17 janvier 2019 4 17 /01 /janvier /2019 07:43

L'offre postale des quartiers de Tamaris et des Sablettes est sauvée. Après la décision du Groupe La Poste de fermer le charmant petit bureau de Tamaris, des mois de négociations ont permis de trouver une solution.

C'est là une dernière illustration de l'effort déployé par la commune pour préserver et améliorer les services publics, d'autant plus important dans un contexte où le Président de la République, dans sa lettre aux Français, suscite l'inquiétude en évoquant la suppression de certains d'entre eux.

Retour sur dix ans d'implication seynoise pour préserver l'égalité et la solidarité que la Nation, par sa fonction publique, doit à tous ses habitants...

 

MATERNITÉ, URGENCES, PÔLE EMPLOI, TRANSPORTS, SÉCURITÉ, DES SERVICES PUBLICS SANS CESSE MENACÉS

On se souvient bien sûr, à La Seyne, du combat, hélas perdu, que nous avons animé des mois durant, mobilisant en 2011-2012 plus de 22.000 de nos concitoyens de l'Ouest Var, pour tenter de sauver la maternité de notre hôpital public. On pense chaque année à l'accompagnement que notre équipe apporte aux enseignants et parents d'élèves pour éviter des fermetures ou obtenir des créations de classes pour notre enseignement public. On se remémore probablement notre engagement pour le maintien de la clinique mutualiste Malartic, très utile à tout les habitants de l'ouest varois, ou, plus récemment, notre appui aux personnels hospitaliers fort inquiets pour le devenir des services d'urgence des hôpitaux de Toulon et La Seyne. Mais on n'a peut-être pas souvenir ni de notre engagement pour éviter que ne disparaisse l'agence seynoise de Pôle Emploi, ni de nos démarches pour empêcher la fermeture de la trésorerie de La Seyne, si utile, car offrant aux usagers, parfois en difficulté financière, un contact direct avec des agents publics les guidant pour régler leurs impôts, leurs loyers d'HLM ou la cantine de leurs enfants.

On a peut-être en mémoire nos interventions pour maintenir des créneaux suffisants d'ouverture de nos bureaux de poste. Mais on ne réalise peut-être pas combien on se mobilise pour que soient accrues les dessertes de la gare de La Seyne-Six-Fours par les Trains express régionaux et pour que les transports en commun de notre métropole desservent plus et mieux notre commune. On ne sait sûrement pas combien nous avons investi de persuasion pour que, plutôt que disparaître, soit prévue la rénovation de la caserne nord de nos sapeurs-pompiers. Mais on ne peut guère ignorer que, depuis dix-huit mois, nous ferraillons durement avec le ministère de l'Intérieur pour obtenir des moyens humains et logistiques pour les policiers de notre commissariat et des brigades spécialisées contre la criminalité, la sécurité et le renseignement territorial.

 

LES SERVICES PUBLICS, MOYENS DE LA RÉGULATION DES INÉGALITÉS

Depuis dix ans, il n'aura guère été de période où l'équipe municipale, notamment depuis 2014 autour de notre conseillère municipale Michèle Houbart, chargée des services publics, n'aura dû déployer des efforts de persuasion et d'action, bien souvent avec l'appui des citoyens, pour revendiquer le maintien ou l'amélioration des services que la puissance publique, territoriale, hospitalière ou de l'État doit à nos habitants.

La commune elle-même, qui souffre d'un lourd endettement hérité d'un lointain passé, et qui subit depuis six ans la diminution des dotations et subventions d'un État soumis aux injonctions européennes de démantèlement du service public pour permettre sa marchandisation libérale, est très fragilisée pour maintenir et améliorer sa propre offre de services, pourtant indispensable, sur un territoire où résident les plus pauvres des Varois, à la minoration solidaire de la ségrégation urbaine et des inégalités économiques, sociales et culturelles.

 

UNE COMMUNE QUI MET LA MAIN À LA POCHE POUR SAUVEGARDER DES SERVICES DONT ELLE N'A PAS COMPÉTENCE

Malgré ce contexte budgétaire local délicat, il n'y aura pas eu, dans la dernière décennie, une seule année où la Ville n'aura fait le choix, pourtant coûteux, d'investir pour persuader, voire contraindre, telle ou telle institution gestionnaire d'un service public à ne pas délaisser notre territoire communal.

On ne peut oublier nos efforts pour que le Domaine de Fabrégas demeure dans le giron public et que ses 60 hectares, désormais protégés, valorisés et ouverts à la population, ne deviennent pas une propriété privée. Mais on ne réalise sûrement pas quelles ont été nos démarches pour que, en contrepartie de la rénovation et la mise à disposition de la maison forestière de Janas, soit maintenu sur place un garde de l'Office national des forêts afin de veiller sur notre forêt communale. On a certainement entendu parler de notre implication pour que les forts de Balaguier et de Saint-Elme ne soient pas cédés à quelque riche propriétaire privé par le ministère des Armées. Mais on ignore probablement que c'est la commune qui a acheté les vélos permettant le maintien des patrouilles de proximité des policiers nationaux, comme les dispositifs de vidéosurveillance.

On ne sait pas vraiment que, sans financement communal, les services maritimes de l'État ne pourraient plus assurer leur rôle d'enlèvement des épaves échouées sur notre littoral. On ne mesure pas forcément que, sans adaptation des locaux scolaires, sans paiement de l'électricité et du chauffage, sans dotation de matériel pédagogique, sans prise en charge du ménage et de la maintenance, autant de charges assumées par la Ville, l'État n'aurait pas pu assurer le dédoublement des classes de CP et CE1 des écoles des quartiers prioritaires. On ne réalise pas que, tandis que, après le retrait financier de l'État, la Région et le Département ont dû réduire leurs subventions, c'est le financement communal qui a permis le maintien, hélas seulement jusqu'au bout du possible, du festival de cirque, pourtant fleuron d'un pôle national qui est un dispositif public du ministère de la Culture.

Et il y a tant d'autres domaines où, sans implication volontaire municipale, des pans entiers des services à nos concitoyens, relevant de compétences qui ne sont pas communales, auraient cessé d'exister sur notre territoire seynois.

Dernière implication résolue en date, autorisée ce mercredi par le conseil municipal, l'installation des services postaux des quartiers de Tamaris et des Sablettes dans les locaux municipaux de la médiathèque du Clos Saint-Louis évitera que la décision du groupe La Poste de fermer le si patrimonial petit bureau de nos quartiers littoraux ne prive les habitants de nos quartiers résidentiels du sud-est seynois d'une offre de proximité.

 

LA POSTE DE TAMARIS ET DES SABLETTES SAUVÉE DE LA FERMETURE

Nous avons en effet par principe refusé la proposition de l'entreprise La Poste d'ouvrir une "agence postale communale", comme l'ont accepté certaines communes : il n'est pas normal que la collectivité locale doive assumer l'intégralité du coût d'un service confié à une entreprise nationale si elle tient à maintenir celui-ci sur son territoire.

Et il aura fallu des mois de négociations pugnaces pour parvenir à une formule qui, joignant l'utile à l'agréable, est pratiquement inédite en France : la commune met à disposition un espace dédié aux services postaux au sein d'un équipement public municipal, en l'occurrence la bibliothèque du Clos Saint-Louis ; La Poste, quant à elle, y assure l'installation et la gestion de la logistique nécessaire, et confie les fonctions d'accueil à des personnes en situation d'exclusion, prises en charge dans la cadre d'une association agréée pour l'insertion pour des gens en rupture (FACE-Var), et assure leur formation aux métiers postaux en vue d'une insertion professionnelle durable. Le service de proximité est ainsi maintenu et une action sociale est développée. Quand on peut s'arranger...

 

ATTENTION, DANGER ! LE PRÉSIDENT AGRANDIT LA BRÈCHE...

Mais, s'il est possible de trouver des solutions par l'imagination, l'initiative et la mobilisation, il n'en demeure pas moins vrai que l'inquiétude ne faiblit pas. Après que les précédents gouvernements ont durement mis à mal le service public, l'actuel ne déroge pas à cette logique dévastatrice, et Emmanuel Macron vient, dans sa lettre aux Français, de fragiliser un peu plus notre édifice républicain en écrivant : « Nous ne pouvons, quoi qu'il en soit, poursuivre les baisses d'impôts sans baisser le niveau global de notre dépense publique. Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ? Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? ».

Moi, ça me fait froid dans le dos. Plus que jamais, il faudra que La Seyne ne désarme ni sur sa capacité de mobilisation, ni sur ses efforts pour ses propres services, ni sur son ingéniosité pour coopérer avec la puissance publique de l'État, de la santé et des autres collectivités, afin de prévenir toute tentative de démantèlement des services que nous avons hérités de ceux qui, au nom de la République résistante se relevant de l'enfer nazi et collaborationniste, et sous la conduite de De Gaulle, fédérateur de toutes les sensibilités politiques, ont placé l'humain au cœur des enjeux de la nation. 

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Marc VUILLEMOT

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