9 août 2018 4 09 /08 /août /2018 09:10

« Τὰ Καίσαρος ἀπόδοτε Καίσαρι καὶ τὰ τοῦ θεοῦ τῷ θεῷ ». Oui, il faut rendre à César ce qui lui appartient. Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, qui ne compte habituellement pas au nombre de mes amis les plus chers, a été prompt à répondre à la dernière lettre que j'ai adressée au Premier Ministre à la suite du nouvel événement dramatique qui a récemment entraîné la mort d'un jeune homme. Je l'en ai remercié dans un courrier et fait j'ai part de ma satisfaction au chef du gouvernement dans un autre (ci-dessous au bas de cet article).

La prudence demeure toutefois de mise et il faut espérer que les choses se concrétisent, notamment en terme de moyens humains et logistiques, mais il est désormais acquis que nos alertes sur la situation exceptionnellement grave que nous connaissons depuis plusieurs mois ont enfin été entendues.

Il reste, comme je l'indique à Édouard Philippe, à obtenir que soit abordée la question de cette délinquance, désormais criminelle, dans toutes ses dimensions, depuis la prévention par l'éducation dès le plus jeune âge, par l'école, le sport, la culture, le travail social de rue, l'insertion vers l'emploi, jusqu'à l'accompagnement des victimes et leurs proches et la réinsertion des personnes placées sous main de justice.

Merci, néanmoins, au préfet du Var et ses services, dont la police, qui ont rapidement apporté tous éléments attendus par le ministre de l'Intérieur, aux députées Guérel, Lévy et Muschotti qui ont relayé nos attentes, aux syndicats de policiers qui ont confirmé notre triste diagnostic, et aux mouvements politiques qui, à l'instar du PCF et du PS, ont soutenu notre démarche.

Nous demeurons vigilants et, avec les élus, l'ensemble des personnels territoriaux et les acteurs économiques et associatifs, déterminés à accompagner, dans le cadre des compétences communales et métropolitaines, les efforts que l'État va devoir déployer pour qu'on en finisse avec ces drames qui, au-delà de ceux qui les subissent, plongent toute notre population dans l'inquiétude et le doute quant à l'attention que la nation républicaine leur prête.

Pour que tout un chacun soit au fait de l'évolution des choses, je publie ci-dessous les derniers échanges de courriers faisant suite à mes lettres du 29 juin et du 4 août.

 

LA LETTRE DU MINISTRE DE L'INTÉRIEUR (7 AOÛT 2018)

 

MA LETTRE AU PREMIER MINISTRE (9 AOÛT 2018)

 

MA LETTRE AU MINISTRE DE L'INTÉRIEUR (9 AOÛT 2018)

 

4 août 2018 6 04 /08 /août /2018 09:19

« Le temps qu'il fait le trois, il le fera le mois ». Si l'on en croit ce dicton de nos campagnes, rapporté par Anne-Christine Beauviala dans son ouvrage « Météo et dictons régionaux », les temps à venir risquent d'être chauds, et pas seulement d'un point de vue caniculaire.

On me pardonnera d'essayer de détendre un peu l'atmosphère avec cette maxime paysanne, mais croyez que je souris jaune dans le contexte abominable de criminalité que les importantes communes de la métropole du « Grand Toulon », dont La Seyne, connaissent depuis de trop nombreux mois. Comme tous les Seynois, et pas seulement ceux qui vivent au quotidien dans la terreur aux abords des endroits où s'ancrent durablement les trafics qui semblent être la cause de ces trop fréquentes fusillades, mon inquiétude se mue semaine après semaine en un peu plus de colère.

 

NOUVEL APPEL URGENT AU PREMIER MINISTRE

Après une nouvelle funeste et mortelle nuit de ce 3 août, mon aigreur va bien sûr à l'endroit des initiateurs des trafics et des auteurs des coups de feu d'avertissements, de représailles ou de règlements de comptes. Mais mon exaspération vise aussi la puissance publique de l'État que j'alerte en vain depuis des mois. Que les choses soient claires : ce n'est ni envers le préfet du Var, le directeur départemental de la sécurité publique, ou les fonctionnaires des divers services de police et de justice, tous dévoués et efficaces mais usés par le manque de moyens, que s'accroît mon mécontentement irrité ; c'est vis-à-vis de l'échelon gouvernemental qui s'obstine à faire la sourde oreille aux alertes que je lui adresse.

J'ai cette nuit rédigé une nouvelle missive au Premier Ministre (ci-dessous), la dernière, en date du 29 juin, n'ayant même pas fait l'objet d'un accusé de réception. Combien faudra-t-il de victimes pour qu'on daigne se pencher sur cette situation gravissime ?

Sans réponse appropriée dans les meilleurs délais, j'inviterai notre population, chaque jour un peu plus en souffrance et dans l'angoisse, à manifester avec moi son désarroi et son sentiment d'abandon par la Nation dont l'esprit républicain se délite gravement. Ça ne peut ni ne doit plus durer.

Les fusillades homicides, ça suffit !
25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 09:32

Ils n'ont plus que quelques mois pour effectuer les travaux nécessaires à ce que les logements qu'ils mettent à la location ne soient plus ni insalubres, ni « non décents », ni indignes. Les propriétaires privés seynois seront astreints, dès le 1er février 2019, à déclarer leur intention de louer leurs logements.

Les bailleurs indélicats, qu'on qualifie de « marchands de sommeil », pas si rares que ça à La Seyne, en particulier dans notre centre ancien, qui osent proposer à bail à des personnes précaires de véritables taudis, ont du souci à se faire.

 

L'INSTAURATION D'UN « PERMIS DE LOUER »

La Seyne est en effet la première des douze communes de la métropole à solliciter Toulon Provence Méditerranée (TPM), désormais compétente en la matière, pour que soit mis en œuvre le dispositif du « permis de louer », instauré par la loi ALUR de 2014. Et le conseil métropolitain s'y est déclaré favorable, approuvant unanimement le 19 juillet la demande seynoise, avant que notre conseil municipal ne délibère à son tour, ce mardi, recueillant l'assentiment des élus de toutes sensibilités politiques.

Sauf à risquer des poursuites judiciaires de la part du préfet, ainsi qu'une amende de 5.000 euros, les propriétaires ou gestionnaires devront déclarer leur intention de louer et attester du bon état et de la décence de leur bien. L'objectif est bien d'inciter les propriétaires à rénover leurs logements mis à la location, d'autant que la commune et la métropole apportent des aides pour cela, de consigner les allocations logement au détriment de ceux d'entre eux qui seraient peu regardants, et d'interdire à ceux qui ont déjà été condamnés pour hébergement non décent ou insalubre d'acquérir un nouveau bien à destination locative.

 

UNE DÉMARCHE DÉCLARATIVE AVANT DE MANIER LE BÂTON...

Parce que notre équipe municipale veut croire à la responsabilité de chacun, elle s'en tiendra pour l'instant à imposer une démarche déclarative. Mais, qu'on se le dise, si la simple pédagogie ne permet pas d'obtenir l'effet escompté de lutte contre l'habitat dégradé, on passera à la vitesse supérieure, permise par la loi : la déclaration volontaire sera complétée d'un contrôle pouvant contraindre à effectuer les travaux préalablement à la délivrance d'une autorisation de mettre à bail.

Nul doute que les associations qui se battent à juste raison pour le droit au logement, la défense des locataires et des consommateurs, apprécieront à sa juste valeur cette initiative originale dans le Grand Toulon et manifesteront leur satisfaction, tout en s'efforçant, si l'expérience est concluante, de sensibiliser d'autres communes à suivre la voie ouverte par La Seyne...

25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 04:58

Le dispositif s'appelle AD'AP. Comprenez « Agenda D'Accessibilité Programmée ». C'est le processus qui, en trois périodes de trois ans, chacune ponctuée par une évaluation, va permettre de rendre accessibles aux personnes handicapées les 123 bâtiments et sites municipaux seynois recevant du public.

Des écoles et restaurants scolaires aux centres culturels et sportifs, en passant par les bâtiments administratifs, les cimetières, les crèches, les parcs urbains, et jusqu'à l'observatoire d'astronomie Antarès, le chantier s'ouvrira dès sa validation par les services de l'État. Plus de six millions d'euros seront consacrés à permettre aux gens porteurs de handicaps, quelle qu'en soit la nature, de gagner en égalité d'accès aux services publics.

 

BÂTIMENTS ET ESPACES PUBLICS, TRANSPORTS EN COMMUN, COMMERCES, TOUT DOIT S'ADAPTER

Cette démarche complète celle, patiemment engagée depuis une dizaine d'années, d'adaptation progressive des sites urbains extérieurs pour permettre aux handicapés moteurs, visuels, auditifs, d'être moins exclus de l'espace public et de disposer de plus de possibilités de mobilité. De son côté, notre métropole, n'acquérant désormais que des bus urbains accessibles aux personnes à mobilité réduite, poursuit son programme de création, transformation et rénovation des arrêts de bus.

L'exercice est difficile et d'autant plus lent que les aides financières d'État sont rares. Si tous les nouveaux lieux publics et toutes les rénovations intègrent cette dimension inclusive, dans nombre d'endroits publics anciens, l'adaptation nécessaire relève techniquement de la prouesse. C'est aussi le cas d'établissements privés recevant du public, en particulier de nombreux commerces dans notre centre-ville, pour les travaux d'accessibilité desquels la commune alloue depuis 2016 des aides financières. Mais, si La Seyne peut déjà s'enorgueillir de disposer, au cœur du Parc de la Navale, de la toute première aire de jeux de la Région Provence Alpes Côte d'Azur utilisable par des enfants porteurs de handicaps, quels qu'ils soient, d'un accueil et d'un accès spécifique à la mer sur deux de nos plages, ou d'un mur d'escalade indoor spécifiquement conçu, il reste beaucoup à faire.

 

LES HANDICAPÉS ET LEURS ASSOCIATIONS AU POSTE DE PILOTAGE

C'est ce à quoi s'emploient, à l'initiative d'Any Baudin, notre conseillère municipale déléguée aux questions de handicap, avec Claude Astore, notre maire-adjoint chargé des infrastructures, les cadres et agents municipaux spécialement dédiés à cette mission, et l'ensemble des bénévoles, responsables d'associations spécifiques et personnes elles-mêmes handicapées, qui s'investissent avec un beau volontarisme dans le cadre de la commission communale d'accessibilité que nous avons créée il y a quelques années. Ce sont eux qui piloteront la mise en œuvre de la démarche AD'AP.

Inutile d'indiquer que ce processus, présenté par Any Baudin ce mardi au conseil municipal, a recueilli l'assentiment unanime de la majorité et des minorités. Il est d'ailleurs étrange que la presse locale ne l'ait pas relevé ce mercredi, préférant ne relater, sous le titre affolant « La majorité étale ses divisions », que la seule des vingt délibérations qui a été prétexte à un échange de vues divergentes sur la question des expulsions locatives que j'ai récemment abordée sur ce blog, et qui a amené... trois des trente-cinq membres de notre équipe à, non pas voter contre, mais s'abstenir...

 

ET POUR LE LOGEMENT, ON FAIT MACHINE ARRIÈRE ?...

La Seyne, comme toutes les communes, s'efforce donc de créer les conditions d'une ville pour tous.

Ce n'est bizarrement pas le cas du Gouvernement qui, dans son projet de loi ELAN, fait machine arrière pour le logement accessible à toutes les personnes handicapées. L'État veut en effet ramener à 10% le pourcentage de logements neufs adaptés, ce qui constituerait un énorme recul par rapport la loi en vigueur imposant que 100% des logements le soient.

Tandis que, partout en France, on s'active pour aménager l'espace public pour qu'il soit le plus possible accessible à tous, les députés de la majorité assumeront-ils d'accroître, au travers du logement, la ségrégation sociale et spatiale ?...

Publié par Marc Vuillemot - dans Vie sociale et ville pour tous
18 juillet 2018 3 18 /07 /juillet /2018 05:47

Invité ce mercredi du journal du 6-9 sur France Info (à écouter ICI), suite à la rencontre du Président de la République avec les patrons des cent plus grandes entreprises de France, j'ai pu rappeler l'urgence d'une réelle ambition et de véritables moyens à engager pour la revitalisation de nos centres anciens dégradés et nos ensembles d'habitat social fragilisés, à la fois en matière de rénovation de l'habitat et des espaces publics et en matière de lutte pour l'accès à l'emploi des personnes qui en sont les plus éloignées.

 

QUATRE ANS QU'ON S'IMPATIENTE POUR LE CENTRE ANCIEN SEYNOIS...

Quatre années se sont écoulées depuis l'annonce du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU), sur lequel nous comptons, puisque nous y sommes éligibles, pour la rénovation et redynamisation du centre historique de La Seyne, et les moyens ne sont toujours pas au rendez-vous. Sur deux cents quartiers retenus, dont le nôtre, seuls cinq ont pour l'instant, au début de 2018, obtenu le feu vert de l'État pour engager leur réhabilitation. Pendant cette insupportable attente, la situation continue à se dégrader...

Dans le même temps, des dispositifs concourant à l'insertion des personnes sans emploi qui ont porté leurs fruits, notamment les « emplois aidés », ont été supprimés. Je ne crois pas que ce soient les stages d'une semaine en entreprise qu'effectuent les élèves de 3ème, présentés comme la panacée de l'insertion professionnelle par le Chef de l'État, qui constitueront une solution sérieuse, ni que, sans contrainte ou incitation, en ne comptant que sur sa bonne volonté, le monde de l'entreprise, en eût-il l'envie et les moyens – et si, à La Seyne, c'est très généralement le cas, c'est loin de l'être partout –, puisse résoudre à lui seul le problème du chômage massif dont souffrent beaucoup de nos habitants.

Relégation urbaine et exclusion professionnelle et sociale sont les deux pires maux dont nous souffrons.

 

COMME POUR LE QUARTIER BERTHE, MAIS DES ENJEUX IMPORTANTS POUR TOUTE LA VILLE

Nous avons pu agir sur le quartier Berthe qui a totalement changé de visage et où, fait rare en France, les efforts conjugués de Pôle Emploi, des associations de proximité, de formation et d'insertion, des entreprises locales, des pouvoirs publics communaux et nationaux, ont permis de réduire fortement le chômage. Tout cela pour un coût limité à 12 à 15% à la charge de la commune.

Mais la requalification urbaine, économique et sociale de notre centre ancien est au point mort. Et c'est d'autant plus affligeant que ce ne sont pas seulement les habitants et acteurs de ce quartier qui en souffrent. Le cœur de ville doit pouvoir jouer tout son rôle de centralité fédératrice, pour les habitants de toute la commune, pour ses commerces et services, pour les entreprises du technopôle de la mer, pour celles du site des anciens chantiers navals, et pour la dynamique touristique, portuaire, balnéaire, patrimoniale et culturelle de tout notre littoral. La métropole, puisque c'est désormais elle qui, en lieu et place de la commune, a compétence pour entreprendre ce nécessaire chantier, doit se voir attribuer les moyens de l'engager.

 

UN PROGRAMME PLURIANNUEL PRÊT À DÉMARRER DÈS QUE LES MOYENS SERONT ALLOUÉS

Notre plan d'intervention qui, comme pour Berthe, s'étalera sur plusieurs années, touchera à la fois à la rénovation de l'habitat insalubre et indigne, dans la droite ligne des opérations que La Seyne conduit en aidant les particuliers habitants et bailleurs depuis vingt ans, la diversification du logement pour plus de mixité sociale, la poursuite des aménagements des espaces publics, à l'image de ce que la ville a déjà fait pour les places des Seynois de la Mission de France, Bourradet, Martel-Esprit et Perrin, des rénovations ou créations d'équipements publics, à l'instar de la Maison de l'Habitat, celle du Patrimoine ou celle de la Jeunesse.

Mais le plus gros chantier sera la transformation des quais du port, de telle sorte que la circulation automobile soit repoussée loin des terrasses de café, avec report d'un certain nombre d'anneaux d'amarrage des bateaux après la passe du Pont Levant, et création d'une « place urbaine » sur les emprises actuelles des terrasses et des voies de circulation, dédiée aux piétons, au transport en commun en site propre (bus ou trolleybus à haut niveau de service) et aux modes doux de déplacements, à l'image de ce qu'était le port d'antan.

L'objectif est une réactivation de l'activité économique des commerces, en agissant sur la zone de « l'hyper-hypercentre », limitée entre le port et le marché du cours Louis Blanc, via la rue piétonne Cyrus-Hugues et les voies transversales reliant les places publiques réhabilitées. Ce sera un travail de longue haleine, qui prendra des années, mais le pari est fait que la transformation du port en véritable « façade » d'entrée de cœur de ville provoquera une dynamique. Pour peu que des commerçants volontaires s'emparent avec volontarisme de l'opportunité que la puissance publique s'efforcera de leur offrir...

Tout ce projet sur les infrastructures devra être, comme c'est le cas à Berthe depuis longtemps, et déjà depuis 2015 au centre-ville, assorti de mesures d'accompagnement social, de formation et d'insertion, de culture, de solidarité, portées les associations accompagnées par la Ville.

 

LA BALLE EST DANS LE CAMP DE L'ÉTAT

Dans quelques heures, au Conseil des Ministres, seront présentées les orientations que l'État entend assigner à sa politique en faveur des quartiers. Son Chef aura eu le temps de les mûrir depuis le moment, en novembre dernier, où il a demandé aux acteurs de la « politique de la ville », de co-construire avec lui, en formulant des propositions, la nouvelle saison du retour de la République dans des quartiers qui se sentent de plus en plus abandonnés.

Un signal assorti de moyens à la hauteur des enjeux est attendu avec impatience. Non seulement par les gens qui vivent notre centre historique, mais aussi par tous les Seynois, et au-delà.

17 juillet 2018 2 17 /07 /juillet /2018 05:58

Ce qui devrait arriver arrivera. Passée la liesse populaire, il va falloir assurer. Ils vont être des milliers en France à vouloir s'inscrire dans les clubs de foot, nos petits, nos ados et nos jeunes, garçons et filles. Et c'est drôlement bien.

Dans une ville comme La Seyne, fût-elle plutôt, comme on le lit en grosses lettres en entrée nord-ouest de ville, le long du stade Léry, « terre de rugby », avec ses 600 jeunes initiés au ballon ovale, on ne va pas se plaindre de voir des dizaines d'autres frapper aux portes de l'école municipale de foot/rugby ou celle de foot en salle, du Football Club Seynois, de l'Avenir Sportif de Mar Vivo, ou de l'un ou l'autre des six clubs de foot-loisirs.

Chacun sait combien le sport d'équipe est facteur de dépassement de soi, de construction de projet partagé, de socialisation, d'apprentissage du respect des règles, du fair-play, des entraineurs, des arbitres, des adversaires, des coéquipiers, et de soi-même. Chacun sait que, sur la pelouse, que l'on soit du nord ou du sud de la commune, issu d'une famille vivant telle ou telle réalité économique, sociale, culturelle, on cultive le « jouer ensemble », donc le « vivre ensemble », donc la citoyenneté enrichie de la diversité, et le sentiment d'appartenance à une communauté de territoire. Et chacun sait combien, pour tous, la pratique ludique physique est facteur de développement harmonieux et de prévention sanitaire.

Il va donc falloir répondre à la demande.

Des chiffres de la Coupe du Monde me donnent le tournis. On parle de plus de 32 millions d'euros alloués par la fédération internationale du football amateur (FIFA) à la fédération française de football (FFF), de 400.000 euros ajoutés en prime à chacun des « Bleus » qui ne vont peut-être pas tous décider, comme Mbappé, de les offrir à une association, de 70 millions d'euros dépensés par TF1 pour les droits de retransmission, de 400 millions d'euros récoltés en France par le secteur du pari sportif...

Et, en parallèle, le Football Club Seynois, il y a quelques mois, tirait la sonnette d'alarme. Perdant 45.000 euros de la subvention que lui allouait le Conseil régional de Provence Alpes Côte d'Azur, avec une ville et une métropole dans l'impossibilité budgétaire de compenser, fût-ce en partie, ce désengagement, il est à deux doigts de fermer boutique...

Les autres clubs ne sont pas mieux lotis. Les dizaines de bénévoles qui les portent à bout de bras sont éreintés, découragés, tout près de rendre leur tablier. La disparition scandaleusement décidée par l'État des « emplois aidés » fragilise les associations en leur faisant perdre les seules ressources humaines assurant la fonction d'épine dorsale ou de clef de voûte du club, soutenant l'investissement volontaire désintéressé des dirigeants, entraineurs et animateurs. Le funeste « pacte de confiance » imposé par l'État aux collectivités leur interdit, même si elles en ont les moyens, d'accroître leurs dépenses, donc d'apporter plus de soutien aux associations. Les innombrables initiatives pour le sport vecteur de cohésion, telles que celles recensées lors de l'étape de Sevran du « Tour de France des Solutions » pour relancer l'accompagnement des habitants des quartiers populaires, sont sur la corde raide...

Alors, pour l'engouement prévisible de nos minots rouges et bleus pour le foot, on fait comment ?...

16 juillet 2018 1 16 /07 /juillet /2018 05:54

Avant qu'on ne l'apprenne par la bande, par souci de clarté afin d'éviter les interprétations, fausses informations, rumeurs et autres exagérations, je dois informer mes concitoyens que je viens d'être averti par l'association ADAPEI Var-Méditerranée que le Conseil départemental du Var lui a demandé d'accueillir une quarantaine de mineurs isolés dans son établissement de La Seyne, au quartier de La Petite Garenne.

Par mineurs isolés, il faut être clair, entendons des adolescents de moins de 18 ans, arrivés en France parmi les vagues de migrants, et qui sont aujourd'hui hébergés ça et là, notamment dans des hôtels, plus ou moins en autonomie, quoique suivis par des personnels du travail social. Ce sont des garçons ayant pour la plupart émigré d'Afrique Noire.

 

UN ÉTRANGE SILENCE DÉPARTEMENTAL...

J'aurais déjà, il y a deux mois, apprécié que ce soient nos amis Nathalie Bicais ou Joseph Mulé, élus départementaux (LR) du canton La Seyne-2 (sud), qui informent notre population de l'accueil, prévu vers la fin 2018, d'une trentaine de mineurs isolés au Fort Saint-Elme.

De même, si je peux supposer que, pour les jeunes qui arriveront à La Petite Garenne, nos collègues conseillers départementaux (ex-FN) du canton La Seyne-1 (nord), Virginie Sanchez et Damien Guttierez, ne faisant pas partie de la majorité du Conseil départemental, n'ont pas forcément été mis au courant de ce projet d'hébergement d'enfants en danger, il aurait été normal que ce soit le président (LR) Marc Giraud ou la vice-présidente (LR) chargée des solidarités, Caroline Depallens, qui portent ce projet à la connaissance de nos habitants.

Y aurait-il quelque gêne qui justifierait tant de discrétion ?...

 

L'UNION SOLIDAIRE ET LA FRATERNITÉ SEULEMENT POUR LE 14 JUILLET ET LA VICTOIRE DES "BLEUS" ?...

Pourtant, je rappelle aux Seynois que le Département du Var applique la loi qui lui confie la responsabilité de ces enfants au titre de sa compétence mineurs en danger et en délègue la mise en œuvre à des institutions professionnelles et expérimentées.

C'est une belle mission de solidarité humaine que les territoires accomplissent pour le compte de l'État et dont notre majorité départementale aurait tout lieu de s'enorgueillir, surtout en cette période de fraternité et d'union nationale exprimées – et même fort gaiement exacerbées – tout à la fois par les cérémonies du 14 juillet et la Coupe du Monde de football.

Eh bien non, pour Saint-Elme comme pour La Petite Garenne, ce sont les gestionnaires des sites (la Marine Nationale et l'ADAPEI) et les structures spécialisées chargées de la prise en charge de ces malheureux gamins (la fondation catholique des Apprentis d'Auteuil et l'ADAPEI elle-même) qui, bien qu'ils n'aient pas l'obligation légale de le faire, ont eu la courtoisie de venir m'expliquer ce qu'il allait en être.

Et j'ai naturellement obtenu d'elles, sans avoir à insister, qu'elles tiennent au courant, expliquent et rassurent les riverains des deux sites sur les dispositifs et l'encadrement, dès lors que leurs projets seront formalisés. Les services communaux sont à leur disposition pour les aider à l'organisation de ces rencontres.

Ainsi, La Seyne saura continuer à être ce qu'elle a toujours été. Une terre fraternelle.

Publié par Marc Vuillemot - dans Vie sociale et ville pour tous
12 juillet 2018 4 12 /07 /juillet /2018 05:03

Ce serait mentir d'indiquer que ça n'a pas été un dilemme. Mais un très bref dilemme, aussitôt posé, aussitôt effacé. Bien sûr, même le plus modeste doit toujours ressentir quelque fierté à recevoir une invitation du Président de la République, en l'occurrence à assister à la cérémonie du 14 juillet sur les Champs-Élysées. Et puis le spectacle en vaut sûrement la peine.

Mais je n'ai pas hésité une seconde. C'est avec les miens, notre fougueuse et attachante population seynoise, qu'est ma place, indiscutablement.

 

NULLE IRRÉVÉRENCE : MA PLACE EST JUSTE AVEC LES MIENS

Le Président de la République – du moins son cabinet – le comprendra : mon choix n'est en rien une manifestation de dénigrement ni d'irrespect – je mesure au contraire à sa juste valeur l'honneur fait aux communes abritant des quartiers populaires fragilisés en conviant à la Fête Nationale le président de « Ville & Banlieue », leur association nationale, que je suis –, mais c'est au cœur du défilé et devant le monument aux morts de La Seyne que je me dois d'être ce samedi.

Ce sera comme chaque année un moment solennel de rassemblement populaire autour des valeurs de notre belle République, traduisant localement notre volonté durable et partagée d'unité nationale. Ce sera également, comme d'habitude, avec la présence d'un détachement des forces de la défense, le rappel du lien indéfectible qui unit nos armées et notre peuple.

 

JE COMPTE SUR NOTRE POPULATION

C'est pourquoi, au-delà des élus, des représentants des associations patriotiques, d'anciens combattants, de résistants, de déportés, de victimes des guerres, de leurs porte-drapeaux, des marins, des soldats, des forces de sécurité et de sûreté, des corps constitués seynois et associations locales, je formule le souhait que notre population, et notamment sa jeunesse, de tous nos quartiers, prenne part en nombre à nos cérémonies qui débuteront à 10 heures, à la Porte de la Rotonde, à l'entrée du Parc de la Navale.

 

QUEL 14 JUILLET ? CELUI DE 1789, OU CELUI DE 1790, OU LES DEUX ?

J'ai tenu à expliquer au Chef de l'État la raison pour laquelle je me dois de demeurer à La Seyne et me résigner à décliner son invitation, dans un courrier où j'évoque le sens que la représentation nationale a voulu donner à cette commémoration annuelle, en instaurant en 1880 le 14 juillet comme jour de Fête Nationale.

Et notamment combien il demeure important pour le maire que je suis de relayer le message fraternel d'unité auprès de mes concitoyens. Et de nos vacanciers aussi, bien sûr, qui auront, je l'espère, profité nombreux des festivités de la veille, le vendredi 13 juillet de 18 heures à minuit passée, dans le cadre de l'événement « La Navale enchantée » !

 

 

Publié par Marc Vuillemot - dans Vie sociale et ville pour tous Devoir de mémoire
11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 06:21

Les Seynois sont attachés à leur ancien Office public municipal d'HLM de La Seyne, qui est devenu en 2009, de par la loi, l'Etablissement public industriel et commercial Terres du Sud Habitat (TSH), et qui est rattaché depuis 2017, également de par la loi, à la métropole Toulon Provence Méditerranée.

 

Il offre à environ 5000 familles la possibilité d'être locataires d'un logement social, avec des loyers très abordables par rapport à bien d'autres bailleurs sociaux. 

 

Pour autant, victimes de politiques économiques nationales, européennes et mondiales, de la cherté des loyers de l'immobilier privé dans notre région, des circonstances de la vie, plusieurs milliers d'autres foyers de notre territoire aspirent à accéder à un logement social. Il faut pouvoir en construire ou acquérir sur l'ensemble des communes du territoire métropolitain. La Seyne elle-même n'est pas exempte de reproche ; avec ses 19,6% de logements sociaux, elle est « hors-la-loi » fixant à 25% leur pourcentage obligatoire, et doit s'acquitter d'une « amende » auprès de l'État.

 

PRÉVENIR L'EXPULSION EN ACCOMPAGNANT LES PLUS EN DIFFICULTÉ 

 

Parmi les locataires de TSH, beaucoup souffrent plus que d'autres de la dureté de la vie dans un contexte de libéralisation mondiale. Le taux de pauvreté de La Seyne approche le double de celui des communes voisines.

 

Plus de 700 des 5000 familles de locataires de TSH sont durablement ou conjoncturellement à la peine pour s'acquitter de leurs loyers et charges locatives. C'est pourquoi TSH a mis en place depuis des années un dispositif d'accompagnement et de conseil en économie familiale et sociale visant à prévenir les démarches contentieuses que la loi l'obligerait à engager envers ces locataires en lourde difficulté. Il convient de louer le travail précieux des agents spécialisés de TSH qui remplissent cette difficile mission.

 

Il reste que, pour une infime part de ces locataires, de l'ordre d'une douzaine par an, malgré des plans successifs d'apurement de dettes locatives, pour certains datant de deux décennies, voire d'effacement dans le cadre des dispositions mise en place par l'État, la difficulté est telle que, avec déchirement, la direction de TSH se voit contrainte d'appliquer la loi, c'est-à-dire se résoudre à solliciter un juge pour obtenir – ou pas – une décision d'expulsion, qui n'est mise en œuvre qu'après saisine du préfet, lequel commande une enquête sociale avant d'accorder le recours à la puissance publique pour y procéder.

 

GARANTIR LE DROIT AU LOGEMENT

 

Dans tous les cas de ces situations dramatiques, parce que la loi stipule fort heureusement que le logement est un droit opposable, tout doit être mis en œuvre par les services de l'État, compétents en ce domaine, avec les services sociaux départementaux, avec la commune, avec TSH lui-même, et autant que possible avec les associations de solidarité, pour qu'une solution de relogement soit trouvée, le plus concomitamment à l'expulsion possible. À ce jour, la puissance publique n'a jamais failli à cette mission.

 

Attachés aux valeurs républicaines de Fraternité, nous préfèrerions tous, naturellement, que, fût-ce pour une seule famille tous les cent ans, ni TSH, ni quelque autre bailleur social, ni quelque propriétaire privé, ne soient contraints à de telles extrémités. C'est pourquoi, dès 2009, j'ai signé un arrêté municipal "anti-expulsions" pour protéger les "personnes de bonne foi", lequel a, bien entendu, été jugé illégal, mais a symboliquement fixé la philosophie de l'action publique locale. C'est celle qui guide les représentants de la commune, élus locaux ou citoyens volontaires, dans les instances de TSH, et que la direction de l'office intègre à la finalité de son action.

 

ASSUMER LES DEVOIRS QUE FIXE LA LOI RÉPUBLICAINE

 

Au nom de l'autre principe républicain qu'est l'Égalité, il ne s'agit pas pour autant de fermer les yeux sur les squatteurs de logements et les personnes qui, alors qu'il est attesté par l'administration, voire la justice, qu'elles pourraient régler leur dû locatif, optent délibérément et durablement pour ne pas le faire. Ce sont des situations, heureusement fort rares, qui légitiment des mesures pénibles mais nécessaires car justes. Mon arrêté "anti-expulsions" de 2009, soutenu par l'ensemble de la majorité municipale, l'indique explicitement.

 

Je salue le difficile travail des élus, des administrateurs de TSH, qu'ils représentent la métropole, la commune ou d'autres institutions, qui sont tous bénévoles, les associations de locataires et celles qui font œuvre de solidarité, et les invite à continuer à concevoir et améliorer ensemble, et avec la direction et les agents de TSH, chacun à sa place, les modalités de prévention des situations extrêmes qui peuvent conduire à des incompréhensions ou des tensions. Tous, sans exception, ont toute ma confiance a priori.

 

OBTENIR LA SOLIDARITÉ NATIONALE

 

La Seyne ne saurait se situer dans la logique de ceux qui ont dit que « le droit au logement opposable, c'est une très belle idée, sauf que c'est très dangereux pour notre pays », ajoutant que « ça va faire glisser la société française vers une société de la dépense publique » et se demandant « qui va payer ? », ou, pire, que « le droit au logement opposable, c'est une violation très directe du droit de la propriété ».

 

Si mobilisation il doit y avoir, il me semble que ce n'est pas forcément le plus approprié de définir comme cible première ceux qui s'efforcent de faire vivre au mieux et pérenniser le service solidaire d'un office public de l'habitat, et qu'il serait pertinent de faire nôtre, à La Seyne, l'esprit qui a guidé un ancien vice-président de la Région Île-de-France, indiquant en 2007, à propos du logement opposable, et craignant à juste titre que l'effort à accomplir repose principalement sur les collectivités locales, qu'elles « ne [sont] prêtes à accepter cette nouvelle compétence que si l'État transfère tous les moyens financiers correspondants. »

 

Dix années ont passé. On voit ce qu'il en est. Il y a là, me semble-t-il, matière à mobilisation partagée.

 

Publié par Marc Vuillemot - dans Vie sociale et ville pour tous
20 mai 2018 7 20 /05 /mai /2018 18:06

Dans deux jours, le Président de la République devrait rendre son verdict après avoir analysé les préconisations que plusieurs centaines de personnes, élus, acteurs sociaux, culturels, économiques, associatifs, tous enrichis de l'expertise qu'ils se sont construite dans les quartiers populaires urbains si fragiles de leurs communes, ont passé six mois à concevoir.

Comme moi, des dizaines de maires, de tout le pays, de toutes opinions politiques, se sont investis avec détermination pour répondre à la sollicitation du Président, le 14 novembre dernier, de « co-construire » la relance de la redynamisation de nos grands ensembles d'HLM et nos centres anciens dégradés, en panne, faute de moyens publics, depuis quatre ans.

 

LA SEYNE, COMME 900 AUTRES COMMUNES, À LA CROISÉE DES CHEMINS

Rénovation urbaine, mobilités, éducation, culture, sport, formation professionnelle, apprentissage, entreprises et commerces dans les quartiers, orientation vers l'emploi, économie sociale et solidaire, lutte contre les discriminations, santé, prévention, tranquillité publique, sécurité, justice, place des femmes dans les quartiers, image des sites urbains, soutiens aux communes, aux associations, nous avons tout balayé, analysé, et ouvert des pistes réalistes, peu coûteuses comparées aux 26 milliards de crédits d'impôts obtenus sans contrepartie par les très grandes entreprises du CAC 40.

À La Seyne, plus tant pour notre quartier Berthe qui a bénéficié d'une heureuse attention de l'État, mais surtout désormais pour notre centre-ville en déshérence qui patiente depuis des années, et par voie de conséquence pour tous nos quartiers, nous sommes à la croisée des chemins. Comme 1500 autres sites dans 900 communes de France.

La petite vidéo ci-dessous, donnant la parole à des habitants de Grigny, la commune la plus pauvre de France, situe l'enjeu.

C'est maintenant au Président d'indiquer son choix. Ou bien celui de permettre de vivre en grand la République et créer les conditions d'une belle réconciliation nationale. Ou bien celui du risque d'un chaos majeur pouvant résulter d'un abandon durable de 5 millions de nos concitoyens...

Bienvenue !

 

Marc VUILLEMOT

Je vous souhaite une agréable visite.

 

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