19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 03:47

 

Si j'ai bien compris ce qu'on me dit de commentaires sur les réseaux sociaux, l'unité des gauches et de l'écologie pour l'élection municipale de La Seyne avancerait à tout petits pas.

 

L'important est qu'elle avance. Mais j'ai un peu de peine à comprendre une explication qui serait donnée pour expliquer cette lenteur : certains courants seynois se réclamant de la gauche ou de l'écologie seraient considérés par d'autres comme « macron-compatibles », donc indésirables dans la démarche unitaire locale.

 

Je veux croire que de telles étranges assertions ne relèvent que de plaisantins ou de malins de droite ou d'extrême-droite voulant semer la zizanie afin de faire capoter l'unité. Celle-ci est attendue par les Seynoises et Seynois humanistes et progressistes. Et elle l'est même, au-delà, par les gens lassés de l'affligeant spectacle donné par une municipalité inefficace et éclatée en autant de listes de candidats que de groupes dissidents mais refusant pour autant l'inconnu inquiétant d'un parti totalitaire et excluant.

 

 

DES « MACRONS-COMPATIBLES » AU SEIN DU FRONT POPULAIRE ?

 

Les premiers signataires du projet du Nouveau Front Populaire (NFP) sont Les Écologistes, La France Insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF), le Parti socialiste (PS), Place publique (PP), Génération.s (GS), Gauche écosocialiste (GES) et Gauche républicaine et socialiste (GRS). Aucune de ces organisations ne me semble « macron-compatible » au plan national. Pourquoi le seraient-elles au plan local ? À qui les farceurs ou les malveillants qui véhiculent cette idée pensent-ils ?

On me dira que le NFP de 2024, c'est de l'histoire ancienne. Ça l'est en effet en partie, en tous cas pour ce qui concerne le local, avec la position nationale prise par LFI de présenter a priori des listes isolées dans les grandes et moyennes communes pour les élections de 2026. Mais c'est tout.

 

 

DES « MACRON-COMPATIBLES » AUTRES QUE DE DROITE AU PARLEMENT ? 

 

Quant aux autres, posons un simple regard sur un vote symbolique à l'Assemblée nationale, celui de l'article 45 bis du projet de loi de financement de la sécurité sociale, relatif au report de la mise en œuvre de la réforme des retraites de 2023 qui, conduite à coup de 49.3, donc sans vote, fut un acte macroniste majeur s'il en est, pour le malheur de tous.

Les députés écologistes, PS, PP, Génération.s, GRS, régionalistes, Debout, et des ex-LFI d'APRES, ont voté POUR, les députés communistes ont voté CONTRE, et une députée APRES qui s'est abstenue a précisé que son abstention n'avait rien avoir avec celle des parlementaires macronistes. C'est-à-dire que tous ont émis des votes contraires à ceux des députés soutenant le gouvernement et le président de la République. Où sont les « macron-compatibles » ? Ce sont ces votes que LFI fustige, y compris ceux du PCF qualifié de girouette, pour justifier la désunion, à La Seyne, à Toulon, et ailleurs. Mais quels Seynois de tous ces partis votent au Parlement et quel est l'enjeu pour la vie communale ?

Nous étions loin d'être tous en phase, en 2016, avec la "loi travail", abusivement dite "loi El Khomri" car c'est M. Macron qui en est l'auteur depuis Bercy et M. Valls qui a imposé à la ministre de la porter, et ça n'a pas conduit à l'explosion de la majorité municipale d'alors. Il ne faudrait pas que les enjeux nationaux, sur lesquels existent des divergences naturelles au sein de la gauche, servent de prétexte à des ruptures locales.

 

 

CE SONT TOUJOURS "LES PLUS UNITAIRES" QUI ONT LA CONFIANCE DES SEYNOIS 

 

Alors, si ce n'est pas l'œuvre de blagueurs facétieux, on se demande ce que cherchent ceux qui enfourchent la monture des Insoumis et évoquent les soi-disant « macron-compatibles » qui se seraient faufilés dans les uns ou les autres des mouvements qui étaient bien partis pour construire ensemble l'unité, sinon à fragiliser le travail de recherche de consensus entrepris depuis des mois par les diverses sensibilités des gauches pour l'élection municipale.

On est habitué aux compétitions au sein de la fratrie de la gauche à La Seyne, avec des listes concurrençant la liste principale unitaire; Ça a été vrai à toutes les élections, en 1989, 1995, 2001, 2008, 2014 et 2020. Mais, les faits sont là, c'est toujours l'équipe qui semble aux Seynoises et Seynois "la plus fédératrice" qui recueille le plus de suffrages et qui a pu gagner trois fois sur ces six élections, et les listes jugées dissidentes par les électeurs, si elles n'en sont pas les seules causes, ne sont pas étrangères aux échecs des trois autres élections.

 

 

IL EST DES TRAINS À NE PAS MANQUER...

 

Alors, heureusement, ça n'a pas l'air de troubler outre mesure la plupart des gens investis dans les groupes qui constituent la grande majorité des sensibilités progressistes seynoises, puisqu'ils continuent leur préparation commune, pour finaliser un projet, puis constituer une équipe représentative, et choisir un ou une premier(e) de liste.

Je veux donc croire que ceux qui auraient été abusés au point de quitter le collectif vont se ressaisir et revenir autour de la table. Si je ne m'autorise pas à être insistant envers ceux qui ne sont pas des camarades de mon propre parti, la GRS, je me permets de l'être un peu avec ces derniers, leur disant fraternellement que ça ferait tache que le parti dont l'un des leurs a animé une unité continue des gauches pendant deux mandats s'exclue d'une démarche commune partagée.

Si, en 1936, les radicaux, pourtant souvent oscillants dans leurs alliances, les socialistes et les communistes avaient, les uns et/ou les autres, fait la fine bouche pour s'entendre, on n'aurait pas bénéficié des avancées sociales considérables qui ont révolutionné la société française de l'époque : droit syndical, semaine de travail de 40 heures, premiers congés payés, scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans, etc. Neuf décennies après le gouvernement de Léon Blum, ces acquis (ou plutôt "ces conquis") constituent toujours aujourd'hui le fondement de notre société et ce n'est pas pour rien que la droite, qu'elle soit extrême, républicaine ou macroniste, s'emploie sans relâche à les démanteler.

 

Je l'évoquais il y a peu dans ce blog, l'enjeu, pour La Seyne et la métropole, est plus sérieux que jamais. À Agen, où l'extrême-droite est en embuscade comme dans le Var, ils sont parvenus à l'unité la plus large, de Place Publique aux Insoumis. Il y a des trains à ne pas manquer. Il serait dommage que certains restent sur le quai. Et se le voient reprocher.

 

 

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Publié par Marc Vuillemot - dans Idées et politique générale