15 juillet 2016 5 15 /07 /juillet /2016 06:35

Voici le message que j'ai adressé cette nuit à Philippe Pradal, maire de Nice...

 

« Le peuple de La Seyne s'incline devant les victimes de la tuerie de Nice et assure leurs proches et le maire du chef-lieu des Alpes-Maritimes, Philippe Pradal, de sa peine et sa compassion.

« Nous nous efforcions de contribuer à maintenir les consciences en éveil hier, 14 juillet,  devant notre Monument aux morts, en évoquant Victor Hugo qui, en 1869, considérait que la Nation « sera plus que nation, elle sera civilisation » et que celle-ci, après le XXe siècle, « s'appellera l'Humanité, nation définitive ».

« Et nous méditions sur les façons de prévenir les fautes de ceux qui, par leurs visions contraires aux idéaux républicains, créent, comme le disait Jean Jaurès, « chez tous les peuples un parti pris d'aveuglement, d'infatuation, d'injustice et de violence ».

« La route, en notre XXIe siècle, est encore longue. Mais ne ralentissons pas le pas, pulvérisons les obstacles, et marchons debout et droits vers une société de liberté et de solidarité. »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
4 juillet 2016 1 04 /07 /juillet /2016 03:37

J'ai été d'accord avec lui. Récemment, Rocard déclarait à un journaliste du « Point » lui demandant si Mitterrand était un homme de droite : « Tout le démontre. C'est évident. ». Et d'enfoncer le clou au-delà du positionnement politique, en estimant que l'ancien Président a été « un assassin », parce que, ministre de la Justice pendant la guerre d'Algérie, « il refusait d'instruire les demandes de grâce des condamnés à mort », rajoutant qu'il « faisait la grève administrative pour tuer ». Fermez le ban.

J'ai été à moitié d'accord avec lui, quand il expliquait en substance que, au Parti socialiste, il fallait refonder deux choses : le parti et... le socialisme. Qu'il faille refonder un outil que Mitterrand s'était taillé sur mesure pour sa propre stratégie, et rien d'autre - après Lui le déluge -, j'ai adhéré à sa vision. Qu'il faille refonder le socialisme de la façon dont le souhaitait Rocard, dans le sens d'une social-démocratie réformiste, jugeant « rétrograde » la gauche française parce qu'elle a été celle d'Europe la plus marquée par le marxisme, là, je n'ai pas pu le suivre.

Et j'ai été en vrai désaccord avec lui, quand il a déclaré que « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde », même si ces propos ont été prononcés dans le contexte très particulier de 1989 où le débat sur l'immigration faisait rage.

Rocard aura été riche de son intelligence fine, de sa lecture sans concession des déterminismes socio-économiques de la France, de l'Europe et du Monde, en écho à sa culture historique et politique. Un socialiste utile. Parce que librement provocateur de l'indignation qui appelle au débat et à la confrontation.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 11:01

Il est rare que je commente l'actualité nationale, européenne ou internationale sur mon blog. Pourtant, après la décision du peuple britannique de quitter l'Union européenne, il faut bien se mettre dans la tête que si cette dernière veut poursuivre utilement ce que ses pères fondateurs ont voulu, pour assurer la paix et le redressement d'après la guerre de 39-45, elle doit absolument changer son fusil d'épaule et, au lieu de faire le lit du libéralisme économique mondial, protéger les peuples européens des choix d'austérité, des détournements et dégradations délibérés des droits sociaux, de la taxation minorée des sociétés dans tel ou tel État, et de l'imposition moins contraignante de règles environnementales aux entreprises.

La France, gouvernée par les socialistes, doit par exemple annoncer unilatéralement à ses partenaires européens qu'elle suspend la directive de l'UE sur les travailleurs détachés. Elle vient de montrer qu'elle peut bien faire dans le domaine de la lutte contre la dérégulation, au travers des propos de son Premier Ministre Manuel Valls qui s'est honoré en annonçant ce dimanche qu'il ne peut et ne doit pas y avoir de traité transatlantique de libre-échange, le fameux - et fumeux - Tafta négocié en douce avec les États-Unis.

Ça, au moins, c'est dit. Et c'est tant mieux. Reste à tenir bon pour que le non de la France ne soit pas une parole en l'air.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 23:56

Bon, voilà, si, après mon propos de la semaine dernière, je me réjouis de la victoire dans le canton lointain de "Le Mans 7" du "quadrinôme" de la gauche unie, au deuxième tour de l'élection départementale partielle (dont les grands médias ne parleront pas... étrange...) qui s'y est jouée ce dimanche, face à ceux qui n'ont pas su créer les conditions de l'unité de la gauche et de l'écologie, en l'occurrence mes camarades socialistes de là-bas, je vais risquer de me faire éjecter de mon propre parti (c'est écrit dans les statuts du PS que ce n'est par convenable de ne pas soutenir les candidats de notre propre parti).

Et pourtant je le fais. Oui, chapeau à cette partie de la gauche qui a su se rassembler pour offrir une perspective au peuple de ce morceau de la Sarthe ! Et dommage, vraiment, que ce soit le Parti socialiste qui en fasse les frais. Mais, porteur de désunion par sa posture conjoncturelle locale comme par ses options de politique nationale ayant rompu avec nos "fondamentaux", avec les orientations de notre dernier congrès, et avec les engagements du Président de la République en 2012, ayant déçu notre peuple, il l'a bien cherché.

Je me répète, je le sais, mais seule l'unité de toutes les sensibilités de la gauche peut, selon moi, créer les conditions d'un vote d'espoir pour nos concitoyens, certes à grands coups de compromis, mais sans compromissions.

C'est pourquoi j'apprécierais moyennement que, chez nous, dans la 7ème circonscription du Var, au contraire de ce que faisons à La Seyne qui constitue un bout significatif de ce territoire électoral, nous ne soyons pas capables de trouver le consensus utile pour le faire l'année prochaine. Quoi qu'en pensent les responsables locaux et nationaux de nos partis respectifs. Et malgré les egos qui pourraient titiller les velléités des uns ou des autres, de quelque parti de gauche ou de l'écologie qu'ils soient, pouvant être tentés de jouer des cartes personnelles, fractionnelles ou sectorielles. Que, sans faire le fanfaron, mais sans fausse modestie car étant conscient du poids symbolique de ma parole dans notre territoire, je ne louperai pas — sans animosité ni défiance ni autre conséquence, bien sûr — dans mes jugements publics, fussent-ils membres de mon équipe municipale.

En clair, que ce serait bien que les sensibilités de la gauche et de l'écologie de l'ouest Var, quelles que soient les postures nationales des partis, parviennent à s'entendre en vue du printemps prochain...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
6 juin 2016 1 06 /06 /juin /2016 05:52

En quoi deux élections qui se sont déroulées ce dimanche à 1250 kilomètres l'une de l'autre, la première, municipale, à Buti, commune de la Toscane rurale de 6.000 habitants, en Italie, et la seconde, départementale partielle, dans un canton du Mans comprenant Allonnes, ville de 11.000 âmes dont beaucoup en habitat social, peuvent-elles bien intéresser le maire de La Seyne ?...

Il se trouve que le maire (sindaco) sortant de Buti, Alessio Lari, ville jumelle de La Seyne, est devenu un véritable copain depuis que nos communes ont renoué, dès 2008, des relations très actives sous les impulsions d'Annick Le Gal, conseillère en charge de l'international sous mon premier mandat de maire, et aujourd'hui de son successeur Louis Corréa.

Il s'avère aussi que Gilles Leproust, l'un des membres d'un des binômes (je devrais dire quadrinômes, avec les suppléants) de candidats aux élections départementales du canton "Le Mans 7" est aussi devenu un ami depuis que, en sa qualité de maire d'Allonnes, ville populaire engagée comme La Seyne dans la "politique de la ville", nous coopérons presque au quotidien au sein de l'association des maires "Ville & Banlieue" de France, lui avec sa fonction de secrétaire général et moi comme président.

Il était donc bien normal que je suive avec une amicale attention leurs campagnes et les votes de leurs concitoyens. D'autant que je peux tirer quelques enseignements, fût-ce à chaud...

 

LES SÉCESSIONNISTES SANCTIONNÉS PAR LES BUTESI ET LES MANCEAUX

À Buti, Alessio Lari, membre du Partito Democratico (PD), mouvement ayant réuni les communistes et les démocrates chrétiens depuis 2007, a reconduit une liste d'union de toutes les gauches face à une équipe de "toutes les droites". Il est élu dès le premier tour, avec 56% des suffrages, malgré la sécession d'élus de Rifondazione Comunista de son premier mandat qui ont présenté une liste concurrente n'ayant pas atteint 7% des suffrages.

Au Mans, l'union des gauches et de l'écologie, que Gilles Leproust, membre du Parti communiste français, a impulsée, s'est faite à l'exception notable du Parti socialiste dont les candidats, conseillers départementaux sortants, l'une d'eux étant par aillleurs députée, ont choisi de ne pas y prendre part. Et voilà que l'équipe de la gauche et de l'écologie unies arrive en tête au premier tour, devançant les socialistes sortants, la droite et l'extrême-droite étant éliminées pour le deuxième tour.

 

UNE FOIS DE PLUS, DES LEÇONS À MÛRIR...

J'en retiens que, une fois de plus, lorsque les gauches, dans toutes leurs diversités, parviennent à s'entendre autour d'un projet concerté, fait d'objectifs partagés et de compromis, depuis les campagnes de Toscane jusqu'aux HLM du Perche, les électeurs leur accordent leur confiance, et les sécessionnistes sont sanctionnés. À mûrir pour l'année prochaine...

Il reste bien sûr que mes camarades socialistes du Mans, s'ils ne s'appliquaient pas la règle forgée par la tradition de retrait de la liste de gauche arrivée en deuxième position, pourraient être élus au second tour... avec les voix de la droite et de l'extrême-droite, battant les candidats sur lesquels les voix d'une majorité de citoyens se sont portées dimanche. Ils joueraient leur propre carte, bien sûr, dans un contexte où la gauche est d'ores et déjà assurée de représenter le canton au conseil départemental, mais ça pourrait être vécu comme une étrange vision de la démocratie et un bien mauvais signal pour les futures obligations d'unité...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
20 mai 2016 5 20 /05 /mai /2016 05:32

Quelques lignes pour apporter un soutien inconditionnel à mes camarades socialistes varois dont le siège départemental, à Toulon, a été vandalisé en marge d'une récente manifestation contre la loi de Myriam El Khomri.

Je n'ai évidemment aucun doute sur le fait que ces dégradations ne sont pas le fait des manifestants répondant, à mon sens à juste raison, aux appels des syndicats à manifester contre ce projet et la manière, certes constitutionnelle mais peu orthodoxe en matière d'éthique démocratique, de vouloir l'imposer à la Nation.

De tels actes, plus que condamnables, inutiles et insensés car ce n'est pas la fédération varoise du Parti socialiste qui est à la manœuvre pour tenter d'imposer ce repli du droit des salariés, nuisent gravement à la vie démocratique et à l'image du droit syndical et de manifestation.

Leurs auteurs, comme les autres imbéciles qui ont agi de même en d'autres lieux du pays, ou commis ça et là des violences contre des biens publics, de l'activité commerciale, voire des gens, dont les forces de l'ordre, auraient bien besoin d'une bonne leçon d'éducation citoyenne et populaire que les républicains, dans leur ensemble, quelles que soient leurs sensibilités politiques et sociales, organisations politiques et syndicales, seraient bien inspirés de solidairement leur donner.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 06:05

Je ne sais pas ce que ça donnera, mais comment ne pas approuver cette initiative, en forme de pétition lancée par 40 personnalités, appelant à ce que l'État légifère pour interdire que les salaires des très grands patrons n'excèdent 100 fois le SMIC ?

J'invite les visiteurs de mon blog à faire comme moi, joindre leur signature à celles de ceux qui en sont à l'origine, et la diffuser pour la promouvoir...

 

L'APPEL EN FORME DE PÉTITION...

Nous demandons au gouvernement de légiférer pour qu'un patron ne perçoive pas plus de 100 Smic.

Parce que nous vivons une période ­inédite dans l’histoire du capitalisme contemporain. Alors que, dans les ­années 60, les rémunérations des PDG ­représentaient 40 fois le salaire moyen ­pratiqué dans les plus grandes entreprises améri­caines, cet écart a explosé pour at­teindre aujourd’hui plus de 200 au sein de ces dernières et 120 dans les sociétés ­françaises.

Parce que le gouvernement a fait en 2013 le pari de l’autorégulation et que celui-ci a échoué. Rien qu’en 2015, la rémunération ­totale des patrons du CAC 40 a augmenté ­entre 5 % et 11 % selon les évaluations, pour atteindre un montant moyen de 4,2 millions d’euros par an, soit 240 Smic.

Parce que le principal argument patronal pour justifier de telles pratiques – celui d’un marché mondial des très hauts dirigeants qui nécessiterait un alignement des salaires par le haut – n’est corroboré par aucune étude économique sérieuse et aucune réalité ­concrète.

Parce que plusieurs institutions internationales, comme l’OCDE et le FMI, s’alarment depuis plusieurs années du poids croissant des inégalités et de leurs conséquences négatives sur le potentiel de croissance de nos économies occidentales.

Parce qu’en se comportant de la sorte, notre élite économique entretient un sentiment de chacun pour soi délétère. Alors que la majorité des Français a dû consentir de gros efforts depuis la crise de 2008, ces pra­tiques patronales remettent en question ­notre pacte de solidarité, nourrissent la ­défiance vis-à-vis de nos institutions et ­alimentent le vote d’extrême droite.

Pour toutes ces ­raisons, nous demandons au gouvernement de légiférer pour que ­désormais, en France, un patron ne puisse pas être rémunéré plus de 100 Smic, soit 1,75 million d’euros par an.

On nous objectera qu’une telle loi est dif­ficile en France, car elle pourrait se heurter à une censure du Conseil constitu­tionnel.

On répondra que le gouvernement peut trouver les moyens de rendre compatible cette ­exigence d’un salaire plafond avec ­notre Constitution.

On nous objectera que la France sera alors le seul pays au monde à inscrire dans la loi un tel plafond.

On répondra que ce sera un motif de fierté nationale.

On nous objectera qu’à cause de cette loi, les investisseurs étrangers vont être découragés d’investir en France.

On répondra que ces derniers profiteront d’un vivier de dirigeants «bon marché».

On nous objectera que 100 Smic, c’est bien trop.

On répondra que c’est un début et que si cette loi est votée, elle obligera la quasi-totalité des patrons du CAC 40 (et donc une très grande partie de leur comité exécutif) à baisser leur rémunération d’au moins 58 %.

 

Les 40 premiers signataires : 

Christophe Alévêque, humoriste et patron de PME
Claude Bartolone, président PS de l’Assemblée nationale
Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT
Karine Berger, députée PS
Luc Bérille, secrétaire général de l'Unsa
Philippe Besson, écrivain
Eric Beynel et Cécile Gondard Lalanne, porte-paroles de Solidaires
Jean-Marc Borello, président de Groupe SOS
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS
Patrick Chamoiseau, écrivain
Daniel Cohn-Bendit, cofondateur d’EE-LV
Carole Couvert, présidente de la CFE-CGC
Didier Daeninckx, écrivain
Cécile Duflot, députée EE-LV
Irène Frachon, pneumologue
Jean-Paul Fitoussi, économiste
Marcel Gauchet, historien
Raphaël Glucksman, écrivain et réalisateur
Benoît Hamon, député PS
Anne Hidalgo, maire PS de Paris
Nicolas Hulot, militant écologiste
Thierry Kuhn, président d'Emmaüs France
Pierre Larrouturou, coprésident de Nouvelle donne
Jean Lassalle, député centriste non inscrit
Claude Lévêque, artiste plasticien
Edouard Martin, eurodéputé PS
William Martinet, Unef
Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT
Dominique Méda, sociologue
Arnaud Montebourg, entrepreneur et ancien ministre de l’Economie
Serge Papin, PDG de Systeme U
Thomas Piketty, économiste
Eric Rheinardt, écrivain
Jean-François Rial, PDG de Voyageurs du monde
Jean-Michel Ribes, directeur du Théâtre du Rond-Point
Jean Rouaud, écrivain
Dominique Rousseau, professeur de droit public
Pierre Rosanvallon, historien
Henri Sterdinyak, cofondateur des économistes Atterrés
Michel Wieviorka, sociologue

 
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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
9 mai 2016 1 09 /05 /mai /2016 03:48

Voici le discours que j'ai prononcé ce dimanche devant le monument aux morts, lors de la cérémonie de commémoration de l’armistice du 8 mai 1945...

 

« Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie signait sa capitulation. Durant des années avant 1939, le Reich, encouragé par la faiblesse des démocraties, avait insolemment réarmé, annexé des territoires en toute impunité, développé ses théories nationalistes, racistes, antisémites. On sait quelles en furent les conséquences.

« Aujourd’hui certaines similitudes sont alarmantes : les crispations identitaires, nationalistes, intégristes. Elles doivent nous inquiéter. Ici ou là, resurgissent des régimes autoritaires ; au-delà des crises, des conflits, et des migrations qu’ils entraînent, c’est la montée des populismes, du désintérêt citoyen que traduit, entre autres, l’abstentionnisme électoral. La tendance qui prévaut, c’est le repli, le rejet, la fermeture, la haine du vis-à-vis. Et, de fait, un péril réel menace la démocratie.

 

L'héritage de la Résistance...

« Un essayiste a écrit : « Cette fois-ci, c’est sérieux, vraiment sérieux. Cette fois-ci, c’est notre bien le plus précieux, la démocratie, qui est ébranlé. En Europe, à peu près partout. En France maintenant. Attentats, réfugiés, chômage (…). Nous assistons, impuissants et inconscients, à un basculement historique de notre vie publique… Le débat sur l’égalité s’étiole. Le débat sur l’identité prospère. »

« Des mois avant le 8 mai 1945, le Conseil National de la Résistance, au nom de la France libre et de De Gaulle, avait minutieusement préparé le retour à la démocratie.

« Un de ses axes pour souder la communauté française fut la promotion de l’égalité sociale, constitutive de l’identité nationale. Mutualisation des risques (maladie, vieillesse), mécanisme de solidarité (minima sociaux, retraite par répartition) instituèrent l’identité de notre pays qui devait se relever.

« Oui, l’adversité la plus dure crée le rassemblement et les attitudes altruistes. A contrario, l’abondance, si on n’y est pas attentif, crée le consumérisme, les égoïsmes, et la prévalence d’une indifférence redoutable. Car l'aisance est illusoire, la richesse, concentrée entre très peu de mains, est donnée à voir comme fascinante à une population appauvrie, la richesse épate mais reste inaccessible… Un miroir aux alouettes !

« Notre démocratie, attaquée de l’extérieur, doit se garder d’être bousculée de l’intérieur. L’intérieur, c’est un projet partagé, une identité commune et... des identités.

 

…et celui de la Révolution française

« Certes, la démocratie n’existe pas sans clivages, mais l’identité, telle qu’on la pense perfidement aujourd’hui, de provenance ou de religion, est exclusive. Elle est le contraire du concept de « société ouverte » qu’a donné au Monde la Révolution française.

« Ne négligeons pas non plus que notre nation, qui est une identité partagée, s’est structurée par l’affirmation de l’égalité et la recherche de solidarité. C’est ce qui en a fait longtemps un exemple, et malgré les guerres napoléoniennes.

« La Marseillaise, c'est un chant de libération. Notre devise - Liberté, Egalité, Fraternité - adossée à la Laïcité, valeurs républicaines qui en « saoulent » certains, mais, heureusement, pas la plupart d'entre nous, c'est, et ça reste, le compromis universel entre les libertés individuelles et le vivre en société.

« Si la Révolution a assis et révélé au Monde les principes des Lumières, il aura fallu un siècle, et plusieurs guerres, pour que ses attendus recueillent la quasi unanimité de nos suffrages. Et, enfin, il y a peu, seules quelques pensées extrêmes faisaient exception. Or elles sont de nouveau en progrès et elles mettent en danger notre démocratie. Car, comme naguère, elles portent le ferment des atrocités, dont celles des guerres.

« À ce sujet, comment, en ce printemps 2016, ne pas évoquer Verdun ? Il y a tout juste cent ans, les hommes s’enterraient sous un déluge de bombes. La folie de leurs dirigeants, au nom des idées dévoyées de l’identité et de la nation et obéissant à des logiques impérialistes, a conduit à cette tuerie entre ces gens qui, en plus, partageaient une même religion. Chaque camp était persuadé d’avoir le même Dieu à ses côtés. Et nous n’en tirons malheureusement pas leçon.

 

Je souhaite un débat actif sur la laïcité

« J’ai souhaité qu’un débat actif ait lieu sur la laïcité à La Seyne. A la fin du XIXe siècle et au début du XXe, le pays était divisé sur la question. Les laïcs s’opposaient aux clercs. Cet anticléricalisme n’a plus lieu d’être : au sommet de l’Etat ou guidant les hommes, l’hégémonie catholique d’antan n’est plus. La séparation des églises et de l’Etat ne fait plus débat.

« La laïcité est désormais pour le plus grand nombre un principe juridique de neutralité de l’Etat et un principe philosophique de liberté et de tolérance.

« De ce point de vue, c’est bien la laïcité qui nous permet, en remettant les croyances individuelles à leur juste place, dans la sphère privée, de vivre en partageant les mêmes valeurs, dans une même espérance citoyenne.

« Face à cela, nous devons être forts, c’est-à-dire unis, soudés autour des valeurs que nous défendons et que nous arborons au fronton de nos édifices publics.

« C’est ce sentiment d’appartenance et de défense de ces valeurs que les Français ont exprimé après le 11 janvier et le 13 novembre de l'an dernier, puis les Belges à leur triste tour. Ils se sont levés, dans un formidable élan, pour faire front ensemble.

 

Partout, les cœurs se sont refroidis

« De même, notre émotion est grande devant le drame des réfugiés. En Allemagne, Angela Merkel, un peu par surprise (son intransigeance sur la situation grecque a marqué), a montré la voie ; et elle y a perdu une partie de la population et de sa majorité. Et elle a reculé. Partout, les cœurs se sont refroidis, les portes se sont fermées, certains se croient malins d'oser voir de la veulerie chez ces êtres humains qui ne vivent rien d'autre ce que les 8 à 10 millions de Français du nord de notre pays (un quart de notre population d'alors !), ont connu avec l'exode devant l'avancée des troupes nazies, et que tant de familles généreuses ont alors accueillies.

« Heureusement, s’il y a montée du repli sur soi, voire de la xénophobie, ce n’est pas dans toute la société. La majorité ne cède pas à ce sentiment détestable.

« Combattre les peurs, c’est défendre notre culture. C’est une chose de respecter la peur, c’en est une autre de la flatter, voire de l’amplifier. Paraphrasant Einstein, je vous dis que ceux qui aiment ne voir qu’une « seule tête » (je cite) « ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau : une moelle épinière leur suffirait amplement ».

« Combattons ces croyances qui égarent, ces croyances qui ne défendent qu’une vue identitaire de rejet, un seul modèle, une seule religion, qui opposent aux mots « liberté, pensée critique, égalité des droits » un nationalisme ethno-centré, une France réservée... au Français – quel Français ? ça ne veut rien dire ! —, et qui rejettent de fait, c’est paradoxal, la devise nationale par l’intolérance à ce qui n’est pas soi.

 

Egalité des chances devant la formation, le logement, la santé : voilà qui rassemble une société !

« Ne soyons pas dupes, l’Histoire a montré que la prospérité fait suite à la générosité, et les souffrances au repliement. Pourtant, il faut constater que la tactique éculée qui consiste à dénoncer l’ennemi extérieur qui mettrait en péril nos valeurs, fonctionne hélas encore très bien. « Or, dans les faits, nos valeurs, cette tactique les ruine.

« Quand les nazis ont pris le pouvoir en Allemagne entre 1924 et 1933, ils n’ont pas dit qu’ils allaient ruiner la culture allemande, ni mettre le Monde à feu et à sang. C’est pourtant exactement ce qu’ils ont fait !

« L’Ancien Régime avait fait de la nationalité une sujétion : on appartenait au royaume où l’on était né. La République a rééquilibré droit du sol et droit du sang. La nation est désormais le fruit de la socialisation de l’individu, par les droits et les devoirs, politiques et sociaux, par l’adhésion au projet national.

« La scolarisation en était d'ailleurs le bras séculier. Renan la proclamait comme un « plébiscite de tous les jours ». Promouvoir l’égalité des chances devant la scolarité, la formation, le logement, la santé, c’est montrer ce qui rassemble une société, c’est donner une identité partagée.

« C’est pourquoi il faut prendre garde aux apprentis sorciers qui hystérisent la question identitaire : ils déforment la réalité. Le sentiment éprouvé supplée le réel et nous fait prendre des vessies pour des lanternes.

 

Ce clair-obscur d'où surgissent les monstres...

« Au sortir de la guerre, après le 8 mai 45, ce combat, regarder les réalités de chacun et chercher à les améliorer, était une évidence pour tous les acteurs de la Libération. Ils avaient connu dans l’adversité ce que vaut la fraternité, cette petite lumière qui guide vers plus de justice et de solidarité.

« Moi, je crois avec beaucoup d'entre vous en la force de ces mots, « liberté », « justice », « solidarité », ils ont su renverser des montagnes. D’autres mots qu'on ne prononce pas, mais qu'on promeut derrière des propos habiles d'exclusion et de haine, nous entrainent sur des chemins qui ne sont jamais sans conséquences.

« Si nous ne réagissons pas, nous perdrons ce qui fait ce que nous sommes. Nous serons des étrangers à nous-mêmes et… en toute logique, nous nous combattrons les uns les autres.

« Nous ne pouvons, comme dans un jeu de cartes, mettre le pique d’un côté, le carreau de l’autre, et laisser les sans atout, les sans grade, comme toujours, être écrasés sur les côtés.

« Nous devons faire de l’égalité des chances notre horizon, en visant à donner à chacun les moyens de son émancipation. Ça rendrait désirable la quête d’égalité. Les utopies d’aujourd’hui sont les avancées de demain… Antonio Gramsci disait « La crisi consiste appunto nel fatto che il vecchio muore e il nuovo non può nascere » — « Il y a crise quand le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas naître », et il ajoutait « et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres ».

« Alors, faisons que ces monstres-là, ressuscités de mai 45, qui se parent ici et aujourd'hui des atours bleu-blanc-rouge qu'ils subtilisent au vrai patriotisme républicain, demeurent dans les abysses de l’Histoire, comme doivent y rester les fanatiques des Saint-Barthélemy, des croisades des Albigeois, et de toutes les guerres saintes.

« Vive la France unie dans la République et préservée des funestes identitaires ! Vive la fraternité et l'égalité entre les hommes et les peuples, dans un monde de liberté et de laïcité ! »

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
4 mai 2016 3 04 /05 /mai /2016 21:06

Un de nos sénateurs varois a répondu à mon message d'hier aux parlementaires républicains du Var. Il s'agit de mon ami Pierre-Yves Collombat, membre du Parti socialiste quoique ne siégeant pas dans le groupe socialiste du Sénat, ce que je regrette, qui m'a adressé un courriel disant : « Pas d’inquiétude pour moi. Je réserverai à cette dernière loi du « socialismemoderne », le même vote que pour la loi Macron ».

Comprenez que cette loi Macron, il ne l'a pas votée, pas plus qu'il n'a approuvé la prolongation de l'état d'urgence. Comme il a déclaré à un quotidien local : « Justement, c'est encombrant un parlementaire vraiment de gauche. Moi, je suis toujours au même endroit, je n'ai pas changé. J'ai combattu les réformes Sarkozy, j'ai combattu les réformes Valls et Hollande qui sont les mêmes, parfois en pire ».

Et, sur un autre sujet, le scandale LuxLeaks, je voudrais, en cette période de disette des collectivités locales imposée par l'État au service de l'Europe capitaliste, dont la Ville de La Seyne fait les frais en première ligne, livrer aux visiteurs de mon blog un échange entre Pierre-Yves Collombat et le ministre chargé des relations avec le Parlement, en les invitant à visionner une petite vidéo à laquelle ils peuvent accéder EN CLIQUANT ICI, et notamment après 3 mn 26 s... Édifiant !

Je publierai bien entendu les retours des autres parlementaires républicains varois qui auront la gentillesse de répondre à mon message.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
3 mai 2016 2 03 /05 /mai /2016 20:59

Mon courriel de ce jour aux députés et sénateurs du Var, à l'exception de celui d'extrême-droite, à propos du projet de "loi travail"...

 

Mesdames et Messieurs les parlementaires républicains (donc hors FN) du Var,

En cette presque veille de 8 mai, anniversaire de la victoire sur le nazisme, comme citoyen d'une de nos circonscriptions varoises, à défaut de pouvoir solliciter un parlementaire du Var membre d'un des groupes socialistes de l'Assemblée Nationale ou du Sénat, puisqu'il n'y en existe plus aucun, je vous interpelle suite à la présentation en conseil des ministres, le jeudi 24 mars dernier, du projet de loi porté par ma camarade Myriam El Khomri, visant à « instituer de nouvelles libertés et de nouvelles protections pour les entreprises et les actifs ».

Ce texte percute profondément mes convictions socialistes et républicaines, et, plus largement, au vu de ce que, comme maire, j'en entends au quotidien, celles du peuple, et pas seulement celui « de gauche » : tous ceux, républicains, qui se réclament d'être héritiers du Conseil National de la Résistance, sont pareillement heurtés.

Si ce projet débouchait sur une loi mise en œuvre demain, c’est le monde du travail, celui des citoyens que, républicains de toutes sensibilités, nous devons défendre, qui sera affaibli, précarisé, heurté. Le droit du travail a toujours été construit dans le sens de la protection des salariés du fait du lien de subordination à l’employeur qui caractérise le contrat de travail. Sa construction dynamique a toujours lié protection et souci de productivité.

Dans ce projet de loi, c’est le contraire qui est fait.

L’inversion de la hiérarchie des normes met fin au principe de faveur qui a toujours apporté plus de garanties aux salariés, qu’il s’agisse de la rémunération, du temps ou des conditions de travail. Faire prévaloir les accords d’entreprises sur les niveaux supérieurs, de branches et interprofessionnels, ce sera moins de droits pour les salariés.

Les heures supplémentaires pourront être aménagées avec accord sur 3 ans au lieu d’une seule actuellement, et il est prévu une augmentation du nombre de semaines d’aménagement sur décision unilatérale de l’employeur.

Dans le même temps, c’est au niveau de l’entreprise que la majoration sera fixée et la protection au niveau de l’accord de branche sautera. C’est le dumping social rendu possible au sein d’entreprises d’une même branche, avec comme levier le « travailler plus pour gagner moins ».

Les licenciements économiques sont facilités, puisque la simple baisse du chiffre d’affaires ou des résultats d’exploitation sur plusieurs trimestres suffira à justifier les licenciements. On facilitera tous les montages financiers possibles par les très grandes entreprises qui pourront mettre telle filiale en déficit artificiel en transférant ses ressources au sein d’une autre à l’étranger. En effet, alors que tout le droit applicable permet de regarder la réalité économique du groupe dans son ensemble, le projet de loi limitera le périmètre d’appréciation au seul territoire national. C’est une prime à la délocalisation.

Ce n’est plus le contrat de travail qui fixera dans les faits les conditions de travail. Les entreprises pourront signer un accord qui modifiera le temps de travail, et donc la rémunération. Ce sera le retour des accords « compétitivité-emploi » de M. Sarkozy que la plupart d'entre vous ont soutenus et contre lesquels, avec mes amis de gauche, dont Myriam El Khomri, j'ai fait campagne.

Les Français n'ont pas élu un Président de la République et des députés majoritairement de gauche pour répondre aux exigences du MEDEF, à savoir augmenter la durée du travail, baisser les salaires, et faciliter les licenciements.

Soyons francs entre républicains que nous sommes : si la majorité d'entre vous, parlementaires de droite, aviez porté ce projet, mes amis de gauche et moi serions tous dans la rue aux côtés des organisations syndicales, des salariés, des étudiants et des lycéens.

C’est pourquoi j'aurais tant aimé écrire ce jour à un Varois membre d'un groupe socialiste de l'une ou l'autre des deux chambres du Parlement afin de lui demander de faire pression sur le gouvernement pour que ce texte soit retiré, et s'il devait être maintenu, de le rejeter par son vote.

Je le demande toutefois à l'un de vous, mon ami Pierre-Yves Collombat, seul sénateur de gauche varois, siégeant dans le groupe du Rassemblement Démocratique et Social Européen.

Aux dix autres (puisque, je le répète, j'omets délibérément le sénateur varois d'extrême-droite), qui sont de droite et vont sûrement voter contre pour d'autres raisons, dont probablement des considérations sur le fait que le texte de Myriam El Khomri ne fait pas, selon eux, suffisamment la part belle à la dérégulation voulue par le grand patronat et le monde de la grande finance, j'ai juste envie de leur dire que je rêve de les voir simplement évoquer, dans le débat parlementaire, le fait qu'il existe sur leur territoire des hommes et des femmes d'autres sensibilités que les leurs qui, certes pour des raisons différentes que celles qui guideront leurs votes, ne peuvent non plus approuver ce qui sera une atteinte aux constructions républicaines du général de Gaulle et du Conseil national de la résistance, qui ont fondé un projet de société dont un des axes, autour du droit du travail, a soudé la communauté française dans la promotion d'une égalité sociale constitutive de l’identité nationale du pays qui se relevait.

Je vous prie d'accepter, Mesdames et Messieurs les parlementaires républicains du Var, l’expression de toute ma considération.

Marc Vuillemot, maire socialiste de La Seyne-sur-Mer

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale

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