15 février 2019 5 15 /02 /février /2019 08:08

 

D'innombrables Seynois sont tristement affectés, depuis que, ce jeudi, la nouvelle de la disparition de Daniel Hugonnet s'est répandue dans la ville.

 

Celui qui fut conseiller municipal communiste sous les municipalités de Philippe Giovannini puis de Maurice Blanc, de 1971 à 1983, aura durablement marqué La Seyne.

 

Des milliers de jeunes seynois lui doivent d'avoir connu les centres aérés, les camps d'adolescents et les cours d'animateurs municipaux, dont il fut à l'initiative. Nombre d'autres auront tiré parti, pour leur construction de futurs adultes, citoyens actifs et responsables, des offres d'activités socio-éducatives d'une kyrielle d'associations dont il aura été à l'origine ou co-initiateur, entouré d'une équipe riche de nombreux bénévoles et professionnels de l'enfance et la jeunesse qu'il aura su mobiliser à ses côtés : du Mille Clubs de Vignelongue à l'Association Maison intergénérationnelle de quartier (AMIQ), en passant par l'Amicale Seynoise des AdolescentsCiné-JeunesE-Lo-JeunesVidéomase, la Maison Associative Enfance Famille École (MAEFE) ou Vivre en famille (AVEF), et bien d'autres du champ de la prévention, de l'insertion sociale et professionnelle et de la formation : l'Association de Prévention et l'Aide à l'insertion (APEA), l'Association Seynoise pour l'Insertion (ASPI) ou encore Pro-Jeunes.

 

Cours municipaux d'animateurs (1970)

Fondateur de l'OMASE (Office municipal de l'action socio-éducative), regroupant jusqu'à une trentaine de ces associations seynoises, il aura été la clef de voûte de la patiente construction d'un véritable projet éducatif global communal, plaçant les enfants et les jeunes au cœur d'une attention constante et partagée de la puissance publique et des associations dans tous leurs temps de vie.

 

Après s'en être éloigné quelques années pour exercer son métier d'éducateur technique, appelé à prendre la succession de son père Élie à la tête de l'entreprise familiale d'imprimerie de l'avenue Docteur Mazen, il avait opté pour y renoncer et en être salarié afin de se consacrer pleinement à son activité publique et associative. Sa vie au service de l'éducation et l'apprentissage aura été consacrée par la remise en 2002 de la médaille d'or de la jeunesse, des sports et de la vie associative.

 

Conseiller municipal délégué à l'action socio-éducative, il était également en charge de l'environnement. Des milliers de Seynois de tous âges se remémoreront leur participation active aux opérations de reboisement de la forêt de Janas qu'il a organisées, des années durant, après les incendies qui affectèrent notre massif forestier, débouchant sur la création de l'association toujours très active des Amis de Janas et du Cap Sicié. On lui doit également la réalisation de nos CRAPA, ces circuits d'activités physiques en cœur de forêt, mais également son concours décisif à la réalisation de notre station d'épuration des eaux usées Amphitria. Et c'est aussi grâce à lui que la culture s'est invitée au milieu de la nature, puisqu'il fit du Fort Napoléon abandonné par la Défense nationale le centre culturel que l'on connaît aujourd'hui, dont l'activité rayonne bien au-delà de nos frontières communales.

 

Lors du départ des Maristes de La Seyne (2014)

Comme tant d'autres Seynois, j'ai perdu ce jeudi un formateur et maître à penser qui est loin d'être étranger à mon propre parcours de vie publique et associative.

 

Et La Seyne pleure un de ses grands serviteurs dont elle aura à cœur d'honorer la mémoire dans les prochains jours.

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19 avril 2018 4 19 /04 /avril /2018 09:45

On les a déjà essayés. C'était en 2015. Le précédent gouvernement avait misé sur le dispositif des « emplois francs » pour offrir des possibilités d'insertion professionnelle aux jeunes des quartiers urbains fragiles dont le taux de chômage est, en France, deux fois et demie plus important que celui que connaissent en moyenne nationale les moins de 25 ans (ce qui n'est d'ailleurs pas vrai à La Seyne qui se singularise depuis trois ans grâce à une stratégie conjuguée durable de Pôle Emploi, des institutions et des associations de terrain).

Ça avait fait flop. Et le programme avait été abandonné.

 

PAS DE LEÇON TIRÉE DE L'ÉCHEC

Et voilà que le nouveau gouvernement nous ressort la même recette visant à obtenir des entreprises que, en contrepartie d'une aide financière d'État, elles proposent des emplois d'une durée de trois ans à des jeunes. C'est soi-disant fait pour compenser la disparition des centaines de milliers de contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE), qu'on appelle  couramment « contrats aidés » ou « contrats d'utilité sociale », décidée fin 2017.

Mais ça ne règlera en rien le problème pour les institutions publiques et surtout associatives qui sont exclues d'un dispositif réservé aux employeurs du champ économique et qui confortaient avec les CAE leurs missions d'accompagnement social des populations en difficulté, aujourd'hui gravement fragilisées.

 

370.000 EMPLOIS SUPPRIMÉS : DU JAMAIS VU !

Ça le règlera d'autant moins que seuls 194 des 1500 quartiers prioritaires vont expérimenter le dispositif pendant trois ans. La Seyne, Toulon, Hyères et La Garde n'en bénéficieront d'ailleurs pas, puisque, en Provence, seuls les sites de la métropole d'Aix-Marseille sont retenus.

La colère gronde chez les élus et les responsables associatifs de nos villes populaires. Réunis dans le cadre de « Territoires gagnants », les associations de maires et d'acteurs associatifs ont d'ailleurs dû, ce jeudi, jour où la Ministre du Travail vantait les bienfaits des (faussement) nouveaux « emplois francs », interpeller à nouveau le gouvernement pour le supplier de se ressaisir après le plus grand plan social qu'ait jamais eu à connaître notre nation avec la disparition des « emplois aidés ».

Je dois donner à connaître aux Seynois cette supplique adressée par près d'un millier d'acteurs de terrain de nos quartiers sensibles, parmi lesquels figurent nombre de bénévoles d'associations locales frappées par la perte d'une part des 370.000 « emplois aidés ». On y accède en cliquant sur l'image ci-contre.

 

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27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 16:48

Moi, on m'a appris que, dès lors qu'on a signé un contrat, on est engagé à le respecter. Et que... cochon qui s'en dédit.

C'est ce que nous avons fait avec l'État, la Région Provence, le Département du Var, la Métropole Toulon Provence Méditerranée et ses quatre communes abritant des quartiers urbains fragiles, à savoir Toulon, La Seyne, Hyères et La Garde, et d'autres partenaires, en signant un « contrat de ville » nous engageant, les uns et les autres, à mobiliser nos moyens respectifs, de 2015 à 2020, pour soutenir les acteurs de terrain, essentiellement associatifs, qui s'acharnent à accompagner les plus fragiles des citoyens de notre métropole, en conduisant des actions vers l'insertion sociale et professionnelle, l'éducation, le sport, la culture, la solidarité envers les anciens ou les tout-petits, l'égalité des femmes et des hommes, la prévention sanitaire, et bien d'autres encore.

Or voilà que, en quelques mois, deux des signataires du contrat de ville, sans même en parler aux autres, rompent le contrat !

 

LA RÉGION EMBOÎTE LE PAS À L'ÉTAT POUR SON DÉSENGAGEMENT

C'est l'État qui a donné le la, l'été dernier, en croyant profiter de la torpeur estivale pour supprimer en douce 46 des 400 millions qu'il investit en France dans ce dispositif de soutien à l'accompagnement social des populations les plus en difficulté. C'était sans compter sur la réaction immédiate des élus locaux qui ne sont jamais assoupis que d'un œil (lire ou relire ICI et ICI). Le branle-bas de combat que nous avons déclenché dans toute la France, s'il n'a pas permis de récupérer les crédits évaporés pour 2017, a au moins obligé le gouvernement à s'engager à les réinscrire pour 2018 et les sanctuariser jusqu'à 2020.

L'expérience a dû donner des idées au président de la Région Provence, car voilà que, six mois après l'État, les plus de 500.000 habitants des quartiers sensibles de nos six départements, soit 10% de notre population, dont 13.000 Seynois, apprennent, par un courrier adressé aux présidents des trente intercommunalités concernées, que la Région a décidé de retirer purement et simplement ses financements.

Et, là, on parle bien de 100% des crédits dédiés. Plus fort que l'État qui n'avait osé le faire que pour un peu plus de 10% des budgets ! Et qui a dû se raviser pour les années à venir devant le tollé des maires et présidents de communautés, contrairement au président de Région qui écrit très explicitement : « (...) Je vous informe que la Région n'interviendra plus sur [le] financement [des contrats de ville] (...) À mi-parcours des contrats, je tenais à vous faire part du repositionnement de l'intervention de la Région qui interviendra dès la programmation 2018 ». Fermez le ban !

 

UNE ACTION SUR CINQ VA PASSER À LA TRAPPE

La réalité, pour les associations de La Seyne et leurs publics, c'est que l'appui régional qui leur était consenti couvrait une part significative des dépenses induites par les efforts de leurs bénévoles et de leurs personnels, et qu'il n'a cessé de se déliter pour finir par s'éteindre : 23% de leurs subventions en 2015, 15% en 2016, 11,6% en 2017, et, de 2018 à 2020... 0%.

Ni la commune, ni la métropole, ni l'État, ne pourront se substituer à la Région, à laquelle je concède volontiers qu'elle est contrainte de prendre cette grave décision du fait de l'étranglement que lui fait subir l'État, comme à toutes les collectivités. C'est donc à 20% d'actions solidaires en moins qu'il faut s'attendre.

Et je ne crois pas une seconde que ce que M. Colin, conseiller municipal de notre minorité et conseiller régional majoritaire, annonce, à savoir un investissement régional « en matière de formation professionnelle, [des] mêmes sommes que celles qui étaient investies dans le contrat de ville », garantira une compensation pour nos habitants. La Région ne vient-elle pas, par ailleurs, d'annoncer son intention de supprimer en deux ans les subventions qu'elle accordait jusqu'à présent aux chantiers d'insertion ?...

 

Ci-dessous les articles parus dans Var-matin (26 février) et La Marseillaise (27 février) suite à ma réaction à cette situation très préoccupante.

Contrat de ville : on a fait pourtant « topé » ! Les associations et les habitants apprécieront...
Contrat de ville : on a fait pourtant « topé » ! Les associations et les habitants apprécieront...
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9 octobre 2017 1 09 /10 /octobre /2017 07:43

Une partie des services publics et associations de La Seyne devraient pouvoir souffler ! Les mobilisations des maires semblent avoir payé.

En conclusion du lancement des diverses manifestations qui émailleront jusqu'en octobre 2018 les 40 ans de la « politique de la ville », Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, l'a en effet annoncé : le gouvernement a cédé et, finalement, les conventions relatives aux Contrats d'accompagnement dans l'emploi (CAE) concernant les quartiers prioritaires urbains (QPV) échapperont à la décision de non-reconduction qui avait été annoncée. Les préfets vont recevoir des instructions en ce sens dès cette semaine.

 

NE PAS VENDRE HÂTIVEMENT TOUTE LA PEAU DE L'OURS...

J'écris « devraient pouvoir souffler » car il reste à s'assurer que ce sont bien tous ces contrats aidés des QPV qui vont être concernés par cette possibilité de renouvellement, ceux des associations qui agissent en direction des publics des quartiers prioritaires (Berthe et le centre-ville pour La Seyne), que leur siège y soit implanté ou non, et ceux des services publics, qu'ils soient locaux ou nationaux, en particulier l'Éducation nationale, la police, ou... les agences de  « Pôle Emploi » elles-mêmes, comme c'est le cas à la Seyne, qui en compte quatre dans ses effectifs.

Il reste aussi à veiller au grain pour que cette décision obtenue non sans mal ne soit pas une façon de « reculer pour mieux sauter ». Il faut obtenir un engagement dans la durée, et non sur un seul renouvellement. Sauf, bien sûr, si un autre dispositif d'accès à l'emploi et d'appui à la formation vient remplacer les CAE, car on peut entendre que de nouvelles modalités soient réfléchies, ainsi qu'on l'a connu, par exemple, avec les contrats d'avenir qui ont remplacé les CES et CEJ, lesquels ont succédé aux TUC.

 

LES MAIRES EN PREMIÈRE LIGNE POUR LA PROTECTION DE LEURS TERRITOIRES

Je ne regrette donc pas le temps que je consacre à mon investissement en qualité de président national de l'association des maires Ville & Banlieue de France, qui a été en première ligne pour plaider la cause de l'insertion dans l'emploi et des actions d'accompagnement conduites en faveur des habitants des quartiers urbains en difficulté.

Il est de notre devoir, à nous, maires des communes abritant des sites prioritaires, de nous mobiliser pour nos territoires sensibles, car il est difficile aux habitants eux-mêmes, souvent dans la précarité et craignant de n'être pas entendus, ou s'y résignant, de se battre contre ce qui leur apparaît trop souvent inéluctable.

Et ça semble aussi difficile pour le monde associatif, pourtant première victime, dont je peine tout de même à comprendre que, face à ce type de décision qui aura risqué de compromettre sa capacité d'action solidaire, voire son existence, il ne s'est pas beaucoup organisé pour protester et plaider sa juste cause. Nous aurions pourtant été à ses côtés. Et le serons chaque fois qu'il y aura besoin.

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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 16:34

J'ai attendu pour m'exprimer d'en savoir plus sur la traduction locale des annonces inquiétantes de disparition des « contrats d'accompagnement dans l'emploi » (CAE). Ce sont ces dispositifs qui permettent aux services publics et aux associations de conforter leurs missions avec un apport en moyens humains cofinancés par l'État. Et ce sont aussi de « vrais contrats de travail » qui permettent de former des personnes en rupture, notamment des jeunes. Ce qu'on appelle des « emplois aidés ».

C'est maintenant chose faite. Et les nouvelles sont navrantes. Il existe aujourd'hui à La Seyne 131 conventions intervenues entre l'État et des employeurs publics et associatifs dont les trois-quarts ne seront pas reconduites, les seules susceptibles de l'être — espérons-le — correspondant à la trentaine de postes d'assistants de vie scolaire (AVS) qui accompagnent les enfants et adolescents handicapés dans leur scolarité.

 

L'ÉTAT JETTE SANS VERGOGNE À LA RUE PLUS DE 120 SEYNOIS

Une centaine de Seynois, au moins, vont donc perdre leur emploi par décision d'un gouvernement qui, décidément, est bien loin des réalités dramatiques du terrain, auxquels il faut ajouter les 21 employés par le secteur marchand sous le régime des « contrats initiative emploi » (CIE) dont les conventions ne seront pas non plus renouvelées.

C'est honteux. Des personnes éloignées de l'emploi trouvaient là un moyen de « mettre le pied à l'étrier » vers une insertion professionnelle. Pendant que M. Macron s'insurge contre les « travailleurs détachés » et feint de s'attaquer au « dumping social » organisé à l'échelle européenne, à grand renfort de publicité médiatique, son gouvernement traite comme du vil bétail les citoyens les plus en difficulté.

 

DES PANS ENTIERS DE LA VIE SOCIALE SONT MIS EN DANGER

C'est indigne. Des pans entiers de l'activité locale vont être scandaleusement fragilisés, sinon réduits à néant. Ce sont des emplois indispensables pour l'accompagnement des efforts des enseignants, pour les accueils des tout-petits dans les crèches, pour l'éveil aux activités sportives, pour l'animation socio-éducative préventive des déviances des jeunes en rupture, pour les services à la personne, pour l'aide aux handicapés, ou encore pour le soutien aux femmes en difficulté.

Et, cerise sur l'écœurant gâteau de cette ignominie, la très dynamique et efficace agence seynoise de Pôle Emploi elle-même va perdre quatre postes... au moment même où elle va devoir s'occuper de plus d'une centaine de personnes victimes de cette inique décision gouvernementale !

 

UN NOUVEAU SALE COUP FAIT AU PEUPLE DE FRANCE

C'est inqualifiable. La République, non contente de mépriser à un tel point ses enfants les plus nécessiteux et de scier la branche sur laquelle le monde associatif peine déjà à poursuivre son indispensable mission de maintien des équilibres sociaux, ne tient même pas sa promesse exprimée : malgré les engagements, les CAE agissant en direction des publics des quartiers populaires prioritaires ne sont aucunement épargnés.

Après l'annulation révoltante de 46,5 millions d'euros de crédits destinés aux actions d'accompagnement social des habitants les plus en difficulté, que j'ai dénoncée en début de mois avec de nombreux maires très inquiets, le gouvernement assène un nouveau coup de poignard à la vie sociale locale qui pourrait bien ne pas s'en remettre.

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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 03:18

Quel honneur pour La Seyne que d'avoir accueilli ce dernier vendredi, au sein de la belle salle de spectacles du casino municipal de jeux confié en gestion à Joa, l'Assemblée générale du Pôle Mer Méditerranée de Provence Côte d'Azur et d'Occitanie, avec ses 400 petites et grandes entreprises et centres de recherche !

J'ai pu dire que ça a été un symbole fort que ce rassemblement annuel des acteurs économiques, de la recherche et de l'université se déroule sur le site de nos anciens chantiers navals, illustrant que l'initiative, la coopération, la recherche-développement, la formation, entraînant le soutien de la puissance publique, génèrent une dynamique économique puissante, gage majeur d'emploi.

J'ai également rappelé les efforts que consent la communauté d'agglomération Toulon Provence Méditerranée, au sein de laquelle, comme vice-président, je me suis vu confier par Hubert Falco la responsabilité de l'enseignement supérieur et de la recherche, pour accompagner, fût-ce modestement en matière de budget, mais suffisamment pour entraîner d'autres cofinancements importants, les programmes de recherche et développement portés par les entrepreneurs et les laboratoires de recherche universitaires.

Merci à François Dumoulin, président du Pôle, en sa qualité de "patron" de DCNS, et à Patrick Baraona, son directeur, d'avoir pensé que La Seyne pouvait être digne d'accueillir cette journée d'échanges entre ceux qui, de Banyuls à Menton, tirent de leur intelligence et leur travail le meilleur de la mer, dans les domaines de la sécurité et la sûreté maritimes, du naval et du nautisme, des ressources biologiques, énergétiques et minières marines, de l'environnement et l'aménagement littoraux, ou encore des ports, infrastructures et transports maritimes.

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 08:19

Je ne suis pas de ceux qui auront trouvé beaucoup de bienfaits dans les dispositions de la loi dite « El Khomri ».

On se souviendra peut-être de mon adresse aux parlementaires varois pour qu'ils ne votent pas le projet de « loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels » qu'on a fait endosser à la ministre du travail.

Je dis bien « endosser » car je n'oublie pas que c'est le directeur de cabinet de son prédécesseur qui, bras armé du Premier Ministre Manuel Valls, est l'auteur du projet de loi, rédigé sans que Myriam El Khomri n'en ait connaissance, et que c'est bien Emmanuel Macron, alors ministre de l'économie, qui, faute d'avoir pu faire entériner par le gouvernement son projet de « Loi Macron 2 », a finalement obtenu gain de cause pour que la « Loi El Khomri » comprenne certaines de ses plus terribles dispositions, notamment relatives au licenciement économique et aux prud'hommes, contre lesquelles Myriam El Khomri a protesté en vain.

On me rétorquera qu'elle avait certes la possibilité de mettre en application le second terme de la célèbre alternative en forme de sentence de Jean-Pierre Chevènement qu'il s'était appliquée à lui-même pour protester contre la « parenthèse libérale » du gouvernement Mauroy II en 1983 : « Un ministre, ça ferme sa gueule ; si ça veut l'ouvrir, ça démissionne ! ». Ce n'est pas faux.

 

À L'HEURE DU BILAN, POUR LES HABITANTS DES QUARTIERS POPULAIRES

Mais, à l'heure du bilan, alors qu'il ne reste que quelques jours de vie au gouvernement, je ne veux pas retenir de Myriam El Khomri que les funestes dispositions de la loi qui porte son nom. Car, tant comme secrétaire d'État à la Politique de la Ville que comme ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, les résidents des quartiers populaires où vivent les personnes les plus éloignées de l'emploi, et parmi eux ceux de chez nous, à La Seyne, n'auront pas eu à se plaindre, loin de là, de la politique qu'elle a impulsée, notamment en matière de stratégies d'insertion professionnelle en leur faveur.

J'ai eu le privilège, ces derniers jours, d'être invité par la ministre, en ma qualité de président de l'association des maires « Ville et Banlieue » de France,  à une rencontre d'échanges évaluatifs des dispositions qu'elle a pu mettre en œuvre depuis son arrivée au gouvernement en 2014. C'est déjà en soi une démarche honnête et courageuse, peu banale, à laquelle s'est d'ailleurs aussi livrée une autre femme de ce gouvernement, sa successeur à la fonction de secrétaire d'État à la Politique de la ville, Hélène Geoffroy.

 

UNE BOÎTE À OUTILS POUR L'HARMONIE TERRITORIALE

Et je crois devoir communiquer ces éléments de bilan à celles et ceux qui, comme moi, pensent que l'harmonie républicaine, sur nos territoires urbains aux populations si diverses, passe par la réduction des inégalités, et, qu'ils soient élus, services publics pour l'emploi, acteurs économiques, associatifs ou sociaux, s'investissent au quotidien pour y concourir. Je le fais non pas pour dresser le panégyrique de Myriam El Khomri, mais pour rappeler à tous qu'ils disposent, grâce à elle et ses équipes — et peut-être un peu aux recommandations que nous, les élus locaux, avons suggérées –, d'une boîte à outils, certes perfectible, mais à préserver, permettant aux plus humbles de nos concitoyens de gagner en dignité humaine.

Et ça se trouve sur ce lien.

Au revoir, Madame la ministre.

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 03:35

Bien sûr, ce n'est que lorsque nous aurons décroché notre ticket pour embarquer dans l'aventure du "Nouveau programme national de rénovation urbaine" (NPNRU) que nous pourrons — enfin ! — disposer de moyens significatifs pour intervenir sur les infrastructures de notre centre ancien. Le dossier de l'agglomération — car c'est désormais de sa compétence — est prêt et validé, ne manquent plus que les signatures pour attaquer... les études rendues obligatoires par la loi.

Autant dire que, pour en arriver au démarrage d'opérations concrètes rendues possibles par des subventions, il va encore s'écouler du temps. Mais ça ne nous empêche pas, avec les moyens du bord, de faire avancer, chaque fois que possible, quelques projets de nature à redynamiser notre centre ancien.

C'est le cas avec l'ouverture de notre nouvelle "Maison de la jeunesse", installée depuis peu dans les locaux de l'ancien centre médico-social municipal "Danielle-Casanova", fermé depuis les années 90, sur la place Germain-Loro. Une première tranche de locaux réaménagés a été mise en service il y a une semaine.

Je livre aux visiteurs de mon blog le propos inaugural que j'ai prononcé à cette occasion...

 

« Excusez moi de parler agenda pour ouvrir mon propos, mais c’est plus de la teneur et de la nature des choses accomplies que de dates qu’il s’agit.

« Jeudi dernier, c’est depuis la commune normande d’Hérouville-Saint Clair que je lançai avec mes collègues maires de l’association Ville et Banlieue, l’appel aux candidats à la présidentielle à se préoccuper de politique de la ville et des quartiers populaires, dans leurs engagements de campagne d’abord, et dans la structure même de leur futur gouvernement s’ils étaient élus. C’est-à-dire que nous avons demandé, entre autres choses, et notamment un effort vers l'insertion par l'éducation des jeunes et la formation professionnelle pour tous, que ce soit le futur premier ministre qui ait en charge directe la politique de la ville plutôt qu'un seul ministre délégué qui peine à mobiliser ses collègues autour des enjeux des quartiers prioritaires comme notre centre ancien.

« Vendredi, de retour en terres seynoises, c’était la "Maison des Femmes" qui naissait rue Blanqui, 6 appartements T2 permettant l’hébergement d’urgence de femmes et leur protection en cas de violences conjugales, œuvre d’un partenariat multiple, dans lequel, bien sûr, la Ville de la Seyne.

« Samedi, les jeunes Seynoises et Seynois se sont déplacés en nombre place Laïk pour venir recevoir leur carte d’électeur.

« Hier dimanche, des jeunes de notre ville ont répondu à l'invitation de la fédération des anciens combattants d'Algérie pour honorer avec moi la mémoire de ceux qui ont laissé leur vie de l'autre côté de la Méditerranée et appeler à la paix et à l'amitié entre les peuples du Monde.

« Et aujourd’hui, enfin (pour ce qui est du calendrier du moins) c’est ici, dans cet espace Danielle-Casanova que bat désormais le coeur de la jeunesse Seynoise.

 

UNE AUTRE RÉALITÉ DE LA VIE PUBLIQUE ET DES JEUNES

« Pendant ce temps, l’avers de ce présent était une autre réalité, voire une réalité toute autre, mais montrée celle-là : celle d’un jeune déséquilibré ouvrant le feu sur ses camarades dans un lycée de la région, à Grasse, celle d’un colis piégé blessant un agent d’accueil dans les locaux parisiens du FMI, celle d’une chronique judiciaire à n’en plus finir, collant à une partie de la classe politique en lice pour les futures présidentielles.

« Vous comprenez alors que la réalité est bien plus vaste et qu’il ne faut jamais se limiter au seul champ de ceux qui possèdent les écrans qu’on croit maîtriser.

« Pendant que certains élus assurent le spectacle, emberlificotés dans leurs costumes d’affaires judiciaires, d’autres, beaucoup plus nombreux mais dont on parle moins, beaucoup plus vertueux, travaillent à des projets partagés, à des réalisations d’utilité sociale et publique.

« Pendant qu’un jeune déséquilibré s’attaque sauvagement à ses camarades avec des intentions mortelles, d’autres, beaucoup plus nombreux et beaucoup plus équilibrés, entrent de plain pied et en pleine conscience dans l’âge de leur citoyenneté et de leur vie d’adulte,

« Et ces « beaucoup plus nombreux » n’assurent pas le spectacle, n’ont pas les faveurs des caméras, mais tiennent ensemble, dans leurs mains, la cohésion sociale, le vivre ensemble et la société comme un projet partagé de manière responsable. Je vous laisse juges de ce déséquilibre flagrant de « réalité » entre ce qui est montré et ce qui est fait.

 

UN TRAVAIL PATIENT ET MÉTICULEUX DES SERVICES PUBLICS ET DES ASSOCIATIONS

« Revenons donc à une partie de ce tout qu’est la réalité : la Maison de la jeunesse. C’est une concrétisation et une consécration, c’est l’aboutissement d’un travail politique, la somme de nos forces municipales, associatives, institutionnelles.

« Oui, la jeunesse est ici un service public et partenarial et nous y tenons. Oui, la jeunesse est au cœur de nos préoccupations et au cœur de notre ville. Ce lieu naturel qui s'est dégagé, désormais espace Danielle-Casanova, est l’ancien centre médico-social municipal et, désormais, une avant-garde de notre politique publique.

« En effet, ce bâtiment réunit l'ensemble des critères de choix : à la croisée des chemins des établissements scolaires (3 collèges et 2 lycées), un espace extérieur agréable, des locaux adaptés (lieux d'échanges et de détente et espaces confidentiels).

« Le rez-de-chaussée, libéré par le secteur administratif du service Jeunesse et le service « entretien des locaux », a connu quelques travaux de mise en sécurité et de mise aux normes pour accueillir cette Maison de la Jeunesse qui regroupe le BIJ et, à terme, des permanences de partenaires.

« Et, à peine inauguré, il entre pleinement en fonction dès demain en recevant le forum des jobs d’été auquel je souhaite d’ailleurs encore plus de succès que ceux rencontrés déjà les années passées.

« J’aimerais aussi vraiment profiter de l’occasion pour saluer le travail patient, méticuleux, constant, opiniâtre, collectif, de tous ceux qui ont bien travaillé à la concrétisation de cette volonté politique de favoriser, valoriser et servir la jeunesse.

« Je ne vais pas citer tout le monde de peur d’en oublier mais, des élus en charge de la jeunesse, en passant par les cadres, les agents, les animateurs professionnels de la commune, les bénévoles associatifs des structures partenaires. Permettez-moi de tirer mon chapeau à toutes et tous.

 

L'ÉDUCATION ET L'INSERTION VECTEURS DE PRÉVENTION

« Ce lieu sera, j’y tiens et je le souhaite, le lieu de la jeunesse seynoise, en plus des 3 autres espaces accueil jeunes existant depuis 2009 et qui n’ont cessé d’assurer une présence active couvrant l’ensemble du territoire de la commune. La maison de la Jeunesse intègre également l’espace accueil jeune citoyen, le petit dernier créé des EAJ, né en 2012 dans le cadre de la qualification du centre-ville en Zone de Sécurité Prioritaire par l'État. Nous avions immédiatement proposé d'expérimenter, en pendant au dispositif de vidéo surveillance, un Espace d'Animation Citoyenne, devenu très rapidement Espace Accueil Jeunes Citoyen. Initialement installé rue Baptistin-Paul, puis rue Evenos, c’est aujourd’hui ici qu’il prend toute sa place.

« Cette Maison de la jeunesse est donc un maillon essentiel et nécessaire à notre projet éducatif territorial qui donne une vision globale de l’offre éducative de 0 à 25 ans.

« Cette volonté en direction des jeunes relève d'abord du souci de cohérence et de bon sens. Sur les questions relatives à la santé, aux sports, à la culture, à l’insertion dans la vie professionnelle, à la participation citoyenne, etc, il était indispensable, tant aux politiques que nous sommes qu’aux techniciens, de se doter d'une vision commune globale afin d’éviter de travailler chacun de son côté de façon incohérente.

« Dans ce but, nous avons cherché à flécher les parcours des jeunes, de la petite enfance jusqu'à l'entrée dans la vie active, en passant par l'école, l'apprentissage ou l'université, en essayant d'intégrer toutes les composantes, tous les écueils de ce parcours complexe qui va de la petite enfance à l'âge adulte.

 

UNE MAISON POUR TOUS LES JEUNES DANS UN CENTRE-VILLE POUR TOUS

« Et cette maison est désormais celle de tous les jeunes seynois de 16-25 ans, elle regroupe des associations collaborant autour d'un projet commun : le Bureau information Jeunesse et le service municipal jeunesse, sa direction et son Espace Accueil Jeunes Citoyen, afin que les jeunes puissent avoir un maximum de cartes en mains et d’interlocuteurs pour pouvoir dessiner, peaufiner leur projet professionnel et personnel.

« Vous l’aurez compris, ce lieu d'échanges, d'accueil, d'orientation et d'accompagnement est un lieu de vie nouveau pour la jeunesse, pour notre cœur de ville également. Il ancre aussi notre volonté de développer le partenariat avec l'ensemble des acteurs socio-éducatifs et de prévention, institutionnels comme associatifs… au service de la jeunesse.

« Si ce lieu est une partie moins ostensible de cette "réalité spectacle" que j’évoquais en démarrant mon propos, il est d’une réalité utile, pratique, concrète, faite, je le disais aussi, de la somme de nos forces et de nos intelligences, je dis ça sans prétention.

« Et rien que ça, c'est une belle réussite. »

 

> J'ai dérobé les photos illustrant cet article au site d'informations "Ouest-Var.net" qui, je l'espère, ne m'en voudra pas...

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 06:38

Il faut être objectif, les avancées sont correctes. L'engagement de l'opérateur immobilier a été formalisé ce vendredi avec la signature d'une convention. Il reste à mettre en œuvre le projet et s'y tenir pour qu'il apporte sa pierre au confortement de la récente annonce du directeur territorial de Pôle Emploi : La Seyne est la commune du Var où sont réalisées les meilleures performances contre le chômage, qui y baisse deux fois plus vite que la moyenne départementale.

Le projet qui va permettre de renforcer ce succès, c'est celui du programme immobilier de Bois Sacré. Aux alentours de 350 logements, dont un tiers de logements sociaux et une quarantaine pour les classes moyennes, une crèche et des locaux à usage de services, sur le terrain d'un ancien centre de stockage d'hydrocarbures.

 

DES CONTREPARTIES ENVIRONNEMENTALES, SOCIALES ET POUR L'EMPLOI

On se souvient sûrement que, après avoir modifié le plan local d'urbanisme trop permissif en 2011, notre municipalité avait réduit de moitié la constructibilité de cette friche industrielle, puis refusé d'attribuer le permis de construire en 2013, avant de devoir s'y résoudre en 2015, suite à l'injonction de l'État dont le commissaire enquêteur avait conclu à l'illégalité que représenterait un nouveau rejet après les modifications apportées par le constructeur.

Il fallait dès lors obtenir des contreparties de la part du maître d'ouvrage. Les négociations ont porté leurs fruits. Elles sont d'ordre environnemental et social, avec un espace vert naturel entièrement dépollué des hydrocarbures et requalifié qui sera ouvert à l'ensemble de la population, et notamment aux résidents des cités d'HLM voisines de La Rouve, d'ordre fonctionnel avec un aménagement des accès depuis la voie publique qui en a bien besoin, et, depuis ces derniers jours, d'insertion professionnelle.

Ce seront près de 400 postes de travail qui seront nécessaires à la réalisation de la résidence, dont près de 100 emplois directs, avec une obligation de 10% d'heures travaillées réservées à des parcours d'insertion pour des personnes de notre aire urbaine très éloignées de l'emploi. Chacun a en outre admis le bien-fondé de ma demande de dépasser cet objectif, comme nous le faisons avec la rénovation urbaine de Berthe, où, de la même obligation assignée aux entreprises, nous sommes passés à une réalisation excédant certaines années les 12%.

 

UN SUIVI ASSOCIANT LES HABITANTS, LES STRUCTURES D'INSERTION ET LES SYNDICATS

Et nous sommes parvenus à ce qu'une évaluation constante soit conduite par un comité de suivi, à laquelle j'ai enjoint que soient associées des riverains, via leur comité d'intérêt local, les associations et entreprises locales d'insertion et de médiation qui, par leur implication quotidienne auprès des potentiels bénéficiaires des parcours d'insertion, seront pourvoyeuses auprès de Pôle Emploi des personnes en rupture professionnelle, ainsi que les organisations syndicales représentatives des employés du bâtiment et des travaux publics. Il est également admis que des efforts spécifiques devront être faits pour l'accès des femmes, des personnes handicapées, et des plus de 55 ans, aux emplois proposés.

Précédant la mienne lors de la signature de la convention, l'intervention de Sandra Torres, conseillère municipale d'opposition et conseillère régionale, qui a rappelé l'implication qui sera celle de la Région en matière de formation professionnelle, aura montré que, dans ces conditions environnementales et sociales bien améliorées, nous pouvons, toutes sensibilités confondues, nous accorder sur le fait que l'opération est devenue soutenable.

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21 décembre 2016 3 21 /12 /décembre /2016 06:35

La préfecture du Var n'était pas obligée de le faire, mais elle a pris une heureuse initiative : celle de mettre autour de la table les institutions locales et les représentants des sociétés Someca et Bouygues, respectivement chargées, pour la première, d'acheminer des carrières du Revest au port seynois de Brégaillon, via La Valette et le tunnel de Toulon, des millions de tonnes de pierres destinées à être embarquées vers Monaco, et, pour l'autre, de réaliser avec ces minéraux un quartier de résidences de luxe gagné sur la mer de la principauté monégasque, ainsi que je l'exposais dans un récent message de ce blog.

Il s'agissait, pour la sous-préfète secrétaire générale et ses collaborateurs, de jouer les bons offices afin de faire retomber la colère de nos concitoyens, notamment de La Valette et de La Seyne, qui, puisque les contreparties en matière de création d'emplois initialement annoncées s'avèrent n'être que du vent, ne voient à raison dans ce projet que de rudes inconvénients pour leur qualité de vie.

 

LES EXIGENCES ENVIRONNEMENTALES DOIVENT ÊTRE ENTENDUES

Les échanges ont été très durs, les industriels ayant eu le don de me faire sortir de mes gonds en affichant avec une belle sérénité le déni de leur mensonge assumé quant aux sirènes des 700 à 900 emplois qu'ils nous avaient fait miroiter.

Mais, au-delà de la forme, cette rencontre aura permis de préciser et expliciter les exigences que nos concitoyens, via le collectif des sept Comités seynois d'intérêt local (CIL), nous ont demandé de porter.

En matière de prévention des désagréments et de l'environnement, nous avons ainsi exposé que nous ne lèverons nos entraves au projet que dès lors qu'un protocole aura été signé, suite à une enquête publique sérieuse, fixant les règles du jeu et les mesures opérationnelles des contrôles et évaluations, pour la fluidité de la circulation, la prévention ou réparation des dégradations des voiries et espaces publics, le stockage des granulats avant embarquement — qui ne pourra se faire en entrée de ville, l'évitement des nuisances sonores et visuelles pour les travailleurs du pôle Mer et de tous les quartiers du tour de la Rade, la protection de la qualité de l'air, la prévention des risques de pollution de l'eau de la Rade, et tous autres désagréments.

Nous avons précisé que ce protocole ne pourra être validé que s'il comporte les modalités d'un double contrôle : celui des services spécialisés de l'État, avec des interventions ordinaires et inopinées, et celui de notre population qui devra impérativement désigner des représentants dans une instance destinée à son élaboration et son évaluation permanente.

 

LES IMPÉRATIFS D'INSERTION SOCIALE ET PROFESSIONNELLE SONT MAJEURS

En matière de compensation des impacts néfastes qui, quoi que minorés par les mesures qu'il faudra prendre, nous seront imposés durant des années, un autre protocole devra, a minima sur la question de l'emploi, fixer des engagements chiffrés à élaborer, sous contrôle populaire, des organisations syndicales, des corps consulaires et des élus locaux, en lien avec Pôle Emploi, l'ensemble des structures locales de l'insertion, de la formation professionnelle et de la médiation, quant à des emplois à garantir aux habitants du "Grand Toulon", avec prévalence pour les résidents des quartiers prioritaires.

Cela doit concerner, pour les deux entreprises, leurs sous-traitants et fournisseurs de services, les métiers de la carrière, des transports, du traitement des pierres, de l'activité portuaire, de la fabrication des caissons de béton à Marseille, du chantier lui-même à Monaco, et tous autres objets liés au projet.

Cela doit établir des obligations quantifiées de parcours et de clauses d'insertion, de formation professionnelle initiale et continue, de tous niveaux de qualification, de premier emploi, d'égalité hommes-femmes, d'intégration de travailleurs handicapés, d'emplois réservés aux jeunes et aux seniors, de dispositifs permettant la préparation de détenus à la fin de leur peine, de process innovants de prévention des discriminations à l'embauche, et de non-recours au dumping social, notamment par le refus d'embauche de travailleurs détachés.

Et, naturellement, cela doit également comporter un volet explicitant les dispositifs de mobilité à mettre en œuvre par les entreprises pour permettre aux personnels locaux de travailler sur les sites environnants mais également à Marseille, Monaco ou ailleurs. Et les mesures d'accompagnement social, sanitaire, d'accès à l'habitat, ou aux loisirs, que les bénéfices réalisés doivent permettre de garantir.

Tout ce volet professionnel et social doit, comme pour le volet environnemental, faire l'objet d'une conception et d'un suivi évaluatif dans le cadre d'une instance associant les institutions et les habitants.

 

LA BALLE EST DANS LE CAMP DES INDUSTRIELS

Telles sont les exigences que nous avons formulées. Si les industriels, qui s'y sont très maladroitement pris avec notre peuple et ses élus, veulent regagner la confiance locale, ils peuvent même faire de ce projet une vitrine exceptionnelle de qualité environnementale et sociale.

Rien ne leur interdit en effet, notamment à un groupe gigantesque tel que Bouygues, de considérer avec bienveillance le territoire qui accueille leur activité économique.

La balle est dans leur camp. J'espère que l'annulation unilatérale du rendez-vous qu'ils avaient avec les services communaux ces tout derniers jours ne présage pas d'une posture arc-boutée de leur part...

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Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

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