1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 19:45

J'ai eu beau chercher sur le site du Parti socialiste, puis sur celui du Party of European Socialists, je n'ai pas trouvé le moindre petit communiqué des camarades responsables nationaux ou continentaux de mon courant de pensée pour, au moins, déplorer la vigueur avec laquelle la Guardia Civil du Royaume d'Espagne s'emploie à empêcher la tenue du referendum organisé dans la Generalitat de Catalunya.

(Mise à jourun communiqué du PS français a été publié vers 18 heures, après que j'ai cherché — en vain — en début après-midi, condamnant les violences et appelant à négocier. Et le PES a fait de même. Ouf !)

Si je me suis mis en quête d'une position "officielle", c'est parce que j'ai été interpellé par des Seynois qui m'ont demandé ce que les socialistes pensent de cette situation. Pas du sujet du referendum lui-même — la Constitution espagnole, reconnaissant les communautés autonomes, ne fait pas du royaume un État "un et indivisible" comme notre République Française — mais du fait que, à deux pas de chez nous, nos frères dans l'Histoire, Catalans qui parlent presque la même langue que nous autres Occitans, qui n'ont pas été les derniers des Espagnols à se battre chez eux pour tenter de sauver puis rétablir la démocratie, se font tabasser par centaines parce qu'ils ont juste envie... d'aller voter !

Alors je me dois de l'écrire. Peu m'importe la position officielle — s'il y en a une — du PS français. Moi, je pense qu'on ne peut qu'être scandalisé lorsque la force publique empêche par la brutalité la tenue d'un exercice démocratique. Chez nous, ou chez nos voisins, ou n'importe où dans le Monde.

J'ai fait mettre le drapeau de Hongrie en berne lorsque cet autre pays ami a fait reculer la démocratie. Dès demain, je vais faire de même avec celui dont les couleurs rouge et jaune rappellent que le Roussillon, le Languedoc et la Provence, aux pavillons qui battent aussi aux tons de gueules et d'or, ont eu des siècles d'histoire commune, de paix, de progrès sociaux, de culture, de respect et d'échanges, avec la Catalogne, l'Aragon et la Castille.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 13:38

Pour ceux qui, comme moi, n'ont pas de téléviseur chez eux pour suivre les émissions de la TNT au moment de leur diffusion, mais qui disposent d'Internet pour les retrouver en différé, je mets en ligne le lien vers la vidéo de « Face à face », proposée aux Varois en cette fin de semaine par Var Azur TV, cette télévision locale qui semble, à ce que j'en entends dire, avoir été bien adoptée par nos concitoyens. Et c'est tant mieux.

J'y ai été questionné sur divers sujets locaux et nationaux à l'occasion de ce qu'on qualifie, et pas seulement pour les élèves et leurs professeurs, de... « rentrée ».

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27 août 2017 7 27 /08 /août /2017 03:37

C'est inhabituel que j'y prenne part. C'est d'ordinaire Raphaële Leguen, notre Première Adjointe, qui préside la cérémonie de commémoration de la libération de La Seyne, survenue le 26 août 1944, non que j'estime devoir bouder ce moment fort de la vie communale, mais simplement parce que, nous répartissant entre élus nos temps de congés, c'est usuellement mon tour en cette deuxième quinzaine d'août. Sauf cette année, soixante-treize ans après que les nazis ont été chassés de chez nous.

Sous un soleil de plomb, après avoir honoré, devant la stèle apposée au boulevard du 4 septembre en leur mémoire, les trois policiers seynois résistants fusillés quelques jours avant la libération de notre cité, puis parcouru en défilé solennel les quais de notre port, j'ai prononcé une allocution. Je la livre aux visiteurs de mon blog, illustrée des fort belles photos qu'Isabelle Servais m'a aimablement offertes.

 

« Jeudi dernier, l’Espagne, la Catalogne, Barcelone, ont été le théâtre meurtrier d’actions terroristes. Des gens de tous âges sont morts ou ont été blessés parce le fanatisme ne veut faire aucun discernement ! Rendons leur hommage…

 

« Dans l’esprit des Alliés, le débarquement en Provence est la suite nécessaire de celui de Normandie. Les premiers objectifs sont les ports de Toulon et de Marseille pour l’approvisionnement des armées de libération.

 

« On l’a vu, c'est à la 1ère armée française, commandée par le général de Lattre que reviendra l’honneur de s’engager la première. Cette armée d’Afrique, composée des forces ayant rejoint la France libre, de la Légion étrangère, des Zouaves et des Tirailleurs, fit feu de tout bois.

 

« La 1ère Division Française Libre, les Marsouins de la 9ème Division d’Infanterie Coloniale, la 3ème Division d’Infanterie Algérienne, le groupe naval d’assaut, les commandos d’Afrique, débarquent le 15 août dans le golfe de St-Tropez, dans la baie de Cavalaire et au Cap Nègre.

 

« Leur volonté farouche fera mentir les prévisions. Les libérations interviennent avec des  semaines d’avance.

 

« Les combattants de l’ombre, descendus de leurs maquis, avaient préparé le terrain.

 

« Le territoire de La Seyne, comme il a été décrit précédemment, est donc libéré le 26 août. Le port et les chantiers navals étaient un enjeu et donc une cible. L’ennemi se livra aux destructions des infrastructures de manière à ralentir les futurs approvisionnements arrière.

 

« A La Seyne, les troupes allemandes s’ingénièrent à réduire à néant toutes les installations portuaires : quais, grues, machines, ateliers, entrepôts, cales de lancement... Le 17 août, ce que les bombardements des Alliés n’avaient pu faire pour gêner la Kriegsmarine, elles allaient le réaliser en quelques heures.

 

« Les mines ruinèrent la construction navale pour plusieurs années. Seul, le pont basculant, fêté cette année de belle manière pour ses 100 ans, est miraculeusement épargné. Enfin... façon de parler, car sa sauvegarde fut l'œuvre de résistants agissant au sein de l'entreprise...

 

« Nous devons la libération de notre ville à la 9ème Division d’Infanterie Coloniale, partie de la "merveilleuse" armée d’Afrique, ainsi que la qualifia le vice-amiral Giraud le 14 juillet dernier alors qu’il remettait la Légion d’Honneur à l’un de ces libérateurs seynois.

 

« Comment imaginer que cette armée composée en grande partie de troupes disparates fût si efficace, si enthousiaste, si solidaire, qu’elle obtînt le respect du haut commandement allié ?

 

« Au regard de ce qui s’est passé la semaine dernière, parce que Barcelone se revendique ville cosmopolite et ouverte, mais aussi parce que, le 12 août, à Charlottesville aux Etats-Unis, un activiste raciste a foncé sur des contre-manifestants, cette armée constitue une référence : celle des bienfaits de la diversité et du volontarisme, que, ramenée à nos jours, je souhaite évoquer.

 

« Depuis près de 10 ans, l’Union Européenne, traverse une tourmente inédite par son ampleur.

 

« Sa dernière traduction - hors terrorisme -, le Brexit, est le signe que, dans les opinions publiques européennes, le nationalisme de rejet est actif. Dans plusieurs Etats, des partis qui prétendent redonner au peuple la parole et la souveraineté, sont de plus en plus populaires. Ils en appellent à une essence nationale, unique et irréductible, à une seule communauté politique valable selon eux, celle du "peuple national", à préserver des agents dissolvants ou métissants qui, soi-disant, la menaceraient.

 

« Ce populisme souverainiste, souvent cocardier et excluant, progresse dans les urnes des pays de l’Union. On voit bien comment la xénophobie, l’islamophobie ou l'antisémitisme, comme le thème du retour à la matérialité des frontières, inspirent les mesures de contrôle, de surveillance, sécuritaires et patriotiques, et d’érosion des libertés publiques.

 

« Ainsi pour un certains nombre d’Européens, l’espoir réside dans une communauté nationale restaurée, protégée qu’elle serait d'influences allogènes et extérieures trop différentes de son essence et de ses valeurs supposées.

 

« Cette hiérarchisation autorise non seulement le mépris, mais aussi le sentiment de supériorité au nom duquel on peut tout aussi bien déshumaniser et asservir que, prétendument, civiliser et dominer.

 

« La colonisation et la guerre de conquête d’antan ont cédé la place à l’entre soi.

 

« Pourtant, c’est un constat, l’Europe née de la seconde guerre mondiale a voulu se transformer en espace politique de paix.

 

« C’est rare et attractif dans la réalité géographique du monde tel qu’il est. On pourra toujours se dire que l’Europe est imparfaite. Elle l'est. Comme le sont les hommes…

 

« Et c’est bien pourquoi, en la défendant, nous devons l’améliorer. Mais cette vision, d’absence de frontières et de paix, ne peut pas s’imposer si les politiques européennes jouent contre les peuples – non pas les peuples au sens d’essences nationales, mais au sens des communautés sociales et solidaires.

 

« Elle ne peut s’imposer que si elle contribue à donner à chaque individu, à chaque communauté sociale, et à chaque communauté politique nationale, l’assurance et la perspective d’une égale dignité et d’un avenir prometteur. Sans cela, le sentiment du déclin devient l’horizon. Et la communauté excluante, la perspective.

 

« Oui, on est loin d’une réalité sans défaut. Par le passé - nous fêtons une libération survenue il y a 73 années -, nous avons connu notre lot de dictateurs et autres idéologues sanguinaires.

 

« Ils ont imposé à l’ensemble de la société des règles strictes de renoncement à tout ce qui pourrait divertir le peuple de ses devoirs sacrés envers Dieu ou le Parti.

 

« Ils ont eu l’obsession de la pureté, qui a conduit à "l’épuration”, au refus de la différence, à la volonté d’éliminer les intellectuels et les artistes irréductibles. Et ça n'est pas fini : pensons à l’exemple récent de Liu Xiaobo, entre autres...

 

« Enfin, ils prônent l’éradication de l’art et de la culture, qui pourraient développer l’esprit critique, et aussi et surtout l’enrôlement de la jeunesse.

 

« Ainsi, récemment, le 11 juin 2014, "l’Etat" Islamique promulguait une charte régissant la vie : elle impose, entre autres, le voile intégral aux femmes et l’habit dit “afghan” aux hommes, le port de la barbe, sa longueur et sa taille.

 

« Cible privilégiée de ces radicaux, les enfants, surnommés les “lionceaux du califat”, sont embrigadés dès l’âge de 6 ans pour en faire des soldats ou des terroristes.

 

« Et, le pire n’est jamais loin, les femmes et les enfants des terres conquises sont considérés comme “butins de guerre” et vendus sur les marchés.

 

« Non, décidément, nous sommes loin de nos idéaux des “Lumières” !

 

« Je disais, le 14 juillet, que “la liberté ne se réalise que par l’égalité” ; j’ajoute avec Rousseau que “seule une égalité en droit entre les hommes [et les femmes] peut assurer le règne conjoint de la liberté et de la sécurité”.

 

« Mais ne soyons pas pessimistes. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le monde est plus pacifique au XXIe siècle. Depuis la fin de la guerre froide, il y a eu moins de guerres ; en France, moins d’homicides.

 

« Parallèlement, la culture de la paix progresse et, si on en croit Kant, “les êtres humains sont mauvais par nature mais raisonnables”.

 

« Il s’agit donc de revenir aux principes énoncés par les Conventionnels de notre Révolution française : concilier le “droit à l’existence”, “l’égalité des jouissances” avec le respect de la propriété privée, s’engager dans la formation d’un “homme nouveau”, allant vers le “bonheur commun”, une “idée neuve en Europe” disait Saint-Just en 1794, et j’ajouterai “dans une société laïque”, gage de tolérance.

 

« Pour conclure, je n’oublie pas que des populations souffrent, que la guerre sévit encore dans bien des endroits du monde et que l’actualité est désespérante.

 

« Alors, même si les temps économiques sont rudes, si les efforts qui nous sont demandés s’accroissent, si notre solidarité est toujours plus sollicitée, si notre travail d’acceptation des autres et de leurs différences est à parfaire… il ne faut pas bouder notre présent, ici et maintenant.

 

« Les destructions de la libération, 65% de notre ville, sont dépassées. Nous vivons en paix, dans des conditions enviées, dans une ville qui se renouvelle et qui avance !

 

« Les hommes ne peuvent faire et maintenir la paix entre eux que s’ils cultivent en eux-mêmes l’esprit de paix, de tolérance, de compassion. C'est le message que nous ont légué nos libérateurs.

 

« Honneur, donc, à eux, ceux de la 1ère Armée française libre, comme ceux des groupes de résistance et des Forces françaises de l'intérieur, qu'ils demeurent aujourd'hui des nôtres ou qu'ils aient donné leur vie pour la France et la Liberté.

« Et que vive La Seyne, libre, diverse, et ouverte, dans la France de la République et dans le Monde de l'amitié entre les peuples ! »

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Devoir de mémoire Idées et politique générale
4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 02:22

« Si l'on ne fait rien, ce sont cinq millions d'habitants du pays qui vont subir de plein fouet le désengagement de l'État le plus inédit qu'on n'ait jamais connu depuis quarante ans que la puissance publique a décidé de s'attaquer à la question des quartiers populaires fragiles. »

C'est ce que, avec quelques maires de toutes les sensibilités politiques républicaines, confrontés au quotidien aux difficultés des plus modestes de nos concitoyens, nous nous sommes dit ces jours derniers lorsque nous avons été abasourdis par l'annonce du décret annulant les crédits « politique de la ville » du budget de l'année en cours.

Nous avons donc rédigé une « lettre ouverte » au Président de la République pour l'alerter et lui demander d'exiger de son gouvernement qu'il revienne sur sa décision scandaleuse.

 

EN QUELQUES HEURES, DES DIZAINES DE MAIRES INTERPELLENT M. MACRON

En quelques heures, ce jeudi, nous avons pris contact avec près d'une cinquantaine de maires, de toutes régions, d'options politiques allant de LR au PCF en passant par EELV, le MRC, le Modem, le PS ou Ensemble, tous élus de communes abritant des quartiers prioritaires, que ce soient des petits ensembles d'HLM à la périphérie d'un bourg rural, des centres anciens dégradés, ou des grandes banlieues de métropoles. Il n'a pas fallu longtemps pour nous entendre sur un texte commun que nous avons adressé à l'Élysée. La balle est maintenant dans le camp de celui qui se doit de garantir les équilibres sociaux de la République.

D'autres maires et présidents d'intercommunalités se manifestent pour apposer leurs signatures au bas de notre adresse au Chef de l'État. La liste des élus locaux rongés par l'inquiétude s'allonge. Puissions-nous être entendus...

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La lettre ouverte à M. Macron (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

La liste des signataires à la dernière mise à jour (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

 

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2 août 2017 3 02 /08 /août /2017 03:07

Si l'on creuse un peu les dispositions du décret qui met le feu aux poudres depuis le 20 juillet dans le monde des associations appelées à assurer des programmes d'action en faveur des populations fragiles, on n'est pas arrivé au bout d'affligeantes surprises.

Car il n'y est pas allé de main morte, le signataire du décret, l'ex-sarkozyste M. Darmanin, celui qui a tweeté en 2013 qu'il « ne célèbrerai[t] pas personnellement de mariage entre deux hommes et deux femmes », et qui a été nommé par M. Macron ministre de l'action et des comptes publics le jour même de... la Journée mondiale contre l'homophobie.

À y regarder de près, en effet, on s'aperçoit que c'est à ceux qui s'occupent des citoyens les plus dépourvus que l'on impose de se serrer la ceinture pour que, pour partie, d'autres puissent disposer des moyens de s'occuper d'autres misérables.

Mais je dis bien « pour partie », car il n'y a pas seulement ça de choquant. Et c'est là que ça frise la turpitude...

 

EMPLOI, LOGEMENT, SOLIDARITÉ, SANTÉ, CULTURE, JUSTICE, TOUT Y PASSE

Sont ainsi rognées, outre les crédits destinés aux associations intervenant dans les « contrats de ville », et ceux de la défense nationale dont on a beaucoup entendu parlerd'autres lignes budgétaires dévolues à la solidarité nationale et territoriale.

C'est l'aide à l'embauche dans les petites et moyennes entreprises (- 80 millions d'euros), l'intégration et l'accès à la nationalité française (- 40,5 M€), la police nationale, dont les réservistes volontaires (- 110 M€), les concours financiers aux communes, dont la « dotation politique de la ville » destinée à soutenir les villes pauvres abritant des populations pauvres (- 209 M€), l'urbanisme et l'amélioration de l'habitat (- 130,5 M€), les plans d'épargne-logement (- 41,2 M€), la solidarité à l'égard des pays en développement (- 116,2 M€).

Mais c'est aussi l'accès au droit et à la justice (- 10 M€), la protection judiciaire de la jeunesse (- 16,8 M€), l'égalité entre les femmes et les hommes (- 7,5 M€), la prévention, la sécurité sanitaire et l'offre de soins (- 24,5 M€), les politiques sanitaires, sociales, du sport, de la jeunesse et de la vie associative (- 69,7 M€), les services de transport (- 194,7 M€), la démocratisation de la culture (- 39 M€), etc...

 

SOLIDARITÉ ENVERS LES MIGRANTS, BIEN SÛR, MAIS ENVERS L'INDUSTRIE NUCLÉAIRE, POURQUOI ?...

Alors, bien sûr, il s'agit de financer d'autres opérations que rend indispensables la solidarité républicaine à laquelle la France est attachée, parmi lesquelles le développement de l'emploi par la formation (+ 259 M€), l'allocation pour les demandeurs d'asile (+ 206 M€), des places d'hébergement d'urgence nécessaires à la mise à l'abri des migrants en transit sur le territoire parisien (+ 120 M€), ou le service civique pour les jeunes (+ 62 M€).

Mais ce qui est stupéfiant, c'est qu'il s'agit aussi de financer l'augmentation du capital de l'entreprise New Areva Holding SA, pour la jolie somme de 1.485 M€, sans que n'apparaisse quelque effort demandé au monde de l'industrie du nucléaire, de l'entreprise supranationale, ou du capital financier !

Pas plus qu'on ne semble imposer d'effort au monde de l'industrie agroalimentaire mondialisée, des abattoirs hors normes, ou des fournisseurs de végétaux propagateurs de la Xilella Fastidiosa, pour financer, à hauteur de 101,4 M€, la sécurité et la qualité de l'alimentation.

Et je passerai, sans plus de commentaire, sur une opération immobilière, estimée dans le décret à la modique somme de 164,8 M€, jugée nécessaire à « [la] conduite et [au] pilotage des politiques économiques et financières »...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 02:34

Plusieurs sujets aigus récemment abordés sur mon blog ne pouvant trouver une solution qu'à partir d'une action à l'échelon national, j'ai sollicité Madame Guérel, députée de notre circonscription, pour l'alerter et la prier d'intervenir auprès de divers ministères.

Au cours de la rencontre qui s'est tenue ce lundi, nous avons pu aborder tour à tour ces questions revêtant un caractère d'urgence, absolue pour certaines, avant de convenir d'un échange plus approfondi à la rentrée de septembre sur d'autres enjeux structurels, urbains, économiques, sociaux et culturels concernant La Seyne.

J'ai ainsi attiré sa bienveillante attention sur la décision unilatérale de l'État de réduire les crédits destinés aux populations de nos quartiers fragiles, sur la nécessité de classer en site d'éducation prioritaire renforcé le centre ancien de la ville, seul quartier "politique de la ville" de France à ne pas l'être, sur les difficultés d'application du dédoublement des classes de Cours préparatoire dans les quartiers prioritaires, et sur l'inquiétude du "maire urbain" que je suis quant à la réorientation des budgets de la "réserve parlementaire", supprimée par les députés, vers les seules zones rurales.

Ceux des visiteurs de mon blog qui souhaitent entrer dans le détail de nos échanges pourront utilement prendre lecture du courrier récapitulant mes demandes que je lui ai adressées après la visite dont elle a honoré La Seyne, en cliquant ICI ou sur l'image ci-contre...

Je formule sincèrement le souhait que l'État, via son gouvernement sollicité par la députée de notre territoire, prenne la mesure des problèmes que les élus locaux, modestement, à leur place, à l'écoute des difficultés des citoyens, peuvent, comme on dit, "faire remonter". La République ne s'en portera que mieux. L'usage de la démocratie aussi. J'y serai attentif.

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Je communique ci-après la réponse qui m'a été adressée par Madame Guérel dans les jours qui ont suivi notre échange (cliquez sur l'image ci-dessous pour l'agrandir)...

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 07:31

La réserve parlementaire est un dispositif qui, depuis des décennies, permet aux députés et sénateurs de financer des actions ou investissements, portés par des collectivités locales ou des associations. C'est un peu, comme qui dirait, le budget, à leur discrétion, de leurs « bonnes œuvres », à hauteur d'environ 130.000 euros annuels pour chaque circonscription.

La nouvelle majorité nationale veut « moraliser » la vie politique et a donc décidé de supprimer cette fameuse réserve parlementaire. Serait-elle donc « immorale » ? Je ne le crois pas. Elle est juste une sorte de réminiscence des usages des nobliots ou dames patronnesses d'antan, seigneurs sur leurs fiefs, distribuant quelques oboles aux manants du terroir, à leur bon gré.

Il suffirait de fixer quelques règles de bons usages pour gagner en lisibilité et en équité territoriale, parce que, jusque là, franchement, ça laissait la porte ouverte à pas mal de favoritisme. Jugez plutôt...

 

UNE COMMUNE PLUTÔT MIEUX SERVIE QUE LES QUATRE AUTRES...

Au cours des cinq années de son mandat, de 2012 à 2016, le député sortant a fait attribuer 628.500 euros de subventions au titre de la réserve parlementaire, répartis entre 62% d'aide aux communes de la circonscription et 38% d'aide à des associations.

Jusque là, tout va bien, sauf que... les 62% consacrés aux aides aux communes, soit près de 390.000 euros, n'en ont concerné qu'une seule... celle de Six-Fours. Tant pis pour les Bandolais, Mandréens, Sanaryens et Seynois...

Les 38% d'appuis financiers aux associations, soit 240.000 euros, ont, quant à eux, été répartis en 32.500 euros alloués à des clubs et sociétés de La Seyne, 19.000 euros à des clubs de Six-Fours, 10.000 euros à une association de Bandol, 1.500 euros à un club de Sanary, 27.000 euros à des associations de champ d'activité intercommunal ou départemental, et 150.000 euros, soit près des deux tiers, à... une association musicale bretonne ! On comprendra mieux quand on saura que son directeur artistique assure un festival de musique à... Six-Fours.

 

SI C'EST POUR REMPLACER L'INÉGALITÉ ENTRE VOISINS PAR L'INÉGALITÉ ENTRE VILLE ET CAMPAGNE...

On peut dès lors voir d'un bon œil une refonte du dispositif de la réserve parlementaire permettant une plus juste répartition des aides financières entre les divers territoires d'une circonscription législative. Sauf que...

Sauf que le gouvernement de MM. Macron et Philippe envisage de consacrer les budgets de la réserve parlementaire à un fonds d'action pour les territoires... ruraux ! Et je serais dès lors intéressé de connaître l'avis de la députée de notre circonscription, entièrement urbaine quant à elle, sur cette perspective qui priverait les habitants de nos cinq communes de cette petite manne toujours bonne à prendre pour soutenir des projets utiles à la vie sociale.

 

DES RÈGLES CLAIRES POUR MA... « RÉSERVE MÉTROPOLITAINE »

Quant à moi qui, comme chacun des douze maires de notre agglomération, dispose de la part de Toulon Provence Méditerranée d'une petite enveloppe, dite « crédits d'animation », de l'ordre d'une vingtaine de milliers d'euros par an, j'ai fixé — et je m'y tiens – quelques règles simples et évaluables pour en assurer la répartition.

J'emploie ces crédits pour des associations intervenant sur La Seyne, et pour trois objets : l'aide, non renouvelable, au démarrage d'une association ou d'une activité, la contribution à l'acquisition ou au renouvellement d'un matériel amortissable (véhicule, mobilier, etc.), des travaux de réfection de locaux associatifs, ou l'appui à l'organisation par une association d'un événement exceptionnel non récurrent d'envergure supra-communale et contribuant à la valorisation du territoire de la commune ou de l'agglomération (championnat sportif, rassemblement culturel, etc.).

Peut-être une idée à creuser pour la réserve parlementaire, non ?...

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18 juillet 2017 2 18 /07 /juillet /2017 07:21

Aussitôt close la quinzaine de belle fête des « 100 ans du Pont », il a bien fallu repasser aux choses moins distrayantes et conviviales.

Dès ce lundi, j'ai, comme président de l'association des maires « Ville et Banlieue » de France, répondu à l'invitation du Président de la République à assister, sous les ors du Sénat, à la présentation des orientations qu'il entend assigner aux collectivités locales, à l'issue de l'installation de la « Conférence des territoires » à laquelle les associations d'élus sont appelées à prendre part.

Même si l'enjeu dépasse très largement le cadre seynois, puisque La Seyne n'est que l'une, et pas parmi les plus en difficulté de ce point de vue, des quelques centaines de communes du pays abritant des quartiers populaires reconnus prioritaires, il me semble utile de tenir au courant mes concitoyens des démarches que, avec mes collègues maires de communes de même typologie que la nôtre, nous entreprenons pour solliciter l'attention bienveillante des pouvoirs publics en faveur de nos habitants, tant ceux concernés par cette « géographie prioritaire » que ceux des autres quartiers qui, sans solidarité nationale, sont bien seuls à assurer la solidarité locale due aux foyers les plus en détresse.

Voici donc le retour, fait d'espoirs et d'inquiétudes, que nous faisons de cette journée de mise en place de la « Conférence des territoires »... (Cliquez sur le lien ci-dessous)

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14 juillet 2017 5 14 /07 /juillet /2017 10:56

Comme à l'accoutumée, en ce jour de Fête Nationale, après le défilé rehaussé par la présence des véhicules militaires historiques de l'association « Group military conservation », mais, pour la première fois, en l'absence, étonnante, remarquée et déplorée de la députée de notre circonscription, les Seynois ont été nombreux à se rassembler autour de notre Monument aux Morts.

 

J'ai auparavant salué au nom des Seynois les représentants de notre Défense nationale, leur témoignant, en ce jour symbole du lien indéfectible unissant nos armées à la nation populaire, le respect et même « l'affection » de notre population, au lendemain d'un malencontreux épisode national que j'ai trouvé « désobligeant » pour leur Chef d'Etat-Major, et donc, au travers de sa personne, envers nos soldats, des officiers généraux aux hommes du rang, y compris les jeunes volontaires de la Préparation militaire marine « Amiral Trolley de Prévaux » dont la Seyne est la marraine, et dont j'ai été fier de récompenser la major Élodie Flick-Ranucci et le vice-major de la médaille d'honneur de la commune.

 

Et donc, après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des victimes de l'attentat de Nice commis il y a tout juste un an et, plus généralement, de celles de tous les obscurantismes d'ici ou d'ailleurs, j'ai prononcé un discours devant notre stèle mémorielle...

 

 

« Mesdames, Messieurs,

 

« Dans notre imaginaire partagé, le 14 juillet est, comme on l'a écrit, cette "fête éternelle du genre humain"… Éternelle, façon de parler : il aura fallu près d'un siècle après la prise de la Bastille du 14 juillet 1789 pour que la loi, en 1880, instaure notre fête nationale, le jour de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 qui célébrait la liberté des municipalités dans le cadre nouveau de l’Assemblée Constituante.

 

« Le 14 juillet a ainsi rejoint la cocarde, le drapeau tricolore et La Marseillaise parmi nos symboles nationaux. Et il aura fallu attendre la constitution de 1946 pour que la devise républicaine s'inscrive durablement dans notre histoire française. Et tous ces symboles ont connu bien des vicissitudes, de la monarchie plusieurs fois revancharde à l'État français collaborationniste. On le voit, le temps est long de la symbolique de la Nation républicaine.

 

« On est à l'inverse de nos comportements contemporains : il y a aujourd’hui une difficulté à prendre en compte le temps, à dépasser ce qu’on est et l’instant qu’on vit. C’est le triomphe du « temps court » ! Celui de l’immédiateté et de l’impatience…

 

 

L'IRRUPTION DU PEUPLE DANS LA SPHÈRE DU POUVOIR

 

« Mais ce temps court est toujours celui des illusions, pour ne pas dire de la sottise. "Le sot ne s’instruit que par l’événement", nous a appris Homère.

 

« Donc, oui, le 14 juillet est une fête symbolique et commémorative qui marque durablement notre démocratie, par l’irruption du peuple dans la sphère du pouvoir.

 

« Ce peuple découvre le droit de s’insurger… Ainsi est fondée la nation démocratique…  et, de fait, je cite, un "homme nouveau" : le citoyen. Des doléances du printemps 1789 à l’avènement de la Première République en septembre 1792, la Révolution légitime l’aurore d’un monde de citoyens conscients de leurs droits, garants d’un nouveau contrat social.

 

« Beaucoup, malheureusement, depuis, s’oublient et l’ont oublié… ils laissent d’autres décider pour eux.

 

« Les conventionnels voulaient rendre "les hommes meilleurs que les lois". Et ils le voulaient par l'éducation populaire et par l’école voulue, déjà, obligatoire, gratuite, laïque, voire mixte, par les arts, par les institutions démocratiques.

 

 

L'EXERCICE DE LA DÉMOCRATIE S'IMPOSE À TOUS

 

« Cependant, l’individualisation de la société, instrumentalisée par ceux qui ont besoin d'exploiter un peuple asservi, sans autre contrepoids, conduit de trop nombreux citoyens à déléguer leurs fonctions politiques, donc à ne pas choisir. Nos compatriotes développent un nouveau rapport au pouvoir. L’abstention massive aux élections est le symptôme grave d’un affaiblissement du débat démocratique. Cela, nous ne devons pas l’ignorer mais, au contraire, en combattre les raisons et tenter d’y porter remède.

 

« Il faut que chacun s'imprègne du fait que, après deux siècles et cinq lustres, l'exercice de la démocratie s’impose à tous parce qu'il forge les lois de la République, et que ces lois sont la protection de chacun et de tous, dans le cadre des droits de l’homme, des libertés fondamentales et individuelles, et dans l'égalité.

 

« Et c’est d'ailleurs pourquoi aucun précepte religieux ou philosophique, aucune prescription discriminante, clanique, ou sexuelle, ne saurait déroger à la règle commune ou conduire à des exceptions dans la sphère publique.

 

« Ceci est notre histoire mais, chers amis, rien n'est jamais acquis.

 

« L’avenir, ce n’est pas du passé qui continue. Les choses peuvent changer, avancer ou régresser. Nul ne peut figer le temps, et c’est pourquoi il n’est pas de sagesse plus haute que de savoir dominer le présent en s’ouvrant à l’avenir. Cette sagesse, c'est être citoyen.

 

« Or la citoyenneté n’est pas donnée à la naissance. Elle s’acquiert, elle se cultive, elle s’entretient.

 

 

L'ÉDUCATION, INSTRUMENT DE LA CITOYENNETÉ

 

« Son apprentissage, on l’a vu depuis l’an II, est dévolu en particulier à l’Ecole. L’Ecole de la République. Son rôle dans l’avenir du pays est plus que jamais essentiel. Elle est, en effet, l’instrument de la compréhension et donc de la liberté, de la citoyenneté. L'enjeu éducatif devrait dès lors apparaître un peu plus profond que celui qu'on veut limiter à la question des horaires scolaires...

 

« Organe de la République, le service de l’Education n’est pas un service parmi d’autres. Encore aujourd’hui, il s’adresse d’abord à des citoyens : les citoyens adultes en charge du choix du présent, les citoyens à venir, enfants et adolescents, chez qui et pour qui l’Ecole doit faire advenir la citoyenneté.

 

« La Première République, dans sa Constitution de 1793 et son article 22, proclamait : "L’instruction est le besoin de tous. La société doit favoriser de tout son pouvoir les progrès de la raison publique et mettre l’instruction à la portée de tous les citoyens".

 

« L’Ecole, comme l'éducation populaire, est à la fois effet et condition de la République, parce qu’elle est le lieu où la République se forme par le combat qu’elle conduit contre l’ignorance, par le goût qu’elle inspire pour la rationalité et pour l’universel.

 

« Elle fait naître le consentement intellectuel sans lequel ce combat nécessaire serait ressenti comme une contrainte extérieure.

 

« L’intérêt général, la loi, et le droit ne peuvent prendre consistance dans les esprits que par le savoir et la réflexion méthodique. On ne devrait pouvoir gouverner que par la force des arguments et par la capacité à produire de l’avenir.

 

« Qu’est-ce, en effet, que la République ?

 

 

PENSER QUE LA LIBERTÉ NE SE RÉALISE QUE PAR L'ÉGALITÉ

 

« Négativement, c’est le refus de l’arbitraire, le refus des privilèges liés à la naissance ou à la fortune : l’arbitraire des volontés et des décisions d’un seul homme, ou de quelques hommes constitués en groupes de pression, défendant des intérêts particuliers.

 

« Et, positivement, c’est la recherche de l’intérêt général, l’attachement à l’existence de lois voulues par le peuple souverain, votées par ses représentants élus et non par quelque monarque républicain légiférant par ordonnances, et qui s’appliquent à tous.

 

« Car vouloir la République, c’est penser que la liberté ne se réalise que par l’égalité, c’est-à-dire par les lois du peuple pour le peuple.

 

« Seulement la lutte contre les inégalités – en particulier dans la répartition du savoir —, la lutte contre les privilèges et les injustices, n’est jamais achevée : elle se présente comme une tâche non seulement individuelle, mais toujours aussi collective.

 

« Nous ne pensons pas, pas une seule seconde, que le plus beau de la République est derrière nous. La formation, initiale et continue, l'accès à la culture, et la République sont indissolublement liées, car il n’y a de République que par des esprits éclairés.

 

« Le savoir et la culture n’ont pas à être octroyés par générosité, ils constituent au contraire pour chacun une revendication légitime, un droit absolu.

 

« C’est la condition pour que l’homme devienne capable de rechercher, dans la confusion du présent – contre le mode haletant et émotionnel de l’immédiateté et de l’impatience – les formes prévisibles de l’intérêt général.

 

 

PAR LA CULTURE, L'HUMAIN LIBRE ET RESPONSABLE

 

« S’il est aisé de penser le savoir dans son lien essentiel aux libertés, il est en revanche plus difficile de penser clairement les rapports entretenus avec la société.

 

« Ces rapports traduisent en effet la coexistence nécessaire, dynamique et souvent conflictuelle, de deux logiques : adaptation et culture.

 

« Toute adaptation est imparfaite car elle est liée à un présent, changeant et incertain, ou, à un futur, indéterminé et largement imprévisible. L’adaptation doit donc s’accommoder de beaucoup d’erreurs et d’incertitudes.

 

« La culture, elle, répond à une autre logique : par l’exercice du jugement et l’analyse, elle fait de l’être humain un être libre et responsable. Elle lui permet de jeter un regard critique sur le monde tel qu’il est et sur la vie telle qu’elle va. Elle est le lieu où et d’où la société pense ses conflits. Elle permet de contester la légitimité du fait, de revendiquer le droit de changer la vie et le monde, de refuser la nécessité de la simple adaptation. Elle enseigne enfin le pouvoir contestataire et subversif de l’imagination.

 

« Et c'est pourquoi il est gravement périlleux pour la République d'envisager de réduire de 75 millions d'euros les budgets de la Nation pour l'éducation, et de 50 millions ceux pour la culture, dans le but de ne satisfaire qu'une approche comptable d'une Europe au seul service d'intérêts financiers transnationaux qu'handicapent, heureusement, nos acquis de 1789, de 1848, de 1936 ou de 1944, hérités de notre siècle des Lumières et de notre Révolution.

 

 

PAS DE RÉPUBLIQUE SANS DÉMOCRATIE, PAS DE DÉMOCRATIE SANS IDÉE

 

« Je voudrais aussi rappeler que la République est la "res publica", la "chose publique". Et la chose publique est l’affaire de tous. Pas de République sans démocratie !

 

« Mais pas de démocratie sans idée ni sans critique des idées, donc sans débat. Pas de démocratie sans participation de l’ensemble des citoyens à l’élaboration de la réflexion sur les questions majeures.

 

« Et la démocratie, plus qu’une affaire d’institutions, est une question de culture. C’est pourquoi investir dans l’intelligence, c’est toujours investir dans la démocratie. Cela signifie que, pour gouverner, l’incompétence des citoyens éclairés, armés de leur jugement, doit l’emporter sur la compétence des spécialistes. Hélas, par les temps qui courent, on voudrait nous faire croire le contraire. Et c'est pourquoi il faut aller au combat.

 

« Notre combat ne doit pas se contenter de mobiliser des électeurs mais de créer des espaces de délibération.

 

« Pour que vive la République, il faut une opinion informée, éclairée par des arguments, consultée sur les orientations, voire les modalités, responsabilisée au moment des décisions, sollicitée toujours dans sa faculté d’initiative et de réflexion. C’est ouvrir le maximum de possibles pour demain.

 

« Alors, oui, seront créés de nouveaux savoirs, de nouvelles pratiques sociales, de nouvelles formes de solidarité, de nouveaux modes de vie, de nouvelles œuvres…

 

 

LA NATION, L'IDENTITÉ COLLECTIVE, LA COHÉSION CITOYENNE

 

« Alors, oui, l’humanité de demain aura tous les visages du possible compatibles avec les règles d’un Etat républicain et d’une société démocratique.

 

« Alors, oui, Français, nous confirmerons que nous sommes liés par une identité collective, et la fête du 14 juillet participe à notre cohésion car c’est la vie partagée qui élève les concitoyens.

 

« Chacun doit trouver sa nation à l’intérieur de soi, comme l’une des dimensions de sa propre identification.

 

« La nation est indissociablement une communauté de culture, un lieu de mémoire, et en même temps un projet civique.

 

« C'est tout cela le symbole de nos 14 juillet.

« Vive la France de la République, vive la France promotrice de ses principes éclairés dans l'Europe et dans le Monde. »

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale Devoir de mémoire
19 juin 2017 1 19 /06 /juin /2017 05:24

Seulement 35% de participation ! Les Seynois ont vraiment boudé l'élection ce dimanche. Et, parmi ceux qui se sont déplacés, 10% l'ont fait pour déposer un bulletin blanc ou émettre un vote nul.

Le risque d'extrême-droite est écarté et il faut s'en réjouir, mais Émilie Guérel, la nouvelle députée de notre circonscription, que j'ai félicitée, est élue par seulement 18% de nos concitoyens seynois ayant le droit de vote, moins que dans le reste de la circonscription où 22% des électeurs lui ont accordé leur confiance.

Et, si l'on fait un focus sur nos quartiers populaires, les chiffres sont encore plus inquiétants, avec 24% de votants (22% à Berthe et 29% au centre-ville). La députée élue n'y a recueilli que 12% des suffrages des électeurs inscrits et, si 60% de ceux de Berthe qui ont exprimé un choix ont opté pour elle, ceux du centre ancien, se sentant délaissés et gagnés par une inquiétude latente, lui ont largement préféré le candidat du FN (56%). 

 

UNE GRAVE CRISE DE CONFIANCE DANS LES INSTITUTIONS RÉPUBLICAINES

Ces éléments confirment la grave crise de confiance en nos institutions, garantes de la démocratie, que traverse notre pays, et beaucoup plus de la part des plus humbles de nos habitants.

Je l'ai une nouvelle fois répété ce dimanche soir : sans un effort public sans précédent à accomplir d'urgence en matière d'éducation scolaire et des temps libres, d'accès à la culture et aux situations propices à l'éveil des consciences, et d'offres sérieuses de parcours personnels vers les droits fondamentaux, tels que l'emploi, le logement ou la santé, la situation peut devenir irrémédiablement foudroyante.

 

UNE URGENCE SOCIALE POUR LES PLUS PAUPÉRISÉS

Émilie Guérel a confirmé vouloir exercer son mandat avec les cinq maires de sa circonscription. J'ai salué cette promesse. Et, sans lui imposer une « liste de courses », j'ai attiré son attention sur quelques sujets majeurs qu'il faut que l'État prenne sans tarder à bras le corps au regard de la situation des Seynois.

La nouvelle majorité parlementaire doit ainsi accélérer le processus vers le droit au logement pour tous, en aidant bien plus qu'aujourd'hui les communes qui, comme La Seyne, veulent respecter la loi imposant 25% de logements sociaux, et en contraignant plus sévèrement celles qui trainent les pieds ou feignent de faire effort en acceptant seulement de répondre aux besoins d'habitat des moins miséreux de ceux qui sont éligibles au logement social.

Elle doit être bien plus volontaire que ne l'était la majorité précédente, celle de mes amis socialistes qui ont tant déçu les plus pauvres, en matière d'accompagnement de nos quartiers populaires et de rénovation urbaine et de l'habitat de nos sites dégradés et paupérisés. Sans un plan à la hauteur de celui que Jean-Louis Borloo a impulsé il y a une douzaine d'années, et dont a bénéficié notre quartier Berthe, notre centre-ville seynois, par exemple, courra à l'explosion et les seuls efforts communaux seront vains. C'est d'un nouveau plan Marshall que nous avons besoin. Le cœur de ville de La Seyne ne pourra se contenter de l'aumône que va représenter la vague opération d'intérêt régional qu'on lui promet avec le Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU). 

 

UNE URGENCE POUR LA FORMATION ET L'INSERTION PROFESSIONNELLE

C'est vrai pour l'habitat, les aménagements urbains, les équipements publics, la redynamisation commerciale, mais c'est aussi nécessaire pour l'accompagnement social, à commencer par la formation. Et on n'en prend pas le chemin si j'en crois les premières mesures que j'ai dénoncées dès la clôture des bureaux de vote !

Les députés majoritaires, plutôt que fragiliser l'économie et les salariés par la dérégulation du travail que le président de la République a annoncée, devraient aussi s'appliquer à soutenir l'initiative entrepreneuriale des commerçants et artisans, des patrons des petites et moyennes entreprises, des industriels et dirigeants des entreprises de taille intermédiaire, tout en redoublant d'efforts pour la formation initiale des jeunes et celle, continue, des employés, l'aide aux chômeurs pour reprendre pied avec le travail, la prévention et la lutte contre la discrimination à l'embauche, le travail dissimulé, l'irrespect des droits des travailleurs, l'insécurité au travail, la tricherie aux cotisations sociales et l'évasion fiscale.

Nous avons à La Seyne le pain et le couteau en matière de potentiel de dynamisation économique. Il serait fou que notre peuple ne puisse en profiter.

 

UNE URGENCE ENVIRONNEMENTALE

Et les Seynois attendront également la majorité parlementaire de M. Macron sur son approche environnementale, écologique et de développement soutenable. La Seyne a été pionnière dans le Var pour répondre à l'appel à projets lancé par Mme Royal en matière de territoire à énergie positive pour la croissance verte. Elle doit bénéficier de moyens accrus en ce domaine vital pour l'avenir de ses enfants.

Un tout premier dossier sur lequel j'ai interpellé Émilie Guérel est celui du domaine du Fort de Saint-Elme, vaste espace naturel propriété de la Marine nationale que nous entendons bien sauvegarder de la vente au privé et l'ouverture à l'urbanisation, préserver, valoriser et ouvrir au public comme nous l'avons fait du Domaine de Fabrégas, avec le Conservatoire du littoral. J'attends de notre députée qu'elle s'approprie le dossier et accompagne la commune pour faire pencher la balance dans le sens de la valorisation environnementale et sociale plutôt que dans celui de la plue-value financière destinée à remplir les caisses de l'État.

 

ET UNE SEYNOISE DÉPUTÉE DU VAR !

En cette soirée électorale, on le voit, si, tout en saisissant au bond son serment d'œuvrer avec les élus du territoire, j'ai témoigné à la Bandolaise Émilie Guérel les encouragements vigilants de La Seyne pour sa mission parlementaire, j'ai aussi adressé un message en forme de clin d'œil à une autre jeune députée également élue.

Car La Seyne est fière de compter, pour la première fois de son histoire, une de ses filles parmi les députés de la République.

Cécile Muschotti, élue dans la 2ème circonscription du Var, voisine de la nôtre, responsable du centre public de formation d'apprentis de notre lycée Paul-Langevin, fut en effet benjamine de notre conseil municipal, membre de l'équipe municipale de gauche unie que j'animais au cours du mandat de 2008-2014, alors qu'elle était responsable varoise du Mouvement des jeunes communistes de France.

Nul doute pour moi que, depuis le Palais Bourbon, elle aura aussi à cœur de poser un regard bienveillant sur le terroir qui l'a vue grandir...

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Marc VUILLEMOT

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