par habitant et par an, La Seyne était en première ligne pour plaider la cause de tous ses concitoyens qui vivent ou profitent des ressources naturelles et patrimoniales maritimes et littorales qu'il convient, plus que jamais, de protéger et valoriser.

La Seyne laisse sa place. Et c'est bien dommage.

 

 

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12 février 2021 5 12 /02 /février /2021 16:02

La députée du Var Cécile Muschotti (LREM) et le président de la métropole Hubert Falco (LR), chacun pour ce qui le concerne, ont agi avec efficience pour aider le groupe industriel seynois CNIM à franchir la mauvaise passe dans laquelle il se trouvait. Et il faut bien sûr s'en féliciter et leur en savoir gré. 

Il reste que les solutions retenues questionnent et que ni l'État ni la direction du groupe n'évoquent leurs incidences sur le moyen terme. Certains à La Seyne, et non des moindres parmi les acteurs publics locaux, mélangeant d'ailleurs dangereusement les genres de l'action politique et du rôle syndical, ont peut-être tort de se réjouir trop vite de ce qu'ils mettent un peu exagérément à leur actif...

 

Oui, la société Paprec est entrée en négociation avec le groupe CNIM pour l'acquisition de la partie Opération & Maintenance (O&M) de sa branche environnement. Sur les sites spécialisés, il est évoqué un montant de 35 à 45 millions d'euros. Peut-être d'ailleurs, à l'heure où j'écris ces lignes, l'affaire est-elle finalisée. À La Seyne, ce secteur représenterait une quarantaine d'emplois sur environ 500 préservés – on l'espère – de ce secteur, répartis en France et à l'étranger dans les unités de valorisation énergétique du groupe.

 

DES VENTES DE SECTEURS ET LES BANQUES EN APPUI AU CAPITAL

Toujours suivant les mêmes sources du monde de l'actionnariat, après cette cession elle-même faisant suite à celle de la filiale Bertin Énergie Environnement, d'autres ventes seraient envisagées « pour quelques millions d'euros », mais, sans plus de précisions, de secteurs « loin du cœur de métier de CNIM ». Et, comme annoncé, les secteurs stratégiques, dont ceux liés à la défense, l'industrie spatiale et le support à la recherche scientifique, seraient sanctuarisés.

Le problème reste que les banques ayant octroyé des prêts à CNIM transformeraient leurs créances en ce qui pourrait être un ensemble d'obligations convertibles et donc interviendraient sous une forme s'apparentant à une entrée au capital. Si elles y demeurent minoritaires, le danger est moindre. Si tel n'est pas le cas, comme on disait aux comptoirs avant que le coronavirus ne ferme ces hauts-lieux de la démocratie du quotidien, ce ne serait pas la même limonade. D'autant que, malgré son immense savoir-faire, son aptitude à l'innovation, et la détermination de ses personnels, qui se sont dernièrement concrétisés avec des perspectives encourageantes, telles qu'un récent contrat de fourniture et d'essai d'aérostats de surveillance maritime pour Frontex, l'agence européenne de garde-côtes et garde-frontières, le résultat du premier semestre 2020 demeurait négatif de plus de 30 millions d'euros.

 

L'ÉTAT AU CAPITAL COMME GARDE-FOU

C'est pourquoi la dépendance aux banques est périlleuse si elle n'est pas assortie d'une garantie qu'elles demeureront minoritaires au capital du groupe. Et c'est pourquoi, plus que jamais, le bon sens commanderait que l'État, qui devrait avoir conscience de l'enjeu, pour l'emploi en cette rude période qui s'éternise et pour les secteurs stratégiques, ne s'en tienne pas à octroyer des prêts à partir de son Fonds de développement économique et social (FDES), mais se décide, comme je le réclamais il y a bientôt un an, et au moins jusqu'à ce que l'horizon se dégage durablement, à entrer au capital de CNIM.

Là, chacun, à commencer par les salariés, pourrait souffler. Et ceux qui auraient envie d'en faire un sujet de communication politicienne ne prendraient pas de gros risques.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
16 décembre 2020 3 16 /12 /décembre /2020 04:52

Mais que cache donc cette situation qui s'éternise d'abandon de la part du gouvernement d'un groupe industriel français de premier plan ? On est en droit, des mois après les premières alertes et alors que des informations transpirent sur les repreneurs possibles, de sérieusement s'inquiéter.

Tous les marqueurs en attestent : fût-elle provisoire pour permettre à CNIM de franchir la mauvaise passe que ce groupe traverse, sans entrée de l'État au capital du fleuron technologique qu'est notre grande entreprise seynoise, le risque de vente à la découpe, voire de dépôt de bilan, est avéré. Je le réclame depuis avril dernier...

C'est là un sujet majeur pour La Seyne et la métropole toulonnaise avec les centaines d'emplois en jeu, mais c'est aussi un enjeu national et européen, dans un contexte où la désindustrialisation, chez nous et ailleurs, est dramatique pour la souveraineté du pays et du continent.

C'est pourquoi il faut porter le sujet à l'échelle nationale...

 

Dans une annonce récente à Var-matin sur la démarche qu'il a engagée auprès du Premier ministre, le président de la métropole révélait que certains entendaient « nationaliser le sujet ». C'est exact. Et c'est en route. Ici comme ailleurs, on ne peut laisser démanteler et sacrifier sur l'autel de la mondialisation ultra-libérale par des investisseurs du bout du monde des pans entiers du savoir-faire industriel national, pourtant rentables et de haut de gamme. Or le silence gouvernemental est inquiétant au point que certains commencent à se demander s'il n'y aurait pas quelque entente obscure entre le plus haut niveau de l'État et quelque nation avec laquelle la France est en affaire, sacrifiant un volet industriel pour en sauver un autre.

C'est pourquoi, sollicitée par Stéphane Sacco, l'un des animateurs seynois et varois du mouvement politique auquel j'appartiens, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann a placé le sujet du devenir de CNIM au cœur des enjeux économiques et sociaux nationaux.

Je laisse les visiteurs de ce blog prendre connaissance ci-dessous de la question, pour l'instant sans réponse, qu'elle a posée au ministre de l'Économie.

Dans le même temps, je suis de ceux qui estiment que la situation est suffisamment grave et urgente pour que, au-delà des rassemblements des personnels inquiets organisés par des syndicats de l'entreprise, une invitation à la population seynoise et métropolitaine à témoigner de son soutien et de son inquiétude en se joignant à des mouvements permettrait de peser pour contraindre l'État à s'engager en entrant au capital du groupe.

C'est maintenant ou jamais. Après, on en a fait l'expérience chez nous dans les années 1980, ce sera trop tard.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
2 octobre 2020 5 02 /10 /octobre /2020 04:56

Le premier ministre le ressasse : le « plan de relance » doit s'ancrer sur les territoires. Il y aurait alors un exercice pratique à engager autour du Groupe CNIM à La Seyne, avec pour enjeu le sauvetage d'une activité industrielle de premier plan mondial, fondée sur un savoir-faire historique et une stratégie d'innovation constante. Des centaines d'emplois locaux sont en jeu, voire des milliers par effet domino sur le territoire métropolitain.

Mais le gouvernement semble tenir deux discours contradictoires. Entre un prêt d'État susceptible d'être accordé à l'entreprise en difficulté et le soutien gouvernemental à une offre de reprise d'une société présentée comme « franco-française », les propos se contredisent.

Il y aurait cependant une troisième voie, mais dont l'État ne veut manifestement pas entendre parler : celle, pourtant justifiée en période de crise économique, de la mobilisation d'une infime part des 100 milliards du « plan de relance » pour une entrée au capital, fût-ce façon provisoire, de celles des sociétés de secteurs vitaux comme ceux de la défense, l'énergie, la santé ou l'environnement, qui rencontrent des difficultés conjoncturelles...

 

C'est aux territoires de peser sur le gouvernement, d'autant plus que celui-ci les invite à le faire. Il est rassurant de relever que la municipalité de La Seyne a changé de discours, rejoignant la métropole qui avait répondu à ma demande de s'impliquer à mes côtés au printemps dernier, dès que l'alerte a été donnée. L'opposition municipale d'alors, désormais aux affaires, se gaussait de nos initiatives, sur l'air du dédain : « Ce genre d'intervention politicienne ne peut que fragiliser l'image de cette société fleuron », indiquait à l'époque l'actuel premier adjoint, d'ailleurs en écho à une remarque de l'extrême-droite locale qui maniait l'ironie en me qualifiant malicieusement de « grand spécialiste de l'économie »...

Il est donc rassurant que les points de vue aient évolué sur la nécessité d'une intervention publique forte. Mais celle-ci doit être déterminée et les objectifs d'une implication claire de l'État posés explicitement. C'est ce que je réclamais alors (article de Var-matin ci-dessous), en accord avec la direction de l'entreprise et ses principaux syndicats, repris par le président de la métropole qui écrivait au Premier ministre d'alors que « la société CNIM ne doit pas être sacrifiée à des enjeux financiers spéculatifs ».

Au-delà de CNIM, cette présence de l'État au capital doit permettre de renforcer l'ancrage national des grandes entreprises, dans le cadre d'un renouveau des planifications, s'appuyant sur des lois de programmation fixant les urgences stratégiques pour les années à venir. Cela supposerait, au-delà d'une fonction de haut-commissaire au Plan, la création d'un vrai ministère de l'Industrie, indépendant de celui des Finances, faisant taire les leitmotivs défaitistes récurrents des élites technocrates et économiques selon lesquelles « il ne faut pas sauver les canards boiteux », « il ne faut pas refaire les erreurs des nationalisations de 81 » et « notre avenir est dans les services » et non dans la réindustrialisation du pays.

Ainsi, l'entrée de la Nation au capital de CNIM, au moins le temps que la situation du groupe se rétablisse, est la manière simple et sûre d'éviter le sacrifice de celui-ci aux spéculateurs. Les élus du territoire, de la commune à la région en passant par la métropole et le département, doivent peser en ce sens. Mais est-ce là la vision de l'économie des acteurs politiques de l'omniprésente droite provençale ?...

 

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Économie - tourisme et commerce
29 juillet 2020 3 29 /07 /juillet /2020 03:06

Avec leurs habitants les plus pauvres du Var, victimes de plein fouet de la crise sanitaire et économique, avec les inquiétudes qui planent sur le devenir de CNIM, le plus important groupe industriel du département, et de ses sous-traitants implantés chez nous, et par voie de conséquence l'ensemble de l'économie bénéficiant du pouvoir d'achat de leurs salariés, avec les incertitudes qui inquiètent les activités du tourisme, de la croisière, du loisir et de la culture, comme celles de l'activité portuaire du fret, La Seyne et la métropole, malgré la formidable dynamique économique qu'elles connaissent depuis une dizaine d'années, pourraient ne pas échapper à de sérieuses difficultés économiques et sociales.

Des réponses préventives et curatives existent. Elles supposent une grande bifurcation l'échelle du pays et une véritable stratégie de rebond et de redressement.

Le mouvement politique auquel j'appartiens, la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), formule des propositions en ce sens, qui passent par une rupture avec le libéralisme.

Profitez des vacances pour feuilleter ce petit livret...

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