20 mars 2021 6 20 /03 /mars /2021 05:21

Pour des raisons qui lui appartiennent, la maire de La Seyne a demandé au conseil municipal d'opter pour que la commune se désengage de deux associations nationales de collectivités locales. J'ai fait part de mon étonnement et de mon regret dans deux précédents articles de mon blog, l'un à propos de l'association des maires pour la Paix, l'autre à propos de l'association nationale des élus du littoral.

Mais l'objectivité commande de reconnaître aussi les choix utiles à la commune. Ainsi, le conseil municipal n'a en revanche pas été invité par la première magistrate à mettre un terme aux adhésions de La Seyne ni à l'Association des maires de France (AMF), ni à l'Association nationale des élus en charge du sport (ANDES), ni à l'Association des maires Ville & Banlieue de France.

Et il faut le saluer.

 

Il n'est pas besoin d'évoquer l'AMF, association « généraliste » centenaire de maires qui plaide en permanence la cause des communes et intercommunalités auprès de la puissance publique. La quasi totalité des 35.000 communes de France en sont adhérentes. Son rôle est essentiel et, sauf situation rarissime, il ne viendrait à aucun maire l'idée de s'en désengager.

D'ailleurs, l'AMF agit en coopération avec les associations d'élus à objet particulier lié soit à un volet spécifique des actions territoriales (culture, sport, énergie, transports, etc.), soit à une situation particulière (communes rurales, communes de montagne, communes littorales, communes urbaines fragiles, etc.).

 

LA SEYNE TOUJOURS ADHÉRENTE DE L'ASSOCIATION DES ÉLUS DU SPORT

L'ANDES, outre l'appui en services qu'elle rend aux mairies pour mettre en œuvre les meilleures solutions possibles au développement du sport, est un interlocuteur incontournable auprès de l'État, des fédérations sportives et du monde économique, pour que les attentes des collectivités locales, premiers financeurs publics du sport, voient leurs intérêts représentés et que la nation apporte les meilleures réponses à leurs besoins.

Ville de sports depuis des décennies, La Seyne y contribue par son adhésion et bénéficie en retour des avancées obtenues. La dernière action en date menée par l'ANDES, il y a tout juste une semaine, est une interpellation de la ministre des Relations avec les collectivités territoriales pour que l'État compense les pertes pouvant atteindre 75% que subissent les complexes aquatiques du fait de la pandémie de covid. Si l'ANDES parvient à ses fins, La Seyne n'aura qu'à s'en féliciter, car la Ville est aujourd'hui contrainte de soutenir seule notre complexe Aquasud. L'union fait toujours la force.

 

UNE ADHÉSION MAINTENUE À L'ASSOCIATION DES VILLES DE BANLIEUE

De son côté, l'association Ville & Banlieue regroupe les communes et intercommunalités qui abritent sur leur territoire des quartiers urbains vulnérables, centres anciens dégradés ou ensembles d'habitat social, ou parfois les deux, comme c'est le cas à La Seyne, avec ses cités HLM et son centre ville.

Reconnue par les pouvoirs publics, s'appuyant sur l'expertise des centaines d'équipes d'élus, de fonctionnaires et d'acteurs économiques et associatifs, qui agissent pour que la promesse républicaine s'exerce comme il se doit en direction des plus fragiles des habitants, Ville & Banlieue n'a de cesse de formuler des propositions et des demandes aux gouvernements pour que soient améliorés et accrus les dispositifs regroupés sous le vocable de « politique de la ville », c'est-à-dire la rénovation urbaine et les actions, notamment associatives, pour l'accompagnement social des habitants.

C'est cette force résultant de l'unité de collectivités qui permet d'obtenir des avancées. Là encore, La Seyne ne peut que se réjouir de concourir, avec tant d'autres collectivités, à conquérir de l'État des réponses indispensables aux plus pauvres. En 2019, ça a été le financement du Nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU) qui va profiter à notre centre historique, le bénéfice des dispositifs de vacances apprenantes, de quartiers d'été et de quartiers solidaires, l'obtention du label de cité éducative et du musée virtuel Microfolies, avec de significatifs moyens financiers, ou les aides de l'État aux créations de places en crèche. En 2020, ce furent l'engagement à ce que 1% du plan de relance soit ciblé sur les quartiers sensibles, ou le doublement des Parcours emploi compétences (PEC). Autant de dispositifs pour lesquels Ville & Banlieue s'est battue et qui, aujourd'hui, profitent aux 5 millions d'habitants des quartiers populaires de France, donc à 25% des Seynois. Et il y encore tant à obtenir.

 

DES ÉCONOMIES DE BOUTS DE CHANDELLES AU REGARD DES RETOURS SUR INVESTISSEMENT

Hors AMF, les cotisations annuelles de La Seyne aux quatre associations évoquées dans les trois articles que j'ai publiés représentent environ 15.000 euros annuels, c'est-à-dire 0,015% du budget de fonctionnement de la commune, qui s'établit à 98 millions d'euros. L'investissement est très largement rentabilisé.

Il faut donc saluer le choix de la maire de ne pas réaliser des économies de bouts de chandelles en désengageant la commune de deux des quatre associations spécifiques d'élus dont elle est adhérente.

Mais il faut aussi l'inviter à se raviser pour les deux autres. Une délibération du conseil municipal peut toujours en annuler une autre.

 

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8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 06:51

Naturellement, la situation de mars 2020, juste avant le confinement sanitaire, et celle de mars 2021, ne sont en rien comparables. Il aurait été irresponsable de prévoir, comme les années précédentes, un ensemble d'événements pour la Journée internationale des droits des femmes, pour mettre en lumière des Seynoises engagées dans le monde économique, social, culturel, environnemental, sportif ou mémoriel, organiser des débats publics sur les enjeux, ou animer des moments festifs et culturels. La municipalité a bien fait d'y renoncer pour cette année, même si elle a soutenu la belle initiative associative des « Portraits de femmes » dont un très beau petit film, présenté au bas de cet article, est une des réalisations.

Ces événements, dont on espère le retour en 2022, étaient l'occasion de faire le point des avancées, mais aussi du long chemin qui reste à parcourir vers l'égalité en respect, en dignité et en droits, entre hommes et femmes, ici et dans le Monde. Et d'échanger, se forger des convictions, puiser des ressources pour agir encore et encore.

En ce 8 mars, La Seyne peut être fière des efforts qu'elle déploie depuis des années. Et de la lutte qu'elle doit toujours continuer à mener.

 

LA SEYNE N'A PAS À ROUGIR DE SES INITIATIVES POUR LES DROITS ET L'ÉGALITÉ

Le premier adjoint, M. Colin, délégué à « la défense de la cause féminine », mérite qu'on salue l'honnêteté intellectuelle de sa déclaration parue ce 8 mars dans Var-matin : « La mairie s'est déjà impliquée sur ce sujet au cours des années précédentes ». C'est à souligner car ce n'est pas toujours le cas par les temps qui courent où, vu de l'hôtel de ville, le passé est souvent voué aux oubliettes...

Et, en effet, La Seyne, le maire communiste M. Paul (1995-2001) a été le premier du Var à confier à une élue, Solange Andrieu, une délégation intitulée « Femmes dans la ville ». Après l'équipe de M. Paecht (droite – 2001-2008) qui ne comptait pas d'élu délégué à ces enjeux mais a néanmoins poursuivi diverses actions, la même Solange Andrieu (2008-2014) puis Bouchra Reano (2014-2020) ont relancé la dynamique. Le journal Internet « Le Metropolitan », qui est loin d'être un organe de propagande, listait et saluait les initiatives de notre commune en faveur des droits des femmes dans un article de mars dernier.

Les choses progressent à petits pas dans notre pays. La municipalité a bien sûr raison de diriger ses efforts vers les violences faites aux femmes et de ne pas rompre avec la stratégie de partenariat de réseau engagée avec les associations spécialisées qui conduisent un travail exceptionnel en ce domaine. Les chiffres en attestent, si toutes les classes sociales sont traversées par ces drames du quotidien, les femmes pauvres des villes pauvres en souffrent bien plus. Il est de notre devoir d'agir.

 

UN CHEMIN ENCORE BIEN LONG VERS L'ÉGALITÉ ET LA DIGNITÉ AU TRAVAIL

Mais, s'il est un domaine fondamental où les avancées se font attendre, c'est celui du travail. Lors du premier confinement, on a applaudi les « travailleurs essentiels » qui sont surtout... des travailleuses. Mais rien n'a été fait pour que la crise n'aggrave pas la situation. Elle a au contraire donné les meilleures raisons pour qu'on précarise et on "flexibilise" encore plus le travail des femmes salariées, par ailleurs principales victimes au travail du harcèlement et des violences, en particulier sexistes ou sexuelles. La discrimination et la précarité se sont accrues avec la crise, près des trois-quarts des femmes sont en sous-emploi, pour beaucoup du fait du temps partiel, les écarts de salaires entre hommes et femmes demeurent de l'ordre de 25%, et la loi est ainsi faite qu'il coûte moins aux employeurs de payer les "amendes" pour discrimination que de corriger les inégalités. Et c'est sans compter l'impact que va avoir la réforme du chômage qu'il est d'autant plus scandaleux de mettre en œuvre dans une période de crise absolue, qui va pénaliser les plus précaires, qui sont notamment des femmes du fait du travail partiel, des périodes d'inactivité dans les métiers qu'elles sont les plus nombreuses à exercer : services à la personne, garde d'enfants, etc. Et je n'évoque là que la situation dans notre nation...

C'est pourquoi le 8 mars doit être encore et toujours une journée de lutte.

 

PUISER DES FORCES POUR INLASSABLEMENT POURSUIVRE LA LUTTE

Puissions-nous encore puiser des forces pour ne pas faiblir dans ce combat, qui est un combat de classes et un combat contre les obscurantismes.

Au moins 131 des 270 femmes du « convoi des 31000 », dont seulement 49 survécurent, sont mortes dans le camp d'extermination d'Auschwitz dans les semaines autour du 8 mars 1943. Résistantes, femmes ou compagnes de résistants, gaullistes, communistes ou sans engagement politique, jeunes filles ou sexagénaires, paysannes ou urbaines, intellectuelles, ouvrières ou femmes au foyer, bourgeoises ou prolétaires, elles ont péri, après avoir continué à lutter au cœur même de leurs lieux de souffrances indicibles, pour s'être élevées contre la pire des barbaries, celle qui se fonde sur la prédominance de certains groupes sociaux sur d'autres, la ségrégation par l'origine ethnique, le choix de vie, la religion ou le courant de pensée.

Toutes les luttes, grandes et petites, sont belles et nécessaires. Mais certaines portent en elles des forces hors du commun. Et si, dans deux ans, en 2023, quatre-vingts ans après la déportation des 270 femmes du « convoi », La Seyne honorait leurs mémoires ?...

 

LE FILM RÉALISÉ PAR L'ASSOCIATION DU FESTIVAL PORTRAITS DE FEMMES

Avec la permission de Luc Patentreger, président de l'association...

 

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29 janvier 2021 5 29 /01 /janvier /2021 06:03

Avec un cinquième de ses habitants résidant dans un quartier prioritaire de la "politique de la ville", La Seyne fait partie des territoires urbains où la ségrégation économique, sociale et culturelle est une réalité. Tous ses maires, depuis 40 ans, ont tenté, avec les gouvernements, de réduire cette fracture.

La crise sanitaire et économique a aggravé la situation des millions de Français qui survivent dans la difficulté dans les centres anciens dégradés et les grands ensembles d'habitat social.

C'est pourquoi des centaines de maires de toutes sensibilités ont lancé "l'appel du 14 novembre", un cri d'alarme pour l'obtention de nouveaux moyens pour leurs habitants vulnérables. Un appel auquel La Seyne a refusé de s'associer...

 

La Seyne ne peut pas ne pas avoir été au courant de l'initiative. La commune, comme la métropole toulonnaise, est adhérente de l'Association des maires Ville & Banlieue de France, l'un des initiateurs de cet appel qu'ont aussi signé François Baroin, maire Les Républicains de Troyes, et André Laignel, maire socialiste d'Issoudun, respectivement président et premier vice-président de la très transpartisane Association des maires de France (AMF), dont est aussi membre notre commune.

 

UN CAS UNIQUE EN FRANCE : LA SEYNE A REFUSÉ DE RÉCLAMER DES MOYENS CONTRE LA MISÈRE URBAINE

L'opposition municipale de gauche et écologiste a bien tenté de sensibiliser le conseil municipal en proposant, comme des maires de toutes tendances en ont pris l'initiative, le vote d'un vœu soutenant cet "Appel du 14 novembre". Ses élus le relatent dans un article de leur blog : sur proposition de Madame la maire, la majorité municipale a voté contre !

C'est un cas unique en France que, d'ailleurs, la presse n'a étonnamment pas relevé. Des avis de la municipalité seynoise sur les plus fragiles de ses concitoyens, ne devrait-on se souvenir que des qualificatifs aimables du premier adjoint : « cinquième colonne », « totalitarisme coranique », « jeunes musulmans en rupture avec la République », tout ça, bien sûr, à cause de « la lâcheté » de la gauche qui a laissé s'installer « un véritable maillage d'associations [et] débits de boissons ». Autant de propos naturellement qualifiés de « fondés » par l'extrême-droite municipale...

 

LA SEYNE REFUSERA-T-ELLE SA PART DES MOYENS OBTENUS POUR SES PAUVRES ?

Heureusement que des centaines d'autres maires se sont bougés et ont exercé depuis l'automne une forte pression sur l'État. Ils ont obtenu que se réunisse ce vendredi, pour la première fois depuis huit ans... – un Comité interministériel des villes (CIV) à l'issue duquel – c'est un secret de Polichinelle, le quotidien Le Monde l'ayant révélé – des annonces de moyens renforcés significatifs seront faites en faveur des quartiers prioritaires.

Une partie de cette manne, exceptionnelle quoi qu'insuffisante, de quelque 3,3 milliards d'euros supplémentaires reviendra à la métropole et à La Seyne. La majorité municipale, à laquelle participe la droite extrême de Debout la France et l'extrême-droite avec un adjoint élu au Département sous l'étiquette du Front national, refusera-t-elle d'en faire profiter ses habitants fragiles, avec la bénédiction des conseillers locaux du Rassemblement National, seul parti politique français dont les élus ne se sont pas joints au mouvement de revendication ?...

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16 janvier 2021 6 16 /01 /janvier /2021 07:20

Je salue la désignation, par le président de l'Assemblée nationale, de Geneviève Lévy, députée "Les Républicains" de Toulon, pour représenter ce qu'on appelait jadis "la chambre basse du Parlement" au Conseil national des villes (CNV) .

Le CNV est une instance très importante qui a pour mission d'accompagner l'État dans la définition de sa politique en faveur des quartiers populaires urbains vulnérables, en formulant au gouvernement des avis, des recommandations et des études.

Il est bien que, au travers de Geneviève Lévy, les habitants des 13 quartiers fragiles de notre métropole, donc, entre autres, du quartier Berthe et du centre ancien de La Seyne, aient voix au chapitre. Mais ce n'est pas tout...

 

UNE ÉLUE ENGAGÉE POUR LES QUARTIERS VULNÉRABLES DE NOTRE MÉTROPOLE

J'ai beaucoup travaillé avec Madame Lévy, malgré nos divergences, lorsqu'elle était première adjointe au maire de Toulon, sur l'élaboration et le suivi de la mise en œuvre du « contrat de ville », dispositif d'accompagnement social des habitants fragiles de nos quartiers prioritaires de Toulon Provence Méditerranée (à Hyères, La Garde, La Seyne et Toulon) et du « Nouveau programme national de renouvellement urbain » (NPNRU), qui permet désormais à notre métropole d'entamer la rénovation et la requalification du cœur historique de La Seyne (en plus de trois quartiers de Toulon), dont le tout premier chantier de notre place Germain-Loro, en haut de notre marché provençal, que nous avions conçu et financé et dont ne semble pas se plaindre notre nouvelle équipe municipale qui, je n'en doute pas, alimentera la réflexion de la députée toulonnaise, laquelle, à son tour, apportera à l'échelon national son expertise alimentée par « le local ».

 

DES MAIRES QUI ONT OBTENU DES AVANCÉES UTILES À TOUS... DONT À LA SEYNE

Mais, outre Geneviève Lévy, je note que, sur les huit maires nommés par le Premier ministre au Conseil national des villes (CNV), cinq sont des élus de communes adhérentes de l'Association des maires Ville & Banlieue de France (AMVBF) dont La Seyne et TPM sont aussi membres, et dont j'étais président national pendant mon mandat d'élu local. Je salue les nominations de mes anciens collègues et toujours amis ( * ), dont je sais la détermination à peser pour que les 5 millions d'habitants des sites urbains difficiles de notre pays ne soient pas oubliés par les politiques libérales que conduit le gouvernement...

Ils l'ont encore prouvé récemment, avec la crise sanitaire, l'association Ville & Banlieue ayant obtenu de l'État l'étalement sur plusieurs années des dépenses exceptionnelles engagées par les communes pour faire face à l'épidémie, ou la création et le financement des « colos apprenantes » ayant permis une occupation utile et éducative des jeunes des quartiers dont la vie sociale était gravement fragilisée par la pandémie et ses contraintes, deux exemples de dispositifs dont, bien sûr, notre ville de La Seyne bénéficie. Comme notre commune a pu tirer parti d'autres opérations acquises il y a peu grâce au poids de Ville & Banlieue, à l'instar des « quartiers de reconquête républicaine » (QRR) ayant permis d'obtenir un renforcement de nos moyens policiers en 2019, la création des programmes de « cités éducatives » (2020) ou des musées virtuels « microfolies » (2020).

 

LA SEYNE DOIT COMPTER SUR L'UNITÉ DES MAIRES FACE À L'ÉTAT... ET S'Y IMPLIQUER

Autant de raisons de me réjouir de toutes ces nominations au CNV. Et de formuler le souhait que le changement d'équipe municipale voulu l'an dernier par les Seynois n'altère en rien l'engagement de La Seyne au sein de l'Association des maires Ville & Banlieue de France parce l'union fait la force, et que celle de maires de toutes sensibilités républicaines en son sein les rend incontournables comme interlocuteurs des gouvernements, les poussant à faire vivre toujours plus et mieux la bienveillance de la nation en direction des plus humbles de ses enfants.

 

 

( * ) : Hélène Geoffroy, maire (gauche - PS) de Vaulx-en-Velin (Rhône), Marc Goua, maire (centre gauche) de Trélazé (Maine-et-Loire), Gilles Leproust, maire (gauche - PCF) d'Allonnes (Sarthe), Gilles Poux, maire (gauche - PCF) de La Courneuve (Seine-Saint-Denis) et Rodolphe Thomas, maire (droite - MoDem) d'Hérouville-Saint-Clair (Calvados)

 

 

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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 10:33

Le jour même où le premier adjoint de La Seyne faisait distribuer son bulletin de va-t-en-guerre-civile dans les boîtes aux lettres de nos concitoyens, une autre édile d'une commune populaire à la population vulnérable, de la même sensibilité politique que lui, exposait sur une chaine nationale tout le contraire de ce que notre élu seynois décline dans sa publication.

Elle, au moins, pointe la juste cause des risques de ce qu'on qualifie aujourd'hui de « séparatisme ». Pour elle, que M. Colin aurait du mal à traiter de « gauchiste », ce ne sont ni les habitants qui sont intrinsèquement fautifs et mauvais, ni les associations qui constituent une « cinquième colonne » au service d'une idéologie nauséabonde, ni les élus qui sont laxistes pour des raisons démagogiques ou électoralistes. C'est l'État républicain qui n'est pas à la hauteur de sa mission, dans un contexte de crise dont nos habitants sont gravement victimes et où il a obligation de les protéger, et de garantir leur émancipation sociale, professionnelle et culturelle.

 

Mon amie Catherine Arenou est maire de Chanteloup-les-Vignes, dans la banlieue parisienne. Elle n'est pas de ma sensibilité politique (ancienne LR, aujourd'hui Divers Droite). Je ne suis pas toujours d'accord sur tout avec elle mais, confrontés à des difficultés similaires, nous avons œuvré ensemble, et avec des centaines d'autres maires de toutes opinions, pour plaider la cause de nos habitants fragiles, dans le cadre notamment de l'Association des Maires Ville & Banlieue de France dont elle est toujours première vice-présidente et dont j'étais président.

La maire de La Seyne, dont je prends acte que, suite à l'interpellation des élus de la minorité municipale des gauches et de l'écologie, elle « se désolidarise » de son premier adjoint – mais est-ce suffisant au regard de la gravité des propos de ce dernier ?... –, pourrait d'ailleurs s'inspirer de ces élus des villes populaires pour lesquels échanger entre eux, coopérer pour rechercher des solutions, interpeller l'État et exiger de lui la bienveillance qu'il doit aux cinq millions de miséreux qui vivent dans nos cités et nos centres-villes dégradés, n'est pas du temps perdu.

La Seyne et notre métropole sont adhérentes de cette association d'élus courageux. Leurs édiles y ont toute leur place pour apporter leur pierre à la réflexion partagée et ajouter leur poids aux efforts de conviction pour secouer un État qui abandonne 10% de ses citoyens. Seront-ils présents, ceints de leurs écharpes tricolores, avec leurs collègues de droite et de gauche, venus de toute la France au rassemblement de maires et d'associations organisé jeudi prochain, 17 décembre, devant l'Assemblée Nationale, et aux autres temps prévus pour exiger du gouvernement qu'il assume ses responsabilités fraternelles et égalitaires ?... 

Mais je laisse les visiteurs de mon blog écouter la maire de Chanteloup-les-Vignes, dont, pour ce qui me concerne, je ne partage pas tout le propos, mais dont j'approuve l'essentiel...

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24 novembre 2020 2 24 /11 /novembre /2020 10:21

Ainsi que je l'évoquais ces jours derniers dans un article de ce blog, plusieurs centaines d'élus locaux et intercommunaux ont alerté par une « lettre ouverte » le Président de la République sur l'aggravation exponentielle de la situation sociale et économique que connaissent les habitants des quartiers populaires urbains fragiles.

Écoutés ce lundi en visioconférence par le Premier Ministre et quatre ministres, neuf de ces maires ont reçu l'assurance que leurs inquiétudes sont partagées par le gouvernement et qu'une partie des mesures qu'ils réclament depuis des mois seront mises en œuvre. Il reste à obtenir les autres et, en premier lieu, à concrétiser les promesses qui, de ce que m'en ont dit certains de ces élus, laissent tout de même apparaître beaucoup de flou.

Mais c'est déjà un pas. Les associations et les habitants de nos quartiers seynois de Berthe et du centre ancien pourront peut-être entrevoir une lueur d'espoir. Les élus de la municipalité seynoise sûrement aussi. Et, parce que l'union fait la force, se joindre aux autres élus, de tous bords, qui vont continuer à pousser et à veiller au grain quant au respect des engagements de l'État...

 

« LES PROMESSES NE VALENT QUE SI ELLES SONT TENUES »

Il y a eu quelques annonces à l'issue de cette réunion à distance. Mais, comme le formulait mon ami Philippe Rio, maire de Grigny, « les promesses ne valent que si elles sont tenues ». Ainsi, il reste à voir si les moyens financiers nouveaux annoncés ne seront pas, comme trop souvent, des crédits qui existent déjà et dont on modifie habilement le libellé, par effet d'annonce, pour donner à penser qu'il viennent s'ajouter comme des mesures nouvelles...

Il en ne faudrait pas qu'il en soit ainsi de l'accord que les maires ont obtenu pour que 1% des 100 milliards d'euros du plan de relance soient explicitement dédiés aux quartiers populaires en difficulté. Que l'État ne s'amuse pas à prendre les élus territoriaux pour des benêts en labellisant « 1% quartiers prioritaires » le financement d'un tronçon de voie routière, prévu par ailleurs, au prétexte que celle-ci traverse un site urbain fragile ! Ce sont de réels programmes spécifiques, centrés sur les quartiers, le renouvellement et la rénovation urbains, favorisant l'insertion professionnelle des résidents, qui doivent être appuyés par cet apport d'un milliard d'euros.

 

DES ENGAGEMENTS, MAIS PAS À LA HAUTEUR DES ENJEUX

Nul ne se plaindra, par ailleurs, des autres annonces. Mais elles demeurent très insuffisantes. Depuis 2018, par exemple, les élus réclament le retour aux « emplois aidés » sous une forme similaire à celle que l'on connaissait avant que l'actuel gouvernement ne les réforme, avec une aide financière significative de l'État à la couverture des salaires et cotisations, et non l'aumône de 2500 à 5000 euros annuels accordée aux employeurs acceptant de créer des « emplois francs » dont l'échec est patent.

Or c'est une toute petite demi-mesure que la ministre du Travail a annoncée à l'issue de l'échange. Certes, il est bien que l'État s'engage à porter à 80% le coût de ces « emplois aidés » qui semblent retrouver les faveurs du gouvernement, que les collectivités locales et les associations puissent enfin en bénéficier à nouveau lorsqu'ils étaient réservés aux employeurs du secteur marchand, et que leur nombre soit doublé. Mais ce « doublement » fera simplement passer de 12.000 à 24.000 postes les possibilités d'emploi, très très loin des 200.000 réclamés car nécessaires avant la crise, et aujourd'hui beaucoup plus au regard de l'aggravation exponentielle du chômage de nos habitants précaires.

 

POURSUIVRE LA PLAIDOIRIE POUR LES PLUS PAUVRES EST UN DEVOIR DE TOUS LES RÉPUBLICAINS

La vigilance et le maintien de la pression revendicative doivent donc demeurer à l'ordre du jour. Les élus se sont donné rendez-vous à Roubaix à la mi-décembre, pour faire le point et faire vivre, sans l'appui de l'État qui en a hélas refusé le principe, le « conseil national des solutions » qu'ils réclamaient, afin de changer de méthode et suivre l'exécution du programme.

Et je dois pour conclure nuancer mon propos sur les élus seynois dont je regrettais qu'ils ne se soient pas joints au mouvement national d'élus territoriaux de toutes sensibilités qui ont tiré la sonnette d'alarme pour les quartiers sensibles. Quatre d'entre eux, l'écologiste Cécile Jourda, les socialistes Olivier Andrau et Bouchra Réano, et le communiste Anthony Civettini, ont bel et bien signé la « lettre ouverte » qui a conduit à la rencontre de ce lundi. Au-delà des divergences, c'est tout le conseil municipal de La Seyne, ville la plus pauvre du département, ou au moins ses composantes républicaines, qui serait bien inspiré de rejoindre le mouvement...

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22 novembre 2020 7 22 /11 /novembre /2020 08:48

Heureusement, il y a Gaël Fickou, notre enfant du pays...

Confrontés à une triple crise sanitaire, économique, sociale (et psychosociale), à laquelle n'échappent que les richissimes actionnaires de l'économie numérisée – et de laquelle, bien au contraire, ceux-ci font leurs choux gras  –, nos habitants, de toutes catégories sociales, subissent de plein fouet la situation tragique du moment.

Quand les gouvernants libéraux y répondent par une gestion chaotique, voire en profitant du contexte traumatisant d'abomination terroriste pour restreindre les libertés publiques, surfant sur la peur et jouant de l'infantilisation culpabilisante, il est du devoir de ceux qui incarnent les territoires de hausser le ton pour exiger de l'État la protection due aux plus fragiles de leurs concitoyens. Dans toute la France, les édiles et personnalités locales s'y emploient. Des centaines d'élus et responsables de la société civile des territoires au bord de l'explosion sociale interpellent l'État.

Mais il n'est hélas qu'une seule voix qui s'élève depuis La Seyne. Celle de Gaël Fickou, enfant de chez nous, international de rugby, coprésident de notre club local, qui n'a pas hésité à être dans les tout premiers signataires d'une tribune d'alerte publiée par le journal « L'équipe »...

 

ALERTE À L'AUTRE VIRUS : CELUI DU DÉCROCHAGE DE LA RÉPUBLIQUE !

C'est un S.O.S. sur la situation des acteurs sociaux et sportifs de terrain, délaissés par les institutions publiques nationales alors qu'ils luttent par une forme d'éducation active contre les dérives possibles des plus abandonnés et vulnérables, qui est lancé par notre Seynois de renom, avec de nombreux autres responsables sportifs et des élus locaux de toutes sensibilités : depuis Natacha Bouchart, maire LR de Calais, Catherine Arenou, maire Divers droite de Chanteloup-les-Vignes, ou Benoît Jimenez, maire UDI de Garges-lès-Gonesse, jusqu'aux élus de municipalités de gauche dont les maires sont socialistes ou communistes, à l'instar de ceux d'Allonnes ou de Grigny.

Depuis des mois, de tous les coins du pays, là ou les petits et grands ensembles fragiles d'habitat social et les centres anciens dégradés abritent les familles, de plus en plus nombreuses, qui sombrent dans la précarité, la maladie, l'isolement, le repli sur soi, la détresse psychologique et sociale, les élus locaux montent au créneau face à un gouvernement qui, à ce jour, reste sourd à leurs cris d'alarme.

Lanceurs d'alertes, des centaines d'entre eux, de tous bords politiques, adressent des appels pressants au ressaisissement de l'État qui, pour l'heure, ne répond à la crise majeure que par des mesures sécuritaires, antidémocratiques et liberticides.

 

LA SEYNE ÉTONNAMMENT ABSENTE DE LA REVENDICATION ÉGALITAIRE

Et, aussi incompréhensible que cela paraisse, La Seyne est étonnamment absente et silencieuse de ce concert d'initiatives de défense des habitants précaires face à un pouvoir sourd à la détresse des plus humbles de la Nation. La situation s'y dégrade pourtant comme ailleurs, ainsi que l'expliquait il y a quelques jours dans Var-matin le responsable des Restos du cœur, constatant un inquiétant doublement du nombre de ses bénéficiaires depuis quelques mois...

Après la tribune « État d'urgence sociale », initiée par l'Association des maires Ville & Banlieue de France, dont La Seyne et la métropole toulonnaise sont adhérentes, un mouvement d'ampleur d'élus de plusieurs centaines de communes et intercommunalités a vu le jour, concrétisé par « L'Appel du 14 novembre », une Lettre ouverte au Président de la République pour l'égalité républicaine de nos villes et quartiers populaires.

Il semble donc impensable que notre commune soit absente de cette démarche transpartisane, à laquelle participent des maires qui sont loin d'être répertoriés comme des « excités subversifs » tels que François Baroin, maire (LR) de Troyes et président de l'Association des Maires de France, et son premier vice-président André Laignel, maire (PS) d'Issoudun, ou encore Caroline Cayeux, maire (LR) de Beauvais et présidente de l'association « Villes de France » regroupant les communes de taille moyenne comme... La Seyne.

Je ne veux pas croire que cet abandon manifeste du devoir de défense de nos concitoyens face à un État aveugle ou méprisant à l'endroit des plus faibles ne résulterait que d'une volonté de faire table rase d'un passé qui a toujours vu La Seyne, empreinte de sa tradition de luttes sociales, s'investir en première ligne pour obtenir de l'État, quelles que soient les sensibilités de ses gouvernements, qu'il se ressaisisse lorsqu'il est défaillant dans la garantie à tous de la promesse républicaine d'égalité et de fraternité...

 

  DERNIÈRE MINUTE (mise à jour du 22/11 à 17h30)  

LE PREMIER MINISTRE RECEVRA CE LUNDI UNE DÉLÉGATION DE MAIRES SIGNATAIRES DE « L'APPEL DU 14 NOVEMBRE »

La mobilisation revendicative, ça ne paye pas à tous les coups. Nous, Seynois, l'avons vu avec notre combat perdu de 2011 pour le maintien de notre maternité publique. Mais ça aboutit aussi : rien que sur le sujet des quartiers vulnérables ces dernières années, sans notre engagement déterminé, unis entre collectivités riches de leurs diversités, nous n'aurions pas obtenu de l'État le dispositif des « cités éducatives », la prolongation jusqu'en 2022 des « contrats de ville », et divers autres appuis.

L'union de bon sens et la détermination faisant la force, le Premier Ministre a bien dû accepter de recevoir en visioconférence une délégation des élus signataires de « l'appel du 14 novembre ».

Ça aura lieu ce lundi 23 novembre. Neuf de mes anciens collègues plaideront au nom de tous auprès de M. Castex la cause des plus fragiles de nos territoires urbains.

Mes encouragements les accompagnent. Une manifestation publique du soutien de notre actuelle municipalité serait aussi la bienvenue...

 

Note : J'ai "chipé" l'image illustrant cet article sur le site Madinin'Art. Je peux la retirer sur simple demande, bien sûr.

 

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12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 11:11

Ils récusent fermement les accusations de complicité des communautarismes, parfois expliquées à des fins électoralistes. Et ils ont bien raison. Les maires des communes qui, comme La Seyne, abritent des quartiers populaires vulnérables en ont marre des mauvais procès qui leur sont faits, alors même qu'ils n'ont de cesse, depuis des décennies, de dénoncer les mal-être socio-économiques qui fragilisent leurs habitants plus que les autres et engraissent le terreau sur lequel les intégrismes peuvent se développer.

Et ils le clament dans une tribune. Ce sont des élus des droites, du centre et des gauches. Ceux de notre commune n'ont peut-être pas pris part à sa rédaction – d'autant moins que l'un d'entre eux a naguère joint sa voix au concert des accusateurs – mais je ne doute pas que, les tensions et envolées des périodes de campagne électorale à présent apaisées, ils feront leur son contenu et que, avec leurs collègues de toutes sensibilités, ils réaffirmeront leur attachement au contrat social et laïque de notre République...

Je livre à tous cette tribune dont je trouve la teneur puissante...

 

 

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 06:05

Mes pensées d'encouragement et de soutien, en ce matin de reprise du chemin de l'école, vont à mes anciens collègues personnels d'enseignement, d'éducation, d'administration, de direction et techniques qui font vivre les lieux des apprentissages des savoirs et de la citoyenneté, aux enfants et aux jeunes, à leurs familles, et à tous ceux qui, autour de l'École, dans la plupart des quartiers du pays, dont bien sûr à La Seyne, l'une des premières « cités éducatives » de France depuis 2019, complètent et soutiennent, par leurs missions d'éducation populaire, la belle œuvre républicaine de formation et d'émancipation.

Ce retour de vacances, en effet, est plus singulier que jamais. Et son enjeu est capital.

 

J'ai suivi les inquiétudes exprimées par les professeurs au cours des congés, au fur et à mesure que les annonces de leur hiérarchie du plus au niveau se contredisaient quant aux modalités de ce premier jour dans un contexte inédit. Je les comprends et je suis rassuré par le fait que la plupart de leurs syndicats ont pris des mesures pour les soutenir si besoin et, ce faisant, soutenir l'École de la République en pesant, fût-ce par la grève, sur le gouvernement.

On peut en effet à bon droit être inquiet avec le recul de leur ministère quant à l'hommage dû au professeur assassiné. C'est d'autant plus consternant que, de leur côté, les écoles allemandes vont, elles, assurer un temps d'hommage et de réflexion. Mais on doit aussi garder espoir lorsqu'on voit des chefs d'établissements qui ont choisi, ça et là, contre leur hiérarchie, de maintenir sous leur forme initialement envisagée les temps de symbole, de recueillement et d'élévation des consciences prévus à la suite du drame terroriste.

 

LES ÉLUS LOCAUX AUX CÔTÉS DE L'ÉCOLE POUR PLUS DE RÉPUBLIQUE ÉGALITAIRE

Je sais que, dans tout le pays, les élus locaux et personnels des collectivités seront aux côtés des acteurs de l'École, pour ce qui les concerne. Il est vital que, pour sa part, l'État ne faillisse pas. Ni, a fortiori, ne renonce et cède un pouce de terrain.

De droite comme de gauche, nombre de mes anciens collègues maires des communes ayant des quartiers populaires sur leurs territoires, sûrement plus préoccupés que d'autres au regard de leur situation sociale, terreau des embrigadements, qui ne cesse de s'aggraver exponentiellement, ont déjà, au cours des vacances scolaires, pris des initiatives, tant, comme me l'a dit l'un d'entre eux ce dimanche, « l'immobilisme, la stupeur et la torpeur sont nos ennemis ». Là, c'est la lettre de Jaurès aux instituteurs distribuée dans tous les foyers d'une commune populaire, ailleurs c'est un rassemblement œcuménique auquel ont pris part les élus de la ville, un peu partout la signature d'un appel transpartisan à l'État, publié par le JDD, pour un soutien aux quartiers vulnérables « où se joue beaucoup de l'avenir de notre cohésion sociale ». Dommage que les édiles seynois aient laissé passer cette occasion de s'associer à cette démarche.

 

LA STIGMATISATION, AUTRE TERREAU DU PIÈGE TENDU PAR LES OBSCURANTISTES 

Tout cela s'exerce sur un fond nauséabond de racisme et d'exacerbation des plus vils instincts par des acteurs politiques aux périlleux propos globalisants et stigmatisants dans une sorte de course folle, comme s'il leur fallait rattraper les plus extrêmes des intolérants (« fermer les rayons hallal », « supprimer les menus alternatifs des cantines », « islamogauchisme »« cinquième colonne », etc.), qui donnent à craindre pour les temps à venir.

Nous étions plusieurs centaines d'élus locaux, de la droite républicaine à la gauche radicale, en passant par des centristes et des écologistes, il y a tout juste un an, à avoir signé une tribune, parue dans le JDD, à tirer la sonnette d'alarme de la stigmatisation. Je la rappelle ci-après...

« La barbe !! La cabale médiatique à travers la retransmission bienveillante des propos les plus indignes à l’endroit des musulmans ainsi que l’inconséquence des prises de position politique au plus haut niveau de l'Etat nous amènent à dénoncer avec force et détermination les raccourcis périlleux vers lesquels notre pays est entraîné...

« Du ministre de l'Education nationale qui déclare par des mots insensés vouloir “signaler les petits garçons qui refusent de tenir la main des petites filles” au directeur adjoint du Figaro qui affirme à la télévision “détester la religion musulmane”, il est de notre responsabilité d'alerter sur les risques que d'aucuns font peser sur la nation en stigmatisant, à dessein, plus de six millions de nos concitoyens. La quête des fameux “signaux faibles” jette désormais le trouble et le soupçon sur une foi qui n'aspire à rien hormis le droit à la normalité. Nul ne peut prétendre combattre le terrorisme ou la radicalisation par l’humiliation, sauf à rechercher obstinément et furieusement l'effet inverse. A chaque menace qui plane sur le pays et à chaque attaque terroriste, nos concitoyens de confession musulmane tremblent doublement : pour la nation, parce qu’ils sont concitoyens, et pour leur foi, parce qu’ils vivent instantanément la méfiance.

« L'initiative malheureuse, maladroite et pour le moins équivoque de l’université de Cergy dans la recherche des signaux faibles n’est là qu’un début. Le début d’un bruit sourd qui se répand comme la peste et qui n’a qu’un nom : délation ! Nous voilà doucement mais tout aussi sûrement revenir vers les heures les plus sombres de notre Histoire. Des jours sombres qui n’augurent rien de bon, hormis la défiance et la crispation. A trop pointer du doigt une communauté de croyants, à en faire une menace potentielle dès lors qu’elle porte une barbe ou un voile, l’on verse non plus dans une société de la vigilance mais dans celle de la suspicion. A persister sur ce lexique, il est à redouter la naissance d’une forme de frustration chez la très grande majorité des musulmans qui perçoit, de plus en plus, les positions stigmatisantes à leur endroit comme la volonté manifeste de les soustraire à la nation. Il ne sera plus question de fracture sociale dans notre pays mais bien d’une déchirure nationale. Dévoyer la laïcité au point de mettre à mal le besoin de fraternité, de refuser l’égalité et enfin d’entraver la liberté, voilà qui contribuera à démembrer la volonté de tous de faire corps dans la République. A ce stade, les conséquences seront autrement plus inquiétantes...

« Un sursaut. C'est de cela dont nous avons besoin. Et seuls nos concitoyens, dans un élan fraternel, en sont capables. Enfin, notre nation est une et indivisible. Le président de la République est garant de ce principe. Il est garant de la Constitution. Il est garant de l'application de la loi. Il s’agit de sa responsabilité devant le peuple et devant l'histoire. Il est l'incarnation de l'unité. Nous attendons qu'il se lève et le clame à tous. »

 

LA GAUCHE SOCIALE ET POLITIQUE A UN RÔLE MAJEUR À JOUER

Au-delà, la gauche française, sociale et politique, a aussi une responsabilité à assumer face aux jeteurs d'anathèmes que l'on entend jusque dans les propos de certains membres du gouvernement. Celle d'être en première ligne, en faisant preuve d'unité, condition de son efficience, et sans omettre de faire amende honorable quant à ses propres errements, pour aider la nation à ne pas tomber dans le piège tendu par les terroristes. Des personnalités diverses ont publié ces jours derniers dans Le Monde une tribune qui nous appelle à la mobilisation...

« Le moment est grave, il ne quittera pas nos mémoires. Samuel Paty, professeur d’histoire et de géographie, a été assassiné par un terroriste islamiste. A Nice, un autre crime ignoble a été commis. Ces actes monstrueux ont pour but de semer la haine et la terreur. Pourtant, cette fois, les appels à l’unité n’ont pas suffi à limiter les tensions au sein de la société française. En démocratie, le débat est souhaitable après de tels évènements. Mais depuis la tragédie du 16 octobre, certains, parfois même au sein du gouvernement, se sont engagés sur la voie des anathèmes et des accusations délirantes. Ils prennent la lourde responsabilité d’affaiblir le pays face aux terroristes en dressant les Français les uns contre les autres. Les assassins et ceux qui les ont encouragés auraient-ils déjà gagné ?

« Il est urgent de nous mobiliser ensemble autour des principes laïques et républicains. Si nous échouons, l’islamisme radical aura remporté, avec l’extrême droite, une victoire décisive en faisant de la question religieuse, et plus précisément de l’islam, le pivot de la politique française, au détriment des urgences sociales, écologiques et démocratiques. Pire, il aura installé des germes durables de guerre civile.

« Pour avancer, il importe d’abord de reconnaître les manquements du passé. Combien d’atteintes à la laïcité et à la liberté d’expression et d’enseignement restées sans réponse ? Combien d’appels au secours ignorés, qu’ils viennent d’enseignants et d’autres agents des services publics devant la dégradation de leurs conditions de travail, ou d’habitants des quartiers populaires devant l’absence de l’Etat, notamment sur le terrain de la sécurité ? Combien de discriminations à l’égard de musulmans ou de ceux qui sont supposés l’être, laissées impunies ?

« Manifestement, le gouvernement considère que l’on pourrait lutter efficacement contre l’islamisme radical sans combattre en même temps, à la racine, le racisme, les discriminations et les déchirures sociales et urbaines des territoires abandonnés. Il feint également d’ignorer qu’existent au sein de l’islam, en France et ailleurs, des forces prêtes à combattre les influences mortifères. Cette absence de vision globale donne toujours une victoire symbolique aux islamistes radicaux. Elle a depuis longtemps favorisé leur implantation.

« Oui, les manifestations agressives d’une idéologie totalitaire allant jusqu’au terrorisme doivent être combattues sans trêve ni repos dans le cadre de l’Etat de droit. Pour cela, de nombreux leviers juridiques existent déjà. Il faut résister à la tentation de réagir à chaque attentat par une loi supplémentaire ou des gesticulations spectaculaires. Les carences relèvent surtout d’une insuffisance de moyens de renseignement et de coordination, notamment dans le suivi des réseaux sociaux.

« Le combat contre l’islamisme radical, les pressions qu’il exerce à l’école et ailleurs pour restreindre les libertés, notamment celles des femmes ou des personnes LGBTI+, appelle des actions construites, déterminées et proportionnées. Ces politiques doivent être conduites dans la durée et mises en œuvre sans faiblir dans un cadre légal défini et protecteur des libertés. Pour être efficace, il nous faut combattre l’intégrisme islamiste en priorité sur le terrain éducatif, social et politique. Là où les fondamentalismes tentent de faire primer le dogme religieux sur les lois de la République, la fermeté de l’action publique est indispensable.

« L’école doit être aux avant-postes de ce combat. Mais elle ne peut pas être laissée seule. Celles et ceux qui y enseignent doivent être reconnus, soutenus et protégés au quotidien, et pas seulement passagèrement au lendemain des drames, particulièrement par un accompagnement humain en cas de difficultés, des outils et une formation pédagogiques renforcés pour permettre à tous les acteurs de l’école de savoir réagir.

« La laïcité définie par la loi de 1905 n’est pas une option : elle est et doit rester la loi de la République. Elle a traversé le XXe siècle, faisons-la vivre en garantissant effectivement la liberté de croire, notamment pour les musulmans, ou de ne pas croire. Plus qu’à la multiplication de lois nouvelles, veillons à l’application effective de celles qui existent déjà.

« La République, promesse inachevée, doit repenser sa présence dans tous les territoires pour faire exister l’égalité réelle par des politiques publiques offensives, avec des moyens humains et financiers substantiels, notamment dans le cadre de la mise en œuvre d’une transition écologique juste. Elle doit, conformément à sa devise, garantir l’absence de toute discrimination et chercher à réduire toutes les inégalités dans un esprit de fraternité.

« Pour nous, il n'y a pas de fatalité à ce que la France tombe dans le piège tendu par les terroristes. Nous ne cesserons jamais de vouloir tisser des liens entre tous les humains, malgré les assauts répétés des obscurantismes. Nous continuerons de lutter partout et toujours contre toutes les formes de racisme, d'antisémitisme et d'intolérance.

« Nous avons parfaitement conscience qu’il existe des désaccords entre nous sur ces sujets et que beaucoup reste à faire pour consolider ces réponses : ce texte se veut d’abord un appel à la gauche, aux écologistes et, au-delà, à tous les républicains, à engager ensemble ce travail à un moment où l’essentiel est en danger. »


J'en terminerai en donnant le lien vers des extraits de la « Lettre de Jaurès aux instituteurs » telle que mise en ligne, en vidéo, lue par le rappeur Oxmo Puccino, sur le site pédagogique Lumni de l'Éducation nationale...

Et le texte original de cette « Lettre aux instituteurs », publiée par La dépêche de Toulouse en 1888, qu'on trouve sur le site de la Bibliothèque Nationale de France, tant il est vrai que le texte proposé aux enseignants pour la lecture aux élèves a quelque peu été.. tripatouillé...

Meilleure rentrée possible à tous. Et, bien sûr, que chacun prenne garde à ce maudit virus, pour lui-même, ses proches, les enfants dont il a la charge et leurs familles, dans des environnements de structures scolaires pas toujours très compatibles avec les précautions sanitaires indispensables...

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30 septembre 2020 3 30 /09 /septembre /2020 04:24

Ainsi que la ministre chargée de la Ville, Nadia Hai, l'a demandé aux 859 maires dont les communes abritent au moins l'un des 1514 quartiers urbains vulnérables, donc prioritaires au titre de la « politique de la ville » (QPV), la municipalité seynoise a sûrement relayé auprès des nombreuses associations intervenant pour soutenir les habitants de notre centre ancien et de notre quartier Berthe l'information sur le déploiement rapide de 20 millions d'euros de subventions d'État destinés à soutenir leurs actions. C'est le programme « Quartiers solidaires ».

C'était une demande forte de l'Association des maires Ville & Banlieue de France (AMVBF), dans un contexte où le monde associatif a été en première ligne pour accompagner et aider les plus fragiles de nos habitants lors de la crise sanitaire et l'est tout autant aujourd'hui avec la crise économique et sociale qui s'ensuit et aggrave les difficultés des plus pauvres...

 

Les formidables associations seynoises qui agissent au quotidien auprès des habitants de nos deux sites urbains sensibles ont en effet plus que jamais besoin d'être soutenues. Je n'ai nul doute que, de leur côté, les élus de la Ville continueront à s'investir avec détermination et sans exclusive, comme l'ont fait depuis 40 ans tous les maires successifs, de droite comme de gauche, dans les dispositifs partenariaux avec l'État et d'autres collectivités et institutions publiques, tels que le « contrat de ville ». Ceux-ci permettent de soutenir les associations qui agissent pour l'éducation et la formation vers l'insertion dans l'emploi et la citoyenneté, pour le droit au logement, aux mobilités, à la culture et au sport, au bien-être et à la santé. Mais qui, aujourd'hui, hélas, doivent de surcroît appuyer les familles pour de plus en plus de besoins du quotidien, comme se nourrir ou se vêtir.

 

DES INÉGALITÉS PAS TRÈS RÉPUBLICAINES ENTRE TERRITOIRES

Cette annonce d'une aide exceptionnelle de l'État est d'autant plus à saluer chez nous que, malgré le fait que la République est fondée sur une base égalitaire qui supposerait une prise en compte similaire des difficultés de même nature que l'on connaît d'un site urbain vulnérable à un autre, au contraire d'autres départements de la plupart des régions françaises, le Conseil départemental du Var n'apporte plus, depuis longtemps, son appui financier à notre « contrat de ville » et le Conseil régional de Provence Alpes Côte d'Azur a retiré le sien sans tambour ni trompette il y a trois ans.

Les pauvres de chez nous ont pourtant les mêmes besoins de soutien que ceux des autres régions françaises. Et c'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles l'AMVBF, avec d'autres, réclame à cor et à cri la création d'une Cour de justice d'équité territoriale pouvant être saisie en cas d'inégalités flagrantes entre territoires.

 

UNE PETITE – ET CERTES INSUFFISANTE – BOUFFÉE D'AIR PUR POUR LES ASSOCIATIONS

Et c'est bien pourquoi l'annonce de la ministre de la Ville est une bonne nouvelle pour les associations intervenant dans les 21 quartiers prioritaires varois, répartis sur 9 communes, et notamment les plus « compliqués » parmi les 13 de notre métropole toulonnaise, dont les nôtres à La Seyne. Et ces moyens financiers ne sont pas destinés aux seules associations, pour beaucoup « professionnalisées » pour soutenir l'engagement de leurs bénévoles, qui, souvent depuis des années, s'inscrivent dans les dispositifs tels que le « contrat de ville », mais bien aussi à toutes celles qui, reposant sur les épaules de bénévoles pas forcément rompus aux arcanes administratifs complexes, font un travail de fourmi dans la proximité.

Je pense à celles, discrètes et qui n'ont pas toujours pignon sur rue, qui, notamment depuis la crise sanitaire et sociale, redoublent d'efforts pour l'appui du quotidien aux personnes victimes des politiques publiques qui entraînent une détresse et une précarité face au logement, la santé, l'éducation ou l'alimentation. Et qui sont bien loin de constituer la « cinquième colonne » évoquée naguère par un élu local...

 

ÇA NE RÈGLE PAS LE PROBLÈME DE FOND DE LA FRACTURE SOCIALE DU CAPITALISME, MAIS...

On m'objectera que 20 millions à répartir entre 1514 quartiers, ça ne représente jamais qu'une moyenne de 13.000 euros par site fragile, mais ça peut soutenir une action efficace en réponse solidaire à une difficulté particulière du moment. Et ça vient s'ajouter à d'autres dispositifs que l'Association des maires Ville & Banlieue de France, dont notre ville est membre, a obtenu que l'État mette en place et dont La Seyne est l'une des communes bénéficiaires : les « Cités éducatives », les « Quartiers d'été », les « colos apprenantes », l'opération « 1000 livres », les « 5 millions pour les associations de proximité »...

Lorsque les choses tournent rond, il faut le dire, même si ce ne sont là que des emplâtres sur les jambes de bois des invalides victimes du monde capitaliste (et, à ce propos, l'État serait tout autant inspiré d'entrer, au moins provisoirement, au capital de notre grande entreprise CNIM comme je l'ai réclamé depuis le début de sa crise, pour prévenir le risque de disparition de centaines, voire de milliers, d'emplois locaux...).

Et je gage donc que l'équipe municipale et la préfecture inciteront les acteurs associatifs à se saisir de l'opportunité qui s'offre à eux. Il y en a tant besoin.

 

 

 

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Marc VUILLEMOT

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