22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 16:46

http://4.bp.blogspot.com/-TBj1WqIp9Vo/TdehfnKiAtI/AAAAAAAAHXc/MuxFtKVj2i0/s320/bande.jpgBelle journée que celle de ce dimanche où cinq à six cents personnes ont passé, ne serait-ce qu'un moment, sur le Parc de la Navale à l'occasion du pique-nique républicain organisé pour les droits et la citoyenneté par pas moins de vingt-huit associations ou syndicats.

Il m'a été demandé de prononcer un propos d'accueil de cette sympathique et forte manifestation, alternant propos de résistants d'hier et d'aujourd'hui, temps de parole en forme de témoignages et spectacles musicaux, et casse-croûte sur l'herbe. Je vous le livre (il reprend en partie l'article que j'ai posé sur ce blog il y a quelques jours) :

piquenique2

"Pour les Seynois qui sont ici, c’est un honneur que le collectif « Mai Citoyen » ait choisi notre ville pour ériger, à coté de ce pont levant, symbole des anciens chantiers navals et des souffrances et des luttes qui ont rythmé leur vie pendant un siècle et demi, un rendez-vous qui, m’a-t-on dit, veut devenir annuel pour, ensemble, résister.

"Je suis donc très heureux de vous y accueillir.

"J’étais le week-end dernier aux Glières. Permettez-moi de vous en dire quelques mots.

"Car on ne revient pas complètement indemne de ce rassemblement "Paroles de résistances" qui se tient chaque année sur ce plateau de montagne, en Haute-Savoie, là où cent vingt maquisards ont perdu la vie pour tenir tête au régime de Vichy et à l'occupant nazi. Ça a été une véritable "cure d'objectivation". Croyez-moi, un moment d’une telle force doit conduire un maire à ramener à leur juste place les petites difficultés et mesquineries de la gestion communale pour se centrer sur les vrais enjeux sociétaux.

"Dimanche dernier, donc, nous étions près de 5.000 à braver la neige pour écouter, d’une part, des résistants d'hier, de vieux messieurs beaux et droits qui nous ont invités à nous indigner des attaques que subissent ces politiques publiques qui ont été fondées sur les valeurs du Conseil National de la Résistance, et, d’autre part, des résistants d'aujourd'hui qui luttent pour défendre des droits du quotidien, ici et ailleurs : les droits de l'Homme, les droits sociaux, le droit au logement, le droit au repos dominical, le droit à la survie des paysans, la lutte contre la torture, etc.

"J'invite d’ailleurs chacun à le lire, ce programme du Conseil National de la Résistance, bellement appelé "Les Jours Heureux", et à méditer sur les régressions que les politiques françaises et européennes et le capitalisme mondial lui font subir. Oui, il n'est que temps de s'indigner. Et de résister.

"La veille, c'est sous la pluie que nous avons cheminé d'un chapiteau à l'autre, pour suivre des débats sur l'avenir de l'école, celui de la santé publique, celui des rapports sociaux et du droit du travail, ou sur les sales jeux auxquels jouent les banques.

"Et nous avons entendu "l'Appel de Thorens-Glières", lu par de jeunes résistants d'aujourd'hui et des personnalités résistantes, au premier rang desquelles Stéphane Hessel, combattant de la France Libre, déporté, et auteur de ce fameux "Indignez-vous !" vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ou Walter Bassan, lui aussi ancien résistant et déporté, qui, d'ailleurs, sera parmi nous aujourd’hui, ou Pierre Pranchère, figure haute en couleurs de la résistance communiste en Corrèze.

"Dois-je invoquer des raisons de résister aujourd’hui dans ce pays ?

"L’État, tandis qu’il soutient le système banquier, organise méthodiquement des coupes sombres dans les services publics.

"La méthode est simple : on diminue les moyens au prétexte d’économies immédiates, on laisse s’étioler des services qui finissent par souffrir de dysfonctionnements évidents. Je parle de l’offre éducative publique, je parle de la sécurité des citoyens, je parle du système de santé publique, je parle du soutien dû aux projets citoyens qui s’expriment dans les associations comme celles qui organisent cette journée… dois-je continuer ?...  Une fois que ces services ont un genou à terre, on les achève froidement d’un revers de caméra, laissant planer leur soi-disant incompétence pour immédiatement changer de sujet. Et, parallèlement, les mêmes services, privés et plus coûteux, pullulent, et ceux-là peuvent enfin être mis en lumière comme des dieux tombés du ciel au moment opportun.

"Mais toutes ces économies immédiates, tous ces indicateurs propagés instantanément à la face du monde, s’inscrivant dans l’ordre établi d’unités de mesures chiffrées rentrant dans des tableaux statistiques, ne pourront jamais remplacer le lien humain.

"Une ville comme La Seyne lutte, ce n’est qu’un des exemples, pour le maintien de sa maternité publique. Les syndicats et les habitants se mobilisent, par voies de pétition et de manifestations, en criant leur désarroi dans la rue et sur les réseaux sociaux… pour ne s’entendre dire qu’une chose : que la liquidation se fera. Et l’exécution est confiée à une « agence », sorte d’officine para-publique, consciemment structurée pour passer outre ce que les gens réclament. Mais de quel droit ? au nom de quoi ? dans quel but ?

"Certainement pas le bien-être de l’humanité ! Certainement pas pour améliorer la condition de vie ! Mais pour être bien noté par une autre agence internationale parallèle rangeant comme un trophée le pays sur un podium. Voilà instituées l’ignorance pour toute culture et l’ignorance pour toute forme d’écoute.

"Indignés, Stéphane Hessel nous a invités à l’être, et je le suis aussi, indigné contre cette marche du monde. Et je nous engage à le rester, à le manifester, à user de tous nos droits pour le dire. On ne doit plus souffrir pour cela, on ne doit plus s’immoler pour se faire entendre, on ne doit plus supprimer des vies pour faire des bénéfices. On ne veut plus tirer sur la corde.

"Ici, pour tenter de maintenir l’offre de services publics, seuls vrais garants de ces valeurs républicaines que sont l’égalité et la fraternité, qu'on appelle aujourd'hui la solidarité, j’ai dû moi-même aggraver la pression fiscale de mes administrés, favoriser le développement de la grande plaisance, ou encore voir dans la venue d’un casino de jeux une source nouvelle d’argent, et tenter de pallier ainsi les désengagements de l’Etat et des autres collectivités, elles aussi étranglées, tandis que, par ailleurs, s’allongent les listes d’attente pour se loger décemment, pour faire garder ses enfants, pour accéder à la culture, au sport et aux loisirs, et tandis que, par ailleurs encore, les réformes dévastatrices pleuvent au-dessus des voix qui s’élèvent, celles des élus, des citoyens, des syndicats, des partis politiques, des associations.

"Était-ce donc cela la responsabilité affichée par Sarkozy depuis les tables du Fouquet’s au soir de son avènement ? Élaborer des canaux de dérivation aux voies démocratiques laissant s’exercer la parole populaire comme un « vieux jeu » ? Faire passer le système démocratique français pour un archaïsme de plus ?

"Alors, je nous engage à ne pas croire à l’inéluctable, à nous persuader des possibles. Je nous engage, nous tous ici, organisateurs, citoyens, jeunes et moins jeunes, dans le mélange des générations, dans l’échange et le partage de valeurs républicaines qui fondent notre société, à suivre, vraiment, l’exemple des aînés qui ont perdu les leurs dans des combats que l’on ne doit pas rendre vains par notre inertie. À ne pas croire que la fatalité dirige le monde.

"Car le capitalisme carbure à ça, à l’idée que, fatalement, nous devons en passer par là, contrôlant les minorités pensantes et les expressions citoyennes, et cultivant enfin ce populisme qui nait quand l’éducation populaire s’effondre ou, pire, qu’on effondre volontairement.

"Alors, et, rassurez-vous, je laisserai tout de suite la parole et l’estrade à tous les intervenants prévus dans cette journée, résistons ! Résistons encore et toujours à ce qui pille le sens de nos actions, à ce qui dépossède le citoyen de son pouvoir d’agir et de vivre. Résistons comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations : « A ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection : Créer c'est résister. Résister c'est créer ». 

"Vous êtes donc les bienvenus, ici à La Seyne, cette année et chaque fois que vous le voudrez. Que cette journée soit un exemple et une réussite. Préparons de nouveaux Jours Heureux. On le peut. On le doit."


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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale

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