3 septembre 2011 6 03 /09 /septembre /2011 20:20

http://www.abadinte.com/wp-content/uploads/2011/08/primaires-citoyennes.pngJe n'étais pas de ceux qui voyaient d'un bon oeil l'organisation d'élections primaires permettant, au-delà des militants des partis qui les organiseraient, d'associer les citoyens "non encartés" qui le désireraient à la désignation d'un(e) candidat(e) à l'élection présidentielle du printemps 2012.

À la rigueur, si l'ensemble des partis de la gauche et de l'écologie s'étaient entendus pour organiser, suite à l'élaboration d'un projet commun, la désignation d'un(e) candidat(e) unique, pourquoi pas ? Mais il n'en a pas été ainsi. Seuls le Parti socialiste et le Parti Radical de Gauche se sont entendus sur ce point.

Mais, bon, mes camarades socialistes ont majoritairement souhaité que ces "primaires" aient lieu et, maintenant, il s'agit d'en tirer le meilleur profit possible pour assurer l'an prochain une alternance à la politique de M. Sarkozy.

Donner une forte légitimité au candidat de la gauche

C'est simple. Plus le candidat choisi par les "élections primaires citoyennes" aura été désigné par un nombre important de citoyens, plus sa légitimité sera forte auprès de tous, et plus grande sera sa capacité à incarner l'alternative politique attendue par le peuple de France.

N'oublions pas que l'élection présidentielle est un vote à deux tours, et que seuls les deux candidats arrivés en tête au premier s'affronteront au second. On se souvient de la douloureuse surprise en forme de gueule de bois qui, en 2002, avait limité le choix du second tour à un postulant de droite et un d'extrême-droite, tous les candidats de gauche ayant été éliminés...

Rien que ça me semble justifier que l'on s'efforce de mobiliser le maximum de gens se reconnaissant dans les valeurs de la gauche pour qu'ils consacrent quelques minutes, les dimanches 9 et 16 octobre, à aller voter pour ces primaires citoyennes ouvertes à tous, comme n'importe quelle élection républicaine.

Le candidat issu des primaires citoyennes sera celui de toute la gauche

Je dis bien "se reconnaissant dans les valeurs de la gauche", quelle que soit leur sensibilité particulière au sein de la diversité de la gauche française, qu'ils se sentent une âme militante ou pas, qu'ils soient sympathisants de tel ou tel parti ou pas, ou qu'ils pensent simplement qu'il faut donner toutes les chances à notre peuple de bénéficier demain d'une autre politique.

Car n'oublions pas non plus, au regard des représentativités respectives des divers courants de la gauche et de l'écologie, que le (la) candidat(e) désigné par ces primaires citoyennes sera quasi certainement celui (celle) qui, au deuxième tour de la présidentielle, portera les couleurs de toute la gauche.

Et il me semble donc que cette élection primaire constitue un important moyen, pour les écologistes, les communistes, les proches du MRC, du Parti de Gauche ou de l'extrême-gauche, certains centristes et républicains de progrès, de peser par leur vote citoyen pour que ce soit celui ou celle qui leur semblera le mieux à même d'intégrer dans son projet et sa posture les propositions qui tiennent à cœur de leur propre sensibilité.

http://3.bp.blogspot.com/-dAiyDov7B9c/TiTci-YZlnI/AAAAAAAABjA/1seJ44NUkEg/s1600/badge2.pngCe candidat, pour moi, c'est Martine Aubry

Moi, j'ai fait le choix de voter pour Martine Aubry. Et, en plus d'inviter ceux qui me lisent à participer à ces primaires citoyennes, je tenterai par d'autres messages à venir, d'ici au 9 octobre, de les convaincre de faire de même.

Pendant trois ans à la direction d'un PS qu'elle a trouvé divisé lors de sa désignation comme secrétaire nationale, elle a en effet su rassembler les militants et faire des diversités des courants socialistes une richesse et une force, autour d'un projet pour la France qui a été validé par 95% des adhérents. Cette capacité de rassemblement qu'elle a exercée au sein du PS, elle a les atouts de la mobiliser pour construire avec le reste de la gauche et les Verts un programme commun tant attendu par les Français, support d'une candidature unique de second tour et d'un cadre d'action pour la législature.

Car notre peuple attend de la gauche qu'elle soit unie pour pouvoir porter ses espoirs.

Donc, amis visiteurs de ce blog, participez et faites participer à ces "primaires citoyennes" d'octobre. Et méditez ma suggestion de confier à Martine Aubry la charge d'affronter M. Sarkozy et les siens...

 

Pour en savoir plus sur les primaires citoyennes et leurs modalités, consultez la rubrique dédiée dans la colonne de droite de ce blog.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 07:35

http://gauchedecombat.files.wordpress.com/2011/06/la-gauche-doit-sunir11.jpgLes partis de gauche se sont rencontrés à l'échelon national pour poser un regard sur les réalités de certains territoires de notre pays en vue des élections législatives qui suivront de près l'élection présidentielle de 2012.

Le Var et les Alpes-Maritimes sont de ceux-là. Ce n'est pas un hasard car, avec le rejet de la politique de la présidence de la République, du gouvernement et du Parlement, avec l'infléchissement du propos de certains cadres de l'UMP vers des thèmes ressemblant fort à ceux de l'extrême-droite, et avec le travail patient et méthodique que mène cette dernière sur nos terres depuis des années, les résultats inquiétants des plus récentes élections peuvent faire craindre que le Front National ne bénéficie de circonstances lui permettant d'envoyer des députés de chez nous à l'Assemblée Nationale.

Et, fort heureusement, l'idée a cheminé de présenter des candidats uniques de toute la gauche dans nos deux départements.

Je n'en aurais pas parlé si tôt si l'on ne m'avait indiqué que cette perspective a recueilli un avis favorable au plan national et si cette information n'avait déjà publiquement circulé jusque chez nous, le contraire ayant été étonnant (certains fins stratèges pensaient-ils qu'il était possible de faire une mauvaise surprise à la droite et au FN à l'ultime moment de la clôture des dépôts des candidatures ?...).

Donc, puisque c'est connu, je peux m'en réjouir, ayant depuis toujours plaidé pour que la gauche fasse preuve d'intelligence et que son union, de projet concerté et de forme, tant attendue par notre peuple, soit clairement lisible.

C'est ainsi que, dans notre 7ème circonscription du Var (Bandol, Saint-Mandrier, Sanary, Six-Fours et La Seyne), ce sera un candidat du Parti Radical de Gauche (PRG) qui portera les couleurs de tous nos partis de la gauche et de l'écologie. D'ailleurs, il en existe de très bons dans la circonscription... et ce parti n'aura pas, comme on a pu le vivre en d'autres occasions, à aller chercher ailleurs quelque "notabliau" à parachuter chez nous... avec les bien maigres succès que l'on a connus...

Quant à nous, adhérents, sympathisants, élus et responsables des instances locales et départementales de nos partis, d'Europe-Écologie-Les Verts, du Mouvement Républicain et Citoyen, du Parti Radical de Gauche, du Parti Communiste Français, du Parti de Gauche, du Parti Occitan, et du Parti socialiste, il nous reste à nous engager à fond et sans état d'âme dans cette démarche unitaire.

Mais je n'ai naturellement aucune raison d'être inquiet...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 04:59

projet_2012.jpgC'est tout de même incroyable ! Allumez vos postes de télé, branchez vos radios, ouvrez vos journaux écrits, surfez sur les moteurs de recherche web d'actualités, et jamais, ou presque jamais, vous n'aurez d'information sur le projet que le Parti socialiste a élaboré pour les élections nationales (présidentielle et législatives) de 2012.

Par contre, qu'est-ce qu'on on nous rabat les oreilles sur le petit mot de Machin qui laisse entendre, selon des sources bien informées, qu'il pourrait être en posture de rassembleur pour la course à la candidature, sur la forme de la cravate de Chose qui, d'après nos informations, atteste qu'il est prêt à tacler Truc, lui-même sur les strating-blocks pour la primaire de désignation du candidat, sans parler de la vie privée de Bidule qui occupe toutes les unes. Mais quasiment rien sur nos critiques de la politique actuelle, nos analyses et nos propositions !

Ces médias-là, notamment audio-visuels, constituent des armes redoutables au service de la Droite, soutenue par la finance mondiale, qui a la main sur la quasi-totalité d'entre eux, pour rabaisser les consciences et faire le lit des populismes.

Pourtant les socialistes ont travaillé pendant des mois à un projet pour les Françaises, les Français et ceux qui vivent en France, et même avec eux, dans tous les coins du pays. Il y a par exemple eu, certains de mes visiteurs s'en souviennent sûrement, une étape du "Tour de France du Projet" qui s'est tenue à La Seyne en novembre 2009, où 800 personnes sont venues pour échanger avec Martine Aubry sur leurs préoccupations du quotidien, leurs attentes et leurs espoirs. Et des ateliers ont suivi, des échanges ont eu lieu, on a fait appel à des spécialistes pour enrichir la réflexion, puis les militants se sont prononcés par vote et, enfin, un projet a été validé par près de 100% des délégués de toute la France lors d'une récente convention nationale du PS.

Oui, les socialistes ont un projet pour le changement de 2012 ! Cliquez ICI ou sur le bandeau ci-dessous pour y accéder...

http://www.parti-socialiste.fr/static/imagecache/950x200/banner/10866.png

D'ailleurs, les autres partis de la gauche et de l'écologie ont fait de même. Et, d'ailleurs, aucun média classique n'en parle non plus. Par contre, là encore, on nous endort avec les petites anecdotes quotidiennes qui jalonnent le duel entre l'animateur télé et l'ancienne juge qui se tirent la bourre pour la primaire d'Europe-Écologie-Les Verts, comme sur celui qui oppose le tribun à la grande gueule et aux bons mots du Parti de Gauche au principal de collège communiste, auvergnat et moustachu pour la désignation du candidat du Front de Gauche.

Ces projets, on les trouve   pour le Front de Gauche,  ICI pour Europe-Écologie-Les Verts, et pour le Mouvement Républicain et Citoyen, ou en cliquant sur les images respectives en fin de cet article.

Et, savez-vous, entre partis, on se parle ! Pour préparer les échéances du rassemblement, pour échanger sur nos projets respectifs et parvenir, lorsque ce sera le moment et sans perdre de temps, à un projet unique de rassemblement de la gauche et de l'écologie.

C'est ça qui va ouvrir une perspective d'alternance à notre peuple. Et c'est pour ça que c'est volontairement mis sous l'étouffoir.

 

http://projet.pcf.fr/sites/all/themes/pcf/logo.png  http://www.eelv.fr/typo3temp/pics/16097529bd.jpg   http://www.mrc-france.org/photo/art/imagette_16_9/2326868-3253603.jpg?v=1283705700

 


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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 19:35

http://t0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcT0c_30B3hHZln5VpzBJCObwtuE7moLXhO7MikDyl4fD4QKT532Il est très brun et, ces temps-ci, il porte un collier de barbe. Les policiers français sont montés dans le train à une gare entre la frontière italienne et Nice. Ils ont contrôlé les identités de divers passagers. La sienne, entre autres. Pourquoi pas. C'est un moyen comme un autre de prévention.

Lorsqu'il a présenté sa carte nationale d'identité italienne, ça ne leur a pas suffi. Il a fallu qu'ils le questionnent sur lui-même et son voyage, les raisons de celui-ci, sa destination, son activité.

Comme ils l'ont fait pour d'autres passagers. Hasard sûrement, mais, s'agissant de ceux de son wagon, plutôt ceux aux peaux mates ou foncées. Une de ses voisines de voiture, qui n'a pas été contrôlée, a avancé une explication : "Ils vous ont pris pour un Lybien". Ils ont fait de même en direction d'une famille d'Italiens d'origine sénégalaise.

Il avait juste pris le train de Milan pour venir faire la surprise d'une visite impromptue à sa bien-aimée. Ma fille.

Il me l'a raconté sans animosité. Juste pour l'anecdote.

Moi, ça m'a mis en colère. Colère et honte. Colère contre moi-même, citoyen d'un État ayant signé en 1995 - 16 ans déjà... (le sien, l'Italie, l'a signée en 1997, deux ans après) - la convention de Schengen, qui prévoit la libre circulation des personnes entre les pays signataires. Colère contre ce ministre de l'Intérieur et ce gouvernement de mon pays qui en rajoutent en donnant des ordres cyniques à notre police pour, à l'image de ce que l'Europe a vécu dans les années 30 et 40, faire de l'Autre, l'Étranger, le Différent, un bouc-émissaire cause facile de tous les maux de notre peuple. Honte contre notre silence assourdissant à nous, les démocrates français, de la droite républicaine comme de la gauche, qui ne pouvons pas faire mine d'ignorer la posture inique que prennent nos gouvernants.

Et j'ai eu une pensée pour nos frères Tunisiens, ô combien plus pauvres que nous, qui ont ouvert les portes de leur pays, lui-même en souffrance, à des centaines de milliers de leurs/nos frères Lybiens, réfugiés fugitifs aux pieds nus, en proie à l'angoisse de ce qui se joue au coeur de leur nation.

Français, nous en avons les moyens, ouvrons notre porte à ceux qui souffrent. Et surtout ceux qui souffrent des effets induits des luttes qu'ils mènent, au prix du sang et des larmes, pour que ces valeurs qui ont fait de la France le pays des Lumières soient enfin en vigueur chez eux. La Liberté, l'Égalité, la Fraternité.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 07:29

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSKl_s06PJMcfhJ-h2K4k8Dgnct8yaCKXyg-Sx8_KPMEITXR421Ce que je pressentais un peu confusément, sans en avoir la certitude, est conforté par la lecture d'une intéressante tribune de trois scientifiques parue dans le quotidien "Le Monde" sous le titre "La vidéoprotection, une gabegie", que j'invite mes visiteurs à découvrir sur le site de ce journal.

Les trois conclusions issues de l'approche de ces chercheurs me semblent importantes : "Premièrement, la vidéosurveillance n'a qu'un impact marginal sur la délinquance. Deuxièmement, augmenter cet impact supposerait des moyens supplémentaires en policiers alors qu'ils se réduisent [à La Seyne, le choix de mon prédécesseur a été que les écrans soient installés dans des locaux communaux et surveillés par des policiers municipaux, dont je vois mal comment augmenter le nombre au regard de l'état des finances de la ville...]. Troisièmement, le coût réel du système "assèche" tellement les budgets de prévention de la délinquance que l'on doit conclure à un usage très contestable de l'argent public". Et l'article apporte les démonstrations étayées nécessaires.

Qualifiés "d'agitateurs" (voir un article de Var-matin) dans des courriels de l'Agence Régionale de la Santé, les maires qui contestent les fermetures de services hospitaliers varois, sont probablement aussi considérés par certaines institutions politiques ou administratives comme des angéliques doux rêveurs laxistes en matière de sécurité. C'est un raccourci assez général et un peu rapide.

La preuve, contrairement à ce que j'entends ou lis ici où là, j'ai maintenu les effectifs de la police municipale (ce qui n'est pas le cas de la police nationale...), je n'ai pas désarmé ceux des fonctionnaires qui l'étaient, notamment les brigades de nuit, je m'apprête à signer avec l'Etat un nouveau Contrat Local de Sécurité, et je me suis réjoui que nos personnels aient pu, par leur engagement, permettre à la commune d'être distinguée de "L'écharpe d'or" et, tout récemment, du "Pavillon orange pour la sauvegarde des populations". J'ai certes rééquilibré les missions de notre police municipale entre actions de prévention et d'éducation d'une part et missions de sanction et répression d'autre part, ces dernières me semblant plus relever des attributions de la police nationale, raison pour laquelle j'ai proposé il y a quelques jours que des patrouilles mixtes (polices nationale et municipale) puissent être mises en place.

Pour autant, je n'ai pas répondu aux sollicitations - très régulières - des préfets successifs d'installer de nouvelles caméras de surveillance. D'une part parce qu'elles coûtent cher, que l'État ne me propose de les financer qu'à 30%, et que je préfère consacrer mes maigres budgets à soutenir les initiatives de prévention, ne serait-ce que pour compenser un peu les pertes de moyens publics, notamment en éducateurs de rue, dont sont victimes les structures chargées de la prévention de la délinquance. D'autre part parce que je préfère que les fonctionnaires de police municipale soient présents, visibles et accessibles dans les rues, à titre préventif, plutôt qu'enfermés devant des écrans. Enfin, je le répète, parce que je n'en percevais pas bien l'utilité.

Les conclusions de l'article du "Monde" confortent mon point de vue que j'ai d'ailleurs partagé tout dernièrement - ça risque d'en étonner plus d'un - avec... des chefs d'entreprises...

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:46

http://4.bp.blogspot.com/-TBj1WqIp9Vo/TdehfnKiAtI/AAAAAAAAHXc/MuxFtKVj2i0/s320/bande.jpgBelle journée que celle de ce dimanche où cinq à six cents personnes ont passé, ne serait-ce qu'un moment, sur le Parc de la Navale à l'occasion du pique-nique républicain organisé pour les droits et la citoyenneté par pas moins de vingt-huit associations ou syndicats.

Il m'a été demandé de prononcer un propos d'accueil de cette sympathique et forte manifestation, alternant propos de résistants d'hier et d'aujourd'hui, temps de parole en forme de témoignages et spectacles musicaux, et casse-croûte sur l'herbe. Je vous le livre (il reprend en partie l'article que j'ai posé sur ce blog il y a quelques jours) :

piquenique2

"Pour les Seynois qui sont ici, c’est un honneur que le collectif « Mai Citoyen » ait choisi notre ville pour ériger, à coté de ce pont levant, symbole des anciens chantiers navals et des souffrances et des luttes qui ont rythmé leur vie pendant un siècle et demi, un rendez-vous qui, m’a-t-on dit, veut devenir annuel pour, ensemble, résister.

"Je suis donc très heureux de vous y accueillir.

"J’étais le week-end dernier aux Glières. Permettez-moi de vous en dire quelques mots.

"Car on ne revient pas complètement indemne de ce rassemblement "Paroles de résistances" qui se tient chaque année sur ce plateau de montagne, en Haute-Savoie, là où cent vingt maquisards ont perdu la vie pour tenir tête au régime de Vichy et à l'occupant nazi. Ça a été une véritable "cure d'objectivation". Croyez-moi, un moment d’une telle force doit conduire un maire à ramener à leur juste place les petites difficultés et mesquineries de la gestion communale pour se centrer sur les vrais enjeux sociétaux.

"Dimanche dernier, donc, nous étions près de 5.000 à braver la neige pour écouter, d’une part, des résistants d'hier, de vieux messieurs beaux et droits qui nous ont invités à nous indigner des attaques que subissent ces politiques publiques qui ont été fondées sur les valeurs du Conseil National de la Résistance, et, d’autre part, des résistants d'aujourd'hui qui luttent pour défendre des droits du quotidien, ici et ailleurs : les droits de l'Homme, les droits sociaux, le droit au logement, le droit au repos dominical, le droit à la survie des paysans, la lutte contre la torture, etc.

"J'invite d’ailleurs chacun à le lire, ce programme du Conseil National de la Résistance, bellement appelé "Les Jours Heureux", et à méditer sur les régressions que les politiques françaises et européennes et le capitalisme mondial lui font subir. Oui, il n'est que temps de s'indigner. Et de résister.

"La veille, c'est sous la pluie que nous avons cheminé d'un chapiteau à l'autre, pour suivre des débats sur l'avenir de l'école, celui de la santé publique, celui des rapports sociaux et du droit du travail, ou sur les sales jeux auxquels jouent les banques.

"Et nous avons entendu "l'Appel de Thorens-Glières", lu par de jeunes résistants d'aujourd'hui et des personnalités résistantes, au premier rang desquelles Stéphane Hessel, combattant de la France Libre, déporté, et auteur de ce fameux "Indignez-vous !" vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ou Walter Bassan, lui aussi ancien résistant et déporté, qui, d'ailleurs, sera parmi nous aujourd’hui, ou Pierre Pranchère, figure haute en couleurs de la résistance communiste en Corrèze.

"Dois-je invoquer des raisons de résister aujourd’hui dans ce pays ?

"L’État, tandis qu’il soutient le système banquier, organise méthodiquement des coupes sombres dans les services publics.

"La méthode est simple : on diminue les moyens au prétexte d’économies immédiates, on laisse s’étioler des services qui finissent par souffrir de dysfonctionnements évidents. Je parle de l’offre éducative publique, je parle de la sécurité des citoyens, je parle du système de santé publique, je parle du soutien dû aux projets citoyens qui s’expriment dans les associations comme celles qui organisent cette journée… dois-je continuer ?...  Une fois que ces services ont un genou à terre, on les achève froidement d’un revers de caméra, laissant planer leur soi-disant incompétence pour immédiatement changer de sujet. Et, parallèlement, les mêmes services, privés et plus coûteux, pullulent, et ceux-là peuvent enfin être mis en lumière comme des dieux tombés du ciel au moment opportun.

"Mais toutes ces économies immédiates, tous ces indicateurs propagés instantanément à la face du monde, s’inscrivant dans l’ordre établi d’unités de mesures chiffrées rentrant dans des tableaux statistiques, ne pourront jamais remplacer le lien humain.

"Une ville comme La Seyne lutte, ce n’est qu’un des exemples, pour le maintien de sa maternité publique. Les syndicats et les habitants se mobilisent, par voies de pétition et de manifestations, en criant leur désarroi dans la rue et sur les réseaux sociaux… pour ne s’entendre dire qu’une chose : que la liquidation se fera. Et l’exécution est confiée à une « agence », sorte d’officine para-publique, consciemment structurée pour passer outre ce que les gens réclament. Mais de quel droit ? au nom de quoi ? dans quel but ?

"Certainement pas le bien-être de l’humanité ! Certainement pas pour améliorer la condition de vie ! Mais pour être bien noté par une autre agence internationale parallèle rangeant comme un trophée le pays sur un podium. Voilà instituées l’ignorance pour toute culture et l’ignorance pour toute forme d’écoute.

"Indignés, Stéphane Hessel nous a invités à l’être, et je le suis aussi, indigné contre cette marche du monde. Et je nous engage à le rester, à le manifester, à user de tous nos droits pour le dire. On ne doit plus souffrir pour cela, on ne doit plus s’immoler pour se faire entendre, on ne doit plus supprimer des vies pour faire des bénéfices. On ne veut plus tirer sur la corde.

"Ici, pour tenter de maintenir l’offre de services publics, seuls vrais garants de ces valeurs républicaines que sont l’égalité et la fraternité, qu'on appelle aujourd'hui la solidarité, j’ai dû moi-même aggraver la pression fiscale de mes administrés, favoriser le développement de la grande plaisance, ou encore voir dans la venue d’un casino de jeux une source nouvelle d’argent, et tenter de pallier ainsi les désengagements de l’Etat et des autres collectivités, elles aussi étranglées, tandis que, par ailleurs, s’allongent les listes d’attente pour se loger décemment, pour faire garder ses enfants, pour accéder à la culture, au sport et aux loisirs, et tandis que, par ailleurs encore, les réformes dévastatrices pleuvent au-dessus des voix qui s’élèvent, celles des élus, des citoyens, des syndicats, des partis politiques, des associations.

"Était-ce donc cela la responsabilité affichée par Sarkozy depuis les tables du Fouquet’s au soir de son avènement ? Élaborer des canaux de dérivation aux voies démocratiques laissant s’exercer la parole populaire comme un « vieux jeu » ? Faire passer le système démocratique français pour un archaïsme de plus ?

"Alors, je nous engage à ne pas croire à l’inéluctable, à nous persuader des possibles. Je nous engage, nous tous ici, organisateurs, citoyens, jeunes et moins jeunes, dans le mélange des générations, dans l’échange et le partage de valeurs républicaines qui fondent notre société, à suivre, vraiment, l’exemple des aînés qui ont perdu les leurs dans des combats que l’on ne doit pas rendre vains par notre inertie. À ne pas croire que la fatalité dirige le monde.

"Car le capitalisme carbure à ça, à l’idée que, fatalement, nous devons en passer par là, contrôlant les minorités pensantes et les expressions citoyennes, et cultivant enfin ce populisme qui nait quand l’éducation populaire s’effondre ou, pire, qu’on effondre volontairement.

"Alors, et, rassurez-vous, je laisserai tout de suite la parole et l’estrade à tous les intervenants prévus dans cette journée, résistons ! Résistons encore et toujours à ce qui pille le sens de nos actions, à ce qui dépossède le citoyen de son pouvoir d’agir et de vivre. Résistons comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations : « A ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection : Créer c'est résister. Résister c'est créer ». 

"Vous êtes donc les bienvenus, ici à La Seyne, cette année et chaque fois que vous le voudrez. Que cette journée soit un exemple et une réussite. Préparons de nouveaux Jours Heureux. On le peut. On le doit."


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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 05:58

plateauÉtonnant. Émouvant. Galvanisant.

On ne revient pas complètement indemne du rassemblement "Paroles de résistances" qui se tient chaque année depuis 2007 sur le Plateau des Glières, en Haute-Savoie, là où plusieurs centaines de maquisards ont perdu la vie pour tenir tête au régime de Vichy et à l'occupant nazi il y a sept décennies. C'est ce que nous nous disions, hier soir, de retour à La Seyne, ragaillardis après cette "cure d'objectivation" qui doit nous conduire à ramener à leur juste place les petites difficultés et mesquineries de la gestion communale pour nous centrer sur les vrais enjeux sociétaux auxquels nous devons nous attacher. Et c'est un peu ce que j'ai dit, sitôt rentré, à nos anciens et jeunes Seynois lors de l'inauguration des "Journées des Seniors".

foule.jpgNous avons donc été quelques 5.000 à braver la neige pour écouter, en alternance, des résistants d'hier, vieux messieurs beaux et droits qui nous ont invités à nous indigner des attaques que subissent les valeurs du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) qui avaient pourtant présidé à la conception de l'ensemble des politiques publiques depuis le lendemain de la guerre, et des résistants d'aujourd'hui qui luttent pour défendre des droits du quotidien, ici et ailleurs : droits de l'Homme, droits sociaux, droit au logement, droit au repos dominical, survie des paysans, lutte contre la torture, etc.

J'invite chacun à lire le programme du CNR, bellement appelé "Les Jours Heureux", et à méditer un peu sur les régressions que la politique de la droite française et du capitalisme mondial lui font subir. Oui, il n'est que temps de s'indigner. Et de résister !

mv_glieres.jpgLa veille, c'est sous la pluie que nous avons cheminé d'un chapiteau à l'autre, pour suivre des débats sur l'avenir de l'école, de la santé publique, des rapports sociaux et du droit du travail, ou sur le sale jeu que jouent les banques.

Et nous avons entendu "l'Appel de Thorens-Glières", lu par de jeunes résistants d'aujourd'hui et des personnalités résistantes, au premier rang desquelles Stéphane Hessel (auteur de "Indignez-vous !" vendu à plus de deux millions d'exemplaires...), Walter Bassan, ancien résistant et déporté qui, d'ailleurs, honorera de sa présence le pique-nique républicain de dimanche 22 mai à La Seyne, ou Pierre Pranchère, figure de la résistance communiste en Corrèze.

memorial.jpgJe vous livre ci-dessous cet Appel, et, d'ores et déjà, je formule l'ardent souhait que mon propre parti, le PS, et les autres partis de gauche, y répondent favorablement pour les élections présidentielle et législatives de 2012.

 Il nous reste à nous mobiliser nombreux pour dimanche prochain, le 22 mai, pour que le "pique-nique citoyen pour les droits et la démocratie" qui sera organisé sur le parc de la Navale à La Seyne soit, sûrement plus modestement bien sûr, une sorte de... "Plateau-des-Glières-sur-Mer".

 

L'Appel de Thorens-Glières (14 mai 2011)

hessel 4Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre lançaient un « Appel aux jeunes générations » dénonçant notamment « la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ». Cette tendance régressive s’accélère dramatiquement.

Nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent.

Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance, ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle.

Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter :

- des causes politiques des injustices sociales,

- des raisons des dérégulations internationales,

- des origines des déséquilibres écologiques croissants.

Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l’élaboration d’un Projet de Société du XXIe siècle en repartant du programme du CNR « Les jours heureux » adopté le 15 mars 1944.

Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.

Avec l’association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine « Liberté Egalité Fraternité ».

Premièrement, afin de garantir l’égalité :

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui, alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

- Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et

renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.

- Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d’ailleurs défini à l’article 2 de la constitution actuelle : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

- garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944. Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d'« Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.

Troisièmement, afin de garantir la fraternité :

- Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.

- Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.

- Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations.

Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection :

« Créer c'est résister. Résister c'est créer ». 
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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
12 mai 2011 4 12 /05 /mai /2011 04:44

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQ5ihQX-pz4pzEVqgsmy63c-hIlFN4RyaCqIDwpqlRStNl4gMUd3QIl y a deux jours, nous avons commémoré le 30ème anniversaire de la victoire de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1981.

Je n'ai jamais été très "mitterrandien", mais je veux rappeler quelques-unes de ses paroles, prononcées en 1994 : "Je crois pour demain comme hier à la victoire de la gauche, à condition qu'elle reste elle-même. Qu'elle n'oublie pas que sa famille, c'est toute la gauche. Hors du rassemblement des forces populaires, il n'y a pas de salut."

C'est ce que je me suis efforcé de réaliser et de concrétiser pour les élections municipales de 2008 à La Seyne, ce qui m'a conduit à animer aujourd'hui une majorité plurielle de six partis de gauche (Les Verts, MRC, PCF, POc, PRG, PS).

C'est aussi ce qui a permis à Michel Vauzelle d'être reconduit pour la troisième fois à la présidence de notre Région Provence Alpes Côte d'Azur, avec les mêmes partis que ceux qui sont associés à La Seyne, auxquels s'est ajouté le Parti de Gauche qui n'existait pas en mars 2008 et qu'anime mon camarade Jean-Luc Mélenchon que j'accueillerai avec plaisir le 25 mai dans notre commune, même si nos chemins se sont séparés lorsqu'il a créé son nouveau parti.

Et c'est pourquoi je me suis associé à "l'appel du 10 mai pour un accord de rassemblement de la gauche", lancé par une cinquantaine de personnalités de tous les horizons de la gauche que j'invite mes visiteurs qui pensent que la gauche gagne lorsqu'elle est unie autour d'un projet riche de ses diversités à lire et à signer avec moi EN CLIQUANT ICI ou SUR L'IMAGE ILLUSTRANT CET ARTICLE.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 04:44

resistances_la_seyne.jpgÇa aura lieu le dimanche 22 mai prochain, à La Seyne, sur le Parc de la Navale, de 10 heures à 18 heures, à l'initiative d'une trentaine d'associations et d'organisations diverses, avec l'appui logistique de la municipalité.

Je vous livre ce qu'expliquent les organisateurs : "Parce que nous sommes convaincus que rien ne peut justifier qu'un nombre croissant de nos concitoyens se trouvent placés en situation d'illégalité pour vivre, de travailler dur pour se retrouver menacés par la pauvreté, d'être en situation de risque dès qu'il s'agit de défendre ses droits, il est urgent de proposer un pacte pour les droits et la citoyenneté".

Il y aura des rencontres, des débats, des stands, dans une ambiance fraternelle, d'échange et de détente.

La date n'est pas tout à fait neutre. C'est pile une semaine après le désormais traditionnel rassemblement national des "Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui" qui se déroulera le week-end des 14 et 15 mai sur le Plateau des Glières, haut lieu de la résistance à l'occupant nazi, en Haute-Savoie, auquel je participerai avec un certain nombre d'amis, dont des collègues élus et camarades de ma section du PS. Rassemblement au cours duquel, en 2007 et 2009, Stéphane Hessel a prononcé un discours qui a conduit deux journalistes engagés à lui proposer d'en faire ce petit ouvrage qui a récemment connu un succès retentissant, "Indignez-vous !".

Ce dimanche 22 mai, soyons nombreux avec nos pique-niques. La Seyne, ce jour-là, doit pouvoir devenir pour quelques heures... "Les Glières-sur-Mer".

 

> CLIQUEZ ICI OU SUR L'IMAGE DE L'AFFICHE POUR L'AGRANDIR

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale
8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 17:17

http://www.armees.com/local/cache-vignettes/L320xH269/jpg_degaulle-9adfe.jpgNous avons commémoré ce dimanche matin le 66ème anniversaire de l'armistice de 1945. L'occasion pour moi de livrer quelques idées...

"1er septembre 1939 : l’Allemagne nazie déclenche par l’invasion de la Pologne l’une des guerres les plus meurtrières de l’histoire de l’Humanité.

"8 mai 1945 : la même Allemagne nazie capitule, sans condition.

"Entre les deux dates, presque six ans, et des nombres de l’horreur : 2.000 milliards de dollars de dégâts, 55 à 60 millions de morts, dont 21 millions de soviétiques, près de 18 millions de militaires des deux camps, près de 40 millions de civils, 6 millions de Juifs victimes de l’Holocauste, autrement appelé la Shoah, qui signifie « catastrophe » en hébreu, les deux tiers des Juifs d’Europe exterminés, dont 90% de ceux de 7 pays.

"Mais aussi des millions de soldats qui ont remporté les victoires décisives pour la Liberté, des centaines de milliers de résistants de tous les pays, y compris ceux des forces de l’Axe, au moins 22.000 « Justes parmi les Nations », ces non-Juifs qui ont risqué leur vie pour sauver un nombre incalculable de Juifs voués à ce génocide paroxysmique. Nous les honorerons d’ailleurs en juillet en inaugurant un mémorial sur le parc de la Navale.

"Les guerres, et celle-ci en particulier, font comprendre cette étrangeté de se sentir étranger dans son propre pays. Ce fut le cas de nombreux Français.

"Ainsi, faudrait-il des circonstances exceptionnelles pour remesurer, non pas ce qui nous différencie, mais ce qui nous porte, ce que nous avons en commun, malgré nos différences ? Le 24 avril, pour le souvenir de la libération des camps, je terminais mon propos par ces mots : « Et riches, et forts, et beaux de nos différences ».

"Faut-il fatalement une guerre pour se mettre sur le chemin d’une reconnaissance mutuelle, sur la voie de l’hospitalité dans une dimension morale et politique ?

"J’ai évidemment en tête ce qu’on a appelé récemment « le printemps arabe » et ses conséquences à nos frontières. La question est ouverte, elle est complexe.

"Ce que je souhaite exprimer, ici devant ce Monument, devant les drapeaux, devant notre population, devant la jeunesse des écoles, c’est que chacun, vous, moi, l’Autre, l’Étranger, nous n’existons que dans la pluralité des cultures, des langues, des religions… Et, en passant, je veux redire, et redire encore, que seule la Laïcité donne existence à cette vérité première.

"Nous voilà donc de nouveau confrontés à l’opposition sociologique entre communauté et société.

"La communauté est un « comme moi » … ou à l’inverse un... « comme eux ». Dans le premier cas, malgré les différences de classe, de courants philosophiques, politiques, religieux, étaient, par exemple, les combattants, les militaires ou ceux des armées de l’ombre, tous semblables dans leur lutte pour la liberté ; dans le deuxième cas, par exemple, les Juifs parce que... « comme les Juifs ».

"On voit que la communauté peut-être la meilleure ou la pire des choses. A petite échelle, elle est souvent fraternité. Plus grande, elle peut être exclusion.

"Tandis que, comparativement, la société est une organisation sociale qui dépasse la simple personne. On entre, avec elle, dans la notion des rapports contractuels, de l’échange et de la réciprocité, et de la responsabilité partagée.

"Vous devinez ou va ma préférence entre communauté et société...

"Le problème est que, aujourd’hui, ces notions sont dévoyées pour une justification d’exclusion. Certaines expressions publiques sur l’Étranger me glacent : celles sur les racines, le terroir, l’appartenance, la préférence nationale, qui sont exprimées – il ne faut pas manquer de souffle ! - au nom de la protection des personnes, du libre-choix et même de la laïcité.

"Montesquieu avait pourtant exprimé les limites : « Si je savais quelque chose qui me fût utile et qui fût préjudiciable à ma famille, je le rejetterais de mon esprit… si je savais quelque chose utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je le regarderais comme un crime ».

http://www.armees.com/IMG/jpg_mitterand-kohl.jpg"Aussi, ne nous enfermons pas dans la clôture du sentiment d’appartenance communautaire. Après le 8 mai 1945, il y eut heureusement le traité de Rome,  des hommes comme Charles De Gaulle et Konrad Adenauer, François Mitterrand et Helmut Kohl, immortalisés dans des symboliques fortes, une poignée de mains ou une posture fraternelle.

"Souvenons-nous, puisque tel est l’objet de notre rassemblement, que, au contraire de ces actes significatifs et positifs, l’idéologie sécuritaire n’est pas la sécurité : elle consiste à éliminer totalement l’Étranger du sentiment même d’appartenance à un ensemble ; un ensemble qui n’est pas un conglomérat de « moi », mais un « nous » intégratif. « L’entre soi » conduit irrémédiablement au « contre eux ».

"Je sais et je m’efforce de comprendre : beaucoup de nos concitoyens, souvent les plus modestes, se sentent menacés, dans leur vie quotidienne, dans leur logement, dans leur travail ou par l’absence de travail. Ils adhèrent aux idées d’exclusion, car eux-mêmes se sentent exclus. Exclus économiques, exclus de la discussion publique, exclus de la société de consommation.

"Il faut dire que l’on marche sur la tête. Vous avez comme moi constaté que la rémunération de tel grand patron est parfois 500 fois plus élevée que le salaire minimum. Comment un homme peut-il en valoir 500 ? Les responsabilités, certes ne sont pas les mêmes, mais valent-elles un tel écart ? Irrationnel !

"Et ce que nous devons combattre, c’est l’irrationalité. Celle de ces rémunérations insensées qui, de fait, pour exister, excluent le plus grand nombre, et celle de nos compatriotes qui se laissent séduire par des raisonnements xénophobes simplistes. Il faut leur faire comprendre que chasser l’Étranger ne fera pas disparaître le mal, puisque le mal est ailleurs, dans l’économie, dans l’organisation sociale, dans la répartition des richesses.

"La question n’est pas nouvelle. Dans les années soixante, Fernand Raynaud la mettait en scène : l’Étranger, accusé de manger le pain des Français, quitta de guerre lasse le village où il travaillait, lequel village se trouva sans pain, parce que l’étranger, c’était... le boulanger.

"La tentation « bouc-émissaire » de l’Étranger permet sans doute de récupérer à vil prix une identité collective. Les anciens de 39-45 savent ce qu’il en coûte. Pour la première fois dans une guerre, la ligne entre le bien et le mal n’est pas poreuse : le bien, les Alliés ; le mal, les puissances de l’Axe.

"Ils rappelleraient que, au contraire des Résistants, les collabos ont préféré perdre et avec leurs haines (celles des Juifs, des francs-maçons, des tziganes ou des homos) et avec leurs adversaires (les réfractaires, les gaullistes, les communistes) plutôt que gagner avec eux.

"S’il faut tirer une leçon, c’est que l’on ne gagne rien à diviser.

"Ce à quoi il faut réfléchir aujourd’hui, c’est à vivre ensemble, à l’échelle du quartier, du pays, de l’Europe, et demain de la planète.

"Ça semble être une utopie, quelque chose qui paraît lointain, il faudra du temps… C’est bien pourquoi il ne faut plus perdre une seconde !

"Les moments de commémoration tels que celui que nous vivons aujourd’hui constituent des jalons essentiels pour nous guider sur cette longue route.

"Alors, en route, pour que vive la France républicaine !

"Pour que vivent l’Europe et l’Euroméditerranée de l’amitié entre les peuples !

"Et pour que vive la Paix !"

 

 


 
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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale