10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 05:35

http://santehopitalpublic.files.wordpress.com/2011/05/crise_hopital-01_reduit.jpg?w=231&h=280Au début de ce mois de juillet, le budget 2013 du Centre hospitalier intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS) a été "retoqué" par l'Agence régionale de la santé (ARS).

Certains commencent à se gausser sur l'air de "c'était prévisible, "ils" ont construit une structure géante à Sainte-Musse, qui génère des coûts immaîtrisables".

Mais, pour nous, Seynois, qui savons plus que d'autres combien est difficile l'exercice de la recherche d'un équilibre budgétaire, ça n'a rien de réjouissant.

D'autant moins qu'il faut que le CHITS revoie sa copie. Et qu'il risque de devoir le faire en réduisant sa voilure... donc soit la quantité, soit la qualité, de son offre de soins...

 

BUDGET EN DÉSÉQUILIBRE ET FINANCEMENTS INCERTAINS

Un rapide survol de ce budget montre que, pour parvenir à un déficit prévisionnel inférieur à 1% des produits estimés, soit un peu moins de 3 millions d'euros, le CHITS doit récupérer près de 14 millions sur ses provisions, dont 9 millions sur celles constituées pour renouveler ses équipements.

Et, malgré ce, le budget principal, non seulement est en déséquilibre, mais, de plus, ne permet pas de restaurer la capacité d'autofinancement du CHITS qui est limitée au tiers de ce qu'il faudrait pour rembourser le capital de la dette de l'établissement. Et la situation pourrait être plus rude si certains produits espérés, pour un peu plus de six millions d'euros, mais pas encore notifiés alors qu'on est déjà au milieu de l'année, ne devaient pas arriver. Pire, on apprend que l'ARS, ces jours derniers, n'autorise le CHITS à n'emprunter que la moitié des 36 millions qui lui sont nécessaires.

 

VIGILANCE POUR QU'ON NE TOUCHE PAS À L'HÔPITAL DE L'OUEST VAR

Au regard des vicissitudes que nous avons connues ces dernières années pour l'établissement ouest-varois du CHITS, notre hôpital George-Sand de La Seyne, nous devons avoir une vraie inquiétude et faire preuve d'une vigilance accrue. Tel le chat échaudé, vu le peu de cas fait à notre territoire par la direction du CHITS et la puissance publique hospitalière, je crains que ne survienne une nouvelle vague d'atteinte aux services de proximité existant pour notre population de 200.000 habitants de l'Ouest de Toulon.

Il nous appartient, une nouvelle fois, élus, associations, et populations de nos communes, de nous tenir sur le qui-vive. Et, d'ores et déjà, de demander au ministère de la santé d'informer solennellement et objectivement les maires de notre territoire sur les difficultés budgétaires et financières et les remèdes envisagés, afin que, à leur tour, les citoyens sachent. C'est le sens d'un courrier que, pour ma part, j'adresse aux autorités compétentes.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 05:07

http://www.la-maternite-des-lilas-vivra.com/wp-content/uploads/cropped-DSC6299.jpgAlors que les femmes du collectif de défense de la maternité des Lilas, en Seine-Saint-Denis, campent devant le ministère de la santé dans l’espoir d’être entendues pour plaider une cause qui ressemble beaucoup à la nôtre, je voudrais livrer aux visiteurs de ce blog quelques extraits de la lettre que j’ai adressée la semaine dernière au Premier Ministre Jean-Marc Ayrault. Le Sénat vient en effet de voter une proposition de Loi autorisant l’expérimentation des « Maisons de naissance ».

Je souhaite en effet prendre date pour que les 200.000 habitants de La Seyne et de l'Ouest toulonnais bénéficient de cette démarche, tant pour apporter une réponse aux besoins des mères et des enfants de notre territoire que pour prouver, par l’usage, si besoin était, qu’un service de gynécologie, d’obstétrique et de périnatalité est plus que jamais nécessaire chez nous...

"(...) Plus d’un an a passé. Aujourd’hui je sollicite une audience.  J’aimerais vous exposer qu’il est temps de sortir de l’imposant silence dans lequel me tient Madame la Ministre en charge de la santé. (...)

"J’ai des propositions à formuler pour que des accouchements soient de nouveau réalisés dans notre hôpital. Elles sont raisonnables et réalistes. Elles sont, surtout, une réponse attendue de toute la population de l’Ouest-Var qui désespère d’une offre de santé publique accessible aux plus modestes. Car, en effet, après la maternité et la chirurgie, cette population est dans la crainte que d'autres services de son hôpital public, comme les urgences, ne disparaissent à leur tour, et que le dernier établissement hospitalier local de secteur 1, sans dépassement d'honoraires, une clinique mutualiste, ne ferme aussi.

"Il m’est rapporté les propos d’un des médecins du conseil de surveillance du Centre hospitalier intercommunal de Toulon - La Seyne : "Ils [les obstétriciens] n'ont pas envie de retourner à La Seyne". Est-ce acceptable ? (...)

"Ma proposition est d’initier la création d’une Maison de naissance. Elle éviterait que la maternité de niveau 2 + (alors que les argumentaires développaient un niveau 3) qui nous a été « vendue » ne soit réduite à ce que nous observons depuis un an : une « usine à bébés » inhumaine, fait confirmé par les témoignages de parturientes que l'on contraint à rentrer chez elles deux jours après l'accouchement, ou que l'on installe dans d'autres services, faute d'un nombre suffisant de lits. D’ailleurs plusieurs centaines de mamans ont peur des problèmes pouvant survenir durant le trajet, parfois plus d'une heure, et s'orientent vers les hôpitaux des Bouches-du-Rhône ; elles refusent d'accoucher dans un service déshumanisé par son énormité. Les chiffres des naissances de l'hôpital de La Ciotat le confirment.

"Mon souhait est d’engager une démarche de défense d’une politique périnatale humaine, de proximité, de sécurité et de qualité, respectueuse des droits des femmes et de la famille. Que les femmes puissent bénéficier d’un accompagnement global et personnalisé de la grossesse à l’accouchement, choisir les conditions de la mise au monde de leurs enfants et n’aient pas à subir une surmédicalisation de la naissance dans le seul but de satisfaire des impératifs de rentabilité.

"Nous devrions pouvoir nous retrouver sur ce terrain consensuel. (...)"

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 04:41

http://www.schizodoxe.com/docs/2010/03/19a243f06ce6b8db4111e88bb54b0234e7b3b508_m.jpgMadame la Ministre,

Il y a un an, jour pour jour, celui qui vous a nommée, sur proposition de Jean-Marc Ayrault, à la fonction de Ministre des affaires sociales et de la santé, réalisait à La Seyne-sur-Mer, pour le premier tour de son élection, son meilleur résultat parmi les 50 plus importantes communes du Var. La gauche, dans son ensemble, obtenait un score 8% supérieur à celui du département, en progression de 4% par rapport à 2007, et confirmait, après les élections locales, dans ma commune, sa place de première force.

Les élections législatives de juin dernier corroboraient cette réalité, plaçant, toujours dans ma commune, notre candidat, le docteur Ladislas Polski, dont j'étais le suppléant, en tête aux premier et deuxième tours.

Ces élections se sont déroulées dans une période qui suivait de quelques semaines la dramatique fermeture, engagée par le gouvernement Fillon, de la maternité de La Seyne-sur-Mer, seule maternité publique pour les 200.000 habitants de l'Ouest toulonnais. Des milliers de mes concitoyens avaient accompagné, des mois durant, mon combat contre cet aberrant projet, inacceptable au regard des simples valeurs républicaines d'égalité, en l'occurrence d'égalité territoriale et sociale.

touraine seyneNul doute que l'engagement public de François Hollande, ici, à La Seyne, en votre présence, soutenant ma lutte et celle de notre peuple, quelques mois auparavant, aura compté dans le score qu'il a réalisé dans cette commune. Je le cite, mais vous vous en souvenez sûrement : "Nous ferons en sorte de permettre qu'il y ait toujours, ici, des accouchements".

Un an a passé. Et il ne s'est rien passé. Et souffrez, Madame la Ministre, que je déplore aujourd'hui que vous en portiez vous-même l'entière responsabilité. Oui, je mesure mon propos en vous disant que vous avez trahi la parole donnée par celui qui est devenu Président de la République et vous a appelée aux hautes fonctions que vous exercez.

Après votre prise de fonction, votre cabinet m'a poliment écouté. Les mois ont passé sans aucun signe d'une volonté de votre part de donner corps aux propos de François Hollande. Deux parlementaires vous ont questionnée, sans que vous n'ayiez daigné leur répondre. Le conseiller du Président chargé des relations aux élus locaux a saisi sans succès vos collaborateurs. Devant votre silence assourdissant, j'ai moi-même plaidé auprès de vos collègues ministres de l'égalité des territoires, de la ville, de la fonction publique, comme auprès des cabinets du Premier Ministre et de vos autres collègues ministres de l'intérieur et des personnes handicapées, pour que vous soit rappelée la feuille de route que le Président vous a donnée, à La Seyne et pour La Seyne, devant sa population rassemblée.

Las, vous semblez considérer ce peuple d'un territoire de la République avec un souverain mépris. Vous avez même opté, faisant fi des usages républicains et de la démocratie qui m'a confié la charge de représenter ma population, pour me considérer persona non grata en votre ministère, puisque, il y a quelques semaines, vous n'avez accepté de recevoir une délégation de l'association des maires "Ville et banlieue", qui défendent les plus humbles de nos territoires urbains, qu'à l'expresse condition que je ne fasse pas partie des délégués. Le nouveau directeur de l'Agence régionale de la santé de PACA, quant à lui, n'a jamais daigné répondre à ma demande d'audience formulée les jours qui ont suivi sa nomination en décembre 2012, il y a près de cinq mois. Sur ordre ?...

La population de l'Ouest toulonnais est aujourd'hui en attente. Après sa maternité et la chirurgie, elle est dans la crainte que d'autres services de son hôpital public, comme les urgences, ne disparaissent à leur tour, et que le dernier établissement hospitalier local de secteur 1, sans dépassement d'honoraires, une clinique mutualiste, ne ferme aussi. Mais ce peuple méditerranéen ne désarme pas, il attend avec impatience la décision de la justice administrative que j'ai saisie en son nom, et est prêt à agir comme il l'a été face au précédent gouvernement.

Sachez que je suis à ses côtés, pour l'offre de service public qui lui est due, et parce que je veux qu'il conserve la confiance qu'il a placée en François Hollande, porteur des valeurs de fraternité et d'égalité qui fondent et font la force de notre République, mais que, vous, vous foulez manifestement du pied, les sacrifiant sur l'autel d'une rentabilité incompatible avec l'esprit du service public.

Je ne pense pas que le silencieux cynisme que vous opposez à des milliers de nos concitoyens ait quelque lien avec le fait que vous avez les mêmes initiales que feue Margaret Thatcher, de son vivant grande spécialiste du genre, mais il est certain je n'accepterai jamais qu'une ministre socialiste puisse se comporter ainsi en... dame de fer.

J'attends encore et toujours de vous que le simple bon sens républicain prévale.

Veuillez agréer, Madame la Ministre, l'expression de ma haute considération.

 

Marc Vuillemot

Maire de La Seyne-sur-Mer

Vice-président de Toulon Provence Méditerranée

Conseiller régional de PACA



> Le collectif varois de défense de l'accès aux soins interpelle de son côté le Président de la République avec une pétition qu'on peut signer en ligne, et que j'ai signée.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 05:03

http://www.ghmf.org/images/fiches/visu-clinique-malartic.jpgBien sûr, on peut se réjouir au premier abord de la réponse que m'a adressée la ministre de la santé quant au devenir du seul établissement de soins, hormis bien sûr l'hôpital George-Sand de La Seyne, qui, quoique privé, est sans but lucratif, ne pratique pas de dépassements d'honoraires, et assure une véritable offre sanitaire de proximité accessible à tous, y compris un service d'urgences. Je veux parler de la clinique Malartic, implantée à Ollioules, gérée par les Mutuelles de France, qui est en lourde difficulté. Je devrais plutôt dire... en sursis.

J'insiste sur l'importance de cette structure médicale, notamment pour les Ollioulais, les Seynois et les Toulonnais des quartiers ouest de notre chef-lieu départemental. Lorsque l'on sait que les misérables gestionnaires du Centre hospitalier intercommunal de Toulon - La Seyne, pour assurer l'équilibre budgétaire de l'hôpital géant de Sainte-Musse dont les coûts liés à son immensité ne cessent d'aggraver le déficit de fonctionnement depuis son ouverture au printemps 2012, ordonnent aux transporteurs des services de secours de conduire systématiquement les patients aux urgences de Toulon, même contre l'avis des malades et blessés, vidant peu à peu le service d'urgence de La Seyne, je ne serais pas étonné, connaissant ces lascars méprisants pour nos populations, que, à terme, il n'y ait plus de service d'urgences publiques chez nous.

Et, vu comment fonctionne le pseudo service de gynécologie maintenu à l'hôpital de La Seyne, qui ne sert qu'à pousser les futures mamans à se rendre à Sainte-Musse, ou comment on nous a une fois de plus menti en ne traduisant pas en actes l'engagement de maintenir un centre d'interruption volontaire de grossesse, ou comment on procède pour justifier à échéance la fermeture de nos blocs de chirurgie, on a du souci à se faire. Et donc, sauver la clinique Malartic, ce sera hélas sûrement sauver la dernière offre de soins hospitaliers essentiels accessibles à tous dans l'ouest de notre agglomération.

121200_min_sante_malartic.jpgEn réponse à un courrier d'alerte que j'avais adressé fin septembre à la ministre de la santé, celle-ci m'a apporté quelques éléments rassurants pour l'immédiat (cliquez sur la photo de sa lettre pour l'agrandir). On parle aussi de l'injection de 972.000 euros d'aide d'État qui permettent d'amortir provisoirement le déficit de la clinique Malartic. Mais n'oublions pas qu'un administrateur judiciaire est chargé, d'ici au printemps 2013, c'est-à-dire demain, de recueillir les offres d'éventuels repreneurs. Et un repreneur, nous savons ce que ça veut dire... ce peut être un puissant groupe de cliniques privées lucratives. Alors, adieu les soins pour tous, bonjour les dépassements d'honoraires, bye-bye les services non rentables, et, pourquoi pas, bienvenue les bénéfices avec la vente d'une partie, sinon plus, du foncier, voire de l'immobilier, pour réaliser tout autre chose que ce que les fondateurs mutualistes ont voulu... et ce dont nos concitoyens ont besoin.

La puissance publique, dont les collectivités locales, le monde mutualiste, celui de l'économie sociale et solidaire, les acteurs désintéressés du monde de la santé, et les citoyens eux-mêmes, ont sûrement quelque chose à imaginer ensemble avant qu'il ne soit trop tard.

Alors, esprit coopératif, lève-toi et marche !

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 07:50

http://a406.idata.over-blog.com/2/28/01/45/Bonimenteurs/bonimenteur.jpgAnnie Martin-Ghibaudo est notre pugnace maire-adjointe chargée de la santé. C'est elle qui représente La Seyne à ce qui est supposé être l'instance dirigeante du Centre Hospitalier Intercommunal de Toulon - La Seyne (CHITS), qui gère notre hôpital George-Sand, le fameux conseil de surveillance.

J'écris "supposé" car, bien qu'il s'agisse d'un service public de proximité, les élus locaux, normalement porteurs de la parole des usagers, n'y représentent que la portion congrue. Jugez plutôt : deux élus de Toulon, une de La Seyne, et deux du conseil général du Var, soit cinq personnes contre deux fois plus d'autres membres, tous professionnels de l'établissement ou personnalités qualifiées. En clair, ce sont les gens du métier qui en font à leur guise. Curieuse vision pour un service de la République...

Il faut dire que, des usagers, on semble s'en moquer depuis la réforme de l'administration des hôpitaux, puisque, ayant souvent été présent en 2012 dans les lieux, j'ai plus d'une fois entendu parler de... "clientèle", s'agissant de patients. Et j'enrage de voir que, sur le sujet, le changement, ça ne semble pas être pour maintenant.

Pour autant, notre représentante au CHITS ne désarme jamais quant au retour à l'offre de soins qui est due aux 200.000 habitants de l'Ouest Var et qui a leur été ravie par ces professionnels qui n'en font qu'à leur tête, et pour leur petit confort : "Ils [les obstétriciens] n'ont pas envie de retourner à La Seyne", dixit l'un des médecins membres du conseil de surveillance ! Ah bon, dans le Var, les personnels de la fonction publique font comme ils veulent ? Le tout avec la complicité de la ministre de la santé du gouvernement Fillon et de son sbire local, le directeur de l'agence régionale de la santé, que, malheureusement, leurs successeurs ne désavouent pas.

Lors de la réunion du conseil de surveillance qui s'est tenue en décembre dernier, Annie Martin-Ghibaudo, seule contre tous, est donc une nouvelle fois courageusement "montée au créneau" pour réclamer la réouverture du dossier de la maternité "dans les trois semaines", au regard des éléments nouveaux que la ministre de la santé venait d'apporter avec ses déclarations sur les déserts médicaux.

Et là, tenez-vous bien, si on avait eu besoin de confirmation qu'on prend les usagers pour des clients, les échanges, retranscrits dans le très officiel procès-verbal de la réunion, qui valent leur pesant d'or, sont éloquents :

"Quand je ne suis pas content d'un service, quel qu'il soit, je m'y rends une fois mais pas deux" (H. Falco, président)

"Nous sommes sur un rythme de 3000 [accouchements] (...) Cette décision [la fermeture] a été plébiscitée par les mamans (...) Cela veut dire qu'il y a une certaine satisfaction" (M. Perrot, directeur)

On croit rêver ! Vite, chéri, fais-moi un enfant, j'ai tellement hâte d'aller accoucher à Sainte-Musse !

Ça pourrait prêter à sourire si ces gens-là ne maniaient pas le mensonge pour vanter, tels de mauvais colporteurs de marché forain, la qualité de leur produit. Par omission, certes, mais mensonge tout de même.

D'abord, il faudra attendre un an de fonctionnement, fin mars prochain, pour confirmer le nombre de 3000 naissances à Toulon. Mais il est plus que plausible, en effet, ce qui fera de la maternité de Toulon, comme nous l'avions prévu, une "usine à bébés" inhumaine, fait confirmé par les témoignages de parturientes que l'on contraint à rentrer chez elles deux jours après l'accouchement, ou que l'on installe dans d'autres services, faute d'un nombre suffisant de lits.

Ensuite, le "produit" n'est sûrement pas si bon que ça, car, lorsque ces camelots de pacotille expliquent que "2500 personnes s'adressaient au CHITS [1500 à La Seyne et 1000 à Toulon] pour accoucher avant le déménagement et aujourd'hui 3000", ils oublient perfidement de signaler que, concomitamment, on a fermé la maternité privée toulonnaise Saint-Michel où se déroulaient 750 naissances par an...

Faites les comptes... il devrait y avoir au moins 3250 naissances annuelles au nouvel hôpital de Sainte-Musse. Comme la courbe des naissances ne s'infléchit pas sur notre territoire, on devrait même en comptabiliser encore plus. Et ça, ça veut dire qu'il y a plusieurs centaines de mamans qui ont peur de problèmes pendant le trajet qui dure parfois plus d'une heure et s'orientent vers les hôpitaux des Bouches-du-Rhône, et qui refusent d'accoucher dans un service déshumanisé par son énormité. Les chiffres des naissances de l'hôpital de La Ciotat le confirment.

L'argument de vente de leur quincaille se retourne contre les bonimenteurs... mais ça ne fait pas sourire notre population désabusée par ces bouracans.

Moi, en tous cas, je ne désarme pas.

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 07:07

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcRf4uWQ-7Lo5vf3CKvLrJAmBkLFD-5k79ELa-fo9BsL2wDQZOHfsgUn bébé est donc mort sur une aire d'autoroute en Midi-Pyrénées. Il fallait une heure de route pour que ses parents gagnent la maternité la plus proche suite à la fermeture de celle de leur territoire. Ça risque de se produire chez nous. Et ce ne sera pas faute de l'avoir dit.

À l'appui des argumentaires que je décline depuis plus de deux ans pour obtenir, d'abord le maintien et maintenant la réouverture de la maternité de La Seyne et le sauvetage de la clinique mutualiste Malartic, j'ai toujours mis en avant l'extrême difficulté à traverser Toulon à certaines heures de la journée. On s'en souvient, constats d'huissier à l'appui, il faut très souvent plus d'une heure pour effectuer le trajet entre La Seyne et le nouvel hôpital de Toulon, situé à l'Est de la ville, au quartier Sainte-Musse. J'ai même toujours dit, parce que je ne suis pas un entêté, que la question de la disparition des services de soins de l'hôpital George-Sand de La Seyne pourrait très bien être réexaminée dans quelques années, lorsqu'auront été réalisées les infrastructures nécessaires à l'amélioration de la fluidité de la circulation automobile.

Or, outre l'augmentation de la population et le développement de l'activité touristique générant un surplus constant de véhicules, trois éléments nouveaux me conduisent à craindre que la situation n'empire gravement.

TOUJOURS AUTANT DE VOITURES FAUTE DE TRAM OU DE BUS-WAY

On le sait, le 9 novembre prochain, le Tribunal Administratif de Toulon rendra un jugement sur la question du bus à haut niveau de service que mes collègues maires voisins préfèrent au tramway. Si le juge suit les conclusions du rapporteur public, plusieurs décisions que nous avons prises à la communauté d'agglomération de Toulon Provence Méditerranée pourraient être annulées. Qu'adviendra-t-il ensuite si tel sera le cas ? Devrons-nous repartir à zéro avec une nouvelle déclaration d'utilité publique (DUP) ? Devrons-nous appliquer la DUP initiale et revoir une bonne part des travaux déjà engagés ? Quand verrons-nous enfin un mode de transport collectif moderne relier La Garde à La Seyne ? Combien de gens vont encore devoir utiliser leurs véhicules personnels pour leur déplacements professionnels ou de leurs temps libres ? J'ai bien peur que des années ne s'écoulent avant que l'on gagne en temps de trajet routier entre l'Ouest et l'Est de Toulon... donc pour rallier l'hôpital Sainte-Musse... 

TOUJOURS AUTANT DE VOITURES FAUTE DE TRAINS

Ce qu'on sait moins, c'est que ce n'est pas demain que les transports ferroviaires connaîtront une amélioration structurelle, permettant à nos concitoyens, dans une logique de Réseau Express Régional (RER) fiable, de délaisser la voiture au profit du rail, lorsqu'ils doivent se déplacer dans notre zone très urbanisée autour de Toulon, entre Bandol et Hyères. Certains ne mesurent pas que leurs combats légitimes pour préserver notre environnement urbain, paysager, patrimonial, économique, agricole et viticole, tournent parfois à un dogmatisme aussi doctrinaire que celui qu'a affiché Réseau Ferré de France (RFF) en voulant faire passer à tout prix une Ligne à Grande Vitesse (LGV) sans rechercher de solutions de compromis. Ces oppositions déterminées pourraient bien peser dans la balance des choix que le gouvernement va immanquablement être amené à faire, au regard des coûts exorbitants des projets nationaux de LGV imaginés par ses prédécesseurs, et, finalement, ça risquerait de saper les possibilités de réaliser une amélioration raisonnable des lignes existantes. Là encore, je m'inquiète que ce ne soit pas demain la veille que l'on prendra le train au lieu de la voiture et que les automobilistes gagneront en rapidité pour rejoindre l'Est toulonnais - donc l'hôpital Sainte-Musse - lorsqu'on vient de l'Ouest du Var...

TOUJOURS DES EMBOUTEILLAGES FAUTE DE TUNNEL

Et ce qu'on ne sait presque pas du tout, c'est qu'il y a menace sur le tunnel Ouest-Est de Toulon et surtout sur l'élargissement de l'autoroute à sa sortie, nécessaire à la mise en service du tunnel car on ne peut pas courir le risque d'embouteillages dans celui-ci. La société Vinci-Escota menace en effet de ne pas permettre la fin des travaux dont il avait été convenu qu'elle assume le surcoût en contrepartie d'un allongement de la durée de sa concession autoroutière, si les parlementaires donnaient suite à leur juste projet de limiter à 80% la déductibilité fiscale des intérêts des emprunts des entreprises. Nouveau retard possible, donc, pour fluidifier la circulation et garantir un accès à l'hôpital de Toulon depuis l'ouest de l'agglomération en moins d'une demi-heure, pour répondre à l'engagement de François Hollande, rappelé hier après le décès du bébé sur l'autoroute : "Je prends l'engagement, celui que j'avais déjà énoncé avant l'élection présidentielle : aucun Français ne doit se trouver à plus de 30 minutes de soins d'urgence".

J'EN AI PLUS QU'ASSEZ !

Il faut le dire aux rétifs au changement qui ont la main sur la "technostructure" et sapent les volontés du gouvernement de mettre en œuvre la politique d'égalité territoriale affirmée par François Hollande. Ce sont les cadres des agences régionales de santé qui feignent d'ignorer la volonté du Président de la République et continuent de mener la politique de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Ce sont aussi certains hauts fonctionnaires et même des cols blancs membres de cabinets ministériels dont la vision se limite aux murs de leurs administrations.

Faudra-t-il que d'autres bébés ou des mamans perdent la vie sur une aire d'autoroute, une station-service ou dans la rue pour qu'ils ouvrent les yeux ? Combien ? Y a-t-il un nombre administratif minimal de décès ? J'enrage. J'ai d'ailleurs adressé hier soir à un conseiller de Marisol Touraine, ministre de la santé, un SMS énervé que je livre à mes visiteurs : "Maintenant, ça suffit. Le peuple de l'ouest Var me presse. J'exige une annonce sans délai de la réouverture des services que l'ARS de PACA a fermés à l'hôpital George-Sand de La Seyne-sur-Mer. Je vais monter en puissance dans la lutte. Que Mme Touraine soit du même parti que moi, peu me chaut. À elle de faire ce qu'il faut pour que les exécuteurs des basses oeuvres de Sarkozy que vous maintenez en place pour qu'ils finissent le sale boulot soient mis en demeure sur le champ d'appliquer la politique de François Hollande. Je ne prendrai pas de gants. C'est une honte. J'attends sans délai de vos nouvelles. Cordialement."

À quoi il m'a été répondu : "Monsieur, je transmets votre message à ma direction et ne manquerai pas de revenir vers vous en début de semaine. Bien à vous."

Attendons donc... demain lundi ?

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 19:33

http://www.balagne-corsica.com/images/photos/ph_logo_urgences.jpgUn bébé venu au monde sur une autoroute du Lot est mort faute, peut-être, d'avoir pu naître dans une maternité que les parents n'ont pu rallier à temps !

Ce risque majeur, cette politique sanitaire de mise en danger des mamans, je l'ai clamé, crié, j'ai fait 950 km en août 2011 pour rallier Paris depuis ma commune de La Seyne-sur-Mer. J'ai fait cela non pas pour faire le pitre mais pour que cet accident n'arrive jamais dans ma commune et nulle part en France, jamais !

Aujourd'hui, je suis en deuil et profondément en colère.

Je pense à ces parents qui ont vu ce drame leur voler leur bonheur. Je leur adresse mes condoléances les plus sincères.

Et je suis en colère comme jamais !

Je suis en colère comme doivent l'être tous ceux qui se battent, luttent, alertent depuis des mois et des années pour que la santé ne soit pas synonyme de dangers accrus.

J'avais dit, dès les premières semaines du nouveau gouvernement, au cabinet de Marisol Touraine, la nouvelle ministre en charge de la santé de François Hollande, que ce système de santé inique, qu'avaient mis en place les ARS (Agences régionales de la santé) sous Sarkozy, tournant le dos à la proximité, désertifiant des territoires entiers, aggravant les risques sanitaires, au lieu d'accompagner la vie, allait fatalement faire des victimes.

Et là, c'en est trop ! Que les politiques nationaux prennent leurs responsabilités et de vraies et urgentes et impérieuses décisions. Qu'elles soient appliquées sans attendre !

Je les conjure d'arrêter maintenant de supprimer et d'éradiquer ce service public de santé qui doit accueillir, sauver des vies et pas les laisser filer !

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 15:36

http://sphotos-h.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-prn1/47267_526621247354055_2077807334_n.jpgAvec beaucoup d'autres républicains, mes camarades du Parti socialiste continuent à accompagner mon combat pour l'égalité territoriale en matière d'offre de soins. Il faut dire qu'il y a de quoi s'impatienter un peu et que les fonctionnaires du ministère de la santé et de l'Agence régionale de santé de Provence Alpes Alpes Côte d'Azur ne semblent pas très pressés d'appliquer les orientations que le Président de la République a fixées, notamment dans le 19ème de ses engagements pour la France alors qu'il était candidat ("Je fixerai un délai maximum d'une demi-heure pour accéder aux soins d'urgence") et qu'il a justement explicités chez nous (voir la vidéo de Var-matin en fin d'article) : "Nous ferons en sorte de trouver la bonne solution qui permettra [...] qu'il y ait ici, toujours, des accouchements".

L'heure est donc au combat contre ceux qui freinent le changement et, dans un communiqué, les socialistes de la section "Var Ouest" à laquelle j'appartiens (et, au passage, que j'invite les hésitants à rejoindre...) ont publié un communiqué que je livre aux visiteurs de mon blog... 

"On peut se réjouir que, face à la mobilisation des élus, et notamment les maires de La Seyne et d’Ollioules, des syndicats, du collectif varois de défense de l’accès aux soins, du collectif des femmes de l’Ouest Var, des partis de gauche, et naturellement du monde mutualiste, l’Agence Régionale de la Santé (ARS) a enfin entrouvert la porte vers l’accompagnement de la Mutuelle de France du Var dans sa démarche de sauvetage de la clinique Malartic.

"Il reste à concrétiser par un appui financier assuré pour mettre en œuvre urgemment le plan de retour à l’équilibre indispensable.

"Il reste aussi à résoudre la question plus globale de l’offre publique de soins pour les 200.000 habitants de l’ouest toulonnais. Cela passe par une démarche intégrée, associant la clinique Malartic d’Ollioules et l’hôpital George-Sand de La Seyne, permettant de garantir le maintien ou la réouverture des services minima essentiels de santé de proximité : urgences, médecine générale, chirurgie, gynécologie-obstétrique et IVG.

"La section Var-Ouest du Parti socialiste :

- dénonce les propos irresponsables de la chargée de l’offre de soins de l’ARS laissant accroire que tout va pour le mieux et faisant mine d’ignorer les engagements du Président de la République d’assurer un accès aux sites de santé en moins de 30 minutes ;

- exige de la Ministre de la Santé que les engagements pris publiquement à La Seyne en janvier 2012 fassent l’objet d’instructions explicites et rapides à la direction de l’ARS qui s’emploie manifestement à freiner la politique du gouvernement ;

- invite la population à se tenir prête à prendre part aux initiatives qui seront prises pour imposer la traduction en actes de la volonté du Président de la République."


L'interview vidéo de Var-matin au cours de laquelle le futur Président de la République s'est engagé... 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 10:32

http://imblog.aufeminin.com/blog/D20090622/348833_467353462_chou-ou-rose-lt_H020907_L.jpgJ'ai, comme prévu, été reçu ce mercredi par le directeur de cabinet de la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, et son conseiller en matière de santé, sur la question de l'offre de soins sur le territoire de l'Ouest Var.

Outre la question du devenir des services de la clinique mutualiste Malartic, à Ollioules, que le ministère m'a semblé bien connaître et pour lequel une réunion institutionnelle est programmée pour les tout prochains jours, tant le risque est grand d'une fermeture de services essentiels (urgences, chirurgie, etc) et de la disparition de centaines d'emplois, j'ai longuement évoqué celle de la maternité de l'hôpital George-Sand de La Seyne.

13-JUIN-MIN-SANTE.jpgEn cette période de bouleversements politiques et institutionnels, je ne m'attendais évidemment pas à l'annonce d'une réouverture immédiate du service seynois d'obstétrique. Je visais seulement la réouverture du dossier. Ça, c'est chose faite.

Et je n'ai pas le sentiment que ce sont des annonces en l'air de la part de mes interlocuteurs.

Ainsi, outre le fait qu'ils ont convenu avec moi de l'impérieuse nécessité du maintien d'un centre d'Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) pour laquelle les orientations vont être données au regard de l'environnement social de l'hôpital George-Sand implanté au cœur du plus grand site d'habitat populaire du Var, ils ont pris en considération la nécessité d'une révision du projet d'établissement du Centre Hospitalier Intercommunal de Toulon et La Seyne (CHITS), de nature à assurer une approche correspondant aux besoins de notre territoire de 200.000 habitants.

Très concrètement, cela passe par la prise en compte de ma demande de ne pas obérer l'avenir en garantissant le maintien des outils de travail (locaux, matériels, etc), le temps que soit "revisité" le projet d'établissement, et en ne dédiant pas dans l'urgence les espaces de la maternité du site de La Seyne à d'autres activités médicales notamment centrées sur la psychiatrie, la rééducation, la gériatrie et l'accompagnement palliatif des malades en fin de vie. Un service hospitalier de proximité, c'est autre chose ! Même si, hélas, ces services doivent exister.

Car le projet d'établissement est le document de référence officiel, sorte de "bible d'orientations" qui sert de cadre réglementaire à l'organisation des services de santé, et qui a malheureusement permis le transfert de la maternité. Il faut donc faire évoluer ce cadre de référence.

13-JUIN-maternit--rencontre-au--ministeAAre-VUILLEMOT-NE.jpgPour cela, il est admis l'idée de la mise en route dans les prochaines semaines d'une démarche "d'atelier" de conception d'un projet sur le pôle "mère-enfant" de La Seyne, associant, outre les institutionnels, les élus locaux, les professionnels, les associations concernées, des personnalités qui, pour certaines d'entre elles, ont manifesté leur volonté de contribuer à l'élaboration d'un projet innovant et novateur autour de la naissance. Des spécialistes engagés comme Marcel Rufo, pédopsychiatre, Boris Cyrulnik, neurologue et psychiatre, Jacques Petit, gynécologue obstétricien, et d'autres, ont toute leur place dans la démarche. Et plusieurs d'entre eux ont déjà indiqué leur accord pour s'y investir.

Le "pôle mère-enfant" de l'Ouest Var n'est donc pas mort et enterré. Loin de là. À nous, avec une démarche coopérative, de lui redonner vie. Le dossier est "réouvert", c'est l'essentiel du moment. La population de nos communes, via ses élus et ses associations, a toute sa place dans la nouvelle dynamique. C'est un singulier pas en avant.

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 22:02

touraine_seyne.jpgMarisol Touraine, nouvelle Ministre des Affaires Sociales et de la Santé [au centre de la photo ci-contre, à la gauche de F. Hollande, en janvier dernier à La Seyne], connaît bien le sujet qui nous préoccupe, mes concitoyens et moi, celui du devenir de la maternité de notre hôpital. Avec François Hollande, alors candidat à la présidence de la République, elle a visité la maternité de l'hôpital de La Seyne et de l'Ouest Var, rencontré ceux qui m'accompagnent dans mon combat pour ce service public de proximité, et, dans un souci de parfaite objectivité, échangé autant avec nous qu'avec les (très rares) médecins hospitaliers obstinément favorables à la fermeture de notre service d'obstétrique. 

C'est elle, en sa qualité de responsable des questions sanitaires et sociales de la campagne du candidat, que François Hollande a chargée de m'adresser, le 21 mars dernier, une lettre confirmant la volonté du futur président de se pencher favorablement sur ce sujet qui préoccupe des milliers d'habitants de l'Ouest Var.

Je lui ai envoyé ce jour le courrier et la note synthétique que je livre ci-dessous aux visiteurs de mon blog...


> MA LETTRE À LA MINISTRE...

"Madame la Ministre,

"Permettez-moi de vous adresser mes plus chaleureuses félicitations pour votre nomination en qualité de Ministre des Affaires Sociales et de la Santé.

"Sans plus attendre, suite à votre visite à La Seyne-sur-Mer (Var) en compagnie du futur Président de la République le 24 janvier dernier et à la lettre que, alors en charge de ces questions dans le cadre de la campagne de François Hollande, vous avez bien voulu m’adresser le 21 mars, j’ai l’honneur de solliciter une audience urgente pour aborder avec vous le dossier relatif à la fermeture de la maternité de l’hôpital George-Sand de La Seyne-sur-Mer, établissement de l’Ouest toulonnais du Centre Hospitalier Intercommunal de Toulon-La Seyne (CHITS).

"Je me permets de vous rappeler en annexe à la présente quelques éléments synthétiques importants de ce dossier, enjeu majeur pour les habitants de la 7ème circonscription du Var, et ceux de plusieurs autres communes de l’Ouest du département.

"L’égalité républicaine, devant se traduire en la matière en équité territoriale et sociale d’accès au service public de santé, est en effet durement mise à mal pour notre population. Et le combat que je mène depuis près de deux ans, très médiatisé, a revêtu un caractère symbolique à l’échelle nationale, qui justifie à mes yeux une attention rapide et soutenue.

"Vous assurant de mes sincères encouragements et mes vœux de plein succès pour l’importante mission qui vous est confiée, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma très haute considération."


> MA NOTE SYNTHÉTIQUE SUR LA SITUATION DE NOTRE MATERNITÉ...

 

Avant son transfert (non encore irrémédiable), la maternité de l’hôpital George-Sand de La Seyne...

> était la plus importante du Var par le nombre des naissances qui s’y déroulaient (près de 1500 par an, en accroissement constant chaque année, comme la démographie locale) ;

> était la seule, publique ou privée, d’un territoire de 200.000 habitants (plus que la population de certains départements français !) couvrant une douzaine de communes, de la partie occidentale de Toulon à la limite des Bouches-du-Rhône ;

> était celle qui, hormis aujourd’hui le tout nouvel hôpital Sainte-Musse de Toulon-Est, était installée dans les locaux les plus récents, donc ni vétustes, ni obsolètes, ni dégradés (18 ans) ;

> était le seul centre d’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) du même territoire ;

> était sise au cœur du plus grand ensemble d’habitat social du Var (14.000 habitants), faisant l’objet du cinquième plus important programme de rénovation urbaine de France, parmi les plus avancés dans sa mise en œuvre, dont l’un des volets majeurs est le confortement de la présence des services publics de proximité.


La fermeture de la maternité et ses conséquences...

> La fermeture, appelée « transfert » dans le langage de l’Agence Régionale de Santé (ARS) de Provence Alpes Côte d’Azur, s’est opérée le 27 mars 2012 en catimini (les directeurs de l’ARS et du CHITS ayant diffusé un calendrier trompeur prévoyant un transfert fin avril).

> Les parturientes sont désormais contraintes de se déplacer vers l’hôpital Sainte-Musse de Toulon-Est, à plus d’une heure de voiture à certaines heures de la journée (constats d’huissier en attestant, réalisés hors périodes de vacances scolaires au cours desquelles la circulation triple en certains sites de ce territoire du premier département touristique de France).

> Des consultations gynécologiques prénatales sont maintenues sur site ; mais la ligne permanente de SMUR, promise en compensation pour rassurer les parturientes, a déjà été supprimée à certaines heures.

> La tendance, selon les témoignages de médecins et personnels soignants, pour éviter les accidents en cours de trajet, serait de proposer aux parturientes des accouchements programmés au nouvel hôpital, générateurs de coûts et d’autres risques, et peu en conformité avec le caractère naturel d’un accouchement ; selon les mêmes avis, la capacité en lits du nouvel hôpital tendrait également à développer, sans ressources humaines spécifiques, le dispositif PRADO (Programme d’Accompagnement du Retour À Domicile), avec retour à domicile à J+2 et augmentation des risques d’ictère non diagnostiqué du nourrisson et de problèmes liées à la montée de lait à J+4.

> Alors que plus du tiers des parturientes sont issues de populations très humbles, voire très paupérisées, dont les proches ne disposent ni du permis de conduire, ni de véhicule, ni d’une autonomie quant à l’usage des transports collectifs, et pour lesquelles, au regard des réalités culturelles, la naissance est un événement familial majeur accompagné par la famille, les voisins, les amis, le transfert constitue une hérésie, socialement et psychologiquement, alors même que, dans les quartiers populaires, l’accompagnement des populations par des mesures de vie sociale est une absolue priorité.

> En outre, malgré le supposé maintien d’une activité de gynécologie à l’hôpital George-Sand, des premiers témoignages parviennent d’incitations pressantes à consulter au nouvel hôpital Sainte-Musse de Toulon-Est et même de refus de pratiquer des IVG médicamenteuses à La Seyne. L’objectif est clairement la suppression d’autres services, avec la disparition du bloc opératoire justifié par la maternité.

> L’égalité républicaine, devant se traduire en la matière en équité territoriale et sociale d’accès au service public de santé, n’est plus respectée.


La gestion calamiteuse du projet de fermeture au mépris des élus, des populations et des valeurs et usages républicains...

> Le projet de fermeture a été concocté par la Commission Médicale d’Établissement qui, seule, a été écoutée par l’ARS.

> Les élus locaux, donc les populations, ont été dénigrés : quatre conseils municipaux (2 à majorité UMP, 1 à majorité MoDem, 1 à majorité de gauche) et le Conseil Régional de PACA ont voté des motions s’opposant à la fermeture ; la plupart des maires des communes concernées ont publiquement pris position contre le transfert ; le sénateur-maire UMP de Toulon, président de la communauté d’agglomération Toulon Provence Méditerranée (TPM), a souligné devant l’ARS la nécessité de différer la fermeture jusqu’à la résolution des difficultés de traversée routière de Toulon (raisonnablement pas avant 2016) ; le député-maire UMP de Six-Fours-les-Plages lui-même, l’un des deux seuls édiles favorables au transfert, ayant voté la Loi Bachelot, a indiqué que la fermeture devait être conditionnée à la promesse d’une maternité de niveau 3 à l’hôpital de Toulon-Est, projet récusé par la Secrétaire d’État à la Santé du gouvernement Fillon, Nora Berra.

>, La direction de l’ARS de PACA a refusé, comme dans le cas de l’adoption du Schéma Régional d’Organisation Sanitaire (SROS), d’entendre les élus locaux, toutes sensibilités républicaines confondues ; il aura fallu que nous manifestions, côte à côte auprès de nos populations rassemblées par milliers, malgré nos divergences politiques (flashmobs, installation de mon bureau de maire dans le hall de l’hôpital, blocages de circulation, camping dans les jardins de l’hôpital, installation d’une « crèche vivante » à l’hôpital à Noël sur le thème « Sauvons la Nativité », et surtout périple de 15 jours en août à bicyclette de La Seyne-sur-Mer à Paris, au terme duquel 21.000 signatures de pétitions ont été déposées par mes soins auprès du cabinet de Madame Nora Berra) pour que, enfin, votre prédécesseur, Monsieur Xavier Bertrand, accepte le principe d’une table ronde, même si celle-ci n’a pas permis d’échange réel, puisque, avec arrogance et mépris, après nous avoir enfin entendus, le directeur de l’ARS a confirmé que sa décision était de toute façon irrévocable.

> Le préfet du Var, pourtant plus haute autorité départementale de l’État, a lui-même indiqué être totalement écarté du débat, même s’il a enfin pu obtenir, après mes suppliques, que le directeur du CHITS réponde à son invitation à la préfecture pour dire à mes collègues maires et moi-même, à qui toute audience était jusque là refusée, que le transfert serait opéré... quelques heures après ce rendez-vous !


L’urgence et l’enjeu

> Si la maternité ne fonctionne donc plus depuis le 27 mars dans ses locaux de l’hôpital de La Seyne, elle n’a pourtant pas fait l’objet d’une décision de fermeture, mais, aux dires mêmes de l’ARS, d’un simple « transfert » dans le cadre d’une réorganisation d’un seul et même service d’obstétrique réparti sur plusieurs sites d’un même établissement public.

> J’ai saisi le Tribunal Administratif (TA) de Toulon pour obtenir de la Justice qu’elle rende un verdict de réouverture, à l’instar de la décision du TA de Nîmes, confirmé par la Cour Administrative d’Appel de Marseille, qui a jugé en ce sens, ordonnant la réouverture de la maternité de Valréas (Vaucluse), en considérant que, du fait de la fermeture de celle-ci, les parturientes de deux villages se trouvaient éloignées de plus de 45 minutes d’une maternité ; chez nous, ce sont des milliers de femmes qui sont dans une situation encore plus grave, puisque éloignées de 75 minutes à certaines heures ; le jugement n’est pas encore rendu.

> Outre cette attente d’un jugement au fond, j’ai saisi avant la fermeture le même TA d’un référé suspension de la décision de transfert, qui a rendu le 6 avril une décision strictement appuyée sur l’aspect réglementaire ; en substance, il indique ne pouvoir ordonner la suspension d’une décision puisque... il n’y a pas eu de décision, et que, quand bien même y en eût-il eu une, celle-ci ne pouvait être suspendue, car déjà exécutée !

> Le site d’obstétrique de l’hôpital George-Sand de La Seyne ne fonctionne donc plus depuis près de deux mois ; pour autant, il n’est pas « fermé », au sens administratif du terme.

> Ceci étant, Monsieur le Président de la République, alors candidat, a confirmé sur place, en votre présence, que sa proposition qu’aucun citoyen ne soit éloigné de plus d’une demi-heure d’un service de soins valait naturellement pour une maternité comme celle de La Seyne-sur-Mer ; raison de plus s’il n’y a pas officiellement « décision de fermeture » !

> C’est pourquoi il m’apparaît urgent et hautement important, et je pense que vous partagerez cette analyse, pour la population d’une circonscription d’un département qui connaît bien des vicissitudes, peut-être plus qu’ailleurs en France, du fait d’un délitement constant des valeurs de la République, que la question soit revue sans délai.

> Un geste rapide aurait du sens, pour que mes concitoyens de La Seyne-sur-Mer et ceux des communes voisines croient possible ce... changement, maintenant !

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Santé - hôpital - maternité

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