On peut bien sûr comprendre que le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, attendu dans le Var ce jeudi, ait modifié son programme pour se rendre auprès des policiers ayant essuyé des coups de feu dans une cité marseillaise.
Ce qui est moins compréhensible, c'est que l'étape varoise qui a été supprimée de sa tournée est sa halte toulonnaise. Notre métropole compte en effet les deux seules zones de sécurité prioritaire (ZSP) du département, à Toulon et La Seyne.
Las, si on en croit la presse locale, le ministre préfèrera maintenir ses visites à Flayosc et Salernes (où il compte peut-être plus de sympathies ?...).
DES MISSIONS APPRÉCIÉES MALGRÉ DES MOYENS TROP RESTREINTS
Les forces de l'ordre auraient pu lui faire part des difficultés qu'elles rencontrent à mener à bien leurs missions pourtant si efficientes, notamment dans les quartiers urbains fragiles de nos deux plus importantes communes, avec des effectifs très inférieurs aux besoins et décroissant tandis que la démographie progresse.
Et ce malgré les efforts constants de mobilisation prioritaire en direction de ces quartiers difficiles des équipes spécialisées du département (brigades de sécurité de terrain, des "stups", anti-criminalité, etc.) de la part de la direction départementale de la sécurité publique, et le renfort coopératif apprécié qu'apportent les policiers municipaux.
LA PRÉVENTION, LA TRANQUILLITÉ PUBLIQUE ET LA SÉCURITÉ TOUJOURS PRIORITAIRES ?...
Et les maires des deux villes auraient pu rappeler à son bon souvenir leurs demandes, toujours rejetées, d'être dotées de la nouvelle "police de sécurité du quotidien", annoncée à grand renfort de médiatisation, mais déployée sur seulement 30 "sites expérimentaux" alors que la France compte 1.500 quartiers fragiles, l'urgence des besoins en éducateurs de prévention totalement occultée par le Président de la République lors de ses annonces pour les zones urbaines difficiles, ou l'engagement non tenu par l'État de cofinancer les dispositifs de protection périmétrique et volumétrique des écoles qu'il a pourtant imposés en 2016 aux collectivités locales dans le cadre de la prévention des attentats terroristes...
Ce samedi, comme chaque année au printemps, place Laïk, au bas du marché du cours Louis-Blanc, se tenait la très officielle « cérémonie de citoyenneté et de remise des cartes d'électeurs » aux jeunes Seynois ayant atteint l'âge de la majorité.
Il leur est remis solennellement leur toute nouvelle carte d'électeur ainsi qu'un « livret du citoyen ».
Et c'est toujours l'occasion pour moi de rappeler les valeurs républicaines qui fondent le fonctionnement sociétal de la nation française...
« Jeunes gens,
« Vous êtes désormais inscrits sur les listes électorales.
C’est un instant solennel : en recevant ce livret, vous accédez à la pleine citoyenneté. Et, citoyens de la République, en particulier par votre vote, vous devenez responsables, collectivement, du destin de la Nation.
« Plus qu’un système juridique et administratif, la République est un projet politique et social, ordonné autour des fondamentaux que sont les valeurs républicaines, celles que résume notre devise : Liberté Egalité Fraternité.
« Au vu des réalités de trop nombreux pays dans le monde, vous percevez que votre liberté est grande : liberté de penser, liberté d’agir. Le corollaire de cette liberté est qu’elle s’inscrit nécessairement dans le cadre de règles communes et partagées : l’excès de liberté des uns tourne immanquablement en excès de servitude de tous. La liberté est donc le droit de faire tout ce que les lois permettent.
« Etre citoyen, c’est la capacité, pour chacun, de s’élever au-dessus de ses seuls intérêts pour se soucier du bien public.
« Il y faut du discernement et de la réflexion car le danger serait grand de ne pas user de son libre arbitre et de ne pas le protéger pour tous.
« Notre devoir, votre devoir désormais, est de ne pas succomber à une interprétation littérale et orientée qui porterait, de façon maligne, une atteinte à la liberté de conviction des autres, les minoritaires, les faibles, les fragiles.
« C’est un combat ! Ce combat n’est jamais fini. C’est à vous, à nous, tous les citoyens, d’être vigilants. Vous êtes nés à la suite d’un siècle qui a connu le fer et le sang ; pourtant surgissent encore les démons qui ont fait le malheur du passé : l’antisémitisme, le racisme, la xénophobie… loin, très loin, de la notion républicaine de fraternité.
« Sur l’égalité, ni l’origine, ni l’appartenance philosophique ou religieuse, ni le sexe, ne doivent différencier les citoyens français : ils sont égaux en droits et en devoirs. La première des valeurs réside dans la communauté de destin de chacun des fils et des filles de la France.
« La République que nous aimons est celle qui protège le faible, celle qui est solidaire. Vous, jeunes citoyens, vous pouvez, vous devez, influer sur la façon dont la République exige le respect et exerce sa souveraineté. Montesquieu a montré que le pouvoir des uns doit être arrêté par le pouvoir des autres : la séparation des pouvoirs reste la marque de la démocratie.
« La démocratie s’exprime également dans l’expression de médias libres, libres de dire, d’écrire, de montrer les insuffisances, les contradictions. Ce sont des conditions indispensables et nécessaires. Et, là encore, l’exemple dans le monde est loin d’être partagé.
« Retenez que la vigilance, c’est vous, collectivement, qui l’exercez. Vous l'exercez notamment par le vote. Usez-en. C’est vous qui donnerez à la République indignité ou vertu. Désintéressez-vous de la chose publique et vous aurez, au mieux, une démocratie d’élus, dont les valeurs reposeront sur leurs seules qualités d’hommes… or les hommes restent faillibles.
« Nous devons aussi être attentifs à combattre l’exaltation des particularismes qui séparent, qui excluent. Avec, la liberté, la fraternité, l’égalité, la République repose sur une pierre angulaire : la laïcité. Le principe est inscrit à l’article premier de notre Constitution.
« Ainsi, la République des citoyens est une volonté qui agit. Vos aînés ont bataillé pour la justice sociale, ils ont conquis l’éducation gratuite et obligatoire, le droit de grève, la liberté syndicale, la sécurité sociale.
« La République des citoyens a su tendre la main à ceux dont la naissance pouvait être un frein. C’est la singularité de notre nation, de notre drapeau, de notre langue : se battre pour la paix, la justice, les Droits de l’Homme. Faisons ensemble que tout ça ne devienne pas un lointain souvenir d'une histoire ancienne.
« Vous le savez, vous le ressentez, nous vivons des moments de désarroi. Dans le monde, dans le pays, nous sommes susceptibles de subir les agressions de fanatiques.
« Dans certains de nos quartiers urbains, dans certaines campagnes isolées, mais pas seulement, les gens se débattent dans des difficultés quotidiennes croissantes. Les emplois sont rares, précaires, les horaires flexibles, le temps partiel, la rémunération minimale. La tentation est grande de la colère, du repli, du recours au religieux. La facilité serait de rechercher des références personnelles : la famille de pensée, les liens forts de proximité, la communauté identitaire.
« Nous devons être attentifs à combattre l’exaltation de ces particularismes qui séparent, qui excluent. Nous le faisons par l’école publique, laïque et obligatoire qui doit rester le ciment commun, par les services publics, par les formidables associations qui se démènent pour maintenir le lien social. La République doit les protéger et les aider.
« Pour finir, je vous dirai que le citoyen est un sujet de droit. Il jouit des libertés individuelles, la liberté de conscience et d’expression, la liberté de s’associer — c'est l'indispensable loi de 1901 — la liberté d’aller et venir, de se vêtir à son goût, d'aimer qui il veut, de se pacser, se marier, ou pas, d’être présumé innocent s’il est arrêté par la police, d’avoir un avocat pour se défendre, de participer à la vie publique, de voter et de se présenter aux élections, et bien d’autres belles choses…
« En revanche, il a l’obligation de respecter les lois, de participer aux dépenses collectives en fonction de ses ressources, de défendre la société, car, attention, l’incivilité est la fille naturelle du sentiment que tout est dû sans contrepartie. Je le répète, nous devons, chacun à notre place, agir en pleine responsabilité.
« Le chemin de la réussite est long et difficile, il dépend de nous tous, avec vous désormais, de l’éducation que nous avons reçue et de celle que nous transmettons.
« Je forme le vœu, en vous remettant ce livret citoyen, que vous contribuiez, demain, à préserver tous nos droits, avec une pensée particulière pour le droit à la connaissance, à l’éducation éveillant les consciences, une bonne façon, pour vos propres futurs enfants, de perpétuer la République. »
J'adresse mes félicitations aux jeunes ayant répondu à notre invitation.
En ces temps où beaucoup s'ingénient à dévaluer l'image de la fonction publique et des élus, je veux aussi dire mes remerciements aux adjoints et conseillers municipaux qui m'ont entouré, et surtout à l'équipe des fonctionnaires communaux des services des élections (photo ci-contre) et du protocole qui, un samedi matin, n'hésitent jamais à donner de leur temps pour assurer le bon fonctionnement de cette très officielle cérémonie.
Bon, voilà : La Seyne n'a pas été retenue parmi les trente sites de la nation qui vont bénéficier du dispositif de « police de sécurité du quotidien ». Peut-être en connaîtra-t-on un jour la raison ?...
Mais peut-être pas, comme ce fut le cas lorsque, en 2009, alors qu'elle avait fait acte de candidature pour bénéficier d'une aide de l'État au titre du « Programme national de rénovation des quartiers anciens dégradés » (PNRQAD), que son dossier était classé en toute première position des communes de sa strate, et que ce classement encourageant lui avait été notifié, notre ville a eu la mauvaise surprise d'apprendre que le ministre en charge du dispositif, en l'occurrence celui occupant à l'époque le portefeuille du logement, Benoist Apparu, avait, sans raison explicitée, choisi de la rétrograder au profit des villes de... Nice et Aix-en-Provence...
LE SENTIMENT D'INSÉCURITÉ DES SEYNOIS RÉSULTE-T-IL D'UNE HALLUCINATION COLLECTIVE ?
Près de dix ans après cette injustice, les Seynois, et notamment les habitants, usagers et acteurs économiques, sociaux et culturels de notre centre ancien, pour lequel j'ai pourtant obtenu un classement en site prioritaire, tant pour la « rénovation urbaine et la cohésion sociale » que pour la sécurité, attendront encore que l'État se décide à accompagner les efforts communaux et métropolitains.
À moins que le ministre de l'Intérieur n'ait jugé que les sentiments d'insécurité résultent d'un pur fantasme partagé entre 65.000 Seynois tous autant hallucinés les uns que les autres, ou que les — objectivement — bons résultats obtenus par nos polices municipale et nationale, avec ceux des opérateurs de nos actions de prévention, dans le cadre de notre « zone de sécurité prioritaire », suffisent, malgré le peu de moyens dont ils disposent, à garantir la sécurité et prévenir toutes les déviances, il faut croire, soit que le Gouvernement n'engage pas les moyens à la hauteur de ses ambitions, soit que, une nouvelle fois, on a privilégié certains au détriment d'autres... Et c'est peut-être un peu des deux, si l'on en juge par les deux seuls sites retenus en Région Provence : les quartiers nord de Marseille pour lesquels hélas « il n'y a pas photo », et L'Ariane et Les Moulins, à Nice, dont je me demande si, même si elle est complexe, la situation est pire que la nôtre.
PLIÉ D'AVANCE, MALGRÉ LE SOUTIEN DE NOTRE DÉPUTÉE ?
Nous étions pourtant la seule commune varoise à s'être portée volontaire et nous avions le soutien de notre députée Émilie Guérel, membre de la majorité parlementaire, qui a appuyé notre candidature en novembre dernier auprès du ministre de l'Intérieur, M. Collomb, dont la réponse évasive qu'il lui a adressée — et qu'elle a eu la gentillesse de me faire parvenir — me laissait pressentir que notre sort était « scellé d'avance », ce que pourrait corroborer, bien sûr si on a un esprit mal placé, le nombre de départements de la région dudit ministre, Auvergne Rhône Alpes, ayant remporté le jackpot pour leurs renforts en gendarmerie...
Mais nous ne renoncerons jamais.
LA SEYNE NE RENONCERA PAS À SAISIR TOUTES LES OPPORTUNITÉS
Hasard du calendrier, c'est dans quelques heures que, bien décidé à ne jamais cesser de me démener pour obtenir les moyens que la République doit à La Seyne et ses quartiers fragiles, je présenterai au préfet du Var notre candidature à un autre dispositif, appelé « Action cœur de ville », lancé, celui-là, par le ministre de la Cohésion des territoires pour aider les communes à redynamiser leurs centres-villes dégradés.
Nos services et nos élus ont travaillé en quelques petites semaines un argumentaire sérieux que, en toute transparence, je livre ici aux visiteurs de mon blog. Auxquels je donne rendez-vous lorsque sera tombée la décision relative à ce nouveau programme...
« C'est promis, on va vous aider ». C'est, en substance, ce que les ministères de l'Intérieur et de l'Éducation nationale nous ont indiqué lorsqu'ils ont, à juste titre, fin 2016, imposé aux maires de réaliser en urgence des travaux de sécurisation dans les écoles.
Ils précisaient que, devant un niveau de menace terroriste très élevé, la protection des établissements scolaires faisait office de priorité absolue.
Loin de moi l'idée de contester cette nécessité. J'ai d'ailleurs d'autant plus demandé à nos services de faire effectuer les travaux indispensables, sur les accès et les dispositifs d'alarme raccordés aux services de police, qu'une circulaire ministérielle de fin 2016 confirmait l'engagement en urgence de 50 millions d'euros destinée à aider les collectivités locales à financer ces équipements, au titre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR).
La circulaire 2017 de ce FIPDR confirmait la priorité de la « sécurisation des établissements scolaires », en particulier « la sécurisation périmétrique des bâtiments et notamment des accès pour éviter toute tentative d'intrusion malveillante » et « la sécurisation volumétrique des bâtiments » et confortait le financement avec 33 millions d'euros.
LES PROMESSES N'ENGAGENT QUE CEUX QUI LES ÉCOUTENT
C'est exactement la nature des travaux que nous avons réalisés, confiants dans la parole de l'État. Le dossier de demande de subvention a été monté, validé par la préfecture du département, transmis au ministère de l'Intérieur et, connaissant les lenteurs administratives d'instruction, les chantiers ont été engagés sans attendre pour répondre à l'urgence sécuritaire.
Et la décision vient de tomber, relayée par la préfecture du Var (cliquez sur la réponse ci-contre pour l'agrandir).
Malgré le fait que La Seyne compte deux quartiers prioritaires au titre de la politique de la ville, dont l'un est le plus important Réseau d'éducation prioritaire renforcé (REP +) du Var et les deux sont Zones de sécurité prioritaire (ZSP), il n'y aura aucune aide financière de l'État pour les travaux de sécurisation des écoles de notre commune !
Bref, on s'est fait avoir. Une fois de plus, l'État a commandé une tournée générale et a quitté le bistrot sans la régler. Comme le disait Henri Queuille, ministre de l'Intérieur sous la IIIème République... « les promesses n'engagent que ceux qui les écoutent ».
LA QUADRATURE DU CERCLE
Dans le contexte de la loi de finances 2018 où le Gouvernement impose aux collectivités locales qu'elles se serrent encore plus la ceinture, menaçant, au mépris de la Constitution qui garantit leur libre administration, de faire établir leurs budgets par les préfets si elles étaient jugées trop dépensières, cette nouvelle est affligeante.
Et elle vient s'ajouter à d'autres tout récents transferts de compétences de l'État vers les communes qu'il va pourtant bien falloir qu'elles financent, comme la gestion des Pactes civils de solidarité (PACS), ou celle des amendes de stationnement, ou la création et l'entretien de salles de cours pour le dédoublement des effectifs des cours préparatoires et élémentaires des quartiers en difficulté, non seulement sans allocation de moyens mais, de plus, en exigeant de réduire la voilure budgétaire.
En l'espace de quelques semaines, ça a été, successivement, fin juillet, un incendie volontaire dans la cage d'escalier au huitième étage de la résidence « Sésame 3 », l'embrasement de près d'une cinquantaine de conteneurs à ordures, dont vingt-sept dans la seule nuit de ce dernier jeudi, et, dans la nuit de samedi à dimanche, un nouveau départ de feu, clairement ni inopiné ni involontaire, dans les parties communes de la tour de Berthe !
C'est une chance incroyable que, hormis une personne hospitalisée à cause des fumées, aucun drame humain ne soit survenu.
BRAVO ET GRAND MERCI AUX SERVICES DE SECOURS ET DE GESTION
Toute ma gratitude va aux pompiers, aux policiers nationaux et municipaux, au SAMU, aux agents de l'EDF, aux personnels de l'office d'HLM « Terres du Sud Habitat », de la commune, et d'autres services publics ou d'entreprises qui assurent les très coûteuses réparations, qui, sans relâche, à n'importe quelle heure du jour et de la nuit, interviennent dans l'urgence, puis tentent de rassurer et d'accompagner, des jours et des semaines durant, les habitants qui ont à subir les conséquences de ces actes inqualifiables. Et, enfin, doivent nettoyer, réparer, remplacer.
Les résidents sont exaspérés à juste titre. Et, pour certains, vivent dans une angoisse permanente. Beaucoup réclament que leur soit attribué un logement social hors d'un quartier qui, très généralement ordinaire et paisible, connaît des pointes subites de folie infernale, et auxquels, faute d'un nombre suffisant d'appartements disponibles, le bailleur ne peut donner satisfaction. Ça ne peut plus durer.
L'IMMENSE MAJORITÉ DES RÉSIDENTS VICTIMES EXCÉDÉES
Les enquêtes de police sont diligentées. Les policiers font tout ce qu'il faut pour parvenir à débusquer les coupables et la justice doit être rapide et intraitable. Les près de 100% d'honnêtes et paisibles gens d'un quartier ne doivent plus subir les méfaits d'une infime minorité, ni vivre en supportant une image gravement dévalorisante du fait d'une imparable et irrémédiable globalisation.
Je dois l'avouer, mes collègues élus et moi-même nous sentons de plus en plus en peine d'endiguer cette folle violence. Ni surtout de la prévenir. Nos services et les valeureux bénévoles et employés des associations, notamment solidaires, d'insertion, de prévention et d'action socio-éducative, sont à deux doigts de renoncer, faute d'être soutenus et encouragés.
Et tout cela au moment même où l'État — non pas les services préfectoraux varois bien sûr, qui subissent, mais les inflexibles gestionnaires haut perchés du ministère de l'Action et des Comptes Publics qui seraient mieux inspirés de qualifier leur institution de ministère du Démantèlement de l'Action Publique — ne ratent jamais une occasion pour couper aveuglément et sans vergogne, depuis des années, de nouveaux moyens dédiés à l'éducation, la médiation et la prévention.
UNE ACCÉLÉRATION DE LA PERTE DE MOYENS POUR PRÉVENIR ET RÉPARER
Après...
... les baisses des appuis départementaux aux équipes de prévention spécialisée puis aux chantiers d'insertion, notamment pour les détenus en fin de peine,
... les baisses des dotations nationales aux communes ayant entraîné des coupes sombres dans les budgets qu'elles dédient aux associations (— 7%, puis — 16%, puis — 3% pour La Seyne depuis le début du mandat municipal de 2008),
... la diminution des crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR) mettant à mal des projets de médiation sociale, de réinsertion, d'actions contre les violences conjugales ou d'aide aux victimes (— 7% pour La Seyne en deux ans),
sont venues récemment s'ajouter...
... l'inquiétude que vivent certaines associations conduisant des chantiers d'insertion quant à la poursuite des financements de notre Région,
... la hausse de la CSG couplée à la baisse de l'allocation logement, dont l'impact sera plus rude sur nos résidents que sur bien d'autres,
... l'annonce faite de la diminution des financements des réservistes de la police nationale.
Et qu'en sera-t-il demain, lorsque les communes ne percevront plus la taxe d'habitation décidée par le gouvernement de M. Macron, à l'instar de La Seyne, dont le produit, à hauteur de 25 millions d'euros, représente le quart des recettes municipales ?...
UN S.O.S. POUR LES QUARTIERS SEYNOIS
J'en appelle solennellement à l'État qui semble ignorer la menace qui pèse sur les plus humbles des citoyens, et donc sur le fragile équilibre social du pays.
Je demande au Premier Ministre des moyens d'urgence pour nos quartiers populaires seynois.
Et je réclame à la majorité parlementaire, à commencer aux six députés du Var qui en font partie, qu'elle assume sa responsabilité de législateur, en contrant le gouvernement sur les mesures qu'il impose.
Il est vital de revenir, dès l'automne et la loi de finances 2018, sur les contractions de crédits d'État destinés aux territoires, qui se succèdent et se cumulent depuis cinq ans. C'est possible par un prélèvement fiscal audacieux sur le revenu exorbitant du capital financier qui ne profite qu'à quelques nantis.
Il faut que nos parlementaires en aient le courage malgré les menaces de reprise en main de M. Macron. Un député LREM parisien l'a bien flairé : « Le piège de la rentrée serait de mettre la mesure budgétaire avant la vision d'ensemble en donnant l'impression de ne pas aider les classes populaires ».
J'aimerais bien plaisanter sur le registre « Alors, chiche ? À commencer par les députés varois de la majorité ?... ». Mais je n'ai pas du tout envie de sourire.
Le vent semble faiblir. L'inquiétude devrait s'atténuer. Pour des milliers de Varois et Provençaux, ce sera, espérons-le, la fin des ravages du feu et, malheureusement, l'heure d'un sinistre bilan sur fond d'odeur âcre des cendres.
Et, pour les Seynois et leurs visiteurs, heureusement épargnés, ce sera celle de dire merci, grand merci, très grand merci...
... aux fonctionnaires communaux et intercommunaux, notamment ceux du service du "Plan de sécurité de prévention des risques", à l'agent municipal, par ailleurs garde du Conservatoire du littoral, et ses collègues gérant le Domaine de Fabrégas, aux policiers communaux, aux cadres et agents de l'Office national des forêts,
... aux associations de sensibilisation à la protection et valorisation de l'environnement naturel, à la société de chasse, aux clubs de sportifs usagers de notre forêt communale,
... aux enseignants et animateurs des classes de nature de la « Maison de la pleine nature » de Janas qui accueillent pendant toute l'année scolaire des écoliers aujourd'hui porteurs auprès de leurs familles et leurs proches de paroles ambassadrices de la prévention des catastrophes pouvant survenir à nos espaces naturels,
... aux écoliers eux-mêmes, leurs fratries et leurs parents, qui font passer les messages de la prévention,
... aux lycéens de Beaussier qui ont conçu des cendriers portables dans le cadre d'un projet scientifique valorisé par le dispositif universitaire des « cordées de la réussite »...
... aux citoyens volontaires de la réserve communale de sécurité civile de La Seyne qui, solidairement avec leurs collègues de Six-Fours, veillent avec constance sur nos massifs naturels et apportent leur aide aux corps de sapeurs-pompiers, victimes, comme tous les services publics, de compressions de moyens,
... à nos pompiers, bien sûr, volontaires et professionnels, des casernes seynoises de Mauvèou et de Peyron, qui, sans délaisser nos espaces boisés seynois et leurs missions urbaines ordinaires, sont en train de prêter main forte à leurs collègues qui luttent contre le feu dans le Var et en Provence,
... aux services de l'État et du Département, qui sont mobilisés contre ce diable de feu qui ravage notre Provence,
... à tous nos concitoyens, propriétaires de terres proches des espaces sensibles à l'incendie, qui ont appliqué à la lettre les consignes de débroussaillement de leurs propriétés, eussent-ils dû, pour certains d'entre eux, être un peu rappelés à l'ordre, voire verbalisés...
LA PRÉVENTION, C'EST L'AFFAIRE RÉPUBLICAINE DE TOUS
Tous, ou presque, depuis des mois, d'une façon ou d'une autre, ont fait œuvre de pédagogie pour sensibiliser l'ensemble de nos concitoyens et de nos visiteurs aux risques de destruction des bijoux précieux que sont nos sites forestiers périurbains.
Belle œuvre collective républicaine et solidaire, vraiment !
Ne relâchons pas la garde, même si le mistral faiblit. La Seyne n'est pas plus à l'abri d'un départ de feu que les communes varoises et provençales qui traversent ces tragiques moments.
Et, je ne peux m'empêcher de le dire, les funestes capitalistes patrons de ces entreprises industrielles multinationales du pays et du Monde, principales causes assumées, par leurs émissions de gaz à effet de serre, de la dérégulation climatique accroissant les épisodes de sécheresse et de canicule facteurs de drames incendiaires, seraient bien inspirés de se regarder dans la glace et de faire œuvre de solidarité active pour la reconquête, dès demain, des espaces naturels saccagés par les incendies de Provence et d'ailleurs.
Je me devais de les recevoir pour leur témoigner mes remerciements. Ils ont été une centaine à accepter de consacrer de leur temps à l'occasion des élections présidentielle et législative, et pour certains d'entre eux à chacun des deux tours des deux élections de ce printemps.
Puisque certains représentants locaux de candidats n'ont pas été en mesure de fournir un nombre suffisant d'assesseurs et de scrutateurs pour faire fonctionner et contrôler les opérations de vote, sur proposition de notre Directrice générale adjointe, Fanny Magagnosc-Vanni, nous avons lancé un appel aux citoyens volontaires pour remplir ce rôle essentiel.
Et c'est par dizaines que des Seynois bénévoles y ont répondu. Qu'ils en soient grandement remerciés. Avec une petite pensée particulière pour les employés municipaux qui, constatant avec nous la défaillance de certains candidats, se sont portés volontaires spontanément pour venir renforcer tout aussi bénévolement les équipes de nos 47 bureaux de vote.
Tous n'ont pas pu répondre à mon invitation de ce samedi à partager un verre dans la convivialité avec les élus et les responsables communaux. Mais le salon d'honneur de la mairie était bien rempli.
J'en ai profité pour leur apporter diverses informations sur le fonctionnement des élections dont trop peu de nos concitoyens s'emparent. Et, en leur disant un grand merci pour la démocratie, je les ai d'ores et déjà invités à un prochain rendez-vous, d'ici deux ans, à l'occasion des élections européennes...
On ne parle pas vraiment de canicule, mais chacun mesure bien que, pour un mois de juin, il fait très chaud, et durablement. Nos espaces boisés, tant privés que publics, dont notre forêt de Janas, sont très secs. Et l'été n'a commencé que ce mercredi...
Sur notre massif forestier de Janas, je me satisfais d'autant plus des opérations de prévention des incendies qui ont été menées à l'automne dernier et sur lesquelles on en a entendu des vertes et des pas mures. Et même, moi dont on sait que je regrette qu'il ne soit pas possible d'assurer un accès, fût-il contrôlé et maîtrisé, à la route de la "corniche merveilleuse" pour offrir notre patrimoine naturel à notre population et nos visiteurs, je reconnais que, par les temps qui courent, il vaut sûrement mieux qu'elle soit fermée à la circulation.
LE DÉBROUSSAILLEMENT EST UNE OBLIGATION LÉGALE
Mais mon inquiétude concerne surtout les propriétés privées. Nos partenaires de l'Office national des forêts (ONF) constatent avec moi que, « suite aux incendies des Bouches-du-Rhône l’été dernier, il est apparu un relâchement général sur la zone sud dans l’application et le suivi des obligations légales de débroussaillement », même si leurs responsables indiquent que, globalement, « La Seyne n’est pas concernée par ce relâchement, vu le travail de fond mené depuis 2014 par le service communal de sécurité civile ». Merci donc à nos employés communaux dont l'ONF juge le travail positif.
Il n'empêche, trop peu de propriétaires se sentent concernés, malgré les informations que nous avons fait distribuer au printemps dans les boîtes aux lettres. Nous avons donc convenu avec l'État et l'ONF d'une opération de contrôle des obligations de débroussaillement, débutée il y a trois semaines et que nous mènerons à bien, même si certains administrés ont manifesté leur désapprobation de s'être vu dresser une contravention.
DES CONTRÔLES, DE LA PÉDAGOGIE ET... DES VERBALISATIONS !
L'enjeu de préservation de nos espaces naturels est trop important et les négligents trop nombreux. Sur les 106 contrôles réalisés à ce jour, seules 25 parcelles ont été jugées conformes, et il a été relevé 81 propriétaires insouciants, même si seulement 37 contraventions ont dressées, et pas au hasard : les agents de l'ONF verbalisent les responsables de situations critiques, là « où il y a un véritable danger pour les vies et les habitations », mais également les administrés « qui ne font absolument rien malgré le travail de prévention et les mises en demeure de la mairie », acceptant malgré tout de faire preuve de mansuétude et de pédagogie en direction des autres.
Qu'on se le dise donc. Les opérations de contrôle continuent, notamment dans les quartiers jouxtant les espaces boisés, pas seulement aux abords du massif de Sicié, mais également à proximité des autres zones naturelles collinaires, du sud littoral de la ville jusqu'à la Petite Garenne, à la limite de la commune d'Ollioules.
Je ne vais pas accuser le gouvernement de MM. Macron et Philippe qui n'y est pour rien. La loi de finances 2017 a en effet été votée à la fin de l'année dernière. Mais je dois interpeller sur la situation anormale que constitue la nouvelle baisse de crédits du Fonds interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (FIPDR).
Les associations m'alertent en effet sur les difficultés structurelles qu'engendrent les pertes de moyens financiers qui leur ont été annoncées. Les actions pour la prévention de la délinquance sur notre territoire constituent le socle du travail social mené depuis des années par ces structures, et contribuent grandement à la cohésion sociale et à la tranquillité publique des quartiers, et, plus précisément, de notre zone de sécurité prioritaire, tant à Berthe qu'au centre ville.
PLUSIEURS ASSOCIATIONS TRÈS FRAGILISÉES
Or voilà que les associations sont, à nouveau, fragilisées avec des subventions réduites de 20% en deux ans, ce qui pose la question de la pérennité de leurs actions ainsi que de leur qualité.
Il y aura moins de moyens pour l'aide aux victimes, pour les chantiers de débroussaillement pour les détenus en fin de peine, pour la médiation sociale et intergénérationnelle, pour la prévention de la récidive des auteurs de violences conjugales ou intrafamiliales, pour les consultations spécialisées et les actions collectives pour éviter la radicalisation.
IL FAUT REDRESSER LA BARRE
Ces pertes financières interviennent, paradoxalement, au moment de la montée en puissance de la lutte contre le phénomène de la radicalisation, alors que ces actions constituent le fondement de la prévention de ce phénomène depuis de nombreuses années.
Concrétisant son annonce que "la sécurité est la première de nos libertés", le nouveau gouvernement se doit de réagir et garantir en urgence au préfet du Var une rallonge de crédits financiers pour nos associations seynoises qui font un travail remarquable.
Merci, très sincèrement, aux élus des divers groupes de la majorité municipale qui, par un message circonstancié, m'apportent leur soutien et confirment mon analyse de la tartuferie ubuesque dont hérite, par legs de M. Estrosi, le nouveau président de la Région Provence Alpes Côte d'Azur, M. Muselier, qui, dans un communiqué un peu irréfléchi (car truffé de contrevérités qui lui auront sûrement été dictées et qu'il aura peut-être un peu vite prises pour argent comptant sans en vérifier la véracité), s'insurge contre moi parce que j'ai dénoncé une indicible bêtise.
À la suite de la déclaration de mes collègues du conseil municipal que je reproduis ci-après, les visiteurs de mon blog pourront apprécier par eux-mêmes, avec les photos que je mets en ligne, que le portique de détection de métaux que la Région impose aux usagers seynois des trains express régionaux (TER) ne sert strictement à rien...
Voilà donc le communiqué que les groupes de la majorité municipale seynoise m'ont fait parvenir avant de l'adresser à la presse...
« Sûrement mal inspiré par la conseillère municipale et régionale Madame Torres dont il fait état dans son communiqué, Monsieur Muselier va un peu loin dans l'anathème à l'encontre du maire de La Seyne.
« Débrancher un appareil mis en service comme on le fait d'une cafetière ou d'un sèche-cheveux s'appelle, selon lui, "démonter" un dispositif. Les policiers présents, comme le conseiller régional Jean-Pierre Colin, qui n'aurait même pas eu à rebrancher la prise puisque le portique n'a jamais cessé de fonctionner, sa batterie disposant d'une autonomie de plusieurs dizaines d'heures, peuvent témoigner de l'absence de gravité et dangerosité de l'acte purement symbolique du maire.
« Nous confirmons que le dispositif est coûteusement inutile car chacun peut accéder aux quais sans passer sous le portique et que celui-ci, de l'aveu ultérieur des responsables, n'est installé qu'occasionnellement, à certaines heures, et pas dans les gares voisines lorsqu'il l'est à La Seyne. Un fou barbare porteur d'armes serait bien mal inspiré de choisir le moment et la gare où il est mis en place pour accéder à un train.
« Nous affirmons que c’est bien parce que ce type de portique n’est pas installé dans les gares des communes avoisinantes qu'il est stigmatisant et humiliant pour la population seynoise, ou que, a contrario, s'il est réellement efficace, il est injuste pour les autres qu'il ne soit pas déployé dans leurs gares. C’est pourquoi nous partageons l’idée que le dispositif est contraire à l'esprit de la République qui prône l'égalité des territoires.
« Nous déplorons le manque de courtoisie de la Région qui ne croit pas devoir prendre la peine d'informer l'autorité municipale du déploiement du dispositif les jours où elle décide de son installation.
« Nous regrettons que Monsieur Muselier, mélangeant tout, prenne pour argent comptant de fausses informations selon lesquelles La Seyne serait en sous-effectif en matière de police municipale. La commune est classée 54ème ville de France pour son nombre de policiers municipaux pour 1000 habitants, devant sa voisine Toulon (78ème) ou Marseille (97ème).
« Nous sourions d'apprendre à la lecture du communiqué de Monsieur Muselier que ce serait son égérie seynoise, Madame Torres, qui serait à l'origine des demandes d'aide régionale pour la vidéoprotection urbaine, alors que la commune déploie ce dispositif depuis 2011 avec l'aide de l'État, et nous espérons que la Région répondra favorablement à la demande de La Seyne de le cofinancer, de même que l'installation d'une "fan-zone" pour permettre l'organisation d'événements festifs propices au vivre ensemble, au partage, à la culture et l'éveil des consciences, véritable remède préventif de fond contre les obscurantismes qui mènent aux pires dérives sanguinaires.
« Nous nous étonnons que le Président de la Région puisse imaginer quelque tortueuse stratégie de communication politicienne liée à l'élection législative, à laquelle le maire de La Seyne n'est pas candidat... ce qui n'est pas le cas de Madame Torres.
« Et nous sommes atterrés et offusqués, parce qu'il est des sujets avec lesquels on ne doit pas jouer, que Monsieur Muselier évoque, soit maladroitement, soit insidieusement, le contexte du drame barbare de Londres qui s'est joué quelques heures après l'acte symbolique et bon enfant effectué sans risque pour quiconque par le maire de La Seyne sous les yeux de plusieurs membres des forces de l'ordre.
« Nous apportons évidemment tout notre soutien au maire de La Seyne. »
Et donc, comme annoncé en introduction, voilà les preuves en photos que n'importe qui peut accéder aux quais et aux trains en se soustrayant aisément au contrôle qui est donc inutile (mais coûteux et humiliant) imposé aux citoyens dans le hall de la gare par la Région, juste pour donner à croire qu'elle veille sur la sécurité des voyageurs...
Ci-après deux accès ouverts aux quatre vents au quai de la gare de La Seyne, direction Toulon, depuis l'avenue Robert Brun...
Et ci-dessous deux accès sans aucune surveillance au quai de la gare de La Seyne, cette fois-ci direction Marseille, depuis le parking de la gare...
Et ce serait contre moi qu'il faudrait déposer plainte ?
Je précise enfin que je ne voudrais pas que ces photos nuisent aux cheminots, de plus en plus gênés par le manque de moyens pour effectuer leur travail. Ceux qui devront, tôt ou tard, rendre des comptes (devant le peuple et non dans un prétoire...), ce sont ceux, d'Europe et du pays, qui ne protègent pas le service public des transports (comme les autres services d'ailleurs), en l'ouvrant à la concurrence et en montrant du doigt ou abandonnant sans vergogne des territoires et leurs populations.
Et j'invite Renaud Muselier, homme courtois que j'ai côtoyé au cours du précédent mandat régional, qui doit venir dans le Var pour soutenir les candidats LR à l'élection législative, à faire halte à la gare de La Seyne où je lui démontrerai volontiers sur place l'ineptie de cette opération qu'il hérite de son prédécesseur.